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Chapitre 5

131

L'Evaluation du Risque associé à un demandeur de crédit

Section 1 L'Evaluation du risque d'un demandeur de crédit par référence à un profil- type

Section 2 L'Evaluation du risque d'un demandeur de crédit par référence à indicateur synthétique

un

1 . L'utilisation de " normes " résultant de l'expérience bancaire accumulée

A. les normes inspirées de la méthode des " Credit-men " américains : l'évaluation d'un indice de qualité

B. les normes issues de l'expérience d'un établissement bancaire :

l'évaluation d'une note

2 L'utilisation de " normes " définies au terme d'une analyse multivariée des comptes financiers d'entreprises : l'évaluation d'un score

A. l'analyse discriminante linéaire : une brève présentation

B. les Premières applications de la méthode d'analyse discriminante linéaire multiple à la prévision de faillites d'entreprises aux Etats-Unis

C. quelques applications de la méthode d'analyse discriminante linéaire multiple à la prévision de faillites d’entreprises en France

D. de la pertinence des fonctions score en matière d'évaluation du risque bancaire

E. la refonte de la fonction-score de la Banque de France:un nouvel instrument,le score Z BIS

F. du score Z BIS au score BDFI de la Banque de France

Section 3 L'Evaluation d'un demandeur de crédit par l'intermédiaire d'un recours à la ‘Cotation Banque de France’ de l'entreprise

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132

Les méthodes utilisées dans les établissements bancaires pour évaluer le risque associé à un demandeur de crédit peuvent être ramenées à 2 types de méthodes :

les uns,souvent les plus petits des établissements bancaires,,mais aussi tous ceux qui veulent s’épargner le coût de constitution et de suivi d’une base de données à partir de leurs dossiers-client,la solution est le recours à une base de données externe:parmi celles-ci le recours au fichier FIBEN de la Banque de France,et à la « cotation Banque de France »qui en est issue est la solution la plus utilisée par les établissements bancaires. les autres, c’est-à-dire les établissements bancaires qui souhaitent assurer eux- mêmes l’évaluation du risque de leurs clients,sur la base de leurs propres critères,privilégient un recours à une évaluation interne: ce choix étant fait,les méthodes pour y parvenir sont extrêmement diverses:

tantôt pour certaines il s'agit de se limiter à déterminer si la situation financière d'un demandeur de crédit est excellente, bonne, moyenne, médiocre ou mauvaise, l'octroi éventuel du crédit étant réservé aux clients dont le profil est jugé acceptable

tantôt pour les autres, plus ambitieuses, il s'agit de mesurer le plus précisément possible, par l'intermédiaire de l'estimation d'un indicateur synthétique unique, le niveau de qualité du demandeur de crédit;cet indicateur synthétique pouvant être,selon les cas, un indice de qualité,une note ou un score.

Nous étudierons successivement ces diverses méthodes d’évaluation du risque associé à un demandeur de crédit, en envisageant d’abord les méthodes internes (trois premiers paragraphes),la présentation de la « Cotation Banque de France » cloturant cet exposé.

Section 1 L'Evaluation d'un demandeur de crédit par référence à un profil-type

C'est à une telle procédure que correspond le mode d'analyse des banquiers américains étudiés par COHEN, GILMORE et SINGER. Les tableaux présentés ci-dessous illustrent les principales étapes de cette procédure, étudiant successivement la solvabilité de l'entreprise, la rentabilité de l'entreprise et la sécurité qu'elle offre à l'éventuel concours bancaire :

. Le premier critère utilisé est le degré de solvabilité de l'entreprise, apprécié au terme de 2 étapes successives analysant l'équilibre financier de l'entreprise au niveau du haut de bilan (Tableau 1) et du bas de bilan (Tableau 2). En ce qui concerne l'équilibre financier de haut de bilan l'accent est mis simultanément sur plusieurs éléments importants : le niveau absolu du Fonds de Roulement net (colonnes [1] et [5]), le niveau relatif du Fonds de Roulement net de l'entreprise 105 par rapport à celui des autres entreprises du secteur auquel elle appartient (colonne [2]), le niveau absolu du Fonds de Roulement net moyen des entreprises du secteur concerné (colonne [3]), et enfin un indice d'évolution du Fonds de Roulement net de l'entreprise au cours des 3 dernières exercices. De l'observation des différentes caractéristiques de l'entreprise et du secteur auquel elle appartient (comparaisons intra-sectorielle et inter-exercices) sera déduite l'appartenance de l'entreprise en question à l'une des classes-type de la colonne [6]

105 mesuré par le ratio de Liquidité générale.

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133

TABLE DE REFERENCE 1 POUR L'EVALUATION DE LA SOLVABILITE D'UNE ENTREPRISE

ETAPE PRELIMINAIRE : EQUILIBRE FINANCIER HAUT DE BILAN (CAP.PERMANENTS/ACTIF IMMOBILISE)

[1]

[2]

[3]

[4]

[5]

[6]

Fonds de Roulement net de la firme

Situation relative de l'entreprise par rapport au secteur (Ratio de Liquidité Générale)

Médiane du

Ratio du Fonds de Roulement net et de la moyenne du montant des capitaux circulants des 3 dernières années

Ratio de

Evaluation de

Ratio de

Liquidité

la solvabilité

Liquidité

Générale

de l'entreprise

Générale du

de

(étape

 

secteur

l'entreprise

préliminaire)

1

0

 

>

50%

     

moyenne

2

0

 

50%

2

 

1

très mauvaise

3

0

50%

2

 

1

mauvaise

4

0

50%

<

2

 

médiocre

5 >

0

 

75%

     

excellente

6 >

0

< 75% et 25%

2

moyenne

7 >

0

 

>

25%

2

médiocre

8 >

0

 

2

 

<

1

< 2

mauvaise

9 >

0

2

1

< 2

médiocre

10 >

0

< 75% et 25%

< 1,5 et > 1,5

 

< 2

moyenne

11 >

0

 

<

25 %

< 2 et > 1,5

< 2

médiocre

12 >

0

< 75% et 50%

< 1,5

< 2

moyenne

13 >

0

 

< 50%

< 1,5

 

<

1

< 2

mauvaise

14 0

>

< 50%

< 1,5

1

< 2

médiocre

Source : COHEN, GILMORE, SINGER

En ce qui concerne l'équilibre financier de bas de bilan, l'accent est mis successivement sur le niveau de la Trésorerie immédiate de l'entreprise par rapport au Passif exigible à court terme ( colonne [7]), la situation relative de ce même ratio de trésorerie immédiate par rapport à celui des autres entreprises du secteur auquel appartient l'entreprise (colonne [8]), l'évolution des stocks de l'entreprise au cours des 3 dernières exercices (colonne [9]), la situation relative du ratio

stocks

--------------de l'entreprise par rapport à celui des autres entreprises du secteur

Actifs circulants

(colonne

[10])

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134

Là encore de l'observation des différentes caractéristiques de l'entreprise et du secteur auquel elle appartient (comparaisons intra-sectorielle pour les colonnes [8] et [10], comparaison interexercices pour la colonne [9]) sera déduite, pour une classe de risque donnée issue de la première étape (rappel colonne [11], l'appartenance de l'entreprise à l'une des classes-type de la colonne [12] représentant la synthèse finale en termes de solvabilité de l'entreprise.

