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BTS TTM – S3A6 – Les fontes Chapitre S3A6 – Les fontes

LES FONTES
Les alliages de fer dont la teneur en carbone est supérieure à 2,1% s’appellent fontes. La présence d’un
eutectique dans une fonte rend celle-ci facilement utilisable en fonderie. Dans une fonte, le carbone
prend la forme de cémentite et/ou de graphite.
Si tout le carbone est sous forme de cémentite la cassure présente une couleur claire spécifique on
parle alors de fonte blanche. Par contre si le carbone se trouve forme de graphite la cassure est grise
et on parle alors de fonte grise.

D’après la forme du graphite on distinguera les fontes :


➢ A graphite lamellaire,
➢ A graphite sphéroïdal,
➢ Malléables.

L’obtention d’une fonte blanche ou d’une fonte grise dépend de :


➢ La composition ;
➢ La vitesse de refroidissement.

1. Les fontes blanches


Le carbone se trouve sous forme combinée Fe3C. Les transformations seront décrites suivant le
diagramme métastable Fe3C ci-dessous. Selon la teneur en carbone on distinguera les fontes blanches:

➢ Hypoeutectiques,
➢ Eutectiques,
➢ Hypereutectiques.

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1.1. Les fontes blanches hypoeutectiques (2.1˂%C˂4.3)

Considérons une fonte à 3% de carbone. La solidification commence par la formation de dendrites


d'austénite. Juste avant la température eutectique (1148°C) coexiste de l'austénite primaire et du
liquide.
4,3 − 3
% = x100 = 59%
4,3 − 2,1

%liquide = 41%

Bilan : 59%  à 2,1% C + 41% liq à 4,3% C

Liquide à 4,3% C

Solution solide  à 2,1%C

Le liquide se transforme en eutectique ( + Fe3C) : c'est la lédéburite.


Juste après 1148°C la fonte est composée de :

59%  + 41% de lédéburite ( à 2,1% C + Fe3C)

Fond de cémentite Dendrite solution solide 


eutectique à 6,67%C à 2,1%C

Lédéburite
Solution solide  à
2,1%C

Entre 1148 et 727°C ; l'austénite (limite de solubilité) rejette du carbone qui s'associe au fer pour
former de la cémentite qui se dépose sur celle déjà présente.
A la température eutectoïde toute l'austénite se transforme en perlite ( + Fe3C)
A la température ambiante la fonte est donc composée de :

Perlite issue de  proeuctectique,


Perlite issue de  eutectique,
Cémentite

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Lédéburite transformée. Agrégat de


Dendrite d'austénite
Fe3C (blanc) et perlite (noir)
transformée en perlite

Fonte blanche hypoeutectique

1.2. Les fontes blanches hypereutectiques (4.3˂%C)

Considérons un alliage à 5% de carbone. La solidification commence par la formation de plaquettes de


cémentite. Juste avant la température eutectique coexiste la cémentite primaire et du liquide.
5 − 4,3
% Fe3 C = x100 = 30%
6,67 − 4,3
%liquide = 70%
Bilan : 30% Fe3C à 6,67% + 70% liq à 4,3% C

Le liquide se transforme en eutectique ( + Fe3C). Juste après 1148°C la fonte est composée de :

30% Fe3C + 70% de lédéburite

Entre 1148°C et 727°C ; l'austénite rejette du carbone qui s'associe au fer pour former de la cémentite
qui se dépose sur celle déjà présente.
A la température eutectoïde toute l'austénite se transforme en perlite ( + Fe3C).
A la température ambiante la fonte est donc composée de :
Perlite issue de  eutectique : 28%
Cémentite : 72%

Plaquette de cémentite

Lédéburite transformée.
Agrégat de Fe3C (blanc) et
perlite (noir)
Fonte blanche hypereutectique

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1.3. Les fontes blanches eutectiques (%C=4.3)


La solidification s'effectue à 1148°C et à température constante : transformation eutectique.
A 1148°C -  la fonte est 100% lédéburitique.

6,67 − 4,3
% Fe3 C = x100
6,67 − 2,1
Lédéburite

% = 48%

Entre 1148 et 727°C : l'austénite rejette du carbone qui s'associe au fer pour former de la cémentite
qui se dépose sur celle déjà présente.

