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ROYAUME DU MAROC INSTITUT SUPERIEUR DE COMMERCE ET D’ADMINISTRATION DES ENTREPRISES
ROYAUME DU MAROC
INSTITUT SUPERIEUR DE COMMERCE ET
D’ADMINISTRATION DES ENTREPRISES

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MEMOIRE PRESENTE POUR L’OBTENTION DU DIPLOME NATIONAL D’EXPERT-COMPTABLE

PAR

M. Nabil BELAHCEN

MEMBRES DU JURY

Président

:

M. Mohamed EL MOUEFFAK – Directeur des Etudes de l’ISCAE

Directeur de Recherche

:

M. Mohamed HDID – Expert-comptable DPLE.

Suffragants

: - M. Larbi KZAZ – Enseignant à l’I.S.C.A.E. - M. Mohamed BOUMESMAR – Expert-comptable DPLE.

NOVEMBRE 2004

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

REMERCIEMENTS

Au terme de ce travail, il m’est agréable d’exprimer mes remerciements envers tous ceux et toutes celles qui ont contribué de quelque manière que ce soit à son aboutissement.

Mes remerciements s’adressent d’abord à mon Directeur de Recherche Monsieur Mohamed HDID. Je le remercie vivement de m’avoir fait confiance, de m’avoir encadré et fait bénéficier de son savoir et son expérience.

Je tiens ensuite à exprimer ma profonde gratitude à Monsieur Abderrahman SAAIDI qui m’a accordé la possibilité d’effectuer mon stage d’expertise comptable au sein de son cabinet.

Je saisis cette occasion pour remercier vivement mes parents pour leur patience et leurs sacrifices ainsi que l’ensemble de ma famille pour son soutien moral.

Mes remerciements s’adressent également à l’ensemble des membres du jury qui ont bien voulu évaluer mon travail.

Je voudrai également rendre un hommage particulier à la Direction, au corps professoral et au personnel de l’ISCAE pour avoir contribué à ma formation.

J’aimerai aussi remercier tous les Experts-comptables qui ont bien voulu répondre au questionnaire d’enquête qui leur a été administrés.

Je ne saurai terminer sans remercier tous mes collègues d’étude et de travail pour leurs commentaires pertinents, leurs conseils et aides précieux.

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

SOMMAIRE RESUME

Liste des abréviations………… INTRODUCTION GENERALE…………………………………………

…………………………………………………….

PREMIERE PARTIE :

COMPRENDRE LE MONDE DES NTIC : UN PREALABLE NECESSAIRE POUR FACILITER ET REUSSIR L’IMPLANTATION DE CES TECHNOLOGIES AU SEIN DES CABINETS D’EXPERTISE COMPTABLE

CHAPITRE PREMIER :

LES NTIC, NOUVELLE OSSATURE INFORMATIQUE DU CABINET D’EXPERTISE COMPTABLE………………………………………………………….

CHAPITRE SECOND :

MISE EN PLACE DES NTIC : BIEN PLUS QU’UN PROJET INFORMATIQUE

CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE………………………………………

SECONDE PARTIE

LES

D’EXPERTISE COMPTABLE…………………………………………………………

NTIC

:

ENJEUX

ET

CONSEQUENCES

POUR

LE

CABINET

CHAPITRE PREMIER :

LES ENJEUX DES NTIC SUR L’ORGANISATION INTERNE DU CABINET ET SES RELATIONS AVEC L’ENVIRONNEMENT EXTERNE………………………

CHAPITRE SECOND RISQUES ET LIMITES LIES A L’UTILISATION DES NTIC……………………

CONCLUSION DE LA SECONDE PARTIE………………………………………….

CONCLUSION GENERALE……………………………………………

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES………………………………………………………………….

GLOSSAIRE………………………………………………………………

LEXIQUE FRANÇAIS - ANGLAIS - ARABE…………………………

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Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

SOMMAIRE ANALYTIQUE

Liste des abréviations…………………………………………………………………….

INTRODUCTION GENERALE…………………………………………

PREMIERE PARTIE :

COMPRENDRE LE MONDE DES NTIC : UN PREALABLE NECESSAIRE POUR FACILITER ET REUSSIR L’IMPLANTATION DE CES TECHNOLOGIES AU SEIN DES CABINETS D’EXPERTISE COMPTABLE…

CHAPITRE PREMIER :

LES NTIC, NOUVELLE OSSATURE INFORMATIQUE DU CABINET D’EXPERTISE COMPTABLE………………………………………………………….

SECTION I RESEAUX INFORMATIQUES : UNE INFRASTRUCTURE DE BASE NECESSAIRE AUX NTIC…………………………………………………………….

XIII

3

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13

SOUS-SECTION I - RAISONS ET STRUCTURES DES RESEAUX INFORMATIQUES………………………………………………………………………. 13

1. Pourquoi un réseau informatique ?

13

a) Partager les informations par le biais du réseau………………………………

13

b) Optimiser les ressources informatiques du cabinet………………………………

14

c) Centraliser les applications de production……………………………………….

14

d) Connecter des cabinets entre eux…………………………………………………….

15

2. Les types de réseau ……………………………………………………………

15

a) Le réseau poste à poste………………………………………………………

15

b) Le modèle client-serveur………………………………………………………………

15

3. Aspects physiques des réseaux : les composants d'un réseau…………………

16

4. Rôle et avenir des réseaux informatiques………………………………………

16

a) Migration de l'informatique mono-utilisateur vers une informatique de groupe…………………………………………………………………………………… 16

b) Les principaux obstacles au développement actuel………………………………

17

SOUS-SECTION II - CONCEPTION DE L’INFRASTRUCTURE RESEAU…………

18

1. Les critères de choix techniques et choix de la topologie du réseau…………

18

a) Caractériser le trafic d'informations dont les besoins sont croissants………

18

b) Choisir un système ouvert, c'est garantir sa capacité d'évolution………………

19

c) Quels types de réseaux correspondent-ils aux besoins ?

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Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

d)

Tests et optimisations du réseau……………………………………………………

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2. Identification des coûts d'investissements et d'exploitation…………………

20

a) Des coûts technologiques réels mais secondaires……………………………….

20

b) Le vrai coût de ces technologies : l'importance des coûts organisationnels et des coûts cachés………………………………………………………………………

21

c) Les coûts spécifiques à Internet sont faciles à évaluer……………………………

22

3. Recours à la sous-traitance : l'Outsourcing

22

a) Les besoins des cabinets évoluent, l'externalisation aussi………………………

22

b) Les risques potentiels………………………………………………………………….

23

SECTION II NTIC : DEFINITIONS ET VUE D’ENSEMBLE………………………………………

23

SOUS-SECTION I - INTERNET, INTRANET ET GROUPWARE : DEFINITION ET PRESENTATION…………………………………………………………………………

24

1. Présentation de l'Internet et de l'Intranet……………………………………

24

a) Le fonctionnement d'Internet…………………………………………………………

24

b) De l'Internet vers l'Intranet…………………………………………………………

25

c) De l'Intranet vers l’Extranet………………………………………………………….

26

2. Présentation du groupware……………………………………………………

28

a) Emergence du groupware et définition……………………………………………

29

b) Un remède aux inconvénients posés par les moyens traditionnels de communication………………………………………………………………………… 31

c) En quoi le groupware apporte-t-il un plus aux communications

traditionnelles ? ……………………………………………………………………

3. Description des services communs au groupware et au Net…………………

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33

a) Les services de communication entre personnes………………………………

b) Les services de recherche et de mise à disposition d'informations non structurées……………………………………………………………………………. 34

SOUS-SECTION II - LES PARTICULARITES DE CHACUNE DE CES TECHNOLOGIES………………………………………………………………………

1. Le groupware, de par ses fonctionnalités spécifiques, implique davantage une refonte de l'organisation de l'entreprise…………………………………

a) Des outils pour coopérer : description et aspects fonctionnels………………….

b) Des outils pour coordonner : description et aspects fonctionnels……………….

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Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

2. Internet et Intranet sont néanmoins plus facile d'accès……………………

a) La technologie de l'Intranet répond à des normes parfaitement définies…….

b) Standard technologique rime avec ouverture sur l'extérieur…………………

c) Cependant l'utilisation de cette technologie a aussi certains inconvénients…

d) Votre premier Intranet : les étapes à suivre……………………………………

CHAPITRE SECOND :

MISE EN PLACE DES NTIC : BIEN PLUS QU’UN PROJET INFORMATIQUE

SECTION I LA DIMENSION STRATEGIQUE DU PROJET……………………………………….

1. Avec qui le cabinet souhaite-t-il communiquer ? ……………………………

a) A quel niveau s'effectue la communication au sein du cabinet ?

b) A quel niveau s'effectue la communication vers l’extérieur ?

c) L'état actuel de la communication dans le cabinet………………………….