TABLE DE REFERENCE 2 POUR L'EVALUATION DE LA SOLVABILITE D'UNE ENTREPRISE

ETAPE COMPLEMENTAIRE : Equilibre financier bas-de-bilan

ETAPE FINALE

 

[7]

[8]

[9]

[10]

[11]

[12]

Ratio de trésorerie immédiate de l'Entreprise Disponibilités +Valeurs de

Situation

ratio

Situation

Profil

Profil-type

relative du

Stocks actuels

relative du

précédent en

d'entreprise en

ratio de

----------------

ratio

terme de

terme de

trésorerie de

stocks moyens des 3 dernières années

Stocks

solvabilité

Solvabilité

l'entreprise par

-------------

(étape

(étape finale)

rapport au

Actifs circulants de l'entreprise par rapport à la distribution de ratios du secteur

préliminaire)

 

ratio moyen

 

placements / Dettes à CT

du secteur

1

< 10%

   

10%

Excellente

Moyenne

2

10%

< 10%

Excellente

Excellente

 

(avec réserve)

3

< 10%

   

< 10%

Excellente

Moyenne

 

(avec réserve)

4

10%

10%

Excellente

Excellente

5

< 10%

   

10%

Moyenne

Moyenne

6

10%

< 10%

Moyenne

Moyenne

 

(avec réserve)

7

< 10%

   

< 10%

Moyenne

Moyenne(avec

 

réserve)

8

10%

10%

Moyenne

Moyenne

9

50%

   

Médiocre

Médiocre

10

< 10%

< 50%

   

Médiocre

Mauvaise

11

< 10%

50%

Mauvaise

Mauvaise

12

< 10%

< 50%

   

Mauvaise

Très mauvaise

13

10%

1

Médiocre

Médiocre

14

10%

< 50%

< 1

 

Médiocre

Mauvaise

15

10%

50%

Mauvaise

Médiocre

16

10%

< 50%

1

 

Mauvaise

Médiocre

17

10%

< 50%

< 1

Mauvaise

Mauvaise

Source : COHEN, GILMORE, SINGER . Le second critère utilisé est la rentabilité de l'entreprise

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135

Il est procédé à l'examen simultané du niveau du résultat net moyen de l'entreprise au cours des 3 dernièrs exercices (colonne 1), la tendance d'évolution de ce dernier pour l'entreprise (colonne 2) et pour le secteur (colonne 13), de la situation relative du Résultat net, du taux de rentabilité des actifs d'exploitation, du taux de rentabilité nette des capitaux propres, du taux de rotation des stocks de l'entreprise par rapport aux ratios correspondants des entreprises du secteur (colonnes 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11) et enfin de la nature du concours

TABLE DE REFERENCE POUR L'EVALUATION DE LA RENTABILITE D'UNE ENTREPRISE

 

[1]

 

[2]

 

[3]

 

[4]

[5]

[6]

[7]

Résultat net comptable moyen des 3 dernières années

Tendance

Résultat

situation

niveau du

niveau du

situation relative du ratio "Tx de Profits avant impôts des Actifs corporels/ Tx d'intérêt du marché" de l'entreprise par rapport à celui des entreprises du secteur

d'évolution

net Pro

relative du

ratio "Tx

ratio "Tx

du Résultat

forma* de

Résultat

de Profits

de Profits

 

net

l'entreprise

 

net de

avant

avant

 

comptable

l'entreprise

impôts des

impôts des

par rapport

Actifs

Actifs

au Résultat

corporels/

corporels/

net moyen

Tx

Tx

 

des

d'intérêt du

d'intérêt du

entreprises

marché"

marché"

du secteur

médian du

associé à

secteur

l'entreprise

 

>

0

     

1

1

≥ 75%

>

0

1

1

≥ 75 %

>

0

1

1

≥ 75 %

>

0

1

1

< 75 %

>

0

1

1

< 75 %

>

0

1

1

< 75 %

>

0

< 1

1

>

0

< 1

1

>

0

< 1

1

>

0

1

< 1

>

0

< 1

< 50 %

>

0

< 1

< 1

≥ 50 %

>

0

< 1

< 1

< 50 %

 

0

           

0

 

>

0

 

> 0

 

>

50 %

0

     

50 %

0

 

0

 

50 %

0

 

>

0

 

0

>

50%

* les états financiers pro-forma étant utilisés en (3), (6), (7), (8), (9), (10) et (11) même si des états financiers pro-forma ne sont pas disponibles au niveau sectoriel.

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136

(8)

(9)

(10)

(11)

(12)

(13)

(14)

situation

situation relative du ratio "Tx de Rotation des stocks" de l'entreprise par rapport à celui des entreprises du secteur

situation relative du résultat net de l'entreprise par rapport à celui des entreprises du secteur

situation relative du ratio "Tx de Profits avant impôts des Actifs corporels" par rapport à celui des entreprises du secteur dont le ratio R6 est >1

Type de concours bancaire envisagé

Tendance

Profil-type

relative du

d'évolution

l'entreprise

ratio

 

médiane

terme de

Résultat net

du Résultat

rentabilité

-------------

net des

situation nette de l'entreprise par rapport à celui des entreprises du secteur

entreprises

du secteur

75 %

≥ 50 %

       

Excellent

≥ 75 %

< 50 %

Moyenne

< 75 %

Moyenne

< 75 %

≥ 75 %

Excellent

< 75 %

>25%et<75

Moyenne

< 75 %

%

Médiocre

≥ 50 %

25 %

≥ 50 %

Excellent

< 50 %

≥ 50 %

Moyenne

< 50 %

Moyenne

Crédit de Trésorerie Engagement à terme

Médiocre

Très mauva

 

Médiocre

Crédit de Trésorerie

Mauvaise

       

Engagement à terme Crédit de Trésorerie Crédit de Trésorerie Crédit de Trésorerie Crédit de Trésorerie

 

Très mauva

Médiocre

Mauvaise

Mauvaise

0

Médiocre

Source : COHEN, GILMORE, SINGER.

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bancaire envisagé (crédits de trésorerie ou engagement à terme). De l'observation conjointe des diverses caractéristiques de l'entreprise et du secteur auquel elle appartient, en matière de rentabilité, sera déduite l'appartenance de l'entreprise concernée à l'une des classes-type de la colonne 14

Pour montrer quelle peut être l'utilisation qui peut être faite de ces divers résultats partiels, nous nous référerons au cas simplifié où l'appréciation de la situation financière de l'entreprise n'impliquerait qu'une référence aux deux critères clefs que sont la rentabilité et la solvabilité de l'entreprise : (tableaux suivants)

Tableau 8 : cas d'un engagement à terme

Solvabilité (1er critère)

Excellente

Moyenne

Médiocre

Mauvaise

-------------------------------

Rentabilité (2è critère)

Excellente

Excellente

Excellente

Moyenne

Moyenne

Moyenne

Moyenne

Moyenne

Médiocre

Médiocre

Médiocre

Médiocre

Médiocre

Médiocre

Mauvaise

Mauvaise

Médiocre

Mauvaise

Mauvaise

Mauvaise

Source : COHEN, GILMORE, SINGER.

