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UNIVERSITE VICTOR SEGALEN BORDEAUX II

DIPLÔME INTERUNIVERSITAIRE D’ACUPUNCTURE

Mémoire de fin d’études

Le ren mai dans le zhen jiu jia yi jing


de Huang-Fu Mi

Docteur Didier THOMAS

Né le 30 Décembre 1959
A Boulogne-Billancourt

Enseignant responsable et coordinateur de l’enseignement :

Docteur Philippe CASTERA

BORDEAUX -2009

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1- INTRODUCTION

1.1. L’ouvrage étudié

Le jia yi jing ou zhenjiu jiayi jing est le premier ouvrage connu (an 282) dont le but
était l’exposé clair et détaillé du traitement par acupuncture et moxibustion. Le jia yi
jing donne une description précise de ce qu'il faut attendre de l'utilisation des
différents points d’acupuncture choisis ainsi que la profondeur de la piqûre, la façon
de manipuler les aiguilles et le nombre de cônes à utiliser pour la moxibustion.
Le jia yi jing de Huang-fu Mi se base sur trois ouvrages classiques de référence :
- Le suwen
- Le lingshu
- Le ming tang zhenjiu yao ou ming tang
Aucun de ces trois ouvrages n’était utilisable pour l'apprentissage de l’acupuncture
et de la moxibustion. En éclaircissant cet art, le jia yi jing en a fait un système plus
pédagogique, référence pour l'acupuncture d'aujourd'hui. De plus le ming tang est
aujourd'hui perdu et le jia yi jing en constitue le dernier témoignage.

1.2. L’auteur

L’auteur, Huang-fu Mi, est né en 215. Il était considéré à cette époque comme un
érudit dans diverses disciplines dont la littérature. Il commence l'étude de la
médecine à 42 ans, alors qu'il fut atteint d’hémiplégie et qu'il s'empoisonna au
mercure par méconnaissance (en voulant utiliser un remède d’immortalité à la mode,
ce qui d’ailleurs faillit le conduire au suicide). Il mourut en 282, année de parution de
la première édition du jia yi jing.

1.3 Les problèmes de traduction

La médecine traditionnelle chinoise, dont l'acupuncture fait partie, repose sur des
connaissances empiriques provenant de l'expérience d'experts et intégrant une
réflexion philosophique globale, puisque faisant elle-même partie de la pensée

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chinoise. À l'heure actuelle, les connaissances enseignées et utilisées se doivent de
posséder un niveau de preuve scientifique et/ou historique élevé, niveau de preuve
historique basé sur la référence et l'ancienneté de l'ouvrage médical, ici chinois,
étudié.
La plus ancienne édition du jia yi jing disponible à nos jours date de 1601 (dans la
mesure où les ouvrages classiques médicaux chinois semblent avoir été
régulièrement révisés avec les éditions successives). À la lecture des trois principales
versions utilisées en Chine actuellement, on s'aperçoit que les mêmes conditions
peuvent aboutir à des conclusions diamétralement opposées. Compte tenu de cela, la
traduction du jia yi jing du chinois en anglais utilisée pour ce mémoire est la plus
proche aux yeux des auteurs de ce qui leur paraît correct par rapport aux versions
existantes, à la lumière des nombreux ouvrages récemment écrits en chinois
moderne.
Il s’agit de The Systematic Classic of Acupuncture and Moxibustion , traduction
anglaise par Yang Shou-zhong et Charles Chace du jia yi jing de Huang-fu Mi [1].

1. 4 l'objet du mémoire

Compte tenu de ces conditions, ce mémoire a pour but de révéler dans le zhen jiu jia
yi jing de Huang-fu Mi [1], toutes les citations se rapportant au méridien ren mai,
communément appelé Vaisseau Conception en français, et d'essayer d'en faire une
synthèse logique.
Cet ouvrage publié donc en 282 est considéré comme LA synthèse des connaissances
d'acupuncture et de moxybustion à l'époque de l'auteur.

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2- LES DOCUMENTS-SOURCE

Actuellement, quatre traductions du jia yi jing de Huang-fu Mi sont proposées en


France, mais les deux dernières citées sont incomplètes :
• « The Systematic Classic of Acupuncture and Moxibustion »de Yang Shou-
zhong et Charles Chace, publié aux éditions Blue Poppy Press en 1994 [1]. Les
auteurs ont traduit la version dite yi tong zhen mai du jiayi jing, éditée sous la
dynastie ming et publiée sous forme polycopiée par les Editions d'Hygiène et
de Santé Populaire de Pékin. L'avantage de cette traduction, est de donner les
différentes versions connues, lorsque ces versions diffèrent.
• Le zhenjiu jiayi jing traduit en français par Constantin Milsky et Gilles Andrès,
publié par Guy Tredaniel Editeur, 2004 [2].
• La traduction des livres I à III par Dang Vu Hung (Ed. Masson, 1989, Paris) [3].
Celle-ci se base aussi sur la version yi tong zhen mai, édition revue, corrigée et
annotée par l'institut de médecine chinoise de Shanoong et publiée par les
Editions de l'Hygiène Populaire de Pékin en 1979.
• La traduction du Chapitre 2 du Tome II par le collectif Andrès et al dans leur
ouvrage « Les méridiens extraordinaires », paru aux éditions La Tisserande,
Guy Tredaniel en 1997 [4]. La version traduite n'est pas citée par les auteurs
mais correspond très probablement aussi au yi tong zhen mai, la plus
répandue.

