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Conception graphique et réalisation : Julie Agor - Oreka graphisme

Dépôt légal : 4e trimestre 2016


ISBN 978-2-36549-232-4
© Thierry Souccar Éditions 2016, Vergèze (France)
www.thierrysouccar.com
Tous droits réservés
– SOMMAIRE –

INTRODUCTION ........................................ 5

LE SYSTèME IMMUNITAIRE ..................... 6

LES RèGLES DE BASE ............................ 9


Réduire le stress ........................................ 9
Dormir au moins 7 heures ........................ 10
Maigrir .................................................. 10
Bouger .................................................. 11
Supprimer les polluants ............................ 12
Jeûner ? ................................................. 12
Surveiller ses hormones ........................... 13
Adopter une hygiène de vie prudente en
cas d’épidémie de maladie infectieuse ...... 15
LES ALIMENTS ET Compléments
ALIMENTAIRES ........................................ 16
L’ail et l’oignon ....................................... 16
Le thé vert .............................................. 17
Le champignon shiitaké ........................... 18
Le curcuma ............................................. 18
La vitamine D ......................................... 19
La vitamine C ......................................... 21
La vitamine E .......................................... 23
Le zinc ................................................... 24
Le magnésium ........................................ 25
Le resvératrol .......................................... 25
Les extraits de pépins de raisin (OPC) ....... 26
L’andrographis ....................................... 27
Les probiotiques ...................................... 28
Un complément multivitamines-
multiminéraux ......................................... 28
La N-acétyl-cystéine ................................. 30
La propolis.............................................. 30
Les huiles essentielles ............................... 31
– INTRODUCTION –
Pourquoi certains d’entre nous tombent malades plus
fréquemment que d’autres ? Qu’est-ce qui rend plus sen-
sibles aux infections ? Sommes-nous condamnés à tomber
malade quand quelqu’un de notre entourage est touché ?
Sur la base des dernières recherches scientifiques,
Super Immunité montre comment nous pouvons ­devenir plus
résistants aux rhumes, à la grippe et à d’autres maladies.
N’attendez pas pour soutenir votre système immuni-
taire, grâce aux conseils, aux aliments et aux complé-
ments alimentaires qui sont détaillés dans ce livre.

5
– LE SYSTÈME –
IMMUNITAIRE
Le système immunitaire est un réseau de cellules, tissus
et organes dont l’évolution nous a dotés, et qui a pour rôle
principal de nous défendre contre les virus, les bactéries
et d’autres agents indésirables. Le système immunitaire
est en général capable de faire la distinction entre ce
qui appartient à votre corps et ce qui tente d’y pénétrer,
comme le virus de la grippe. Pour cela, chaque cellule de
votre corps présente à sa surface des protéines qui vous
caractérisent, votre signature en quelque sorte. Le système
immunitaire les reconnaît et les laisse en paix.
Ce système de reconnaissance du « soi » est appelé com-
plexe majeur d’histocompatibilité ou HLA. Il a été découvert en
1958 par le Pr Jean Dausset, prix Nobel de médecine 1980.
Toute substance capable de déclencher une réponse
du système immunitaire est appelée antigène. Le virus
de la grippe, mais aussi la salmonelle, une bactérie qui
contamine les aliments ou encore certaines protéines ou
fractions de protéines (le gluten du blé dans la maladie
céliaque) sont des antigènes. Les caractéristiques propres
à l’antigène qui déclenchent la réponse immunitaire sont
appelées des épitopes.
Le système immunitaire est constitué d’une armée
de globules blancs, des cellules qui, comme toutes les

6
cellules du sang, proviennent de cellules souches dans
la moelle osseuse. Les globules blancs  regroupent les
polynucléaires, les macrophages et les lymphocytes.
Ces derniers sont des globules blancs de petite taille. Ils
interviennent au stade avancé d’une infection. Ils montent
des attaques ciblées, une fois que des macrophages leur
ont présenté des fragments d’antigènes récupérés sur les
envahisseurs. Les lymphocytes-B se transforment en cel-
lules du plasma qui produisent des anticorps. Les lym-
phocytes-T coordonnent la réponse immunitaire globale
et éliminent les virus dissimulés dans les cellules infectées.
Les lymphocytes-B sécrètent donc des substances
solubles connues sous le nom d’anticorps. Ils patrouillent
autour des ganglions lymphatiques, attendant qu’un macro-
phage vienne leur présenter un antigène ou qu’un enva-
hisseur se présente. Lorsque l’anticorps d’un lymphocyte-B
correspond à un antigène, une transformation intervient.
L’antigène se lie à l’anticorps, le lymphocyte-B le phago-
cyte (il le « mange et le digère »), et avec l’aide d’un lym-
phocyte-T auxiliaire (appelé T-helper), il se transforme en
une grosse photocopieuse qui va fabriquer dans le plasma
des copies identiques d’anticorps spécifiques, à un rythme
sidérant : jusqu’à 10 millions de copies à l’heure.
Lorsque des lymphocytes-T et B sont activés, une ­partie
d’entre eux gardent le souvenir de l’envahisseur. S’il se
présente à nouveau, le système immunitaire est prêt à
le détruire. Cette immunité s’acquiert par une première

