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LA THÉORIE GÉNÉRALE

DES DROITS ACQUIS


PAR

A. PILLET
Professeur a l'Université de Paris.
NOTICE BIOGRAPHIQUE

Antoine P I L L E T , né à Chambéry le 29 juillet 1857; agrégé des


Facultés de Droit, concours de 1884; professeur à Alger de 1884 à
1886, à Grenoble de 1886 à 1896, à Paris depuis 1896.
Auteur de nombreux ouvrages de droit international public et
privé.
LA THÉORIE GÉNÉRALE
DES DROITS ACQUIS

INTRODUCTION

DU RESPECT INTERNATIONAL DES DROITS


RÉGULIÈREMENT ACQUIS

u début de cette étude, il convient d'expliquer

A la portée et les effets du principe du respect interna-


tional des droits acquis.
Un exemple montrera mieux que de longs développements
la question dont nous allons nous occuper.
Je suppose une personne qui, au cours d'une excursion,
passe la frontière et entre dans un pays nouveau. Cette
personne, un simple touriste si l'on veut, avait dans son
sac quelques objets qui ne la quittent pas, elle s'appuie,
sur un bâton, use probablement d'une longue vue. Elle serait
à coup sûr bien surprise si on lui disait que la frontière
une fois passée, ces objets ne lui appartiennent plus et qu'ils
pourront être légitimement saisis par le premier venu. Et
cependant, si l'on considère que ces objets ont été acquis
dans un État conformément aux lois de cet État, lois dont
l'autorité expire à la frontière, si l'on réfléchit que c'est
en vertu de ces lois seules que cette personne est devenue
propriétaire des objets qu'elle porte sur elle, on sera porté
à penser que la proposition que j'émettais tout à l'heure
n'est point aussi juridiquement déraisonnable qu'elle paraît
l'être. Puisque ces propriétés n'ont été acquises qu'en vertu
de certaines lois, l'autorité de ces lois disparue, la frontière
490 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS

une fois franchie, sur quoi s'appuiera le droit du propriétaire?


J'émets là des doutes qui paraissent faire injure au simple
bon sens, car enfin aucune personne de bon sens n'admettra
jamais qu'un voyageur puisse être dépouillé de la propriété
des objets qu'il emporte avec lui simplement parce qu'il lui
est arrivé de passer d'un pays dans un autre, mais encore,
pour que ce résultat absurde soit évité, faut-il un principe,
une règle de droit qui serve dorénavant de base à cette pro-
priété qui sans elle disparaîtrait.
Cette régie de droit, dont l'importance paraît dès l'abord
extrême, c'est précisément ce principe du respect des droits
régulièrement acquis, qui fera l'objet de cette étude.
C'est un principe nouveau, non pas qu'on ne l'ait pas
appliqué de tout temps, car la nécessité qu'il représente
est sans réplique, mais parce qu'on l'appliquait d'instinct
et sans lui donner de formule.
Les statutaires n'ont jamais dégagé ce principe. Lorsqu'il
s'agissait pour eux de faire reconnaître dans un pays un
droit né dans un autre pays, ils invoquaient une certaine
idée de personnalité que l'on retrouve notamment sous la
plume de Dumoulin ou celle de Bouhier et qui était tout à
fait détournée de son sens habituel.
Ce fut Savigny qui opposa le premier les effets des lois
dans le temps, ce qui représente la non rétroactivité, à l'effet
des lois dans l'espace.
Ces deux matières font l'objet de son huitième volume
de droit romain, mais il n'eut pas l'idée de les combiner
et il ne vit pas que leur combinaison permettait de donner
une solution aux questions les plus pratiques et les plus
malaisées du droit international.
Le premier cas dans lequel le principe des droits régu-
lièrement acquis s'est fait jour dans la pratique se rapporte
à l'annexion. L'annexion fait passer la province qu'elle
atteint de l'empire d'une législation sous l'empire d'une autre
législation, mais les lois anciennes, celles de l'État démembré,
gardent leur effet sur les situations créées sous leur autorité.
Je n'en citerai, qu'un exemple.
Il y a peu d'années, un excellent élève de notre Faculté,
INTHODUCTION 401

devenu depuis un de nos collègues, M. Trotabas, nous a


présenté une thèse remarquable sur les « bandites, » sorte de
pâturage commun institué dans le Comté de Nice par les lois
italiennes antérieures à l'annexion et qui existent toujours
pour cette raison qu'elles ont été régulièrement acquises et
qu'elles doivent produire leur effet malgré le changement de
législation. Il y a même dans ce cas quelque chose d'extrê-
mement intéressant et qui jusque-là n'avait pas été aperçu
par les juriconsultes. Ces lois qui avaient donné naissance aux
« bandites » ont été abrogées en Italie de sorte que chez nos
voisins il n'existe plus de bandites, mais il en existe encore
en France, et en vertu de lois que l'on peut appeler des lois
mortes, car elles n'ont plus actuellement aucune activité.
C'est ainsi que dans les traités d'annexion on a quelque-
fois consacré le principe de la stabilité de positions juri-
diques acquises sous l'empire des lois du pays démembré et
que, même en dehors de tout traité, ce principe a été très
régulièrement suivi par la pratique; c'est en effet une règle
absolue que le changement de législation provenant de
l'annexion n'a pas d'effet sur les situations antérieurement
acquises.
Un autre exemple du respect qui s'attache aux droits
acquis se présente en matière internationale lorsque, au
cours de l'existence d'un droit, les circonstances de fait
qui influent sur ce droit viennent à changer.
On sait que, d'après une jurisprudence à peu près cons-
tante, le régime nuptial des époux mariés sans contrat est
celui de leur domicile matrimonial. Il est possible que ce
domicile change pendant le mariage, des époux venant à s'éta-
blir dans un autre État. Est-ce que leur régime nuptial chan-
gera du même coup? Certainement non. Personne ne l'admet-
trait. Les époux demeurent jusqu'à la fin du mariage sous leur
régime ancien et la persistance de ce régime est encore un hom-
mage rendu à l'idée du respect qui s'attache aux droits acquis.
Mais ce ne sont pas nos hypothèses.
Le cas qui nous intéresse est celui d'un droit qui a été
acquis régulièrement dans un certain pays et que l'on veut
ensuite faire exécuter dans un autre pays.
49U A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS

La formule à donner à ce principe peut être celle-ci. Toutes


les fois qu'un droit a été régulièrement acquis dans un pays
quelconque, ce droit doit être respecté et les effets qu'il pro-
duit doivent lui être garantis dans un autre pays, faisant
partie comme le premier de la communauté internationale.
C'est une nécessité absolument inéluctable, un principe sans
lequel aucun commerce international ne serait possible et, par
là même, aucune relation des nationaux de chaque pays avec
les étrangers.
Voici, par exemple, deux personnes qui sont mariées dans
un pays? Hésitera-t-on à leur accorder le titre d'époux
légitimes et les droits attachés à ce titre dans un autre pays?
On n'hésitera pas.
Voilà une personne qui acquiert en un lieu un objet mobi-
lier, un vase précieux si l'on veut; elle le transporte sur
un autre territoire et dans un autre État, aura-t-on l'idée
pour ce motif de contester la propriété de cette personne?
Ce serait, il faut l'avouer, contraire à toute justice. Aussi
l'on peut bien dire qu'au point de vue du droit, ce principe
est l'un des premiers éléments de notre science du droit inter-
national privé, et l'on ajouterait avec raison que, bien qu'il
n'ait été dégagé que tout récemment, en fait il a toujours
été appliqué.
Le principe ainsi reconnu vient compléter le cycle des
solutions dont l'ensemble forme la science du droit interna-
tional privé. On sait que cette science s'occupe de la con-
dition des étrangers dans chaque pays, puis, en second lieu,
des conflits de lois et de leurs solutions. C'est même là son
objet le plus important. Enfin elle se complète par l'admission
du principe du respect du droit international des droits
acquis.
Tels sont les trois objets qu'elle comprend. Et que l'on
ne pense pas qu'il y ait rien de fantaisiste dans cette dis-
tribution; elle correspond en effet très exactement aux
trois moments différents que l'on peut observer dans la vie
du droit, la naissance des droits qui dans l'ordre international,
donne lieu au problème de la condition des étrangers, l'acqui-
sition du droit par une personne déterminée laquelle, à
INTRODUCTION 493

notre point de vue, fait naître le conflit des lois, enfin


l'exécution des lois met en jeu le principe international
du respect des droits acquis, lorsque cette exécution a
lieu dans un pays différent de celui où le droit a pris nais-
sance.
On pourrait pousser les choses un peu plus loin et faire
voir que cette correspondance existe également en matière de
juridiction car là encore on rencontre trois questions : la
première, celle du droit d'ester en justice est sous la face
juridictionnelle la question de la condition des étrangers,
puis la question de compétence. Il est des conflits de compé-
tence comme il est des conflits de droit. Enfin la question de
l'exécution de jugements étrangers qui forme une part consi-
dérable dans le système général des droits acquis. Mais nous
ne nous occuperons que plus loin de la juridiction.
Voyons, avant d'en finir avec ce point élémentaire, quel
parti les auteurs contemporains ont tiré du respect des droits
acquis. Ils ont nommé ce principe, certains d'entre eux au
moins, et sa figure ne leur était pas tout à fait étrangère,
mais ils n'ont pas su l'utiliser, en ce double sens qu'ils ont
voulu le faire servir à la solution de conflits, ce à quoi il était
complètement inapte et qu'ils n'ont pas eu l'idée de le trans-
porter dans le champ qui lui est propre, celui des effets des
actes juridiques à l'étranger.
Déjà plusieurs auteurs dans la période de transition
entre le droit ancien et le droit nouveau avaient adopté ce
remède aux conflits de lois. Schaeffner au xix e siècle a repris
leur doctrine : il enseigne que chaque rapport est à juger
d'après les lois du lieu où il a pris naissance, sauf à tenir compte,
dans certains cas, des lois absolues.
D'après cette doctrine on appliquerait indistinctement
aux rapports de droit la loi du lieu où il a pris naissance et
à l'étranger on reconnaîtrait les effets de ce rapport par
respect pour cette loi.
Une pareille doctrine tiendrait non pas précisément à
résoudre les conflits, mais bien plutôt à les renouveler. Elle
n'est malheureusement pas acceptable. Il y a conflit parce
qu'il y a doute sur la législation à appliquer, et ce doute
494 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS

ne peut pas être levé en appliquant uniformément la loi du


lieu où le rapport est né.
La même objection peut être posée à un auteur singulière-
ment plus remarquable et meilleur, l'Anglais Dicey. Dans
l'introduction qu'il a placée en tête de son excellent ouvrage,
Dicey nous dit que le premier principe du droit international
est qu'il faut donner effet aux droits dûment acquis sous les
lois d'un pays civilisé, mais c'est là reculer la question plutôt
que de la résoudre.
Qu'est-ce qu'on doit entendre par droits dûment acquis?
C'est sans doute celui qui a été acquis en observant la loi
compétente et Dicey ne nous dit pas bien quelles sont les lois
compétentes; il se borne à introduire là une notion extrême-
ment intéressante et qu'il est seul à avoir bien aperçue,
celle de l'excès de pouvoir en droit international. Il nous
parle en eiTet du souverain qui statue « ultra vires » soit quant
à la loi quand il donne à sa propre législation une amplitude
qu'elle ne doit pas posséder, soit quant à la juridiction quand
il réclame pour ses propres juges la connaissance des affaires
qui devraient appartenir à d'autres juges. C'est dans le cas
où le souverain agit « ultra vires » que le droit qu'il a pu con-
céder ne s'impose plus au respect des États étrangers.
Retenons cette conception de l'excès de pouvoir interna-
tional, elle est très juste et constitue une des différences
les plus notables existant entre le droit national et le droit
international.
Nous citerons encore ici M. de Vareilles-Sommières, qui
voulant dans sa synthèse du droit international privé donner
une nouvelle vigueur à la doctrine ancienne des statuts,
la combine avec le principe de non rétroactivité des lois
et rattache à ce principe l'effet international qu'il donne
à sa doctrine. La tentative est très ingénieuse, elle ne répondait
cependant pas à une nécessité : lorsqu'un acte est valable au
point de vue national on comprend, sans qu'il y ait lieu de
recourir au respect des droits acquis, que cet acte soit
reconnu par tout le monde valable au point de vue interna-
tional, et valable pour tout le monde sont deux expressions
qui, à notre avis, s'équivalent.
INTRODUCTION 495

Ces faibles tentatives sont tout ce que l'on trouve comme


autorité donnée par les auteurs contemporains au principe de
l'effet international du droit acquis.
Nous montrerons dans la suite de cette étude que ce prin-
cipe est beaucoup plus important qu'on le soupçonnerait
d'après ces quelques citations et qu'en réalité il constitue
l'un des grands animateurs de la science tout entière.
CHAPITRE PREMIER

QU'EST-CE QU'UN DROIT


RÉGULIÈREMENT ACQUIS?

OULANT étudier le principe du respect du droit régulièrement

V acquis, notre premier soin doit être de définir ce que l'on


entend par un droit régulièrement acquis.
C'est spécialement la vertu du mot « régulièrement » qui doit
être examinée ici. Que représente ce mot? Il représente le droit
constitué suivant les conditions légales de son existence, le droit
réunissant tout ce qui contribue à sa perfection et poussé à un
point tel qu'il peut produire son effet ou qu'il l'ait déjà produit ou
qu'il ait pu le produire sur l'aire nationale. Pratiquement, c'est
donc à ce signe que le droit est assez complet pour avoir pu produire
ou pour avoir produit son effet, que l'on reconnaîtra un droit régu-
lièrement acquis.
Ceci posé, nous devons observer qu'il existe deux catégories de
droits régulièrement acquis, différentes dès l'abord l'une de l'autre;
l'une est le droit à formation nationale, l'autre celle du droit inter-
national. La première, qui comprend le droit à formation nationale,
suppose qu'un droit est né dans des conditions qui n'ont rien
d'international; les personnes intéressées, les biens objets du droit,
le lieu où il a été constitué, tout cela ressort d'un seul et même
État; c'est donc un droit purement national, mais rien n'empêche
que dans le cours de son existence ce droit soit transporté d'un
pays à l'autre ; alors, et relativement à son effet, le voilà qui devient
international et qui donne naissance à la question de l'efficacité
du droit acquis. Et ceci nous montre bien que la question de l'effet
international du droit acquis est entièrement distincte de la question
de conflit de lois. Dans l'exemple que nous venons de citer, aucun
conflit d'aucune sorte n'a pu surgir, car le droit, à son origine, était
DÉFINITION 497

purement national par rapport au pays de sa naissance et cependant


au bout d'un temps plus ou moins long, par l'effet des circonstances,
ce droit est devenu international par suite de la nécessité où s'est
trouvé son propriétaire de le faire valoir à l'étranger.
Nous plaçons dans une seconde catégorie les droits qui dès
l'origine sont internationaux. Au moment même de leur naissance,
par conséquent, ces droits touchaient à plusieurs pays et mettaient
en jeu l'autorité de plusieurs législations. Pour être régulièrement
acquis, il est nécessaire qu'ils aient été constitués en conformité
de la législation compétente et nous savons que par législation
compétente il faut entendre celle dont l'application est commandée
par le principe de droit international privé en vigueur.
Donc ici une opposition très nette se révèle entre les deux caté-
gories de droit dont nous parlons : d'une part, les droits purement
nationaux d'origine et auxquels il suffit d'avoir été constitués
suivant la législation nationale pour être réguliers; d'autre part,
les droits qui n'ont jamais été qu'internationaux et qui ont dû être
constitués suivant la législation compétente. Voilà dans l'une et
dans l'autre catégorie ce qu'est la constitution essentielle de la
régularité.
Mais une question secondaire se présente. La législation compé-
tente est indiquée dans chaque pays par la théorie générale du
droit international privé qui a été établie par le législateur et qui
est suivie dans ce pays. De quelle catégorie de droit international
privé s'agit-il ici? Faut-il pour la régularité du droit acquis qu'il
ait été constitué suivant la loi considérée cpmme compétente dans
le lieu de sa constitution, ou suivant la loi réputée compétente
dans le lieu où l'on prétend faire valoir son effet?
Il ne peut exister aucun doute sur ce point dans une question
qui, comme celle-ci, touche à l'étendue de l'application de la loi
et, par conséquent, au domaine de la souveraineté, la seule formule
obligatoire est celle que donne la lex ¡ori ; il n'y a donc pas à s'inquiéter
de la loi réputée compétente dans le pays de la constitution, mais
de celle qui est considérée comme telle dans le pays du juge. Ainsi,
il est possible que dans le premier la capacité soit à apprécier
d'après la loi nationale; dans le second, au contraire, d'après la
loi du domicile — c'est seulement si l'on s'est conformé à la loi du
domicile que le droit sera régulièrement acquis. Il est possible aussi
498 A. PÎLLET. — LES DROITS ACQUIS

qu'entre les deux pays, on rencontre d'une part une préférence


pour la réalité des successions, d'autre part une préférence pour
leur personnalité — c'est le choix fait entre ces deux doctrines
par la loi du juge qui sera déterminante quant à la régularité du
droit acquis.
Cette dernière condition est de nature à faire naître certaines
inquiétudes quant à la possibilité par les particuliers de constituer
des droits acquis.
Ces inquiétudes sont légitimes. On ne doit pas cependant les
exagérer. Bien qu'il existe d'un pays à l'autre des différences
touchant les principes du droit international privé, ici et là beau-
coup de règles sont communes, principalement parmi les plus
importantes de toutes, de telle sorte qu'il est fréquent qu'un droit
constitué suivant la loi compétente dans le lieu de sa constitution
se trouve avoir obéi à la loi compétente dans le lieu où on demande
à lui faire produire son effet.
On s'est demandé, dans un ouvrage récent, si ces mêmes prin-
cipes pouvaient être suivis en cas d'annexion et Eliaesco a pré-
tendu, dans une dissertation très approfondie, qu'il y avait lieu
dans ce cas particulier d'apporter une exception au principe. Il
nous suffira ici d'avoir fait allusion à cette doctrine dont l'examen
nous entraînerait hors des limites de cette étude.
Voilà donc à quelle condition un droit devra être réputé régu-
lièrement acquis; d'autre part, il n'est peut-être pas sans intérêt
de faire remarquer que ce principe de l'effet international du droit
acquis qui, dans l'ordre logique des questions dont s'occupe le
droit international privé, vient en dernier, apparaît le plus souvent
le premier dans l'ordre pratique .C'est à l'occasion des droits acquis
à l'étranger et de l'effet que l'on veut en tirer en France que l'on
arrive à discuter la légitimité de pareils droits et notamment le
point très considérable de savoir s'ils ont été acquis conformément
à la loi compétente ou au mépris de cette loi.
Quant aux effets attachés à la régularité des droits dans les
rapports internationaux, il suffit pour les dépeindre de paraphraser
le titre même de notre étude : Un droit qui est régulièrement acquis
aura ses effets à l'étranger alors que, au contraire, un droit qui n'a
pas été régulièrement acquis ne pourra pas produire d'effet à
l'étranger.
DÉFINITION 499

Ceci paraît bien élémentaire et on pensera peut-être qu'il est


inutile de proposer des formules aussi banales que celle-là; ce que
l'on ne soupçonne pas, en effet, c'est que ces formules banales per-
mettent à elles seules de jeter la lumière sur certains points de
grande difficulté dans le ressort de notre science. Prenons, par
exemple, la propriété littéraire et artistique — c'est un sujet singu-
lièrement important et c'est un sujet inexplicable pratiquement,
si l'on n'use pas du secours des principes que nous venons de poser.
Il n'est pas douteux en effet que le droit de l'auteur ou de l'artiste
sur son œuvre est une sorte de monopole, un droit purement excep-
tionnel, et qui, par sa nature, ne doit pas excéder les frontières de
l'État qui l'a constitué; en principe donc, le droit de l'auteur ou de
l'artiste devrait expirer à la limite du territoire et nous voyons
au contraire, qu'en pratique, ce droit tend de plus en plus à avoir
une portée internationale et cela non seulement parmi les peuples
qui ont adhéré à l'Union de Berne et se trouvent ainsi dans le lien
d'un traité, mais aussi par l'effet de la pure législation intérieure,
tel que chez nous le fameux décret de 1852. Comment expliquer
cette contradiction par suite de laquelle nous voyons des droits
naturellement territoriaux produire cependant les mêmes effets à
l'étranger que sur le territoire où ils sont nés. On l'explique et on
ne peut l'expliquer que par la théorie du respect des droits acquis.
L'auteur qui a édité son livre dans un pays, l'artiste qui a livré
au public une œuvre d'art ont, d'après la législation de ce pays,
un droit qui est un monopole de reproduction et qui s'appelle la
propriété littéraire ou artistique. Ce droit est pour eux un droit
acquis et, simplement parce que c'est un droit acquis, sans qu'il
y ait besoin d'invoquer le secours d'aucun autre principe, l'auteur
et l'artiste peuvent faire valoir à l'étranger aussi bien qu'à l'inté-
rieur les effets attachés à leur droit. Ce que nous disons, au surplus,
de la propriété littéraire pourrait se dire aussi bien de la propriété
industrielle et nous savons que c'est également là une matière d'une
grande importance au point de vue du droit international.

