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CRPE 2017

Méthodologie de l’analyse de textes

Màj 01 06 16
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SOMMAIRE

CONSEILS GENERAUX

I - Objectifs et exigences de l’épreuve : …………….. Page 3

1. La maitrise des programmes : une évidence !

2. La maitrise de la langue : une absolue nécessité ! ……… Page 5

3. Gestion du temps
II – Rappel ………………….. Page 7

METHODOLOGIE DE L’ANALYSE DE TEXTES

PREMIERE PARTIE :

I. Textes de référence. ………. Page 9


II. Nature de l’épreuve et objectifs à atteindre pour le concours …….. Page 10
III. L’analyse de textes ………………. Page 10
A – La composition d’un corpus
B - La lecture d’un corpus ……………… Page 11
C - L’organisation de l’analyse …………….. Page 12
D – L’introduction …………….. Page 13
E – L’écriture du devoir …………….. Page 13

DEUXIEME PARTIE : Exemple

I. Question : Qu’apporte au XXI ème siècle, l’étude des mythes antiques ? Page 16
II. Corrigé rédigé ……… Page 25

TROISIEME PARTIE :

Conseils aux correcteurs de l’épreuve. ………… Page 27

Synthèse des rapports de jury ………… Page 28

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CONSEILS GENERAUX

I - OBJECTIFS ET EXIGENCES DE L’EPREUVE.

JOURNAL OFFICIEL N°0099 DU 27 AVRIL 2013

ANNEXE I

A. - Epreuves du concours externe de recrutement de professeurs des écoles


L'ensemble des épreuves du concours vise à évaluer les capacités des candidats au regard des
dimensions disciplinaires, scientifiques et professionnelles de l'acte d'enseigner et des situations
d'enseignement.

I.- Epreuves d'admissibilité


Le cadre de référence des épreuves est celui des programmes pour l'école primaire. Les
connaissances attendues des candidats sont celles que nécessite un enseignement maîtrisé de ces
programmes. Le niveau attendu correspond à celui exigé par la maîtrise des programmes de collège.
Les épreuves d'admissibilité portent sur le français et les mathématiques. Certaines questions
portent sur le programme et le contexte de l'école primaire et nécessitent une connaissance
approfondie des cycles d'enseignement de l'école primaire, des éléments du socle commun de
connaissances, de compétences et de culture et des contextes de l'école maternelle et de l'école
élémentaire.

I-1. Epreuve écrite de français


L'épreuve vise à évaluer la maîtrise de la langue française des candidats (correction syntaxique,
morphologique et lexicale, niveau de langue et clarté d'expression) ainsi que leurs connaissances sur
la langue ; elle doit aussi évaluer leur capacité à comprendre et à analyser des textes (dégager des
problématiques, construire et développer une argumentation) ainsi que leur capacité à apprécier les
intérêts et les limites didactiques de pratiques d'enseignement du français.

L'épreuve comporte trois parties :


1. La production d'une réponse, construite et rédigée, à une question portant sur un ou plusieurs
textes littéraires ou documentaires.
2. Une partie portant sur la connaissance de la langue (grammaire, orthographe, lexique et système
phonologique) ; le candidat peut avoir à répondre à des questions de façon argumentée, à une série
de questions portant sur des connaissances ponctuelles, à procéder à des analyses d'erreurs-types
dans des productions d'élèves, en formulant des hypothèses sur leurs origines.
3. Une analyse d'un dossier composé d'un ou plusieurs supports d'enseignement du français, choisis
dans le cadre des programmes de l'école primaire qu'ils soient destinés aux élèves ou aux
enseignants (manuels scolaires, documents à caractère pédagogique), et de productions d'élèves de
tous types, permettant d'apprécier la capacité du candidat à maîtriser les notions présentes dans les
situations d'enseignement.

L'épreuve est notée sur 40 points : 11 pour la première partie, 11 pour la deuxième et 13 pour
la troisième ; 5 points permettent d'évaluer la correction syntaxique et la qualité écrite de la
production du candidat.
Une note globale égale ou inférieure à 10 est éliminatoire.

Durée de l'épreuve : quatre heures.

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=?cidTexte=JORFTEXT000027361520&dat
eTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id

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1) Maitrise des contenus des Programmes de l’Ecole primaire : une évidence !

• Ecole élémentaire : bulletin officiel spécial n° 11 du 26 novembre 2015


http://www.education.gouv.fr/cid38/presentation-des-programmes-et-des-horaires-a-l-ecole-
elementaire.html#De_nouveaux_programmes_pour_la_rentree_2016

• Ecole maternelle: bulletin officiel spécial n°2 du 26 mars 2015


http://www.education.gouv.fr/cid87300/rentree-2015-le-nouveau-programme-de-l-ecole-
maternelle.html

• Le socle commun
http://www.education.gouv.fr/pid24307/les-programmes-de-l-ecole-
elementaire.html?current=1

La connaissance des listes d’œuvres de littérature remises à jour par le Ministère en 2013
n’est pas superflue. Les voici :

A. Liste de référence 2013 des œuvres de littérature : cycle I

http://cache.media.eduscol.education.fr/file/Litterature/11/4/LISTE_DE_ReFeRENCE_CYCLE_1_2013
_272114.pdf

La liste de référence 2013 des œuvres de littérature pour l'école maternelle


compte 250 ouvrages.

Deux grandes parties structurent la sélection : la première s'appuie sur des


pratiques orales de transmission (raconter, conter, dire, théâtraliser,
mettre en scène,...) ; la seconde est organisée à partir des pratiques de
lecture.

Des catégories plus spécifiques sont proposées (entrer dans la langue, le


langage et les images ; entrer dans le jeu avec le livre, avec l'histoire ou un
jeu mis en scène dans le livre ; entrer dans le récit).

Cette dernière entrée est elle-même déclinée sur trois niveaux (des
premières histoires racontées en album, des récits simples, des récits déjà
élaborés). La sélection précise, pour chaque titre retenu, une édition et un
niveau de difficulté de lecture.

B Liste de référence des œuvres de littérature cycle 2 - 2013

La liste de référence 2013 des œuvres de littérature pour le cycle 2 compte


270 ouvrages dont 35 œuvres patrimoniales et classiques.
Dans la continuité des repères construits depuis 2002, cette sélection tient
compte des ouvrages et des auteurs déjà rencontrés à l'école maternelle et
reprend certaines propositions des listes de référence antérieures.

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C. Liste de référence 2013 des œuvres de littérature : cycle III

http://eduscol.education.fr/cid58816/litterature.html#lien2

La liste de référence 2013 des œuvres de littérature pour le cycle 3 compte


300 titres dont 36 titres classiques et 41 titres patrimoniaux.

Une culture littéraire à l'école


Une culture littéraire se constitue par la fréquentation régulière des
oeuvres. Elle suppose une mémoire des textes, mais aussi de leur langue,
une capacité à retrouver, chaque fois qu'on lit, les résonances qui relient
les oeuvres entre elles.
Mise en oeuvre pédagogique, programmation, ce document traite
également des liens entre lecture et mise en voix, lecture et écriture ainsi
que la question des lectures personnelles.

D. La poésie à l'école

L'entrée dans des ouvrages de poésie (anthologies, recueils, etc.) comme


l'introduction d'un ensemble varié d'ouvrages de poésie dans les
bibliothèques d'école est le parti pris qui sous-tend la réflexion d'un travail
d'équipe présentée dans cette rubrique où sont également proposées des
suggestions pédagogiques.

2) Maitrise de la langue : une absolue nécessité.


S’il s’agit de rendre compte de la pensée d’autrui, il convient de le faire dans une langue maîtrisée.
Ainsi, on privilégiera un vocabulaire précis dépourvu de tout métalangage superflu : un jargon
approximatif, loin d’impressionner le lecteur dépréciera la copie.

a) Attention à l’écriture : quelques conseils de bon sens doivent être rappelés et peuvent être
rapidement suivis. Votre écriture devra être lisible : en effet, il faut faire des efforts pour
justement ne pas demander un trop grand effort au lecteur…qui vous corrige ! Evitez les
fantaisies de toutes sortes car l’apparence extérieure de votre devoir est déjà, en soi, une partie
du message que ce devoir essaie de transmettre : démarquez-vous par la maîtrise de l’exercice
et non par des barres sur les « t » artistiquement calligraphiées.

b) La ponctuation n’est pas une option ! Bien sûr, vous savez déjà que le point clôt la phrase
franchement et que les virgules sont des respirations particulièrement utiles entre les membres
d’une énumération. Cependant utilisez-vous assez de points-virgules qui notent une pause
moyenne qui distinguent deux éléments joints par le sens ? Quant aux deux points, ils vous
permettent d’alléger une explication en faisant l’économie d’un mot subordonnant. Enfin n’oubliez
pas l’existence des tirets (sorte de parenthèses) et des traits d’union qui sont obligatoires en cas
d’inversion du sujet dans des phrases du type : « Existe-t-il des raisons d’espérer?… ».

