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CHAPITRE III : DIVERSITE GENETIQUE D’UNE POPULATION.

OBJECTIFS.

- identifier la diversité génétique au sein d’une population et définir la notion de polymorphisme ;


- mettre en évidence la variation des fréquences alléliques au sein des populations ;
- relever l’influence de la sélection naturelle et des migrations sur les variations des fréquences
alléliques ;
- dégager l’importance des variations des fréquences alléliques.

INTRODUCTION.

Toute espèce vivante y compris l’espèce humaine est constituée d’individus présentant une importante
variabilité des phénotypes ; cette variabilité traduit une diversité génétique souvent très grande.

1- LE POLYMORPHISME AU SEIN D’UNE POPULATION.

La génétique des populations est la science qui a pour but de déterminer l’ampleur de la variabilité génétique
dans les populations naturelles, d’en expliquer l’origine, le maintien et l’importance évolutive.

Chez les espèces à reproduction sexuée, la diversité génétique est de règle, les individus génétiquement
identiques étant des exceptions. Cette diversité des génotypes est à l’origine d’une très grande variation des
phénotypes au sein de chaque espèce.

Diverses techniques biochimiques révèlent cette variabilité des phénotypes et génotypes :

- électrophorèse des protéines ;


- électrophorèse de l’ADN.

L’électrophorèse est une technique de séparation par un champ électrique des molécules chargées (acides
nucléiques, protéines). Les molécules chargées négativement se dirigent vers la cathode et les molécules
chargées positivement vers l’anode.

1.1- NOTION DE POPULATION.

Le biologiste distingue entre l’individu et l’espèce un groupe d’une importance particulière : la population. Ce
terme désigne l’ensemble des individus d’une même espèce qui vivent et se reproduisent entre eux en un lieu
assez bien délimité à la même époque.

Etant ainsi plus ou moins isolés sexuellement des populations voisines de la même espèce, on peut considérer
que ce groupe d’individus partage un « pool de gènes » propre à la population.

Un pool de gènes est un ensemble de gènes et de leurs différents allèles présents dans une population.

Exemples :
- la population des escargots d’un même champ ;
- un troupeau de zébus ;
- les Aborigènes australiens, les Zoulous, les Navajos, …
1.2- NOTION DE POLYMORPHISME.
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Un gène est dit polymorphe si l’allèle le plus commun (normal) a une fréquence inférieure à 0,95. Dans le cas
contraire, le gène est dit monomorphe.

Exemples de gènes polymorphes : le gène ABO, les gènes HLA.

Une population est dite polymorphe si ses individus présentent au moins deux types de phénotypes de façon
relativement fréquente. Ici, le terme polymorphisme caractérise ainsi la variabilité des phénotypes existant au
sein d’une population.

Le polymorphisme des populations est une conséquence du polymorphisme génique ou polyallélisme.

NB : Les caractères morphologiques du phénotype ne sont pas les seuls pris en compte lorsqu’on parle de
polymorphisme. La variabilité des caractères biologiques variés tels que les enzymes, les groupes sanguins,
les marqueurs HLA, …) est également étudiée.

2- VARIATION DES FREQUENCES ALLELIQUES AU SEIN D’UNE POPULATION.

2.1- CALCUL DES FREQUENCES ALLELIQUES.

Considérons un seul locus avec deux allèles possibles (A/a), la population peut se répartir en trois génotypes
différents (AA, Aa et aa). Si on suppose que l’on a dans la population x individus AA, y individus Aa et z
individus aa.

L’effectif total de la population N = x + y + z ; il existe 2N loci au sein de cette population (à cause de la
diploïdie).

La fréquence d’un allèle donné est le rapport du nombre de loci occupé par cet allèle et le nombre total de loci
existant dans cette population.

2x  y  0z 2x  y
Fréquence de A = = = p ;
2N 2N
0x  y  2z y  2z
Fréquence de a = = = q.
2N 2N
2x  y  y  2z 2( x  y  z ) 2N
p+q= = = =1
2N 2N 2N

Remarque : Dans une population d’effectif infini, où les individus se reproduisent au hasard (panmixie), en
l’absence des migrations, des mutations et de la sélection naturelle, les fréquences alléliques d’un gène à deux
allèles restent constantes d’une génération à l’autre : c’est la loi de Hardy Weinberg.