 

Tableau 8 bis : cas d'un concours de trésorerie

 

Solvabilité (1er critère)

Excellente

Moyenne

Médiocre

Mauvaise

--------------------

Rentabilité (2è critère)

Excellente

Excellente

Moyenne

Médiocre

Médiocre

Moyenne

Excellente

Moyenne

Médiocre

mauvaise

Médiocre

Moyenne

Médiocre

Médiocre

Mauvaise

Mauvaise

Moyenne

Médiocre

Mauvaise

Mauvaise

Source : COHEN, GILMORE, SINGER.

De la combinaison des deux évaluations en termes de solvabilité et rentabilité résulte une nouvelle évaluation représentative de l'analyse financière effectuée par les services de la banque.

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Tableau 9

TABLEAU DE REFERENCE POUR L'EVALUATION FINALE DU DEMANDEUR DE CREDIT

CRITERE : COMPETENCE DU MANAGEMENT

ANALYSE FINANCIERE " EXTERNE "

ANALYSE FINANCIERE " INTERNE "

EVALUATION

FINALE

 

Excellente

Excellente

Excellente

Moyenne

Excellente

Médiocre

Moyenne

   

Excellente

Excellente

Bonne

Moyenne

Moyenne

Médiocre

Médiocre

EXCELLENTE

--------------------------

--------------------------

Excellente

Moyenne

Acceptable

Moyenne

médiocre

Médiocre

Médiocre

   

Excellente

Excellente

Excellente

Moyenne

Moyenne

Médiocre

Médiocre

---------------------------

---------------------------

--------------------

Excellente

Moyenne

MOYENNE

Bonne

moyenne

Moyenne

Médiocre

Médiocre

---------------------------

---------------------------

--------------------

Excellente

Moyenne

Acceptable

Moyenne

Médiocre

Médiocre

Médiocre

   

Excellente

Moyenne

Excellente

Moyenne

Médiocre

Médiocre

Médiocre

---------------------------

---------------------------

--------------------

Excellente

Médiocre

MEDIOCRE

Bonne

Moyenne

Médiocre

Médiocre

Médiocre

---------------------------

---------------------------

--------------------

Excellente

Médiocre

Acceptable

Moyenne

Médiocre

Médiocre

Mauvaise

Source : COHEN, GILMORE, SINGER.

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Dans la méthode rapportée par COHEN, GILMORE et SINGER l'analyse financière interne ne constituait que l'un des éléments de l'appréciation finale : en effet outre l'analyse financière interne étaient prises en considération et une appréciation financière de l'entreprise par les sociétés spécialisées, DUN et BRADSTREET ou ROBERT MORRIS ASSOCIATES, et une évaluation de la compétence de ses dirigeants (tableau 9). c'est de la confrontation de tous ses éléments que résultait l'identification d'une entreprise donnée à l'un ou l'autre des niveaux de qualité du demandeur de crédit, et la suite à donner à la demande de crédit (refus ou passage à la 3è étape du modèle d'instruction d'une demande de crédit présenté plus haut).

Section 2 L'Evaluation ,d'un demandeur de crédit par l'intermédiaire d'un indicateur synthétique

Le mode d'estimation le plus courant consiste à attribuer une série de poids aux diverses composantes de l'évaluation finale et à en tirer une moyenne pondérée, représentative du niveau de qualité du demandeur de crédit, cette moyenne pondérée pouvant prendre selon les cas la forme d'un indice, d'une note ou encore d'un score.

Dans ce cadre il nous paraît cependant utile de distinguer deux situations selon la nature de la structure de poids retenue : cette dernière peut être le fruit de la tradition ou de l'expérience; mais elle peut être ausi le résultat d'une étude scientifique préalable fondée sur l'utilisation de techniques d'analyse multivariée.

Nous étudierons successivement ces diverses manières d'envisager l'évaluation d'un indicateur synthétique représentatif de la qualité du demandeur de crédit.

1 . L'Utilisation de " normes " résultant de l'expérience bancaire accumulée

Les modalités d'évaluation d'une note de qualité ressortant de ce type d'approche sont par définition très diverses d'un établissement à l'autre, tantôt simples adaptations de la méthode ancienne dite " des credit-men américains ", tantôt plus sophistiquée résultant de l'intégration dans le processus de décision de facteurs qui, historiquement, dans un établissement bancaire donné ont été observés comme particulièrement liés à un défaut de remboursement de la part de la clientèle.

A -les " normes " inspirées de la méthode des credit-men américains :

l'évaluation d'un indice de qualité

Il s'agit là de diverses adaptations d'une méthode très ancienne que l'on présente quelquefois comme la " méthode des credit-men américains ", en reconnaissance du fait qu'elle a été d'abord proposée puis appliquée dans les banques commerciales américaines. La méthode dite des "credit-men" peut être représentée d'une manière générale de la façon suivante :

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140

Critères associés à l'estimation de l'indice de qualité du demandeur de crédit

Poids attribué 106 à chacune des composantes dans l'évaluation finale

I . Indice de compétence du management

40

%

 

II . Evolution de la situation du secteur d'activité de l'entreprise

20

%

III . Situation financière relative de l'entreprise par rapport à son secteur dont 1. critère relatif de la solvabilité à court terme de l'entreprise (liquidité)

40

%

10

%

2. critère relatif de la solvabilité à long terme de l'entreprise (endettement)

 

10

%

3. critère relatif de rentabilité

10

%

4. critère relatif d'activité

10

%

100 %

le dernier élément de l'évaluation, faisant une large place à la méthode des ratios

analysés précédemment, à travers l'observation d'un certain nombre de ratios représentatifs de

relative d'une entreprise par rapport à celle constatée pour la

même période en moyenne pour les entreprises du secteur. Cette comparaison aboutissant à l'évaluation d'un indice situant la position financière relative de l'entreprise par rapport à la position moyenne des autres entreprises du secteur. Cette méthode censée représenter la pratique bancaire américaine a été formalisée pour la première fois par deux auteurs américains WALL et DUNNING qui, dans un ouvrage publié en 1928 107 proposaient d'évaluer la qualité financière d'un demandeur de crédit à partir d'un ensemble des 7 ratios présentés dans le tableau ci-dessous, chacun de ces 7 ratios étant affecté d'un poids correspondant à l'importance présumée de ce ratio dans l'évaluation finale du demandeur de crédit.

la solvabilité, de la rentabilité

106 poids pouvant varier d'une organisation bancaire à l'autre en fonction des priorités affichées de sa politique de prêt. 107 A. WALL, R.W. DUNNING Ratio Analysis of Financial Statements New York : Harper Brothers 1928 pp 152-165.

