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Fiche de français n ° 7 CORPUS Saint-Rémi

SUJET: Les textes dramatiques

Les numéros de pages renvoient manuels en usage au lycée Saint-Rémi : FMH = Français-Méthodes 2de-1re, Hachette,
2004 ; Litt-2de = Littérature 2de, Textes et séquences, Hatier, 2000. Bordas 1° = Français-Première, coll. Littérature,
Bordas, 2001
Autres références : M&T = Français, Méthodes et techniques, cl. des lycées, Nathan ; G.I.L. = Guide des idées littéraires,
Hachette ; Mots-clés = Les mots clés de l'épreuve de français, Hachette.
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INTRODUCTION (lire FMH, p. 262)

On appelle "textes dramatiques" les textes de théâtre. Ne pas confondre cet emploi de l'adjectif
"dramatique" avec celui qui sert à désigner une progression de l'action au théâtre. En ce sens est
"dramatique" ce qui provoque une alternance d'espoir et de crainte (cf. fiches n° 6b ).
Le mot "dramaturge" désigne un auteur de pièce de théâtre.

On peut représenter un événement en le racontant à des auditeurs ou des lecteurs, ou en le jouant


devant des spectateurs. Ainsi, le théâtre se différencie du récit parce que toute représentation est
étymologiquement "drama" (= une action), puisque des acteurs imitent des actions, et "theatra",
puisqu'ils sont "regardés" par des témoins. Le théâtre épouse donc mieux que tout autre mode
d'expression les apparences de la réalité, ("apparences", car ce genre littéraire obéit à de
nombreuses conventions : cf. ci-dessous "décor", "aparté" ...).
Bien entendu, le texte théâtral n'est pas, comme le texte narratif ou poétique, une fin en soi. Il
n'est pas, par définition, destiné à être lu mais à être joué, représenté. C'est pourquoi il faut lire
une œuvre dramatique en ne perdant pas de vue que son aboutissement est la représentation.

I COMPOSITION DE L' OEUVRE DRAMATIQUE (lire FMH, p. 262-3)

Le prologue :
Avant-propos qui précède parfois l'action proprement dite, récitée par un personnage généralement
étranger à l'action, et qui raconte des événements antérieurs, explique les intentions de l'auteur ou
s'efforce de gagner l'indulgence du public.
Exemples : Le prologue de La Machine infernale, de Jean Cocteau, récité par l'auteur ; le
prologue d'Antigone de Jean Anouilh.

Un acte :
Partie d'une pièce correspondant à une étape importante dans le déroulement de l'action. Les
tragédies classiques sont divisées en cinq actes, l'action culminant généralement au quatrième
(Mots-clés).
Exemple : La composition des Femmes savantes (1672), de Molière, résumée par rapport aux
actions des personnages, est la suivante : I. Armande contre Henriette ; II. Philaminte contre
Chrysale ; III. Trissotin contre Vadius ; IV. Clitandre contre Trissotin ; V. Déroute de Trissotin.

Une scène :
Partie d'un acte ou d'un tableau au cours de laquelle le plateau est occupé par les mêmes
personnages.

Un tableau :
Partie d'un acte caractérisée par un changement de décor, donc de lieu. Dans l'acte II de Rhinocéros
de Ionesco, par exemple : 1° tableau = le bureau d'une administration ; 2° tableau = la chambre du
personnage principal.

L' épilogue :
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Tout texte ajouté à la fin d'une œuvre littéraire et qui apporte, de manière indépendante, des
éléments nouveaux postérieurs aux événements racontés.

II LES PHASES DE L'ACTION DRAMATIQUE (lire FMH, p. 262b ; cf. aussi M&T p. 121)

L' exposition :
La ou les premières scènes qui fournissent les informations (sur les personnages ou la situation)
nécessaires pour comprendre la suite de l'action.
Exemple : La scène 1 de l'acte I du Britannicus de Racine expose les différends entre Agrippine et
son fils Néron, et raconte que Néron a enlevé Junie.
L'exposition "in medias res" (au milieu des choses) consiste à introduire le spectateur en plein
sujet, directement dans l'action, sans préambule (voir exemple in Bordas 1°, p. 503 : Lorenzaccio)

L' intrigue ( ou 1'action) .


