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ASADHO

Tél. 0243 999937493, RAPPORT CIRCONSTANCIE


0997032984, 0814043641 SUR LES VIOLATIONS DES
B.P. 16737
Kinshasa 1
DROITS DE L’HOMME COMMISES
R.D. Congo A MBANDAKA
Siège :
Immeuble Katalay
1er niveau, Appt 1A
12, avenue de la paix
Kin/Gombe

“ Publication de l’Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme en R.D.Congo (ASADHO) »

Organisation affiliée à la Commission Internationale des Juristes (Genève), à la Fédération Internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), dotée du
statut d’observateur auprès de la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples (Banjul) et membre du Réseau OMCT/SOS Torture – Email :
asadhokin@yahoo.fr, Blog : asadho-rdc.org Site : www.asadho-rdc.org,

Editeur : Jean Claude KATENDE Directeur de publication : Rosette BULA-BULA

« LES FARDC ET ENYELE SONT RESPONSABLES


NOTAMMENT DES EXECUTIONS SOMMAIRES»

N°03/2010 Rapport circonstancié/ASADHO/Avril 2010


2

TABLE DES MATIERES Pages

Introduction …………………………………………………………………………….. 3

I. Contexte socio-politique …………………………………. ……… …………….4

a. Origine du conflit ………………………………………………………… 4

b. Contexte socio-politique …………………………………………………. 4

II. L’occupation de Mbandaka par les Enyeles…………………………………… 5

III. Violations des Droits de l’Homme ……………………………………………. 6

a. Viol commis par des policiers …………………………………………… 6

b. Exécutions sommaires ………………………………………………….... 7

c. Arrestations et détentions arbitraires ………………………………….. 8

d. Disparitions forcées ………………………………………………………11

e. Pillage et vols à mains armées …………………………………………... 11

f. Blessés……………………………………………………………………... 12

IV. Poursuites judiciaires ………………………………………………………… 13

V. Recommandations ……………………………………………………………… 15

VI. Présentation ASADHO…………………………………………………………. 17


3

ABBREVIATIONS

ANR : Agence Nationale de Renseignements

ASADHO : Association Africaine de Défense des Droits de l’Homme

BRALIMA : Brasserie Limonaderie

DGM : Direction Générale des Migrations

FARDC : Forces Armées de la République Démocratique du Congo

MLC : Mouvement de Libération du Congo

MONUC : Mission de l’Observation des Nations Unies pour le Congo

ONG : Organisation Non Gouvernementale

PIR : Police d’Intervention Rapide

REDOC : Responsable de l’ANR en province

SNEL : Société Nationale d’Electricité

UNICEF : Organisation des Nations Unies pour l’Enfance


4

INTRODUCTION

Après l’occupation de la ville de Mbandaka, chef-lieu de la province de l’Equateur,


et les affrontements armés qui s’en étaient suivis, l’ASADHO a enregistré plusieurs
informations faisant état de commission des violations des Droits de l’Homme. C’est
ainsi qu’elle y a dépêché une mission pour vérifier l’authenticité de ces
informations, identifier les auteurs, victimes et formuler des recommandations aux
autorités congolaises.

La mission de l’ASADHO a rencontré les autorités politico-administratives,


judiciaires, militaires et policières, les responsables des ONG nationales et
internationales des droits de l’homme et humanitaires, des agences des Nations
Unies présentes à Mbandaka, des responsables des confessions religieuses, des
victimes et des rescapées qui ont requis l’anonymat pour de raisons de sécurité.
Aussi, la mission de l’ASADHO a visité plusieurs lieux tels que l’aéroport, les sièges
du Gouvernorat et de l’Assemblée provinciale, les ports de Bankita et de Basoko, le
Centre hospitalier universitaire, l’Hôpital général de référence de Wangata, la
morgue et la prison centrale de Mbandaka.

La mission a aussi observé les procès organisés par le Tribunal Militaire de Garnison
et la Cour Militaire de Mbandaka.

Par ailleurs, la mission a été empêchée, par des responsables militaires, de visiter le
cachot de la 3ème région militaire où il serait détenu une cinquantaine de personnes
soupçonnées soit d’appartenir aux combattants Enyele ou d’avoir collaboré avec
eux.

L’ASADHO remercie vivement toutes les autorités et personnes qui ont collaboré
avec sa mission durant son séjour à Mbandaka.