APPLICATION.

L’électrophorèse des alloenzymes (enzymes résultant de l’expression des différents allèles d’un même locus)
de 16 individus a donné le « code barre » ou empreinte génétique suivante :
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Vérifier que p + q = 1.

RESOLUTION.

- Nombre d’individus homozygotes A//A : 8 ;


- Nombre d’individus hétérozygotes A//a : 6 ;
- Nombre d’individus homozygotes a//a : 2.

2 x8  6
Fréquence de l’allèle A = p = = 0,6875 ;
2 x16
6  2 x2
Fréquence de l’allèle a = q = = 0,3125 ;
2 x16
Donc p + q = 0,6875 + 0,3125 = 1.

COMMENT EVALUER LE NOMBRE DE GENOTYPES POSSIBLES AU SEIN D’UNE POPULATION ?

Si une série allélique comporte m allèles, le nombre de génotypes possibles est de :
n
 m( m  1)  Avec  m  nombre..d ' allèles

 2   n  nombre..de.. gènes

Exemples :
1
 2( 2  1) 
- avec un gène à deux allèles A et a, on a   = 3 génotypes possibles ;
 2
2
 2( 2  1)  2
- avec deux gènes à deux allèles ; on a   = 3 = 9 génotypes possibles ;
 2
n
 2(2  1)  n
- avec n gènes à deux allèles chacun, la formule sera   = 3 génotypes possibles.
 2

DEVOIR A FAIRE A LA MAISON.

Calculer le nombre de génotypes possibles pour le gène ABO et le système de gènes HLA.

On supposera, en simplifiant, que le système HLA est un ensemble de six gènes A (24 allèles), B (52 allèles),
C (11 allèles), DP (6 allèles), DQ (9 allèles) et DR (46 allèles), tous portés par le chromosome 6.
Le gène ABO comprend 3 allèles : A, B et O.

Les fréquences alléliques au sein d’une population peuvent être influencées par deux facteurs :

- les migrations qui diminuent ou amoindrissent les différences entre les fréquences alléliques ;
- la sélection naturelle qui accentue les différences entre les fréquences alléliques.
2.2- INFLUENCE DE LA SELECTION NATURELLE.
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La sélection naturelle désigne le phénomène par lequel certains individus de certaines espèces survivent et
d'autres sont éliminés, et qui conduit à une évolution et à la conservation des caractéristiques adaptatives de
ces espèces.

La viabilité mesure ainsi la probabilité qu’un individu survive depuis la fécondation jusqu’à l’âge reproducteur.
Elle représente la valeur adaptative notée w :
- pour un génotype qui ne laisse pas de descendants, w = 0 ;
- pour un génotype ayant une forte aptitude, w = 1.

La valeur sélective est notée s.


w = 1 – s.

Sans pression de l’environnement, pratiquement tous les individus d’une même espèce pourraient à la fois
muter sans contraintes (avec apparition des caractères phénotypiques correspondants) et survivre. Mais le
climat, la végétation, la nourriture ou même la position géographique (près de la mer ou en montagne)
avantagent un certain nombre d’individus dont le phénotype se révèle mieux adapté. Par exemple, les animaux
montagnards survivent mieux s’ils ont des poils longs, les fleurs si elles attirent les insectes (pour favoriser la
pollinisation), etc. Ainsi, la sélection naturelle agit sur les individus par le biais de leur phénotype.

Le résultat direct de cette constatation est que les individus les moins viables se reproduiront beaucoup moins,
et que, de fait, leur génotype ne sera pas transmis à la descendance. Ainsi il se produit une sélection du
génotype par l’environnement. Les gènes sont ainsi représentés au cours des générations successives en
proportion de la valeur sélective de leurs effets phénotypiques (c’est-à-dire des avantages ou des
désavantages qu’ils procurent).

Il arrive également que des gènes n’aient aucune influence sur la sélection des individus d’une population
donnée, mais puissent néanmoins favoriser son adaptation si, soudain, son milieu de vie change (on parle
alors de préadaptation). Une mutation qui ne confère à un individu ni avantage ni désavantage est dite
mutation neutre.

