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Rapport annuel

ADRAO

2000

Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest

West Africa Rice Development Association


© Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest (ADRAO/WARDA) 2002

L'ADRAO exhorte les lecteurs à faire un bon usage de cet ouvrage. Une citation correcte est requise.

ADRAO (Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l'Ouest), 2002.


Rapport annuel 2000. Bouaké, Côte d’Ivoire, 84 pp.

Cette publication est aussi disponible en anglais, sous le titre : WARDA Annual Report 2000.

Traduit de l'anglais et corrigé

ISBN 92 9113 232 2

Couverture : Paysannes avec leur recolte de variétés de NERICA en zone forestière de la Gambie

ADRAO
01 B.P. 2551
Bouaké 01
Côte d’Ivoire

Tél. (225) 3165 93 00/31 63 45 14


Fax (225) 3165 93 11/31 63 47 14
(225) 22 4118 07
E-mail : warda@cgiar.org

Site web : http://www.warda.cgiar.org/

Impression et relure : Pragati Offser Pvt. Ltd., Hyderabad, Inde


Table des matières
Avant-propos 1

Bilan et perspectives 5

Points saillants des activités 9

Gestion intégrée des cultures : pour une diffusion à


grande échelle dans les champs paysans 9

Une petite mouche à gros problèmes : la cécidomyie


africaine des galles du riz 20

Le virus de la panachure jaune du riz 27

Développement de modèles informatiques pour la


compétition riz-adventices au Sahel 39

Profil d’un pays donateur : le Canada 45

Annexes 55

L’année en revue : 2000 55


Etats financiers 64
Conseil d’administration 68
Cadres de l’ADRAO et chercheurs d’institutions coopérantes 69
Chercheurs-visiteurs 71
Activités de formation 73
Publications 76
Sigles et abréviations 81
Rapport annuel ADRAO 2000
Avant-propos

Message du Directeur général et du


Président du Conseil d’administration

C ETTE ANNÉE 2000 a fait l’objet de beaucoup de spéculations chez les « prophètes du chaos » et la menace
informatique mondiale annoncée dans le scénario Y2K n’en était pas la moindre. Heureusement, il s’est avéré que la plupart
de ces prophètes ont eu tort. Pour l’ADRAO, l’année 2000 a plutôt été une année « normale » avec la poursuite des activités intenses
qui ont caractérisé 1999. Oui, l’an 2000 a aussi été, pour nous, une année très active, mais non sans motif de satisfaction.
La quatrième Revue externe des programmes et de la gestion (REPG) de l’ADRAO a été achevée en février. Le rapport a décrit
en termes élogieux l’excellence de notre science et l’efficacité de nos approches de partenariat. Il a souligné et salué la direction
pour la mise en place d’orientations stratégiques et de nouvelles politiques et procédures pour un fonctionnement efficace du
Centre. Quelques commentaires de ce rapport ont été cités dans notre message de l’an dernier.
Comme pour confirmer l’excellente évaluation de la REPG, l’ADRAO a reçu l’édition du « Millénaire » du Prix GCRAI du
roi Baudouin pour son succès dans l’hybridation interspécifique du riz, le développement des NERICA et des approches
participatives efficaces dans la diffusion des technologies. Ce prix apporte une reconnaissance internationale à nos réalisations et
vient appuyer les efforts que nous menons en vue d’une augmentation de la productivité du riz dans la région de notre mandat.
Impressionnée par la transformation réussie de l’ADRAO et son caractère unique d’institution africaine à succès, la Harvard
Business School a entrepris une étude de cas « WARDA: Leading a rice revolution in West Africa ». Pour plus de détails sur ce
point et nos autres activités, se référer à L’année en revue : 2000, page 55.
Au cours de l’année, nous avons terminé une étude sur l’impact de l’amélioration variétale du riz en Afrique de l’Ouest. L’étude,
parrainée par le Groupe d’étude et d’évaluation de l’impact du GCRAI, a analysé les gains financiers imputables à l’utilisation des
cultivars améliorés dans sept pays, grands producteurs de riz dans la région : la Côte d’Ivoire, le Ghana, la Guinée, le Mali, le
Nigeria, le Sénégal et la Sierra Leone. En moyenne, le renforcement et le transfert génétiques ont augmenté les revenus nets des
paysans de 100 $ EU par hectare ; cependant les gains étaient inégalement répartis à travers les écologies : 232 $/ha pour les bas-
fonds irrigués, 163 $ pour les bas-fonds pluviaux, 69 $ pour le riz de mangrove et 32 $ pour le riz en eau profonde/riz flottant et
le riz de plateaux. En gros, on estime que l’amélioration variétale a contribué pour environ 374 millions de $ au 1,85 milliards de $
de l’économie rizicole des sept pays, en 1998. Les projections de 2004 sont prometteuses : un taux d’adoption de 10 % des variétés
de plateau nouvellement développées (comprenant des NERICA) rien qu’en Côte d’Ivoire, au Ghana et en Sierra Leone donnerait
une contribution de près de 8 millions de $ par an, tandis qu’un taux d’adoption de 25 % – scénario plausible à la lumière de notre
expérience en Guinée – ajouterait environ 20 millions de $ par an, à l’économie de ces pays.
Vers la fin de l’année, le Directeur général de l’ADRAO a accepté la responsabilité de présider le sous-comité Afrique
subsaharienne du Comité des directeurs de centres (CDC) du GCRAI. Dans l’immédiat, cette responsabilité comportait deux
activités principales venant en réponse aux décisions du GCRAI à la Semaine des centres internationaux 2000. La première était
de guider le processus de planification régionale, de fixation des priorités et de coordination/intégration des activités du GCRAI
en Afrique subsaharienne. La deuxième est de développer une Initiative à l’échelle du système sur l’impact du VIH/SIDA sur
l’agriculture.
Au mois de décembre, c’est avec beaucoup de regret que nous avons assisté au départ de Michael Goon, Directeur général
adjoint, chargé de l’administration et des finances. Michael avait intégré l’équipe de gestion en début 1998 et nous a

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Rapport annuel ADRAO 2000
Avant-propos

significativement aidé à réduire notre déficit opérationnel, il a mis en place des structures de gestion financière qui continueront
de renforcer l’ADRAO en rendant sa gestion plus saine dans les années à venir. En juillet, nous avons aussi dû dire au revoir à Amir
Kassam, Directeur général adjoint chargé des programmes, parvenu à la fin de ses deux années de disponibilité octroyées par la
FAO.
Ces changements ont été le prélude à un exercice de re-classification et de restructuration. Les deux postes de directeur général
adjoint sont en train d’être remplacés par des postes de directeur. Conformément aux recommandations de la REPG, le Programme
d’appui aux politiques (Programme 3) et le Programme de développement des systèmes et transfert de technologies (Programme 4)
ont fusionné en un programme « Programme des politiques et du développement rizicoles » (nouveau Programme 3).
L’année dernière, nous avons eu l’arrivée de : Godwin Akpokodje (chercheur-visiteur économiste des politiques, Station du
Nigeria), Aliou Diagne (économiste évaluation de l’impact), Marie-Josèphe Dugué (coordinatrice régionale du Consortium bas-
fonds, Coopération française), Olaf Erenstein (économiste de la production), Pierrick Fraval (économiste gestion de l’eau, Station
du Sahel, IWMI/Cemagref), Assétou Kanouté (chercheuse transfert des technologies, chercheuse-visiteuse), Mohamed Kebbeh
(économiste de la production, Station du Sahel), Augustin Munyemana (chercheur développement de technologies participatives,
Station du Nigeria, université de Hohenheim), Hla Myint (analyste des données, volontaire des Nations Unies), Myra Wopereis-
Pura (responsable de transfert des technologies, volontaire des Nations Unies) et N’guéssan Yoboué (chercheur ressources
génétiques, chercheur-visiteur).
Le temps, où il fallait réfléchir seulement à des solutions « à application fixe » uniques pour résoudre des problèmes uniques
en agriculture, est révolu. Le thème du rapport de cette année est « la gestion intégrée », que ce soit au niveau de la culture ou à
celui d’un ravageur particulier ciblé.
Un des avantages des stations externes est la possibilité qu’elles confèrent aux activités de recherche-développement à long
terme. Notre station Sahel dans le nord du Sénégal s’active depuis plus de dix ans dans la recherche sur le riz irrigué au Sahel et,
actuellement, un ensemble substantiel de connaissances et de technologies est disponible pour nos partenaires et clients ultimes
(les paysans). Le moment est venu de rassembler toutes les composantes et de commencer une diffusion à grande échelle de conseils
et de technologies qui peuvent avoir un impact significatif sur la riziculture irriguée dans le Sahel. Le premier article de ce document
examine ce point : comment nous avons développé ces composantes et
comment nous entendons promouvoir la gestion intégrée des cultures dans
cette écologie à haut potentiel (p. 9).
Il est à déplorer, que ces dernières années, nos rapports annuels ont
Le Directeur
malheureusement un peu négligé le royaume des déprédateurs, en particulier général de
les insectes et les maladies. Cette année, nous vous mettons à jour sur notre l'ADRAO,
travail en matière de gestion intégrée des déprédateurs par rapport à des Kanayo Nwanze (à
F.

contraintes clés dans la région. gauche) et le


La cécidomyie des galles du riz est le principal ravageur du riz pluvial nouveau
Président du
de bas-fonds dans des « poches » concentrées dans quatre de nos pays Conseil
membres ; elle provoque des pertes allant de 45 à 90 % (p. 20). La panachure d'administra-
tion, Lindsay
jaune du riz (RYMV) est un grand problème dans le riz irrigué et le riz de Innes, élus en
bas-fonds dans toute la région, causant, elle aussi, des pertes importantes. 2000
Nous analysons l’énorme effort de criblage, visant à développer une
résistance à cette maladie, et d’autres composantes de la gestion intégrée
(p. 27).
Les adventices constituent un autre groupe d’ennemis majeurs du riz.
Dans ce cadre, notre approche intégrée utilise la modélisation qui aide à
guider notre travail d’amélioration variétale. L’objectif visé est la compéti-
tivité vis-à-vis des adventices et le modèle est utilisé pour déterminer

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Rapport annuel ADRAO 2000
Avant-propos

comment certains types de plants théoriques se comporteraient dans les systèmes de semis direct du Sahel. Ceci donnerait à nos
sélectionneurs des caractéristiques cibles à rechercher pour améliorer la compétitivité vis-à-vis des adventices au niveau des
variétés de riz irrigué (p. 39).
Cette année, le profil d’un pays donateur porte sur le Canada. Un ensemble diversifié de thèmes de recherche a été financé par
le gouvernement canadien soit par la voie de subventions directes soit par des fonds octroyés à travers le Centre de recherche pour
le développement international (CRDI), et nous sommes particulièrement reconnaissants de leur engagement continu dans notre
programme central par le biais de subventions à usage non restreint (p. 45).
Nous ne pouvons terminer de parler de l’an 2000 sans faire mention de la situation sécuritaire dans notre pays hôte. Comme
beaucoup d’entre vous le savent, la Côte d’Ivoire a traversé une période de transition difficile entre le coup d’état en décembre
1999 et la mise en place d’un président démocratiquement élu, en octobre 2000. Les différents troubles socio-politiques, tout au
long de l’année, n’ont pas manqué d’avoir un impact sur les opérations de l’ADRAO avec notamment l’invasion de nos
infrastructures par des troupes militaires rebelles au cours d’une mutinerie en juillet. Dans l’ensemble, cependant, ces troubles n’ont
pas eu un grand impact, mais plutôt un impact indirect, il s’est traduit par des restrictions sur les voyages à l’intérieur du pays et
un arrêt de travail de plusieurs jours à notre siège. Le rythme du travail vital de l’ADRAO a pu être ralenti à certains moments de
l’année, mais il n’a jamais été arrêté – trop de personnes, de générations actuelles et futures, dépendent de la révolution agricole
en Afrique subsaharienne pour que notre travail s’arrête.
Le dernier point, mais pas le moindre, un mot de remerciements à tous nos partenaires, des donateurs aux paysans, des
institutions de recherche avancée aux services nationaux de recherche agricole et de vulgarisation, de la communauté GCRAI à
celle des ONG et tant et tant d’autres : sans vous, l’ADRAO ne serait pas ce qu’elle est aujourd’hui. Sans vous l’ADRAO n’atteindra
pas ses potentialités dans le domaine de la recherche-développement rizicole et la diffusion de l’information et des technologies
en Afrique de l’Ouest et du Centre. Sans vous, les riziculteurs de la région seraient confrontés à un avenir sombre. Nous nous
associons à eux pour vous dire : « Merci ».

Kanayo F. Nwanze N. Lindsay Innes


Directeur général Président du Conseil d’administration

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Rapport annuel ADRAO 2000
Bilan et perspectives

Vers plus de riz africain pour combattre


la pauvreté en Afrique subsaharienne
Monty P. Jones
Directeur adjoint de la recherche

L ’ANNÉE 2000 a été une année active et fructueuse pour l’ADRAO avec le point culminant de l’attribution du prix GCRAI
du Roi Baudouin obtenu pour le développement du « nouveau riz pour l’Afrique » (NERICA). Les NERICA sont aujourd’hui
une composante clé de la stratégie de recherche de l’ADRAO pour lutter contre la pauvreté et pour la sécurité alimentaire et la
protection de l’environnement en Afrique de l’Ouest et du Centre. L’ADRAO est en train de développer une gamme de matériels
génétiques en tirant profit du pool génique du riz africain en vue de couvrir toute la diversité des environnements rizicoles
d’Afrique. Combiné à des techniques de gestion des ressources naturelles, ce matériel génétique fournit aux paysans un panier
d’options qui ont un grand potentiel d’amélioration de la production locale de riz, des moyens d’existence des ménages et de
réduction des importations tout en veillant à la conservation des ressources naturelles et de la biodiversité.
Vu l’intensification croissante des terres de plateaux et leur fragilité inhérente, les gains potentiels de production dans les
systèmes riz pluviaux sont plutôt modestes. La recherche appliquée de l’ADRAO vise des gains de productivité durables tout en
veillant à l’équilibre environnemental dans les systèmes de production en bassins versants sous intensification. Notre stratégie
consiste à : (i) stabiliser les systèmes pluviaux de plateau à travers une meilleure gestion des sols et des cultures, et (ii) réduire la
pression sur les plateaux en rendant la culture des bas-fonds adjacents plus attractive et plus durable. Notre recherche sur le
développement de technologies vise différents stades de transition entre les systèmes de culture extensive et intensive. Comme la
limitation de la main d’œuvre reste une contrainte importante au cours des premiers stades de transition des systèmes exploitant
les sols vers des systèmes les conservant, notre recherche vise le développement de solutions techniques peu exigeantes en main
d’œuvre et respectueuses de l’environnement. Les sols de plateaux peuvent être intensifiés durablement, ceci a été démontré en
Guinée où, les lignées NERICA progressent rapidement et donnent l’opportunité aux paysans de cultiver des légumineuses au cours
de la même saison en raison de leur cycle court par rapport aux cultivars traditionnels. Le succès des NERICA en Guinée est basé
sur une combinaison de la sélection variétale participative (PVS), des systèmes communautaires de production de semences
(community-based seed systems, CBSS), de la motivation des paysans et d’un appui solide du gouvernement. L’expérience de la
Guinée montre qu’un environnement favorable est essentiel. Ceci peut nécessiter des interventions politiques pour faire face aux
contraintes institutionnelles ou au développement de meilleurs systèmes de transformation, de commercialisation et de distribution
du riz. Le CBSS est une réponse certaine pour remédier à la faiblesse des systèmes nationaux de multiplication de semences de
riz pluvial.
La stratégie de recherche pour les bas-fonds reconnaît que l’intensification n’est durable que s’il y a maintien de la base de
ressources naturelles, y compris la biodiversité des cultures et de l’écosystème. Les approches techniques d’intensification doivent
cependant être différentes pour les systèmes de production ruraux limités en termes de main d’œuvre d’une part, et pour les systèmes
de production limités en termes de surfaces, d’autre part – à l’exemple des bas-fonds péri-urbains. Pour les zones rurales, nous
développons des variétés de riz à faible niveau de gestion avec une résistance à des contraintes biotiques et abiotiques multiples

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Rapport annuel ADRAO 2000
Bilan et perspectives

issue de différentes sources génétiques ; nous développons aussi des pratiques de gestion de l’eau et de la fertilité des sols à la portée
des paysans ; une fois combinées, ces pratiques feront de la riziculture de mangrove une activité économiquement attractive et
écologiquement saine. Ceci permettra également aux petits producteurs sans ressources de se déplacer graduellement des terres
fragiles des plateaux vers les terres plus robustes des bas-fonds.
La recherche sur les systèmes de bas-fonds limités en surfaces et à forts taux d’intrants ne visera, cependant, pas nécessairement
une intensification plus prononcée. Nous cherchons plutôt une plus grande diversification en développant des rotations
économiquement attractives et des systèmes de gestion sols-cultures qui protègent l’environnement et améliorent l’efficacité des
intrants. Les approches participatives avec les paysans sont la charnière de notre stratégie en vue d’une bonne adaptation locale
et une acceptation des techniques obtenues. La stratégie est donc de développer des méthodes de culture des bas-fonds rentables,
sans danger pour la santé humaine, fournissant une certaine sécurité locale pour l’alimentation et les revenus, nécessitant peu
d’investissements initiaux et permettant des calendriers individuels suffisamment flexibles pour l’utilisation de la main d’œuvre.
Ces systèmes doivent s’appuyer sur des variétés qui ont une résistance horizontale (à spectre large) aux principales contraintes
biotiques locales.
Le développement d’une production maraîchère dans les systèmes à base riz fournit d’importantes opportunités en termes de
diversification (génération de revenus, alimentation) et d’intensification (optimisation de l’utilisation des ressources) dans la
région cible de l’ADRAO, en particulier les bas-fonds péri-urbains. Nos efforts d’investissement en vue d’initier une recherche
complémentaire sur la culture maraîchère dans la région commencent à porter des fruits. A la fin 2000, trois nouveaux projets avec
des fonds à usage restreint sont devenus opérationnels. Ces projets comportent le recrutement d’un chercheur-visiteur et d’un
spécialiste en cultures maraîchères.
En complément aux projets de production maraîchère dans les systèmes riz, l’ADRAO a initié un nouveau projet péri-urbain
en 2000, cette fois encore avec un financement à usage restreint. Le projet est intitulé « Evolution des systèmes agricoles dans
les bas-fonds péri-urbains d’Afrique de l’Ouest et développement de politiques et de technologies pour leur intensification
durable ». Il vise l’intensification durable des bas-fonds péri-urbains à travers (i) l’identification de zones et de conditions
favorables à l’intensification ou à la diversification des bas-fonds, ou les deux à la fois ; (ii) le développement de technologies et
d’outils d’aide à la décision qui réduisent les déséquilibres qu’entraîne la performance économique sur l’environnement ; (iii) la
proposition d’options pour les bas-fonds actuellement peu exploités le long du gradient zone rural – zone péri-urbaine.
Le renforcement des capacités régionales de conception, de planification et mise en œuvre de la recherche rizicole a des
implications non seulement pour l’amélioration de la livraison et de l’impact de la recherche, mais aussi sur la formation d’un capital
humain et social au sein des acteurs et des communautés ciblées. Nos activités de formation comportent une série de formations
spécifiques et des programmes comme les ateliers internationaux, des formations pratiques telles que le programme de chercheurs-
visiteurs et des bourses de stage à l’ADRAO, le renforcement des capacités des formateurs au niveau régional, les conférences et
colloques internationaux, le développement et la diffusion des matériels de formation, la production de guides, des études et
rapports sur « l’état des lieux » en matière de recherche rizicole. Plus de 100 chercheurs riz d’Afrique de l’Ouest et du Centre ont
assisté à la première réunion de Revue régionale de la recherche rizicole pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, en avril 2000.
Beaucoup de contributions de qualité ont été présentées, elles seront bientôt publiées dans les comptes rendus de la réunion.
En plus des réalisations évoquées dans les chapitres de ce rapport annuel, il y en a d’autres qui méritent d’être mentionnées.
L’ADRAO a continué à élargir la base du matériel génétique du riz ouest africain par l’introgression réussie de gènes utiles de
l’Oryza glaberrima indigène dans l’Oryza sativa. Nous continuons à développer des descendances interspécifiques qui tolèrent
et résistent mieux aux principaux stress limitant le rendement en Afrique de l’Ouest que sont la sécheresse, la panachure jaune du
riz (RYMV) et l’acidité des sols. Ces descendances ont aussi une bonne qualité de grains, des niveaux de rendement hauts et stables
et produisent bien sous des conditions paysannes à faibles et à hauts niveaux d’intrants. Elles sont en train d’être adoptées par les
paysans.
Des approches participatives de développement et de diffusion de technologies sont en train d’être adaptées et adoptées dans
17 pays en Afrique de l’Ouest et du Centre par l’ADRAO et ses partenaires nationaux afin de faciliter l’implication des paysans

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Rapport annuel ADRAO 2000
Bilan et perspectives

dans les processus. Ces approches permettent une diffusion accélérée des nouvelles technologies, puisque les paysans eux-mêmes
sont au premier plan dans la sélection des matériels acceptables sur la base de leurs propres critères. Elles ont aussi permis un
feedback aux programmes de développement de technologies de l’ADRAO et fourni des informations directes sur les processus
de diffusion de technologies, en mettant en exergue les technologies prometteuses qui s’attèlent aux besoins des populations
agricoles rurales d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Ces approches ont déjà eu de beaux dividendes parce qu’en plus de
l’accélération du développement de nouvelles variétés, elles aident à jauger l’acceptabilité des matériels disponibles et à stimuler
la demande des nouvelles variétés.
Notre recherche sur la gestion des cultures et des ressources naturelles (GCRN) dans les systèmes de plateau a montré le
potentiel de l’utilisation des légumineuses comme cultures de couverture et les bénéfices du phosphate naturel sur ces sols pauvres.
Ces technologies, en combinaison avec des variétés interspécifiques compétitives contre les adventices et adaptées à l’acidité des
sols, permettront aux petits producteurs de stabiliser la culture de riz en plateaux avec une concentration de leurs cultures sur des
surfaces limitées, ce qui réduirait les pratiques destructives de cultures sur brûlis. Les rendements se stabiliseront tandis que la
productivité de la main d’œuvre augmentera.
Le contrôle de l’eau et l’accès aux marchés sont des facteurs clés qui influencent les perspectives d’intensification et de
diversification des cultures dans les systèmes de bas-fonds pluviaux. Compte tenu de l’étendue des bas-fonds, environ 20 millions
d’hectares rien qu’en Afrique de l’Ouest, l’impact potentiel des pratiques GCRN améliorées sur la sécurité alimentaire est énorme.
Parmi les options, il y a la culture de légumineuses, de légumes et de tubercules en saison sèche et la double culture de riz. La
rétention et le recyclage de l’azote des sols de plateaux in situ par le biais de cultures à enracinement profond (ambrevades, par
exemple), la capture de l’azote prédisposée à la perte dans les franges hydromorphes ou dans les niches proches des zones de
riziculture dans les bas-fonds pourraient réduire les pertes de N dans l’atmosphère. La gestion des éléments nutritifs à travers une
bonne utilisation de l’azote, du phosphore, du potassium et du zinc en combinaison avec des variétés de bas-fonds tolérantes au
fer fournit une technologie qui peut augmenter la productivité et la production de riz dans les marécages à toxicité ferreuse.
L’utilisation de cultivars tolérants, associée à une bonne gestion de l’eau et des éléments nutritifs pour réduire la toxicité ferreuse,
aidera à étendre la riziculture de marécages dans les systèmes de bas-fonds.
La gestion des cultures et des jachères ainsi que la rotation ont un impact profond sur la croissance des adventices et sont des
composantes importantes de stratégies de gestion intégrée. Des pratiques de gestion ont été identifiées, qui réduisent substantiel-
lement la croissance des adventices à différents niveaux de la toposéquence, en zone humide et dans les écologies irriguées du Sahel.
Dans ces dernières, il a été démontré que c’est l’amélioration du timing d’application plutôt que la quantité des intrants qui peut
occasionner une augmentation de rendement de 50 %, dont la moitié est due à l’amélioration de la lutte contre les adventices.
Une part importante de la recherche sur les adventices a été menée en appui aux activités d’amélioration variétale en vue de
développer des types de plantes compétitives contre les adventices. Des méthodologies ont été développées, permettant de faire
un criblage en masse des cultivars de riz pour leur capacité à lutter contre les adventices et ainsi de sélectionner, à un stade précoce,
des lignées ayant ce critère parmi les nombreuses descendances interspécifiques.
Nous pensons que ces études vont contribuer de façon significative au boom attendu dans la production régionale de riz, qui
proviendra probablement de différents milieux hydrologiques et différents systèmes de gestion de l’eau. Les nouvelles
technologies qui découleront de ces études induiront des techniques de gestion de l’eau à faible coût et des types de plantes peu
exigeantes en terme de gestion qui, à leur tour, inciteront à l’intensification de la riziculture dans les bas-fonds. Pour les plateaux,
des variétés interspécifiques peu exigeantes en terme de gestion, compétitives contre les adventices et répondant bien aux intrants
sont déjà disponibles et les paysans sont en train de les évaluer à travers la recherche participative. Tout cela permettra une stabilité
des rendements et incitera les paysans sans ressources à remplacer les éléments nutritifs extraits du sol dans les systèmes de jachères
courtes. La réhabilitation à long terme des systèmes de plateaux déstabilisés nécessitera aussi des investissements plus substantiels
dans la qualité de la base de ressources. Le défi majeur sera d’assurer la diffusion de ces technologies aux paysans pauvres, aux
Systèmes nationaux de recherche agricole et de vulgarisation (SNRAV), aux Institutions de recherche avancée (IRA) et aux
Organisations non-gouvernementales (ONG) de façon à ce qu’ils puissent les adopter et les adapter à leurs propres besoins. Notre

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Rapport annuel ADRAO 2000
Bilan et perspectives

travail PVS et CBSS est un premier pas dans la bonne voie. L’approche de gestion intégrée des cultures pour les systèmes irrigués,
amplement traitée dans ce rapport, en est un autre. Mais, de telles activités exigent un environnement propice et c’est sur ce point
que se concentre notre recherche sur les politiques : fournir des options qui incitent à la mise en place d’environnements propices,
y compris la sensibilisation des décideurs politiques sur les bénéfices potentiels des technologies riz pour l’allègement de la
pauvreté et le développement rural. Ceci, à son tour, doit mener à une action renouvelée pour lever les contraintes socio-
économiques au développement rizicole.
En conclusion, l’année 2000 a été fructueuse mais, beaucoup reste à faire pour produire plus de NERICA et de technologies
complémentaires afin de lutter contre la pauvreté en Afrique. Comme indiqué dans ce rapport (voir p. 1 et 58), le potentiel de succès
est élevé : par exemple 25 % d’adoption des NERICA dans trois pays (Côte d’Ivoire, Guinée et Sierra Leone) d’ici 2004 ajouterait
20 millions de $ EU par an à l’économie de ces pays. Nous voudrions remercier tous nos partenaires en aval et en amont pour leurs
efforts. Nous espérons renforcer nos activités de collaboration avec vous dans les années à venir.

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Gestion intégrée des cultures : pour une


diffusion à grande échelle dans les
champs paysans

L E PROGRAMME de recherche au Sahel de l’ADRAO existe depuis plus de dix ans. Au fil de cette
période, nous avons beaucoup appris sur la gestion des cultures au niveau de l’exploitation et nous
avons montré que beaucoup de techniques fonctionnent bien. Le moment est venu de diffuser la nouvelle
et de donner une dimension plus élevée à la riziculture irriguée au Sahel.