Le présent rapport retrace le contexte socio-politique de la province de l’Equateur


(I), les circonstances de l’occupation de la Ville de Mbandaka (II), les violations des
Droits de l’Homme commises par les parties combattantes (III), les poursuites
judiciaires contre certains militaires (IV) et conclut par des recommandations. Il
épingle onze cas d’exécutions sommaires, cinquante trois d’arrestations et
détentions arbitraires, trente de blessés par balles, trois de vol à mains armées, deux
de viol de femmes, un de disparition forcée, tous imputables aux FARDC; et deux
cas d’exécution sommaire et d’enlèvement suivi de détention arbitraire aux
combattants Enyele.
5

I. CONTEXTE SOCIO-POLITIQUE

A. ORIGINE DU CONFLIT

Selon plusieurs témoignages recueillis, dans la nuit du 28 au 29 octobre 2009, le


féticheur Adjani et des jeunes du clan Enyele de Dongo et ses environs se réunissent
sous le couvert d’un rite traditionnel de fructification des ressources halieutiques de
deux étangs se trouvant dans le village de Makanza. Pendant deux jours, armés de
fusils et de machettes, ils lancent une attaque d’épuration ethnique contre les ethnies
Libinza et Bamwe (les Monzayas avec qui ils partagent lesdits étangs) et tous les
autres non-autochtones du territoire. Dans ces premières attaques, ils tuent quarante
policiers qui avaient tenté de s’interposer. Devant ces attaques, une les Monzayas
traversent la rivière Ubangi pour se refugier au Congo-Brazzaville et d’autres
localités sécurisées proches de Gemena. Alors que ce conflit était, au départ, lié aux
étangs des poissons, il deviendra intercommunautaire avant de faire plusieurs
victimes et déplacés de guerre dont certains sont arrivés jusqu’à Mbandaka. Les
responsables des organisations humanitaires installées a Mbandaka ont déclaré à la
mission que la ville de Mbandaka regorge, à ce jour, plus des 4000 déplacés de
guerre venus des villages notamment de Bomongo et Makanza. La majorité
d’entr’eux est prise en charge par lesdites organisations, et les autres sont dans des
familles d’accueil. Selon ces organisations, le Président de la République a aussi
accordé une assistance auxdits déplacés en laissant, lors de son dernier passage à
Mbandaka, par le truchement de la Croix Rouge, un lot des sacs de riz, des cartons
de sardine et une somme d‘argent de l’ordre de 4.000 USD et qui leur ont été
distribués, depuis le 13/04/2010.

B. SITUATION SOCIO-POLITIQUE

L’ASADHO a relevé que le Gouvernement central est responsable des conditions


socio-économiques difficiles dans lesquelles vivent les populations de l’Equateur en
général et celle de Mbandaka, en particulier, et de l’aggravation du conflit actuel.
Car il n’a toujours pas assuré une redistribution équitable des revenus provenant de
l’exploitation des ressources naturelles, ni mis sur pied de programmes sérieux de
développement, dans les milieux ruraux, afin de combattre la pauvreté et de créer
des conditions d’accès facile, pour toutes les communautés, aux services de base (la
santé, l’éducation, le logement décent, l’alimentation, le transport, l’eau potable,
l’emploi…). Les enquêteurs de l’ASADHO ont relevé, par exemple, qu’à Mbandaka,
l’eau potable et l’électricité sont des denrées rares et chères. La majorité de la
population boit de l’eau de puits ou de sources fontaines avec risques énormes de
contracter des maladies hydriques. Pour se faire soigner, les gens recourent de plus
en plus à la médecine traditionnelle, soit par manque de moyens financiers, soit par
manque des médicaments et matériels appropriés dans des formations médicales
locales. Enfin, l’électricité n’est pas accessible à la majorité des habitants car, non
6

seulement que la SNEL la fournit de manière irrégulière, mais elle coûte chère. A
titre d’exemple, ceux qui habitent le centre ville paient des factures forfaitaires
variant entre 90 et 100 USD, tandis que ceux qui habitent la cité 56 USD, alors que le
revenu mensuel de la plupart des agents et fonctionnaires de l’Etat ne dépasse pas
60 USD.

L’ASADHO note que l’indifférence coupable de l’action de l’Etat face aux cris
d’alarme des populations et les frustrations nées de l’inaccessibilité de certains
citoyens aux services de base et l’impunité que jouissent les détourneurs des deniers
publics en province1 ont contribué à la cristallisation de ce conflit. Il s’y ajoute la
déstabilisation des institutions de la province de l’Equateur par certains membres de
la coalition des partis politiques au pouvoir. Cela s’est confirmé récemment avec la
destruction des bureaux de l’Assemblée provinciale et l’installation d’un nouveau
bureau, en violation de la constitution et du Règlement intérieur de ladite
Assemblée, et ce, avec le concours des services de sécurité2. Et contre toute attente,
les membres du nouveau bureau ont été reconnus avec empressement par les
autorités du Gouvernement central. Ainsi, le Président de la République, garant du
respect de la Constitution a, lors de sa dernière visite à Mbandaka, en ce mois
d’avril 2010, reçu les membres de ce nouveau bureau et pourtant élus et installés en
violation des lois de la République.