ETUDE D’UN CAS : LA DREPANOCYTOSE CHEZ LES HUMAINS.

Chez certaines populations humaines, l’allèle HbS présente un désavantage à l’état homozygote car il se
traduit par une maladie grave de l’hémoglobine. Les homozygotes S//S meurent avant l’âge reproducteur, et ne
laissent donc pas de descendance.

Par contre, dans les zones où ne sévit pas le paludisme (ce qui est rare), l’allèle HbA présente un avantage
adaptatif. Les homozygotes A//A et les hétérozygotes A//S, souffrant peu ou pas du tout de drépanocytose,
sont les plus aptes à se reproduire. Au fil des générations, la sélection naturelle en conservant l’allèle HbA et
en éliminant l’allèle HbS accentue les différences entre les fréquences alléliques des deux allèles au sein des
populations humaines où sévit la drépanocytose.

NOTION DE POLYMORPHISME EQUILIBRE (OU VIGEUR HYBRIDE OU HETEROSIS).

C’est un phénomène observé dans le cas du croisement de deux races pures où les hybrides hétérozygotes
présentent un phénotype plus intéressant que celui de chacun des deux parents. On explique ce phénomène
par l’augmentation du nombre d’individus hétérozygotes.
Par exemple, dans les zones où sévissent ensemble la drépanocytose et le paludisme, les individus A//A sont
victimes de paludisme majoritairement. Les individus S//S sont victimes de drépanocytose.
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Les individus A//S sont plus résistants, l’hémolyse rapide des globules rouges empêchant probablement la
poursuite du cycle parasitaire. Ils sont donc les plus nombreux dans la population.

Dans ce cas, l’allèle HbS offre un avantage adaptatif.

2.3- INFLUENCE DES MIGRATIONS.

La migration est le transfert d’animaux provenant d’une population donnée dans une autre population de
structure génétique différente.

Les migrations d’individus entre populations différentes, en créant une circulation plus ou moins intense de
gènes entre ces populations initialement distinctes, modifient les fréquences alléliques  : ainsi, le pool génétique
de la population receveuse est enrichie d’une part ; les différences alléliques entre les pools génétiques des
deux populations sont réduites. Ces effets sont d’autant plus importants que les deux populations sont plus
proches géographiquement (ce qui facilite les échanges génétiques).

La fréquence de l’allèle A dans la population receveuse après migration est :

f (A) = m.x + (1 – m).y = m(x – y) + y.

Le changement de fréquence de l’allèle A due à l’immigration

∆P = m(x – y) avec :

- m = taux de migration c'est-à-dire le rapport du nombre d’immigrants et de l’effectif total de la


population receveuse ;
- x = fréquence de l’allèle A dans la proportion des animaux introduits ;
- y = fréquence de l’allèle A dans la population receveuse avant l’immigration.

Remarque : m est petit si on introduit peu d’animaux pour améliorer la population receveuse ; ∆P est par
conséquent faible.

EXERCICE D’APPLICATION.

Soit un élevage de volailles à 45 femelles où la fréquence de l’allèle responsable de la croissance est de 0,1.
L’éleveur achète 5 nouvelles femelles supposées avoir une vitesse de croissance meilleure.

Si la fréquence de l’allèle responsable de la croissance est de 0,50 chez les volailles importées, quel est l’effet
de l’introduction des nouvelles volailles sur la fréquence du gène étudié dans la population receveuse.
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RESOLUTION.

5
Le taux de migration, m = = 0,1.
45  5
Le changement de fréquence due à la migration, ∆P = 0,1(0,5 – 0,1) = 0,04.

La nouvelle fréquence de l’allèle dans la population receveuse est de 0,1 + 0,04 soit 0,14.

Il y a eu amélioration de la fréquence originale d’environ 4 %.

NB : Avant la migration, la différence entre les fréquences alléliques des populations initiale et receveuse était
de 0,5 – 0,1 = 0,4. Après migration, la différence devient 0,5 – 0,14 = 0,36.

On dit alors que la migration a pour effet de diminuer les différences entre les fréquences alléliques au sein des
populations.

MIGRATIONS ET EFFET DE FONDATION.