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141

Méthode des credit-men américains : la formulation de WALL et DUNNING (1928)

Ratios retenus

Poids attribué au ratio retenu wi

Modalité d'évaluation de la qualité financière de l'entreprise

Current Assets

25

%

 

1. Current Ratio =-------------------- Current Liabilities

 

2. Net worth / Fixed Assets

15

%

   

7

Ri

3. Net worth / Debt

25

%

I =

wi -----

   

i=1

®i

4. Sales / Account Receivables

10

%

 

5. Sales / Inventories

10

%

avec Ri = la valeur du ratio i pour l'entreprise étudiée ®i = la valeur du ratio moyen ou médian pour le secteur auquel appartient l'entreprise.

6. Sales / Fixed Assets

10

%

7. Sales / Net worth

5 %

------

 

100 %

L'application de la méthode de WALL et DUNNING conduisait à l'évaluation financière d'un indice de qualité financière I pour l'entreprise :

- un indice égal à 1 correspondait à une entreprise dont les ratios

concernés étaient en tous points similaires aux ratios moyens des entreprises de son secteur

- un indice supérieur à 1 signifiait que l'entreprise étudiée avait une

meilleure situation financière que la moyenne des entreprises du secteur

- un indice inférieur à 1 signifiait que l'entreprise étudiée avait une

moins bonne situation financière que la moyenne des entreprises du secteur.

A cette formulation de WALL et DUNNING on peut associer la formulation habituelle de la " méthode des credit-men américains " telle qu'on la trouve décrite dans beaucoup d'ouvrages français traitant de l'analyse financière 108109110111112 , caractérisée par un nombre un peu plus restreint de ratios.

108 P. LASSEGUE Gestion de l'entreprise et comptabilité Paris : dalloz 1979.

109 N. COULON Guide Pratique du chef d'entreprise face aux banquiers Paris : Editions Hommes et Techniques 1978 2° édition.

1986

p.342.

111 A. BARBIER, J. PROUTAT traité pratique de l'analyse financière à l'usage des banquiers Paris : Revue banque éditeur 1987 pp 241-242. 112 E. COHEN Analyse Financière paris : Economica 1987 p.364

110 J.L. BOULOT, J.P. CRETAL, J. JOLIVET, S. KOSKAS

L'analyse financière

Paris : Publi-union

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142

Méthode des "credit-men américains " : l'adaptation française

Ratios retenus

Poids attribué au ratio retenu wi

Modalité d'évaluation de la qualité financière de l'entreprise

1. Réalisable + Disponible / Dettes à CT

25

%

 
 

5

Ri

2. Capitaux propres / Ensemble des dettes

25

%

I =

wi ----

 

i=1

®i

3. Capitaux propres / Actif Immobilisé net

10

%

 

4. Coût de revient des produits vendus / Stocks et encours

20%

avec Ri = la valeur du ratio i pour l'entreprise étudiée ®i = la valeur du ratio type

5. Chiffre d'affaires net TTC / Clients et comptes rattachés + effet escompté et non échu

20

%

pour le secteur auquel appartient l'entreprise (ratio médian du secteur)

Là encore à I = 1 correspond une situation financière normale; s'il est supérieur à 1, la situation financière de l'entreprise est jugée favorable; à l'inverse, l'indice étant inférieur à 1, elle sera jugée défavorable. L'utilisation de l'une ou l'autre des formulations précédentes nous paraît toutefois aujourd'hui sujette à caution : en effet l'une et l'autre, accordant un poids prédominant aux ratios de structure financière, et négligeant quasi-totalement l'aspect rentabilité de l'entreprise, nous paraissent répondre à la pratique d'une autre époque; compte tenu de l'évolution récente des techniques d'analyse financière, et des mentalités bancaires (priorité à la rentabilité, élément clé de la capacité de l'entreprise à rembourser ses dettes, évaluation en termes de flux de préférence à une évaluation à partir des seuls éléments du bilan annuel), plus intéressantes nous apparaissent les propositions de A. BIZOT 113 qui, dans un passé récent ,décrivant la pratique d'une grande banque française, retenait la batterie des 5 ratios suivants : 114

 

Poids

Décomposition des poids selon les facteurs pris en compte

 

+-Nature des Ratios retenus

retenus

   

Rentabilité

Structure

Autres

TOTAL

facteurs

1. EBE / VA

20

%

20

   

20

2. Frais de Financement / VA

20

%

10

10

20

3. Importance relative des concours

20

%

20

20

bancaires dans le financement de

 

l'exploitation de l'entreprise

4.Investissements bruts de l'ex. / VA

20

%

20

20

5.

Dettes financières à terme / CAF

20

%

10

10

20

 

100 %

40

40

20

100

113 A. BIZOT La Pratique bancaire française en matière de financement intérieur Paris : Revue Banque Editeur 1985 pp 45-47.

114

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

143

chacun de ces ratios ayant vocation à être apprécié relativement par rapport aux valeurs prises par ce même ratio dans une population d'entreprises de référence. L'application de la méthode des credit-men aux 5 ratios proposés par A. BIZOT, avec les poids suggérés, en retenant comme population de référence l'échantillon sectoriel suivi par la Centrale des bilans de la Banque de France 115 nous conduirait pour la société ABC à un indice de qualité financière égal à I = 0.716.

Selon le niveau de l'indice obtenu pour l'entreprise étudiée, celle-ci pourrait être associée à l'une des classes de risque potentielles; Sur la base de la décomposition suivante :

Classes de Risques

I = 0 à 0.40

I = 0.50 à 0.90

I = 1.00 à 1.40

I > 1.50

 

RISQUE TRES

RISQUE

RISQUE

RISQUE

ELEVE

ELEVE

MOYEN

FAIBLE

l'entreprise ABC serait associée à la classe de risque élevé.

B) les " normes " issues de l'expérience spécifique d'un établissement bancaire :

l'évaluation d'une note

A titre d'exemples nous présenterons ici les systèmes d'évaluation utilisés actuellement par trois banques dans le cadre de l'examen des dossiers de leur clientèle.