A 727°C (température eutectoïde) toute l'austénite se transforme en perlite ( + Fe3C).


A la température ambiante la fonte est donc composée de :
Perlite issue de  eutectique 40%
Cémentite 60%

Lédéburite transformée.
Agrégat de Fe3C (blanc) et
perlite (noir)

Fonte blanche eutectique

1.4. Utilisation des fontes blanches


Quel que soit la teneur en carbone les fontes blanches sont toujours composées, à l’état d’équilibre,
de Fe3C et de perlite. En raison de la grande dureté de la cémentite ( 850 HV) ces alliages sont utilisés
pour la réalisation de pièces devant résister à l’usure et à l’abrasion.

➢ Boulets de broyeurs,
➢ Mâchoires de concasseurs,
➢ Plaques d’usure, etc.…

2. Les fontes grises lamellaires


Le carbone se trouve sous forme libre. Les transformations suivent le diagramme stable Fe – C. Selon
le teneur en carbone on distinguera les fontes grises :

➢ Hypoeutectiques
➢ Eutectiques
➢ Hypereutectiques

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On notera que les températures de transformations du diagramme stable sont légèrement supérieures
à celle du diagramme métastable.

2.1. Obtention d’une fonte grise

Un alliage binaire Fe- C solidifié dans des conditions industrielles donnera obligatoirement une fonte
blanche.
En effet, au moment de la solidification il se forme au sein du liquide des pré regroupements d'atomes
de Fe+C.

Fe

Fe

Fe

Le carbone combiné au fer ne peut donc pas se solidifier sous forme de graphite.
Il faut donc empêcher ces regroupements. C’est le rôle des éléments graphitisant.

2.2. Action des éléments graphitisant

On peut avoir comme éléments graphitisant le :


Si ; P ; Al ; Ni ; Cu.

Le silicium est l'élément le plus important et le plus utilisé.

Le phosphore n'est pas utilisé en fonction de son pouvoir graphitisant, mais pour l'amélioration de la
coulabilité par abaissement du liquidus.

2.2.1. Effet de dilution

Les pré regroupements Fe - C sont dilués par la présence des éléments graphitisant qui ont une
meilleure affinité chimique pour le fer. Par conséquent le carbone se retrouve à l'état libre : c'est le
graphite.

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Fe Si

Fe
Fe

Influence du silicium sur la graphitisation


2.2.2. Effet de la vitesse de refroidissement

Considérons une fonte potentiellement grise, car contenant des éléments graphitisants. Si la vitesse
de refroidissement est trop rapide (pièces minces), les pré regroupement d'atomes de Fe/Si ou Fe/P
n'auront pas le temps de se produire (diffusion). Par contre les atomes de carbone beaucoup plus petits
pourront diffuser et formeront de la cémentite.
Nous aurons donc une fonte blanche.

Si on désire des pièces minces en fontes grises, il sera nécessaire de prévoir des pourcentages élevés
en éléments graphitisant. Ce qui revient à adapter la teneur en silicium selon l’épaisseur ?

Influence de la vitesse de refroidissement sur la graphitisation

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2.3. Action des éléments graphitisant


2.3.1. Diagramme Fer-Carbone à 0% de silicium
A l’équilibre la structure est composée de  + Cgr. On observe une réaction eutectoïde à 738 °C où 
  + Cgr.
Ce cas n’est jamais observé industriellement car le refroidissement est trop rapide ( fonte blanche).
Le coefficient de diffusion est trop faible pour que les atomes de carbone puissent se rassembler pour
former du graphite.

2.3.2.Diagramme pseudo binaire Fer-Carbone-Silicium


La graphitisation s’obtient grâce à la présence de silicium. Par conséquent à 738 °C la variance devient
:
V = c+1- = 3+1-3 = 1
Conclusion, la transformation    + Cgr s’effectue dans un intervalle de température. Par ailleurs,
cette décomposition est possible parce que le coefficient de diffusion est légèrement plus élevé en
raison de la température plus haute.

Diagramme pseudo binaire Fe-C-Si à 2,4% de Si

Une augmentation de la teneur en silicium entraîne une élévation des températures de transformation
  + Cgr
°C

+ + C.
 + C.

 + C.

738
Plus le % en silicium est importante, plus la température de transformation   + Cgr sera élevée donc, plus
le coefficient de diffusion du carbone sera élevé donc, plus cette transformation sera facile.