Si les migrations, en mélangeant les pools génétiques, ont tendance à uniformiser ces dernières, elles peuvent
aussi créer des populations nouvelles : c’est l’effet de fondation.

En effet, si une migration isole un petit groupe d’individus (sous population) n’ayant emporté qu’une fraction du
pool génétique de la population mère, ce groupe peut évoluer indépendamment et constituer une nouvelle
population génétiquement originale. Ce mécanisme important est à l’origine de la formation de populations
distinctes ; il a lieu lorsque l’effectif d’une espèce est faible et que l’espace géographique pouvant être colonisé
est grand. C’est sans doute ainsi que se sont isolées les différentes populations humaines par vagues
migratoires successives au cours de l’histoire de notre espèce.

CONCLUSION GENERALE.

Les variations des fréquences alléliques traduisent les changements dans la composition génétique des
populations d’une même espèce. L’évolution est l’accumulation des modifications dans la composition
génétique d’une population, dont le résultat est une adaptation accrue à l’environnement. Le processus
fondamental de l’évolution réside dans la variation des fréquences alléliques.
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CHAPITRE IV : PREVISION EN GENETIQUE HUMAINE.

OBJECTIFS.

- expliquer le mécanisme de transmission de gènes chez l’homme ;


- identifier les caryotypes des individus présentant des anomalies ou aberrations chromosomiques ;
- relever la nécessité des examens prénuptiaux et prénataux dans la prévention des maladies
héréditaires.

INTRODUCTION.

La génétique humaine présente quelques difficultés liées :

- à l’impossibilité de diriger les croisements et à la nécessité d’obtenir l’accord des intéressés avant
l’observation médicale ;
- à la longue durée d’une génération humaine et la faible fécondité de l’espèce ;
- à l’impossibilité d’appliquer les lois statistiques à cause des IVG (Interruptions Volontaires de
Grossesse) ;
- à la complexité de la formule chromosomique de l’homme : 2n = 46 chromosomes ;
- à l’ambiguïté de distinguer parmi les maladies congénitales (c'est-à-dire qui s’observent dès la
naissance) les génopathies des malformations congénitales (c'est-à-dire les mauvais développements
du fœtus consécutifs à une perturbation due à des maladies de la mère ou des intoxications
médicamenteuses.

La génétique humaine repose soit sur la méthode des questionnaires qui permettent d’établir des arbres
généalogiques, soit sur l’observation des caryotypes qui révèlent les perturbations génétiques « massives »,
soit enfin sur des « sondages d’ADN », qui sont des tests biochimiques permettant de détecter des gènes
défectueux.

1- ETUDE DES ARBRES GENEALOGIQUES DE QUELQUES CAS SIMPLES CHEZ


L’HOMME.

1.1- DEFINITIONS ET CONVENTIONS.

L’arbre généalogique (ou « pedigree » chez les autres animaux) est une représentation conventionnelle des
liens parentaux qui unissent les différents membres d’une famille.

Les symboles conventionnels utilisés dans ces représentations sont les suivantes :
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1.2- HEREDITE AUTOSOMALE.

1.2.1- Transmission des groupes sanguins.

Le système ABO comprend quatre phénotypes [A], [B], [AB] et [O] dont les caractéristiques sont les suivantes :

Groupe sanguin (phénotype) Type d’agglutinogènes (antigènes) Type d’agglutinines (anticorps)


à la surface des hématies dans le plasma sanguin
[A] Antigènes A Anticorps anti-B
[B] Antigènes B Anticorps anti-A
[AB] Antigènes A et B Pas d’anticorps
[O] Pas d’antigènes Anticorps anti-A et anti-B

Ce système est gouverné par trois gènes allèles A, B et O occupant un locus bien précis sur le chromosome 9.
Un individu donné possède donc seulement deux de ces trois allèles (un sur chacun des chromosomes
homologues de la paire 9).

Soit l’arbre généalogique suivant représentant la transmission des groupes sanguins dans une famille :

Indiquer le génotype de chaque individu.

L’analyse des arbres généalogiques de nombreuses familles montre que :

- deux parents de groupe A (ou de groupe B) ou l’un A et l’autre B, ont parfois des enfants de groupe
O ;
- deux parents de groupe AB peuvent avoir des enfants de groupe A, B ou AB ; mais jamais de groupe
O ;
- deux parents de groupe O ne peuvent avoir que des enfants de groupe O en principe.