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3- LES CITATIONS

[Les citations de Huang-fu Mi étant généralement reprises d'ouvrages plus anciens,


ceux-ci sont également cités dans leur traduction la plus reconnue (lingshu et suwen
essentiellement)].

TOME II
Le 2ème tome du zhen jiu jia yi jing concerne les méridiens. Le chapitre 1 traite du
trajet des méridiens et de leur symptomatologie. Ce chapitre est divisé en deux
parties :
La première concerne les méridiens principaux,
La seconde concerne les Vaisseaux luo, les pibu et les méridiens distincts.

CHAPITRE 1
«Les 12 méridiens incluant les Vaisseaux luo et leurs branches (2ème partie) »

A la question posée par Lei Gong : «Comment peut-on distinguer les méridiens des
Vaisseaux luo ? »
L’Empereur Jaune donne une réponse générale puis décrit successivement les
Vaisseaux luo des 12 méridiens principaux. Parmi ceux-ci, celui du ren mai :

Citation 1 :
« Le Vaisseau luo du ren mai est appelé wei yi. Il descend jusqu'à la «Queue de
Tourterelle » (c’est à dire l’appendice xiphoïde) et se disperse dans l’abdomen.
Dans le cas de plénitude, il y aura douleur au niveau de la peau de l’abdomen ; dans
le cas de vide, il y aura démangeaison. Pour traiter cela, il faut sélectionner cette
branche wei yi. («on le traite à l’endroit où il se sépare [de son méridien] » d’après
Milsky et Andrès [2]).

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D’après le lingshu de Ming Wong (chapitre III, paragraphe 10, p 122) [5], le Vaisseau
luo du ren mai (« embranchement distinct du ren mai » d’après Andrès et al [4])
s’appelle wei yi, il part sous le point jiu wei, c’est-à-dire sous la pointe de l’appendice
xiphoïde, et se disperse dans l’abdomen.
La symptomatologie est identique pour les diverses traductions, de même que le
traitement.

TOME II
CHAPITRE 2
« Les huit Vaisseaux Merveilleux »

Citation 2 :
« Le chong mai et le ren mai proviennent de l’utérus (de l’intérieur de l’enveloppe
pelvienne pour Milsky et Andrès [2]) et voyagent vers le haut à l’intérieur du rachis
formant les mers des méridiens et des Vaisseaux luo (« la Mer des Vaisseaux ou des
jing luo » d’après Andrès et al [4]). Leurs trajets superficiel et extérieur passent le long
de l’abdomen (séparément dans une version différente) pour se rencontrer à la gorge.
Ils se séparent alors et rejoignent les lèvres ; « (ils) se séparent pour faire le tour de la
bouche et des lèvres pour Milsky et Andrès [2] », et « une branche distincte les relie à
la bouche et aux lèvres » d’après Andrès et al [4].
Quand il y a à la fois trop de Sang et trop de qi, la peau peut être tendue et la chair
plus chaude (« la Plénitude de l’Energie ( Sang et qi), s’exprime par l’obstruction à la
surface de la peau et par la chaleur dans les muscles » d’après Andrès et al [4]). Si,
cependant, seul le Sang est exubérant, la peau sera infiltrée et irriguée par le Sang et
il y aura donc croissance de poils.

Les femmes ont un surplus de qi et une insuffisance de Sang donc, par conséquent,
expérimentent régulièrement une perte de sang lors de leurs règles, perte qui abîme
leurs ren mai et chong mai.
Puisque ni le ren mai ni le chong mai ne peuvent nourrir les lèvres, ni barbe ni
moustache ne peuvent pousser chez les femmes. »

6
Le lingshu (chapitre X, paragraphe 65, p 325) [5], propose une traduction similaire.
Quant à la cause de l’inexistence de tout poil ou duvet chez la femme, tant pour le
lingshu que pour Milsky et Andrès [2] ce sont les règles qui causent l’insuffisance de
Sang, alors que dans ma traduction littérale de l’anglais, les menstruations sont
induites par cette insuffisance constitutive féminine et que pour Andrès et al [4], ce
sont les règles dites répétées qui sont induites par cette énergie excessive et cette
insuffisance de Sang.

Citation 3 :
« Le ren mai prend son origine sous le point zhong ji, (VC3) et remonte jusqu'à la zone
des poils pubiens.
De là, il se dirige le long de l’intérieur de l’abdomen par le point guan yuan (VC4)
pour remonter jusqu'à la gorge, d’où il continue jusqu’au menton et, traversant la
face, pénètre l’œil. »
La traduction du huang di neijing suwen par Albert HUSSON est similaire (livre XVI,
paragraphe 60, p234) [6], ainsi que celle d’Andrès et al [4] (p 31 pour leur traduction
du suwen et p 33 pour celle du nan jing), bien que leur traduction « le ren mai sort en–
dessous du point zhong ji » semble plus proche de la réalité.

Citation 4 :
« Si le ren mai est malade, il y a chez l’homme une ligature interne résultant en 7 shan
(différents types de stase de qi traduites par le terme « hernies » par Milsky et Andrès
[2]) et chez les femmes en pertes vaginales, concrétions et caillots. » (grosseurs pour
Andrès et al [4]et le huang di neijing suwen (livre XVI, paragraphe 60, page 234) [6]).