L'ensemble des événements qui se succèdent depuis 1"'exposition" jusqu'au "dénouement". Dans
une œuvre dramatique, l'intrigue est concentrée. Ex., intrigue de Cinna (1640) de Corneille :
Emilie, fille adoptive de l'empereur Auguste, conspire contre celui-ci afin de venger son père.
Cinna, son amant, doit tuer Auguste. Mais Cinna est partagé entre son amour pour Emilie et son
estime pour Auguste. Le complot sera dévoilé par un conjuré jaloux, mais Auguste sera
magnanime.

Le nœud de l'action :
Le point culminant du conflit qui oppose les protagonistes, la crise. Moment où l'intrigue se
complique.
Exemple : Acte IV, scène 2 de Britannicus, l'affrontement entre Agrippine et Néron.

Une péripétie, un coup de théâtre


Evénement imprévu qui modifie 1a situation, peut provoquer la crise ou parfois précipiter le
dénouement.
Exemple : Le retour de Thésée, qu'on croyait mort, dans Phèdre de Racine.

Un imbroglio (prononcer "imbrolio") :


Pièce de théâtre dont l'intrigue est fort embrouillée, compliquée (en vogue au XVIII° siècle).
Exemple : Le Mariage de Figaro (1784), de Beaumarchais.
Rem. : Dans la langue courante, ce terme désigne une situation confuse, embrouillée.

Un ressort :
Moyen dont on se sert pour faire réussir quelque dessein (Littré).
(Au théâtre) "Le secret est d'abord de plaire et de toucher/ Inventez des ressorts qui puissent
m'attacher." (Boileau, Art poétique, III, vers 25-26).

Le deus ex machina (lire FMH, p. 263a) :


Intervention inattendue d'un personnage qui, de façon souvent invraisemblable, résout tous les
problèmes à la fin de la pièce. Exemple : Aristide et ses fausses lettres qui, dans les Femmes
savantes de Molière, permet de démasquer Trissotin, rendant ainsi possible le mariage de Clitandre
et d'Henriette.

Le dénouement :
Marque la fin de l'intrigue, la résolution du conflit. Il varie en fonction du genre de la pièce :
dénouement comique (heureux), tragique.
Exemples : Le dénouement du Tartuffe (1664) de Molière, qui repose sur l'intervention d'un
personnage extérieur à l'action - le roi - a souvent été jugé comme une faiblesse de la pièce. C'est en
effet le roi qui révèle que Tartuffe est un scélérat dissimulé sous un faux nom et qui permet l'issue
heureuse du mariage de la fille d'Orgon avec le jeune Valère.
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Le dénouement de Phèdre de Racine, est remarquable parce qu'il est la conclusion logique de la
pièce, la seule issue possible de la crise. La mort d'Hippolyte entraîne l'aveu de Phèdre à Thésée de
sa passion coupable et sa mort immédiate (Mots-clés).

III LES FORMES DE L'ECHANGE DANS LE TEXTE DRAMATIQUE (lire FMH, p. 262)

Le dialogue :
Conversation entre deux ou plusieurs personnages (ou style direct). Exemple : Les dialogues entre
Vladimir et Estragon dans En attendant Godot de Samuel Beckett.

Le monologue :
Scène au cours de laquelle un personnage important est seul et se parle à lui-même. Le monologue
permet de révéler les sentiments ou les pensées d'un personnage, ce qui révèle son caractère.
Exemple : le monologue d'Hamlet ("To be or not to be...") ; le monologue de Macbeth, II, 1 ; le
monologue de Rodrigue dans Le Cid (I,6) ; le monologue de Sosie dans Amphitryon de Molière
(I,1) ; le monologue de Figaro dans Le Mariage de Figaro de Beaumarchais (V,3).

La réplique :
Texte qu'un personnage prononce sur scène en une seule intervention brève, au cours d'un dialogue.
Les paroles alternées des deux interlocuteurs. On dit "donner la réplique", c'est-à-dire répondre.

La stichomythie :
5uccession rapide de brèves répliques d'égale longueur. Procédé utilisé pour créer un effet de
dynamisme, de vivacité lorsque les personnages s'affrontent en un duel verbal.
Exemples : Le Cid , acte I, scène 3 ; les 15 premiers vers du Misanthrope de Molière : Alceste, en
colère contre son ami Philinte.

