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UNIVERSITE MOHAMMED I ER FACULTE DES SCIENCES JURIDIQUES, ECONOMIQUES ET SOCIALES, D’OUJDA

UFR : ECONOMIE RÉGIONALE

Sujet de mémoire pour l’obtention du Diplôme des Etudes Supérieures Approfondies (D.E.S.A.)

Emploi et création des PME au Maroc Oriental

Préparé par :

EL MOSTAFA BOUAZZAOUI

Membres du jury :

Sous la direction de :

M R : HACHMI BENTAHAR

M. HACHMI BENTAHAR, Président de Solidarité : Professeur à l’Université

Mahommed I er , Faculté des Sciences Juridiques Economiques et Sociales d’Oujda.

Suffragants :

- MOSTAFA EL AIDOUNI.

- ABDELKADER EL ALIANI.

ANNEE 2001

REMERCIEMENTS

Je remercie particulièrement M. le professeur :

Hachmi Bentahar pour le temps précieux qu’il a bien voulu accorder à l’encadrement de ce travail.

Je tiens également à remercier tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réalisation de ce modeste travail.

2

DEDICACES

Je dédie ce modeste travail

à mes parents,

mes frères et sœurs,

mes amis

ainsi que tous ceux qui auront l’occasion de le lire…

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INTRODUCTION

Le problème de l’emploi a été au cœur des différentes théories économiques. Bien des débats et des réflexions ont eu lieu pour essayer de trouver des solutions au problème de l’emploi et du chômage. Ce dernier devient chaque année plus inquiétant de part le monde.

Le chômage, ce

fléau mondial fait de l’emploi un défi à relever, aussi bien dans les

pays industrialisés que dans les pays en développement.

Au Maroc comme partout ailleurs, le chômage a atteint des proportions et des niveaux alarmants. Il touche chaque année plus de personnes en âge d’activité. La population active marocaine est de l’ordre de 10.347.000 dont un taux de féminisation de 27.6%. La population active occupée est de 8.977.000. Le nombre de chômeurs dépasse de loin la barrière d’un million puisqu’il a été de 1.370.000 en août 1999. Ceci représente un taux de 13,2% de la population active. Il est plus important dans le rang des gens de 15 à 24 ans avec 19,3% et touche d’avantage les diplômés. Chez ces derniers, il est de 27,5%. Ce taux change selon le milieu de résidence et le sexe. Il est de 19,7% chez les citadins et 26,9% chez les citadines, alors qu’il est de 5,9% chez les ruraux et ne touche que 1,9% des femmes rurales 1 .

Durant les deux premières décennies de l’indépendance l’Etat s’est engagé à employer les jeunes diplômés et les lauréats des institutions de formation. Depuis la mise en application du programme d’ajustement structurel (P.A.S.), l’Etat s’est désengagé progressivement en matière de l’emploi. Actuellement, le secteur privé est appelé à prendre le relais et assurer des postes de travail aux milliers de personnes qui viennent s’ajouter chaque année au marché de l’emploi sans grande chance de trouver leur demande satisfaite.

Le tissu productif marocain caractérisé par une prédominance des petites et moyennes entreprises (PME). En effet la population des unités productives marocaines est composée de plus de 92% des PME 1 . Ces unités assurent certes, des emplois à une tranche importante de la population, mais leur contribution dans l’économie reste faible. Elles doivent alors être prises en charge et encouragées pour assurer le rôle qui leur est assigné de locomotive de l’économie en général et de la création de l’emploi en particulier.

1 Source : Direction de la statistique sur l’adresse Internet

1 « Les industries de transformation » Ministère de l’industrie de l’énergie et des mines, 1999

www.statistic.gov.ma

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Toutefois, considérée comme une unité de production employant moins de 200 personnes, il n’en reste pas moins que la PME est une conception difficile à cerner puisqu’il n’y a pas de définition universelle la qualifiant de telle. En effet, la PME emploie moins de 500 personnes en France, moins de 200 personnes dans d’autres pays dont le Maroc. La « Small business »emploie jusqu’à 1500 personnes aux Etats Unis.

La PME a enregistré un regain d’intérêt ces dernières années grâce aux atouts qu’elle présente.

En effet, le rôle de la PME dans la création de l’emploi a été montré partout dans le monde. Elle est qualifiée de locomotive de l’économie. Dans les USA, plus de 90% des 11 millions d’emplois sont assurés par les PME 1 .

Tout au long de ce modeste travail, nous allons essayer de répondre à une question principale qui en fait ressortir d’autres secondaires. Cette question se présente comme suit :

La PME est –elle une solution pour résoudre le problème du chômage qui ne cesse d’augmenter aussi bien dans le pays que dans la région du Maroc Oriental ?

Ainsi un ensemble de questions peut être évoqué, en premier lieu : Qu’est-ce qu’une PME et comment est-elle définie ? En suite, quelle est sa contribution à la création de l’emploi ? Quelles sont les politiques qui ont été adoptées pour encourager la création de la PME au Maroc ? Quelle est la situation des PME au Maroc en général et au Maroc Oriental en particulier ?

Afin de répondre à toutes ces questions ce sujet sera réparti en quatre chapitres. Le premier chapitre sera consacré à la définition et l’identification de la PME, ses composantes et la différence entre la petite entreprise, le secteur informel et le secteur artisanal. Dans le second chapitre, il sera montré le rôle de la PME dans la création de l’emploi, le rôle des intermédiaires d’insertion et les politiques d’encouragement à la création des PME. Un troisième chapitre sera consacré au diagnostic des PME au Maroc et dans la région de l’Oriental. Un quatrième chapitre sera consacré à l’évaluation des différentes politiques de l’emploi au Maroc, à leurs limites et aux recommandations qu’on pourra faire.

1 Raymond Barre préface de l’ouvrage de Pièrre Batinni « Capital risque : mode d’emploi », édition :

l’Organisation 1998. P 7.

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CHAPITRE PREMIER :

LA PME UN CONCEPT DIFFICILE A CERNER :

LA PME AU MAROC SES DIFFERENTES DEFINITIONS

ET SES COMPOSANTES.

6

La petite et moyenne entreprise (PME) est une unité de production et / ou de prestation de services indépendante qui respecte un nombre de normes et de mesures. Elle emploie un effectif ne dépassant pas un niveau déterminé. Elle réalise un chiffre d’affaires plafonné. Ces facteurs de détermination ne font pas l’unanimité partout dans le monde. Ils changent d’une économie à une autre. Ainsi, les PME n’ont pas les mêmes définitions dans les pays développés que celle des pays en développement. La PME pose donc un problème au niveau de sa définition et de son identification.

Ce chapitre sera réparti en trois sections : une première section sera consacrée au problème d’identification et de définition de la PME, une seconde section à la définition de la PME au Maroc et une troisième section, à la petite entreprise marocaine, le secteur informel et l’artisanat.

7

SECTION I :

LA PME : PROBLEME DIDENTIFICATION ET DE DEFINITION.

La PME pose un problème au niveau de sa définition, car elle n’a pas la même identité partout dans le monde. Elle change de critère d’un pôle à un autre et d’une économie à une autre. Ainsi, sa définition au Japon diffère de celle en France, et celle des pays développés n’est pas la même dans les pays en développement. La PME n’a donc pas une définition universelle.

1 : LA PME DANS LES PAYS INDUSTRIALISES :

Dans

coexistent :

les

pays

industrialisés

deux

images

de

la

PME

radicalement

opposées

La première image de la PME est celle d’une entreprise archaïque, cantonnée dans des activités en déclin (La petite exploitation familiale agricole, l’artisanat ou le petit commerce) et dont le niveau technologique est relativement faible. La PME apparaît ici comme une forme d’organisation héritée du passé et l’esprit qui anime les patrons de ces PME est conservateur et traditionaliste. On retrouve cette conception de la PME surtout dans les pays d’Europe du Sud, en Espagne, au Portugal, en Italie et tout particulièrement en France.

"A cette conception traditionaliste où la PME est perçue comme une survivance du passé, on peut opposer une conception plus moderne.

Ainsi en Allemagne, le concept de PME est plus connu sous le terme « Mittelsland » qui signifie littéralement classe moyenne. Ces entreprises de taille moyenne constituent le pilier de l’économie sociale de marché et symbolisent le principe de « responsabilité collective » cher aux entreprises germaniques". 1

Dans les pays anglo-saxons, la PME est souvent associée à l’innovation, au

C’est l’image de la PME high-tech,

stéréotype de l’entreprise moderne par excellence, créative d’emplois et capable de plus

grandes prouesses technologiques.

dynamisme, à l’initiative privée, au goût du risque

1 Olivier Torres « les PME » éd. : Dominos Flammarion 1999. p23.

8

2

: CRITERES DE DEFINITION DE LA PME DANS LES PAYS INDISTRUALISES.

Pour la définition des PME dans les pays industrialisés, les critères retenus sont différents. Ce qui reflète la pluralité des objectifs à réaliser, compte tenu des spécificités nationales particulièrement sur le plan démographique, financier et économique. Néanmoins le critère retenu communément reste celui de l’effectif des employés dans l’unité de production.

3 : LA PME SELON LE CRITERE DE LEMPLOI DANS QUELQUES PAYS INDUSTRIALISES.

Au Japon, les critères de base pour définir la PME sont : le capital ou portefeuille de l’investissement et/ou les effectifs. De même que cela dépend du secteur d’activité.

Ainsi en industrie minière, transport et autres branches d’activité, est une entreprise dont l’effectif des employés est inférieur ou égal à 300 personnes, l’investissement inférieur ou égal à 100 millions de yens. Dans le commerce de gros, l’effectif est de moins 100 personnes, et le montant d’investissement est de moins de 300 millions de yens. Alors que dans le commerce de détail, l’effectif est de moins de 50 personnes et l’investissement est de moins de 10 millions de yens 1 .

Ces critères servent de bases aux politiques en faveur des PME au Japon, et à leur suivi depuis 1963, toutefois, aucune définition officielle n’existe dans ce pays.

En grande Bretagne : est considérée comme PME/PMI toute unité de production manufacturière qui emploie jusqu’à 200 personnes alors qu’elle ne retient que 25 personnes dans le domaine de la construction et des mines.

En Belgique, l’entreprise qui emploie de 1 à 50 salariés est une moyenne industrie.

Aux Etats Unis, l’effectif des employés dans une PME peut atteindre 1500 personnes.

En France, une distinction plus importante est donnée aux types d’entreprises selon l’effectif des employés. Ainsi, une entreprise qui emploie de 1 à 5 salariés, et qui est enregistrée en tant que telle, est considérée entreprise artisanale. Celle qui emploie de 6 à 50 salariés est une petite industrie et celle qui fait travailler de 51 à 500 personnes est considérée comme moyenne industrie. Ce qui veut dire que les PME emploient de 6 à 500 salariés en

1 Bouzid Azzouzi « PME et stratégie de développement au Maroc » 2 ème édition Almaarif Aljadida, 1997, p 38.

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France. Une partie des petites entreprises est constituée de micro- entreprises, celles qui

emploient de 1 à 9 personnes.