Citation 5 :
« A la question posée par l'Empereur Jaune: lorsque quelqu’un souffre d’une lésion
des organes génitaux, le qi de ces organes s’épuise de façon irréversible, entraînant
l’impuissance. Pour quelle raison la personne atteinte ainsi ne perd-elle ni moustache
ni barbe alors que l’eunuque est imberbe ? Qi Bo répond que puisque l’eunuque a
été privé de son pénis (de ses organes génitaux externes pour Milsky et Andrès [2]),

7
(castré pour Andrès et al [4]), son chong mai a été endommagé. Dans ce cas, la perte
de Sang ne peut être régénérée, un obstacle situé à l’intérieur de la peau empêche
lèvres et bouche d’être nourries, si bien que ni moustache ni barbe ne peuvent
pousser. Dans le cas des eunuques constitutionnels (impuissants de naissance pour
Milsky et Andrès [2]), ceux-ci ont non seulement des ren mai et chong mai pauvres,
mais aussi des organes génitaux insuffisamment développés : ils ont du qi mais pas
assez de Sang pour nourrir lèvres et bouche, ils sont donc imberbes. »

TOME II
CHAPITRE 3
«De la mesure des méridiens »

Citation 6 :
« Le Vaisseau Gouverneur et le Vaisseau Conception mesurent chacun 4 chi et 5 cun
de longueur. »
D’après le lingshu [5], la mesure du chi varie selon les lieux et les époques. (Chapitre
IV, paragraphe 17, p 173). Andrès et al [3] ajoutent que les longueurs ajoutées du du
mai et du ren mai font 9 chi, que le total fait 116 zhang 2 chi, et qu’il s’agit de « la
longueur (relative) du qi qui circule dans les jing sui (Tunnels) ou Vaisseaux
Canalaires. Pour Milsky et Andrès, ces deux méridiens font chacun 45 pieds [2] : cette
unité de mesure ne peut assurément correspondre à celles utilisées en vieux français
ou en anglais, et je n’ai trouvé aucune corrélation avec des unités connues. Par contre
cela pourrait être une erreur de correspondance entre pieds et pouces : en effet, si
l’on considère que 10 pouces font 1 pied (alors que dans le système de mesure anglo-
saxon, 12 pouces font 1 pied), et sachant que chi et cun sont habituellement traduits
par « pied » et « pouce » chez les anglophones, du mai et ren mai mesurent chacun 4
pieds 5 pouces soient 45 pouces ! Les 45 pieds de Milsky et Andrès [2] semblent donc
une erreur de conversion.

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TOME II
CHAPITRE 4

Ce chapitre concerne « les Racines ben et les Cîmes biao des 12 méridiens ». Il dérive
en totalité du chapitre 52, Volume 8 du lingshu.

Citation 7 :
« La Racine du méridien shao yin du pied est située à 3 cun au-dessus de la malléole
interne (point jiao xin, RE8) (ou le point fuliu RE7 pour Milsky et Andrès [2]) et il se
termine par son point associé du dos (point shu de Rein : shen shu, (VE23), et par les
deux Vaisseaux Sub-Linguaux (point lian quan, VC23). »
Le commentaire associé à cette description précise que le point VC23 est le point de
rencontre des méridiens yin mai wei et ren mai et, un peu plus haut, que le mot biao
doive être traduit par Cîme et non Branche comme il est habituel de le faire
puisqu’en opposition avec le concept de Racine.
Selon Dang Vu Hung [3], la racine du méridien shao yin du pied se trouve à 3 cun au-
dessus de la pointe inférieure de la malléole interne, comme le précise le pékin [7]
d’ailleurs c'est-à-dire le point RE8 ou RE7 (fuliu) selon les commentaires.

Citation 8 :
« La Racine du méridien jue yin du pied se trouve à 5 cun au-dessus du point xing jian
(FO2), et il se termine par son point associé du dos gan shu (VE18). »
D’après les traductions du lingshu de Ming Wong [5] et l’ouvrage de Dang Vu Hung
[3], le méridien jue yin du pied a pour Racine le point dadun (FO1), pour Nœud le
point yu ying (VC18), point yutang pour le pékin [7] et il se lie au point dan zhong
(VC17), point shanzhong pour le pékin [7].
D’après Andrès et al [4], le taisu (autre ouvrage de référence) dit que le jue yin du
pied sort d’abord au point dadun (FO1), où il s’enracine, il circule jusqu’à l’endroit où
est sa Racine située à 5 cun au-dessus de xing jian (FO2), puis jusqu’à yu ying (VC18)
et dan zhong (VC17) où il se noue, et se termine à gan shu (VE18), sa Cîme.

9
Citation 9 :
« La Racine du méridien tai yin du pied se trouve au point san yin jiao (RA6), 4 cun en
avant du point zhong feng (FO4) et il se termine au niveau du point associé du dos
(point shu de Rate : pi shu, VE20) et de la base de la langue. »
D’après la traduction de Dang Vu Hung [3], le point situé à la base de la langue
serait le point lian quan, (VC23). La position du point san yin jiao (RA6) est mieux
précisée : 4 cun au-dessus et en avant du point zhong feng (FO4), le pékin [7] le situant
3 cun au-dessus de la pointe de la malléole interne, bord postérieur du tibia.
Par contre, suivant le lingshu de Ming Wong [5] et le livre de Dang Vu Hung [3], la
Racine du mériden tai yin du pied se trouve sur le point yinbai (RA1) et sa Cîme est le
point tai cang (VC12), point zhongwan pour le pékin [7].

