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Introduction

La plupart des études et recherches en matière de développement économique mettent de plus


en plus l’accent sur la capacité potentielle des petites et moyennes entreprises d’être un facteur
de croissance économique. Les raisons en sont pour l’essentiel la souplesse de leur gestion;
la rapidité de leur création et leur capacité d’adaptation aux exigences d’un environnement de
plus en plus pressant ; cependant ces entreprises au Maroc se heurtent encore dans l’exercice
de leur activité à de multiples contraintes liés notamment aux monopoles des grandes
entreprises ; à la faiblesse et difficultés reliés au choix du financement ou encore à la difficulté
de disposer des qualités et des dispositions nécessaires. Autant de difficultés qui menacent les
performances économiques et financière de petite moyenne entreprise (PME).

Toute société quel que soit sa taille doit se préoccuper de la gestion financière ; du choix, du
mode de financement, de la gestion de ses relations bancaires.

Une entreprise d’une certaine taille et il s’agit en particulier des grandes entreprises, peut
affecter un ou plusieurs collaborateurs aux tâches de trésorerie alors qu’une PME/PMI
rencontre souvent un des facteurs principaux des dépôts de bilan des PME/PMI.

L’objet du premier chapitre se limite dans la présentation des diverses définitions de la petite
moyenne entreprise, son rôle dans la vie économique et sociale, ses forces et faiblesse, les
mesure d’encouragement mises en œuvre.

Dans le deuxième chapitre je mets en évidence la structure financière de la PME ou le


déploiement de la stratégie et son lien avec les besoins de financement et ses avantages et
inconvénients.

En 3ème partie je traiterai les différents choix des modes de financement.

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Chapitre 1 : définitions
Et approches du PME

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Introduction :
Les petites et moyennes entreprises constituent la base du tissu régional économique du Maroc.
Numériquement de loin les plus nombreuses, elles participent de manière positive à la
croissance économique, à la création d’emploi et au développement. Néanmoins, leur
contribution reste largement en delà des potentialités que cette catégorie d’entreprise peut faire.

La PME doit être différenciée dans son traitement par rapport à la grande entreprise et un
soutien spécifique ; mieux adapté à ses besoins doit lui être apporté. En raison de la fragilité de
ses structures et la faiblesse de ses moyens, la PME demeure en effet plus exposée aux
contraintes de son environnement général dont elle subit; plus que la grande entreprise, les
aléas et les incertitudes. Cela se traduit par un taux d’échec élevé pour les nouvelles
entreprises et par un niveau de compétitivité et des performances insuffisants pour les PME
existants.

Dans ce chapitre je traiterai 2 points essentiels, le premier sera consacré pour les définitions
des PME en se basant sur les approches d’identifications ce qui m’amène à présenter les forces
et contraintes des PME dans le second point.

I. Les différentes approches de définitions de la PME


Qu’est-ce qui distingue une PME d’une grande entreprise ? C’est le principe question qui doit
se poser pour identifier une PME.

Plusieurs définitions ont été proposés par différents pays et instituions du monde parmi
lesquels nous avons retenu quelques-unes :

D’après la Belgique, la PME est considérée comme toute entité économique qui emploi de
1à50 personnes et dont le chiffre d’affaire ne peut pas dépasser 40 millions d’euro ou le total
du bilan ne peut pas dépasser vingt-sept millions d’Euro.

La France quand a elle, définit la PME comme toute entreprise juridiquement et


financièrement indépendante, au sein de laquelle le dirigeant assume la responsabilité
financière, Technique et sociale sans que dissociés.

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Selon la banque mondiale, les PME sont des entreprises engagées dans les activités comportant
des difficultés d’accès sous la forme d’infrastructure et de ressources humaines et qui n’ont pas
d’accès aux crédits des institutions financières.

Selon le bureau international du travail, les PME sont les entreprises industrielles modernes qui
occupent jusqu'à 50 personne , les associations de personnes, les sociétés coopératives, et les
personnes travaillant à leur tour dans les structures non structurées de l’économie.

Remarquons que pour la Belgique, la définition des PME se penche beaucoup plus sur l’aspect
quantitative tandis qu’en France et pour la banque mondiale c’est l’aspect qualitatif qui est plus
pris en compte. Le bureau international du travail quand à lui combine les deux aspects pour
définir et/ou catégoriser les PME.

Il n’existe pas à l’heure actuelle une définition standard et universelle de la PME. Car il existe
plusieurs définitions propres à chaque pays et qui se varient en fonctions de plusieurs
approches.