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c) L’orthographe reste un critère essentiel dans l’évaluation de la copie. Il est également un


élément discriminant permettant de distinguer une copie d’une autre le jour de l’épreuve.
Rappelons également que dans le concours, même dans sa nouvelle forme, on peut vous retirer
jusqu’à trois points sur vingt en cas de non respect du code orthographique. Dans tous les cas,
une multiplication des erreurs d’orthographe peut vous coûter la réussite au concours.
S’il s’agit de rendre compte de la pensée d’autrui, il convient de le faire dans une langue maîtrisée.
Ainsi, on privilégiera un vocabulaire précis dépourvu de tout métalangage superflu : un jargon
approximatif, loin d’impressionner le lecteur dépréciera la copie.
⇨ De même, vous devez comprendre, dès le début de votre préparation, qu’il est légitime qu’il soit

exigé d’un futur professeur des écoles une syntaxe irréprochable.


Soyons clairs : il ne vous est pas demandé d’écrire avec style, n’est pas Flaubert qui veut et
d’ailleurs, dans cet exercice, les effets stylistiques appuyés seraient malvenus. L’une des erreurs les
plus graves que l’on commet quand on écrit consiste à se tromper de genre, ce qui conduit à adopter
une méthode de présentation et un mode d’expression inadapté à l’exercice demandé. On vous
demande, au minimum, d’écrire correctement ce qui signifie que vous êtes censé maîtriser les points
suivants qui constituent un programme établi à partir d'une évaluation statistique des fautes les plus
courantes

A RETENIR ET A MEDITER
Les compétences générales pour l’écrit sont :
• Bien connaître le fonctionnement de l’épreuve et les attentes des correcteurs.
• Savoir lire efficacement un texte et des consignes.
• Gérer son temps.

• Mobiliser des connaissances et compétences.


L’évaluation prend en compte les critères suivants :
• Connaissances : Textes bien compris, enjeux vus.
• Argumentation : Idées des textes mises en relation et analyses pertinentes.

• Lisibilité : Réponse organisée logiquement et expression maîtrisée.

3) Gestion du temps
L’ensemble de la première épreuve écrite d’admissibilité du CRPE dure 4 heures (analyse de textes,
questions de grammaire, orthographe, lexique, phonologie, analyse critique de supports
d’enseignement).
Chaque épreuve a ses règles et ses difficultés et on se rend vite compte que le temps imparti à
l’ensemble de l’épreuve n’est pas long. On ne peut guère envisager de passer plus d’1 heure et
demie sur l’analyse. On peut compter 30 à 40 minutes pour les questions de grammaire,
orthographe, lexique et phonologie. Et 1 heure et demie pour l’analyse critique de supports
d’enseignement… si l’on n’oublie pas le quart d’heure de relecture indispensable.

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II – RAPPEL

Mais à quoi faut-il être attentif lorsque l’on parle de maîtrise de la langue ?
Voici un petit vade-mecum où les points qui méritent votre attention sont classés par ordre
alphabétique :

➢ Accords
➔ dans le groupe nominal (masculin /féminin- singulier/ pluriel)
➔ Des personnes des conjugaisons : « Toi qui es » « Vous qui savez ».
➔ Des participes passés : « L’idée que tu as eue ».
➔ Les sujets inversés : « Peu comptent les fantômes qui nous hantent ».

➢ Adverbes : toujours invariables mais attention à ceux qui appartiennent au type


« apparemment » / « négligemment »/ « décemment » pour lesquels le doublement de la
consonne pose problème.
➢ « Après que » est suivi de l’indicatif même si vous trouvez que cela « sonne mieux » d’utiliser
un autre mode : « Après que tu es parti, le silence se fit ». C’est logique, l’indicatif correspond
au mode du réel, du certain, or ce qui vient « après que » est connu donc avéré…

➢ Barbarisme : il s’agit du mot qui n’existe pas, s’il fait rire le correcteur collectionneur de
« perles » ne fait pas monter votre note, loin de là !
Exemple :* Il y a dans le poème une période d'hésitation entre la lumière et la lugubrité.

➢ Négation : soyez vigilant également avec les « oublis » de l’adverbe « ne » dans les négations
(rappelant une langue orale relâchée) :
Ex : *On a guère envie de sortir de chez soi quand on entend tambouriner la pluie.
Ou, au contraire, un « ne » supplémentaire illustrant au mieux une négligence ou au pire,
une méconnaissance du fonctionnement du système de la négation en français :
Ex : *Le concert de charité auquel doit participer Céleste en n’est un bon exemple.

➢ Niveau de langue adapté, sans termes argotiques ou « à la mode » mis entre guillemets
comme vous venez d’en lire et en bannissant tout anglicisme.
Aucune familiarité, encore moins la vulgarité et aucune incorrection n’est acceptable chez de
futurs enseignants.
Il faut également penser à éliminer les tournures renforcées et des ruptures de construction
propres à l'oral.
L’usage des présentatifs « c’est …qui… » ainsi que les cataphores sont à bannir dans une
analyse de texte par exemple…

➢ On et nous : attention à la confusion.


Ne mélangez jamais les deux à l’écrit, veillez à faire attention aux possessifs : « Nous avons
pris notre livre » et non « on a pris notre livre ».

➢ Participes présents : souvent lourds, on peut les remplacer par une proposition
subordonnée relative mais êtes-vous sûr de savoir distinguer les participes présents des
adjectifs verbaux ?
Ou, plus drôle, sauf dans une copie :
Exemple :* En tentant de lui administrer un médicament contre la grippe, mon perroquet
m’a mordu le doigt.
Ainsi, attention à ne pas construire un verbe transitif direct avec à la fois un Cod et un Coi…

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Exemple : *Je lui demande de ses nouvelles et à quoi il pense.


Exemple : *Si Louis-André pouvait se rappeler du numéro de téléphone de Louise, il lui
téléphonerait tout de suite.

Phrase corrigée : Si Louis-André pouvait se rappeler le numéro de téléphone de Louise, il lui


téléphonerait tout de suite.

➢ Respect de l’ordre des groupes syntaxiques dans une phrase :


On n’écrira pas : *En effet, l’imagination l’emporte sur la réalité largement dans cet extrait
du roman.
Mais :
En effet, l’imagination l’emporte largement sur la réalité dans cet extrait du roman.
(L’adverbe est généralement placé à côté du mot ou groupe de mots dont il est le
modificateur.)

De même, on évitera :
*Le morceau de musique a été créé dans le seul but de rappeler à un fils sa mère
Le morceau de musique a été créé dans le seul but de rappeler sa mère à un fils.
(Le complément direct précède généralement le complément indirect.)

Ou encore, pas de :
* Nous devons toujours choisir des activités physiques adéquates et nous demander si elles
ne sont pas trop exigeantes, qui respectent notre endurance cardiovasculaire.

Mais plutôt :
Nous devons toujours choisir des activités physiques adéquates, qui respectent notre
endurance cardiovasculaire, et nous demander si elles ne sont pas trop exigeantes.

En effet, la relative est généralement placée immédiatement après son antécédent.

➢ La construction des propositions interrogatives et relatives. Attention aux


propositions subordonnées qui n’ont pas de proposition principale…
Pronoms: les erreurs dans la chaine référentielle sont d’autant plus nombreuses que vos
phrases seront longues, visez la simplicité et la cohérence.
Exemple : *En sacrifiant Iphigénie, Agamemnon ne pense pas aux personnes dont il fera
souffrir. Clytemnestre veut lui faire comprendre.

Phrase corrigée : En sacrifiant Iphigénie, Agamemnon ne pense pas aux personnes qu’il fera
souffrir. Clytemnestre veut le lui faire comprendre.
Tout aussi alarmant que :
Exemple : Lorsque Coupeau commence à boire, Gervaise, incrédule, se demande ce qu’il
arrive à son mari.

Phrase corrigée : Lorsque Coupeau commence à boire, Gervaise, incrédule, se demande ce


qui arrive à son mari.

➢ La syntaxe est un point essentiel à ne négliger sous aucun prétexte : à la fois illustration de
votre maîtrise de la langue et preuve de la construction logique de votre analyse, sa maîtrise
en dit long sur vous !

➢ Vocabulaire : n’oubliez pas que vous serez évalué sur votre capacité à reformuler et à vous
exprimer avec concision. Utilisez des substituts nominaux, et soyez vigilant quant à précision
du lexique notamment.
La maîtrise de la diversité du lexique et de l'expression des idées prouvera votre capacité « à
énoncer clairement » ce que vous aurez bien « conçu ! ».

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PREMIERE PARTIE

I - Rappel des textes régissant l’épreuve :


Cette méthodologie porte sur la première partie de l’épreuve de français.

JOURNAL OFFICIEL N°0099 DU 27 AVRIL 2013.

ANNEXE I

A. - Epreuves du concours externe de recrutement de professeurs des écoles


L'ensemble des épreuves du concours vise à évaluer les capacités des candidats au regard des
dimensions disciplinaires, scientifiques et professionnelles de l'acte d'enseigner et des situations
d'enseignement.

I.- Epreuves d'admissibilité


Le cadre de référence des épreuves est celui des programmes pour l'école primaire. Les
connaissances attendues des candidats sont celles que nécessite un enseignement maîtrisé de ces
programmes. Le niveau attendu correspond à celui exigé par la maîtrise des programmes de collège.
Les épreuves d'admissibilité portent sur le français et les mathématiques. Certaines questions
portent sur le programme et le contexte de l'école primaire et nécessitent une connaissance
approfondie des cycles d'enseignement de l'école primaire, des éléments du socle commun de
connaissances, de compétences et de culture et des contextes de l'école maternelle et de l'école
élémentaire.

