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Avant-propos

Ces« Recommandations sur l'amélioration des sols de fondation par inclusions


rigides » constituent l' aboutissement du Projet national ASIRI dont les activités
de recherche et d'études ont été conduites de 2005 à 2011 avec un budget global
de 2,7 millions d'euros. Cette action collective a mobilisé trente-neuf entreprises
et organismes partenaires ; elle a reçu le soutien financier du ministère de ! 'Éco-
logie, du Développement durable, des Transports et du Logement (direction de la
Recherche et de l' innovation) et une aide constante de l'IREX pour toute la ges-
tion du projet.
Ce projet a vu le jour grâce à une initiative relayée par le pôle Compétences Sols
del 'IREX auprès des constructeurs et del ' ingénierie des travaux publics pour ac-
compagner le développement d' une technique nouvelle d'amélioration des sols
de fondation, apparue en France dans les années 1990, et consistant à associer un
réseau d' inclusions rigides verticales avec une couche granulaire pour constituer
la plate-forme de fondation d'ouvrages de génie civil (radiers, réservoirs, dalla-
ges, remblais) ou de bâtiments (dallages). Si des applications anciennes étaient
déjà connues et si l'utilisation sous des remblais était également déjà pratiquée
dans d'autres pays européens, l'utilisation croissante de cette technique pour des
ouvrages de génie civil et de bâtiment apparaissait une spécificité nationale, ca-
ractéristique du dynamisme des acteurs du secteur (entreprises et bureaux d 'étu-
des), qui nécessitait cependant, en l'absence de toute référence réglementaire,
l'élaboration de règles spécifiques adaptées.
Le Projet national ASIRI s'est attaché à définir, conduire et interpréter les expé-
rimentations et modélisations nécessaires à la compréhension des mécanismes
JI est interdit de reproduire intégralement ou partiellement le présent ouvrage, sans autorisation grâce auxquels ce système de fondation innovant fonctionne. Ce programme de

® If
PllOTOCOPIW&E
1UE LE LIVRE
du Centre français d'exploitation du droit de copie (CFC, 20 rue des Grands-Augustins, 75006
Paris, Tél. : 014407 47 70 / Fax: 01 4634 67 19).
recherche appliquée a bénéficié de l' éventail des compétences de tous les acteurs
du projet, qu' ils soient du monde universitaire ou du secteur professionnel, com-
me également il a su tirer le meilleur profit des ressources matérielles et humaines
que chaque organisme a mis à disposition.
© 20 12 ISBN : 978-2-85978-462-1 Une base de données expérimentales et de résultats numériques tout à fait excep-
tionnelle a pu être constituée, support de neuf thèses de doctorat menées dans le
Presses des Ponts 15, rue de la Fontaine-au-Roi cadre même du projet. Observations et modélisations ont ainsi pu être confrontées
75 127 Paris Cedex 11 pour une grande variété d 'ouvrages. Des perspectives nouvelles ont été dégagées

Imprimé en France

3
Avant-propos

qui montrent comment l'association d'éléments aussi différents (sol, inclusions, Partenaires du Projet national ASIRI
matelas granulaire) aboutit à un système composite efficace et particulièrement ANTÉA Group, BALINEAU, BOTTE Fondations, BOTTE Sondages, BOUYGUES-TF,
économique. CNAM (Conservatoire national des arts et métiers), DURMEYER, EDF SEPTEN, EGIS,
Le fruit de cette démarche est l'élaboration de règles pratiques pour la conception, BIFFAGE Construction, École des Ponts-ParisTech (ex. ENPC), ESTP (École spéciale
le· dimensionnement, l'exécution et le contrôle des ouvrages sur inclusions rigi- des travaux publics), FFB (Fédération française du bâtiment), FNTP (Fédération nationa-
le des travaux publics), FONDASOL, FRANK! Fondations (groupe FAYAT), GTM
des, à l'usage de tous les acteurs intéressés par le développement de cette techni-
(groupe VINCI), GTS, ICE, IFSTTAR (ex. LCPC), INCLUSOL, lNERIS, INSA Lyon,
que.
KELLER Fondations spéciales, 3SR (ex. LIRIGM, université Joseph-Fourier), MÉ-
Une autre spécificité de ces recommandations est d'inscrire les méthodes de di- NARD, NAVIER Laboratoire (ex. CERMES), PIEUX Ouest, PINTO, Grand Port mari-
mensionnement proposée dans le cadre général du dimensionnement aux états li- time du Havre, QUILLE, RFF (Réseau ferré de France), RINCENT BTP, SAIPEM,
mites, selon les Eurocodes, et ,plus particulièrement, l 'Eurocode 7-1 relatif au SNCF, SOLÉTANCHE BACHY, SPIE Fondations, TENCATE (ex. BIDIM Géosynthé-
calcul géotechnique. La transposition des principes généraux au dimensionne- tiques), TERRASOL.
ment d'une méthode d'amélioration des sols est un travail original et précurseur, Le Projet national comprenait un comité de direction placé sous la présidence de François
car il a fallu expliciter des règles spécifiques pour des ouvrages n 'entrant dans SCHLOSSER, assisté d'Olivier COMBARIEU, vice-président, et un comité scientifique et
aucune des catégories de fondations traitées explicitement dans l' Eurocode 7-1. technique dirigé par Bruno SIMON.
Le caractère novateur de la technique est ainsi bien souligné, de même que l'éten- Les actions de recherche organisées autour de cinq thèmes ont été animées par Laurent
due des applications qu'elle permet d'envisager. BRIANÇON (essais en vraie grandeur), Élisabeth HAzA-ROSIER (essais sur chantiers), Luc
THOREL (modèles physiques), Daniel DIAS (modélisation numérique) et Olivier COMBA-
Cet important travail a été possible grâce au soutien de tous les organismes parte-
RIEU (recommandations).
naires mais également grâce à la motivation de toutes les personnes qui se sont
Ont également contribué à ce projet et en sont remerciés :
passionnées pour cette tâche. Que tous en soient ici chaleureusement remerciés.
le conseil général de Seine-et-Marne (77), Ports de Paris, SOCOTEC, Bureau VERITAS,
SOREDAL, AXSOL France.
B. SIMON
Directeur du comité scientifique et technique

Groupe de travail
Les recommandations comprennent huit chapitres, élaborés par cinq groupes de travail,
sous la direction du comité scientiiique et validés par un comité de relecture. Ont participé
•• à l'élaboration et à la rédaction des recommandations les personnes suivantes :
Direction du comité scientifique et technique
B. SIMON
Animateurs
O. COMBARIEU (expert), Cl. PLUMELLE (Professeur émérite), J.-P. Ioruo (Saipem),
C. POII..PRÉ (X-Amsol), L. CARPINTEIRO (Socotec), S. LAMBERT (Keller Fondations spé-
ciales)
Membres
P. BERTHELOT (Veritas), T. BRET (Keller Fondations spéciales), L. BRIANÇON (Cnam),
S. BRULÉ (Ménard), C. COPAL (Keller Fondations spéciale), J. CRÉPET (Soredal), D. DIAS
(INSA Lyon), J.-B. DROUET (Ménard), J.-R. GAUTHEY (Spie Fondations), M. GLANDY
(Solétanche Bachy), J. GRIPON (Franki Fondations), V. KELLER (Durmeyer), E. LAVÉDER
(Axsol France), B. LÉGER (Quille), F. MASSÉ (Ménard) A. NANCEY (Tencate), u. OKYAY

4 5
PROJET NATIONAL ASIR/

(Pinto), C. PLOMTEUX (Ménard), J. RACINAJS (Ménard), C. SIMON (EDF), S. TURLE (In-


clusol),
Sommaire
Comité de relecture
Président F. SCHLOSSER (Professeur émérite)
R. KASTNER (Professeur émérite), A. GUlLLOUX (Terrasol), P. LlAUSU (Ménard),
P. AGUADO (Apave), F. BAGUELlN (Fondasol)

Figures : M. ANlc ANTIC (Terrasol) Avant-propos 3


Traduction anglaise : R. SACHS
Partenaires du Projet national ASIRI 5
Notations 9
Chapitre 1. Description et développement jusqu'au projet national 29
Chapitre 2. Mécanismes et fonctionnement 55
Chapitre 3. Modèles de calcul 113
Chapitre 4. Conception 177
Chapitre 5. Justifications 189
Chapitre 6. Reconnaissance des sols 293
Chapitre 7. Exécution 311
Chapitre 8. Contrôles et instrumentations 347
Table des matières 375

6 7
Notations

Unités/
Notation Descriptif Description Dimension
Units

Aire d'une maille (une inclusion Surface area of a mesh


A L2 (m2)
+ sol alentour) (inclusion + surrounding soil)

Aire de la section comprimée Surface area of the compressed


Ac d'une inclusion
L2 (m2)
cross-section of an inclusion

As Aire du sol compressible Surface area of the soft soil L2 (m2)

Aire de la tête d'inclusion Surface area


Ap L2 (m•)
(dallette) of the inclusion head

Longueur caractéristique de la
a Inclusion cap width L (m)
dallette (tête d'inclusion)

Espacement des inclusions Spacing between inclusions


a. b dans une maille rectangulaire
L (m)
within a rectangular mesh

Dimension de référence d'une Reference dimension


B L (m)
fondation superficielle of a shallow foundation

Cc Indice de compression Compression index (-)

Valeur limite de calcul Limiting design value


cd de l'effet d'une action of the effect of an action

Valeur maximale de la résis-


Maximum value of the compres-
tance à la compression d'une
sive strength of an inclusion, in
inclusion tenant compte de la
recognition of the consistency
Cmax consistance qu'il est nécessaire ML- 11 2 (Pa)
that must be applied Io the fresh
de donner au béton, coulis ou
concrete, grout or mortar depen-
mortier frais suivant la technique
ding on the technique employed
utilisée

Cs Indice de recompression Recompression index (-)

Taux de consolidation
Ca Rate of secondary consolidation (- )
secondaire

Cae Indice de fluage Creepindex (- )

c' Cohésion (en termes Cohesion (in terms


ML- 11 2 (Pa)
de contrainte effective) of effective stress)

9
PROJET NATIONAL ASIR/
Notations

Coefficient de variation du loga- Coefficient of variation of the log


ck rithme de la perméabilité of permeability (-) E Module d'Young Young's modulus, Modulus of
elasticity ML- 11 2 (Pa)
avec l'indice des vides with the void index
Module de déformation Apparent deformation modulus
Cu Cohésion non drainée Undrained shear strength ML-11 2 (Pa) E" apparent du sol renforcé sous of the reinforced soil subjected ML- 11 2 (Pa)
Apparent cohesion chargement vertical Io vertical loading
Cohésion apparente
Cuu ML- 11 2 (Pa)
d'un sol non saturé of an unsaturated soil Module conventionnel déter-
EM miné lors de l'essai pressiomé- Normalized Menard pressure-
Coefficient de consolidation Coefficient of consolidation ML- 11 2 (Pa)
Cv L211 (m2/s) trique Ménard normalisé meter modulus
verticale in the vertical direction
E; Module tangent du premier
D Diamètre d'une inclusion Inclusion diameter L (m) Tangent modulus for initial loa-
chargement ding ML- 11 2 (Pa)
Diamètre équivalent en pointe Equivalent tip diameter for an
Dp pour une inclusion de section inclusion with a non-circular L (m)
Eoed Module œdométrique Oedometric modulus ML- 11 2 (Pa)
non circulaire cross-section
Valeur de référence du module Reference value of the tangent
Diamètre équivalent du fût Equivalent diameter of the shaft Eoedref oedométrique tangent dans le oedometric modulus in the "Har-
ML- 11 2 (Pa)
Ds pour une inclusion de section for an inclusion with a non-circu- L (m) modèle Hardening soi/ dening soir mode!
non circulaire lar cross-section
Module oedométrique équiva- Equivalent oedometric modulus
Diamètre nominal du plus gros Eoedo· lent du volume de sol renforcé of the soil volume reinforced by
dmax Maximum soil grain diameter L (m) ML-11 2 (Pa)
grain d'un sol par inclusions inclusions
Distance horizontale entre l'axe Horizontal distance between the Ep Module d'Young de l'inclusion Young's modulus
d; d'une inclusion et le centre de la axis of an inclusion and the cen- L (m) of the inclusion ML- 11 2 (Pa)
fondation ter of the foundation
Es Module de déformation Apparent deformation modulus
Dimension à n % (n % des parti- n percent dimension (no/o of par- apparent du sol of the soil ML- 11 2 (Pa)
dn cules en poids ont des dimen- ticles by weight with a dimen- L (m) Module de déformation
sions inférieures à dn) sion of less than dn) Eso1 Deformatlon modulus
du sol non renforcé of the non-reinforced soil ML- 112 (Pa)
E Efficacité en terme de charge Load efficiency (-) Valeur de référence du module
E50ref sécant à 50 % du déviateur à Reference value of the secant
Efficacité en terme
Eiass Settlement efficiency (-) rupture dans le modèle modulus at 50% strength in the ML-11 2 (Pa)
de tassement
Hardening soi/ "Hardening soil" mode!
Efficacité selon le modèle Efficiency according to the
Hewlett et Randolph lorsqu'elle Hewlett and Randolph mode! Valeur de référence du module Reference value of the unloa-
Ev (-) Eurref de recompression
est contrôlée par la rupture au when controlled by failure ding-reloading modulus in the ML-11 2 (Pa)
sommet de la voûte at the arch summit dans le modèle Hardening soif "Hardening soil" model
e Indice des vides
Efficacité selon le modèle Efficiency according to the Void ratio ( )
Hewlett et Randolph lorsqu'elle Hewlett and Randolph model eo Indice des vides initial
Er (-) Initial void ratio ( )
est contrôlée par la rupture au when controlled by failure at the
pied de la voûte base of the arch emax Indice des vides maximal Maximum void ratio (in the loo-
(dans l'état le plus lâche) sest state) (-)
Fraction de la charge totale Proportion of total load to be
à appliquer en tête de la applied at the head of a fictitious emin Indice des vides minimal (dans Minimum void ratio (in the den-
Eop (-)
colonne fictive d'un modèle ana- column associated with an ana- l'état le plus dense) sest state) (-)
lytique d'une maille courante lytical mode! of a common mesh
FN Résultante du frottement négatif Resultant of negative friction MLl 2 (N)
Valeur de calcul de l'effet Design value of the effect
Ed
d'une action of actions Valeur de calcul de la résistance Design value of the compres-
(cd sive strength of the concrete,
à la compression du béton cou-
ML-11 2
lis ou mortier d'une inclu~ion g rout or mortar used on an inclu-
(Pa)
sion

10
11
PROJET NATIONAL ASIR/
Notations

Résistance caractéristique en Characteristic value of the corn- Déplacement latéral imposé du lmposed lateral displacement of
compression du béton, coulis ou pressive strength of the con- g (z) L (m)
sol autour d'une inclusion the soil around an inclusion
fck ML-11 2 (Pa)
mortier mesurée sur cylindres à crete, grout or mortar measured
28 jours on cylinders at 28 days Valeur maximale du déplace- Maximum imposed lateral
9max ment latéral imposé autour displacement value around an L (m)
Résistance caractéristique en Characteristic value of the corn- d'une inclusion inclusion
compression du béton, coulis ou pressive strength of the con-
fck (t) ML- 11 2 (Pa) H Hauteur du sol compressible Height of the soft soil
mortier mesurée sur cylindres crete, grout or mortar measured L (m)
à t jours on cylinders at t days Hauteur du plan d 'égal
He Height of the equal settlement
tassement plane L (m)
Characteristic value of the corn-
Résistance caractéristique à la
pressive strength of the con- HRou hR
fçk. compression du béton, coulis ou ML- 11 2 (Pa) Hauteur du remblai Embankment height L (m)
crete, grout or mortar used on
mortier d'une inclusion
an inclusion HM ou hm Hauteur du matelas Platform height L (m)
Valeur de calcul de la résistance Design value of the shear and Hauteur du modéle numérique
HM Height of the numerical model
en cisaillement et en compres- compressive strength of the plan L (m)
fcvd ML- 11 2 (Pa) plane
sion du béton, coulis ou mortier concrete, grout or mortar used
d'une inclusion on an inclusion H, Hs Épaisseur du sol compressible Soft soil thickness L (m)
-
Valeur de calcul de la résistance Design value of the !ensile h Épaisseur d 'un dallage Thickness of a ground slab L (m)
fctd à la traction du béton, coulis ou strength of the concrete, grout ML- 11 2 (Pa)
Hauteur d'action du frottement Height of negative friction action
mortier d 'une inclusion or mortar used on an inclusion
hç négatif dans la couche corn- taking place in the soft layer L (m)
Characteristic value of the corn- pressible (hauteur critique) (critical height)
Valeur caractéristique de la
pressive strength value at 28
fc28 résistance à la compression à ML- 11 2 (Pa) Distance verticale entre le point Vertical distance between the
days for the ground slab con-
28 j du béton d'un dallage d 'intersection d'un mécanisme point of intersection of a failure
crete h;
de rupture avec une inclusion et L (m)
mechanism with an inclusion
Valeur caractéristique de la Characteristic value of the ten- le centre de la fondation and the foundation center
résistance en traction par fen- sile strength value by splitting at
fttendage28 ML-11 2 (Pa) Hauteur d'application du frotte- Height of negative friction appli-
dage à 28 j du béton d'un dal- 28 days for the ground slab con-
h,. h 8 ment négatif sur la colonne cation on the fictitious column
lage crete L
fictive surmontant la tête positioned on top (m)
ML- 11 2 d'inclusion
'" Frottement négatif unitaire Negative skin friction

Taux marginal de report d'effort Marginal load efficiency ratio on


(Pa)

I Produit d'inertie d'une section


of the inclusion head

Product of inertia for a cross-


G
sur la tête d'une inclusion the inclusion head H section
L4 (m4)

G Module de cisaillement Shear modulus ML- 11 2 (Pa) Io Indice de densité Density index (-)

G1 1,G1 2, le Indice de consistance Consistency index


Qualificatif des missions géo- Qualifier of standardized geo- (-)
G2,G3 techniques normalisées technical missions lp Indice de plasticité Plasticity index (-)
G4 (norme NF P 94-500) (NF P 94-500 Standard)
J Raideur d'une nappe
Module de cisaillement Equivalent shear modulus Stiffness of a geosynthetic layer M12 (N/m)
G* ML- 11 2 (Pa) géosynthétique
équivalent du sol renforcé of the reinforced soil
Coefficient de la loi de variation Coefficient of the modulus varia-
Accélération de la pesanteur k
Acceleration due to earth gravity du module dans le modèle rhéo- tion law in the "Hardening soil" (-)
g terrestre Ll2 (m/s2)
(g 9,81 m/s2)
= (g =9.81 mls2 ) logique Hardening soi/ rheological model

Ksou ks Module de réaction du sol corn- Coefficient of subgrade reaction


Part permanente d'une sur- Permanent component of a sur- pressible (sol support) ML- 21 2 (kN/m3 )
g ML- 11 2 (Pa) of soft soil (supporting soil)
charge charge
K Rapport entre contraintes Ratio between horizontal and
horizontale et verticale vertical stresses (-)

12 13
PROJET NATIONAL ASIR/ Notations

Facteur de pression Coefficient of earth pressure (-) Coefficient empirique pour la Empirical coefficients for deter-
Ko des terres au repos at rest détermination de la valeur de mining the design value of the
calcul de la résistance en corn- compressive strength of the
Coefficient de poussée Coefficient of active earth (-)
Ka pression du béton , du mortier ou concrete, mortar or grout on a
des terres pressure k3 (-)
coulis d'une fondation profonde deep foundation (NF P 94 262
Coefficient of passive earth (-) (norme NF P 94 262) ; tient Standard); this coefficient
Kp Coefficient de butée des terres pressure compte des contrôles d'intégrité accounts for the structural inte-
effectués grity testing conducted
Coefficient de transmission Coefficient of surcharge
transmission within a weight- (-) Dimension de référence d'une Reference dimension for a shal-
Kq d'une surcharge dans un massif
L L (m)
non pesant less medium fondation superficielle low foundation

Impédance horizontale Horizontal impedance of a shal- L Longueur d'une inclusion Inclusion length L (m)
Kx Ml2 (kN/m)
d'une fondation superficielle low foundation
Largeur de la spirale logarithmi-
Width of the logarithmic spiral in
Coefficients de perméabilité Coefficients of horizontal (mis) L1 que dans le mécanisme de L (m)
Ll1 the PrandU mechanism
kh,kv horizontale et verticale and vertical permeability Prandtl

Coefficient of subgrade reaction Dimensions de référence d'un Reference d imensions of a


Module de réaction en sous face L1 , Lz L (m)
on the underside of a ground dallage ground slab
k; d'un dallage à proximité de l'axe ML-2,..-2 (kN/m 3)
slab adjacent to the axis of a
d'une inclusion rigide (r < rk) Longueur nécessaire à la mobi- Length required to mobilize
rigid inclusion (r < rk)
lisation des efforts d'ancrage anchorage forces, measured as
Module de réaction du sol corn- Coefficient of subgrade reaction La1 comptée à partir de la dernière of the last inclusion in the L (m)
pressible ou module de réaction of the soit soil or coefficient of inclusion dans la direction longi- embankment longitudinal direc-

ks en sous face d'un dallage à dis- subgrade reaction on the under- ML- 2,..-2 (kN/m 3) tudinale tian
tance de l'inclusion side of a ground slab removed
Longueur nécessaire à la mobi- Length required to mobilize
(r> rk) from the inclusion (r > rk)
lisation des efforts d'ancrage anchorage forces, measured as
Slopes of the Frank and Zhao Lat comptée à partir de la dernière of the last inclusion in the L (m)
Pentes des lois de mobilisation
mobilization laws for bath the ML- 1,..-2 (Pa) inclusion dans la direction embankment transverse
k,, kq de Frank et Zhao pour le frotte-
friction and the tip transversale direction
ment et la pointe
Empirical coefficient for determi- Longueur d'ancrage d'une Anchorage length of a geosyn-
Coefficient empirique pour la ning the design value of the L,, nappe géosynthétique comptée thetic layer, measured from the L (m)
détermination de la valeur de compressive strength of the à partir de la tête du talus top of the slope
calcul de la résistance en corn- concrete, mortar or grout on a
Longueur disponible pour Length available for the ancho-
pression du béton, du mortier ou deep foundation (NF P 94 262
l'ancrage d'une nappe géosyn- rage of a geosynthetic layer,
coulis d'une fondation profonde Standard); this coefficient (-) Lht L (m)
k1 thétique comptée à partir de la measured from the top of the
(norme NF P 94 262) ; tient accounts for the mode of place- tête du talus siope
compte du mode de mise en ment in the soil as well as possi-
place dans le sol ainsi que des ble cross-section variations Demi-largeur du modèle numéri- Half-width of the numerical
variations possibles de section LM L (m)
depending on the technique que plan plane-strain model
selon la technique utilisée e mployed
Largeur du mécanisme de Width of the Prandtl mechanism,
Coefficient empirique pour la Empirical coefficients for deter- Lmax Prandtl comptée depuis le bord measured from the outer edge ML- 1,..-2 (Pa)
détermination de la valeur de mining the design value of the extérieur de l'inclusion of the inclusion
calcul de la résistance en corn- compressive strength of the
Net moment of a system
pression du béton, du mortier ou concrete, mortar or grout on a M Moment d 'un torseur d 'effort M L2,..-2 (Nm)
(-) of loads
kz coulis d'une fondation profonde deep foundation (NF P 94 262
(norme NF P 94 262) ; tient Standard); this coefficient M Moment fléchissant Bending moment ML2,..-2 (Nm)
compte des difficultés de béton- accounts for concreting diflicul-
nage liée s à la géométrie de lies lied to the inclusion geo- Valeur de calcul du moment Design value of net moment
Md ML2,..-2 (Nm)
l'inclusion. metry d'un torseur d'effort of a system o f loads

14 15
PROJET NATIONAL ASIR/ Notations

Moment du torseur des réac- Net moment of reactions deve- Contrainte horizontale Horizontal stress
tions développées dans les loped in inclusions. for verifica- p contre une inclusion ML-11 2 (Pa)
against an inclusion
MR ML2T 2 (Nm)
inclusions pour la vérification tion of ULS load-bearing
de portance ELU capacity Contrainte moyenne effective Effective mean stress
p' =(cr1' + cr2'+ cr3')/3 =(cr1 ' + cr2'+ cr3')/3 ML- 11 2 (Pa)
M, Moment radial dans une plaque Radial moment in a plate ML2T 2 {Nm)
Pression limite conventionnelle Standard limit pressure determi-
Moment de flexion dans une Bending moment in a plate 2 2 P1 déterminée lors de l'essai pres- ned when conducting the stan- ML- 11 2 (Pa)
Mx around the {Oy) axis ML T (Nm)
plaque autour de l'axe (Oy) siométrique Ménard normalisé dard Menard pressuremeter test

Moment de flexion dans une Bending moment in a plate Pression limite conventionnelle Standard net limit pressure cor-
My ML2T 2 {Nm)
plaque autour de l'axe {Ox) around the {Ox) axis comptée à partir de la contrainte rected from the total horizontal
Pt totale horizontale régnant dans stress acting in the soil at test
ML- 11 2 (Pa)
Moment fléchissant qui sollicite Bending moment that loads the
le sol lors de l'essai elevation
Msup la fibre supérieure du dallage en upper liber of the ground slab ML2T 2 {Nm)
traction in tension Valeur ultime de la contrainte Ultimate value of the lateral soil
Prim horizontale contre une inclusion pressure against an inclusion ML-11 2 (Pa)
Moment fléchissant qui sollicite Bending moment that loads the
Minf la fibre inférieure du dallage en lower liber of the ground slab ML2T 2 (Nm) Résultante verticale d'un torseur Vertical net force of a system
0 MLl2 (N)
traction in tension d'effort of loads
MO Teneur en matières organiques Organic matter content (-) Valeur de calcul de la résultante Design value of the vertical net
od verticale d'un torseur d'effort force of a system of loads MLl2 (N)
Exposant de la loi de variation Exponent of the modulus varia-
m du module dans le modèle rhéo- lion law used in the "Hardening (-) Résultante verticale des efforts Vertical net force of applied
logique Hardening soi/ soil" rheological model o· appliqués (en l'absence d'inclu- loads MLl2 (N)
sions) (in the absence of inclusions)
Moment calculé dans un dallage Computed moment in a conti-
ma continu sur sol homogénéisé nuous ground slab on an equi- ML21 2 (Nm) Résultante verticale des efforts Vertical net forces of applied
équivalent appliqués sur l'aire d'une tête
valent homogenized soil o·p inclusion (en l'absence d'inclu-
loads over the inclusion head
MLl2 (N)
area
Terme correctif représentant Corrective term representing the
sions) (in the absence of inclusions)
mb l'influence des inclusions rigi- influence of rigid inclusionson ML21 2 (Nm)
des sur un dallage continu a continuous ground slab Résultante verticale du torseur Vertical net force of reactions
des réactions développées dans developed in inclusions, for veri-
OR
.. me
Terme correctif représentant les
interactions entre les inclusions
rigides et les joints
Corrective term representing
the interactions between rigid
inclusions and joints
ML2T 2 (Nm)
les inclusions pour la vérification
de portance ELU
fication of ULS load-bearing
capacity
MLl2 {N)