2. Quels besoins et contraintes s'imposent au cabinet en terme de système d’information ?

a) Adapter nos cabinets pour profiter de l'évolution des systèmes d'information

b) Des besoins propres au système d'information du cabinet……………………….

c) Des contraintes de plusieurs ordres pour le cabinet………………………………

3. L'importance du management stratégique : quels objectifs stratégiques le cabinet peut-il envisager pour l’avenir ?

a) Augmenter la productivité sans nuire à la qualité…………………………………

b) Améliorer la gestion des ressources humaines du cabinet en capitalisant les compétences et le savoir-faire………………………………………………………

c) Capitaliser la ressource « temps » et améliorer la réactivité du cabinet………

SECTION II LA DIMENSION HUMAINE DU PROJET……………………………………………

1. L'information et l'implication : un préalable indispensable dans une nouvelle organisation…………………………………………………………….

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a) L'information, c'est la sensibilisation des futurs utilisateurs à l'importance du projet……………………………………………………………………………………. 49

b) Ecoute du personnel du cabinet : des salariés acteurs majeurs du projet……

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c) Faire du changement-contrainte un changement-projet en développant l'esprit d'équipe et l'autonomie individuelle………………………………………

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2. La Formation permet d'impliquer davantage les collaborateurs……………

a) Un plan de formation pour responsabiliser le personnel…………………………

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Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

b) La formation, c'est aussi la possibilité d'accroître les chances de succès du projet…………………………………………………………………………………

c) Plan de formation et de reclassement du personnel……………………………….

SECTION III LA DIMENSION ORGANISATIONNELLE DU PROJET……………………………

1. Des nouveaux modèles d’organisation basés sur les processus et non plus sur les fonctions………………………………………………………………….

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b) L'émergence d'une organisation basée sur des processus orientés "client"……

c) Les finalités du BPR correspondent aux objectifs stratégiques du cabinet et des entreprises en général : faire autrement, mieux, plus vite et au moindre coût……………………………………………………………………………………. 60

a) Qu’est-ce que le BPR ? ……………………………………………………………….

2. Le groupe, structure de base idéale dans un cabinet pour accueillir ce type d’organisation : la fin de la structure pyramidale ? …………………………

a) Nécessité d'un environnement décentralisé……………………………………

b) Le groupware : prolongement naturel de l’organisation du travail par groupe

c) Particularités des structures pyramidales et des structures par groupe………

3. L'aspect managérial……………………………………………………………

a) Le déploiement des NTIC doit se faire en douceur, il ne faut pas l'imposer…

b) Il ne faut pas laisser la hiérarchie hors du coup : elle doit montrer l'exemple

CONCLUSION DE LA PREMIERE PARTIE……………………………………

SECONDE PARTIE

LES

D’EXPERTISE COMPTABLE

:

NTIC

ENJEUX

ET

CONSEQUENCES

POUR

LE

CABINET

CHAPITRE PREMIER :

LES ENJEUX DES NTIC SUR L’ORGANISATION INTERNE DU CABINET ET

SES RELATIONS AVEC L’ENVIRONNEMENT EXTERNE……

………………

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SECTION I LES CONSEQUENCES DES NTIC SUR L’ORGANISATION INTERNE DU CABINET………………………………………………………………………………… 71

SOUS-SECTION I - FAVORISER LA COLLABORATION ET LA CIRCULATION DE L’INFORMATION AU SEIN DU CABINET……………………………………….

1. Un outil de base pour mieux gérer les communications : la messagerie électronique………………………………………………………………………

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Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

a) Une façon simple, rapide et peu coûteuse de transmettre, recevoir et archiver des informations……………………………………………………………………….

b) Elle ne remplace pas le téléphone, outil indispensable, mais permet de mieux gérer les temps de communication : l'amélioration de la communication informelle………………………………………………………………………………

2. Le développement de la collaboration, de l'implication des employés du cabinet et une meilleure gestion de leurs compétences………………………

a) La conférence thématique : révolutionner la manière de collaborer en localisant les compétences et en accélérant les échanges d'idées de l'ensemble du personnel…………………………………………………………………………….

b) Améliorer les échanges d'idées et les flux d'informations dans une équipe grâce aux NTIC………………………………………………………………………

c) Les réunions virtuelles et la visioconférence s'intègrent parfaitement à la gestion de projet………………………………………………………………………

3. Capitaliser l'information, rendre sa circulation plus fluide et partager les connaissances……………………………………………………………………

a) La "numérisation» des flux d'informations autorise la capitalisation du savoir du cabinet……………………………………………………………………………

b) Le partage d'informations dans une équipe : mise en place de bases de données collectives facilitant la cohérence du travail de ses membres…………

c) Une bibliothèque de documents électroniques - Information à caractère général………………………………………………………………………………

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SOUS-SECTION II - OPTIMISER LA PRODUCTIVITE ET REALISER DES ECONOMIES…………………………………………………………………………… 79

1. Une meilleure planification et gestion des processus permet des gains de productivité et des réductions de délais………………………………………

a) Améliorer et centraliser la gestion des plannings : une meilleure coordination des hommes et des ressources……………………………………………………

b) Le Workflow : un outil facilitant l'optimisation et l'accélération des

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procédures………………………………………….………………………………. 80

c) Quelques exemples pratiques d'applications………………………………………

2. La réduction des coûts internes : limiter des postes de dépenses directement chiffrables………………………………………………………………………

a) Economiser sur les factures de télécommunication grâce à Internet…………

b) Optimiser les déplacements longs et coûteux et réduire les déplacements inutiles …………………………………………………………………………

c) Partage des ressources et réduction des frais généraux………………………….

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Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

SECTION II LES NTIC : OUTIL D’OUVERTURE POUR LE CABINET D’EXPERTISE COMPTABLE ………………………………………………………………………….

SOUS-SECTION I - FAIRE EVOLUER LES RAPPORTS AVEC LA CLIENTELE

1. Une qualité accrue du service-client…………………………………………….

a) Le traitement des réclamations et la gestion des alertes………………………….

b) Les bénéfices tirés de ces outils dans un tel cadre sont multiples……………….

2. Une communication accrue vers les clients et clients potentiels : Mise en place d’un site Internet

a) Pourquoi un site Internet pour un cabinet d’expertise comptable ?

b) Une communication plus dynamique avec une interface universelle…………

c) Toucher un public moins habituel……………………………………………………

d) Limites déontologiques………………………………………………………………

3. Les expériences Internet dans le monde………………………………………

a) En France……………………………………………………………………………

b) Aux Etats-Unis d’Amérique…………………………………………………………

c) En Tunisie………………………………………………………………………………

4. Remodelage des missions traditionnelles ………………………………………

a) Développement des missions de conseil…………………………………………….

b) Effets des technologies de l’information sur la réalisation de l’audit financier.

c) Externalisation de certaines tâches administratives par le client - Trois exemples pratiques…………………………………………………………………

d) Vers un dossier de travail informatisé et un réseau de communication étendu à la clientèle…………………………………………………………………………….

e) Elargir nos périmètres d'intervention et nos domaines de compétence aux systèmes d'information………………………………………………………………

5. De nouvelles missions en perspective ?

SOUS-SECTION II - DEVELOPPER LA COLLABORATION AVEC LES AUTRES PARTENAIRES DU CABINET……………………………………………….

1. Accélérer l’évolution de notre profession en créant un «réflexe Internet » chez les Confrères……………………………………………………………

a) Associer les experts comptables aux nouvelles technologies : un début avec le nouveau site Web de l’Ordre des Experts-comptables……………………….

b) Utiliser Internet pour les formalités administratives……………………………

c) Création de services professionnels pour les membres de l'Ordre……………

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Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

2. Les relations avec les fournisseurs du cabinet………………………………….

a) Gagner du temps dans l'échange d’informations : communiquer mieux et plus vite………………………………………………………………………………………

b) Faire jouer davantage la concurrence par Internet ………………………

c) Interrogation de banques de données externes payantes ou librement

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accessibles……………………………………………………………………………… 107

3. Les autres partenaires…………………………………………………………

a) Vers une dématérialisation généralisée des déclarations sociales et fiscales aux organismes sociaux et à l'Etat………………………………………………….

b) Les avocats et autres professions juridiques : développer l'interprofessionnalité et l’interdisciplinarité………………………………………

CHAPITRE SECOND RISQUES ET LIMITES LIES A L’UTILISATION DES NTIC… …………………

SECTION I DES RISQUES D'ORDRE HUMAIN ET SOCIAL……………………………………

1. Un choc culturel pour le cabinet et ses salariés………………………………

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a) Vers un cyber-cabinet sans âme ?

b) L'existence de freins naturels aux changements…………………………………

c) Une des difficultés majeure : faire accepter le principe du partage de l'information……………………………………………………………………………. 111

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2. Internet permet de communiquer avec un public plus large : c'est aussi un risque en terme d'image du cabinet et de concurrence………………………

a) Des problèmes relatifs à la concurrence……………………………………………

b) Un impact négatif sur l'image du cabinet est possible auprès du public……….

c) Le contrôle de la qualité des flux d'informations ……………………………

3. Le groupware, c'est aussi une gestion des hommes et des risques sociaux

a) La mise en place de ces nouveaux moyens de communication informatiques risque de créer de nouveaux exclus………………………………………………….

b) Les gains de productivité ont aussi leurs inconvénients sur un plan social dans le cabinet………………………………………………………………………….

c) Le retour paradoxal à des conditions de travail obsolètes et démotivantes……

SECTION II DES LIMITES D'ORDRE TECHNIQUE ET ORGANISATIONNEL………………

1. Le développement de ces outils au sein du cabinet peut se heurter à des problèmes techniques …………………………………………………………

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a) La difficulté pour un non spécialiste de se retrouver dans la jungle des normes existantes…………………………………………………………………….

b) Une mauvaise ergonomie du système est souvent source de sous-utilisation….

2.

Le déploiement du réseau pose aussi des problèmes

a) Le chemin est encore long avant d'avoir accès à un réseau mondial total où chaque ordinateur est connecté et où les standards d'échanges d'informations sont définis……………………………………………………………………………

b) Le suréquipement ou un équipement inadapté aux

c) Tenter de déployer un système d'information informatique sans définir un projet d'entreprise……………………………………………………………………

3.