A ces faits récents, il faut ajouter les frustrations nées de toutes les arrestations et
détentions arbitraires (en 2008) de certains militaires et policiers originaires de
l’Equateur à cause soit de leur appartenance à cette province, soit de leurs liens
politiques ou amicaux, vérifiables ou supposés, avec le Président du MLC, M. Jean
Pierre BEMBA3.

Tous ces faits démontrent que certains animateurs des institutions de la République
ne sont pas étrangers, d’une manière ou d’une autre, à ce qui se passe dans cette
province.

II. L’OCCUPATION DE MBANDAKA PAR LES ENYELE

Le 4 avril 2010, aux environs de 7 heures temps universel, un bateau de la


compagnie maritime Malaïka, qui était parti de Mbandaka pour Kinshasa, est
intercepté au niveau Basankusu et pris en otage par les Enyele au nombre de

1
Le vendredi 11 décembre 2009, le Bureau du Sénat a officiellement transmis au Premier Ministre le rapport de la
mission d’audit effectuée en novembre à l’Equateur par la Commission Lunda Bululu. Ce Rapport met en cause la
gestion calamiteuse des fonds publics par le Gouverneur Jean Claude Baende. Le Sénat a conclu, malgré l’obstruction
musclée opposée par le Gouverneur Jean Claude Baende à l’exécution de l’audit diligenté à Mbandaka, que celui-ci est
responsable pénalement, entre autres de détournement des fonds alloués aux entités territoriales décentralisées (ETD).
2
Dans la journée du mardi 30 mars 2010, les Députés provinciaux ont pu installer un nouveau Président par la force.
Ceci après avoir cassé les locaux de l’Assemblée provinciale. Cette crise est née entre la nouvelle majorité parlementaire
de cette assemblée provinciale, favorable à l’actuel Gouverneur Jean Claude Baende.
3
Lire à ce propos le Rapport annuel 2008 de l’ASADHO sur la situation des droits de l’homme en RDC.
7

soixante et faiblement armés, selon les témoignages. Après avoir évacué tous les
passagers, les combattants Enyele vont changer l’itinéraire du bateau en rentrant
vers Mbandaka. Lors de la prise du commandement du bateau, les Enyele ont
exécuté sommairement le gérant du bateau pour avoir tenté de résister à leurs
injonctions. Arrivé à Mbandaka vers 09 heures, le bateau a accosté au port Bankita et
les Enyele ont débarqué. Avant de franchir le poste, à l’arrivée, ils ont abattu
froidement M. Roger Mongata sans motif valable.

Par la suite, ils se sont rendus à la résidence du Gouverneur, au Siège de


l’Assemblée provinciale avant de gagner l’aéroport, sans rencontrer aucune
résistance de la part des forces de sécurité. Ils étaient habillés soit en pantalon ou
culotte avec T-shirt, de couleur rouge, chantaient et dansaient au rythme de leurs
tams tams et invoquaient la puissance de dieu de leurs ancêtres. Un policier qui se
trouvait au sous-commissariat proche des bureaux de la compagnie Air Congo fut
abattu par eux sans sommation, sur place, selon les témoignages recueillis auprès
des habitants du quartier Air Congo.

Arrivés à l’aéroport vers 10 heures, les Enyele l’ont, sans coup ferrure, occupé
durant toute la journée de dimanche 04 avril 2010 (de pâques). Ils n’avaient pas fait
usage d’armes lourdes de la MONUC, ni des FARDC trouvées sur place.

Quelques heures après, les FARDC, appuyées par les forces de la MONUC, ont
contrattaqué jusqu’à récupérer l’aéroport le lundi 05 avril 2010 vers 10 heures du
matin. De nombreuses familles étaient contraintes de réfugier soit à la Procure des
missionnaires catholiques, soit au Cercle de la BRALIMA, soit au Quartier général
de la MONUC, ainsi que dans les localités périphériques de Mbandaka notamment
à Iyonda, à près de 20 km. Ceux qui avaient fui les affrontements ont regagné leurs
habitations à partir du 06 avril 2010. Et dans la journée du mardi 13 avril 2010, le
touriste espagnol répondant au nom de Mario Sarsa, qui était pris en otage par les
combattants Enyele peu avant leur entrée à Mbandaka sur l’îlot nommé Nganda-
Kongo, situé à 150 Km à l’extrême Nord de Mbandaka, a été libéré par les militaires
des FARDC.

Il faut signaler que quatre vingt neuf détenus ont été aidés à s’évader de la Prison
centrale de Mbandaka par les combattants Enyele. Cette évasion risque d’augmenter
la criminalité dans la ville de Mbandaka.