Le tableau suivant résume les données relatives à la classification des entreprises en

France.

Tableau n° 1 : Classification des entreprises en France selon le nombre de salarié1

Classification

Nombre de salariés

Micro- entreprise Dont Artisanale Petite entreprise Moyenne entreprise Grande entreprise

1 à 9

1 à 5

10 à 199 200 à 499 supérieur ou égal à 500

On remarque que l’effectif des salariés représente un critère de définition de la PME

mais il change d’un pays à un autre, et d’un secteur à un autre dans un même pays.

Le critère de l’emploi est complété par un autre d’ordre financier, particulièrement le

montant de l’investissement et/ou le chiffre d’affaires. C’est d’ailleurs le cas en Belgique où

une entreprise qui réalise un chiffre d’affaires de 1.400.000 Dhs est investit 3.500.000 Dhs est

considérée comme artisanale. Celle qui réalise un chiffre d’affaires de 7.000.000 de Dhs est

une petite industrie 2 .

Il n’existe donc pas de définition stricte et définitive de la PME dans la plupart des

pays industrialisé, c’est pour cette raison que la commission des communautés européennes a

décidé d’harmoniser la définition de la PME à l’échelle des pays membres grâce à une

recommandation qui précise que la « PME est définie comme une entreprise indépendante

financièrement, employant moins de 250 salariés, avec un chiffre d’affaires plafonné à 40

millions d’euros » 3 . Cette définition est en vigueur depuis 1997.

1 Jaques Roger-Machart Réussir nos PME ed. Dunod, 1991, p.27. 2 Bouzid Azzouzi « PME et stratégie de développement au Maroc » Op. cit. p :39 3 le journal officiel de la communauté européenne du 30 avril 1996 cité par Olivier Tores

10

Dans les pays en développement la définition de la PME n’est pas plus facile que dans les pays industrialisés. Là encore elle change d’un pays à un autre et prend principalement en considération le critère de l’emploi pour faire face au problème du chômage.

4 : LA PME DANS LES PAYS EN DEVELOPPEMENT :

Dans les pays en développement, les conditions d’une économie de marché ne pourront être satisfaites. La primauté est à la satisfaction des besoins primaires d’une économie de survie. C’est dans les années 70 que l’on a pris conscience de l’existence dans le tiers monde d’un secteur informel où travaillaient les petits commerçants, des petits vendeurs, en situation plus ou moins légale qui coexiste avec le secteur formel.

Dans de nombreux pays en développement les entreprises publiques ou privées connaissent de grandes difficultés. Celles relevant du secteur informel résistent mieux à la crise. Le secteur informel est souvent dans ces pays la principale source d’emplois notamment pour les populations locales.

Dans le continent africain, l’informalité des économies est très forte, et la petite entreprise est caractérisée d’abord et avant tout par son aspect communautaire. L’activité économique se fond dans l’activité sociale. C’est l’homme dans sa dimension sociale qu’il convient de prendre en considération. C’est dans ce sens que la plupart des définitions de la PME, dans les pays en développement, prennent en considération le facteur démographique, donc le nombre d’emploi par entreprise1

Ainsi en Egypte, un seul critère est retenu pour identifier la petite industrie, et c’est le nombre d’employés qui varie de 10 à 50 personnes.

Au Soudan et au Sénégal deux critères sont retenus, l’emploi qui est respectivement dans les deux pays de 30 et 50 personnes, et le montant d’investissement qui est de 430.000 dirhams (Dhs) dans le premier et de 2.000.000 Dhs dans le second 1 .

En dehors du continent africain, Il existe une plus grande distinction est faite entre la petite et la moyenne industrie, en tenant compte du seul critère de l’emploi.

1 Olivier Torres, op . cit. P 31.

1 Bouzid ELAZZOUZI

326.

PME et stratégie de développement au Maroc2eme éd Al Maarif Aljadida 1997. p.

11

« Ainsi en Colombie la petite industrie emploie de 5 à 24 personnes, la moyenne

industrie de 25 à 99 personnes. Ce qui veut dire que la PMI emploi de 5 à 99 personnes.

Cette distinction diffère de celle des pays comme le Singapour, les Philippines et la

Corée, où la petite industrie emploie de 5 à 99 personnes, et la moyenne industrie de 100 à

199 personnes, soit en total, la PMI dans ces pays emploi de 5 à 199 personnes ». 1

Il n’existe donc

pas de définition universelle dans la plupart des pays, elle change

alors d’un continent à l’autre et d’un pays à l’autre.

Le tableau suivant regroupe les critères de définition d’une PME dans quelques pays

en voie de développement :

Tableau n° 2 Définition de la PME dans les pays en développement 2

Pays

Critères

Petite industrie

Moyenne

PMI

 

industrie

Egypte

Emploi

10 à 50

 

-

 

-

Soudan

Emploi

 

30

 

-

 

-

Investissement

430.000 DH

   

Sénégal

Emploi

 

50

 

-

 

-

Investissement

2.000.000 DH

   

Colombie

Emploi

5

à 24

25 à 99

5 à

99

Singapour

Emploi

5

à 99

100

à 199

5

à

199

Philippines

Emploi

5

à 99

100

à 199

5

à

199

Corée

Emploi

5

à 99

100

à 199

5

à

199

Le critère de base de définition de la PME dans les pays en développement est celui de

l’emploi. Ils ont comme souci majeur de faire face au problème du chômage qui devient avec

le temps plus important. Toutefois le dénominateur commun est le nombre d’employés qui

reste compris entre 5 et 200 personnes. Au Maroc, le même critère est pris en considération à

côté de celui d’ordre financier.

2 Source : Brochure éditée par la BNDE et l’OID en 1983 cité par B. El Azzouzi, p236

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SECTION II :

LA DEFINITION DE LA PME AU MAROC :

Avant d’énoncer les caractéristiques principales de la PME, force est de constater qu’aucune définition ne permet jusqu'à présent de caractériser ce qu’est exactement une PME au Maroc.

Certes, les normes et les critères existent, telle que le nombre d’employés, le coefficient de capital, parallèlement à certains critères d’ordre qualitatifs ; caractères des associés (entrepreneur unique, association de fait…), types de dirigeants. Mais toujours est –il que la PME constitue un parent pauvre de la statistique marocaine, à l’exception des données fournies par le ministère du commerce et de l’industrie sur la petite et la moyennes industrie (PMI) et quelques informations fournies par la direction des statistiques 1

La PMI est généralement considérée comme composante des PME, il est souvent difficile de les différencier. Dans l’usage courant, on ne fait pas de distinction entre les deux.

La PME renferme une notion globale en intégrant la PMI, celle-ci renferme un ensemble homogène déterminé sur la base de données techniques particulières, spécifiquement industrielles.

Cependant dans le cadre du financement, on dégage une catégorie de PME spécifique, formée par un ensemble hétérogène d’activité libérale, écoles privées, cliniques, cabinets de médecins, transport, etc.…

On a constaté par exemple un développement au niveau de la branche informatique, bureautique et télématique, de PME créées et gérées par des ingénieurs et spécialistes marocains, où l’apport du savoir- faire s’avère être l’élément central de leurs projets.

Aussi, la majorité des études disponibles sur les PME au Maroc porte pratiquement sur les PMI qui se fixent comme critère principal un seuil de moins de 200 salariés pour déterminer une PMI, cette dernière représente 94% environ des entreprises industrielles au Maroc.

1 Mohamed LARBI ELHARRAS, Secteur privé au Maroc et ses structures, étude du cas CCI, 1997, p. 75.

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Jusqu’en 1983, date de promulgation du code d’investissement, il n’existait pas de définition légale de la PME au Maroc.

Le dit code d’investissement définit la PME dans son article 3 comme étant :

l’entreprise dont les investissements à la création ou à l’expansion ne dépassent pas 5 millions de Dhs, et dont la valeur en bien d’équipements par emploi stable créé ne dépasse pas 70.000 DH est considérée comme PME

Pour palier au problème d’identification de la PME, certains définitions ont été proposées par des organismes financiers aussi bien internationaux que nationaux, et ont été adoptées par les autorités compétentes au Maroc. Ces définitions ont été basées sur des critères financiers (définition financière 1), l’impact économique des PME (définition économique 2) et l’identification juridique de la PME (définition juridique 3).

1: DEFINITION FINANCIERE DE LA PME :

Cette définition est baptisée ainsi par ce qu’elle prend en considération des caractères arithmético-financiers que reflètent les plafonds des agrégats retenus en l’occurrence, l’actif et le chiffre d’affaires. C’est dans ce sens que des définitions prenant en compte ces critères ont été élaborées notamment la procédure simplifiée accélérée (a) et le programme d’assistance intégré (b)

A : LA PROCEDURE SIMPLIFIEE ACCELEREE (P.S.A )

La politique de financement des PME a été centralisée au niveau de la BNDE durant la période allant de 1978 à 1988 1 .

En collaboration avec les autorités monétaires et les banques commerciales, dès 1972, la BNDE avait mis en place la procédure simplifiée accélérée de financement des PME/ PMI, communément appelée (PSA).

La BNDE a ainsi bénéficié de plusieurs lignes de crédit pour satisfaire les besoins en financement de la politique PME/PMI mise en place telle que la ligne pilote de la Banque Mondiale (5 millions de dollars, dont 3 rétrocédés à la Banque Populaire), la ligne BIRD (25

1 Abdellah BOUSMAIN De l’assistance à la PME à l’auto emploile temps du Maroc, 20 au 26/08/99 .n°: 199

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millions de dollars en 1979, 70 millions de dollars en 1983), la ligne BEI (15 millions d’Ecus en 1980), la ligne de crédit long terme de partenariat franco- marocain… etc. 1

Suivant La Procédure Simplifiée Accélérée, En juillet 1972, le critère retenu était celui du programme d’investissement dont le montant devait plafonner à 500.000 DH.

En 1973, trois critères remplacèrent le premier :

Le plafond du crédit était de 500.000 Dhs maximum.

Le Total actif après investissement était de 2.000.000 Dhs.

Le chiffre d’affaire (CA) était de 3.000.000 de Dhs maximum. 1

Avec la marocanisation de 1973, on a assisté au développement du patronat marocain parallèlement à la marocanisation des dernières affaires PME, ce qui a donné lieu à l’émergence d’une nouvelle classe d’hommes d’affaires marocains, et a modifié sensiblement les critères de définition de la PME.

Après plusieurs modifications, les critères de définition opérationnels jusqu’au 31 décembre 1987 étaient comme suite :

Le quantum de financement : création 50/65%, extension 60/65%.

Plafond de crédit maximum : 5.000.000Dhs.

Chiffre d’affaires : 75.000 Dhs.