I-1. Epreuve écrite de français


L'épreuve vise à évaluer la maîtrise de la langue française des candidats (correction syntaxique,
morphologique et lexicale, niveau de langue et clarté d'expression) ainsi que leurs connaissances sur
la langue ; elle doit aussi évaluer leur capacité à comprendre et à analyser des textes
(dégager des problématiques, construire et développer une argumentation) ainsi que leur
capacité à apprécier les intérêts et les limites didactiques de pratiques d'enseignement du français.
L'épreuve comporte trois parties :
1. La production d'une réponse, construite et rédigée, à une question portant sur un ou
plusieurs textes littéraires ou documentaires.

2. Une partie portant sur la connaissance de la langue (grammaire, orthographe, lexique et système
phonologique) ; le candidat peut avoir à répondre à des questions de façon argumentée, à une série
de questions portant sur des connaissances ponctuelles, à procéder à des analyses d'erreurs-types
dans des productions d'élèves, en formulant des hypothèses sur leurs origines.
3. Une analyse d'un dossier composé d'un ou plusieurs supports d'enseignement du français, choisis
dans le cadre des programmes de l'école primaire qu'ils soient destinés aux élèves ou aux
enseignants (manuels scolaires, documents à caractère pédagogique), et de productions d'élèves de
tous types, permettant d'apprécier la capacité du candidat à maîtriser les notions présentes dans les
situations d'enseignement.

L'épreuve est notée sur 40 points : 11 pour la première partie, 11 pour la deuxième et 13 pour
la troisième ; 5 points permettent d'évaluer la correction syntaxique et la qualité écrite de la
production du candidat. Une note globale égale ou inférieure à 10 est éliminatoire.
Durée de l'épreuve : quatre heures.

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Les sujets des sessions précédentes sont présentés sur le site du MEN :

http://www.devenirenseignant.gouv.fr/cid98675/sujets-des-epreuves-ecrites-conseils-des-jurys-des-concours-
recrutement-professeurs-des-ecoles.html

II - Nature de l’épreuve et objectifs à atteindre pour le concours :


La réponse à la question portant sur un groupement de textes doit être organisée, étayée et
s’appuyer éventuellement sur quelques citations bien choisies (si la ré formulation pose un problème)
montrant que l’ensemble des textes a été étudié.
L’essentiel est que les textes soient d’une façon ou d’une autre mis en relation en fonction de
la question posée. L'exercice vous demande d'établir des comparaisons, des confrontations ou des
analyses sur un aspect précis des textes.
La question vous aide à avoir une approche globale, synthétique des textes du corpus. Le plus
difficile est d'associer l'analyse (détaillée mais non exhaustive) et une réflexion d'ensemble.
C’est ainsi que les réflexions personnelles, l’usage de la première personne ou la prise à
partie du lecteur sont des fautes graves à ne pas commettre.

L'objectif est de répondre à la question posée -qui est la problématique- à partir du texte,
ou d’un corpus de textes. La part personnelle demandée dans ce travail se trouve dans la façon dont
vous allez organiser la présentation de la problématique, comment vous allez mettre en évidence les
enjeux du texte (ou du corpus) pour arriver à une réponse en quelque sorte à la question posée.
C’est la démarche qui importe, et c’est votre démarche qui va être évaluée.
En effet, le plan est ici la chose essentielle : souvent il est "inscrit" dans la question posée.
Attention, ce qui important c’est de faire l’effort de penser réellement à partir des textes et
d’organiser un dialogue - d’accord un peu artificiel- entre ces auteurs à travers leurs textes, sans
jamais oublier la question posée qui votre fil directeur dans ce "débat".

III- L’analyse de textes :


Savoir étudier un corpus de textes est fondamental pour réussir les épreuves du nouveau CRPE.
En effet, selon les instructions officielles, le candidat est amené à répondre « à une question
portant sur un ou plusieurs textes littéraires ou documentaires ».
Une question portant sur l’ensemble du groupement (ou corpus) et appelant des réponses
entièrement rédigées est proposée aux candidats. Elle met en jeu leurs compétences de lecture, les
invitent à mettre en relation les éléments du corpus et à engager un travail d’interprétation dans le
but de permettre au jury « d’évaluer leur capacité à comprendre et à analyser des textes
(dégager des problématiques, construire et développer une argumentation). »

A. La composition d’un corpus


1) Qu’est-ce qu’un corpus ?

Un corpus de texte est un groupement de textes réunis, « littéraires ou documentaires »


selon des critères précis, qui est destiné à éclairer une problématique d’ordre littéraire ou générale
« conformément aux exigences de polyvalence attachées au métier de professeurs des écoles ».

2) Comment les documents ont-ils été rassemblés en corpus ?

La recherche d’une cohérence préside à tout groupement de textes. Les thèmes traités
peuvent être variés.

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Les documents regroupés peuvent être de tout ordre, « textes littéraires ou documentaires »
(nous disent les instructions officielles), vous pouvez donc être amené à étudier des extraits de
romans, d’essais, d’article de journaux, des scènes de théâtre, des poèmes, des manifestes, des
préfaces, des documents pédagogiques, des interviews de critiques ou metteurs en scène, des
images…. Que cela ne vous effraie pas, l’important étant de bien garder en tête la question posée.

3) A quoi sert la lecture comparée des textes d’un corpus ?

La lecture comparée des textes d’un groupement permet de définir une problématique par
juxtaposition, comparaison, confrontation d’opinions ou de réponses apportées à une question dans
l’histoire culturelle ou dans l’histoire littéraire simple – vous n’êtes pas tous des spécialistes- !

4) Quelles problématiques peuvent être traitées dans un corpus ?

Les problématiques dépendent du choix des textes:


• La lecture
• La langue française / la langue maternelle
• Les genres littéraires: narration, poésie, théâtre, textes argumentatifs….
• La notion de textes fondateurs, patrimoniaux
• L’articulation de l’écrit et de l’oral
• L’évolution de la langue
• la relation auteur/lecteur
• l’évolution d’un auteur
• le travail de l’écriture, de l’artiste…..
• …
….. mais cette liste n’est pas exhaustive pour la bonne raison que les textes officiels sont
volontairement flous, en utilisant le verbe « pouvoir » ils laissent un large champ aux possibles. De
plus, le CRPE est une épreuve qui testera votre future «polyvalence attachée […] au métier de
professeurs des écoles », tous les thèmes pédagogiques et de société sont donc susceptibles de
« tomber » ! Comme :
• La mémoire, comment inscrit-elle l’homme dans le temps et donne sens à son
existence ? (sujet 0, exemple de sujet n°1 session 2014 site du MEN)
• La littérature, comment participe-t-elle à la formation de l’individu et à sa
compréhension du monde ? (sujet 0, exemple de sujet n°2 session 2014 site du MEN)

Vous pouvez donc aussi être amenés dans vos réponses à :


• construire une notion
• construire un savoir sur un sujet d’actualité (la violence, le sport…), une « œuvre »
(un énième article polémique sur l’apprentissage de la lecture ou sur le socle commun de
compétences)….

B. La lecture d’un corpus

La lecture du corpus se fait méthodiquement.

Etape 1 : Faire les premiers repérages et lire la question.


C’est une étape de repérage. Elle vous permet de prendre connaissance du nombre de textes, de
leur organisation visuelle (présentent-ils des mises en page particulière ?), de leur longueur…

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Elle est suivie de la lecture de la question, première approche de la problématique du corpus.


Cette question portant sur l’ensemble des documents du groupement, elle est destinée à orienter vos
lectures et à déterminer l’objet commun à ces textes.

Etape 2 : Définir la composition du groupement

Pour identifier les documents du corpus, il vous faut les classer selon des catégories simples et
cohérentes.
• La période de temps sur laquelle se déploient les textes retenus
• L’origine des textes
• Les genres, registres, forme de discours représentés (s'il y a lieu, c'est à dire si vous
estimez que cela a un rapport étroit avec la question posée).
• Les types d’images éventuellement en cas de document iconographique.

Etape 3 : Considérer l’ordre de présentation des documents

Vous ne devez pas en effet étudier les textes séparément mais en réseaux, chacun éclairant
l’autre, l’enrichissant et apportant sa contribution à la mise au clair de la problématique.