Une tirade :
Longue réplique ; elle permet au personnage de développer une argumentation ou de s'épancher
avec lyrisme. Réduits à un temps de silence, ses interlocuteurs rejoignent en quelque sorte la
situation de spectateurs.
Exemple : le tirade du nez dans Cyrano de Bergerac, d'Edmond Rostand, acte 1, scène 4.

Un récit :
Au théâtre, un récit raconte un événement lié à l'action de la pièce mais qui n'a pas lieu sur scène. Il
est dit par un personnage.
Exemple : Le récit de la mort d'Hippolyte par Théramène dans Phèdre de Racine (V,4). Les
chevaux du char d'Hippolyte s'étaient emballés à la vue d'un monstre sorti des eaux.

Un aparté :
Partie du discours d'un personnage qui est destinée aux spectateurs et dissimulée aux autres
personnages présents sur scène. C'est une convention théâtrale qui a le plus souvent une fonction
comique. Une réplique en aparté est signalée sur le texte par l'expression entre parenthèses "à part".

L'adresse directe au public (FMH, p. 262b) : un personnage se tourne vers les spectateurs pour
leur parler ; cela rompt avec la règle du théâtre classique qui interdit qu'on s'adresse au spectateur.

Les didascalies (ou indications scéniques ) :


Ce nom féminin désigne les indications, inscrites entre parenthèses sur le texte, qu'a écrites l'auteur
sur la façon de jouer ou de dire une réplique, ou sur les éléments du décor (L.2°, p. 307-308). Leur
qualité varie en fonction des œuvres : une tragédie classique du XVII° siècle en comporte très peu ;
une pièce de Ionesco en sera richement pourvue.

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On distingue les didascalies initiales, fonctionnelles et expressives (lire FMH, p. 262)

La double énonciation (ou double destination de la parole théâtrale) :


Le langage dramatique pose toujours la question du "destinataire" : pour qui, à qui parle-t-on ? Le
paradoxe du dialogue théâtral est que chaque comédien parle à deux auditeurs : son interlocuteur
sur la scène et le public (Profil n° 151-152, "Le théâtre, problématiques essentielles", p.33). La
double énonciation rend possible le quiproquo ou la méprise tragique (lire FMH, p. 262a):

Un quiproquo (= qui pour qui) :


Erreur, méprise qui consiste à prendre une personne ou une chose pour une autre. Ressort théâtral
comique qui relève du comique de situation. Fréquent dans les farces et les vaudevilles.
Exemple : La confusion sur le personnage de Sganarelle dans le Médecin malgré lui de Molière.
Valère et Lucas, croyant trouver en Sganarelle un grand médecin, s'adressent à lui comme tel alors
que celui-ci s'imagine qu'ils viennent simplement lui acheter des fagots (I,4).

La méprise tragique : le héros tragique ne discerne pas la menace qui pèse sur lui et dont le
spectateur est informé ; on parle aussi d'ironie tragique.

IV LES INTERVENANTS (lire FMH, p. 267)

L' acteur, le comédien :


C'est l'artiste qui joue le rôle d'un personnage. Ne pas confondre l'acteur et le personnage.
Exemple : Dans le film de Rapeneau, Gérard Depardieu est l'acteur, Cyrano de Bergerac est le
personnage qu'il incarne.
Rem.: Le mot "comédien" peut désigner un acteur en général et pas uniquement un acteur comique.

Le personnage (du latin "persona", masque de théâtre : voir Litt-sde, p. 229, 248) :
Personne fictive dans une œuvre littéraire, cinématographique ou théâtrale, à ne pas confondre
avec une "personne" vivante et réelle. Au théâtre, elle est incarnée par un acteur, une actrice.
Parfois synonyme de "héros", de "protagoniste", mais chacun de ces termes peut avoir un sens plus
restrictif (cf. ci-dessous).