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2.3.3. Notion de carbone équivalent

Pour obtenir une fonte grise il faut ajouter du Si et du P. Ces éléments modifient l’allure du diagramme
Fe.C en déplaçant le point eutectique vers la gauche.
Si on désire raisonner sur le diagramme fer-carbone stable pour étudier le refroidissement d’une fonte
grise, il faut tenir compte du déplacement du point eutectique en prenant en compte non pas le
pourcentage en carbone de l’alliage mais, le carbone équivalent qui s’exprime par :

C équivalent = carbone total + 1/3 (Si + P)

Dans les cas industriels le carbone équivalent varie de 3,3 à 4,6%

Exemple : Soit une fonte contenant :


3,5% de carbone
2,5% de silicium
1% de phosphore
Calculer le carbone équivalent. Conséquence.

2.4. Morphologie du graphite

2.4.1. Cas d’une fonte à teneur eutectique

 La transformation s’opère à 1148 °C

 Groupement de germes de graphite au sein du liquide


Graphite

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 Croissance des germes de graphite qui s’accompagne d’un appauvrissement en carbone dans le
liquide voisin qui se solidifie alors sous forme d’austénite [fig.26].

Austénite

La solidification est terminée lorsque toutes les cellules se rejoignent

Aspect du graphite lamellaire

2.4.2. Cas d’une fonte à teneur hypereutectique

La transformation eutectique est précédée par la formation de Cgr primaire sous forme d’épaisses
lamelles très rectilignes.

Liquide

Lamelles de graphite

A la température de 1148°C, le liquide encore restant donnera naissance, par réaction eutectique à : graphite + austénite
(voir § 241)

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2.4.3. Cas d’une fonte à teneur hypoeutectique

La transformation eutectique est précédée par la formation de dendrites austénitiques.

Liquide

Solution solide 

A la température de 1148°C, le liquide encore restant donnera naissance, par réaction eutectique à :
graphite + austénite (voir § 241).

2.4.4. Influence de la vitesse de refroidissement

Pour des vitesses de refroidissement de plus en plus rapides la température de solidification eutectique
diminue (effet de surfusion). Le coefficient de diffusion diminue également, les atomes de carbone
diffusent sur de plus courtes distances conséquences : les lamelles sont de plus en plus courtes et les
cellules eutectiques plus nombreuses.

Plus la vitesse de refroidissement sera grande (pièces minces) plus les lamelles de graphite de graphite seront
courtes et fines

2.4.5. Influence de la présence des lamelles de graphite sur les propriétés mécaniques
des fontes grises lamellaires.

Le graphite possède des propriétés mécaniques très faibles à telle enseigne que l’on considère les
lamelles de graphite comme une absence de matière, ce qui a deux conséquences :

• Diminution de section efficace,


• Augmentation de l’effet d’entaille.

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a) Diminution de la section efficace

Le graphite est assimilable à un vide il en résulte une


diminution de la section efficace de la pièce d’où une
résistance aux efforts mécaniques diminuée
Zone de discontinuité de matière 

b) Augmentation de l’effet d’entaille


a a

Chaque lamelle de graphite peut être assimilée à une


2c
fissure. Sous l’effet d’une contrainte extérieure a il
s’exerce aux extrémités de chaque lamelle une r

contrainte normale n qui aura tendance à « ouvrir le


Graphite
métal » (propagation de fissure).

c = ½ longueur de la lamelle
r = rayon au fond de la fissure c
r petit devant c  n élevée
n = a
r

Les lamelles de graphite fragilisent la fonte en créant des concentrations de contraintes.

2.4.6. Influence du graphite sur les autres propriétés.

Par son effet lubrifiant, la graphite contribue à améliorer les qualités de frottement des pièces en
mouvement (ex : glissière) et facilite l’usinage des pièces.
Il augmente la capacité d’amortissement des vibrations (bâtis de machines).

2.5. Structure de la matrice des fontes grises.


Dès que la solidification est terminée 1148 °C -, la structure est composée de

Austénite + graphite

Lors de la poursuite du refroidissement, l’austénite se transforme en fonction de la vitesse du


refroidissement.

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2.5.1. Cas d’une vitesse de refroidissement lentes (pièces épaisses).