Mais ailleurs encore notre principe fait valoir son effet et permet
de diminuer la part laissée à la territorialité dans notre domaine.
Cela est sensible, par exemple, en matière de propriété mobilière;
les modes d'acquisition de la propriété mobilière sont assez variés
et notamment tous les États ne reçoivent pas chez eux la maxime
500 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS

« en fait de meubles possession vaut titre. » On peut dès lors se


demander si une personne qui a acquis de bonne foi d'un non
propriétaire un meuble dans un pays où la maxime n'est pas
observée, comme en Espagne, peut, en venant en France, se
mettre sous la protection de cette maxime.
C'est une question qui a été discutée notamment dans le procès
célèbre du Duc de Frias. Malgré l'avis contraire de la jurisprudence
française et de la plus grande part de la doctrine, il ne faut pas
hésiter à répondre négativement à cette question. Celui qui en
Espagne a reçu tradition d'un meuble n'en est pas devenu proprié-
taire, il n'a pas de droit acquis et dès lors, en France, il est sans
titre à invoquer un droit qu'il n'a pas obtenu au moment de la
remise de possession. Cette même question a fait de très grandes
difficultés dans le procès auquel la restitution de la Joconde a donné
lieu. Ce même principe servira encore à corriger certains points
sur lesquels les doctrines des anciens auteurs apparaissent visi-
blement fausses. Lorsque le célèbre Dumoulin se demandait
pourquoi un droit fondé sur la volonté était valable en tout temps,
il répondait à cette question en disant qu'un semblable droit est
doué d'une espèce de personnalité; cette affirmation n'est pas
juste, elle est contraire à la doctrine de Dumoulin lui-même qui
commence par nous dire que les conflits en matière de contrats ne
sont ni réels ni personnels. Pourquoi cette contradiction? c'est que
Dumoulin n'avait pas vu qu'une autre considération servait à jus-
tifier la conséquence qui l'embarrassait, celle de l'effet universel
que doit produire un droit régulièrement acquis.
Mais les ressources que nous devons à notre principe sont loin
d'être épuisées par là et l'on peut dire qu'il y a dans le droit certaines
grandes matières qui ne vivent que par l'effet de ce principe, ainsi
la responsabilité délictuelle.
Il n'est douteux pour personne que les lois touchant la respon-
sabilité délictuelle sont des lois de crédit public, par conséquent
des lois territoriales. Faut-il en déduire que l'auteur du délit en
passant à l'étranger ne peut plus être recherché par l'action en
indemnité : On y serait obligé sans le secours de notre principe,
car alors on se trouverait devant ce fait brutal que l'action basée
sur une loi territoriale ne peut pas être intentée au delà des limites
du territoire. Il ne peut pas en être ainsi si l'on considère que le
DÉFINITION 501

délit a donné à la victime le droit acquis à une réparation mesurée


par la loi territoriale, il importe fort peu que l'auteur de ce délit
demeure dans le pays ou soit à l'étranger; en vertu de ce droit
acquis, il pourra être poursuivi en tout lieu.
C'est encore cette idée qui permet, en matière de faillite, de
justifier une règle de grande équité que nous voyons admise à
peu près partout, celle qui permet à des créanciers étrangers de
concourir à la faillite; la faillite étant un mode d'exécution sur les
biens a évidemment une nature territoriale, mais il importe peu;
les créanciers étrangers possèdent un droit acquis par leur créance
et ce droit ils peuvent le faire valoir dans tous les pays : le principe
n'est donc pas douteux, mais on sait que sa mise en pratique soulève
de nombreuses difficultés.
De même encore l'idée du respect qui s'attache aux droits
acquis nous donne la clef d'une matière extrêmement difficile et
qui demeure depuis longtemps ouverte aux disputes des juris-
consultes, celle de la nationalité des sociétés. Quand on se
demande si une société, personne morale, peut déployer son activité
hors de son propre territoire, on y répond volontiers en disant
que conformément à l'article 3, paragraphe 3 du Code civil
français, la capacité de cette société a un effet extra-territorial.
Aucu. t erreur ne paraît pouvoir être plus grosse que celle-là.
Une société qui n'a pas d'existence physique n'a pas de volonté
et une personne qui n'a pas de volonté ne peut pas avoir de capa-
cité. Au contraire, si l'on considère la même question à la lumière
du principe du respect international du droit acquis, la difficulté
tombe; il paraît évident en effet que les représentants de cette
société ont un droit acquis à exercer leurs fonctions et ce droit,
régulier dans son principe, est de nature à être exercé à l'étranger
aussi bien qu'au lieu où la société a eu son origine.
L'énumération qui précède nous a montré qu'il n'y a guère dans
le droit de matières importantes sur lesquelles l'idée du respect
du droit acquis n'étende son influence et nous ne disons pas trop
en avançant que cette influence est, pour bien des questions, une
source de lumières et une raison sans réplique de décision. Ne
craignons pas de dire que notre principe nous permettra la
construction de théories non encore établies et dont nous avons
grand besoin. En matière de divorce, par exemple, s'il plaît ò,
502 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS
Dieu, nous l'établirons. On comprendra que l'on ne peut pas
traiter légèrement un principe qui permet de faire valoir, dans les
rapports des nations entre elles, des institutions de justice élémen-
taire comme la répression de la concurrence déloyale ou comme la
distribution de l'actif du failli à ses créanciers, institution qui
du reste sert de garantie à la portée normale du droit et sans
laquelle l'effet international de l'article 2279 du Code civil demeure-
rait à jamais douteux, institution qui enfin peut venir en aide à
la solution des situations jugées à peu près inextricables. Il est
certain, par exemple, que cette célèbre affaire de Vrède, qui porta
il y a une trentaine d'années devant la Cour de Paris la cause de
deux mariages dont la validité était également contestée, ne pou-
vait être résolue que par un appel à la théorie de l'effet du droit
acquis.
CHAPITRE 11

DE L'EFFET DES DROITS RÉGULIÈREMENT ACQUIS

ous avons posé au chapitre premier le principe de la validité

N internationale des droits régulièrement acquis. Nous avons


maintenant à considérer le développement de ce principe
et à montrer comment il arrive à transformer totalement certaines
matières juridiques. L'idée qui nous guide ici, est une idée fort
simple et en même temps fondamentale : c'est que, lorsqu'on invoque
dans un pays un droit que l'on a acquis dans un autre pays, c'est
ce droit lui-même dont on entend se servir; nous disons ce droit
lui-même pour signifier que dans le pays où on l'importe, le droit
ne se transforme pas, il ne devient pas un nouveau droit, mais reste
tel qu'il était dans le pays étranger où il a pris naissance.
De là deux conséquences surgiront : I o Le droit acquis dans un
pays produira à l'étranger les effets mêmes qu'il produit dans le
pays où il a d'abord été obtenu;
2° Ce droit n'aura d'effet à l'étranger que pour autant qu'il en
possédera dans le pays de son origine.
Ces deux propositions peuvent, à bon droit, passer pour évidentes ;
elles devaient être formulées cependant, car elles servent de base
à des théories juridiques d'un très haut intérêt; c'est ainsi en parti-
culier que l'effet international de la propriété littéraire, artistique
ou de la propriété industrielle ne peut être déterminé qu'à la
lumière de ces deux grandes règles.
Nous avons déjà montré que le respect de la propriété littéraire
ou artistique acquise à l'étranger n'est rien autre qu'une face du
principe de l'effet international des droits acquis. Considérons main-
tenant dans l'application les effets de ce respect et voyons jusqu'où
il s'étend.
Nous rencontrons là une question centrale autour de laquelle
504 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS
des débats très vifs ont eu lieu entre internationalistes. C'est la
question de l'unité ou de la pluralité de droit. Cela veut dire que
l'on se demande, en cas d'usage d'une propriété littéraire dans un
pays autre que celui où elle est née, s'il y a une ou plusieurs pro-
priétés ; si la propriété ainsi invoquée à l'étranger est bien la même
qui existait dans le pays où elle est née, ou si elle n'est pas différente.
Les représentants des auteurs ou des artistes ont cédé à la ten-
dance de se prononcer pour la pluralité; leurs commettants y
trouvaient cet avantage que les droits qu'ils possèdent dans les
divers pays où se débitent leurs livres ou leurs œuvres d'art sont
indépendants les uns des autres, ce qui permet d'assurer mieux la
survivance de ces droits et quelquefois d'étendre leur portée. Ce
parti a été, après controverse, adopté, par l'article 4, paragraphe 2,
de la Convention réformée de Berlin du 13 novembre 1908. Cet
article a en effet déclaré que la propriété reconnue dans un pays
serait indépendante de celle qui auparavant aurait été acquise
dans un autre pays ; et, à ce principe général, la convention ne fait
qu'une exception : l'exception de la durée; elle spécifie en effet
que lorsque le droit cesse d'exister dans le pays d'origine de
l'œuvre, il cesse d'exister aussi dans le pays où il a été transporté.
Voilà quel est au point de vue actuel le principe adopté. Nous
n'hésiteroris pas à dire qu'il est insoutenable.
L'auteur ne peut en effet réclamer à l'étranger que les droits
qu'il a acquis dans le pays de l'édition de son œuvre, car c'est
l'édition qui a créé le droit et non point le fait d'avoir transporté
l'œuvre à l'étranger : cela, c'est l'évidence même, et si l'on veut
bien réfléchir que dans un même pays, quel que soit le nombre
d'éditions d'un même ouvrage que l'on tirera, il n'y aura jamais
au profit de l'auteur qu'une seule et même propriété littéraire datant
de l'époque de l'apparition du livre, on sera convaincu que, dans
les rapports internationaux, il n'y a également qu'une seule propriété
littéraire, celle qui est résultée de l'édition dû livre et dont les effets
ont pu, par la suite, se produire à l'étranger. La théorie de la pluralité
introduite dans cette matière pour des motifs que l'on peut qualifier
de purement pécuniaires, île trouve aucune justification; celle de
l'unité, au contraire, coïncide avec ce fait que c'est grâce au respect
d'un droit, qui à l'origine a été acquis dans des conditions régulières,
que l'on peut réclamer les effets de ce droit à l'étranger.
EFFETS 5U5

Le droH; dé la propriété littéraire est devenu assez uniforme et


ces grandes querelles n'ont plus aujourd'hui l'intérêt qu'elles
avaient autrefois. Ne croyons pas cependant qu'elle manque tout
à fait d'intérêt, elle peut en avoir en matière de traduction, car il
est fréquent que le droit de traduction qui appartient à l'auteur
lui est concédé cependant dans des conditions un peu moins larges
que celles de la propriété même de l'œuvre; suivant les législations,
il arrive que ce droit de traduction ne dure pas aussi longtemps;
il est limité à dix ans alors que la durée du droit de propriété est
de cinquante ans, ou bien encore il peut arriver que l'on impose à
l'auteur, pour lui réserver le monopole de la traduction, certaines
conditions comme celle de faire traduire lui-même dans un certain
délai. Si cette limitation ou ces réserves existent dans la loi du
lieu de l'origine de l'œuvre et si elles n'existent pas dans celle du
pays d'importation, les théories en présence auront des consé-
quences opposées. Dans le premier cas, le droit importé subira dans
le lieu d'importation toutes les réserves qu'il subit dans le pays
d'origine; dans le second cas, au contraire, il sera exempt de ces
réserves et on aura ce spectacle curieux d'un auteur plus favorisé
dans un pays étranger qu'il ne l'est dans le lieu même de production
de son œuvre.
Un autre intérêt se présenterait quant au mode de représenta-
tion des œuvres musicales et dramatiques, question qui a donné
lieu au célèbre procès de Verdi en 1857. On conçoit a priori que là
propriété artistique sur un opéra par exemple ne comprenne que
le droit de reproduction des paroles et de la musique, mais on conçoit
mieux encore que ce droit contienne aussi la faculté d'interdire lá
représentation. Dans la doctrine que nous croyons seule solide, ce
point essentiel serait réglé par la loi du lieu de l'origine de l'œuvre.
Dans le système de la pluralité, le sort de l'auteur dépendra
dans chaque pays des particularités de la loi de ce pays à cet égard.
D'une façon générale l'analyse à laquelle nous procédons né
permet pas de soutenir une théorie très en honneur dàris le monde
de ceux qui représentent les auteurs et les artistes, la théorie du
minimum qui prétend que dans chaque pays la situation faite par
traité aux auteurs et aux artistes, celle qui par exemple résulte
pour éüx de l'Union de Berne (1886) n'est jamais qu'un minimum,
de telle sorte que s'ils trouvent avantage à revendiquer les droit»
506 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS

organises par la législation du pays en faveur de leurs semblables,


cette option est parfaitement justifiée et rien ne peut lui être opposé.
Cela encore, à notre avis, est inexact. L'auteur ou l'artiste a dans
tous les pays le droit de réclamer les avantages qu'il possède dans
le lieu d'édition de son œuvre, mais il n'a jamais que le droit
de réclamer ces avantages.
Les mêmes controverses ont eut lieu au sujet de la propriété
industrielle. On a eu ce spectacle curieux qu'en matière de brevets,
de dessins et de modèles, la pratique se prononçait pour le système
de la pluralité, alors qu'en matière de marques de fabrique elle
adhérait au système de l'unité. Entre ces deux variations, notre
choix est évidemment tout fait : à noire avis c'est le système de
l'unité qui seul doit être appliqué. Contrairement à cet avis,
l'article 2 de l'Union de Paris, remaniée par le traité de Washington
du 2 juin 1911, décide que les brevets que l'on aurait pris dans des
différents pays pour la même invention seront indépendants les
uns des autres, alors que ces brevets sembleraient au contraire
devoir dépendre du premier qui ait été obtenu. Cette question a
donné lieu quelquefois à un embarras considérable, particulièrement
dans la célèbre affaire des brevets Knight et Potter, sur le point
essentiel de savoir quel serait l'effet de la chute d'un brevet pour
non-paiement de la redevance : notre jurisprudence française s'est
partagée — les uns disant que la chute d'un brevet dans un pays
quelconque entraînait la chute du brevet pris pour la même invention
dans tous les pays, tandis que d'autres admettaient que la chute d'un
brevet pour non-paiment de la redevance n'avait d'effet que dans le
seul pays où la circonstance de non-paiement avait été relevée.
Il se trouve que ces deux juridictions ont eu également tort et que,
en réalité, c'est seulement la déchéance dans le pays d'origine du
brevet qui peut avoir un effet général, les brevets secondaires
dérivant tous de ce brevet primitif. Quant à la déchéance encourue
dans d'autres pays, elle ne pouvait avoir naturellement d'effet que
dans le pays même où elle se produisait; cela est la conséquence
très certaine et très simple de l'application du respect de la théorie
des droits acquis; mais nous observerons que la fausse opinion
entretenue par la jurisprudence touchant la portée de cette déchéance
dans le système de l'unité a été la grande raison qui pratiquement
a fait condamner ce système.
EFFETS 507

En matière de marques au contraire, et en matière de protection


du nom commercial, la pratique, appliquée très sainement, de la
pluralité aboutit à ce résultat que si une marque est importée, ou
encore un nom, dans un pays autre que celui de son origine, la
protection accordée à cette marque ou à ce nom n'est pas différente
de celle que leur procure la législation du pays d'origine.
Nous n'entendons pas dire par là que les limitations mises à la
protection de la propriété littéraire ou de la propriété industrielle
par les lois du pays d'importation ne soient pas opposables aux
propriétés d'une origine étrangère; elles le sont au contraire dans
la plupart des cas, pour cette excellente raison que ces limitations
ont été introduites dans l'intérêt du public tout entier et qu'un
si grand intérêt est opposable aux étrangers comme il l'est aux
nationaux; ce que nous entendons dire, c'est simplement qu'en
aucun cas, un droit de propriété littéraire ou industriel ne peut avoir
dans un pays d'importation d'effets plus grands que ceux qu'il
possède dans son pays d'origine.
Dans cette matière véritablement, comme nous l'exprimions plus
haut, le principe du respect international des droits acquis est la
charpente de l'édifice; sans le secours de ce principe, il est impos-
sible de comprendre comment un certain droit acquis ansd un
certain pays peut être transporté à l'étranger et y produire, au
profit de l'auteur ou du commerçant, un monopole pareil à celui
qu'il possède dans le pays d'origine.
Ailleurs et assez loin du domaine que nous venons de parcourir,
nous voyons notre principe jouer un rôle aussi important : c'est
en matière de nationalité des sociétés. On sait toutes les difficultés
que soulève cette matière et comment l'idée même de nationalité
des- sociétés est quelque chose d'assez peu solide, mais enfin elle
existe et il reste à la déterminer. Sur ce point, les opinions s'entre-
croisent; les uns veulent que la société ait la nationalité du pays
où elle exerce son industrie, les autres, et c'est la majorité, celle
de son siège social. Ni les uns ni les autres n'ont raison : une
société n'a pas d'autre nationalité que celle du lieu où elle a été
constituée, car une société n'est pas, si on l'analyse, autre chose
qu'un ensemble de droits acquis, droits dont la nature ne peut
être qualifiée que par la législation sous l'empire de laquelle ils
ont pris naissance; là encore, nous sommes en présence d'une
508 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS

solution en quelque sorte forcée et qui rend inutile la controverse


à laquelle nous faisions allusion.
Nous nous en tiendrons là, cat' il serait facile de citer d'autres
sujets dans lesquels le développement de notre principe a également
des effets considérables, le régime de la propriété mobilière, lá
lettre de change, la faillite, la responsabilité délictuelle sortt autant
de sujets très simplifiés par l'admission de la théorie de l'effet
international des droits acquis. En réalité, si nous pouvions pour-
suivre cette théorie dans toutes ses conséquences; nous verrions
qu'elle vivifie le droit international privé presque en entier.
CHAPITRE III