Les aspects liés à la sécurité ne doivent pas être négligés……………………

3.1

La nature des risques encourus est très variée………………………………

a) Des risques habituels pour un système informatique……………………………

b) Les agressions logiques : des menaces plus particulières aux réseaux…………

c) L'importation de virus sur le site : une attaque de plus en plus fréquente qui menace l'intégrité des données et la disponibilité du service…………………….

3.2 Les conséquences d'une mauvaise protection peuvent être considérables

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a) Définitions des domaines de sécurité du système d'information menacés directement…………………………………………………………………………… 119

 

b) Conséquences indirectes d'une mauvaise protection sur le cabinet …………

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3.3

Une mauvaise protection peut coûter cher : une politique de sécurité est indispensable…………………………………………………………………….

121

 

.

a)

Informer, former et sensibiliser……………………………………………………

121

b)

Se protéger contre les agressions extérieures : la mise en place de contre- mesures…………………………………………………………………………………. 121

c)

Prévoir un plan de secours…………………………………………………………

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d)

Pas de systèmes de sécurité infaillibles mais des systèmes fiables…………….

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4.

Il existe aussi des risques organisationnels

123

a) Usage abusif d’Internet par les salariés au détriment de leur travail…………

123

b) Rater son projet de remodelage de l’organisation………………………………

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c) Une gestion ardue de l’information…………………………………………………

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SECTION III DEONTOLOGIE, RISQUES JURIDIQUES ET ROLE DE L’ORDRE…………………

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1.

Le développement des communications posera un problème en terme de déontologie et de pratique professionnelle……………………………………

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Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

a) L’interdiction de la publicité dans la profession………………………………….

b) La responsabilité en terme de secret professionnel et de confidentialité………

c) L'obligation de superviser les dossiers limite-t-elle la déconcentration des pouvoirs de décision ?

2. Les risques juridiques existent aussi : valeur de preuve des documents numériques, une réforme est-elle possible ?

a) L'informatisation des dossiers de travail ne pose-t-elle pas un problème d'ordre juridique ?

b) En l'absence de textes précis sur le sujet, l'archivage numérique nécessite encore de prendre certaines précautions quant à la conservation des documents physiques…………………………………………………………………

c) La valeur fiscale et comptable des documents……………………………………

3. Rôle de l’Ordre

a) Anticiper l’évolution des nouveaux modes de communication en terme de réglementation de la publicité………………………………………………………

b) Engager et encadrer la réflexion sur l’impact des NTIC sur la profession…….

c) Apporter un support accru aux membres…………………………………………

d) Développer les actions de formation continue…………………………………….

e) Intégrer les technologies de l’information dans le cursus de formation des

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Experts-comptables…………………………………………………………………. 131

CONCLUSION DE LA SECONDE PARTIE………………………………………….

CONCLUSION GENERALE……………………………………………

BIBLIOGRAPHIE

ANNEXES………………………………………………………………….

GLOSSAIRE………………………………………………………………

LEXIQUE FRANÇAIS - ANGLAIS - ARABE………………………

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Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

LISTE DES ABREVIATIONS

ABREVIATION

 

SIGNIFICATION

 

ADSL

Asynchronous Digital Suscriber Line

 

AICPA

American

Institute

of

Certified

Public

Accountants

 

ASP

Application Service Provider

 

BPR

Business Process Reengineering

 

CD-ROM

Compact Disc Read Only Memory

 

CDVM

Conseil

Déontologique

des

Valeurs

Mobilières

CERN

Centre Européen de la Recherche Nucléaire

CNCC

Compagnie Nationale des Commissaires aux Comptes

CNSS

Caisse Nationale de Sécurité Sociale

 

CSOEC

Conseil

Supérieur

de

l’Ordre

des

Experts-Comptables (France)

DREE

Direction

des

Relations

Economiques

Extérieures (France)

 

EDI

Echange de Données Informatisé

 

EFI

Echange de Formulaires Informatisé

 

ERP

Enterprise Resource Planning

 

FAQ

Frequently Asqued Questions

 

GED

Gestion Electronique des Documents

 

HTML

Hyper Text Markup Langage

 

HTTP

Hypertext Transfer Protocol

 

ICCA

Institut Canadien des Comptables Agréés

IEG

International Education Guideline

 

IFAC

International Federation of Accountants

 

IFEC

Institut Francophone des Experts-comptables

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

LISTE DES ABREVIATIONS (Suite)

ABREVIATION

 

SIGNIFICATION

 

LAN

Local Area Network

 

NCSA

National

Center

for

Superconducting

Application

NTI

Nouvelles Technologies de l’Information

 

NTIC

Nouvelles Technologies de l’Information et de Communication

OEC

Ordre des Experts-Comptables

 

OECT

Ordre des Experts-Comptables de Tunisie

 

ONPT

Office

National

des

Postes

 

et

Télécommunications

 

PC

Personal Computer

 

PE

Petite Entreprise

 

PME

Petite et Moyenne Entreprise

 

RCF

Revue Comptable et Financière

 

RFC

Revue Française de Comptabilité

 

RTC/RNIS

Réseau téléphonique commuté/ Réseau numérique à intégration de services

TCP-IP

Transmission

Central

Protocol

-

Internet

Protocol

TI

Technologies de l’Information

 

TIC

Technologies

de

l’Information

 

et

de

Communication

 

TVA

Taxe sur la Valeur Ajoutée

 

WAN

Wide Area Network

 

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

INTRODUCTION GENERALE

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

La vie sociale et économique a connu au cours des cinq voire les dix dernières années un bouleversement sans précédent : l’apparition d’une nouvelle économie issue des nouvelles technologies de l’information et de communication (NTIC) qui est une caractéristique prépondérante de l’époque où nous vivons et un phénomène singulier marquant cette transition du vingtième au vingt-et-unième siècle.

Les NTIC peuvent être définies comme étant « l’ensemble des technologies informatiques et de télécommunication permettant le traitement et l’échange d’informations et la communication construite autour de l’ordinateur et du téléphone » 1 .

Fédérant toutes ces technologies et porté par un ensemble de concepts idéologiques tels que la mondialisation, la globalisation de l’économie et la société de l’information, Internet connaît un véritable essor.

Internet trouve son origine en 1969, lorsque le ministère américain de la Défense a mis en œuvre un projet destiné à garantir le fonctionnement de son système informatique, en cas de destruction partielle de l’infrastructure du réseau par une explosion nucléaire. De ce projet, sont nés le réseau ARPANET

et le protocole TCP-IP (protocole de contrôle de transmission par le protocole Internet). Il faudra

attendre plusieurs années avant que les universitaires utilisent ce réseau ; ils avaient comme objectifs le raccourcissement des délais dans le partage de l’information et la rentabilisation des supercalculateurs généralement coûteux. Internet connut ainsi son premier boom lorsque les professeurs et les étudiants accédèrent au réseau.

Au début de l’année 1992, un chercheur du CERN (Conseil Européen de Recherche Nucléaire situé en Suisse) a mis au point le protocole HTTP et la navigation dans les pages HTML à l’aide de liens hypertextes, puis le NCSA (National Center for Supercomputing Application) met au point le navigateur MOSAIC et avec lui les fondements du World Wide Web ou la toile d’araignée mondiale.

A partir de ce moment, l’Internet a changé de dimension. Ce n’est plus un réseau informatique mais

plutôt un nouveau média de communication qui ne cesse de se développer et de se généraliser.

De 100 millions en 1998, la population mondiale connectée est passée à 634 millions à fin 2003. En moins de cinq ans, Internet s’est imposé comme un standard de communication universelle. On estime même que la barre de 1 milliard de personnes connectées sera franchie avant 2005.

1 Abderraouf Yaich, RCF n°53, troisième trimestre 2001.

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

L’originalité de la technologie Internet et des NTIC réside dans le fait qu’elles touchent tous les domaines, tous les secteurs et tout individu. Le champ d’utilisation de ces nouvelles technologies est aussi vaste qu’aucune autre technologie ne peut s’y mesurer. Internet est donc, non seulement le premier média du monde, mais il est aussi la plus grande bibliothèque, le premier centre de recherche, le premier centre d’échange de savoir, ainsi que le plus grand magasin, la première université et le premier centre de loisirs.

Cette extraordinaire métamorphose a des effets déterminants sur la vie économique, sociale et culturelle de l’ensemble des Sociétés.

Petit à petit, toute l’économie des pays dits développés et dans une certaine mesure des pays en voie de développement, se transforme, passant de l’industrialisation à l’ère de l’information. L’information devient le moteur principal de l’économie.

Ce phénomène de « numérisation » ou de « digitalisation » du système économique, appelé communément la nouvelle économie, est désormais tellement engagé qu’il constitue un processus inéluctable. Trois éléments, à notre connaissance, tendent à le prouver :

- L’importante mobilisation des acteurs économiques et politiques mondiaux autour des NTIC ;

- Le processus de déréglementation du monopole des Télécommunications, augmente le climat de compétition entre les opérateurs et entraîne un panorama varié et avancé des services technologiques offerts et une baisse des coûts des liaisons téléphoniques ;

- Le législateur, notamment américain et européen, s’est penché depuis quelques années sur les aspects juridiques de la nouvelle Société de l’information et ce, en adoptant des dispositions spécifiques liées, à titre d’exemple, au commerce électronique, à la signature électronique, à la protection de la propriété intellectuelle… 2

Au Maroc, le premier nœud Internet a été installé en novembre 1995 par l’ex-ONPT et le Royaume du Maroc est le 101éme pays connecté à Internet avec pour nom de domaine « .ma ».