Ces quelque dix dernières années, le programme de recherche laboratoires et une ferme de recherche à N’diaye (25 km à l’est
au Sahel de l’ADRAO a couvert de nombreux aspects du de Saint-Louis) et des parcelles additionnelles de recherche à
développement et de l’évaluation des variétés, ainsi que de la Fanaye (180 km à l’est de Saint-Louis).
gestion des ressources naturelles et des cultures. Des études de Au début des années 1990, dans les stations de recherche,
caractérisation ont été menées avec des centaines de paysans le travail a été concentré sur la recherche stratégique en vue
dans plusieurs pays du Sahel en vue d’identifier et de s’atteler d’étudier les interactions riz/environnement au Sahel. Un aspect
aux questions socio-économiques appropriées. Nous avons important de celle-ci était, par exemple, les réponses physio-
beaucoup appris sur la gestion des cultures au niveau de logiques (par variété) à la température et aux niveaux de
l’exploitation et nous avons montré que beaucoup de techniques radiation solaire. Cette étude a conduit au développement des
fonctionnent bien. Ces dernières années nous avons commencé modèles de culture RIDEV et OryzaS. RIDEV aide à déterminer
à rassembler ces techniques sous forme de « paniers » de les dates de semis pour éviter la stérilité induite par le froid, et
conseils aux paysans, revenant à une approche de gestion donne les meilleures prédictions sur les calendriers culturaux
intégrée des cultures (ICM). Des pratiques ICM ont été testées sur la base du choix variétal, du site et de la date de semis.
avec succès et nous voulons maintenant mettre ces technologies OryzaS utilise les données météorologiques (radiation du soleil,
et outils à la disposition d’un plus grand nombre de paysans. températures minimales et maximales) et des constantes
photothermales spécifiques aux variétés pour prédire le
rendement potentiel et la durée de croissance d’une variété
Bref aperçu du programme Sahel donnée semée à une date donnée, sur un site donné. Les réponses
Avant 1989, les activités de l’ADRAO au Sahel étaient physiologiques des variétés à la salinité (une contrainte majeure
éparpillées à travers plusieurs sites, surtout le long du fleuve dans le delta du fleuve Sénégal et autres endroits) et le criblage
Sénégal. En 1989, les activités de la Station Sahel ont été des variétés pour la tolérance à la salinité ont aussi été étudiés.
regroupées dans le nord du Sénégal, avec des bureaux, des Des essais ont été menés durant cette période pour suivre

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

l’impact des doubles cultures continues sur la fertilité des sols


Essais de fertilisation à long terme (voir encadré « Essais de fertilisation à long terme »).
En même temps, nous avons sélectionné des variétés mieux
En changeant un système cultural existant ou en introduisant un
nouveau, il est important de savoir si le nouveau système peut adaptées à l’environnement sahélien (haut rendement, cycle
être durable. Un développement durable doit (1) maintenir ou court, meilleure qualité de grains). Durant cette période, des
améliorer la production et/ou les services, (2) réduire le niveau variétés prometteuses ont été testées en collaboration avec
de risque sur la production, (3) protéger le potentiel de ressour-
ces naturelles et empêcher la dégradation de la qualité du sol l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA) et le service
et de l’eau, (4) être économiquement viable et (5) socialement de vulgarisation du Sénégal pour ce qui est du fleuve Sénégal,
acceptable. ainsi que la Société d’aménagement et d’exploitation des terres
Même si les systèmes riz irrigué se sont avérés durables à
travers leur longue histoire en Asie, il se pourrait que ceci ne du delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et
s’applique qu’aux systèmes traditionnels. L’introduction de de la Falémé (SAED). Parmi les variétés évaluées, Sahel 108,
systèmes culturaux hautement intensifs avec jusqu’à trois sai-
sons culturales par an et l’utilisation intensive d’engrais et de
Sahel 201 et Sahel 202 ont connu beaucoup de succès, elles
pesticides, pendant la révolution verte, est relativement ré- ont toutes été homologuées en 1994 au Sénégal et plus tard en
cente – ne datant pas de plus de trente-cinq ans. En raison des Mauritanie (voir encadré « Sahel 108 et autres variétés de riz
changements considérables associés à leur introduction, on
peut douter de la durabilité à long terme des systèmes moder- pour le Sahel »). Plusieurs autres variétés avec un potentiel de
nes de riz irrigué. Des études ont montré des rendements rendement élevé ont été identifiées pour utilisation dans le
stagnants ou même en baisse associés à un déclin dans programme de sélection.
l’approvisionnement du sol en éléments nutritifs dans des systè-
mes riz irrigué hautement intensifs. Les essais de fertilisation à En 1995, nous avons commencé à examiner de plus près la
long terme (Long-Term Fertility Experiments, LTFE) sont un outil manière dont les paysans gèrent leur culture de riz : que font-
important pour l’analyse de l’impact des systèmes culturaux sur ils et quelle est l’influence des facteurs socio-économiques et
la base de ressource du sol lorsqu’une même gestion de
cultures a été appliquée sur les mêmes parcelles pendant bio-physiques sur leurs pratiques et performances ? Pour avoir
plusieurs décennies. Plusieurs LTFE de riziculture irriguée inten- une image juste de la riziculture dans la région, des sites d’étude
sive ont été établis en Asie, mais ceux-ci sont rares en Afrique
subsaharienne. L’ADRAO dispose de deux de ces types d’es-
ont été choisis au Sénégal, en Mauritanie, au Mali et au Burkina
sais dans deux environnements biophysiques différents au Sé- Faso. Pour développer un contact étroit avec les paysans nous
négal (à N’diaye et à Fanaye). Les deux essais ont été établis avons opté pour un partenariat véritable (une pratique encore
en 1991 et comportent six traitements avec application de
doses d’engrais et deux cultures de riz par an. au stade embryonnaire à l’époque). Avant de commencer tout
En 17 saisons consécutives, les meilleurs traitements dans les travail avec les paysans, on discutait avec les agents de
deux sites et pour les deux saisons ont donné en moyenne des vulgarisation des SNRAV et les paysans eux-mêmes. Après
rendements entre 7,1 et 7,5 t/ha par saison. Des tendances
négatives de rendement ont été observées sur un site, mais avoir discuté et partagé nos points de vue, nous demandions
celles-ci pourraient s’expliquer par des conditions climatiques des volontaires dans chaque communauté visitée et les SNRAV
moins favorables au cours de ces dernières années. Dans les aidaient à sélectionner les paysans pour le travail. Marco
deux sites, une riziculture intensive sans application de phos-
phore (pratique actuelle en Mauritanie) a donné des plants de Wopereis, à l’époque agronome à la Station Sahel raconte :
riz déficients en P après seulement six saisons. Plus tard, la non- « Nous avons observé les pratiques paysannes, puis avons
application de potassium combinée à l’enlèvement de toute
la paille, a résulté en une baisse considérable du potassium
comparé leurs performances avec les rendements prédits par
dans le sol. Les deux pratiques sont, par conséquent, considé- nos modèles. » Il était clair que le potentiel des variétés semées
rées comme non-durable même si la non-application de K ne par les paysans n’était pas atteint sur la majorité des
causera pas une déficience rapide en raison des réserves
considérables dans le sol et elle peut être retardée à travers une exploitations. « Peut-être que le problème principal était qu’il
gestion appropriée de la paille de riz. y avait une énorme variation entre les rendements des paysans ;
Ces résultats et le suivi de la qualité du sol en cours dans les il y avait quelques rares qui obtenaient des niveaux proches de
parcelles paysannes aident à développer des techniques ICM
qui, non seulement, améliorent la productivité et la rentabilité ceux des essais en station et prédits par OryzaS et il y en avait
du riz irrigué, mais maintiennent aussi la qualité de la base de beaucoup d’autres qui produisaient des quantités minimales
ressource. dans des parcelles voisines, en utilisant les mêmes variétés ! »
Avec ces écarts de rendements évidents qui nécessitaient
des explications, Wopereis et son équipe ont commencé une

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Sahel 108 et autres variétés de riz pour le Sahel

Les variétés Sahel 108, Sahel 201 et Sahel 202 ont été homologuées pour le riz irrigué dans la vallée du fleuve Sénégal, en 1994, puis en
1996, en Mauritanie pour la même écologie.
Les trois variétés avaient été introduites dans des pépinières distribuées par le Réseau international pour l’évaluation génétique du
riz (INGER basé, à l’époque à l’IITA et sous auspices de l’IRRI) avant d’être sélectionnées par l’ADRAO au Sénégal et en Mauritanie.
Sahel 108 était une variété IRRI, Sahel 201 venait du Sri Lanka et Sahel 202 de l’IITA.
Les variétés Sahel ont été homologuées à cause de leur performance meilleure par rapport aux vieux cultivars Jaya (de cycle moyen)
et I Kong Pao (IKP, de cycle court), introduits vers 1970. Alors que Jaya a un potentiel de haut rendement, il ne tolère pas les conditions
de salinité du delta du fleuve Sénégal et son cycle ne permet pas une double culture. IKP, par contre, peut se cultiver en toutes saisons,
mais il a une mauvaise qualité de grains et un potentiel de rendement plus bas que Jaya.
Sahel 108 a été ciblée pour la saison sèche, lorsque le cycle court est important pour permettre une double culture. Sahel 201 et 202
de cycle moyen ont, elles, été ciblées pour la saison des pluies. Sahel 201 a été introduite pour son rendement élevé et sa tolérance
modérée à la salinité et Sahel 202 pour son rendement élevé et sa bonne qualité de grains.
Les variétés Sahel ont un rendement d’environ 10 % plus élevé que les variétés existantes en saison humide et Sahel 108 donne environ
11 % de plus qu’IKP en saison sèche. Les gains de revenus nets par hectare sont encore plus impressionnants : Sahel 108 a un rendement
de 18 % plus élevé qu’IKP en saison humide ; Sahel 201 donne 21 % et Sahel 202 environ 24 % plus de revenus que Jaya au cours de la même
saison. Le rendement de Sahel 108 est de 23 % plus élevé que celui d’IKP en saison sèche.
Et qui plus est, Sahel 108 arrive à maturité environ 15 jours avant Jaya, en saison humide. Cette précocité résulte en une économie
d’eau de 1 000 m3/ha. L’intensification de l’utilisation de Sahel 108 dans toute la vallée du fleuve Sénégal aboutirait à une économie d’au
moins 11 millions de m3 d’eau par an. En supposant une efficacité d’irrigation de 40 %, ceci représente 28 millions de m3 d’eau pompée
ou une économie de fuel d’environ 400 000 $ EU. En outre, le cycle court ouvre de nouvelles perspectives de double culture sur la même
parcelle, doublant potentiellement le rendement annuel par hectare – environ 10 % des superficies exploitées au Sénégal, font
actuellement l’objet de double culture.
Les premières estimations du taux interne de rentabilité (IRR) basées sur des estimations d’adoption de 25 %, 10 % et 15 % pour Sahel 108,
Sahel 201 et Sahel 202 en saison humide et 40 %, 5 % et 5 % pour les mêmes cultivars en saison sèche, sont assez importantes : 118 %. Vers
la fin 1999, la variété Sahel 108 occupait déjà 31 % des surfaces rizicoles du Sénégal dans la vallée du fleuve Sénégal en saison humide
et 66 % en saison sèche, de ce fait l’estimation IRR est déjà dépassée. En 1999, les trois variétés Sahel occupaient environ 35 % des superficies
de riziculture en Mauritanie.

[Texte initialement publié dans le CGIAR Annual Report 1999, page 33]

série de tests agronomiques pour déterminer les facteurs Un paysan compte les
ramifications paniculaires de
responsables de la mauvaise performance sur la plupart des la variété Sahel 108 pour en
parcelles. Et Wopereis poursuit : « Nous avons développé une déterminer le rendement
potentiel
série d’outils de pratiques agricoles pour évaluer la productivité
des paysans par rapport aux rendements possibles » (voir articles
dans les rapports annuels 1998 et 1999). « En particulier nous
avions examiné la gestion des adventices et de la fertilité des
sols, les pratiques de récolte et post-récolte, ainsi que le
calendrier de toutes les activités agricoles. Nos résultats ont
clairement montré que les pertes de rendements n’avaient pas
une cause unique, mais qu’il y avait tout un ensemble de facteurs
qui affectaient les différents champs à un degré plus ou moins
élevé. » Cependant, la gestion des engrais et la lutte contre les
adventices étaient des dénominateurs communs et leur

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

amélioration était ce qu’il y avait de plus prometteur pour une 1998, nous avons pensé qu’il était temps de commencer à
augmentation de la productivité et de la rentabilité. A l’aide étudier la gestion intégrée des cultures », explique Wopereis,
des modèles OryzaS, RIDEV et FERRIZ – récemment mis au « nous avions accès à toute une gamme d’interventions de
point – un cadre a été développé pour concevoir de nouvelles gestion dont nous savions qu’elles augmenteraient la
recommandations d’utilisation d’engrais taillées sur les productivité aux champs ou au moins pour lesquelles nous
caractéristiques des sols et le rendement potentiel. L’impact avions de bonnes raisons de le penser ». Sur la base de notre
combiné de la gestion améliorée des engrais et de la lutte contre travail et de l’expérience des chercheurs des SNRAV, nous
les adventices s’est avéré durant la saison des pluies 1998, avions mis au point une série de recommandations de gestion
lorsque des essais participatifs avec des petits groupes de intégrée des cultures pour la vallée du fleuve Sénégal (voir
paysans ont été menés dans la vallée du fleuve Sénégal, au encadré « Options de gestion intégrée des cultures pour la vallée
Sénégal et en Mauritanie. Ces tests ont montré que l’application du fleuve Sénégal »). Puisque ces recommandations couvraient
une bonne partie des pratiques de bonne gestion au niveau de
conjointe de ces deux recommandations pouvait facilement
l’exploitation, elles ont aussi été utilisées pour les programmes
augmenter le rendement de près de 2 tonnes par hectare, soit
de formation à l’intention des agents de vulgarisation au Sénégal
une augmentation de 50 % du rendement moyen de 4 t/ha
et en Mauritanie. Pour faciliter la communication avec les
(« Eléments nutritifs du sol et fertilisation dans le riz irrigué au
paysans participants, nous avons développé un poster qui illustre
Sahel » Rapport annuel de l’ADRAO 1998, pp. 16-22). Des les pratiques recommandées de gestion des cultures (voir
analyses financières et de risques de l’utilisation d’engrais encadré « L’information imprimée »). En collaboration avec
proposée ont montré des avantages sur les deux points : une les services de vulgarisation, 30 de ces posters avec des
meilleure gestion (calendrier, dose et mode d’application) des recommandations ICM ont été distribués aux coopératives
engrais augmentait non seulement les revenus financiers (en paysannes de la vallée du fleuve Sénégal.
moyenne de 85 %), mais réduisait aussi les risques de pertes
financières.
Evaluation participative et caractérisation
socio-économique en Mauritanie
Assemblage des composantes L’histoire de cette année commence en fait en 1999 avec
Peut-être, que l’un des échecs majeurs de la recherche agricole
l’arrivée de Mohammed Kebbeh comme chercheur-visiteur
dans le passé a été de se concentrer sur un seul facteur ou
(agro-économiste) à la station Sahel. Il devait amener avec lui
quelques facteurs comme moyens d’augmenter la production.
une nouvelle perspective de travail. « La performance des
Même si cela s’est avéré d’une certaine valeur, l’avantage
paysans n’est pas le simple résultat de contraintes bio-physiques
disparaissait lorsque les autres composantes de gestion des qui réduisent le rendement aux champs », explique-t-il, « en
cultures ne sont pas optimales. Stephan Häfele, à l’époque considérant leurs champs, les paysans ne voient pas seulement
étudiant PhD à la station explique : « Prenez par exemple notre les facteurs biologiques ou météorologiques ; leur vie va au-
recherche sur la gestion des engrais et des adventices. Lorsque delà de la parcelle de riz, jusqu’à leurs familles, leurs
nous avions amélioré seulement la gestion des engrais, la moitié communautés et l’environnement socio-économique général.
des gains était perdue à cause des adventices. Et même là, la Donc, il y a tout un ensemble de facteurs socio-économiques
meilleure gestion des engrais et des adventices ne donnera rien qui entrent en jeu avec les effets de la nature ».
avec un semis tardif ou une mauvaise variété qui restera stérile Pour capitaliser sur les succès des essais de 1998, l’équipe
à cause des températures extrêmes. » Les facteurs qui a visité huit sites en Mauritanie durant la saison des pluies 1999
influencent le nombre de sacs de riz que le paysan peut et a ajouté au paquet ICM, le battage mécanique à l’aide de la
finalement vendre sont nombreux. Nous sommes donc batteuse-vanneuse promue par l’ADRAO. Cette fois-ci, deux
convaincus qu’une amélioration durable n’est possible que aspects furent analysés : l’évaluation participative du paquet
lorsque tout le système de production est pris en compte et ICM par un plus grand nombre de paysans et par conséquent
lorsque les problèmes sont abordés de façon holistique. « En moins de contrôle du chercheur sur les expériences et la

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Options de gestion intégrée des cultures pour la vallée du fleuve Sénégal

Facteur Recommandation(s)

Préparation du sol Cultiver des sols appropriés (sols argileux lourds)


Veiller à un bon labour et un bon nivelage

Semences Utiliser des semences certifiées pré-germées

Variété Saison sèche : Sahel 108 (bonne qualité de grains, sensible à la salinité) ou I Kong Pao (mauvaise qualité
de grains, tolérant à la salinité)
Saison humide : Sahel 108, Jaya, Sahel 201 ou Sahel 202

Date de semis Déterminée à travers RIDEV pour éviter la stérilité des épillets due à la chaleur ou au froid

Taux de semis Semis direct : 100 kg/ha


(semences certifiées) Transplantation : 40 kg/ha

Application d’engrais Les doses d’engrais sont ajustées sur les caractéristiques des sols, le rendement potentiel et la saison.
Maximum : Triple super phosphate (TSP, 20 % P) ou diammonium phosphate (DAP, 20 % P, 18 % N) en
application basale à 100 kg/ha ; plus urée (46 % N) à 250-300 kg/ha en trois applications : 40 % au début
du tallage, 40 % à l’initiation paniculaire et 20 % à la montaison.
Calendrier : guidé par RIDEV

Gestion des adventices Propanil à 6 l/ha plus 2,4-D à 1,5 l/ha appliqué quelques jours avant la première application d’urée
(adventices avec 2-3 feuilles) plus un sarclage manuel avant la deuxième application d’urée

Gestion de l’eau Drainer les parcelles avant l’application des herbicides.


Réduire le niveau d’eau à 3 cm durant 4-5 jours à l’application de l’engrais.
Drainer entièrement la parcelle 15 jours après la floraison.

Récolte Récolter à maturité, c’est-à-dire lorsque environ 80 % des panicules sont jaunes.

Après-récolte Battre au cours des 7 jours qui suivent la récolte (à temps).


De préférence utiliser la batteuse-vanneuse promue par l’ADRAO (ASI).

caractérisation de l’environnement socio-économique des La caractérisation socio-économique a été faite à l’aide


paysans pour expliquer la performance des technologies d’enquêtes et d’évaluations participatives. Les évaluations
recommandées. étaient informelles, il n’y avait pas de questionnaires, mais des
Comme d’habitude, la pratique paysanne (TF) a été discussions ouvertes avec les paysans. « Un facteur que nous
comparée à la pratique ICM, mais cette fois-ci sur des parcelles avions estimé vital, c’était d’impliquer les paysans dans
plus grandes. Les pratiques ICM ont été supervisées par des l’analyse des résultats. Trop souvent, les paysans ont été mis
agents de vulgarisation de la Société nationale pour le sous pression pour l’obtention de l’information, mais ils ne
développement rural (SONADER), qui ont aussi suivi les voient jamais les résultats des analyses et de ce fait les
pratiques de gestion des cultures des paysans échantillonnés, comprennent moins encore ! En faisant l’analyse avec eux, nous
durant toute la saison. Tous les intrants des parcelles ICM (à avons montré que nous nous intéressons véritablement à leurs
l’exception des coûts de main d’œuvre, d’eau d’irrigation et de préoccupations et pas seulement à la collecte de données pour
préparation du sol) ont été fournis aux paysans participants, notre propre recherche », explique Kebbeh.
mais les paysans ont pris l’entière responsabilité pour les Les résultats de la caractérisation ont été disposés en
parcelles sous leur gestion personnelle (TF). couches, en commençant par une représentation graphique ou

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

L’information imprimée

Notre implication dans l’approche participative au fil des ans a montré que souvent les paysans et les agents de vulgarisation ne disposent
simplement pas d’informations pertinentes sur les meilleures options de gestion des cultures. Nous avons essayé de surmonter ce problème
avec l’introduction d’affiches ICM et le développement d’un manuel sur la riziculture irriguée dans la vallée du fleuve Sénégal.
Notre expérience a montré que les paysans n’ont pas besoin de recommandations rigides détaillant un paquet précis à adopter, mais
plutôt d’options de choix parmi lesquels ils peuvent sélectionner ce qu’ils peuvent se permettre (en termes de main d’œuvre et de
finances) et qui leur seraient le plus bénéfique.
Le modèle RIDEV prédit la croissance du riz (il est spécifique aux variétés) et propose des recommandations sur le calendrier des
principales interventions culturales. Ce modèle est utilisé par les agences de vulgarisation en Mauritanie et au Sénégal. Les recomman-
dations de calendrier générées par RIDEV ont été tabulées et sont utilisées par les vulgarisateurs sur le terrain. Dans le but de « passer le
mot », l’ADRAO, la SAED et l’ISRA ont développé une affiche simple à l’intention des organisations paysannes. Les affiches sont spécifiques
aux sites, aux saisons et aux variétés mais comme leur production est bon marché, on peut les fournir pour toutes les combinaisons
appropriées. D’autres informations appropriées sont fournies pour permettre aux paysans d’adapter leur calendrier à leur situation
financière et leurs circonstances particulières. Comme la technologie ICM s’étend à des cercles de plus en plus larges, nous envisageons
de produire des fiches-prospectus avec des versions en miniature de l’affiche ainsi que les détails des recommandations ICM sur une feuille
unique (recto, verso). Ces fiches pourront être distribuées en grand nombre aux paysans et aux agents de vulgarisation.
La première édition du manuel sur le riz irrigué est à l’intention des agents de vulgarisation de la vallée du fleuve Sénégal, en Mauritanie
et au Sénégal. Il compte environ 120 pages et donne un aperçu des meilleures options de gestion des cultures de riz irrigué pour la vallée
du fleuve Sénégal. La première édition est en français mais nous attendons des traductions en arabe et en langues locales comme le wolof
et le pulaar.

Figure 1. Des posters ont été utilisés pour permettre de visualiser les options recommandées de gestion des cultures, au
cours de réunions avec les paysans. Celle-ci est relative à la variété Sahel 108 exploitée en semis direct, pendant la saison
des pluies dans la régions de Podor, Sénégal – le cycle naturel et les stades de croissances ont été simulés à l'aide du
RIDEV et des données météorologiques locales

14
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Figure 2. Des cartes


(comme celles pour
Thiambene et Mechra
Sidi) ont été mises au
point pour identifier les
ressources de
production principales
dans chaque
communauté et leur
allocation aux
différentes activités

« carte » des ressources disponibles dans la communauté. Assistance


Fruits
Ensuite, nous avons développé un profil des activités socio- extérieure
Fabrication
Bois

Sa
économiques qui utilisent ces ressources, des exemples typiques de nattes

nt
é
étant la pêche et la riziculture irriguée. Un calendrier de ces Exploitation
des autres
activités a été utilisé pour identifier les périodes de contraintes Ma
ressources

par rapport à ces ressources et spécifiquement par rapport à la nq

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main d’œuvre. Nous avons développé un profil des interactions
de

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au sein et entre les ménages et la communauté par rapport à


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Non-re
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l’utilisation des ressources. Ceci a abouti à une analyse des des cré
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dits Vol
Faiblesse des rendements

contraintes générales et spécifiques à la riziculture. A l’aide Retard dans le


d’arbres à problèmes et de matrices de hiérarchisation, les remboursement Mobilisation
de fonds
contraintes de la production de riz irrigué ont été analysées en
profondeur.

t Périmètre de Co
men ûts d
Figure 3. A Mechra 'éq uipe l'infrastructure es in
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Sidi, ce sont les M anq es
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pour analyser les Q


Production de Finances
contraintes à la semences extérieures
production de riz par soi-même ou crédit
irrigué

15
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

« Nous ne devons pas oublier que ceci reste de la re-


cherche », explique Kebbeh. « Les résultats d’une année ne
suffisent jamais pour “prouver quelque chose” et passer à l’étape

Rendement (kg/ha)
suivante. » Ainsi, la validation du paquet ICM et la
caractérisation socio-économique, qui avaient été faites avec
80 paysans en 1999, ont été répétées avec 150 autres paysans
en Mauritanie en 2000. « Et maintenant, ça devient
passionnant », dit Kebbeh avec enthousiasme, « puisque les
résultats de 2000 sont en adéquation avec ceux de l’année
précédente ».

Points saillants et résultats clés Figure 4. Comparaison entre les moyennes de rendements de
Alors, qu’est-ce que toute cette interaction avec les paysans a l'ICM et celles des pratiques paysannes dans trois villages, en
fait découvrir à l’équipe ? Mauritanie, saison des pluies 1999
« Les tests menés durant la saison humide 1999 ont confirmé
la recherche antérieure sur l’amélioration des rendements »,
dit Kebbeh. « Comme auparavant, la gestion intégrée a donné quand-même l’adoption de certains éléments dans les parcelles
un avantage de rendement de 2 t/ha sur la pratique paysanne. paysannes qui augmentent la performance générale. Le résultat
Et qui plus est, presque tous les autres indicateurs de rentabilité net sera un écart moins prononcé entre les parcelles paysannes
et de risque avaient classé les pratiques ICM supérieures à la et les parcelles ICM ».
pratique paysanne. » Ainsi, alors que les intrants de l’ICM « C’est là que nous avons eu à goûter à nos premiers effets
induisaient un coût supplémentaire de 11 à 24 % d’argent secondaires », dit avec enthousiasme Kouamé Miézan, chef du
liquide (ou crédit) en début de saison, le revenu net à la fin de programme riz irrigué, « certains voisins des paysans qui
la saison augmentait de l’ordre de 49 à 142 %. Les dépenses n’étaient pas impliqués dans la recherche, ont vu ce qui se
supplémentaires concernaient surtout l’achat d’herbicides et passait chez leurs voisins et ont été impressionnés, ils ont posé
d’engrais phosphaté. « La conclusion c’est que les avantages des questions aux paysans et ont adopté certaines options de
majeurs du paquet ICM ont cumulé non pas du fait d’un l’ICM ». Ces paysans ont aussi augmenté leur rendement.
accroissement des intrants, mais par une meilleure gestion de L’ICM ayant fait ses preuves, c’était au tour des analyses socio-
ceux-ci, en particulier, le mode et le timing de leur utilisation », économiques de « montrer le chemin » pour une amélioration
poursuit Kebbeh. de la productivité au niveau des exploitations.
L’année suivante n’était pas aussi passionnante, mais tout Selon Kebbeh : « Le riz irrigué n’est qu’une composante de
de même significative. « Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que la vie communautaire, même si c’est l’activité principale. Il y a
plus un nombre élevé de paysans entraient en contact avec toujours d’autres activités économiques et certaines peuvent
l’ICM, plus leurs pratiques de production changeaient », être considérées comme aussi importantes que la production
explique Häfele, « au fil du temps, nous comparions l’ICM de riz irrigué. Ces activités peuvent donc occasionner une
avec les modifications des pratiques paysannes au fur et à compétition sur les ressources limitées. Les différences dans le
mesure qu’ils retiennent certains éléments de l’ICM ». Mais ce rôle des hommes et femmes sont toujours importantes lorsqu’on
n’est pas tout. « Avec l’intensification », explique Wopereis, analyse les activités paysannes des membres d’une famille ou
« de plus en plus de paysans voient les avantages du nouveau d’une communauté. » En règle générale, dans les communautés
système, ce qui donne un effet à double sens. D’abord, nous où hommes et femmes sont impliqués dans les activités
avons l’adoption d’une partie seulement du paquet dans la paysannes, ils tendent à avoir des rôles différents. Dans d’autres
gestion paysanne des ICM, ce qui a pour résultat un rendement communautés, il est possible que seul un genre soit engagé dans
potentiel moins élevé qu’avec le paquet complet. Mais il y a la riziculture irriguée (ou les femmes ou les hommes). « Une

16
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

étude de cas menée dans seulement trois villages en 1999, a La seule paysanne à
Sinthiane a obtenu sur les
donné des résultats surprenants : la coopérative villageoise parcelles sous sa propre
comprenant uniquement des femmes a eu de meilleures gestion et la parcelle
ICM une production plus
performances que les coopératives masculines ou dominées par élevée que celle de ses
les hommes et ceci aussi bien pour la gestion paysanne, que neuf confrères, tous des
hommes !
pour la gestion ICM ! Dans une coopérative mixte (hommes et
femmes), la seule femme de l’échantillon a surclassé ses
collègues hommes aussi bien en termes de rendement que de
revenus de son exploitation », explique Kebbeh.
Un dernier résultat très important c’est que les coopératives
paysannes sont essentielles dans la gestion du périmètre. En
particulier dans la gestion de l’eau et des crédits pour l’achat
des intrants en début de saison. Ceci a des implications sur la
gestion des intrants dans le système ICM. « Un des problèmes
ici », explique Kebbeh, « c’est que nous avons surtout ciblé
des paysans individuels avec nos recommandations, tandis que
certaines décisions requises doivent être prises collective- imprimée ») et d’un questionnaire. Le lien avec la vulgarisation
ment ». Par exemple, il y a des recommandations spécifiques est vital, si nous voulons atteindre des centaines de paysans, il
de drainer les champs à certains moments de l’année avant nous faut ôter de l’esprit une implication personnelle de
l’application d’engrais ou la récolte, mais les décisions de l’ADRAO avec chacun des paysans ! C’est le vulgarisateur qui
fera le gros du travail. »
gestion de l’eau dépendent souvent de la coopérative, et pas
Mais, les centaines de paysans du Nord Sénégal, ce n’est
d’une seule personne. « Ce résultat implique que les efforts de
pas assez pour Kebbeh. « Nous avons développé un partenariat
recherche et de développement de technologies et de
avec une grande ONG régionale, la Fondation rurale de
recommandations ne visant que des paysans individuels, seraient
l’Afrique de l’Ouest », dit-il, « avec qui nous préparons une
mal orientés », continue Kebbeh.
proposition d’intensification du travail ICM ». La proposition
s’attèle au problème du transfert de la technologie ICM aux
Perspectives d’avenir … valoriser les paysans dans quatre ou cinq pays. « Dans la préparation du
résultats de la recherche document, nous sollicitons les idées des programmes nationaux
Miézan est ravi du progrès réalisé et des perspectives. « Nous des pays cibles et de la FAO », explique Kebbeh.
avons travaillé dix ans pour en arriver là », dit-il, « et maintenant La proposition sera examinée en profondeur au cours d’un
nous sommes sur le point de pouvoir aider à améliorer atelier régional en avril 2001. Les systèmes nationaux de
l’existence d’un plus grand nombre de paysans, tel que recherches agricoles et de vulgarisation, les ONG clés et les
beaucoup de chercheurs n’en ont jamais rêvé ». Il évoque ainsi organisations paysannes des pays cibles y prendront part. « En
les plans ambitieux de l’équipe pour 2001. outre, les bailleurs de fonds ciblés – la FAO, la Banque mondiale
Kebbeh : « Avec les succès de ces deux dernières années – et l’Union européenne – seront présents, en fait, c’est la FAO
80 paysans en 1999 et 150 en 2000 – nous pensons que le qui finance l’atelier », ajoute Miézan.
moment est venu de voir les choses en grand. Mais, qu’est-ce Kebbeh explique : « L’atelier va réviser et valider le
que nous voulons dire par “grand” ? » document du projet. C’est-à-dire que tous les participants
Miézan : « En janvier 2001, nous avions été invités à accepteront (nous l’espérons) de s’engager dans la formulation,
présenter nos idées lors d’une réunion avec la CIRIZ (une le plan de travail et les responsabilités inhérentes à la mise en
coopérative sénégalaise représentant plusieurs centaines de œuvre du projet. Le document final sera soumis pour
paysans) et la SAED. Nous avons discuté avec eux de nos financement – nous l’espérons – par un des bailleurs de fonds
résultats ICM, de l’affiche ICM (voir encadré « L’information qui a montré son intérêt en participant déjà à cet atelier. »

17
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Les défis en suspens sur les tendances (positives) actuelles d’implication accrue des
« Mais, nous n’en sommes pas encore là, des questions partenaires nationaux, notamment des services de recherche-
organisationnelles majeures restent à résoudre, comme la vulgarisation des pays cibles », conclut Miézan. Comme nous
“simple” organisation de tant de partenaires et d’autres parties l’avons dit plus haut, les agents de vulgarisation seront la clé
prenantes », continue Kebbeh. L’idée d’impliquer tous les du succès du programme.
partenaires potentiels dans la phase de formulation du projet Ensuite, il y a bien sûr la logistique pour mobiliser tout ce
vise à augmenter leur engagement dans le projet final et à assurer personnel de vulgarisation et déterminer la meilleure façon
une appropriation conjointe. « Le projet envisage de s’appuyer d’atteindre les paysans. « Les langues locales pourraient jouer

Toujours plus loin dans l’amélioration

« Le rendement potentiel des cultivars de riz du Sahel est supérieur à 9 t/ha », explique Stephan Häfele, l’actuel agronome des systèmes
irrigués de l’ADRAO. « Donc, même si nous réalisons une croissance régionale atteignant une moyenne de 6 à 7 tonnes, on peut encore
envisager de réduire l’écart avec le rendement potentiel. »
Notre interlocuteur poursuit : « Comparées aux recommandations traditionnelles de couverture pour ce qui est des engrais et des
herbicides, les recommandations récentes développées avec nos partenaires nationaux sont déjà une amélioration énorme, puisqu’elles
sont centrées sur le domaine d’intérêt. Cependant (et comme nous l’avons indiqué dans le Rapport annuel 1998, page 17), nous sommes
encore loin de l’agriculture de précision (avec des doses d’engrais déterminées au mètre carré) pratiquée dans des pays comme les Etats-
Unis. » Avec le temps, et lorsque les instruments de mesure de la fertilité des sols seront moins coûteux, les agents de vulgarisation, puis
les coopératives paysannes pourraient mener des tests de sols spécifiques aux champs et des recommandations d’engrais, en fonction
des résultats obtenus.
En attendant, les zones « cibles » actuelles sont assez étendues pour donner suffisamment de travail à Häfele et ses collègues pendant
encore quelques années de phases intermédiaires.
Et il y a d’autres domaines où on peut encore faire des progrès. « Le riz irrigué est complexe », explique le chef de programme Kouamé
Miézan, « une gestion optimale de la culture nécessite une quantification. Les options de gestion des paysans sont dynamiques et tout
changement peut affecter le calendrier des futures interventions de gestion ». Le travail de Mohamed Kebbeh sur les aspects socio-
économiques de l’adoption sont réintroduits dans le cycle des changements. « A cet égard, les raisons de non-adoption d’options
spécifiques sont singulièrement utiles », dit Miézan. Pour maximiser la valeur de ce type de feedback, la modélisation informatique occupe
une place de choix dans le travail de l’équipe du Sahel.
Un autre domaine de progrès est celui relatif aux variétés de riz cultivées. Miézan, qui est chef de programme, est aussi le sélectionneur
riz irrigué de l’ADRAO. « La variété est cruciale dans tout système de gestion », explique-t-il. La position centrale des variétés est notable
par le fait qu’elles sont spécifiques à l’ICM. Le choix d’une variété appropriée est crucial pour un résultat optimal de tout le système de
gestion. « Par exemple, pourquoi cultiveriez-vous une variété dépendante des éléments nutritifs dans un système où les paysans n’ont pas
accès à l’engrais ou une variété ne répondant pas à l’engrais dans un système où l’engrais est utilisé ? Cependant, à mesure que les
systèmes de production deviennent rentables et que le paysan peut augmenter l’utilisation d’intrants, on peut envisager l’utilisation de
différents types de variétés. Contrairement à la croyance populaire, nous n’essayons pas d’adapter le système à la variété mais, nous
voulons plutôt développer des variétés adaptées au système. Par exemple, là où la salinité pose problème, nous avons besoin d’une
variété tolérant la salinité, mais tout le paquet ICM pour cet environnement spécifique doit être basé sur la somme des ressources dont
le paysan dispose et non uniquement sur la variété. » Ainsi, une fois le système de production caractérisé, un panier ICM est développé
pour optimiser le rendement du système ; une des composantes est le choix de la variété la mieux adaptée au système, c’est-à-dire une
variété qui contribue au but de l’ICM d’optimiser le système. La recherche en cours au Sahel, vise une efficacité accrue dans l’utilisation
des éléments nutritifs et la compétitivité contre les adventices.
« Une fois qu’on commence à examiner l’efficacité de l’utilisation des ressources, on doit prendre en compte l’eau. » La gestion de l’eau
au niveau de l’aménagement a des implications sur plusieurs autres interventions paysannes : application d’engrais, contrôle des
adventices, récolte pour n’en citer que quelques-unes. En outre : « La gestion de l’eau au niveau de l’aménagement a des implications
directes sur le paysan », explique Wilfried Hundertmark, spécialiste de l’irrigation détaché à l’ADRAO par International Water Management
Institute (IWMI). « Des décisions prises au niveau de l’aménagement peuvent également provoquer des pénuries d’eau ou des inondations
à des moments inopportuns pour une culture de riz donnée. » IWMI a maintenant détaché un économiste de l’irrigation à la station Sahel
de l’ADRAO, le problème de l’eau occupe, donc, une place importante sur l’agenda du programme. On verra certainement bientôt des
améliorations des composantes de la gestion de l’eau dans l’ICM.