Résultante verticale des efforts Vertical net force of loads


Coefficients des lois de Frank et Coefficients of Frank and Zhao
appliqués à la section d'inclu- applied to the inclusion cross-
m,, mq Zhao de mobilisation du frotte- mobilization laws for both fric- (-) Os(z) MLl2 {N)
sion placée à la profondeur z section placed at depth z
ment et du terme de pointe tion and the tip term
sous la tête below the head
Nc, Nq, N Facteurs de capacité portante Bearing capacity factors (-)
Load applied at the corner (or
Charge appliquée en angle (ou
Facteur de corrélation entre la Correlation factor between edge) of the ground slab serving
en bord) de dallage qui annule
cohésion non drainée eu et la undrained cohesion eu and cone Os to cancel out the lifting due to
Nk (-) le soulèvement dû au retrait dif- MLl2 {N)
férentiel et au gradient de tem- the differential shrinkage and
résistance de pointe qc resistance qc
temperature gradient
pérature (DTU 13.3)
Facteurs de corrélation entre la (DTU 13.3)
Correlation factors between
cohésion non drainée Cu et la Résultante verticale des efforts
Nkt undrained cohesion Cu and cor- (-) Vertical net force of loads
résistance de pointe piézocône appliqués sur l'aire complémen- applied on the complementary
rected piezocone resistance q1 Os*
qt taire d'une tête d'inclusion area of an inclusion head MLT2 {N)
(en l'absence d'inclusions) (in the absence of inclusions)
n Porosité Porosity (-)
p Périmètre de l'inclusion Inclusion perimeter L {m)

16 17
Notations
PROJET NATIONAL ASIR/

Valeur limite de la contrainte sur Limit value of stress on the


Op(O) ou Résultante verticale des efforts Vertical net force of loads
la tête de l'inclusion calculée inclusion head, as calculated for
appliqués en tête d'une inclu- applied at the head of an inclu- MLl2 (N)
Op+ q/(L) pour un débord L de la semelle an overhang length L of the foo- ML- 11 2 (Pa)
sion sion
par rapport au bord de l'inclu- ting relative to the inclusion
Résultante verticale des efforts sion edge
0 5 (0) ou Vertical net force of loads
appliqués à la surface du sol MLl2 (N)
Valeur limite de calcul de la con-
Os+ applied to the soit soil surface
compressible Design limit value of the stress
qp,/ trainte appliquée sur la tête de ML-11 2 (Pa)
applied on the inclusion head
q Déviateur des contraintes Equivalent shear stress ML- 11 2 (Pa) l'inclusion

Variable component Contrainte appliquée à la sur- Stress applied to the soft soil
q Part variable d'une surcharge ML- 11 2 (Pa) qs
+ ML-11 2 (Pa)
of a surcharge face du sol compressible surface

Stress applied at the profile R Rayon de la maille équivalente Radius of the equivalent mesh L (m)
Contrainte appliquée en tête du
qo head ML- 11 2 (Pa) Rayon d'une semelle circulaire Radius of a circular footing L (m)
profil (surcharge) R
(excess surface load)
Seuil dans la courbe charge- Threshold in the load-displace-
Contrainte verticale s'exerçant Vertical stress acting upon the Re déplacement d'une fondation ment curve of a foundation built MLl2 (N)
q* sur le sol compressible non ren- non-reinforced soit soil ML- 11 2 (Pa) sur inclusions on inclusions
forcé (sans inclusion) (without inclusion)
Résistance ultime de pointe Ultimate point resistance
Valeur asymptotique du dévia- Rb MLl2 (N)
Asymptotic value of the hyper- de l'inclusion of the inclusion
leur dans l'ajustement hyperbo-
qa bolic fitting of stress-strain curve Rayon maximal du cône de dif- Maximum radius of the diffusion
lique de la courbe effort- L (m)
in primary triaxial loading Re fusion cone
déformation d'un essai triaxial

Résistance de pointe (ou résis- Valeur de calcul de la résistance Design value of the resistance
qc Cane resistance ML- 11 2 (Pa) Rd à une action to an action
tance de cône)

Résistance limite en pointe Limit value of point resistance Rt Rapport qlqa ql qa ratio H
qp ML-11 2 (Pa)
d'une inclusion of an inclusion
Valeur caractéristique
Rk Characteristic resistance value
qs Frottement latéral unitaire limite Limit value of skin friction ML-11 2 (Pa) de résistance

Cane resistance corrected Résistance ultime mobilisée Ultimate resistance mobilized


Résistance de pointe (ou résis-
qt for pore water pressure ML- 11 2 (Pa) Rs par frottement sur le fût by friction on the shaft MLl 2 (N)
tance de cône) du piézocône d'une inclusion of an inclusion
(piezocone testing)

Contrainte appliquée sur le sol Stress applied on the soit soil Roc Rapport de surconsolidation Overconsolidation ratio (-)
compressible à l'emplacement at the location of the inclusion
qp ML- 11 2 (Pa) Valeur de calcul de la résistance Design critical ground bearing
où se trouverait la tête d'inclu- head (provided an inclusion had critique (fluage) en compres- resistance value (creep) in corn-
sion si elle était en place been placed) Rc.cr;d
sion du terrain pour une inclu- MLl 2 (N)
pression for an isolated inclu-

qs
. contrainte appliquée sur le sol Stress applied on the soft soil
ML- 11 2 (Pa)
sion isolée si on
compressible (sans inclusion) (without an inclusion)
Valeur caractéristique de la Characteristic value of short-
contrainte appliquée sur la tête Stress applied on the inclusion résistance de traction à court term !ensile strength of the geo-
ML- 11 2 (Pa)
q/ de l'inclusion head Rt ;k terme du géosynthétique mesu- synthetic, as measured accor- Ml 2 (N/m)
rée suivant la norme NF EN ISO ding to the NF EN ISO 10319
Valeur limite de la contrainte sur Limit value of stress on the 10319 Standard
q/(P) la tête de l'inclusion calculée inclusion head, as calculated ML-11 2 (Pa)
avec le mécanisme de Prandtl using the Prandtl mechanism Valeur de calcul de la résistance
Design value of the ultimate ten-
Rt ;d ultime de traction du géosynthé- Ml 2 (N/m)
sile strength of the geosynthetic
tique

19
18
PROJET NATIONAL ASIR/ Notations

Valeur de calcul de la résistance Design value of the ultimate ten- Design value of tension in the
Valeur de calcul de la traction
ultime de traction du géosynthé- sile strength of the geosynthetic 2 geosynthetic resulting from hori-
R r-L ; d Ml (N/m) dans le géosynthétique résultant
tique dans le sens longitudinal in the longitudinal direction of zontal outward thrust of the
Td ; thrust: des efforts de poussée du talus, Ml2 (N/m )
du remblai the embankment max embakment fill, as evaluated in
évaluée à l'aplomb de la crête
alignment with the slope ridge
Valeur de calcul de la résistance Design value of the ultimate ten- du talus
line
ultime de traction du géosynthé- sile strength of the geosynthetic
Rr-T ; d MT-2 (N/m)
tique dans le sens transversal in the transverse direction of the Valeur de calcul de la résistance Design value of geosynthetic
du remblai embankment Tgeo de la nappe géosynthétique layer resistance Ml 2 (N/m)

Valeur de calcul de la résistance Design value of the ground bea- Valeur de calcul de la résistance Design value of geosynthetic
Rv ; d du terrain sous une fondation ring resistance beneath a shal- L (m) Tgeo, long de la nappe géosynthétique layer resistance in the longitudi- Mr2 (Nl m)
superficielle low foundation dans le sens longitudinal nal direction

Rayon définissant la distribution Radius defining the distribution Valeur de calcul de la résistance Design value of geosynthetic
rk des coefficients de réaction of coefficients of subgrade reac- L (m ) Tgeo, trans de la nappe géosynthétique layer resistance in the trans- Ml2 (N/m)
k; elks tian k; and ks dans le sens transversal verse direction

rp Rayon de l'inclusion Inclusion radius L (m) Résultante horizontale du tor- Horizontal net force of the reac-
seur des réactions développées tians developed in inclusions,
s Aire de la semelle Footing area L (m) TR dans les inclusions pour la vérifi- for verification of ULS load-bea- MLl2 (N)
cation de portance ELU ring capacity
Saturation ratio, degree
s, Degré de saturation
of saturation
(-)
Effort tranchant dans une inclu-
T
sion
Shear force in an inclusion MLl2 (N)
Taux de réduction des contrain-
SRR Stress reduction ratio (-)
tes Tv Facteur temps œdométrique Tîme factor
Entraxe des inclusions dans une Center-to-center distance of the Degree of consolidation, conso-
s L (m) u Degré de consolidation (-)
maille carrée inclusions in a square mesh lidation ratio
Coefficients de forme pour le Shape coefficients for computa- Pression interstitielle, surpres- Pore pressure, excess pore
Sc, s.1, Sq (-) u ML- 11 2 (Pa)
calcul de la capacité portante tian of the load-bearing capacity sion interstitielle pressure
Résultante horizontale d'un tor- Horizontal net force of a system
T ML12 (N) V Vitesse d'un bloc rigide Velocity of a rigid black L l1 (m/s)
seur d'effort of loads
V Volume spécifique = (1 + e) Specific volume = (1 + e)
Valeur de calcul de la résultante Design value of the horizontal
Td MLl2 (N)
horizontale d'un torseur d 'effort net force of a system of loads Valeur de bleu de méthylène (g/ 100 g
Vas Methylene blue value of a soil
d'un sol of soil)
Valeur de calcul de la traction Design value of tension in the
Td Ml 2 (Nlm)
dans le géosynthétique geosynthetic Effort vertical appliqué en pied Vertical force applied at foot of a
V;
d'un rack rack MLl 2 (N)
Valeur de calcul de la traction
Design value of tension in the
dans le géosynthétique résultant V Déplacement latéral Laierai displacement L (m)
Td ; mesh geosynthetic resulting from ver- Ml 2 (Nlm)
des charges verticales sur une
tical loads on a mesh Poids du volume de matelas Weight of the load platforrn
maille w MLl 2 (N)
d'une maille élémentaire for a unit cell
Design value of tension in the
Valeur de calcul de la traction Poids du matelas supporté Weight of the load platform sup-
geosynthetic resulting from hori-
dans le géosynthétique résultant
zontal outward thrust of the wP par la tête d'une inclusion d ans ported by an inclusion head in a MLl 2 (N)
Td ; thrust des efforts de poussée du talus, Ml2 (Nl m) une maille unit cell
embakment fill, as evaluated on
évaluée au nu extérieur
the extemal unfinished side of Charge verticale supportée Vertical lo ad supported by a
de la dernière tête d'inclusion
the last inclusion head Wr par une nappe géosynthétique geosynthetic layer placed MLl 2 (N)
entre deux inclusions between Iwo inclusions

20 21
PROJET NA TIONAL ASIR/ Notations

Relative displacement between Angle de frottement interne Angle of shearing resistance


Déplacement relatif entre le sol f 0crit (°)
w(z) the soil and the inclusion L (m) à l'état critique at critical state
=
et l'inclusion ; y5 (z) - Yp(z)
= Ys(Z) - Yp(Z)
Angle de frottement de l'inter- Angle of friction at the soil-geo-
fgeo (")
w Teneur en eau Water content (-) face sol-géosynthétique synthetic interface

Wn Teneur en eau naturelle Natural water content (-) Angle de frottement interne Effective angle of shearing
0

f Ne effectif dans le domaine nor- resistance within the normally (°)


WL Limite de liquidité Liquid limit (-) malement consolidé consolidated demain

Wp Limite de plasticité Plastic limit (-) Angle de frottement interne Peak angle of shearing resis-
+·pic effectif au pic tance
(°)
y Tassement Settlement L (m)
Angle de frottement interne Effective angle of shearing
Ys Tassement du sol Sail settlement L (m) +'se effectif dans le domaine sur- resistance within the overcon- (")
consolidé solidated domain
Yp Tassement de l'inclusion Inclusion settlement L (m)
'Il Angle de dilatance Angle of dilatancy (°)
Tassement à la surface Settlement at the load platform
YM L (m) Facteur de proportionnalité
du matelas surface Proportionality factor between
entre les valeurs maximales du
the maximum horizontal and
r déplacement horizontal et ver-
vertical displacement values for
(-)
Coverage area ratio/Area tical du sol autour d'une inclu-
(]. Taux de couverture (-) the soil around an inclusion
replacement ratio/Area ratio sion

Déformation angulaire d'une Angular deformation Coefficient partiel lié au corn-


(]. (rad) Partial coefficient related to the
fondation of a foundation portement en fonction du
behavior over lime of geosyn-
temps des géosynthétiques ;
Coefficient réducteur du frotte- Reduction coefficient of friction fnu thetics; r 11u =1 /pflu• as defined (-)
fnu = 1/Pflu tel que défini dans
(]. ment de l'interface sol-géosyn- at the soil-geosynthetic (-) in the NF P 94270 Standard,
la norme NF P 94270 annexe
thétique interface Appendix F.4.3
F.4.3.
Coefficient pour le calcul Coefficient for the characteris-
Coefficient partiel lié au vieillis-
O.cc de la résistance caractéristique tic concrete strength computa- (-) Partial coefficient related to the
sement des produits géosyn-
du béton lion aging of geosynthetic products,
thétiques, par exemple par
e.g. by means of hydrolysis or
f3 Angle de diffusion des efforts Diffusion angle of forces (") hydrolyse ou oxydation, dépen-
oxidation, as a function of pro-
rc1eg dant des conditions d'environ-
duel environmental conditions; (-)
Coefficient correcteur Correction coefficient for eva-
nement du produit ;
f3 pour évaluer le module appa- luating the apparent modulus of (-) f deg = 1/ Pdeg tel que défini
r deg = 1/ Pdeg• as defined in the
rent du sol renforcé reinforced soil NF P 94270 Standard, Appen-
dans la norme NF P 94270
dix F.4.4
Rotation relative d'une fonda- annexe F.4.4.
f3 Relative foundation rotation (-)
tion
Coefficient partiel correspon-
Partial coefficient correspon-
A Déflexion d'une fondation Foundation deflection (-) dant à l'endommagement des
ding to the damage of geosyn-
renforcements géosynthéti-
E Déformation Strain (-) thetic reinforcements caused
ques produit par leur installa-
by their installation and emban-
E1 OU Ea Déformation axiale Axial strain (-) renc1 lion et le compactage des (-)
kment compaction;
remblais.
f end = 1/ Pend• as defined in the
Ev Déformation volumique Volume strain (-) fend = 1/ Pend tel que défini
NF P 94270 Standard, Appen-
dans la norme NF P 94270
Angle of shearing resistance (in dix F.4.2
annexe F.4.2
Angle de frottement interne terms of effective stress),effec-
cf effectif live angle of shearing resis-
(")
y Poids volumique du sol Soil unit weight ML- 21 2 (kN/m3 )
tance
y Poids volumique déjaugé ML- 21 2
Submerged unit weight of soil (kN/m3 )

22 23
PROJET NATIONAL ASIR/ Notations

Coefficient partiel relatif au


Partial coefficient relative Io - Indice de décompression
Unloading-reloading index in
concrete recompression dans modèle
Yc béton (NF EN 1992-1-1 (-) K* de comportement Soft soil = the constitutive soft soil model
(NF EN 1992-1-1 2.4.2.4 Stan-
2.4.2.4)
dard) 2Cs 12,3 (1 + e) =2Cs 12.3 (1 + e)

Facteur partiel pour une action Partial factor for a permanent - Coefficient d'accrochage dans Latching coefficient used in
YG (-) A. (- )
permanente action la méthode de Combarieu Combarieu's method
~

Facteur partiel du matériau Partial factor of the geosynthe- Indice de compression dans Compression index used in the
YM ;t (-)
géosynthétique tic material A.* modèle de comportement Soft constitutive Soft Soil model =
Facteur partiel pour une action Partial factor for a variable
=
Soil Cc 12,3 (1 + e) CJ2.3 (1 + e)
Yo (-)
variable action Facteur d'augmentation de la
cohésion non drainée Cu en Undrained cohesion Cu
Facteur partiel pour la résis- Partial factor for sliding resis- À.eu increase factor as a function of
YR;h (-) fonction de l'augmentation de (-)
tance au glissement tance consolidation stress
contrainte de consolidation
Facteur partiel pour l'incerti- Partial factor for the level of
tude dans un modèle de résis- uncertainty in a resistance (-) Coefficient de l'équation diffè- Coefficient of the differential
YR;d
tance model Il rentielle dans la méthode de equation used in Combarieu's M-1 1/m
Combarieu method
Facteur partiel pour la résis-
Partial factor for the soil-geo- Indice de fluage dans modèle Creep index used in the consti-
YR ; f tance d'interaction sol-géosyn- (-)
thétique
synthetic interaction resistance µ* de comportement Soft Soi/ = =
tulive Soft Soil model Cne I
Cne /2,3 (1 + e) 2.3 (1 + e)
Facteur partiel pour la portance Partial factor for the load-bea-
YR ; V (- ) Coefficient de Poisson
(résistance) ring capacity (resistance) V Poisson's ratio (- )
Facteur partiel pour la résis- Partial factor for the inclusion a Contrainte totale Total stress ML- 11 2 (Pa)
Yb (-)
tance de pointe d'une inclusion point resistance
Oc Pression de confinement Confinement stress ML- 11 2 (Pa)
Facteur partiel pour la cohé- Partial factor for effective cohe-
Yc' (-)
sion effective sion ah Contrainte horizontale Horizontal stress ML-11 2 (Pa)
Facteur partiel pour la cohé- Partial factor for undrained Contrainte verticale supposée Vertical stress assumed uni-
Yeu (- )
sion non drainée cohesion a; uniforme sur le disque r :5 rk en form over the dise r :5 rk on the ML- 11 2 (Pa)
sous-face du dallage ground slab underside
Facteur partiel de sécurité sur
Partial safety factor on the geo-
Ygeo la résistance de la nappe géo- Contrainte verticale supposée
synthetic resistance Vertical stress assumed uni-
synthétique uniforme sur l'anneau
Os
rk :5 r :5 R en sous-face du dal- form over the ring rk :5 r s R on ML- 11 2 (Pa)
Facteur partiel pour la résis-
Partial factor for resistance by lage the ground slab underside
Ys tance par frottement sur le fût (-)
friction on the inclusion shaft
d'une inclusion Contrainte de consolidation
Oc' Isotropie consolidation stress
isotrope durant un essai triaxial ML-11 2 (Pa)
y,. Facteur partiel pour l'angle de
frottement interne (tan~ ')
Partial factor for the angle of
internai friction (tan~')
(-)
during a triaxial test
Ov Contrainte verticale totale Total vertical stress ML- 11 2 (Pa)
Facteur partiel pour le poids
Yy Partial factor for the unit weight (-) av' Contrainte verticale effective
volumique Effective vertical stress ML- 11 2 (Pa)

ML-21 2 Contrainte verticale effective


Yr Poids volumique du remblai Unit weight of the embankment (kN/m3 ) Average effective vertical
Ov* moyenne dans une section stress within a horizontal cross- ML- 11 2 (Pa)
Ys Poids volumique du sol Unit weight of the soil ML-212 (kN/m3 ) horizontale section
Valeur de calcul de la con-
Yp Poids volumique du pieu Unit weight of the pile ML- 21 2 (kN/m3 ) Design value of the ultimate
O"v,d trainte verticale limite à la sur- vertical stress al the soil sur- ML- 11 2 (Pa)
Yw Poids volumique de l'eau Unit weight of water ML-21 2 (kN/m3 ) face du sol face

24 25
PROJET NATIONAL ASIR/
Notations

Contrainte verticale appliquée Vertical stress applied on the


crv, geo
sur la nappe géosynthétique geosynthetic layer
ML- 11 2 (Pa) Abréviations
cr1' cr2. cr3 Contraintes principales totales Principal total stresses ML 11 2 (Pa)

cr1 ', 0 2 , Contraintes principales


Principal effective stresses ML-1T 2 (Pa)
cr3' effectives

Contrainte verticale effective Effective vertical stress in free


libre dans le terrain à l'état field in the final state, as calcu-
final, calculée sans tenir lated without taking into ASIRI : Amélioration des sols par inclusions rigides verticales
cr,, compte de la présence de account the presence of the ML- 11 2 (Pa) CSTB : Centre scientifique et technique du bâtiment
l'inclusion (dans le modéle du inclusion (within the negative
frottement négatif selon Corn- friction model, according DTU : Document technique unifié
barieu) to Combarieu)
DPM : Documents particuliers du marché
Contrainte de traction dans un Tensile stress in a non-reinfor-
CfELS ML- 11 2 (Pa) ELS : État limite de service
dallage non armé ced ground slab

t Contrainte de cisaillement Shear stress ML 11 2 (Pa) ELU : État limite ultime


Valeur de calcul de la con- GI 1, Gl2, G2, G3 , G4, G5 : missions géotechniques normalisées (NF P 94 500)
Design value of shear stress in
•cp trainte de cisaillement ML-11 2 (Pa)
dans l'inclusion
inclusion ICEDA : Installation de conditionnement et d'entreposage de déchets activés
(projet réalisé par Électricité de France sur le site du Bugey)
e Rotation d'une fondation Rotation of a foundation (rad)
MV 1, MV2, MV3 : modèles s implifiés pour Je calcul des semelles sur inclusions
Facteurs de corrélation pour
évaluer les résultats des essais
Correlation factors for evalua- rigides, soumises à chargement vertical
1;1 . 1;2 ting the results of inclusion sta- (- )
de chargement statique d 'indu-
tic loading tests MHI , MH2, MH3: modèles simplifiés pour le calcul des semelles sur inclusions
sions
rigides, soumises à chargement latéral
Facteurs de corrélation pour
Correlation factors for deriving ma: résultat du calcul d 'un dallage sur sol homogénéisé équivalent (annexe C du
dériver la résistance d 'une
the resistance of an inclusion DTU 13.3)
inclusion des résultats de
1;.~
.. reconnaissance du terrain à
l'exclusion d'essais de charge-
from field investigation results,
with the exception of inclusion
loading tests
(-)
mb : influence des inclusions rigides sur un dallage continu
ment d'inclusions.
me : interaction entre les inclusions rigides et les joints
(1) Inclinaison d'une fondation Inclination of a foundation (rad)
OPM : optimum Proctor modifié
Soed(SJ): résultat du calcul d ' un dallage continu reposant sur un sol homogéné isé
équivalent

Soed(JT): résultat du calcul d' un dallage avec joints reposant sur un sol homogé-
néisé équivalent
IR(SJ): résultat du calcul d'un dallage continu reposant sur un réseau d 'inclusions
rigides

IR(JT): résultat du calcul d 'un dallage avec joints reposant sur un réseau d ' inclu-
sions rigides

26
27
CHAPITRE 1

Descriptions et développement
jusqu'au projet national

Le concept de fondations sur sol renforcé par inclusions rigides constitue l'une
des techniques récentes d'amélioration et de renforcement des sols. Il permet de
réduire considérablement les tassements du massif de fondation sous les charges
appliquées, tout en améliorant sa stabilité au poinçonnement.
Il ne s'agit pas d ' amélioration du sol proprement dit, dont les caractéristiques mé-
caniques restent dans la majorité des cas inchangées après la mise en œuvre des
inclusions. Il s'agit en réalité d' un renforcement du sol, en créant un massif com-
posite dans lequel les charges apportées se distribuent entre le sol lui-même et les
inclusions.
Ce concept de fondation nécessite la présence d' une « plate-forme de transfert de
charge » entre les inclusions et l'ouvrage qu'elles supportent.

1. INCLUSIONS RIGIDES ET TYPES DE FONDATION

.. Il est utile de replacer le concept de fondation sur sol renforcé par inclusions rigi-
des dans le cadre général des grands principes de fondations d'ouvrages:
- la solution de fondation superficielle est évidemment celle qui est préférable dès
que le sol de fondation permet de garantir la stabilité et conduit à des tassements
acceptables pour l'ouvrage ;
-si l'un au moins de ces deux critères n'est pas vérifié, l'alternative traditionnelle
consiste à utiliser des fondations profondes, dimensionnées alors pour reprendre
toute la charge. Cette charge est transmise aux pieux par un élément rigide qui as-
sure le rôle de répartition des efforts entre eux : c'est la semelle (appelée aussi
chevêtre) ou la dalle dans lesquelles les pieux sont encastrés.
Mais il existe de nombreuses situations intermédiaires de terrains de qualité
moyenne et/ou d'ouvrages pouvant accepter quelques déformations, où la solu-
tion superficielle n'est pas admissible, tandis que la solution profonde est « surdi-
mensionnée » par rapport à ce qui serait strictement nécessaire.

29
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

On peut y remédier par une prise en compte simultanée des capacités portantes
entre les inclusions. Ce transfert de charges par frottement négatif constitue ainsi
respectives de la semelle ou du radier et des pieux, en considérant qu ' une partie
l'élément fondamental de ce concept, qui sera développé au chapitre 2.
des charges apportées par l' ouvrage est transférée au sol sous la semelle. Ce con-
cept, dit de fondation mixte, est intéressant pour les sols de caractéristiques
moyennes et homogènes; il permet d' aboutir à un système de fondation intermé-
diaire tout à fait convenable. Dans ce type de fondation, il y a une liaison rigide
entre les pieux et la semelle, analogue à celle de pieux surmontés d' un chevêtre;
l'économie porte alors sur les sollicitations moindres dans les pieux (puisqu'une
partie de la charge est reprise par la semelle), et donc sur un plus faible volume
de fondations : longueur ou diamètre des pieux réduits. La fondation mixte, dé-
nommée également « radier-pieux » ou « radier-brosse », est malheureusement
encore peu utilisée en France, contrairement à d'autres pays, comme l'Allemagne
par exemple.
La fondation sur inclusions rigides se rapproche de la fondation mixte, en ce sens
qu'elle associe des éléments verticaux rigides, les inclusions, et une semelle ou
un radier, mais sans qu'il y ait liaison mécanique rigide entre eux. D'un point de
vue purement théorique, le concept d'inclusion rigide apparaît dès que, dans la
fondation mixte, la liaison traditionnelle rigide entre semelle et pieux disparaît. Figure 1.2. Les quatre constituants d'une fondation sur inclusions rigides complète.
Dans la pratique, le passage de la fondation mixte à la fondation sur inclusions
rigides se traduit par une discontinuité géométrique et mécanique, avec l'intro- 2. DÉFINITION D'UNE INCLUSION RIGIDE
duction d 'un matelas d' une épaisseur minimale. Les inclusions rigides proprement dites sont constituées d'éléments élancés sou-
vent cylindriques, mécaniquement continus, et généralement verticaux. Elles sont
disposées suivant un maillage régulier, qui doit être adapté à la nature et la géo-
métrie des charges appliquées et aux conditions de sols.
La section droite d'une inclusion est en principe constante, hormis la tête qui peut
• • être de section beaucoup plus importante .
Pour des inclusions verticales, on utilise le terme de groupe et ces Recommanda-
tions sont uniquement consacrées aux groupes. Si les inclusions sont inclinées, le
plus souvent de façon variable, on parle de réseau.