TOME II
CHAPITRE 5
Ce chapitre concerne « les Racines gen et les Cîmes jie des 12 méridiens principaux »

Remarque : Milsky et Andrès [2] appellent les Racines ben et les Cîmes biao décrites
dans le chapitre 4 respectivement par «Troncs d’Enracinement » et « Cîmes », et les
Racines gen et Cîmes jie de ce chapitre par « Racines »et « Nœuds ».

Citation 10 :
« Le zu shao yin prend ses racines au point yong quan (RE1) et se termine au point lian
quan (VC23). »

TOME III
Les 35 premiers chapitres du tome III décrivent les différents points d’acupuncture.
CHAPITRE 10
« Les 39 points de la face »

10
Citation 11 :
« Le point cheng jiang (VC24), aussi connu sous le nom tian chi, est situé au milieu du
menton sous la lèvre inférieure et est le point de rencontre du zu yang ming et du
Vaisseau Conception. Il se trouve bouche fermée (bouche ouverte pour d’autres
versions et pour Milsky et Andrès [2]).
On pique à une profondeur de 2 fen, on garde l’aiguille en place pendant 6
expirations et on le chauffe au moxa avec 3 cônes [une note du qi fu lun prescrit une
durée de 5 expirations] »

TOME III
CHAPITRE 12
« 17 points du cou »

Citation 12 :
« Le point lian quan (VC23) aussi connu sous le nom de ben chi est situé dans la
région sous-mandibulaire, au dessus de la pomme d’Adam ; c’est le point de
rencontre de la racine de la langue, du yin wei mai et du ren mai. On le pique à une
profondeur de 2 fen, l’aiguille étant maintenue en place pendant 3 expirations et on le
chauffe avec 3 cônes.
[Une note du qi fu lun prescrit l’insertion de l’aiguille à une profondeur de 3 fen,
édition plus récente]. »
Gérard GUILLAUME précise sa localisation « au bord inférieur de l’os hyoïde ». Il
l’utilise avec le MC9 en cas de gonflement douloureux de la langue [8].

TOME III
CHAPITRE 14
« 7 points de la poitrine depuis le point tian tu (VC22) en suivant le Vaisseau
Conception vers le bas jusqu’au point zhong ting (VC16) »

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Citation 13 :
« Le point tian tu (VC22) aussi connu sous le nom de yu hu est situé au centre d’une
dépression, 2 cun sous la pomme d’Adam ; c’est le point de rencontre du Vaisseau
yin wei mai et du Vaisseau Conception [une note du qi fu lun le situe à 5 cun (édition
plus récente)].
Il se localise tête du patient penchée en avant. Il se pique à une profondeur de 1 cun,
l’aiguille étant gardée pendant le temps de 7 expirations et étant chauffée avec 3
cônes de moxa [note du qi fu lun : 5 cônes (édition plus tardive)]. »
G. GUILLAUME le situe « dans le creux situé à 0,5 distance (cun) au-dessus du bord
supérieur du manubrium sternal» [8].

Citation 14 :
« Le point xuan ji (VC21) est situé au centre d’une dépression se trouvant 1 cun sous
le point tian tu (VC22) et appartient au qi du Vaisseau Conception. Il se localise tête
du patient penchée en arrière.
On le pique à une profondeur de 3 fen et on le chauffe au moxa avec 5 cônes. »

« Le point hua gai (VC20) est situé dans une dépression à 1 cun sous le point xuan ji
(VC21) et appartient au qi du Vaisseau Conception. Il se localise tête du patient
penchée en arrière ; on le pique à une profondeur de 3 fen et on le chauffe au moxa
avec 5 cônes. »
G.GUILLAUME précise « à la jonction du manubrium et du corps du sternum » [8].

Citation 15 :
« Le point zi gong, (VC19) est situé dans une dépression à 1 cun et 6 fen sous le point
hua gai (VC20) et appartient au qi du Vaisseau Conception. Il se localise tête du
patient penchée en arrière. On le pique à une profondeur de 3 fen et on le chauffe au
moxa avec 5 cônes. »
G.GUILLAUME précise « à la jonction du ¼ supérieur et des ¾ inférieurs du corps
du sternum » [8].

12
Citation 16 :
« Le point yu tang, (VC18) connu aussi sous le nom de yu ying est situé dans une
dépression à 1 cun et 6 fen sous le point zi gong, (VC19) et appartient au qi du
Vaisseau Conception. Il se localise tête du patient penchée en arrière. On le pique à
une profondeur de 3 fen et on le chauffe au moxa avec 5 cônes. »
G.GUILLAUME précise « au milieu du corps du sternum » [8].

Citation 17 :
« Le point dan zhong (tanzhong pour Milsky et Andrès [2]), (VC17) connu aussi sous le
nom de yuan er est situé dans une dépression à 1 cun et 6 fen sous le point yu tang
(VC18), à mi-distance des deux seins ; il appartient au qi du Vaisseau Conception.
Localisez-le en décubitus. On le pique à une profondeur de 3 fen on le chauffe au
moxa avec 5 cônes. »
G.GUILLAUME précise « à la jonction du ¼ inférieur et des ¾ supérieurs du corps
du sternum, au milieu de la ligne qui relie les deux mamelons » [8].