PRINCIPE DU RESPECT DU DROIT ACQUIS DANS SES


RAPPORTS AVEC LA COMPÉTENCE ET AVEC L'EXÉ-
CUTION DES JUGEMENTS ÉTRANGERS

'EXAMEN de cette nouvelle question nous transporte sur un

L terrain où l'influence du principe du respect du droit acquis,


moindre à la vérité qu'elle ne l'est d'habitude, nous fournit
pourtant des vues intéressantes sur la nature de ce principe.
Existe-t-il un droit acquis en matière de compétence'? Ici, la
réponse à faire à la question doit être particulièrement prudente.
D'une façon générale, on peut dire qu'il n'existe pas de droit acquis
en matière de compétence jusqu'au moment où l'instance est liée :
à ce moment, au contraire, les circonstances du procès se fixent et
aucun changement ultérieur n'est plus de nature à agir sur la com-
pétence. Dans l'affaire de Bari où la compétence des juges était
basée sur la nationalité, notamment, ce point a été particulièrement
mis en lumière par les juges. On peut donc dire qu'en matière de
compétence il n'y a pas de droit acquis jusqu'au moment de l'intro-
duction de l'instance, mais qu'à partir de ce moment, la compé-
tence des juges est un droit acquis pour les parties.
Comme on le voit, l'idée du respect joue ici un rôle plus effacé,
au moins en droit commun, car il faut noter que, dans certains cas
particuliers, il reprend un empire plus grand, ainsi en cas de conven-
tions de juges, ou encore en cas de compromis, lorsque dans des
circonstances, régulières du reste, les parties ont convenu de porter
leur procès devant un tribunal déterminé ou encore devant des
arbitres qu'elles ont choisis; il y a pour elles droit acquis à être jugées
par ce tribunal ou par ces arbitres, et les lois ordinaires de la com-
pétence ne peuvent rien sur ce droit acquis, lequel a une autorité
internationale. On pourrait en dire de même, je le pense, des privi-
510 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS
lèges de juridiction des ambassadeurs, mais sur ce point les immu-
nités dont ils jouissent étant reconnues par toutes les nations, il
y a moins de conflits à redouter.
Ceci représente les solutions que la raison nous permet d'approuver ;
mais la pratique ne s'en est pas tenue là et elle a étendu ici la
notion du droit acquis au delà de ses limites raisonnables : c'est
'principalement à propos de l'article 14 du Code civil que cette
influence s'est fait sentir : l'article 14, on le sait, est cette dispo-
sition qui permet à un créancier français de poursuivre devant le
tribunal français son débiteur étranger. La pratique admet que le
français qui est devenu créancier au moment de la formation de
l'obligation et qui vient à céder sa créance à un étranger, lui cède
en même temps le droit de poursuivre cette créance devant les
juges français; c'est donc qu'elle se représente ce privilège de com-
pétence comme un droit acquis, puisque tout changement ultérieur
de circonstances ne peut plus rien sur le droit. Qualifions cette solu-
tion d'excessive, car, à notre avis, c'est uniquement au moment où
le procès s'engage que l'on devrait voir si les circonstances sont
telles que le bénéfice de l'article 14 est acquis aux demandeurs.
La matière de l'annexion fait naître certains conflits de compé-
tence, mais là, remarquons-le, on n'admet pas que les lois de com-
pétence antérieures à l'annexion aient un effet quelconque posté-
rieurement à cet événement ; elles ne constituent donc pas des droits
acquis. Lorsque l'annexant a substitué sa propre procédure à celle
de l'État démembré, cette procédure s'impose, et notamment les
règles de compétence qu'elle comprend s'appliquent même aux
personnes qui ont acquis leurs droits antérieurement à l'annexion.
Il faudrait supposer des procès déjà engagés lors du changement
de législation pour qu'il en fut autrement, mais, même dans ce cas,
on rentrerait dans les principes que nous avons exposés.
L'idée du respect international des droits acquis produit des
effets de conséquence beaucoup plus notable lorsqu'il s'agit de juge-
ments étrangers et de Yexequatur dont ces jugements ont besoin
pour avoir leur force hors du pays où ils ont été rendus. Très souvent,
on cède à la tendance de considérer le cas de Yexequatur d'un juge-
ment étranger comme constituant le type des cas dans lesquels se
présente l'effet international d'un droit acquis. Cette vue ne nous
parait pas tout à fait exacte : un jugement étranger contient en effet
COMPÉTENCE ET EXÉCUTION DES JUGEMENTS 511

un droit acquis, mais il contient quelque chose de plus qu'un simple


droit acquis, car, puisqu'il y a eu jugement, il y a eu contestation
et le jugement lui-même consacre l'opinion des juges étrangers tou-
chant la solution à donner à cette contestation. Or, si d'un État à
l'autre on est obligé, comme nous le savons, de donner effet aux droits
régulièrement acquis, on,n'est pas obligé pour cela de donner effet
aux jugements portés par des magistrats étrangers sur les cas liti-
gieux qui leur sont soumis. Il y a, à ce point de vue, une opposition
tout à fait marquée entre les simples contrats et les jugements.
Lorsqu'un droit résulte d'un contrat qui n'a fait naître aucune con-
testation, ce droit est acquis dans le sens international du mot, il doit
avoir son effet à l'étranger purement et simplement, sans autre
formalité.
Lorsque au contraire, le droit résulte d'un jugement, lequel a
tranché une contestation, le respect dû à ce droit est moins grand et
l'on comprend très bien que toute une pratique se soit formée sur
l'exécution à donner aux jugements étrangers, que le principe de
cette exécution souffre lui-même des restrictions et notamment que,
d'après la jurisprudence de différents pays, et notamment notre
pratique française, le magistrat français puisse exercer sur la
sentence le droit de révision.
Mais ce qui est particulièrement intéressant pour nous, c'est de
saisir l'application si nette et si visible dans cette matière du prin-
cipe que nous commentons en ce moment. Qu'est-ce qui représente
dans un jugement le droit régulièrement acquis? C'est la régularité
du jugement lui-même et, pour que cette régularité existe, il faut que
ce jugement ait acquis la force de chose jugée, sans quoi il ne serait
pas exécutoire, et qu'il ait été rendu par le juge internationalement
compétent. Voilà donc cette grande question de la compétence
du juge dans l'exécution des jugements étrangers qui nous apparaît
sous sa véritable face : elle conditionne la régularité du droit acquis
à l'étranger. Il en sera de même, d'après nous, de l'observation par
le juge étranger de la loi compétente; si le juge étranger, lorsqu'il a
rendu son jugement, n'a pas observé la loi compétente, ce jugement
ne sera pas régulier au point de vue international et par conséquent
il ne sera pas susceptible d'exécution dans les autres pays. On a vu
quelquefois des juges étrangers divorcer des époux qui d'après leur
statut personnel ne possédaient pas le droit au divorce. Les juge-
512 A. PILLET. — LES DliOITS ACQUIS
ments ainsi rendus par eux étaient des jugements irréguliers et par
conséquent non susceptibles d'exequatur.
Mais ce qui frappe davantage, c'est que le pouvoir même des
juges chargés de donner Vexequatur, par les contours qui lui sont
assignés et par les formes sous lesquelles il se révèle, fait éclater
qu'il s'agit bien là d'effets donnés à un droit acquis; ainsi on sait
que le jugement d'exequatur ne peut avoir un objet ni autre, ni
plus grand, ni nouveau; il doit avoir nécessairement le même objet
que le jugement étranger.
Pourquoi cette exigence si solidement maintenue par la juris-
prudence, s» ce n'est parce qu'il ne s'agit pas là d'une poursuite nou-
velle, mais de donner en France effet à un droit acquis à l'étranger.
Le seul pouvoir qui ait été reconnu aux juges de Yexequalur est celui
de modérer le taux de la condamnation étrangère : ainsi un arrêt
Alphen du 9 février 1892 a refusé de prononcer la solidarité; ailleurs
des dommages intérêts ne sont accordés que pour partie : cela, c'est
le domaine propre de la révision et l'exception apportée à l'effet
international du droit acquis, exception motivée par cette raison
que ce droit a été mesuré par le juge étranger et que la mesure du
juge étranger ne s'impose pas au juge national.
Le rappel de notre principe permettrait aussi, en cas de nécessité,
de limiter à une mesure raisonnable l'effet des jugements étrangers.
Nous voulons parler des cas où, depuis le jugement rendu, il est
intervenu un fait juridique nouveau ayant pour conséquence de faire
disparaître ou de diminuer les droits de la partie qui a obtenu cejuge-
ment : ce sont, suivant l'expression de pos anciens auteurs, leseas de
solution, rémission ou autres causes semblables. Dans un cas pareil'
il serait évidemment de la dernière injustice de provoquer et d'obte-
nir l'exécution d'un jugement étranger. Un créancier, par exemple,
B renoncé à son droit — il ne peut pas en demander l'exécution.
Qu'arrivera-t-il s'il le fait? Il arrivera que le juge français, au tri-
bunal duquel la question d'exequalur sera portée, refusera Vexequatur
disant, avec grande raison, qu'il n'y a pas lieu de laisser exécuter en
France un jugement qui n'est plus susceptible d'exécution dans le
pays où il a été rendu. Mais cela n'est bon que pour les jugements
soumis à la révision des juges français. Dr, nous savons qu'en
vertu de certaines conventions diplomatiques, notamment des
traités du 15 juin 1869 avec la Suisse et du 8 juillet 1S99 avec la
COMPÉTENCE ET EXÉCUTION DES JUGEMENTS 513

Belgique, les jugements suisses et belges s'exécutent chez nous sans


révision. Alors comment pourra-t-on faire valoir ces considérations
de justice élémentaire dont nous parlons? Tout simplement en invo-
quant la théorie des droits acquis. Pour que le respect de pareils
droits s'impose, il faut qu'ils existent et, s'ils ont été régulièrement
éteints, ils n'existent plus. On voit là notre théorie fournir une res-
source qui n'existerait pas sans elle, car alors il faudrait attendre la
période d'exécution et par les oppositions à saisie, faire juger que
la créance n'existe plus. Ce procédé aurait rendu très grand service
dans une affaire qui, il y a une vingtaine d'années, a produit en Bel-
gique une légitime émotion, l'affaire de ces deux petites mercières
de Wavre condamnées en France au paiement de certains billets
qu'elles n'avaient pas souscrits et en Belgique à l'exécution de cette
condamnation par application du traité de 1899. Ces jugements,
furent finalement renversés par la Cour de Cassation belge, sur un
pourvoi dans l'intérêt de la loi. Il y avait une route toute simple
et plus commode à suivre : comme dans l'affaire une procédure cri-
minelle avait prouvé que les dits billets étaient des faux et par con-
séquent que ces mercières ne devaient rien du tout, il était facile
d'établir qu'il n'y avait jamais eu de droit acquis et que c'était vai-
nement que l'on demandait l'exécution en Belgique.
Dans un cas semblable, on voit le service que peut rendre un prin-
cipe connu et observé.
CHAPITRE IV

DES LIMITES DE L'EFFET INTERNATIONAL


DES DROITS ACQUIS

A généralité du principe de l'effet des droits acquis dans les

L rapports internationaux trouve des limites de deux sortes.


Il y a des cas danB lesquels un droit acquis est de telle nature
qu'il ne possède pas d'effet international; il y en a d'autres où, à la
vérité, le droit acquis pourrait avoir des effets internationaux,
mais où, par suite de certaines circonstances, ces effets ne peuvent
pas se produire.
Nous allons, dans «e chapitre, examiner la première catégorie
de limites : elle est infiniment intéressante à étudier, soit parce
que cette étude n'a jamais été faite, soit aussi parce qu'elle va nous
découvrir un domaine dans lequel il n'y a pas de communauté juri-
dique internationale, par conséquent un cas d'absence de commu-
nauté internationale. Disons de suite que ce domaine contient trois
catégories de lois : les lois pénales, les lois de caractère politique et
les lois fiscales. 11 est très certain que ces trois sortes de lois qui
possèdent tout leur effet dans le pays où elles ont été portées, ne
projettent pas au cpntraire cet effet à l'étranger; il en résulte que
celui qui a acquis un droit en vertu d'une loi ou pénale, ou poli-
tique, ou fiscale peut bien à la vérité exercer ce droit dans le pays
où il l'a acquis, mais ne peut pas aller plus loin et l'exercer au
delà des frontières de ce pays.
Cette particularité qui a existé, on peut le dire, de tout temps,
mais dont la nature n'a pas été suffisamment étudiée donne un
nouveau sens à l'idée de territorialité :
Les lois territoriales ordinaires sont celles qui, dans le pays où
elles sont en vigueur, s'appliquent aussi bien aux étrangers qu'aux
nationaux, bref à toute personne dont les intérêts sont en cause
LIMITES DE L'EFFET DES DROITS ACQUIS 515

dans le dit pays, mais, une fois ces lois appliquées, les droits qui
en résultent peuvent être invoqués à l'étranger aussi bien qu'à
l'intérieur : si j'acquiers un immeuble, c'est en vertu d'une loi terri-
toriale, mais ma qualité de propriétaire peut à l'occasion produire
ses effets à l'étranger aussi bien que dans le pays de mon acquisi-
tion. Voilà quelle est l'analyse de la territorialité ordinaire. Ici
nous sommes en présence d'une territorialité en quelque sorte ren-
forcée, renforcée parce qu'elle renferme plus rigoureusement dans
les limites du territoire l'effet des lois qu'elle comprend; non seu-
lement ces lois s'appliquent à toutes personnes suivant la notion
générale de la territorialité, mais elles présentent ceci de par-
ticulier que les droits acquis sur le fondement des dites lois ne
peuvent jamais être invoqués que dans l'étendue du pays où ils
ont été acquis.
Et, faut-il l'avouer, cette idée d'une double territorialité, d'une
territorialité renforcée venant s'accoler à la territorialité ordinaire
pour en augmenter les effets, cette idée m'a longtemps embarrassé
et je ne savais comment l'appliquer, quoique la pratique certaine
des nations ne démontrât que cette territorialité renforcée existait
bien. Puis, en étudiant ce principe de l'effet international des droits
acquis, j'aperçus un jour qu'il n'y avait pas dans ces lois d'exemple
d'une territorialité renforcée, comme je l'avais cru jusque-là, mais
simplement cette idée que ces lois, territoriales comme toutes les
lois de territorialité, présentaient de plus cette particularité qu'elles
échappaient au principe de l'effet international des droits acquis.
Un exemple tout à fait facile va montrer la distance qui sépare
les lois dont nous parlons des lois territoriales ordinaires : Comparons
l'une à l'autre la dette provenant d'une amende prononcée contre
un délinquant et la dette qui a son origine dans une poursuite en
réparation d'un délit civil. Voilà deux dettes très semblables l'une
à l'autre, conséquences de deux délits avec cette différence que l'un
est un délit civil, l'autre un délit criminel. Eh bien, dans l'ordre
international, ces deux dettes ne se comportent plus du tout de la
même façon. La dette provenant d'une amende peut être recouvrée
sur le débiteur dans le pays où la condamnation a été prononcée,
mais on tenterait vainement de saisir, pour la faire payer, les biens
du débiteur situés à l'étranger. La dette ayant sa base dans la répa-
ration du délit civil est au contraire une dette ordinaire, si elle a été
516 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS

établie conformément à une loi territoriale comme la précédente;


mais une fois existante, cette dette peut être poursuivie à l'étranger
et, si le débiteur y possède des biens, rien n'empêche le créancier de
faire procéder sur ces biens aux poursuites de droit. Voilà donc
deux dettes très semblables l'une à l'autre dont la dernière admet
l'effet international du respect des droits acquis alors que la pre-
mière demeure étrangère à cet effet.
On tenterait vainement de rapporter la différence que présentent
ces deux dettes à cette circonstance que l'une vient de la sentence
d'un tribunal criminel, alors que l'autre a été établie par un jugement
civil; cela même n'est pas exact, car il peut arriver que l'indemnité
due à la suite du délit à la personne qui en a été la victime soit
arbitrée par le tribunal criminel et cela n'empêche pas cette indem-
nité, au moins dans l'opinion du plus grand nombre, de pouvoir
être recouvrée sur les biens du débiteur situés à l'étranger.
La seule raison de cette différence est bien que l'une de ces deux
catégories de dette n'a pas d'effet international tandis que l'autre en
possède un.
Voyons d'un peu plus près les diverses classes de dettes dont il
s'agit :
Les lois pénales forment la première. En principe, il est admis
depuis longtemps que l'on ne peut pas subir dans un pays la peine
qui a été prononcée dans un autre pays. Au point de vue tradition,
cette vérité est absolue. Au point de vue raison, elle est beaucoup
plus faible. On a tenté de la justifier par l'idée de la territorialité
de la souveraineté, mais la territorialité de la souveraineté n'em-
pêche nullement l'effet international des droits acquis de se produire.
Cette exception au principe vient plutôt, à ce qu'il semble, du désir
d'éviter des excès qui peut-être se produiraient si l'opinion con-
traire était admise. Alors il arrive, non seulement que l'on ne peut
pas faire subir dans un pays une peine pour une offense commise dans
un autre pays, mais que la chose jugée au criminel n'a pas d'effet
international, it que même l'appréciation des éléments de l'infrac-
tion ne peut s'aider que des faits recueillis dans le pays du juge.
Cela n'est pas sans inconvénients; aussi a-t-on remédié à ces
inconvénients par la pratique de l'extradition du malfaiteur,
pratique qui a donné lieu, comme on le sait, à des traités nombreux.
Très exceptionnellement aussi, les lois donnent compétence à leurs
LIMITES DE L'EFFET DES DROITS ACQUIS 517

tribunaux pour la punition des crimes commis par des nationaux à


l'étranger et quelquefois, mais dans des occasions infiniment moins
fréquentes, même pour la punition des crimes commis par des
étrangers à l'étranger.
Le respect dont on a continué d'entourer l'application de cette
maxime de la territorialité absolue des lois pénales va, dans certains
cas, jusqu'à blesser la raison et même parfois l'humanité; ainsi on se
demande, à juste titre, pourquoi l'interdiction légale qui résulte
d'une condamnation ne suivrait pas le condamné à l'étranger et,
dans une affaire Clapier, la Cour de Grenoble, contrairement à l'avis
du tribunal de Gap (11 juin 1892), a jugé en effet que l'interdiction
légale pouvait avoir ses effets à l'étranger.
Il y a, parmi les incapacités qui frappent la personne atteinte, des
condamnations d'une certaine gravité; il en est qui sont manifes-
tement écrites en faveur de tiers dont la situation est en effet inté-
ressante, telle est la déchéance de la puissance paternelle consacrée
chez nous par une loi de 1889. Il est certain que si un condamné perd
la puissance paternelle, ce n'est pas pour augmenter la peine qui lui
est infligée, mais bien parce qu'il est réputé, avec raison, incapable
de s'acquitter dans sa famille des devoirs de père; c'est l'intérêt des
enfarts qui inspire les dispositions de ce genre que l'on trouve dans
toutes les législations modernes. On ne voit pas pourquoi ces dispo-
sitions seraient censées avoir un caractère pénal et pourquoi on leur
refuserait leur effet à l'étranger.
La classe des lois criminelles renferme l'exception de beaucoup la
plus considérable des lois réfractaires à l'effet des droits acquis.
Ce n'est peut-être pas l'exception la plus intéressante et nous
réserverions volontiers ce titre pour les lois politiques. Ici nous ne
rapporterons pas une pratique aussi constante et surtout qui se soit
affirmée dans des documents aussi nombreux; c'est cependant une
idée familière à la jurisprudence comme à la doctrine que les droits
politiques ne peuvent pas être invoqués à l'étranger. C'est une idée
très intelligible, car il n'appartient pas à un État de s'immiscer dans
la politique d'un autre État; nous ajouterons que c'est une idée qui
a été chère aux rédacteurs du Code civil, car on les voit défendre
plusieurs fois, par des dispositions absolues, le nouvel ordre de choses,
particulièrement quand il s'agit de la propriété. Ici, nous pouvons
citer les matières dans lesquelles les décisions principales ont été
518 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS

rendues : les premières concernaient les émigrés et notre ancienne


jurisprudence émit plusieurs fois cette idée que les incapacités par-
ticulières qui les frappaient, d'après la loi française, n'avaient pas
d'effet à l'étranger. Nous citerons l'affaire Rosa Catana, l'affaire de
l'interdiction du Duc de Brunswick, et avec plus d'intérêt encore celle
de la succession du Duc de Richmond. Le Duc de Richmond s'était
vu restituer par un protocole joint au traité de 1814 une pro-
priété qu'il possédait en France, mais à ce moment le Duc était mort
et il s'agissait de savoir qui aurait cette propriété : le fils aîné la
réclamait pour lui conformément aux lois anglaises; la Cour de Cas-
sation a répondu que ces lois étaient de nature politique et ne pou-
vaient pas avoir en France leur effet. Cette propriété fut donc par-
tagée entre tous les héritiers comme l'ordonnait la loi française.
Plus tard, un autre exemple, fort illustre du même principe, se pro-
duisit : on se rappelle peut-être qu'à la suite de la saisie du fonds de
commerce des Chartreux, leur marque, qui avait une valeur énorme,
passa à un adjudicataire qui voulut l'exploiter à l'étranger aussi
bien qu'en France. A l'étranger sa prétention fut universellement
repoussée et de ce rejet les raisons les plus diverses furent données.
A notre avis la meilleure raison se trouve dans un jugement du tri-
bunal de Buenos-Aires du 24 novembre 1905 où il est écrit que « l'on
ne donnerait pas d'effet en Argentine au droit de l'adjudicataire parce
qu'il est fondé sur un acte politique ». C'est bien là en effet la raison
pour laquelle l'adjudicataire ne pouvait pas user à l'étranger de la
marque des Chartreux. On consultera aussi bien dans ce sens l'arrêt
de la Cour de Justice, Cour d'Appel de Londres du 11 décembre 1907;
enfin, dans un procès récent et qui a fait grand bruit, le tribunal de
Blois a très sagement refusé de tenir compte d'un prétendu acte de
partage fait à l'étranger, parce que cet acte contenait de nombreuses
clauses ayant un caractère politique.
La dernière catégorie de lois servant de limites à notre principe
international de l'effet des droits acquis comprend les lois fiscales.
Sur ce point, et quant à ces lois, de longues explications seraient
superflues. Il est en effet d'un usage invariable entre nations que
l'on n'exécute pas d'un pays à l'autre les prétentions juridiques
ayant un caractère fiscal. Les lois fiscales sont internationales incon-
testablement, ce qui ne veut pas dire que les étrangers soient néces-
sairement soumis dans chaque pays à tous les impôts que paient les
LIMITES DE L'EFFET DES DROITS ACQUIS 519
nationaux, mais que, pour le recouvrement des impôts auxquels
ils sont soumis, ils doivent obéir aux lois du pays. Il n'y a pas
d'exemple que l'on ait transgressé ce principe de l'absolue territo-
rialité des lois fiscales. Les arrêts ne prennent même plus la peine
de le justifier; cependant, on notera que dans une certaine hypothèse
le doute peut naître : c'est lorsque la transgression des lois fiscales
est sanctionnée par la nullité de l'acte juridique que l'on fait. C'est
le cas, par exemple, où il est dit que l'acte qui n'aurait pas été
inscrit sur papier timbré serait considéré comme nul. Le point de
savoir si pareille disposition est civile ou fiscale, est assez délicat,
mais c'est une controverse que nous n'aborderons pas ici.
CHAPITRE V