Remarque : On ne considère ici qu’un seul gène déterminant le groupe sanguin. En réalité d’autres gènes
interviennent dans la réalisation de ce phénotype, ce qui peut expliquer certains cas rares dont l’interprétation
est complexe (Voir l’exercice 5 de la page 88, SVT Tle S, 1994).

1.2.2- Transmission de la drépanocytose.

La drépanocytose est une maladie grave de l’hémoglobine qui à tendance à former des polymères fibreux.
Ceux-ci déforment les hématies qui prennent la forme des faucilles d’où le nom d’anémie falciforme donné
souvent à cette maladie : il en résulte une anémie importante et héréditaire ainsi qu’une mauvaise irrigation des
organes avec risques de thrombose (formation des caillots dans les vaisseaux sanguins).

Le gène responsable de la synthèse de l’hémoglobine anormale HbS est localisé sur le chromosome 11. Sa
séquence est bien connue.
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La fréquence de naissance des enfants atteints de drépanocytose est de 1/100 dans certaines populations
africaines et 1/6 000 chez les européens.

Si la probabilité que les deux parents soient hétérozygotes est connue, un couple « normal » (c'est-à-dire sans
antécédents familiaux) peut évaluer son risque de donner naissance à un enfant atteint de la maladie.

EXERCICE D’APPLICATION.

La fréquence de l’allèle HbS dans une population humaine est de 5 %. Evaluer le risque d’avoir un enfant
atteint pour un couple ordinaire c'est-à-dire sans antécédents familiaux.

RESOLUTION.

5
La fréquence de l’allèle HbS = q = = 0,05. Ainsi, une personne sur 20 dans la population est
100
hétérozygote (on admet que les homozygotes récessifs sont éliminés de la population par la maladie et ne
laisse pas de descendance).

1 1 1
Le risque pour que les deux membres du couple soient hétérozygotes est de x  .
20 20 400

Par ailleurs, on sait que le croisement de deux hétérozygotes donne la descendance suivante :

La probabilité ou le risque de naissance d’un enfant atteint de la drépanocytose si les parents ont un phénotype
normal et des génotypes inconnus est le produit des deux probabilités :

1 1 1
Dans le cas présent, cette probabilité de naissance d’un enfant malade est de x  .
400 4 1600
Donc un enfant sur 1600 sera atteint.

NB : A l’inverse, si on connaît la fréquence de naissance des enfants atteint d’une maladie autosomale
récessive (et si les malades ne laissent pas de descendance), il est facile de retrouver la fréquence des
hétérozygotes dans la population :

Fréquence des hétérozygotes = fréquence..des..conples..hétérozygotes


DEVOIRS A FAIRE A LA MAISON.
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Dans le cas de la mucoviscidose (troubles respiratoires et digestifs graves dus à l’extrême viscosité des
sécrétions des glandes muqueuses), 1 bébé sur 2 000 est atteint dans les populations européennes.

 Evaluer la fréquence des hétérozygotes dans les populations européennes.

Même question pour les maladies suivantes :


- hypothyroïdie congénitale (maladie caractérisée par le nanisme et la déficience intellectuelle) : 1 bébé
atteint sur 3 000 naissances dans les populations européennes ;
- drépanocytose dans certaines populations africaines où 1 enfant sur 100 est malade.

NB : Le calcul des risques n’est valable que si l’on postule que le gène impliqué est porté par une paire
d’autosomes.

1.3.3- Transmission de l’albinisme.

L’albinisme est un défaut de pigmentation de la peau liée à une non synthèse de la mélanine. En effet, la
production de la mélanine à partir de la tyrosine ou de la phénylalanine est une réaction enzymatique catalysée
par une enzyme au moins (deux si on part de la phénylalanine) :

L’enzyme A est synthétisée à partir d’un gène à deux allèles :


- l’allèle A permet la synthèse de la protéine enzyme ;
- l’allèle a ne permet aucune synthèse.

Il en est de même de l’enzyme B qui est fabriquée à partir d’un gène à deux allèles B et b.