Citation 18 :
« Le point zhong ting (VC16) est situé dans une dépression à 1 cun et 6 fen sous le
point dan zhong (VC17) et appartient au qi du Vaisseau Conception. Il se localise le
patient en décubitus. On le pique à une profondeur de 3 fen et on le chauffe au moxa
avec 5 cônes. »
G.GUILLAUME précise « à la jonction du corps du sternum et de l’appendice
xiphoïde » [8].

TOME III
CHAPITRE 19
« 15 points de l’abdomen situés sur le méridien Vaisseau Conception depuis le point
jiu wei (VC15) en haut jusqu’au point hui yin (VC1) en bas »

13
Citation 19 :
« Le point jiu wei, (VC15) connu aussi sous le nom de wei yi et he yu (hegan pour
Milsky et Andrès [2]) est situé 5 fen sous l’appendice xiphoïde. C’est une branche
(point luo (bie) pour Milsky et Andrès [2]) du Vaisseau Conception, et aussi bien la
piqûre que la moxibustion sont interdites. Le point jiu wei, (VC15) est
approximativement situé à la hauteur du cœur et peut être localisé à 1,5 cun sous la
7ème articulation sterno-costale dans le cas d’une absence d’appendice xiphoïde (1,5
pouce au-dessous de la proéminence osseuse supérieure de la 7ème articulation
chondro-costale d’après Milsky et Andrès [2]). Une note du qi fu lun le situe à 1 cun
au-dessous ou au milieu d’une ligne reliant l’articulation sterno-costale au point ju
que, (VC14). Si l’appendice xiphoïde est plus court que la normale, comme c’est le cas
chez certaines personnes, on peut déterminer le point à un peu moins d’1 cun sous
l’appendice xiphoïde (un peu plus pour Milsky et Andrès [2]).

Le point ju que, (VC14) est le point d’alarme du cœur et se trouve à 1 cun sous le point
jiu wei, (VC15). Il appartient au qi du Vaisseau Conception. On le pique à une
profondeur de 6 fen et l’aiguille est maintenue en place pendant 7 expirations. On le
chauffe au moxa avec 5 cônes (une note du qi fu lun indique qu’il faut le piquer à une
profondeur de 1 cun et 2 fen).

Le point shang wan, (VC13) est situé à 1 cun et 5 fen sous le point ju que, (VC14) et à
3 cun sous l’appendice xiphoïde. C’est le point de rencontre du Vaisseau Conception
avec le zu yang ming et le shu tai yang. On le pique à une profondeur de 8 fen et on le
chauffe au moxa avec 5 cônes.

Le point zhong wan, (VC12) est aussi connu sous le nom de tai cang. C’est le point
d’alarme de l’estomac et il est situé à 1 cun sous le point shang wan, (VC13) ou au
milieu d’une ligne joignant l’appendice xiphoïde à l’ombilic. Il est engendré par le
shu tai yang, le shu shao yang et le zu yang ming. Ces méridiens y rencontrent le ren mai
(Pour Milsky et Andrès [2], c’est le point de rencontre du ren mai, zu yang ming et shu

14
tai yang). On le pique à une profondeur d’1 cun et 2 fen et on le chauffe au moxa avec
7 cônes. (Le jiu juan en neuf volumes stipule que ce tai cang repose au centre d’un
espace de 8 cun entre l’apophyse xiphoïde et l’ombilic ou 4 cun au-dessus de
l’ombilic. Sa situation dans le mu xue jing (classique des points d’alarme) de Lu
Guang, de 3 cun au-dessus de l’ombilic est erronée).

Le point jian li, (VC11) est situé à 1 cun sous le point zhong wan, (VC12). On le pique à
une profondeur de 5 fen et on maintient l’aiguille en place pendant une durée de 10
expirations. On le chauffe au moxa avec 5 cônes (une note du qi fu lun prescrit la
piqûre à une profondeur de 6 fen, maintenue pendant 7 expirations).

Le point xia wan, (VC10) est situé à 1 cun sous le point jian li, (VC11) et est le point de
rencontre entre le zu tai yin et le ren mai. On le pique à une profondeur de 1 cun et on
le chauffe au moxa avec 5 cônes.

Le point qi zhong, (VC8) est aussi connu sous le nom de shen que et qi she. On peut le
chauffer au moxa avec 3 cônes mais la piqûre est contre-indiquée : elle peut causer
des plaies malignes et des ulcérations avec incontinence fécale, un syndrome
incurable et fatal.

Le point shui fen, (VC9) est situé à 1 cun sous le point xia wan, (VC10) et à 1 cun au-
dessus de l’ombilic ; il est alimenté par le qi du ren mai. On le pique à une profondeur
de 1 cun et on le chauffe au moxa avec 5 cônes.

Le point yin jiao, (VC7) est aussi connu sous le nom de shao guan et de heng hu. Il est
situé à 1 cun sous l’ombilic et est le point de rencontre du ren mai et de la branche
profonde du chong mai. On le pique à une profondeur de 8 fen et on le chauffe au
moxa avec 5 cônes.

15
Le point qi hai, (VC6) est aussi connu sous le nom de bo yang et xia huang. Il est situé à
1 cun et 5 fen sous l’ombilic et appartient au qi du ren mai. On le pique à une
profondeur d’1 cun et 2 fen et on le chauffe au moxa avec 5 cônes.