-1er cas: celui de la banque A

115 après reformulation des ratios proposés de telle façon que toute augmentation d'un ratio traduise une

amélioration de l'indice, et toute diminution une détérioration de l'indice. Dans ce cadre l'indice I devient :

(EBE/VA)i

(VA/Frais de Fint.)i

1/(CCB/BFR)i

(INV/VA)i

I = 0.20 -------------- + 0.20 ------------------------- + 0.20 ------------------ + 0.20 ---------------

(EBE/VA)s

(CAF/DET)i + 0.20 ---------------- (CAF/DET)s

(VA/Frais de Fint.)s

1/(CCB/BFR)s

(INV/VA)s

le premier ratio correspondant en terme de ratios suivis et publiés par la Centrale des bilans de la Banque de

R19

France au rapport -------

R6

le second ratio correspondant à l'inverse du ratio R28d de la Banque de France le troisième ratio correspondant à l'inverse du ratio R27 de la Banque de France le quatrième ratio, correspondant au ratio R11 de la Banque de France le cinquième ratio correspondant au ratio R33 de la Banque de France, se substituant ici au ratio de couverture des dettes financières à terme par le CAF, ce dernier ne faisant pas l'objet de publication. soit :

0.14

1/ 0.04

1/ 0.39

0.07

0.07

I = 0.20 . ------

+ 0.20 . ------- + 0.20 . --------- + 0.20 . ------

+ 0.20 .-----

0.17

1/ 0.04

1/ 0.14

0.06

0.44

ou I = 0.20 x 0.89 + 0.20 x 1.00 + 0.20 x 0.36 + 0.20 x 1.17 + 0.20 x 0.16 = 0.716

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

144

Evaluation du Risque ( clientèles professionnelles) : exemple de la banque A.

 

Ratios retenus

 

Notation retenue

 

situation de la société ABC

   

ratios

note

 

A - Ratios financiers

       

1. Ratio d'Autonomie Financière Situation nette

ratio |<0.10|<0.30|<0.50|>0.50

 

0.25

1

note |

0

|

1

|

2

|

3

 

----------------

 

dettes totales

2. Ratio d'Assise Financière Situation nette

ratio|<0.20|<0.50|>0.50

 

0.77

3

 

-------------------------

note| 0

|

1*

|

2*

Immobilisations nettes

 

3. Ratio d'équilibre financier Fonds de Roulement

ratio|<0.10|<0.30|<0.50|>0.50

 

0.47

3

 

-------------------------

note| 0

|

1

|

2*

|

3*

Besoins d'Exploitation

 

4. Ratio de Rentabilité d'Exploitation

RCAI-Prélèvt.privés-IS-Particip.salariés --------------------------------------------- (%) Production de l'exercice

5.

Ratio de Capacité de Remboursement CAF - Pélèvt. privés - Distribution

ratio|<0.50|<1.00|<2.50|>2.50

 

0.40%

0

note| 0

|

1

|

2*

|

3*

ratio|<0.75|<1.00|<1.50|<2.00|>2.00

0.71

- 1

 

----------------------------------------

note| - 1

 

|

0

|

1

|

2*

|

3*

Endettement bancaire à moins d'1 an

 

6.

Ratio de Productivité du travail Frais de Personnel+Prélèvt. privés

ratio|>0.80|>0.60|<0.60

 

0.83

0

---------------------------------------

note| 0

|

1

|

2

Valeur ajoutée

 

7.

Ratio de Solvabilité par le Hors-Bilan (hors sociétés de capitaux) Patrimoine Privé du demandeur

ratio|<0.10|<0.20|<0.30|<0.50|<0.50

-

-

note| 0

|

1

|

2

|

3

|

4

-----------------------------------

 

Dettes au bilan

B

- Facteurs correctifs

       

8.

Retard de paiement constaté

retard constaté

 

oui= -1

non=0

0

9.

Date de création de l'entreprise

création < 3 ans

oui= -1 non=0

0

10. Rajout total

f(caractéristiques de l'entreprise non appréhendées à partir des ratios financiers précédents)

2

 

NOTE TOTALE

 

8

NOTATION ABC= RISQUE ELEVE

 

0 à 4 points

5 à 9 points

10 à 14 points

> 15 points

Classes de risque

RISQUE TRES

RISQUE

RISQUE

RISQUE

ELEVE

ELEVE

MOYEN

FAIBLE

L'objectif affiché ici est d'évaluer la qualité du demandeur de crédit, non plus à partir d'un

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

145

indice de qualité (>1 ou <1), mais à partir d'une note échelonnée de 0 à 20, note dont on déduira ultérieurement l'appartenance de l'entreprise à l'une des 4 classes de risque retenues (de Risque très élevé à Risque faible).

Trois types d'informations sont retenues pour l'élaboration de la note :

. en premier lieu, 6 ratios représentatifs de la situation financière de l'entreprise évaluée à partir des documents comptables retraités de l'entreprise, mesurant tant la rentabilité de l'affaire que sa solvabilité. 116

. en second lieu un ratio de solvabilité hors-bilan qui, pour les clientèles professionnelles,

s'ajoute aux précédents, un client ayant une surface financière privée élevée relativement à

l'ensemble des dettes de l'entreprise qu'il possède constituant pour la banque un élément réducteur de risque. A l'inverse, pour les sociétés de capitaux à l'égard desquelles la prise en compte de ce ratio n'aurait pas de sens, compte tenu de la limitation de responsabilité des actionnaires au montant de leurs apports, les 4 points de ce ratio sont realloués aux ratios précédents 117

. en troisième et dernier lieu, trois facteurs correctifs pouvant amplifier ou atténuer la rigueur de l'évaluation financière résultant de l'analyse en termes de ratios

. l'existence de retards de paiement dûment constatés au cours des mois précédents

qui réduit d'autant la note globale de l'entreprise.

. la jeunesse relative de l'entreprise, élément sanctionnant le caractère plus risqué des

entreprises de création récente, jouant là encore dans le sens d'une réduction de la note globale

de l'entreprise certaines caractéristiques positives 118 de l'entreprise non prises en considération lors de l'analyse financière précédente, dont on tient compte à ce niveau .

Notons enfin que l'analyse étant effectuée sur les 3 derniers exercices connus, la banque dispose, pour prendre sa décision d'acceptation ou de refus du crédit, de l'évolution de la position du risque de l'entreprise, lui permettant de faire la différence entre une entreprise dont la situation de risque s'améliore (augmentation de la note globale) ou se détériore (réduction de sa note globale).

- 2 eme cas:le cas de la banque B

Le système d’évaluation concerné s’applique à la clientèle d’entreprises de

cette banque.

Concrètement la note calculée s’appuie sur 15 ratios jugés significatifs de la situation financière d’une entreprise donnée;à chacun est attribuée une note comprise entre 0 et 2 selon la valeur prise par ce ratio dans l’entreprise étudiée et sa situation relative par rapport à la distribution des valeurs prises par ce même ratio pour l’ensemble de la clientèle de

116 du niveau relatif de chacun de ces ratios par rapport à la distribution des ratios théoriques ou observées pour ce type de clientèle dans la banque dépendra la note attribuée à l'entreprise au titre de ce ratio. 117 + 1 point à chacun des ratios 2, 3, 4, 5 à imputer aux sociétés ayant des valeurs élevées pour chacun de ces ratios (matérialisées sur la grille d'évaluation par les notations affectées d'un astérisque). 118 il ne s'agit pas là d'une note de qualité du chef d'entreprise ou du dirigeant dont l'exploitant serait seul juge, mais d'une note supplémentaire attribuée sur une base tout à fait objective, s'appuyant sur une liste de caractéristiques techniques et financières de l'entreprise autres que celles prises en considération dans la grille d'évaluation financière, qui, si elles apparaissent lors de l'instruction du dossier, entrainent une surévaluation de la note à hauteur du correctif appelé "Rajout total ".