B : LE PROGRAMME D’ASSISTANCE INTEGRE (PAI).

Dans le cadre de ce programme, des lignes étrangères ont été destinées au financement de la PME dans des secteurs bien déterminés, formation, conseils, orientation. Cette définition ne retient plus le chiffre d’affaires.

Le critère retenu est celui de l’actif net. Ce critère, tout en étant actualisé, varie selon trois tranches correspondant à trois secteurs bénéficiant du financement.

1 Abdellah BOUSMAIN De l’assistance à la PME à l’auto emploile temps du Maroc, 20 au 26/08/99 .n°: 199.

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L’actif net a varié comme suit :

La première tranche : Elle a évolué en trois phases

Première phase : l’actif net était compris entre 100.000 et 500.000dhs,

Seconde phase, il était passé à 750.000 Dhs.

Troisième et dernière phase il a atteint 1.000.000 Dhs dans le cadre de la dernière actualisation.

La seconde tranche : l’actif net était compris au départ entre 500.000 et 2.500.000 avant d’atteindre 3.000.000 Dhs.

La troisième tranche : était incluse entre 2.500.000 et 5.000.000 avant de plafonner 6.500.000 Dhs.

Dans une deuxième actualisation (1987) ce plafond a été porté à 8.000.000 Dhs, et les trois tranches ont été réduites à deux. La première comprise entre 1 et 4 millions, la seconde entre 4 à 8 millions.

Il apparaît que les paramètres de la définition financière reste simple et facile à cerner.

Ce sont les critères d’éligibilité qui déterminent en dernier lieu l’octroi du prêt. Ils constituent une véritable définition économique.

2: DEFINITION ECONOMIQUE DE LA PME.

Le critère fondamental dans cette définition reste celui du coût par emploi, le critère visé par l’institution de ce dernier, étant de favoriser la création de l’emploi.

Dans la PSA, le critère de l’emploi n’est pas retenu, alors que d’autres, comme ce plafond d’investissement y sont retenus.

Dans le PAI, les lignes de crédit ont permis une innovation en matière du critère du coût par emploi, il varie selon la région du projet et les tranches d’investissement1 , ainsi que la hausse des prix qui a nécessité une actualisation régulière.

En juin 1980, une nouvelle interprétation du coût par emploi a été donnée par un certain nombre d’experts nationaux et étrangers, elle tient compte de l’objet de l’investissement (augmentation de la capacité de production ou modernisation des équipements).

Ainsi en cas de création, le coût par emploi est calculé en rapportant le programme d’investissement au nombre d’emplois créés.

En cas d’extension, c'est à dire d’augmentation de production, c’est le rapport du montant de l’investissement additionnel au nombre d’emplois additionnels.

En cas de diversification, où les emplois existants sont maintenus grâce à un nouvel investissement, c’est le rapport de l’actif net après réalisation du programme au nombre d’emplois créés et maintenus.

D’autres critères de définition ont été retenus selon la ligne de financement dont les plus importants sont le taux de rendement interne pour les lignes d’emprunts étrangers qui doit au moins être égale au taux d’intérêt en vigueur.

A partir de ces différentes définitions, nous retiendrons qu’une PME est celle dont le plafond de crédit maximum ne dépasse pas les 5.000.000 de Dhs, l’actif net ne dépasse pas les 4 millions de Dhs dans la phase de création et qui emploie moins de 200 personnes.

A côté de ces différentes définitions, il existe d’autres indicatif :

qu’il convient de citer à titre

Définition de la Banque Africaine de Développement (BAD) celle de l’OPEP, de Banque Al-Maghrib et celle du Fonds de soutien aux jeunes promoteurs.

1 Najib ibn Abdejalil : Esprit d’entreprise et création d’entreprise, l’expérience marocaine tout son devenir, journée scientifique à entre partenariatde l’ UREF, Otawa : 19-20 septembre 1991 :édité dans son recueil de publications « entreprise et son environnement » op, cit. p :245.

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Chacune de ces définitions pose des critères d’éligibilités spécifiques et différentes les unes des autres. Elles convergent néanmoins vers des critères tel le nombre d’emplois, le chiffre d’affaires, le capital

La définition la plus récente de la PME au Maroc reste celle de la charte de la PME 1 qui essaie de l’identifier juridiquement la PME et d’énumérer des critères complémentaires et les conditions de son éligibilité.

La loi de la charte constitue le cadre de référence de la politique que compte mener l’Etat dans le domaine de la promotion de la PME au cours des années à venir. Elle correspond aux Directives Royales affirmées en de nombreuses circonstances, et notamment la lettre royale destinée à l’occasion du séminaire national organisé en septembre 1999 sur la thème « la PME : moteur de croissance économique ». Cette charte se propose de définir juridiquement la PME selon des critères qualitatifs et quantitatifs.

3 : DEFINITION JURIDIQUE DE LA PME

La mise en œuvre d’une politique en faveur de la PME suppose le choix d’une définition permettant d’identifier clairement l’entité en question. Actuellement, - comme cité plus haut - une PME est définie selon une multiplicité d’approches et de critères, ce qui ne permet pas d’appréhender la réalité et la spécificité de cette catégorie d’entreprises. Il en résulte un manque de cohérence et une dispersion des efforts dans le traitement de ces problèmes, d’où l’intérêt d’adopter une définition unique et une procédure homogène d’identification de la PME selon des critères admis et appliqués par tous les opérateurs.

A travers les différentes expériences étrangères et internationales, il ressort que la définition la plus courante de la PME fait appel à une double série de critères, qualitatifs et quantitatifs.

Les critères qualitatifs font référence en général au mode d’organisation et de gestion de l’entreprise.

Les critères quantitatifs se rapportent à la taille de l’entreprise. Elle est mesurée par l’actif total ou le programme initial d’investissement selon qu’il s’agissait de PME existante ou nouvellement créée, par l’effectif des employés, ainsi que le chiffre d’affaires annuel.

1 Projet de loi formant la charte relative à la PME, présenté par le ministère des affaires générale du gouvernement, le 15 février 2000.

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On distingue en général trois catégories de taille : la très petite entreprise, la petite et la moyenne entreprise.

Une différenciation des critères quantitatifs est généralement nécessaire pour tenir compte des spécificités sectorielles : une PME industrielle ou PMI, ne présente pas les mêmes caractéristiques de taille d’une PME de service ou une entreprise artisanale.

4 : DEFINITION DE LA PME SELON LA CHARTE DES PME

Selon ladite charte : On entend par petite et moyenne entreprise (PME), toute entreprise gérée et ou administrée directement par les personnes physiques qui en sont les propriétaires, copropriétaires ou actionnaires, dont le capital n’est pas détenu directement ou indirectement à plus de 25% par une personne morale ou un fond collectif d’investissement. et qui répondent aux conditions suivantes :

a) Pour les entreprises existantes : Avoir un effectif permanent, ne dépassant pas

200 personnes, et avoir réalisé, au cours des deux derniers exercices, soit un chiffre d’affaires annuel hors taxe n’excédant pas 75 millions de Dhs, soit un total de bilan annuel n’excédant pas 50 millions de Dhs.

b) Pour les entreprises nouvellement créées, engager un programme

d’investissement initial global n’excédant pas 25.000.000 Dhs et respecter un ratio d’investissement par emploi de moins de 250.000 Dhs.

On entend par entreprise nouvellement créée, toute entreprise ayant moins de deux années d’existence.

Dans son second article, ladite charte précise que la qualité de PME est reconnue à l’entreprise, à sa demande, si elle remplit les conditions susmentionnées. Cette qualité donne lieu à une identification dont la procédure est fixée par voie réglementaire.

La charte précise aussi que des appuis à la création des PME comprendraient :

- l’assistance aux promoteurs dans la conception et la réalisation de leurs projets.

Il s’agit d’un projet de loi en cours d’examen. Projet de loi formant la charte relative à la PME, présenté par le ministère des affaires générale du gouvernement, le 15 février 2000

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- Le soutien pour le démarrage et la poursuite des activités au cours des trois années de vie de l’entreprise.

La PME est composée de petite et de moyennes entreprises, mais aussi des entreprises de très petites tailles, auxquelles il convient de donner quelques précisions pour éviter de les confondre avec le secteur informel ou le secteur artisanal au Maroc.

20

SECTION III. :

LA PETITE ENTREPRISE AU MAROC, LINFORMEL ET LARTISANAT.

La petite entreprise au Maroc est celle qui emploie un effectif de moins de 10 personnes et qui remplit un nombre de conditions qu’il est souvent difficile de cerner. Elle est souvent confondue avec des unités opérant dans le cadre du secteur informel, ou elle remplit quelques conditions du secteur artisanal. Dans ce qui suit, quelques précisions seront apportées à la petite entreprise (1) au secteur informel (2) et au secteur artisanal (3).

1. LA PETITE ENTREPRISE AU MAROC.

Nous définissons comme petite entreprise(PE) tout espace de production localisé, inscrit à une patente ou non (informel, souvent à domicile). structuré ou non, qui développe une activité productive et qui a un chiffre d’affaires inférieur à 5 millions de Dhs 1

Le critère du chiffre d’affaires pourra être complété par des critères complémentaires tels que le capital ou le nombre d’employés permanents, selon le type d’activité, ainsi que le degré de structuration, principalement formulé sur la tenue ou non d’une comptabilité.

Selon l’étude basée sur l’enquête réalisée par le conseil national de la jeunesse et de l’avenir 2 (CNJA), qui part d’un échantillon d’entreprises structurées qui sont inscrites au fichier des entreprises imposées sur la base du bénéfice net réel, donc du haut de gamme des entreprises structurées, la proportion des petites entreprises, sur la base d’un chiffre d’affaires inférieur à 5 millions de Dhs, est de 74,5% du total de ces entreprises. 1

Ceci montre l’importance des petites entreprises dans le tissu économique marocain. Le tableau suivant montre leur la place en pourcentage du total des entreprises. Il montre aussi la place des entreprises non structurées. Il faut donc éviter de confondre les activités informelles, les très petites entreprises (T.P.E) et les activités non structurées.

1 Anne BALENGHIEN, Qu’est ce que l’entreprise, qu’est ce qu’entreprendre au MarocIn Pour une approche alternative de l’analyse de développement Collectif, coordinateur Driss KHROUZ ,éd. Fondation du roi Abdelaziz Al Saoud, novembre 1999, p. 211.

2 Enquête du CNJA, l’encadrement de l’entreprise privée, Rabat Janvier, Février 1994, sur 1950 entreprises marocaines structurées de toutes tailles. Le CNJA part d’un échantillon d’entreprises structurées qui sont inscrites au fichier des entreprises imposées sur la base du bénéfice net réel, donc plutôt du haut de gamme de des entreprises structurées.