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

L’attrait pour ce nouveau média est perceptible auprès de la jeunesse du pays mais aussi de plus en plus auprès des entreprises. Internet est perçu comme un moyen d’accélérer, voire de sauter des étapes dans le développement de l’économie nationale. La mise à niveau devrait passer par l’accès à l’informatique et aux NTIC.

En terme d’infrastructure des autoroutes de l’information, le Maroc dispose de la technique dite de « bande passante 3 » d’une capacité de 300 mégabits 4 et depuis fin 2003, de l’Internet haut débit « ADSL ».

D’après les chiffres récents de l’ANRT (Agence Nationale de réglementation des télécommunications), le parc global des abonnés, entreprises et ménages confondus, s’est élevé à fin avril 2004 à environ 76.790. Par type d’accès, les forfaits RTC/RNIS ont enregistré quelque 43%, la formule RTC/RNIS dite classique 31% et l’accès ADSL 23% 5 .

Cette faiblesse des chiffres serait liée aux difficultés communes à la majorité des pays en développement, à savoir l’analphabétisme, la faible informatisation des entreprises et des ménages 6 , la pauvreté de la population par rapport aux coûts relativement élevés de la connexion 7 , la faible pénétration du téléphone fixe 8 et l’inconscience des avantages que peut générer l’utilisation de cet outil dans tous les secteurs d’activité. Ajoutant à tout ceci des problèmes de culture liés essentiellement à la nature des traditions de communication et des liens sociaux qui excluent l’idée que l’écran réussira un jour à s’interposer entre les individus.

Sur le marché des professionnels, les grandes entreprises et les multinationales dans un souci de compétitivité, font le choix d’investir dans les nouvelles technologies de l’information et de communication. Des données récentes, il ressort qu’un tiers des entreprises déclarées à la C.N.S.S est branché au réseau du Net, soit environ 25.000 entreprises sur un total de 75.000 unités 9 . Les petites et moyennes entreprises ne sont donc pas encore sensibles à la médiatisation de l'Internet.

2 Au Maroc, deux textes sont en cours d’adoption : le premier concerne la reconnaissance juridique de la signature électronique, des messages de données et des règles de leur transmission. Le second relatif à la protection de la vie privée des particuliers contre des abus d’utilisation des données nominatives.

3 Capacité d'un réseau à véhiculer une quantité d'information plus ou moins importante par unité de temps. Se mesure fréquemment en Mégabite par seconde (Mb/s) ou Kbite par seconde.

4 8 bytes = 1 octet (correspondant à un caractère) 10 Mb/s = 1.25 Mo/s = 1 250 000 caractères par seconde.

5 Source : L’économiste du 15 juillet 2004.

6 0,58% des foyers disposeraient d’un ordinateur en 2000 (Source : www.dree.org).

7 Le % du PIB par habitant pour un abonnement de 30 heures/mois s’élève au Maroc à 1,239 contre 0,007 aux USA et 0,017 en France (chiffres 2002) - Cf. Annexe 28.

8 4,1% de la population disposait d’un téléphone fixe en 2002 (Source : www.dree.org).

9 Source : l’Opinion du 2 janvier 2003.

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Par ailleurs, d’après une étude réalisée par la Société Créargie à fin 2002, le nombre de sites Web marocains n’a été que de 4.500, tous les noms de domaines compris (.ma, .com, .org, .net…) 10 . La plupart des sites Internet sont des sites vitrines, non dynamiques. Le commerce en ligne demeure très limité du fait du très faible nombre des sites transactionnels, d’une faible bancarisation de la population et d’une mentalité peu encline à ce type de transaction 11 . Toutefois, le gouvernement marocain a mis en œuvre une stratégie e-Maroc ayant pour objectif la généralisation des NTIC, le déploiement accéléré des infrastructures et l’accélération de la libéralisation et de la concurrence. En terme d’objectifs quantifiés, le gouvernement souhaite atteindre 3 millions d’internautes en 2005 et 10 millions en 2010.

Si cette stratégie apparaît fort ambitieuse, de nettes avancées sont cependant observées avec la mise en place effective de projets prévus tels que le site de l’Administration des douanes et impôts indirects et le site de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale sur lesquels il est désormais possible de remplir des déclarations et d’opérer des paiements en ligne 12 . De même, le Technopark de Casablanca abrite une centaine de start-ups dans le domaine des TIC. Enfin, le réseau intra-universitaire Marwan (Maroc Wide Area Network), en voie de développement, devrait être relié aux réseaux universitaires européens. Le gouvernement marocain a d’autres projets dans le domaine d’Internet tels que le plan Ecole 2008, qui prévoit un centre multimédia dans chaque établissement d’éducation.

Ainsi, le marché des NTIC est considéré comme un secteur porteur. Le potentiel est important dans un Maroc qui a entamé la mise à niveau de son économie. A ce titre, la croissance annuelle de l’activité informatique au cours de ces dernières années est d’environ 20% 13 et elle devrait se poursuivre sur ce rythme compte tenu des besoins d’équipement du marché constitué principalement par les grandes entreprises et l’Administration. Les PME et les ménages sont encore sous-équipés, le secteur a donc encore de beaux jours devant lui.

La profession comptable qui se trouve au cœur de l’activité économique, ne pourrait rester à l’écart d’une telle révolution. Les technologies de l’information et de la communication constitueront de

10 Source : L’Opinion du 2 janvier 2003

11 Source : Fiche de synthèse de la mission économique française (www.dree.org)

12 Des

www.miseaniveau.gov.ma.

13 Source : Economie et Entreprises Hors-série MRE 2003

liens

hypertextes

renvoyant

aux

services

e-gouvernement

sont

disponibles

au

site

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l’avis de tous les chercheurs et les praticiens, le principal vecteur de changement en comptabilité au cours de la prochaine décennie. La nouvelle économie est celle de l’information. Pour une profession dont la matière première et le produit fini sont justement l’information, caractérisée d’ailleurs par un cycle de vie très court, les enjeux ne peuvent être qu’énormes.

L’avenir de la profession dépendra même de l’importance accordée par les professionnels à cette mutation. Toute la profession doit réagir en temps opportun et être en mesure de sauvegarder, voire d’améliorer sa position sur le marché et maintenir son statut privilégié.

Pour le président de l’établissement financier Europe Finance et Industrie M.Louis Thannberger : « il faut que les Experts-comptables maîtrisent ces nouvelles technologies et les nouveaux métiers liés à elles, sinon ils seront coupés du réel » 14 .

Graeme McGregor Président du comité de technologie de l’information de l’IFAC déclare, quant à lui, que « si les Experts-comptables ne saisissent pas les opportunités offertes par les technologies de l’information et de communication, de nombreux autres groupes professionnels seront prêts à entrer dans l’arène et à nous souffler la place pour garantir que l’usage des technologies de l’information sera considéré comme un avantage concurrentiel et non uniquement comme un centre de coût » 15 .

L’impact des technologies de l’information et de la communication sur la profession comptable peut être étudié par référence à la triptyque de l’exercice professionnel : les clients, les métiers et les ressources humaines.

Les clients :

Au sein d’une économie mondiale recherchant plus que jamais l’efficience sous la pression des marchés financiers de plus en plus exigeants et interdépendants, le commerce électronique fait désormais figure de maillon indispensable. Neutralisant quasiment tous les obstacles à la communication vendeur-acheteur (notamment géographiques et temporels), Internet permet au premier de s’adresser à une clientèle mondiale et au second de jouir de l’éventail de choix le plus large possible. Alors qu’il permet au professionnel comptable de s’adresser à une clientèle plus large, Internet donne naissance à une nouvelle génération des clients plus avisés et donc plus exigeants. Par ailleurs, la focalisation sur les clients est l’un des principaux fondements des nouveaux modes d’organisation et des modèles d’affaires innovants.

14 Propos recueillis par Nathalie Gressier Tora, www.ambition2010.com

15 Extrait du discours prononcé à l’occasion du congrès mondial de la comptabilité 1997, Atelier « Profession comptable face à l’explosion des technologies de l’information ».

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Les métiers :

L’explosion des technologies de l’information et de la communication sonne la fin des monopoles et ce, dans deux mesures :

- D’un côté, l’imbrication et l’ouverture des systèmes d’information font que la profession comptable n’a plus l’exclusivité sur certaines prestations notamment dans le domaine du conseil.

- D’un autre côté, le gap concurrentiel entre petits et grands cabinets s’érode sous l’effet des valeurs montantes de la nouvelle économie (rapidité, réactivité…).

Au regard de leur métier de base, la mainmise des comptables sur l’enregistrement et la présentation des transactions économiques est de plus en plus contestée. Les ERP (Progiciel de Gestion Intégrée) permettent de générer automatiquement plus de 90% des écritures comptables. Les fournisseurs d’applications hébergées (ou ASP : Application Service Provider) mettent les logiciels comptables et de bureautique à la portée de tous les internautes. Par ailleurs, dans un environnement hautement informatisé où les entreprises sont capables d’arrêter leurs comptes quatre fois par an voire davantage dans des délais toujours plus courts 16 , le processus d’audit traditionnel souffre de problèmes d’efficience et de pertinence. C’est pourquoi, les Experts-comptables devront mener une réflexion portant sur les missions existantes ainsi que sur les possibilités de développement de nouvelles missions répondant aux nouvelles attentes des clients.