Soit l’arbre généalogique suivant présentant la transmission de l’albinisme dans une famille qui ne connaît pas
de problème de sous nutrition en protides (on considère uniquement le gène A).

Indiquer le génotype de chaque individu (tenir compte du gène A uniquement).

L’analyse de l’arbre généalogique permet de faire les constats suivants :

- les hommes et les femmes sont atteints : ceci permet de penser que le gène impliqué est porté par
une paire d’autosomes ; l’albinisme est une maladie autosomale ;
- les parents II1et II2 phénotypiquement sains ont produit une descendance « malade » (III2, III3 et III5) :
le gène responsable est donc récessif.

1.3.4- Transmission de la chorée de Huntington.


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La chorée de Huntington est une maladie héréditaire qui se manifeste tardivement (vers l’âge de 40 ans), chez
les sujets porteurs de ce gène. Elle est due à une dégénérescence des neurones de plusieurs zones de la
substance grise du tronc cérébral et du cortex (cortex préfrontal en particulier qui joue un rôle fondamental
dans la coordination des mouvements). La maladie peut évoluer jusqu’à la démence.

L’arbre généalogique suivant présente la transmission de la chorée de Huntington dans une famille :

L’analyse de cet arbre généalogique permet de tirer les conclusions suivantes :

- la maladie affecte les deux sexes : elle est autosomale ;


- Chaque enfant malade naît d’un parent malade c'est-à-dire que la maladie se transmet sans sauter
une génération : le gène responsable est donc dominant ;

COMMENT DETERMINER, AVEC LES SEULES INFORMATIONS FOURNIES PAR L’ARBRE


GENEALOGIQUE, SI LE GENE RESPONSABLE DE LA MALADIE SE TRANSMET SUIVANT UN MODE
DOMINANT OU UN MODE RECESSIF ?

Lorsqu’un arbre généalogique permet de découvrir un individu atteint d’une maladie héréditaire alors qu’aucun
de ses parents n’est atteint, on peut affirmer que l’allèle responsable est récessif ;

Si par contre chaque individu atteint a au moins un de ses deux parents également malade, le gène
responsable se transmet le plus souvent suivant un mode dominant.

REMARQUE :

Soit l’arbre généalogique suivant :


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Chaque enfant malade naît des couples ou l’un des parents au
moins est malade : donc on peut penser que le gène
responsable se transmet suivant un mode dominant.

Mais, tout individu atteint peut être homozygote, ce qui revient à


dire que chaque malade provient des parents tous
hétérozygotes. Ceci n’est pas impossible, mais est d’autant
moins probable que l’allèle récessif est une version mutée d’un
gène, et donc rare, et que le nombre de couples hétérozygotes
est très important.

1.3- HEREDITE GONOSOMALE.

1.3.1- La transmission de la myopathie de Duchenne.

La myopathie de Duchenne est une maladie caractérisée par une dégénérescence progressive des muscles.
Entre 10 – 12 ans, l’atteinte musculaire s’aggrave et le malade devient incapable de marcher.

L’arbre généalogique suivant met en évidence un certain nombre de faits communs aux familles où sont nés
des enfants myopathes :

- seuls les garçons sont affectés par cette maladie : c’est une maladie gonosomale. le gène
responsable est porté par la portion propre du chromosome X ;
- les parents des enfants malades ne présente aucun trouble apparent, mais le plus souvent, les
enquêtes révèlent l’existence de la maladie dans la famille de la mère : la maladie est donc récessive.

Ecrire les génotypes des différents membres de la famille.

Evaluer le risque pour que le couple III 4 et III5 ait :

- un autre garçon malade ;


- une fille atteinte ;
- une fille vectrice.

1.3.2- La transmission de l’hémophilie.

L’hémophilie est une maladie héréditaire du sang, caractérisée par une insuffisance de la coagulation
plasmatique responsable de saignements excessifs, spontanés ou se produisant à l’occasion de traumatismes
minimes.
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L’hémophilie est liée à une quantité insuffisante ou nulle de certains des facteurs de la coagulation, protéines
du plasma sanguin, indispensables à la formation du caillot. L’hémophilie A, observée chez 80 % des
hémophiles, est engendrée par l’absence du facteur VIII. Dans la deuxième forme, l’hémophilie B, c’est le
facteur IX qui est absent.