II. Les rôles des PME

a. La PME, facteur de croissance économique

Selon la direction des statistiques (12), la PME est présente dans tous les secteurs
d'activité économique avec un taux de 98% : l'industrie, l'artisanat et le BTP, les
commerces et enfin les services qui englobent le tourisme, les communications, le
transport, les services financiers .D'après le graphique ci-dessous , la part des PME est
de plus de 90% dans toutes les branches d'activité sauf celle de la production et de la
distribution d'électricité, gaz et eau, où cette participation est uniquement de 50%.

b. -La PME, moteur de développement régional et base d'équilibre

Un développement économique équilibré pour une nation n'est atteint que lorsque
chaque citoyen peut disposer des moyens de faire carrière dans sa région ou dans sa
localité sans être dans l'obligation de s'expatrier vers quelques grands centres urbains.
Cet objectif qui est celui de toute politique d'aménagement du territoire ne peut être
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atteint qu'avec le concours actif des PME dont l'intégration à un tissu économique
préexistant est plus facile que celle de la grande entreprise. L'implantation dans les
différentes régions du Maroc contribuera efficacement à la valorisation des richesses et
des potentialités et à l'amélioration des conditions de vie des populations locales. Les
données de la direction des statistiques révèlent que la grande Casablanca regroupe 41
des PME-PMI, les régions de Tanger-Tétouan 9, de Rabat-Salé-khémisset 8, de
Meknes-Fés 9, et que les 3 restantes se répartissent sur les 14 dernières régions.

c. La PME, facteur de promotion social

Si auparavant, le rôle de l'entreprise était limité à la simple production des biens et


services pour réaliser un profit et par conséquent participer à la croissance économique
nationale, le nouveau concept de développement durable met à sa charge des nouvelles
responsabilités vis-à-vis de son environnement notamment social et écologique.

En effet, pour s'inscrire efficacement dans le processus de développement, les


entreprises aujourd'hui, doivent prendre en compte d'autres objectifs, dans leurs
stratégies, en plus de l'efficacité économique pour être un " bon citoyen " qui est
socialement responsable. Le principe de responsabilité sociale définit l'entreprise
comme une communauté de recherche des profits qui ne doit pas occulter l'engagement
social et environnemental. Ce principe encourage une éthique et un souci que doit avoir
l'entreprise volontairement et l'oriente aux bonnes relations avec ses stakholders
(employés, clients, médias, Etat, société civile...) au-delà de la législation existante.

III. Les forces de la PME


La PME est considérée comme une entité propre qui possède des atouts originaux, qui
sont principalement au nombre de trois :

 La flexibilité
La flexibilité peut être définie comme la capacité de s’adapter rapidement aux variations
qualitatives et quantitatives de l’environnement. La capacité d’adaptation à la conjoncture est

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essentielle, cette qualité se trouve en particulier chez les PME. Cela revient à dire que les
grandes entreprises se caractérisent par une certaine rigidité de structure défavorable à
l’adaptation rapide au changement, ce sont souvent handicapés et paralysés par leur
bureaucratie interne et la longueur de leur communication. Le tissu de la PME réagit à un
déséquilibre économique de manières différentes selon les situations respectives des
entreprises.
 L’efficacité

Etant donné que les charges de structure sont plus faibles dans ce type d’entreprise, les PME
vont obtenir par conséquent un cout de revient plus faible que celui des grandes firmes.de ce
fait elles peuvent aisément maitriser l’ensemble des donnée de leur environnement.

 La qualité et simplicité des relations sociales

 La modestie de la taille des PME leur permet une gestion du personnel plus
efficace et plus économe ; parce qu’elle se traduit souvent par une grande souplesse
d’utilisation de la main d’œuvre et par une meilleure implication de celle-ci ; plus
économe parce que la main d’œuvre est en générale moins qualifié ce qui tend à
réduire le cout du travail.

IV. Les faiblesses de la PME


La PME souffre d’un ensemble handicapes aussi multiples que divers qui se situent presque au
niveau de toutes ses fonctions et réduisent de ce fait ses capacités de production et de
commercialisation.

 Le manque de personnel qualifié


Les PME se plaignent d’une manière générale de manque de personnel qualifié notamment
dans les services, et surtout de ne pas trouver à l’embauche à presque tous les niveaux des
personnes spécialisés correspondent aux emplois offerts.
 Difficultés financières
Les principes difficultés qu’en souffrent les PME sont de caractère financières, allant jusqu’au
menacer leur existence. Ces difficultés trouvent leurs explications dans plusieurs raisons, parmi
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lesquels il la relative instabilité de leur autofinancement comparé à celui des grandes
entreprises.