Considérons une fonte à 3% de carbone et 2,4% de silicium

Diagramme pseudo binaire Fe-C-Si à 2,4% de Si

L’austénite séjourne suffisamment longtemps dans le domaine  +  + Cgr pour que la transformation
austénite  ferrite + graphite soit complète.
La structure finale de cette fonte sera
Ferrite + graphite

Matrice ferritique Lamelle de graphite

2.5.2. Cas d’une vitesse de refroidissement rapides (pièces minces).

°C
S'1

E'

%C
La transformation austénite  ferrite + graphite qui nécessite un temps suffisamment long, pour
permettre la diffusion des atomes de carbone sur de longues distances n’a pas le temps de commencer.
On quitte le diagramme stable entre S'1 et E'. L’austénite se conduit comme un acier hypereutectoïde
et se refroidit suivant les lignes du diagramme métastable. fer-carbone. Les transformations seront en
accord avec ce diagramme. Il y a formation de cémentite secondaire par variation de solubilité du
carbone dans l’austénite. A 727°C il y a transformation perlitique.
On dit que lors du refroidissement, il y a passage du diagramme stable au diagramme métastable.

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La structure de cette fonte sera donc

Cémentite proeutectoïde + perlite + graphite

Matrice perlitique contenant


quelques carbures de fer (Fe3C) Lamelle de graphite

2.5.3. Cas d’une vitesse de refroidissement moyenne (pièces moyennement épaisses).

°C
S'1

E'

%C

Les transformations suivent le diagramme stable jusque dans le domaine  +  + Cgr. L’austénite
commence sa décomposition en ferrite puis, compte tenu de la vitesse de refroidissement, le
coefficient de diffusion diminue et il y a passage dans le diagramme métastable.
L’austénite non transformée se transforme alors en perlite

La structure finale de la fonte sera donc

ferrite + perlite + graphite

Ferrite
Graphite

Perlite

2.5.4. Conclusions.
La nature de la matrice d’une fonte grise sera déterminée par

➢ Son pourcentage en silicium


➢ La vitesse de refroidissement.

Il conviendra donc d’adapter le pourcentage en silicium des fontes en fonction de l’épaisseur des pièces
est selon la structure souhaitée.

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2.6. Influence du phosphore, du soufre et du manganèse


2.6.1. Le phosphore.

Elément graphitisant
Forme avec le fer un composé à bas point de fusion Fe3P, ce qui améliore la coulabilité des fontes.
A la solidification, Fe3P se concentre aux frontières des cellules eutectiques et forme avec le fer et le
carbone un eutectique appelé EUTECTIQUE PHOSPHOREUX.
Deux formes possibles :
➢ Binaire Fe-Fe3P
➢ Ternaire Fe-Fe3P-Fe3C (steadite).

L’eutectique phosphoreux est très dur (800 HV), il améliore la résistance à l’usure des pièces.

2.6.2. Le soufre et le manganèse.


Ce sont des éléments anti-graphitisant
Le soufre a pour effet d’augmenter la dimension des lamelles de graphite.
Le soufre se combine en formant des sulfures (FeS, MnS).

2.7. Type de graphite de solidification.


Le graphite se définit par :
➢ Sa forme,
➢ Sa dimension,
➢ Sa répartition,
➢ Et sa quantité.

On distingue 5 types
Type A Type D :

Graphite en lamelles uniformément Graphite interdendritique sans


réparties. Fontes eutectiques ou orientation préférentielle.
légèrement hypoeutectiques Refroidissement rapide

Type B : Type E :

Graphite rosettes. Fontes riches en Graphite interdendritique orienté.


Silicium et carbone, refroidies Fonte nettement hypoeutectique,
rapidement refroidissement moyen ou faible

Type C :

Graphite en lamelles grossières et


amas. Fontes hypereutectiques

2.8. Caractéristiques des fontes grises.


2.8.1. Généralités
Les caractéristiques mécaniques d’une fonte grise dépendent de :
➢ La quantité de graphite présent,
➢ La morphologie du graphite,
➢ La structure de la matrice

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2.8.2. La quantité de graphite


Par sa résistance nulle et l’effet d’entaille qu’il introduit, la présence du graphite contribue à une
diminution de la résistance des fontes.
On peut retenir
Peu de graphite
Carbone équivalent faible
Résistance élevée