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

ici, un rôle primordial », explique Guy Manners, responsable nombre raisonnable pour mesurer “notre succès”. L’aspect
de l’information à l’ADRAO. « Nous souhaitons des socio-économique ne sera pas négligé, à ce stade non plus. Nous
partenariats avec des ONG qui s’occupent d’alphabétisation ne savons toujours pas quelles sont les composantes qui
dans les langues locales, parce que ce n’est pas seulement la séduisent les paysans et pourquoi. »
communication verbale qui compte, mais il faut aussi avoir des « Nous ne devons pas oublier », indique à bon escient le
aides-mémoires sous forme de posters ICM. » Directeur général Kanayo F. Nwanze, « nous ne parlons pas de
Une autre question préoccupante est la mesure de l’impact. vulgarisation pure ici. Ce serait encore, au moins en partie de
« Nous voulons de l’impact … les donateurs veulent de la recherche stratégique au niveau de l’exploitation. Sur la base
l’impact », explique Kebbeh, « il faudra donc mettre au point de notre expérience et de celle des autres, nous pensons pouvoir
des mécanismes pour l’évaluer ». L’impact c’est l’augmentation diffuser cette technologie ICM à grande échelle, mais nous n’en
des rendements et des revenus paysans, mais c’est aussi de sommes pas si sûrs. Il s’agit d’un grand projet de recherche et
savoir quelles composantes du paquet les paysans « peuvent » nous allons voir si nous pouvons le réaliser. Et si nous le
adopter et adoptent effectivement. « Actuellement nous pensons pouvons, cela ouvre beaucoup de possibilités, pas seulement
sélectionner cinq sites clés – un dans chaque pays – et suivre pour nous, mais aussi pour la recherche agricole à travers la
environ 100 paysans par site. Ce qui donnerait 500 paysans, un région et ailleurs ».

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Une petite mouche à gros problèmes : la


cécidomyie africaine des galles du riz

C OMME SON nom anglais African rice gall midge l’implique, la cécidomyie africaine des galles du
riz ressemble plus à un moustique qu’à un déprédateur sérieux, mais cette petite punaise est un ennemi
majeur en riziculture de bas-fonds dans au moins quatre pays membres de l’ADRAO et il est présent dans
16 autres pays de l’Afrique sub-saharienne. La larve fait un trou dans la talle de riz et dévore son hôte de
l’intérieur. L’infestation dans un champ semé d’une variété sensible peut résulter en une perte totale de
production. L’ADRAO a travaillé sur la cécidomyie africaine des galles du riz depuis plusieurs années et a
trouvé quelques méthodes de gestion qui peuvent être combinées pour plus d’effet.

carte, Figure 5). Des évaluations de perte de rendement dans


Cécidomyie
adulte : ce des champs avec une infestation de 30 % des talles, suggèrent
n'est qu'une que pour chaque 1 % d’infestation supplémentaire, un paysan
petite
mouche, peut s’attendre à une perte de rendement de 2-3 %. Les champs
mais son fortement infestés peuvent ne pas produire de grains du tout.
appétit
vorace pour Le potentiel de dévastation est déjà grand et va très
les talles de probablement augmenter.
riz peut
mener à la La recherche initiale de l’ADRAO, de l’Institut international
destruction d’agriculture tropicale (IITA) et de leurs partenaires, s’est
totale de la
culture concentrée sur la biologie de base et l’écologie du déprédateur.
Ce n’était qu’en 1982 que l’on a découvert que la cécidomyie
africaine des galles du riz (Orseolia oryzivora) différait de la
cécidomyie asiatique (O. oryzae) de l’Asie du Sud et du Sud-
Il y a longtemps que la cécidomyie est connue comme ennemi Est. En 1993, l’entomologiste Charles Williams du Centre for
du riz, mais ce n’est qu’à la fin des années 1970 que des dégâts Agriculture and Biosciences International (CABI, R-U) a été
importants ont été enregistrés en Afrique de l’Ouest, notamment détaché à la station ADRAO de l’IITA (Ibadan, Nigeria) pour
dans le sud du Burkina Faso. En 1988, des épidémies travailler sur la cécidomyie africaine des galles du riz dans un
importantes ont frappé plus de 50 000 ha de riz de bas-fonds projet financé par DFID (Department for International
dans le sud-ouest du Nigeria. La cécidomyie est aujourd’hui Development), Royaume-Uni. Le projet DFID a fonctionné
un problème sérieux dans ces pays ainsi qu’au Mali et en Sierra jusqu’en 1996 et a étudié la répartition et l’importance
Leone. En plus, 11 autres pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre économique du déprédateur, son écologie, les hôtes alternatifs
et cinq pays sub-sahariens rencontrent aussi ce problème (voir et les pratiques culturales, ses ennemis naturels, avant de faire

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

La cécidomyie africaine des galles du riz


en Afrique de l'Ouest

Figure 5. Carte de distribution de la cécidomyie africaine des galles du riz

un criblage des variétés de riz pour évaluer leur résistance. Le petites larves se cramponnent à une pousse de riz (talle) et
travail se poursuit aujourd’hui sous la supervision de progressent entre les gaines foliaires jusqu’au point de
l’entomologiste Francis Nwilene, cadre de l’ADRAO, qui était croissance de la plante. Après sa première mue, la larve se
venu pour la première fois au siège de l’ADRAO comme fore un chemin dans la talle. Des gouttelettes d’eau sont
chercheur-visiteur, en 1998. nécessaires à la surface de la plante pour permettre aux larves
de se déplacer et de pénétrer dans la talle ; si la plante est sèche
Cycle de vie toute larve qui éclore ne peut que mourir. La présence de la
La femelle de la cécidomyie africaine des galles du riz pond larve au point de croissance amène la plante à produire une
ses œufs de manière éparse sur les feuilles et les gaines foliaires galle ovale blanche dans laquelle les larves se nourrissent et se
du riz. Les œufs éclosent au bout de deux à cinq jours. Les développent pendant dix à vingt jours. Après son cycle de

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

En outre, de nos jours l’utilisation des insecticides n’est pas


bien appréciée par les organismes de financement du
développement qui considèrent qu’il faut les éviter parce qu’ils
polluent l’environnement. C’est pourquoi nous devons trouver
une autre façon ou plusieurs autres façons de « combattre la
mouche ».

La méthode culturale
Les pratiques culturales ou de gestion des champs sont souvent
un point d’entrée facile et bon marché pour les paysans dans
leurs efforts de réduction des risques d’attaques et de dégâts
d’insectes.
Par exemple, lorsque les paysans ne produisent pas leur riz
au même moment, ils facilitent la vie à la cécidomyie en lui
fournissant des habitats successifs appropriés. Ceci permet aux
Galles sur des jeunes plants, peu de temps après le repiquage
populations de punaises de se reproduire tout au long de la
saison culturale, avec le plus de dégâts sur les champs semés
tardivement. L’inverse de cette pratique constitue un acte de
développement, la larve devient une nymphe, à ce stade elle
contrôle des populations : le semis synchronisé et précoce dans
mesure environ 5 mm de long, elle ne se nourrit pas, mais mue une région défavorise le démarrage des insectes et ne leur offre
d’une couleur blanchâtre à une couleur marron foncé au fil de qu’une très courte période de multiplication. Malheureusement,
son développement. Vers la fin du stade nymphal (en général il y a une telle diversité de riziculteurs dans chacune des régions,
trois-cinq jours), la galle s’allonge rapidement et forme un tube qu’il est difficile d’obtenir qu’ils sèment en même temps.
creux d’à peu près 3 mm de diamètre avec un bout effilé. En ce La cécidomyie est spécifique au riz (et à ses parents
moment, elle devient visible car elle se projète au-delà de la proches) ; pour survivre, elle doit donc se servir de tout type de
talle. La longueur finale de la galle est déterminée par des riz qu’elle peut trouver en contre saison. Les résidus de cultures
facteurs encore inconnus, mais elle peut atteindre 50 cm. La (ce qui reste après la récolte des grains), les repousses (les talles
nymphe entortille la galle et fait un trou de sortie au sommet, à qui poussent à partir de la paille de riz) et les plantes spontanées
l’aide de petits aiguillons qu’elle a sur la tête. Finalement, la (issues de grains égrenés ou tombés) sont des milieux favorables
peau de la nymphe se fend et la cécidomyie adulte s’envole, pour la survie et la multiplication des punaises. Par conséquent,
laissant la cavité nymphale béante. Après l’émergence de la la destruction de ces résidus, repousses et plantes spontanées,
cécidomyie, la galle meurt au bout de quelques semaines. prive les déprédateurs de cette alternative et aide à limiter les
populations.
Lutter contre les déprédateurs … Oryza longistaminata, un proche parent du riz, est aussi
L’adage anglais « Beat that big, bad bug with the bug spray » une adventice que l’on trouve partout autour et dans les champs
recommandant de détruire les insectes en utilisant des de riz. L’avantage que cette adventice offre à la cécidomyie,
insecticides, n’est pas si facile à appliquer pour un agriculteur c’est que c’est une plante pérenne, donc, vivant pendant plus
de subsistance. Ils n’ont tout simplement pas de ressources d’une saison. La cécidomyie peut survivre, en saison sèche,
financières à investir dans des produits chimiques coûtant chers dans les parties souterraines (rhizomes) d’Oryza longistaminata
ou ils n’ont peut-être pas le temps requis pour pulvériser les et se préparer pour un démarrage précoce à la saison culturale
cultures, même lorsqu’ils ont l’argent pour acheter les produits. subséquente. Le désherbage soigneux visant à arracher les plants

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

d’Oryza longistaminata et leurs rhizomes aiderait à réduire la ont enregistré moins de 2 % d’infestation des espèces africaines.
population de punaises survivant à la saison sèche. Le travail de criblage a finalement proposé deux variétés de riz
Bien que ces pratiques culturales soient efficaces, il est asiatique. La première était Cisadane, une variété indonésienne
souvent difficile de trouver la main d’œuvre nécessaire au introduite en pépinières et distribuée par l’Institut international
désherbage en temps voulu. Par conséquent, il nous faut trouver de recherche sur le riz (IRRI). Cisadane tolère l’infestation de
d’autres méthodes pour lutter contre la mouche. cécidomyie et avait, de loin, le meilleur rendement à des taux
d’infestation allant jusqu’à 30 % dans des essais dans le sud-
A la recherche de plants de riz résistants est du Nigeria. La variété a été homologuée en 1998 au Nigeria
Puisque les petits producteurs ont des difficultés à assurer la sous le nom de FARO 51 pour les zones de riziculture où la
main d’œuvre et les intrants nécessaires, la solution idéale serait cécidomyie est endémique.
d’avoir une variété non sujette à ce problème. En termes de Mais, le côté négatif c’est que Cisadane est sensible à la
déprédateurs et de maladies, nous devons donc trouver une toxicité ferreuse, un autre problème des bas-fonds d’Afrique
variété qui résiste à l’organe agressif ou, qui au moins, tolère la de l’Ouest et du Centre, ce qui limite son utilisation à grande
échelle. La variété BW 348-1 du Sri Lanka tolère également la
présence du déprédateur et produit « normalement » malgré
cécidomyie et en plus, elle a l’avantage de tolérer la toxicité
l’infestation.
ferreuse. Cette variété est actuellement testée en milieu paysan
Déjà des variétés ont été criblées pour leur résistance à la
au Nigeria et au Burkina Faso.
cécidomyie africaine des galles du riz par des équipes conduites
Il y a également une variété traditionnelle gambienne
par M.S. Alam à l’IITA et Mark Ukwungwu à la NCRI (National
TOS 14519, qui est modérément résistante à la cécidomyie
Cereals Research Institute), au Nigeria. En 1982, quelque 90
africaine, mais son rendement est faible. Elle n’est donc pas
variétés asiatiques connues pour leur résistance à la cécidomyie
appropriée pour une homologation directe, mais est en train
asiatique des galles du riz ont été criblées, mais seulement six
d’être utilisée comme source de résistance dans les programmes
de sélection. Jusque là, on n’a pas trouvé de variété à haut
rendement, résistante à la cécidomyie africaine parmi les riz
« asiatiques » (Oryza sativa).
« Avec l’inadaptation du matériel disponible dans les riz
asiatiques, il était clairement apparu qu’il fallait chercher dans
Galles sur le rhizome d'Oryza les riz africains », explique Francis Nwilene, entomologiste à
longistaminata
l’ADRAO. Avec l’avènement des NERICA et le progrès de la
technologie de génération de plus en plus rapide de
descendances interspécifiques, l’ADRAO a re-axé sa recherche
de variétés tolérantes à la cécidomyie africaine sur les espèces
de riz africain Oryza glaberrima. Les résultats étaient
prometteurs : au moins quatre variétés à haute résistance à la
cécidomyie africaine ont été identifiées. « Bien sûr, ce sont des
glaberrima typiques : sensibles à la verse et à l’égrenage, au
stade de maturité. Cependant, ce sont des donneurs idéaux pour
le programme de sélection, parce que ces variétés sont beaucoup
plus résistantes que n’importe quelle variété sativa. »
L’ADRAO a fait des progrès mais elle a encore un atout
dans ses manches. Monty Jones, Directeur adjoint de la

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

recherche explique : « Les NERICA ont spécialement été


conçues pour l’écologie de plateaux, mais nous étions tellement Méthodologie de criblage modifiée
impressionnés par leurs performances, que nous avions décidé
« Un avantage majeur de notre long travail de criblage, c’est
de les tester en riziculture pluviale de bas-fonds. » Après les qu’il nous a permis de perfectionner nos techniques au fil du
essais d’adaptation en bas-fonds, 102 NERICA de plateaux temps », explique l’entomologiste Francis Nwilene. Au début, le
travail était exécuté à l’aide de « rangées de diffuseurs », c’est-
ont été criblées pour leur tolérance à la cécidomyie. Une de ces à-dire des rangées de plants d’une variété très sensible autour
lignées a montré une résistance modérée et ceci augure bien des parcelles à cribler, puis des larves nouvellement écloses
étaient placées de façon appropriée sur les « diffuseurs »
des perspectives de générer des NERICA résistantes à la sensibles. Cependant, un tel système était exposé aux capri-
cécidomyie à partir de sativa adaptés aux bas-fonds et de ces de la chance et il était possible qu’une lignée échappe à
glaberrima résistants. l’infestation et reste saine alors qu’elle n’est ni tolérante ni
résistante à l’insecte. La nouvelle technique comporte l’intro-
duction directe de jeunes larves sur chaque plant à tester et la
répétition de chaque entrée. Cette méthode devrait être plus
Il y a différentes formes de cécidomyie efficace et en fin de compte moins coûteuse que l’ancienne.

africaine des galles du riz


Nwilene poursuit le récit : « Le criblage (voir encadré
« Méthodologie de criblage modifiée ») a aussi révélé que la
résistance ou tolérance à la cécidomyie n’est pas stable à travers
les sites. » Les cinq zones fortement infestées ont toutes été
utilisées comme sites de criblage. « Les variétés qui ont une Des punaises « amies » utiles
bonne performance à Ogidiga (sud-est du Nigeria) ne l’ont pas Une autre voie de recherche est d’explorer la brigade naturelle
à Gadza (centre du Nigeria), et celles qui résistaient bien à de gestion des déprédateurs.
Longorola (Mali) n’avaient pas le même comportement à Sur la planète, il n’y a que peu d’organismes qui n’ont pas
Balancera (Sierra Leone). » En fait, le comportement des d’ennemis naturels, et la cécidomyie n’est pas une exception.
variétés résistantes et tolérantes divise les sites en deux Les ennemis naturels se partagent normalement en deux
groupes : une résistance est stable dans le sud-est du Nigeria, catégories, les prédateurs et les parasites. Les prédateurs ne
au Burkina Faso et en Sierra Leone et l’autre dans le centre du sont pas un problème sérieux pour les moucherons des galles,
Nigeria et au Mali. La différence semble imputable à l’altitude ; puisque seuls les œufs et les larves très jeunes sont exposés en
avec les trois premiers sites à une altitude basse (moins de 11 m dehors de la plante et peuvent donc éventuellement servir de
au dessus du niveau de la mer) et les deux autres à une altitude nourriture aux prédateurs. Mais, toute une gamme d’insectes
plus élevée (200 et 400 m). et d’araignées insectivores se feraient une joie de festoyer sur
Quand un insecte de la même espèce peut attaquer une plante des œufs et larves de cécidomyie s’ils en avaient l’opportunité.
résistante à cette espèce à un autre endroit, les chercheurs disent Beaucoup de punaises parasites ont des espèces plus petites
que cet insecte se reproduit en « biotypes », c’est-à-dire qu’il qui les parasitent à leur tour. La plupart de celles-ci sont ce que
y a des différences entre les populations d’insectes, différences les scientifiques appellent des « parasitoïdes ». Les parasitoïdes
qui se manifestent dans la réaction de résistance de la plante sont des parasites qui se développent dans ou sur leur hôte et
hôte. Ainsi, il semble clair qu’il y a au moins deux biotypes de ne les tuent qu’à leur maturité. Nous avons identifié deux
cécidomyie en Afrique de l’Ouest et du Centre, et que l’on parasitoïdes majeurs qui attaquent la cécidomyie africaine, tous
pourrait en trouver d’autres dans la région. Le DFID a deux des guêpes. Le premier est un « endoparasitoïde grégaire »
récemment commencé à financer un travail sur la classification le Platygaster diplosisae qui pond ses œufs à l’intérieur de
des biotypes de cécidomyie à l’aide de la prise d’empreintes l’œuf de la cécidomyie. Plusieurs larves de Platygaster éclosent
moléculaires. (dans un seul œuf de cécidomyie) et dévorent à partir de

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

l’intérieur la larve de la cécidomyie en développement ; les maintenir les populations de cécidomyie Paspalum dans l’espoir
Platygaster se développent dans l’œuf et la larve de la d’avoir un nombre important des deux parasitoïdes à côté des
cécidomyie. Puis, les adultes émergent du corps développé de champs pour qu’ils soient prêts à attaquer les larves de la
la victime. En fait, le parasitoïde fait ce que la larve de la cécidomyie dès qu’elles se manifesteraient en début de saison
cécidomyie fait à la plante de riz ! culturale.
Le deuxième parasitoïde est un « ectoparasitoïde solitaire » « La recherche sur les parasitoïdes a permis de découvrir
Aprostocetus procera. La femelle Aprostocetus procera une autre voie intéressante », ajoute Nwilene. Il semble que
paralyse la nymphe et pond ses œufs à côté. L’unique larve tout plant de riz attaqué par la cécidomyie diffuse un élément
éclose de l’œuf de l’Aprostocetus procera se nourrit alors de la chimique qui attire les parasitoïdes. Il se pourrait que ce soit
nymphe paralysée. Bien qu’aucun des parasitoïdes n’empêche trop tard pour que le Platygaster atteigne cette larve particulière,
les activités de forage des tiges qui provoquent les dégâts sur mais il trouvera probablement des œufs ou des larves
les plantes de riz, ils ont une influence directe sur la population. fraîchement écloses sur des plants adjacents. « Si nous obtenons
Les deux parasitoïdes existent en Afrique, mais semblent les ressources, nous allons essayer d’identifier cet élément
inefficaces à contrôler le nombre de larves de cécidomyie en chimique, avec toutes les conséquences bénéfiques que cette
circonstances « normales ». Ils ont tendance à arriver dans les connaissance pourrait engendrer », poursuit Nwilene. Si nous
champs infestés en fin de saison, au moment où la population savons ce qui attire les parasitoïdes, nous pouvons l’utiliser
des déprédateurs a atteint un niveau dévastateur. C’est pourquoi pour attirer les insectes utiles en début de saison avant que la
un autre aspect de la recherche se concentre sur la biologie de cécidomyie ne fasse trop de dégâts.
ces petits insectes en explorant des moyens de les « aider à
s’aider » sur les insectes afin d’aider les paysans.
Nous avons découvert que les deux parasitoïdes ont un hôte Gestion intégrée de déprédateurs
alternatif, un cousin de la cécidomyie africaine, l’Orseolia Il n’y a pas très longtemps, la réponse la plus simple face aux
bonzii, qui vit sur l’herbe Paspalum scrobiculatum, connu sous déprédateurs était de les pulvériser avec des pesticides en temps
le nom de cécidomyie du Paspalum. Le Paspalum, en lui même, opportun et de les tuer. Cette vision à court terme, n’a cependant
est une adventice que les paysans arrachent au cours du pas duré longtemps. Les pesticides sont des poisons qui peuvent
désherbage. Et… si on encourageait la croissance des Paspalum avoir des effets directs ou indirects sur la santé
au lieu de les arracher ? Nous venons de commencer un projet environnementale et humaine. Ils coûtent cher et très souvent
pour voir ce que cela donne. Nous pensons qu’en gardant l’herbe sont inaccessibles aux petits producteurs. Et qui plus est, la
près des rizières durant la saison non culturale, nous pourrions larve de la cécidomyie est un foreur de tiges et une fois qu’il a
trouvé son chemin dans la talle du riz, il ne peut plus être atteint
par la pulvérisation. Cela limite la période de pulvérisation
Une galle efficace. Et puis, une fois encore, les méthodes de lutte décrites
disséquée avec ici ne marcheront pas si elles sont appliquées de façon isolée.
des Platygaster
adultes à côté Une gamme de tactiques, dont chacune peut avoir des effets
du corps d'une
cécidomyie qui a
sur les populations de déprédateurs, est nécessaire ; chacune
atteint son plein doit aussi avoir un minimum d’impact sur l’environnement.
développement
C’est pourquoi on l’appelle gestion intégrée des déprédateurs.
Jusqu’ici notre arsenal est composé de quelques variétés
tolérantes et options de gestion des cultures en vue de minimiser
la survie en contre saison et la croissance des populations. A
court terme, une combinaison de Cisadane ou BW 348-1 avec

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Points saillants des activités

toute pratique culturale recommandée que le paysan peut gérer « pyramidale » (résistance à tous les biotypes sélectionnés dans
sera la meilleure méthode pour minimiser les dégâts. A moyen une variété).
terme, nous avons des perspectives d’avoir des variétés « Tout bien considéré », s’enthousiasme Monty Jones, « les
NERICA réellement résistantes et des techniques de gestion perspectives sont passionnantes aussi bien pour les
des parasitoïdes naturels. Le problème de « biotype » sera entomologistes que les sélectionneurs. Sans oublier les
examiné dans le programme de sélection, de sorte à avoir ou perspectives pour les paysans des zones infestées par la
une résistance ciblée ou une résistance sous forme cécidomyie ».

Principaux éléments de la gestion intégrée de la cécidomyie

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Rapport annuel ADRAO 2000
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Le virus de la panachure jaune du riz

L A PANACHURE jaune du riz (rice yellow mottle virus, RYMV) est la maladie posant le plus
de problèmes à la riziculture irriguée en Afrique de l’Ouest et du Centre ; elle affecte aussi la riziculture
pluviale de bas-fonds. Quand cette maladie est apparue pour la première fois dans la vaste zone d’irrigation
de l’Office du Niger, au centre du Mali, les paysans, ne voyant pas d’autre solution, s’en sont remis à Dieu
et ont prié pour une délivrance contre cette calamité. L’ADRAO et ses partenaires ont investi beaucoup de
temps et de fonds dans la recherche de variétés de riz résistantes et d’autres aspects de la biologie de la
maladie en vue de trouver une solution pour les paysans de la région.

Quoi … où … degré d’infestation … et à 100 % ont été enregistrées et au Niger des pertes de 58-68 %.
comment ? Ce sont des quantités importantes de riz, en tout cas beaucoup
plus que ne peuvent se permettre les paysans. Il n’est pas
Quoi ? La panachure jaune du riz – généralement connue sous
surprenant que les paysans qui ont souffert de l’épidémie
son abréviation anglaise RYMV – est une maladie virale des
plantes. Elle est endémique en Afrique, elle a été découverte
au Kenya en 1966. Elle pénètre dans les plants de riz à travers
les lésions causées par les insectes (qui agissent aussi comme
vecteurs) ou mécaniquement au cours de la culture, par exemple,
par la houe pendant le sarclage.
Où ? La présence de la panachure jaune du riz a été
enregistrée pour la première fois en 1975, en Sierra Leone,
Afrique de l’Ouest. Vers 1990, elle a été signalée dans tous les
pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre, à l’exception de la
Mauritanie. La maladie a fait aussi son apparition à Madagascar
et en Tanzanie. Au cours de ces quelques vingt dernières années,
la panachure jaune du riz est devenue un problème majeur dans
les systèmes de riz irrigué, particulièrement, au Burkina Faso,
en Côte d’Ivoire, au Mali et au Niger et dans les systèmes de
bas-fonds au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Sénégal et en
Sierra Leone. Cependant, elle attaque le riz en toutes situations
de bas-fonds.
Degré d’infestation ? La panachure jaune du riz peut être Champ de riz dévasté par le virus de la panachure jaune du riz (RYMV),
dévastatrice. Au Mali, par exemple, des pertes majeures de 64 Karfiguéla, Burkina Faso, août 1990

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catastrophique qui a touché 50 000 ha de l’Office du Niger une idée de ce qui encourage la maladie en observant la
(Mali) au début des années 1990 aient eu à prier pour une catastrophe épidémique de l’Office du Niger, et Séré poursuit :
délivrance contre ce fléau. Mais, la panachure jaune du riz est « La panachure jaune du riz était intervenue presque comme
imprévisible, par exemple le programme de riz irrigué à une résultante immédiate des changements dans la gestion de
Karfiguéla, près de Banfora au Burkina Faso, a subi de graves la culture de riz irrigué. En particulier, le remplacement du semis
symptômes en 1990 et n’a enregistré que des pertes allant de direct par la transplantation. » L’action de déraciner les plants
0,4 à 1,6 t/ha, mais en 1993, la maladie s’était limitée à quelques et de les transplanter provoque inévitablement des dommages
petites poches dans les champs paysans. Yacouba Séré, sur les racines. S’il y a un virus dans le champ où le riz est
phytopathologiste à l’ADRAO ne se fait pas d’illusions quant transplanté, il peut facilement pénétrer le plant par les racines
à la menace de la panachure jaune du riz : « La panachure jaune endommagées. « Et la maladie s’est très vite répandue parce
du riz a le potentiel de dévaster le riz de bas-fonds partout en que 70 à 90 % des surfaces dans chaque pays étaient semées
Afrique, les pertes de rendement semblent être plus élevées avec les mêmes variétés à haut rendement, des variétés
dans les grands périmètres irrigués de monoculture du Sahel malheureusement sensibles à la maladie. » Ainsi, lorsque la
que dans les périmètres plus petits de la zone humide. » Si panachure jaune du riz n’était pas un problème, le fait que les
nous nous basons sur cette constatation, il y a plus de 3 millions variétés préférées soient sensibles à la maladie n’avait pas de
d’hectares de riz irrigué et de bas-fonds qui sont potentiellement conséquence. Mais, aussitôt après l’introduction de la
sous la menace de la panachure jaune du riz en Afrique transplantation, occasionnant un tremplin à la panachure jaune
subsaharienne. du riz, la sensibilité des variétés causait la ruine des paysans !
Comment ? Il y a deux aspects à la question. « Les symptômes de la panachure jaune du riz ont quatre
Premièrement : comment est-ce que la maladie s’incruste ou caractéristiques principales sur un plant de riz », explique Séré,
qu’est-ce qui met un champ de riz en péril de la panachure « et ce sont elles qui montrent comment s’effectue la perte de
jaune du riz ? Deuxièmement, comment la maladie affecte-t- rendement : il s’agit de la chlorose des feuilles, du
elle la plante et provoque les pertes de rendement ? Nous avons rabougrissement, de la réduction de l’exsertion paniculaire, et

En arrière plan du riz sain et au


premier plan du riz infecté par le
RYMV. Noter la couleur pâle des
feuilles (chloroses) et la petite
taille des plants (rabougrissement) Il n'y a rien dans les grains stériles !