 Faiblesse de commercialisation

La fonction commerciale des PME a présenté et présente encore, malgré une amélioration
notable dans les dernières années, des lacunes persistantes. On rapproche à un certain nombre
des PME un manque de connaissance de leurs marchés existants ou potentiels, la
programmation insuffisante d’une action commerciale menée au coup par coup, un trop
modéré par la présentation des produits et services à écouler ; qualité médiocre de l’accueil e
du service après.

V. Les besoins de financement


Le financement des PME revêt une grande importance suite aux besoins de plus en plus
importants qu’elles prouvent (besoins d’investissement, besoins d’exploitation, besoins
d’innovation).

1. Les besoins de financement liés à l’investissement :

« On appel investissement, l’engagement d’un capital dans une opération de laquelle, on attend
de gains futurs, étalés dans le temps » il est également, « le nerf » et le « le muscle » en
matière de développement et de croissance de l’entreprise quel que soit sa taille, l’entreprise
pourrait engager quatre types d’actions donnant lieu à des investissements.

 Maintenir les capacités de production existantes en procédant à des investissements


de remplacement (remplacement d’un matériel ancien, amorti, usé ou démodé par un
autre) ces investissement sont très fréquents.
 Améliorer la productivité et pousser à la modernisation et à l’innovation. ce qu’on
appelle : les investissements d’expansion ou de capacité qui ont pour but d’accroitre
la capacité de production ou de commercialisation des produits existants e de vendre
des produits nouveaux (l’installation d’une capacité nouvelle ou additionnelle)

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 Rationaliser la production : ce sont des investissements de rationalisation ou de
productivité qui visent la compression des couts de fabrication.
 Valoriser le capital humain : il s’agit des investissements humains et sociaux tels que
les dépenses de formation, décision de recrutement d’employés, dépenses de
l’amélioration des conditions de travails conditions.

2. Les besoins de financement liés à l’exploitation

Toute entreprise quelle que soit son efficacité ou quelle que soit sa structure financière,
peut se trouver confrontée à un problème de trésorerie de façon conjoncturelle ou structurelle.
Ce problème peut survenir car, à court terme, l’entreprise doit de manière permanente chercher
à assurer le financement de son actif circulant (stock, crédits accordés aux clients, créances
diverses).
A cet égard, l’entreprise recours à des crédits de fonctionnement qui ont des données plus
courantes que ceux d’investissement permettant l’équilibrage financier (crédits accordés à
l’entreprise)
Ces crédits de fonctionnement financent de manière générale les actifs circulants du bilan.
Lorsque ces derniers ne sont pas intégralement financé par des délais de paiement que
l’entreprise obtient de ses fournisseurs et de ses créances diverses et lorsque cette insuffisance
n’est couvert par le fond de roulement (FR), en fait si le besoin de financement de
l’exploitation est inférieure au FR, l’entreprise aura la possibilité de se financer sans recourir à
des crédits bancaires ou autres formes de financement. Cependant on peut résumer les besoins
liés à exploitations comme suit :
 Les stock pour assurer son fonctionnement normal, toute entreprise doit avoir un stock pour
faire face soit à la demande de la clientèle (stock de produits finis) soit pour des fins de
production ( matières premières), or la détention des stock implique un cout pour
l’entreprise, ce qui rend nécessaire une gestion efficace du stock pour minimiser les besoins
des financement .
 Les besoins de trésorerie l’entreprise doit faire face à des dépenses importantes tels que :
les salaires, impôts et taxes.

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Sans ressources financières, l’entreprise ne produit pas, ne vend pas, et donc ne peut
survivre si elle a réussi à mobiliser les ressources nécessaires au maintien de ses cycles
d’exploitation.

3. Besoins de financement liés à l’innovation

Les processus d’innovation sont clairement marqués par la prééminence de nombreuses


subventions, avances remboursables et avantages fiscaux octroyés par les organismes public,
mais les acteurs privés du capital d’investissement refusent généralement d’intervenir avant
que les débouchés industriels et commerciaux de l’innovation ne soient assurés, face à
l’implication des projets innovants, le soutien des acteurs institutionnels (l’état et le secteur
bancaire) apparait nécessaire que jamais.

Le caractère familial des PME limite ainsi le choix de financement qui reste la plupart du
temps par des moyens internes qui ne sont pas suffisants pour financer les besoins de
l’entreprise.