7
infection ou artificiellement par un vaccin contenant des
virus atténués ou des fragments du microbe.
Les lymphocytes-B et les lymphocytes-T sont donc pro-
grammés pour reconnaître des antigènes. On estime qu’ils
ont dans leur « répertoire » 1015 récepteurs. Avec une telle
bibliothèque, il arrive que des récepteurs reconnaissent des
antigènes qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à
des protéines de l’organisme. Pour éviter que ces protéines
deviennent la cible du système immunitaire (ce qu’on appelle
l’auto-immunité), le corps dispose de garde-fous qui per-
mettent d’éliminer les cellules réactives et les auto-anticorps.
L’immunité diminue avec l’âge, ce qui explique qu’on
est plus vulnérable aux infections après 60  ans. On ne
connaît pas exactement les raisons de cet affaiblisse-
ment, mais cela pourrait être lié à la baisse de certaines
hormones, ainsi qu’à des déficits nutritionnels, comme le
déficit en zinc. C’est la raison pour laquelle vous trouve-
rez dans ce guide des conseils pour jauger les niveaux
des hormones thyroïdiennes et de la DHEA, ainsi que la
recommandation de prendre un complément quotidien de
vitamines et minéraux correctement formulé, afin d’éviter
les déficits répandus en micronutriments.
Dans la première partie du guide sont recensées des
mesures qui concernent le mode de vie. Dans la deuxième
partie, une liste d’aliments et de compléments alimentaires
intéressants pour l’immunité.

8
– LES RÈGLES –
DE BASE

Réduire le stress

Stress et immunité ne font pas bon ménage. Les conflits


familiaux, les événements stressants de la vie comme les
séparations, les décès, la perte d’un travail ont été asso-
ciés dans plusieurs études à un risque plus élevé d’infec-
tions respiratoires. Et celles et ceux qui souffrent de stress
chronique sont encore plus vulnérables.
Les massages, la natation (une forme de massage par
l’eau), le yoga, le tai-chi, la marche, la pratique d’une
activité artistique, la pratique de la méditation et de la
cohérence cardiaque, une technique popularisée en
France par le Dr David O’Hare, ont prouvé leur efficacité
à faire baisser le cortisol, augmenter la sérotonine et dimi-
nuer la perception du stress.
Côté complément alimentaire, on peut se tourner vers
la L-théanine, le L-tryptophane, un acide aminé qui donne
naissance à la sérotonine ou son métabolite le 5-HTP.

9
Dormir au moins 7 heures

Une étude récente de l’université américaine Carnegie


Mellon a trouvé que les personnes qui dorment moins de
7 heures par nuit ont presque 3 fois plus de risques d’attraper
un rhume que celles qui dorment au moins 8 heures. Il y a un
lien étroit entre le sommeil et l’immunité. En hiver, en périodes
de rhume et de grippe, assurez-vous de dormir suffisamment.

Maigrir

Les patients en surpoids et obèses peuvent développer


une réponse immunitaire inflammatoire exagérée en réac-
tion à une infection, et cela peut faire plus de mal que de
bien comme en témoignent les décès recensés pendant
l’épidémie de grippe H1N1 de 2009.
Lors d’une infection comme celle de la grippe, le
système immunitaire produit des médiateurs inflamma-
­
toires. Ils ont pour rôle de limiter la dissémination de
l’infection en conduisant les cellules infectées au suicide,
et de s­timuler une réponse immunitaire. Des études ont
trouvé des concentrations élevées de ces médiateurs chez
les obèses. Ces concentrations diminuent lorsque les
obèses maigrissent. Il est donc conseillé, pour une bonne
immunité, de perdre le poids superflu.
Si vous devez perdre du poids, vous pourriez lire
La meilleure façon de manger et Le Nouveau Régime IG

10
minceur, deux livres publiés
à ces éditions et devenus
des références en matière
de régime non contrai-
gnant, équilibré, efficace
et validé scientifiquement.

