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Comptabilisation des débours et

conséquences fiscales
Publié le 22/01/2013 à 00:00 par la rédaction des Éditions Tissot dans Comptabilité
générale.

Entre prestations de service annexes, refacturation de frais ou débours, on peut


facilement en perdre son latin ! Si la nuance peut paraître subtile, elle n’en reste pas
moins importante et lourde de conséquences fiscales. Faisons donc le point sur cette
notion de débours.

Qu’est-ce qu’un débours ?


Il s’agit d’une dépense engagée pour le compte et au nom d’une autre personne (mandant) par
un intermédiaire (mandataire) et qui sera refacturée par le mandataire à son mandant pour le
montant exact engagé.

La facturation de débours par une entreprise n’est donc pas assimilée à du chiffre d’affaires
puisque l’entreprise n’a servi que d’intermédiaire lors de cette transaction. Elle doit toutefois
être comptabilisée et justifiée auprès de l’Administration fiscale.

On remarquera que la frontière entre débours et frais refacturés est très étroite.

Par exception, les agences de voyage et organisateurs de circuits touristiques ne sont pas
considérés comme des intermédiaires pouvant engager des débours.

Gestion fiscale des débours


La facturation de débours est considérée comme étant le remboursement de frais engagés en
lieu et place du client et pour son compte. Elle n’est donc pas considérée comme du chiffre
d’affaires et, à ce titre, n’est pas comprise dans la base d’imposition soumise à impôt sur le
revenu ou impôt sur les sociétés ou encore à TVA.

Ceci crée donc une grande différence de traitement avec la refacturation de frais qui sera
soumise à TVA mais aussi à impôt sur les sociétés ou impôt sur le revenu (lorsque les frais ne
sont pas refacturés pour le montant exact, le différentiel peut générer un chiffre d’affaires
complémentaires et/ou un supplément de TVA à acquitter).

Conditions d’éligibilité au caractère de débours


Le mandataire doit avoir donné mandat à l’entreprise pour engager en son nom et pour son
compte des dépenses. Ce mandat peut être tacite.

Un expert-comptable ou un avocat chargé par son client de rédiger le PV


d’assemblée générale va payer directement au greffe du tribunal de
commerce les frais d’enregistrement liés à cet acte sans avoir besoin d’un
mandat complémentaire au contrat qui les lie.

Le montant des débours doit être présenté explicitement au mandant.

La refacturation des débours ne peut pas être inclus dans la facturation de la


prestation de base sur la facture. Ici, la facture devra comporter au moins 2
lignes, l’une afférente aux honoraires de rédaction de l’assemblée générale
et l’autre faisant état du montant des frais du greffe du tribunal de
commerce.

Le montant des débours doit pouvoir être justifié auprès de l’Administration fiscale.

Le double de la facture des frais du greffe du tribunal de commerce pourra


être annexé à la facture faite au client final.

Les débours doivent être comptabilisés dans des comptes de passage (comptes de tiers) et non
comme une charge engagée et, en parallèle, du chiffre d’affaires encaissé ou un
remboursement de frais.

La rédaction de l’assemblée générale donne lieu à facturation de 1.000 €


HT et 90,33 € de frais du greffe du tribunal de commerce.
La facture devra être comptabilisée comme suit : 

 au crédit du compte 706 000 – prestation de services : 1.000 €


 au crédit du compte 467 000 – autres comptes créditeurs : 90,33 €
 au crédit du compte 445 710 – TVA collectée : 196 €

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