21

Tableau n°3 : Répartition des entreprises marocaines par catégorie

(Enquête MADI, Enquête CNJA) 2

Montant du chiffre d’affaires (CA) en milliers de Dhs :

 

Entreprises non

Entreprises structurées

structurées

PE de très petite taille

MADI

MADI

CNJA

Inférieur à 50

58,54%

0%

 

De 50 à 100

22,76%

7,8%

8,7%

PE de petite taille

     

De 100 à 500

11,38%

20,9%

20,82%

De 500 à 1000

7,32%

12,2%

12,04%

De 1000 à 5000

0%

31,3%

33%

Moyenne et grosse entreprise

     

CA supérieur à 5000

Inexistant

27,8%

25,5%

TOTAL

100%

100%

100%

Les entreprises non structurées ne sont pas à confondre avec l’informel, les micro-

activités de survie ou des petites affaires souterraines, ne peuvent être considérées comme

des entreprises, les entreprises non structurées ne sont pas non plus à confondre avec les

Entreprises de très petites taille. Comme le montre le tableau, des entreprises non

structurées peuvent avoir un capital assez élevé et des entreprises structurées peuvent

avoir un capital très petit.

Il existe des cas où des entreprises actuellement formelles, ont commencé par de

l’informelle. Ainsi, les frontières entre l’informel et le secteur formel sont très poreuses,

ce qui montre que ces deux secteurs sont interdépendants y compris les moyennes

entreprises du formel. Comment est alors défini le secteur informel ?

2. LE SECTEUR INFORMEL

Le secteur informel est présenté comme un secteur refuge, fourre tout, où l’on

classe de petites entreprises modernes, des affaires artisanales organisées, et des

établissements en marge des lois et des réglementations.

1 Anne BALENGHIEN, Qu’est ce que l’entreprise, qu’est ce qu’entreprendre au MarocOpt. Cit. p. 212

2 Ibid. MADI: Etude des besoins de financement des petites entreprises au Maroc sous la responsabilité de F. Abdelmoumni et A. Balenghien, Rabat, janvier 95, 70 pages ( 200 entreprises structurées et non structurées).

22

La notion de secteur " informel " a été introduite en 1972 par le bureau international du travail (BIT) dans le cadre du programme de recherche sur l’emploi en Afrique. Les sept critères retenus pour caractériser le secteur informel furent les suivants :

1. La facilité d’accès aux activités.

2. L’utilisation des ressources locales.

3. La propriété familiale des entreprises.

4. L’échelle restreinte des opérations.

5. L’utilisation de techniques simples et le nombre réduit de travailleurs.

6. Des qualifications qui s’acquièrent en dehors du système scolaire officiel.

7. les marchés échappant à tout règlement et ouvert à la concurrence. 1

D’autres études méthodologiques, tout en distinguant cinq branches d’activité, (les industries de transformation, la construction, le transport, le commerce et les services) proposent des critères pour chaque branche. Dans les industries de transformation, une unité de production appartiendra au secteur informel, selon cette approche, si elle remplit une ou plusieurs des conditions suivantes : 2

elle emploie au plus dix personnes, (y compris celles travaillant à mi-temps ou occasionnellement).

elle échappe aux réglementations sociales.

les travailleurs font partie du ménage du chef d’entreprise.

elle n’a pas un horaire de travail .

elle a un caractère ambulant ou occupe des locaux provisoires.

ses crédits ne proviennent pas d’institutions financières officielles.

1 Mohamed SALAHEDDIN Les petits métiers clandestinséd Eddif. Mar 1987, p 22 2 Ibid. p. 26.

23

elle

(transport).

n’utilise

pas

l’énergie

électrique

(construction,

production)

ou

mécanique

La plupart des travailleurs ont suivi l’école pendant moins de 6 ans.

D’autres auteurs regroupent les activités informellesdans trois catégories, selon le degré de complexité de la comptabilité : absence de comptabilité, comptabilité rudimentaire, comptabilité élaborée. Plus la comptabilité est élaborée plus elle serait l’indice d’une structure productive, ayant réuni les conditions pour effectuer son passage dans le secteur moderne.

Le secteur informel est ainsi défini par Philippe Hugon, comme étant un concept globalisant, il recouvre des activités en marge de la légalité, des établissements légaux mais organisés selon une division technique et sociale du travail non capitaliste, des travailleurs salariés mais non pris en charge par la sécurité sociale, et enfin le secteur de production non marchande .

Par activité informelle, l’auteur entend des activités à petite échelle où le nombre de salariés permanents est limité, où le capital avancé est faible mais où néanmoins, il y a circulation monétaire et vente de biens et services onéreux. 1

Une définition qui ne s’éloigne pas beaucoup de celle du secteur artisanal, puisque l’auteur lui-même fait de l’artisanat une activité informelle, et distingue entre ses deux branches, l’artisanat de récupération et l’artisanat de production.

Comment est défini l’artisanat au Maroc ?

3. L’ARTISANAT AU MAROC :

Officiellement l’artisanat est défini comme suite : Est considéré comme artisan, celui qui exerce un travail manuel et est qualifié au niveau professionnel soit par une formation ou par une longue pratique du métier, l’artisan travaille pour son propre compte, seul ou avec les membres de sa famille, avec des associés, des apprentis ou des ouvriers. Cependant le nombre de personnes employées ne peut pas dépasser dix, la force motrice des installations d’un artisan ne doit pas dépasser dix chevaux.

1 Philippe Hugon : Les petites activités marchandes dans les espaces urbains africains) Revue tiers monde N° 82, 1980, p : 405.

24

Enfin une entreprise artisanale, ne doit pas disposer d’un capital de plus de 5 millions de Dhs, et l’investissement ne peut pas s’élever à plus de 30.000 Dhs par emploi créé1

La définition en vigueur, susmentionnée, ne se fondant pas sur des critères objectifs et reconnus de tous les acteurs, ne permet pas d’établir des limites précises entre l’artisanat et l’industrie, ni de bien cerner les entreprises devant constituer le champ d’action des chambres de l’artisanat2 .

Cette définition ne diffère pas beaucoup de celle donnée par le code d’investissement de 1983 à la PME. Le dit code la définit dans son article 3 comme étant L’entreprise dont les investissements à la création ou à l’extension, ne dépasse pas 5 millions de Dhs, et dont la valeur en biens d’équipements par emploi stable créé ne dépasse pas 70.000 Dhs est considérée comme petite et moyenne entreprise3

A quelques différences, notamment sur le montant d’investissement par emploi créé, qui est de 30.000 Dhs, dans l’artisanat et 70.000 Dhs dans la PME, il y a une grande analogie entre les deux, voir même des ambiguïtés de différenciation, en particulier quand il s’agit de très petites entreprises.

Les limites entre la PME, le secteur informel et le secteur artisanal sont trompeuses. Il faut donc mettre en place une définition claire de chacun de ces secteurs afin d’éviter toute confusion. Dans leur contexte actuel, les critères sont tellement liés et rapprochés qu’il est souvent difficile de tracer les limites caractérisant chaque secteur. Une PME peut présenter les caractéristiques relatives au secteur artisanal, comme elle peut opérer de manière informelle, sans autant qu’il soit facile de s’en apercevoir.

La moyenne entreprise n’est pas à l’abris des confusions puisque une unité présentant l’effectif inférieur à 200 personnes peut avoir des chiffres d’affaires importants, ou être gérée par des personnes morales, ce qui ne la différencie pas de la grande entreprise.

Après avoir passé en revue les différentes définitions de la PME au Maroc, notamment les définitions financières, économiques et juridiques, nous retiendrons qu’une PME est une entreprise indépendante, emploie un effectif de moins de 200 employés et réalise un chiffre

1 Voir Dahir, N°1-63-194 du 6 mai 1983. 2 Ali Fejjal : La problématique de la transition du secteur artisanalcollectif coordinateur Driss Khrouz, op. cit., p : 199. 3 Bouzid AZZOUZI : PME et stratégie de développement au Maroc, op.cit. p. 25.

25

d’affaires inférieur à 5 millions de Dhs lors de sa création, à 20 millions en phase de croissance et 50 millions en âge de maturité et dont l’actif net ne dépasse pas 4 millions des Dhs.

Cette distinction nous permettra de tirer de conclusions à partir des statistiques disponibles, malgré leur rareté, ce qui nous permettra par la suite de montrer l’importance de la PME dans la création de l’emploi.

26

DEUXIEME CHAPITRE :

LE ROLE DE LA PME DANS LA CREATION DE LEMPLOI,

LES INTERMEDIAIRES DINSERTION ET LES POLITIQUES DENCOURAGEMENT A LA CREATION DES PME.

27

Les PME ont fait l’objet de plusieurs études 1 pour mettre en place une politique commune en leur faveur. Toutefois malgré ces efforts d’unification des concepts et de définition il n’en reste pas moins que la PME reste encore mal connue et mal définie.

La PME est perçue comme une solution du chômage que ce soit dans les pays industrialisés ou dans les pays en développement. Elle est actuellement qualifiée de locomotive de l’économie. Certes un rôle important lui est assigné dans la création l’emploi. Elle participe dans la création de la richesse. Elle constitue un passage vers le domaine du travail qualifié. Mais face à la montée flagrante du chômage, les intermédiaires d’insertion ont un rôle à jouer et des politiques doivent être adoptées. Aussi au Maroc, plusieurs politiques ont été mises en place pour favoriser la création des PME et de l’emploi.

Dans ce chapitre, nous allons essayer de montrer le rôle de la PME dans la création de l’emploi (section I), le rôle des intermédiaires d’insertion (section II) et les politiques d’encouragement à la création des PME au Maroc.(section III).

1 Voir notamment l’étude faite par Philippe Albert, Alain Fayolle et Stéphane Marion, « l’évolution du système d’appui à la création d’entreprises », revue française de gestion novembre - décembre 1994, pp : 100-111. Et le colloque de Trois-Rivières article de Laurent Creton de l’université Paris VIII intitulé « La PME en devenir dans un monde en mutation » article publié dans revue d’économie industrielle n° 32, 2 ème Trimestre, 1985 . pp

110-117.

28

SECTION I :

ROLE DE LA PME DANS LA CREATION DE LEMPLOI

Pour montrer le rôle de la PME dans la création de l’emploi un ensemble d’études ont été menées. Elles ont pour objectif de montrer l’impact de la création des petites unités de production sur l’emploi, les effets de l’innovation technique dans les PME sur l’augmentation de l’effectif des employés, et le rôle de ces unités dans l’insertion des personnes en difficulté.

Dans ce qui suit, nous allons essayer de voir l’importance économique de la PME comme étant une solution au problème du chômage (1), l’emploi et l’innovation technique dans les PME (2) et l’importance de al PME dans l’insertion des personnes en difficulté

(3).

1. IMPORTANCE ECONOMIQUE DE LA PME COMME SOLUTION AU PROBLEME DU CHOMAGE

Par leur dynamisme et leur efficacité, les PME sont au cœur des systèmes productifs à travers le monde.

