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LA CRÉATION DES VILLES

Cours N°:06 MASTER 1


Les agglomérations coloniales:
• Les colons entreprit la récupération des villes,
l’occupation des terres agricoles et la création de
nouveaux centres de colonisation.

• L’objectif réel consistait à récupérer les bonnes terres


agricoles et rejeter les paysans vers les piémonts et les
terres incultes de la périphérie. Dépourvus, ainsi, de leurs
ressources, les paysans fournissaient aux colons une
réserve très riche de main d’œuvre, résignée et à bon
marché.
Les agglomérations coloniales:
• Le dessin du tracé viaire et le découpage du sol initie
cette urbanité; le rapport du privé et du public, le
monumental, le système des équipements, la
régularité, symétrie et simplicité, la densité, la
hiérarchie des espaces publics, etc, sont les principes
fondamentaux des tracés de villes ex nihilo ou des
extensions.
• Les ingénieurs du génie, concepteurs et réalisateurs de
ces villes, expriment à travers ces créations l’idée de ville
qu’ils partagent
Cinq types de villes dans l’Algérie
coloniale:
1-Les métropoles:

• Alger, secondairement Oran, Constantine et Annaba,


assurent un rayonnement économique et une fonction de
commandement sur trois régions.
2- Les villes moyennes::
• Soit de création arabo-berbère et ont pu s’adapter aux
nouvelles fonctions coloniales (Tlemcen, Blida, Miliana)
soit à majorité française (Sidi Bel Abbés, Mascara, Sétif)
situées dans les régions riches, assurent le gros de
l’activité agro-industrielle sous la direction du colonat.
3- Les petites villes agricoles et
côtières du Nord:

• (Boufarik, Cherchell, Mohammedia, Collo), elles


constituent les points d’appuis de l’espace colonial,
• nées généralement à la faveur de la grande colonisation
agricole, structurées selon le même schéma urbanistique
et bâties selon une architecture uniforme:
• elles assurent des fonctions d’échange, d’administration
et de lieux de résidence pour la population européenne.
4- villes de garnison et d’administration:
• Elles constituent des antennes administratives et des
relais militaires et assurent ainsi la présence française
dans l’arrière pays; (Méchria, Djelfa, Saida, Tébessa,…)
situées généralement dans les hautes plaines et le Sud,
sont aménagées de main géométrique avec de large
avenues et de grandes places que ceinturent de
nombreuses garnisons.
5- villes du grand Sud:
• Oasis, à l’architecture traditionnelle, elles assurent des
fonctions d’administration et de commerce pour de vastes
région désertes qu’elle polarisent (Ouargla, Béchar,
Adrar).
Quelques exemples:
Alger:
• Durant la période coloniale, l ’Algérie a été un laboratoire
de l’urbanisme et de l’architecture.
• Alger en particulier a connu un destin unique qui l’a située
très vite, comme un des grandes capitales de la
méditerranée;
• Pour tracer la nouvelle ville, les français avaient
complètement détruit la basse Casbah et mis à la place
une base militaire qui leur permettrait de bien contrôler la
ville et qui puisse être le noyau d’une nouvelle ville
civilisée, alors qu’il y’avait aux alentours de la Casbah de
vastes surfaces pouvant contenir toute une nouvelle ville
Alger:
• Ce qui laisse deviner leurs intentions à travers cet acte et
qui se traduit sur le plan politique par une démonstration
d’occupation et de domination et sur le plan militaire
et culturel par le contrôle des révoltes populaires, et
l’installation d’une civilisation à la place d’une autre.
Aménagement de la place d’armes (Alger)
Alger:
• Front de mer: établi en terrasses tout au long du port que
l’on domine de 15m. L’ensemble d’un développement de
plus de 1500m, fait une façade magistrale à la ville, avec
ses bâtiments à arcades construits pour la plupart à la fin
du 19eme siècle.
Alger:
• Les voutes étagées qui supportent les deux boulevards
du front de mer ont été édifiés de 1860-1866 sur les plans
de l’architecte Chassériau: palais de l’assemblée
nationale (1914), banque centrale d’Algérie (1918), hôtel
Aletti (1929), la mairie (1963) la wilaya (1908, néo
mauresque), théatre (1853, reconstruit en 1883 à la suite
d’un incendie), palais du gouvernement (1930 par
Giauchain et les frères Perret dans le style moderne).
Constantine:

En 1837 la ville était divisée en


quatre grands quartiers: la
Casbah, Tabia, el Kantara et
Bab el Djabia.