Bouger

Par rapport aux sédentaires, les personnes qui font de


l’exercice régulièrement ont moins souvent de rhumes et d’in-
fections respiratoires supérieures. Une étude épidémiologique
a trouvé que ceux qui pratiquaient une activité physique régu-
lière avaient un risque d’infections respiratoires supérieures
diminué de 23 % par rapport aux sédentaires. Des résultats
similaires ont été rapportés pour les personnes plus âgées.
L’exercice d’intensité modérée a des effets bénéfiques
sur le système immunitaire. Ces effets apparaissent dès le
début de l’entraînement et disparaissent assez rapidement
après la fin de l’exercice. Dans plusieurs études récentes,
les personnes qui pratiquaient une activité physique régu-
lière ont produit plus d’anticorps en réponse à une vacci-
nation contre la grippe saisonnière que les sédentaires.
Toutes les formes d’exercice aérobie (d’endurance)
sont bonnes à prendre  : marche, course à pied, vélo,
natation, tennis, etc. Par exemple, un rythme de marche
de 100 pas par minute constitue un exercice modéré.

11
s
Supprimer les polluant

De nombreuses substances diminuent vos défenses


immunitaires. Voici quelques conseils :
• Arrêtez de fumer ou faites-vous aider ; si quelqu’un
fume dans votre entourage, instaurez une règle
stricte : pas de tabac dans la maison ni en voiture.
• Évitez d’utiliser des insecticides dans la maison et
des pesticides au jardin.
• Les peintures, colles, vernis relarguent des composés
agressifs pour les poumons qui sont aussi soupçon-
nés d’affaiblir l’immunité.
• Jetez sans regret tous les désodorisants d’intérieur et de
voiture : même problématique que pour les peintures.
• Évitez ou consommez avec parcimonie les poissons
suivants, contaminés par le mercure (un métal lourd
qui affecte l’immunité)  : anguille et civelle, bonite,
congre, daurade, julienne, loup de l’Atlantique, raie,
thon albacore, esturgeon, baudroie ou lotte, thon
blanc, requin, flétan, brochet, sabre argent et sabre
noir, espadon, marlin, siki, thon rouge.

JeUner ?

Une étude récente conduite à l’université de Californie


a conclu qu’un jeûne de 3  jours « régénère » le système
immunitaire en activant les cellules souches pour qu’elles

12
donnent naissance à de nouveaux globules blancs.
Mais le jeûne peut aussi abaisser l’immunité et il est trop
tôt pour le recommander contre les infections.

Surveiller ses hormones

DHEA
La déhydroépiandrostérone ou DHEA est une hormone
qui ne manque pas d’intérêt, en particulier après 60 ans.
Avec l’âge, les taux naturels de cortisol, une hormone
­synthétisée en réponse à un stress, évoluent généralement
en sens inverse de la DHEA : la DHEA baisse et le cortisol
a tendance à monter.
Chez l’animal, la DHEA stimule l’immunité et restaure
la fonction immunitaire qui diminue avec l’âge. Alors que
le stress, on l’a vu, et la prise de corticostéroïdes nuisent
à l’immunité. La DHEA prévient ces conséquences. Une
étude clinique a trouvé que les hommes avec un taux
de DHEA bas qui ont pris chaque jour pendant 2  à
20  semaines 50  mg de cette hormone ont vu plusieurs
paramètres de l’immunité améliorés.
Pour savoir si vous pouvez bénéficier d’un supplément
de DHEA, il faut faire un dosage sanguin. En cas de taux
bas, le médecin pourra vous prescrire cette hormone qui
est délivrée en pharmacie ; les doses habituelles vont de
20 à 50 mg/j sans certitude sur l’immunité.

13
Les hormones thyroïdiennes
Après 55 ans, le niveau des hormones thyroïdiennes
est étroitement lié à la performance du système immu-
nitaire. Une bonne raison d’évaluer la fonction thyroï-
dienne et de la rétablir le cas échéant. L’hypothyroïdie
franche se manifeste par une plus grande frilosité et des
kilos rebelles. Les baisses d’hormones thyroïdiennes qui
accompagnent le vieillissement naturel sont cependant
souvent plus discrètes et moins faciles à diagnostiquer
que l’hypothyroïdie franche.
Pour plus d’information,
lire deux livres publiés à ces
éditions : En finir avec l’hypo-
thyroïdie du Dr Benoît Claeys
et Thyroïde, les solutions natu-
relles du Dr Philippe Veroli.