III. VIOLATIONS DES DROITS DE L’HOMME

A. Viol commis par des policiers

Le 09 avril 2010, aux environs de 19 heures, un groupe de six policiers armés a fait
irruption au n° 9 de l’avenue Saint Esprit, quartier Bokotola, commune Wangata et y
ont violé deux femmes avant d’emporter des biens de valeur de la maison : un poste
8

téléviseur ; un poste radio; un panneau solaire, des habits, des assiettes, deux
téléphones portable, et une somme d’argent de 300.000 franc congolais. La section
des droits de l’homme de la MONUC a aidé les victimes à recevoir des soins
médicaux.

B. EXECUTIONS SOMMAIRES

1. Imputables aux FARDC :

Le 04 avril 2010, vers 14 heures, un officier chargé de renseignement de la 3 ème


région militaire (T2 second) a ordonné l’exécution, au port de l’Office de routes, à
bord du fleuve, de plusieurs personnes accusées d’être en intelligence avec les
Enyele. Il s’agit notamment de :
- Bongumba Eninga Yvon, enseignant à l’Ecole Primaire Mabila à Mokame, qui avait
à l’époque fait une déclaration sur les antennes de radio Ekanga sur les activités des
Enyele,
- M. Nyabotambe Bokoto alias Cobra, étudiant en première licence sciences
politiques et administratives à l’Université de Mbandaka,
- M. Bonoma Urbain,
- M. Biko,
- Une fille répondant au nom de Martina.
- Dans la nuit de dimanche 04 avril 2010, M. Héritier Bokele, né en 1981, fils de Mme
Rose Bompoka, et résident au n° 20 de l’avenue Yasanyama à Mbandaka2,
commune de Mbandaka, a été arrêté par des militaires FARDC et exécuté à la 3 ème
région militaire. M. Hériter Bokele était appréhendé par des militaires FARDC au
niveau du quartier Basoko et accusé d’appartenir au groupe des insurgés Enyele.
La mission de l’ASADHO a reçu plusieurs témoignages faisant état de l’exécution
sommaire, dans la nuit du 05 au 06 avril de neuf personnes, qui avaient été
appréhendées, trois mois avant l’occupation de Mbandaka 4, accusées d’être des
insurgés Enyele.
- La mission de l’ASADHO a enregistré dix-huit cas de personnes exécutées
sommairement et déposées par après à la morgue de Mbandaka. Elle a été informée
de cinq corps ramassés à la cité, mais non déposés à la morgue.
- Le 04 avril, sur les 15 corps déposés à la morgue il y a eu des civils identifiés
comme suit : M. Roger Musapa, gérant du bateau de la compagnie Malaika, tué par
les Enyele ; Mme Bakwala Jacky, tuée par les FARDC ; M. Eale, tué par les FARDC ;
et M. Ngume, tué pas les FARDC.
- Le 05 avril, des personnes suivantes ont été exécutées par les FARDC : M.
Mulamba; M. Katende.

4
Leur arrestation est intervenue après les affrontements survenus entre les FARDC et les Enyele dans la localité de
Lobengo, située à plus ou moins 175 km de Mbandaka.
9

Il y a lieu de signaler que M. Jay Basilio Bool, de nationalité philippine, médecin


MONUC, est mort de crise cardique.

- Deux personnes que les FARDC avaient trouvé le 05 avril 2010 au Centre de santé
Mama wa Elikia, situé au croisement des avenues Bayera, Libération et Bayekoli,
quartier Mbandaka1, à coté de la maison communale de Mbandaka, ont été brulées
vives et publiquement par la population sous le nez des FARDC, qui les accusaient
d’appartenir au mouvement insurrectionnel Enyele.

Il est important de relever qu’il n’y avait jamais eu des combats entre les Enyele et
les FARDC à la Cité de Mbandaka lors de premiers progressions de ces derniers
vers l’aéroport. C’est pourquoi tous les témoignages recueillis attribuent les morts et
blessés enregistrés à la Cité de Mbandaka aux FARDC. Car les Enyele n’y sont
jamais passés. Ce qui laisse à croire que les FARDC n’avaient pas respecté les
principes du droit international humanitaires qui interdisent de diriger des attaques
vers les habitations civiles, car des cibles non militaires.

2. Imputables aux Enyele :

- Le 04 avril, de M. Roger Mongata, non autrement identifié,


- Le 04 avril,M. Musapa, gérant du bateau de la compagnie maritime Malaika. Les
Enyele avaient aussi fait exploser un bureau préfabriqué de la MONUC, ce qui
aurait probablement provoqué la crise cardiaque de M. Jay B. Bool.

C. ARRESTATIONS ET DETENTION ARBITRAIRES

Les enquêteurs de l’ASADHO ont été informés de plusieurs arrestations et


détentions arbitraires opérées par les FARDC et services de renseignement dans
plusieurs quartiers principalement de Basoko, car plus occupé par plus ou moins
830 déplacés de guerre.