Les panicules de plants infectés (à gauche) n'ont pas


une exsertion appropriée

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de la stérilité des panicules ». La chlorose des plants est la En septembre 1995, plusieurs bailleurs de fonds ont parrainé
réduction de la pigmentation verte. Comme la pigmentation un symposium régional sur la maladie pour passer en revue la
verte des feuilles est l’indispensable chlorophylle qui capte situation et déterminer les priorités de recherche. Les
l’énergie, la chlorose réduit la photosynthèse et par conséquent représentants des programmes nationaux du Mali et du Niger
une croissance de la plante. Le rabougrissement se réfère à une et de l’Office du Niger, parmi tant d’autres, ont clairement
réduction sévère de la taille de la plante : les plants de riz infectés indiqué que la panachure jaune du riz était leur priorité de
sont beaucoup plus courts que les plants sains. Les panicules recherche principale. Les résultats du symposium ont été utilisés
portent les grains de la plante et sont donc essentielles à un bon par l’ADRAO et son Groupe d’action IPM pour développer la
rendement. Dans les champs infestés de panachure jaune du première stratégie de recherche régionale sur la panachure jaune
riz, les panicules ne poussent pas normalement. En outre, du riz. « Une proposition de projet basée sur cette stratégie a
beaucoup de grains des panicules infestées sont stériles : c’est- été développée puis acceptée par le Department for
à-dire ou les grains ne sont pas formés ou ils sont vides. International Development (DFID), et depuis le travail en cours
Avec un tel potentiel de faire des ravages dans les champs a été principalement financé par DFID », explique Séré. La
de riz de bas-fonds et une telle imprévisibilité, la panachure stratégie de recherche développée vers le milieu des années
jaune du riz est une cible évidente pour la recherche de 1990, reste encore appropriée aujourd’hui :
l’ADRAO. Avec le leadership de l’ADRAO, la recherche prend  il est nécessaire d’identifier des variétés de riz résistantes
une perspective régionale et les pays individuellement affectés ou tolérantes à la panachure jaune du riz pour remplacer
ne travailleront de manière isolée. les variétés sensibles cultivées par la plupart des
paysans ;
Travail de base et développement d’une  il est nécessaire d’identifier des variétés de riz résistantes
à la panachure jaune du riz – même si elles ne sont pas
stratégie de recherche pour la
adaptées à la diffusion – pour les utiliser dans les
panachure jaune du riz programmes de sélection de résistance à la panachure
L’ADRAO n’a pas conduit ses premières expériences sur la jaune du riz, et il doit y avoir une caractérisation de leur
panachure jaune du riz, toute seule. « Avant de rejoindre le résistance ; puis, de nouvelles variétés résistantes
Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale pourront être sélectionnées à partir de ce matériel ;
(GCRAI) en 1987 », explique Monty Jones, Directeur adjoint  la recherche stratégique se concentre à combler le fossé
de la recherche, « l’Institut international d’agriculture tropicale sur la connaissance de la maladie, en particulier en ce
(IITA), à Ibadan au Nigeria, avait aussi un mandat pour le riz qui concerne l’épidémiologie, en vue de développer une
en Afrique de l’Ouest ». Ainsi, des enquêtes régionales sur la gestion intégrée de la panachure jaune du riz dans les
panachure jaune du riz avaient été menées conjointement par bas-fonds d’Afrique de l’Ouest.
l’ADRAO et l’IITA. Ce sont ces enquêtes qui ont détecté la
maladie dans la plupart des pays d’Afrique de l’Ouest.
Cependant, c’était bien avant que la panachure jaune du riz L’importance du criblage
n’occupe une place de choix sur l’agenda de l’ADRAO. Les trois pays qui constituent la cible du projet de criblage
Au début des années 1990, Yacouba Séré travaillait pour le financé par le DFID ont un problème commun : la plupart de
programme national du Burkina Faso, il était aussi membre du leurs paysans pratiquant la riziculture irriguée utilisent des
Groupe d’action nouvellement formé de l’ADRAO sur la variétés qui se sont montrées très sensibles à l’attaque et à
gestion intégrée des déprédateurs. « En février 1992, nous l’expansion épidémique de la panachure jaune du riz. Ce sont
avions eu notre première réunion, où les priorités de recherche notamment Bouaké 189 en Côte d’Ivoire, BG90-2 au Mali et
régionale sur les maladies, les déprédateurs et les adventices IR 1529-680-3 au Niger.
du riz ont été identifiées. La panachure jaune du riz et la Le criblage pour la résistance à la panachure jaune du riz a
pyriculariose ont été identifiées comme des priorités majeures », effectivement commencé au milieu des années 1980 à l’IITA.
explique-t-il. En raison de la sévérité du fléau et du besoin urgent de trouver

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Diagnostiquer la maladie

Les symptômes ne sont pas toujours des indicateurs du RYMV et


les chercheurs ont besoin d’un test simple pour déterminer la
présence du virus dans les tissus de la plante.
Le fait que les particules virales provoquent une réponse
immunitaire de la part des animaux et des plantes est utilisé par
les pathologistes pour aider à identifier les maladies virales. Des
anticorps peuvent être produits par l’inoculation du virus dans
un hôte approprié (souvent le lapin). Ces anticorps peuvent
être isolés, purifiés, concentrés, puis utilisés comme test de
sensibilité au virus dans le tissu de la plante. Des anticorps «
polyclonaux » du RYMV ont été développés au laboratoire de
pathologie de l’ADRAO. Ils s’attachent à la capside de la
protéine, sont faciles à produire et ne sont pas fortement
spécifiques aux pathotypes. Ces anticorps ont été mis à la
disposition des partenaires de l’ADRAO dans les pays qui ont
besoin d’un outil de diagnostic rapide du RYMV.
Inauguration de la serre construite au Mali dans le cadre du projet de
criblage, financé par DFID

des variétés résistantes, de grandes pépinières ont été installées à M’bé », poursuit Séré, « nous avons utilisé un isolat du virus
et réparties à travers INGER-Afrique auparavant géré par l’IRRI venant de Gagnoa (centre-sud de la Côte d’Ivoire) et avons
à travers l’IITA, mais re-localisé et géré par l’ADRAO depuis identifié un bon nombre de lignées résistantes et tolérantes ».
1997. Le problème c’est que lorsque ces lignées ont été amenées sur
Pour assurer une forte pression de la maladie sans risquer d’autres sites en Côte d’Ivoire pour un test en milieu paysan,
d’initier une épidémie, le criblage pour la résistance à la maladie plusieurs d’entre elles n’étaient plus résistantes. « Voilà pourquoi
se fait en isolation dans des serres. Avec cette méthode, les la panachure jaune du riz est la maladie la plus problématique
plants testés ne sont pas laissés à la merci de l’extension naturelle du riz irrigué en Afrique de l’Ouest, le virus est très variable ;
de la maladie qui varie dans l’espace et le temps mais ils restent celui d’une localité n’est pas nécessairement le même que celui
artificiellement soumis à une forte pression de la maladie. En d’une autre », explique Séré. Les différents types de virus de
même temps, le virus est confiné à l’intérieur de la serre et ne la panachure jaune du riz sont connus sous le nom de pathotypes.
peut déclencher une épidémie dans les rizières proches. Les Ceci complique singulièrement la question de la résistance du
serres sont aussi utilisées pour les plants non inoculés ou témoins riz à la panachure jaune du riz, puisqu’une variété résistante à
pour les garder à l’abri d’une possible infection externe. un pathotype dans une localité donnée peut être sensible dans
Au début, ces serres ne se trouvaient qu’à l’ADRAO et le une autre où il y a un autre pathotype.
criblage des « zones fortement infestées » par les programmes Un pathotype très virulent est défini comme celui attaquant
nationaux dépendait de la répartition naturelle de la maladie. beaucoup de différentes variétés. A l’opposé, un pathotype peu
Mais, le projet DFID a établit des infrastructures de criblage virulent attaque seulement quelques variétés (Tableau 1).
au Mali et au Niger. L’efficacité du criblage est ainsi améliorée, L’isolat du virus de Gagnoa, utilisé dans les premiers essais de
surtout qu’il y avait de plus en plus de matériel de sélection à criblage, était peu virulent et les lignées sélectionnées ont été
tester. attaquées par des pathotypes plus virulents dans des sites comme
Danané et Odienné.
Pathotypes : variations sur un thème « Avec la variation individuelle au sein des pathotypes et
« Le premier criblage contre la panachure jaune du riz a eu lieu des variétés, nous sommes parvenus à une matrice ou grille
dans des serres au centre de recherche principal de l’ADRAO pathotypes/variétés, où nous regardons quels pathotypes

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Tableau 1. Virulence de deux pathotypes RYMV sur une gamme de variétés différentielles.

Différentiel Réaction avec le pathotype†

Hypervirulent Hypovirulent
(d'Odienné) (de Korhogo)

Gigante (Tete) – –
Bouaké 189 + +
Faro 11 + –
Morobérékan + –
Lac 23 + –
ITA 305 + –
PNA 647 F4-56 + –
H 232-44-1-1 + –

† + = symptômes, – = pas de symptômes.

ensemble est en train d’être raffiné en collaboration avec nos


Une autre source de variation de pathotype partenaires des SNRA. De “nouveaux” isolats de virus sont
collectés dans chaque pays et testés (dans le même pays) sur
Une variété de riz cultivée dans un site où elle est résistante au un ensemble de 15 à 20 variétés – les huit différentielles sont
pathotype local, peut perdre sa résistance si un nouveau utilisées dans tous les ensembles comme élément de référence.
pathotype se répand dans la zone. Mais, ce phénomène n’est
pas la seule source de variation. Le pathologiste Yacouba Séré En Côte d’Ivoire, nous avons identifié six pathotypes sur les
explique : « Le code génétique de la panachure jaune du riz se huit variétés de riz différentielles ».
trouve sur une frange unique d’ARN, donc toute mutation est
vraisemblablement traduite dans la composition virale. » La
Les différences entre les pathotypes de virus doivent se
plupart des organismes ont deux franges d’ADN de sorte déceler au niveau moléculaire. Nos partenaires de l’Institut de
qu’une mutation dans l’une peut éventuellement être mas- recherche pour le développement (IRD, France) et
quée (c’est-à-dire, être empêchée de s’exprimer) par le gène
dominant de la même caractéristique sur l’autre frange de la d’International Laboratory for Tropical Agricultural
paire. « Donc, les pathotypes ont le potentiel de changer par Biotechnology (ILTAB, Etats-Unis) sont en train de travailler
mutation », indique Séré. Cette hypothèse n’a pas encore été sur le séquençage du code génétique de plusieurs isolats du
prouvée sur le terrain, mais l’ADRAO a commencé à étudier la
stabilité de la structure des populations de virus dans certains virus de la panachure jaune du riz, dans le but de développer
sites. des tests spécifiques pour le pathotype à utiliser dans les zones
d’épidémies.

Premiers fruits de la recherche de


attaquent quelles variétés et inversement, quelles variétés sont matériel résistant
sensibles à quels pathotypes. » Ainsi, un ensemble de variétés Le criblage qui s’effectue depuis environ quinze ans a connu
peut être utilisé pour différencier une gamme de pathotypes, et un certain succès : du matériel résistant ou tolérant a été
ceci est reconnu comme un ensemble de « variétés identifié dans les trois principaux types de riz (voir encadré
différentielles ». « Résistance contre tolérance »).
« Actuellement, nous avons un ensemble différentiel de huit  Plusieurs Oryza glaberrima (riz africain), mais ceux-ci
variétés pour la caractérisation des pathotypes du virus en sont sensibles à la verse et à l’égrenage et ont donc un
Afrique de l’Ouest et du Centre », indique Séré, « mais cet faible niveau de rendement.

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Rapport annuel ADRAO 2000
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 Plusieurs Oryza sativa sous-espèce japonica (riz pluvial « Au fil des ans, nous avons de plus en plus de composantes
traditionnel ou « riz de plateau ») potentiellement adaptés pour le programme de sélection », dit Miézan. « Nous avons
pour le système pluvial de bas-fonds à semis direct, mais des plantes qui sont résistantes à un pathotype et d’autres qui
non adaptés aux conditions d’irrigation. sont résistantes à plusieurs. Nous avons aussi les moyens de
 Une variété d’Oryza sativa sous-espèce indica (riz différencier les lignées résistantes des lignées simplement
irrigué traditionnel ou riz de « bas-fonds ») est très tolérantes (voir encadré « Résistance contre tolérance »). Mais
résistante à la panachure jaune du riz : Gigante, un
cultivar traditionnel de Mozambique. Il est sensible à la
pyriculariose et n’a pas un haut rendement.
 Onze autres variétés résistantes ou tolérantes à l’isolat
de Gagnoa ont été identifiées depuis 1998.
« Dans la sélection et l’amélioration des plantes, le “court
terme” ne correspond pas forcément à la définition de tout le
monde », dit Séré. « En 1999, nous avions ces 11 variétés qui
ont été résistantes/tolérantes dans des sites de forte infection
dans trois pays. Deux ou trois d’entre elles ont donné des
rendements proches de ceux des variétés homologuées en
conditions de non-infestation. » Notre raisonnement est que
comme ces plantes sont tolérantes à la panachure jaune du riz,
elles doivent avoir un meilleur rendement que les variétés
homologuées sensibles, en cas d’épidémie ; elles doivent être
testées en milieu paysan en Côte d’Ivoire, au Mali et Niger en
2001. « En outre, nous avons récemment identifié au moins
quatre japonica qui ont un type de grain indica – en semis
direct, avec un petit espacement, elles se comportent plus ou
moins comme des indica adaptés aux bas-fonds – et donnent,
en conditions d’infestation, des rendements comparables à ceux
des variétés populaires en l’absence de panachure jaune du riz »,
Comme les autres NERICA, le croisement (au centre) entre le glaberrima
explique Séré. TOG 5681 et la variété populaire IR 1529-680-3 du Niger, combine les
meilleures caractéristiques de ses parents, y compris dans ce cas, la
résistance au RYMV de la TOG 5681
Sélection pour la résistance
« Nous avons obtenu le matériel résistant et tolérant glaberrima,
japonica et la Gigante indica en 1996 », explique Kouamé la sélection est un processus lent, jusqu’à récemment, le
Miézan, chef du programme riz irrigué et sélectionneur, « nous développement d’une nouvelle variété prenait jusqu’à 10 ans. »
avons commencé à cibler des croisements inter et intra Puis arriva la biologie moléculaire.
spécifiques pour développer du matériel résistant à la panachure Dans le rapport de l’année dernière, nous avons indiqué
jaune du riz. En particulier des cultivars populaires mais que nos partenaires de l’IRD avaient identifié un gène qui
sensibles comme IR 1529-680-3, BG90-2, Bouaké 189 et IR64 conférait de la résistance à la panachure jaune du riz aussi bien
ont été croisés avec Gigante, mais aussi des glaberrima dans Oryza glaberrima qu’O. sativa, ainsi que les marqueurs
résistants ». Le criblage contre l’inoculum de la panachure jaune moléculaires associés (Infrastructures de biologie moléculaire
du riz en serres a montré que les deux types de croisements ont à l’ADRAO, Rapport annuel de l’ADRAO 1999, page 20). Et
transféré avec succès la résistance dans les variétés populaires. c’est à Marie-Noëlle Ndjiondjop, biologiste moléculaire à

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Rapport annuel ADRAO 2000
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Résistance contre tolérance

Une variété de culture est dite résistante à une maladie lorsque celle-ci a moins d’effet nuisible sur elle que sur d’autres variétés dites
sensibles. La résistance peut résulter de l’incapacité de la maladie à infecter la plante (c’est-à-dire entrer dans ses tissus), à se multiplier
ou à circuler à l’intérieur d’une plante de la variété ; elle peut être due à la capacité de la variété à mieux pousser et donner de meilleurs
rendements que les variétés sensibles malgré qu’elle soit infectée. Cette dernière forme de résistance est connue sous le nom de
« tolérance » (Tableau 2).

Tableau 2. Effets de la maladie sur les rendements (g/m˝) de variétés de riz sensibles, tolérants et très tolérants à la panachure jaune du
riz. Notez comment le rendement de la variété tolérante dépasse celui de la variété sensible à une forte pression de la maladie ; le
rendement de la variété très tolérante dépasse également celui de la variété sensible à un faible niveau d’infestation.

Variété Réaction à la RYMV Degré d’infestation (RYMV)

Aucune Faible Forte

Bouaké 1989 Sensible 590 164 38

WITA 11 Tolérante 294 168 107

IR 47686 Très tolérante 274 268 136

Le problème avec la tolérance


Le problème avec le criblage aux champs c’est que les symptômes n’expliquent pas tout. En vue d’un niveau d’évaluation additionnelle,
des plants classifiés comme résistants ou tolérants sur la base des symptômes ont été soumis à des tests pathologiques en laboratoire pour
déceler la présence de particules virales à l’intérieur du plant. « Au laboratoire, nous avons constaté que tout le matériel résistant n’était
pas le même. Certaines lignées qui n’avaient que peu ou pas de symptômes en serres avaient très peu de virus en elles et pouvaient, à
juste titre être classées comme résistantes. Mais, d’autres lignées qui avaient le même comportement que les lignées résistantes en serre
étaient en fait pleines de particules virales. Et, en plus, lorsqu’on laisse les plants se développer jusqu’à la maturité en serres, on découvre
que ceux du dernier groupe ont, en fait, un rendement réduit. » Ces plants peuvent être considérés comme tolérants, mais pour Séré, ce
groupe n’a pas beaucoup d’avenir : « Les plants de ce groupe seraient peut être tolérants, mais ils fournissent une source d’inoculum qui
peut infecter les plants adjacents ou les champs voisins. Comme un de nos objectifs est de réduire le degré d’infestation dans les champs,
je ne veux pas de ces types plants à côté et ce serait de même pour tout paysan consciencieux », conclut-il.

l’ADRAO de prendre le relais : « Avec un gène et les marqueurs pas du temps et de l’espace à cultiver de grands nombres de
appropriés pour suivre son patrimoine héréditaire et voir ce plants chaque saison ; seuls les plants ayant le gène requis sont
qu’il lègue aux descendances d’un croisement, nous avons des cultivés jusqu’à maturité pour leurs graines. « Lorsque nous
moyens de mener une sélection assistée par marqueurs pour la combinons ceci avec d’autres outils, comme la sélection à
résistance à la panachure jaune du riz. » Les grands avantages double-haploïdes, nous pouvons considérablement accélérer la
de la sélection assistée par marqueurs sont, premièrement, que production de lignées utiles », poursuit Ndjiondjop.
le matériel n’a pas besoin d’être criblé aux champs ou en serres Mais la sélection ne s’arrête pas là. « Une variété avec un
aux générations initiales et, deuxièmement, que les marqueurs seul gène de résistance reste très vulnérable », explique Miézan.
peuvent être détectés dans les jeunes plants, donc, on ne perd « Si le pathotype de virus local opère une mutation ou qu’un

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

autre pathotype arrive dans la région, la résistance de la variété


peut s’estomper. Dans le pire des cas, on sait que la résistance
Les transgéniques et la bio-sécurité
à la maladie des variétés à venir s’estompe avant même
l’homologation de la variété. Et là, c’est le retour à la case de Les riz transgéniques développés par le John Innes Centre au
départ et des années de travail sont perdues ! » C’est pourquoi Royaume-Uni sont des organismes génétiquement modifiés
l’ADRAO parle de résistance « durable » ; le but du programme (OGM). En tant que tels ils ont besoin d’un traitement spécial.
A travers le monde entier, on se préoccupe, à juste titre, des
de sélection est de combiner plusieurs gènes de résistance dans effets potentiels des OGM sur le milieu « naturel », explique le
les variétés pour qu’elles soient armées contre les mutations et pathologiste Yacouba Séré. La fondation Gatsby, basée au
les invasions de nouveaux pathotypes. De nouveau Royaume-Uni a non seulement financé la recherche initiale
sur le RYMV au John Innes Centre, mais soutient aussi les efforts
Ndjiondjop : « Une fois que nous connaissons le type de
de l’ADRAO pour une bonne manipulation et réglementation
résistance opérant dans une variété ou lignée particulière, et la des plantes si elles devaient arriver en Afrique de l’Ouest.
génétique de son patrimoine héréditaire, alors les mêmes outils « Gatsby finance la construction d’un bâtiment de
qui permettent le transfert d’un gène, peuvent être utilisés pour confinement à M’bé », poursuit Séré. L’objectif de cette
infrastructure est de permettre de tester le nouveau matériel
accélérer le processus de combinaison des gènes de résistance. » dans un climat approprié, avec les agents pathogènes locaux
Entre temps, le John Innes Centre du Royaume-Uni a en minimisant le risque de fuite. L’installation de confinement
développé la résistance transgénique à partir de la protéine de va isoler efficacement le matériel transgénique de la
végétation avoisinante. Non seulement elle se trouve loin des
capside de la particule de la panachure jaune du riz elle-même. parcelles d’expérimentation, mais elle constitue, en elle-même,
Ce transgène a été incorporé avec succès dans des variétés une barrière contre le flux de pollen : les groupes luttant pour
populaires comme Bouaké 189 et BG90-2, qui seront la préservation de l’environnement craignent un flux de pollen
disponibles pour des tests dans la région, une fois les conditions de ces transgéniques vers les espèces cultivées et sauvages,
et une « fuite » subséquente. « Ainsi, nous pourrons tester le
de bio-sécurité mises en place. (Voir encadré « Transgène et matériel et nous assurer de sa stabilité contre les pathotypes
bio-sécurité »). de virus locaux, et de ce qu’il n’a pas d’effets indésirables dans
les conditions climatiques prévalentes, tout en veillant à
sauvegarder l’environnement avoisinant, d’une possible
Epidémiologie – le comment et pourquoi contamination. »
« En outre, nous travaillons avec les pays membres de
des épidémies l’ADRAO sur le problème global de la bio-sécurité », continu-t-
« Nous ne voulons pas nous limiter à utiliser des plants il. Tout d’abord, les gouvernements doivent connaître tous les
résistants », proclame Séré, « après tout, cela fait plus de quinze enjeux liés à la question des OGM, puis ils ont besoin d’une
réglementation appropriée. Ce n’est pas une bonne chose
ans que nous le faisons et nous n’avons toujours pas trouvé des d’avoir une réglementation sur la bio-sécurité dans un pays
variétés très résistantes dans les champs paysans » ! ou seulement quelques pays, les paysans peuvent facilement
« Ce qui nous a apparu parfaitement clair au symposium de aller d’un pays à un autre comme n’importe qui, et le
1995 », poursuit-il, « c’est que nous avions si peu de commerce transfrontalier de semences est un phénomène
bien connu dans notre région. L’ADRAO a été activement
connaissances sur l’épidémiologie de la maladie et beaucoup impliquée dans le développement d’une législation sur la bio-
de questions attendaient des réponses ». Comprendre les sécurité en Côte d’Ivoire et ceci a des implications régionales :
composantes de l’épidémiologie de la panachure jaune du riz, elle peut servir de base pour une réglementation régionale et
était et continue d’être un des principaux objectifs de la peut être promue au niveau des décideurs politiques des autres
états membres comme base de législation nationale dans la
recherche sur la panachure jaune du riz à l’ADRAO. sous-région. « Sans application générale de la réglementation
Un des premiers résultats était que la panachure jaune du de bio-sécurité pour l’exploitation, la diffusion et la
riz était dépendant de l’inoculum : plus il y a de virus dans commercialisation des plantes transgéniques, on ne peut
l’environnement, plus la maladie affecte la culture. Donc si on envisager l’introduction de ces plantes dans les pays à titre
individuel », explique le Directeur général de l’ADRAO, Kanayo
a un champ avec une variété sensible, la pression de la maladie F. Nwanze.
sera plus forte et il y aura une plus grande production du virus,
c’est un cercle vicieux.

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Rapport annuel ADRAO 2000
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« Ce qu’il nous faut, ce sont des options pour réduire la


pression de la maladie dans les champs. Planter des variétés
résistantes n’est qu’une de ces options. »
La première question que toute personne s’intéressant à la
lutte contre les déprédateurs poserait est : « Où est-ce que
l’organisme vit durant la contre saison ? » Dans le cas du virus
de la panachure jaune, le riz n’est pas continuellement cultivé
durant 12 mois, donc le virus doit vivre quelque part lorsqu’il
n’y a pas de riz dans les champs. Trois groupes d’hôtes
alternatifs ont été identifiés : les résidus de cultures, les plants
de riz spontanés et les adventices. Les résidus des cultures c’est
ce qui reste après la récolte, comme racines, tiges et paille. Le
virus peut survivre sur chacun de ces éléments, la destruction « Dépendance de l'inoculum » : calibrage des symptômes
du RYMV, des plants de Bouaké 189 non-inoculés (à
des résidus pourrait régler le problème à ce niveau. Les plants gauche) aux plants inoculés en un endroit, puis les plants
spontanés sont des plants qui poussent durant la contre saison inoculés uniquement sur la feuille et enfin les plants
complètement inoculés
à la suite des grains qui tombent lors de récolte. Ils posent plus
de problèmes que les résidus, parce qu’ils doivent être gérés
quelques temps après la récolte, ce qui constitue une requête subit aucun changement à l’intérieur de l’insecte, il l’utilise
supplémentaire sur les paysans. Mais, l’élimination des plants simplement comme véhicule. » On sait que quelque 12 espèces
spontanés peut être combinée avec un labour post-récolte, ce d’insectes transmettent la panachure jaune du riz aux plants de
qui réglerait le problème du troisième réservoir d’inoculum de riz et des plants de riz à d’autres hôtes (adventices), entre autres
virus de contre saison. les coléoptères et les sauterelles qui se nourrissent sur les plantes
Une fois que nous savons où le virus passe la contre saison, et des punaises qui sucent les feuilles. Une autre voie de lutte
la seconde question est : comment est-il transmis ? « L’aspect contre la maladie est donc le contrôle des vecteurs, ce qui a été
essentiel de l’épidémiologie de la panachure jaune du riz est le la cible de la recherche en entomologie à l’ADRAO en 2000
rôle des lésions mécaniques sur les plantes – toute lésion (voir encadré « Lutte contre les vecteurs de maladie »).
mécanique en présence de particules du virus », explique Séré.
En plus des dégâts sur les racines au cours du repiquage, les
Gestion intégrée de la panachure jaune
plants de riz sont prédisposés à des dégâts au cours du sarclage
à la houe par les paysans, lorsqu’un plant de riz infecté est
du riz et l’avenir
Comme pour beaucoup de problèmes affectant les cultures, une
endommagé durant le sarclage, le virus se retrouve sur la houe
seule méthode d’approche à la panachure jaune du riz ne nous
et lorsqu’un plant sain est endommagé par la même houe, le
débarrassera de cette maladie insidieuse. Nous devons plutôt
virus pénètre à travers la lésion fraîche. Le virus peut également
combiner les éléments pour avoir le soulagement adéquat.
survivre dans l’eau d’irrigation, ainsi, tout dégât infligé à un Comme c’est souvent le cas quand nous avons affaire aux petits
plant dans un champ inondé, l’expose à une infection du virus producteurs, la première approche des chercheurs est le
par le contact avec l’eau contaminée. Et puis, il y a la question développement de variétés résistantes ; l’ADRAO et ses
entière de tous les insectes vecteurs. partenaires ont fait un long chemin avec ce travail, mais
Francis Nwilene prend le relais : « Depuis 1974, nous savons beaucoup reste encore à faire, comme indiqué ci-dessus. Ce
que les insectes vecteurs transmettent mécaniquement la travail est appuyé par d’autres interventions : l’utilisation de
panachure jaune du riz. C’est-à-dire que les insectes se pratiques culturales appropriées pour minimiser la diffusion
nourrissent de plants infectés, collectent des particules du virus, de la maladie, l’arrachage hôtes alternatifs où les populations
et contaminent le plant suivant qu’ils mangent – le virus ne de virus peuvent survivre et se multiplier en contre saison, et la

35
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

gestion des insectes vecteurs. « En 2001 », explique Séré, « nous


Lutte contre les vecteurs de maladie
commencerons à analyser le rôle de la gestion globale des
cultures, y compris, les engrais dans l’épidémiologie de la
A l’exception des vecteurs insectes, tous les mécanismes maladie et ceci pourrait donner un autre point d’entrée dans la
d’infection virale nécessitent la présence du virus ou dans la lutte contre la panachure jaune du riz ».
parcelle où le riz est transplanté ou dans la pépinière. Et
Toujours en 2001, l’ADRAO doit commencer un projet en
l’entomologiste Francis Nwilene de poursuivre : « Lorsqu’une
parcelle est débarrassée de tout virus durant la contre saison, collaboration avec l’université de Louvain, Belgique sur le
à travers, par exemple, la destruction des résidus de cultures, renforcement de la durabilité de la production rizicole dans les
des repousses, des plantes spontanées et des hôtes alternatifs,
zones infestées par la panachure jaune du riz. Des conseillers
alors l’unique source de RYMV ne peut se trouver qu’en dehors
de la parcelle et il n’y a que les insectes pour l’introduire dans des programmes nationaux et des paysans seront formés dans
la culture. Il est donc justifié de chercher des méthodes de lutte la lutte contre le virus. En outre, le projet vise à développer de
contre ces insectes. » nouveaux outils pour l’identification du virus au sein des
Comme pour la maladie, il n’y a pas de méthode de lutte
unique suffisante en elle-même. « Nous avons laissé la voie de plantes, les insectes vecteurs, et dans les champs, et pour le
recherche sur la résistance de la plante-hôte aux sélectionneurs suivi de la maladie en milieu naturel (en relation avec le
et pathologistes », explique Nwilene, « et nous nous concentrons climat).
sur les méthodes culturales et les bio-pesticides ». La logique
sous-tendant la décision sur la résistance de la plante se trouve
Une autre approche de lutte existe à travers le Projet
dans le criblage extensif qui a été fait et qui va permettre de d’hybridation interspécifique de l’ADRAO. Les domaines
sélectionner pour des types de plants résistants aux insectes d’intérêts spécifiques sont : l’identification des types de
autant que des types purement résistants au virus.
Parmi les pratiques culturales, la gestion de l’eau peut jouer
résistance dans les trois grands groupes de riz, Oryza
un rôle clé durant la saison sèche. « Durant la saison sèche, les glaberrima, et les sous-espèces indica et japonica d’O. sativa,
vecteurs ont tendance à quitter les plateaux où il y a peu l’étude continue de la variabilité de la panachure jaune du riz
nourriture et l’air est trop sec pour eux », explique Nwilene. Si les
bas-fonds sont également drainés à ce moment, l’humidité y
en Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est, et un plus grand
serait réduite et par conséquent l’approvisionnement en renforcement de la collaboration avec les programmes
nourriture aussi, ce qui va avoir un impact sur les populations de nationaux sur le criblage du nouveau matériel. Ce dernier
vecteurs au démarrage de la saison culturale.
élément comportera des croisements plus ciblés entre des
« Une tendance positive est l’évolution vers le semis
direct », poursuit Nwilene. Cette tendance est induite par les variétés populaires locales O. sativa et O. glaberrima, qui vont
coûts de main d’œuvre et a deux avantages dans la lutte être criblées et faire l’objet d’avancement à l’ADRAO.
contre le RYMV. Premièrement, elle évite les dégâts sur la
Cependant, ce ne seront pas les produits finaux de la sélection
racine occasionnés par le repiquage, deuxièmement, les
populations de vecteurs passent toute la saison en phase qui seront envoyés aux programmes nationaux pour criblage
interactive avec leurs ennemis naturels (prédateurs, parasites), contre les plus virulents isolats locaux dans les serres. Ceci
les vecteurs ne se déplacent pas avec les plantules et on
atteint un certain degré de lutte naturelle.
permettra aux sélectionneurs nationaux de sélectionner pour
Mais, c’est surtout le rôle potentiel des bio-pesticides qui a l’adaptation aux conditions locales et à la résistance à la
attiré l’attention de Nwilene cette dernière saison. « Nous avons panachure jaune du riz.
comparé les effets des extraits de neem et de papaye avec
l’insecticide commercial Decis », il explique, « je suis ravi de
« Nous sommes à un stade passionnant des travaux sur la
rapporter que l’extrait de neem était plus efficace dans la lutte panachure jaune du riz », affirme Kanayo F. Nwanze, Directeur
contre les trois types de vecteurs (coléoptères, sauterelles et les général de l’ADRAO. « Nous avons presque atteint notre
punaises suceuses de feuilles) que l’extrait de papaye, mais
aussi l’insecticide Decis ! Et qui plus est, les résultats préliminaires
objectif à court terme de voir des variétés de riz améliorées
suggèrent que l’extrait de neem aurait moins d’impact sur les résistantes au virus dans les champs paysans dans les zones
ennemis naturels des vecteurs que chacun des deux autres infectées et nous avons identifié un certain nombre de
insecticides ». La recherche sur ce rôle potentiel de l’extrait de
neem va se poursuivre pendant la saison humide 2001.
composantes pour initier une gestion intégrée de la maladie en
milieu paysan. Au cours des années à venir, il y aura une
augmentation du nombre de variétés résistantes et certaines

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Renforcement des capacités des partenaires nationaux

Dès son démarrage, le travail sur le RYMV a été effectué à travers les partenariats. Le besoin de criblage multilocal, en lui-même, nécessite
des partenariats. Cependant, au fil de l’avancement du criblage, et en particulier avec l’avènement du projet DFID de criblage in-situ,
il s’est avéré nécessaire de renforcer les capacités de certains de nos partenaires à travers la formation des techniciens des programmes
nationaux à la conduite du criblage en serres. En plus, avec le développement des anticorps polyclonaux pour la détection du RYMV dans
les tissus des plantes, il fallait former les techniciens de laboratoires des pays participants dans cette nouvelle technique.
En assurant la formation de nos partenaires, nous rendons service non seulement aux pays concernés, mais aussi à toute la région.
L’information obtenue du criblage in-situ est introduite dans tout le processus de recherche RYMV qui va en fin de compte bénéficier à
tous les riziculteurs des bas-fonds infestés de RYMV en Afrique subsaharienne.
Et, nous ne nous intéressons pas seulement aux chercheurs d’aujourd’hui, mais, nous contribuons aussi à la formation des pathologistes
de demain. Après tout, les systèmes riz et le RYMV sont des entités biologiques ; le virus peut éventuellement s’adapter à n’importe quelle
mesure de lutte que nous arriverions à mettre en place, ou bien une autre maladie peut s’installer dans les niches du RYMV, si tant est que
nous réussissions un jour à être sur le point de l’éradiquer. C’est pourquoi nous avons besoin de nouveaux pathologistes pour faire face
aux maladies des plantes de demain. Des liens ont été établis avec des universités en Côte d’Ivoire et au Mali en vue de méthodologies
de base pour le criblage et la notation ainsi que des thèmes de recherche comme la variation pathogénique (virulence) des isolats RYMV
ivoiriens.

d’entre elles auront non seulement une résistance durable, mais Nous sommes confiants que plus jamais les paysans ne seront
seront aussi attractives pour les paysans sur d’autres points désespérés de voir leurs champs dévastés par la panachure jaune
comme les types de grains et de plantes et le cycle de croissance. du riz. »

37
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Développement de modèles
informatiques pour la compétition riz-
adventices au Sahel

L ES ADVENTICES jouent un rôle majeur dans la réduction des rendements de riz en Afrique de l’Ouest
et du Centre. Maintenant que de nouveaux types de riz sont disponibles par le biais des activités de
sélection d’interspécifiques, l’ADRAO a adapté un modèle de compétition contre les adventices pour mieux
comprendre ce qui rend le riz plus compétitif.