Les forces agissantes et le schéma actantiel (lire FMH, p. 267b et se reporter à la fiche 1 sur les
textes narratifs, p. 3)

Le héros, l'héroïne :
- Dans la mythologie antique : Désigne un demi-dieu, car il a un parent d'origine divine.
Exemples : Achille, Hercule, Thésée, Enée... (G.I.L.)
- Au sens moderne : Désigne celui qui se distingue par ses exploits ou un courage extraordinaire
(exemple : un héros de la Résistance) ; homme digne de l'estime publique, de la gloire, par sa force
de caractère, son génie, son dévouement total à une cause, une œuvre (exemple : Pierre le Grand,
héros national russe), (Petit Robert).
Le héros est quelqu'un qui se dépasse et donc ...nous dépasse ; on parle à son égard d "'héroïsme".
- Au sens strictement littéraire : Le héros de roman ou de théâtre est le personnage principal, sans
qu'il présente forcément les qualités du héros au sens moderne. (G.I.L.)

Le protagoniste :

- Acteur qui jouait le premier (proto-) rôle (agon-) dans une tragédie grecque.

- Synonyme parfois de "personnage". Exemple : les principaux protagonistes de l'Avare, de


Molière sont Harpagon, le bourgeois avare ; ses enfants, Cléante et Elise ; Marianne, que Cléante
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aime et qu'Harpagon veut épouser ; le vieillard Anselme, prêt à épouser Elise "sans dot" ; Valère
l'intendant, amant d'Elise ; Frosine, une femme d'intrigue.

- En langage courant : Personne qui joue le premier rôle dans une affaire.
Exemple : les protagonistes d'un conflit social (Pt Robert)

L' amant, l'amante :


Personne qui aime d'amour et qui est aimée en retour. Ne pas confondre avec l' "amoureux" ou le
"soupirant" qui éprouve de l'amour sans être pour autant aimé en retour.

Le confident :
Personnage secondaire mais précieux, le confident entretient une relation privilégiée avec l'un des
personnages principaux et permet au spectateur d'en connaître les pensées intimes.
Exemples : dans Le Cid de Corneille, le personnage d'Elvire à qui Chimène confie ce qu'elle
cachera à la cour ; dans Phèdre de Racine, Oenone est une nourrice si proche qu'elle partage le sort
de l'héroïne tandis que Théramène, précepteur et confident d'Hippolyte, ne remplit que de modestes
fonctions de conseiller et de messager (Mots-clés).

Un type :

On appelle "type" tout personnage reconnu comme représentatif d'une classe d'êtres (G.I.L.).
Personnage qui se coule dans un moule préexistant : l'avare, le jeune premier, le vieillard jaloux, le
valet habile ... (M&T p. 121)
Exemple : Scapin, dans les Fourberies de Scapin, est le type littéraire du valet joyeux, habile et
rusé dont le maître a besoin.

Le chœur :

Dans l'Antiquité, le chœur était composé de plusieurs personnages anonymes qui intervenaient pour
commenter l'action, dans la comédie et dans la tragédie. Le texte du chœur était chanté, parfois
accompagné de danses, au cours des intermèdes.
Exemple : Le chœur dans Antigone de Sophocle (vers 442 av. J.C.).
Rem. : Le chœur a survécu dans Esther (1689) et Athalie (1691) de Racine, mais également dans
certaines pièces du théâtre contemporain, telles que Antigone d'Anouilh (1944) ou de Cocteau
(1922). Lors de la création de cette dernière, Jean Cocteau jouait lui-même le rôle du chœur (Mots-
clés).

Le metteur en scène :

Personne qui s'occupe de la "réalisation" d'une représentation théâtrale. Il a une fonction créatrice
dans le sens où, selon son interprétation de l'œuvre, il règlera une manière de la représenter. Ainsi,
il intervient dans le jeu de scène, la gestuelle, le ton des répliques, le choix des costumes, des
décors et des éclairages (voir ci-dessous). Pour une même œuvre, la mise en scène peut donc être
très différente en fonction des choix du metteur en scène et du sens qu'il donne à la pièce.

V LE TRAITEMENT DU TEMPS ET DE L'ESPACE AU THEATRE

A. Le traitement du temps

Le temps de la fiction et le temps de la narration (FMH, p. 298b)


Le dialogue théâtral, comme tout dialogue, est en temps réel : il n'y a pas de décalage entre le temps
de la fiction et le temps de la narration. Mais le découpage permet d'intercaler entre chaque acte des

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moments plus ou moins longs, non représentés, qui pourront faire l'objet d'un récit (M&T p. 121)

La rég1e des trois unités (FMH, p. 264b ; cf. M&T p. 126)


"Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli;"
(Boileau, Art poétique, vers 45-46). Contestée par les romantiques : lire Bordas 1°, p. 507.