Dans chacun des trois pôles de l’économie mondiale, les USA, l’Union Européenne (UE) et le Japon, où les entreprises se comptent par millions, plus de 99% d’entre elles sont des PME, beaucoup sont même de très petites entreprises de moins de 10 salariés. Le Japon notamment compte 6,6 millions de PME employant 64,2% des salariés en 1986. En France, elles sont 2,5 millions et emploient le tiers des salariés. 1

D’autre part, et en dépit de la saturation de leur tissu industriel, la création nette des PME (création – Disparition) dans ces pays se chiffrent par dizaines de milliers, elle atteint aux USA 110.000 entreprise par an.

En outre, la PME devient plus nécessaire dans le contexte de lutte contre le chômage car elle constitue un grand générateur de l’emploi.

Néanmoins, la PME est une condition nécessaire au développement, mais qui n’est pas suffisante, étant donnée que la majorité des PME sont des sous –traitantes ou filiales des grandes entreprises, au moins dans les pays développés.

1 Jacque Roger Machart : " Réussir nos PME" . édition Dunod, 1999, P. 25.

29

La Small Business (PME) a enfin, une importance socio-économique et politique dans la mesure où elle génère une classe moyenne. Celle-ci est indispensable à toute stabilité de la société.

Face à la montée du chômage, la PME est perçue comme solution miracle à la crise de l’emploi comme en atteste le credo politique lancé par Berlusconi lors d’une élection en Italie : "trois millions de chômeurs trois millions d’entreprises" 1 .

En effet : " au-delà du fait que la PME génère six fois plus d’emplois par unité de capital investi que la grande industrie" 2 ; d’autres considérations entrent en ligne de compte pour justifier l’intérêt croissant pour la PME, la limitation de l’exode rural et la contribution significative à la résorption du chômage en milieux urbains constituent des arguments à "caractère social" importants qui plaident pour une politique de la PME.

La participation à la décentralisation industrielle et à la régionalisation de l’économie ainsi que les rendements obtenus par la PME dans la fabrication des petites séries, sa plus grande facilité, et sa souplesse d’adaptation pour le travail à façon et la sous–traitance en font également un outil de développement recherché. La PME permet la rationalisation de la production et contribue de façon décisive à l’intégration du secteur industriel.

Les

travaux

scientifiques

menés

sur

les

PME

apparaissent

aujourd’hui

particulièrement froissant. Ils sont relativement hétérogènes.

La PME occupe une place relative apparemment croissante dans l’emploi total, mais "on ne peut pour autant affirmer de point de vu statistique qu’une catégorie d’entreprise, petite, moyenne ou grande, contribue d’avantage que d’autres à la création de l’emploi " 3

Le diagnostic sur cette question apparaît en effet diamétralement opposé selon que l’on se classe sur le moyen terme (6 à 7 ans), et que l’on classe les entreprises par taille au début ou en fin de période.

La confrontation de ces deux mesures montre que les PME sont certes celles qui participent le plus à la création d’emplois nouveaux, mais aussi celles qui contribue le plus à

1 Olivier Torres : " les PME " op. cit. p . 37.

2 Abdellah Ben Smain : " De l’assistance à la PME à l’auto emploi "le temps du Maroc, du 20 au 26 aout 99. N°

199.

3 Analyse menée par Eric Maurrin sur la base de l’échantillon d’enquête de l’INSEE ( Etablissements de plus de 20 salariées). Problèmes économiques, N° 2434, 16 août 95, p. 19.

30

la destruction d’emplois anciens, et donc et avant tout, aux flux de main d’œuvre qui circulent entre les entreprises et le marché du travail. Si l’on distingue création effective d’emploi et simple renouvellement des personnes en place via notamment le recours aux contrats à durée déterminée, il s’avère en outre, qu’il entre et sort du total des PME, quatre fois plus de personnes qu’elles ne créent ou suppriment d’emploi" 1 .

Contrairement à une thèse assez répandue, ces incessants mouvements de l’emploi, dont les PME sont l’objet, semblent aujourd’hui moins liés aux mouvements d’externalisation d’activités industrielles et tertiaires des grandes firmes vers les PME qu’à la contribution d’activités entre les entreprises de taille comparable en concurrence sur le même marché.

La taille n’apparaît donc pas comme un

attribue invariable des entreprises mais au

contraire comme caractéristique plus ou moins variable dans le temps.

Ce qui rend à valider l’idée selon la quelle ce sont les PME nouvellement créées et/ou en croissance qui globalement contribuent le plus à la création d’emplois nouveaux, et les PME en déclin et/ou en cessation d’activité qui contribuent le plus à la disparition d’emplois anciens.

2. EMPLOI ET INNOVATION TECHNIQUE DANS LES PME

Le problème de l’emploi pèse également sur les débats relatifs à la modernisation. Le concept de modernisation a considérablement évolué ces trente dernières années, pour intégrer notamment les aspects sociaux et économiques de l’innovation. Les normes de références demeurent celles observées dans les grandes entreprises où les formes d’organisation de compétitivité, les types de technologie, de combinaison productive mis en œuvre par les PME sont non seulement variés, mais aussi, généralement de nature différente de ceux mis en œuvres par les grandes entreprises. Les PME ne peuvent pas mener de véritables efforts de recherche–développement, impliquant la spécialisation des salariés à plein temps et le développement de relation de long terme avec le monde scientifique.

Toutefois, il paraît absurde de considérer que les PME n’innovent pas. Si l’innovation de procédés de production, fruit de l’engagement de programmes de recherche longs et coûteux demeure la spécialité des grandes firmes, les PME n’en mettent pas moins en œuvre des formes d’innovation, notamment, en adaptant des technologies et des produits génériques

1 Ibid

31

à des applications spécifiques qui, bien qu’on les qualifie généralement de mineurs, semblent aussi essentiels à leur propre compétitivité qu’à celle de l’économie toute entière. " Il est claire en effet, que le maintien ou le développement d’activité dans de nombreux secteurs doit beaucoup à la diffusion de techniques de nouveaux produits dans des PME" 1

C’est d’ailleurs le cas vécu dans les USA, suite au développement des technologies de pointes (l’informatique en particulier) dans la "Silicone Valley", où des entreprises de petite taille "Small Business" ont réussi à changer l’orientation de l’intérêt jusque là accordée aux grandes firmes, et qui ont été à l’origine de changement majeurs dans le monde entier.

Les PME représente aussi le lieu de premier contact avec le monde du travail pour une large tranche de la population.

3. IMPORTANCE DE LA PME DANS LINSERTION DES PERSONNES EN DIFFICULTES

L’importance de la PME apparaît dans sa contribution à l’insertion des publics en difficulté. Ainsi, la réduction des flux d’embauches dans les grandes entreprises, le resserrement de leurs exigences en matière de qualification et leur désengagement du problème de l’insertion, font que l’accès à l’entreprise privée passe d’abord pour ces publics par les PME et tout particulièrement par les très petites entreprises. "la multiplication des mesures d’incitation financières sur lesquelles s’appuient les dispositifs publics d’aide à l’insertion constitue le ressort fondamental de ce phénomène, dans la mesure où les PME, dans leur pratique de recrutement, se montrent généralement plus sensibles à l’abaissement des coûts salariaux que les grandes entreprises, d’où le risque d’une utilisation opportune de ces dispositifs, d’un effet d’aubaine plus ou moins massif, en particulier pour les PME connaissant une forte rotation de leur personnel et qui aurait de toute façon recruté, pouvant se traduire par une dissolution progressive de l’objectif attendu à moyen terme d’insertion ou de réinsertion professionnelle des personnes recrutées par ce biais" 1

Les PME occupent une place majeure dans les relations entre employeurs et salariés, et dans l’instauration des rapports de confiance entre eux, ce qui constitue une ressource potentielle importante des politiques d’insertion. Ainsi, l’appartenance à un même territoire, la connaissance de la famille du candidat à l’embauche ou des réseaux de sociabilité auxquels il participe peuvent prendre le pas, dans le choix de recrutement, sur les critères de sélectivité

1 http//members.tripod.com/zitoun/chap1.htm

32

habituelle, qui souvent empêchent les personnes en difficulté à accéder à l’emploi. Il reste que compte tenu de la masse des publics jugés prioritaires pour bénéficier de ces mesures, les entreprises tendent à opérer une sélection stricte des personnes qu’elles jugent plus employables. Dans ce sens, des intermédiaires d’insertion peuvent jouer un rôle très important dans le rapprochement entre les demandeurs de l’emploi et les entreprises.

SECTION II :

ROLE DES INTERMEDIAIRES DINSERTION.

Les intermédiaires d’insertion ont un rôle essentiel à jouer dans le succès des dispositifs de l’orientation et de l’insertion des personnes en difficulté ou celles faisant partie des personnes sans emploi à la recherche d’un emploi (P.S.E.R.E.), notamment dans la construction de la relation entre les personnes et les entreprises.

" Le brouillage des repères généraux liés aux dysfonctionnements du marché de travail limite en effet considérablement les possibilités de communication entre les PME, qui le plus souvent éprouvent de réelles difficultés à designer clairement leurs emplois, et les qualifications requises pour y accéder, et des personnes en difficulté, particulièrement handicapées pour décrire et faire reconnaître les compétences qu’elles ont pu acquérir antérieurement " 1 . La résolution de ce problème passe notamment par la constitution d’un langage commun, plus élaboré, et surtout moins standardisé que celui fourni par les fichiers administratifs qui permettent de re-qualifier les personnes en difficulté aux yeux de leurs employeurs potentiels. En y participant activement, ces intermédiaires de l’insertion peuvent ainsi favoriser l’embauche des personnes qui n’auraient pas accès à l’entreprise par le seul jeu du marché. Ces intermédiaires sont soit des institutions, soit des centres de collecte d’information sur les besoin des marchés.

Au Maroc des institutions d’insertion et de tutelle en matière de l’emploi ont été mises en place par les pouvoirs publics, leur rôle était d’insérer les personnes en difficulté mais leur réalisations ont été très limitées, c’était notamment le cas du bureau de placement (1) et des centres d’information et d’orientation pour l’emploi (CIOPE) (2) ces derniers ont été remplacés récemment par l’ANAPEC (3).

1. LE ROLE DU BUREAU DE PLACEMENT

Les difficultés rencontrées par les personnes à la recherche d’un emploi relèvent de plus en plus souvent d’un manque d’information en matière d’emploi, conjugué à une méconnaissance des besoins des entreprises.