Hormones Valeurs optimales


DHEA (sulfate)
Femme 150 à 350 µg/dL
Homme 250 à 450 µg/dL
Fonction thyroïdienne
TSH entre 0,5 et 3 mU/L
T3 libre entre 2 et 6 ng/L
T4 libre entre 7,8 et 15,6 ng/L

14
prudente en
Adopter une hygiène de vie
adie infectieuse
cas d´épidémie de mal

Les mesures de base relèvent du bon sens.


• Couvrez nez et bouche avec un mouchoir en papier
quand vous toussez ou vous éternuez. Jetez-le ensuite.
• Lavez-vous souvent les mains avec de l’eau et du
savon, en particulier après avoir éternué ou toussé.
Il faudrait se laver les mains pendant 20 secondes.
Si vous n’avez pas de savon, les gels ou lingettes à
base d’alcool sont efficaces aussi.
• Évitez de vous toucher le nez, la bouche ou les yeux.
• Évitez le contact avec des malades. 

À cela, on peut ajouter le gargarisme. En période


d’infection (rhume, grippe), la bouche et la gorge sont
des portes d’entrée pour les virus. Il n’y a pas de preuves
formelles que cela prévient les infections, mais des études
suggèrent que des gargarismes au thé vert seraient utiles.

15
– LES ALIMENTS –
ET COMPLéments
ALIMENTAIRES

L´ail et l´oignon

L’ail et l’oignon contiennent des flavonoïdes, ainsi que


des composés soufrés qui sont à l’origine de leur odeur
et leur flaveur particulières. L’ail renferme un acide aminé
inodore appelé alliine. Lorsqu’on coupe de l’ail ou qu’on
le broie, une enzyme transforme l’alliine en ­
allicine et
d’autres composés soufrés qui sont à l’origine de son odeur
caractéristique. On pense que ces composés soufrés
expliquent la plupart des propriétés thérapeutiques de
l’ail. Au milieu du XIXe  siècle, Louis Pasteur a démontré
que l’ail et l’oignon étaient antibactériens. Ce n’était
qu’un début. On sait aujourd’hui que l’ail est un excellent
antibiotique et que les bactéries ne développent aucune
­résistance contre lui. Et au début des années 1980, des
chercheurs japonais ont mis en évidence les effets intéres-
sants de l’ail contre les virus de la grippe.
On ne sait pas si on est plus protégé lorsqu’on mange
de l’ail et de l’oignon, mais il n’y a aucun risque à le faire,
dans le cadre d’un régime méditerranéen.

16
Le thé vert

Des recherches ont montré que deux catéchines


présentes dans le thé vert, l’épicatéchine gallate (ECG,
également présente dans le raisin noir) et l’épigalloca-
téchine gallate (EGCG) ainsi que la théaflavine du thé
noir, sont capables d’inhiber plusieurs virus de la grippe.
C’est l’EGCG du thé vert qui se montre la plus efficace ;
cette catéchine peut tuer directement virus et bactéries.
D’autres constituants du thé stimulent le système immuni-
taire et possèdent des effets anti-inflammatoires précieux
en cas de grippe.
L’ingestion de thé ou d’extraits de thé pourrait réduire
d’un tiers environ le nombre de personnes avec des
­symptômes de la grippe ou du rhume.
Il n’y a pas de preuves fermes que le thé protège, mais
on peut en boire plusieurs tasses par jour. C’est préférable
à la prise d’extraits.
Par précaution, les extraits de thé riches en catéchines
ne devraient pas être donnés aux enfants (un enfant peut
boire cependant un peu de thé vert, en évitant la fin de
journée) et aux personnes à risque de maladie du foie.
Les extraits pris avec un repas peuvent empêcher l’absorp-
tion du fer : prudence donc chez les personnes à risque
de déficit en fer.

17
Le champignon shiitaké

Ce champignon asiatique est connu pour ses bienfaits


pour la santé. Il aurait ainsi des vertus anticancéreuses,
anti-âge, antioxydantes, antimicrobiennes, et pourrait pré-
venir les maladies cardio-vasculaires et favoriser l’immunité.
Dans une étude, 52 adultes en bonne santé, hommes
et femmes âgés de 21 à 41 ans, ont consommé pendant
4  semaines 5  à 10  g par jour de shiitaké (poids sec).
Ceci a conduit à une augmentation de la prolifération
des lymphocytes T et d’autres cellules immunitaires et une
diminution de l’inflammation.
On trouve aussi du shiitaké en complément alimentaire
sous forme d’extrait.