Fondation superficielle Fondation sur pieux Fondation mixte Inclusions rigides Le qualificatif de « rigide » s'impose dès que le matériau constitutif présente une
f?rte c?hésion permanen.te, lui conférant par ailleurs une rigidité nettement supé-
Figure 1.1. Les différents types de fondation.
neure a celle du sol envtronnant. Cette rigidité peut cependant être très variable
Ce concept comporte différents modes d'interaction entre les inclusions, éven- suivant le type d'inclusion réalisée, allant de la colonne de sol fin traité en place
tuellement coiffées d'une tête, la plate-forme de transfert de charges (souvent ap- à la cha~xjus~u'au profilé métallique, en passant par la colonne en gravier injecté
pelée matelas) supportant directement la fondation, et le sol entre les inclusions. au couhs de Cllllent, en mortier ou en béton armé ou non.
Le schéma de la figure 1.2 résume ces différentes interactions, avec notamment Le concept d'inclusion rigide suppose que la stabilité de la colonne est assurée
un tassement différentiel à la base du matelas, qui provoque, d'une part, un report sans_étreinte latérale du sol encaissant, ce qui le différencie fondamentalement de
de charge sur les têtes des inclusions par effet de voûte dans le matelas et, d'autre celui des colonnes ballastées, dont la justification est donc totalement différente
part, un frottement négatif le long des inclusions dans la partie supérieure du sol de celles des inclusions rigides.

30
31
PROJET NATIONAL ASIR/ Chapitre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

L 'effort applicable en tête, pour une section donnée, dépend de la résistance in- des renforcements tels des géosynthétiques reprenant des efforts par traction, et
trinsèque du matériau constituant l'inclusion, et est donc variable d'un type d'in- limitant les efforts transversaux transmis aux inclusions. Enfin, l'absence de
clusion à un autre. liaison rigide entre les inclusions et l'ouvrage porté, de même que l'effet de grou-
Les différents types d ' inclusions, qui sont décrits dans Je chapitre 7, laissent ap- pe, sont favorables en cas de sollicitation sismique (voir chapitre 2).
paraître de grandes familles, caractérisées par leur rigidité et leur capacité intrin-
sèque. Ainsi, le dimensionnement d'un renforcement par inclusions rigides 3. LES TÊTES D'INCLUSIONS
nécessite que la résistance interne du matériau de l'inclusion soit suffisante, et La tête d'inclusion est la partie sommitale de l'inclusion rigide. La surface de sa
doit prendre en compte les interactions avec le sol environnant : frottement latéral, section droite rapportée à celle de la maille du renforcement, détermine ce que
efforts en tête et en pointe. l'on appelle Je « taux de couverture». Ce dernier, souvent de l'ordre de 2 à 10 %,
Les dimensions des inclusions sont de ce fait elles aussi très variables. Leur lon- est un facteur essentiel dans l'efficacité du renforcement.
gueur atteint le plus souvent au moins l'épaisseur des sols compressibles concer- Dans la plupart des cas courants, l'inclusion est simplement ancrée dans le mate-
nés, sachant que des inclusions plus courtes auraient une efficacité réduite par las de répartition ; dans certains cas, afin d'augmenter le taux de couverture, on
suite d'un défaut de capacité portante. Le diamètre ou les dimensions transversa- peut être amené à élargir le diamètre de l'inclusion en tête, ou à coiffer celle-ci
les peuvent également fortement varier puisque les techniques actuelles, au moins par une dallette.
en France, conduisent à mettre en œuvre des diamètres allant couramment de On peut effectivement choisir des inclusions uniformes relativement serrées ou
250 mm(« picots» en béton), jusqu'à 800 mm pour des éléments forés à la tarière bien des éléments de diamètre identique aux précédentes, mais plus espacés et
creuse, ces derniers relevant alors d 'une technologie identique à celle des pieux. coiffés d'une tête; dans les deux cas, le taux de recouvrement est le même.
Avec ce dernier diamètre, des inclusions de 30 m de longueur ont été exécutées Mais des considérations économiques entrent également en jeu dans les choix à
en bordure de Loire à Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique). Dans un cas ex- opérer quant à la géométrie des têtes.
ceptionnel, des éléments tubulaires métalliques de 2 m de diamètre ont été mis en
œuvre par battage en Grèce pour les fondations du pont de Rion-Antirion (Pecker, 4. LA PLATE-FORME DE TRANSFERT DE CHARGE
2004). On peut cependant imaginer des inclusions de plus petit diamètre auxquel-
Le concept d'inclusions rigides implique que leurs têtes ne soient pas liées struc-
les le calcul justificatifconduit ou que la pratique a validées. Il en est ainsi del 'uti-
turellement avec l'ouvrage porté, à la différence de ce qui se fait classiquement
lisation du bois, tel le bambou en Extrême-Orient, ou d'éléments en mortier de
pour une fondation sur pieux encastrés dans un chevêtre de liaison.
15 cm de diamètre coulés en place puis armés d'un profilé en métal foncé immé-
diatement après exécution de l'élément, comme cela a été utilisé en Allemagne. Une liaison est au contraire assurée en intercalant entre les têtes et l'ouvrage, une
couche (ou matelas) de répartition sur laquelle repose l'ouvrage à construire.
Les inclusions, comme l'étude de leur fonctionnement dans les chapitres 2 à 5 le
C'est effectivement la présence de cette couche, appelée également « plate-forme
montre, sont amenées à reprendre une fraction importante des charges appliquées
de transfert de charge», le plus souvent en grave, qui fait la spécificité de la tech-
au massif de sol compressible. Elles doivent donc être dimensionnées pour effec-
nique de renforcement par inclusions rigides.
tivement pouvoir supporter ces charges ; elles sont, avec une section droite appro-
priée, arrêtées le plus souvent dans un horizon de terrain suffisamment résistant. La mise en œuvre des inclusions, associée au recouvrement de leurs têtes par un
matelas, conduit en définitive à un massif composite, globalement plus résistant
Généralement non armées, surtout si les charges sont verticales, les inclusions
et moins déformable que le massif initial de sol, sur lequel l'ouvrage peut être di-
peuvent parfois recevoir un ferraillage pour résister à d'éventuels efforts transver-
rectement fondé superficiellement.
saux les sollicitant. C'est le cas par exemple du renforcement d 'assise de talus de
remblais de grande hauteur sur sol mou où l'on doit assurer la stabilité au glisse- Une épaisseur minimale de matelas est nécessaire, de façon à permettre un bon
ment. transfert de charge entre les inclusions et le sol, d'une part, et pour limiter les ef-
Dans un tel cas de figure, outre des armatures dans les inclusions, on peut être
forts dans la structure supportée (dallages, semelles ... ), d ' autre part. Cette épais-
seur, souvent de l'ordre de 40 à 80 cm, est par ailleurs indispensable au
amené à disposer au dessus des têtes, mais également dans le corps du remblai,

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PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

dimensionnement optimal de la structure portée, notamment en vue de la réduc- ne pennettent pas de garantir les critères de tassements requis, soit parce qu ' elles
tion des moments de flexion dans les dallages. requièrent une qualité minimale du sol environnant.
La plate-forme de transfert de charge peut être constituée, selon les applications : Le renforcement par inclusions rigides peut également convenir pour construire
- d' une simple couche de matériau granulaire bien compacté; sur d'anciens sites de stockage de déchets. L'analyse de ces derniers, en termes
- d' une couche de sol traité aux liants hydrauliques ; d'agressivité chimique et d'évolution, est alors indispensable comme pour les sols
- ou d' une couche de sol renforcé par nappes horizontales de géosynthétiques. organiques. Les tassements, notamment différés, doivent faire l' objet d' une atten-
tion particulière. La prise en compte de ces divers éléments est abordée dans le
Dans le cas d'une couche de matériaux granulaires, on cherche à obtenir une bon-
ne compacité lui conférant un fort module de déformation. chapitre 6.
Dans tous les cas il est important de rappeler qu' une fondation sur inclusions ri-
Dans le cas de matériaux traités aux liants hydrauliques (chaux ou chaux-ciment)
gides subira un tassement de l'ordre de quelques centimètres.
il faut éviter une trop grande rigidité de la couche traitée, pour éviter s~
fissuration; à l'extrême on aboutirait à une dalle portée sur fondations profondes 6. DOMAINES D'APPLICATION
qui ne relèverait plus alors du principe de la fondation sur inclusions. '
Tout ouvrage, quelle que soit sa nature, est l'objet d'un dimensionnement à la fois
Le renforcement du matelas par nappes de géosynthétiques est fréquemment uti- interne et externe qui doit assurer son intégrité tout au long de sa construction,
lisé dans les pays anglo-saxons. Les géotextiles, disposés en une ou plusieurs nap- puis pendant son exploitation. Cette intégrité est assurée notamment si les défor-
pes horizontales au sein du matelas sont peu utilisés en France, car jugés trop
mations, tassements, déplacements horizontaux, distorsions, restent admissibles,
déformables notamment sous dallages. L'usage de géosynthétiques plus raides, sachant qu'il est souvent difficile d' en fixer les seuils précis.
tels les géogrilles, voire les treillis soudés, est plus judicieux du fait des faibles
déformations suffisantes à la mobilisation d'efforts importants. Ils peuvent égale- La normalisation européenne prescrit d'ailleurs dans le domaine des ouvrages
ment être disposés en une ou plusieurs nappes, dans le matelas ou à la base d' un géotechniques le calcul en déformation. On se contentait le plus souvent, jusqu'à
remblai homogène, reposant directement sur les têtes. Pour une épaisseur donnée récemment, de justifications à la rupture, ! ' application des coefficients de sécurité
du matelas, le géosynthétique p ermet de diminuer le taux de couverture. habituels conduisant généralement à des déformations acceptables pour les ouvra-
ges construits. Seules des conditions très sévères de déformations, amènent à en-
Le concepteur a donc à sa disposition un grand nombre de solutions possibles, treprendre de tels calculs, souvent complexes et revenant finalement à choisir des
qu ' il convient d'optimiser dans une approche technico-économique globale en coefficients de sécurité plus élevés que ceux habituellement utilisés. La concep-
vue du meilleur dimensionnement. tion de la fondation, particulièrement dans le cas de sols compressibles, revient à
rechercher la solution la plus pertinente pour satisfaire les objectifs de stabilité et
5. LES SOLS CONCERNÉS de déformation dans un souci d'optimisation des coûts et des délais de construc-
Dans son principe, le système d' inclusions rigides peut s ' appliquer à tous les ty- tion.
pes de terrains. En pratique il n'a d ' intérêt économique que dans les sols meubles,
Lorsque le prédimens ionnement d ' un ouvrage montre que le sol d'assise en l'état
le plus souvent compressibles : arg iles, limons ou tourbes. On souligne toutefois
n'est p~s apt~ à reprendre les charges transmises par cet ouvrage sans tassement
que les tourbes, et de manière générale tous les matériaux contenant des matières
excessif o~ nsque de rupture, le concepteur doit alors envisager d'avoir recours à
organiques, doivent faire l'objet d'une attention particulière, car ils sont le siège
des fondations profondes ou à une amélioration préalable du terrain.
de déformations différées.
Le cho~x de l~ solu~io~ ~épend donc de la nature de l'ouvrage, du type des charges
La nature du sol, très souvent saturé, son identification, son état, son histoire et
apportees, soit maJonta1rement réparties soit plutôt ponctuelles, de la sensibilité
ses caractéristiques sont des éléments qui contribuent au choix du mode de réali-
au tassement de la structure, du type de sol rencontré et des délais disponibles
sation des inclusions rigides dont certains peuvent être, comme pour les pieux, dé- pour la construction.
conseillés.
Les applications les plus fréquentes concernent notamment les cas limites d'ap-
plication des techniques traditionnelles d'amélioration des sols soit parce qu'elles

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PROJET NATIONAL ASIR/ Chapitre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

D 'une façon générale, les solutions d'amélioration de sols sont surtout utilisées
pour les ouvrages de grande emprise au sol et dont les charges sont majoritaire-
ment du type charges réparties.
Par exemple, un bâtiment de grande hauteur à charge ponctuelle élevée, fondé sur
mauvais sol restera, en général, du ressort de fondations profondes traditionnelles
du type pieux ou barrettes.
À l'inverse, on rencontre de nombreux ouvrages qui transmettent au sol des char-
ges réparties sur de grandes superficies parmi lesquels on peut citer :
- les dallages et fondations des bâtiments industriels et commerciaux ;
- les réservoirs de stockage (eau, produits pétroliers ou chimiques liquides) ainsi c) Réservoirs et bassins
que les bassins et ouvrages des stations d ' épuration; figure 1.3. Exemples d'ouvrages renforcés par inclusions rigides.
- les remblais autoroutiers ou ferroviaires pour trains à grande vitesse.
Pour toutes ces catégories d'ouvrages, l'utilisation de solutions d'amélioration de
sols s'avère souvent adaptée et conduit à une économie par rapport aux autres so-
lutions envisageables.
Dans quelles conditions faut-il s'orienter vers des inclusions rigides plutôt que
d'autres solutions d'amélioration de sols, telles que les drains verticaux avec pré-
chargement, les colonnes ballastées, le compactage dynamique ou par vibrations ?
Ce sont essentiellement les conditions de sols, le type d'ouvrage avec ses spécifi-
cations de tassement maximum ainsi que les délais de construction et le coût de
réalisation qui vont orienter le choix.
En ce qui concerne les conditions de sols, on sait par exemple que les sols cohé-
rents ne peuvent pas être améliorés par des méthodes dynamiques telles que Je
compactage dynamique ou la v ibro-flottation. On a vu également au paragraphe
a) Dallages et fondations de bâtiments industriels précédent que certains sols cohérents très mous (vase par exemple) ou organiques
pouvaient proscrire l'utilisation d'une technique de renforcement de sol non ci-
mentée telle que les colonnes ballastées.
La profondeur du mauvais sol est également un élément à prendre en compte, cer-
taines techniques ayant des limites d ' efficacité en profondeur, alors que la tech-
nologie de réalisation des inclusions rigides s' apparente à celle des pieux et
pennet d'atteindre de plus grandes profondeurs avec des outillages adaptés.
C'est donc généralement dans le cas de sols mous ou très mous, naturels ou anth-
ropiques, d ' épaisseur significative que les inclusions rigides seront bien adaptées.
Pour ce qui est de l' ouvrage, il est évident que le recours à une solution d ' inclu-
sions rigides s'imposera dans le cas de charges relativement élevées (dallage très
b) Remblai d'accès à un ouvrage d'art
fortement chargé ou réservoir de grande hauteur par exemple), plutôt qu'une so-
lution d'inclusions souples du type colonnes ballastées qui ne permettrait pas de
réduire suffisamment les tassements prévisibles.

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PROJET NATIONAL ASIR/ Chapitre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

La prise en compte des délais de construction peut être un facteur déterminant. Par itation sera parfaitement uniforme, sauf sous les murs ou jupes des bacs qui
pl0
exemple dans le cas de la construction d'un remblai sur sol compressible, une so- nécessiteront des renforcements loca l"1ses
' d.ffi,
1 erents.

lution de préchargement avec drainage vertical est souvent adaptée et économi- On notera toutefois que certains ouvrages du type bacs métalliques sont capables
que mais nécessite un temps disponible important : délai d'installation des drains d'encaisser des tassements plus importants tout en restant tout à fait aptes à leur
verticaux, montée du remblai à sa cote finale augmentée de la compensation du usage. Pour les bacs les plus hauts et lourdement chargés, le problème de la por-
tassement et de la surcharge temporaire (pouvant nécessiter une montée par pha- tance peut également se poser.
ses si la stabilité n'est pas assurée), attente de la consolidation et enlèvement de
Dans /a troisième catégorie enfin, celle des remblais, on est en présence d'ouvra-
la surcharge résiduelle. Le programme des travaux ne permet pas toujours de dis-
ges dont la charge est majoritairement permanente et apportée par le remblai lui
poser de ce temps, alors qu'une solution d'inclusions rigides permettra de monter
même, la surcharge d'exploitation due au trafic routier ou ferroviaire étant relati-
rapidement le remblai et de mobiliser les tassements immédiatement.
vement faible. Il n'y a pas ici de structure à proprement parler, a contrario des
Enfin, le coût de la solution reste, bien évidemment, le critère de choix primordial, deux premières catégories et c'est ici la base du remblai elle même qui doit être
la solution retenue devant s'avérer la plus compétitive pour le maître de l'ouvra- traitée spécifiquement pour assurer le rôle de plate-forme de transfert de charge.
ge. On peut ici signaler que, dans un certain de nombre de cas, plusieurs solutions C'est pourquoi d'ailleurs les essais en vraie grandeur entrepris dans le cadre du
peuvent être techniquement envisageables, et qu' il est donc utile de comparer le projet ASIRI ont bien été divisés en deux programmes distincts, inclusions sous
coût de ces différentes options, en ayant en mémoire que ce coût dépend de la na- dallage et inclusions sous remblai.
ture et de la densité d ' inclusions requises, mais aussi des performances des
Pour les remblais de faible hauteur, le critère de dimensionnent sera celui des tas-
outillages proposés par les entreprises.
sements, tandis que pour les remblais de plus grande hauteur, le problème de sta-
Quelles sont les spécificités de ces différents types d' ouvrages pour lesquels il est bilité deviendra prépondérant et générera des efforts horizontaux parasites dans
fréquemment fait appel à des solutions d'inclusions rigides? les inclusions qu'il conviendra d' apprécier et de prendre en compte.
Pour la première catégorie, celle des dallages des bâtiments industriels et com-
merciaux, le problème à résoudre est essentiellement celui de la réduction des tas- 7. HISTORIQUE DES INCLUSIONS RIGIDES
sements, le sol étant généralement apte à reprendre ces charges réparties et faibles La technique de renforcement par inclusions rigides constitue, parmi toutes les
sans risque de rupture. techniques d'amélioration d'un sol de fondation, une technique nouvelle et effi-
Pour ces ouvrages, il faudra apporter une attention toute particulière au dimen- cace. Cependant elle a déjà été utilisée maintes fois par les hommes au cours de
sionnement de la plate-forme de transfert de charge puisque la structure du dalla- l'histoire pour construire dans des sites difficiles, comme des zones marécageu-
ge est en générale peu épaisse et sensible aux moments fléchissant pouvant s' y ses, et sans que l'on connaisse très bien son mode de fonctionnement.
développer. De plus, il faudra tenir compte du fait que la charge d'exploitation sur On a pu constater que depuis très longtemps des pieux en bois battus dans le sol
le dallage ne sera pas forcément uniforme (bandes plus ou moins chargées, allées ont servi de fondation à des structures de plus en plus lourdes au cours des âges.
de circulation, pieds de racks, etc.), ce qui rendra plus complexe le dimensionne- Mais ce n'est que lorsque se trouvent interposés entre ces pieux et la structure une
ment, ainsi qu'on le verra au chapitre 5. couche de sable ou des fascines que l' on peut commencer à considérer qu'il s' agit
Il faut également indiquer que si c'est le problème de la fondation du dallage qui d'un renforcement par inclusions rigides.
amène à une solution d'inclusions rigides, la même technologie peut être utilisée On peut par ailleurs citer Kerisel (1986) qui mentionne un ouvrage intéressant de
en complément sous les massifs de fondation de la structure. Coles (1986), relatif à la construction de routes néolithiques en Angleterre. Le
Pour la deuxième catégorie, celle des réservoirs, bacs et bassins, le critère de di- principe, ingénieux en est le suivant : de longs pieux de bois sont battus-inclinés
mensionnement reste souvent celui des tassements, dont l'amplitude est ici plus pour former une succession de chevalets aux sommets desquels on place une voie
importante du fait de la contrainte sensiblement plus élevée que celle de la pre- de circulation en planches, mais qui peut également comporter une ligne de pieux
mière catégorie. Du fait de la charge apportée par un liquide, la contrainte d'ex- verticaux non liés aux planches et placés sur sa ligne centrale comme indiqué à
droite de la figure 1.4.

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PROJET NATIONAL ASIR/ Chapitre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

limiter )es tassements différentiels très importants entre l'immeuble et le sol en-
Sulface du marais vironnant qui tasse. Les tassements du bâtiment nécessitent néanmoins de faire en
sorte qu'il y ait réduction de leur évolution dans le temps après construction. Des
inclusions courtes de type B, alors appelées pieux, sont descendues sur l'horizon
résistant et permettent la reprise d'une fraction des efforts par effet de voûte et par
mobilisation de frottement négatif le long de leur füt. Il en résulte une baisse im-
portante des tassements et l' apparition d'efforts importants dans ces inclusions de
type B.

Figure 1.4. Fondation de voies néolithiques (Angleterre).

Dans ce dernier cas, les planches sont percées de trous sur cette ligne centrale per-
mettant aux pieux verticaux de coulisser librement. Si les seuls chevalets, ne peu-
vent absolument pas constituer une « fondation sur inclusions rigides », en
revanche l'ensemble de la fondation de la voie présentée sur la figure de droite en
est un ingénieux exemple. En effet, les efforts exercés sur la voie de part et d'autre
de la ligne centrale chargent par frottement négatif les pieux verticaux par suite
du tassement du sol entraîné par les chevalets. Ce fonctionnement est d'ailleurs
similaire à celui repris, on le verra un peu plus loin, pour certaines constructions
de la ville de Mexico.
L'époque moderne a amélioré techniquement et scientifiquement les possibilités
de ces systèmes de fondation. Une justification a été donnée avec l'étude du frot-
tement négatif que Zeevaert (1957) a entrepris au Mexique. La ville de Mexico
fut en effet confrontée depuis la conquête espagnole au XVIe siècle à des problè-
mes aigus de comportement de ses édifices. Une très forte épaisseur d' argile mol-
le, d'origine volcanique (cendres), saturée et compressible, se trouve être sous les
charges apportées, le siège de tassements de plusieurs mètres, favorisés et accen-
Figure 1.5. Bâtiment fondé sur pieux en « quinconce » (Mexique).
tués dès le début du x:xe siècle, par un pompage permanent d'eau dans les nappes
profondes. Correa (1961), comme le rapportentBroms (1969) et Auvinet et al. (2006), a con-
À partir des années 1960, la littérature technique relate de nombreux exemples où çu des bâtiments sur radier, reposant sur des sols compressibles en cours de con-
il est tiré parti du phénomène de frottement négatif et de l' effet de groupe, mon- solidation, ces sols étant équipés de pieux verticaux reposant sur le substratum et
trant que les pieux extérieurs sont plus mis à contribution que ceux situés à l' in- traversant en tête la base du radier conçu en caisson. Ce radier peut coulisser le
térieur. Les quelques exemples suivants sont originaux et paraissent n ' avoir été long des pieux (Fig. 1.6), lesquels travaillent en inclusions rigides. La charge uni-
que peu reconduits. forme transmise au sol par le radier est partiellement reportée sur les inclusions
~frottement négatif et effet de groupe. Ces dernières sont dimensionnées vis-à-
Une technique, de justification plus délicate, est celle des pieux en « quinconce »
vts du sol avec un faible coefficient de sécurité et elles peuvent être solidarisées
dénommés en anglais overlapping piles et mis en ceuvre au Mexique par Girault
sans difficultés techniques au radier si l'on souhaite arrêter définitivement les tas-
(1969) et schématisée sur la figure 1.5. La construction repose sur des pieux A sements.
n'atteignant pas le substratum, mais arrêtés dans des terrains déformables, afin de

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PROJET NATIONAL ASIR/ Chapitre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

Broms (1979) qui a fourni des abaques permettant le dimensionnement des grou-
pes, l'utilisation de têtes élargies (pile cap} étant préconisée. De même la Finlande
en 1975, avec Rathmayer (1975), a prodmt des recommandations du même genre,
avec des applications pour des remblais routiers. Plu~ieurs remblais d'accès à des
ouvrages d'artont été édifiés de manière similaire en Ecosse en 1983 avec l'emploi
simultané, au dessus de têtes élargies préfabriquées, de lits de géotextile.
Enfin. on citera la construction, pour les chemins de fer d'Allemagne de l'Ouest,
dès 1976, d'un remblai de 7 m sur inclusions rigides coiffées de semelles préfa-
briquées, dispositif conçu par Smoltczyk (1976).
Toutes les constatations et mesures effectuées lors de la construction de ces divers
ouvrages ont montré l'efficacité du renforcement par inclusions rigides.
En France, la première publication sur un renforcement par des inclusions rigides,
présentée figure 1.7, est due à Gigan (1975). Ce dernier les a d' ailleurs mises en
œuvre sans en formaliser le mécanisme, mais les discussions avec l'entreprise
spécialisée, évoquées par l'auteur font apparaître des idées nouvelles en matière
de fondations. Dans le cas exposé, il s'agissait d'améliorer les caractéristiques de
remblais anciens, de limons argileux puis sableux, par battage de picots moulés
en place et d'y asseoir superficiellement des ouvrages neufs. Le battage a effecti-
vement conduit à augmenter très sensiblement les caractéristiques des terrains en
place, rendues suffisantes pour permettre une fondation directe. Mais les concep-
teurs se sont interrogés sur le rôle complémentaire joué par les picots, lesquels,
Figure 1.6. Inclusions indépendantes de la structure portée (Mexique).
isolés des semelles par un matelas sabla-graveleux ont évidemment fonctionné
comme des fondations sur inclusions rigides et non comme des pieux tradition-
Mais dès 1904, un ingénieur avait proposé de fonder le palais législatif de Mexico
nels, tel que cela fut suggéré.
sur des inclusions métalliques battues et non liées à la structure.
Il y a actuellement dans la capitale mexicaine bon nombre de chantiers de plu-
sieurs milliers d ' inclusions en béton non armé, les justifications étant menées par
une méthode de calcul aux éléments finis, développée à cet effet.
Au Japon, Okabe (1977) a étudié en vraie grandeur, pour le compte des chemins
de fer japonais, les groupes de pieux soumis au frottement négatif. Le site, avec
40 m d'argile molle, accusait un tassement annuel de 10 cm, dû à des pompages.
Des pieux isolés, en métal et avec un diamètre de 60 cm, supportaient jusqu'à
6000 kN de frottement indésirable. Certaines structures lourdes ont été fondées
sur des groupes de pieux, eux-mêmes entourés d'inclusions rigides indépendantes
de la semelle de liaison. Les mesures réalisées ont confirmé le report de la majo-
rité des frottements parasites sur les inclusions, avec un déchargement des pieux
liés à la structure.
Au niveau européen, les premiers écrits sur des ouvrages fondés sur inclusions ri-
gides concernent des remblais routiers ou ferroviaires. On peut citer la Suède, avec Figure 1.7. Amélioration des caractéristiques du sol de fondation par picots (France).