Etape 4 : Lire, analyser les documents du corpus


• Il faut tout d'abord faire la mise en place du texte, c'est-à dire que l'on va "coder" chaque
idée importante. Par exemple le 1er texte sera appelé "A" et la première idée défendue par
l'auteur sera codée "1", donc A1. Parallèlement dans la marge faites une accolade pour
délimiter cette première idée.
• Sur une feuille à part reformulez cette idée en peu de mots. L'objectif est de rendre cette
reformulation directement insérable dans votre développement d'analyse: on peut imaginer
un début comme "l'auteur dit que ...", à vous de synthétiser ensuite sa pensée.
• Lire chaque texte attentivement en notant sur une feuille à part vos reformulations précédées
du code de position dans le corpus (A1 - A2 etc. Puis B1 - B2 etc. C1 - C2 etc.)
• Après avoir lu le texte que nous appellerons A il faudra être extrêmement attentif dans le
texte suivant (B, puis ainsi de suite...) pour repérer une idée déjà présentée dans le premier
texte et noter la référence précise à côté celle que l'on vient de lire dans un autre texte de
façon à voir très rapidement les points communs entre les différentes opinions défendues par
les auteurs.
• A la fin de la lecture, stylo en main, nous avons sur le brouillon ce que l'on pourrait appeler le
"squelette" des textes comportant la suite des idées importantes reformulées et une
numérotation précise notant les points de convergence.
• Quelques remarques:
o La reformulation doit être forcément synthétique, donc plus brève que le texte
original.
o S'il vous est impossible de reformuler sans trahir la pensée de l'auteur utilisez la
citation en sachant qu'il faudra être très vigilant à ce que votre devoir ne devienne pas
un recueil de citations. C'est pour cette raison que deux ou trois suffisent amplement.
L'un des objectifs de cette épreuve est lié à votre compréhension des textes donc une
bonne reformulation synthétique prouve cela.
o Lorsque l'auteur d'un texte donne un exemple à la suite d'une opinion avancée, ne
perdez pas de temps à en faire un résumé donnez-lui plutôt un titre ("tel auteur cite
d'ailleurs tel exemple à l'appui de son affirmation"). N'oublions tout de même pas que
les correcteurs ont déjà lu, eux-aussi, les textes.

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C. L’organisation de l’analyse : la construction du plan.


L’analyse de textes doit être organisée en deux ou trois parties qui mettent en valeur les aspects
importants des textes au regard de la question posée qui est, rappelons-le, la problématique du
devoir.
A l’intérieur de chaque partie doivent apparaître, si possible, plusieurs sous-parties en lien avec
l’idée générale de la partie.
La contrainte du plan est fondamentale. Vous êtes donc dans l'obligation d'organiser votre réflexion
autour de deux ou trois idées fortes que vous avez repérées dans les textes et qui répondent à la
problématique du devoir, c'est à dire la question posée.
Il est conseillé de regrouper les arguments des auteurs selon des thèmes, ce qui ne correspond pas
toujours à l'ordre des textes. Une fois les arguments dégagés, vous pouvez faire dialoguer les
auteurs sur l'argument principal, l'idée forte.
Pour inventer votre plan, commencez par bien relire la question et cette fois, à la lumière des textes
vous verrez que le libellé de la question cache souvent une organisation recommandée par les
concepteurs. Attention cela ne veut pas dire que vous DEVEZ suivre ce plan subodoré car il est
toujours possible d'imaginer autre chose, mais, à mon humble avis, choisissez la facilité car
l'expérience prouve que vous manquez de temps et chaque fois qu'on peut en gagner sans
hypothéquer ses chances il n'est pas utile ou sage de faire preuve d'originalité.

D. L’introduction.
Une fois votre plan construit, profitez-en pour rédiger l’introduction de votre devoir. Ainsi, pas de
risque d’introduction bâclée par manque de temps !
L'introduction de votre analyse doit être constituée de préférence des étapes suivantes :
Thème: identifier le thème dont il est question. Il s'agit de comprendre de quoi parlent exactement
les auteurs. Une phrase générale pose le sujet.

Présentation des textes du corpus : en priorité il faut donner les éléments bibliographiques dont vous
disposez, vous pouvez regrouper les textes par genre (extrait de roman, poème, article de presse
etc.) ou en fonction des auteurs (deux didacticiens, un linguiste, un pédagogue, etc. Mais attention
alors à ne pas commettre d'erreur !), par époque ou date de parution. Certains conseillent une
phrase résumant chaque texte, c'est parfait si c'est bien réalisé et surtout si vous ne perdez pas de
temps, mais, ici encore, si le correcteur n'est pas d'accord avec vous ou qu'il estime qu'il y a
contresens ( la faute la plus grave ) vous perdez, dès l'introduction, toutes vos chances !

Annonce de la problématique: il s'agit de la difficulté centrale soulevée par le texte. Elle vous est
donnée par la question posée ! Reformulez-là avec vos mots pour montrer que vous vous l’êtes bien
appropriée, mais si vous "bloquez" n'hésitez pas à recopier la question: évidemment c'est beaucoup
moins bien, mais cela est préférable à un devoir incomplet.
Plan de l'analyse: votre introduction se termine par l'énoncé du plan.

E. L’écriture du devoir

1) Les éléments de réponse

A partir du "cadre vide" que constitue votre plan, il va falloir repartir les idées des auteurs en
établissant des corrélations c'est à dire en reliant les différents avis comme si l'on assistait à un
débat entre eux, sans intervention personnelle.
Le plus simple c'est de noter, au brouillon, si on suit la méthode préconisée au début, les n° ou
références de chaque idée importante reformulée. Pour vous faciliter la tâche vous pouvez
commencer par celles qui sont communes à plusieurs auteurs puis vous positionnez les autres en
fonction de la problématique interne de votre partie. N'oubliez pas que si l'un des auteurs n'évoque
pas tel ou tel aspect on peut également mentionner ce fait, ce qui permet de "retrouver tout le
monde" dans chaque partie (attention quand même à ne pas en abuser).

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Donc à la fin de ce travail de mise en place des n° des idées (correspondant à chacune de vos
reformulations) vous rédigez au brouillon votre conclusion pour éviter d'avoir à concevoir cette
dernière en toute hâte et terminer votre devoir par une ou deux phrases incorrectes.

Quelques phrases courtes rappellent alors en conclusion l'enjeu de la question et les différents
éléments de réponse que les auteurs ont apporté. Attention il faut absolument revenir sur les textes
du corpus ou du moins le dire de façon explicite car il ne faudrait pas que le correcteur pense à une
prise de position personnelle.

2) Présentation de la réponse

« La production de la réponse » doit être « construite et rédigée »


Pour cela, il importe :
• De suivre le plan qui assure un lien étroit entre les différentes idées présentes dans
les textes. La réponse ne doit être ni un catalogue de faits, ni une réflexion abstraite
mais le reflet d'une circulation de parole entre les différents auteurs autour de la
question centrale posée par le sujet.
• D’utiliser avec pertinence les outils offerts par la langue et le
vocabulaire : « L'épreuve vise à évaluer la maîtrise de la langue française des
candidats (correction syntaxique, morphologique et lexicale, niveau de
langue et clarté d'expression) ainsi que leurs connaissances sur la langue
;[…]». De reformuler fidèlement les opinions défendues pour justifier les arguments
présentés.

3) Le soin apporté à la formulation


Évidemment les tournures doivent être grammaticalement correctes et l’orthographe doit être
soignée. « 5 points permettent d'évaluer la correction syntaxique et la qualité écrite de la
production du candidat.»
Aucune abréviation ne doit apparaître. Les chiffres ou nombres, en dehors des dates, doivent être
écrits en toutes lettres. Attention à ne pas désigner un texte par son ordre dans le corpus (texte 3) il
faut associer à chaque idée son auteur en le nommant mais attention aux répétitions ! Vous avez le
droit, à mon avis une fois seulement dans le devoir, d'écrire "le premier texte" ou "le dernier texte"
mais rien de plus. La rédaction doit mettre en valeur les grandes idées présentes dans les textes à
travers votre analyse. Elle doit donc être claire et organisée. Pour cela il faut utiliser les
connecteurs logiques, sauter des lignes entre les parties et aller à la ligne, en retrait, à chaque
sous partie. Afin de soigner la cohérence, faites des transitions entre vos parties. Les citations
doivent être correctement intégrées dans les phrases.

⇨ On vous demande, au minimum, d’écrire correctement ce qui signifie que vous êtes censé
maîtriser les points suivants qui constituent un programme établi à partir d'une évaluation
statistique des fautes les plus courantes
a) Attention à l’écriture : quelques conseils de bon sens doivent être rappelés et peuvent être
rapidement suivis. Votre écriture devra être lisible: en effet, il faut faire des efforts pour
justement ne pas demander un trop grand effort au lecteur…qui vous corrige ! Evitez les
fantaisies de toutes sortes car l’apparence extérieure de votre devoir est déjà, en soi, une partie
du message que ce devoir essaie de transmettre : démarquez-vous par la maîtrise de l’exercice
et non par des barres sur les « t » artistiquement calligraphiées. Vérifiez que tous les mots soient
lisibles. Commencez par fuir les encres exotiques (jaune paille, turquoise des îles, vert pomme, et
surtout le rouge - comment voulez-vous qu'on vous corrige ?). Méfiez-vous aussi des effaceurs
qui non seulement effacent l'encre normale, mais parfois aussi absorbent le mot écrit au verso,
voire l'encre de rectification fournie avec l'effaceur. Transformer votre copie en bas-relief de

