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Astronomie indienne antique[

La première mention connue de l'héliocentrisme se trouve dans des textes védiques datant
des IXe et VIIIe siècles av. J.-C.

Grèce antique[

Représentation par Valentin Naboth en 1573 du modèle astronomique géo-héliocentrique


d'Héraclide transmis par Martianus Capella

Au Ve siècle av. J.-C., Philolaos de Crotone est le premier penseur grec à affirmer que la Terre
n'était pas au centre de l'Univers. Il fait tourner notre planète en un jour autour d'un « Feu
central ». Comme elle tourne sur elle-même également en un jour, ce feu central nous est
invisible et nous percevons uniquement sa lumière reflétée par le Soleil.
Héraclide du Pont, disciple de Platon et d'Aristote, propose vers 340 av. J.-C. une théorie
héliocentrique pour les orbites de Vénus et de Mercure, tout en gardant le principe du
géocentrisme pour la Terre3. Il soutient aussi la thèse de la rotation de la Terre sur elle-même,
afin d'expliquer le mouvement apparent des étoiles au cours de la nuit.
L'astronome et mathématicien Aristarque de Samos (310-230 av. J.-C.)4 pousse plus loin le
raisonnement d'Héraclide. Ayant évalué le diamètre du soleil, il émet au IIIe siècle av. J.-
C. l'hypothèse que, puisque le diamètre de celui-ci est beaucoup plus important que celui de la
Terre, c'est autour de lui que doivent tourner les autres planètes. Conscient qu'une telle théorie
devrait faire apparaître une parallaxe dans l'observation des étoiles, il place la sphère des étoiles
fixes à une très grande distance du Soleil. On connaît cette théorie notamment par les critiques
qu'en fait Archimède et l'hypothèse héliocentrique fut rejetée par la majorité des scientifiques de
l'Antiquité.
Toutefois, la théorie d'Héraclide du Pont était couramment exposée dans les manuels anciens,
comme le montre le fait que sept siècles après son apparition, elle est encore présentée dans
les Noces de Philologie et de Mercure, un manuel encyclopédique de Martianus Capella, rédigé
vers 4203. Cet ouvrage extrêmement populaire durant tout le Moyen Âge était connu de
Copernic, puisque ce dernier le mentionne dans le De revolutionibus orbium coelestium (I, 10).
En outre, tout indique que Copernic connaissait aussi la théorie d'Aristarque, mais qu'il a
délibérément effacé de son manuscrit final la référence qu'il y faisait, retrouvée dans un de ses
brouillons5.

Astronomie indienne médiévale[


Des astronomes indiens comme Âryabhata ou Bhāskara II au XIIe ont développé des modèles
héliocentriques de l'Univers.
Dans son ouvrage Āryabhaṭīya, Âryabhata propose au Ve siècle un modèle où la Terre tourne
autour de son axe et autour d'un Soleil stationnaire. Il découvre également que la Lune et les
planètes réfléchissent la lumière du Soleil, que leur orbite autour du Soleil est elliptique, ce qui lui
permet de prévoir avec précision les éclipses de Soleil et de Lune.
Au XIIe Bhāskara II publie Siddhanta-Shiromani, un traité d'astronomie dans lequel il approfondit
les travaux de Âryabhata. Il y mentionne notamment la loi de la gravité. Il découvre également
que la vitesse de révolution des planètes n'est pas uniforme.
Les travaux d'Âryabhata ayant été traduits en arabe au VIIIe siècle et en latin au XIIIe, il n'est pas
exclu qu'ils aient influencé Copernic.

Astronomie musulmane[
Connaissant les anciens travaux grecs et indiens, certains astronomes musulmans ont élaboré
des modèles héliocentriques, à l'instar de l'astronome perse Nasir ad-Din at-Tusi[, qui publia,
dans son ouvrage Zij-i ilkhani (en) (Tables ilkhaniennes), un ensemble de tables de calcul des
positions planétaires particulièrement avancé pour le XIIe siècle.
Avant lui, et 500 ans avant Copernic, Al-Bīrūnī dans son canon d'astronomie (al-Qanûn al-
Mas'ûdi), montre, tout en admettant le géocentrisme, que les faits astronomiques peuvent
s'expliquer dans l'hypothèse du mouvement de la Terre autour du Soleil, examinée par les
savants grecs de l'Antiquité dont il connaissait les écrits6.