Les ressources humaines :

Dans cette ère du savoir, les ressources humaines sont encore plus importantes qu’elles ne l’ont jamais été. Le savoir se renouvelle à un rythme tellement soutenu que des gaps sont très vite creusés entre les nations et les hommes selon la capacité des uns et des autres à suivre la cadence. La formation devient aujourd’hui un acte volontaire et conscient. La valeur des hommes ne se limite plus aux diplômes. Elle est davantage dans l’expérience et la capacité à se former.

Au niveau national, les cabinets d’expertise comptable sont déjà bien équipés en matériel informatique et se déclarent majoritairement « technophiles ». En effet, les Experts-comptables marocains semblent manifester leur enthousiasme pour augmenter l’intégration des nouvelles technologies dans leur cabinet et le rôle de levier des NTIC leur apparaît comme un facteur stratégique de succès. C’est ce que révèle une enquête que nous avons effectuée auprès des membres de l’Ordre des Experts-comptables (Cf. Annexe 1 : compte-rendu détaillé de l’enquête).

16 Les états financiers trimestriels de CISCO Systems sont arrêtés en une journée et publiés sur son site Internet six jours après la fin du trimestre.

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Ce mémoire n'est pas destiné à des spécialistes de l'informatique ou du management. Son but est simple : discerner les évolutions possibles de notre profession par l'assimilation de ces technologies. Il s'agit de bien comprendre l'importance, la portée et les enjeux de ces technologies. Mais important pourquoi ? Pour qui ? Avec quels objectifs et quel contenu ? Quels investissements et quelles perspectives de gains ? Que peuvent-elles amener pour l'Expert-comptable en terme d'organisation, de management et de productivité ? Que peuvent-elles apporter aux entreprises clientes en terme de rapidité, de qualité et de service ? Permettront-elles de répondre à leurs besoins spécifiques ?

Ainsi, notre travail de recherche se propose d’atteindre deux objectifs :

Premier objectif :

Comprendre le monde des NTIC pour faciliter et réussir la mise en place de ces nouvelles technologies dans un cabinet (Première Partie).

Si Internet, compte tenu de sa médiatisation, commence à être un mot familier, des notions telles que

client-serveur, Intranet, Extranet, EDI, EFI, Groupware, Workflow méconnus par l’Expert-comptable néophyte.

sont des termes bien souvent

C’est pourquoi, une présentation de ces nouvelles technologies sera abordée au cours de la première partie. Ceci permettra de démystifier ces technologies afin de mieux cerner les possibilités et les applications transposables dans les cabinets d’expertise comptable. De plus, l’Expert-comptable dans son rôle de conseil, se doit dans les années à venir d’inclure ces mots dans son vocabulaire.

L’aspect managérial et organisationnel qu’impose l’introduction des nouvelles technologies sera également approché. L’informatique ne représente qu’une partie de la solution, l’implication du personnel est, par exemple, primordiale au succès du projet.

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Second objectif :

Réfléchir sur les applications possibles au sein d'un cabinet, et ceci quelle que soit l'importance de ses structures (Seconde Partie).

Il sera question de présenter les applications, d’ordre interne et externe, des nouvelles technologies de l’information et de communication dans la vie professionnelle de l’Expert-comptable. Ceci afin de répondre à une réflexion courante de la part des managers et chefs d’entreprises (dont les Experts- comptables) : « Ces nouvelles technologies c’est bien, mais dans mon entreprise (ou mon cabinet), je ne vois pas à quoi cela pourrait me servir ! ». En effet, ce mémoire se veut avant tout pratique et exposera des exemples d’utilisations possibles comme la messagerie électronique, le partage des dossiers de travail, le travail à distance…Il présentera également comment le cabinet d’expertise comptable peut utiliser ces outils pour mieux communiquer avec ses clients et ses partenaires et comment il peut développer de nouvelles missions.

Enfin, ce travail ne sera pas complet sans aborder les risques et les limites liés à ces nouvelles technologies.

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PREMIERE PARTIE

COMPRENDRE LE MONDE DES NOUVELLES TECHNOLOGIES DE L’INFORMATION ET DE COMMUNICATION :

UN PREALABLE NECESSAIRE POUR FACILITER ET REUSSIR L’IMPLANTATION DE CES TECHNOLOGIES AU SEIN DES CABINETS D’EXPERTISE COMPTABLE

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Avec la multiplication des flux d'informations dans un environnement en constante mutation, une gestion de l'information dynamique et réactive devient un des facteurs clés du succès : les systèmes d'information des entreprises doivent être prêts à s'interconnecter rapidement, aussi bien en interne que vers l'extérieur.

La prolifération des P.C. et de puissantes stations de travail créent alors un énorme potentiel d'interconnexion entre toutes ces machines. Les réseaux locaux d'entreprise (ou L.A.N.= Local Area Network) et les réseaux longues distances (W.A.N = Wide Area Network) permettent ainsi le partage

de programmes, de données et de périphériques, tout en offrant un accès commun à ces ressources. Ils jouent un rôle décisif, car eux seuls permettent aux postes de travail, donc aux personnes

de communiquer. Et bien au delà du simple partage de

ressources matérielles et logicielles, c'est le partage de l'information et le développement du travail

(collaborateurs d'un cabinet, clients

),

collaboratif qui constituent les principaux enjeux.

Il importe alors de bien comprendre l'ensemble des possibilités offertes par les Nouvelles Technologies de l'Information et de Communication (NTIC) qui, à terme, seront toutes interconnectées et interopérables 17 entre elles. Or, ce monde des NTIC est caractérisé par un langage technique qu'il faut démystifier. C'est pourquoi cette partie se propose de donner à l'Expert-comptable des points de repères lui permettant de mieux cerner ces technologies.

L'objectif n'est pas de faire un cours théorique et technique sans intérêt pour notre profession. Il s'agit bien, en revanche, de donner au lecteur le moyen de se retrouver parmi ces termes technologiques et d'avoir ensuite un meilleur discernement des possibilités qui s'offrent à lui dans le cadre d'applications au sein de son propre cabinet (Les parties les plus techniques seront d'ailleurs annexées pour les personnes intéressées).

Ainsi, cette première partie se propose de :

- familiariser le lecteur aux applications diverses de ces technologies dans le but de mener une réflexion sur une mise en œuvre au sein du cabinet d’expertise comptable (Chapitre I) ;

- sensibiliser les Experts-comptables sur la « partie cachée de l’iceberg » lors de la mise en place des NTIC, c'est-à-dire la révolution managériale et organisationnelle qu’impose ce projet (Chapitre II).

17 Signifie qu'une application fonctionne indépendamment de la localisation physique des données. Et inversement, une donnée sera utilisable indépendamment de la localisation des applications.

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CHAPITRE PREMIER :

LES NTIC, NOUVELLE OSSATURE INFORMATIQUE DU CABINET D’EXPERTISE

COMPTABLE

Préalablement à la présentation des NTIC (Section II), il convient de démystifier la notion de réseau

informatique qui est en fait le support ou la technologie de base des systèmes d’information proposés

(Section I).

SECTION I – RESEAUX INFORMATIQUES : UNE INFRASTRUCTURE DE BASE NECESSAIRE AUX NTIC

Au départ, les premiers systèmes informatiques s'articulaient autour de systèmes centralisés.

L'innovation technologique apportait l'automatisation de calculs répétitifs dans les secteurs tertiaires

de l'entreprise, la comptabilité en particulier.

L'informatique s'est ensuite étendue aux autres fonctions de l'entreprise. Mais l'évolution croissante

des besoins des utilisateurs en interfaces conviviales et fonctions spécifiques, a entraîné des services

entiers de l'entreprise vers la micro-informatique naissante des années 80.

A l'origine, ces différents systèmes n'étaient pas destinés à communiquer entre eux, mais seulement à

assurer, de façon autonome, des fonctions déterminées dans l'entreprise. Néanmoins, depuis environ

une vingtaine d'années, le rôle essentiel que peut jouer le système informatique exploité en tant que

système d'information global a été mieux cerné : la mise en réseau des ordinateurs éparpillés dans

l'entreprise est aujourd'hui incontournable pour rester compétitif.

SOUS-SECTION I – RAISONS ET STRUCTURES DES RESEAUX INFORMATIQUES

1. Pourquoi un réseau informatique ?

a) Partager les informations par le biais du réseau

Sans réseau informatique, l’Expert-comptable repose sur chacun de ses collaborateurs pour

obtenir l’information dont ils disposent sur leur ordinateur. Mais, dans ce cas, que faire si l’un

des collaborateurs est absent ? Comment et où trouver la bonne information ? Comment

accéder aux documents sans son mot de passe ? Une fois l’information trouvée, comment la

transférer sur l’ordinateur de l’Expert-comptable rapidement alors qu’elle est volumineuse ?

Sur disquette ou CD ? Que de temps perdu inutilement !

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La solution, c’est le réseau. Centralisation de données, partage de fichiers, installations et mises à jour de logiciels simplifiées, sécurité, gain de temps : tout cela grâce au réseau dans la mesure où toute l’information dont dispose chaque collaborateur est mise à la disposition de tous. En pratique, le réseau informatique constitue la pierre angulaire de l’efficacité informatique du cabinet. Il permet des gains de productivité considérables.

b) Optimiser les ressources informatiques du cabinet

La mise en place d’un réseau informatique au sein du cabinet ne se limite pas au simple partage de données entre collaborateurs et aux gains de productivité. Il permet, en outre, de partager et de mutualiser les « périphéries » du cabinet, évitant ainsi la multiplication d’achats de matériels annexes. Imprimantes, scanners, graveurs de CD sont, grâce au réseau, mis à la disposition de tous en un point de connexion centralisé.