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plâtre grâce au correcteur blanc n'est pas toujours, non plus, une excellente idée (une simple
biffure à la règle est souvent plus élégante). Nombre de correcteurs souffrent de myopie. Ce n'est
pas une raison pour choisir une écriture de débutant du type trois mots par ligne, mais de grâce,
assurez-vous qu'on parvient à faire la différence entre vos n et vos u, entre vos r, vos e et vos a,
ce que les écritures rondelettes, hideuses mais à la mode compromettent gravement.
b) Attention à la ponctuation ! Bien sûr, vous savez déjà que le point clôt la phrase
franchement et que les virgules sont des respirations particulièrement utiles entre les membres
d’une énumération. Cependant utilisez-vous assez de points-virgules qui notent une pause
moyenne qui distinguent deux éléments joints par le sens ? Quant aux deux points, ils vous
permettent d’alléger une explication en faisant l’économie d’un mot subordonnant. Enfin
n’oubliez pas l’existence des tirets (sorte de parenthèses) et des traits d’union qui sont
obligatoires en cas d’inversion du sujet dans des phrases du type : « Existe-t-il des
raisons d’espérer ?… ».
c)L’orthographe reste un critère essentiel dans l’évaluation de la copie. C'est un élément
discriminant permettant de distinguer une copie d’une autre le jour de l’épreuve. Les cinq points
attribués, ou pas, à l'issue de la lecture de la totalité de la copie ne sont rien en comparaison de
la minoration systématique de votre note en analyse s'il y a trop de fautes d'orthographe. Pour
éviter cela relisez soigneusement votre texte au fur et à mesure que vous l'écrivez, c'est à dire
qu'on relit l'introduction dès qu'elle est écrite au propre au tout début, puis on s'arrête, à la fin de
la rédaction de la première partie, pour la relire, puis à la fin de la seconde ... Cette stratégie
vous permet, en cas d'urgence, de limiter les dégâts et s'il reste des fautes vers la fin du devoir,
le correcteur pensera au manque de temps et sera plus indulgent que s'il pense que vous êtes
mauvais en orthographe alors que c'est une matière que vous aurez à enseigner.

4) L’organisation en paragraphes :

Comme tout texte rédigé, il est nécessaire d’organiser sa pensée en paragraphes. Organiser (faut-il
le rappeler ?) suppose une logique : Il ne s’agit ni d’énumération, ni de collage d’informations.
Utilisez par conséquent des connecteurs logiques (alors, ensuite, enfin, puis, mais, tout d’abord….)
Enfin, pensez à varier les formulations.
La règle d'or : la clarté !
Pour chaque partie, vous devez commencer par une phrase d'introduction : Elle consiste
selon les cas soit à donner l'idée directrice de votre développement, soit à marquer une ou des
convergences entre certains auteurs.
Ensuite vient le développement de la partie. Il faudra, par exemple, préciser la spécificité de
chacun même si sur l'ensemble vous avez montré leur accord. Puis enchaînez sur une idée liée ou
opposée à la première pour livrer l'avis d'un autre auteur mais de façon à rester dans le même
thème de cette première partie tout en variant les points de vue. Procédez de la même façon pour
chaque grande partie.
Le passage à la deuxième puis à la troisième partie (s'il y a lieu) se matérialise par un saut de ligne.
Entre l’introduction et la conclusion, pensez aussi à sauter une ou deux lignes.
La transition : si vous en avez le temps, sachez qu'entre deux parties on peut trouver un court
paragraphe synthétisant ce que l’analyse a permis de comprendre des textes au regard de la
question posée. Ce très court paragraphe va aussi annoncer la suite, permettant de mettre les textes
en perspective. Mais attention au temps, vous pouvez avantageusement remplacer cela par un début
de partie (suivante) qui établit la relation avec ce qui précède.

5) La relecture finale:

Nous avons déjà évoqué ce problème qui doit être réglé dès le début de la rédaction du devoir mais il
est toujours bénéfique de relire une dernière fois sa copie avant de la rendre.

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DEUXIEME PARTIE

Exercice commenté :

Question : Qu’apporte au XXIème siècle l’étude des mythes antiques ?

Texte n°1 : Mircea ELIADE, Mythes, rêves et mystères, coll. « Idées »,


Gallimard, 1978.

Qu'est-ce au juste qu'un « mythe» ? Dans le langage courant du XIXe siècle, le mythe signifiait
tout ce qui s'opposait à la « réalité» : la création d'Adam ou l'homme invisible, aussi bien que
l'histoire du monde racontée par les Zoulous ou La Théogonie d'Hésiode étaient des « mythes ».
Comme beaucoup d'autres clichés de l'illuminisme et du positivisme, celui-ci aussi était de structure
et d'origine chrétiennes; car, pour le christianisme primitif, tout ce qui ne trouvait pas sa
justification dans l'un ou l'autre des deux Testaments était faux: c'était une « fable ». Mais les
recherches des ethnologues nous ont forcés de revenir sur cet héritage sémantique, survivance de la
polémique chrétienne contre le monde païen. On commence enfin à connaître et à comprendre la
valeur du mythe telle qu'elle a été élaborée par les sociétés «primitives» et archaïques, c'est-à-dire
par les groupes humains où le mythe se trouve être le fondement même de la vie sociale et de la
culture. Or, un fait nous frappe dès l'abord: pour de telles sociétés, le mythe est censé exprimer la
vérité absolue, parce qu'il raconte une histoire sacrée, c'est-à-dire une révélation transhumaine qui
a eu lieu à l'aube du Grand Temps, dans le temps sacré des commencements (in illo tempore). Étant
réel et sacré, le mythe devient exemplaire et par conséquent répétable, car il sert de modèle, et
conjointement de justification, à tous les actes humains. En d'autres termes, un mythe est une
histoire vraie qui s'est passée au commencement du Temps et qui sert de modèle aux
comportements des humains. En imitant les actes exemplaires d'un dieu ou d'un héros mythique, ou
simplement en racontant leurs aventures, l'homme des sociétés archaïques se détache du temps
profane et rejoint magiquement le Grand Temps, le temps sacré.
Comme on le voit, il s'agit d'un renversement total des valeurs: tandis que le langage courant
confond le mythe avec les « fables », l'homme des sociétés traditionnelles y découvre, au contraire,
la seule révélation valable de la réalité. On n'a pas tardé à tirer les conclusions de cette découverte.
Peu à peu, on n'a plus insisté sur le fait que le mythe raconte des choses impossibles ou
improbables: on s'est contenté de dire qu'il constitue un mode de pensée différent du nôtre, mais
que, en tout cas, on ne doit pas le traiter, a priori, comme aberrant. On est allé plus loin: on a
essayé d'intégrer le mythe dans l'histoire générale de la pensée, en le considérant comme la forme
par excellence de la pensée collective. Or, comme la « pensée collective » n'est jamais
complètement abolie dans une société, quel qu'en soit le degré d'évolution, on n’a pas manqué
d'observer que le monde moderne conserve encore un certain comportement mythique: par
exemple, la participation d'une société entière à certains symboles a été interprétée comme une
survivance de la « pensée collective ».

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Il n'était pas difficile de montrer que la fonction d'un drapeau national, avec toutes les
expériences affectives qu'elle comporte, n'était nullement différente de la « participation » à un
symbole quelconque dans les sociétés archaïques. Ce qui revenait à dire que, sur le niveau de la
vie sociale, il n'existait pas de solution de continuité entre le monde archaïque et le monde
moderne. La seule grande différence était marquée par la présence, chez la plupart des individus
constituant les sociétés modernes, d'une pensée personnelle, absente, ou presque, chez les
membres des sociétés traditionnelles.

Texte n°2 : Les Textes fondateurs, anthologie, GF avril 2009 présentation et


dossier Christian Keime

Aussi ancien soit-il, le texte fondateur est toujours d’actualité.

Des récits dépassés ?


Est-ce bien le cas pour nous, Français du XXIème siècle, qui ne parlons plus ni grec, ni latin, qui
ne sacrifions plus de vaches blanches à Hercule et qui, à la lumière des découvertes scientifiques
des derniers siècles, ne croyons plus à ce que la Bible et les Métamorphoses d’Ovide, nous disent de
la création du monde ? Quel est l’intérêt de connaître la vie de Moïse et celle de Jésus pour celui,
qui, par exemple, n’est ni juif ni chrétien ?
Que l’on croit ou non dans ces textes, nos ancêtres, eux, y croyaient et les aimaient. C’est
pourquoi le patrimoine qu’ils nous ont légué et que nous côtoyons tous les jours est plein de ces
vieilles histoires. Ce patrimoine, c’est notre façon de parler et de penser, les pierres de nos villes,
nos œuvres d’art et notre histoire. On parle machinalement du « talon d’Achille », cette partie fragile
par laquelle périt ce héros que les grecs pensaient invincible ; et la construction d’une autoroute ou
d’un métro est toujours l’occasion de retrouver les fondations d’une villa romaine ou d’exhumer des
fragments de vases grecs sur lesquels des artistes ont peint des scènes mémorables de la
mythologie. Dans nos grandes villes, le bâtiment le plus imposant demeure souvent la cathédrale,
sur le portail de laquelle on trouve très fréquemment sculpté le récit de la création du monde que
rapporte la Bible. C’est encore ce livre qu’il faut connaître pour comprendre l’enthousiasme des
chevaliers du Moyen âge partis en croisade pour libérer le tombeau du Christ. Enfin, ces récits
anciens continuent de nourrir la création des artistes de notre époque : indémodables, ils demeurent
des histoires fantastiques dont peintres, chanteurs, cinéastes et créateurs de jeux vidéo ne cessent
de s’inspirer. Une chose étonne cependant : aucun de ces textes devenus si essentiels pour la
culture française n’est né en France.