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

la banque.

146

Evaluation du risque(entreprises):exemple de la Banque B

Ratios retenus

     

Notation retenue

ratio

note

   

ABC

Variation chiffre d’affaires ht

ratio

<4%

4% R 6%

>6%

-7%

0

 

note

0

 

1

2

   

variation val.ajoutée/var. production

ratio

<0.98

0.98

R 1.02

>1.02

1.14

2

 

note

0

 

1

2

   

EBE/production

 

ratio

5%

5% R 10%

>10%

5.3%

1

 

note

0

 

1

2

   

frais financiers/EBE

 

ratio

>60%

60%R40%

<40%

33%

2

 

note

0

 

1

2

   

frais de personnel/valeur ajoutée

ratio

>70%

70%R60%

<60%

83%

0

 

note

0

 

1

2

   

CAF/production

 

ratio

<4%

4% R 6%

>6%

2.6%

0

 

note

0

 

1

2

   

var.de

la

valeur

ajoutée/var.d’

ratio

<0.98

0.98

R 1.02

>1.02

1.05

2

effectifs

 
 

note

0

 

1

2

   

fonds propres/endettement total

ratio

<25%

25% R 35%

>35%

27%

1

 

note

0

 

1

2

   

FRN en jours de chiffre d’affaires ht

ratio

<30

30

R 50

>50

15

0

 

note

0

 

1

2

   

var.des fonds propres/var. production

ratio

<0.98

0.98

R 1.02

>1.02

1.30

2

 

note

0

 

1

2

   

BFR-FRN en jours de ch. d’affaires ht

ratio

>60

60R40

<40

29

2

 

note

0

 

1

2

   

dettes à terme/CAF (ans)

 

ratio

>4

4R2

<2

2.31

1

 

note

0

 

1

2

   

stocks(en jours de chiffre d’affaires ht)

ratio

>90

90R60

<60

51

2

 

note

0

 

1

2

   

clients(en jours de chiffre d’affaires ht)

ratio

>90

90R60

<60

55

2

 

note

0

 

1

2

   

fournisseurs(en jours d’achats ttc)

ratio

>120

120R90

<90

91

1

 

note

0

 

1

2

   

NOTATION ABC = 18 /30

RISQUE MOYEN

Classes de risque f(note totale)

CATEGORIE

 

19<N 30

A

risque faible

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

147

14<N 18

B

risque moyen

9<N 13

C

risque élevé

0<N 8

D

risque très élevé

Sur la base du système d’évaluation de la banque B,la société ABC aurait cette fois été considérée, avec sa note de 18/30, comme une entreprise de RISQUE MOYEN. Là encore,l’analyse s’effectuant sur les trois derniers exercices connus,l’établissement bancaire disposera, pour prendre sa décision d’acceptation ou de refus du crédit, de l’évolution de la note de l’entreprise au cours de la période récente,élément permettant une prise en considération de l’éventuelle amélioration ou détérioration de la position de risque de l’entreprise.

-3 eme cas:le cas de la banque C

Le sytème d’évaluation suivant est appliqué par la banque concernée à sa clientèle d’entreprises.

Evaluation de la Note d’une entreprise donnée (l’exemple de la banque C)

Ratios retenus

notation retenue

poids

situation ABC

[1]

retenus

             

[2]

ratio ABC

note

(1)x(2

)

1.ratio Excédent brut d’exploitation/valeur ajoutée(%)

ratio

<7.4

<20.2

<32.9

<45.7

>45.7

 

12.4

 

note

0

1

2

3

4

1.50

1

1.50

2.ratio Trésorerie Immédiate 119 /Activité

ratio

<-2.5

<-1.3

<-0.1

<1.1

>1.1

 

-0.63

 

note

0

1

2

3

4

1.00

2

2.00

mensuelle 120 (en mois)

3.ratio Dettes financières à terme/capa-

d’autofinancement(en

cité

ratio

>2.9

>1.9

>1.0

>0.1

>0.0

 

2.31

 

note

0

1

2

3

4

1.00

1

1.00

années)

 

4.ratio Investissements bruts de l’exercice./valeur ajoutée (%)

ratio

<0.2

<7.3

<14.3

<21.4

>21.4

 

7.1

 

note

0

1

2

3

4

0.50

1

0.50

5.ratio Frais de financement nets 121 /valeur ajoutée(%)

ratio

>14.3

>9.2

>4.1

>-1.0

<-1.0

 

4.2

 

note

0

1

2

3

4

1.00

2

2.00

             

5.00

 

7.00

données comptables 1991

 

NOTE ABC =

7/20

complété par une appréciation du degré de suffisance des fonds propres de l’entreprise (dans l’hypothèse où une crise grave et durable affecterait négativement la base de fonds propres de l’entreprise à la suite de pertes répétées.

119 trésorerie immédiate= fonds de roulement net -besoins nets de financement de l’exploitation

120 activité mensuelle= produits d’exploitation hors taxes /durée de l’exercice en mois

121 frais de financement nets= charges financières +1/3 des redevances de crédit-bail - produits financiers

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

148

Evaluation du ratio de consistance des fonds propres de l’entreprise

             

ratio

situation

ABC

ABC

6.ratio Fonds propres 122 corrigés/0.20*valeur ajoutée

ratio

<0.7

<2.8

<5.0

<7.1

>7.1

1.37

 

note

E

D

C

B

A

D

données comptables 1991

Sur ces bases la note de la société ABC aurait été de 7/20.Là encore,le calcul des notes de l’entreprise sur trois exercices consécutifs permet d’apprécier l’évolution dans le temps de la situation de l’entreprise au cours de la période récente, et d’identifier une éventuelle amélioration ou détérioration de cette position.

Par ailleurs cette note calculée de l’entreprise pour la dernière année fait l’objet d’une comparaison avec la distribution des notes constatées pour un échantillon représentatif de la clientèle de la banque : sont distinguées cinq classes d’entreprises selon l’importance de leurs notes

classes d’entreprises

note

importance relative de la classe dans la distribution des notes de l’échantillon

classe 1

(risque très élevé)

0

à 5

11%

classe 2

(risque élevé)

5

à 8

19%

classe 3

(risque moyen)

8 à 12

40%

classe 4

(risque faible)

12

à 15

21%

classe 5

(risque très faible)

15

à 20

9%

   

100%

données comptables 1991 pouvant être considérées comme autant de classes de risque. Sur la base de la méthode d’évaluation utilisée par la banque C,la société ABC devrait être considérée comme une entreprise de RISQUE ELEVE

Nous venons de présenter trois exemples d’évaluation d’une note tels qu’on peut les observer: cette série d’exemples ne prétend pas à l’exhaustivité , et beaucoup d’autres auraient pu, au même titre , être retenus. Cette série des exemples présentés est toutefois suffisante pour illustrer les caractéristiques des modalités de calcul d’une note actuellement utilisées:

un choix préalable par l’établissement bancaire de quelques ratios jugés bons annonciateurs de risque, l’adoption d’un système de pondération reflétant l’expérience de la banque en ce domaine,un souci de comparaison sur plusieurs années de la note en question et le souci de la situer ,à un moment donné, par rapport à la distribution des notes observée au même moment pour l’ensemble de la clientèle de la banque.