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Chapitre 2 :
Financement des PME

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I. L’importance de la PME dans l’économie marocaine :
Les analyses et recherches sur la croissance économique dans un nombre important de
pays développés démontrent que ce sont les PME qui créent les emplois, innovent et
contribuent au développement de façon déterminante et significative et donc leur valeur
demeure de grande importance.

1. Poids des PME dans le tissu productif national

 En termes de nombre d’entreprises, le poids de la PME représente 98% de l’ensemble du


tissu productif national. La part des PME est de plus de 90% dans toutes les branches
d’activité sauf celle de la production et distribution d’électricité, gaz et eau, où cette
participation est uniquement de 50%.

 La participation des PME dans la création de la valeur ajoutée globale est de 21%.
Cette participation est très variable allant de 0,2% pour la branche de la production
et distribution d’électricité, gaz et eau, à 73% pour la branche de l’immobilier et
services aux entreprises.

 Elle s’élève à 20% dans le cas des industries manufacturières.



En plus de son importance au niveau du tissu productif, la PME marocaine
peut être considérée comme un facteur essentiel de développement régional ainsi
que la création de nouveaux emplois qui vont contribuer à l’amélioration du niveau
de vie des citoyens marocains.

2. La PME facteur de développement régional de l’emploi

La PME contribue au ralentissement, voir même à la suppression des bidons villes


qui croissent dans les périphéries de la ville, et permet donc l’amélioration du niveau de vie
des habitants de villes. Elle contribue aussi à réduire et voire même éponger les problèmes
d’emploi, d’habitation, de transport etc.
«La petite et moyenne entreprise constitue un véritable levier de développement

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régional, elle permet de promouvoir la classe moyenne et d’assurer l’intégration sociale
La PME apparaît ainsi comme le seul élément capable de relancer l’investissement et

de créer des emplois. » 3


L’importance en nombre et en emploi de la PME n’est plus à prouver, elle se trouve
souvent à la base du dynamisme de nouvelles régions et du renouveau économique des
villes, elle est même au cœur des transformations de nos économies dans le cadre de la 3éme
évolution industrielle ou de la mutation de nos économies.
En effet, aucun ne retient l’importance économique et sociale de la PME pour les
pays en voie de développement vu qu’elles constituent un instrument efficace de promotion
de l’emploi. Elles stimulent le développement économique, soit par une contribution direct à
l’activité nationale, soit par des activités complémentaires à celle des grandes entreprises. Le
développement des PME en milieu rural peut réduire l’exode rural vers les villes.
La création intensive des PME qui exploitent une main d’œuvre considérable dans les
différentes régions du pays (50% de la main d’œuvre) permettra l’essor de toutes les régions
économiques nationales et partant de toute l’économie nationale, la PME un instrument
fondamental pour le développement économique et social des pays.

3. L’apport de la PME a l’économie marocaine :

Il est désormais possible de confirmer que la PME joue un rôle primordial dans la
croissance économique du Maroc, c’est d’elle que dépend la promotion de l’emploi de
l’industrie au pays. On peut dire que la PME est le moyen efficace qui va permettre de
contribuer à notre expansion économique pour diverses raisons :
 La création des PME constitue un moyen de diversification des activités
industrielles orientées vers la substitution aux importations et autre moyen de
rechercher de croissance, rentabilité et emploi avec des capitaux pas trop
importants.
 La PME contribue à rationaliser la production industrielle et diminuer les coûts
ainsi que créer une concurrence, décentralisation et garantie la qualité des
produits et la rationalité des prix.
 Leur implantation régionale renforce les liens existant entre agriculture et
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industrie.

Les PME constituent la base de développement industrielle régional, car par leur
taille et la nature de leur activité, ces PME s’adoptent aisément aussi bien dans les grandes
agglomérations que dans les petites et moyennes villes.

II. Les moyens de financement


Lors de sa création, puis au cours de son développement, l’entreprise au moment opportun,
doit détenir les ressources financières nécessaires pour faire face à ses échéances, et utiliser au
mieux les moyens dont elle dispose. Pour exercer son activité, l’entreprise doit d’abord
engager des dépenses avant de percevoir des recettes : réalisation des investissements matériels
(terrains, installations, constructions) ; achats des matières et fournitures, prévoir la
rémunération de la main d’œuvre).

Ce n’est qu’ultérieurement, à l’issue de la production et de la commercialisation, que des


recettes seront encaissées après la réalisation des ventes. Il y a donc un décalage dans le temps
entre les paiements et les encaissements concernant aussi bien les investissements que
l’exploitation. Ce décalage crée des besoins de financements que l’entreprise devra couvrir en
se procurant des fonds selon différentes modalités.