DES EXCEPTIONS AU RESPECT DU DROIT


INTERNATIONALEMENT ACQUIS

TA TOUS nous sommes occupés jusqu'ici du domaine dans lequel


^ l'idée du respect des droits internationalement acquis perd
•*• son effet; ajoutons que, dans le domaine même qui est le
sien et où il exerce son influence, ce principe subit quelques excep-
tions que nous avons maintenant à examiner. Ces exceptions sont
au nombre de deux : c'est le cas où le droit acquis à l'étranger ne
correspond à aucun droit organisé dans le pays où l'on prétend le faire
valoir; c'est ensuite le cas, beaucoup plus fréquent et beaucoup plus
important pratiquement, où le droit régulièrement acquis à l'étranger
est contraire à l'ordre public dans le pays où on demande son exécution.
Il existe un parallélisme assez exact entre les diverses législa-
tions et il est rare de rencontrer dans l'une d'entre elles un droit
complètement ignoré des autres, aussi notre première exception
est-elle plus théorique que pratique. On peut toutefois citer quelques
exemples d'inégalité semblable : ainsi des brevets d'invention que
l'on retrouve dans presque tous les États compris dans la commu-
nauté internationale ne sont pas admis dans la législation néerlan-
daise et, par conséquent, on demanderait en vain à jouir en Hollande
d'un brevet d'invention que l'on aurait régulièrement acquis dans
un autre pays; de même, et précisément dans cet ordre d'idées,
autrefois la Turquie (qui depuis a changé sa législation) n'acceptait
pas la propriété littéraire; dès lors elle ne l'acceptait pas plus pour
ceux qui avaient publié des ouvrages ou produit des oeuvres d'art
à l'étranger que pour ceux qui avaient publié sur le sol turc lui-
même. Certaines législations admettent le divorce que les autres
repoussent. En dehors de ces exemples classiques on en trouve
encore certains autres : la propriété familiale, par exemple, ce
EXCEPTIONS AU BESPECT DU DROIT ACQUIS 521

que l'on appelle « le homestead » n'existe pas dans tous les pays.
Il est élémentaire que l'on ne pourrait point, parce que l'on
appartient à une famille étrangère, obliger un pays à garantir cette
indivision forcée entre les membres de la famille. De même, on peut
supposer que certains droits réels, le droit de superficie, par exemple,
ne soit pas reconnu partout : on n'admettra pas qu'un État soit
obligé de l'organiser pour l'usage seulement d'étrangers qui comptent
ce droit dans leur législation nationale.
Nous ne dirons rien de plus de cette première exception; nous
passons à la seconde qui a des titres bien plus sérieux à notre
attention.
Il est élémentaire que l'on ne peut pas, sur le vu d'un droit
acquis à l'étranger, exiger l'exécution de ce droit dans un autre
pays ou cette exécution sera contraire à l'ordre public. C'est une
des plus vieilles règles de notre science que celle qui permet d'étendre
aux étrangers l'autorité des lois d'ordre public; du reste, la mesure
même de cette exception n'est pas facile à fixer. On se rappelle
les doutes qu'a suscités chez nous la question du second mariage
du divorcé. Il s'agissait, alors que nous n'avions pas encore rétabli
le divorce, de savoir si un étranger régulièrement divorcé et possé-
dant, par conséquent, un droit acquis à se remarier pouvait exercer
ce droit en France et y contracter mariage et les juges hésitaient
beaucoup à le lui permettre.
Dans bien des cas autres que celui-là, le même doute se présente,
mais ce ne sont pas les doutes de ce genre qui nous intéressent
surtout ici.
Ce qu'il faut avant tout définir, ce qu'il faut comprendre, c'est
le jeu exact de l'exception d'ordre public dans cette matière. Il a
pour objet, et pour unique objet, d'empêcher que l'on ne fasse
produire sur le territoire d'un État l'effet d'un droit acquis à
l'étranger, lorsque cet effet est considéré comme contraire à l'ordre
public. On doit remarquer que le rôle de l'ordre public n'est pas
toujours celui-là. Les lois d'ordre public ont une autre compétence,
beaucoup plus étendue et plus considérable; elles s'appliquent
aussi et d'abord aux actes faits sur le territoire où elles sont en
vigueur, et à ce titre elles obligent les étrangers à se plier à l'empire
de leurs dispositions. Dans ce domaine, leur rôle est très différent.
Ce n'est pas seulement une exception que l'ordre public permet
522 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS

d'opposer à une demande déterminée, c'est une condition qu'il met


aux actes juridiques faits sur le territoire où cet ordre est établi.
Un exemple nous éclairera sur la diversité de ces fonctions. Emprunt
tons-le aux lois pénales : les lois pénales, comme nous le savons,
n'ont point d'effets à l'étranger, de telle sorte qu'ici l'on considère
que tout effet que l'on tenterait de donner à une loi pénale, en
dehors du pays où elle a été appliquée, serait irrégulier et contraire
à l'ordre public. D'autre part, lorsqu'un délit est commis dans un
pays et que son auteur est un étranger, il n'est pas douteux que cet
étranger sera jugé et puni d'après la loi pénale du pays de commis-
sion. Voilà donc cette même loi pénale qui produit deux effets bien
différents; sur les actes qui se produisent dans le domaine terri-
torial de son application, elle frappe les étrangers aussi bien que
les nationaux; quant aux actes au contraire qui se sont produits
à l'étranger, elle les ignore et s'opposerait à tout effet que l'on
tenterait de faire produire à ces actes sur le territoire.
Les lois d'ordre public possèdent, comme on le voif, deux fonctions
très différentes dans les rapports internationaux. Elles sont quel-
quefois les lois compétentes relativement à certains actes déterminés;
alors elles s'appliquent à toutes personnes et le droit acquis qu'elles
produisent est, au moins dans la plupart des cas, pourvu d'un effet
international. Si, à la suite d'un délit civil, j'obtiens une condamna*
tion contre l'auteur de ce délit, cette créance qui sera née de l'applir
cation d'une loi d'ordre public, aura, au point de vue des rapports
internationaux, tout l'effet d'un droit acquis. Ainsi on pourra la faire
valoir indifféremment dans tous les pays. Mais l'ordre public peut
aussi, et c'est ce qui nous intéresse en ce moment, fonctionner d'une
façon beaucoup plus relative et plus étroite que celle-là, simplement
comme obstacle mis à l'effet international d'un droit acquis; alors
dans des cas semblables, l'ordre public ne touche pas au droit lui-
même, il le laisse tel qu'il est, il se borne à s'opposer à ce que ce
droit, dont la validité est incontestable, puisse produire son effet
sur le territoire où cette loi d'ordre public est en vigueur.
Voici par exemple une créance acquise à l'étranger pour rupture
d'une promesse de mariage. Il est très possible qu'en France on ne
permette pas au créancier de recouvrer une créance semblable
parce que cela apparaîtrait contraire à notre idée sur la nature
du mariage, mais qu'en résultera-t-il? Il n'en résultera pas que
EXCEPTIONS AU RESPECT DU DROIT ACQUIS 523
cette créance n'existera pas; elle existera et pourra produire son
effet dans tous les États où la législation serait moins exigeante
que la nôtre : la seule conséquence de l'opposition de l'ordre public
en pareil cas est que cette créance ne pourrait pas être réclamée
chez nous. Au contraire, remarquons-le, si la promesse avait été
faite en France, elle serait nulle comme contraire à l'ordre public
français; elle serait nulle et par conséquent, au point de vue
international, elle ne pourrait pas constituer un droit acquis.
Ces deux faces de l'autorité des lois d'ordre public méritent
d'autant plus d'être séparées l'une de l'autre que très généralement
on les confond, et qu'il règne dans la doctrine sur ce point une
obscurité presque complète.
Ces points étant acquis, voyons quelles sont les principales appli-
cations de l'exception d'ordre public : on les rencontre surtout en
matières à'exequatur de jugements étrangers. C'est en effet une
règle sans exception que l'on ne peut pas demander {'exequatur
d'un jugement étranger sur un territoire où cette exécution pourrait
contrarier une loi d'ordre public; cela est tellement certain que,
même dans les traités diplomatiques qui ont pour objet de faciliter
l'exécution des jugements entre les États contractants, comme
chez nous le traité Franco-Suisse de 1869 et le traité Franco-Belge
de 1899, le cas de l'ordre public est toujours réservé et il est dit
que l'on n'accordera pas Yexequaiur des jugements qui seraient
contraires aux droits publics ou à l'ordre public. Cette mention du
droit public est assez bizarre; on ne voit pas bien quels sont les
jugements civils rendus dans un pays qui pourraient être censés
contraires au droit public de l'autre pays. Est-ce les lois sur la
compétence qui ont été désignées ici : c'est peu probable, car l'exi-
gence de la compétence fait dans le même traité l'objet d'un para-
graphe séparé, mais il importe peu; ce qui est marqué partout, c'est
que la nécessité de respecter l'ordre public est ici absolument réservée.
C'est ainsi que nos tribunaux refusent très régulièrement {'exe-
quatur aux jugements étrangers rendus sans que la partie condamnée
ait eu la possibilité de se défendre. A la vérité ce ne sont pas de
véritables jugements, et nos juges n'exagèrent pas lorsqu'ils estiment
que donner à cette apparence de jugement une exécution quelconque
serait froisser l'ordre public; de même encore, on relève assez sou-
vent des refus à'exequalur motivés pour cette raison que le juge-
524 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS

ment étranger dont il s'agit est contraire dans son dispositif à un


jugement français rendu dans la même cause.
On peut dire, d'une façon plus générale, que le pouvoir de revi-
sion que les juges français se sont réservés, quant aux jugements
étrangers qui leur sont présentés à fin d'exequalur, n'est générale-
ment exercé que pour garantir l'ordre public, dans le cas où il
leur paraît que le jugement étranger qui leur est soumis frois-
serait un principe réputé en France d'ordre public.
Quelques mots de plus ne seront pas inutiles touchant le caractère
de l'ordre public ainsi envisagé comme exception à l'effet interna-
tional du droit acquis : ce caractère contribue à limiter essentiel-
lement cette exception. Il est certain que l'exception tirée de l'ordre
public ne doit jamais aller au delà de la mesure nécessaire pour que
l'ordre public menacé soit garanti; ainsi on a vu l'exception d'ordre
public produire simplement un effet partiel. (Voyez Chambéry 1873
et Cassation Belge 6 juin 1907.)
Dans ce cas, le jugement qui nous est présenté pour exequatur
recevait aussi chez nous exécution partielle, n'étant empêché que
pour la partie en contradiction avec notre ordre public.
Nous remarquerons également que l'ordre public susceptible
de fournir une exception à l'effet international d'un droit acquis
peut être simplement un obstacle temporaire et que l'effet du
droit acquis n'est arrêté que pendant le temps ou la loi d'ordre
public est en vigueur. Ce caractère temporaire de l'exception
d'ordre public apparaîtra très nettement pendant une guerre : en
cette circonstance l'exception d'ordre public devient beaucoup
plus exigeante, elle s'étend singulièrement, mais il suffit du retour
de la paix pour qu'elle revienne elle-même à sa mesure primitive,
et dès lors c'est cette mesure moindre qui sera employée à tous
les cas qui se présenteront sans distinction.
Cet ordre public enfin est local, et il faut entendre cette propo-
sition comme signifiant que l'on ne tient compte que des seules
lois d'ordre public en vigueur au lieu où on prétend faire exécuter
un jugement pour exequatur.
Ce point de vue ne laisse pas que de faire certaines difficultés en
cas d'annexion, car si l'annexant n'étend pas sa législation au pays
annexé, on peut se demander s'il n'y a pas dans celui-ci un
ordre public différent de celui de l'annexant. C'est une question
EXCEPTIONS AU RESPECT DU DROIT ACQUIS 525
assez grave et sur la solution de laquelle il est permis d'hésiter.
L'exception d'ordre public fournira de nombreuses causes de
résistance à l'extension internationale des effets d'un droit acquis;
il faut ajouter à cela l'embarras qui vient de ce que les limites de
l'ordre public n'ont jamais été bien tracées et aussi de ce que la
jurisprudence marque une tendance très nette à reculer ces limites
et à considérer comme comprises dans le domaine de l'ordre public
beaucoup d'institutions qui n'ont aucun titre à y figurer.
CHAPITRE VI

DE L'EXTINCTION DE L'AUTORITÉ
D E S D R O I T S ACQUIS

L ne s'agit pas, dans ce chapitre, des droits qui ont été irréguliers

I dès leur origine et qui, pour cette raison, sont privés de leurs
effets internationaux. Nous envisageons au contraire les droits
qui ont été acquis suivant les règles, mais dont les effets cessent
pour une raison quelconque. Dans quels cas et suivant quelles lois
cette extinction aura-t-elle lieu? Il est bon de renouveler ici la dis-
tinction qui a été faite dès le début de cette étude entre les droits
à origine nationale et à effets internationaux et les droits qui, dès
le début, ont eu dans leur construction quelque chose d'interna-
tional. Ces derniers vont nous fixer sur le principe qui dominera
cette face tout entière de la théorie. Lorsqu'on se demande pour
quelles causes un droit acquis dans des conditions purement natio-
nales peut disparaître, il est évident que ces causes ne sont pas
autres que celles que définit la loi nationale dont il s'agit. Le droit
est de structure purement nationale, il ne peut pas disparaître par
l'effet d'une autre loi. Nous appliquerons ce principe, dans cette
première hypothèse, aux diverses causes d'extinction qui peuvent
se présenter.
Tout d'abord, on peut supposer que le droit ait épuisé son effet,
il a eu toute l'exécution qu'il pouvait avoir, il a fait l'objet d'un
paiement. Cette hypothèse du paiement doit nous arrêter un
instant; ce sera la loi qui a présidé à l'acquisition du droit acquis
qui décidera si le débiteur peut offrir à son créancier un paiement
partiel ou si cedernier n'est obligé de recevoir qu'un paiement total.
Mais ce principe a d'autres applications plus intéressantes : il est à
invoquer dans la question, si discutée aujourd'hui, de la monnaie
dans laquelle le paiement peut être fait. Quand il existe un doute sur
EXTINCTION 527

la faculté que'peut avoir le débiteur de s'acquitter dans une certaine


monnaie, ce doute sera levé par la contemplation du contrat pri-
mitif. Ou bien, dans ce contrat primitif, les parties auront désigné
la monnaie devant être employée pour le paiement et, sur ce point,
leur volonté fera la loi, ou elles n'auront rien dit et le contrat étant
purement national dans son principe, il est certain que la monnaie
à employer n'est pas autre que celle usitée dans le pays où
le contrat a été fait. On remarquera que notre jurisprudence,
malgré la rigueur véritablement excessive qu'elle apporte dans la
décision de cette question, a toujours admis que le choix de la
monnaie à employer existe pour les intéressés dans les affaires
internationales.
Nous en déduirons ici que la circonstance que l'exécution du con-
trat a lieu dans un pays autre que celui oü il a été fait est de nulle
importance dans la matière, le paiement sera compté dans la monnaie
du pays d'origine, c'est la seule qui ait pu être stipulée par les parties,
c'est elle qui donne exactement la mesure de leurs obligations. 11 est
possible que dans le pays où le paiement a lieu le cours forcé existe;
dans ce cas, on se servira des espèces en cours dans ce lieu, mais en
tenant compte de leur valeur relative à celle de la monnaie dont
l'emploi avait été stipulé, en termes sacramentels; on tiendra
compte du change.
A côté du paiement proprement dit se présente la compensa-
tion, qui est aussi une espèce de paiement et qui soulève de plus
grosses difficultés, notamment quand on se demande si eue a lieu
dé plein droit ou si elle devra être provoquée à l'aide d'une excep-
tion. L'admission de la compensation, son caractère plus ou moins
absolu dépendront encore ici de la loi du lieu où le droit a été acquis.
C'était au moment de la naissance de ce droit la seule loi compétente;
elle demeure telle, même lorsque le droit est transporté à l'étranger,
parce que ce transport n'altère pas sa nature.
Nous appliquerons la même solution à d'autres modes d'exécu-
tion, qui eux se séparent nettement de l'hypothèse d'un paiement;
de même pour l'extinction d'un droit par la mort du titulaire, ou
par son absence prolongée, ou encore, et ce cas est pratiquement
beaucoup plus fréquent, dans le eus de l'extinction d'un droit par
l'effet de la prescription. Tous ces cas de disparition du droit
acquis sont, dans l'hypothèse où nous nous sommes placés, du
528 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS
ressort de la loi sous l'autorité de laquelle le droit a été acquis ; et
le besoin d'invoquer ce droit, à l'étranger, est un pur fait incapable
d'altérer l'empire de la loi naturellement compétente.
C'est à l'aide de ces principes que nous résoudrons les difficultés
célèbres que font naître à cet égard les brevets d'invention; nous
avons déjà eu l'occasion de dire qu'il s'était élevé à cet égard un
débat fameux en jurisprudence. L'article 4 bis de la Convention de
Paris, revisée à Washington, a rendu les divers brevets indépen-
dants quant à leur conservation. C'est là sans doute une faute de
logique et, nous le dirons, de la part des États qui ont signé cette
convention, un excès de pouvoir, car ces États ont adopté là une
solution que la nature du droit en question n'autorisait pas. Un
brevet naît nécessairement comme droit purement intérieur dans
le pays où il est acquis tout d'abord ; si plus tard ce brevet est
transporté à l'étranger, il n'en demeure pas moins vrai que c'est la
législation du pays où il a apparu tout d'abord qui continue à le
régir et que, lorsqu'on se demande si ce brevet a disparu pour une
de ces causes qui font disparaître l'autorité des brevets, comme
par exemple pour non-paiement de la taxe, on se trouve pris dans
l'alternative que voici : ou bien ce brevet a disparu dans le pays
où il a été acquis et par l'effet de la législation de ce pays, et alors
il n'existe plus nulle part, ou bien il a disparu dans un pays
d'importation par application du droit particulier de ce pays;
dans ce cas là, cette disparition n'influe pas sur l'existence même
du brevet qui continue à pouvoir produire ses effets soit dans le
pays où il a été constitué, soit dans les autres pays d'importation.
Lorsque les droits ont une durée déterminée, c'est encore la même
loi qui fixera cette durée; lorsqu'ils n'ont pas de durée déterminée,
s'ouvre quant à eux la redoutable question de la prescription libé-
ratoire. La prescription libératoire ne paraît pas pouvoir échapper
à l'influence de la règle générale que nous proposons, c'est donc la
loi du lieu d'acquisition du droit qui en déterminera la durée.
Enfin nous étendrons la même solution aux conséquences de la
perte par cas fortuit et à la question des risques. Ce n'est pas dans
le pays où la perte a eu lieu qu'il faut se référer à la loi pour savoir
qui en supportera les dommages, cela doit encore être demandé à la
législation du pays où le droit est né.
Il ne faudrait pas croire que, dans tous les cas indistinctement,
EXTINCTION 529