La consommation totale de riz dans le Sahel a fortement adventices étaient de l’ordre de 1 t/ha, soit près de 25 % de
augmenté au cours de ces dernières décennies à cause de la plus que la pratique paysanne. (« Les éléments nutritifs du sol
croissance démographique et de l’augmentation de la et la fertilisation du riz irrigué au Sahel », Rapport annuel de
consommation par habitant, en particulier dans les centres l’ADRAO 1998, pp. 16-22). Pourtant, les paysans ont tendance
urbains. Parmi les pays sahéliens, c’est le Sénégal qui a la plus à attendre que les adventices soient clairement visibles et entrées
forte consommation de riz et environ 75 % de ce riz est importé. en compétition avec les riz avant de les éliminer. Lorsque des
Des investissements importants ont été faits pour essayer de herbicides sont appliqués tard, le contrôle des adventices est
répondre aux besoins, mais les rendements restent relativement moins efficace car elles deviennent moins sensibles aux
faibles (environ 4 t/ha). La gestion inappropriée des adventices herbicides en grandissant. Les périodes étendues de compétition,
est l’un des facteurs qui réduisent le rendement de riz au Sénégal aussi bien avant le contrôle des adventices qu’après à cause de
(voir, par exemple, le point 5 de la Figure 6, page 41 : le non l’efficacité réduite des mesures de lutte, provoquent une
désherbage d’un champs d’une variété améliorée populaire augmentation des pertes.
résulte en des pertes de rendement de 50 %). Des cultivars de riz plus compétitifs contre les adventices
Un sol relativement bon, un ensoleillement intense, de hautes seraient appropriés dans toutes les écologies riz de la région, y
températures presque tout au long de l’année et la disponibilité compris, les systèmes d’irrigation du Sahel. L’accès au pool
d’eau d’irrigation sont les conditions idéales pour une génique Oryza glaberrima par le biais du développement de
abondance des adventices. Comme au Sahel, le riz irrigué fait descendances d’hybrides interspécifiques (les NERICA) a élargi
en général l’objet de semis direct et n’est pas transplanté, le riz les horizons pour le développement de types de plantes de riz
et les adventices commencent à concurrencer au stade de peu exigeantes en termes de gestion (faible taux d’intrants).
plantules et les pertes de rendement tendent à être plus élevées « Une des caractéristiques les plus importantes des NERICA »,
que dans les systèmes de transplantation. Des études menées explique Monty Jones, Directeur adjoint de la recherche, « c’est
par l’ADRAO dans les champs paysans en 1998, ont montré la compétitivité contre les adventices qu’elles ont héritée de
que les bénéfices générés par une lutte améliorée contre les leur parent O. glaberrima. En fait, c’était l’un des objectifs

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Des modèles mathématiques de simulation des cultures


Indices de croissance des plantes utilisées dans peuvent nous donner une meilleure perception des mécanismes
INTERCOM complexes d’interactions culture-adventices. Plus encore, ces
modèles peuvent être utilisés comme outil pour guider les
Cet encadré a trait à trois indices relatifs aux caractéristiques
de croissance des plantes qui sont utilisées dans les études de
sélectionneurs dans la conception et l’évaluation de nouveaux
l’ADRAO sur la compétitivité contre les adventices et dans le types de plantes.
modèle INTERCOM adapté aux systèmes irrigués du Sahel. « Notre point de départ », explique David Johnson,
Indice de surface foliaire, LAI, c’est la surface foliaire totale malherbologue « était INTERCOM, un modèle informatique
d’une plante divisée par la surface de sol qu’elle occupe : c’est développé par l’Institut international de recherche sur le riz
donc une fonction directe de l’espacement des plantes dans (IRRI) et l’université agricole de Wageningen (Pays-Bas) et
la parcelle. LAI est connu pour être un bon indicateur de la
compétitivité contre les adventices bien avant le début des qui utilise des paramètres écologiques et physiologiques pour
études de l’ADRAO. simuler la compétition entre la culture et les adventices dans
Surface foliaire spécifique, SLA, c’est la surface foliaire par unité
les champs ». Le modèle était déjà utilisé au siège de l’ADRAO
de poids foliaire. Donc, une feuille mince a une haute SLA et et en cours d’adaptation pour le riz de plateaux (« Profil d’un
une feuille épaisse une SLA plus basse. Une feuille fine (haute pays donateur : le Canada », dans ce rapport). « Il fallait
SLA) présente une plus grande surface pour absorber la lumière
solaire qu’une feuille plus épaisse (SLA plus faible) de même
reconfigurer le modèle pour les conditions de riz irrigué au
poids. Ainsi, pour le même poids, une plante aux feuilles minces Sahel avec les variétés et adventices appropriées, de sorte à de
donne plus d’ombre pour étouffer les adventices qu’une plante pouvoir manipuler le type de plante requis », continue Johnson.
aux feuilles épaisses. Cet indice est mesuré (ou simulé) pour
chaque feuille de la plante pour les besoins de la modélisation
Dans la seconde moitié de 1999, Petra Hogervorst, étudiante
INTERCOM. Comme l’indice de surface foliaire, la surface néerlandaise en maîtrise de l’université de Wageningen est
foliaire spécifique était connue pour être un bon indicateur de venue à la Station Sahel, où elle a collecté les données
la compétitivité contre les adventices bien avant le début des
études de l’ADRAO.
nécessaires pour configurer INTERCOM pour le riz irrigué au
Sahel. Pour étudier l’effet de la compétition des adventices sur
Vitesse de croissance relative des feuilles, RGRL, c’est le taux de
croissance quotidienne des feuilles d’une plante exprimé en
la croissance du riz, le riz et les adventices ont été cultivées en
pourcentage aux premiers stades de croissance (jusqu’à LAI = 1). populations mixtes à différentes densités d’infestation
d’adventices. La variété de riz utilisée était la Sahel 108,
maintenant très populaire (voir encadré « Sahel 108 et autres
variétés de riz du Sahel », page 11), tandis que deux adventices
principaux de tout le programme de sélection interspécifique ». très répandues ont été choisies pour représenter les groupes
Des études ont montré que, comparativement aux variétés d’adventices les plus importants infestant le riz irrigué au Sahel,
traditionnelles Oryza sativa, O. glaberrima produit plus de Echinochloa colona pour les graminées et Cyperus difformis
biomasse et de talles, a des indices foliaires plus élevés (pour pour les cypéracées pérennes. Hogervorst a déterminé les
la définition des indices voir encadré « Indices de croissance paramètres de croissance et de développement de deux espèces
des plantes utilisées dans INTERCOM ») et investit une part d’adventices et de la variété de riz, ainsi que la hauteur de la
plus importante de sa biomasse croissante dans les feuilles aux plante et les indices foliaires. Ensuite, les données ont été
premiers stades de la croissance. Par la suite, il a été démontré introduites dans INTERCOM pour fournir le modèle de
que dans une large gamme de cultivars, les indices foliaires et compétition riz-adventices dans les systèmes irrigués au Sahel.
la capacité de tallage augurent de la compétitivité contre les Pour valider le modèle nouvellement configuré, des essais
adventices. Les premières lignées NERICA étaient mieux de compétition riz-adventices ont été menés dans les champs
adaptées aux conditions de plateaux, mais récemment, du paysans du delta du fleuve Sénégal (en fait dans un rayon de
matériel vraisemblablement adapté aux conditions de bas-fonds 1 km autour de la Station du Sahel de l’ADRAO à N’diaye,
a été généré. Avec ce matériel, il est approprié d’examiner Sénégal) durant l’hivernage 1999 et la saison sèche 2000. Ces
l’impact de différents types de plantes sur les pertes dues à la essais ont été menés par l’étudiant sénégalais en maîtrise,
compétition des adventices. Daouda M’Bodj, de l’Ecole nationale des cadres ruraux de

40
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

l’importance d’un désherbage précoce. Des périodes prolongées


de compétition des adventices diminuent aussi le nombre de
talles et de panicules par unité de surface. Il y avait des écarts
entre les rendements simulés et les rendements observés lorsque
le désherbage commençait tôt dans le cycle de culture, le
désherbage précoce avait une plus grande influence sur la
performance de la culture que ne le prédisait le modèle. La
simulation exacte des résultats des essais de terrain valident
l’utilisation du modèle pour les études de modélisation à venir.

Modélisation
INTERCOM a été utilisé par la suite, pour analyser comment
d’autres types de riz aurait réagit. « C’est là le charme de la
modélisation », assène avec enthousiasme l’agronome Marco
Wopereis. « Il permet l’expérimentation sur ordinateur, une fois
le modèle correctement validé. » Les objectifs étaient de mieux
Souleymane Diallo (ISRA, à l’extrême droite), Marco Wopereis (ADRAO, comprendre la compétition des adventices dans les systèmes
au milieu à droite) et Yaya Sané (ADRAO, extrême gauche) discutent
des essais de compétition adventices-riz avec Daouda M’Bodj à la de riz irrigué de la vallée du fleuve Sénégal à travers l’utilisation
station Sahel de l’ADRAO, N’diaye, Sénégal de modèles informatiques et de voir comment les nouveaux
types de plantes seraient affectés par la compétition des
adventices.
« Nous savons qu’Oryza glaberrima fait meilleure
Bambey (ENCR). Les traitements expérimentaux consistaient
concurrence aux adventices qu’O. sativa », poursuit Wopereis.
à soumettre le riz à différentes périodes de compétition pour
en identifier les périodes cruciales. Plus précisément, on laissait
pousser les adventices de la date de semis du riz à une certaine Figure 6. Validation du modèle calibré INTERCOM : effet de la
période (14, 28, 42, 56, 70 jours), après laquelle les champs compétition des adventices sur le rendement du riz (données
effectives de la saison des pluies 1999 contre données simu-
étaient désherbés manuellement. Les tests comprenaient en
lées INTERCOM)
outre, deux parcelles témoins, une maintenue sans adventices
durant toute la saison culturale et l’autre non désherbée du tout.
Les tests ont été menés dans cinq champs paysans durant
l’hivernage et sept durant la saison sèche. On a utilisé le semis
direct dans les champs avec des semences pré-germées Sahel
108. Lorsque les données de terrain ont été comparées aux
données simulées du modèle, les deux courbes étaient très
proches (Figure 6). Ainsi, avec INTERCOM, on peut prédire
les caractéristiques essentielles de la compétition riz-adventices
dans le contexte sahélien. Sans contrôle des adventices, les
rendements tombent à 3,2 t/ha, soit 50 % des rendements des
champs maintenus sans adventices à partir de quatorze jours
après le semis. Au fur et à mesure que la date du premier
désherbage est retardée, il y a un déclin régulier du rendement,
en d’autres mots, plus le début du désherbage est tardif, plus
grandes sont les pertes de rendements. Ceci souligne Note : 95 JAS = pas de désherbage.

41
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

« Avec nos connaissances sur le type de plante O. glaberrima, Résultats – ce que INTERCOM nous
et nos théories sur les facteurs qui influencent la compétitivité raconte
contre les adventices, la taille de la plante et les indices foliaires Lorsqu’on compare seulement les différences SLA entre les
étaient évidemment les cibles à manipuler par INTERCOM trois types de plantes, le modèle prédit qu’aussi bien les
pour évaluer les différents types de plantes. » glaberrima que les types de plantes intermédiaires sont plus
« Des valeurs de surface foliaire spécifique plus élevées compétitifs contre les adventices que le type sativa (Figure 7),
(voir encadré « Indices de croissance des plantes utilisées dans avec une différence plus marquée lorsque le premier désherbage
INTERCOM », p. 40) permettent à la plante de produire une est retardé. Si l’on modifie les types glaberrima et
surface foliaire plus grande avec une biomasse donnée », « interspécifiques » pour qu’ils aient une profusion de feuilles
explique Wopereis, « et ceci est un avantage aux stades initiaux aux stades initiaux de croissance (Figure 8), l’amélioration de
de croissance où la compétition pour la lumière est importante ». la compétitivité contre les adventices est encore plus
Cependant, des valeurs élevées de surface foliaire spécifique marquée : les interspécifiques ayant un rendement de 70 %
(SLA) deviennent un désavantage plus tard dans le plus élevé que Sahel 108 quand il n’y a pas de désherbage dans
développement de la culture car les plantes font une les soixante-dix jours après semis.
surproduction de feuilles. Une fois qu’il y a environ quatre Finalement nous avons comparé les trois types de plantes
couches de feuilles (c’est-à-dire que l’indice de surface foliaire (représentés par les figures des SLA) à la faible densité de
atteint 4), environ 95 % de la radiation solaire est interceptée peuplement pratiquée par les paysans dans la vallée et le delta
par les feuilles. Après cela, ce n’est pas un avantage d’avoir du fleuve Sénégal (Figure 9). Une telle faible densité peut être
plus de feuilles ! Ainsi, la situation idéale est d’avoir une SLA le résultat d’un faible taux de semis, d’une mauvaise germination
élevée au début de la croissance et une SLA faible plus tard. ou d’un mauvais établissement des cultures. Tous les trois types

Figure 7. Simulation de l’effet de la SLA sur le rendement, Figure 8. Simulation de l’effet combiné de la SLA et de
en tant que résultat direct sur la compétitivité contre les l’amélioration du taux de croissance relative des feuilles sur
adventices les rendements, en tant que résultat direct sur la compétiti-
vité contre les adventices

Notes : S1, S2, S3 = types de SLA : O. sativa (Sahel 108), O. Notes : comme en Fig. 7, R2 = taux de croissance relative des
glaberrima (interspécifique ; R1 = taux de croissance relative feuilles pour un type de plant hypothétique avec un taux
des feuilles pour le type O. sativa (Sahel 108). élevé.

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Figure 9. Simulation de l’effet d’une faible densité de plantes simulée qui était de 10 % plus haute que la plante « normale »
(120 plantes/m˝) sur le rendement (en tant que résultat direct n’était pas plus compétitive contre les adventices.
sur la compétitivité contre les adventices) pour 3 types de
plantes : notez la réduction de rendement presque uniforme
quel que soit le type de plante
Conclusions – la valeur de la modélisation
Les simulations ont montré l’importance de la compétitivité
contre les adventices dans les champs fortement infestés.
INTERCOM peut être utilisé pour prédire ce que signifierait
une augmentation de l’indice foliaire ou d’autres paramètres
(comparativement à une variété « standard » comme Sahel 108)
à un certain niveau de pression des adventices dans les champs
paysans. Ainsi, les paramètres qui affectent directement la
compétitivité contre les adventices et le rendement peuvent être
ciblés dans les activités de sélection.
« Les indices sont relativement faciles à mesurer, et ça c’est
le côté passionnant de l’affaire ! » avoue Wopereis. « Mais, ils
changent avec la localité et la date de semis, en fonction des
facteurs climatiques (surtout la température minimale de
Notes : comme en Fig. 7, D2 = densité de 120 plantes/m2. l’air). »
L’ADRAO a commencé à mesurer ces paramètres dans
les « essais des jardins variétaux » afin d’en obtenir les valeurs
ont gravement souffert de la compétition des adventices et ont à différentes périodes de l’année.
accusé d’importantes pertes de rendement, essentiellement Johnson est satisfait : « Notre étude a montré la force de la
parce que le riz n’avait pas assez de couvert végétal pour faire modélisation à travers le test des nouveaux types de plantes »,
de l’ombre aux adventices par rapport à la lumière solaire. Une dit-il. « Elle a permis de quantifier les gains de rendements
fois de plus, cependant, lorsque le premier désherbage a été générés par une amélioration de la gestion des cultures – des
retardé, l’interspécifique (S3) et le glaberrima (S2) ont eu un semences de meilleure qualité, une densité de semis plus élevée,
meilleur rendement que le sativa. un désherbage à temps – et de meilleurs types de plantes. Il
« Les résultats des tests de l’effet de la taille de la plante serait presque impossible de faire ces analyses par des essais
n’étaient pas spectaculaires », indique Wopereis. La plante conventionnels ».

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Profil d’un pays donateur : le Canada

N OTRE PARTENARIAT avec le Canada peut adéquatement être décrit comme un ensemble d’activités
très diverses, particulièrement en termes de financement à usage restreint (projets spéciaux). Nous
apprécions surtout le niveau élevé et constant de l’appui en termes de financement à usage non restreint à
un moment où beaucoup de donateurs se confinent à des projets spécifiques de courte durée.

L’ADRAO reçoit son financement venant du Canada par deux recrutements n’ont pas été financés par le CRDI, ce projet à
voies. La première est directe par le biais de l’Agence servi de tremplin pour relever le niveau de l’information. Le
canadienne pour le développement international (ACDI) et la nom du projet était « Système ouest africain d’information
deuxième par le Centre de recherche pour le développement rizicole (WARIS) » et le développement et renforcement de la
international (CRDI) qui est un organisme public créé et financé capacité de l’ADRAO à opérer un système d’information
par le gouvernement du Canada pour aider les communautés moderne était l’élément clé de ces activités. Au cours du projet,
des pays en développement à trouver des solutions à leurs bien qu’indépendant de celui-ci, un nouveau bâtiment a été
problèmes sociaux, économiques et environnementaux à travers construit pour abriter spécifiquement la bibliothèque et le centre
la recherche. de documentation au siège de l’ADRAO et il fut occupé en
Les contributions canadiennes à l’ADRAO de 1988 à 2000 janvier 1993. Durant cette période de quatre ans, on a assisté à
sont présentées en Figure 10. Nous sommes particulièrement
reconnaissants pour les contributions constantes à notre budget
à usage non restreint, qui sont en moyenne de plus de
0,55 million de $ EU par an.

Bibliothèque et services d’information


En 1990, le CRDI a approuvé un financement pour améliorer
la bibliothèque et le service de documentation de l’ADRAO.
L’information a toujours été un des « piliers » du CRDI et un
domaine dont il fait la promotion dans les pays en
développement et les institutions qui les servent. Lorsque le
projet a commencé, la bibliothèque n’avait que quatre agents à
temps plein, un documentaliste, un aide bibliothécaire, une
secrétaire bilingue et un agent de comptoir. A la fin 1994 (à la
fin du projet), un assistant de production et un assistant de
bureau avaient été ajoutés à l’équipe et le recrutement d’un
assistant documentaliste était en cours. Même si ces Des brochures sur WARIS (en anglais et en français)

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Figure 10. Le financement canadien à l’ADRAO, 1998-2000


En milliers de $ EU

des relèvements de niveau dans l’information et la technologie ADRAO (200 copies par mois en 1994, comparativement à 46
liée à sa diffusion avec le projet ayant contribué pour obtenir en 1991), et la livraison de documents aux chercheurs de
un ordinateur, deux imprimantes, un lecteur CD, deux l’ADRAO et des SNRA (sur demande). Le projet a aussi aidé
photocopieuses et un lecteur de microfiches. l’ADRAO à mettre ses premiers pas dans l’information
Le projet a octroyé des fonds pour que le documentaliste électronique. Au cours de ces quatre années, l’ADRAO a
de l’ADRAO, Alassane Diallo, puisse visiter les bibliothèques développé plusieurs bases de données bibliographiques internes
de l’IRRI aux Philippines, du Centre de coopération et a commencé une collection de CD et d’autres bases de
internationale en recherche agronomique pour le développement données électroniques externes. Les fonds alloués au
(CIRAD) et d’AGROPOLIS (Pôle international de recherche renforcement des capacités ont permis la formation sur le tas
et d’enseignement supérieur agronomiques) en France, ainsi en gestion de l’information de neuf cadres des Systèmes
que d’autres services d’information dans ces pays. « Ces nationaux de recherche agricole (SNRA) et de la secrétaire de
contacts ont contribué au progrès des services de diffusion de la Station Sahel de l’ADRAO. Le projet a également fourni
l’information à l’ADRAO », explique-t-il. des fonds pour permettre au documentaliste de l’ADRAO de
Des services d’information « standard » ont été encouragés faire des visites de suivi au Bénin, au Congo, en Gambie, en
et agrandis. Ceux-ci comprennent la diffusion sélective de Sierra Leone ainsi qu’à Abidjan et Bouaké (Côte d’Ivoire) pour
l’information (DSI, 20 profils à la fin 1994), les recherches évaluer le progrès réalisé par les anciens stagiaires. Ces visites
bibliographiques (135 recherches majeures en 1994, et d’autres contacts ont permis à l’ADRAO d’augmenter le
comparativement à 40 en 1990), Bulletin de sommaires nombre de documents « littérature grise », pour la plupart des

46
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

documents de recherche non-publiés des SNRA et des thèses : types de plantes à la fois compétitives contre les adventices et
1 249 titres ont été collectés en 1994, comparé à seulement 15 à haut rendement. Le projet, financé par le CGIAR-Canada
en 1991. « Tout ceci a contribué à “briser” l’isolement des Linkage Fund (CCLF) a duré trois ans.
chercheurs des SNRA de la région », dit Diallo. Au cours de L’objectif général était de développer des types de plantes
cette période, le personnel de la bibliothèque de l’ADRAO a interspécifiques pour les petits riziculteurs des plateaux ; en
aussi réalisé un annuaire des chercheurs riz en Afrique de profitant de la compétitivité contre les adventices et la résistance
l’Ouest et des bibliographies sur Oryza glaberrima et le virus à la sécheresse du parent Oryza glaberrima et du bon potentiel
de la panachure jaune du riz. de rendement en réponse aux engrais du parent O. sativa. A
Le CRDI a fourni des fonds vitaux à un moment stratégique plus court terme, le projet vise à aider les sélectionneurs à
du développement de l’ADRAO. Aujourd’hui la bibliothèque exploiter la riche diversité génétique récemment devenue
de l’ADRAO se trouve dans un nouveau bâtiment spécialement accessible à travers la technologie NERICA, en développant
conçu comme Centre d’information et de documentation et fait
des concepts détaillés de plantes types pour des riz compétitifs
partie du département du même nom. Nous n’oublions pas
contre les adventices, résistants à la sécheresse et à haut
l’héritage des contributions du CRDI. WARIS existe pour
rendement. Une approche de systèmes interdisciplinaires a été
fournir de l’information appropriée sur le riz aux chercheurs
suivie, impliquant un sélectionneur riz, un malherbologue et
des SNRA de la région et au-delà. WARIS est la base de
un spécialiste de la gestion des ressources naturelles de
l’aspiration de l’ADRAO à devenir une passerelle du système
l’ADRAO, ainsi qu’un malherbologue et un spécialiste en
d’information sur le riz pour toute l’Afrique sub-saharienne.
modélisation de la compétition adventices-cultures de
l’université Laval. Un poste de chercheur post-doctorat nommé
Le Consortium santé humaine par l’université Laval pour être basé à l’ADRAO a été accepté.
A partir de 1994, la CRDI a joué un double rôle dans les activités Ce poste a successivement été occupé par Folkard Asch (1997-
du Consortium santé humaine, basé à l’ADRAO. Jusqu’en 1998, 1999) et Frank Abamu (1999-2000). Le projet a pris comme
le Consortium recevait directement son financement du CRDI. point de départ un modèle de compétition adventices-cultures
En outre, le bureau du CRDI, en Côte d’Ivoire, était un des développé par l’IRRI et l’université agricole de Wageningen
partenaires de recherche. Le travail du Consortium a déjà fait (INTERCOM). Des essais de riz et d’adventices ont été menés
l’objet de rapports : la recherche sur le paludisme dans le rapport sur plusieurs dates de semis afin de générer des données
1996 et celle sur la schistosomiase en 1999. spécifiques aux cultivars pour le modèle. Les données d’une
En particulier, le CRDI était un grand partisan de la date ont été utilisées pour « paramétrer » le modèle (reconfigurer
méthodologie de recherche intersectorielle et multidisciplinaire, spécifiquement le modèle pour le riz), puis des données d’une
il a développé le protocole original et a cherché des fonds pour date tardive ont été utilisées pour vérifier si cela fonctionnait.
le Consortium. Il a donné des orientations pour le Lorsque les timings des stades de croissance (phénologie) ont
développement des plans de travail pour les aspects socio- été fixés, l’INTERCOM adapté a prédit avec exactitude aussi
culturels des évaluations de l’environnement et de la santé et a bien la production totale des plantes que le rendement en grains
financé un consultant pendant six mois pour développer la
dans les deux scénarios, avec ou sans adventices.
composante sciences sociales du programme de recherche.
Les stades de croissance végétatif et reproductif de cinq
Finalement, le CRDI a participé à la revue institutionnelle des
approches de recherche. adventices ont été bien prédits. La hauteur des plantes a été
simulée avec haute précision au niveau de quatre des cinq
adventices, mais celle de Sphenochlea zeylanica (une adventice
Modélisation fréquente du riz de bas-fonds, qui pousse vite et reste petite)
En 1997, nous avons initié avec l’université Laval du Québec, n’a pas suivi le schéma logistique supposé dans le modèle. Des
un projet conjoint visant la réduction de l’insécurité alimentaire expérimentations supplémentaires sont nécessaires pour
dans les pays en développement à travers le développement de expliquer cette observation. On a aussi besoin de quantifier les

47
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

aspects morphologiques et physiologiques. Cependant, la programmes nationaux, qui ne sont peut-être pas familiers aux
compétitivité du riz et des adventices a été bien expliquée par détails des principes éco-physiologiques utilisés dans la
le modèle (Figure 11). réalisation du modèle ; il est structuré en sorte que les utilisateurs
Un manuel d’utilisation facile a été réalisé pour l’application n’ont pas besoin de comprendre en détails les principes
du modèle INTERCOM modifié de conception de types de physiologiques, écologiques et mathématiques utilisés pour son
plantes pour une compétitivité améliorée contre les adventices. développement.
Le manuel facilite l’application du modèle dans les analyses L’INTERCOM adapté a généré un ensemble de 27 idéotypes
de sensibilité à des stress spécifiques ou à des considérations hypothétiques de riz combinant des paramètres morpho-
agronomiques, comme le climat, la période de semis et la densité logiques et physiologiques d’Oryza glaberrima (CG14) et
des semis. Il a été spécialement conçu pour les partenaires des O. sativa (WAB56-104). Le meilleur prototype avait un taux de

Figure 11. Interception de fraction de la radiation ambiante (FRABS) par les cultivars O. glaberrima (CG14) et O. sativa (WAB56-
104) en période de compétition avec une adventice à feuilles larges (Eclipta prostrata) et une adventice herbeuse (Echinochloa
crus-pavonis). DVS = stade de développement de riz, 0 = émergence, 1 = floraison, 2 = maturité. La simulation a été faite avec le
modèle INTERCOM adapté. Ces résultats montrent la capacité de la variété O. glaberrima à étouffer les adventices, en inter-
ceptant la plus grande partie de la lumière ambiante

48
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

croissance des feuilles de 20 % plus rapide et donnait 139 % batteuse-vanneuse comme une amélioration majeure
du rendement d’O. sativa. Ceci suggère que les sélectionneurs comparativement aux batteuses utilisées actuellement. Là où,
doivent ajouter le taux de croissance des feuilles à leurs critères la batteuse-vanneuse ne remplaçait pas la main d’œuvre
en sélectionnant pour la compétitivité contre les adventices. familiale, comme pour les femmes qui vannent et récupèrent
L’ajustement de la phénologie dans le but de faire pousser le les grains en échange d’un salaire en argent liquide ou en nature,
riz a donné un type de plante moins compétitif. la préoccupation première c’est que l’introduction de
l’équipement va diminuer la demande en main d’œuvre
Introduction de la batteuse-vanneuse au manuelle. Au cours de la deuxième partie de 1999, 10 batteuses-
Burkina Faso et au Mali vanneuses ont été fabriquées au Mali par des producteurs locaux
Après le succès de la batteuse-vanneuse (ASI) développée par formés dans le cadre du projet.
l’ADRAO et ses partenaires au Sénégal (voir encadré « La
batteuse-vanneuse en Afrique de l’Ouest »), le CRDI a assuré
Appui aux sites clés en Côte d’Ivoire
un financement de deux ans à l’ADRAO (1998 et 1999) pour
En 1998 et 1999, l’ACDI a assuré un financement à travers le
qu’elle travaille avec ses partenaires du Burkina Faso et du
Fonds de contrepartie ivoiro-canadien (FDCIC) pour les
Mali pour y évaluer le potentiel des batteuses-vanneuses.
activités d’agronomie et de sélection dans les sites clés de
Le projet visait spécifiquement à : (1) évaluer la capacité
des ateliers locaux à fabriquer les batteuses-vanneuses avec du l’ADRAO en Côte d’Ivoire. Les sites clés sont utilisés pour la
matériel local ; (2) évaluer les bénéfices potentiels des recherche à mener dans des écologies autres que celles des
fournisseurs et des paysans ; et (3) évaluer les mutations stations de recherche de l’ADRAO. En ce moment (et jusqu’en
possibles dans la demande de main d’œuvre avec l’adoption 2000) l’ADRAO disposait de cinq sites clés en Côte d’Ivoire,
de la batteuse-vanneuse, en particulier son effet sur les femmes en plus de la station de recherche principale à M’bé, au nord de
et les ouvriers qui tamisent le riz pour séparer le paddy de la Bouaké dans la zone de savane sud guinéenne :
paille, vannent et nettoient le riz. I les zones péri-urbaines de Bouaké, au centre de la Côte
Des prototypes de batteuse-vanneuse ont été fabriqués avec d’Ivoire, dans la zone de transition entre la forêt et la
du matériel local, d’abord à Niono (Mali) durant la saison savane ; le régime pluviométrique est bi-modal, avec un
hivernale 1998, puis à Bobo Dioulasso (Burkina Faso) au cours cumul d’environ 1 100 mm de pluie ;
de l’hivernage 1999. La fabrication a eu lieu dans des ateliers I Korhogo, dans le nord du pays, se trouve dans la zone
peu équipés représentatifs de l’industrie de la machinerie de la savane nord-guinéenne, on y trouve une saison
agricole dans la région. L’ADRAO a formé quatre fabricants sèche relativement fraîche et une pluviométrie
de machinerie agricole au Mali et trois au Burkina Faso. Les d’environ 1 300 mm/an ;
plans techniques de la machine ont été rassemblés en I Boundiali, se trouve aussi dans la zone de la savane nord-
collaboration avec l’université de Saint-Louis au Sénégal, en guinéenne et reçoit 1 500 mm de pluie ;
janvier 1999, et envoyés à tous les partenaires impliqués dans I Danané, dans l’ouest du pays, est localisé dans la zone
le projet. forestière humide et a une pluviométrie annuelle de 2 000
Les machines ont été testées durant les récoltes de mm ;
l’hivernage 1998 et de la saison sèche 1999 au Mali et à partir I Gagnoa, dans le centre-ouest du pays, se trouve dans la
d’octobre 1999 au Burkina Faso. Des enquêtes ont été menées zone forestière et a un régime pluviométrique bi-modal
au sein des groupes d’acteurs – riziculteurs, ouvriers assurant avec un cumul de 1 400 mm par an.
le battage, le vannage ou la récupération du paddy En fait, cette petite subvention a servi à financer l’emploi
manuellement, artisans locaux et opérateurs/propriétaires de d’un « observateur » et des activités de sélection et d’agronomie
batteuses mécaniques – afin de recueillir leurs points de vue générale. Une partie a été utilisée pour acheter quelques petites
sur la machine. Tous ceux qui ont répondu considèrent la batteuses et deux motocyclettes.