En partant du fait que l’entreprise est une entité économique combinant les facteurs de
production (capital, travail, matières premières) dans le but de produire des biens et services
destinés à être vendus sur un marché solvable, le financement peut être défini comme le moyen
lui permettant de disposer des ressources qui lui sont nécessaires sur le plan pécuniaire. Ce
financement conditionne la survie de l’entreprise.

Chaque entreprise a nombre de besoins de différentes natures :

1. Le financement des besoins d’innovation

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Dès qu'il s'agit de projet de recherche et de développement ou innovant, il est surtout question
de choix risqués et coûteux, de plus le coût des travaux de recherches et développement
compte parmi les principales contraintes au développement de tels travaux. Malheureusement
le concours du secteur bancaire au financement de ce type de projet reste timide.

Les processus d'innovation sont clairement marqués par la prééminence de nombreuses


subventions, avances remboursables et avantages fiscaux octroyés par les organismes publics,
mais les acteurs privés du capital investissement refusent généralement d'intervenir avant que
les débouchés industriels et commerciaux de l'innovation ne soient assurés, face à l'implication
des projets innovants, le soutien des acteurs institutionnels (L'Etat et le secteur bancaire)
apparaît plus nécessaire que jamais.

2. Le financement du cycle d’investissement

L’investissement peut être défini comme un engagement immédiat de capital et de ressources


rares des activités devant créer, dans le temps, plus de richesse et de valeur qu’elle n’en auront
consommé. Il en résultera un enrichissement net tant au niveau de l’individu que de la
collectivité lorsque cet investissement est considéré comme économiquement faisable ou
rentable. En effet la survie d’une entreprise, son développement et sa profitabilité sont la
résultante de sa stratégie et au moins partiellement de sa politique d’investissement.

A sa création, l’entreprise doit se procurer un ensemble de biens destinés à rester dans la firme
pour plusieurs années. Il en va de même chaque année, l’entreprise devant réaliser des
investissements de nature variée correspondant à des objectifs multiples en vue d’assurer sa
survie (par le renouvellement et l’adaptation de ses matériels) et son développement (par
l’accroissement de ses installations).

 Investissements corporels (terrains, locaux, équipements, installations)

Ils répondent à des objectifs variés :

- Création d’une capacité de production compte tenu de la demande prévue lors de la


constitution de l’entreprise.

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- Maintien de la capacité par le renouvellement des immobilisations au terme de la durée de vie
investissement de remplacement,

- Accroissement de la capacité pour assurer le développement : investissement de capacité,

- Orientation vers de nouvelles activités : investissement de modernisation,

- Réalisation de gain de productivité afin de réduire les coûts, accroître les marges, la
compétitivité : investissement de productivité.

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 Investissements incorporels

Les investissements incorporels sont complémentaires des investissements matériels


qu'ils précèdent, accompagnent ou suivent. Ainsi les investissements de recherche
précèdent les investissements matériels lorsqu'ils aboutissent à améliorer, adapter ou
imaginer des procédés et matériels nouveaux.

Les investissements en formation accompagnent les investissements matériels dont ils


permettent l'usage efficace par l'adaptation des qualifications des utilisateurs.

Les investissements en logiciels se poursuivent au-delà de l'acquisition des matériels


informatiques et de même les investissements dans l'action commerciale se
poursuivent après la mise en fabrication du produit.

 Investissements financiers

Les investissements financiers sont les acquisitions de titres de participation, de titres


immobilisés qui donnent le droit de propriété ou de créances.

Le financement du cycle d’investissement peut être fait à travers un nombre de


moyens de financement parmi lesquels les PME peuvent choisir celui qui est le plus
adéquat.

III. Moyens de financement du cycle d’investissement


Il existe de nombreux moyens de financement qui peuvent couvrir les besoins des
PME en termes d’investissements, en effet, l’entreprise peut financer ses
investissements par ses propres ressources (fonds propres) ou par des ressources
extérieures (ressources externes).