l'effet international du droit acquis doive se produire au profit de la


personne qui a acquis ce droit; quelquefois aussi, cet effet interna-
tional se produit contre cette personne; il est possible, par exemple,
qu'elle recueille un droit accompagné de responsabilités assez
lourdes; cet acte de cession est pour la personne un droit régulière-
ment acquis et ce droit a pour conséquence de l'assujettir aux res-
ponsabilités qui accompagnent le profit que l'on peut en attendre.
Õn trouvera, je pense, des applications de cette idée en matière de
ettre de change; on en trouve de plus illustres encore en matière
de faillite.
Il est admis par tout le monde que lorsqu'une faillite s'ouvre dans
un pays, les créanciers étrangers, devenus tels par des contrats
passés à l'étranger, y sont reçus sur un pied d'égalité avec les
créanciers nationaux. Pour justifier cette solution libérale, on a
invoqué l'idée d'égalité qui doit présider dans Ja faillite. Cette
idée est tout à fait insuffisante ici, car elle laisse sans réponse le
point de savoir si des droits acquis à l'étranger peuvent exercer
quelque effet dans le lieu où la faillite a été ouverte. Pour com-
prendre ce résultat, pour le placer sur son plan juridique, il faut que
les droits venant de l'étranger soient réputés autant de droits
acquis, pouvant avoir leur effet en tout lieu dans cette large procé-
dure qu'est la faillite. Ces droits ont les mêmes avantages que ceux
qui ont été acquis à l'intérieur, parce que ce sont des droits réguliers
au point de vue international. Mais la faillite nous prescrit aussi
d'autres applications curieuses lorsqu'il arrive, cas assez fréquent,
qu'un créancier produise à une faillite, après avoir touché un divi-
dende dans une distribution faite à l'étranger dans la même faillite.
Ce créancier doit, d'après la jurisprudence, rapporter le dividende
qu'il a touché. Ne nous inquiétons pas pour le moment de la façon
dont ce rapport est fait : c'est un point très contesté. Observons seu-
lement que c'est le principe du droit acquis qui vient ici obliger le
créancier, qui a reçu ou produit quant à sa propre créance, à admettre
un certain effet de libération; cet effet de libération est également
lui-même un droit acquis et c'est à ce titre de droit acquis que l'on
doit en tenir compte à l'étranger. Ainsi voilà un droit acquis qui
agit contre son possesseur.
Par contre nous ne dirons pas la même chose du concordat. Le
concordat, régulièrement voté dans un pays, n'a pas par lui-même
530 A. PILLE T. — LES DROITS ACQUIS

un eilet sur les droits des créanciers, parce que le concordat n'est
pas un contrat, c'est une procédure.
Nous n'avons parlé jusqu'ici que de la première de nos deux hypo-
thèses; si nous passons maintenant au cas où le droit a été inter-
national dès l'origine, nous déciderons que les mêmes solutions
doivent être appliquées. Ce qui différencie cette hypothèse de la
précédente, c'est que la naissance du droit a donné Heu à des con-
flits qu'il a fallu résoudre et que peut-être ce droit est pour une
certaine part soumis aux lois étrangères, mais il n'en a pas moins
été constitué dans un pays, en vertu de la doctrine particulière à.
ce pays et, en ce sens, c'est encore un droit né sous l'égide des lois
de ce même pays. On peut donc, au point de vue de son exécution,
l'assimiler au précédent et dire que c'est la loi du lieu de création
qui est eu cette matière la grande maîtresse.
Il serait facile d'emprunter à la pratique des quantités d'appli-
cations de la doctrine de l'effet international des droits, acquis en
cette matière.
Nous préférons mentionner ici un cas dans lequel toute une cons-
titution juridique a été édifiée au mépris de cette doctrine, consti-
tution ruineuse du reste et qui déjà a, disparu. Nous voulons parler
de la convention de la Haye du 12 juin 1902 sur le mariage qui a
été écrite dans l'ignorance ahsolue de l'effet possible du droit acquis
dans l'ordre international. Ainsi nous la voyons transformer des
empêchements dirimants en empêchements simplement prohibitifs,
et il en résulte qu'un mariage qui est nul dans le lieu où il a été con-
tracté peut être considéré comme valable à l'étranger : valable com-
ment, en vertu de quoi, sur quelles bases? on ne le voit pas, car
enfin la base du mariage c'est sa célébration et précisément ce
mariage est nul dans le pays de célébration.
Nous voyons aussi dans certains cas, celui de la nullité pour
mariage antérieur ou pour obstacle d'ordre religieux, un. mariage
valable dans les pays autres que celui où il a été célébré; ce second
cas présente exactement le même caractère d'absurdité que nous,
venons de relever daqs le premier. Inversement ailleurs, dans la
même convention (art. 3), on nous parle d'un mariage valable là
où il a été célébré et qui peut être considéré dans d'autres pays
comme nul. Alors c'est un vice d'un nouveau genre — la validité
du mariage dans le pays de célébration est reconnue, mais on ne
EXTINCTION 53t

veut pas qu'elle s'étende à d'autres pays. Pourquoi? quelle est la


raison justificative de ce refus d'extension? On ne le dit pas. Ces
exemples et les exemples du même ordre qu'il serait encore pos-
sible de citer montrent à quelle confusion on arrive lorsqu'on pré-
tend renoncer dans l'ordre international à l'idée de l'effet interna-
tional des droits acquis.
CHAPITRE VII

DE L'INFLUENCE DES DROITS NOUVEAUX


SUR LES DROITS ANTÉRIEUREMENT ACQUIS

E sujet que nous abordons dans ce dernier chapitre a été et

L est resté très longtemps inaperçu et l'on peut dire que, dans
le champ du droit international privé, c'est une série de
phénomènes jusqu'ici négligés qui reste à découvrir.
Nous avons vu au chapitre précédent qu'un droit internatio-
nalement acquis peut être résilié par l'intervention de l'une des
causes d'extinction auxquelles ce droit est sujet; mais un droit
régulièrement acquis peut disparaître également par l'effet de la
construction d'un nouveau droit incompatible avec le premier.
La disparition par le paiement sera le type du mode de disparition
de la première catégorie, la disparition par dation en paiement
sera un exemple de la deuxième. C'est un titre nouveau que cette
dation en paiement et cependant le droit précédemment acquis
ne peut plus coexister avec elle.
Quelle va être l'influence de l'érection de ces droits nouveaux,
qui ne peuvent pas vivre avec les droits précédemment acquis?
Il faut encore ici distinguer les deux hypothèses que nous avons
opposées l'une à l'autre. Si le droit nouvellement acquis est organisé
dans le pays même ou le droit précédent avait été créé, aucune
difficulté n'est possible; c'est la même loi, la loi de ce pays étranger
qui nous dira à quelles conditions le droit anciennement acquis
existe encore et à quelles conditions le droit nouvellement acquis
vient le remplacer. Encore faut-il hésiter à dire, même sur ce point,
qu'il n'y ait pas des idées nouvelles dont il importe de tenir compte.
Nous avons à ce sujet un curieux arrêt rendu il y a quelques
années par la Cour de Cassation dans une affaire Dreyfus-Gonzalès
(13 février 1922 — Cl. p. 969). Ces Dreyfus-Gonzalès étaient origi-
INFLUENCE DES DROITS NOUVEAUX 533

nairement des Français, devenus Espagnols avec l'autorisation du


gouvernement français et qui, après être restés ainsi une dizaine
d'années attachés à la nationalité espagnole, avaient obtenu du Roi
d'Espagne, par un nouveau décret, l'annulation du décret précédent
qui les avait rendus espagnols; ils s'en prévalaient pour réclamer
en France la nationalité française : notre Cour de Cassation leur
répondit qu'ils avaient tort; qu'ils avaient un droit acquis à la
nationalité espagnole et que ce droit ne pouvait être annulé que
par un acte qui aurait pour conséquences de leur rendre la nationa-
lité française. Or, il est bien certain qu'un simple décret du gouver-
nement espagnol ne suffit pas à faire d'un espagnol un français.
Voilà donc l'exemple très curieux du maintien d'un droit acquis
dans une hypothèse où le bénéficiaire même de ce droit le détruit de
ses propres mains et prétend le voir annihilé. Cette hypothèse est
d'autant plus curieuse qu'elle nous fait voir, tout nu, on peut le
dire, l'effet international du droit acquis dans la circonstance.
Mais laissons de côté cette première série de cas, la seconde
qui va nous occuper maintenant est beaucoup plus considérable.
Elle suppose un droit acquis dans un pays, et il s'agit de savoir
si ce droit acquis dans un pays déterminé ne pourra être détruit
que par l'effet indirect d'un autre droit acquis dans le même pays
étran^ r ou si, plus largement, le premier droit acquis pourra être
détruit par un nouveau droit acquis obtenu dans un pays étranger
quelconque : c'est une question qui ne manque pas d'analogie avec
celles que nous avons examinée au chapitre précédent.
Après y avoir réfléchi, il ne faut pas hésiter à se prononcer ici
pour la solution la plus libérale des deux. La même vertu inter-
nationale qui fait qu'un droit régulièrement acquis dans un pays a
sa valeur dans tous les autres, doit avoir pour les mêmes raisons
encore cet effet qu'un nouveau droit, acquis dans un pays quel-
conque, détruit totalement ou pour partie un ancien droit acquis
dans un pays différent et qui serait inconciliable avec lui. S'il y a,
comme effectivement cela est, une nécessité internationale à ce que
l'on donne un effet international général aux droits acquis, la même
nécessité internationale et la même idée de respect des souverains
les uns pour les autres fait qu'un acte, régulièrement fait dans un
pays, peut réagir sur les droits antérieurement acquis dans des
pays différents.
534 A. FILLET. — LES DROITS ACQUIS
Nous parlons d'un actb régulièrement acquis. Qu'entendrons-nous
par là? Toute nouvelle explication serait, je crois, ici superflue du
moment que nous avons déjà antérieurement examiné ce que c'est
qu'un acte régulièrement acquis. Nous avons vu que l'acte réguliè-
rement acquis est celui qui a été construit selon la loi compétente.
Ici cette définition sera tout aussi bonne; il suffira pour que cet
acte modificatif ait son effet que la loi compétente ait été respectée
au moment où il a été constitué. La jurisprudence du tribunal
fédéral suisse nous offre dans un dire du 9 juin 1889 une décision
assez singulière à cet égard : il s'agissait d'une affaire Alba
c. Tognietti ; ceux-ci étaient d'anciens époux divorcés par un tribunal
français malgré leur nationalité italienne, et qui venaient demander
à la juridiction suisse de donner effet à leur divorce. Le tribunal
fédéral admit leur requête sans se soucier de cette circonstance,
vraiment grave cependant, qu'il s'agissait là d'un divorce qui avait
été prononcé contrairement à la loi personnelle des deux époux.
Le tribunal n'a pas vu qu'il ne s'agissait pas d'un droit réguliè-
rement acquis et que, par suite, l'effet de ce droit ne devait pas se
produire à l'étranger.
Les conséquences de ce principe, quant à l'influence que peut
exercer un nouveau droit acquis sur un ancien droit acquis, sont
nombreuses; elles sont positives lorsque le droit â été régulièrement
acquis et négatives au contraire s'il ne l'a pas été.
Nous compterons parmi ces conséquences la solution de bien des
débats occasionnés par la propriété d'un navire. Il est possible que
Cette propriété ait été acquise suivant la loi d'un pays qui ne connaît
pas l'hypothèque maritime. Si plus tard une hypothèque de ce
genre est régulièrement acquise quant au navire, elle produira son
effet sans considération pour ce fait que dans le pays d'origine,
au moment de l'acquisition du navire, il ne pouvait pas être question
de diminuer par une hypothèque le produit de cette acquisition.
Nous ferons dériver de là la solution de conflits redoutables existant
en matière de propriété mobilière corporelle, notamment de ceux
que fait naître la règle « en fait de meubles possession vaut titre, i
L'acquisition d'un meuble corporel, sous une législation qui n'admet
pas la prescription instantanée, n'empêche pas le transfert de ce
même meuble à une autre personne, par l'effet de la prescription
instantanée, si ce transfert se passe dans un pays qui autorise cette
INFLUENCE DES DROITS NOUVEAUX 535

prescription. De hiême, et plus encore, ces principes aideront à


résoudre les questions qui naissent des lois relatives à la perte ou
au vol des titres au porteur : ce sont des questions célèbres par leur
acuité. II s'agit de savoir dans chaque cas quel est le régime du
titre volé et notamment, si c'est le régime d'indisponibilité, il
faudra considérer dans quel lieu la propriété de ce titre a été acquise
et, alors même que la législation de ce lieu différerait complètement
de celle sous laquelle le précédent propriétaire avait acquis son
droit, elle ne devrait pas moins s'appliquer dans de pareilles
conditions.
Nous essayerions en vain d'épuiser les applications que l'on peut
faire de cette idée, elles sont à la vérité trop nombreuses pour être
parcourues, mais il y a, et c'est son côté sans doute le plus curieux
de tous, certains enseignements utiles à tirer de ce qu'on arrive
parfois, par notre méthode, à résoudre de véritables impossibilités
pratiques; il en résulte que des situations dites volontiers désespérées
ne le sont pas en réalité, bien qu'elles trouvent cependant bien peu
de remèdes.
Ainsi il arrive qu'une personne acquière une nationalité étrangère,
contrairement aux prescriptions absolues de sa nationalité d'origine;
l'ancienne nationalité russe était considérée comme indélébile et
la nationalité ottomane ne pouvait se perdre qu'avec le consens
tement du gouvernement ottoman.
Que décider de la nationalité d'une personne naturalisée contrai-
rement aux vœux de sa nationalité d'origine. On dit généralement
qu'il est impossible de satisfaire à la fois son désir de changer de
nationalité et les exigences de sa loi primitive; il semble dans un
cas pareil que la solution correcte au point de vue des principes
est de dire qu'il ne peut pas exister de droit acquis contre des
législations semblables, puisqu'elles excluent l'hypothèse même
d'un changement de nationalité et que, par conséquent, lorsque
un Turc ou un Russe se faisait naturaliser étranger, on ne devait
pas moins le considérer comme Turc ou comme Russe. La jurispru-
dence toutefois hésitait beaucoup à prendre ce parti.
De même et plus pratiquement, en cas d'annexion, lorsque les
parties ne sont pas d'accord sur les conditions d'application du
traité, comme cela arriva par exemple pour le traité de Francfort,
à l'égard des simples domiciliés, dans ce cas-là, la solution logique
536 A. FILLET. — LES DROITS ACQUIS
serait, en présence de l'impossibilité où l'on est d'appliquer le traité,
de reconnaître aux intéressés leur ancienne nationalité qui resterait
pour eux un droit acquis; c'est par la même raison que je résoudrais,
comme je l'ai toujours fait, la question célèbre du divorce d'un
Italien en France après changement unilatéral de nationalité.
Malgré l'arrêt Ferrari du 6 juillet 1922, je prétends que ce divorce
n'est pas possible parce que, même prononcé par un tribunal com-
pétent, il ne peut pas former titre contre un époux étranger au
statut personnel duquel il est contraire. Fatalement le droit au
divorce acquis dans ces circonstances ne serait jamais un droit
régulièrement acquis, fatalement aussi il ne remplacerait jamais
l'ancien droit national qui demeure, lui, le seul droit acquis aussi
longtemps qu'un nouveau droit acquis n'a pas été fondé.
Il faudrait de très longs développements pour analyser les consé-
quences qui résultent de ces idées du droit acquis; dans les cas où
précisément les conflits sont les plus graves, dans les cas de situa-
tion juridique contradictoire, nous ne prétendons nullement que
la théorie de l'effet international des droits acquis soit telle qu'elle
puisse mettre, fin à toutes les difficultés; mais il n'est pas moins
vrai qu'elle réduit quelques-unes d'entre elles et qu'elle réussit au
moins à porter le flambeau dans certaine partie de notre domaine
où jusqu'ici la lumière n'avait pas été faite.
TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION. — Du respect international des droits régulière-


ment acquis.
Portée et effets du principe du respect international des droits
acquis. — Nouveauté de l'expression juridique du principe; théorie
de Savigny; l'annexion; le régime matrimonial. —Formule juridique
et importance du principe; sa place en droit international privé. — Le
respect des droits acquis et les auteurs contemporains : Schoeffner,
Dicey, de Vareilles-Sommières 189

CHAPITRE PREMIER. — Qu'est-ce qu'un droit régulièrement


acquis?
Définition du droit régulièrement acquis. — Droit à formation
nationale. — Droits internationaux dès l'origine; législation compé-
tente, application de la lex ¡ori; l'appréciation de la régularité des
droits acquis. — Propriété littéraire et artistique, propriété mobilière,
droit fondé sur la volonté; responsabilité délictuelle; faillite; nationa-
lité des sociétés 496

CHAPITRE II. — De l'efiet des droits régulièrement acquis.


Identité du droit invoqué dans les différents pays; conséquences. —
Propriété littéraire et artistique, critique du principe de la pluralité
des droits ; traductions ; représentation des œuvres musicales et drama-
tiques ; critique de la théorie du minimum et du droit d'option entre la
protection garantie par traité et le régime national. — Propriété indus-
trielle : contradiction de la pratique, solutions opposées en ce qui con-
cerne brevet, dessins et modèles d'une part, marque et nom commer-
cial de l'autre. — Nationalité des sociétés. — Portée quasi universelle
du principe du respect des droits acquis en droit international privé. . 503

CHAPI TRE UI. — Principe du respect du droit acquis dans ses


rapporta avec la compétence et avec l'exécution des jugements
étrangers.
Droit acquis en matière de compétence.—L'article 14 C. civ. français.
— Conflits de compétence en matière d'annexion. — Procédure d'exe-
quaturáes jugements étrangers; naturedu droit acquis parle jugement
étranger; conséquences. — La procédure ¿'exequatur fait apparaître
qu'il s'agit d'un droit acquis. — Survenance d'un fait juridique nou-
veau 509
'>38 A. PILLET. — LES DROITS ACQUIS

CHAPITRE IV. — D e s l i m i t e s de l'effet international des droits


acquis.
Différentes sortes de limitations. — Limites tenant à la nature du
droit acquis : lois pénales, lois de caractère politique, lois fiscales. —
Analyse de l'idée de territorialité : loi territoriale ordinaire et territo-
rialité renforcée (exception au principe de l'effet international des
droits acquis) ; distinction de l'amende et de la dette née d'un délit civil.
— Les lois pénales : absence d'effet international de la chose jugée au
criminel; conséquences regrettables de la maxime de la territorialité
absolue. — Les lois politiques : affaire de la succession du duc de Rich-
mond; affaire de la marque des Chartreux.—Les lois fiscales 514

CHA PITRE V. — D e s exceptions au respect du droit internationale-


m e n t acquis.
Droit acquis à l'étranger ne correspondant à aucun droit organisé
dans le pays où l'on prétend le faire valoir. — L'exception d'ordre
public; fonctions différentes des lois d'ordre public dans les rapports
internationaux. — Application de l'exception d'ordre public en matière
d'exequatur des jugements étrangers. — Limitations de l'exception
d'ordre public à divers points de vue. — Importance de l'exception
d'ordre public 520

CHAPITRE VI. — De l'extinction de l'autorité des droits acquis.