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PROJET NATIONAL ASIR/ Chapitre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

Les fondations présentées figure 1.8 ont été conçues en 1982 en Indonésie pour La seconde étude concerne le calcul des groupes d ' inclusions pour des ouvrages
les murs de protection en Terre Armée® de près de 10 m de hauteur sur 6,5 m de souples de grande dimension ou pour ,des f?nd~tion~ super~cie!~es rigides. Pour
large d'un ensemble de réservoirs de rétention de gaz naturel liquéfié. Elles sont ces dernières, il est notamment propose une JUStlficat10n part1cuhere, tant de la ca-
techniquement plus élaborées et reposent sur vingt à trente mètres d'argile com- pacité portante q~e du tasseme~t de la semelle, proche de celle développée pour
pressible. Les murs sont fondés sur des tubes métalliques ouverts de 0,40 m de les fondations mixtes semelle-pieux.
diamètre, chacun d'eux étant recouvert d' une plaque métallique de 0,50 m de cô- Ces méthodes ont été confrontées aux quelques règlements européens existants et
té. L ' ensemble des pieux est remblayé par un matelas granulaire de 1 m d' épais- aux résultats expérimentaux de remblais sur sols mous fondés sur inclusions rigi-
seur. Ce dernier est rigidement renforcé horizontalement par une structure des, dont certains ont été cités précédemment. Pour les semelles rigides, les essais
continue d' armatures métalliques qui joint et recouvre les têtes des pieux battus. de chargement d'une semelle, fondée sur du sable renforcé par inclusions rigides,
Si la dénomination d'inclusions rigides n'a pas été évoquée à l' époque de la réa- effectués par Plumelle ( 1985) dans une grande cuve au CEBTP, ont fourni des ré-
lisation, il s'agit cependant bien de l' application de cette technique, encore mal sultats en bon accord avec les prévisions.
appréhendée il y a vingt ans et dont Simon et Schlosser (2006) ont rendu compte
Le passage à la pratique a lieu en 1989 à l'occasion d'un premier chantier, celui
lors d'un congrès international sur le renforcement des sols de fondation à
de l'échangeur de Carrère (Fig. 1.9), près de l' aérodrome du Lamentin en Marti-
Mexico. nique (Combarieu et al. 1994). Ce fut une opération techniquement modeste et
-
6.5 m prudente, où il s'agissait d' édifier des remblais d'accès à un pont comprenant de
1· '1 1
1
culées en Terre Armée® de 6 à 7 mètres de hauteur. Les sommiers de ces culées
Réservoir GNL
Mur en Terre Armée ® 1 étaient fondés sur des pieux HP traversant les murs TA et le sol en place.
-.....
~
1
9m
Radier en
Terre Armée ® \
1

/ - Dalle BA
(ep. 0.10m)
1
qc(MPa)
0 1 2 3 <4 5
1
----

rr
Argile de consistance molle à 1

moyenne .---
1
1
2
,--
"'":_
Tubes acier ouverts
0 = 0.4m e= 12.6 mm ~ ...-- 1
1
4 '.,.I
-'
'•
6 <_,.
-z ____·--,
Figure 1.8. Fondation de réservoir sur inclusions rigides (Indonésie). ,-
\

Ce sont les deux publications successives sur le dimensionnement analytique des


groupes d' inclusions rigides par Combarieu ( 1988, 1990), faisant suite à deux étu- Figure 1.9. Culée de l'échangeur de Carrère (Martinique).
des très détaillées (théoriques, expérimentales et bibliographiques) du frottement Les sols rencontrés étaient des argiles saturées légèrement sableuses sur 6 à 7 mè-
négatif sur les pieux, qui ont permis en France un essor de la technique de renfor- tres de profondeur. Sans traitement, elles conduisaient à un tassement de 40 cm.
cement des fondations par inclusions rigides. Les 124 inclusions ont été moulées en place avec tube métallique récupéré et
La première étude traite de la construction des remblais sur sols médiocres. Elle pointe perdue. Équipées d'une armature centrale, elles avaient une longueur de 8
fournit une approche justificative complète du maillage du groupe d' inclusions ri- à 9 mètres, un diamètre de 30 cm, et étaient espacées de 2,20 mètres, puis recou-
gides, mais également de la fiche résistante des inclusions, ainsi que la détermi- vertes de dallettes préfabriquées carrées en béton armé, de 0,80 m de côté. À la
nation du tassement du sol compressible. base des remblais, une dalle en béton de 10 cm d'épaisseur, armée d'un treillis, a

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PROJET NATIONAL ASIR/ Chapffre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

été coulée à 20 cm au-dessus des têtes. Les tassements constatés en fin de travaux Des inclusions rigides forées et injectées sous forte pression sur environ 18 m de
ont été de 5 cm sans évolution ultérieure. bauteUf et arrêtées dans la partie basse du remblai, constituée d' un bon matériau,
Des réalisations plus difficiles ont suivi, avec des épaisseurs importantes de sols œt pennis de reprendre par ~ottement négatif la ma~e~e p~rtie des eff~~ dus
très compressibles comportant même des niveaux tourbeux conséquents. Parallè- aux 15 m supérie_u~s de remblai. ~es ,mouve~:nts ont ete pratJ.queme~t arretes car
lement les problèmes à résoudre se sont compliqués, en même temps que les mé- la déformation res1duelle mesuree n a plus ete que de 3 mm en 6 mois.
thodes de calcul ont connu des évolutions diverses. On cite ci-après quelques En 1999, te port autonome de Nantes - Saint-Nazaire a construit un quai à conte-
exemples significatifs. neurs sur pieux, à Montoir-de-Bretagne en bord de Loire (Combarieu et Frossard,
En 1990, Simon et D' Apolito ( 1991) ont étudié les fondations et les remblais 2003). La transition entre la dalle sur pieux et la berge instable a été assurée par
d'accès d'un passage supérieur sur l'autoroute A 43 , près de Chambéry, en Savoie des inclusions rigides flottantes de 30 m de longueur (Fig. 1.11) et encastrées dans
(Fig. 1.10). Cet ouvrage avait pour but de doubler l'ouvrage existant fondé sur des les limons alluvionnaires d'une puissance de 40 met de caractéristiques moyen-
pieux déjà très sollicités et pour lesquels il fallait empêcher tout effort supplémen- nes à ces profondeurs.
taire. Sans précaution particulière, les 7 mètres du remblai nouveau auraient en- Les inclusions, espacées de 3,50 m et de 54 cm de diamètre, furent réalisées à la
traîné 80 cm de tassement et 11 cm de déplacement horizontal du sol de fondation tarière continue et en béton fibré. Elles ont été coiffées de dallettes préfabriquées,
constitué de 12 m de sol argileux. de 1,40 m par 1,40 m, elles-mêmes recouvertes d'une nappe de treillis soudé dispo-
La solution proposée a consisté en un renforcement du sol de fondation par des
inclusions rigides en sol-mixing de 37 cm de diamètre et de 15 m de longueur,
*ce de
dans le matelas granulaire de répartition. La justification prévoyait, en l'absen-
traitement du sol de fondation, des tassements de 1 m, réduits à 20 cm avec
supportant à la fois le nouveau remblai et la fondation superficielle de l'ouvrage les inclusions rigides. Les tassements mesurés ont été compris entre 5 et 10 cm.
neuf. QUAI SUR PIEUX BERGE
&Al.OIRE

p1(MPa)

.
1

''1
= ''
1
1
1
1

Figure 1.11. Zone de transition sur inclusions entre un quai sur pieux et la berge
Figure 1.10. Culée et remblai sur inclusions rigides sur autoroute A43, Chambéry (Montoir-de-Bretagne).
(France).
En 2000, il a été proposé de fonder sur inclusions rigides un cadre fermé en béton
En cette même année 1990, sur) 'autoroute A8 à Mandelieu (Bustamante et Gou-
armé et ses remblais d'accès de 6 m de hauteur, à la sortie de l' autoroute AIS à
venot, 1991) des déformations qui atteignaient en surface 15 cm par an et affec-
Rouen (Combarieu et Pioline, 2004). L' utilisation de cette technique a permis de
taient les 15 m supérieurs des remblais de 30 m de hauteur, constitués de marne,
répondre aux exigences d ' un délai impératif de quatre mois pour la mise en ser-
ont pu être arrêtées avec des inclusions rigides. Cette gêne importante pour l'ex-
vice de la voie nouvelle. Avec 10 m de sols très compressibles dont de la tourbe,
ploitation de l'autoroute était due aux rechargements successifs de la chaussée.
des inclusions rigides de 15 m de longueur et de 40 cm de diamètre, réalisées à la

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PROJET NATIONAL ASIR/ Chapitre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

tarière creuse et surmontées de dallettes, ont permis de ramener à 4 cm les tasse- Oil terminera cet historique a~ec les ~o?dations par~sis~ques d~ l'ouvrage ex-
ments de l' ouvrage et de ses accès, de façon homogène, ce que n'auraient pas per- c;eptionnel qu'es~ le pont de. R1on-Antm~~ d~.s !e detr01t de Connthe e~ Grèce.
mis des fondations profondes mises uniquement sous le cadre en béton. L'ouvrage, édifie ~ns un s.1t.e de fo~e s~~sm1c1te,.de mouvement tectomque po-
Le projet ICEDA (Installation de Conditionnement et d'Entreposage de Déchets tentiel et de navigation mantlme particuherement importante, repose sur une très
Activés) réalisé en 2010 par Électricité de France sur le site du Bugey est un bâ- ilrte épaisseur de sols de résistance faible à moyenne et très hétérogènes (sables,
timent destiné à accueillir temporairement des déchets de déconstruction des Jimons, graviers, argiles).
réacteurs nucléaires de 1re génération et de Super Phénix, et les déchets d'exploi- Ce sol de fondation, pour trois des appuis, a été renforcé par des inclusions rigides
tation des tranches REP. Sa durée de vie prévisionnelle est de cinquante ans. Ses constituées de tubes métalliques ouverts de gros diamètre (2 m), battus sur 25 à
dimensions sont de l' ordre de 120 m par 60 à 70 met les charges moyennes sont 3001, remplis de sable et recouverts d'un remblai de gravier de 2,80 m d'épaisseur
comprises entre 140 kPa (sous les halls d' entreposage des colis de déchets) et IJrmant le matelas de répartition. La fondation, constituée d'un caisson de 90 m
240 kPa (sous l'atelier des colis). de diamètre, préfabriqué et amené par flottaison, repose directement sur le sol ren-
bcé en fond de mer par 90 m d'eau. Ce système de fondation, proposé (Pecker,
Avant travaux, la stratigraphie dans la zone du projet ICEDA est la suivante :
2004) s'est révélé, lors des études, techniquement beaucoup mieux adapté qu'une
- 5 men moyenne d'alluvions sablo-graveleuses de bonne qualité géotechnique;
iDlution traditionnelle sur pieux, particulièrement vis-à-vis des séismes. En effet,
- 35 à 55 m d'argile silteuse;
l'intercalation d'un très épais matelas de répartition a créé un « fusible » capable
- un substratum molassique situé entre - 40 à 60 mètres de profondeur (pendage
l'absorber par cisaillement une grande partie des efforts latéraux provoqués par
du toit de la couche de l'ordre de 15 %).
. . séisme, le caisson pouvant glisser de plus d'un mètre sur son assise sans inci-
Les tassements évalués en phase APS, de l'ordre de 25 cm, furent jugés trop im- 41ence notable sur l' ouvrage .
portants et une solution de renforcement de la couche d'argile compressible par
Les figures 1.13 et 1.14 donnent un aperçu de ces fondations exceptionnelles.
inclusions rigides a été adoptée. Celle-ci comprend (Fig. l.12):
- 292 inclusions en béton armé de 1 mètre de diamètre, arasées 2 mètres minimum
sous la sous-face des radiers et descendues jusqu'à la molasse altérée (soit entre
- 37 et- 57 m de longueur); l'espacement varie entre 3 et 6 mètres ;
- un matelas de transfert de 2 à 2,75 mètres d'épaisseur constitué des alluvions du
site homogénéisées et soigneusement compactées.
Le calcul du tassement du bâtiment sur sol renforcé a conduit à des valeurs de l'or-
dre de4 cm.

2.5m
200 200

190 180 Figure 1.13. Pont de Rion-Antirion (Grèce): principe des fondations sur inclusions.
180 180

1711 1711
Air/le
180 180

......
150 180
&Gill
1.11111 .1
Figure 1.12. Renforcement par inclusions sous le projet ICEDA (Bugey).

48 49
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

rtement du renforcement par inclusions rigides, ainsi qu'à mettre au point


:::thodes de dimensionnement fiables et calées sur des résultats de nombreu-
ses instrUmentations.
C'est en fin d'année 1999, au sein de l' Institut pour la recherche appliquée et l'ex-
périmentation en génie civi} (IRE)_{)_ avec le,« ~~le comp~tence Sols >~ qui re-
cueille les réflexions de geotechmc1ens, qu a ete proposee, par B. Sunon du
bure&U Terrasol, l'idée d'un projet national sur le sujet. Trois étapes successives
ont précédé le lancement officiel du projet. Une étape de faisabilité a été engagée
et officiellement commandée en août 2000 auprès de l ' IREX par la Direction de
la recherche et des actions scientifiques et techniques (DRAST) du ministère de
l'Équipement. Le groupe de travail animé par B. Simon (Terrasol) a réuni des re-
présentants de maîtres d'œuvre, bureaux d 'études, bureaux de contrôle et entre-
prises spécialisées : SETRA (G. Haïun), LRPC de Rouen (O. Combarieu),
Scétauroute (A. Morbois), Bureau Véritas (P. Berthelot), Ménard Sol Traitement
Figure 1.14. Pont de Rion-Antirion : écorché des fondations. (P. Liausu), Botte fondations (D. Thiriat), Keller France (M. Naidji), Bouygues
offshore (devenu Saipem) (J.-P. Iorio) et Solétanche (T. Kretz).
Ces exemples illustrent quelques problèmes géotechniques variés que le recours
aux inclusions rigides, technique nouvelle, a permis de résoudre. Si, jusqu'en Le rapport de faisabilité (IREX, 2000) a été présenté en janvier 2001 et soulignait
2000, les réalisations de fondations par ce procédé sont limitées, leur nombre a tout l'intérêt du renforcement des sols par inclusions rigides, en en montrant les
crû depuis de manière très importante. Ce concept est en effet proposé par la plu- réalisations et les potentialités. L' inventaire des points nécessaires à une meilleu-
part des entreprises spécialisées dans les travaux de fondation et de traitement de re appréhension des phénomènes enjeu a guidé la proposition d' une démarche de
sols et accepté par les bureaux de contrôle, sous réserve que ces entreprises dis- qualification qui s'appuierait sur:
posent d'un cahier des charges validé. Les maîtres d 'ouvrage et d'œuvre y trou- - un état de la pratique en France et à l'étranger ;
vent une réponse à des exigences de délais. Le domaine des dallages et radiers y - une évaluation des performances des inclusions réalisées selon différentes tech-
trouve un débouché important. niques;
- une évaluation, par le biais d'expérimentations (en vraie grandeur, en centrifu-
Parallèlement à ces réalisations, de nombreux modèles de calcul ont été mis au
geuse et en chambre d'étalonnage) de la contribution des différents mécanismes
point en France, par les entreprises ou les bureaux d'études géotechniques, en uti-
d'interaction exploités par le procédé et la confrontation de ces observations avec
lisant soit des modèles analytiques reposant sur le concept de frottement négatif,
différents modèles ;
soit des modèles numériques avec la méthode des éléments finis
- la rédaction de recommandations pour l'utilisation du procédé dans le domaine
8. LE PROJET NATIONAL ASIRI des fondations, couvrant tous les aspects : choix des techniques, méthodes de di-
mensionnement et de contrôle.
On dénombrait déjà à la fin des années 1990 beaucoup de réalisations dans les-
quelles les inclusions rigides constituaient le système de fondation. Leur utilisa- Une première esquisse de programme, sur quatre années, a été présentée, ainsi
qu'une analyse préliminaire de la bibliographie.
tion n'a fait que croître depuis et la sinistralité de la technique reste, à ce jour,
comparable à celles des autres techniques de renforcement de sols ou de fonda- Sur la base de l'étude de faisabilité, la DRA ST a confié en octobre 200 l à l 'IREX,
tions traditionnelles. C'est un constat rassurant mais néanmoins insuffisant. le soin d'établir, comme action préparatoire à un projet national, un état de l'art
sur le renforcement des sols par inclusions rigides en France et à l'étranger, action
Cependant, comme cela a été indiqué, il existe une grande diversité dans les tech-
coordonnée par R. Kastner (Insa Lyon) et B. Simon (Terrasol) .
niques de mise en œuvre, les matériaux constitutifs et les méthodes de justifica-
tion. Aussi a-t-il paru utile et nécessaire à la communauté des géotechniciens
français de mener une réflexion visant à mieux comprendre les mécanismes et le

50 51
PROJET NATIONAL ASIR/ Chapitre 1 - Descriptions et développement jusqu'au projet national

L. Briançon a réalisé ce travail de février à juillet 2002, qui a été suivi par un co-
mité d'experts: S. Borel, O. Combarieu, J. Garnier, E. Haza, Ph. Liausu, A. Mor.
bois et L. Thorel. :a.nnNET G., RODRIGUEZ J.-F. - "Rigid inclusions in Mexico City soft soils: History and
~·;,;;.;ectives". Sympo~ium Rig id incl~sions in dif.ficult subsoil c~nditions, ISSMGE
Un travail, mené en même temps à Lyon et portant sur la modélisation 30 a fait TC36, Sociedad Mexicana de Mecaruca de Suelos, UNAM, ~ex1co, 2006.
l'objetd'un mémoire de DEA soutenu en octobre 2002 (Laurent, 2002). Le comp. jiuANÇON L. - «Renforcement des sols par inclusions rigides. Etat de l'art en France et
te rendu de ces travaux a fait l'objet d ' un rapport IREX édité en novembre 2002 à l'étranger». lrex, opération du Réseau génie civ il et urbain, 2002.
(Briançon, 2002). Il dresse l'état de la pratique en soulignant des réalisations ou ~ 8.8. - "Design_of~il~ g roup with respect t~ negative sk!11 friction; Specialty ses-
expérimentations exemplaires, et s'appuie également sur les résultats d' une en- sion on negative skin friction and settlement ofpiled foundat1ons". 7th ICSMFE, Mex-
quête menée auprès des entreprises françaises spécialisées. ico, 1969.
Le programme général du projet national a été présenté le 4 février 2005. Ce pro-
i"'*5 8.8. - "Problems and solutions to construction in soft clay". Proc. 6th Asian re-
gional conference on soi/ mechanics and foundation engineering, Singapore, vol. 2,
jet de recherche- développement a été prévu sur une période de quatre années : les
1979, p. 28-30.
trois premières années devant être consacrées à l' élaboration et la mise en œuvre :AMANTE M., GOUVENOT D. - « Confortement d ' un remblai de grande hauteur par
des protocoles expérimentaux et numériques ainsi qu' à l' analyse des premières iqjection ». J{f conférence internationale de mécanique des sols et travaux de fonda-
données expérimentales ; une dernière année devant être occupée à la synthèse de tion, Florence, mai 1991.
l'ensemble des données recueillies, la validation des méthodes de dimensionne- J. - Sweet /rack Io Glaslonbury. Thames and Hudson, Londres, 1986.
ment et l'élaboration d'un document de recommandations. m1111n.MUEU O. - « Amélioration des sols par inclusions rigides verticales. Application à
l'édification des remblais sur sols médiocres ». Revue française de géotechnique
Le lancement de ce projet coïncide avec l'achèvement de la thèse de doctorat sou-
tenue par Orianne Jenck, en novembre 2005 à l' INSA de Lyon, et traitant de la
a0 44, 1988, p. 57-79.
CoiœAJUEU O. - « Fondations superficielles sur sol a mélioré par inclusions rigides ve r-
modélisation physique et numérique du renforcement par inclusions rigides. '.f.. ticales ».Revue.française de géotechnique n° 53, 1990, p. 33-44.
Au cours du premier comité directeur du 29 mars 2005 à la FNTP, ont été dési- ~;mu1AKJEU O., FROSSARD A . - « Amélioration des sols des berges de Loire par inclu-
gnés pour diriger, sous l' égide de l'IREX, le projet national dénommé ASlRI sions rigides pour stabiliser les remblais d'accès d' un poste à quai ». 13e Congrès
(Amélioration des Sols par Inclusions Rigides): président F. Schlosser, vice-pré- tnUOpéen de mécanique des sols et fondations , Prague, 2003.
sident O. Combarieu, directeur scientifique B. Simon. RIEU O., GESTIN F., PIOLINE M. - « Remblais sur sols améliorés par inclusions ri-
gides. Premiers chantiers ». Bulletin des laboratoires des ponts et chaussées n° 191 ,
Cinq thèmes de travail composent la trame du projet : 1994, p. 55-62.
• Thème 1. Plots d' essais en vraie grandeur, animé par C. Plumelle et L. Brian- RIEU O., PtOLINE M . - «Construction d' un PICF et de ses accès sur sol amélioré
çon (chaire de géotechnique du CNAM). Ce thème porte sur des expérimenta- p1rinclusions rigides». Symposium international sur l'am éliorat ion des sols en place,
tions en vraie grandeur, très complètes et pour les seuls besoins de la recherche . ASEP-GI, 9-10 sept. 2004, Paris.
• Thème 2. Chantiers expérimentaux, animé par E. Haza (CER Rouen). Ce J.-P. - «Consolidation d ' un sol de fondation p ar pilots ». Bulletin des laboratoires
thème portera sur des instrumentations limitées réalisées à l'occasion de chan- du ponts et chaussées n° 78, 1975, p. 12- 16.
tiers réels, afin d'accumuler des résultats . ULT P. - "A new type of pile foundation". Proc. Conf. on deepfoundations, Mexican
• Thème 3. Essais en laboratoire, animé par L Thorel (IFSSTAR Nantes). Il con- IOCÏety of soils mechanics, Mexico, 1969, vol. 1.

cerne tous les essais portant sur la caractérisation des matériaux et la réalisation - Pôle Compétence Sols. « Utilisation des inclusions rigides pour le renforcement
des sols de fondation d'ouvrages et de remblais. Étude de fa isabilité d 'un projet natio-
des essais en centrifugeuse . nal », 2000.
• Thème 4. Modélisation numérique, animé par D. Dias et R. Kastner (INSA
O. - Le renforcement des sols par inclusions rigides verticales. Modélisation phy -
Lyon). lique et numérique. Thèse de doctorat INSA L yon, 2005.
• Thème 5. Recommandations, animé par O. Cornbarieu. EL J. - « Angleterre : découverte d ' une route néolithique ». Revue Archéologia
0
D 292, 1986, p. 56-60.

52 53
PROJET NATIONAL ASIR/

LAURENT Y. - Renforcement des massifs de fondation par inclusions rigides verticales,


Étude bibliographique et numérique. Mémoire DEA, INSA Lyon, 2002.
ÜKABE.T. - "Large negative skin friction and friction free pile rnethods". 9th ICSFME
Tokyo, vol. 1, 1977. •
PECKER A. - « Le pont de Rion-Antirion en Grèce, le défi sismique ». 550e conférence,
prononcée à l'Université de tous les savoirs, le 20 octobre 2004. anis mes de fonctionnement
PLUMELLE C. -« Renforcement d'un sol lâche par inclusion de tnicropieux ».Revuefran-
çaise de géotechnique n° 30, 1985, p. 47-57.
RATHMAYER H. - "Piled embankment supported by single pile caps" . Proc. conference
on soi/ mechanics andfoundation engineering, Istanbul, 1975, 8 p.
SIMON B. - «Une méthode intégrée pour dimensionner les réseaux d'inclusions rigides chapitre présente les _mécanismes de fonctionnement d'un ~oupe d '~nclu­
en déformation ».XV Congrès international de mécanique des sols et fondations, Is- préliminaire essentiel_ pour aborder_ les ~spects d~ conception et ded1men-
tanbul, vol. 2, 2000, p. 1007-1010.
ent des chapitres smvants. Ces mecamsmes, qui concernent les transferts
SrMON B., D'APOLITO P. - «Doublement d'un passage supérieur fondé sur pieux ayant
e et leur incidence sur les tassements, reposent pour une bonne part sur
subi des efforts parasites importants». Colloque international fondations profondes,
ENPC, Paris, mai 1991 , p.285-292. expérimentations en vraie grandeur, ~insi q~e sur les modèl~s ~h~siques ~t nu-
SIMON B., SCHLOSSER F. - "Soil reinforcement by vertical stiff inclusions in France". • réalisés dans le cadre du projet nat10nal ASIRI, mais mtegrent egale-
Symposium Rigid inclusions in difficult subsoil conditions, ISSMGE TC36, Sociedad des' résultats antérieurs, en particulier le modèle de frottement négatif
Mexicana de Mecanica de Suelos, UNAM, Mexico, 2006. par Combarieu (1974).
SMOLTCZYK - ,,Pfâhlgründung eines Eisenbahnsdamms". 6e congrès européen de méca- son principe, la technique du renforcement des sols par inclusions rigides met
nique des sols et fondations , Vienne, 1976, vol. 3. jeu une suite d'interactions complexes, depuis l'ouvrage supporté jusqu'au
ZEEVAERT L. - "Discussion on negative friction and reduction of point bearing capacity".
tum:
Proc. 41h.ICSMFE, 1957, vol. 3.
fDt,eraction entre l'ouvrage et le matelas de transfert, fonction de l'épaisseur du
las et de la rigidité de la fondation ;
interaction entre le matelas de transfert et le massif de sol renforcé constitué de
couche de sol compressible et des inclusions rigides ;
interaction à l'interface entre le sol compressible et les inclusions, où se déve-
t du frottement successivement négatif, puis positif en profondeur ;
et, enfin, interaction entre la pointe des inclusions et le sol porteur.
avoir montré ces mécanismes d ' interaction, on s'attache à expliciter le mo-
de frottement négatif, les mécanismes de transfert de charges, et les tasse-
et déformations associés. Afin de ne pas surcharger les chapitres 3 et 5
au dimensionnement et aux justifications, les formulations analytiques du
ent négatif et du transfert de charge dans le matelas sont développées dans
chapitre.
conclusion de ce chapitre, on présente les enseignements des plots expérimen-
considérés comme essentiels en vue d'une bonne conception, ainsi qu'un
1sur les sollicitations sismiques telles que développées dans le Guide sur les
' és d'amélioration et de renforcement de sol sous actions sismiques, rédigé
le patronage de l 'Association française de génie parasismique (AFPS).