Le traitement après dépistage de la forme de la maladie consiste à transfuser régulièrement le facteur déficient.

L’hémophilie se transmet selon un mode identique à la myopathie de Duchenne. Toutefois :

- les hommes hémophiles peuvent avoir une descendance ;


- la maladie est exclusivement masculine.

DEVOIRS A FAIRE A LA MAISON.

Rechercher la probabilité pour un couple d’avoir un enfant hémophile dans les conditions suivantes :

- homme hémophile épousant une femme n’ayant pas d’antécédent hémophile connu dans sa famille ;
- homme hémophile épousant une femme ayant un frère hémophile ;
- homme hémophile épouse une femme née d’un père hémophile.

Dans le dernier cas, comment expliquer l’absence systématiquement constatée de filles hémophiles ?

PROBLEME : TRANSMISSION DE L’HEMOPHILIE ET DU DALTONISME.

L’arbre généalogique suivant se rapporte à la transmission de deux maladies héréditaires : l’hémophilie et le


daltonisme (anomalie de la vision des couleurs).

Montrer d’après cet arbre généalogique que les gènes « hémophiles » et « daltonien » sont récessifs et
situés sur un chromosome sexuel.

Donner le génotype des individus II 2 et II5 et III3. En déduire celui de II 3, sachant que les ascendants de II 3
n’ont jamais présenté d’hémophilie.

Déterminer le génotype de III4, puis expliquer la survenue de l’individu IV 4.


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2- LES ANOMALIES OU ABERRATIONS CHROMOSOMIQUES.

2.1- DEFINITION.

Les anomalies chromosomiques sont des altérations de la morphologie d’un chromosome (translocation,
délétion, duplication, inversion) ou du nombre de chromosomes (monosomie, trisomie, polysomie, aneuploïdie,
…).

2.2- DIAGNOSTIC.

Le diagnostic des anomalies chromosomiques repose sur l’analyse comparée des caryotypes des cellules
humaines.

L’altération de la morphologie d’un chromosome est révélée par la technique de banding qui est une technique
de coloration des chromosomes métaphasiques permettant de faire apparaître des bandes claires et sombres
caractéristiques de chaque chromosome. La topographie de ces bandes est donc spécifique à chaque
chromosome et leur étude comparée permet de diagnostiquer les anomalies chromosomiques.

Les modifications du nombre de chromosomes sont révélées par l’absence ou la présence d’un ou de plusieurs
chromosomes dans le caryotype.

2.2.1- Etude de quelques anomalies chromosomiques.

a- La trisomie 21 ou Mongolisme (ou syndrome de Down).

La maladie frappe 1 enfant sur 700 dans le monde. Le risque s’élève à 1 enfant sur 12 si la mère a plus de
45 ans.

Elle se caractérise par :

- un repli vertical de la paupière ou épicanthus ;


- une face aplatie ;
- des anomalies des plis des paumes des mains ;
- un faible développement musculaire, intellectuelle et une petite taille ;
- une espérance de vie dépassant rarement 30 ans.

Le caryotype du malade montre très souvent la présence de trois chromosomes 21 au lieu de deux d’où le nom
de trisomie 21 (2n = 47 chromosomes). Ce surplus de chromosomes est souvent la conséquence d’une méiose
anormale lors de la formation des gamètes chez l’un des parents.

NB : On connaît d’autres trisomies touchant d’autres paires de chromosomes :

- la trisomie 18 caractérisée par des malformations du crâne, de la face, des pieds, des viscères (cœur,
reins) ; le sujet meurt avant l’âge d’un an ;
- la trisomie 13 caractérisée par la malformation des yeux, du cerveau, du système circulatoire ;
- la trisomie XXY ou syndrome de Klinefelter, qui affecte un homme sur 850, et se caractérise par la
stérilité à cause de l’atrophie des gamètes et l’incapacité de produire des gamètes. On observe aussi
un faible développement de la pilosité et des facultés intellectuelles ;
- la trisomie XYY qui affecte un homme sur 500 ; le malade est très agressif mais fertile ;
- la trisomie XXX qui touche une fille sur 500 ; le malade a des ovaires normaux et donc fertile.
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3.1.2- La monosomie X ou syndrome de Turner.