Au niveau de ces dernières, la situation n’est guère plus favorable. Elle se caractérise généralement par une approche très sommaire des besoins de recrutement et une absence

1 Bruno Baranger : " Les PME et l’emploi : Des relations complexes" Op. Cit. p19

34

d’information sur la nature des profils disponibles sur le marché. " Nous assistons ainsi à un phénomène dont la complexité relève essentiellement d’une méconnaissance mutuelle entre deux mondes qui se recherchent. En principe, ce problème ne devrait pas se poser, ni pour les entreprises ni pour des demandeurs de l’emploi, du fait de l’existence des bureaux de placement " 1 . En effet, ces bureaux sont chargés de la dynamisation du marché de l’emploi, mais en réalité, le rôle d’intermédiaire entre les offreurs et les demandeurs d’emplois qu’ils doivent assurer demeure faible " les bureaux de placement contribuent en 1993, pour moins de 0,7% de l’intermédiation entre l’offre et la demande de travail ( en milieu urbain), les moyens de recherche d’emploi deviennent de plus en plus directs (plus de 50% des demandes d’emploi) ; précaires (les parents, les voisins, les amis interviennent pour environ 16%) et informels (le Moqef) contribue pour prés de 2% des placements) " 2 . Ces bureaux ont été supprimés en 2000 (dahir N° 1-00-220 du 05/06/2000) pour être remplacés par l’ANAPEC (Agence nationale de la promotion des emplois et des compétences) suite à l’inadaptabilité des centres d’information et de l’orientation pour l’emploi CIOPE.

2. LES CENTRES DINFORMATION ET DE LORIENTATION POUR LEMPLOI (CIOPE)

Les CIOPE ont été mis en place à partir de 1993 essentiellement pour la mise en œuvre de la loi sur la formation insertion professionnelle et la réalisation de l’intermédiation entre l’offre et la demande du travail pour les jeunes diplômés de la formation professionnelle.

Leur création se situe dans un contexte marqué par l’accroissement du chômage des jeunes diplômés qui devient à la fois un problème politique et social.

La diminution progressive de recrutement dans la fonction publique depuis le PAS (1993) a amené les pouvoirs publics à inciter et motiver les jeunes diplômés à chercher de l’emploi dans les entreprises du secteur privé, d’où la mise en place des CIOPE dans les principales régions du royaume pour gérer les problèmes de l’emploi des jeunes.

Il y a actuellement des CIOPE situés à Rabat, Casablanca, Mohamedia, Marrakech, Agadir, Tanger, Fès, Oujda et Nador.

1 Fatima HASNI : " La promotion de l’emploi " Vue économique N° 2 ,1992.

2 Noureddine ELAOUFI : " Les systèmes de relation professionnelle au Maroc" BESM, Rapport social 200, ed. Okad, p.8

35

Ces outils institutionnels se sont montrés inadaptés et inefficaces. A titre indicatif, depuis la création de ces centres, le CIOPE à Oujda a créé 40 emplois, dans 25 entreprises installés et n’a pu insérer que quatre personnes lauréates de la formation professionnelle 1 . Des résultats tellement faibles qu’ils sont dépassés même par le système le plus informel. Le Moqef en assure d’avantage de postes de travail. Face aux résultats insuffisants de ces centres, les CIOPE ont été remplacés par l’ANAPEC.

3. L’AGENCE NATIONALE DE PROMOTION DE L’EMPLOI ET DES COMPETENCES

L’ANAPEC a été créée par Dahir N° 1-00-220 du 5/6/2000, elle est investie de la mission d’organisation et de mise en œuvre des programmes de promotion de l’emploi qualifié et élaboré par les pouvoirs publics.

Elle est chargée de :

1. Procéder à la prospection, à la collecte des offres d’emplois auprès des employeurs et à la mise en relation de l’offre et de la demande d’emploi.

2. Assurer l’accueil, l’information et l’orientation des demandeurs d’emplois.

3. Informer et orienter les jeunes entrepreneurs pour la réalisation de leurs projets économiques.

4. Assister

et

conseiller

compétences.

les

employeurs

dans

la

définition

de

leurs

besoins

en

5. Mettre en place des programmes d’adaptation professionnelle et de formation- insertion dans la vie active en liaison avec les employeurs et les établissements de formation.

6. Conclure des conventions avec les associations professionnelles pour le développement de l’auto-emploi, et l’encouragement de la jeune initiative.

7. Réaliser toute mission en relation avec les attributions qui lui seraient confiées par l’Etat, les collectivités locales ou les établissements dans le cadre de conventions.

8. Fournir aux autorités de tutelle sur une base périodiques les informations sur le fonctionnement du marché de l’emploi et des compétences.

1 source informations fournies au niveau du CIOPE d’Oujda.

36

9.

Elaborer et mettre à jour les répertoires descriptifs des emplois et des métiers.

10. Instruire les offres d’emplois émanant de l’étranger et prospecter toutes les opportunités de placement à l’étranger de nationaux candidats à l’émigration.

Ainsi l’ANAPEC remplace les bureaux de placement et les CIOPE et substitue l’intermédiation au placement.

Toutefois, l’institution de la législation accordant l’existence des agences privés de l’emploi au Maroc, pose le problème de relation de ces agences avec l’ANAPEC.

A coté de ces institutions, un arsenal de « politiques » ont été mises en place pour faire face au problème du chômage qui ne cesse d’augmenter. Parmi ces politiques nous présenterons dans ce qui suit les plus liées à l’encouragement de la création des activités porteuses d’emploi.

37

SECTION III :

LES POLITIQUES DENCOURAGEMENT A LA CREATION DES PME AU MAROC:

La politique publique de l’emploi consiste en un ensemble d’interventions publiques directes sur le marché de travail, mais les politiques d’encouragement ont pour but d’inciter les gens à suivre des démarches simplifiés en leur faveur pour réaliser des projets indépendants à but lucratifs. Parmi ces politiques, on trouve au Maroc le crédit jeunes promoteurs (1), les mesures d’encouragement en faveur des lauréats de la formation professionnelle (2) et le micro-crédit (3).

1. LE CREDIT JEUNES PROMOTEURS

Pour favoriser la création de l’auto-emploi, les pouvoirs publics ont adopté des dispositifs visant à l’encouragement de la fondation d’entreprises et ce, par l’octroi de prêts de soutien à certains promoteurs ; ces dispositifs sont issus des lois 36-37 1 , loi 13-94 2 et la loi 15- 96 3 , toutes relatives à la mises en œuvre du fonds pour la promotion de l’emploi, en accordant des prêts aux jeunes diplômés afin de les encourager à créer leurs propres emplois en créant leurs propres entreprises.

Les bénéficiaires de ces prêts sont déterminés par l’article 2 de la loi 14-94 (modifiant la loi 36-87) comme étant des personnes physiques remplissant les conditions suivantes :

- Etre de nationalité marocaine.

- Etre âgé de 20 ans au moins et de 45 ans au plus à la date de leur demande d’octroi du prêt.

- Etre titulaire d’un diplôme d’étude supérieur ou d’un diplôme de formation professionnelle, ou produire une attestation certifiant une qualification professionnelle permettant l’exercice d’une application déterminée.

Les jeunes promoteurs précités ne peuvent bénéficier d’un prêt que s’ils présentent un projet de création d’une entreprise individuelle, d’une société de personnes ou d’une coopérative qui, par dérogation aux dispositifs de l’article 12 de la loi 24-83 fixant le statut

1 B.O. N° 3923 du 6/1/88.

2 B.O. N° 4266 du 3/8/94.

3 B.O. N° 4428 du 7/11/96.

38

général des coopératives, peut ne comprendre que trois membres, à condition que le montant cumulé des prêts conjoints accordés ne dépasse pas le montant cumulé des prêts auxquels chaque associé ou membre a droit en vertu de la législation.

Ce prêt ne peut financer qu’un projet de création d’entreprise sauf dérogation accordée par les autorités gouvernementales chargée des finances lorsque le prêt est destiné à l’acquisition d’une entreprise déjà existante appartenant à un ou plusieurs jeunes ayant bénéficié d’un financement dans le cadre de la loi.

Le prêt ne peut financer que les dépenses concernant la réalisation du projet.

Le montant du prêt conjoint (accordé par l’établissement de crédit) est fixé pour tout projet retenu à 90% du coût total pour un projet individuel, soit 10% de la part de l’emprunteur dans le dit projet, lorsque ce dernier doit être réalisé en société de personnes ou de coopératives, sans toutefois que le montant de prêt puisse dépasser le plafond de 1.000.000 Dhs.

Le prêt est accordé par l’Etat à hauteur de 45% du coût de l’investissement avec une durée minimale de remboursement de 12 ans et maximale de 15 ans avec un taux de rémunération de 5% par an, ce taux est révisable selon les taux pratiqués sur le marché financier.

L’établissement de crédit accorde un montant à hauteur de 45% du coût de l’investissement, remboursable entre 7 et 10 ans, avec un taux librement négocié entre l’établissement et le jeune promoteur, et un différé de remboursement du principal d’une durée qui ne peut être inférieur à deux ans .

2. MESURES DENCOURAGEMENT EN FAVEUR DES DIPLOMES DE

LA FORMATION PROFESSIONNELLE

La loi 16-87 promulgué par le dahir N° 1-88-173 du 3/7/1989 institue une série de mesures d’encouragement aux diplômés de la formation professionnelle. Elle accorde les avantages pour des diplômés précités, désireux de s’installer à leur propre compte, et ce, soit à titre individuel, soit en société ou en contrepartie pour exercer un métier correspondant à leur formation.

Ces diplômés sont définis comme étant : titulaire d’un diplôme de technicien ou de qualification, délivré par un établissement de formation public, d’un diplôme universitaire de technologie ou d’un diplôme reconnu équivalent, y compris les diplômes délivrés par les établissements privés autorisés à cet effet.

Cette loi consiste en une série d’avantages exclusifs en faveur des personnes physiques ou morales précitées lorsqu’elles déposent leurs projets auprès de l’administration et que celle–ci les approuve. Ces avantages comprennent une panoplie d’exonérations fiscales, celles-ci concernent les droits d’importation et de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), les droits d’enregistrement et de timbres, l’impôt sur les bénéfices professionnels, l’impôt sur les sociétés et l’impôt sur les patentes.

En plus des avantages fiscaux précités établis par la loi 16-87 les diplômés de la formation professionnelle bénéficient des dispositions de la loi 36-87 relative à l’octroi de prêts de soutien à certains promoteurs (dispositions susmentionnées)

3. LE MICRO-CREDIT.

Le micro-crédit est conçu dans cette étude comme un dispositif actif qui favorise l’activité indépendante aux salariés, génératrice d’emploi.

Au Maroc, l’octroi de micro crédit a toujours existé dans le cadre de la solidarité familiale et sociale, au profit des personnes qui ne pouvaient pas accéder au système financier formel. Le micro-crédit a revêtu des formes d’aide ou des prêts sans intérêt pour mettre en œuvre un projet ou acheter un outillage nécessaire pour l’exercice de l’activité lucrative, dans certains cas le bénéficiaire du micro-crédit et le prêteur se partagent le bénéfice résultant de la fructification du crédit ( capital risque).

Dans le contexte actuel, pour combler ce déficit en matière de micro-crédit des organisations non–gouvernementales développent notamment à l’échelon local, la pratique des micro-crédits surtout au profit des femmes rurales.