54 55
PROJET NATIONAL ASIR/ Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

!. INTERACTION OUVRAGE -PLATE-FORME


DE TRANSFERT - TÊTE D'INCLUSION I plus simple est celui où un matelas constitué d'un matériau granulaire
1.1. Interaction entre le sol renforcé et le matelas intercalaire e à la base d'un remblai. Ce cas a été étudié sous une forme simplifiée
Avec les notations retenues dans le cadre du projet national ASIRI, le mécanisme
idérant une charge uniforme sur le matelas. En utilisant pour ce matelas
lisation tridimensionnelle par éléments discrets, les résultats montrent
du transfert de charge sur les inclusions dans le matelas granulaire peut être quan.
une configuration donnée, l'efficacité E croît avec la charge jusqu'à une
tifié par les paramètres suivants (Fig. 2.1) :
de palier. Cela correspond à la mobilisation progressive de la résistance au
- le taux de report d' effort E, appelé aussi« efficacité en termes d'efforts» 1 et dé- t du matériau granulaire, jusqu'à sa saturation. Finalement les calculs
fini comme le rapport de la charge QP agissant sur la tête de 1' inclusion rigide à la itre dans le matelas des zones tronconiques de faible déplacement sur-
charge verticale totale appliquée sur la maille élémentaire (W + Q), où West le ies têtes des inclusions et au bord desquelles se concentrent les cisaille-
poids propre du matelas et Q la force due à la surcharge appliquée ; (Fig. 2.2, Chevalier et al., 2010). C'est par le biais de ces cisaillements que
- le taux marginal de report d'effort G, représentant la capacité du matelas granu- le transfert de charge des zones périphériques vers les têtes d'inclusion,
laire à reporter les surcharges vers les inclusions rigides, et défini comme étant le llJflit de déplacements relatifs très faibles pour les mobiliser. L ' ouverture des
rapport entre l'incrément de charge appliqué !::..Qp sur les inclusions rigides et l'in- est liée à l'angle de frottement interne au pic du matériau granulaire (ou à
crément de surcharge verticale appliqué t::..Q. e de frottement interne au palier si le sol encaissant est très compressible).
Q (b) : hm= 1.0 m

l l J l ! l l ! ! ! Jl l l l +1
'
;
1
1
1
1
1'
Q
p
i!l
1

1
PoidsW
+0.5

1 E
c 0
Q)

>-
-0.5

-1

~ -1 -0.5 0 +0.5 +1
xenm

+1
~ ~
E+0.8
c+0.6
Gl+0.4
Figure 2.1. Efforts considérés pour le calcul de l'efficacité. N
+02
0
Ces deux paramètres s'écrivent: -0.2
-0.5 0 -1 -0.5 0 +0.5 +1
E = _i1_ et G = t::..Qp yenm yenm
W+Q t::..Q
Figure 2.2. Champs de déplacements (vue de dessus et coupe verticale
Pour décrire les mécanismes de transfert, il convient de distinguer le cas d'un entre les inclusions rigides) pour différentes épaisseurs de matelas granulaires
remblai de celui d ' un dallage ou d'une fondation. (hm= 0,5 m à gauche) et (hm = 1,0 m à droite).

l. On définit également une « efficacité en termes de tassements » E1ass (voir § 5).

56 57
PROJET NATIONAL ASIR/ Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

Les efficacités limites en termes d'efforts augmentent avec l'épaisseur du matelas ments au sein du matelas. Il est à noter que ces valeurs de 1,3 et 2,0
hm jusqu'à atteindre un seuil qui définit une épaisseur critique. Celle-ci peut être -qu'indicatives en raison des limitations du modèle.
interprétée comme la hauteur à partir de laquelle les cônes se rejoignent. Elle cor.
respond également au développement complet de chaînons de contraintes corres. à l'aplomb de !"inclusion
pondant aux grains les plus sollicités dans le milieu granulaire, et qui forment 0.6....---- - - - - -r - c - - - - - - ,
comme des voûtes à l'intérieur du matelas (Fig. 2.3, Chevalier et al., 2010). 5l 0.5
Cette épaisseur critique dépend de l' entraxe entre inclusions et des caractéristi. ~ :§: 0.4-1---------~------1
..!1!"'
ques mécaniques (module de déformation et angle de frottement interne) du ma. ~ ~ 0.3+-------~~----+-l
Cl) âi
telas. Pour l'évaluer, on peut se référer aux résultats des travaux de Baudouin g E 0.2-r--------::;~=====t=I
(2010), effectués dans le cadre d' expérimentations en centrifugeuse. À titre indi. ~ il 0.1 +--~-~~=-~""-=,.--- ~
i5 0
catif ces essais, dans les conditions où ils ont été réalisés, montrent quel' épaisseur
critique est atteinte pour un rapport h,r!(s - a) voisin de 2/3, hm étant l' épaisseur
0.5 1.0 1.5
Tassement (mm)
2.0 0.5 1.0 1.5 2.0
Tassement (mm)
2.5 t
3

du matelas, et (s - a) l'espacement entre nus des inclusions.


1hm= 1.3 (s-a) 1 1hm= 2.0 (s-a) 1

2A. Déplacement vertical du modèle bidimensionnel à l'aplomb d'une inclusion


z les inclusions, lors de la consolidation, pour un taux de couverture a = 22 %.

manière générale, la thèse de Jenck (2005) et les modèles physiques déve-


dans le cadre du projet national ASIR! (Jenck et al. , 2006) semblent mon-
~ la compressibilité du sol encaissant n 'a pas d ' influence notable sur
ité E, tant que le sol peut assurer le confinement requis autour des têtes
ion. Lorsque ce confinement tend à ne plus être assuré, les modèles dis-
ant montré le rôle bénéfique d' un renfort géosynthétique placé à la base du
Figure 2.3. Réseaux de chaînons de contraintes dans le matelas granulaire (hm= 1,0 m~
hes ci-après (Fig. 2.5), extraits de la thèse de Chevalier (2008), illustrent
Dans les modèles numériques continus, ce phénomène correspond à la rotation
bénéfique d'un renfort géosynthétique dans le cas ou il n'y a pas d'accro-
complète des contraintes principales en sommet de matelas à mi-distance des in-
entre le sol compressible et les inclusions. Ils montrent l'évolution de l'ef-
clusions.
E en fonction du chargement appliqué, pour deux valeurs de raideur J du
Le modèle bidimensionnel de Jenck (2005), donnant accès au champ de déplace- tique et un sol encaissant de déformabilité variable. On observe que
ment dans le matelas, a mis en évidence l'incidence de l'épaisseur du matelas sur essentiel du géosynthétique se fait pour les sols supports les plus défor-
l'amortissement des tassements différentiels en surface. Cette incidence est illus- . Dans ce cas le géosynthétique, sous réserve d'avoir une raideur adaptée,
trée sur la figure 2.4 où est tracée l'évolution des tassements dans le matelas, à alors une traction suffisante permettant de confiner la base du matelas.
l'aplomb des inclusions et entre celles-ci. Dans ce modèle bidimensionnel, une
épaisseur relative du matelas hml(s - a) égale à 1,3 ne permet pas le développe-
ment complet de la voûte, ce qui se traduit par la persistance d' un tassement dif·
férentiel en surface. Une épaisseur relative hn/ (s - a) égale à 2,0 permet le
développement complet de la voûte, ce qui se traduit par une uniformisation rapi·

58 59
· ·
Chapitre 2 • M ecamsmes de fonctionnement

PROJET NATIONAL ASIR/

le rôle du dallage comme élément de t .


tir d'une certaine épaisseur de mat 1 ransfert de charge devient négligeable à par-
Influence d'un géosynthétique e as.
Matelas hm= 0.5m
Raideur J variable

1
J = 750 kN.m·
1 J = 1500 kN.m-
Sans géosynthétique
1 1
50 k 5=-0.25 - A - 1
1 1 1 1 1
1 1 1 --- i- ---1----
k 5 =-0.50 - - 1 ---i----1-----;--- 1
40 k =-0.75 - 0 - - - - -t- - -
5 1 I 1
'~~----=!Il
k5=1.0 - - - -- ~ .a-....f!F'i~
~30 1 1
1 1 1 1
~ t----'---..J---
t----'---..J---
w 1 k 5 =0.25 -A-
20 1 k.=0.25 __._ 5
I k =0.50 - - -
--~-- k.=0.50 - - --1--- s
1 k 5 =0.75 -0-
10 1 k 5 =0.75 - 0 -
I ks=1.0 --
I ks=1.0 --
0 40 80 120
25 50 75 100 0
100 0
~{kPa) PRESSION (kPa)
1
. . a) Efficacité b) Efficacité limite
Nota : k coefficient de réaction du sol support (MPa.m · )
5
Figure 2.6. Evolution des efficacités limites avec •. .
Figure 2.5. Efficacité du matelas granulaire E en fonction de la surcharge q
0 « remblai » ou « dallage » (modér r ~ epa1sseur du matelas dans les cas
isa ion physique en chambre d'étalonnage).
pour différents coefficients de réaction du sol support ; hm = 0,5 m sans dallage
(modélisation 30 discrète). Les schémas ci-après (Fig. 2.7) illustrent le mécani
un remblai et sous un dallage à p rf d , srne de transfert de charge sous
J.J.2. Cas d'un dallage ou d'une fondation nue avec le logiciel Flac (Laurent: 2~02;~ resultats d'une modélisation 3D conti-
Une fondation, dallage ou semelle, lorsqu'elle existe, joue un rôle essentiel dans
Dans .le dcas« remblai» (Fig. 2 .7a)' le trans fiert de charge s, o , . .
la répartition des charges lorsque l'épaisseur du matelas est inférieure à l'épais- au sem e celui-ci, avec une rotation des . . . pere par c1sa1llernent
veloppement de voûtes. contramtes pnnc1pales traduisant le dé-
seur critique définie précédemment.
Dans le cas d' un dallage, la dalle par sa rigidité tend à uniformiser les tassements
~a~s le cas« dallage » (Fig. 2.7b), le transfert
dite de la dalle et conduit à une concentration d de charg~ est gouverne par la rigi-
,
et opère un transfert significatif des charges à l' aplomb des inclusions, avec le dé-
matelas surplombant l' incl . C es contramtes dans les colonnes de
veloppement de contraintes de flexion dans la dalle. usion. es colonnes sont d · · ,
Pour une épaisseur donnée de matelas, inférieure à la hauteur critique, l' efficacité ve oppement des réseaux de chaî d . es zones pnv1legiées du dé-
ne est assurée par le confinementno~stae contra~nte. La stabilité de chaque colon-
l
E limite avec dallage est toujours supérieure à celle sans dallage. En outre, l'effi- . ex1s nt au sem du matel t l , .
cacité E diminue quand l'épaisseur du matelas augmente, avec une contrepartie so1sous-jacent. Une insuffisanc d fi . as e par a reaction du
positive qui est la diminution des contraintes de flexion dans le dallage. Cela sug-
s t.
cas d' un dallage.
e e con mement nmt au b -6
ys eme. Ce point doit toujours faire l' 0 b. t d' , . ~n .
onct10nnement du
~e une venficatlon spécifique dans le
gère l'existence d'un dimensionnement optimal du complexe matelas-dalle.

de tassement est localisé au v~isina . e, ~ base du matelas, que le gradient


Les graphiques ci-après (Fig. 2.6), extraits de la thèse de Dinh (2009), montrent Dans les deux cas, on constate au niveau d l .
les évolutions de l'efficacité E avec la surcharge (Fig. 2.6a), et de l'efficacité li-
ment étant relativement un·-6 ge 1~ed1at. des têtes d' inclusion, le tasse-
mite avec l'épaisseur du matelas (Fig. 2.6b) dans les cas « remblai >> ou 1 orme entre les mclus10ns.
«dallage». On constate que les efficacités limites convergent vers une même va-
leur (obtenue pour la hauteur critique du cas« remblai»). Cela explique pourquoi

61
60
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

Contraintes Contraintes
30mm ...... ... . . Dallage-+- 1
, , , ••••
12.Bmm
Matelas de ~ '! ' ' · · · · Q
-, transfert
lt!ffffftt l
5m
,, ,
t !
1~"'"'
,,
lndusion Réservoir d'eau -
1 1

Ys Ys
5m

L Taux de couverture
0.=3%
Taux de couverture
(l ~3%

a) Remblai b) Dallage
Figure 2.7. Comparaison des mécanismes de transfert de charge sous un remblai
et sous un dallage (modélisation 30 conti nue).

À la différence du cas« remblai», l' efficacité sous un dallage ou une fondation Figure 2.8. Dispositif à plateau mobile pour les essais en centrifugeuse et principe de
est légèrement am éliorée avec des sols plus compressibles (Chevalier, 2008). simulation du tassement du sol.

1.1.3. Cas particulier d 'un matelas de sol traité aux liants hydrauliques 1.1.3.1. Comportement ductile (traitement à la chaux)
Lorsque les propriétés mécaniques, en p articulier la résistance au c isaillement, du Le cas type du comportement ductile est celui d' un limon traité à la chaux. Le ma-
matériau utilisé pour constituer le matelas sont insuffisan tes, on peut y remédier tériau fait prise assez rapidement et acquiert sa résistance définitive au bout d'une
par un traitement du sol aux liants hydrauliques. période de durcissement assez longue.
La spécificité des matériaux traités aux liants hydrauliques (chaux ou c iment) est Lorsque la charge est appl iquée, l' efficacité E maximale est atteinte progressive-
de pouvoir atteindre une résistance à la traction significative, à l'inverse des ma- ment avec le tassement du sol compressible. Malgré la fissuration locale du ma-
tériaux granulaires. Suivant le type ou la formule de traitement du sol utilisé, le telas, cette ~~fi_cacité maxi~ale est très importante (Fig. 2.9a). On peut dire que Je
comportement associé peut être de type « ductile » (cas d ' un traitement à la matelas traite JOUe en partie le rôle qui serait tenu par un dallage.
chaux) ou« fragile » (cas d ' un traitement a u ciment prédominant). Cela détermine
~~ l'~bsence de dallage ou de fondation superficielle de gra ndes dimensions,
une évolution différente du report de charge en tête des inclus ions, comme le
1 epa1sseur du matelas a un rôle majeur en raison du risque de fissuration associé
montrent ci-après les résultats des essais en centrifugeuse où un plateau mobile à une épaisseur insuffisante.
simulait le tassement du sol (Fig. 2.8), extraits de la thèse d'Okyay (2010).
1.1.3.2. Comportement.fragile (traitement au ciment)
Contrairement au traitement à la chaux, le traitement au ciment rigidifie rapide-
ment le sol de manière irréversible et permet d'atteindre des rés istances plus im-
portantes. Le comportement est cependant fragile et cassant.
Lorsque la charge est appliquée, l'efficacité E maximale est atteinte avec un tas-
sement du sol compressible très faible (Fig . 2.9b), inférieur à celui observé lors-
que le sol est traité à la chaux.

62
63
Chapitre 2 ... Mécanismes de fonctionnement
PROJET NATIONAL ASIR/

- la distribution non uniforme des contra· t


3500 ~~..--~.---___,,...---r~-T~--.
(pic de contrainte en bord de fondat· ) mes en sous-face d' une fondation rigide
~oo.--~..--~.---___,,...-__,~-,-~--.
3000 __ L __ i __ 1 __ 1 __ 1 __ ion .
1
cons~quen~e, limit~pp~~::~~:tr
1fiques ~vec, co~e
2500 - - - - - - - - 4-- Ces facteurs peuvent induire des mécanismes de r , .
~ 2000
-T--.,.-- -,
1 1 1 1
- -r---r --;---r - -
1
de l' mclus1on.
une réduction de la contrainte
e e repnse par la tete
1 1 1 _L __ i_ __ .L __ J. ___i _ _
-T--T--.,.-- 1 1 1 1 1
1 1 1
Le modèle 3D continu qui a servi aux . ffi . .
paragraphe 7 du chapitre 1) illustre queJt lb cations du pro~et ICED~ (décrit au
-;--;- - Expérimental
500 --1-- ï - -+- Numérique
00 ~ ~ ~ 4 ~ périphérique se distingue de celui des fil e ~ a,~P des co~tramtes en tete de la file
. es mte~eure~ qui apparaît indépendant de
-5 1
-1 -2 ~ 4 -5 ~ leur position (Fig. 2.10) D
. l ans ce proJe~, l~s mclus1ons avaient un diamètre de
DEPLACEMENT VERTICAL (mm)
DEPLACEMENT VERTICAL (mm) 1 m un entraxe d 6
b) Essai E34 - Matelas traité à la chaux
, e m et e matelas une epa1sseur de 2 m L 1 l ,
a) Essai E31 - Matelas traité à la chaux
sidère une charge de 200 kPa (incluant 1e pot.ds d u radier).
. · e ca cu presenté con-
Figure 2.9. Évolutions de la charge sur l'inclusion avec le tassement du sol
(comparaison entre le traitement à la chaux et le traitement au ciment) (Okyay, 201 0).

La quasi-totalité de la charge est transmise sur les têtes des inclusions rigides.
Pour des charges élevées, une fois que le matelas est endommagé, l' efficacité chu-
te instantanément. Ce phénomène est lié au comportement fragile du matelas.
Compte tenu de la grande rigidité des matelas constitués de matériau traité au ci-
ment, les contraintes transmises avant rupture sur le sol compressible peuvent être CTyy = 0 kPa
très faibles voire inexistantes.
Le matelas de répartition se comporte comme une dalle sollicitée en flexion. Si ce
matelas est lui-même recouvert d' un dallage ou d'un radier, les sollicitations de
flexion se distribueront entre cet élément structurel et Je matelas en proportion de
leurs rigidités respectives et suivant la condition de liaison à l' interface.
Le comportement du matelas peut être influencé par les conditions de mise en œu-
Cîyy =500 kPa
vre. Un mauvais traitement lors de la reprise des couches successives peut consi-
dérablement affecter l' homogénéité du matelas en raison d' une adhérence Figure 2.1 O. Exemple de ch am p de contraintes
. en bordure d'ouvrage (projet ICEDA).

insuffisante.
1.2. Interaction sol renforcé-dallage
J.1.4. Effet de bord
1.2.1. Définition
Au bord de l' ouvrage, l' interaction entre le matelas et les têtes des inclusions est
modifiée par rapport aux conditions en partie centrale de l'ouvrage, en raison des contrauement
. au dallage placé sur un sol homo è . . ,
forme, subit une réaction unifi g ne qui, sourms a une charge uni-
facteurs suivants : par inclusions rigides subit un~:ae ~n zone co~ante, le dallage sur sol renforcé
- la dissymétrie entre la zone de chargement et la zone extérieure non chargée, telas est inférieure à l'é . ~-on non uruforme lorsque l'épaisseur du ma--
celle-ci entraînant nécessairement des variations importantes du champ des con- inclusion et plus faible ~:~seurllcntt~ue _: elle est plus élevée au droit de chaque
traintes dans le matelas ; pend de la distrib t. d e ce , es-_c1 (Fig. 2.11 ). La sollicitation du dallage dé-
- l' extension limitée du matelas autour de l' inclusion ; u ion e ces reacttons Une ' · · .
recommandée sachant , . . epa1sseur rnrnrmale de matelas est
- la capacité réduite de confinement latéral du matelas ; tend à unifomtiser c ~u t~ne augmentat10n de l' épaisseur relative du matelas
- le confinement vertical du matelas limité à l' emprise de l' ouvrage (dallage ou es reac wns. D 'un autre côté, un calcul mené en négligeant la
semelle) ;

65
64
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

réaction du sol entre les inclusions (assimilable à un calcul de plancher porté) et de rupture par cisaillement ne peuvent pas déboucher vers le haut du matelas
s'avèrerait très conservatif. la présence d'~ da.liage sur un ~~telas de faible épaisseur modifie le développe~
Cette distribution de réaction est à évaluer par un modèle de calcul approprié qui ment de ces rnecamsmes en solhc1tant le dallage lui-même.
tient compte des paramètres suivants : A~si, .si on ~sso~ie, pour le matelas, une faible épaisseur à des caractéristiques
- le module de déformation de l' inclusion; m,e~amq~es elevees (module de compressibilité, angle de frottement interne, co-
- les modules de déformation du matelas, du sol compressible et de la couche hes10n), Il est possible d'obtenir une efficacité optimale conduisant à une concen-
d'ancrage des inclusions ; trati~n maximale en tête des inclusions et donc à une réduction des tassements
- les interactions de cisaillement et/ou de poinçonnement entre les différents élé- maximale. En contrepartie le dallage est davantage sollicité en flexion comme
ments; l'.in~iquent les figures 2.12 et 2.13 (Okyay, 2010). Les caractéristiques du matelas
- l'épaisseur relative du matelas par rapport à l' entraxe des inclusions. ams1 que celles du dallage sont donc à définir de manière à trouver un optimum
La figure 2.1 1 présente les mesures de contrainte totale effectuées sur le plot ex- entre les sollicitations dans le dallage et les tassements.
périmental de Saint-Ouen-l'Aumône (2006). Ces mesures appellent les observa-
tions suivantes, qui illustrent bien les mécanismes d'interaction entre le sol
renforcé et le dallage :
1
* ro --4--~---~ -- ~
60 __ _j __ _J __
_ __
Î
351r:;;::--r--r--..---..--..---..,
30
1 1
- r--1 --ï---r-- T--
1 1 1

wso --i- ---r--r--}-- !zw 25 -- + 1 1 1 1


- dans ce cas correspondant à un matelas de faible épaisseur, on mesure quasi- 5~ -~---~--~--+-- - 4--~---r--+--

ment les mêmes contraintes sur l'inclusion rigide et en sous-face du dallage au <3
[
30 - ,---:---:---f---t--
- 1 --1---r--r--r--
::;:
w 20
en
cn
1
--L--J--
1 1
1 1 1
L--~--

droit de l'inclusion: l'essentiel du transfert de charge se fait donc par le dallage; 1 w 10 -- ~ - --1---1---i----1- -- ~ 15 __ .j.. _ _ J __ ~ - --L--~--
1 J 1 1 1
- il en résulte que, sous le dallage, les contraintes mesurées sont nettement plus 0o~--30'---60'----'90~__J120~-1~50-_J100 100~_30.___60,___90L.__120L__150L___J100

faibles entre les inclusions qu 'au droit des inclusions : la distribution des réactions MODULE D'ELASTICITE (MPa)
MODULE D'ELASTICITE (MPa)
n'est donc pas uniforme, et ceci devra être pris en compte lors du dimensionne-

r
a) Efficacité
ment du dallage. b) Tassements
10
:Z

., 1 • 1 1
1 1
~ s~ --r-- ï- - - - T--;-- ~ 30 - -t- --t- -1---r--T--
-l:::-::..:-~,p.e.~,
1 1
~ s~- -t - , -- -~-- i - -~-­ ~ 25 - -r--
- -~- - -L-- ~--
~400
--t--:--------!--- i · ~--' --~---~ -- i-- ~--
ffi 20
~ 15
- --1--
1 1 1 1 1

~300 1 1 1 1
~ - 1 - - ; -- - r - - T- -
_ _ _ ~!t~e_.!~ui~i~~~_a~~- - - L -- ~ -- -L--~--J _ _
!z ~ 10 - ,--i -- ~--- ~ -- t --
1-
w
1
1
1
1
~ 0 1 1 1 1 1 G5 -r--~ --~ - --r - -T- -
!z 200 ---- -- -+ ---- - - - -~- - - ~ 0 30 60 90 120 150 100 10o~-30...__60...__90.___120'---1soi__---.J100
g 1
1
1
1
1

MODULE D'ELASTICITE (MPa)


MODULE D'ELASTICITE (MPa)
5100
CPT3D1 I
- - - ----- +--------
1
r- - -
1
(.)
c) Moment maximal d) Effort de cisaillement
:. - - - CPT3D2 • I •

100 200 300 Figure 2.12. Influence du module d'élasticité du matelas sur l'efficacité, les tassements
DUREE Qours)
et les sollicitations dans un dallage. '
Dallage : épaisseur 20 cm
Figure 2.11. Expérimentation de Saint-Ouen-l'Aumône (2006). Matel~s : hauteur 60 cm et angle de frottement 31 °, module d'élasticité variable
Contraintes mesurées pour le plot 30 (dallage et inclusions refoulantes). Inclusions : diamètre 35 cm et espacement 2 m

Les études expérimentales et numériques ont montré qu'une réduction d 'épais-


seur du matelas augmente l'efficacité des inclusions rigides dans le cas d'un dal-
lage, car ce dernier va participer au transfert de charge. En effet, par comparaison
avec un matelas d'épaisseur infinie, dans lequel les mécanismes de déformation

66
67
....
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

Ê 14.--~----,...-~--.~~---.~~---. Ê 12
~ 12 ----f----:---- ---- ~ 10 - - --,----
--' 10 - - --1---- ----! - - --
~ --r---~- - - - ~ - - --
~
~
1
- -- -,- -
1
- - -,1- - - -
1 6 ----~ - - - ~- - - -~ - ---
~ 6 --- -~ -- - ~-- - -~---- ~ 4 _ _ __ L--- ~-- - - ~ - - - -
~ 4 ---- 1- --- ~ - - -- -l - - - - z 1 1 1
w
~
1 1 1
2 -- - -r -- -~- - -- -, - - - -
w
~
2 ___ _1L ---~----~
1 1
-- - -

~ ~ ~ ~ ~
~ OL-~--'"--~--'~~--'-~~--'
0 0 50 100 150 20C
ANGLE DE FROTTEMENT DU MATELAS ( • ) COHESION DU MATELAS ( kPa )

Figure 2.13. Influence de l'angle de frottement et de la cohésion du matelas


sur le moment fléchissant dans le dallage (Okyay, 2010 ; Okyay et Dias, 2010).
Dallage : épaisseur 20 cm
=
Matelas : hauteur 60 cm et module E 70 MPa, angle de frottement ou cohésion variables
Inclusions : diamètre 35 cm et espacement 2 m

La définition et le contrôle du matériau constituant le matelas, son niveau de com-