1. Le financement des investissements par fonds propres

Il existe trois moyens de financement par fonds propres :


 L’autofinancement

Dans une entreprise, les bénéfices après impôts sont utilisés de deux façons: une partie
de ces bénéfices est distribuée aux actionnaires sous forme de dividendes, l'autre partie
est conservée par l'entreprise, reprise pour investir, c'est l'autofinancement.5

L'autofinancement est l'ensemble des ressources nouvelles engendrées par l'activité de


l'entreprise et conservées durablement par celle-ci pour financer ses opérations à venir.
Il est parfois appelé résultat brut ou profit brut, toutefois pour lever toute l'ambiguïté
que suscite le mot résultat E. COHEN propose la définition suivante :

« L’autofinancement est le surplus monétaire dégagé par l'entreprise sur son activité
propre et conservé par elle pour financer son développement futur »

L'autofinancement est la part de la capacité d'autofinancement (CAF) consacrée au


financement de l'entreprise. C'est la ressource interne disponible après rémunération
des associés. Sa définition résultant du tableau de financement du plan comptable
générale (PCG) est la suivante :

Autofinancement = Capacité d'autofinancement - dividendes distribués au cours de


l'exercice.

 L’augmentation de capital

Ce mode de financement est plus rare car il est plus difficile de trouver de nouveaux
apporteurs de fonds que de puiser dans ses propres ressources. Elle permet de financer
le développement de l’entreprise (investissements nouveaux) ou en cas de perte,
rétablir une situation financière saine à travers l’émission de titres, introduction en
bourse, capital-risque.

 Les cessions d’éléments d’actifs

De manière occasionnelle, l'entreprise peut obtenir des ressources en cédant une partie
de ses actifs immobilisés. La ressource est alors tirée de la plus-value de cession après
impôt. Cette cession peut résulter d'un renouvellement d'immobilisation ou d'une
volonté stratégique de l'entreprise de se désengager d'activités jugées non prioritaires.
En effet, alléger l'actif immobilisé doit être une démarche systématique, non seulement
parce que cela procure des nouvelles ressources pour s'adapter et répondre aux besoins
du marché, mais aussi pour améliorer sa rentabilité économique, améliorer le taux de
rotation de l'actif

2. Le financement des investissements par ressources externes

Les fonds propres sont le plus souvent, insuffisants pour financer la totalité des
investissements. L’entreprise doit donc recourir à des sources de financement externe.

 Les emprunts à long ou moyen terme

Le recours à ce mode de financement augmente son endettement et réduit sa capacité


d’emprunt. Les 2 types sont les emprunts obligataires et les emprunts indivis.

 Le crédit-bail

Contrat de location où la société de crédit-bail reste propriétaire du matériel jusqu’à la


fin du contrat pour une valeur résiduelle. Contrairement à l’emprunt, le crédit ne
demande pas d’apport personnel. C’est un procédé rapide et simple.

Les besoins de financement des PME sont différents, ils sont liés à l'investissement, à
l'exploitation et à l’innovation, mais le besoin de financement des investissements
reste le plus important, d’après différents études.

Pour les PME leur caractère familial, dans quelque situation, accentue la relation
d'indépendance entre la famille et les entreprises, le dirigeant propriétaire cherche à
sauvegarder sa souveraineté sur l'entreprise jusqu'à sa mort pour la transmettre à ses
héritiers, pour cela il ne peut pas par conséquent utiliser certaines politiques des
grandes firmes comme l'augmentation du capital ou le recours à la bourse....etc. Le
caractère familial des PME ainsi que d’autre raisons limitent le choix du financement
des investissements des entreprises et donc les questions qui se posent sont : Quelles
sont les modes de financement les plus utiliser par les PME, et pourquoi ?

IV. Modes de financements des investissements : Avantages et


inconvénients
Il existe plusieurs moyens auxquels les entreprises peuvent avoir recours, or les
avantages et les inconvénients de ces modes de financement varient selon la taille de
l’entreprise en question, en effet le tableau suivant représente les avantages et les
inconvénients des différents modes de financements des investissements par rapport
aux petites et moyennes entreprises.

Mode de Avantage Inconvénients


financement

 Constitue un facteur  L’autofinancement ne

d’indépendances suffit pas souvent pour


Autofinancement
financière financier l’ensemble

appréciables, en des investissements

particulier en période  Diminution des

d’encadrement du revenus versés aux

crédit, il permet à associés.

l’entreprise de limiter
le recours à
l’endettement
d’améliorer donc sa
rentabilité, en
réduisant le poids des
charges financières

Augmentation du  Ne se traduit pas par  Risque de perte de

une hausse de contrôle pour le


capital
l’endettement de dirigeant.

l’entreprise puisque les


fonds sont amenés par
les actionnaires
 La capacité
d’endettement de
l’entreprise n’est pas
compromise. celle-ci
garde donc une marge
de manœuvre pour
financer ces futurs
besoins de
financement.