Droit à formation nationale. — Paiement : paiement partiel, mon-
naie de paiement. — Compensation, mort du titulaire, prescription. —
Brevets d'invention. — Droit à durée déterminée et prescription libé-
ratoire. — Perte par cas fortuit, question des risques. — Effet interna-
tional du droit acquis au détriment de la personne qui a acquis le
droit : lettre de change, faillite. — Droit international dès l'origine :
exception à la doctrine de l'effet international des droits acquis, con-
vention de la Haye du 12 juillet 1902 sur le mariage 526

CHAPITRE VII. — D e l'influence des droits nouveaux s u r l e s droits


antérieurement acquis.
Construction d'un droit nouveau incompatible avec le premier
(dation en paiement). — Droit nouvellement acquis organisé dans lé
pays même où le droit précédent avait été créé : affaire Dreyfus-Gon-
zalès. —Droit nouvellement acquis dans un pays étranger quelconque :
divorce, propriété des navires et hypothèque maritime; propriété mo-
bilière, perte et vol de titres au porteur; acquisition d'une nationalité
étrangère contrairement aux prescriptions de la nationalité d'origine;
changement de nationalité par annexion 532
INDEX ALPHABÉTIQUE

A sage de 1909 sur l'ouverture


de négociations relatives à la
Absolutisme d'État. Théorie lagune Mirim, 304 et s.
du fisc. 63. A n d r é a d è s . Opinions : Commis-
« A c t o ! state ». Définition, 486; sions instituées par la loi égyp-
— Responsabilité de l'État en tienne de 1888, 13; — Contrôle
matière civile, 436. en Bulgarie, 28; — Contrôle
A d a m s (Président). Message au par les organes de la Société
Congrès de 1822, 2 3 1 ; — des Nations, 12; — Contrôle
Congrès de Panama, 233; — tunisien, 22; — Influence poli-
Doctrine de Monroe, 234. tique de la Banque d ' É t a t du
Adatci. Son rôle dans le diffé- Maroc, 23 ; — Protocole annexé
rend entre la Roumanie et la au traité de Berlin de 1878, 2 5 ;
Hongrie relatif à l'expropria- — S8 méthode de traiter des
tion par la Roumanie de pro- contrôles financiers, 11.
priétaires hongrois, 378. Annexion. Respect des droits
A g u é d e (de). Partisan d'une acquis, 490; — Compétence des
confédération des É t a t s sud- tribunaux, 510. V. Droits ac-
américains, 228. quis.
Aland (Iles d'). Différend entre Anzilotti. Opinion sur la respon-
la Finlande et la Suède relatif sabilité internationale, 45 et s.
aux îles d'Aland, 401. Apt (Max). S'explique sur les dis-
Albert (Prince). Prend en con- positions du projet de la Haye
sidération le projet d'unifica- (1912) sur le chèque, 186.
tion du droit commercial de A r b i t r a g e . Amérique du Sud,
Leone Levi, 132. 309 et s. ; — Conférences pana-
Alcorta (D' Armanio). Opinion méricaines, 144 et s.; — Con-
sur le traité de limitation des férence de la Haye de 1899,
armements de 1902 entre le 312; — Conférence de Was-
Chili et l'Argentine, 308. hington (1899), 275 ; — Congrès
Alexandre VI. Bulle de 1493, de Lima, 243; de Montevideo,
294. 312; de Madrid, 312; — Récla-
A l t a m i r a . Juge à la Cour per- mations pécuniaires, 99 et s. ;
manente de Justice interna- — Réparation des dommages
tionale; projet sur les avis con- subis par les étrangers en cas
sultatifs, 360. de troubles, 268 et s. V. Con-
Alvarez (Alejandro). Distingue grès panamericains.
le droit international conti- Arbitrage obligatoire. Consti-
nental et le droit international tutions nationales, 314 et s.;
américain, 44; — Opinion sur — Conférence de la paix de la
le rapprochement de la doc- Haye (1907), 107, 289 et s.;
trine de Drago de celle de — Convention Drago-Porter,
Monroë, 92; — Publie « La 289 et s.; — Exceptions con-
codification du droit interna- tenues dans les traités d'arbi-
tional en Amérique », 280; — trage obligatoire, 315 et s.; —
Repousse la théorie de Drago, Faveur qu'il rencontre dans
90. les États de l'Amérique du
Alvez (Rodriguez). Président de Centre et du Sud, 313 et s.;
la République du Brésil ; mes- — Protocole de Genève (1924),
540 INDEX ALPHABÉTIQUE
309; — Trailcs, 262, 311, B a r b o s a Carneiro. Rapporteur
316 et s. V. Conférences de la à la Commission économique
paix de la Haye, Convention et financière de la Société des
Drago. Nations, 191.
A s p i n w a l l (Affaire), 84. Baretto (Général). Signe la Con-
Aßser. Discours à la Conférence vention de Irebasuba, 301.
de la Haye de 1912 sur le B a r i (Affaire de), 509.
chèque, 148. B a r r o s J a r p a . Ministre des
Association de droit m a r i t i m e Affaires étrangères du Chili,
b e l g e . Immunité de l'État en 299.
ce qui concerne ses navires, B a s d e v a n t . Opinion sur l'action
474. directe de l ' É t a t objet du délit
Association i n t e r n a t i o n a l e international, 47.
pour la protection légale B a v a r d . Secrétaire d ' É t a t des
d e s travailleurs. Reçoit noti- Etats-Unis ; déclaration sur les
fication de la première ques- conditions de la protection par
tion soumise à la Cour perma- le Gouvernement des É t a t s -
nente de Justice internationale Unis d'un Américain créancier
pour avis, 366. d'un É t a t étranger, 78.
Aval. V. Effets de commerce. B e r t h é l e m y . Opinions : Nature
Aviation. Transmission des effets de la fonction publique, 455;
de commerce, 180. — Personnalité de l'État, 455;
Avis consultatif. Juridiction — Responsabilité de l'adminis-
consultative : Autriche, 396; tration, 457; — Responsabi-
Colombie, 392 et s. ; Colorado, lité personnelle des fonction-
386; Delaware, 387; Maine, naires, 456; — Souveraineté
385; Manitoba, 392; Missouri, de l'Etat, 424; — Syndicats
386; Nebraska, 389; New de fonctions publiques, 455.
Hampshire, 385; New Jersey, « Bill of e x c h a n g e act ». Billet
389; Nouveau Brunswick, à ordre, 167; — Endosseur
393; Norvège, 400; Nouvelle d'un effet de commerce, 172;
Ecosse, 392; Oklahoma, 388; — Présentation au paiement,
Ontario, 3 9 1 ; Québec, 392; 160. V. Effet de commerce.
Rhode Island, 386; Saskat- Billet à ordre. V. Effets de
chewan, 392; South Dakota, commerce.
387; Vermont, 387; — Orga- B l a i n e (J. G.). Secrétaire d ' É t a t
nismes techniques à créer par des États-Unis, 254; Président
la Société des Nations, 403 et de la Conférence panaméri-
s. V. Cour permanente de Jus- caine de Washington (1889),
tice internationale.
252; — Résume les buts de la
Avis de non p a i e m e n t . V. Effet Conférence panaméricaine de
de commerce. Washington (1889), 252; —
Ayous. Partisan d'une Confé- Sa proposition au Gouverne-
dération sud-américaine, 228. ment français pour le recou-
vrement des dettes du Vene-
B zuela, 103.
Boccardo (Affaire), 84.
Balfour (Lord). Avis sur les né- Bolivar (Simon). Demande au
gociations entre États amé- Gouvernement de Buenos Aires
ricains, 326. d'aider à la constitution d'une
B a l l i s t i n i (Affaire), 84. Confédération sud-américaine,
B a n q u e d'État a l l e m a n d e . Di- 228; — Différence entre lès
rection, 32. clauses du traité de confédé-
B a n q u e de P a r i s . Exerce un ration de Lima et le projet de
contrôle sur les finances du Bolivar, 238 ; — Idée maîtresse
Maroc, 23. du projet de Confédération des
B a r (de). Opinions : Nature juri- É t a t s sud-américains, 231; —
dique des emprunts d ' É t a t , 63; Les circulaires de Bolivar aux
— Loi applicable aux emprunts États sud-américains, 229; —
d ' É t a t , 69. Membre de la « Grande Loge
B a r b o s a (Ruy). Opinions : Na- Américaine », 215; — Ses pro-
ture des emprunts publics, 100. jets font apparaître le panarne-
INDEX ALPHABÉTIQUE 541
ricanisme, 279. V. Conférences Bue tornante. Son opinion sur
panaméricaines. le point de savoir si la Cour
Borah (Sénateur). Est hostile à permanente de Justice inter-
la compétence consultative de nationale est libre ou non de
la Cour permanente de Justice donner un avis qui lui est
internationale, 408. demandé, 356.
Borchard (E. M.). Étudie l'im-
munité des États, 417; — Opi- O
nion sur l'immunité de l'État
en ce qui concerne les navires Cabuga (Ruy). Ministre du Bré-
qui lui appartiennent, 469. sil aux États-Unis, 228.
Borchardt. Proposition à la con- Caisse de la dette. Loi égyp-
férence de Brème de l'Interna- tienne du 11 juillet 1880, 13
tional Law Association (1876), et s.
133. Calvo. Clause Calvo, 80; —
Bourgeois (Léon). Remercie les Recours à la voie diplomatique
représentants de l'Amérique a et aux voies de droit interne,
la 2" Conférence de la paix de 292.
la Haye, 314. Campos (Manuel Torres). Ap-
Bouteron. Préface la traduction prouve la doctrine de Drago,
française des lois polonaises sur 285.
les effets de commerce publiée Canning. Dépêche de 1822 sur
par V/itenberg, 155. l'intervention, 7; — Dépêche
Bran ting. Son avis sur le renvoi de 1822 sur la reconnaissance
à la Cour permanente de Jus- des colonies espagnoles d'Amé-
tice internationale des ques- rique du Sud, 220.
tions rédigées par le Comité Cap Breton (Ile de). Pétition
de juristes à l'occasion du dif- contre l'annexion de cette île
férend italo-grec, 377. a la Nouvelle Ecosse, 394.
Brown (Philip Marshall). Opi- Capitulations. Accordées aux
nion sur la compétence con- inventeurs de territoires, 294.
sultative de la Cour perma- Cardozo. Juge américain; opi-
nente de Justice internationale, nion sur la juridiction consul-
406. tative des tribunaux, 407.
Brum (Dr B.). Son projet de So- Carélie. Affaire de la Carélie
ciété des Nations américaines, orientale, 371 et 408.
271 et s. Carvalho (Dr Carlos de). Opi-
Brunswick (Duc de). Affaire du nion sur la question de la
duc de Brunswick, 518. lagune Mirim, 303.
Buchanan. Annonce l'absten- Castlereagh (Lord). Transmet
tion des États-Unis quant au une proposition de médiation
projet sur l'irresponsar>ilité de pour le règlement pacifique de
l'État à raison des préjudices l'insurrection des colonies espa-
subis par les étrangers en cas gnoles d'Amérique du Sud, 219.
d'émeute (convention de Catherinen, 213.
Mexico, 1901), 259; — Indique Cauterbury (Vicomte). (Affaire
les modalités de la protection, du), 431.
parle Gouvernement des États- Cecil (Lord Robert). Sa propo-
Unis, des sujets américains cré- sition concernant la compé-
anciers d'États étrangers, 78. tence de la Cour permanente
Bureau international du Tra- de Justice internationale, 351 ;
vail. Fait présenter, parle Con- — Son opinion sur la compé-
seil de la Société des Nations, tence du Conseil de la Société
une question pour avis à la des Nations de demander un
Cour permanente de Justice avis consultatif à la Cour perma-
internationale, 366. nente de Justice internationale
Bureau international des Ré- à raison du différend entre la
publiques américaines. Ré- Roumanie et la Hongrie, 378.
organisation prévue au pro- Chalmers (Mackensie). Expose
gramme de la Conférence de le point de vue anglo-saxon sur
Mexico (1901), 258. V. Con- la formalité de la dénomination
férences panaméricaines. du chèque, 158; — Propose de
542 INDEX ALPHABÉTIQUE
continuer les t r a v a u x de la Compagnie générale dep E a u x
Conférence de la Haye (1912) de Caracas. (Affaire dela), 84.
sur les effets de commerce, 191. Cónant. Délégué américain aux
« Charkieh » (Affaire du navire), Conférences de la Haye (1910
465. et 1912) sur les effets de com-
Chambre des Représentants merce, 159.
(États-Unis). Attitude à l'égard Condition d e s é t r a n g e r s . Amé-
flu message de Monroe de 1822, rique, 276 et s., 287 ; — Per-
221; — Réserves qu'elle for- sonnalité, « jus standi in judi-
mule en votant les prédits pour cio », 74; — Proteption de la
le Congrès de Panama, 234. loi, 74; — Conférence de
Chartreux (Affaire des), 518. Mexico (1901), 258; — Con-
C h a m b r e de C o m m e r c e i n t e r - grès de jurisconsultes améri-
nationale. Ses efforts en vue cains de 1925, 278.
de l'unification d e l a réglemen- Confédération, Tentatives de
tation des effets de commerce, confédération des É t a t s d'Amé-
188 et s. rique latine, 207 et s., 227; —
Choque. V. Effets de commerce. Traités, 238 et s.
Clay (Henri). Avis sur la recon- Conférence des a m b a s s a d e u r s .
naissance des colonies espa- Affaire de Jaworzina, 373; —
gnoles d'Amérique révoltées, Différend italo-grec de Corfou,
222. 33Ó.
Clode. Définit la « petition, of Conférence financière et é c o -
right », 427; — Explique l'ori- n o m i q u e de B r u x e l l e s (1920).
gine de la « petition of right », Réformes qu'elle demandait,
429; — Opinion sur la portée 190; — Soumet ses résolutions
de la responsabilité de la Cou- à la Société des Nations, 190.
ronne, 431. Conférences de la p a i x de la
Collier (Miller). Ambassadeur Haye. Clause « si omnes », 44;
des États-Unis à Santiago du — Commissions internationales
Chili, 30Q. d'enquête, 319; — Participa-
Comité m a r i t i m e internatio- tion des républiques améri-
n a l . (Conférence de ce comité caines, 288, 312 et s.; —
à Londres en 1899). Immunité Proposition Porter, 289; —
de l ' É t a t , 417 et s., 474. V. Recouvrement des dettes pu-
Immunité de juridiction. bliques, 97. V. Arbitrage obli-
Comité consultatif de J u r i s t e s . gatoire.
Créé par le Conseil de la Société Conférences d e s c o m m u n i c a -
des Nations (1920), 352; — tions et du t r a n s i t , 402 et s.
Son projet de statut de la Cour Conférences p a n a m é r i c a i n e s .
permanente de Justice interna- Washington (1889), 252 et s.;
tionale, 357. V. Cour perma- Mexico (1901), 257 et s.; Rio
nente de Justice internationale, de Janeiro (1906), 262 et s.;
Société des Nations. Buenos-Aires (1910), 266 et s. ;
C o m i t é s de contrôle, 22 et s., Santiago du Chili (1923), 270 et
38 et s. s. V. Bureau international des
C o m m i s s a i r e g é n é r a l de la Républiques américaines, Con-
Société d e s N a t i o n s . En Au- dition des étrangers, Récla-
triche, 37 ; en Hongrie, 38 et s.. mations pécuniaires, Repré-
Commission a n g l o - f r a n c o - sailles.
égyptienne. Loi égyptienne Conflit de l o i s . Capacité, 144;
dq 11 juillet 1880, 13. — Obligations civiles et com-
C o m m i s s i o n dos réparations. merciales, 168; — Tribunal
Composition, 19; — Organisme compétent, 318; — V. Congrès
de contrôle, 12 et s. ; — Person- américains de jurisconsultes
nalité internationale, 19; — (Lima et Montevideo).
Plan Dawes, 34; — Pquvoirs, Congrès a m é r i c a i n s de j u r i s -
20. consultes. Lima (1877), 246
C o m m i s s i o n financière de T u - et s. ; Montevideo (1888), 248 et
n i s i e . Camposition, 22. s. ; de 1925, 278.
Commissions! internationales Congrès de P a n a m a , 234.
d'enquête. Amérique, 319 et s. Congrès européens. Vienne,
ÍNDEX ALPHABÉTIQUE 543
216; Aix-la-Chapelle, 217; Lay- américains, leur attitude, 330.
bach, 218. V. Société des Nations.
Congros belge de drpit inter- Corsi (Alexandre). Avis sur le
national. Capacité des per- traité d'arbitrage obligatoire de
sonnes, 169. Pise, 317.
Conseil d'État. Histoire, 453; •— Cour constitutionnelle s u -
Compétence des tribunaux ju- prême d'Autriche. Juge la
diciaires, 453; — Responsabi- constitutionnalité des lois et
lité des fonctionnaires, 456. la légalité des ordonnances,
Constitutions. Pouvoirs des par- 396 et s.
lements, 439; — Etats-Unis. Cour de l'Amirauté britanni-
11e amendement, 444 et s. que. Historique de sa compé-
Contrats d'Etat. Dettes con- tence, 461.
tractuelles, 106 et s.; — Dis- Cour de justice centre-améri-
tinction entre les actes de droit caine. Constitution, 320 et s.;
privé et les emprunts publics, — Justice internationale obli-
61 et s.; — Étranger contrac- gatoire, 321 ; — Échec, 322.
tant avec l'État: Impossibilité Cour des réclamations. Juge
pour l'étranger de s'adresser les litiges entre le Gouverne-
aux tribunaux nationaux, 75; ment des États-Unis et les
— Renonciation de la part de particuliers, 60; — Immunité
l'étranger au bénéfice de sa de l'État, 441 et s.
nationalité, 80. Cour permanente d'arbitrage.
Contrôles financiers interna- Affaire des « Pious funds », 347;
tionaux, 35 et s. ; — Caractère — Convention Drago-Porler,
licite ou illicite 10, 40; — Dif- 108; Y. Convention Drago-