De même, plus besoin de disposer de plusieurs connexions Internet. Fini le poste unique réservé à Internet pour l’ensemble des collaborateurs ! l’accès à Internet est diffusé sur l’ensemble du réseau ; tous les postes peuvent se connecter simultanément.

C’est ainsi qu’en plus des gains de productivité, la mise en place d’un réseau diminue considérablement la ligne budgétaire informatique, notamment en matière de périphériques.

c) Centraliser les applications de production

Ce qui est vrai pour un périphérique matériel, l’est aussi pour les logiciels. Combien de cabinets d’expertise comptable travaillent aujourd’hui sur des solutions cantonnées à un accès limité sur un seul ordinateur ou alors il y a autant de licences que d’utilisateurs.

La centralisation de ces applications sur un réseau informatique permet au contraire d’y accéder sans limitation 18 . Les collaborateurs, plus autonomes, disposent de versions identiques pour travailler et les coûts de formation et de maintenance sont réduits.

18 Dans le respect de la politique de licence réseau de l’éditeur.

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d) Connecter des cabinets entre eux

Le cabinet qui n’est plus sur un même site géographique, devient multi-site. Ainsi, pour que

chaque site dispose des mêmes informations, ils doivent être connectés entre eux.

Un canal de connexion entre ces cabinets est possible grâce à Internet. C’est le VPN (Virtual

Private Network) ou réseau privé virtuel, liaison sécurisée, privée et temporaire.

Le VPN est parfait pour une utilisation ponctuelle et pour le transfert d’informations de faible

volume.

Si toutefois les échanges deviennent plus fréquents et plus importants, une liaison ADSL serait

plus appropriée, car plus rapide dans le transfert des données. Une autre solution consiste en la

liaison spécialisée.

2. Les types de réseau

a) Le réseau poste à poste

Cette architecture permet de mettre en place un réseau d’entreprise à moindre coût. Pour

autant, elle n’est recommandée que pour les structures utilisant peu d’ordinateurs.

Les postes sont reliés l’un à l’autre, à la chaîne, ce qui peut parfois poser quelques problèmes :

Risque d’embouteillage puisque toutes les demandes transitent sur le même câble,

Fonctionnement permanent du poste hébergeant la connexion Internet et/ou l’imprimante,

Rupture de la chaîne et donc du réseau, en cas de défaillance de l’un des ordinateurs.

Malgré ces petits inconvénients, le réseau « Poste à poste » reste extrêmement simple à mettre en œuvre.

b) Le modèle client-serveur

Dans cette configuration, un ordinateur –sans utilisateur- fait office de serveur : il centralise les données à partager et les met à la disposition des utilisateurs (clients), qu’ils soient devant leur ordinateur ou non 19 .

19 Contrairement au réseau « poste à poste » qui nécessite la présence de l’utilisateur devant son ordinateur.

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Quant aux « clients », il s’agit de simples postes de travail exécutant et exploitant les ressources mises à disposition par le serveur.

Cette configuration est bien évidemment plus complexe que le réseau « Poste à poste », mais elle est surtout plus puissante, plus fiable et plus ergonomique. Evolutive, elle permet de connecter très simplement de nouveaux ordinateurs sur le réseau.

3. Aspects physiques des réseaux : les composants d'un réseau

Habituellement, un réseau local comprend des micro-ordinateurs dotés de cartes d'interface réseau :

les serveurs qui partagent leurs ressources et les clients qui utilisent ces ressources partagées. Un

réseau local comprend également une liaison physique (câblages), un système d'exploitation de

réseau ainsi que quelques périphériques (ponts, routeurs) et protocoles spécifiques aux réseaux.

Ces divers éléments peuvent être classifiés selon 3 catégories : Les éléments ressources (serveur,

postes clients, imprimante…), les éléments non-ressources (cartes réseau, cablages…) et les

éléments immatériels (notamment les logiciels).

4. Rôle et avenir des réseaux informatiques

a) Migration de l'informatique mono-utilisateur vers une informatique de groupe

Aujourd'hui, de moins en moins d'entreprises et de cabinets envisagent de travailler sur des PC

isolés. C'est, dès lors, non seulement la technologie des réseaux qui évolue, mais aussi, la

philosophie même de l'organisation du travail et du management. Que l'on se connecte en

interne ou vers l'extérieur de l'entreprise ou du cabinet, le partage de l'information et la notion

de travail en groupe entrent alors en scène (Cf. ANNEXE 2).

La vision classique des réseaux "maître-esclave" tend à disparaître grâce au développement

des technologies client-serveur. L'informatique de groupe prend peu à peu sa place 20 .

Si l'Intranet, fusion des technologies Internet et client-serveur, toucherait une faible part des

entreprises marocaines et même des cabinets d’expertise comptable 21 , dans les pays du G7 à

titre d’illustration, une enquête du département britannique du commerce et de l’industrie

20 D’après l’enquête réalisée, environ 80% des cabinets questionnés disposent d’un réseau local de type client serveur principalement (68%) - Cf. Annexe 1.

21 D’après l’enquête réalisée, seulement 30% des cabinets questionnés disposent d’un Intranet (Cf. Annexe 1).

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réalisée en juin 2003 a révélé que 75 % des grandes entreprises, 33% des petites entreprises (PE) et 15% des très petites entreprises (TPE) ont déjà bâti leur Intranet 22 .

Nous le verrons par la suite, cette solution se révèle en effet relativement peu coûteuse, facile à mettre en œuvre, donne un accès rapide et convivial à une information partagée, et surtout, reste ouverte sur l'extérieur.

b) Les principaux obstacles au développement actuel

(1)

Sous-équipement informatique : si les grandes entreprises se servent des technologies de l’information, on déplore que quelque 60% des PME, qui sont les principaux clients des Experts-comptables, ne recourent pas encore à l’outil informatique et partant, moins au réseau Internet (Source : l’Opinion du 2 janvier 2003). Aussi, les PME marocaines connaîtraient des problèmes beaucoup plus inquiétants. L’on sait, d’ailleurs, que leur taux de pérennité est en baisse car après trois années seulement de leur démarrage, seules 59% des entreprises restent sur le marché. Après cinq années, le taux de survie tombe à 49% (même source).

(2)

Les coûts relativement élevés des communications : Le pourcentage du PIB par

habitant pour un abonnement de 30 heures/mois s’élève au Maroc à 1,239 contre 0,007 aux USA et 0,017 en France (chiffres 2002) - Cf. ANNEXE 28.

Par ailleurs, l’ADSL 23 récemment introduit, a été présenté comme solution miracle pour le développement du marché de l’Internet. Cependant, cette technique séduira d’abord les plus initiés, autrement dit les quelques milliers parmi les abonnés existants qui migreront vers cette technologie. La population déjà exclue restera en dehors de l’Internet et le marché ne s’élargira pas pour autant. En Europe, l’Internet s’est démocratisé d’abord par le bas débit et grâce aux forfaits Internet. Or au Maroc, la commercialisation des forfaits reste très limitée. La raison ? Le prix des communications téléphoniques est trois fois plus cher au Maroc. La même observation est valable pour le coût de la bande passante Internet dont le mégabit est vingt fois plus cher qu’en Europe (33 000 DH contre 150 euros) 24 .

22 Source : www.journaldunet.com

23 L’ADSL permet de se connecter à des débits importants : de 256 kbits/sec à 2 Mbits/sec (1Mb=125Ko).

24 Source : Le Journal Hebdomadaire du 14 au 20 juin 2003.

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

(3)

L’inconscience de la part des acteurs économiques des avantages que peut générer l’utilisation de l’outil informatique dans les entreprises.

(4)

Les problèmes de sécurité : nous verrons dans la suite de ce mémoire que la sécurité

des transactions, sur Internet en particulier, est un problème crucial, d'une part pour le développement du commerce électronique, et d’autre part pour la garantie de l'intégrité et de la confidentialité des données transmises sur le réseau.

SOUS-SECTION II – CONCEPTION DE L’INFRASTRUCTURE RESEAU

Quelle infrastructure mettre en place dans le cabinet d’expertise comptable ?

Il est à la fois simple et délicat de répondre à cette question. Délicat, parce qu’aucun cabinet d’expertise comptable ne ressemble vraiment à un autre que ce soit en terme de besoin informatique, de taille de base de données à stocker ou encore en besoin de messagerie. Simple en revanche car il est facile aujourd’hui de déterminer une architecture « type » qui soit cohérente et adaptée aux besoins d’une petite structure.

Ainsi, le choix d'un produit dépend à la fois :

de l’existant : le matériel informatique du cabinet est-il suffisant ou, au contraire, faut-il envisager un renouvellement complet ou partiel du parc ? S'agit-il d'un système ouvert facilement adaptable au type de réseau choisi ou d'un système propriétaire très fortement lié à un constructeur et peu évolutif ?

des perspectives : quelles fonctionnalités recherche-t-on à travers ce choix ? Quelle technologie répond à ces fonctionnalités ?

des ressources affectées à cet investissement.