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Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

La batteuse-vanneuse en Afrique de l’Ouest

Histoire de son introduction et de sa diffusion

A plusieurs reprises au cours de ces quatre dernières années, nous avons montré le succès de la batteuse-vanneuse que l’ADRAO a aidé
à introduire au Sahel. Et pourtant, aucune page des rapports annuels de l’ADRAO n’en fait cas depuis celui de 1996. Ce rapport, une partie
de l’article « Forger une tradition » et en particulier les pages 35-37, donne le contexte général de l’histoire, mais à la fin 1996, la machine
nécessitait encore des modifications pour son adaptation au milieu sahélien (elle avait été introduite des Philippines).
Des prototypes modifiés ont été fabriqués par des artisans sénégalais en 1997, puis testés en milieu paysan. Le 5 novembre 1997, plus
de 500 participants (parmi lesquels de hauts responsables gouvernementaux) ont assisté au lancement commercial de la batteuse-
vanneuse, à Saint-Louis, au cours de ce qu’on a appelé la « Journée du lancement de la batteuse-vanneuse ASI ». C’est au cours de cette
rencontre que la batteuse-vanneuse a été baptisée ASI, A pour ADRAO, S pour SAED (Société d’aménagement et d’exploitation des terres
du delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve Sénégal et de la Falémé), l’autorité de vulgarisation pour la région du fleuve Sénégal
et I pour ISRA (Institut sénégalais de recherches agricoles) : les partenaires principaux du développement de la machine. Par la suite l’ASI
a été un succès commercial au Sénégal, où vers la fin 2000, plus de 100 machines étaient exploitées, la plupart dans la vallée du fleuve
Sénégal.
Comme la machine avait été conçue pour les conditions de la vallée du fleuve Sénégal, il a suffi d’une initiative pour la diffusion du
prototype dans le Sud mauritanien. Avec l’appui de la Banque mondiale, deux machinistes mauritaniens ont été formés à la fabrication
de l’ASI à la station Sahel de l’ADRAO en 1998/99. De retour en Mauritanie ils ont construit le premier prototype de batteuse-vanneuse pour
leur pays. La version de la batteuse-vanneuse acceptée et mise sur le marché en Mauritanie fut baptisée SAC avec S pour SONADER, la
Société nationale pour le développement rural en Mauritanie, A, pour ADRAO et C pour CNRADA, Centre national de recherche
agronomique et de développement agricole. Comme au Sénégal et par la suite dans chaque pays où la batteuse-vanneuse à été
diffusée, le travail a été exécuté en partenariat entre l’ADRAO, le service national de vulgarisation et de recherche et les artisans locaux.
Vers la fin 2000, environ 15 batteuses-vanneuses SAC étaient en fonction dans la vallée du fleuve Sénégal, en Mauritanie.
Puis, la batteuse-vanneuse a été introduite au Burkina Faso et au Mali, sur financement du Centre de recherche pour le
développement international CRDI, en 1998 et 1999 (voir article principal). Vers la fin 2000, il y avait un seul prototype INADI – IN pour INERA,
Institut de l’environnement et des recherches agricoles, AD pour ADRAO et I pour IRSAT, Institut de recherche en sciences appliquées et
technologies – de la batteuse-vanneuse, au Burkina Faso, mais au moins 30 batteuses-vanneuses ACIER : A pour ADRAO, C pour
Collaboration et IER pour Institut d’économie rurale, au Mali.
En février 2000, un prototype de batteuse-vanneuse a été développé à l’atelier du siège de l’ADRAO et testé dans la vallée de M’bé
en Côte d’Ivoire. En 2001, la batteuse-vanneuse sera introduite en Gambie.

Performance de la batteuse-vanneuse ASI

Le projet ASI a été mis en route par l’ADRAO en réponse aux plaintes paysannes relatives au Votex – la meilleure vanneuse disponible à
l’époque – au cours d’une enquête réalisée en 1994. La Votex avait été introduite dans la région, au début des années 1990, pour
échapper à l’option de la queue devant les vieilles moissonneuses-batteuses utilisées déjà depuis un certain temps et non remplacées
ou le battage manuel. Mais, les paysans critiquaient la Votex pour son inefficacité (particulièrement en ce qui concerne la séparation des
graines de la paille) et sa forte intensité de main d’œuvre. Ainsi, l’ADRAO a demandé l’aide de l’IRRI (International Rice Research Institute)
et a importé un prototype de batteuse-vanneuse développé aux Philippines (TC800). En plus, l’IRRI a mis un ingénieur agricole à la
disposition de la station Sahel de l’ADRAO pour prodiguer des conseils sur la fabrication du premier prototype sénégalais.
Le TC800 a été considérablement modifié pour son adaptation aux conditions de la vallée du fleuve Sénégal dans le Sahel. Beaucoup
de ces modifications avaient pour but de permettre la manipulation du paddy récolté à la main (en opposition au paddy récolté à la
machine) et de rendre la machine plus robuste, en général. Le développement de l’ASI dans son modèle produit actuellement « en
masse » au Sénégal a pris environ deux ans. Le succès de l’ASI, en particulier dans le Nord du Sénégal, parle de lui-même, et elle a fait
ses preuves face au Votex. (Tableau 3).
Avantages particuliers de l’ASI sur le Votex :
I sa capacité de transformation (6 tonnes par jour contre 4,3 t/jour) ;

I le taux de séparation des grains (97-99 % contre 85 %), ce qui veut dire que le paysan n’a pas besoin de recourir à une autre main
d’œuvre pour tamiser et séparer les grains de la paille ou vanner ;

I le revenu net (8,02 $ EU par tonne contre 4,47 $ EU par tonne) ; principalement dû à la capacité plus élevée de l’ASI.

50
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Tableau 3. Comparaison entre le premier prototype ASI et Votex (vallée du fleuve Sénégal, Sénégal, 1996).

Paramètres (unités) ASI Votex

Type de machine Flux axial Flux tangentiel


Taux de séparation des grains (%) 97-99 85
Capacité de transformation (kg/6 heures par jour) 6000† 4300
Prix d’achat ($ EU) 4138 3276
Consommation de fuel (l/h) 2 0,8
Coût total par tonne ($EU) ‡ 9,23 9,32
Coût total par hectare ($ EU) ‡ 41,51 41,94
Coût total par an ($ EU) ‡ § 3044 2204
Revenu net par tonne ($ EU) ‡ 8,02 4,47
Revenu net par an ($ EU) ‡ § 2645 1058
Taux de revenu financier interne (%) 65,7 34,1
Ratio coûts/bénéfices 1,7 1,4
† Estimation prudente ; Malick Ndiaye indique 1,5 t/heure pour le prototype 12,5 CV et 2 t/h pour la version 19 CV d’AGRITECH.

‡ avec les coûts d’opération (2 opérateurs pour l’ASI, 1 pour la Votex) mais sans les coûts du travail aux champs (normalement 4 ouvriers avec chacune des deux
machines).

§ sur la base de 55 jours de travail par an.

Presque pareil … juste un peu différent

« Toute l’idée de produire une petite machinerie localement repose sur le fait qu’elles peuvent être modifiées pour convenir à chaque
niche commerciale », raconte Kouamé Miézan, chef du programme riz irrigué. « Comme première étape, chaque pays où nous avons
introduit le prototype a modifié celui-ci pour l’adapter aux conditions locales. » Il y a, donc, au moins cinq versions de la batteuse-vanneuse
dans la région, dont deux au Sénégal.
Malick Ndiaye, machiniste et directeur de la société de fabrication AGRITECH, a surtout renforcé le prototype initial de l’ASI. « La
machine initiale ne pouvait être remorquée que derrière un véhicule conventionnel », explique-t-il, « mais nous entrevoyions un marché
pour une machine qui pourrait également faire l’objet de traction animale. En outre, le premier modèle léger n’était pas adapté aux rudes
conditions prévalant dans la majeure partie de la vallée. Ainsi, nous avons fabriqué une version « beaucoup plus robuste » à quatre roues,
(la première version n’avait que deux roues). AGRITECH a aussi perçu le besoin d’une plus grande capacité de transformation et a relevé
la puissance du moteur de 12 CV à 19. « En même temps, nous avons fait des modifications minimes pour réguler le flux d’air, de sorte à
faire une compensation pour les différences dans la teneur en eau des grains : les grains plus humides nécessitent un flux d’air plus puissant,
et pour empêcher l’aspiration des pailles ».
La SAC mauritanienne est presque la même que l’ASI d’AGRITECH. « La batteuse-vanneuse n’a pas subi beaucoup de modifications
pour son utilisation en Mauritanie, parce qu’elle est utilisée dans le même environnement, la vallée du fleuve Sénégal, où elle a été
conçue », explique Marco Wopereis, auparavant agronome à la station du Sahel.
L’ACIER malien a retenu la régulation simple du flux d’air du premier ASI et fonctionne avec un moteur de 14 CV. La machine montée
sur quatre roues est tirée le long de son axe central, ce qui la rend plus étroite (pour le transport sur les sentiers) mais moins stable ; la traction
animale est également possible.
L’INADI du Burkina a également retenu la régulation simple du flux d’air ainsi que le moteur à petite capacité du premier ASI. Comme
l’ASI elle est montée sur quatre roues mais ne convient qu’à la traction derrière un véhicule conventionnel.
Le premier prototype ivoirien maintient le régulateur du flux d’air initial et deux roues pour la traction uniquement par véhicule, mais
elle est plus robuste et a un moteur de 19 CV.

51
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

Technologie d’information et de
communications
En juillet 1999, Adrian Q. Labor est arrivé à l’ADRAO comme
responsable du département Technologie de l’information et
de la communication (TIC), pour un contrat de deux ans pris
en charge par le CRDI. « Jusque là, », explique Kanayo F.
Nwanze, Directeur général, « nous avions géré les questions
relatives aux TIC sur une base ad hoc et tout le fardeau retombait
surtout sur l’Unité de biométrie. Avec l’arrivée de Labor, nous
avons pu mettre en place une unité TIC au sein de la Direction
générale et pu faire des progrès dans le renforcement de nos
capacités en TIC ». En fait, le seul agent TIC de l’ADRAO,
Yoni Lébéné, assistant technique, avait été immédiatement Les serveurs informatiques de l’ADRAO sont regroupés dans une salle
transféré de l’Unité de biométrie au TIC. pour faciliter la gestion par l’équipe de l’unité TIC

Lorsque le personnel de la Division des Programmes a été


re-localisé dans le nouveau bâtiment de recherche et au Centre
d’information et de documentation en 2000, l’unité TIC a reçu
trois bureaux adjacents dans le complexe principal. « Dans une a été utilisé pour préparer les budgets et les cadres peuvent
des salles, nous avons regroupé les serveurs de l’ADRAO. La planifier, préparer et suivre leur budget à partir de leurs
seconde sert de bibliothèque de références TIC mise en place ordinateurs. En outre, une base de données intégrée a été mise
grâce aux fonds du CRDI, et la dernière comme un modeste au point pour la recherche et l’administration, ce qui permet
laboratoire de formation en informatique », explique Labor. d’accéder aux données requises de partout à travers le centre.
En ce qui concerne l’équipement informatique, le circuit « En ce qui concerne les logiciels », explique Labor, « une
principal de câbles en fibre optique a été renforcé, fournissant de mes premières tâches a été de débarrasser le Centre de tous
un réseau local (LAN) robuste à tous les bâtiments du siège de virus ». Ce qui a été fait par le biais de l’installation et de la
l’ADRAO, à M’bé. La connexion aux bâtiments de l’Unité des mise à jour régulière de la dernière version d’un logiciel anti-
ressources génétiques distante de 3 km est en bonne voie. virus sur tous les ordinateurs. « Lorsque nous avons été touchés
« Cette capacité accrue concorde avec un accroissement de 30 % par le virus “Jokes” (également connu sous le nom de “Funny”,
des ordinateurs connectés au LAN », ajoute Labor, « ces “Life cycle stages”) », continue Labor, « nous avons pu
ordinateurs sont issus de nouveaux achats et de la réfection de immédiatement installer la dernière version de l’anti-virus et
machines plus âgées déjà sur place ». un système de suivi pour voir l’évolution du virus à travers le
Les serveurs principaux de l’ADRAO sont tous sur une système LAN – c’était un virus inoffensif, mais il était
plate-forme Microsoft fonctionnant ou sur Windows 2000 ou intéressant de voir comment un virus pouvait se multiplier à
sur NT4.0. Ils comprennent le serveur principal du domaine, travers un système, si rapidement ! »
l’Intranet, le SQL, l’Exchange (messages électroniques), le Avec l’établissement de son propre système Intranet,
Finance SunSystem, et les serveurs expérimentaux. « Les l’ADRAO a pu progresser vers des applications basées sur
serveurs Intranet, SQL et Exchange ont tous été Internet. Le partage de l’information est devenu beaucoup moins
interconnectés », explique Labor, « ainsi ils se “parlent” entre exigeant sur un système LAN de niveau relevé ; là où
eux. Ceci nous permet d’établir un accès aux bases de données auparavant, on envoyait des messages à tous les utilisateurs,
de tous les points du centre à toute information disponible ; maintenant, on stocke l’information dans des dossiers partagés
nous avons aussi des logiciels accédant aux trois serveurs sur le serveur Exchange, ou sur l’Intranet lui-même. « Imprimer
simultanément ». Jusqu’ici, le système combiné LAN et serveur des fichiers du réseau est actuellement une pratique courante à

52
Rapport annuel ADRAO 2000
Points saillants des activités

l’ADRAO », dit Labor, « après que nous ayons rappelé la plupart CGNet (serveur de l’ADRAO), avec un courrier électronique
des imprimantes à points et installé un réseau d’imprimantes à par voie téléphonique, des services Internet et des fichiers
laser dans chaque département. Nous pouvons maintenant faire partagés.
le travail avec moins d’imprimantes, qui demandent moins de
maintenance et consomment moins ».
Malgré tous ces progrès majeurs, l’événement qui restera
Satisfaction mutuelle
longtemps gravé dans les mémoires du personnel de l’ADRAO, Comme donateur constant de fonds à usage non restreint, le
c’est probablement l’installation d’un lien par satellite avec le Canada peut à juste titre se targuer d’avoir contribué à tout
principal serveur Internet aux Etats-Unis. Du jour au lendemain, notre programme de recherche. Visitant le siège de l’ADRAO
l’ADRAO est pratiquement passée d’un statut de centre isolé en 1999, l’Ambassadeur du Canada en Côte d’Ivoire, Donald
d’une grande partie du monde à celui d’un centre avec un accès McMaster, écrivait dans notre livre d’or : « Le travail que vous
à grande vitesse au monde via Internet. avez accompli, à travers le développement de nouvelles variétés
« L’Internet est en train de révolutionner nos services de riz adaptées aux conditions des pays membres de l’ADRAO,
d’information », affirme Florent Diouf, l’assistant est très impressionnant. Nous pouvons affirmer que nous
documentaliste, « nous avons évolué vers des abonnements sommes entièrement satisfaits de l’utilisation faite de la
imprimés et en direct de différents journaux, et l’avenir de la contribution canadienne à votre Centre. »
bibliothèque de l’ADRAO se trouve certainement dans cette « Nous sommes très heureux de l’intérêt et du soutien continu
direction ». du Canada pour nos activités de recherche », note pour sa part,
« Avec la connexion du serveur Exchange au satellite », Kanayo F. Nwanze, « avec le départ d’Adrian Labor au milieu
explique Labor, « nous sommes capables de transférer les boîtes de l’année 2001, la collaboration CRDI-ADRAO arrivera à sa
à lettres du personnel sur Internet ». Le personnel de l’ADRAO fin ». Cependant, le CRDI s’est récemment engagé à aider le
peut maintenant consulter ses boîtes à lettres de n’importe quel GCRAI à développer une proposition « d’initiative à l’échelle
endroit où il est possible de se connecter à Internet. Les sites du système sur l’impact du VIH/SIDA sur l’agriculture, et la
de l’ADRAO en dehors du siège ont aussi bénéficié de l’Unité recherche-développement agricole ». Et l’ADRAO joue un rôle
TIC. Une salle Internet a été mise en place au bureau de liaison leader dans cette initiative. « Nous espérons encore arriver à
de Bouaké, elle permet d’accéder à Internet en dehors des de nouvelles réalisations aussi bien avec le CRDI que l’ACDI,
heures de bureau, sans parler de la connexion convenable offerte nous ne connaissons pas encore le prochain domaine d’intérêt
aux visiteurs résidant à la maison d’hôtes (dans le même mutuel, mais nous sommes confiants qu’il sera couronné de
bâtiment). Le personnel stationné à l’IITA, à Ibadan, et à succès comme nos liens de collaboration précédents », conclut
Abidjan est mieux intégré avec leur connexion au siège via Nwanze.

53
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

L’année en revue : 2000

L ’ANNÉE 2000 a été une année chargée pour l’ADRAO et ses nombreux partenaires. Beaucoup
d’activités entraient dans le cadre de la poursuite directe de celles entamées ou au moins planifiées en
1999. L’élan imprimé par le recrutement de nouveaux cadres, au cours des trois années précédentes
(1997-1999), augurait que l’année « Y2K » verrait la mise en œuvre de plusieurs nouvelles entreprises.

Le premier « événement » de l’année a été l’Atelier de En février, le personnel de l’ADRAO a exposé le premier
formation sur le système de production de semences prototype ivoirien de la batteuse-vanneuse, basé sur le modèle
communautaires de riz (CBSS), tenu à Korhogo, dans le Nord sénégalais ASI (voir encadré « La batteuse-vanneuse en Afrique
de la Côte d’Ivoire, du 17 au 19 janvier. Le CBSS est devenu de l’Ouest », p. 50) dans la vallée de M’bé, juste à la sortie
un puissant mécanisme d’intégration des connaissances principale de l’ADRAO. Après quelques ajustements mineurs
traditionnelles et des technologies modernes, de partenariat avec sur le terrain, le prototype s’est montré à la hauteur de nos
les paysans et les services de vulgarisation nationaux en vue de attentes et chaque session de démonstration a été suivie avec
combler un fossé majeur dans le secteur semencier. intérêt par plus de 20 paysans. Le directeur du Programme riz
La phase principale de la quatrième Revue externe des irrigué, Dr Kouamé Miézan était là pour expliquer les avantages
programmes et de la gestion (REPG) s’est déroulée du 19 de ces machines et répondre aux questions.
janvier au 12 février. Elle s’est appuyée sur la phase initiale
qui avait eu lieu du 21 novembre au 3 décembre 1999. Le panel,
présidé par le Dr Mandi Rukundi du Zimbabwe, a pris en compte
un large éventail d’opinions, en particulier provenant de nos
pays membres, des visites à trois sites en Côte d’Ivoire, puis au
Ghana, en Guinée, au Nigeria et au Sénégal. Des contacts ont
eu lieu avec le personnel des programmes nationaux, des
directeurs et des paysans ; en outre le panel a été en contact
avec des partenaires « avancés » comme le CIRAD, l’IRD et
PSI-CORAF. En Côte d’Ivoire, il a aussi rencontré le Ministre
de l’enseignement supérieur, de la recherche scientifique et des
innovations technologiques. Le rapport REPG a été présenté à
la réunion à mi-parcours du GCRAI, à Dresde, en mai 2000 et
a été bien accueilli. L’évaluation générale du panel a été
présentée par le directeur général et le président du Conseil Démonstration de la batteuse-vanneuse, vallée de M’bé, Côte d’Ivoire,
d’administration dans le rapport de l’année passée. février 2000

55
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

La première réunion de planification du nouveau projet le secteur public des pays donateurs et des pays membres. Mais,
Développement participatif de technologies (PTD) avec avec la rareté de fonds publics, il y a un besoin urgent de
l’université de Hohenheim, s’est déroulée au siège de l’ADRAO diversifier les sources de revenus. L’atelier a examiné deux
au cours des deux derniers jours du mois de février. Ce projet options : le financement par des sources philanthropiques et
est financé par l’Allemagne (BMZ à travers la GTZ), et les l’option d’entreprise sociale. Les résultats principaux étaient
activités ont commencé en avril 2000 après le recrutement d’un « une plate-forme de développement et de croissance
chercheur. Le projet opère au Bénin et au Nigeria avec sept économique » basée sur les NERICA et la décision de mettre
institutions nationales partenaires et des groupements paysans, en place un plan d’entreprise pour l’Association.
dans trois sites clés (un au Bénin et deux au Nigeria). Il vise à Puisque c’est une année en chiffre pair, le Comité des
développer et adapter des méthodologies en vue d’assurer experts nationaux (CEN) s’est réuni au siège de l’ADRAO
l’adaptation et la diffusion participatives de technologies les 20 et 21 mars. Le CEN est composé des directeurs des SNRA
appropriées aux systèmes pluviaux dans les pays cibles. Le des pays membres de l’ADRAO. Quinze pays ont pris part à
projet renforce aussi la capacité des partenaires nationaux en cette réunion : le Bénin, le Burkina Faso, , la Côte d’Ivoire, la
recherche participative à travers la formation sur le tas et des Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée Bissau, le Liberia, le
bourses post-universitaires. Le troisième objectif est d’améliorer Mali, la Maurétanie, le Niger, Nigeria, le Sénégal, la Sierra
le feedback sur les contraintes au niveau paysan, l’acceptabilité Leone et le Tchad. Le Cameroun et le Togo étaient absents. Le
et l’adoption potentielles des technologies par les paysans, les Conseil d’administration de l’ADRAO était représenté par Dr
agents de vulgarisation et les chercheurs. Diomandé Mamadou, président du Comité des programmes
Les 2 et 3 mars, plusieurs responsables et cadres de du Conseil. Le but de cette réunion statutaire est de fournir un
l’ADRAO ont participé à l’Atelier de consultation de forum régulier d’interaction entre l’ADRAO et ses partenaires
marketing stratégique au siège. John Riggan de Conservation des SNRA. Ceci est important comme point de départ (au niveau
Company et Richard Steckel de AddVenture Network, Inc. ont national) d’un processus de consultation entre acteurs à
joué le rôle de facilitateurs de cette réunion qui visait à faire un différents niveaux. La réunion a passé en revue la version
lien entre la sensibilisation du public et la mobilisation des provisoire du Plan stratégique 2001-2010 de l’ADRAO ainsi
ressources en vue de l’augmentation de la base de financement que les progrès de l’Association depuis la première réunion
de l’Association. De par le passé, l’ADRAO était financé par CEN en 1998 et a fait sept conclusions et recommandations.
Des détails de celles-ci sont disponibles sur notre site web à
www.warda.cgiar.org/news/nec2f.htm.
Le première réunion de la Phase 2 du Consortium bas-
fonds (CBF) a eu lieu au siège de l’ADRAO du 2 au 8 avril. Il
s’agissait en fait de trois différentes réunions : l’atelier annuel
où les résultats de 1999 et la planification 2000 et au-delà ont
été présentés ; la première réunion du Comité de gestion du
consortium (CGC) ; la réunion de coordination du projet Fonds
commun pour les produits de base (CFC).
Après la création du Réseau ouest et centrafricain de
recherche sur le riz (ROCARIZ) à travers la fusion des groupes
d’action ADRAO/SNRA et le réseau riz du CORAF/WECARD,
en 1999, la première Réunion régionale sur la recherche
rizicole (4R) a eu lieu au siège de l’ADRAO, du 10 au 13
John Riggan (premier plan), facilitateur à la conclusion de avril. La réunion 4R recherche une large participation des
l’atelier de marketing stratégique (à l’arrière plan :
Richard Steckel) acteurs de la filière riz à travers toute la région et au-delà en

56
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

vue de renforcer la pertinence et l’applicabilité des activités de La réussite du Réseau dans la promotion de l’échange et de
recherche-développement coordonnées par ROCARIZ. La l’évaluation du matériel génétique a été saluée par tous les
première réunion 4R a rassemblé plus de 100 participants de collaborateurs, mais il a été souligné le besoin d’un feedback
l’Afrique de l’Ouest et du Centre et d’autres pays de l’Afrique ponctuel sur les résultats des pépinières à l’unité de coordination
subsaharienne et d’ailleurs. Pour plus de détails sur la réunion, de l’ADRAO.
consulter notre site web à www.warda.cgiar.org/news/4RsF.htm. Et ce n’était pas tout pour le mois d’avril, puisque les
Immédiatement après la réunion 4R, les 14 et 15 avril, le membres du Réseau régional de Sélection variétale participative
Réseau international d’évaluation génétique du riz (INGER) (PVS) se sont réunis à l’ADRAO, du 17 au 21, pour le troisième
a tenu son premier atelier depuis sa délocalisation de l’IITA à atelier Analyse de la population paysanne et amélioration
l’ADRAO en 1997. L’atelier a passé en revue les acquis dans variétale du riz avec la participation des agriculteurs.
le domaine de l’échange de matériel génétique de 1992 à 2000, L’atelier a réuni les chercheurs PVS de tous les pays membres
les mécanismes de composition des pépinières, puis, il a planifié de l’ADRAO pour discuter du progrès de leur travail et établir
les activités pour les trois années à venir et a servi de plate- formellement le Réseau. Il y avait aussi des représentants des
forme pour le lancement formel de la phase II du projet INGER- bailleurs qui financent la PVS, notamment la Fondation
Afrique, financée par DFID. Quelques 40 collaborateurs Rockefeller, le Programme du GCRAI sur la recherche
d’INGER-Afrique et membres des Groupes d’action participative et l’analyse des genres pour le développement
Amélioration variétale et riz de mangrove des 17 pays membres technologique et l’innovation institutionnelle, le DFID, et le
de l’ADRAO, de la République démocratique du Congo, du département Coopération technique entre les pays en
Kenya, du Mozambique et de la Tanzanie ont pris part à l’atelier. développement (CTPD) du PNUD. Le compte rendu de l’atelier

57
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

a été publié en octobre sous le titre : Participatory Varietal le nombre des réunions du Conseil. Jusqu’alors le Conseil se
Selection: The Flame Spreads into 2000. réunissait en plénière deux fois par an, en général, en juin et
Du 23 au 25 mai, ADRAO a reçu les partenaires clés et les novembre, mais au cours de cette réunion, les membres du
représentants du bailleur de fonds FIDA pour le premier atelier Conseil ont convenu de ne se réunir en plénière qu’une fois par
de planification régionale du projet Adaptation et diffusion an et que le Comité exécutif et des finances se retrouve plus
participatives de technologies pour les systèmes à base riz tard en cours d’année en lieu et place d’une seconde réunion
(PADS). Le projet vise à travailler avec les partenaires locaux plénière.
et nationaux et à renforcer leurs capacités à évaluer, adapter et En juin et juillet, le Projet d’hybridation interspécifique
diffuser des technologies améliorées à travers des méthodes a fait l’objet d’une évaluation approfondie par le PNUD.
participatives appropriées. Dans les quatre pays impliqués – L’équipe d’évaluation de deux membres a d’abord rencontré
Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée – l’ADRAO rassemble nos partenaires de l’université Cornell (EU) et de l’IRD,
les acteurs clés de la filière riz, notamment les services nationaux France – deux institutions de recherche avancée qui se sont
de recherche et de vulgarisation, les ONG, le secteur privé et avérées comme des liens vitaux pour les activités du projet.
les paysans. En addition à cet atelier régional, des ateliers L’équipe a alors visité le siège pour des discussions plus
nationaux de planification ont eu lieu dans les pays participants poussées avec les chercheurs de l’ADRAO impliqués dans le
pour établir des réseaux des partenaires clés et identifier les projet, avant de visiter les programmes nationaux partenaires
meilleures technologies issues de toutes les sources (ADRAO, en Guinée et au Nigeria. Le rapport final a été soumis au PNUD
services nationaux de vulgarisation et de recherche, paysans) en juillet. Le rapport a salué le travail accompli en phase I suite
pour les inclure dans le processus du projet. Au cours de l’année, auquel le PNUD a envoyé un financement pour la première
les contraintes majeures à la production et à la année de la phase II, en 2000. Avec l’adoption des NERICA en
commercialisation du riz ont été identifiées à travers des Guinée, le rapport escompte que la région pourrait produire
évaluations rapides en milieu rural (RRA) et un premier jusqu’à 400 000 tonnes de NERICA par an à partir de 2005, ce
ensemble d’activités de recherche et de formation a été mené. qui occasionnerait une économie potentielle de 100 millions
Le 30 mai, nous avons reçu les représentants du Programme de $ EU sur les importations de riz.
alimentaire mondial (PAM) de la FAO en vue de passer en Le 13 juillet, les « employés de l’année 2000 » de
revue et planifier des activités collaboratives dans notre pays l’ADRAO, Mahaman Moussa (assistant de recherche SIG) et
hôte, la Côte d’Ivoire. Plus précisément, l’ADRAO et le PAM Ogo Frédérick (assistant d’audit interne), ont assisté au Gala
annuel de la Jeune chambre économique (JCE) de Bouaké au
collaborent dans le développement d’options technologies à
RAN Hôtel, où ils ont reçu des certificats et des plaques
faible coût pour les petits producteurs et de programmes PVS.
commémoratives.
De nouveaux tests PVS ont commencé sur deux sites PAM en
Au cours de l’année, Harvard Business School (HBS) ayant
2000, l’un à Bouna (dans le Zanzan) et l’autre à Dabakala (dans
eu vent des réalisations de l’ADRAO, a eu une réaction
la vallée du Bandama). En outre, l’ADRAO a organisé une
extrêmement positive. Entre le 7 et le 11 août, un chercheur
formation sur le CBSS et la production du riz en général ; et a principal de HBS, Cate Reavis, est venu au siège de l’ADRAO
fait une caractérisation agroécologique de toute la vallée du pour discuter avec les principaux cadres en vue de développer
Bandama et une caractérisation socio-économique de tous les une étude de cas sur l’ADRAO à utiliser dans leur programme.
sites PAM dans le pays. Le document final de l’étude de cas fut discuté en deux sessions
Du 26 au 30 juin, les membres du Conseil d’administration de 80 minutes au cours d’un séminaire agro-business à HBS,
de l’ADRAO se sont rencontrés à M’bé pour la première de où il a été bien accueilli par plus de 200 cadres (parmi lesquels
leurs réunions bi-annuelles. Un point important à l’ordre du plusieurs responsables exécutifs) de multinationales et
jour était un examen complet de la Revue externe des d’entreprises privées du monde entier et du Département d’état
programmes et de la gestion. Le Conseil a approuvé la plupart américain. Le document est un outil utile pour la préparation
des recommandations du rapport, y compris le besoin de réduire du plan d’affaires en 2001.