La loi 18-97 définit le micro-crédit comme étant : tout crédit dont l’objet et de permettre à des personnes économiquement faibles de créer ou de développer leur propre activité de production ou de services, en vue d’assurer leur insertion économique, le montant du crédit, qui ne peut excéder cinquante milles (50.000Dhs) est fixé par décret. Plusieurs

40

niveaux de ce montant peuvent être fixés en fonction des objectifs de chaque association de micro-crédit et ses moyens financiers.

Conformément à l’esprit de la loi régissant les micro-crédits, ce dernier est mis en œuvre par les associations de micro-crédit.

Actuellement, " huit organismes de micro-crédit représentent la quasi-totalité des micro-crédits octroyés, il s’agit de Al Aman, de la fondation Zakoura, de la Fondation Banque Populaire pour la création des entreprises, de l’association AMSSEF, de l’association Oued Srou, de Ismailia, et ACA et /AM (une dizaine d’association de micro-crédit sont en instance d’être opérationnelles" 1

En réalité, le crédit jeune promoteur, l’encouragement des lauréats de la formation professionnelle et le micro-crédit représentent des dispositifs d’encourageant la création des PME et de l’emploi. Ils ne sont pas de véritables politiques. Ces trois dispositifs n’ont pas réalisé les résultats escomptés comme nous allons le constater par la suite dans le quatrième chapitre après avoir présenté un diagnostic des PME au Maroc en général et au Maroc oriental en particulier dans un troisième chapitre

Afin de faciliter la création des PME au Maroc un ensemble de mesures et de politiques ont été prises. Elles ont été présentées sous forme de dispositifs tel que le crédit jeunes promoteurs, les mesures en faveur des lauréats de la formation professionnelle et le micro-crédit.

Pour en donner une évaluation, un diagnostic des PME et de leur rôle dans la création de l’emploi paraît nécessaire.

1 Amor Mohamed Fouad et Abdelmoumeni Fouad : " le micro-crédit au Maroc" rapport social BESM éd, Okad, 2000, p.252.

41

TROISIEME CHAPITRE

DIAGNOSTIC DES PME AU MAROC ET

DANS LA REGION DE L’ORIENTAL (R.O.)

42

La population des unités de production au Maroc est prédominée par les PME, elle représentent une grande majorité dans le total des entreprises. Depuis l’indépendance le Maroc s’est lancé dans un processus de marocanisation particulièrement dans les années 70, pour appliquer le PAS dans les année 80 sous les retombées des dettes étrangères, ce qui a affecté considérablement le tissu productif marocain.

Dans ce chapitre nous allons essayer de présenter un diagnostic des PME au Maroc dans une première section, avant de montrer la prédominance des PME dans le tissu productif marocain dans une seconde section. Une troisième section sera consacrée à la présentation de la région économique de l’Oriental (RO) et une quatrième section à la PME et l’emploi dans la RO.

43

SECTION I :

DIAGNOSTICS DES PME AU MAROC.

Le tissu productif marocain a connu plusieurs changements. Pendant le protectorat des

unités de production appartenaient au colons, après l’indépendance les pouvoirs publics ont

adopté des politiques de marocanisation des entreprises. En 1983 et face au poids des dettes

en vers les institutions financières internationales, le Maroc a été contraint de mettre en

application le programme d’ajustement structurel (PAS). A partir de cette date le secteur privé

sera considéré comme nouvel instrument de lutte contre le chômage et comme relais qui doit

relancer l’économie du pays.

Dans ce qui suit nous allons donner un aperçu historique sur le secteur privé au Maroc

depuis l’indépendance ce qui sera présenté comme suit : aperçu historique : indépendance et

marocanisation (1), la mise en application du PAS (2) avant d’énoncer les principales

grandeurs économiques au Maroc par taille d’effectif (3)

1. APERÇU HISTORIQUE : INDEPENDANCE ET MAROCANISATION.

Durant le protectorat, trois niveaux de patronat y étaient distingués : le patronat des petites entreprises qui gèrent eux même leurs entreprises, le patronat des chefs des moyennes entreprises et le grand patronat anonyme, qui siège au conseil d’administration des grandes entreprises.

Après 1956, le champ d’action des petites et moyennes entreprises s’est élargi. En 1973, la marocanisation a englobé non seulement le transfère d’une partie de la propriété étrangère a des nationaux dans les secteurs secondaires et tertiaires, mais aussi la distribution des terres coloniales, et l’utilisation d’une zone exclusive de pêche, ce qui a donné naissance à une nouvelle classe d’hommes d’affaires marocains. En 1975 " 1483 entreprises environ ont été effectivement marocanisées, les taux de marocanisation variaient d’un secteur à un autre (entre 51% et 71%), la progression des capitaux marocains a été particulièrement plus forte

44

dans le commerce, le bâtiment et travaux publics (B.T.P.) et l’immobilier, que dans l’industrie de montage, de réparation ou de transport" 1

2. MISE EN APPLICATION DU P.A.S.

En 1983, le Maroc a mis en application un programme d’ajustement structurel (P.A.S.) qui a déterminé très largement les stratégies économiques du pays.

L’une des caractéristiques principales du P.A.S. fut l’importance accordée au secteur privé, et par conséquent à l’entreprise, comme élément central de la stratégie économique face au désengagement de l’Etat du domaine de la production et de la distribution des biens et de certains services.

Si nous prenons le secteur industriel, dont le nombre d’entreprises s’élevait à 6000 unités environ, nous constatons qu’approximativement 60% de ces entreprises ont été créées après l’année 1980 2 .

En 1999, le nombre total des entreprises industrielles s’élève à 6509 unités dont 1641 dans le secteur agro-alimentaire, 1719 dans le secteur de l’industrie textile et de cuir, 2022 dans les industries chimiques et para-chimiques, 970 dans le secteur électrique et électronique. 3

Plus de 6020 de ces unités sont des PME /PMI comme nous allons le voir par la suite.

3. ETAT ACTUEL DES PRINCIPALES GRANDEURS ECONOMIQUES PAR TAILLE DEFFECTIF

Les principales grandeurs économiques : la production, les exportations le montant d’investissement et la valeur ajoutée, réalisés par le tissu productif marocain, par taille d’effectif se présentent comme suit :

1 Nourreddin EL AOUFI : " La marocanisation" ed. Toubkal 1994. p. 77. Ces unités sont entendues des entreprises employant plus de 10 personnes, faisant l’objet d’enquêtes annuelles des ministères du commerce, l’industrie et de l’artisanat.

2 Mohamed Lârbi ELHARRAS Op. Cit. P .72.

3 « Les industries de transformation » Ministère de l’industrie de l’énergie et des mines, décembre 2000

45

Tableau n°4 : principales grandeurs économiques par taille d’effectif au Maroc en 1999

 

Nombre

         

d’entrepris

Effectif total

Production

Exportation

Investisseme

nt

Valeur

ajoutée

es

Effectif

Nbre.

%

Nbre.

%

Val

%

Val

%

Val

%

Val

%

0-9

2319

36

15619

3

3213

2

599

2

255

2

821

2

10-49

2500

38

77409

16

22311

15

4708

13

1469

14

5824

11

50-99

698

10

66782

13

20528

14

3878

10

1398

13

5704

11

100-199

504

8

86318

17

23388

15

5018

13

1412

13

7219

13

200-499

365

6

137665

28

39528

26

7987

21

3243

20

17312

33

500 et

                       

plus

124

2

112782

23

42764

28

16220

42

2880

28

16180

30

TOTAL

6510

100

496575

100

151734

100

38410

100

10658

100

53059

100

Source : « les industries de transformation » Ministère de l’industrie de l’énergie et des mines », décembre 2000, p. 5.

Une étude de ce tableau montre que le tissu économique marocain est composé

à 92% des PME. Les grandes entreprises (plus de 200 personnes) ne représentent que 8%,

celle de plus de 500 personnes ne représentent que 2%.

Les PME sont composées de micro-entreprises (moins de 10 personnes) qui

représentent 36% de la population des entreprises marocaines, les petites entreprises

représentent 38%, alors que les moyennes entreprises de 50 à 199 personnes représentent

18%. 1

Les PME participent à 37% de la valeur ajoutée, investissent 42% du montant global

investi en 1999 et ont participé à la production a raison de 49% de la production globale.

1 Lecture du tableau n°4.

46

SECTION II :

LE TISSU INDUSTRIEL MAROCAIN, PREDOMINANCE DE LA PME

1. POPULATION DES PME AU MAROC 1

La population composant le tissu productif industriel est prédominée par les petites et moyennes entreprises (PME /PMI).

En 1999, les PMI ont réalisé une production de plus de 36,5 milliards de Dhs, soit 42% de la production industrielle globale en baisse légère comparativement à l’année 1998.

Le secteur agro-alimentaire, à lui seul, avec 26% des PMI contribue à plus de 27 milliards de Dhs représentant ainsi, 43% de la production PMI, suivi du secteur chimique et para chimique.

L’évolution par grands secteurs est plus ou moins importante, en effet, seuls les secteurs agro-alimentaires, électrique et électronique ont connu une hausse importante de 5 à 15% alors que les autres secteurs, comme le textile et cuir, le chimique et le para-chimique, le secteur mécanique et métallurgique ont accusé des baisses respectives de 3%, 11% et 2%. 2

2. MONTANT DES INVESTISSEMENTS ET VALEUR AJOUTEE DES PME.

Le montant d’investissement réalisé par les PMI, en 1999 a dépassé les quatre milliards de Dhs, soit 40% de l’investissement industriel total, en croissance de 11% par rapport à l’année précédente, une évolution positive qui a marqué la totalité des secteurs. ( Voir tableau n° 4)

La valeur ajoutée a été située à 17 milliards de Dhs, elle représente 32% du PIB. Industriel total. Les secteurs les plus créateurs de richesse sont le secteur chimique et para- chimique avec 31%. Par grands secteurs, les principales grandeurs économiques des PMI sont représentées dans le tableau suivant :

1 Toutes ces statistiques ont pour origine « les industries de transformation au Maroc » édité par le ministère de l’industrie de l’énergie et des mine. 1999.

2 Ibid. p 52

47

Tableau n°5 : Principales grandeurs économiques par secteurs d’activité.