Le curcuma

Cette épice jaune qui s’utilise en cuisine renferme des


composés antioxydants, anti-inflammatoires, anticancer,
analgésiques, qui modulent l’activité de plusieurs agents
du système immunitaire comme les lymphocytes  B et  T,
les macrophages…
On peut l’incorporer dans la plupart des plats, y
compris les salades. Il existe aussi des compléments
­
­alimentaires à base de rhizome séché ou d’extraits riches
en curcumine, le principal principe actif.

18
• Rhizome séché en poudre : 1 à 3 g par jour, ce qui
correspond à environ 60 à 200 mg de c­ urcuminoïdes
(1 à 1,5 g chez l’enfant).
• Les compléments alimentaires hautement dosés en curcu-
mine doivent être réservés aux adultes en bonne santé.
Ils peuvent être pris à hauteur de 250 à 1000 mg/j.

La vitamine D

La variation de la vitamine D dans l’organisme expli-


querait en partie pourquoi la grippe est saisonnière, avec
un pic épidémique en hiver.
En effet le niveau de vitamine  D fluctue fortement
selon les saisons : élevé en été, au plus bas en hiver et
au début du printemps. La vitamine D est synthétisée dans
la peau sous l’action du rayonnement ultraviolet. Dans
l’hémisphère Nord, cette synthèse n’est vraiment efficace
qu’entre avril et octobre.
La vitamine D active l’immunité innée qui nous permet
de répondre rapidement aux agresseurs que sont les bac-
téries, les champignons et les virus.
Encore faut-il qu’il y ait assez de vitamine D dans le
corps, ce qui est rarement le cas en hiver (sauf si l’on
prend un supplément de vitamine D).
Mais un taux bas de vitamine  D n’explique pas
à lui seul pourquoi on est plus vulnérable en hiver.

19
Les conditions de faible humidité favoriseraient la survie et
le développement des virus. La contamination serait faci-
litée ensuite par le manque de vitamine D chronique qui
affaiblit les défenses immunitaires et peut-être les épisodes
de scolarisation qui aideraient à la propagation du virus.
Il est conseillé de mesurer régulièrement son taux de
vitamine D dans le sang en visant un minimum de 30 ng/mL
en hiver. Pratiquement, il faudrait recevoir suffisamment
de vitamine  D pour maintenir son taux de 25-hydroxy-
vitamine  D [notée 25(OH)D], la forme de réserve de la
vitamine, entre 30 et 45 ng/mL.
Les besoins en vitamine  D peuvent être couverts par
l’exposition quotidienne au soleil en été, mais à partir
d’octobre l’alimentation seule est insuffisante. Quant aux
aliments enrichis en vitamine  D (en France  : laitages et
huile), ils n’ont aucun impact sur le taux de vitamine  D
active, donc que peu d’intérêt.
Les enfants nourris au sein ont besoin de 800 UI par
jour et ceux nourris avec des laits artificiels autour de
400  UI. Les parents cessent souvent de donner de la
vitamine D à leurs enfants après l’âge de 18 à 24 mois ;
pourtant les experts recommandent que les enfants qui ne
s’exposent pas au soleil (octobre à avril dans l’hémisphère
Nord) reçoivent environ 1000 UI par jour.
Pour maintenir des taux supérieurs à 30 ng/mL, il est
nécessaire pour un adulte d’ingérer 1000 à 2000 UI de
vitamine D3 par jour à la saison froide.

20
Ces doses sont fournies par des suppléments que l’on
trouve en pharmacie, ou des compléments alimentaires.
Il est conseillé dans tous les cas de consulter un profes-
sionnel de santé.