%C % Si C équi. HB
3,64 2,85 4,59 112
3,43 2,18 4,15 128
3,33 1,77 3,92 137
3,05 2,50 3,88 143

2.8.3. Morphologie du graphite


Un graphite fin est favorable à une bonne résistance. Un graphite fin est obtenu par une vitesse de
refroidissement élevée (pièces minces).

 du barreau HB
Graphite
(mm) Brut de coulée Ferritique
Grossier 90 177 99
50 197 102
32 212 107
22 223 111
15 246 129
Fin 10 288 133

2.8.4. La structure de la matrice


Elle dépend :
➢ Du pourcentage de silicium,
➢ De la vitesse de refroidissement,
➢ Des traitements thermiques subis par la pièce.

La résistance maximale s’obtient pour une matrice 100% perlitique.

Exemple :
Fontes grises ferritique 100 à 150 HB (suivant le pourcentage en Si qui a tendance à durcir la ferrite)
Fontes grises perlitique 170 à 270 HB (suivant la finesse de la perlite donc suivant l’épaisseur de la
pièce).

2.8.5. Conclusion
A pourcentages en carbone et silicium égaux, la résistance mécanique des fontes grises brutes de
coulée dépendra essentiellement de la vitesse de refroidissement de la pièce ; donc de l’épaisseur.

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3. Les fontes à graphite sphéroïdal (fontes GS)

3.1. Intérêt de la forme sphéroïdale du graphite


Les fontes à graphite lamellaire présentent comme principal inconvénient une faible résistance
mécanique due à la présence des lamelles de graphite (diminution de la section efficace, effet
d’entaille).

La forme sphéroïdale du graphite permet de limiter fortement ces inconvénients.

a) Diminution de la section efficace

Graphite lamellaire Graphite sphéroïdal

SL SG

b) Diminution de l’effet d’entaille.

a

r x
2c

a

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Comparaison entre fontes G.L. et G.S.


Rm en MPa A%

Fonte G.L. à
200 1
matrice ferritique

Fonte G.S. à
420 12
matrice ferritique

3.2. Mécanisme de formation du graphite sphéroïdal


Le graphite sphéroïdal s’obtient en retardant la germination du graphite de sorte que se croissance
s’opère totalement en phase solide. Ce processus n’est possible que si les germes de graphite ne
peuvent exister. Il faut donc ‘empoisonner » les germes potentiels de graphite. Pour cela on ajoute à
la fonte liquide, juste avant la coulée, 0,05% de magnésium.

°C

T0
S' E'

T1
E's
Sg S's

T2

%C
Si on considère un alliage hypoeutectoïde
A To, nous avons liquide  liquide + austénite.
A T1 devrait se produire la transformation eutectique (liquide   + Cgr).
La présence de magnésium empêche la formation des germes de graphite. Le liquide continue alors de
se refroidir et l’austénite de se solidifier, le liquide est alors en surfusion ; les températures d’équilibre
se décalent vers le bas.
A T2 la teneur en carbone de l’austénite devrait être de Sg. En raison de la surfusion la teneur est S’S (
Sg) ; l’austénite est donc saturée en carbone.
A T2 le graphite va germer soit au sein :
➢ Des cristaux d’austénite sursaturée en C,
➢ Du liquide sursaturé en carbone.

Au sein de l’austénite, la croissance s’opère dans toutes les directions d’où, une forme sphéroïdale.
Au sein du liquide, le germe de graphite est alors immédiatement entouré d’austénite (surfusion) et
croîtra de la même façon que dans le cas de l’austénite sursaturée.

3.3. Caractéristiques mécaniques des fontes GS


Les caractéristiques mécaniques des fontes G.S. obéissent aux mêmes lois que dans le cas des fontes à
graphite lamellaire (quantité de graphite, taille des sphères de graphite, nature de la matrice).

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4. Les fontes malléables


4.1. Généralités
Les fontes malléables sont des fontes qui se sont solidifiées suivante le diagramme métastable et qui
ont subis ultérieurement un recuit en atmosphère oxydante ou neutre.

Le carbone a été en majeure partie éliminé (fonte malléable à cœur blanc ou européenne) ou bien il a
précipité sous forme de graphite (fonte malléable à cœur noir ou américaine).

