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avec le Corrigés bac 2018

Bac 2018

Histoire-géographie

Série ES-L

DEUXIÈME PARTIE : Étude critique de deux documents en histoire

Le candidat traite UNE des études critiques de documents

Sujet 1 - L’historien et les mémoires du génocide des juifs


Consigne : montrez que les documents témoignent de l’évolution des mémoires du génocide des
juifs en France. En vous appuyant sur le document 1, vous expliquerez le lien entre cette évolution et
celle de la recherche historique.

Difficultés éventuelles
- Attention au hors-sujet : le sujet invite à s’intéresser à la question des mémoires et du travail
de l’historien. Il ne s’agissait pas de traiter du génocide des juifs en tant que tel.
- La consigne invite explicitement à montrer une évolution des mémoires. L’étude critique doit
donc insister sur cette évolution.
- Les documents supposent un apport de connaissances conséquent. Il faut être en capacité
d’expliquer ce qu’est le Procès Eichmann, ce qu’ont fait les époux Klarsfeld, ce qu’a induit
comme changement de perception l’ouvrage de Paxton, qui est Simone Veil, ce que
représente la photographie, etc.
Introduction :
- Il convient dans l’introduction de présenter les documents de façon exhaustive. Indiquer que
les documents sont contemporains : janvier 2005/commémoration du 60e anniversaire de la
libération d’Auschwitz par l’Armée rouge. Selon vos connaissances, il convient également de
présenter les différents protagonistes.
o Annette Wieviorka, historienne spécialiste du génocide des juifs (+ deux grands-
parents décédés à Auschwitz) .
o Simone Veil, rescapée des camps, femme politique française.
o Jacques Chirac, président de la République en 2005.
- Définir les termes clés : différence entre histoire et mémoire(s). Donner des précisions sur le
génocide des juifs durant la Seconde Guerre mondiale mais sans en faire un historique précis
(ce n’est pas le sujet).
- Problématique : En quoi ces deux documents nous invitent-ils à rendre compte de l’évolution
de la perception en France du génocide des juifs depuis 1945 ?
- Nous traitons d’une évolution : un plan chrono-thématique est donc tout indiqué.

Proposition de plan
I. 1945-1970 : une « cécité » (l. 7) et un « silence des juifs » ?
o Rappeler les mots de Simone Veil à mettre en lumière avec l’interview : « Nous
n'avons pas parlé parce qu'on n'a pas voulu nous écouter ». A. Wieviorka insiste sur
le caractère « privé » pour les familles juives dans les années d’après-guerre.
o Une « concurrence » des mémoires avec la Résistance ? « Les juifs ne sont pas les «
bons » déportés. Ils n'ont pas été des résistants ».

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II. Le tournant des années 1970 : remise en cause du discours résistancialiste et


« Mémoire d’Auschwitz »
o Procès Eichmann (puis les autres) évoqué par Annette Wieviorka.
o Paxton et la remise en cause du résistancialisme, insistance sur Vichy, etc.  rôle de
la recherche historique.
o Sorte de « re-découverte » par l’opinion publique.

III. Années 1990 à nos jours : vers une parole publique


o Photographie : Jacques Chirac + Simone Veil devant le portail d’Auschwitz « le travail
rend libre ». J. Chirac en fonction, présent en tant que Président de la République. À
mettre en parallèle avec le discours en commémoration de la Rafle du Vel d’Hiv en
1995 : une parole publique officielle qui « assume » le passé, qui tend vers un
apaisement des Mémoires. Présence importante de Simone Veil, femme politique,
rescapée du camp.

Sujet 2 - L’historien et les mémoires de la guerre d’Algérie : la question des harkis

Consigne : en confrontant les documents, montrez l’évolution des mémoires de la guerre d’Algérie,
les débats à ce sujet et le travail de l’historien. Soulignez notamment comment le document 2
nuance le document 1.

Difficultés éventuelles
- Attention au hors-sujet : le sujet invite à s’intéresser à la question des mémoires et du travail
de l’historien. Il ne s’agissait pas de traiter de la guerre d’Algérie en tant que telle.
- La consigne invite explicitement à montrer une évolution des mémoires. L’étude critique doit
donc insister sur cette évolution. Explicitement, elle invite à nuancer le doc 1 par le doc 2 (la
photographie).
- Les documents supposent un apport de connaissance conséquent
o 19 mars 2013 : le 19 mars devient le jour de la commémoration de la fin de la Guerre
d’Algérie.
o Collectif « non au 19 mars 1962 » créé en 2008 qui a pour but de protester contre les
commémorations de la fin de la Guerre d’Algérie, « en mémoire des harkis et pieds-
noirs assassinés après le 19 mars 1962 » (d’après leurs propres termes).
o Définir ce qu’est un harki, un pied-noir, le FLN, le rôle du Général de Gaulle.
o Le texte est un extrait d’un discours tenu lors d’un colloque. Il s’agit donc d’un texte
à portée scientifique, sur la question des mémoires de la Guerre d’Algérie.
o On ne pouvait attendre des candidats qu’ils sachent qui est M. Hamoumou (homme
politique français, spécialiste de l’histoire des harkis, fils de harki).
Introduction :
- Il convient dans l’introduction de présenter les documents de façon exhaustive. Indiquer que
les documents sont contemporains : le texte date de 2014/la photographie de 2017.
- Définir les termes clés :
o Différence entre histoire et mémoire(s).
o 19 mars 1962, Accords d’Évian.
o Harki.
- Problématique : En quoi ces deux documents nous invitent-ils à rendre compte de l’évolution
de la question des harkis et des accords d’Évian depuis 1962 ? Peut-on, comme M.
Hamoumou, constater une évolution « d’une mémoire blessée » à une « histoire apaisée » ?

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- Nous traitons d’une évolution : un plan chrono-thématique est donc tout indiqué.

Proposition de plan
I. 1962- 1999 : une guerre qui « embarrasse politiquement autant la droite que la
gauche » en France : la « mémoire blessée »
o La guerre qui n’a pas de nom (« les événements »…). Occulter au nom de l’unité
nationale. 1999 : loi reconnaissant la Guerre d’Algérie + journée d’hommage en 2003
aux morts pour la France en Afrique du Nord.
o Droite Gaulliste = rôle du Général de Gaulle dans les Accords d’Évian les « empêche »
de critiquer ouvertement. Gauche ayant soutenu le FLN. Positionnement particulier
des harkis.
o Un « tabou politique » qui créé une forme de concurrence mémorielle :
FLN/harki/Pieds-noirs. Années 1970 : les harkis protestent contre les conditions de
leur accueil en France.

II. Vers une « histoire apaisée » ?


o Une « amnistie sans amnésie » : passer de la mémoire à l’histoire, dépassionner le
débat, laisser le travail aux historiens = telle est la thèse de M. Hamoumou. Ce que
permet l’ouverture des archives. « Sans amnistie » = évoque entre autres la question
des procès pour torture durant la guerre (années 2000/général Aussaresses).
o La question des mémoires en Algérie : la permanence du FLN (+ réactivation de la
mémoire « officielle » après les années de guerre civile pour l’unité nationale). M.
Hamoumou : « J’ai un peu plus de doutes tant que le FLN sera au pouvoir ».
Des mémoires toujours blessées et qui semblent incompatibles et irréconciliables. La photographie
du collectif d’opposition à la commémoration du 19 mars 1962 montre qu’il s’agit toujours pour une
partie des protagonistes d’un sujet douloureux et non apaisé (échelle française). M. Hamoumou
évoque également un [empoisonnement] des relations franco-algériennes.