La vitamine C

La vitamine  C agit à tous les stades de la réponse


immunitaire. Elle stimule la production d’anticorps dans le
sang qui vont aller se lier aux ennemis (antigènes) afin de
les neutraliser. La vitamine  C augmente aussi la rapidité
avec laquelle les lymphocytes  T et les lymphocytes  B se
divisent pour donner naissance à d’autres cellules protec-
trices. Cette vitesse de multiplication, qui est inhibée par de
nombreux virus, comme celui de la grippe, est améliorée
lorsqu’on prend de la vitamine C. La vitamine C augmente
également la capacité des polynucléaires neutrophiles à
phagocyter (digérer) les agents infectieux.
Les chercheurs pensent aussi que la vitamine C freine
la multiplication des virus dans les cellules infectées.
La vitamine C a des effets contrastés sur la prévention
des rhumes. Elle semble peu protéger les adultes, à l’excep-
tion des athlètes. En revanche, elle pourrait être bénéfique
aux enfants.
Une autre analyse publiée en 2004, qui englobait des
doses plus faibles (à partir de 200  mg/j) a conclu que

21
la vitamine  C permet globalement de réduire la durée
des symptômes de 8 % pour les adultes et de 14 % pour
les enfants lorsqu’elle est prise avant l’apparition des
­symptômes. Mais lorsque la vitamine  C est prise après
l’apparition du rhume, on ne trouve pas de différence.
Cependant dans une grande étude au cours de laquelle
on a donné aux volontaires 8  g de vitamine  C le pre-
mier jour du rhume, la durée du rhume a été réduite de
manière significative chez les participants.
S’il existe de nombreuses études sur la vitamine C et le
rhume, il y en a assez peu sur la grippe. Elles suggèrent
que la vitamine C a un effet modeste. En cas de grippe, la
vitamine C pourrait être donnée à raison de 1 g toutes les
heures pendant six heures le premier jour des symptômes,
puis 1 g trois fois par jour les jours suivants.
En complémentation par voie orale et en l’absence de
maladie rénale, un adulte peut prendre 500 mg à 20 g
par jour, voire plus. Pour les enfants en bonne santé, il est
sage de ne pas dépasser 1 g par jour.
La vitamine C synthétique et la vitamine C naturelle ont
une biodisponibilité équivalente, on peut donc prendre de
la vitamine C de synthèse.
En cas de risque de calculs rénaux à base d’oxalate
de calcium, il est prudent de ne pas prendre plus de 1 g
de vitamine C par jour.

22
La vitamine E

Le système immunitaire perd de son efficacité au fur


et à mesure que les années passent. Cela se traduit par
exemple par le fait qu’après vaccination, le corps ne pro-
duit pas suffisamment d’anticorps pour se protéger en
cas d’exposition au virus. Pour prendre le seul exemple
du vaccin de la grippe, beaucoup de lecteurs de plus
de 65 ans seront surpris d’apprendre que vaccination ne
signifie pas protection. Entre 60  et 70  ans, environ une
personne vaccinée contre la grippe saisonnière sur deux
produit suffisamment d’anticorps pour combattre le virus.
Entre 70 et 80 ans, seules 31 % des personnes vaccinées
fabriquent des anticorps contre le virus en réponse au
vaccin. Enfin, même si l’on continue de vacciner à cet
âge-là, il faut savoir qu’après 80  ans, seules 11  % des
personnes vaccinées feront des anticorps. Conclusion  :
après 80  ans, pour près de neuf personnes sur dix le
vaccin ne sert à rien !
La vitamine E peut restaurer certains aspects de l’im-
munité après 65  ans. Mais la dose optimale est supé-
rieure à celles qu’apporte l’alimentation puisqu’elle serait
de 100 mg de vitamine E naturelle par jour.
Les formes de vitamine  E les plus intéressantes sont
les formes naturelles renfermant à la fois les tocophérols
et les tocotriénols (8 isomères) mais elles sont très chères.

23
On peut se rabattre sur 1 seul isomère, l’alpha-tocophérol.
La forme naturelle est le d-alpha-tocophérol. La forme syn-
thétique, moins bien assimilée est le dl-alpha-tocophérol.
Si vous prenez des médicaments qui fluidifient le sang,
si vous avez un risque d’hémorragie, si vous devez subir
une opération chirurgicale, consultez un médecin avant
de prendre de la vitamine E.

Le zinc

Une étude de 2016 montre que des compléments de


zinc stimulent l’immunité des personnes âgées dont le
­statut en zinc est médiocre.
On trouve du zinc dans une grande variété d’ali­
ments : huîtres, porc, viande rouge, volaille, fruits de mer,
céréales complètes.
Dans cette étude, 25 personnes vivant en maison de
retraite, avec des niveaux de zinc inférieurs à 70 µg/dL,
ont participé. La complémentation en zinc (30  mg/j) a
amélioré le fonctionnement des lymphocytes  T. Si votre
taux de zinc est bas, vous pouvez bénéficier de la prise
de compléments de zinc.
Au-delà de 50 mg par jour, le zinc peut affecter au
contraire certains aspects de l’immunité, et il est préférable
de ne pas prendre de zinc en cas d’infection b
­ actérienne
car certaines bactéries l’utilisent pour prospérer.

