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Le Symbolisme

Après 1889, le naturalisme


s’achève dans la dureté,
l’insignifiance ou la grossièreté,
et perdait son caractère d’art et
de poésie.
• Les écrivains français retrouvent le gout de la
psychologie, le sens du mystère, l’instinct de la
sympathie.

• L’influence des littératures étrangères aide à


cette rénovation (Dostoîevski, Tolstoi,
Nietzsche…).
Le mot «symbolisme» convient à la poésie.
Les trois précurseurs:
Verlaine: traduit les états les plus spontanés de
sa sensibilité, langue musicale.

Rimbaud: perce jusqu’à la réalité trascendante


au point de froler la folie, imagination.

Mallarmé: combine les mots d’après leur valeur


musicale et suggestive.
• Les écrivains s’engagent dans une littérature
qui montre les souffrances humaines,
tourmentée par l’énigme de la destinée.
• Les valeurs humaines réapparaissent sur les
formes les plus diverses, de meme que
l’analyse morale.
• La psychologie retrouve sa juste importance.
• On retrouve le sens du mystère.
• On rejette la valeur de la science, et le gout de
la religion se réveilla.
• Le symbolisme découvre sa vrai nature et
toute sa puissance dans la poésie, mais il se
fait sentir dans tous les genres.

• C’est une réaction contre les formes dures de


la poésie parnassienne et de la prose
naturaliste.
Paul Verlaine
Le ciel est par-dessus le toit
Le ciel est, par-dessus le toit,
Si bleu, si calme !
Un arbre, par-dessus le toit,
Berce sa palme.
La cloche, dans le ciel qu'on voit,
Doucement tinte.
Un oiseau sur l'arbre qu'on voit
Chante sa plainte.
Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là
Simple et tranquille.
Cette paisible rumeur-là
Vient de la ville.
Qu'as-tu fait, ô toi que voilà
Pleurant sans cesse,
Dis, qu'as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?
Analyse du poème:

-Les larmes, le malaise qui se cachait derrière le


ciel si bleu et si calme.
-La plainte de l'oiseau et l'immobilisme anormal
du paysage trouve son dénouement dans les deux
dernières strophes à travers trois thèmes
liés, l'exclusion, le remords et les larmes.
-L'exclusion était déjà présente de façon
suggestive dans la première strophe avec un
horizon (limité à une portion de ciel). On suppose
que le poète se trouve dans un lieu fermé, isolé.
L'exclusion devient explicite avec la répétition de
l'adverbe de lieu " là " désignant un ailleurs à la
fois proche et inaccessible.
-Cet ailleurs est d'autant plus proche qu'il porte un nom "
la ville " et qu'il a une existence sonore, " la rumeur ".
Cet ailleurs, ce " la-bas ", se définit par des termes
positifs " la vie ", " calme ", " simple ", "tranquille", "
paisible", renvoie implicitement à un " ici " négatif non
formulé explicitement comme « prison ».

-" La vie " qui suit son cours de l'autre côté du toit n'a de
réalité que par rapport à l'univers morbide et
cloisonné du poète prisonnier.

-Verlaine se fait des reproches: " qu'as-tu fait, ô toi que


voilà " et se juge sans complaisance responsable de
son bonheur perdu.
-Ce poème est le regard lucide d'un homme
conscient de sa faiblesse.

-Les larmes excluent toute idée de révolte


et d'action.

-C'est une poésie du remords et de


l'aspiration à la liberté.