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Texte n°3 : Des Mythes aux mythologies, Christophe Carlier, Nathalie Griton- Rotterdam,
« Thèmes et études » Ellipses, 1994 p.81-82

Les marques commerciales ont exploité le fonds mythologique et utilisé les réminiscences plus ou
moins conscientes qui s'attachent à certains termes. Mais la lecture de certaines enseignes peut
aussi rester mystérieuse.
Il est judicieux d'avoir appelé L'Argus un journal spécialisé dans la vente de véhicules
d'occasion. Argus était, dans la mythologie gréco-romaine, un homme à la vue perçante, ou encore
un monstre doté de quatre yeux: deux d'entre eux regardaient devant lui, et les deux autres
derrière. Même pour dormir, Argus ne fermait jamais ses quatre paupières en même temps. Pour
d'autres auteurs encore, le corps d'Argus était entièrement recouvert d'yeux. C'est pourquoi Héra
eut recours à lui quand elle voulut que la nymphe Io, qu'elle avait par jalousie changée en génisse,
fût surveillée par un gardien infaillible. Mais Zeus ordonna à Hermès de tuer Argus. Héra,
reconnaissante envers son fidèle et vigilant serviteur, plaça alors ses yeux sur le plumage de
l'oiseau qui lui était consacré: le paon.
Ce mythe dont le détail est inconnu de la plupart des lecteurs était bien fait pour illustrer
l'habileté du publiciste ou du vendeur auquel rien n'échappe. Détourné de son univers initial, le
nom est parfaitement adapté à son utilisation actuelle.
Le lien entre un héros homérique et une poudre à récurer était moins facile à établir. Pourtant,
le nom du fils de Télamon, si courageux et si vaillant qu'il fut parfois placé sur le même plan
qu'Achille, le beau nom d'Ajax, est à présent aussi familier aux consommateurs qu'aux hellénistes.
Au moins l'évocation de la «tornade blanche» conserve-t-elle l'idée de force ou de combat, comme
le nom de la barre chocolatée « mars » suggère encore les notions d'énergie et de succès.
Il est plus étrange qu'une des neuf muses, ces filles de Zeus et de Mnémosyne (parfois aussi
considérées comme les filles d'Harmonie), ait pu donner son nom à une voiture. A partir de
l'époque classique, à laquelle chacune des neuf sœurs se vit attribuer la protection d'un art, Clio
devint muse de l'Histoire. Cette valeur expliquait que le nom de Clio serve de blason à une
collection d'ouvrages historiques, comme celui d'Érato (muse de la lyrique chorale), était devenu
celui d'une marque de disques.
Mais que le nom de Clio désigne désormais une voiture est sans doute la preuve ultime, s'il en
était besoin, que la mythologie se prête à toutes les réincarnations.

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CORRIGE

Rappel du sujet :

Qu’apporte au XXIème siècle l’étude des mythes antiques ?

 Relevé des idées principales

 Remarque importante : vous noterez que seules les idées les plus importantes sont mises en
évidence.
 Il est bien sûr possible de détailler beaucoup plus la pensée des auteurs car à trop simplifier
on peut devenir caricatural.
 Cependant, compte tenu du temps dont vous disposez, il vaut mieux partir d’un cadre plus
simple qu’on affinera ensuite plutôt que de se perdre dans une masse énorme d’informations
plus détaillées. Donc voici un exemple de ce que l’on peut réaliser à propos des textes de ce
sujet :

Texte n°1 : ELIADE Mircea, Mythes, rêves et mystères, coll. « Idées »,


Gallimard, 1978.

Qu'est-ce au juste qu'un « mythe» ? Dans le langage courant du XIXe siècle, le mythe
signifiait tout ce qui s'opposait à la « réalité» : la création d'Adam ou l'homme invisible,
aussi bien que l'histoire du monde racontée par les Zoulous ou La Théogonie d'Hésiode
A1
étaient des « mythes ». Comme beaucoup d'autres clichés de l'illuminisme et du
positivisme, celui-ci aussi était de structure et d'origine chrétiennes; car, pour le
christianisme primitif, tout ce qui ne trouvait pas sa justification dans l'un ou l'autre des
deux Testaments était faux: c'était une « fable ».

Mais les recherches des ethnologues nous ont forcés de revenir sur cet héritage A2
sémantique, survivance de la polémique chrétienne contre le monde païen. On commence
enfin à connaître et à comprendre la valeur du mythe telle qu'elle a été élaborée par les
sociétés «primitives» et archaïques, c'est-à-dire par les groupes humains où le mythe se
trouve être le fondement même de la vie sociale et de la culture.

Or, un fait nous frappe dès l'abord: pour de telles sociétés, le mythe est censé exprimer A3
la vérité absolue, parce qu'il raconte une histoire sacrée, c'est-à-dire une révélation
transhumaine qui a eu lieu à l'aube du Grand Temps, dans le temps sacré des
commencements (in illo tempore). Étant réel et sacré, le mythe devient exemplaire et par
conséquent répétable, car il sert de modèle, et conjointement de justification, à tous les
actes humains.

En d'autres termes, un mythe est une histoire vraie qui s'est passée au commencement A4
du Temps et qui sert de modèle aux comportements des humains. En imitant les actes
exemplaires d'un dieu ou d'un héros mythique, ou simplement en racontant leurs
aventures, l'homme des sociétés archaïques se détache du temps profane et rejoint
magiquement le Grand Temps, le temps sacré.

Comme on le voit, il s'agit d'un renversement total des valeurs: tandis que le langage A5
courant confond le mythe avec les « fables », l'homme des sociétés traditionnelles y
découvre, au contraire, la seule révélation valable de la réalité. On n'a pas tardé à tirer
les conclusions de cette découverte. Peu à peu, on n'a plus insisté sur le fait que le mythe
raconte des choses impossibles ou improbables: on s'est contenté de dire qu'il constitue
un mode de pensée différent du nôtre, mais que, en tout cas, on ne doit pas le traiter, a
priori, comme aberrant.

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Comme on le voit, il s'agit d'un renversement total des valeurs: tandis que le langage A5
courant confond le mythe avec les « fables », l'homme des sociétés traditionnelles y
découvre, au contraire, la seule révélation valable de la réalité. On n'a pas tardé à tirer
les conclusions de cette découverte. Peu à peu, on n'a plus insisté sur le fait que le mythe
raconte des choses impossibles ou improbables: on s'est contenté de dire qu'il constitue
un mode de pensée différent du nôtre, mais que, en tout cas, on ne doit pas le traiter, a
priori, comme aberrant.

On est allé plus loin: on a essayé d'intégrer le mythe dans l'histoire générale de la A6
pensée, en le considérant comme la forme par excellence de la pensée collective. Or,
comme la « pensée collective » n'est jamais complètement abolie dans une société, quel
qu'en soit le degré d'évolution, on n’a pas manqué d'observer que le monde moderne
conserve encore un certain comportement mythique: par exemple, la participation d'une
société entière à certains symboles a été interprétée comme une survivance de la «
pensée collective ».

Il n'était pas difficile de montrer que la fonction d'un drapeau national, avec toutes les A7
expériences affectives qu'elle comporte, n'était nullement différente de la « participation
» à un symbole quelconque dans les sociétés archaïques.

Ce qui revenait à dire que, sur le niveau de la vie sociale, il n'existait pas de solution de A8
continuité entre le monde archaïque et le monde moderne. La seule grande différence
était marquée par la présence, chez la plupart des individus constituant les sociétés
modernes, d'une pensée personnelle, absente, ou presque, chez les membres des
sociétés traditionnelles.

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Texte n°2 : KEIME Christian, présentation et dossier in Les Textes fondateurs,


anthologie, GF avril 2009.

Aussi ancien soit-il, le texte fondateur est toujours d’actualité.

Des récits dépassés ?

Est-ce bien le cas pour nous, Français du XXIème siècle, qui ne parlons plus ni grec, ni
latin, qui ne sacrifions plus de vaches blanches à Hercule et qui, à la lumière des
découvertes scientifiques des derniers siècles, ne croyons plus à ce que la Bible et les
B1
Métamorphoses d’Ovide, nous disent de la création du monde ? Quel est l’intérêt de
connaître la vie de Moïse et celle de Jésus pour celui, qui, par exemple, n’est ni juif ni
chrétien ?

Que l’on croit ou non dans ces textes, nos ancêtres, eux, y croyaient et les aimaient. B2
C’est pourquoi le patrimoine qu’ils nous ont légué et que nous côtoyons tous les jours est
plein de ces vieilles histoires. Ce patrimoine, c’est notre façon de parler et de penser, les
pierres de nos villes, nos œuvres d’art et notre histoire.

On parle machinalement du « talon d’Achille », cette partie fragile par laquelle périt ce B3
héros que les grecs pensaient invincible ; et la construction d’une autoroute ou d’un
métro est toujours l’occasion de retrouver les fondations d’une villa romaine ou
d’exhumer des fragments de vases grecs sur lesquels des artistes ont peint des scènes
mémorables de la mythologie.

Dans nos grandes villes, le bâtiment le plus imposant demeure souvent la cathédrale, sur B4
le portail de laquelle on trouve très fréquemment sculpté le récit de la création du monde
que rapporte la Bible.

C’est encore ce livre qu’il faut connaître pour comprendre l’enthousiasme des chevaliers B5
du Moyen âge partis en croisade pour libérer le tombeau du Christ.