Les emprunts à  Laisse les fonds  Réduit le degré


long ou moyen disponibles de d’indépendance

terme l’entreprise pour financière de


d’autres utilisations. l’entreprise.

 Il est sans influence  Coût des intérêts.


sur la structure de
capital.
 Rapidité et simplicité.

Crédit-bail  Le financement total  Coût élevé.

d’un bien.  Moyen de financement

 Déductibilité fiscal des limité à certains biens.

loyers (les redevances


de crédit-bail
apparaissent en
charges
 D’exploitation dans la
compte de résultat).
En comparent tous les moyens de financements des investissements il est clair que
l’autofinancement représente le choix le plus stratégique à prendre vu qu’il représente
plus d’avantage que d’inconvénients alors que le crédit-bail offre des avantages aussi
mais que ses inconvénients restent plus importants.
Chapitre 3 : choix des
modes de financement
des investissements
Introduction

Le choix de mode de financement des investissements des PME représente une étape
primordiale afin de garantir l’avenir et la continuité de l’activité de l’entreprise et donc
avant de prendre n’importe quelle décision il est d’abord nécessaire de savoir quels
sont les avantages et les inconvénients de chaque mode de financement ainsi que les
critères sur lesquels une PME doit se baser afin de choisir un moyen précis de
financement

I. Critères de choix
Chaque PME doit prendre en considération les critères suivants :

1. L’adaptation de la ressource aux besoins

Des besoins de financement stables, durables doivent être financés par des ressource
stables, ainsi, les investissements doivent nécessairement être financés par des
capitaux propres (capital, autofinancement) ou des crédits à moyen et long terme
(crédit classique ou crédit-bail). Des besoins passagers liés à des décalages de
trésorerie à court terme peuvent, eux, être financés par des crédits à court terme.

2. Le coût et le risque

Au moment de choisir le mode de financement, il faut prendre en compte le coût et le


risque de chaque mode afin de choisir le mode adéquat.

 Le coût : Le premier facteur à prendre en compte pour choisir un


financement est le coût. Ainsi, le choix entre différents emprunts, entre
emprunt et crédit-bail, entre escompte et affacturage se réalise à partir des
conditions obtenus .Il est indispensable de ne pas s’arrêter aux taux d’intérêt
affiché, mais de prendre en compte l’ensemble des frais, charges,
commissions, assurances à payer pour obtenir le financement.
 Le risque : Les emprunts sont plus risqués que les apports en fonds propres.
En effet, il faut être certain de pouvoir faire face aux paiements (intérêt et
remboursement de capital).Les cas de cessation de paiement proviennent de
l’incapacité de faire face aux dettes. De plus, les préteurs exigent souvent des
garanties de paiements.

3. La rentabilité

Il peut être intéressant d’emprunter à des taux faibles pour financer des activités qui
ont une rentabilité élevée. Dans ce cas on parle d’ « effet de levier financier ».

Notons cependant que, si les conditions s’inversent, l’effet de levier devient un effet
de massue. L’entreprise est alors en difficulté. La dernière crise mondiale a rappelé
avec vigueur que la rentabilité est totalement liée au risque.

En plus de ces critères le gérant d’une PME doit aussi prendre en considération
les contraintes de l’équilibre financier de l’entreprise. En effet, parmi les différentes
conceptions du financement de l’entreprise, l’équilibre financier de l’entreprise
représente une contrainte forte à considérer lors du choix du mode de financements.

Plusieurs règles peuvent alors s’appliquer.

En ce qui concerne la règle de l’endettement maximum, elle implique que le montant


des dettes financières à moyens et long terme n’excède pas le montant des capitaux
propres. Ce principe s’exprime dans le ratio d’autonomie financière, qui doit être
inférieur à 1.

La règle de la capacité de remboursement indique que le montant de l’endettement


financier ne doit pas dépasser 3 ou 4 fois la CAF annuel moyenne prévue.

La règle du minimum d’autofinancement implique que l’entreprise soit capable de


financer une partie (généralement 30%) des investissements pour lesquels elle sollicite
des crédits. En effet, très souvent, une entreprise décident de financer un projet par
l’investissement ne trouvera pas un crédit pour le montant total du coût du projet et
devra donc trouver un financement propre complémentaire.
Ainsi, si ces ratio sont proches de la limites, l’entreprise ne peut accroitre son
endettement à moins d’offrir d’importantes garanties (hypothèque, caution. . .) Ou
d’accepter que les prêteurs exercent un certain contrôle sur sa gestion (en contrepartie
du risque encours).Son choix se réduit alors au financement par capitaux propres et /
ou crédit-bail.