Parmi les cas enregistrés, nous citons :

- Le 05 avril 2010, M. Valentin Bombilo, directeur de la Radio Mambenga,


installée dans un des locaux du bâtiment administratif de poste, dans le centre
ville de Mbandaka, a été arrêté et détenu à la résidence officielle de
Gouverneur de 10h à 19h sur ordre de REDOC Paluku. En effet, la victime
avait été invitée, le 05 avril 2010, par l’Attaché de presse du Gouvernorat afin
de prendre part au point de presse que le Gouverneur voulait tenir sur la
situation sécuritaire de la ville. A son arrivé sur le lieu, il fut accueilli par la
Ministre provinciale de la Communication et médias, Mme Rebecca Ebale
Nguma, qui l’a accusé publiquement d’avoir critiqué, dans l’une des
émissions radio, la manière dont un groupe de députés provinciaux avaient
10

procédé au remplacement de membres du bureau de l’Assemblée provinciale.


Et sur place, le REDOC Paluku va ordonner son arrestation.

- Le 05 avril 2010, M. Bafuma Bompaomenga, résident au n° 6 de l’avenue


Mundji, quartier Mbandaka 1, dans la commune de Mbandaka, âgé de 32 ans,
marié et père de deux enfants, a été arrêté par des militaires de la FARDC au
niveau du quartier Besenge vers 14 heures pour avoir porté une culote de
couleur rouge. Il fut accusé d’appartenir aux insurgés Enyele et brutalement
déshabillé et circulé nu jusqu’au cachot de la 3ème région militaire. Pour qu’il
soit relâché, il a dû payer une amende de 5.000 Franc Congolais et son
téléphone est toujours saisi.

- M. Joël non autrement identifié, résidant sur l’avenue Salongo, quartier air
Congo dans la commune de Mbandaka, fut arrêté le 05 avril 2010, dans le
champ de riz situé dans le quartier Besenge, commune de Mbandaka,
pendant qu’il était entrain d’y labourer. En effet, il y fut surpris par des
militaires FARDC qui l’avaient accusé d’être insurgé Enyele. Il fut déshabillé
et trainé nu dans les rues avant d’être relâché après paiement de la somme de
5000 franc congolais.

- Le 05 avril 2010, vers 09 heures du matin, M. Nyoyi Claude, fonctionnaire de


la Banque Centrale du Congo, succursale de Mbandaka, marié et père des 6
enfants, résident au n° 24 de l’avenue Bosaka, quartier Mbandaka1, commune
de Mbandaka, a été arrêté et accusé par des policiers dénommé « Mayi ya
sika », bien armés, d’appartenir au mouvement insurrectionnel Enyele pour
l’avoir trouvé en train de communiquer avec sa famille à Kinshasa par
téléphone. Ce téléphone, à deux sims, fut arraché avant de lui faire payer la
somme de 15.000 franc congolais pour qu’il soit libéré.

- Mme Limanga Zara, femme musulmane, mariée et mère d’une grande


famille, née en 1982, résidant dans le village Djombo, situé à plus ou moins 7
Km de Mbandaka, enceinte, a été arrêtée le vendredi 10 avril 2010 par des
militaires FARDC, dans le quartier Basoko où elle était entrain de vendre ses
cossettes de manioc. Elle fut accusée d’être femme des Enyele à cause de son
accoutrement et sa corpulence. Elle fut tabassée à mort et ses biens ont été
emportés par lesdits militaires. Elle a eu la vie sauve grâce à l’intervention du
Commandant desdits militaires qui a voulu prévenir un avortement. Elle fut
transportée par les habitants du quartier et conduite à l’hôpital général de
Wangata où elle fut admise pour des soins d’urgence.

- A Nganda Esobe, qui est situé dans le quartier Basoko, à bord du fleuve, dans
la nuit du lundi 05 au mardi 06/04/2010, M. Papy (qui a requis l’anonymat
pour son nom de famille), résidant sur l’avenue pêcheur a révélé aux
11

enquêteurs de l’ASADHO qu’il fut arrêté avec quelques écoliers qui venaient
de passer leurs examens, par des FARDC au motif qu’ils étaient en train
d’espionner l’Etat-major de la 3ème région militaire. La même personne a
déclaré à la mission avoir vu les militaires FARDC prendre deux groupes
respectivement de six personnes, dans la nuit du 05 avril 2010, et un autre de
dix-sept dans la nuit 06 avril et les amener à une destination inconnue, car
soupçonnées d’appartenir au mouvement des insurgés Enyele.

D. DISPARITION FORCEE

Les enquêteurs ont reçu plusieurs témoignages faisant état de personnes portées
disparues. C’est le cas de M. Bongeto Chirac, âgé de 26 ans, qui fut hospitalisé aux
Cliniques Universitaires de Mbandaka le 05 avril 2010 de suite des balles reçues à la
tête, et fut retiré de son lit d’hôpital dans la nuit 09 avril 2010 par des militaires des
FARDC qui l’accusaient d’être combattant Enyele et emmené à une destination
inconnue.