B. Le traitement de l'espace (lire FMH, p. 263a ; illustr. in Litt-sde, p. 278, 285, 317)

L'espace scénique et l'espace dramatique (FMH, p. 263b)


L'espace scénique est celui où le drame se déroule, sous les yeux des spectateurs ; il peut imiter un
espace réel ou avoir une valeur symbolique.
L'espace dramatique est l'espace fictif auquel renvoient les répliques des personnages ; il ne se
limite pas à la scène mais désigne aussi des lieux invisibles, d'où peuvent être rapportés des récits.

Un théâtre à 1'italienne
Sépare la scène de la salle (orchestre, parterre, loges) par un rideau et une rampe lumineuse. Héritée
de la Renaissance, elle domine du XVII° siècle au début du XX° siècle. (illustr. FMH, p. 276 ; FMH,
p. 263)

Un amphithéâtre :
Vaste édifice circulaire à gradins étagés, occupé au centre par une scène, destiné à la représentation
dramatique. Exemple : L'amphithéâtre d'Epidaure, en Grèce.

VII LA REPRESENTATION THEATRALE

L'illusion théâtrale et sa mise en cause .(FMH, p. 263a)


L'illusion repose sur les conventions élaborées par les auteurs et acceptées par les spectateurs :
informations données dans la scène d'exposition, façon de parler différente de la vie réelle, artifices
du dénouement. Des éléments visuels ou sonores contribuent à accentuer ou à déjouer cette illusion
théâtrale. Le théâtre à l'italienne sépare la scène de la salle par un rideau et une rampe lumineuse et
favorise l'illusion théâtrale, alors qu'une scène ouverte rapproche les acteurs des spectateurs
Le drame romantique revendique le réalisme de la couleur locale, mais souligne l'effet
grossissant de la scène ; l'Allemand Bertolt Brecht oppose au "théâtre dramatique", centré sur la
recherche de l'illusion, les techniques d'un théâtre épique" qui suscitent la conscience critique, la
distanciation du spectateur, et préservent ainsi sa liberté. (Bordas 1°, p. 506a)

La catharsis (Bordas 1°, p. 506a)


Selon Aristote, le théâtre vise à la "purification" des passions humaines par leur représentation sur
scène. Le théâtre occidental se définit par une "imitation" d'actions qui amène le spectateur à
s'identifier au héros. On parle d' "effet cathartique".

La mise en scène (cf. ci-dessus le metteur en scène)

Le décor et les accessoires (illustr. FMH, p. 276 ; Litt-sde, p.309, p. 292, 305, 309 ; Bordas 1°, p. 507b)
Représentation figurée du lieu où se passe l'action (Pt Robert). I1 peut changer à chaque acte et à
chaque tableau pour s'adapter aux besoins de l'action. Sa conception a beaucoup évolué : de la
nudité totale de la scène à l'utilisation des machineries les plus complexes, le décor sert l'action en
contribuant à créer l'illusion de la réalité ou, au contraire, en dépouillant la scène au maximum pour
laisser aux comédiens un espace abstrait qu'ils doivent animer seuls (Mots-clés). (lire aussi G.I.L.,
art. "décor")

Les praticables : accessoires posés sur la scène et non peints (FMH, p. 263b). Porte, fenêtre

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praticable : par laquelle on peut passer (par opposition à des décors figurés)

Les costumes : des costumes de convention aux costumes réalistes

Le jeu des acteurs : gestes, mimiques, déplacements constituent un langage visuel qui confirme,
nuance ou contredit les paroles échangées. (FMH, p. 263b)

Les éclairages : des chandelles et de la rampe à gaz aux projecteurs.

Les signes sonores : déclamation, gestes vocaux (débit et intonation, rires, cris, gémissements,
pleurs…), décor sonore (bruitage, accompagnement musical). Lire FMH, p. 263b

VIII LES GRANDS GENRES DRAMATIQUES

Un mystère :
A la fin du Moyen Age, représentation dramatique sur un sujet religieux : Nativité, Passion,
Résurrection ou Vie des Saints. Ces représentations étaient parfois très longues.
Exemple : Le Mystère de la Passion d'Arnoul Gréban (1450) = environ 35 000 vers, quatre jours
de spectacle, environ 200 personnages.