Nous pouvons donc déduire à partir de la comparaison des avantages et


inconvénients de tous les modes de financements déjà mentionnés ainsi qu’en prenant
en considération, et les contraintes d’équilibres financier et les critères de choix
disponibles, qu’au Maroc le mode de financement qui répond le plus aux besoins
d’investissement est une sorte de combinaison entre l’autofinancement et les emprunts
à long et moyen terme.

Conclusion
En effet le financement par fonds propre reste le choix numéro un pour
la majorité, pour ne pas exagérer et dire la totalité des PME marocaine vu que
l’autofinancement engendre les moindres coutes et améliore en plus de ça la rentabilité
de l’entreprise , mais , ce moyen et dans la plupart du temps ne permet pas de financer
la totalité des investissement ce qui pousse le dirigeant d’avoir recours aux
établissement de crédit afin d’obtenir emprunts à long ou moyen terme même si cala
réduit le degré d’indépendance des sociétés et engendre des coût supplémentaires vu
que le financement de la totalité des besoins reste une nécessité pour les entreprises .
CONCLUSION GENERALE

Vu l'importance qu'elles occupent dans l'économie et particulièrement dans le tissu


industriel surtout dans un pays en voie de développement comme le Maroc, Les PME
largement répandues d'après les études et les constatations souffrent beaucoup plus de
faiblesses et ceux pour plusieurs raisons, soit internes, c'est à dire propres à
l'entreprise, soit externes liées à son environnement.

Les PME sont devenues de plus en plus dépendantes de l'environnement économique


international, elles subissent des impératifs macro-économiques et les conditions de
leur survie et du développement sont certes liées au contexte législatif, financier et
social du pays.

Ici au Maroc, l'expérience de promotion des PME est très récente, dans ces dernières
décennies que les autorités Marocaines l'ont optée pour résoudre les problèmes socio-
économiques (Chômage- l'exode rural...).

Alors, il faut encourager les PME, cependant le principal obstacle qui entrave son
développement reste le problème de financement, soit par la faiblesse des moyens de
financement, soit par la complexité des procédures à suivre pour octroyer des crédits.

Malgré les efforts menés par les organismes nationaux et internationaux pour préparer
un climat favorable aux PME, il reste beaucoup à faire de la part de l'Etat et de la part
des bailleurs des fonds tant que les PME réclament une assistance financière accrue,
l'assouplissement des procédures et la diversification des techniques bancaires.

Le nouvel ordre économique international, marqué par la Mondialisation de


l'économie (systèmes productifs, marchés, biens et services, capitaux et main-d’œuvre)
impose des règles de gestion (planification et contrôle) plus strictes aux entreprises,
catégories, tailles et secteurs confondus.

Dans un tel contexte turbulent et incertain, les frontières technico-économiques et


sociopolitiques des entreprises, n'est pas clairement définies, sont devenues
d'avantages flous et perméables. Ce qui était éprouvé défaille, ce qui était clair
s'embrouille et ce qui était maîtrisé se rebelle .L'action de l'entreprise sur son
environnement devient encore malaisée.

La PME doit faire face à une compétitivité multidimensionnelle impliquant toutes ses
fonctions et domaines d'activités. Elle doit s'organiser pour mieux agir, exploiter
rationnellement ses ressources, diffuser à grande échelle ses produits, anticiper le
comportement des différents intervenants et faire défendre ses intérêts dans le but de
continuer à assurer son existence
Bibliographie et webographie

 NAJIB IBN ABDELJALIL : Evaluation et financement des investissements de


l’entreprise
 http://www.memoireonline.com/05/09/2049/m_Financement-pme-maroc-
contraintes- et---perspectives4.html
 Chakib, A.1997, « le financement participatif : quelles implications pour les
PME au Maroc
».

 NAJIB IBN ABDELJALIL : Evaluation et financement des investissements de


l’entreprise
 Boutahlil Bakal, S. 1994 « la structure financière des entreprises au Maroc »
 Statistiques de l’agence nationale de la promotion des PME.
 Séminaire international « finances méditerranée » 2002
 M.A. Berrada « techniques de banques et crédit et de commerce extérieur »
 http://www.anpme.ma/
 http://www.generalleasing.com
 http://leconomiste.com/
 http://www.enset-media.ac.ma/
 http://www.finances.gov.ma
 http://www.oeconomia.net/private/cours/economieentreprise/themes/Lefinanc
ementde sentreprise.pdf