Le point shi men, VC5 est le point d’alarme du Triple Réchauffeur et est aussi connu
sous le nom de li ji, jing lu, dan tian et ming men. Il est situé à 2 cun sous l’ombilic et
appartient au qi du ren mai. On le pique à une profondeur de 5 fen, l’aiguille est
maintenue en place pendant 10 expirations et on le chauffe au moxa avec 3 cônes. La
piqûre et la moxibustion sont interdites chez la femme car elles peuvent créer
l’infertilité [une note du qi fu lun prescrit une piqûre à une profondeur de 6 fen,
maintenue pendant 7 expirations et une moxibustion avec 3 cônes].

Le point guan yuan, (VC4) est le point d’alarme de l’Intestin Grêle et est aussi connu
comme ci men. Il est situé à 3 cun sous l’ombilic et est le point de rencontre (des 3
méridiens yin [2]) du pied avec le ren mai. Il est piqué à une profondeur de 2 cun,
l’aiguille gardée en place pendant 7 expirations.
On le chauffe au moxa avec 7 cônes [une note du qi fu lun prescrit la pénétration de
l’aiguille à 1 cun et 2 fen]

Le point zhong ji, (VC3) est le point d’alarme de la Vessie et est aussi connu comme qi
yuan et yu quan ; Il est situé à 4 cun sous l’ombilic et est le point de rencontre des 3
méridiens yin du pied et du ren mai. On le pique à une profondeur de 2 cun, l’aiguille
gardée en place pendant 7 expirations, on le chauffe au moxa avec 3 cônes.
(une note du qi fu lun prescrit la piqûre à une profondeur de 1 cun et 2 fen)

Le point qu gu, (VC2) est situé au niveau du pubis à 1 cun sous zhong ji, (VC3) dans
une dépression dans la bordure de la pilosité pubienne où on peut palper la
pulsation d’un vaisseau. C’est un point de rencontre du ren mai et du zu jue yin. On le
pique à une profondeur de 1 cun et 5 fen, l’aiguille est gardée en place pendant 7
expirations et on le chauffe au moxa avec 3 cônes.

16
(une note du qi fu lun stipule qu’il y a en tout 14 points de l’appendice xiphoïde au
pubis, et qu’ils appartiennent tous au qi du ren mai).
Le point hui yin, (VC1) est aussi connu comme ping yi et se situe en avant de l’anus
mais en arrière du méat urinaire (des organes génitaux externes pour Milsky et
Andrès [2]), c’est-à-dire entre les deux organes yin. De là part une branche luo du ren
mai vers le du mai (un point luo du ren mai [2]). C’est le point de rencontre du du mai,
du chong mai et du ren mai. On le pique à une profondeur de 2 cun et l’aiguille est
gardée en place pendant 7 expirations : on le chauffe au moxa avec 3 cônes. »

TOME VI
CHAPITRE 12
« Grand Traité de la Croissance et de la Décroissance progressives
de la Forme et du qi »
(Milsky et Andrès précisent la Forme par forme corporelle [2])

Citation 20:
« A sept fois sept ans, le ren mai des femmes devient Vide, leur chong mai (tai chong
pour Andrès et al[4]) est diminué et insuffisant. Leur Eau Céleste est épuisée et leur
Tunnel Terrestre (leurs Voies de la Terre pour Milsky et Andrès [2]) est bloqué. Par
conséquent, leur Forme devient altérée et elles ne peuvent plus porter d’enfant. »

TOME VIII
CHAPITRE 3
« Distensions des cinq Organes et des six Entrailles »

Citation 21 :
« La poitrine et l’abdomen sont les enceintes des Organes et des Entrailles. Le centre
de la poitrine est le Palais Central du cœur (du Ministre du Cœur pour Milsky et
Andrès [2]).

17
L’estomac est le Grand Grenier.
Le pharynx, le larynx et l’intestin grêle sont les Voies de Transport (de transmission
pour Milsky et Andrès [2]). Les 5 ouvertures de l’estomac sont les Portes de l’Allée et
du Voisinage (Portes du Village [2]). Les points lian quan, (VC23) et yu ying, (VC18)
sont les Voies des Fluides et des Humeurs (des liquides organiques [2]).
Par conséquent, les cinq Organes et les six Entrailles ont chacun leurs propres
frontières et, quand ils sont malades, ils présentent des symptômes distincts. »
NB: l’estomac stocke l’Eau et le Grain. C’est pourquoi, il est appelé le Grand Grenier
responsable d’alimenter tous les cinq Organes et les six Entrailles. Les cinq
ouvertures : la gorge, le cardia, le pylore, le sphincter iléo-caecal et l’anus sont
considérés comme les Portes de l’Estomac même si certaines d’entre elles
appartiennent au gros intestin ou à l’intestin grêle. Il est à noter que la longueur
totale de l’intestin grêle et du gros intestin, et le tractus digestif en général, est
attribuée à l’estomac ; comme les pâtés de maisons de structure sociale dans la Chine
ancienne, cinq maisonnées comprenaient une Allée, lu et cinquante maisonnées
étaient organisées en un Voisinage, li. Dans ce contexte, ces unités se réfèrent aux
intestins, etc...Les points lian quan, (VC23) et yu ying, communément appelé yu tang,
(VC18) sont attribués au ren mai et agissent comme des canaux pour les Fluides et les
Humeurs.