E. PILLAGE ET VOL A MAINS ARMEES

- Certains militaires FARDC ont pillé les installations de la MONUC lors des
affrontements le dimanche 04 avril. Parmi les biens pillés et volé par eux, il y a
des ordinateurs, des imprimantes, des chaises, des habits et autres matériels
de communication.

- Monsieur Willy Bakombele, père d’une grande famille, résidant sur l’avenue
Bwaka, n° 42, à Mbandaka1, commune de Mbandaka, fut visité le 05 avril
2010, vers 13 heures 30, par deux militaires FARDC, identifiés respectivement
sous les prénoms de Didier et Pitshou, et appartenant au camp Ngashi, qui le
menacèrent de le tuer. Comme il eut la possibilité de s’échapper et se cacher
chez les voisins, ses bourreaux s’étaient introduits dans sa maison où ils
emportèrent la somme de 500 USD et 200.000 FC que son fils Serge
Bakombela, étudiant en 2ème graduat de l’Université de Mbandaka, devait
aller payer à l’école pour ses études. La victime à déclaré aux enquêteurs de
l’ASADHO avoir demandé, sans succès, le secours auprès du colonel Code
Fort, commandant du groupe mobile d’intervention, par téléphone. La
victime a été aidée par les enquêteurs de l’ASADHO à déposer la plainte
contre lesdits militaires, depuis le 06 avril 2010, à l’auditorat de la Garnison
militaire de Mbandaka, avec copies pour information aux Gouverneur de
province, Commandant Région militaire, Redoc, Directeur de la DGM, Maire
de la ville. Mais jusqu’à ce jour aucune suite n’y est réservée.

- Dans la nuit de dimanche 04 au lundi 05 avril 2010, vers 3 heures du matin,


M. Rocky Epoma, marié et père des six enfants, commerçant de son état,
12

résident au n°7 de l’avenue Muzi, quartier Mbandaka1, commue Mbandaka, a


été visité par dix hommes habillés en tenue militaire FARDC non autrement
identifiés et armés. Ils lui avaient braqué l’arme et exigé de leur remettre de
l’argent et les articles de sa boutique. Après une perquisition de sa maison, ils
ont emporté une somme de 500.000 franc congolais, un carton de sardine de
marque anny et six bouteilles de bière Turbo King ;

- Dans la nuit du 05 avril, M. Moliki, résidant sur l’avenue Bosongobi, n° 18,


quartier Bongonzo, commune de Wangata, à Mbandaka, a été victime d’une
visite des hommes habillés en tenue militaire et armés. Ils avaient
perquisitionné toute sa maison avant d’emporter 200.000 franc congolais, des
appareils électroménagers et autres effets importants.

F. BLESSES

Après les affrontements entre les FARDC et les Enyeles, plusieurs victimes de
blessures ont été enregistrées démontrant que les belligérants n’avaient pas pris des
dispositions pour épargner les civils des dommages. Plusieurs blessés ont été
constatés dans les grands formations médicales de Mbandaka, soit dix aux Centre
hospitalier Universitaire, dix à l’Hôpital général de Wangata, et quatorze dont six
Enyele à l’Hôpital militaire du camp Ngashi.

Parmi les civils blessés nous pouvons citer :

a. Au Centre hospitalier universitaire de Mbandaka :

- Mlle Balangi, âgé de 3 ans, blessée par balle, et qui réside sur avenue
Yasanyama n° 12, quartier Mbandaka2, commune de Mbandaka ;
- M. Jean Louis Bondela, âgée de 37 ans, résidant au village Bamanya situé à
plus ou moins 7 Km de Mbandaka, marié et père d’une grande famille, blessé
par une balle;
- Mme Djema Mpembe, âgée de 33 ans, résidant sur avenue Nkunda, quartier
Mbandaka1, commune de Mbandaka, blessée par balle;
- M. Siluvangi Trésor, âgé de 30 ans, résidant au n°88 de l’avenue mbole,
quartier Mbandaka2, commune de Mbandaka, blessé par balle;
- M Liwenga, âgé de 31 ans, résidant au n° 3 de l’avenue potopoto, quartier
Basoko commune Mbandaka, blessé par balle;
- M. Tesie, âgé de 19 ans, il réside sur avenue Munji en face ISDR/Ville de
Mbandaka, il fut blessé par balle.
13

b. l’Hôpital Général de Référence de Wangata :