Notons en outre que ,dans les établissements bancaires français , cette note est de nature exclusivement financière,basée sur les seuls documents comptables et financiers de l’entreprise,excluant notamment toute référence à la qualité des dirigeants. Ceci ne veut pas dire que cette qualité des dirigeants n’est pas prise en considération, nous le verrons

122 fonds propres corrigés =fonds propres + provisions pour risques et charges +prêts participatifs+comptes- courants d’associés bloqués - non valeurs

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

149

ultérieurement,mais qu’on a souhaité, pour des raisons de contrôle sans doute, disjoindre totalement ces deux composantes de la prise de décision bancaire.

En conclusion de la présentation de ces diverses méthodes d'évaluation du risque d'un demandeur de crédit s'appuyant sur l'expérience bancaire accumulée, notons toutefois que l'indice obtenu ou la note obtenue, ainsi que l'affectation de l'entreprise à une classe de risque, peuvent varier sensiblement d’une banque à l’autre , nous l’avons observé, selon la nature de l'ensemble de ratios et la structure des poids retenus.A chacune de ces méthodes est associée inévitablement une certaine dose d'arbitraire tant au niveau du choix des ratios représentatifs qu'au niveau du choix de leur pondération et de la délimitation des classes de risque. En raison de cet arbitraire sous-jacent à ces méthodes, celles-ci peuvent être considérées comme sujettes à caution demeurent sujettes. Aussi assez récemment, s’est-on efforcé d'affiner les méthodes précédentes, en faisant appel à des techniques scientifiques d'analyse de données, susceptibles de nous permettre de déterminer analytiquement et l'identité des ratios à retenir et les poids à leur conférer dans l'estimation finale. Leur présentation fera l'objet du point 2 de cette section.

2 . L'Utilisation de " normes " définies au terme d'une analyse multi variée de comptes financiers d'entreprises

Ce souci d''identification des facteurs pouvant permettre une prévision à terme des faillites d'entreprises n'est pas récent. Nombreux sont les observateurs qui dès les années trente et quarante se sont efforcés, a posteriori, de montrer qu'il y avait des différences significatives dans l'évolution des ratios des entreprises selon qu'elles étaient saines ou en difficulté 123124 . Toutefois, à cette époque il s'agissait plus d'une recherche de compréhension du phénomène que d'une volonté de mettre en oeuvre un outil opérationnel de détection des entreprises en situation difficile. Ce souci opérationnel est par contre manifeste dans les travaux de W.H. BEAVER 125 et E.I. ALTMAN 126 les deux véritables pionniers de l'application des techniques de " Crédit Scoring " à l'activité d'octroi de crédit aux entreprises, tous les deux s'efforçant au terme d'une analyse simultanée de 2 échantillons d'entreprises, l'un constitué d'entreprises ayant déposé leur bilan, l'autre constitué d'entreprises présumées saines du même secteur, d'identifier les facteurs les plus pertinents pour prévoir suffisamment de temps à l'avance l'échec futur des entreprises défaillantes:

- le premier, utilisant une technique de classification faisant appel à l'analyse dichotomique, montrait que les ratios les plus prédictifs, parmi la trentaine des ratios étudiés, étaient dans l'ordre

123 P.J. FITZPATRICK A Comparison of Ratios of Successful Industrial Enterprises with those of Failed firms CERTIFIED PUBLIC ACCOUNTANT oct. 1932 pp 598-605, Nov. 1932 pp 656-662, Dec.1932 pp 727-731. 124 C.H. WINAKOR, R.F. SMITH Changes in Financial Structure of unsuccessful Industrial firms. Bulletin n°51 (Urbana : University of Illinois Press, Bureau of Economic research. 1935). 125 W.H. BEAVER Financial Ratios as Predictors of Failure, Empirical Research in Accouting Studies 1966 Supplement to vol;4 JOURNAL OF ACCOUNTING RESEARCH pp 71-127 et aussi W.H. BEAVER Alternative Accounting Measures as predictors of Failure THE ACCOUNTING REVIEW Jan. 1968 pp 113-122. 126 E.I. ALTMAN Financial ratios discriminant analysis and the prediction of corporale bankruptcy JOURNAL OF FINANCE Sept; 1968 pp 589-609.

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

150

Nature

 

Mauvais classement

 

des Ratios

à 1 an

à 2 ans

à 3 ans

à 4 ans

à 5 ans

Cashflow annuel le ratio ------------------- Endettement total

13

%

21

%

23

%

24

%

22

%

Bénéfice net le ratio ------------- Actif total

13

%

20

%

23

%

29

%

28

%

Endettement total le ratio ------------------- Actif total

19

%

25

%

34

%

27

%

28

%

Fonds de Roulement net le ratio --------------------------- Actif total

24

%

34

%

33

%

45

%

41

%

Réalisable et Disponible le ratio -------------------------- Dettes à moins d'1 an

20

%

32

%

36

%

38

%

45

%

source: Beaver (1966)

-le second, utilisant la technique d'analyse discriminante linéaire multiple montrait qu'il était possible d'identifier une fonction de 5 ratios seulement, capable de nous permettre de prévoir 1 an à l'avance l'échec des entreprises défaillantes avec une chance de succès de l'ordre de 94%. De ces 2 contributions, c'est la seconde qui a eu le plus d'impact, justifié par la relative simplicité de la technique utilisée, sa commodité d'emploi et sa capacité à intégrer plusieurs ratios dans une même fonction d'évaluation, la fonction score. C'est à la présentation des travaux les plus pertinents faisant appel à l'analyse discriminante que nous nous limiterons dans les développements ci-après, à la suite d'un bref exposé de l'analyse discriminante linéaire.

A. l'analyse discriminante linéaire : une brève présentation.

a) la technique de l'analyse discriminante.

Nous nous limiterons ici à l'analyse discriminante linéaire et à deux groupes :

- linéaire, la variante utilisée par ALTMAN dans ses travaux et par la plupart des auteurs ayant adopté cette méthode de classification. - à 2 groupes, l'enjeu pour un utilisateur potentiel étant de prévoir suffisamment de temps à l'avance si une entreprise, candidate à un prêt bancaire, appartiendra au groupe des entreprises saines (1er groupe) ou au groupe des entreprises défaillantes (2e groupe), l'ensemble des situations particulières des entreprises concernées se ramenant à l'un de ces 2 groupes, et seulement à l'un de ces 2 groupes.