4.2. Les fontes malléables à cœur blanc ou européennes


La fonte initiale est une fonte blanche sur laquelle on effectue un recuit de décarburation. Ce
traitement a pour but d'éliminer tout le carbone par oxydation.

Pendant le maintien isotherme (980/1000°C) la structure est composée d'austénite et de graphite, le


carbone diffuse vers la surface de la pièce où il est oxydé suivant les réactions
C + 02  CO2

CO2 + C  2 CO

A la fin du palier isotherme le graphite est totalement éliminé (sauf au centre dans les cas de grosses
pièces).
En raison de la lenteur des réactions les temps de traitement seront très longs
Après le maintien le refroidissement est conduit lentement jusqu'à des températures comprises entre
740 et 650°C.
Suivant l'état d'avancement de la décarburation et de la vitesse de refroidissement la structure pourra
être ferritique ou perlitique.

Température


980/1000°C +
Fe3C C
Austenite

740°C

650°C


ou
perlite

Temps

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Exemple
Pièces minces (4 à 8 mm)
72 heures à 980°C refroidissement jusqu'à 650°C en 36 h. puis ref. rapide
Pièces épaisses
96 heures à 980°C refroidissement jusqu'à 740°C en 24 h; puis palier de 48 à 60 h. à 740°C
(ferritisation du cœur) ref. rapide.

Propriétés : Rm = 350 MPa A% = 5 à 10 HB = 130 à 150

4.3. Les fontes malléables à cœur noir ou Américaine


L'état départ est toujours une fonte blanche mais cette fois on cherche à former du graphite. Les pièces
subissent un recuit de graphitisation
Le graphite se forme en phase solide. Sa morphologie n'est donc pas lamellaire mais nodulaire.

Graphite nodulaire

Les caractéristiques de ces fontes sont proches de celles des fontes G.S.
Matrice ferritique
Rm = 260 à 380 MPa
Re = 160 à 260 MPA
A% = 6 à 25 %
HB = 110 à 160

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5. Désignation des fontes NF EN 1560


Attention ce paragraphe ne reprend que l'essentiel de la norme.

La désignation symbolique est constituée des six indications suivantes :

➢ Indication n°1 : les lettres EN précisant qu'il s'agit d'une nuance normalisée ;

➢ Indication n° 2 : les lettres G (produit moulé) et J (fonte)

➢ Indication n° 3 : une lettre précisant la structure du graphite :


L = lamellaire S = sphéroïdal

➢ Indication n° 4 :
 Soit la résistance à la traction (MPa), l'allongement en %.
 Soit la dureté Brinell ou Vickers

Exemple :
EN GJS-400-18
Fonte moulée à graphite sphéroïdal de résistance à la traction 400MPa et d'allongement 18%

EN GJL-HB 155
Fonte moulée à graphite lamellaire de dureté 155 HB

6. Les principaux traitements thermiques des fontes grises non alliés

6.1. Le recuit de stabilisation


Ce recuit a pour de relaxer les contraintes internes engendrées par la coulée (vitesses de
refroidissement différentes selon les épaisseurs).

°C

550°C

40 à 20°C/h

2 h pour 25 mm d'épaisseur + 1 h
par 25 mm supplémentaire

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6.2. Le recuit d’adoucissement


Il a pour de diminuer la dureté de la fonte en vue de facilité l’usinage.

6.2.1. Graphitisation des carbures (Fe3C)

➢ Structure de départ : graphite – perlite – cémentite

➢ Structure souhaitée : perlite et graphite

Par chauffage et maintien dans le domaine austénitique, on fournit à l’alliage l’énergie d’activation
nécessaire pour passer de l’état métastable (fer et Fe3C) à l’état stable (fer et graphite). La vitesse de
refroidissement sera indifférente, mais on choisit généralement un refroidissement à l’air calme.

°C

990°C

Ref. air calme

Exemple :
3,23% C ; 2,49% Si ; 0,68% Si ; 0,41% Ni. Dureté = 223 HB
Maintien 2 h à 900°C – refroidissement air calme. Dureté = 205 HB

6.2.2. Recuit de ferritisation de la matrice (ferritisation indirecte)

➢ Structure de départ : perlite + graphite ou graphite + ferrite + perlite.