58
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Du 23 août au 1 septembre, une équipe de suivi du PRIGA/ de vue et nous œuvrons à avoir des services en commun, des
PVS a effectué une tournée au Mali, au Niger et au Burkina ressources et activités partagées et en général une collaboration
Faso. L’équipe a visité sept sites irrigués, de plateau, et de bas- plus étroite dans nos efforts en vue de l’allégement de la
fonds et a rencontré 23 SNRAV partenaires (dont un volontaire pauvreté dans la région de notre mandat. La réunion a identifié
des Nations Unies, au Burkina Faso) et environ 80 paysans. des domaines d’action prioritaires pour une action conjointe :
En août et septembre, l’ADRAO a donné une série de cours la gestion intégrée des ressources naturelles (INRM) ; la
de base sur la production de riz à des paysans en Côte d’Ivoire, recherche socio-économique et politique ; la gestion intégrée
dans le cadre de la collaboration avec le PAM. Les cours des déprédateurs (IPM) ; l’amélioration des cultures, y compris
couvraient le cycle du riz et les pratiques culturales l’utilisation de transgéniques ; la bionomie et la biosécurité ;
recommandées. Ils ont eu lieu le 10 août à Bodokro, le 8 ainsi que la génomique. En plus, il a été convenu de
septembre à Dabakala, le 14 septembre à Bondoukou et le 18
septembre à Bouna. Quelques 202 paysans, parmi lesquels 66
femmes, y ont pris part.
Du 11 au 14 septembre, une équipe de l’ADRAO s’est
Tournée
rendue à Bamako (Mali) pour la première réunion GCRAI de d’évaluation
collaboration inter-centres avec des homologues de l’IITA PRIGA, à
Sébéry, Niger
et de l’ICRISAT, les trois centres ayant le plus d’investissements
en Afrique de l’Ouest et du Centre. Ceci entre dans le cadre
d’un processus initié en 1999, lorsque l’IITA et l’ADRAO ont
eu des discussions élargies sur la signature d’un nouveau
« protocole d’entente ». Depuis, les discussions en cours sur le
rôle et la structure du système GC ont donné un nouvel élan à
notre désir de tirer le meilleur avantage des ressources
disponibles. Nos homologues de l’IITA partagent notre point

l’établissement d’un inventaire des activités des centres menées


en collaboration avec des organisations nationales et
internationales de recherche. Malgré le report de quelques
réunions régionales et internationales programmées, autour de
la période des élections présidentielles dans notre pays hôte,
(septembre et octobre), l’élan a été maintenu avec une tournée
d’évaluation du 4 octobre au 3 novembre. Les activités
PRIGA/PVS au Ghana, Togo, Bénin, Nigeria, Sénégal, en
Mauritanie et Gambie ont été évaluées par une équipe de six
personnes, comprenant des cadres de l’ADRAO, des Nations
Unies/ADRAO et un étudiant PhD de l’université Cornell
travaillant sur le Projet d’hybridation interspécifique. Elle a
visité 28 sites PRIGA/PVS, s’est entretenue avec 281 paysans
et a travaillé ou rencontré quelques 27 représentants de SNRA
et 2 volontaires de la coopération japonaise.
Debout premier et second à partir de la gauche : Mahaman Moussa et
Ogo Frédérick, les « employés de l’année 2000 » de l’ADRAO au Gala Au fur et à mesure que l’ADRAO s’achemine vers son
annuel de la Jeune chambre économique de Bouaké objectif de passerelle de système de recherche, de

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

développement et d’information sur le riz pour la région, elle des enfants, étaient représentées. L’ADRAO a donné un aperçu
entre en contact avec d’autres partenaires. Les 12 et 13 octobre, de ses partenariats et de ses activités de recherche-
elle a fait les premiers pas vers l’expansion de son réseau de développement participatives. Nous espérons un travail
partenaires, au cours d’un atelier préliminaire sur les fructueux avec plusieurs des ONG rencontrées.
Partenariats entre l’ADRAO et les ONG ivoiriennes, à son Lors de la semaine des centres internationaux du GCRAI à
siège à M’bé. Les objectifs de l’atelier étaient pour les Washington DC, le 26 octobre a été une journée à marquer
participants de l’ADRAO et ceux des ONG d’apprendre à se d’une pierre blanche : ce jour là, l’ADRAO a reçu le Prix
connaître, de faire une sensibilisation sur le besoin perçu par GCRAI du Roi Baudouin pour la création des nouveaux riz
l’ADRAO d’étendre son partenariat aux ONG et de discuter pour l’Afrique (NERICA). Le prix a été instauré en 1980,
des domaines possibles et des modes d’une collaboration future. lorsque le système GC a reçu le Prix Roi Baudouin pour le
Quelques trente-cinq ONG, couvrant toute une gamme développement international « pour sa contribution à
d’intérêts allant du développement rural et social, aux l’amélioration quantitative et qualitative de la production
organisations paysannes et aux préoccupations des femmes et alimentaire dans le monde ». Le Prix GC est bi-annuel depuis.
Dans son discours de présentation, le président du GCRAI Ian
Johnson a dit que le CCT (Comité consultatif technique de la
FAO et du GCRAI) avait « sélectionné les NERICA comme
une percée scientifique capitale sur trois aspects : science de
haute qualité, impact et partenariat. Le CCT a noté en particulier
l’utilisation des techniques de biologie cellulaire dans
l’hybridation interspécifique pour surmonter les barrières de la
stérilité hybride ; une adoption rapide des nouvelles variétés
par plus de 20 000 paysans en Guinée à elle seule […] ; des
partenariats efficaces et étroits de l’ADRAO avec les paysans,
les instituts nationaux de recherche agricole, d’autres centres
et des institutions de recherche avancée ». C’est un honneur
Evaluation de la parcelle NERICA du paysan Bidifayi
pour nous de recevoir le Prix au tournant du millénaire et à
Essohanan à Amou-Oblo, Togo lors de la tournée l’occasion du vingtième anniversaire de sa création.
d’évaluation PRIGA
D’autres tournées d’évaluation ont eu lieu au mois de
novembre. Du 8 au 24, une équipe ADRAO/CBF a visité le
Paysannes évaluant des essais PVS en zone forestière, Ghana, le Togo, le Bénin, le Nigeria et le Cameroun dans le
Gambie cadre d’une visite de huit des pays du CBF. Une première étape
avait couvert la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso et le Mali.
L’équipe a rencontré, dans chacun des pays, l’Unité nationale
de coordination, qui comprend les services de vulgarisation,
les universités, les organisations paysannes et les SNRA. Il y a
eu des discussions sur le progrès réalisé dans la diffusion des
résultats de la phase I du CBF et le besoin d’initier les nouveaux
thèmes de recherche (phase II) dans les meilleurs délais. Ces
visites ont constitué le prélude aux réunions de planification
prévues sur les mêmes thèmes, en début 2001.
Du 13 au 20 novembre, une tournée d’évaluation
ROCARIZ a visité le Mali, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire

60
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

vulgarisation et les paysans pour identifier les besoins de


recherche et partager les expériences appropriées ; 5) évaluer
les performances des technologies dans les essais ROCARIZ
et identifier de nouveaux domaines de collaboration. Cinq
chercheurs de l’ADRAO, un consultant du bailleur de fonds,
l’USAID ont été impliqués avec 11 partenaires dont les SNRA
du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, du Mali, du Sénégal et
du Togo.

Bas-fond d’Adeta, au
pied de la chaîne de
montagnes Atacora,
Togo

Tournée d’évaluation
CBF dans la vallée de
Bendeh, Sud-Est du
Nigeria

Certificat du prix du Roi Baudouin

pour : 1) apprécier la mise en œuvre des activités riz irrigué du La coordinatrice


régionale du CBF,
ROCARIZ au Burkina Faso et au Mali et les activités nationales Marie-Jo Dugué
de recherche en cours ; 2) évaluer les besoins et les problèmes en discussion
avec le
technologiques des paysans ainsi que leurs perceptions des coordinateur du
technologies disponibles, à travers des discussions ; 3) évaluer projet SPIRIVWA,
Doffangui Koné,
la situation et les contraintes de la production de riz irrigué en bas-fond de
vue d’une mise à jour des priorités de recherche ; 4) rassembler Guessihio, Côte
d’Ivoire
les chercheurs nationaux et ceux de l’ADRAO, les agents de

61
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Du 20 au 23 novembre, l’ADRAO et le PAM ont organisé


un cours de formation sur la production rizicole pour trois cadres
du projet PAM et 32 superviseurs de l’ANADER (le service de
vulgarisation de la Côte d’Ivoire), travaillant dans 10 des sites
du projet PAM en Côte d’Ivoire). Les cours portaient sur une
Scènes de la
introduction à la connaissance de l’ADRAO, la biologie du tournée
riz, les pratiques culturales et post-récolte recommandées par d’évaluation
ROCARIZ, en
L’ADRAO aux paysans, et les contraintes à la production du novembre 2000 :
riz dans la région. D’autres points de discussion avaient trait rencontre avec
les paysans en
aux mécanismes CBSS et INGER-Afrique pour la production Côte d’Ivoire (en
et distribution de semences et à la PVS comme méthode de haut) ; et dans les
champs au
transfert de technologies. Directement lié à la collaboration en Burkina Faso (en
cours entre le PAM et l’ANADER, une autre session plus courte bas)
a été organisée la semaine suivante, les 28 et 29 dans le but de
former les vulgarisateurs de l’ANADER dans le domaine de la
riziculture. Les 33 participants, venant de Béoumi, Bouaké,
Bondoukou, Dabakala, Katiola et Sakassou, ont discuté du cycle
du riz, des pratiques culturales et des contraintes à la production
du riz et ont eu une journée entière de travail pratique sur le
terrain. Les deux formations ont été bien appréciées par les
participants. Du 21 au 24 novembre, le Consortium santé
humaine basé à l’ADRAO, a co-organisé la Conférence
internationale « Eau et santé – Ouaga 2000, Impacts
nutritionnels et sanitaires des projets eau, en Afrique », à
Ouagadougou au Burkina Faso. Les autres co-organisateurs coûts, en même temps qu’il se conformait à une
étaient le Centre national pour la recherche scientifique et recommandation de la REPG.
technologique (CNRST, Burkina Faso), l’Institut de recherche Le comité ivoirien d’homologation des variétés s’est réuni
pour le développement (IRD, Burkina Faso et France), et l’Ecole dans les locaux du Projet national riz (PNR) à Bouaké, le matin
inter-états d’ingénieurs de l’équipement rural (EIER, Burkina du 20 décembre, sous la présidence du Dr Seye Georges du
Faso). La conférence a réuni 156 participants de 18 pays PNR-Abidjan. L’ADRAO était représenté par le consultant
africains, 3 pays européens, du Canada et du Sri Lanka. Comme Amadou Moustapha Bèye, agronome transfert de technologies.
indiqué l’année dernière (« La perception traduit la réalité » La réunion a étudié et procédé à l’homologation formelle de
Rapport annuel de l’ADRAO 1999, pp. 38-45), cette conférence deux variétés développées par l’ADRAO :
a marqué la fin de la phase I du Consortium santé ; 10 documents I NERICA 1 (WAB 450-I-B-P-38-HB), appelé Bofani,
présentant les résultats de la recherche du Consortium vont être qui veut dire « bon parfum » en agni – le nom se réfère
publiés dans un supplément du Journal of Tropical Medicine à l’arôme de la variété ;
and International Health, en 2001. I NERICA 2 (WAB 450-11-1-P31-1-HB), appelé Keah,
Du 22 au 24 novembre, le Comité exécutif et des finances en langue we, qui veut dire « vieil homme » – le nom se
du Conseil d’administration de l’ADRAO a tenu sa deuxième réfère à la barbe de la variété qui la fait passer pour un
réunion de l’année. Comme indiqué ci-dessus, c’était la vieillard.
première année que le Conseil ne se réunissait pas en plénière Ce sont les deux premières variétés de riz interspécifiques
deux fois. Il a ainsi mis en œuvre une mesure de réduction des à être homologuées et enregistrées dans la région. Les avantages

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

spécifiques des NERICA 1 et 2 sont la haute productivité, le « Les événements de l’année 2000 confirment la vision
cycle court (95-110 jours), la bonne acceptation par les paysans, tridimensionnelle de l’ADRAO, qui se veut “un centre
une bonne qualité de grains. NERICA 2 a eu une bonne note en d’excellence, une institution modèle régionale et la passerelle
test de dégustation à cause de son arôme. A la demande du d’un système efficace de livraison de connaissances et de
PNR, l’ADRAO a accepté de produire des fiches techniques technologies”. Il est gratifiant que nos acquis et résultats
(des feuilles simples avec les détails agronomiques) des variétés confirment cette vision », conclut le Directeur général de
à travers le projet PADS. l’ADRAO, Kanayo F. Nwanze.

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Etats financiers
1. Bilan au 31 décembre 2000 (en dollars des Etats-Unis)

ACTIF 2000 1999


Actif circulant
Disponibilités 2 326 415 2 637 527
Débiteurs :
Donateurs 950 025 1 044 533
Personnel 382 296 177 948
Autres 777 405 902 768
Stocks 615 187 683 361
Charges comptabilisées d’avance 19 737 30 670
Total actif circulant 5 071 065 5 476 807

Immobilisations corporelles

Immobilisations corporelles 8 855 580 8 439 522


Amortissements cumulés (6 330 906) (5 631 807)
Total immobilisations nettes 2 524 674 2 807 715
TOTAL ACTIF 7 595 738 8 284 521

PASSIF ET ACTIF NET


Exigibilités à court terme
Découverts bancaires 137 160 71 067
Créditeurs :
Donateurs 2 976 460 3 875 936
Personnel 231 786 129 818
Autres 1 914 644 1 288 254
Provisions et charges à payer 1 096 192 1 024 696
Total exigibilités à court terme 6 356 242 6 389 770
Total passif 6 356 242 6 389 770

Actif net

Actif net à usage non restreint 1 239 496 1 894 751


Total actif net 1 239 496 1 894 751
TOTAL PASSIF ET ACTIF NET 7 595 738 8 284 522

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

2. Etat des revenus et des dépenses par origine des fonds pour l’exercice clos au 31 décembre 1999 et 2000 (en dollars des
Etats-Unis)
Fonds à usage Total
non restreint restreint 2000 1999

REVENUS
Dons et subventions 4 679 325 3 407 242 8 086 567 9 069 642
Contribution des pays membres dans le fonds d’exploitation 185 077 185 077 83 924
Contribution des pays membres dans le fonds de remplacement
des immobilisations 112 821 112 851
Transfert des immobilisations à usage restreint 112 857 112 857
Autres revenus 293 024 293 024 399 778
TOTAL REVENUS 5 383 104 3 407 242 8 790 376 9 553 344

DEPENSES DE FONCTIONNEMENT
Programmes de recherche 2 975 479 3 407 242 6 382 721 5 530 836
Dépenses administratives et générales 4 004 156 4 004 156 4 034 582
Total des dépenses brutes de fonctionnement 6 979 635 3 407 242 10 386 877 9 565 418
Récupération de charges indirectes (1 188 731) (1 187 868) (258 498)
Total dépenses nettes de fonctionnement 5 790 904 3 407 242 9 199 009 9 306 920

EXCEDENT (DEFICIT) NET REVENUS SUR LES DEPENSES


Changement en actif net (407 800) (407 800) 246 424

Alloué au fonds de remplacement des immobilisations


de l’an passé (75 051)
Excédent (déficit) revenus nets sur les dépenses avant (407 800) (407 800) 171 373
l’effet du changement des principes comptables
Annulation créance douteuse CIMMYT (152 691) (152 691)
Effet cumulé du changement des principes comptables 1 799 987 1 799 987 1 723 378
Variation de l’actif net 1 239 496 1 239 496 1 894 751
Actif net en fin d’année 1 239 496 1 239 496 1 894 751

POUR MEMOIRE
Dépenses de fonctionnement
Frais de personnel 1 682 802 1 682 802 1 449 371
Fournitures et services 1 405 855 1 405 855 1 613 986
Transport 109 562 109 562 235 565
Dotations aux amortissements 805 937 805 937 735 660

Total charges de fonctionnement 4 004 156 4 004 156 4034 582

65
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

3. Subventions pour l’exercice clos au 31 décembre 2000 (en dollars des Etats-Unis)

SUBVENTION A USAGE NON RESTREINT 2000 1999

Belgique 162 069 115 796


Canada 470 212 468 133
Danemark 126 199 294 737
France* 141 000 89 455
Allemagne 328 940
Japon 654 340 1 584 382
Pays-Bas* 704 920 247 083
Norvège 255 807 279 641
Suède 336 344 442 938
Royaume-Uni* 268 434 260 720
USAID 250 000 250 000
Banque mondiale 1 310 000 2 150 000

Total unrestricted grants 4 679 325 6 511 825

TEMPORAIREMENT A USAGE RESTREINT

Banque africaine de développement (Support institutionnel) 290 274 155 787


Canada (université Laval) 7 164 45 134
Canada (Projet FDCIC ) 10 333 11 342
CFC/CBF SPIRIVWA 27 545 149 391
Danemark (Phytosanitaire & Semences) 144 391 24 107
Union européenne (Gestion cultures & ressources) 94 760
France (Consortium bas-fonds) 87 337
France (Collaboration IRD) 3 800
Fondation Gatsby (Installation d’endiguement) 31 520 30 708
Fondation Gatsby (Diffusion) 138 847
GTZ (Projet azote du sol) 48 691
GTZ (Projet riz nord) 76 467 78 032
GTZ (Gestion améliorée des nutriments) 33 173 91 011
GTZ (Projet Hohenheim) 316 026
FIDA (Projet RADORT) 132 984
FIDA (Projet PADS) 92 393
Japon (Etudes post-doctorales) 26 212 41 120
Japon (Etude sur la qualité des grains) 68 034 40 381
Japon (Projet d’hybridation interspécifique) 307 572 427 000
Japon (Projet MAFF/ADRAO) 108 619 115 951
Japon (Projet RYMV) 151 491
Japon (Projet pyriculariose) 40 468

* Ces subventions sont destinées aux projets choisis dans l’Agenda approuvé du GCRAI pour l’ADRAO

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

TEMPORAIREMENT A USAGE RESTREINT (suite)

2000 1999

Japon (Projet 1.3 Gestion des bassins versants) 200 000


Japon (Projet 3.4 Technologies participatives) 200 000
Pays-Bas (Consortium bas-fonds) 323 258
Norvège (Projet maladies transmissibles par vecteurs) 132 997
Norvège (Projet de formation) 12 867 46 745
Rockefeller (Projet culture d’anthères) 130 323 178 250
Rockefeller (Etudes post-doctorales) 45 125 5 978
UNDP– (Projet évaluation du matériel génétique) 26 001 13 999
UNDP/TCDC – Projet hybridation interspécifique (PHI) Phase II 117 350
Royaume-Uni (Projet adventices) 25 480 15 851
Royaume-Uni (Projet RYMV CRF) 67 425 22 439
Royaume-Uni (Projet CRF dégradation sols) 33 342 27 128
Royaume-Uni (Projet de pré-germination semences) 7 135 14 343
Royaume-Uni (INGER-Afrique Phase II) 141 683 7 895
Royaume-Uni (Projet riz sauvage) 10 164 11 716
Royaume-Uni (Université de Wales) 20 434 19 400
Royaume-Uni (Pénétration des racines – université d’Aberdeen) 12 002 7 026
Royaume-Uni (DFID/HRI Project pyriculariose) 2 501
USAID (Projet liaison avec Arkansas) 11 199
USAID (Projet réseau) 280 130 194 409
USAID (Projet diffusion de technologie en Afrique sub-saharienne) 2 732
USAID (Projet évaluation de l’impact) 100 000
USAID (Projet e-mail en Afrique sub-saharienne) 6 192 43 477

Total subvention à usage restreint 3 407 242 2 557 817

TOTAL DES SUBVENTIONS 8 086 567 9 069 642

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Conseil d’administration
Président Just Faaland (Norvège)**
Lindsay Innes (Royaume-Uni)

Membres Jacob Ayuk-Takem (Cameroun)


Mamadou Diomandé (Côte d’Ivoire)
Ryuichi Ishii (Japon)
Diana McLean (Canada)
Richard Musangi (Kenya)
Edwin Price (Etast-Unis)*
Dunstan C.S. Spencer (Sierra Leone)*

Membre Ex-officio : Directeur général, ADRAO Kanayo F. Nwanze (Nigeria)

* Arrivé en 2000
** Mandat terminé en 2000

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Cadres de l’ADRAO et chercheurs


d’institutions coopérantes
Bureau du Directeur général
Kanayo F. Nwanze Directeur général
P.-Justin Kouka Assistant exécutif du Directeur général
Adrian Q. Labor Responsable des technologies de l’information et de la communication (CRDI)
Nko Umoren** Auditrice interne
Guézi Norberte Zézé Assistante de relations publiques

Division de l’administration et des finances


Michael F. Goon** Directeur général chargé de l’administration et des finances
Timothy L. Bertotti* Directeur par intérim de l’administration et des finances
Jean-Baptiste Adjovi* Comptable principal (contrôle budgétaire & projets)
Bola Andrews** Chargé des services administratifs et de sécurité
Antoinette Baroan** Chef du personnel
Chitti Babu Buyyala Chef des opérations
Gabriel Dao Responsable par intérim des ressources humaines et des services administratifs
Vincent Elegbo** Responsable du garage
Mark Etsibah Comptable principal
Guétin Gogbé* Responsable des achats & approvisionnements
Casimir Grouto** Responsable des services d’entretien
Stanislas Hachemé* Chargé des services administratifs de services logistiques
Gilbert Kato Chef du transport
George Maina Chef des Finances
Olusegun Olubowale Comptable principal
Gaston Sangaré Régisseur de la ferme expérimentale

Division des programmes


Amir Kassam** Directeur général adjoint chargé des programmes
Monty P. Jones Directeur adjoint du programme riz pluvial
Willem A. Stoop* Codirecteur par intérim de recherche
Frank Abamu Agronome/modélisation des cultures (université de Laval)
Mark Abekoe** Pédologue (chercheur-visiteur)
Abdoulaye Adam Biométricien
Godwin Akpokodje* Economiste analyse des politiques (chercheur-visiteur, Nigeria)
Aliou Diagne* Economiste évaluation de l’impact
Alassane Diallo Documentaliste
Sitapha Diatta Pédologue
Olaf Erenstein* Economiste de la production

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Koichi Futakuchi Eco-physiologiste des cultures


Robert Guei Coordinateur INGER-Afrique
Assétou Kanouté* Transfert de technologies (chercheuse-visiteuse)
Mohamed Kebbeh* Economiste de la production (Sahel)
Frédéric Lançon Economiste analyse des politiques
Chef en charge du Programme des politiques et de développement rizicoles
Aboubacar Madougou* Traducteur
Guy Manners Responsable de l’information
Kouamé Miézan Chef du Programme riz irrigué (Sahel)
Augustin Munyemana* Développement de technologies participatives (Nigeria)
Marie-Noëlle Ndjiondjop Biologiste moléculaire
Francis Nwilene Entomologiste
Olumuyiwa Osiname Coordinateur par intérim, station de l’ADRAO (Nigeria)
Kanwar L. Sahrawat Chimiste des sols
Fassouma Sanogo Traducteur
Yacouba Séré Pathologiste
Mémouna Sidi-Touré** Traductrice
Brent Simpson** Chef du programme développement de systèmes et transfert de technologies
Aïssata Sylla Assistante de publication assistée par ordinateur
Thomas Teuscher** Coordinateur du projet santé humaine
Marco Wopereis Agronome (Irrigation Sahel)**/gestion des ressources naturelles (Siège, DGIS)*
N’guessan Yoboué* Chercheur en ressources génétiques (chercheur-visiteur)

Chercheurs d’institutions coopérantes


Alain Audebert Physiologiste (CIRAD)
Olivier Briët Entomologiste médicale associé (DGIS)
Marie-Josèphe Dugué* Coordinatrice du Consortium bas-fonds régional (Coopération française)
Pierrick Fraval* Economiste gestion de l’eau (Sahel, IWMI/Cemagref)
Stephan Häfele Agronome associé (Sahel, GTZ)
Wilfried Hundertmark** Spécialiste gestion de l’eau (IWMI)
Jean-Yves Jamin** Coordinateur du Consortium bas-fonds régional (Coopération française)
David E. Johnson** Malherbologiste (NRI)
Rebecca Kent Malherbologiste (DFID/NRI)
Hla Myint* Analyse des données et d’information (UNV)
Takeshi Sakurai Economiste agricole (JIRCAS)
Satoshi Tobita Physiologiste/Biologiste moléculaire (JIRCAS)
Petrus van Asten Pédologue associé (Sahel, DGIS)
Hideo Watanabe** Spécialiste qualité de grains (JICA)
Myra Wopereis-Pura* Responsable de transfert de technologies (UNV)

* Arrivé en 2000
** Parti en 2000

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Chercheurs-visiteurs

L E PROGRAMME de chercheurs-visiteurs a été initié en 1998 dans le but de permettre à des


chercheurs des SNRA d’être détachés à l’une des stations de l’ADRAO et d’y travailler comme membre
à part entière d’une équipe. Les postes sont ouverts aux chercheurs travaillant à temps plein dans les
programmes nationaux. Ils doivent être nominés par leur institution. Pendant le détachement, qui peut aller
jusqu’à un an, les chercheurs-visiteurs sont membres à part entière des équipes interdisciplinaires de
l’ADRAO et impliqués dans toutes les activités quotidiennes de l’Association.

Les chercheurs-visiteurs apportent une énergie nouvelle et faible niveau de P, en tant que composante majeure de
permettent un autre regard sur le programme de l’ADRAO et, l’amélioration de la production dans la zone forestière humide.
nous l’espérons, ramènent quelque chose à leur programme
national à la fin de leur séjour à l’ADRAO. En 2000, deux Godwin Akpokodje est un chercheur universitaire du
chercheurs-visiteurs terminaient leur période de détachement Nigerian Institute of Social and Economic Research,
au moment où trois autres arrivaient. (NISER), Ibadan, où il a contribué à plusieurs études sur la
politique agricole nigériane en relation avec les institutions
Mark Abekoe est professeur à l’université du Ghana, Legon, régionales et internationales. Il a été détaché dans notre station
Accra, dans le département des sciences du sol. Il est resté à au Nigeria (basé au siège de l’IITA à Ibadan) comme économiste
ADRAO de juillet 1999 à juin 2000 comme agronome des sols. des politiques, depuis novembre 2000. Il mène une étude sur
Il a travaillé sur l’adsorption – désorption du phosphore et les les changements historiques et récents dans la politique
fractions P dans les sols ouest africains. Sept sols de la région rizicole du Nigeria et leur impact sur la production de riz au
forestière humide de trois pays ont été étudiés. Les résultats Nigeria.
ont montré que les sols ont des demandes en P largement
différentes à cause de la différence dans leurs caractéristiques Assétou Kanouté est enseignante-chercheuse à l’Institut
d’adsorption et de désorption. Les différents sols nécessitent polytechnique rural de Katibougou au Mali. Elle est écologiste,
donc différents régimes de gestion en termes d’application gestion des parcours et dispose d’une bonne expérience de
d’engrais (beaucoup ou peu d’applications, grandes ou petites travail avec les ONG et les organisations à la base, surtout les
doses). Son travail de recherche a aussi couvert la gestion groupements féminins ruraux. Elle est arrivée à l’ADRAO en
intégrée des éléments nutritifs (mélange de différents résidus février 2000, pour se joindre à l’équipe transfert de technologies
de cultures avec le phosphate naturel) pour améliorer la avec un intérêt particulier pour les partenariats. Elle a contribué
production de riz. La prise de phosphore par le riz était plus à une évaluation des mécanismes traditionnels d’échange de
grande avec un mélange résidus de cultures plus phosphate semences dans trois sites clés en Côte d’Ivoire et à l’évaluation
naturel qu’avec le phosphate naturel, uniquement. Entre-temps, participative de légumineuses dans les mêmes sites. Avec le
l’ADRAO continue à développer des variétés adaptées à un coordinateur PTD, elle a organisé les premiers ateliers de

71
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

planification de la riziculture dans deux états du Nigeria (Ogun niveaux micro et parcelle dans la vallée du fleuve Sénégal.
et Kogi) et au Bénin. Assétou a aussi organisé l’atelier des ONG Plusieurs résultats des deux derniers domaines sont présentés
ivoiriennes à l’ADRAO (« L’année en revue » de ce rapport) et dans ce rapport (« Gestion intégrée des cultures : pour une
initié une enquête socio-économique sur les systèmes financiers diffusion à grande échelle dans les champs paysans »).
dans l’état d’Ogun. Elle a initié un annuaire des ONG
ivoiriennes et avec l’économiste de la production, a représenté N’guessan Yoboué est enseignant-chercheur au Département
l’ADRAO à un atelier genre et diversité au Kenya. Elle a de l’agriculture et des ressources animales de l’Institut national
également commencé une étude socio-économique sur les polytechnique Houphouët-Boigny (INP-HB), à Yamoussoukro,
contraintes et opportunités des systèmes de production de riz en Côte d’Ivoire. Il est biologiste et agronome, spécialisé dans
dans quatre régions de la Côte d’Ivoire. la génétique et l’amélioration des plantes, avec un accent
particulier sur les ressources génétiques. Il a rejoint l’Unité
Mohammed Kebbeh était chercheur principal en agro- des ressources génétiques à l’ADRAO, en juin 2000, pour
économie au National Agricultural Research Institute (NARI) évaluer l’impact des nouvelles variétés de riz sur les paysans
de la Gambie. Il a rejoint l’équipe de l’ADRAO-Sahel en juin (impact économique, sur le bien-être général et sur la réduction
1999, comme économiste de la production avec trois thèmes de la pauvreté), l’effet des variétés introduites sur la diversité
majeurs de recherche : évaluation des perceptions paysannes du riz au niveau de l’exploitation et pour caractériser le niveau
(et autres acteurs du secteur riz irrigué) sur la performance de actuel de la biodiversité du riz au niveau des champs. Le premier
la batteuse-vanneuse au Burkina Faso et au Mali ; évaluation aspect du travail est de collecter les ressources génétiques dans
des facteurs socio-économiques qui affectent le rendement et les champs, de comparer leur utilisation avec celle des variétés
la productivité du riz irrigué dans la vallée du fleuve Sénégal améliorées et plus tard le matériel collecté sera caractérisé à
au niveau paysan ; et conduite d’études de caractérisation aux l’ADRAO.