.
1
pactage et son aptitude à un traitement éventuel sont des éléments essentiels pour i
le bon fonctionnement de cette plateforme de transfert de charge sur un groupe Figure 2.14. Zones distinctes à considérer pour la conception et le calcul d'un dallage.
d ' inclusions rigides. Il apparaît essentiel de définir une fourchette de valeurs mi-
nimale et maximale des caractéristiques mécaniques du matelas tenant compte Les ~as de charges ponctuelles s:ront également déterminants vis-à-vis de la con-
des conditions de mise en œuvre et de leur évolution éventuelle (exemple d'un sol 1u
~ph.on iallag~. O,ans ~a pratique, la rigidité relative du dallage par rapport à
traité à la chaux dont les caractéristiques varient selon les conditions hydriques). assise. e ondation tmphquera une redistribution des efforts ponctuels sur cha-
Les valeurs élevées correspondent généralement à une borne supérieure des sol- que maille. LeAc~mporte1;11ent de l'assise de fondation (sol renforcé + matelas de-
licitations des éléments structuraux, et les valeurs basses à une borne supérieure ;eu:er~ c~nn:ole par la resultante des réactions obtenues (par analogie au prijcipe
des tassements. e regu ansati?n d.e Barré de Saint-Venant pour les poutres). De la sorte, le com-
portement de l assise de fondation sous le dallage pourra être assimilé à cel . b
L'étude de sol menée conformément à l'enchaînement des missions d' ingénierie
tenu sous un chargement uniforme de même résultante sur la maille. ut o -
géotechnique (norme NF P 94-500, décembre 2006) devra établir la succession
des différentes couches de sol, tant naturelles que rapportées, et les valeurs des pa- ~oans~e:l co~ditions, le dallage devra être étudié sous la combinaison des charges
ramètres nécessaires au modèle de calcul (chapitres 4 et 6). d n~ , e es a a ~ur~ace du dallage et des réactions calculées en sous-face Ces
1.2.2. Conception q ~~r:lsl so( nt ~shhme:s pour un chargement uniforme équivalent appliqué à. cha-
a1 e votr c ap1tre 5 : Justifications).
La conception et le calcul du dallage relèvent du DTU 13.3 (norme NF P 11-213), 1.3. Interaction sol renforcé-semelle
mais nécessiteront d'intégrer le caractère spécifique de la distribution non unifor-
me des réactions en sous-face du dallage. À ce titre, la méthode simplifiée d'éva- 1.3.J. Définition
luation des déformations et sollicitations explicitée en Annexe C du DTU 13.3 ne
pourra être appliquée à un renforcement par inclusions rigides que moyennant la ~::~~~ ~:stiéléments de fondati.on à forte inertie (semelle, radier) sont soumis à
~· ici a on~ autres ~ue verticales centrées (moment, efforts horizontaux) le
1~:!~nmatela.s .mte~calaire va au-delà du rôle de distribution des charges verti~a­
prise en compte de termes correctifs. Cette démarche sera explicitée dans le cha-
pitre 5.
fois o.rmes . li doit assurer de bonnes répartition et transmission des efforts à la
Ces principes seront appliqués en distinguant les mailles d' inclusions en section verticaux et transversaux entre les têtes d'inclusions et le sol environnant
courante du dallage (zone centrale éloignée des bords et des joints), les mailles en Le t 1 . .
ma e as mtercalaire entre la base de la fondation et les teAtes d ' m
· cl .
bordure d'ouvrage ou de joints et celles placées dans un angle (Fig. 2.14). rnet: usions per-

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69
PROJET NATIONAL ASIR/

Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

- de réduire en tête dans les inclusions les contraintes normales, les efforts tran-
Le~ inclusions sont mobilisées par la char e dir . ,
mais aussi par le frottement du sol encais g 1 ectement ~p~hquee sur leur tete
A

chants, les contraintes de compression et de traction liées à la flexion ; cela peut


permettre d'éviter la mise en place d'armatures ou d'éléments de renforcement gement appliqué par le poids de l'ouvrag;~nt, orsque celm-c1 tasse sous le char-
(cage, profilé ou tube);
- de mieux répartir les sollicitations verticales non centrées de la semelle sur les En partie supérieure du sol renforcé l l
sa base les inclusions tassent plus ~u: :~ s~s~~ pl~stq~e les inclusions, alors qu'à
inclus ions ;
sol et les colonnes tassent autant . c' t 1 . . ex1s e one une _profondeur où le
- de limiter les efforts parasites liés à des problèmes d'excentrement d' inclusions
effet se traduit par un frottement ~ég::if e~~~~neu~_e . En parti_e supérieure, cet
sous la semelle ;
une charge en compression maximal q. ge 1 ~clus1on,Jusqu 'à atteindre
- de revenir à un dimensionnement de semelle superficielle, sous réserve de véri- e au niveau du pomt neutre (Fig. 2.15).
fier que l'épaisseur du matelas est suffisante et n'est pas de nature à induire des Qp(O)
sollicitations de flexion dans la semelle.
1.3.2. Conception
Le dimensionnement des inclusions rigides est indissociable des caractéristiques
du sol à renforcer et du matelas. ~ ~
1

Les justifications à apporter dans la note de calculs se rapporteront dans le cas gé- hc ~/~
néral aux deux critères suivants :
~ ~
- charges limites sur le massif de sol renforcé et justification des clifférents types
de fondations vis-à-vis de la rupture ; 1• 1

~------ -Qp(O) +FN

1t ~
- tassement absolu des divers éléments de structure au sein d' un même ouvrage,
justification des tassements différentiels au sein de la structure ou entre structure
et dallage, en fonction des tolérances admissibles propres à chaque ouvrage et des
règlements en vigueur.
· -1------
;.-._..u/1.,.
La tolérance d'exécution de l'inclusion (telle qu'elle sera définie au chapitre 7)
devra être prise en compte dans le dimensionnement de la semelle et de l'ouvrage Qp(L) Sol compact
porté. Au-delà de cette valeur, on devra justifier que le comportement reste com- z
patible avec la structure de l'ouvrage.
Figure 2.15. Schématisation des frottements positif et négatif.
2. INTERACTION SOL ENCAISSANT - INCLUSION Cette charge est reprise au-dessous d ·
2.1. Préambule en pointe. u pomt neutre par frottement positif et effort

L'interaction entre le sol encaissant et l'inclusion reste étroitement liée au méca- La prise en compte de l'action du sol co ·b . .
nisme de transfert de charge par l' intermédiaire d'un matelas. puisqu'elle fait appel à la comb· . ~press1 le sur les mclus1ons est complexe
- transfert des effi maison es comportements suivants :
Le rôle des inclusions est de transmettre la charge due au poids propre de l'ouvra- - transfert des effiortrts par fr?ttemen~_de l'inclusion vers le sol et inversement.
0 s en pomte de 1 mclusion · '
ge et les charges de service dans des sols plus porteurs en profondeur, afin d'aug-
- tassement du sol entre inclusions · '
menter la portance et de réduire les tassements de l'ouvrage. Pour ce faire, - tassement de l,. l · ' .
l' inclusion rigide devra rechercher un horizon porteur. Pointe. me us1on par raccourc1ssement élastique et enfoncement en

Les principaux para ' tr , · ,


traduire l'interactio:deu =~laa~:~~:~r dlan_s le mécanism~ de fonctionnement pour
me us1on sont les smvants :

70
71
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement
PROJET NATIONAL ASIR/

L'effort axial dans l'inclusion rigide augmente donc entre la tête de l' inclusion et
- le taux de couverture ; le point neutre. Cet effort total [Qp(O) + FN] doit être équilibré par l' effort de frot-
- l'état de consolidation du sol; tement positif F p au-dessous du point Net l' effort de pointe Qp(L) (Fig. 2.15) :
_ la déformabilité du sol compressible ;
Qp(O) + FN = Fp + Qp(L).
- la déformabilité du sol porteur; · t b etc) ·
- le fluage éventuel du sol c~mpre~sible (cas des sols orgamques, our e, . , À prox imité du füt de l'inclusion, la contrainte cr' vest donc réduite en profondeur
- le module d 'élasticité de l'mclusion ;, . ·· la résistance de parce qu' une partie du poids des terres est transmise dans l'inclusion par le frot-
- le frottement latéral sol-inclusion negatif, comme positif, et tement négatif mobilisé au-dessus du point considéré : c'est l'effet d'accrochage.
pointe. · l ta 2.2.3. Mobilisation dans le temps et en profondeur
Tous ces paramètres ont une influence sur la ~épart~ti?n des contramtes et es s-
sements différentiels entre le sol et les inclusions ng1des. . Le frottement négatif maximal dépend :
C mentaire. L'évaluation des paramètres de frottement la~éral et de _résistance de - du tassement du sol (fonction de sa compressibilité et du temps de consolida-
om . d d'inclusion et de sa techmque de mise en œuvre, tion);
poi~~et~evra~~~:sc:r~;io~s~alisées sans refoulement du sol (exemple« foré -du déplacement de l' inclusion (fonction de sa rigidité et de la raideur de son an-
:u:~>;:~elles réalisées avec refoulement du sol (exemple « battu acier »). crage);
- des surcharges par rapport aux conditions initiales ;
2.2. Frottement négatif - des conditions de l' interface entre le sol et l'inclusion ;
2.2.1. Principes ,. - des conditions limites du système (inclusion isolée ou inclusion au sein d 'un
Le frottement négatif,s~
produit.quand le tass~e~t:eul~~c~:~~onngrt;i!te~:~;~ groupe).
clusion rigide est supeneur au deplacement ve ica La contrainte de frottement négatif/n augmente avec le déplacement relatifôy sol-
inclusion pour atteindre sa valeur limite qs pour un déplacement relatif ôyc d ' ordre
~e~a différence du pie~, le fr?ttement n~ga~~f s::::~:~~~~g~~~~~~~~n~~!~ millimétrique, donc très faible (Fig. 2.16). Compte tenu de la consolidation, ce
n' est pas un effort parasite, mais au co~trai~e i ~e atelas de ré artition. frottement négatif/,, est maximal à long terme et doit être calculé à partir des con-
pressible de la contrainte résiduelle qm existe a la base _du m l fi p deur traintes effectives.
Ce report sur les inclusions se fait de manière progressive avec a pro on .

2.2.2. Point neutre .


,. · · ·d t du tassement vertical du
L'égalité du déplacement vertical del me 1usion ngi e e . N A -
sol le long de l ' inclusion rigide définit la profondeur hc du po~nt ne~tre . . ~f
dessus de ce point N, le frottement est négatif, au-dessous il devient pos1tl
ôymm
(Fig. 2.1 5).
En tête l'inclusion rigide reprend la charge Qp(O). Figure 2.16. Loi de mobilisation simplifiée du frottement latéral unitaire qs.
' . , h Qp(O) augmentée de 1' effort
Au pointN, l'inclusion rigide est sourmse a 1ac arge Les méthodes habituellement employées pour évaluer les efforts dus au frotte-
ment négatifn' introduisent pas explicitement la loi de mobilisation de ces efforts
hc ..
-r(z). nD .dz) entre la tête de l' inclusion ngt- en fonction du déplacement relatif sol-élément de fo ndation, mais sont plutôt des
de frottement négatif FN (FN =
0
J• méthodes à la rupture.
La relation entre les contraintes effectives verticales et horizontales s'écrit:
de et le point N. cr'h === K.cr' v (z) (2.2)
K étant le coefficient de pression des terres au contact sol-pieu.

73
72
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

PROJET NATIONAL ASIR/

ol- ieu qui dépend du type de pieu et ractéristiques de module de déformation des inclusions sont présentés dans le cha-
Si l'on considère À. l'angle d.e frotte~e~~t pt due au frottement négatif s'écrit pitre 7 (§ 3.4).
de la nature du sol, la contrainte de c1sa1 emen Comme explicité dans le paragraphe 5 de ce chapitre, le tassement d'un groupe
alors : (2.3) d' inclusions sera calculé comme la somme de deux composantes principales : le
f, (z) = K cr' (z). tanô tassement du sol renforcé proprement dit (y compris celui du matelas), auquel
n . v . . e un terme dont les deux fac-
En pratique, on considère le produit K tanô comm s'ajoutera le tassement des couches profondes non renforcées.
teurs sont indissociables. l · d'une surcharge 2.5. Actions autres que verticales centrées
Le :frottement négatif peut apparaître dans d'autres cas que ce Ul
2.5.1. Chargement dissymétrique
sur sol compressible_: . ( bl . , ents) tassant sous leur propre poids ;
- sols naturels ou art1fic1els rem ais rec Dans le cas de fondations de grandes dimensions, la direction verticale prépondé-
- rabattement de nappe ; ·, ge de tassement par saturation rante des charges à reprendre et la nature des mécanismes d'interaction entre le
- sols liquéfiables ou sols lâches ~ou:ant etre 1e s1e
A

sol et les inclusions aboutissent à des efforts essentiellement de compression dans


ou par densification sous effets s1sm1ques. , 'f t d ' un les inclusions. Seules celles placées en périphérie d'une zone chargée peuvent être
. , . , d de calcul du :frottement negatl au our soumises à des sollicitations complémentaires de flexion (effet de bord).
Une descript10n deta1llee du mo e d , ·-après (cf. § 3), en référence
pieu (ou inclusion) isolé ou en ~oupe est onnee c1 Dans le cas d'un groupe limité d'inclusions, sous semelles isolées par exemple
au modèle proposé par Combaneu (1974, 1985). (Fig. 2.17), l'effet de bord qui existe déjà sous une charge verticale devient pré-
pondérant sous un torseur d'efforts (effort transversal et moment). Une étude par-
2.3. Mobilisation de la résistance du sol , , ticulière devra définir la géométrie et les caractéristiques mécaniques du matelas
'. . .tuée sous le point neutre, appelee egalement
La partie résistante de 1 mclus1on s1 fr ttement positif et effort en pointe, la de transfert permettant de réduire suffisamment les sollicitations dans les inclu-
fiche résistante, permet de reprendre, p.ar o . sions pour, le cas échéant, ne pas armer ces dernières.
charge maximale dans l'inclusion au mveau du pomt neutre. . ,
Sous les fondations de grande surface, des effets de bord sont à prendre en comp-
.. . , 1 sitif unitaire est fonction du deplacem~nt
La mob1bsat1on du :frottement later~ po 1 ue le déplacement de l'inclus10n te, conduisant à calculer les inclusions proches des bords de façon différente de
relatif entre l' inclusion et le sol avo1smant, orsq celles des zones centrales, qui sont souvent soumises à un chargement uniforme.
1 · ortant que celui du sol. Par exemple, sous des remblais de grande hauteur, des sollicitations de flexion
est p us imp . ,. . era calculée selon les méthodes propres aux
La fiche résistante de 1 mclus1on s ffi . ts de sécurité seront choisis volon- peuvent apparaître en tête des inclusions placées sous les talus, en plus de celles
fondations profondes. Cependant les coe ic1~.n , à la charge de fluage), parce de compression développées dans l'axe du remblai. Ceci peut justifier l'incorpo-
tairement plus faibles (sans minor~~io~ a~p iq~ee élevé que pour une fondation ration de nappes de renfort (géosynthétiques, géogrilles) à la base du remblai pour
qu'on accepte un déplacement de l mc us1on pus en réduire le déplacement horizontal et son influence sur les têtes des inclusions.
profonde. La dissymétrie des charges du remblai conduit en outre à une distribution non uni-
forme des efforts verticaux dans les inclusions.
2 4 Tassement de l'inclusion
• . , ue comme pour les pieux, le tassement
Les essais de charge.me~t o~t montre q , r un horizon compact est faible sous
vertical d'une inclusion tsolee descendue su fi . e méthode de calcul de
sa char e de service. Frank et Zhao ( 1982) ont _ou~t ~n
gements à partir des caractéristiques press1ometnques.
ces tass · td n raccour-
Le tassement d ' une inclusion résulte de son tassement en pomte e e so
cissement élastique. d" . est généralement
'l f des différents types me1us1on
Le raccourcissement e as ique 'bl Des exemples de valeurs ca-
faible au regard du tassement du sol compress1 e.

75
74
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement
PROJET NATIONAL ASIR/

3. MÉCANISMES DE TRANSFERT DE CHARGE


Les mécanismes de trans fert de charge s'appuient largement sur le modèle que
Combarieu {1974, 1985) a proposé pour décrire le frottement négatif autour d'u n
pieu isolé ou sur un groupe de pieux.
Dans le cas d 'un renforcement par inclusions rigides, ce modèle d'origine s'ap-
plique uniquement sur la hauteur du sol compressible, autour des inclusions.
Combarieu a proposé par la suite d 'étendre ce modèle au sol disposé au-dessus
70 2 4 6 tO 12
des têtes d'inclusions, pour étudier les transferts de charge dans le matelas, dans
MOMENT OE FLEXION DANS LES INCLUSIONS (kN.m/m) les cas suivants :
lnàJsion 1 1nQISlon 2 - remblai surmontant les inclusions dans le cas des remblais sur pieux ( 1988,
li---..!.:1.:::.:5m"'----1
2007);
- matelas de répartition dans les cas des dallages souples ou semelles rigides sur
sols renforcés par inclusions ( 1990, 2007).
D' autres méthodes sont proposées pour étudier Je transfert de charge dans le ma-
telas, notamment la méthode du « cône de diffusion ».

3.1. Frottement négatif sur la hauteur du sol compressible


3.1.1. Inclusion isolée ou pieu isolé
Le modèle a été développé pour calculer le frottement négatif agissant sur les
pieux d ' ouvrages.
Les méthodes traditionnelles cons istent à estimer la hauteur critique h 0 corres-
Fi ure 2.17. Exemple de chargement dissymétrique .cond~isant à une distribution
pondant à la longueur d ' inclusion effectivement soumise au frottement négatif
g non uniforme des efforts dans les inclusions. (Fig. 2.18), puis à calculer ! ' intensité de celui-ci à partir de la relation :
hc

2.5.2. Actions transversales


. ( , l ffi rts transversaux sont d1str1bues
. . , FN = 21trp JKtanôcr' v(z, rp)dz (2.4)
À la différence des semelles sur pieux oul es e ol . absorbe une partie des dé- 0
intégra1ement en e e
n
des pieux) le mate as granu aire
. ' ~ b , 'fi de réduire les déplacements en en supposant que la contrainte verticale effective cr' v (z, rp) dans le sol, le long de
formations, ce qui peut avotr pour euet ene ique
l'inclusion, n' est pas perturbée par la présence de l'inclusion elle-même et s'iden-
tête des inclusions. . ,. · d. · e tifie à cr' 1 (z), contrainte verticale effective libre sans inclusion.
Les efforts transversaux exercés sur la fondation sont répartis, par 1 mterme iatr
du matelas granulaire, entre les inclusions et Je sol. . , ait
. , Ct des inclusions conjuguee avec Je f:
Cette réduction des .efforts appliques ~n e e e les sollicit;tions induites dans les
que celles-ci sont hbres en tete, explique qu . d l d' une semelle
inclusions sont généralement nettement plus faibles que ans e cas
sur pieux.

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76
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 2 - Mécanismes de fon ctionnement

~à !d'axe urf:del' inclusion. C~tte variation décrit un cisaillement qui se développe se-
on es s aces concentnques à l 'inclusion.

~papt1~oochde elsthétendue é?~lement aux groupes d ' inclusions. E lle permet la déter-
1
CJ v

~ a°h•K.cr',
n e a auteur cnt:tque hc·
Cette méthode n ' impose d' h ,
pressibilité du sol est suci'sa:nte ~:1: q~~!~ese que celle selon laquelle la com-
valeur limite du frotteme nt négatif. assement permette de développer la
Contraintes normales sur les facettes
perpendiculaires et parallèles au pieu
l ombtarieu ( ~ 985) a. défini une loi de variation radiale de la contrainte verticale à
C
a co e z en mtrodmsant la not. d, h
l'inclusion (Fig. 2.19). wn accroc age du sol compressible autour de

1~fn=(K.tanÔ)CJ v 1

~
Frottement unitaire limite
Solcompaet
1
z
1
1
~,, -- a' 1 (z)
a'v (z,r)
Figure 2.18. Schéma de calcul du frottement négatif.

La hauteur hc sur laquelle se développe le frottement négatif est appelée « hauteur )


L
'
r
,. r , .
' , , .,. ,.
a'V (z)
,_
r
critique». 1

K tano est le terme qui relie la contrainte de cisaillement et la contrainte verticale


au contact de l'inclusion. Selon la proposition de Combarieu, en accord avec celle
z ·~
de nombreux autres spécialistes, on ne cherche pas à différencie r les deux termes
(K : coefficient de pression des terres ; tano : coefficient de frottement sol-pieu), Figure 2.19. Répartition de la contrainte cr'v (z, r).
mais on traite leur produit comme un paramètre unique dont la valeur dépend du Pour r > rp
type de pieu (ou d ' inclusion) et de la nature du sol compressible. Ces valeurs ont
été établies expérimentalement sur des pieux.
, (
,._,.)
- 1..---E
Lorsque FN est calculée par cette méthode, sa valeur reste toujours surévaluée du = cr' y(z) + ( cr' 1(z) -
fait de la valeur surévaluée de cr' v (z, rp).
cr. v z, r)
[
cr' y(z)) 1 - e rP
(2.5)
ou:
Combarieu ( 1974) a proposé une approche p lus satisfaisante du frottement négatif
qui introduit une modification de l'état de contrainte au contact de l' inclusion due ~, J (z) est la contrainte verticale effective libre dans le terrain à l'état fin 1 1
lee sans t · a, ca eu-
à la présence de celle-ci par effet d ' accrochage. Cette modification traduit le fait , emr compte de la présence de l' inclusion·
que, le pieu ou l'inclusion encaissant un effort de frottement négatif, le sol autour ~ ,v (z) == cr' v (z, rp) est la contrainte verticale effective au contact de l'inclusion à
de l'inclusion se trouve déchargé. ~~tat final, tenant co~pte de !.'effet d'accrochage;
La contrainte verticale effective le long de l' inclusion est donc localement dimi- v ~z, r) est la contramte verticale effective réelle à la distance r de I' d I"
clus 1on te t axe e m-
nuée et sa valeur est inférieure à celle en l' absence d' inclusion. Ce transfert d 'ef- , nan compte de la perturbation due à la présence de l' inclusion ,.
fort se traduit par une contrainte cr' v (z, r), variable et croissante avec la distance

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79
Chapitre 2 - Mécanismes de fon ctionnement
PROJET NATIONAL ASIR/

Les divers types d'inclusions actuellement exécutées trouvent leur place dan
À est le coefficient dit d'accrochage caractérisant l'amplitude de l'accrochage

autour de l'inclusion.
~~!~~~;i~:au~ de toute. ~anière, indiquer que, dans la justification d' un gro~:.
. ~, da maJonte es efforts repris par celles-ci le sont par la tête · ceux
Le coefficient d'accrochage À prend les valeurs suivantes, qui ont été établies ex- repns au
et l'. fl sem du sol compressible par frottement negattf
, . sont relativement faibles
'
périmentalement (Fig. 2.20) : m uence u terme K tanô reste donc limitée.

-1--,---,--1--,--,--,--
- ,--, - - - ,--1 - -1--1 - -ï- - sols
Tableau 2.1. Valeurs recommandées du paramètre K tano.

Pieuxfi ou dinclusions
. exécutés par déplacement ou sous pression
. dans des
- 1--,---1--1 - -T--1--1- - • . ~ns . e consistance liquide à molle ou des sols organiques , 0,20*
1.00 - 1- - 1---1--1- - T--1--1 - - redu1re a 0,15 pour des éléments ouverts
, - - , - - - r - - r - - T- - 1 - -1 - -
- , - - î - - - ï - -1 - - 1-- 1-- 1 - - Piedux ou inclusion.s forés dans des sols fins de consistance liquide à molle
- r--~---r--1 - -T--~ - -, - - ou es sols organiques 0,15*
-- -- ~ ---r - -r -- T -- ~ - - , - - *réduire à 0,10 si tubage perdu
0.50 - - r -~- - -r- - r--T--~ - -, --
- - r- ~-- - ~--r- - +- - 4--4 - - Pi~u~ ou inclusio_ns exécutés par déplacement ou sous pression dans des
- - ~-- - - ~--~ - -+- - 4--~ -- ~os ~ns de consistance ferme à très ferme ' 0,30*
- - ~--~--- -- +- - ~--~-- réduire à 0,20 pour des éléments ouverts
- - ~- - ~ -- - ~--~- - --4--
:~:ou inclusions forés dans des sols fins de consistance ferme à très
00OO 0.05 0.10 0.15 0.20 0.25 0.05 0.35 0.40 0,20*
KtanÔ *réduire à 0.15 si tubage perdu

0,35 à 1 (suivant le
Figure 2.20. Abaque de détermination de Â. (Norme NF P 94-262). Pieux ou inclusions à déplacement ou forés, dans les sables et graves
degré de compacité)

À = 1 si Ktanô ~ 0 ,15 Tableau 2.11. Valeurs du paramètre K tano (norme NF P 94-262).