Enfin, ces récits anciens continuent de nourrir la création des artistes de notre époque : B6
indémodables, ils demeurent des histoires fantastiques dont peintres, chanteurs,
cinéastes et créateurs de jeux vidéo ne cessent de s’inspirer. Une chose étonne
cependant : aucun de ces textes devenus si essentiels pour la culture française n’est né
en France.

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Texte n°3 : CARLIER Christophe, GRITON-ROTTERDAM Nathalie, Des Mythes aux


mythologies, « Thèmes et études » Ellipses, 1994 p.81-82.

Les marques commerciales ont exploité le fonds mythologique et utilisé les réminiscences
plus ou moins conscientes qui s'attachent à certains termes. Mais la lecture de certaines C1
enseignes peut aussi rester mystérieuse.

Il est judicieux d'avoir appelé L'Argus un journal spécialisé dans la vente de véhicules C2
d'occasion. Argus était, dans la mythologie gréco-romaine, un homme à la vue perçante,
ou encore un monstre doté de quatre yeux: deux d'entre eux regardaient devant lui, et
les deux autres derrière. Même pour dormir, Argus ne fermait jamais ses quatre
paupières en même temps. Pour d'autres auteurs encore, le corps d'Argus était
entièrement recouvert d'yeux. C'est pourquoi Héra eut recours à lui quand elle voulut que
la nymphe Io, qu'elle avait par jalousie changée en génisse, fût surveillée par un gardien
infaillible. Mais Zeus ordonna à Hermès de tuer Argus. Héra, reconnaissante envers son
fidèle et vigilant serviteur, plaça alors ses yeux sur le plumage de l'oiseau qui lui était
consacré: le paon.

Ce mythe dont le détail est inconnu de la plupart des lecteurs était bien fait pour illustrer C3
l'habileté du publiciste ou du vendeur auquel rien n'échappe. Détourné de son univers
initial, le nom est parfaitement adapté à son utilisation actuelle.

Le lien entre un héros homérique et une poudre à récurer était moins facile à établir. C4
Pourtant, le nom du fils de Télamon, si courageux et si vaillant qu'il fut parfois placé sur
le même plan qu'Achille, le beau nom d'Ajax, est à présent aussi familier aux
consommateurs qu'aux hellénistes. Au moins l'évocation de la «tornade blanche»
conserve-t-elle l'idée de force ou de combat, comme le nom de la barre chocolatée «
mars» suggère encore les notions d'énergie et de succès.

Il est plus étrange qu'une des neuf muses, ces filles de Zeus et de Mnémosyne (parfois C5
aussi considérées comme les filles d'Harmonie), ait pu donner son nom à une voiture. A
partir de l'époque classique, à laquelle chacune des neuf sœurs se vit attribuer la
protection d'un art, Clio devint muse de l'Histoire. Cette valeur expliquait que le nom de
Clio serve de blason à une collection d'ouvrages historiques, comme celui d'Érato (muse
de la lyrique chorale), était devenu celui d'une marque de disques.

Mais que le nom de Clio désigne désormais une voiture est sans doute la preuve ultime, C6
s'il en était besoin, que la mythologie se prête à toutes les réincarnations.

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Reformulations possibles

Premier texte
 A1 Pour Mircea ELIADE, auparavant, au XIXème siècle, la définition du mythe, d'inspiration
chrétienne, s'appliquait à tout ce qui s'opposait à la réalité.
 A2 Grâce à l'ethnologie on repense le mythe comme fondateur de vie sociale et comme
culture des sociétés primitives.
 A3 Pour les sociétés primitives, le mythe est une histoire vraie qui indique l'exemple à suivre.
 A4 L'imitation ou même le simple récit permet à l'homme d'accéder au "temps sacré"
 A5 Il s'agit d'un renversement des valeurs mais le mythe est considéré comme un mode de
pensée différent du nôtre.
 A6 Le monde moderne a intégré le mythe en le considérant comme "la pensée collective",
tout en observant des "survivances".
 A7 On trouve un exemple de survivance dans la fonction du drapeau national.
 A8 La grande différence avec les sociétés primitives réside dans la manifestation d'une pensée
personnelle dans le monde moderne.

Second texte

 B1 Christian KEIME s'interroge sur l'intérêt qu'on peut porter aux mythes puisqu'on n'y croit
plus.
 B2 L'une des réponses est, selon lui, qu'il s'agit de notre patrimoine puisque nos ancêtres y
croyaient.
 B3 Il donne l'exemple du talon d'Achille dans le langage, et de la mise au jour accidentelle de
vestiges artistiques de l'antiquité à l'occasion de grands travaux publics.
 B4 Il évoque l'exemple des cathédrales qui fonctionnent comme une Bible à ciel ouvert.
 B5 Et il note l'importance de cet ouvrage dans la société médiévale (Croisades).

 B6 Dans le monde contemporain, les récits anciens sont toujours de mode et inspirent les
créateurs alors qu'il s'agit, de façon paradoxale, d'une culture importée.

Troisième texte
 C1 Pour Christophe CARLIER et Nathalie GRITON-ROTTERDAM la société moderne exploite le
filon du mythe à travers des « réminiscences plus ou moins conscientes ».
 C2 Ils donnent l'exemple de l'Argus.
 C3 L'habileté du créateur moderne, selon eux, se voit dans les implications totalement
adaptées à l'objet nommé.
 C4 Ils donnent les exemples d'Ajax et de Mars, autres exemples de la réussite du transfert
d'une qualité liée au mythe dans l'image du produit.
 C5 Ils mentionnent les exemples de Clio et d'Erato concernant, de façon logique,
respectivement des ouvrages historiques et une maison de disques.
 C6 Ils s'interrogent sur la reprise de la référence à Clio dans le cadre d'une voiture et c'est la
preuve, pour eux, qu'on n'en a pas fini de métamorphoser les matériaux mythiques.

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Plan possible:
 1 Comment l'homme du XXIème siècle appréhende-t-il les mythes ?
 2 Comment et pourquoi les utilise-t-on ?
 A propos de sujet et du plan: souvent, on trouve différentes parties dans la question posée
par le sujet et cela doit vous aider pour construire un plan simple sans trop perdre de temps.
Ici, la question semble n'appeler qu'un seul développement, dans ce cas il faut repérer LE mot
(ou groupe de mots) le plus important de l'intitulé et voir ce qu'il représente (ou sa définition)
pour les auteurs concernés. Ce sera la première partie. On répondra plus ou moins
directement à la question dans une seconde partie.
 "Mythes antiques" est incontournable, donc on va essayer de voir comment les auteurs les
définissent ou les prennent en compte, avant de voir ce qu'ils apportent, selon eux, à nos
sociétés modernes.

Répartition des idées :

Voici un cadre vide, répartissez les idées principales (n°) en fonction des deux parties proposées par
le plan. Vous trouverez un corrigé dans le devoir rédigé, colonne de droite.

INTRODUCTION

1ère partie

2ème partie

CONCLUSION

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Corrigé rédigé

La mythologie, loin d'être oubliée par le monde moderne, est souvent remise à Phrase
d’introduction
l'honneur à ou au goût du jour par les créateurs modernes, qu'il s'agisse d'art ou de
Liste des extraits du
produits de consommation. Mircea ELIADE dans un extrait de Mythes, rêves et corpus (vous pouvez
mystères (Gallimard 1978) propose une approche ethnologique. Christian KEIME noter que l’on trouve
quelques mots
dans sa présentation de l'ouvrage Les textes fondateurs, anthologie (GF 2009)
synthétisant le
revient sur l'aspect culturel de ces références. Enfin, Christophe CARLIER et Nathalie contenu de chaque
GRITON-ROTTERDAM dans un passage Des Mythes aux mythologies (Ellipses 1994) texte mais c’est une
prise de risque dont
évoquent l'ingérence des premiers nommés, de façon assez inattendue, dans notre on peut se passer)
vie quotidienne. On peut donc s'interroger sur ce qu'apporte, à notre époque, l'étude Problématique
des mythes antiques en observant, à travers ces auteurs, comment notre civilisation Plan
les considère mais également comment et pourquoi on les utilise.