24
Le magnésium

Les déficits en magnésium affectent l’immunité, alors


qu’un statut suffisant réduit l’inflammation et bénéficie à
l’activité des globules blancs.
On trouve du magnésium dans les eaux minérales, les
légumineuses, les noix, les oléagineux secs, les céréales
complètes, les légumes à feuilles vert foncé, le germe de
blé, les fruits de mer.
Des suppléments de magnésium (sous la forme préfé-
rée de citrate de magnésium) avec de la vitamine B6 et/ou
de la taurine peuvent être donnés au cours des repas.
Les doses sont de l’ordre de 6 mg/kg de poids ­corporel.
En évitant de prendre plus de 600 mg de magnésium par
jour en plus de l’alimentation.
Une marque : Stress Mag Plus, de Nutrivi (formulé par
LaNutrition.fr).

Le resvératrol

Le raisin noir renferme plusieurs antioxydants  : des


catéchines et dans ses pépins, une forme de proantho-
cyanidines appelées OPC (lire ci-contre). Mais la peau du
raisin en contient aussi un autre appelé resvératrol. Des
chercheurs italiens ont montré que le resvératrol inhibe le
virus de la grippe A. Lorsqu’ils ont donné du resvératrol
à des souris avant de leur inoculer le virus de la grippe,

25
elles ont mieux résisté à la maladie que celles qui n’avaient
pas eu de resvératrol  : la mortalité a été plus faible et
elles ont connu moins de complications pulmonaires.
Ces chercheurs en concluent que le resvératrol a un
potentiel intéressant pour faire face au virus de la grippe,
mais on manque d’études chez l’homme. Il p
­ ourrait avoir
un intérêt comme anti-inflammatoire.
Les doses vont de 10  à 100  mg/j (adultes), 10  à
20 mg/j (enfants).
Le resvératrol est globalement sûr, mais par précau-
tion devrait être évité par les femmes à risque de cancer
du sein et les personnes à risque d’hémorragie ou qui
prennent un médicament qui fluidifie le sang.

Les extraits de pépins


de raisin (OPC)

Les pépins de raisin contiennent des proanthocyani-


dines (OPC) et d’autres antioxydants qui peuvent amé-
liorer l’immunité et s’opposer aux agents pathogènes.
Il existe aussi des extraits concentrés sous la forme de
compléments alimentaires.
Recherchez des produits standardisés contenant
40 à 80 % de proanthocyanidines ou un contenu en OPC
de 95  %. Les dosages habituels sont de 25  à 450  mg
d’extrait standardisé à 40-80 % de proanthocyanidines.

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L´andrographis

Plante annuelle originaire d’Asie, l’andrographis,


ou échinacée d’Inde, est employée traditionnellement
depuis des centaines d’années pour traiter la fièvre et les
infections respiratoires dans plusieurs pays asiatiques.
En 1919, la plante aurait même contribué à enrayer une
épidémie de grippe en Inde. Son amertume extrême ren-
dant son utilisation impossible sous forme brute, elle est
en général administrée sous forme d’extrait.
Une synthèse d’études a conclu que ­
l’andrographis
(Andrographis paniculata), seule ou associée à
l’éleuthérocoque est plus efficace qu’un placebo pour
­
traiter les infections respiratoires sans complications
­
notamment celles de la grippe et du rhume.
L’andrographis semble plus intéressante même que
l’échinacée, souvent prescrite dans les rhumes, grippes et
infections respiratoires.
Les doses pour adultes  : 400  mg d’extrait norma-
lisé (contenant 4 % à 6 % d’andrographolide), trois fois
par jour.
Éviter les extraits dont la teneur en andrographolide
est supérieure à 6 %. Les personnes souffrant de troubles
de la vésicule biliaire ne devraient prendre de l’andro-
graphis que sous surveillance médicale. Ne donner aux
enfants qu’après avis médical.