3 étapes de la méthode doivent être distinguées :

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

151

- la première étape correspond à la constitution de la banque de données, c'est à dire, en l'occurence, la constitution de deux échantillons de base, l'un regroupant un ensemble d'entreprises ayant au cours d'une période donnée été confrontées à un dépot de bilan, l'autre regroupant un ensemble d'entreprises présumées saines n'ayant pas au cours de la même période été confrontées au même problème. Dans l'un et l'autre cas, il appartiendra à l'observateur de collectionner pour chaque entreprise les données comptables et financières des n exercices antérieurs à l'année du dépot de bilan, et d'en tirer une base de X ratios jugés significatifs de la situation financière de l'entreprise de l'année concernée.

- la seconde étape correspond à la phase d'analyse proprement dite, consistant à étudier, via l'usage de la technique d'analyse discriminante, le potentiel prédictif de chacun des ratios retenus, et la détermination de la fonction discriminante la plus efficace, telle que le nombre d'erreurs de classement de la fonction discriminante appliquée à l'échantillon de départ soit minimisé.

A supposer que dans une première étape l'on ne s'intéresse qu'à 2 ratios, l'un représentatif de la rentabilité des entreprises concernées (X1) et l'autre représentatif de leur niveau d'endettement (X2) et qu'après représentation graphique dans un système d'axes (X1, X2) des caractéristiques financières des entreprises des 2 échantillons de base (les entreprises connues pour avoir déposé leur bilan au cours de la période étant représentées par un x, les entreprises saines par un o.) l'on obtienne le graphique suivant :

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

152

Les Etapes de l'Analyse discriminante linéaire multiple appliquée à la décision bancaire en matière d'octroi de crédit.

 

|

. identifier les caractéristiques financières X1, X2,

Xn

susceptibles d'aboutir à

|

une fonction Z

|

Z = a0 + b1 x1 + b2 X2 + b3 X3 +

+ bn Xn

Phase I

|

telle que :

|

Z1 et Z2 soient les plus éloignées possible

|

la zone de recouvrement soit la plus faible possible

|

le nombre de bons classements soit le plus élevé possible dans

|

l'échantillon de référence et l'échantillon de validation.

|

. évaluer le Zc, Z limite, en deçà duquel le banquier aurait intérêt à apporter une

|

réponse négative à la demande de crédit, compte tenu

 

|

a) des résultats statistiques obtenus à partir de la Fonction score

|

b) du coût associé à une éventuelle erreur de classement du demandeur de

|

crédit.

|

q1 . C1

Phase II |

 

Zc = Log ----------

 

|

q2 . C2

|

Zc = Z limite optimal

|

q1 = probabilité a priori de non remboursement du Crédit

|

q2 = probabilité a priori de remboursement du crédit

|

C1 = coût de l'erreur de classement 1 (défaillante qualifiée de saine)

|

C2 = coût de l'erreur de classement 2 (saine qualifiée de défaillante)

de classement 2 (saine qualifiée de défaillante) ( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise ,

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

153

qui,

traversant le double nuage des points représentatif des 2 catégories d'entreprises ,aura le meilleur pouvoir séparateur ( discriminant) des 2 populations d'entreprises, c'est à dire tel que

la

méthode

d'analyse

discriminante

linéaire

consiste

à

identifier

la

droite

.

la distance Z1 et Z2 soit maximisée

.

la zone de recouvrement des 2 distributions des Z calculés pour les entreprises appartenant aux 2 groupes soit la plus faible possible,

.

le nombre de bons classements (entreprise défaillante classée comme défaillante par le modèle, entreprise saine classée comme saine par le modèle) soit le plus élevé possible tant dans l'échantillon de référence que dans l'échantillon de validation.

Se situant dans un plan X1 O X2, la droite discriminante (fonction score) peut être définie par une fonction de X1 et X2 , f (X1, X2) ,et peut être représentée par :

Z = a0 + b1 X1 + b2 X2

X1 et X2 étant les mesures des ratios retenus dans la fonction score résultante

b1 et b2 étant les valeurs des coefficients discriminants associés à chacun de ces ratios

a0 étant une constante 127 , représentative de l'ensemble des ratios jouant un rôle dans le phénomène observé (l'échec de l'entreprise) mais non pris en considération dans la fonction résultante.

Z étant le score de l'entreprise pour un couple (X1, X2)

la fonction score la meilleure étant obtenue au terme d'une procédure pas-à-pas, consistant à intégrer à la fonction Z les ratios, dans l'ordre de leur contribution discriminante 128

f

(X1)

f

(X1, X2)

f

(X1, X2, X3)

f

(X1, X2, X3, X4)

f

(X1, X2, X3, X4,

,Xn)

tant que le pouvoir discriminant de la Fonction score progresse avec l'introduction

d'un ratio supplémentaire, la fonction score retenue étant celle pour laquelle le % de bons classements x1 + y2 --------- des N entreprises de l'échantillon de base est maximisé (avec n variables).

N

127 cette dernière pouvant être éventuellement égale à 0, si l'on adopte une variante particulière de la méthode d'analyse discriminante, très largement employée, consistant à contraindre la constante a0 à prendre la valeur zéro (constante forcée à l'origine).

128

_ bi i ou bi (x i1 - x i2 ) selon les cas, la première ayant été notamment utilisée par ALTMAN (1968), la seconde proposée par JOY et TOLLEFSON (1975).

_

( C) 1994/1999 Le Diagnostic bancaire de l'Entreprise , RENNES, CEREFIA

154

 

groupes des entreprises déclarées

 
   

Défaillantes

Saines

 

groupes

Défaillantes

x1

x2

x = x1 + x2 = effectifs dans l'échantillon de base des entreprises défaillantes y = y1 + y2 = effectifs dans l'échantillon de base des entreprises saines

d'appartenance

réelle

Saines

y1

y2

 

N

=

x+

y l'échantillon de base

effectifs

=

totaux

de

 

bons classements = x1 + y2 mauvais classements = y1 + x2 = erreurs de type 2 + erreurs de type 1

 

Au terme de la procédure, l'analyste dispose d'une fonction discriminante de forme

générale

Z = a0 + a1 X1 + a2 X2 + a3 X3 + a4 X4 +

+ an Xn

Z, le score, correspondant à la valeur d'une moyenne pondérée où les Xi sont les ratios qui permettent de prévoir le mieux la réalité, et les a i les poids qu'il convient d'affecter à chacun d'eux; ce Z apparaît donc comme une note synthétique unique, comme dans les exemples étudiés précédemment, mais qui a toutefois l'avantage par rapport à ces exemples antérieurs, d'être moins subjective dans la mesure où tant le choix des ratios de la fonction Z que les poids accordés à chacun d'eux ne sont pas laissés au libre-choix de l'utilisateur, mais résultent directement de l'objectif recherché à travers l'usage de la technique d'analyse discriminante, à savoir l'identification la plus précise possible de l'identité des entreprises qui feront l'objet d'une procédure judiciaire. Dans ce cadre de référence, l'entreprise aura d'autant moins de chances de faire faillite que le Z calculé à partir de ses caractéristiques financières sera plus élevé.