La maladie affecte une fille sur 10 000 et se


caractérise par les signes suivants :

- petite taille ;
- absence de caractères sexuels secondaires;
- stérilité.

L’observation du caryotype montre la présence d’un


seul chromosome sexuel X au lieu de deux d’où le nom
de monosomie X (2n = 45 chromosomes).

REMARQUE :

L’étude des trisomies et des monosomies touchant les chromosomes sexuels permet de penser que le
l’information masculinisante se trouve sur le chromosome Y. en effet, certains hommes stériles se sont avérés
porteurs d’un caryotype de type 44 + XX, avec un des X ayant reçu par translocation un fragment du
chromosome Y.

Les études plus fines montre que le chromosome Y porte le gène SRY (Portion du chromosome Y déterminant
le sexe) ; gène codant pour la protéine TDF (facteur de détermination testiculaire). La protéine enzyme oriente
la différenciation des cellules germinales en spermatogonies. En son absence, les cellules germinales évoluent
en ovogonies.
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3- APPLICATION ET IMPLICATION DES CONNAISSANCES EN GENETIQUE HUMAINE.

La génétique humaine a pour but actuel d’étudier les maladies héréditaires et les anomalies chromosomiques.
Associé à la médecine, les techniques utilisées en génétique humaine permettent de :

- prévenir l’apparition de certaines maladies (médecine préventive) ;


- prévoir c'est-à-dire identifier les sujets à risque (médecine prédictive).

3.1- CONSEIL GENETIQUE A PARTIR DES ARBRES GENEALOGIQUES.

L’étude des arbres généalogiques révèle l’existence des prédispositions génétiques : certains sujets ont un
risque plus élevé que d’autres de développer certaines maladies héréditaires.

Le médecin est dans ce cas sollicité par un couple qui désire avoir un enfant et qui redoute de lui transmettre
une maladie connue dans la famille de l’un des deux conjoints. Pour formuler un conseil génétique, le médecin
doit savoir :

- si la maladie est réellement héréditaire ;


- quel est le mode de transmission de la maladie ;
- dans le cas où la maladie est autosomale récessive, quel est le risque que les deux conjoints soient
hétérozygotes.

3.2- CONSEIL GENETIQUE A PARTIR D4UN DIAGNOSTIC ANTE OU PRENATAL.

Dans le cas d’une grossesse à risque (mère âgée de plus de 38 ans ou présence des antécédents familiaux),
le médecin peut tenter de diagnostiquer d’éventuelles anomalies avant la naissance de l’enfant ( diagnostic
prénatal). Le diagnostic repose sur des examens faits :

- sur une cellule de l’embryon si la fécondation est réalisée in vitro : dans ce cas, on a affaire à un DPI
ou Diagnostic Préimplantatoire ;
- sur des tissus embryonnaires prélevées le plus tôt possible :

o prélèvement de liquide amniotique (amniocentèse) ou du sang fœtal dans le cordon ombilical


(cordocentèse) à partir de la dix-septième semaine de grossesse ;
o prélèvement des villosités choriales (choriocentèse) dès la huitième semaine de grossesse.

Les villosités choriales sont parties du placenta, formées par les cellules du fœtus.

Les recherches effectuées sur ces prélèvements sont très variées :

- examens des caryotypes des cellules fœtales en vue de dépister les anomalies chromosomiques ;
- examens biochimiques et sondages de la molécule d’ADN en vue de dépister les anomalies géniques.

A l’issue du diagnostic, « la décision à prendre c'est-à-dire le choix entre l’IVG et la naissance d’un enfant plus
ou moins profondément handicapé appartient aux parents en vertu de la loi et met en cause la conception que
chacun fait de la vie et de la personne humaine» (et non au médecin).

DEVOIR A FAIRE A LA MAISON.


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L’arbre généalogique suivant montre la transmission de l’hémophilie chez les descendants de la reine Victoria.

1- Déterminer le mode de transmission de la maladie.


2- Indiquer les génotypes de dix individus judicieusement choisis dans chaque génération.