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Les probiotiques

On pourrait envisager de prendre des probiotiques


pour soutenir l’immunité sur la base des études conduites
à ce jour.
Voici les souches les plus étudiées, à rechercher dans
un complément nutritionnel :
• Lactobacillus rhamnosus GG
• Lactobacillus casei Shirota
• Bifidobacterium animalis Bb-12
• Lactobacillus johnsonii La1
• Bifidobacterium lactis DR10
• Saccharomyces cerevisiae boulardii 

Un complément
ux
multivitamines-multiminéra

De très nombreuses études montrent qu’adultes et


enfants ne reçoivent pas les quantités de vitamines et
minéraux qui assurent une immunité optimale, même en
ayant une alimentation équilibrée. Les compléments de
vitamines et minéraux ne sont pas destinés à ­remplacer
l’alimentation, mais à c­ombler des déficits réels ou
­supposés. Selon une étude française, les personnes âgées

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qui prennent pendant six mois un complément nutritionnel
à base de vitamines, minéraux et antioxydants voient leur
immunité augmenter après un vaccin antigrippe. Elles ont
aussi beaucoup moins d’épisodes infectieux que celles qui
se contentent de la seule alimentation.

Comment choisir un complément multivitaminé ?


• Optez pour des vitamines naturelles surtout pour la
vitamine  E et le bêta-carotène. La forme naturelle
de vitamine E dans la plupart des compléments
est un d-alpha-tocophérol, la forme synthétique un
dl-alpha-tocophérol. Pour la vitamine  C, les deux
formes (naturelle et synthétique) sont équivalentes.
•
Les compléments qui contiennent aussi du potas-
sium, de la choline (une quasi-vitamine), de l’acide
alpha-lipoïque ou de la coenzyme Q10 (antioxy-
dants) sont plus intéressants.
•
N’achetez pas de complément alimentaire conte-
nant du fer et du cuivre, en raison d’interactions
­possibles avec la vitamine C.
• Choisissez des doses faibles à modérées proches
des apports conseillés.

Parmi les marques qui satisfont à ces critères, le multi­


vitamines VM  30 de Nutrivi (conçu par LaNutrition.fr),
disponible sur le site de la marque.

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La N-acétyl-cystéine

La N-acétyl-cystéine ou NAC est dérivée d’un acide


aminé, la L-cystéine. C’est un antioxydant qui donne nais-
sance à une substance détoxifiante appelée glutathion.
Expérimentalement, le glutathion bloque l’activité de
­certains virus dans les cellules.
La NAC est l’ingrédient principal des préparations
mucolytiques (Mucomyst®, Exomuc®, Solmucol®…).
Les doses vont de 400 à 1200 mg par jour.

La propolis

La propolis est issue de la pellicule résineuse qui


recouvre les bourgeons. On n’en trouve pas dans l’ali-
mentation, mais sous forme de produit diététique. C’est un
aliment anti-inflammatoire qui stimulerait plusieurs aspects
de l’immunité.
On peut prendre 1000  à 3000  mg/j
(1000 à 1500 mg/j chez l’enfant) ou sous
forme d’extrait.
Pour en savoir plus sur les produits de la
ruche, lire le livre de Nicolas Cardinault :
Soignez-vous avec les produits de la ruche.

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Les huiles essentielles

Plusieurs huiles essentielles (HE) ont des propriétés


intéressantes, mais on connaît mal les effets réels sur les
infections :
• HE thym : immunostimulante, anti-inflammatoire,
anti-infectieuse, antibactérienne, antifongique,
antivirale
• HE clou de girofle : anti-inflammatoire, bactéricide,
antimycosique, antivirale
• HE eucalyptus : antiseptique, bactéricide,
anti-inflammatoire
• HE lavande : antibactérienne, antiseptique
• HE niaouli : antiseptique
• HE ravintsara : antiseptique, antivirale,
immunostimulante
• HE origan : antiseptique, antibactérienne
• HE tea tree (arbre à thé) : antiseptique,
antibactérienne, antimycosique
• HE romarin : antibactérienne, antifongique,
anti-inflammatoire, antioxydante
• HE sarriette : antibactérienne, antivirale,
antifongique

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On pourra opter pour les huiles essentielles 3D qui
ont l’avantage de pouvoir être utilisées directement par
voie orale :
•
Elles sont dynamisées par des ions métalliques
provenant d’eau de mer.
• Elles sont diluées à 10 %, ce qui permet leur utilisa-
tion par voie orale sans toxicité ni agressivité pour
les muqueuses. Elles sont donc utilisables à partir
de 3 ans.
• Elles sont dispersées par des liposomes végétaux,
qui sont des microgouttelettes huileuses augmentant
l’absorption par le corps et donc l’efficacité des
huiles essentielles.

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