TOME IX
CHAPITRE 8
« Contraction de la Maladie par le Rein et l’Intestin Grêle créant une distension
abdominale et des 1ombalgies irradiant vers le haut du dos, le bas abdomen et les
testicules »

Citation 22 :
« Le Vaisseau de Rencontre du yin (il pourrait s’agir du zu tai yang pour Wang Bing et
pour le suwen d’après Milsky et Andrès [2] , cause une souffrance du bas du dos avec
une transpiration très abondante lors des pics de douleur (à l’endroit douloureux

18
pour Milsky et Andrès [2]), désir de boissons après que la sueur ait séché et désir de
marcher après avoir bu. Percer le Vaisseau Direct yang (zu tai yang, du mai ou
Vaisseau huiyin selon les auteurs d’après Milsky et Andrès [2]) en 3 points (à 3
reprises pour Milsky et Andrès [2]) au niveau du Vaisseau Transversal. Celui-ci se
trouve 3 cun au-dessus du yang qiao mai et 3 cun sous la fissure. Laisser couler le sang
du Vaisseau trouvé exubérant. [dans le suwen, « très abondant » est remplacé par »
torrentiel », et « 3 cun » par « 5 cun » (édition plus récente)]
NB : - Selon Zhang Zhi-Cong, le Vaisseau de Rencontre du yin est simplement le
Vaisseau Conception tandis que le Vaisseau Direct yang est le Vaisseau Gouverneur
mais beaucoup d’autres érudits ne sont pas d’accord ; une interprétation différente
est que le Vaisseau de Rencontre du yin est le Vaisseau Gouverneur tandis que le
Vaisseau Direct yang est le zu tai yang. Un autre dit que ces deux Vaisseaux ne sont en
fait qu’un seul et même Vaisseau: le Vaisseau Conception.
- Andrès et al [4] nous donne deux traductions: « Dans la lombalgie venant du
périnée (Vaisseau du point hui yin, (VC1), la douleur remonte et la sueur s’écoule à
flots… On fait trois piqûres sur le yang direct (vessie), sur le qiao, shenmai (VE62), et 5
pouces sous la « fissure » (chengjin (VE56) en faisant saigner ce qui est congestif »
pour la première version et «…on puncture le vaisseau zhi yang à trois reprises, et on
fait saigner les (Vaisseaux) Transversaux (congestionnés) qui se situent à 3 distances
au-dessus du (yanq) qiao (mai) et au-dessous du point xi » deuxième version reprise
dans l’ouvrage de Milsky et Andrès [2])

TOME X
CHAPITRE 2
« Contraction de la Maladie par le yang produisant le Vent (2ème partie) »

Citation 23 :
« Les blessures corporelles avec saignement abondant suivies par un coup de vent
froid ou des blessures par choc tel qu’une chute engendrent fatigue, apathie et
débilité des quatre membres. Ceci est appelé apathie du corps ti jie (tixie pour Milsky

19
et Andrès [2]). Utiliser (pour le traitement) le point de triple rencontre sous 1’ombilic
dans le bas ventre. Ce point se trouve où le zu yang ming et le zu tai yin (tai yang dans
une variante (édition ultérieure)) rencontrent le Vaisseau Conception, 3 cun sous
1’ombilic. C’est le point guan yuan, (VC4) »
NB : le point guan yuan, (VC4) est appelé point de triple rencontre car le zu yang ming
et le zu tai yin y rencontrent le ren mai.

TOME XI
CHAPITRE 9
« Le Froid pervers s’insinue dans les méridiens et Vaisseaux luo produisant yong et ju
(traduits respectivement par abcès et abcès térébrants par Milsky et Andrès [2]); le
Vent se développe créant le Vent Pestilentiel et les Blessures Profondes (traduits par
lèpre et eczéma aigu par Milsky et Andrès [2]) » (2ème partie)

Citation 24 :
« Question de l’Empereur Jaune: J’aimerais connaître en détail, les manifestations
de yong et ju et à quel moment ils peuvent entraîner la mort ?
Le yong survenant dans le cou est appelé ju fatal, il est grand et de couleur rouge
noirâtre. S’il n’est pas traité de suite, la chaleur qi va diffuser jusqu’au point yuan ye,
(VB 22), abîmant le Vaisseau Conception en avant et chauffant le Foie et le Poumon
en dedans. S’il chauffe véritablement ces parties, la mort arrive dans un peu plus de
dix jours. »

TOME XII
CHAPITRE 2
« Intrusion du Froid Pervers au-dessus de l’épig1otte, produisant perte de voix et
impossibilité de parler »

20
Citation 25 :
« L’Empereur Jaune demande : 1orsqu’une personne devient brutalement inquiète et
bouleversée (furieuse pour Milsky et Andrès [2]) et qu’elle perd sa voix, quelle sorte
de qi s’est-il arrêté de circuler ? ...
…Shao Shi répond en expliquant la physio1ogie de la voix : « le méridien zu shao yin
est lié en haut à la racine de la langue, il passe par l’os hyoïde (établit une liaison luo
avec lui [2]) et se termine à la g1otte (épiglotte pour Andrès et al[4] et Milsky et
Andrès [2]). On doit drainer (disperser pour Milsky et Andrès [2]) deux fois le
vaisseau sanguin du méridien et le qi désordonné sera éliminé (en dispersant les
deux Vaisseaux (Vaisseau des Reins et Vaisseau Conception), on évite l’énergie
trouble d’après Andrès et al[4]. Puisque le Vaisseau de l’Epiglotte (huiyan zhi mai
pour Milsky et Andrès [2]) s’unit au Vaisseau Conception au-dessus, on doit utiliser
en addition le point tian tu, (VC22). Cela induira de la mobilité à la glotte. (le point fu
tu, (GI18), évoqué secondairement pour une perte de voix brutale, est décrit chez
Andrès et al en lieu et place du tian tu [4]).