- M. Yoka Yabokola, né en 1991, élève de son état, résidant au n° 36 de l’avenue


Bosolibondo, quartier Bongonjo, commune Mbandaka2, blessé à la main gauche ;
- M Yanankoy Batetela, âgé de 14 ans, élève de son état, résidant au n° 57 de
l’avenue Mongo, quartier Libanga, commune Mbandaka, atteint par balle dans le
pied droit et à la maison gauche ;
- M. Mbengele Enkwa Prince, né en 1986, élève en 6ème année des Humanités
scientifiques de l’Institut du 24 novembre, résidant au n° 5 de l’avenue Bembambo,
quartier Ikongowasa, commune de Mbandaka, victime d’un tir à bout portant, de la
part d’un militaire FARDC, qui a atteint ses hanches. Deux autres balles ont traversé
sa main gauche. Ledit militaire FARDC l’avait suivi jusqu’à la maison le 05 avril
vers 7 heures du matin ;
- M. Mpia Bombanga, âgé de 12 ans, résidant au n° 70, quartier Mbandaka1,
commune de Mbandaka, il a été blessé par balle le 05 avril 2010 à la main gauche
pendant qu’il se trouvait à la maison ;
- Le 05 avril 2010, Mlle Ngoyi Djema, née le 14 février 2004, résidant au n° 5 de
l’avenue Bululu, quartier mbandaka1, commune Mbandaka, a été blessée par une
balle au niveau de la jambe droite ;
- Mlle Bayenga Munongelaka, née le 03 mars 199, a été blessée par balle lui tirée à
bout portant par des militaires FARDC pendant qu’elle se tenait devant le portail de
leur parcelle située dans le quartier soko zelo commue de Mbandaka ;
- M. Yando Ikembi, né le 24 juin 1976, marié et père d’un enfant, résidant au n° 41 de
l’avenue Libenge, quartier Barulako, à Mbandaka 2, dans la commune de
Mbandaka, en visite familiale à SOCOGEL dans le centre ville, le dimanche 04 avril
2010, vers 11 heures, avait rencontré plus ou moins dix militaires FARDC bien
armés. Pendant qu’il se précipitait à se rendre à la maison, lesdits militaires avaient
tiré sur lui sans sommation. Une balle l’a atteint à la main droite, et une autre sa
jambe droite ;
- M. Elenga Lisasi, né en 2003, qui réside au n° 7 de l’avenue Bangala, quartier
Basoko, commune Mbandaka, a été blessé par une balle le 05 avril 2010 à 10 heures
pendant qu’il dormait à la maison.

Les blessés civils comme militaires sont internés dans les différentes formations
médicales et pris en charge depuis le dimanche 11 avril 2010, le jour que le Ministre
provincial de la Santé leur a rendu visite, par le Gouvernorat de province.

IV. POURSUITES JUDICIAIRES

Après les affrontements, certains militaires ont été poursuivis, jugés et condamnés
devant le Tribunal de Garnison et la Cour Militaire de Mbandaka. Les accusés ont
bénéficié de l’assistance gratuite des Avocats commis d’office par le Bâtonnier du
14

Barreau de Mbandaka et qui ont déclaré à l’ASADHO que les procès se sont
déroulés dans le respect des droits de la défense.

a. Devant le Tribunal de Garnison :

- Le sous-lieutenant Rocha Mboyo, a été poursuivi et condamné à la peine de mort


pour pillage des installations aéroportuaires de la MONUC ;
- Le capitaine Mpumaso, a été poursuivi et condamné à six mois de prison ferme
pour pillage et lâcheté devant l’ennemi ;
- L’adjudant Bulabala est aussi poursuivi pour le meurtre d’un agent de l’ANR, et
l’instruction de son dossier est en cours.

b. Devant la Cour Militaire :

- Trois colonels Ngobo, Kabusa et Mulunda ont été poursuivis pour lâcheté devant
l’ennemi. Les deux premiers ont été condamnés à une année de prison avec sursis
de douze mois; et le dernier acquitté ;
- Le major Kabeya et treize policiers de la PIR ont été acquittés de l’accusation de
lâcheté devant l’ennemi.

Par ailleurs, l’ASADHO reste préoccupée par le sort de cinquante trois personnes,
arrêtées lors des affrontements du 04 au 05 avril, qui restent détenues à la base de
l’Etat major de la 3ème région militaire sans droit de recevoir visite des membres de
leurs familles, d’être présentées dans le délai légal devant une autorité judiciaire
compétente et d’obtenir l’assistance des conseils. Par contre, elle a salué la remise à
l’UNICEF, par les autorités militaires, de huit enfants combattants appréhendés lors
desdits affrontements.
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I. RECOMMANDATIONS

Au Gouvernement congolais :

- De mettre sur pied une commission d’enquête indépendante comprenant


notamment des membres de la société civile pour identifier les auteurs des
violations des Droits de l’homme commises depuis le déclenchement de
l’insurrection des Enyele jusqu’à ce jour dans la province de l’Equateur.

- De respecter et faire respecter la Constitution et le Règlement intérieur de


l’Assemblée provinciale de Mbandaka par la réhabilitation des anciens
membres de son bureau.