Plan de Constantine 1837


Constantine:
• Ce n’est qu’en 1850, que la ville va connaitre des
transformations qui vont changer sa physionomie. La
partie supérieure est refaite à l’occidentale:
• aérer le tissu ancien,
• créer place et placette ainsi que le tracé régulier,
• alignement et élargissement des voies de la médina
• et l’occupation des palais et mosquées (administration et
église)
• et apparition des maisons à l’européenne en pierres et
moellons.
Plan de Constantine 1895
Constantine:
• A partir de 1860, la population française doublera son
effectif, d’où la nécessité de chercher ailleurs les terrains
pour s’étendre. On a, donc abandonné la
transformation de la médina au profit de l’extension de
la ville coloniale extra-muros, en des quartiers
essentiellement résidentiels à part quelques équipement
(écoles, stade, marché); donc jusqu’à 1866, l’intervention
se limitait au rocher.
Constantine:
• Après 1873, réalisation des ponts, de la Casbah et les
extensions:
• Pont el Kantara, pont romain à l’origine (l’ouvrage
antique à deux étages, long de 60m et haut de 65m),
reconstruit par Salah Bey en 1792, effondrement en 1857,
reconstruit par les européens (1860-1863), puis,
élargissement du tablier en 1952 sur une longueur de
128m en franchissant le Rhumel à 125m de haut.
• Hôpital: 1842, sur 13 hectares de superficie, à l’origine
destinée à un collège arabo-français puis concédé en
1876 à être hôpital.
• Faubourg El kantara avec la gare en 1866
Pont el Kantara
Constantine:
• Faubourg Saint jean 1868
• Théâtre en 1883, répond à la nécessité d’un édifice
culturel; opéra à la manière italienne, construit à
l’emplacement de la caserne des Janissaires, plus tard, la
fosse d’artistes à été éliminée pour agrandir la scène.
• La préfecture (wilaya) (1879-1885)
• La mairie (1895-1903), édifice néo classique; colonnes,
balustres, marches en marbre
• Université populaire: salle de conférence, institut
d’études juridiques et une conservatoire de musique.
Constantine:
• Hôtel des postes
• L’ Hôtel Cirta, 1912, symbole de la ville, il est réalisé
dans le style Arabisance
• Pont sidi rached: 1912, gigantesque viaduc en pierre
curviligne, établi sur 27 arches, il franchit l’entrée de la
gorge du Rhumel par une grande arche centrale de 70m
d’ouverture haute de 105m, longueur totale 247m et 12m
de large, au fond du ravin on trouve le pont du diable.
• Pont sidi M’Cid, 1912, suspendu entre deus pylones,
longueur 168m, hauteur du tablier au-dessus du Rhumel:
175m
• Pont de l’ascenseur (passerelle Perregaux): piétonne,
125m sur 2,40 de largeur.
Constantine:
• Siège du syndicat: 1912-1919
• Coudiat Aty: terminé en 1930, déplacement de la
montagne décidée en 1865 par Napoléon III et décapé en
1888 pour combler le ravin entre la Brèche et le coudiat
afin d’en faire un centre administratif d’aspect régulier et
géométrique bordé d’arcades.
• Palais de justice: 1914-1918 (style néo classique)
• Monuments aux morts, 1914-1918, arc de triomphe qui
rappelle celui de Trajan (Timgad) et l’étoile (Paris): 21m
de haut et porte une statue en bronze sur sa terrasse, à la
victoire ailée de Cirta (sculpteur Ebstein), à égale
distance d’Alger et de Tunis (330Km)
Constantine:
• Belle vue: 1920
• Faubourg Lamy et Sidi Mabrouk: 1922: lotissements de
villas.
• La Medersa: 1928, dans le style néo mauresque
• Musée Cirta, 1930 (inauguré à l’occasion du centenaire,
bâtiment moderne par l’architecte Castelli
• Ainsi l’objectif est atteint: remodeler la haute médina et
occuper les trois collines qui l’entoure, à savoir le Coudiat,
El Kantara et Belle vue.
Constantine:
• Pour les musulmans, on assiste à l’apparition de
bidonvilles ces habitats spontanés dans lesquels
s’entassent 52% de la population.
• En réponse à la crise de l’habitat indigène, on créa des
cités de recasement telles que la cité El bir, les muriers,
cité Mézine, Oued el Had (Carigliano), 1948, cependant,
la situation reste inchangée.
• Dans le cadre du plan de Constantine en 1958 furent
engagées la création d’emplois, la construction des
logements sociaux, HLM, grands ensembles en bandes
de 5 à 15 étages. D’autres projets ne seront achevés
qu’après l’indépendance.
Conclusion:
• D’un point de vue hygiéniste et sanitaire, on admet le
geste du colonisateur mais d’un point de vue culturel et
humain, le reproche essentiel que l’on doit faire à ces
« pionniers »,
• c’est d’avoir nié l’existence d’une civilisation,
• de n’avoir pas tenu compte des modes de vie qui
auraient pu être modernisés dans le respect de la
tradition,
• et surtout d’avoir négligé la religion.