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Activités de formation

Cours dispensés en 2000


Intitulés et dates Emplacement Langue Participants
utilisée
Hommes Femmes Total
Formation : systèmes semenciers Korhogo, Français, dioula, 25 15 40
communautaires Côte d’Ivoire sénoufo
17-19 janvier

Production rizicole de base pour paysans Bodokro, Français, baoulé 45 7 52


10 août Côte d’Ivoire

Production rizicole de base pour paysans Dabakala, Français, sénoufo 17 12 29


8 septembre Côte d’Ivoire

Production rizicole de base pour paysans Bondoukou, Français, dioula 27 22 49


14 septembre Côte d’Ivoire

Production rizicole de base pour paysans Bouna, Français, 27 25 52


18 septembre Côte d’Ivoire dioula, lobi

Evaluation de la compétitivité du riz Conakry, Guinée Français 25 0 25


24 octobre to 5 novembre

Formation production rizicole pour personnel M’bé, Bouaké, Français, anglais 32 3 35


du projet du Programme alimentaire mondial Côte d’Ivoire
et superviseurs ANADER (ADRAO)
20-23 novembre

Formation à la riziculture pour ANADER conseil M’bé, Bouaké, Français, anglais 32 1 33


agricole Côte d’Ivoire
28-29 novembre (ADRAO)

Méthodes de recherche participative Bohicon, Français 20 7 27


11-21 décembre Bénin

Total 250 92 342

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Stagiaires post-universitaires en 2000


Nom et sujet de la thèse Institut Sponsor Grade
Adesanyo, O.O. University of ADRAO/ Doctorat
Soil chemistry Agriculture, Hohenheim
Abeokuta, Nigeria University

Afolabi, Aboladi University of East DFID/Fondation Doctorat


Development of ‘clean gene’ technology for Anglia/John Innes Rockefeller
Rice transformation Centre, R-U

Akanvou, René Wageningen Pays-Bas/ Doctorat


Optimizing rice–legumes intercropping in inland Agricultural ADRAO
valleys in West Africa: A systems approach to University
interspecific competition

Aloko, Kiodé Gabriel Louisiana State Fondation Doctorat


Genetic studies of soil acidity tolerance in rice University Rockefeller

Amoussou, Pierre-Louis University of East ADRAO/John Doctorat


Genomics of rice yellow mottle virus Anglia, R-U Innes Centre

Assingbé, Paulin Université d’Abidjan ADRAO/ Doctorat


Rice agronomy, Benin Hohenheim
University

Bognonkpe, Jean Pierre Irenee Université d’Abidjan ADRAO/GTZ Doctorat


Native soil nitrogen dynamics and use efficiency by
lowland rice as a function of slope management

Bousquet, Violaine Institut National CIRAD DEA


Variation de l’enracinement du riz pluvial en fonction Polytechnique
du cultivar et du type de sol de Nancy

Cairns, Jill University of DFID Doctorat


Root penetration and QTL mapping in upland rice Aberdeen

Chovwen, Anthony University of Ibadan, ADRAO/ Doctorat


Sociology Nigeria Hohenheim
University

Clark, Cary University of Privé/ADRAO Doctorat


Rural finance systems and related constraints for Reading, R-U
lowland rice intensification

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Dudnik, Nina — Fulbright —


Biologie moléculaire

Guèye, Talla University of DAAD Doctorat


Nitrogen use efficiency in irrigated rice Göttingen

Häfele, Stephan University of GTZ Doctorat


Soil fertility management in irrigated rice Hamburg

Jalloh, Alpha Bella University of BAD MPhil


Genetics of iron toxicity tolerance in indica rice Sierra Leone

Keijzer, Pieter** Wageningen Wageningen MSc


Incremental yield and profitability gains from University University/
improved soil fertility and weed management in ADRAO (CBF)
rainfed and irrigated lowland rice

Maji, Alhassan Tswako University of Fondation Doctorat


Genetics of resistance to African rice gall midge Ibadan Rockefeller
in Oryza glaberrima

Mandé, Sémon Cornell Fondation Doctorat


Assessment of biodiversity in Oryza glaberrima University Rockefeller
using microsatellite markers

Ojehomon, Ohifeme University of


Effects of parboling, storage, and cultivar management Ibadan ADRAO Doctorat
on rice grain quality

Somado, Eklou Attiogbévi University of


Enhancing nutrient cycling in rice–legume rotations Göttingen DAAD Doctorat
through phosphate rock in acid soil

van Asten, Petrus Wageningen DGIS Doctorat


Salt-related soil degradation in irrigated rice-based University
cropping systems in the Sahel

* Terminé en 2000
** Commencé en 2000

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Publications
Afun J.V.K., Johnson D.E., Russell-Smith A., 2000. Weeds and natural enemy regulation of insect pests in upland
rice; a case study from West Africa. Bulletin of Entomological Research 89(5): 391-402.
Akanvon R., Becker M., Chano M., Johnson D.E., Gbaka-Tcheche H., Touré A., 2000. Fallow residue management
effects on upland rice in three agroecological zones of West Africa. Biology and Fertility of Soils 31(6): 501-
507.
Asch F., Dingkuhn M., 2000. Root-shoot assimilate partitioning in upland rice subjected to different levels of drought
stress. Journal of Experimental Botany 51 (suppl.): 64.
Asch F., Dingkuhn M., Dörffling K., 2000. Salinity increases CO2 assimilation but reduces growth in field-grown,
irrigated rice. Plant and Soil 218: 1-10.
Asch F., Dingkuhn M., Dorffling K., Miézan K., 2000. Leaf K/Na ratio predicts salinity induced yield loss in irri-
gated rice. Euphytica 113(2): 109-118.
Audebert A., Sahrawat K.L., 2000. Mechanisms for iron toxicity tolerance in lowland rice. Journal of Plant Nutri-
tion 23: 1877-1885.
Audebert A., Coyne D., Dingkuhn M., Plowright R.A., 2000. The influence of cyst nematodes (Heterodera sacchari)
and drought on water relations and growth of upland rice in Côte d’Ivoire. Plant and Soil 220: 235-242.
Bèye A.M., Nwanze K.F., Manners G., 2000. Successful on-farm seed multiplication in Côte d’Ivoire and Guinea.
West Africa Seed and Planting Material 5: 19-20.
Coyne D.L., Plowright R.A., 2000. Nematode threats to intensifying smallholder upland rice production in the
Guinea savannah of Côte d’Ivoire. Tropical Science 40: 67-74.
Coyne D.L., Plowright R.A., 2000. Heterodera sacchari: field population dynamics and damage to susceptible
upland rice in Côte d’Ivoire. Nematology 2(5): 541-550.
Coyne D.L., Plowright R.A., 2000. Pathogenicity of cyst nematode, Heterodera sacchari, on rice in sand and clay
soil. International Rice Research Notes 25(1): 17-18.
Coyne D.L., Hunt D.J., Plowright R.A., Darboe M.L.K., 2000. Further observations on nematodes associated with
rice in Côte d’Ivoire, The Gambia, Guinea and Togo. International Journal of Nematology 10: 123-130.
Dionisio-Sese M.D., Tobita S., 2000. Effects of salinity on sodium content and photosynthetic responses of rice
seedlings differing in salt tolerance. Journal of Plant Physiology 157(1): 54-58.

76
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Dolo G., Briët O.J.T., Dao A., Traoré S.F., Bouaré M., Sogoba N., Niaré O., Bagayogo M., Sangaré D., Doumbo
O.K., Touré Y.T., 2000. The relationships between rice cultivation and malaria transmission in the irrigated
Sahel of Mali, West Africa. Cahiers d’études et de recherches francophones Agricultures (Cahiers Agricul-
tures) 9(5): 425.
Fernandez P., Oliver R., Diatta S., 2000. Changes in organic matter of a ferrallitic tropical soil degraded by cropping
systems: The case of southern Senegal. Acid Soil Research and Rehabilitation 14: 137-150.
Häfele S., Johnson D.E., Diallo S., Wopereis M.C.S., Janin I., 2000. Improved soil fertility and weed management is
profitable for irrigated rice farmers in Sahelian West Africa. Field Crops Research 66(2): 101-113.
Johnson D.E., Riches C.R., Jones M.P., Kent R., 2000. The potential for host resistance to Striga on rice in West
Africa. In: B.I.G. Haussmann, D.E. Hess, M.L. Koyama, L. Grivet, H.F.W. Rattunde et L. Geiger (ed.) Breed-
ing for Striga resistance in cereals. Proceedings IITA Workshop, 16-20 August 1999, Ibadan, Nigeria, pp.
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Johnson D.E., Riches C.R., Kayeke J., Sarra S., Tuor F.A., 2000. Wild rice in Sub-Saharan Africa: Its incidence and
scope for improved management. In: Report/Informe [of] Global Workshop on Red Rice Control/Taller Glo-
bal de Control de Arroz Rojo, 30 August to 3 September 1999, Varadero, Cuba. Plant Production and Protec-
tion Division, FAO, Rome, Italy, pp. 87-93.
Kang D.J., Futakuchi K., Dumnoenngam S., Mechai T., Chakranon B., Jongskul A., Sitthibush C., Ishii R., 2000.
Mechanisms of rice yield difference between districts in Narathiwat region in Thailand. In: Asian Natural
Environmental Science Center, The University of Tokyo and Institute of Advanced Studies, The United Na-
tions University (ed.) Can Bioligical Production Harmonize with Environment? Reports from Research Sites
in Asia. Proceedings of the International Symposium, 19-20 October 1999, The United Nations University,
Tokyo, pp. 477-480.
Kijima Y., Sakurai T., Otsuka K., 2000. Iriaichi: collective versus individualized management of community forests
in Postwar Japan. Economic Development and Cultural Change 48(4): 829-849.
Koo W.W., Mao W., Sakurai T., 2000. Wheat demand in Japanese flour milling industry: a production theory ap-
proach. Agricultural Economics 24(2): 167-178.
Lorieux M., Ndjiondjop M.N., Ghesquiere A., 2000. A first interspecific Oryza sativa ∞ Oryza glaberrima
microsatellite-based genetic linkage map. Theoretical and Applied Genetics 100(3-4): 593-601.
Murthy K.V.S., Sahrawat K.L., Pardhasaradhi G., 2000. Plant nutrient contribution by rainfall in the highly indus-
trialized and polluted Patancheru area in Andhra Pradesh. Journal of the Indian Society of Soil Science 48:
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Narteh L.T., Sahrawat K.L., 2000. Ammonium in solution of flooded West African soils. Geoderma 95: 205-214.
Nwanze K.F., 2000. IPM for sustainable food crops production in Africa. (A keynote address on the occasion of the
African Association of Insect Scientists (AAIS), Ouagadougou, Burkina Faso, 19-23 July 1999.) African
Insect Science Bulletin 19: 5-14.

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Nwilene F.E., Jones M.P., Okhidievbie O., 2000. Influence of rice varieties on the parasitization of the African rice
gall midge (AfRGM). International Rice Research Notes 25(3): 22-23.

Olaleye A.O., Ogunkunle A.O., Sahrawat K.L., 2000. Forms and pedogenic distribution of extractable iron in se-
lected wetland soils in Nigeria. Communications in Soil Science and Plant Analysis 31(7-8): 923-941.

Price A., Steele K., Townend J., Gorham J., Audebert A., Jones M.P., Courtois B., 1999. Mapping root and shoot
traits in rice: experience in UK, IRRI, and WARDA. In: O. Ito, J. O’Toole et B. Hardy (ed.) Genetic Improve-
ment of Rice for Water-Limited Environments. IRRI, Los Baños, The Philippines, pp. 257-273.

Sahrawat K.L., 2000. Macro- and micronutrients removed by upland and lowland rice cultivars in West Africa.
Communications in Soil Science and Plant Analysis 31(5-6): 717-723.

Sahrawat K.L., 2000. Determining fertilizer phosphorus requirement of upland rice. Communications in Soil Sci-
ence and Plant Analysis 31(9-10): 1195-1208.

Sahrawat K.L., 2000. Elemental composition of the rice plant as affected by iron toxicity under field conditions.
Communications in Soil Science and Plant Analysis 31(17-18): 2819-2827.

Sahrawat K.L., 2000. Residual phosphorus and management strategy for grain sorghum on a vertisol. Communica-
tions in Soil Science and Plant Analysis 31(19-20): 3103-3112.

Sahrawat K.L., 2000. Criteria for assessment of the residual value of fertilizer phosphorus. Journal of the Indian
Society of Soil Science 48(1): 113-118.

Sahrawat K.L., Murthy K.V.S., 2000. An acid dichromate digestion procedure for total nitrogen determination in
soils. Communications in Soil Science and Plant Analysis 31(3/4): 521-527.

Sahrawat K.L., Diatta S., Singh B.N., 2000. Reducing iron toxicity in lowland rice through an integrated use of
tolerant genotypes and plant nutrient management. Oryza 37: 44-47.

Sahrawat K.L., Jones M.P., Diatta S., 2000. The role of tolerant genotypes and plant nutrients in the management of
acid soil infertility in upland rice. In: Management and Conservation of Tropical Acid Soils for Sustainable
Crop Production. Proceedings of a Consultants Meeting Organized by the Joint FAO/IAEA Division of Nuclear
Techniques in Food and Agriculture, Vienna, 1-3 March 1999. IAEA-TECDOC 1159. International Atomic
Energy Agency (IAEA), Vienna, Austria, pp. 29-43.

Sissoko M.S., Briët O.J.T., Sissoko M., Dicko A., Sagara I., Keita H.D., Sogoba M., Rogier C., Touré Y.T., Doumbo
O.K., 2000. The impact of irrigated rice cultivation on the incidence of malaria in children in the region of
Niono. Cahiers d’études et de recherches francophones Agricultures (Cahiers Agricultures) 9(5): 427.

Teuscher T., Roll Back Malaria (pour les équipes du Consortium Santé), 2000. L’irrigation sans risques : es-ce
possible ? Contribution de l’agriculture dans la lutte contre les maladies vectorielles. Cahiers d’études et de
recherches francophones Agricultures (Cahiers Agricultures) 9(5): 421.

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Tobita S. 2000. Rice breeding research in West Africa (a review paper). International Cooperation of Agriculture
and Forestry 23(3): 11-34 (in Japanese).
Watanabe H., Futakuchi K., 2000. Rapid method of Brabender viscograph and its application of a large number of
samples. Nippon Shokuhin Kagaku Kogaku Kaishi (Japanese Journal of Food Science and Technology) 47:
926-931.

WARDA titles

ADRAO… En Bref. [brochure] 2000. ADRAO, Bouaké, Côte d’Ivoire, 6 p. Version imprimée.
Annual Report 1999. 2000. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 74 p. ISBN 92 9113 205 5.
L’autoproduction améliorée – une nouvelle approche de production de semences communautaires de riz. A.M.
Bèye, 2000. ADRAO, Bouaké ; BAD-Ouest, Man ; et ANADER, Abidjan, Côte d’Ivoire, 49 p. ISBN 92 9113
198 9.
Bintu and Her New Rice for Africa: Breaking the shackles of slash-and-burn farming in the world’s poorest region.
WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 32 p. ISBN 92 9113 207 1. http://www.warda.cgiar.org/publications/
KBtext.pdf
Bulletin de sommaires ADRAO (mensuellement)
Final Report of the 22nd Ordinary Session of WARDA’s Council of Ministers, 16-17 September 1999, Monrovia,
Liberia. 2000. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire.
Guide pratique de production de semences de riz par les paysans. A.M. Bèye et R.G. Guei, 2000. ADRAO, Bouaké
; BAD-Ouest, Man ; et ANADER, Abidjan, Côte d’Ivoire, 14 p. ISBN 92 9113 199 7.
INGER-Africa Trial Results. WARDA/NARS Task Force Trials Series - 1997. 2000. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire,
67 p. ISBN 92 9113 195 4.
International Workshop on Effective and Sustainable Partnerships in a Global Research System: Focus on sub-
Saharan Africa, WARDA, Bouaké, December 8-10, 1999, Synthesis Report. [2000] WARDA, Bouaké, Côte
d’Ivoire, et ISNAR, The Hague, The Netherlands, 13 p.
Manual of Operations and Procedures of INGER-Africa. 2000. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 25 p. ISBN 92
9113 196 2.
Participatory Varietal Selection: The Flame Spreads into 2000. 2000. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 84 p. ISBN
92 9113 204 7.
Program Report 1998. 2000. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 205 p. ISBN 92 9113 206 3.

79
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Rapport annuel 1998. 2000. ADRAO, Bouaké, Côte d’Ivoire, 72 p. ISBN 92 9113 202 0.
Rapport provisoire de la deuxième réunion biennale ADRAO/Comité des expert nationaux, 20-21 mars 2000, M’bé,
Bouaké, Côte d’Ivoire. 2000. ADRAO, Bouaké, Côte d’Ivoire.
Rice in the Economy of West Africa. A time series set for economic analysis/Le riz dans l’économie ouest africaine.
Une collection de séries temporelles pour l’analyse économique. M.B. Djayeola, 2000. WARDA/ADRAO,
Bouaké, Côte d’Ivoire, 36 p. ISBN 92 9113 193 8. http://www.warda.cgiar.org/publications/Riceconomy.pdf
A Survey of Irrigated Rice Schemes in Côte d’Ivoire. T.F. Randolph, M. Djayeola, M. Kamara et M. Gaye, 2000.
WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 91 p. ISBN 92 9113 120 2.
Synthèse de la recherche rizicole en Afrique de l’Ouest n° 1. Rentabilité de la mise au point de cultivars pour la
riziculture irriguée au Sénégal. 1998. ADRAO, Bouaké, Côte d’Ivoire, 2 p. Version imprimée.
Synthèse de la recherche rizicole en Afrique de l’Ouest n° 2. L’utilisation de légumineuses comme culture de couverture
augmente la productivité du riz pluvial dans les systèmes de culture intensifs à jachère courte. 1999. ADRAO,
Bouaké, Côte d’Ivoire, 2 p. Version imprimée.
Synthèse de la recherche rizicole en Afrique de l’Ouest n° 3 (revisé). Impact de l’amélioration variétale sur différents
écologies agricoles d’Afrique de l’Ouest. 2000. ADRAO, Bouaké, Côte d’Ivoire, 2 p.
http://www.warda.cgiar.org/publications/Rbrief3F.pdf
WARDA Country Profiles: West Africa Rice Statistics Data Bank/Monographies des pays de l’ADRAO : Banque de
données sur les statistiques rizicoles en Afrique de l’Ouest. WARDA Policy Support Unit/ADRAO Unité
d’appui aux politiques, 2000. WARDA/ADRAO, Bouaké, Côte d’Ivoire, [feuilles mobiles].
WARDA… In Brief (leaflet-brochure). 2000. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 6 p. Version imprimée.
WARDA Publications Catalog 1990-1999. 2000. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire.
West Africa Rice Research Brief No. 1. Returns to irrigated cultivar development in Senegal. 1998. WARDA,
Bouaké, Côte d’Ivoire, 2 p. Version imprimée.
West Africa Rice Research Brief No. 2. Cover legumes increase productivity of upland rice under intensified land
use. 1999. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 2 p. Version imprimée.
West Africa Rice Research Brief No. 3 (revised). Impact of varietal improvement in West African crop ecologies.
2000. WARDA, Bouaké, Côte d’Ivoire, 2 p. http://www.warda.cgiar.org/publications/Rbrief3.pdf

80
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

Sigles et abréviations

4R Réunion régionale sur la recherche rizicole


AAIS African Association of Insect Scientists
ACDI Agence canadienne de développement international
ACIER ADRAO en Collaboration avec l’IER batteuse-vanneuse (Mali)
ADRAO Association pour le développement de la riziculture en Afrique de l’Ouest
AfRGM African rice gall midge (anglais de la cécidomyie africaine des galles du riz)
AGROPOLIS Pôle international de recherche et d’enseignement supérieur agronomiques
ANADER Agence nationale d’appui au développement rural (Côte d’Ivoire)
ARN acide ribonucléique
ASI ADRAO/SAED/ISRA batteuse-vanneuse (ADRAO, Sénégal)
BAD Banque africaine de développement
BMZ Bundesministerium für Wirtschaftliche Zusammenarbeit (Allemagne)
CABI Centre for Agriculture and Biosciences International (Royaume-Uni)
CBF Consortium bas-fonds (ADRAO)
CBSS community-based seed (production) system(s) (systèmes semenciers communautaires)
CCLF CGIAR-Canada Linkage Fund
CCT Comité consultatif technique de la FAO et du GCRAI
CD disque compact
CDC Comité des directeurs des centres (GCRAI)
CEA Commission économique pour l’Afrique (Nations Unies)
CEN Comité d’experts nationaux
CFC Common Fund for Commodities (Fonds commun pour les produits de base)
CGC Comité de gestion du Consortium (CBF)
CIAT Centro Internacional de Agricultura Tropical
CIFOR Center for International Forestry Research
CIMMYT Centro Internacional de Mejoramiento de Maiz y Trigo
CIP Centro Internacional de la Papa
CIRAD Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (France)
CIRIZ une coopérative paysanne sénégalaise
CNRA Centre national de recherche agronomique (Côte d’Ivoire)
CNRADA Centre national de recherche agronomique et de développement agricole (Mauritanie)
CNRST Centre national pour la recherche scientifique et technologique (Burkina Faso)
CO2 dioxyde carbonique
CORAF Conseil Ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (autrefois : Conférence des
responsables de la recherche agronomique africaine)
CRDI Centre de recherche pour le développement international (Canada)
CRF Competitive Research Funds (DFID)
CTPD Coopération technique entre les pays en développement (PNUD)
CV cheval-vapeur
DAAD Deutscher Akademischer Austauschdienst (Allemagne)

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

DAP diammonium phosphate


DEA Diplôme d’études approfondies
DFID Department for International Development (précédemment ODA, UK)
DGIS Directorate General for International Cooperation (The Netherlands)
DSI dissémination sélective d’information
DVS development stage (of crop plant) (stade de développement)
éd. éditeur(s), édition
EIER Ecole inter-états d’ingénieurs de l’équipement rural (Burkina Faso)
ENCR Ecole nationale de cadres ruraux de Bambey (Sénégal)
EU Etats-Unis d’Amérique
FAO Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
FDCIC Fonds de contrepartie ivoiro-canadien
FERRIZ Fertilisation du riz irrigué, cadre opérationnel pour la gestion de la fertilité des sols
FIDA Fonds international pour le développement agricole
Fig. Figure
FRABS Fraction of incoming radiation/fraction d’interception de la radiation ambiante
g gramme(s)
GC Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale
GCRAI Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale
GCRN Gestion des cultures et des ressources naturelles
GTZ Gesellschaft für Technische Zusammenarbeit (Allemagne)
ha hectare
HBS Harvard Business School (Etats-Unis)
HRI Horticultural Research International (Royaume-Uni)
IAEA International Atomic Energy Agency
ICARDA International Center for Agricultural Research in the Dry Areas
ICLARM International Center for Living Aquatic Resources
ICM Integrated Crop Management (gestion intégrée des cultures)
ICRAF International Center for Research in Agroforestry
ICRISAT International Crops Research Institute for the Semi-Arid Tropics
IER Institut d’économie rurale (Mali)
IFPRI International Food Policy Research Institute (Washington DC, Etats-Unis)
IITA International Institute of Tropical Agriculture (Ibadan, Nigeria) (Institut international d’agriculture
tropicale)
IKP I Kong Pao (cultivar de riz, Sénégal)
ILRI International Livestock Research Institute (Nairobi Kenya et Addis-Abeba, Ethiopie)
ILTAB International Laboratory for Tropical Agricultural Biotechnology (USA)
INADI INERA, ADRAO, IRSAT batteuse-vanneuse (Burkina Faso)
INERA Institut de l’environnement et de recherches agricoles (Burkina Faso)
INGER International Network for the Genetic Evaluation of Rice (Réseau international pour l’évaluation génétique
du riz)
INP-HB Institut national polytechnique Houphouët-Boigny (Yamoussoukro, Côte d’Ivoire)
INRM Integrated natural resources management/gestion intégrée des ressources naturelles
INTERCOM modèle informatique pour la compétition culture-adventices
IPGRI International Plant Genetic Resources Institute (Rome, Italie)
IPM Integrated pest management/gestion intégrée des déprédateurs
IRA Institut de recherche avancée
IRD Institut de recherche pour le développement (autrefois ORSTOM France)
IRR internal rate of return (taux interne de rentabilité)

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Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

IRRI International Rice Research Institute (Los Baños, The Philippines)


IRSAT Institut de recherche en sciences appliquées et technologies (Burkina Faso)
ISBN International Standard Book Number
ISNAR International Service for National Agricultural Research (La Haye, Pays-Bas)
ISRA Institut sénégalais de recherches agricoles
IWMI International Water Management Institute
JAS jour(s) après semis
JCE Jeune chambre économique (Côte d’Ivoire)
JICA Japan International Cooperation Agency
JIRCAS Japan International Research Center for Agricultural Sciences
JOCV Japanese Overseas Cooperation Volunteer
K potassium
kg kilogramme
l litre(s)
LAI leaf area index (indice de surface foliaire)
LAN local area network (réseau local)
LTFE long-term fertility experiments (essais de fertilisation à long terme)
m mètre(s)
m2 mètre carré
MAFF Ministry of Agriculture, Forestry and Fisheries (Japon)
mm millimètre(s)
MPhil Master of Philosophy (diplôme)
MSc Master of Science (diplôme)
N azote
Na sodium
NARI National Agricultural Research Institute (Gambie)
NARS national agricultural research system(s) (anglais de SNRA)
NCRI National Cereals Research Institute (Nigeria)
NERICA New Rice for Africa (Nouveau riz pour l’Afrique)
NISER Nigerian Institute of Social and Economic Research (Nigeria)
NRI Natural Resources Institute (Royaume-Uni)
OCDE Office de coopération et de développement économique
OGM Organisme génétiquement modifié
ONG organisation non gouvernementale
ORSTOM Institut français de recherche scientifique pour le développement en coopération (présentement IRD,
France)
P phosphore
p./pp. page(s)/pages
PADS Participatory Adaptation and Diffusion of technologies for rice-based Systems (Adaptation et diffusion
participatives de technologies pour les systèmes à base riz) (projet ADRAO)
PAM Programme alimentaire mondiale
PhD Doctor of philosophy (doctorat)
PHI Projet d’hybridation interspécifique (ADRAO)
PNR Projet national riz (Côte d’Ivoire)
PNUD Programme des Nations Unies pour le développement
PNUE Programme des Nations Unies pour l’environnement
PRIGA Participatory Rice Improvement and Gender/User Analysis (Analyse de la population paysanne et
amélioration variétale du riz avec la participation des agriculteurs) (ADRAO)
PSI Pôle systèmes irrigués (CORAF)

83
Rapport annuel ADRAO 2000
Annexes

PTD participatory technology development/développement participatif de technologies


PVS participatory varietal selection (sélection variétale participative)
QTL(s) quantitative trait locus (loci) (loci de caractères quantitatifs)
RADORT Research on Accelerated Diffusion on Rice Technology
REPG Revue externe des programmes et de la gestion
RGRL relative growth rate of leaves (vitesse de croissance relative des feuilles)
RIDEV rice development (modèle de culture)
ROCARIZ Réseau Ouest et Centre africain du riz (ADRAO/CORAF)
RRA rapid rural appraisal (évaluation rapide en milieu rural)
R-U Royaume-Uni
RYMV rice yellow mottle virus (panachure jaune du riz)
SAC SONADER, ADRAO, CNRADA batteuse-vanneuse (Mauritanie)
SAED Société d’aménagement et d’exploitation des terres du delta du fleuve Sénégal et des vallées du fleuve
Sénégal et de la Falémé (Sénégal)
SIDA syndrome de l’immuno-déficience acquise
SIG système d’information géographique
SLA specific leaf area (surface foliaire spécifique)
SNRA Systèmes nationaux de recherche agricole
SNRAV Systèmes nationaux de recherche agricole et de vulgarisation
SONADER Société nationale pour le développement rural (Mauritanie)
SPIRIVWA Sustainable Productivity Improvement for Rice in Inland Valleys of West Africa (projet CBF)
SQL Structured Query Language (langage de base de données d’ordinateur)
suppl.. supplément
t tonne (s)
TCDC Technical Cooperation among Developing Countries (UNDP)
TIC Technologie de l’information et de la communication
TF pratique paysanne
UK United Kingdom (Royaume-Uni)
UN United Nations (Nations Unies)
UNV volontaires des Nations Unies
USA United States of America
USAID United States Agency for International Development
v. versus
VIH virus d’immuno-déficience humaine
WARDA West Africa Rice Development Association (anglais de ADRAO)
WARIS West Africa Rice Information System (Système ouest africain d’information rizicole, ADRAO)
WECARD West and Central African Council for Research and Development (anglais de CORAF)
Y2K l’année 2000

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