férentes sortes de contrôles fi- Porter.
nanciers, 11 et s.; — Interven- Cour permanente de Justice
tion, 40 et s. internationale. Rédaction de
Contrôles exercés par des re- son statut, 328 et s.; — Rôle,
présentants de plusieurs États 102 et suiv., 410 ; — Son impor-
ou par des personnes nommées tance, 348 et s.
par ceux-ci, 12 et s.; Egypte, Avis consultatifs. Esprit dans
12; Grèce, 17; Commission des lequel il faut examiner les fonc-
réparations, 19; — Contrôle tions consultatives de la Cour
international mixte; son appli- permanente de Justice inter-
cation en Tunisie, 21 ;—Contrô- nationale, 349; — Est-elle
les exercés parles représentants libre ou non de donner un avis
dès créanciers, 23 et s.; Maroc, consultatif? 356 et s., — Opi-
23; Turquie, 24; Serbie, 27; nion des États-Unis sur sa juri-
Bulgarie, 27; — Contrôles fi- diction consultative, 382; —
nanciers du type américain, Procédure de l'avis consultatif,
28 et s.; Saint-Domingue, 28; 362 et s.; — Publicité des avis
Haïti, 29; Honduras, 30; Nica- consultatifs, 364 et s., 408; —
ragua, 30; — Contrôles insti- Transmission des requêtes
tues conformément au plan d'avis aux gouvernements et
Dawes, 31. V. Entr'ajde finan- aux organisations intéressées,
cière internationale. 364.
Convention Prago-Porter. Avis consultatifs. Désigna-
Adhésion sans réserves de Dra- tion du délégué ouvrier desPays-
go, 100; — Peut-elle légitimer Basàla IIIe Conférence interna-
l'intervention? 110; — Portée, tion aie ou Travail, 366 ; — Con-
108 et s.; — Ratifications, 110 ditions du travail dans l'agri-
et s. V. Arbitrage obligatoire, culture, 366, 367; — Décrets
Cour permanente d'arbitrage de nationalité de Tunisie et du
de la Haye, Obligation inter- Maroc, 367; — Carélie «rien-
nationale. taie, 369,; — Colons allemands
Corfou (Différend, italo-grec de de Pologne, 371 ; — Acquisition
1923). Acte de représailles, 49 ; de la nationalité polonaise,
— Comité de juristes, 377; — 372; — Jaworzina, 372; —
Conseil de la Société des Na- Monastère de Sajnt-Naoum,
tions, 376 et s.; — Ét&ts sud- 373; — Interprétation de la
544 ÍNDEX AL¡PHABÉTIQUE
Convention de Lausanne, 373; Déni de loi. Délit international,
— Boîtes aux lettres de Dant- 93, 68; — Modification législa-
zig, 374; — Expulsion du pa- tive, 74; — Modification d'un
triarche œcuménique de Cons- contrat passé par l'État, 68.
tantinople, 375. D é s a r m e m e n t . Protocole de Ge-
Comité de procédure de la Cour nève, 331.
permanente de Justice inter- D e t t e s d'État. Origine, 81 ; —
nationale, 360 et s. Ressortissants d'un autre É t a t ,
Compétence. Article 14 du 59.
pacte de la Société des Nations, Dicey. Critique les propositions
353 et s. ; — Article 36 du statut tendant à unifier le droit com-
de la Cour permanente de Jus- mercial, 134; — Définit : le
tice internationale, 328 et s.; conflit des lois, 494; l'excès de
— Conventions, 404 et s. pouvoir international, 494.
Greffier : Dresse un rôle des Diena. Opinion sur l'interven-
affaires, 362; — Notifie les tion et le contrôle, 41.
requêtes d'avis aux membres D r a g o . Ministre des Affaires
de la Cour permanente de Jus- étrangères d'Argentine. Confé-
tice internationale, et aux rence de la Haye, 99 et s.; —
membres de la Société des Na- Emprunts d ' É t a t , 61 et s., 86.
tions, 363; — Opinion sur la 281 et s.; — Intervention, 92;
juridiction consultative de la — Note du 29 décembre 1902,
Cour permanente de Justice 85 et s. ; — Doctrine de Monroë
internationale, 382. 31 et 83; — Rapprochement
Indépendance des juges de la entre les idées du D r Drago et
Cour permanente de Justice celles de M. Politis, 91. V. Con-
internationale, 408. vention Drago-Porter.
Règlement de la Cour per- Dreyrus-Gonzalès (Affaire),
manente de Justice internatio- 532 et s.
nale, 360 et s. Droit. Science sociale, 409; —
Cour s u p r ê m e (États-Unis). Est Unité ou pluralité de droit,
à la tête des tribunaux fédéraux, 504.
383 et s. ; — Expérience qu'elle Droit constitutionnel. Droit du
fournit quant au rôle du juge, national à la protection de son
409. gouvernement, 76.
Cracovia (Villelibre de). Annexée Droit constitutionnel i n t e r n a -
par l'Autriche, 50. tional. Définition, 365.
Créanciers. Violation par l'État Droit coutumier international.
du droit des créanciers, 56. Caractère relatif, 44.
Crespo. Opinion sur le projet de Droit de n é c e s s i t é . Définition,
la Conférence de la Haye de 49 et s.
1912 sur les effets de commerce, Droit d e s g e n s . Fédéralisme,
186 et s. 349; — Premières manifesta-
Crimdon (Affaire du), 465. tions effectives, 212 et s.; —
Universalité, 346 et s.
D Droit des p e u p l e s à s e g o u v e r -
ner e u x - m ê m e s , 211.
D a w e s (Plan). V. Commission Droit international privé. Ob-
des Réparations. jets de cette science, 492.
Déclaration de guerre. Préli- Droit international public.
minaires imposés par le traité Écoles, 209; — Principes na-
de Santiago du Chili, 239. turels, 209; — Structure, 209;
Délit international. Définition, — Y a-t-il un droit interna-
43 ets.;—Conséquences,5ets.. tional public sud-américain?,
10: — Droit de l'État objet du 209.
délit de demander réparation, Droits a c q u i s . Exemple, 489 et
46 ; — Renonciation à ses con- s. ; — Principe du respect inter-
séquences, 41. V. Responsa- national des droits acquis,
bilité internationale, Déni de 492 et s. ; — Condition du res-
loi. pect international des droits
Déni de justice. Conséquences, acquis, 496 et s. ; — Limites au
269; — États-Unis, 78 et s. principe du respect internatio-
INDEX ALPHABÉTIQUE 545
nal des droits acquis, 514; — 165; — Provision, 163 et s.; —
Ordre public, 521 et s. Protêt, 141,160,173 ; — Régle-
Respect international des mentation internationale des
droits acquis en matière de : effets de commerce, 132 et s.,
Brevet d'invention, 528 ;—Com- 157 et s.
pensation, 529 et s. ; — Conven- Billet à ordre. Endossement,
tion déjuge, 509;—Exequatur 180; — Règlement uniforme,
des jugements étrangers, 510 et 180; —Rôle, 166 et s.
s.; — Faillite, 501 et 529; — Chèque. Caractère récent de
Mariage, 530 et s.; — Marques la législation spéciale, 148; —
de fabrique, 506 et s.; — Mon- Chèque international, 189; —
naie de paiement, 526 et s.; — Chèque barré, 152 et s., 184;
Nationalité des sociétés, 507; — o Clearing house », 183; —
— Propriété littéraire et artis- Certification, 183; — Déno-
tique, 499 et s.; — Propriété mination, 182; — Formalisme,
mobilière, 499; — Responsa- 182; — Influence des besoins
bilité délictuelle, 500; — Ris- de l'industrie, 182 ; — Nécessité
que, 528. de nouvelles mesures depuis la
Droits fondamentaux des guerre, 185 et s.; — Perte des
Etats. Droits découla- • chèques, 184; — Pratique ban-
traités spéciaux, 7 ; — Droit de caire aux États-Unis, 185; —
conservation, 7 ; — Égalité, 8 ; Présentation, 183 et s.; —
— Indépendance, 8. Provision, 185; — Révoca-
Duarte de Ponte Ribero, Con- tion, 183; — Tiré, 151,183; —
seiller du Gouvernement brési- Tireur, 152 et s., 183; — Uni-
lien; avis sur l'affaire de la fication de la législation sur
lagune Mirim, 302. V. Mirim. les chèques, 182 et s.
Duguit(L.). Décrit le système de Lettre de change. Accepta-
la justice administrative, 458; tion, 171; — Actions du por-
— Opinions : Personnalité de teur, 176; — Avis du défaut
l'Etat, 455; — Syndicats de d'acceptation ou de paiement,
fonctionnaires, 455. 174; — Connaissement annexé,
Dumoulin. Théorie de la person- 138 ;—« Inland bills » et « Foreign
nalité du droit, 490. bills », 188; — Monnaie de
Dunedin (Lord). Membre du paiement, 172 et s.; — Paie-
Comité judiciaire du Conseil ment en foire, 160; — Plura-
privé, 393. lité d'exemplaires, 179; —
Dupont de Nemours (Affaire), Présentation à l'acceptation,
84. 171; — Règlement uniforme,
Dupuis (Charles). Définit l'esprit 164 et s., 171 et s.
international, 324. Règlement uniforme (Confé-
rencedelaHaye). Capacité, 168 ;
—Endossement, 158;—Défaut
d'acceptation, 173 et s.; —
Effets de commerce. Accepta- Défaut de paiement, 173 et s. ;
bilité, 131 ; — Capacité des si- — Paiement par intervention,
gnataires, 145 et s. ; intérêt de 177; — Perte, 164; — Présen-
la question de capacité, 170; tation au paiement, 160 et s.;
législations sur la capacité, 146; — Protêt, 160 et s.; — Refus
lof applicable à la capacité, de paiement partiel, 161; —
169 et s.; objections à Pappli- Critique des dispositions du
cation de la loi nationale à la règlement uniforme, 176; —
capacité, 170; — Conférences Modifications possibles, 180.
panaméricaines, 134 et s.; — V. Bill of exchange act, Cham-
Contreprestatlon, 143 et s. ; — bre de Commerce internatio-
Dénomination, 158; — Diver- nale, Haute Commission inter-
sité des législations, 131; — américaine, Negotiable ins-
Endossements, 171 ; — Origine truments law.
et fonctions des effets de com- Egalité des États. Amérique du
merce, 129; — Paiement par Sud, 284; — Doctrine de Dra-
intervention, 177; — Porteur go, 292; — Insistance des puis-
légitime, 171 ; — Présentation, sances neutres pour l'égalité
546 INDEX ALPHABÉTIQUE
des États dans la constitution des États-Unis; signe la note
de la Cour permanente de Jus- par laquelle les États-Unis
tice internationale, 352; — déclarent ne pouvoir assister
Notion de l'équilibre de forces, au Congrès de Lima de 1877,
216 ; — V. Cour permanente de 246.
Justice internationale. Fonction judiciaire. Définition
Eliaesco. Étudie les droits acquis aux points de vue Juridique
en cas d'annexion, 498. et historique, 408.
Elizalde (Rufino de). Ministre Fonction publique. Nature juri-
de la République argentine, dique, 455.
244. Foster. Opinion sur les consé-
E m p r u n t s d'État. Nature juri- quences de la libération des
dique, 62 et s.; — Motifs des colonies anglaises d'Amérique,
emprunts, 54; — Tribunaux 212.
compétents pour connaître des Frankfurter (Felix). Opinion sur
litiges qu'ils soulèvent, 68. les avis consultatifs dans leurs
« E r i s c o s » (Affaire), 464. rapports avec la loi constitu-
Entr'aide financière i n t e r n a - tionnelle américaine, 382; —
tionale, 35 et s.; — Autriche, Avis consultatif rendu en 1883
36; — H o n g r i e , 38. par la Cour suprême de Rhode
E s c l a v a g e . Attitude des États Island, 386. V. Cour perma-
d'Amérique, 232. nente de Justice internationale.
E s m e i n . Opinion sur le droit Franklin (Benjamin). Lettre ex-
syndical et la fonction publique »osant l'opinion européenne sur
455. Í a révolte des colonies britan-
« Espozende » (Affaire de 1'), niques d'Amérique, 214.
463. Freling-huysen. Secrétaire d ' É t a t
É t a b l i s s e m e n t d'utilité p u b l i - des États-Unis; opinion sur
que. Définition, 454. le recouvrement des dettes
É t a b l i s s e m e n t public. Défini- d ' É t a t , 103.
tion, 454; — Personnalité, 454. Freund. Opinions : Contrats
État. Droit romain, 419; — É t a t entre l'État et les particuliers,
de droit, 64; — Personnalité, 64; — Possibilité pour l'État
419. de modifier la loi sous laquelle
Evarts. Secrétaire d ' É t a t des il a contracté un emprunt, 69.
États-Unis, 79. F r i a s . Affaire de Frias, 500.
« E x e c u t i v e act ». V. Immunité Frontières. Caractère, moins
judiciaire de l'État. grave en Amérique qu'ailleurs,
E x e q u a t u r . Ordre public, 523; des questions de frontières, 293.
— Pouvoirs du juge, 512 et s.
Q
F
Gabba. Opinion sur la loi appli-
Fauchille. Remarque sur les cable aux emprunts d ' É t a t , 69.
méthodes des écoles de droit « G a g a r a » (Affaire du), 464.
international public, 209. Genêt. Affaire Genêt, 383.
F é d é r a l i s m e . Formes fédéralis- G o l d s c h m i d t . Détermine la loi
tes, 349. applicable à la capacité, 169.
Fédération internationale d e s Grande Loge a m é r i c a i n e . But
T r a d e - U n i o n s . Reçoit com- de cette organisation, 215.
munication de la première ques- Guerre. Est un fait irrelevant du
tion soumise à la Cour perma- droit des gens, 48.
nente de Justice internationale Guerre de 1 9 1 4 - 1 9 1 8 . Attitude
pour avis, 366. des nations américaines, 323;
Ferrari (Affaire), 536. — Uruguay, 273.
Finlay (Lord). Observations join-
tes au septième avis consultatif H
de la Cour permanente de Jus-
tice internationale, 372. Hacking- (Général). H a u t com-
F l o r e (Pascual). Approuve la doc- missaire de la Société des Na-
trine de Monroe, 285. tions à Dantzig, 374.
F i s h (Hamilton). Secrétaire d ' É t a t Hall. Opinion sur la responsa-
INDEX ALPHABÉTIQUE 547
bilité de l'État qui ne respecte État (et subdivisions). Géné-
pas ses contrats d'emprunt, 83. ralités, histoire et doctrine an-
Hamilton. Opinion sur le recou- glo saxonne, 417 et s. ;— Droit
vrement des dettes d'État, 86. anglais, 427 et s.; — Droit
Hamel (Dr Van). Dirige la sec- américain, 60, 439 et s.; —
tion Juridique du Secrétariat Droit français et continental,
de la Société des Nations, 409. 452 et s.; — Immunité de
Hanotaux. Son avis sur la com- l'État à l'égard de ses propres
pétence de la Cour permanente tribunaux au point de vue
de Justice Internationale pour spécial des emprunts qu'il émet,
apprécier la validité d'une déci- 60, 68 et s., 70.
sion du Conseil de la Société États (et souverains) étran-
des Nations, 378. gers. Généralités, 70, 424 et s. ;
Harding (Président). Adver- — Droit anglais, 438;— Droit
saire de la compétence consul- américain, 450; — Droit fran-
tative de la Cour permanente çais et continental, 458 et s.;
de Justice internationale, 408. — Droit italien, 459; — Droit
Haut-Commissariat de la So- belge, 459 et s.; — Droit
ciété des Nations à Dantzig. égyptien, 460; — Droit mari-
Avis dans l'affaire des boîtes time, 461 et s.
aux lettres de Dantzig, 374 ; — V. Petition of Right, Res-
Nature de ses fonctions, 375. ponsabilité de l'administration,
Haute Commission interamé- Responsabilité des fonction-
ricaine. Organisation, 135; — naires.
Opinion sur la réglementation Institut de droit international.
internationale des effets de Capacité des personnes, 169;
commerce, 158 et s. — Convention Drago-Porter,
Hay. Secrétaire d'État des États- 106; — Immunité des États,
Unis; préconise le recours à 459; — Sessions : de 1885,187;
l'arbitrage, 283; — Réponse Munich, 133.
à la note de Drago, 95, 283. Institut des banquiers anglais.
Hill. Juge anglais, 462; — Opi- Memorandum au « Board of
nion sur 1'imniunité de l'État, Trade » sur la présentation au
418, 467 et s. paiement du chèque, 183.
Holland. Professeur à l'Univer- International Law Association.
sité d'Oxford. Opinions : Doc- Conférences d'Anvers, 133;
trine de Drago, 286; — Projets Brème, 133; Buenos Aires, 186;
d'unification du droit des effets Francfort, 133; — Conflit de
de commerce, 134. lois sur la capacité en matière
Holmes. Juge à la Cour suprême d'effets de commerce, 169.
des États-Unis; opinion sur Interprétation des traités. Cas
l'immunité Judiciaire de l'État dans lesquels on peut employer
en ce qui concerne les navires, l'Interprétation restrictive ou
470. extensive, 375.
Hughes (Charles). Président du Intervention. Cas exceptionnels
Conseil directeur de l'Union où elle est licite, 10 et 49; —
panaméricaine, 280. Consentement, 41; — Danger
Hunneus. Échange de télégram- du contrôle financier exercé
mes relatifs à l'exécution du par un seul État, 29; — Défini-
plébiscite de Tacna Arica, 298. tion, 8 et 50; — Délit Interna-
Hymans. Avis sur la compé- tional, 46 et s.; — Distinction
tence de la Cour pour apprécier entre affaires intérieures et
la validité d'une décision du internationales, 6; — Droit
Conseil de la Société des Na- coutumier, 9 et 42 et s.; —
tions, 378. Droit d'intervention, 43; —
Hypothèque maritime. Droit Fréquence des interventions
acquis, 534. des États européens en faveur
de leurs ressortissants, 80; —
Inexécution par l'État de ses
I obligations contractuelles, 78;
Immunité de Juridiction et — Menace diplomatique, 48:
d'exécution, 68 et s., 417 et s. — Politique des États-Unis'
548 INDEX ALPHABÉTIQVE