21
4- CONCLUSION

Cette traduction française de la partie du zhenjiu jiayi jing de Huang-fu Mi, concernant le
méridien Vaisseau Conception et ses commentaires, a pour but de rendre plus
accessibles aux francophones les notions fondamentales de l’acupuncture et de la
moxibustion dans leur forme la plus originelle disponible de nos jours ; cette démarche
permettrait autant que faire se peut d’éviter les dérives de cette connaissance tout à fait
originale, dues au temps - car apparue il y a vingt siècles - , dans ses concepts et sa vision
de la vie, et donc de maintenir son efficacité remarquable parmi l’ensemble des
techniques médicales actuelles. Le principal problème posé par les traductions du
chinois en langue étrangère réside dans le fait qu’elles ne peuvent retranscrire toutes les
informations contenues dans les « caractères » et dans les concepts de la Médecine
Traditionnelle Chinoise (dont l’acupuncture et la moxibustion ne sont qu’une partie aux
côtés des traitements phytothérapiques).
L’enseignement sous forme de questions–réponses entre l’Empereur Jaune et Qi Bo est
tout à fait intéressant au niveau pédagogique: il permet à l’étudiant d’apprendre avec
plus de facilité et de mettre en avant des notions fondamentales, un peu comme les
«frequent-asked questions » c’est-à-dire «questions les plus fréquemment posées » lors
de l’apprentissage actuel de nouvelles connaissances. Il faut d’ailleurs avoir à l’esprit
qu’à l’origine, d’après C. Milsky, le zhenjiu jiayi jing se transmettait oralement [9], ce qui
peut expliquer la forme « théâtrale » de l’enseignement.
Il est intéressant de noter que les points décrits par Huang-fu Mi sont les mêmes que
ceux décrits dans les ouvrages reconnus et cités en bibliographie, sauf rares exceptions.
Mais aussi que ma traduction littérale de l’anglais puisse différer au moins une fois de
celle de traducteurs sinologues confirmés tels que Gilles Andrès et Constantin Milsky.
Ce mémoire se cantonnant à la traduction des parties du zhenjiu jiayi jing concernant
l’utilisation des points du méridien Vaisseau Conception ou des notions physiologiques
liées à ce méridien, il montre néanmoins l’étendue des connaissances disponibles dans
cet ouvrage, décrites de façon tout à fait accessible. J’invite donc le lecteur averti à
poursuivre la lecture de cet ouvrage de référence qu’est le zhenjiu jiayi jing afin
d’améliorer sa connaissance et sa compréhension de l’art de l’Acupuncture et de la
Moxibustion.

22
BIBLIOGRAPHIE :

1) Shou-zhong Yang et Chace Charles. The systematic Classic of Acupuncture


and Moxibustion by Huang-fu Mi. Boulder (USA) : Blue Poppy Press,1994.
2) Milsky C. et Andrès G. zhenjiu jiayi jing de Huangfu Mi. Paris(France) : Guy
Tredaniel éditeur; 2004.
3) Vu Hung Dang. jia yi jing de Huang-fu Mi. Elements de base de
l’Acupuncture. Paris (France) : Masson ; 1989.
4) Andrès G. et al. Les méridiens extraordinaires. Paris (France): Guy
Trédaniel éditeur; 1997.
5) Ming Wong. Lingshu. Paris (France) : Masson ; 1987.
6) Husson A.. huang di neijing suwen. Paris (France): Association Scientifique
Des Médecins Acupuncteurs De France, 1987.
7) Académie de Médecine Traditionnelle Chinoise. Précis d’acupuncture
chinoise (appelé aussi Pékin). Beijing (Chine): Editions en Langues Etrangères,
1990.
8) Guillaume G, Mach Chieu. Dictionnaire des points d’acupuncture. Paris
(France): Guy Trédaniel éditeur; 1995.
9) Milsky C. Réflexions sur la traduction du zhen jiu jia yi jing. Communication
faite au deuxième Symposium International d’Acupuncture et de
Moxybustion de Taïpei (Taïwan), mai 1986. Rev. Fr. d’acup.1987, 49 :47-51.
AFA. Paris, 1987.

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DIPLÔME INTERUNIVERSITAIRE D’ACUPUNCTURE

Université Victor Segalen Bordeaux II

2009

Nom : THOMAS

Prénom : Didier

Adresse : Ruelle Babin, Belair, 97130 Capesterre-Belle-Eau

Titre du mémoire :
« le ren mai dans le zhen jiu jia yi jing de Huang-fu
Mi ».

Résumé :

Ce travail s’inscrit dans une dynamique de recherche visant à associer en


langue française toutes les informations disponibles concernant le zhenjiu
jiayi jing de Huang-fu Mi, de façon à pouvoir extraire de cet ouvrage
autant d’informations correctes que possible. En effet, cette œuvre datant
de vingt siècles est une des seules références concernant l’acupuncture et
la moxybustion et son accessibilité a pour but la garantie de la survie de
la vision originelle de l’acupuncture, alors que nous sommes confrontés
à l’énorme pression culturelle de la médecine occidentale.

Date de naissance : 30 Décembre 1959

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