0 ,5 + 0 ,25Ktan8
Pieux forés tubés Pieux forés Pieux battus
À = 0(,385)-Ktanô si 0 ,15 ~ Ktanô ~ 0 ,385
Tourbes sols organiques 0,10 0,15 0,20
À. = 0 si Ktanô ~ 0,385 mous 0,10 0,15 0,20
Argiles et limons
Le cas À. = 0, accrochage maximal, correspond à l ' hypothèse simplificatrice de fermes et durs 0,15 0,20 0,30
non réduction des contraintes verticales par la présence des inclusions.
très lâches 0,35
Les valeurs de K tanô, qui sont liées au type d'inclusion ou de pieu ainsi qu' à la
Sables et graves lâches 0,45
nature et aux caractéristiques du sol environnant, résultent d'expériences en vraie
grandeur, menées sur des fondations profondes soumises à des intensités généra- compacts 1,00

lement fortes du frottement négatif final, nécessaires à une bonne interprétation et


obtenues après des temps de consolidation souvent longs. ;:~~~serv~tion des efforts ~erticaux dans le modèle conduit à l' équation diffé-
e smvante dont la vanable est la contrainte cr' (z) (Combarieu 1985) .
Le tableau 2.l suivant reprend les valeurs de K tanô proposées en 1985 pour les
da' ( ) V ' •
pieux, lesquels peuvent constituer des inclusions rigides, en rapprochant de ceux
des pieux les modes d' exécution des types d' inclusions actuelles de dimensions
Jzz +µ(/•.. )cr' v(z ) = da'dz1(z) (2 .6.)
plus modestes. Le tableau 2.ll donne les valeurs de K tanô proposées dans la nor- avec :
me NF P 94-262 (Annexe H, Évaluation du frottement négatif sur un élément de
µp..)= ~Ktano (2.7)
fondation). l+ À rp

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PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

La solution de cette équation donne l' expression générale de la contrainte verti- On montre que F · ·
N• qm attemt sa valeur maximale à la fin de la l"d .
cale effective cr' v (z) à l'interface sol-pieu, dans les intervalles où dcr' 1(z)ldz peut tr ' · 1 ·, conso 1 ation est
H~s s1mp ement he au degré de consolidation lorsque hc est inférieur à la hau;eur
être supposé constant :

J
, - _l_dcr' 1(z)
v(z) - µp. ) dz + ( e
- µ( À) z[ ,
_l_dcr' 1(z)-
) cr v(O)- µ (À) dz _ (2.8) 3.1.2. Inclusion dans un groupe
En présence de nombreuses inclusions, l'effet de , .
Dans le cas particulier d' un massif homogène compressible saturé, avec nappe en que le maillage est serré s'aioute a' l'effi t d ' grhoupe, d autant plus important
. • :i e accroc age.
surface et soumis à surcharge uniforme q0 , dcr' 1(z)ldz est constant: dcr~;z) = y' Soit un groupe d ' inclusions rig ·d , r,
(Fig. 2.21 ). I es regu ierement réparties en nombre illimité
à l'état final.
Donc cr' 1(z) vaut, après consolidation : cr' 1(z) = y'z + % où y' est le poids volu-
'
mique déjaugé du sol.
Dans ce cas simple, on a :

cr' (z) =
V
L
µ( À)
+ e-µ(f.. )z[q -
Q
LJ
µ( À)
(2.9)

et la hauteur hc sur laquelle s'exerce le frottement négatif, soit depuis la tête de


l' inclusion jusqu' au point neutre déterminé par la condition cr' v (hc) = y' hc, véri-
fie la relation :
e-µ(f..)hc = µ(l..)h c- 1
µ( l..)q 0 - 1
y'
qui peut en particulier se résoudre graphiquement.
Si la valeur calculée de hc est inférieure à H (épaisseur du sol compressible), la Figure 2.21 . Implantation du groupe d'inclusions rigides.
On définit les paramètres suivants :
2nrPKtano . .
résultante du frottement négatif s'écrit: F N = µ (À) q 0 , 11 y a proportion- a et b : espacements entre axes d · l ·
r . rayon d ' une . l . es me usions selon deux directions orthogonales .
p . me USIOn. '
nalité entre F N et qo.
Le calcul est comparable à celui de I' · l · · , .
Si la valeur calculée de hc est supérieure à H , F N s'applique sur toute l 'épaisseur servation des efforts appliqués à 1 i~lcl u~l1?n isol~e, mats en exprimant la con-
. a mai e e ementaire A = ab (aire d ' influence)
H du sol compressible, et la résultante du frottement négatif s' écrit : Cette maille élémentaire est assimilée à · · . ·
2nrPKtan o , , «rayon d 'influence » (Fig. 2.22) : une maille cylmdrique de rayon R, appelé
=
FN µ( À) [y hc + qo - cr v(hc)]
où cr' v (hc) est donné par :
R = f!
cr' (h )
V C
= _L_ + e- µ(f..)hc[q
µ (À) Ü
- LJ
µ( À)

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Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement
PROJET NA T/ONAL ASIR/

µ( À, R) = ____À.:....2_ _ _R_Ktanô si À* 0 (2.11)


-'A.~ rp
1 +À-(1 +Â.R) e rP
rp
1 ou:
1
1 µ(O, R) (2. 12)
r-.----::::::;;;;;o;_,..~M
1
z 0 1 (z)
1 ,l't~l++t+t-HHcr'v (z,r)
1 .S-l~l-+--1-4-++++-+-1-+ cr'v (z)
1
Ces relations sont aussi données sous forme d'abaque (Fig. 2.24).
1 . 0...------.---~---..---.....----.---~-~-~
z µ

zi
Figure 2.22. Aire d'influence d'un pieu du groupe illimité.

La figure 2.23 illustre de façon synthétique le modèle de frottement négatif con-


sidéré et les notations associées.

0.2
u'

a~['.~'.~! __ •--t-----
1 ~--r·
z
't

anô a'v(z,rp
Figure 2.24. Abaque pour la détermination de ('A., R) (Norme NF p 94-262).

. A

La so1utton peut etre calculée dans les situations où le terme


dcr' 1(z)
(homogène
dz
hc - - - -, à un poids volumique) peut être considéré comme constant: cas où le profil cr' 1 (z)
z =---++--- ys peut être linéarisé par couche. La détermination de la hauteur critique et Je calcul
2R ... 1 d~ l'~ffort de frottement négatif total se font de la même façon que pour une inclu-
Figure 2.23. Modèle de frottement négatif selon Combarieu (1985).
s10n isolée. Il existe des logiciels développés à cet effet
Le profil de la contrainte verticale entre les inclusions cr' v (z, r) est obtenu en ré-
Cette analyse conduit à une équation différentielle identique à l'équation (2.6)
solvant l 'équation (2.10), qui est une équation linéaire différentielle du premier
permettant de déterminer cr' v (z, rp) (Combarieu, 1985):
ordre, connaissant le profil de contraintes verticales cr' 1 (z) qui serait obtenu en
dcr' (z r ) da' 1(z) (2 10) l'.absence d'inclusion et les valeurs des deux coefficients K tanô et À qui caracté-
v ' P +µ(À, R)cr' v(z,rp)
dz
= dz
·
~sent l'effet d'accrochage autour des inclusions (effet par lequel la contrainte ver-
avec: ticale au contact de l'inclusion cr' v (z, rp) se trouve réduite).

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PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

Le frottement négatif le long de l'inclusion s'exprime comme pour l'inclusion


3.1.3. Inclusion au sein d'un groupe limité d'inclusions
isolée, µ(!..) étant remplacé par µ(À., Rlrp), µ(À.) correspondant à la limite obtenue
Dans le cas d ' un groupe limité d'. 1 1. •
pour Rlrp = oo.
semi-empiriques, calées sur les rés~~~: ~~s~~: ~:g~:~;:;~osées(sCont .d es règles
Si l'on suppose, comme dans les méthodes traditionnelles anciennes, que la con- , geuse art1er 1994)
Pour evaluer le frottement négatif sur un 1 ' , .
trainte verticale cr' 1 (z) est non perturbée par la présence des éléments rigides, cela d'inclusions, on doit distinguer le cas d ' e ~~ent ~uelco~que d'un groupe limité
équivaut à l'accrochage maximum Â. = 0, ce qui n 'empêche pas l'effet de groupe sieurs files (Fig. 2.26) et d ' t . une 1 e _umque .(Fig. 2.25) de celui de plu-
. , 1
e ermmer es parametres smvants :
de se manifester. L 'intégration de l'équation (2.10) donne la solution fournie par
FN (oo). effort de frottement négatif total sur une inclusion isolée.
Zeevaert en 1957, qui constitue une solution particulière de celle proposée.
~~ (R): effort de frottement négatif total sur une inclusion dans u; groupe illimi-
La contrainte verticale moyenne crv* (z) entre les inclusions s'exprime de la ma-
nière suivante, sur la hauteur où s' applique le frottement négatif: Le frottement négatif sur chaque inclusi d . , .
2Ktanôr angle) s'obtient par une combina1·s l. o?.
u grdoupe (mteneure, extérieure ou en
. . on meaire es termes F (00) t F (R)
(2.13) b.ma1son qui est définie en distinguant le cas d'un fil N_ e N . , com-
s1eurs files. e 1 e umque ou celui de plu-

3.1.3. J. File unique


La hauteur critique hc est souvent déterminée en faisant l'hypothèse que le frotte-
ment négatif n'agit que si la contrainte au contact de l'inclusion cr' v (z, rp) est su- l 2
FNa = 3F~R)+3FN(oo)
périeure à la contrainte initiale cr' vO (z). L'effort de frottement négatif agissant sur
l'inclusion peut alors être calculé par l'expression (2.8) sur la hauteur hc ou H.
Simon (2001) a suggéré l'alternative selon laquelle le frottement négatifne se dé-
veloppe que jusqu'à la profondeur où la contrainte verticale moyenne entre les in- Figure 2.25. Disposition d'une inclusion
clusions crv*(z) demeure supérieure ou égale à la contrainte initiale cr' v0 (z). dans une file unique.
L 'approche de Combarieu est une approche en contraintes, à la limite, où les in- 3.1.3.2. Plusieurs files
clusions sont peu déformables, tandis que le sol est supposé d' une compressibilité
suffisante pour que les contraintes de cisaillement au contact des inclusions attei- FNi = FN(R) (i} ~ intérieur
gnent leurs valeurs limites 't (z). Ces valeurs limites sont atteintes pour des dépla-
cements relatifs entre sol et inclusion (ou pieu) de l'ordre de 0,01 D , où D est le F - 7 5
diamètre de l'élément. Ces valeurs sont issues des essais expérimentaux effectués Na - 12FN(R) + l2FN( oo) (a} ~ angle

sur le frottement négatif.


On sera donc vigilant sur l'applicabilité de la méthode, qui doit impérativement F - 5 l
Ne - '(,FN(R) + '(,FN(oo) (e} ~ extérieur
Figure 2.26. Disposition d'une
comporter l'étude des déformations sans inclusions. inclusion dans plusieurs files.
La méthode fournit :
- la contrainte de cisaillement en tout point du fût de l' inclusion : 't (z) = K tan8. J.1.4. Limitations du modèle
cr' v (z, rp) ; Les r . . .
- 1 ;lllltahons smvantes doivent être prises en considération .
- la contrainte verticale moyenne entre les inclusions crv*(z), utilisée pour le calcul a 1onne du champ cr' (z ) d ,· . ·
de ra R . v , r a opte implJque que le cisaillement sur le cylindre
des tassements ; yon ne soit pas nul au bord du cylindre équivalent à la maille. Ce point va
- la profondeur hc du point neutre.

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87
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

~:c~~i~:: ia::uli:,r des ~atériaux frottants, il est proposé de retenir la valeur


à l'encontre du fait qu'au bord de la maille, par raison de symétrie, le cisaillement
doit être nul ;
<p, 1 (<p,. angle de frottement du remblai), d 'où il résult 1
- la méthode ne s'applique qu'au volume où se développe du frottement négatif; valeur À = 0 pour le coefficient d 'accrochage. e a
elle ne permet pas d'analyser la distribution des efforts sous Je point neutre; sous
Je plan horizontal passant à ce niveau(« plan neutre d'égal tassement »), Je frot- La contrainte verticale dans le sol entre les . 1 . .
, par:
donnee me usions est alors uruforme et est
tement est positif et contribue à augmenter la charge transmise au sol entre les in-
clusions en réduisant l'effort supporté par les inclusions. Le tassement résultant + 'Yr -µ h h
du sol encaissant ne peut donc être estimé que de manière approchée sur la base
qs = µ, (1- e r r) + qoe - µr r
(2.14)
d'hypothèses complémentaires; avec:
- la raideur du sol sous la pointe des inclusions et la raideur des couches profondes
s'avèrent également des facteurs importants, puisque ce sont elles qui vont déter-
2rPKtan cp1.
µr = -
miner l'amplitude du tassement différentiel entre la pointe de l'inclusion et le sol R 2-r2
p
encaissant, et justifier} 'hypothèse implicite de la méthode de Combarieu selon la- où:
quelle les déplacements relatifs entre le sol et l'inclusion en section courante sont rp: rayon de l'inclusion;
d'ampleur suffisante pour que le frottement négatif atteigne ses valeurs limites.
R: rayon de la ~aill.e équivalente (ou 2R: espacement entre les inclusions).
3.2. Transfert de charge dans le matelas Dans le cas particulier des remblais en matériau frottant cett .
mêm Il d , , e expression est la
Parmi les diverses méthodes analytiques pour l'évaluation du transfert de charge e que ce e onnee parTerzaghi dans l'étude de l'effet de silo pour les sables.
dans le matelas, le projet national ASIRI propose de retenir les deux méthodes
éprouvées suivantes :
qo
- la méthode de l' inclusion fictive (développée par Combarieu), qui présente l' in-
térêt de constituer une approche homogène et consistante avec la méthode d 'éva-
luation du frottement négatif décrite précédemment, étant basée sur les mêmes
principes (effet d'accrochage sur des colonnes fictives au sein du remblai) ;
- la méthode du cône de diffusion, qui traduit une approche conforme aux méca-
nismes mis en évidence par les diverses expérimentations et modélisations réali-
sées dans le cadre du projet ASIRI (transfert de charge par une diffusion au-
dessus de l' inclusion), comme explicité dans le paragraphe 1 de ce chapitre.
Ces deux méthodes et leurs limitations sont décrites ci-après.
3.2.1. Méthode de l'inclusion fictive
3.2. 1.1. Description
Combarieu ( 1988) a proposé de modéliser les phénomènes de transfert de charge
au-dessus des têtes d'inclusions en les assimilant au frottement négatif qui se dé-
Figure 2.27. Approche de Combarieu {1988).
velopperait si ces inclusions se prolongeaient fictivement sur la même hauteur h,
que celle sur laquelle s'exerce ce frottement négatif (Fig. 2.27). Le paramètre h, Dans sa fo · · 1 ,
. rme genera e, µ,.est egalement fonction de/.., (directement lié à K ta s::)
1e coefficient d' h . . nu ,
est donc égal à l'épaisseur HR du remblai ou du matelas intercalaire supportant dans le d' accroc ~ge mtrodmt pour le frottement négatif et pris égal à zéro
une structure souple soumise à une charge uniforme d'intensité q0. cas un remblai de bonne qualité (matériau granulaire).

88
89
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

L 'expression donnant q/
permet d'étudier l' influence des différents éléments ha R
géométriques (r/ R, HRIR) sur l'efficacité du système. En outre, dans le calcul se- = IO si - > 6
rp rp
lon la méthode de Combarieu, il est bien vérifié que la charge reprise par une in-
clusion est bornée par celle correspondant à son aire d'influence. Pa: ailleu~ i_I est proposé d'évaluer le coefficientKtanô dans le rembla · l
Janon empmque : 1par are-
En appliquant son modèle au remblai avec des éléments fictifs de même section
K tanô = 1, 1 - e - EIEO
droite que les inclusions dans le sol compressible, Combarieu propose une appro-
' . d (2 15)
che globale du dimensionnement du renforcement par inclusions rigides, en se a partir u module de défonnation Ede la couche d'épaisseur ha (avec Eo = 50 MPa).
Ce ~~du le~ est le module Ev2 mesuré à la plaque de diamètre 60 cm qui peut
fixant colilIIle objectif de minimiser la contrainte appliquée sur le sol compressi-
ble.
aussi etre estimé à partir de corrélations avec d 'autres mesures de défo;mab·1·t ,
En général on cherche à limiter la contrainte q/sur le sol entre les inclusions, en L · 11 e.
a contrainte résiduelle entre inclusions s'écrit dans ces conditions :
vue de limiter les tassements. En se fixant une valeur appropriée du taux de réduc- + Y,. -µ h
qs = -(l -e r a)+y (h -h )e- µrha
tion des contraintes SRR = q/ /
y,h,., il est possible de déterminer une géométrie µ,. r r a (2.16)
du maillage acceptable, pour un rayon d'inclus ion rp fixé. Chaque inclusion est
Si la valeur calculée de h est · · ·H .
alors soumise en tête à 1' effort : a supeneure a R• on convient alors de prendre h =H
a R·
(FN+ n rP 2y,.h,.), où FN est le frottement négatif développé sur la hauteur h,.. Le rapport SRR de la contrainte résiduelle qs+à la contrainte appliquée y,..h,. tend

3.2.1.2. Limitations et améliorations apportées ainsi vers la valeur finie e - µrha quand h augment . d 'fin"
' ,. e m e 1ment.
La méthode originale proposée par Combarieu en 1988 pour traiter l'inclusion L'introduction du plan d' · 1 t ~
ega assement entrame une augmentation de q + t
fictive présentait l'inconvénient de conduire à un taux de réduction de contraintes
SRR augmentant avec la hauteur du remblai HR, ce qui va à l'encontre des obser-
conséqu~nce_une réduction de l'effort en tête de l' inclusion. Inversement,sle ~:t~
te_ment negat1fle long du füt, généré par qs+ et dont le mode de calcul reste inchan-
vations sur modèles réduits, et de résultats théoriques établis par Hewlett ou
Kempton, qui montrent que ce taux atteint une valeur limite sous des hauteurs ge, est a~gm~nt,é. ?lobalement, pour les groupes d 'inclusions performants ceci
ne conduit, v1s-a-v1s des propositions de 1988 qu' à b . d '
croissantes de remblai. cacité. ' une a1sse mo este de I 'effi-
En réalité, la méthode doit être appliquée à partir de la position d 'un plan supé- Dans le cas des dallages le pl , · d' ,
rieur d 'égal tassement au sein du remblai, et non à partir de la surface supérieure sous-face du dallage. , an supeneur egal tassement peut être assimilé à la
de ce dernier.
3.2.1.3. Évaluation
Aussi, à l'occasion du projet national ASIRI, la méthode a-t-elle été modifiée
(Combarieu, 2007, 2008) pour ce qui concerne son extension au calcul des efforts ;:t:~~èle de !.'inclusion fictive est apte à décrire le transfert de charge dans le
transitant dans le remblai au-dessus des têtes des inclusions. Il a été introduit à cet ragraph~ so~s :~serv(pede prendre ~n co~pte les points spécifiques exposés au pa-
effet une formulation empirique donnant la hauteur active ha entre les têtes des rnent prece. ent a: ~xemple I~entification d'un plan supérieur d ' égal tasse-
inclus ions et le plan supérieur d'égal tassement (Fig. 2.27), en fonction du rayon ca1cJ·d~etychap1trel 3 _deta1lle les exigences qui en découlent pour les modèles de
R de la maille circulaire équivalente, soit: pe ana ytique.
3•2·2. Méthode du cône de diffusion
ha = 10 -ü,4(6 -R)2 si R < 6
rp rp rp On peut auss· d T l
clusion e i_~o e iser e transfert de charge par une diffusion au-dessus de l'in-
' n rei.erence aux mécanismes . , .d
Dlentati , . . rrus en evi ence par les diverses expéri-
ons et modehsattons réalisées dans le cadre du projet national ASIRJ

90
91
PROJET NATIONAL ASIR/

Chapitre 2 • Mécanismes de fonctionnement

(Chevalier et al., 2010 et 2011 ). Comme explicité dans le paragraphe 1 de ce cha-


À partir de la géométrie proposée (Fi 2 29) . .
pitre, il est important de rappeler que le mécanisme de transfert de charge dépend charge QP et du poids W de la co hg. . 1' ?n peu.t ?e~ermmer la part de la sur-
du type d'ouvrage considéré: la zone de transfert de c~ar e Onu: e ~a~u ~ire red1~1~ees vers les inclusions via
- cas d'un remblai : la diffusion se fait suivant le modèle du chapiteau incliné à telas granulaire à reporter l!s .surchn dedmt l effi~ac1te ~et la capacité G du ma-
l'angle de frottement du matériau du matelas; sions ou de dallettes de section carr::~es vers les mclus1ons, dans le cas d'inclu-
- cas d'un dallage ou d'une fondation sur un matelas granulaire : le transfert de
charge se fait par l'élément de structure (dallage ou fondation) et la colonne ver-
ticale du matelas surmontant l'inclusion et, dans une mesure moindre, le voisina-
ge immédiat de cette colonne.
Dans le cas d'un remblai sur un matelas granulaire, le report des charges se fait par
cisaillement le long d' un tronc de cône issu de la tête de l' inclusion et formant un
angle solide e égal à l'angle de frottement interne au pic du matériau du matelas.
À partir de l'angle e que fait la zone de diffusion avec la direction verticale, on
peut évaluer le report de charge vers les inclusions en considérant que le bloc en
déplacement transmet directement au sol compressible son poids propre et la
charge qu 'il reçoit. Cette hypothèse, basée sur les résultats des simulations numé-
riques, est compatible avec l'approche cinématique du calcul à la rupture du bloc
rigide en déplacement, si l'on considère que l'angle 8 doit être égal à l'angle de
frottement interne <p du matériau pour obtenir un déplacement vertical de ce bloc
rigide, seule direction cinématiquement admissible (Fig. 2.28).

qo Figure 2.29. Mécanismes de transfert de charge proposés.

QP = q(a2+4ahmtan9+nh;tan28) pourhm 5,h* = ~


2tane (2.17)
2
wp = r[a hm + 2ah; tan8 + '!:.h3 tan2e] pour h < h* - s - a
3 m m- - - (2.18)
2tan8
E= We+QP et G = (a2+4ahmtan8+nh;tan2e)
Bloc rigide 2
en déplacement
s (yhm + q) s2 (2.19)

Pour de::~eux ou dallettes de section circulaire, de diamètre a, on obtient :


lndusions wp = T[ca1 2)2 + ca1 2 + hmtane)2 + a(a1 2 + hmtane)1 23
(2.20)
QP = qrr(a/ 2 +hm tan9)2 pour hm 5, h* = ~
2tan8 (2.21)
E:: _ wp + QP et G = rr(a/ 2 + hmtan8)2
Figure 2.28. Approche cinématique du calcul à la rupture appliquée à la détermination
de la contrainte limite sur le sol entre les inclusions. s2(yhm+q) s2 (2.22)

92
93
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement
PROJET NATIONAL ASIR/

fr~tteme~t picb~f ~:~:~


- canaliser les contraintes dues aux remblais, charges sur dallages ou radiers, vers
L' angle 8 est généralement pris égal à l' angle de au d,u des sols profonds compacts ;
granulaire pour évaluer l'efficacité maximale qm peut etre mo 1 isee - réduire les contraintes dans le sol compressible pour réduire les tassements ;
chargement donné. . s::c - réduire éventuellement les temps de consolidation par diminution des contrain-
. .
méri ues aux éléments discrets euec- tes dans le sol compressible, en fonction du niveau de surconsolidation.
Par comparaison avec des s~ulat10ns n~ 1 0 q t 0 5 m on constate sur la
tuées pour un matelas d'épaisseur hm - , m ~ , erm~ttent d' approcher de 4.2. Comportement de l'inclusion rigide isolée
figure 2.30 que les formulations anadlytiquesfiprtrodpeosceheasrgpe Pour des déplacements
. · l ' nismes e trans e · L 'inclusion rigide isolée fonctionne comme un petit pieu. Au cours du charge-
façon sat1sfa1sante es meca_ ' le de frottement à considérer dans les formu- ment de la tête de l' inclusion rigide, on mobilise rapidement le frottement latéral
faibles de la c?uche gra~ula~e, l ange frottement au pic des matériaux granulaires puis la pointe plus lentement jusqu'à la résistance ultime fixée conventionnelle-
lations analytiques est bien 1 angle d, . s ·i mportantes on peut penser
fi · our des deformations P1u ' ment à un déplacement de la tête égal au dixième du diamètre de l'inclusion
mis en place. T oute ms, p . l . rt de considérer des angles de frotte- (Fig. 2.31).
que la désorganisation des particu es reqme
ment plus faibles.
100.--~.,-~.-~-r~--i;I~~
1:~E-(_%_)~-.,~~~-.-.~A=na~l~~i;,qu:e~ 90 G {%) 1 1 '1 1 Cil 5
1 1
+'Pë - +, - - - ~
1
- -----1----
-O- Hm=1 .0m
80 - <Je<-F" ;I;;
a a y~ T
80
70
1
- o - Hm=0.5m
70 1 1 -+-Analytique ;u- 4
1 - - -- - ~ - - - --- 60 ---._---+-- - o - H =1.0m 1-
z
60 1 1 m_
- o - Hm-0.5m
50 '1 _j1_ _ _ _ _ _
50 1 1 ~ 3
40 - -~ 1 1-
__ _
~ ~==4------
~ ·· ~ ··· · ···±·· _l ~ 2
w ---~---+ - - -, 1 u
10 1 1 1 1
L-~j201~~~40:-----;~~~oo:n-~1c100
1 1
150 OO 60
50 100 q (kPa)
q (kPa) 0
0.01 0.02 0.03 0.04
0
t d report d'efforts E et G obtenus DEPLACEMENT (m)
Figure 2.30. ?~mpara'.son_ entre leslc~~;s : nalytiquement (Chevalier et al., 2010).
par simulations numenques d1scretes et ca rture = 2 22 %) Figure 2.31 . Mobilisation des efforts totaux et en pointe d'une inclusion rigide.
. - 0 37 m et maille 2 5 m , taux de couve ,
(Cas remblai, inclusions carrées a - · '
En ce qui concerne l'encastrement de l'inclusion dans les horizons situés sous les
couches compressibles, il convient de différencier deux cas très distincts.
4. MÉCANISMES ÉLÉMENTAIRES . . .
4.1. Mécanisme global d'un renforcement par inclusions ng1des . Domaine n° 1 : les inclusions sont nécessaires à la stabilité et à la portance de
l'ouvrage. On doit dans ce cas appliquer les prescriptions de la norme NF P 94-
,, d .
s:
r ieux ou à un renforcement par m-
Rappelons que, compare a des fonb a~;o~~ !_ renforcement de sol de fondation
clusions souples du type colonn,es ~ as ee_ , . l de répartir les charges entre les
262 «Fondations profondes», avec en général un encastrement minimum de trois
diamètres pour les pieux de diamètre inférieur à 0,50 m. Cet ancrage minimal peut
par inclusions rigides a pour I?ecamsi_ne pnn~1~aut en minimisant les tassements. être réduit à la valeur minimale 0,50 m si l'entreprise de fondations peut garantir
inclusions et le sol co~pres~1ble envrronn~all~stées avec la différence toutefois la bonne exécution de cet encastrement de la pointe des pieux dans la couche por-
Ce mécanisme est aussi celu~ de~ ~olonnes t tête des colonnes et du sol teuse soit par des prélèvements d'échantillons, soit par l' emploi de trépan ou, en-
qu'avec ces dernières il y a egahte des tassemen s en core, l' utilisation de carottier.
qui les entoure. Domaine n ° 2 : les inclusions rigides ont pour fonction principale la réduction des
Les inclusions rigides ont ainsi pour rôle de : tassements et ne sont pas nécessaires à la justification de la stabilité ou de la por-

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94
PROJET NATIONAL ASIR/

Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

tance de l'ouvrage. En général, on se limitera à un encastrement minimum de un


Le plan neutre supérieur est Je plus intéressant . .
diamètre dans la couche porteuse, sous réserve d'en tenir compte pour l'évalua- ments sont uniformes et qu'a1·ns· 1 c. , p~sque au-dessus de lui les tasse-
tion du facteur de portance (en référence à la norme NF P 94-262), et sous réserve , 1 a sur1ace supérieure d bl · .
deformation en « boîte à œufs » (F1g. . .),.) . u rem a1 ne subira pas de
d ' un contrôle strict de la qualité d'exécution (tel que l'enregistrement systémati- 23
que des paramètres d'installation), permettant de garantir l'obtention de cet ancra- Le plan neutre inférieur est situé sous les inclus. .
où le tassement du sol redevient uniforme. ions dans Je sol encaissant, niveau
ge minimum pour toutes les inclusions. En l'absence de véritable couche
porteuse, des inclusions dites « flottantes » peuvent être envisagées, sous réserve
de justifications spécifiques.
4.3. Comportement d' une inclusion rigide au sein d' un groupe
Sous l'effet du tassement du sol compressible autour des inclusions rigides du
groupe, il se développe sur la partie supérieure de chaque inclusion un frottement
négatif qui augmente avec la hauteur du remblai ou la surcharge. Dans cette par-
tie, le déplacement vertical du sol avoisinant est plus grand que celui de l'inclu-
sion. Sur la partie inférieure au contraire, le frottement est positif, et à chaque
niveau le déplacement vertical de l'inclusion rigide est plus grand que celui du sol
avoisinant. Il existe donc un niveau de l'inclusion pour lequel les déplacements
de l'inclusion et du sol avois inant sont identiques; ce niveau est dénommé « plan
neutre». Au niveau de ce plan, la contrainte de cisaillement due au frottement la-
téral est nulle, et l'effort normal est maximal dans l'inclusion.
On définit également deux autres plans neutres situés respectivement au-dessus
des têtes et au-dessous des pointes des inclusions (Fig. 2.32).