- D’enquêter sur les allégations de détournement des deniers publics et


corruption mis à charge du Gouverneur Jean Claude Bayende, et
éventuellement le faire poursuivre en justice, afin de donner effet à la
politique de tolérance zéro.

- D’améliorer sensiblement les conditions socio-professionnelles et logistiques


des militaires, policiers et autres agents qui contribuent à la protection des
citoyens et leurs biens.

- De mettre en place des programmes de développement socio-économiques


pour les communautés rurales.

Aux Députés provinciaux de l’Equateur :

- D’adopter une attitude d’indépendance tant vis-à-vis du Gouvernement


provincial que du Gouvernement central pour mieux défendre les intérêts de
la population.

- De combattre la corruption, défendre la Démocratie et la Primauté du droit.

A l’Auditeur Militaire Supérieur de Mbandaka :

- D’enquêter sur les faits imputés aux militaires FARDC et de déférer leurs auteurs
devant les juridictions compétentes ;

- De demander au Commandant de la 3ème région militaire le transfert de tous les


détenus afin de leur permettre d’organiser leur défense.
16

Aux organisations internationales :

- D’envisager des projets de développement pour les populations de la


province de l’Equateur.
17

I. PRESENTATION DE L’ASADHO

Nous sommes une organisation apolitique de promotion et défense des droits de


l’Homme créée le 10 janvier 1991 à Kinshasa par un groupe de juristes, médecins et
journalistes sous la dénomination de l’Association Zaïroise de Défense des Droits de
l’Homme en sigle AZADHO.

A la suite du changement du nom du pays de Zaïre en République Démocratique


du Congo en 1997, l’AZADHO se muera en Association Africaine de Défense des
Droits de l’Homme, ASADHO en sigle.

En 1998, à la suite de la mesure gouvernementale de bannissement de l’ASADHO


sur toute l’étendue de la république, elle travaillera dans la clandestinité pendant
deux ans et cinq mois.

Elle est animée par un Comité exécutif, au niveau national, composé de la manière
suivante :

1. Président National : Jean Claude KATENDE


2. Vice-Président National : Georges KAPIAMBA
3. Directeur chargé de renforcement des capacités : Benjamin LUKAMBA
4. Directeur chargé des enquêtes : Romain MINDOMBA
5. Directeur chargé de la protection des victimes : Jean KEBA
6. Directrice chargée des femmes, enfants et autres personnes vulnérables :
Josépha PUMBULU ;
7. Directrice de Publication : Rosette BULA-BULA

MANDAT

L’ASADHO a pour mandat : la promotion et la protection des Droits Humains.

Le travail de promotion consiste en :

 La vulgarisation des normes internationales relatives aux Droits humains et


Droit humanitaire.5
 La formation des citoyens (population, leaders d’opinion, journalistes,
défenseurs des droits de l’homme, syndicalistes, étudiants…) aux droits de
l’Homme, à la démocratie et à la bonne gouvernance.
18

 La tenue d’une bibliothèque pour faciliter la recherche en Droits de l’Homme


aux élèves, étudiants, enseignants, professeurs d’université, chercheurs
indépendants, fonctionnaires et animateurs de la société civile
 .6

Le travail de protection consiste en :

 Monitoring sur les violations des Droits de l’Homme (enquêtes sur les
allégations des Droits de l’Homme…).
 La dénonciation systématique desdites violations par la publication des
communiqués de presse, lettres ouvertes, périodiques et rapports.
 L’assistance juridique et judiciaire gratuite des victimes des droits humains.

Le travail en réseaux :

Au niveau national : l’ASADHO est membre de plateformes suivantes:

 Comité Droits de l’Homme Maintenant.


 RENADHOC (Réseau national des ONG de défense des Droits de l’Homme
de la RDC).
 GADERES (Groupe d’Actions pour la Démobilisation et la Réinsertion des
Enfants Soldats).
 RRN (Réseau Ressources Naturelles).
 PCQVP (Coalition nationale Publiez Ce Que Vous Payez).
 ITIE (Initiative de Transparence dans la gestion des revenus des Industries
Extractives).
 SAC (Sida Actions Croisées).
 WOPPA (Women Partners for Peace in Africa).
 RAF (Réseau Action Femme).
 Coalition nationale pour la Cour Pénale Internationale.
 Causes Communes.

Au niveau international : l’ASADHO est affiliée à :

 La Coalition des ONG pour la Cour Pénale Internationale (CICC, New


York) ;
 La Commission International des Juristes (CIJ, Genève) ;
 L’Organisation Mondiale contre la Torture (OMCT, Genève) ;
 La Fédération Internationale des Ligues et associations des Droits
Humains (FIDH, Paris) ;
19

 L’Union Interafricaine des Droits de l’Homme (UIDH, Ouagadougou) ;


L’ASADHO est dotée du Statut d’observateur à la Commission Africaine des Droits
de l’Homme et des peuples (Banjul, Gambie).