➢ Structure souhaitée : graphite + ferrite

Traitement par austénitisation

On austénitise la fonte puis on la refroidit lentement de façon à ce que les transformations s’opèrent
suivant le système stable.
Au-dessus de Ar1 la vitesse de refroidissement devra être inférieure à une limite dépendant surtout
de la microstructure du graphite et de la teneur en silicium
➢ Graphite grossier et un silicium voisin de 1,5 %, cette vitesse sera de 2 à 3 °C/h.
➢ Graphite fin et un silicium voisin de 2,5 %, elle sera plusieurs dizaines ou centaines de degrés
par heure.

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BTS TTM – S3A6 – Les fontes Chapitre S3A6 – Les fontes

°C 900°C

 + graphite 840°C

Refroidissement
lent

%C Temps
Exemple :
Graphite fin type D. – 3,40% C ; 2,60% Si ; 0,60% Mn.
Austénitisation : 30 min. à 860°C
Ferritisation : 20 °C.hh-1 entre 760°C et 690°C.

Traitement isotherme.

C’est le plus employé.


On chauffe juste en dessous de Ac1 (Attention Ac1 des fontes est supérieur à 721°C). On fournit ainsi
l’énergie d’activation nécessaire pour avoir la décomposition : perlite  ferrite + graphite.
Le temps de maintien est 1 h par 25 mm d’épaisseur.
Le refroidissement sera conduit lentement afin d’éviter d’introduire des contraintes internes.

°C

 + graphite

%C Temps

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BTS TTM – S3A6 – Les fontes Chapitre S3A6 – Les fontes

6.3. Les traitements de durcissement

Il s’agit d’augmenter la dureté des fontes en intervenant sur la structure de la matrice.

6.3.1. Perlitisation ou normalisation

➢ Structure de départ : ferrite + graphite ou ferrite + perlite + graphite.


➢ Structure souhaitée : perlite + graphite

L’alliage est austénitisé, nous avons donc une structure composée de  et Cgr. Afin d’éviter la
précipitation de Fe3C secondaire, le refroidissement est conduit lentement jusqu’à environ 780 °C. A
partir de cette température le refroidissement est accéléré, il y a alors passage du diagramme stable
vers le métastable juste à la verticale du point eutectoïde, il en résulte une transformation perlitique
de la matrice.
°C
Ref. lent au four

Ref. air calme

%C Temps

6.3.2. Traitement de trempe et revenu

La trempe et le revenu n’ont pas seulement pour but de régler la dureté mais visent plutôt à établir le
meilleur compromis entre l’usinabilité, la résistance à l’usure et les caractéristiques mécaniques des
pièces fortement sollicitées.
Pour le traitement des fontes blanches ou grises lamellaires on évite les trempes à l’eau et même à
l’huile en raison des risques de tapures.
En revanche ce traitement peut s’appliquer sur les fontes à graphite sphéroïdal.
Comme pour les aciers les constituants résultant d’une trempe seront du type martensitique et/ou
bainitique plus ou moins mêlés à de l’austénite résiduelle. La température d’austénitisation sera
choisie en fonction du pourcentage en carbone que l’on veut donner à la matrice
Le revenu permet la décomposition de l’austénite résiduelle et adoucit les constituants hors
d’équilibre.

Exemple de traitement :

Fonte GS – 3,24% C ; 2,11% Si ; 0,71% Mn.


Dureté à l’état brut 184 à 198 HB
Austénitisation : 1h à 900°C, trempe à l’huile ; revenu 2 h à 400°C
Dureté après traitement 430 HB

6.3.3. Trempe isotherme bainitique ou trempe étagée (austempering)


La trempe isotherme consiste à provoquer, après austénitisation une transformation à température constante en plongeant
pendant le temps nécessaire, les pièces dans un milieu de trempe (bains de sels ou de plomb) maintenu à un température
généralement comprise entre 200 et 500°C.
Ce type de traitement permet de limiter les déformations

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6.3.4. Trempe étagée martensitique (Martempering)

Après austénitisation la pièce est maintenue à une température juste supérieure à Ms pendant un
temps suffisamment long afin qu’il se produise une homogénéisation thermique mais sans entrer
dans le domaine bainitique. Le refroidissement sera ensuite conduit à vitesse relativement faible
(air) de façon à obtenir une structure martensitique.

6.4. Analyse dilatométrique d’une fonte grise – Point de transformation

B
D
E

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