vis-à-vis des É t a t s de l'Amé- o points » que fait l'article 14


rique centrale, 29; — Protec- du Pacte de la Société des
tion par l'État de ses natio- Nations, 357; — Plaide pour
naux, 61 et 219; — Recouvre- la France dans l'affaire des
ment des dettes publiques, 89; décrets de nationalité, 368.
— Sens large et sens étroit de Larnaude. Sa proposition sur
l'expression « intervention », la compétence de la Cour per-
5 et s., 48. V. Délit interna- manente de Justice internatio-
tional, Responsabilité interna- nale, 351.
tionale. Lazare (Affaire), 79.
Légitimité (Principe d e l a ), 217.
J Lémonon (Ernest). « La seconde
Conférence de la paix », 313.
J a q u e s (D'). Présente à la Con- Leone Levi. Élabore un projet
férence de Brème de l'Interna- d'unification du droit com-
tional Law Association vingt mercial, 132.
principes en vue de l'élabora- Leroy-Beaulieu. Compare le
tion d u n e loi internationale Conseil de la Dette turque avec
sur les effets de commerce, 133. le curateur du prodigue, 25.
J a w o r z i n a (affaire de), 372. Lettre de c h a n g e . V. Effets de
Jitta. Désigné comme expert par commerce.
le Comité économique de la Levis C a s s . Condition des Amé-
Chambre de Commerce interna- ricains dans les États étrangers,
tionale, 191 ; — Opinions : Con- 79.
férence de 1912 sur les effets « Locus regit a c t u m ». Carac-
de commerce, 191; Loi appli- tère de cette règle, 69.
cable à la forme du protêt, 161. Loder. Juge hollandais, 467;
J o m i n i . Opinion sur la Commis- Membre de la Cour permanente
sion des Réparations, 19 et s. de Justice internationale, 355;
— Opinions : Composition de
K la Cour permanente de Justice
internationale pour les avis
Kavne. Affirme l'opposition des consultatifs, 362 ; — Immunité
Etats d'Amérique du Sud à de l'État en ce qui concerne
toute intervention dans leurs ses navires, 468.
affaires particulières, 233. Loreburn (Comte). Opinions :
Klein. Designé comme expert Possibilité pour la Chambre des
par le Comité économique de Lords de convoquer les Juges
la Chambre de Commerce in- et de leur demander des avis,
ternationale, 191; — Propose 396; — Rôle des membres du
de continuer les t r a v a u x de la Comité Judiciaire du Conseil
Conférence de la Haye de 1912, privé, 396.
191. Lyon-Caen. Désigné comme
Knight et Potter (Affaire des expert par le Comité écono-
brevets), 506. mique de la Chambre de Com-
merce internationale pour
L l'étude de la législation sur les
effets de commerce, 191; —
Lalerrière. Distingue les actes Étudie la législation allemande
d'autorité et les actes de ges- et austro-hongroise sur les
tion, 452. effets de commerce, 143; —
L a m a s (Andrés). Diplomate uru- Opinions : Difficultés soulevées
guayen, 302. par la perte ou le vol du chèque
L a m m a s c h (D')- Projet de So- 184; — Distinction des lois ci-
ciété des Nations, 351. viles ordinaires et des lois com-
Lapradelle (de). Note l'exis- merciales, 132; — Méthode à
tence d'un Ùen entre la garan- suivre pour l'unification des
tie mutuelle du Congres de législations sur les effets de
Panama, la pensée de Bolivar, commerce 192; — Utilité des
et celle du Président Wilson, formalités quant au contenu de
236;1 — Opinion sur la distinc- l'avis de défaut de paiement ou
tion entre « différends » et | d'acceptation, 174.
tXDEX ALPHABÉTIQUE 549
Lyon-Caen et Renault. Opi- Méhemet Ali, 12.
nion sur les obligations civiles Mendoça. Délégué du Brésil à la
se rattachant aux effets de com- Conférence panamérlcaine de
merce, 144 et s. Washington, 254; — Commé-
more la première séance des
M sessions des Conférences pan-
américaines, 354.
Mackensie Chalmers (Sir). Mesures de coercition. Discus-
Expert désigné par le Comité sion sur le point de savoir si
économique de la Chambre de elles sont conciliables avec le
Commerce internationale, 191 ; Pacte de la Société des Nations,
— Opinion sur les différentes 331.
législations concernant les chè- Meyer. Son ouvrage sur le droit
ques, 187. •du change universel, 153.
Mac Kinley (Président). Message Miranda. Fonde la « Grande
au Congres de 1899, 257. Loge américaine », 214 et s.
Mackintosh (James). Opinions : Mirim. Affaire de la lagune
Reconnaissance des États, 223; Mirim, 301 et s.
— Reconnaissance des nou- Moni. Remarque sur le carac-
veaux États sud-américains, tère du contrôle de l'adminis-
223. tration égyptienne, 16.
Madison (Président). Message Monroe. Message de 1823, 7 et
de 1817 au Congrès sur les 220 et s.; — Sa doctrine
nouvelles nations sud-améri- est invoquée par Luis Drago,
caines, 218. 88.
Mancini (Jules). Historien de Monteguado. Fait partie de la
Bolivar, 215; — Synthétise « Grande Loge américaine »,
l'influence de la Révolution 215.
française sur le continent sud- Moore (John Basset). Juriscon-
américain, 215. sulte américain, 103; Juge à la
Manes. Étudie les violations par Cour permanente de Justice
l'État du droit de ses créan- internationale, 135, 353; —
ciers, 56. Memorandum à la Cour perma-
Marcus. Édit de Marcus, 419. nente de Justice internationale
Marc; Secrétaire d'État améri- sur la question des avis consul-
cain ; opinion sur la protection tatifs, 361; — Opinions : Af-
des sujets américains créan- faire des décrets de nationalité
ciers des États étrangers, 77 ets. de Tunisie et du Maroc, 369;
Mariana. Fait partie de la — Nature de la compétence
Grande Loge américaine, 215. consultative de la Cour perma-
Mariscal f Ignacio). Ministre des nente de Justice internationale,
Affaires étrangères du Mexique ; 407;—Procédure d'avis devant
note du 25 août 1900 relative la Cour permanente de Justice
à la convocation du Congrès internationale, 365.
de Mexico, 257 et s. Mora. Surarbitre dans l'affaire
Martens (de). Délégué russe à la des emprunts vénézuéliens, 84.
II« Conférence de la paix de la Moreno. Fait partie de la
Haye, 103; — Opinion sur le « Grande Loge américaine »,
caractère discrétionnaire de la 215.
protection, par un gouverne- Moulin. Opinion sur la thèse du
ment, de ses sujets créanciers général Porter et le caractère
d'un État étranger, 76. obligatoire de l'arbitrage dans
Matsunami. Professeur à l'Uni- la Convention Drago-Porter,
versité de Tokio; opinion sur 105 et s.
l'immunité de juridiction de Mouharrem (Décret de), 25 et
l'État, 417 et s., 471. s. ; — Le décret de Mouharrem
Maximilien. E m p e r e u r du n'est pas une disposition inter-
Mexique ; fondation de l'Empire nationalement nécessaire, 26:
de Maximilien en 1862, 242. Moynier. Président de la Croix
Médiation. Conflit gréco-turc de rouge; approuve la doctrine
1898, 17; — Différend entre de Drago, 285.
Costa Rica et Panama, 327. Muir (Ramsay). Expose quelles
550 INDEX ALPHABÉTIQUE
sont les forces qui se manifes- dois ; avis sur le recouvrement
tent en Europe contre la soli- par la force des dettes contrac-
darité politique des États, 335. tuelles d'État, 286.
Ordre public. Caractères, 524.
N Organisation internationale
du travail. Avis demandés à
Nagy (de). Opinion sur la consta- la Cour permanente de Justice
tation du paiement par inter- internationale, 365.
vention de la lettre de change, Orlando. Proposition concer-
178. nant la compétence de la Cour
Napoléon I". Force les Pays-Bas permanente de Justice interna-
à boycotter le commerce amé- tionale, 351.
ricain, 46; — Opinion sur
Miranda, 214. P
u Negotiable» Instruments
law ». Billet à ordre, 167; — Palmerston (Lord). Dépêche de
Capacité, 146; — Présenta- 1848 sur le caractère discré-
tion au paiement, 160. V. Effets tionnaire de la protection des
de commerce. sujets anglais par le Gouver-
Negulesco. Juge suppléant à la nement anglais vis-à-vis des
Cour permanente de Justice États banqueroutiers, 76 et s.;
internationale ¡proposition con- — Opinions : Droit d'ingé-
cernant les avis consultatifs, rence de l'État, 81; —- Em-
361. prunts par l'État aux particu-
N eli dof. Président de la II« Con- liers, *55.
férence de la paix de la Haye; Panaméricanisme. Sens de ce
apprécie la valeur de la colla- terme, 278 ; — Tend à proscrire
boration des États américains, la force des rapports interna-
312. tionaux, 279.
Neutralité. Respect des droits « Parlement belge ». Affaire du
des neutres, 214. navire le Parlement belge, 465
Neutralité armée de 1780. et s.
Déclaration du Gouvernement Passy (Frédéric). Président de la
russe, 212 et s. ; — Attitude des Société française pour l'arbi-
États-Unis et des puissances trage; approuve la doctrine de
belligérantes, 213. Drago, 285.
Nolcken (Baron). Expose le rôle Paul. Opinion dans l'affaire Bal-
du billet à ordre en Russie, listini, 84.
165 et s. Personnalité morale. Défini-
Nor sa. Défend le système de tion, 454; — Actes de gestion,
Mackensle Chalmers à l'Insti- 454.
tut de droit international « Pesaro ». Affaire du Pesaro,
(1885), 187 et s.; —- Rapport 470.
à l'Institut de droit interna- Pessoa (Epitaccio). Délégué bré-
tional (Session de Munich), silien à la Haute Commission
133 et s. interaméricaine, Membre de la
Nys (Ernest). Opinion sur les Cour permanente de Justice
traités conclus par l'Amérique internationale, 135.
du Nord avec les puissances « Petition of right ». Act de
européennes au moment de la 1860, 428 et s.; — Classifica-
révolution des colonies espa- tion, 431 et s.; — Dominions
gnoles, 212. britanniques, 434 et s. ; —
Imperfection de cette voie de
O recours, 476; — Mort du sou-
verain, 429; — Origine de la
Obligation internationale. Con- « petition of right », 427 et s.
vention Drago-Porter, 109. Petu. Distinction entre lettres
O'Higgins. Fait partie de la de change internes, et lettres
« Grande Loge américaine », de change internationales, 188
215; — Manifeste au peuple, et s.
227. Pbilllimore (Lord). Opinions :
Ollvecrena (K. de). Juge sué- Affaire du Charkich 465; —
INDEX ALÎ'HABÉTIQUE 551
Droit d'intervention de l'État puissance protectrice un droit
en faveur de ses ressortissants général d'immixtion, 42.
créanciers d'un autre État, 82 Protêt. V. Effets de commercé.
et s. Provision. V. Effets de com-
Pichón. Ministre des affaires merce.
étrangères de France, déclara-
tion à la Chambre des Députés Q
concernant le recouvrement
des emprunts d'États étrangers, Quintana. Opinion sur le pré-
97. ambule du traité d'arbitrage
Pille t. Opinion sur les inconvé- de la Conférence panaméri-
nients de la législation impo- caine de Washington, 254.
sée par traité, 146.
Pious fund de Californie (Af- R
faire du), 375. V. Avis consul-
tatifs. Raynes. Opinion sur les contrô-
Poinyett (Joel Robert). Agent les financiers américains, 31.
des États-Unis à Buenos-Aires, Réclamations pécuniaires,
Lima, Santiago, 218. 268 et s.; — Nécessité du
Politie (N.). Opinions : Compé- recours préalable aux tribu-
tence consultative de la Cour naux locaux, 278; — Propo-
permanente de Justice inter- sition de la délégation uru-
nationale, 406; — Intérêts guayenne à la Conférence de
des emprunts d'État, 55; — Santiago du Chili, 277.
Intervention par les puissances Renault. Rapport à la session
en faveur de leurs ressortis- de Munich de l'Institut de
sants, 80 et s.; — Nature juri- droit international, 133.
dique du contrat d'emprunt Représailles. Définition, 49; —
d'Etat, 62 et s.; —- Sanction Convention Drago-Porter, 110;
du contrat passé par l'État — Pacte de la Société des
avec un particulier, 66 et s. Nations, 331; — Sommation
Porter (Général). Pose à la préalable, 47 et s.; — Traité
II e Conférence de la paix de la de Santiago du Chili les écarte,
Haye la question de la limita- 239.
tion de l'emploi de la force Responsabilité de l'adminis-
pour le recouvrement des dettes tration (Droit français), 457
contractuelles d'État, 98 et s. ; et s.
— Portée de la Convention dite Responsabilité des fonction-
» Porter », 106, 292. naires. États-Unis, 447 et s.;
« Porto Alexandre ». Affaire du — France, 455 et s. ; — Grande-
Porto Alexandre, 463 et s. Bretagne, 437 et s.
Pradior-Fodéré. Opinions Responsabilité internationale.
Méconnaissance par les États Action des pouvoirs de l'État,
européens de la souveraineté 270; — Crime politique com-
judiciaire des Républiques d'A- mis sur le territoire de l'État;
mérique du Sud, 60 et s.; — 330, 377; — Déni de justice
Possibilité d'assigner un Etat (Conférence de Mexico, 1901),
étranger, 70 ; — Protection par 259; — Dommages subis par
l'État de ses ressortissants les étrangers au cas de troubles
créanciers d'un autre État, 84. (Conférence de Mexico, 1901),
« Privy Council ». Rôle du co- 259; — État fédéral, 46; —
mité judiciaire du « Privy Coun- État protégé, 46; — Faute
cil », 390 et s. de l'État, 45 et s., 270; —
Procédure judiciaire. Compa- Fonde l'Intervention, 94; —
raison avec la procédure devant L'intervention en matière fi-
la Cour permanente de Justice nancière engage-t-elle la res-
internationale, 408 et s. ponsabilité internationale? 92
Protection dea ressortissants. et s.; — Omission des organes
Respect de la souveraineté de l'État, 46, 270; — Ten-
judiciaire de l'État étranger, dance des États européens à
59 et s. enfreindre les principes de la
Protectorat. Ne confère pas à la responsabilité internationale à
552 INDEX ALPHABÉTIQUE
l'égard des États américains, Salomon. Ministre des affaires
284. V. Délit international, étrangères du Pérou, 299.
Intervention. San Martin. Fait partie de la
Révolution française. Idées gé- « Grande Loge américaine »,
nérales, 216; — Influence en 215.
Amérique du Sud, 215 et s. Savigny. Étudie les effets des
Ricci-Busattl. Opinion sur la lois dans le temps et dans l'es-
distinction entre les « diffé- pace, 490.
rends » et les a points » que fait Schaefiner. Étudie le conflit des
l'article 14 du Pacte de la lois, 493.
Société des Nations, 357. « Scotia ». Affaire du Scotia, 464.
Richmond (Due de). Affaire du Scott (James Brown). Président
duc de Richmond, 518. de l'Institut américain de droit
Ripert. Opinion sur l'immunité international, 280; — Opinion
de l'État en ce qui concerne ses sur la compétence consultative
navires, 468. de la Cour permanente de Jus-
Rivas (Président). Son gouver- tice internationale, 407.
nement est marqué par des Scrutton. Juge anglais, 471.
troubles au Nicaragua, 240. Seipel (Mgr.). Fait appel à la
Rivera. Général uruguayen, 301. Société des Nations a raison
Rivier. Opinion sur la protection du mauvais état des finances
par l'État de ses ressortissants autrichiennes, 36.
créanciers d'un autre État, 83. Séparation des pouvoirs. États-
Roosevelt (Theodore). Message Unis, 439 et s.; — Tribunaux
de 1902 sur le respect des obli- administratifs, 453.
atlons vis-à-vis des étrangers, Services publics. Personnalité
f 5; — Opinion sur la doctrine
de Monroe, 272.
morale, 453.
Shuster (Affaire), 80.
Root (Elihu). Secrétaire d'État Sichermann. Avis sur les diver-
des États-Unis, Membre du gences des législations alle-
Comité de Juristes qui a éla- mande, autrichienne, hongroise,
boré le statut de la Cour per- anglaise, écossaise sur le délai
manente de Justice internatio- de présentation des effets de
nale; donne des instructions commerce, 150; — Opinion sur
5our la Conférence de Rio de le délai de présentation, 149.
aneiro, 106; — Opinion sur Simons. Opinion sur les forma-
la compétence consultative des lités relatives à l'avis du défaut
tribunaux, 407 de paiement ou d'acceptation
Rosa Catana (Affaire), 518. des effets de commerce, 174.
Rosas. Dictateur argentin, 302. Soarez de Souza. Ministre des
Rousseau (J.-J.). Sa conception Affaires étrangères du Brésil;
de l'ennemi est différente de la opinion dans l'affaire de la
conception anglo-saxonne, 44. lagune Mirim, 303.
Rusb. Ministre des États-Unis Société des Nations. Affaire de
en Angleterre, 219. la revision du traité de paix
de 1904 entre le Chili et le
8 Pérou, 325; — Contrôle finan-
cier par les organes de la Société
Saïd. Khédive d'Egypte, 12. des Nations, I l et s.; — Diffé-
Sainte Alliance. Principe de la rend entre Costa-Rica et Pa-
légitimité, 217. nama relatif à l'exécution d'un
Sala»dra. Attitude à l'égard du jugement arbitral sur une ques-
Conseil de la Société des Na- tion de frontière, 326; — Effets
tions dans le conflit italo-grec, de commerce en droit interna-
376. tional, 138, 159 et s., 192; —
Salisbury (Lord). Opinion sur la Participation des États sud-
légitimité du recouvrement par américains, 208 et s.; — Ses
laf orce des dettes contractuelles membres reçoivent notifica-
d'État, 286. tion des questions soumises à
Salmond. Opinions : Contrats la Cour permanente de Justice
d'État, 422; — Personnalité internationale pour avis, 366.
Conseil de la Société des Na-
de l'État en Angleterre, 420.
INDEX ALPHABÉTIQUE 553
tions. Étudie le problème sou- T
levé par l'état des finances de
la République d'Autriche, 36; Tacna et Arica. Affaire de Tac-
— Nécessité du vote au sein du na et Arica, 279 et s., 298.
Conseil, 378 et s.; — Recom- Territorialité. Lois pénales, po-
mandations du Conseil, 377 et litiques, fiscales, 514 et s.
s.; — Représentation au Con- Tewfik. Pacha d'Egypte, 13.
seil, 379; — Rôle dans la Thayer (James Bradley). Opi-
constitution de la Cour perma- nion sur la compétence consul-
nente de Justice internationale, tative des tribunaux, 407.
352. T h o m a s (Affaire), 432.
Haut-Commissariat de la T i l l m a n n (Sénateur). Opinion
Société des Nations (à Dantzig), sur les contrôles financiers
V. ce mot. américains, 30 et s.
Pacte de la Société des Na- Tornielli. Délégué de l'Italie à la
tions. Article 10, 236; — II e Conférence de la paix de la
Article 14 : Buts poursuivis, Haye. Discours sur l'arbitrage
352; distinction entre les et la proposition Porter, 101
o différends » et les « points », et s.
357 ; divergence entre le texte « Tortious act ». Conséquences,
anglais et le texte français, 356 ; 78 ; — Le Gouvernement amé-
portée de l'article 14, 355; ricain y voit une cause d'ingé-
proposition de la République rence, 79; — Peut constituer
Argentine d'amendement à un délit international, 68 et s.
l'article 14, 327; — États T r a i t é s . Restrictions à leur force
centre et sud américains figu- obligatoire, 44. V. Interpréta-
rant au Pacte à titres de tion des traités.
membres originaires de la So- T r a i t é s d'Utrecht, 212.
ciété des Nations, 323; — Trescott (William). Expose le
Sanctions des obligations que point de vue des États-Unis,
comporte le Pacte, 422. quant à l'irresponsabilité de
Secrétariat de la Société des 1 É t a t pour les dommages subis
Nations. La section juridique par les étrangers au cas de
du secrétariat, conseiller juri- troubles, 260. V. Responsabi-
dique ordinaire de la Société, lité internationale.
409. T r o t a b a s . Thèse sur les « ban-
V. Comité de juristes, Con- dites », 490 et s.
férence financière et écono-
mique de Bruxelles, Corfou, U
Jaworzina, Mesures de coerci-
tion. Union des Républiques a m é -
Société internationale. Trans- r i c a i n e s , 266.
formations, 345. Union d e s C h a m b r e s de C o m -
Solidarité internationale. Défi- m e r c e françaises à l ' é t r a n -
nition, 334 et s.; — Dévelop- ger. Sa proposition au Comité
pement historique, 207; — national français de la Cham-
Souveraineté de l'État, 334; bre de Commerce internatio-
— Traité de Lima (1867), 243. nale concernant le chèque, 189.
Souveraineté. Définition, 480; Union postale universelle. Ef-
— Émission de bons et de fonds fets de sa création, 174, 347.
publics, 291. « U t i p o s s i d e t i s ». Principe,
Story. Opinion sur le droit des 293 et s.; — Importance, 295;
effets de commerce, 195. — Portée, 295 et s. ; — Traité
Stuart (Charles). Représentant de 1851 entre le Brésil et l'Uru-
de l'Angleterre au Congrès de guay, 302.
Vérone, 220.
S u m m e r (Lord). Sa déclaration V
relative à l'avis émis par le
Comité judiciaire du Conseil Valera. Ministre des Affaires
privé sur une question con- étrangères du Pérou : échange
cernant la Rhodésie du Sud, de télégramme avec Hunncus
395, pour l'exécution du plébiscite
554 INDEX AL M E T ƒ Qt/£
de Tacna et Arica, 298. tenu au Nicaragua par Walker.
Valle (del). Partisan d'une Con- 240.
fédération des États sud-amé- Walton. Opinions : Distinction
ricains, 228. des actes d'autorité et de ges-
Vareilles-Sommières (de). tion, 479; — Immunité de
Combine la doctrine des sta- l'État, 460.
tuts avec le principe de la non- Washington. Demande un avis
rétroactivité des lois, 494. consultatif à la Cour suprême
Vattel. Opinion sur les emprunts des États-Unis, 383.
d'État et les droits du créan- Weiss. Approuve la doctrine de
cier, 82. Drago, 286.
Vedia (Augustin de). Publiciste Wellington (Duc de). Sa propo-
uruguayen; étudie les conflits sition au Congrès de Vérone
de droit international privé, tendant à la diminution de la
318. fraterie et de la flibusterie sur
Verdi (Affaire), 505. Îes côtes sud-américaines, 219.
Vergé. Opinion sur la possibilité Westlake. Opinion sur la loi
d'assigner l'État étranger de- applicable a la capacité des
vant les tribunaux, 70. personnes, 169.
Vilna. Différend polono-lithua- Wheaton. Opinion sur la possi-
nier relatif à Vilna, 377. bilité d'assigner l'État devant
VinogradoM (Sir Paul). Opinion les tribunaux étrangers, 70.
sur les droits de l'État et de ses Wilson (Président), 319; — Opi-
sujets, 423 et s. nions : Garantie mutuelle, 236 ;
Volney. Opinion sur la société — Paix, 324.
internationale, 216. Witenberg. Traduit en fran-
Vrède (de). Affaire de Vrède, 502. çais les lois polonaises sur les
effets de commerce, 155.
W Wuarin. Opinion sur la possibi-
lité pour l'État de modifier
« Waimera «. Affaire de la colli- unilatéralement les contrats
sion du Waimera et de l'Es- qu'il a passés antérieurement,
pozende, 463. 65.
Walker. Dirige une expédition Y
au Nicaragua (1856), 240; —
Reconnaissance par les États- Yaguaron. Affaire de la rivière
Unis du gouvernement SOU- Yaguaron, 301.
TABLE GÉNÉRALE
DES MATIÈRES
COURS
Le premier numéro indique la première page du cours, le second la table des
matières spéciale à chaque cours.
L'intervention en matière financière, par Karl
Strupp 5-123
Les effets de commerce en droit international, par
Arthur K.Kuhn 129-199
La solidarité internationale dans l'Amérique latine,
par Albert Guani 207-337
Les avis consultatifs de la Cour permanente de
Justice internationale, par Manley O. Hudson. 345-411
Immunité des États au point de vue de la juri-
diction ou de l'exécution forcée, par George
Grenville Phillimore 417-481
La théorie générale des droits acquis, par A. Pillet. 489-537

NOTICES BIOGRAPHIQUES
M. Karl Strupp 3
M. Arthur K.Kuhn 127
M. Albert Guani 205
M. Manley 0. Hudson 343
M. George Grenville Phillimore 415
M. A. Pillet 487
INDEX ALPHABÉTIQUE 539