1. Les critères de choix techniques et choix de la topologie du réseau

a) Caractériser le trafic d'informations dont les besoins sont croissants

Le choix du support est fonction d'un nombre de critères interdépendants (distance, débit,

fiabilité…). La définition de ces critères permettra de prévoir de façon plus rigoureuse les volumes et les distributions horaires des flux d'informations circulant sur le réseau. Les

) brassent des volumes d'informations

de plus en plus importants et réclament des temps de réponse courts. C'est pourquoi, la

nouveaux besoins applicatifs (visioconférence, EDI 25

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définition de ces besoins et de leurs évolutions permet de choisir un matériel adapté pour éviter la saturation du réseau et obtenir le meilleur compromis coûts/performances.

b) Choisir un système ouvert, c'est garantir sa capacité d'évolution

Mettre en place un système ouvert, libère l'entreprise des solutions propriétaires des constructeurs et autorise l'intégration d'applications et de matériels comportant des technologies d'hier, d'aujourd'hui et surtout de demain. C'est garantir la portabilité 26 et l'interopérabilité de ce système. Finalement, on peut ainsi le faire évoluer en fonction de l'apparition de nouveaux besoins.

(1) Renouvellement du parc ou réutilisation du vieux matériel ? Faire migrer un

vieux système vers un système ouvert n'est plus un obstacle technique insurmontable aujourd'hui. Néanmoins, il faut tenir compte de certaines difficultés liées, en particulier, à la migration des données et des applications vers le nouveau système. Dans certains cas, il est inévitable de redévelopper les applications spécifiques au cabinet et de ressaisir les bases de données, ce qui est très coûteux.

L'utilisation de vieux équipements risque, en outre, de créer des goulots d'étranglement. Un diagnostic préalable de ce matériel est donc recommandé afin de mieux évaluer l'investissement.

(2) Les avantages d'un système ouvert sont doubles : plus grand choix de matériels et

de logiciels (portabilité) et plus grande facilité à faire jouer la concurrence (systèmes non propriétaires). Le cabinet acquiert ainsi la maîtrise de l'évolution de son système informatique et limite les risques d'obsolescence précoce. Mais au delà de cet aspect, cela lui donne surtout l'opportunité de communiquer vers l'extérieur sans se soucier des problèmes de compatibilité. La technologie Internet est, nous le verrons, l'illustration de cette ouverture sur un horizon plus large.

c) Quels types de réseaux correspondent-ils aux besoins ?

Poste à poste, LAN (réseau local), WAN (réseau étendu) réseau sont multiples et dépendent des besoins du cabinet.

topologie déterminera en partie son évolutivité, son coût et ses performances (Cf. ANNEXE

Le choix du type de réseau, sa

configurations possibles d'un

Les

3).

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Mais l'architecture du réseau impacte aussi directement sur la complexité d'administration 27 de celui-ci. Elle sera proportionnelle au nombre de composants clients, serveurs, services et au nombre de niveaux (ensemble de serveurs sur lesquels sont réparties les données du système) :

d'un système monoserveur, simple et facile à gérer, à un modèle multiserveurs qui devient nécessaire lorsque le réseau commence à être saturé (Cf. ANNEXE 4).

d) Tests et optimisations du réseau

Tests sur la bande passante, accès aux serveurs, interface utilisateur, portabilité et interopérabilité du système et des logiciels. L'ensemble de ces points doit absolument être testé avant la mise en place définitive. Dans le cas contraire, le bon déploiement du réseau risque d'être considérablement ralenti. Ainsi, une interface peu ergonomique et peu conviviale, ou un réseau lent et constamment ralenti par des goulots d'étranglement sera peu utilisé ou rejeté par les utilisateurs auxquels il est destiné.

2. Identification des coûts d'investissements et d'exploitation

est

comparable à la question "combien coûte une voiture ?". Tout dépend de l'utilisation que l'on veut en faire, du modèle et des options que l'on choisit. Ce coût varie considérablement d'une situation à l'autre. Une simple connexion à Internet ne coûte pas le même prix que la création de son propre site Internet. De même, le prix d'un site Internet varie selon le volume d'informations, l'habillage graphique et les prestations en ligne proposées. En outre, au delà des coûts liés aux matériels, plus faciles à évaluer, les coûts liés à l'environnement culturel, humain et managérial sont très importants : le vrai coût n'est pas technologique mais organisationnel. Nous nous limiterons ici à

indiquer les différents postes de coûts et des ordres de grandeur à titre indicatif.

La question "combien coûte ces nouvelles technologies, Internet, groupware, Intranet

?"

a) Des coûts technologiques réels mais secondaires

Les coûts du matériel et de son installation sont les plus faciles à évaluer. Une fois l'infrastructure définie, l'investissement peut être clairement délimité.

(1) Infrastructure matérielle : son coût est fonction de 3 critères.

le coût matériel des réseaux locaux.

27 Gestion du système = routage des appels, annuaires des services et des utilisateurs, sécurisation et gestion des

droits d'accès, gestion des événements asynchrones et définition des priorités

(Cf. ANNEXE 5)

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le coût des liaisons entre les sites distants : ces coûts varient en fonction des besoins de

connexion et de bande passante. Les lignes spécialisées, qui ont l'avantage d'établir une

connexion sécurisée et un haut débit de données (64 Kbits/s à 2 Mbits/s) ont un coût de

revient relativement élevé 28 .

le coût d'installation et de paramétrage du système.

(2) Les logiciels : le coût des logiciels est fonction du nombre de licences achetées, c'est à

dire du nombre d'utilisateurs. Il comporte comme pour le matériel une partie liée au

paramétrage.

b) Le vrai coût de ces technologies : l'importance des coûts organisationnels et des coûts cachés

Si l'outil est utile, encore faut-il pouvoir en mesurer la valeur ajoutée et évaluer sa rentabilité.

En effet en informatique, les coûts cachés ou mal analysés sont nombreux. Selon le Gartner

Group 29 , le coût d'usage d'un simple ordinateur dans un contexte bureautique est de plus de

2.000 $ par an !

(1) Mise en place et démarrage : il s'agit ici principalement des coûts liés à la reprise de

certaines données de l'ancien système d'information du cabinet.

(2) Les coûts de fonctionnement : coûts de communication, maintenance, administration

du système (Cf. ANNEXE 5) et support technique

l'investissement initial. Les coûts d'utilisation d'un poste de travail utilisant un nouveau

système d'information sont évalués à 44.000 F (environ 6.708 euros) la première

tous ces coûts viennent s'ajouter à

année 30 .

(3) Formation et information du personnel : implication du personnel, redistribution

des tâches, apprentissage des nouveaux outils nécessitent des formations coûteuses en

temps et en argent. Mais ce budget est indispensable sous peine d'échec. Il existe en fait

deux risques engendrant des coûts indirects :

La mise en place d'un nouvel outil entraîne à coup sûr des perturbations dans

l'environnement habituel. La recherche de nouvelles fonctions et la prise en main du

nouveau système génèrent des pertes de temps et de productivité. Seule une formation

adaptée limite ce coût.

28 Pour avoir une idée sur les tarifs, consulter le site de Maroc Télécom : www.iam.net.ma.

29 Cabinet américain spécialisé dans le conseil et la gestion des technologies de l’information.

30 Source : "Le Groupware" de Serge K. Levan et Anne Liebman, Edition HERMES

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le rejet d'un système qui bouscule les habitudes. Nous verrons au chapitre suivant que l'appropriation de l'outil par les salariés du cabinet est la meilleure façon d'intégrer celui-ci avec succès. "Bien informés, les hommes sont des citoyens, mal informés, ils sont des sujets", (Alfred Sauvy).

c) Les coûts spécifiques à Internet sont faciles à évaluer

Il existe une multitude de possibilités pour connecter le cabinet à Internet. Nous ne rentrerons pas dans le détail de ces différentes solutions mais nous donnerons néanmoins deux exemples.

(1) Coûts de connexion pour l'utilisation du courrier électronique et la consultation d'Internet 31 .

Ce premier exemple illustre le besoin d'être un simple utilisateur d'Internet, c'est à dire de rechercher des informations sur les services existants, par exemple pour consulter les cours de la bourse, télécharger des fichiers, trouver les derniers éléments juridiques et fiscaux permettant de répondre à une question particulière (décret d'application d'une loi, circulaire

(2) Coûts de mise en place d'un serveur : créer son propre site ou se faire héberger.

Il s'agit, dans ce cas, de devenir fournisseur d'informations et donc de mettre en place un service sur le réseau pour présenter ses informations (Cf. ANNEXE 6).

3.

Recours à la sous-traitance : l'Outsourcing 32

Même si l'Expert-comptable peut avoir des compétences en informatique, il n'a pas forcément les moyens (en temps et en argent), ni l'envie de se lancer dans un investissement qui s'éloigne de son métier de base et de ses préoccupations quotidiennes. Ainsi, s'il ne veut pas investir dans l'acquisition des compétences informatiques nécessaires pour conduire ces changements, et qu'il préfère centrer son activité sur les métiers qu'il connaît, le marché de l'externalisation est une solution qui s'offre à lui.

a) Les besoins des cabinets évoluent, l'externalisation aussi

L'externalisation de l'informatique - Facilities Management, outsourcing ou infogérance - n'a plus seulement des enjeux financiers, mais aussi des enjeux stratégiques. Elle comble le

31

Pour

avoir

une

idée

sur

les

tarifs

d’abonnement

à

Internet,

consulter

le

site

de

Maroc

Télécom :

www.iam.net.ma. 32 Hébergement et externalisation de l'informatique chez un sous-traitant.

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manque de compétences internes sur des technologies pointues et changeantes. L'objectif n'est plus seulement d'assurer le maintien de l'exploitation sans en modifier la qualité tout en cherchant à réduire les coûts, c'est aussi de faire évoluer l'informatique d'un système propriétaire vers un système ouvert.