Une pantomime :
Pièce de théâtre sans texte qui repose uniquement sur les gestes - les mimes- et les jeux de
physionomies des comédiens (Mots-clés).
Exemples : La pantomime de l'assassinat du roi dans Hamlet de Shakespeare ; celles de J.L.
Barrault dans le film Les Enfants du Paradis (1945).

L' opéra (Bordas 1°, p. 466 sq.) :


Poème dramatique mis en musique, l'opéra se rattache au drame lyrique. Il offre un spectacle
complet, alliant la parole à la musique, à la mise en scène et parfois à la chorégraphie (Mots-clés).
Le "livret" peut avoir une œuvre littéraire comme point de départ. Contrairement aux
"opérettes", le dénouement des opéras est tragique.
Exemples : Don Giovanni, de Mozart (1787) ; La Traviata (1853), Otello (1887), Rigoletto
(1851), de Verdi ; Siegfried de Wagner (1876).
Rem.: L' "opéra bouffe" se caractérise par son sujet comique. Comme l'opéra, il est d'origine
italienne. Ce genre a été illustré au XIX° siècle par Jacques Offenbach. L'opéra comique était à
l'origine une parodie de l'opéra (XVIII° siècle). Depuis le XIX°, c'est une œuvre où alternent
dialogues parlés et chantés (Mots-clés).

Les genres comiques :


- La farce
Petite pièce comique très simple, populaire, parfois d'un comique grossier. Elle met en scène des
sujets empruntés aux mœurs populaires et utilisant un vocabulaire cru. Essentiellement basé sur le
comique de gestes, de mots et de situation. Au Moyen Age, elle s'intercalait, d'où son nom, entre les
parties d'un mystère. Elle eut un grand succès au XV° et au XVI° siècle.
Exemples : La Farce de Maître Pathelin (vers 1464) ; le personnage de Sganarelle et les
Fourberies de Scapin de Molière illustrent certains aspects de la farce.

- La Commedia dell arte (illustr. Litt-sde, p. 269, 270, 281) :


Forme théâtrale originaire d'Italie et dont l'influence s'est exercée jusqu'à nos jours dans toute
l'Europe. Fondée sur une part d'improvisation, l'usage du masque, et caractérisée par un style de
jeu souvent proche de la danse et de l'acrobatie, elle a créé une vaste galerie de personnages de

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convention, dont chacun, reconnaissable au costume et à la silhouette, est l'incarnation d'un vice ou
d'un ridicule humain.
Exemples de personnages : Arlequin, Pierrot, Scaramouche, Le Docteur, Pantalon, Brighella,
Truffaldin, Beltrame, Mezzetin, Capitan. Revêtus de costumes de fantaisie et apparaissant sans
masque, les personnages féminins (Colombine, Isabelle, Silvia) sont toujours plus gracieux que
burlesques (Pt Robert 2).

La comédie classique, XVII°-XVIII° siècles (lire FMH, p. 265 ; Litt-sde, p. 242 sq., 268 sq. ; cf.
M&T p.126)

Le vaudeville, XIX° siècle (lire FMH, p. 266a ; cf. M&T p. 127)

La tragédie (lire FMH, p. 264 ; Litt-sde, p. 230 sq., 254 sq. ; cf. M&T p. 126)

Le drame (lire FMH, p. 266a ; Litt-sde, p. 286 sq. ; Bordas 1°, p. 503 ; cf. M&T p. 127) :
- Le drame bourgeois (XVIII° siècle)
- Le drame romantique (1° moitié du XIX° siècle)

Le mélodrame (lire Bordas 1°, p. 537 ; illust. Litt-sde, p. 301)

Le théâtre au XX ° siècle (lire FMH, p. 266b ; Litt-sde, p. 302 sq. ; Bordas 1°, p. 502, 506 ; cf.
M&T p. 127) :
- Le théâtre de boulevard
- La comédie
- Le théâtre de la responsabilité
- Le théâtre de l'absurde

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