 

Entreprise

 

Effectif

Exportation

Production

Investissement

Val. ajoutée

Secteurs

Nb

%

Nb

%

Val

%

Va

%

Val

%

Val

%

Agro alimentaire

1 590

27

57

351

25

5

904

44

27

214

42

1

282

30

5

119

30

Textile et cuir

1 408

23

78

705

34

5

729

42

10

126

16

894

21

3

335

20

Chimique et para- chimique

1 942

32

58

658

26

1

200

09

15

717

25

1

482

34

5

316

31

Mécanique et

832

16

29

192

13

556

04

8

711

14

529

12

2

560

15

métallurgique

Electrique et

1 450

02

56

170

02

 

94

01

1

789

03

135

03

676

04

électronique

Total

6020

100

229 523

100

13 484

100

63

557

100

4

322

100

17 006

100

Ce tableau montre que 31% de la valeur ajoutée réalisée par les PME est attribuée au secteur chimique et para-chimique, 30% est réalisée par le secteur agro-alimentaire, suivi du secteur du textile et cuir avec 20% et le mécanique et métallurgique avec 15%, alors que le secteur de l’électrique et électronique n’a réalisé que 4% de la valeur ajoutée.

3. PMI ET EMPLOI AU MAROC : ETAT DES LIEUX.

L’effectif des emplois créés est de près de 230.000, dans les PMI, soit 46% de l’effectif total industriel, nombre qui a stagné comparativement à l’année précédente. Les entreprises exportatrices de petite et moyenne taille font travailler un quart de l’effectif des employés dans les PMI.

Ainsi 57.351 personnes travaillent dans 1.590 unités de production dans les industries agro-alimentaires, 78.705 personnes soit 34% de l’effectif total employé travaillent dans l’industrie de textile (1.408 unités), 58.658 personnes travaillent dans 1.942 petites et moyennes industries chimiques et para-chimiques, 29.192 travaillent dans 935 unités d’industrie mécanique et métallurgique, et 5617 travaillent dans 145 unités de l’industrie électrique et électronique. 1

1 Toutes ces statistiques ont pour origine « les industries de transformation au maroc » édité par le ministère de l’industrie de l’énergie et des mine. 1999.

48

Au total, 229.523 personnes travaillent dans quelques 6.020 PMI. dégageant une valeur ajoutée de 17006 milliers de Dhs, participant à la production avec 63.557 milliers de Dhs 1 .

En 1999, la PMI a créé quelques 1.465 emplois, dans 63 unités, dont deux sont de très petites taille, et ont employé cinq personnes dans les matériaux de carrière et trois dans les autres industries.

La population employée dans les secteurs manufacturiers est au nombre de près de 497.000 personnes au total, dont 83% à titre permanent. Près de 8.400 saisonniers travaillent dans le secteur agro-alimentaire. L’évolution de l’emploi a été à un rythme moins élevé qu’un an auparavant. Soit une progression légère de 1%, cette évolution est due à une croissance de l’emploi permanent de 2% et une baisse de 7% pour l’emploi saisonnier.

Nous venons de voir les principales performances des PMI au Maroc, ainsi que leur rôle dans l’emploi, dans ce qui suit, la question sera plus accentuée sur la PME au Maroc Oriental.

1

49

SECTION III :

PRESENTATION DE LA REGION ECONOMIQUE DE L’ORIENTAL (RO).

La région économique du Maroc Oriental ou la Région Orientale (R.O.) est la deuxième plus grande région du royaume de point de vue superficie, en effet, elle s’étale sur une superficie de 82820 Km2, soit 11,6% de la superficie globale du pays.

Elle est limitée au Nord par la Méditerranée, à l’Ouest par les provinces de Elhoceima, Taza et Boulmane, à l’Est et au Nord-Est par l’Algérie, au Sud-Ouest par la province de Errachidia.

Selon le nouveau découpage administratif, la R.O compte six provinces à savoir : la préfecture d’Oujda Angad, la province de Nador, la province de Berkane, la province de Taourirt, la province de Jerada, et la province de Figuig.

1. POPULATION DE LA REGION ECONOMIQUE DE L’ORIENTAL (R.O).

Suivant les projections réalisées par le CERED, en 1998, la population totale de la région a atteint 1.840.000 personnes, avec un taux d’accroissement annuel moyen de 1%, inférieur au taux national qui est de l’ordre de 1,1%. En 1999 la population de la R.O. est de l’ordre de 1858400 personnes, si le même taux est respecté.

Il est à signaler que la R.O a connu le taux moyen d’accroissement le plus faible, par rapport au reste des régions du royaume.

Ainsi elle est passé de 1.475.076 personnes en 1982 pour atteindre 1768691 en 1994, en 1998 elle est de 1.840.000 personnes.

50

La répartition de la population selon les provinces dans la Région Orientale se présente comme suit :

Tableau n° 6 : Répartition de la population selon les provinces dans la R.O.

 

RGPH82

RGPH94

1998

TAUX DACCROISSEMENT

98 / 94 EN %

OUJDA ANGAD

320

673

419

063

448

000

1,06

NADOR

593

255

683

914

702

000

1,02

FIGUIG

101

359

117

011

120

000

1,02

BERKANE

211

359

250

715

262

000

1,04

TAOURIRT

147

869

180

292

186

000

1,03

JERADA

100

321

117

969

122

000

1,03

REGION

1 475 076

1 768 691

1 840 000

1,04

Source: Annuaire statistique 1999.p 4 et 5

2. POPULATION DE LA R.O SELON LE MILIEU DE RESIDENCE.

Pendant la période allant de 1982 à 1998, la population urbaine a connu une hausse sensible, elle est de l’ordre de 1,02% contre 1,03% dans l’ensemble du pays, la cause principale de ce phénomène reste l’exode rural, l’élargissement des centres urbains, la création de nouvelles municipalités suite au nouveau découpage administratif et la baisse du taux de mortalité infantile dans le périmètre urbain en comparaison avec le milieu rural.

La croissance des populations selon le milieu de résidence est résumée dans le tableau suivant :

51

Tableau n° 7 : Population de la RO selon le milieu de résidence

 

MILIEU

RGPH82

1998

TAUX

DACCROISSEMENT

98 / 94 EN %

OUJDA -ANGAD

Urbain

263

249

400

000

1,5

Rural

57

424

48

000

-0,83

NADOR

urbain

115

062

277

000

2,40

Rural

478

193

425

000

-0,88

FIGUIG

Urbain

36

452

54

000

1,1

Rural

64

907

66

000

1,01

BERKANE

Urbain

101

088

155

000

1,53

Rural

110

811

107

000

-0,96

TAOURIRT

Urbain

57

215

102

000

1,78

Rural

90

654

84

000

0,92

JERADA

Urbain

57

367

86

000

1,49

Rural

42

957

36

000

-0,83

REGION

Urbain

630

433

1 074 000

1,70

Rural

844

643

766

000

-0,90

PAYS

Urbain

8 730 399

14

954 000

1,71

Rural

11 689 150

12

821 000

1,09

Source : Annuaire statistique 1999.p 6

Durant la période 1982-1998, la province de Nador a connu le taux le plus élevé de l’urbanisation, suite à l’élargissement de la municipalité de la ville , ainsi la population urbaine a presque doublé en passant de 115.500 à 277.000, sa population rurale a diminué de 478.000 à 277.000, soit (-0,88%), le taux de croissance urbaine dans la province de Nador est alors de 2,40% contre 1,5 dans chacune des provinces de Figuig, Taourirt et la préfecture d Oujda Angad, ce taux est de 1,55 dans la province de Berkane et de 1,78 à Jerada.

Malgré les taux de fécondité

relevés habituellement dans les milieux ruraux, dans la

R.O, ils ont enregistré une baisse de 0,9% contre une hausse de 1,09 au niveau national.

Dans la province de Figuig, les ruraux ont marqué une hausse durant la même période, alors qu’à la préfecture d’Oujda Angad ils ont augmenté de 0,83, la grande part de ces

52

résultats revient au nouveau découpage administratif et à l’élargissement des périmètres urbains.

3. DENSITE DE LA POPULATION DANS LA R.O.

Dans le RO la densité de la population varie d’une province à une autre. Les habitants sont plus concentrés dans la préfecture d’Oujda-Angad et sont moins nombreux dans la province de Figuig.

Tableau n° 8 : Densité de la population de la RO selon les provinces

 

Surface (Km²)

Population(98)

Densité (P/km²)

OUJDA ANGAD

1

714

448

000

261,3

NADOR

6

130

702

000

114,5

FIGUIG

55

990

120

000

2,14

BERKANE

1

985

262

000

132

TAOURIRT

3

927

186

000

47

JERADA

13

074

122

000

9,3

REGION

82

820

1 840 000

22,2

Source : Annuaire statistique du Maroc 1998.

La région de l’Oriental (R.O) est considérée comme une région à population faible, la densité (personnes / Km²) ne dépasse pas 22,2 contre 39 dans l’ensemble du pays.

La densité varie selon la surface de la région, son activité et le degré de sa croissance, sans oublier les données naturelles et climatiques. C’est pourquoi les régions industrielles sont plus denses, ce qui se répercute sur la répartition de la population d’une région à l’autre, et même à l’intérieur d’une même région.

Ainsi, à Oujda - Angad, la population est la plus dense dans la R.O, avec 261,3 personnes / Km², ce qui est dû à sa surface étroite, par contre, dans la province la plus vaste - province de Figuig - la densité ne dépasse pas 2,14 personnes par Km². Ainsi, tant qu’on se dirige vers le sud, la densité de la population devient plus faible.

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4. EMIGRATION INTERNATIONALE DANS LA R.O.

Dans ce qui suit, il s’agit des mouvements de l’émigration internationale dans la R.O. Ces données ont été déduites de la recherche démographique (1986-1988) concernant les mouvements de migration de la population marocaine.

La région de l’Oriental est considérée comme étant la plus touchée par l’émigration internationale puisque, à elle seule, elle représente 28,3% de l’ensemble du pays. Une personne sur trois émigrés du Maroc est originaire de la R.O. Les ruraux représentent 54% de l’ensemble des émigrés de la R.O.

L’émigration touche d’avantage de gens dans la R.O et concerne même les familles. Les enfants de mois de 15 ans ayant émigré représentent 38% des personnes qui ont quitté la région.

De retour, les gens qui rentrent dans le pays ne se réinstallent pas tous dans la R.O, la tranche qui y retourne ne représente que 18% du total du pays. Une grande part de ceux qui retournent s’installent dans le secteur urbain, (60% environ) et représentent toutes les tranches d’âge.

Les émigrés originaires de la R.O ne s y réinstallent pas tous après leur retour définitif, mais ils choisissent d’autres régions plus développées économiquement, ce qui s’explique par la faiblesse économique de la région, et l’absence d’une croissance suite au déplacement des revenus de ces émigrés dans d’autres régions.

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SECTION IV :

L’EMPLOI ET LA PME DANS LA REGION ORIENTALE

Chaque année, la direction de la statistique effectue des enquêtes sur la population active dans les milieux urbains, au niveau de la région orientale.

En 1998, cette enquête a été effectuée sur un échantillon de familles urbaines, les résultats sont résumés dans le tableau suivant :

Tableau n° 9 : Nombres d’actifs et de chômeurs selon le sexe dans la RO

SEXE

 

POPULATION

   

ACTIFS

CHOMEURS

INACTIFS

TOTAL

MASCULIN

278

593

58</