Les cabinets vont ou devront entreprendre des transformations profondes de leur organisation. Il faut, pour cela, que le système d'information puisse accompagner ce changement. L'infogérance permet ainsi de rester concentré sur son métier de base tout en faisant évoluer son système informatique.

b) Les risques potentiels

(1) Se voir déposséder de son système d’information : L'Expert-comptable doit garder

des liens étroits avec son prestataire afin de garder le contrôle de son système. Il doit aussi, sans rentrer dans les aspects techniques, garder la connaissance de ses applicatifs.

(2) La reprise en main de l'informatique doit être anticipée : le mieux est de prévoir,

dans le contrat, une clause de réversibilité définissant le processus à suivre en cas de rupture de la relation.

(3) Perte de l'avantage concurrentiel : l'infogérance ne doit pas impliquer un traitement

standardisé de l'information afin que les spécificités du cabinet soient respectées.

SECTION II – NTIC : DEFINITIONS ET VUE D’ENSEMBLE

Le management évolue et se présente aujourd'hui sous les traits médiatiques du "Business Process

Reengineering" ou réingénierie organisationnelle. Il est aujourd'hui vital pour l'entreprise de s'adapter à son environnement : face à l'exigence accrue des Consommateurs, l'intensification de la Concurrence et l'accélération du Changement sous toutes ses formes, le cabinet doit apprendre à faire autrement, mieux, plus vite et au moindre coût. Mais, alors que ces trois forces majeures (Les "3 C" 33 ) sont à l’origine de l’apparition de nouveaux concepts de management, on peut observer simultanément l’émergence de nouvelles technologies de l'information et de la communication.

Groupware, Internet, Intranet

nouveaux médias mettent à notre disposition un nombre croissant

d'outils et de services pour communiquer mieux et plus vite, en tous lieux et à toutes heures :

messagerie, diffusion d'informations, visioconférence, workflow

ces

33 D’après les mots de James Champy et Michael Hammer, Auteurs du livre « Le reengineering, réinventer l'entreprise pour une amélioration spectaculaire de ses performances ».

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Dorénavant, l’information peut être traitée sous toutes ses formes : qu’elle soit structurée, non

structurée ou semi-structurée, qu’il s’agisse de texte, d’image ou de son. Grâce à ces nouvelles

technologies, l’évolution des besoins du management et l’innovation organisationnelle qui en résulte

trouvent aujourd’hui les outils nécessaires à leur développement. Désormais, il est aussi possible de

traiter l’information autrement, mieux, plus vite et moins cher.

Nous nous limiterons, dans cette section, à présenter une description des fonctionnalités de ces

technologies. L’évolution qu’elles peuvent engendrer au sein du cabinet, les perspectives

managériales et organisationnelles, en interne mais aussi vis à vis des partenaires et des clients, seront

développées dans la seconde partie de ce mémoire.

SOUS-SECTION

PRESENTATION

I -

INTERNET,

INTRANET

ET

GROUPWARE :

DEFINITION

ET

1. Présentation de l'Internet et de l'Intranet

a) Le fonctionnement d'Internet

L’évolution de l’Internet a d’abord été très lente. Cependant, ces dernières années, il semble connaître

un développement exponentiel (en nombre d’utilisateurs et technologiquement) que rien ne semble

pouvoir arrêter. Internet apporte des fonctions nouvelles : il est mondial, rapide, offre des capacités

multimédia et connecte des réseaux d’ordinateurs entre eux.

(1) L'infrastructure du Net : un magma de réseaux interconnectés. Internet est un

réseau fédérateur de réseaux, en quelque sorte le réseau des réseaux. Si une entreprise

désire se connecter à Internet, elle fera alors intervenir plusieurs acteurs :

un fournisseur d’accès,

un opérateur Internet national directement raccordé au réseau mondial.

D’abord, l’entreprise se connecte au fournisseur d’accès (ou "provider") qui, lui même, a

mis en place une ligne spécialisée entre son site et celui d’un opérateur national. Si l’on

multiplie ce schéma au niveau national, puis international, on obtient alors ce que l’on

appelle le Web ou la toile d’araignée. Cette infrastructure gigantesque d’interconnexions

permet, ainsi, aux internautes, de se connecter sur un serveur à l’autre bout du monde de

façon totalement transparente.

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

(2) Les technologies de l'Internet. - Internet repose sur des technologies ouvertes, universelles, devenues des standards largement diffusés (TCP/IP 34 , World Wide Web 35 et HTML 36 ). Sans aller plus loin dans les détails techniques, il faut surtout retenir que, grâce à ces technologies, n’importe quel utilisateur à travers le monde peut se connecter sur le réseau en utilisant un simple logiciel, appelé " navigateur" ou " browser", et visualiser des informations à l’aide d’une interface graphique utilisant l’hypermedia 37 .

(3) La philosophie d’Internet : liberté et indépendance.

L’utilisateur, une fois connecté, reste libre d'accéder à tous les services (consultation,

E-mail, téléchargement

supplémentaires de la part de l’opérateur. Sur Internet, l’opérateur se contente de fournir l’accès au réseau. C'est l'avènement de l'utilisateur roi.

voire de créer ses propres pages, sans autorisation, ni charges

)

b) De l'Internet vers l'Intranet

L’utilisation de ces technologies n’a pas été restreinte à la seule plate-forme Internet. Petit à petit, les acteurs majeurs ont pris conscience que des technologies identiques pouvaient être exploitées avec grand profit au sein de l’entreprise, pour constituer un système performant et universel de partage d’informations et de collaboration (à la façon du groupware). Ce système, c’est l'Intranet. Il consiste généralement en un ou plusieurs serveurs Web (technologie Internet) mis à la disposition des employés à travers un réseau local ou des accès téléphoniques privés. Ce concept est ainsi né grâce à l’évolution de deux technologies ; d’une part l’Internet et d’autre part le client-serveur.

L'Intranet est un circuit fermé, non accessible par Internet. Les serveurs apportent toutes sortes

par le biais d’un logiciel de

consultation, le navigateur, qui, comme sur Internet, reste la clé de voûte du système. Un seul

logiciel permet alors de rendre homogène l'ensemble des outils d'échange d'informations de

l'entreprise : "on ne sait jamais à qui s'adresser quand on veut une information

l'information que je cherche est là, mais je ne sais pas où la trouver ce genre de réflexion que l'Intranet devient incontournable.

"Je sais que

C’est aussi pour répondre à

d’informations propres à l’entreprise (bases documentaires, fichiers

)

",

".

34 Protocole de communication d’Internet, caractérisé par sa robustesse et son ouverture.

35 Version graphique d’Internet

36 Hyper Markup Language: langage de programmation permettant de créer des pages graphiques consultables sur Internet.

37 Mélange des technologies MULTIMEDIA (sons, images et vidéos) et HYPERTEXTE (document structuré de façon à ce que sa lecture se fasse par association d’idée et non pas seulement linéairement).

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

Il apparaît ainsi que les implications de l’Intranet sont essentiellement organisationnelles. En effet, les spécialistes préconisent de profiter de la mise en place d’un Intranet pour organiser une démarche de réingénierie organisationnelle ou le « Businees Process Reengineering », c'est-à-dire une remise en cause fondamentale et une redéfinition radicale des processus opérationnels pour obtenir des gains spectaculaires dans les performances critiques que constituent aujourd’hui les coûts, la qualité ou le service client.

c) De l'Intranet vers l’Extranet

L’Intranet permet à l’entreprise de se tourner vers le monde et plus particulièrement vers ses partenaires privilégiés, c’est la partie Extranet de l’Intranet. Mais le développement des Extranets n’a été possible qu’avec la montée de l’EDI (Echange des Données Informatisé).

(1) Définition de l’EDI

« L’EDI consiste en la transmission (par communication) de documents commerciaux (ou d’affaires) entre partenaires d’affaires distincts pour leurs bénéfices mutuels. » 38 L’échange des données ou documents informatisés est donc une technologie d’information qui consiste à effectuer des transactions entre partenaires d’affaires par l’envoi de documents (factures, bons de commande, déclarations fiscales…) sous forme électronique. On évalue que près de 70% 39 des données produites par les systèmes informatiques d’une entreprise serviront de données d’entrée pour les systèmes d’un partenaire d’affaires. Dans un environnement « papier », cela signifie que la même information est soumise à une double saisie.

L’EDI permet d’éliminer cette duplication d’entrée de données, limitant les erreurs et le temps de traitement. Par ailleurs, l’EDI comporte d’autres avantages :

il accélère les flux d’informations ; il permet l’intégration directe des données dans le système du destinataire ; il préserve la confidentialité des informations ; il donne à l’expéditeur l’assurance que le destinataire a bien reçu le message ; au même titre que l’Intranet, l’EDI permet une amélioration des processus organisationnels.

38 Définition de M.Yvan Lauzon, Président de l’institut mondial de l’EDI. 39 Source : Les apports stratégiques des technologies de l’information - Karim Gassemi.

Les NTIC : Un levier au service de l’évolution et de la performance des cabinets d’expertise comptable

 

Améliore

Réduit

Elimine

Aspects administratifs

     

Documents comptables, administratifs… Saisie, ressaisie, recopie… Introduction d’erreurs, correction… Téléphone, télécopie, frais postaux Personnel administratif

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Aspects commerciaux

     

Cycle de vente Image de marque Qualité des relations clients & fournisseurs

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