Tous les auteurs sont d'accord pour dire que les mythes antiques, loin d'être Première partie
Démarrer, lorsque
oubliés, tiennent une place importante dans nos sociétés du XXIème siècle. Ils c’est possible par un
s'interrogent pourtant sur la façon dont l'homme "moderne" les appréhende. point commun.
C1
Christophe CARLIER et Nathalie GRITON-ROTTERDAM parlent de l'exploitation d'un
"filon" à propos du mythe. Mais, comme le souligne Christian KEIME, on peut
B1
s'interroger sur l'intérêt que l'on peut actuellement porter aux mythes dans la
mesure où on n'y croit plus. Mircea ELIADE va dans le même sens en notant que,
A1
déjà au XIXème siècle, la définition du mythe, d'inspiration chrétienne, s'appliquait à
tout ce qui s'opposait à la réalité. Ce problème de la croyance est pourtant toujours
A3
d'actualité, mais plus pour notre civilisation. Il relève plutôt, toujours d'après Eliade,
de ce que l'on peut étudier dans les sociétés primitives. C'est ainsi que pour Christian B2
KEIME, l'une des réponses à cette présence contemporaine des mythes est liée à
notre patrimoine puisque nos ancêtres, eux, y croyaient. ELIADE pense d'ailleurs que A2
ce retour, cette remise au goût du jour, ont été rendus possibles grâce à l'apparition
de l'ethnologie qui oblige notre société à repenser le mythe comme fondateur de vie A5
sociale et comme culture des sociétés primitives. Il s'agit, pour lui, d'un
renversement des valeurs mais le mythe est considéré, dans cette survivance B3
contemporaine, comme un mode de pensée différent du nôtre. Outre l'ethnologie,
c'est également grâce à l'archéologie, comme le souligne Christian KEIME, que la A6
mythologie "refait surface" au sens propre lorsqu'on découvre des vestiges de villas
romaines ou des fragments de poteries sur lesquelles sont peintes des scènes A7

fameuses. Mircea ELIADE pense également que des "survivances de la pensée


collective", comme il les appelle, sont présentes au niveau comportemental, à travers C1

l'exemple du drapeau national. De même, et toujours dans le sens d'une influence


sous-jacente, Christophe CARLIER et Nathalie GRITON-ROTTERDAM parlent de
"réminiscences plus ou moins conscientes".

Donc, d'une simple source de référence pour Christophe CARLIER et Nathalie Deuxième partie
GRITON-ROTTERDAM, à l'intégration du mythe en le considérant comme "la forme Transition entre les
deux parties,
par excellence de la pensée collective" pour Mircea Eliade, nous voyons dans ces intégrée à la seconde
textes que l'homme moderne, loin de renier ses racines y puise un regain de
références multiples et souvent inattendues.
B3
En premier lieu, Christian KEIME pense au langage et il donne l'exemple du "talon C2 C4
d'Achille". Mais cela devient plus drôle lorsque Christophe CARLIER et Nathalie
GRITON-ROTTERDAM font une liste hétéroclite comportant un journal, une poudre à C3 Adaptation
récurer et une barre chocolatée. Argus, Ajax et Mars semblent prêter leurs qualités

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physiques ou morales, de façon presque subliminale aux produits qu'ils désignent B6


maintenant, et ce grâce à l’habileté des publicistes. L'étude de ces corrélations, reste,
comme le souligne Christian KEIME, une source de création "indémodable". Un aspect C1
particulièrement intéressant est abordé à travers cette notion de "mystère" qui, pour B6 Dans partie B6
mais non reformulé
Christophe CARLIER et sa collègue, semble entourer certaines évocations. Ce qui est
à rapprocher des "histoires fantastiques" dont parle Christian KEIME. Cette aura A3 Dans partie A3
mais non reformulé
mystérieuse qui entoure les mythes semble puiser dans ce que Mircea ELIADE appelle
B6
"une révélation transhumaine" qu'il qualifiera de magique. Aucun domaine de la
création contemporaine n'y échappe: Christian KEIME évoque tour à tour la peinture,
C5
la musique, le cinéma, les jeux vidéos. Christophe CARLIER et Nathalie GRITON-
C6
ROTTERDAM y souscrivent également en rappelant l'exemple musical d'Erato et ils y
rajoutent l'industrie automobile avec le nom de la muse de l'Histoire. L'emploi d'un
même nom ou d'une même référence, dans l'exemple de Clio, prouve, pour eux, qu'il B6

n'y existe plus de limites à ce qu'ils appellent des "réincarnations" des héros de la
mythologie, alors que Christian KEIME note que paradoxalement cette source A3
d'inspiration essentielle pour notre culture n'est pas née chez nous. Pourtant, ne B4
retrouve-t-on pas, à travers cette surabondance de références publicitaires, un
simulacre de ce qu'ELIADE appelle "modèle au comportement des humains" déjà
présent, d'après Christian KEIME, sur le portail des cathédrales ?

L'étude des mythes antiques au XXIème siècle se révèle, pour les auteurs de notre Conclusion qui
revient à la fois sur
corpus, très riche d'enseignements. Le monde moderne s'interroge sur la nature de les textes et la
ces sources de référence qui fondent nos civilisations et qui semblent se réactualiser problématique
au gré de la fantaisie des créateurs contemporains. Mais les larges exemples pris A8 Ici pas obligatoire
et anecdotique
dans la publicité semblent rendre caduque la dernière réflexion de Mircea ELIADE sur
la présence d'une "pensée personnelle" dans les sociétés modernes.

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TROISIEME PARTIE

Conseils aux correcteurs

• Il s’agit, dans ce travail d’analyse de textes, de permettre au jury « d’évaluer la capacité à

comprendre et à analyser des textes (dégager des problématiques, construire et développer

une argumentation) ». JO du 27 avril 2013

• Aussi, tout travail qui ne présentera pas de plan précis et visiblement structuré sera

fortement pénalisé

• Attention au plan qui ne se révèlerait n’être qu’un catalogue d’idées non organisées.

• De même, le fait de ne pas analyser tous les textes ou de créer une hiérarchie artificielle

entre eux devra être sanctionné.

• Il faut valoriser en revanche tout essai de plan même s’il est différent de celui proposé dans la

correction qui n’est qu’un exemple possible (il n’y a pas un plan unique pour répondre à une

question complexe comme celle posée par le sujet).

• Rappelons que la « maîtrise de la langue française » est une composante primordiale du

travail demandé et ne doit en aucun cas être négligée.


 Notation et barême :
L'épreuve est notée sur 40 points : 11 pour la première partie, 11 pour la deuxième et 13
pour la troisième ; 5 points permettent d'évaluer la correction syntaxique et la qualité écrite
de la production du candidat.

o Une note globale égale ou inférieure à 10 est éliminatoire.


o Durée de l'épreuve : quatre heures.

o On attribuera ainsi les 5 points qui permettent d’évaluer la correction syntaxique et la qualité
écrite de la production du candidat :
 3 points : orthographe

 1 point : morphologies lexicale et grammaticale correctes


 1 point : graphie lisible et propre

Synthèse des rapports de jury

 Le jury invite les candidats à la plus grande vigilance sur l’orthographe et la construction des
phrases (attention aux phrases très longues).Ces exigences sont d’autant plus affirmées qu’il
s’agit d’un concours de recrutement d’enseignants.
 On note parfois une organisation parfois extrême, sans transition. Il ne faut surtout pas de
plan listé ou numéroté, on attend un devoir entièrement rédigé.

 Il peut être intéressant d’avoir recours au genre des textes: journalistique, argumentatif
etc…

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 Eviter les paraphrases, veiller à écrire les citations entre guillemets.


 Les recours aux textes font souvent apparaître de nombreux contre-sens, les candidats «font
dire» aux auteurs ce qu'ils n'ont pas écrit.
 Veiller à ne pas substituer son avis personnel aux points de vue des auteurs. Attention au
manque de distance par rapport au thème, notamment l'ironie ou des idées personnelles qui
transparaissent.

 Tous les documents doivent être pris en compte de manière égale.


 On regrette souvent une culture littéraire et générale insuffisante.

 Un autre défaut repéré dans d’assez nombreuses copies est, comme souvent dans ce type
d’exercice, la linéarité de la démarche. On note trop souvent quatre commentaires de
textes successifs. Au lieu de confronter les documents, les candidats procèdent par analyses
et réponses successives. Le plan est alors totalement absent. Très souvent, les candidats
traitent les textes par ordre chronologique. Souvent, les remarques se suivent de façon
décousue, ne s’inscrivent pas dans une progression, un cheminement de la pensée. Cela est
du à une absence de plan solide ou pertinent, au manque d’articulations et de transitions
entre les parties. Il faut insister sur la mise en relations des textes afin de mettre en évidence
les points convergents, divergents, complémentaires ou nuancés.

 La conclusion a sa fonction propre, qui est de reprendre de façon synthétique le


cheminement mené dans le développement. Elle doit laisser le correcteur sur l’impression
d’un parcours maîtrisé, achevé, et déboucher éventuellement sur une perspective, une
ouverture inédite.

 De nombreuses copies sont desservies par l'impropriété ou le caractère vague des termes et
des formules employés, formulation parfois trop évasive ou approximative, syntaxe
maladroite.

 Quelques copies, enfin, négligent trop l’écriture.

 Critères de réussite :

Un exercice de réponse à la question réussi repose donc sur la mise en oeuvre des capacités
suivantes :

o comprendre et analyser des textes (ce qui réclame une culture générale suffisante et
l’aptitude à adapter ses stratégies de lecture à la nature des textes).

o établir des relations entre les écrits d'auteurs, d'époques, voire de types différents qui,
présentent des points complémentaires, tout en étant souvent contrastés. Les points de
convergence et de divergence doivent apparaître.

o rendre compte avec précision du contenu et de la spécificité des textes, en expliciter la


pensée, voire l’implicite, les présupposés, sans se limiter à expliquer au correcteur ce
qu’il a lui-même lu !

o concevoir une problématique qui va soutenir un plan logique, efficace et équilibré ainsi
que des articulations claires.

o écrire dans une langue bien maîtrisée (aux plans syntaxique, morphologique et lexical),
correcte et précise, sans négliger d'adopter une présentation claire témoignant d'un
souci de lisibilité et de communication.

* *
*

Bon travail !

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