__________ L Plan neutre au-dessus


de rindusion

Plan neutre sur la


_ / hauteur de rindusion

-+-+- -+-.r-
Figure 2.33. Terre-plein sur inclusions rigides révélant une surface d . ~ .
en « boîte à œufs ». e ormee
- •• - •. - •• ~Plan neutre au-dessous
de l'inclusion o4.4. Comportement du sol autour de l'inclusion rigide d
ans un renforcement par j l · · ·
ans un groupe
d'une partie des contraintesn~p;~~~s ng1de:, Je sol c?mpressible, étant déchargé
Figure 2.32. Position des trois plans neutres déterminés à partir du profil de la contrainte
que le sol non renforcé. En tête d'" ~s i:>ar e remblai ou le dallage, tasse moins
de cisaillement le long de l'inclusion.
tassement qui devient assez vi ~c us1on, on constate une brusque variation du
rigide (Fig. 2.34). te urnforme quand on s'éloigne du fût de l'inclusion

96
97
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement
PROJET NATIONAL ASIR/

4.5. Consolidation du sol compressible saturé dans un groupe


d'inclusions rigides
La consolidation d' un sol compressible renforcé par des inclusions rigides peut
être beaucoup plus rapide que celle du sol non renforcé. Cela est dû à la diminu-
tion des contraintes verticales dans le sol compressible renforcé, qui le font tra-
vailler dans son domaine surconsolidé, où les tassements sont plus rapides que
dans le domaine normalement consolidé.
La réduction des tassements s'accompagne donc en général d' une diminution des
temps de consolidation (Fig. 2.37 et 2.38).
Ces résultats rappellent, une foi s de plus, l'importance de réaliser une étude com-
plète des caractéristiques mécaniques et hydrauliques du sol compressible en
préalable à tout projet de renforcement.

1 l 103mm 1 - Sans renforcement


:ë:-0.1 ~~-~-..-..i..;: ____ _
- 1 Avec renforcement
-
Figure 2.34. Déplacements du sol au niveau de la tête de l'inclusion. 1- 1 1 1
r5 -0.2 - - - - - 1 - - - - - -+-- - - - - f - - - - - -
::E 1 1 1
. , . d transfert suffisamment épais pour
Il est de ce fait nécessaire d avoir~ mate1as e ' . u des oints durs
w
~ -0.3 -- - - :-1------r------r-----
1 1 1

:~~=r~e~:i~~~:~~~~;a~!~:;d~~e~a~~fl:d~e:~:::::;e~~~:,~:~.~~~~:.~~:
' emblai une rupture u mass1 d'
fu
0
-0.4 -- - - - ~ ----- -,
1 1
-0.5 '------L....._ _ ___.,_ _ _ __.___ _ __,
1 l415m~ I

cas d un r ' fi t 2 36) ou dans le cas un


débouchant à la surface (comparer les igures_ 2 '.35 e . , 0 50 100 150 200

dallage, des contraintes importantes dans celut-ci. TEMPS (jours)

Figure 2.37. Courbes de tassement pour un sol surconsolidé sans et avec renforcement.

160..-----..,-----.-----.----~

ro- 1

Zone plastifiée
7m
z ==..
Qw
(/) _J
o..
120 ------r------1 ~ Sans renforcement
- t - - Avec renforcement
1 1
(/) _J 1 1 1
w !:!:!
0::: I-
-- --~------~- - --- - ~ --- - -
o.. - ' 1 1
Zone plastifiée o:::~ 1 1
1
1
1
::> 0:::
(/) w - -- -- T- -----r-----
Inclusion 1- 1 1
z 1

150 200
Inclusion
10 jours 85 jours
TEMPS (jours)

Figure 2.38. Dissipations de la surpression interstitielle pour un sol surconsolidé


Figure 2.36. Bulbe de rupture du sol
Figure 2.35. Rupture globale du sol
confiné sous 7 m de couverture.
sans et avec renforcement (U 90 %). =
sous 1 m de couverture.

99
98
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

PROJET NATIONAL ASIR/

- une concentration de charge e n tête d ' inclusion, résultant des mécanismes de ci-
5 TASSEMENTS ET DÉFORMATIONS saillement dans le matelas pouvant conduire, du fait de la rotation des contraintes
• fi ndation découle du constat que le tassement qu' ils induisent, à la création de voûtes de forces par où peuvent transiter les ef-
La décision de renforcer un sol de o "bl vec sa destination. La première forts, et complétés le cas échéant par l'existence d ' une cohésion permanente dans
· ge n'est pas compati e a
de l'ouvrage sur _so 1vier t ement à attendre en l'absence de le matelas, ou l' effet membrane de la (ou des) géogrille(s) disposée(s) sur les têtes
1 1 1
tâche à accomplir se_ra ~one ~e ca euoe~ : d~is~clusions sera ensuite dimensionné d' inclusion ;
tout renforcement. Si necessaire, le gr , p admissible en application des - un effet de frottement négatif du sol compressible sur l'inclusion, suivant les
pour réduire cette valeur de tasse~e°:t a ~e v~ eur
1 ,
mécanismes analysés par O. Combarieu, régis entre autres par les paramètres
écanismes de fonctionnement decnts c1-apres.
m . , e de char es (telle que définie au paragraphe 1.1 Ktan et À en cumulant les effets de groupe et d ' accrochage.
En plus de l'efficacite E en terrn . ~ ·eurs de considérer une efficacité Etass Il résulte de ce transfert de charge une réduction significative du supplément de
1
de ce chapitre), il est d' usage pou~ es mge~ t nt l'aptitude du procédé à satis- contrainte appliqué en tête et au sein du sol compressible, et par voie de consé-
d nts qui expnme cancre eme , .
en terme e tasseme , . l' rage Cette efficacité est defime quence une réduction très sensible du tassement, ce qui est le but recherché.
faire les critères de tassement requis pour ouv .
Sachant qu'une part importante des charges est reportée sur les inclusions, et que
par l'expression : (2.23)
ces dernières ont une forte rigidité, la réduction de tassement sera d'autant plus
Etass = 1 - yM I Yo
élevée que la pointe des inclusions re posera sur un hori zon porteur résistant tel
avec : , . . ns rigides évalué ou mesuré à la surfa- qu'un substratum de forte raideur ou une couche de sable ou de grave de puissan-
y M: tassement du sol renforce par me1us10 ,
ce suffisante.
ce du matelas ; . . ) ,valué à partir des données de la Il conviendra à cet égard de bien distinguer le cas des inclusions arrêtées au sein
Yo : tassement du sol vierge (sans me1us10ns , e
de la couche compressible, qualifiées alors d 'inclusions flottantes, et celui des in-
reconnaissance du site.
clusions reposant sur un horizon résistant.
Le tassement du sol renforcé peut être : t d la reconnaissance du site et des En vue d ' optimiser l' efficacité du renforcement en terme de réduction de tasse-
. 1 1, , rtir des données provenan e )
- soit ca eue a pa , andations (cf. chap. 3, 4 et 5 ; ment, il est fortement recommandé, dans les cas courants, de le prévoir sur toute
méthodes de calcul propose~s dans ces r~comm opriée mise en place dans le ca- la hauteur de la couche compressible et d'asseoir les inclusions sur un niveau por-
- soit mesuré à partir d' une instrumentation appr
teur, sachant que des inclusions flottantes de faible longueur auraient une effica-
dre des essais de contrôle. d ll ra cité quasi nulle.
bl · lle a e ou -
Le tassement d' une _fond~tion s~perfi~i~~le de ~:;i:i~:o~:e~:nt ia somme de En présence de matériaux évolutifs (tourbe, ordures m énagères ... ), la surcharge
dier sur sol renforce par mclus1ons n gi es se
résiduelle appliquée sur le sol peut provoquer des tassements de fluage et limiter
~el~x~~~!~~~~~ss~l renforcé proprement dit, y c~mpris celui du matelas ; le phénomène d'accrochage.
- le tassement des couches profondes non renforcees. S.2. Tassement des couches profondes non renforcées
5 1 Tassement du sol renforcé Suivant le mécanisme précédemment décrit, les inclusions jouent le rôle d 'élé-
• . . . . .d traduit et c'est le but recherché, par une ments de transfert de la charge en profondeur. Cette surcharge, transférée au ni-
Le renforcement par mclus10ns n g1 es se d , ts sur toute la hauteur du veau de la base des inclusions, a pour effet de provoque r des tassements dans les
t tr, s importante es tassemen
réduction le plus souven e . . du renforcement et des ca- couches sous-jacentes restées à l'état v ierge puisque non renforcées, de façon si-
sol renforcé; cette réduction est f~nct~on ~u :~~:;~épaisseur, déformabilité et milaire aux tassements susceptibles de se produire sous un groupe de pieux (mê-
ractéristiques du matelas granulalfe e rep , . )
, , tuelle d' un additif de structure tel une geognlle . me si le mécanisme de transfert est notablement différent dans le cas des pieux)
presence even · les inclu- (Fig. 2.39).
t t btenue par un report substant1e1 sur
Cette réduction de tassemen es o d isant à deux niveaux,
sions de la charge appliquée, ce report de ~h~ge s~ pro u
comme déjà décrit dans les paragraphes precedents .

101
100
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement
PROJET NATIONAL ASIR/

- les caractéristiques des inclusions (diamètre de la tête et diamètre de la partie


courante, module de déformation, longueur vis-à-vis de l'épaisseur du sol com-
pressible) ;
- le taux de couverture, rapport de la section de la tête à la surface de la maille
élémentaire.
La recherche de la meilleure combinaison de ces paramètres conduit au dimen-
sionnement optimal pour satisfaire les critères de tassement.

6. ENSEIGNEMENTS DES PLOTS EXPÉRIMENTAUX


En complément de la description des mécanismes fondamentaux, il apparaît im-
portant de mettre en exergue quelques observations ou enseignements des deux
expérimentations en vraie grandeur (Saint-Ouen-!' Aumône et Chelles) réalisées
dans le cadre du projet national ASIRI. Ces enseignements sont jugés particuliè-
Figure 2.39. Nécessité de vérifier l'in~uenc~ du report des charges
rement utiles en vue d'une bonne conception, ou en vue d 'effectuer un pré-dimen-
sous la pointe des inclusions. sionnement réaliste d'un renforcement par inclusions rigides au stade d 'un avant-
, . , , 1 t es couches profondes sont projet.
Il convient cependant de prec1ser que genera e~e: -~ n surface sont faibles et
peu compressibles, et donc que les tassements I~ ~1, s e 6.1. Comportement des inclusions
souvent uniformes à l'échelle des ouvrages cons1deres. .. En ce qui concerne les charges et les tassements en tête des inclusions, les expé-
Cet examen du tassement en profondeur ne doit pas cependant être oubhe. rimentations de Saint-Ouen-1' Aumône (Fig. 2.40) et de Chelles (Fig. 2.41) mon-
trent que le comportement d'une inclusion sous l'ouvrage (remblai, dallage) est
5.3. Reconnaissance des sols . . , le même que celui de la pointe d'une inclusion rigide isolée soumise à un essai de
, · d ndages suivis d es-
Au niveau des reconnais~ances: il ~~nvp~=~::t ~.~:~~ue~~:~ caractéristiques de
chargement. Il en résulte notamment que la charge qui s'exerce en tête d'une in-
sais adaptés en laboratoire ou m si u d d 1 urface clusion est proche de la charge qui s'exerce au voisinage de sa pointe.
compressibilité du sol jusqu'à une profon_~e,ui: s~~~a~~:i~~::~~~sa:t ;o~r éva- Cela exprime le fait que les résultantes des frottements positif et négatif le long
et de la profondeur du renforcement cons1 ere, , en du füt de l'inclusion sont à peu près équilibrées, et que, par conséquent, l'effica-
luer les variations potentielles de ces cara~té,risti~ues à l'échelle de 1 ouvrage cité de l' inclusion est essentiellement gouvernée par sa capacité portante en poin-
vue d'apprécier les tassements totaux et d1fferentiels. , . , te. Ces résultats mettent en évidence la nécessité de déterminer cette capacité et
li est recommandé de se référer au chapitre 6 pour une description deta1llee des de modéliser correctement le comportement en pointe de l'inclusion, si on veut
sondages et essais appropriés. obtenir des résultats réalistes en tête d'un ouvrage sur sol renforcé par inclusions
rigides.
5.4. Paramètres déterminants
Ce résultat doit être considéré comme valable uniquement pour les groupes d'in-
En complément des caractéristiques de compressibilité du sdo~ e~ pladce, lelessp;:~ clusions reposant sur un substratum résistant (il ne s'applique pas a priori aux in-
. ' thodes de calcul ecntes ans
mètres principaux smvants, comme 1es ~e ,, . d tassements: clusions flottantes).
pitres 3, 4 et 5 l'expliciteront, sont déterrm~ants, po~r 1 eva!~~t10n b~~ité angle de
- les caractéristiques d~ .mat~las granulaire (epa~ss~eu~as ~=~t les ~aractéris­
frottement interne, cohes1on eventuelle), y compns
tiques des additifs utilisés en nappes de renfort ;

103
102
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement
PROJET NATIONAL ASIR/

en évidence que les mécanismes de transfert de charge s'effectuent bien au sein


Op (0) (kN) du matelas granulaire.
300

or~~:-- ~lr=;::;;:;; ; ;j~:::25o~o:::::=::~~}


1 00 Si le matériau de rembla i est de bonne qualité, des mécanismes de transfert de
...--......
, , 1 charge peuvent également se produire à la base du remblai, qui joue ainsi le rôle
Ê ~ L________L______ _ de matelas.
.§.. 10 ---- ; --, 1 Si la couche supérieure du sol renforcé est de bonne qualité, elle participe aussi
.. l ..J--.Q..-p"'
(O") - ï au transfert de charge par frottement. Dans ce cas la solution de dallette coiffant
- --- - -'--~- ------ y (0)
les inclusions peut n'être pas optimale, puisqu'elle peut limiter ce mécanisme de
1 1 s transfert par frottement.
~ l ..,__...._. Le recépage des inclusions à la base du matelas granulaire peut diminuer le trans-
30l_____l_l_____~P~lo~t~ex~p~é=n~m=e:n:ta~l=1 fert de charge puisque le sol au droit de l'inclusion ne peut pas être compacté com-
Essai chargement
20 me le reste du matelas. Des dispositions appropriées sont requises à cet égard, afin
__._. en tête
• 30
de garantir ! ' homogénéité du compactage du matelas de répartition (voir
_ _,..._en pied
chapitre 7 : Exécution).
. . 0 n-l'Aumône: dallages (2006).
Figure 2.40. Expérimentation ~e Sdamt~ ~e ions placées au centre des plots 20
d harge et tassement en tete es me us 6.3. Nappes de renfort (géosynthétiques)
Mesures e c et 30 (inclusions refoulantes).
L'expérimentation de Chelles (2007) montre que l'état de contrainte au-dessus
Qp(O) (kN) d'un matelas granulaire renforcé par des nappes en géosynthétique est différent
300 400 selon la nature et le nombre de nappes disposées :
010~""":i=-~1~0~
0 ~~:::2~oo==::::::~r------i - cas du matelas renforcé par une nappe de géotextile, soit en matériau assez dé-
'T -.,-~ formable : le géotextile se déforme lors de la construction du remblai et la défor-
• 1 ' _\_ _ ____ L - -
10 ------1---- ,~ 1 mation se concentre autour des têtes d'inclusions ;
Ê 1 , ........_ 1 - cas du matelas renforcé par une nappe de géogrille, soit en matériau moins dé-
1 ~
1
_-E, 1--_,.,,-.,,r--i- - -
1 - - -
r-, ---, -- formable : la géogrille se déforme uniformément pendant la mise en œuvre du ma-
- 20 '
ea. 1
1
' •'
~ ' --
- --
telas granulaire, puis la déformation se concentre aussi autour des têtes
~ 30 -- r-
1
- - - -~-
,,
d'inclusions lors de la construction du remblai. La géogrille tend à précontraindre
1 1 '
le matelas de répartition avant son chargement par le remblai, ce qui revient à lui
4ol_-E_s_saJiLc-hJa~rg_e_m_eJnlt_ _.!..---:::P~lo~tLe-xp-é~r~im=:e:nt::;al conférer une certaine cohésion. Les interprétations faites pour les plots expéri-
mentaux de Chelles ont permis de chiffrer cette cohésion supplémentaire équiva-
B 2R
_ . _ en tête • 3R lente;
4 - le nombre de nappes disposées est également un facteur important dans la me-
- -0- - en pied • R
. d Chelles · remblais (2007). sure où il contribue à augmenter la raideur du matelas.
Figure 2.41. Expénmenta_t1ond e. lusio~s placées au centre des plots
Mesures de charge et tassement en tete es me 6.4. Efficacité en terme de tassement
2R, 3R et4R.
Le renforcement par inclusions rigides réduit significativement le tassem~nt au
6.2. Transfert de charge . tre niveau du terrain naturel et en profondeur.
. 7) ui comporte un matelas granularre, ~on
L, expérimentat10n de Chelles (200 ' q Dans le remblai instrumenté de Chelles, il est observé que le tassement se produit
. . r ' sur le sol compress1"ble, par rapport a .celle
une diminution de contramte ap~ tquee b , -dessus du matelas, ce qui met essentiellement pendant la construction de J' ouvrage. II est donc nécessaire d'im-
apportée par le remblai. Cela n est paso serve au

105
104
PROJET NATIONAL ASIR/

Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

poser des critères de tassement en se référant aux tassements à attendre après la


- réduire les sollicitations dans les . l .
construction du remblai et non avant.
t~te d'~n~lusion et du déplacement la~~a~s~ons (réduction ~e l'effort tranchant en
L'efficacité calculée en contrainte au niveau des têtes d ' inclusion n'est pas tou- s1?ns ng1des); u sol sur la partie supérieure des inclu-
jours le paramètre le plus pertinent pour le dimensionnement, il faut plutôt raison- - 1ou:r un effet de filtre en évitant une am . .
ner en réduction de tassement. À titre d'illustration, dans le cas du remblai re m.eme dans certains cas en réduisant l~l:~atio~ du ~hargement sismique, voi-
instrumenté de Chelles, on peut noter qu'une efficacité de 20 % en contrainte a duction est étroitement lie' a· l d. . . orts mert1els. Le phénomène de re'-
fr a 1ss1pation d I' , ·
donné une réduction de tassement de 60 % ! ~ttement. Ce phénomène sera d'autant lu e en;rg1e dans le matelas par
- eventuellement augmenter la port dp s prononce que le matelas sera épais .
7. SOLLICITATIONS SISMIQUES ance u sol Le m t 1 ~ •
pour passer du domaine no 1 au d . . a e as peut etre dimensionne'
omame n° 2.
L'objectif du renforcement par inclusions rigides est de conférer au sol renforcé Des con~aintes de cisaillement et des con .
des caractéristiques mécaniques suffisantes pour permettre la construction d'une dans les rnclusions rigides sous les effi t . ~arnt~s normales vont se développer
o • . e s crnematiques t · ·
fondation superficielle (voire d'un radier ou d'un dallage) ou d ' un remblai, dans ne n 1 ou 1es inclusions sont ne'ce . ,1 e mert1e1s. Dans le doma1·
· ssa1res a a stab ·1 ·t , ( , -
des conditions acceptables de stabilité et de tassements. ge, Il sera nécessaire de vérifie ' ' e et a la portance) de l'ouvra-
. , r que toutes les s f d ,.
Dans le cas où le sol renforcé est soumis à des sollicitations sismiques, il faut dis- c?~pnmees sous les sollicitations induites et ec ions ~ l mclusion restent
tinguer deux domaines très distincts (guide technique AFPS Procédés d'amélio- c1sa11lement restent acceptables ( ,~, , que les contramtes normales et de
se reierer au chap ·t 5 . 1 . .
ration et de renforcement de sol sous actions sismiques, 2011). Le calcul parasismique des sols de c d ti. 1 re . ustifications).
h urt ' l' , ion a on renforcé · 1 ·
Domaine n° 1 : les inclusions sont nécessaires à la stabilité (et à la portance) de e e a etude très complexe de I' · t . s par me usions rigides se
ID eraction sol · 1 ·
l'ouvrage (vérifications des états limites ultimes GEO). Il faut alors garantir pen- superstructure sous un chargeme t 1· -me us10n-matelas-fondation
n cyc 1que. -
dant le séisme la résistance des inclusions telle qu'elle est prise en compte dans Les o~des incidentes induisent des déforma .
les calculs, et donc justifier que ces inclusions restent dans le domaine élastique fondations et par suite à la structu Il t1ons dans le sol qui les transmet aux
Gustifications comparables aux règles en vigueur pour les pieux). compose en une interaction ciném~;: y a don~ une forte interaction, qui se dé-
Domaine n° 2 : les inclusions rigides ont pour fonction principale de réduire les - le sol déformé par les ond . .d1que et une rnteraction inertielle .
1~ superstructure, à suivre sones mc1 entes fo 1 fi . ·
tassements et ne sont pas nécessaires à la justification de la stabilité ou de la por- mouvement r~e es ~ndat~o~s, et par conséquent
tance de l'ouvrage. On doit alors justifier l' absence de ruine de l'ouvrage sous les 1absence des charges de la su tru (mteraction Clllematique). Même en
. , pers cture les fo d ti
actions sismiques en négligeant en partie ou en totalité les inclusions, de manière ments differents de ceux du sol e h '. n a ons vont avoir des déplace
. n c amp hbre à d 1 · , -
à ce que la sécurité des personnes ne soit pas mise en cause en cas de dommages entre 1a fondatwn et le sol. cause e a d1fference de rigidité
à l' ouvrage. - la supe:structure mobilisée par le mouv .
Commentaire. Il peut arriver que le maître d' ouvrage impose que l'ouvrage fonc-
~orc~s d ' mertie qui induisent des efforts e~ent de, la fondation va développer des
tionne après le séisme, c' est-à-dire sans qu'apparaissent des désordres et des limi-
mert1elle). s ur e systeme sol-fondations (interaction
tations d'exploitation pendant et après le séisme (EN 1998-1 § 2.1 (1) P) ; dans ce Les deux ' ·
. mecan1smes se produisent simul , ,
fondation-structure (interaction sol-structur~)nemen~ ; la reponse du système sol-
cas, les inclusions entrent dans le domaine n° 1.
Le matelas granulaire doit assumer les fonctions suivantes : son de ces deux mécanismes La , . peut etre obtenue par la combinai·
- privilégier la dissipation d'énergie par glissement dans le milieu granulaire. Le
d · necess1té de p d -
e ces deux mécanismes est subordo , ren re en compte la combinaison
la, categone
, · nnee au type d 1 •
matelas joue ainsi le rôle d'un fusible favorisant un glissement contrôlable, plutôt d ' ouvrage en référen e so, a 1a zone sismique et à
qu' une rotation de la semelle par perte de portance. Une hiérarchie dans la résis- d amélioration et de renforcemen~~=~ ~aragraph~ 5.3 du guide AFPS Procédés
tance des divers éléments constitutifs du système est donc introduite, et cela sup- Dans les zones liquéfiabl 1 . o sous actwns sismiques (201 l).
pose bien évidemment que, en dehors du matelas, il n'y ait pas de zone plastifiée. 1 · . . es, e potentiel de li 'fi ·
que a~ti,on peut etre réduit par les in-
A

c usions ngides sous l' effet éventuell


Cela implique que les inclusions rigides ne plastifient pas, et donc soient correc- ement combme des actions suivantes :
tement dimensionnées voire surdimensionnées ;

106
107
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement
PROJET NATIONAL ASIR/

Bibliographfo
. .. , menter la compacité du sol encaiss~nt,
- si les inclusions sont utthsees pour aug_b tl. on devra vérifier après tra1te-
fi l nt ou/et par v1 ra on, . Rapports internes (Projet national AS/RI)
par exemple par ~e ou eme 't, des essais in situ réalisés entre les mclu-
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approche impose une venfi_catlon g tables) L'application pratique de cet-
juillet 2008.
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109
108
Chapitre 2 - Mécanismes de fonctionnement

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111
110
PROJET NATIONAL ASIR/

NF EN 1997-2, Eurocode 7 - Calcul géotechnique. Partie 2 : Reconnaissance et essais


CHAPITRE 3
géotechniques.
NF EN 1998-1, Eurocode 8 - Conception et calcul des structures pour leur résistance aux
séismes. Partie 1 : Règ les générales, actions sismiques et règles pour les bâtiments.
NF EN 1998-5, Eurocode 8 - Conception et calcul des structures pour leur résistance aux
séismes. Partie 5 : Fondations, ouvrages de soutènement et aspects géotechniques. Modèles de calcul
NF EN 1536 - Exécution des travaux géotechniques spéciaux - Pieux forés. (P94-3 l 0).
NF EN 12699 - Exécution des travaux géotechniques spéciaux - Pieux avec déplacement
de sol. (P94-3 l I ).
NF EN 14199 - Exécution des travaux géotechniques spéciaux - Micropieux. (P94-313).
NF P 94-262 - Justification des ouvrages géotechniques. Normes d 'application nationale
de l'Eurocode 7 - Fondations profondes.
1. NOTATIONS
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çaise de géotechnique n° 30, 1985, p.47-57. Les élé,ments de ~éduction des efforts dans la section d'une inclusion qui sont dé
SETRA - Traitement des sols à la chaux et/ou aux liants hydrauliques (GTS). Application n~~es respecttvem~nt _ Qp(effort normal), Tp(effort tranchant) et M (momen;
à la réalisation des remblais et des couches de forme. Guide technique, 2000. flechissant) peuvent ams1 être identifiés par leur valeurs : P
SETRA-LCPC - Réalisation des remblais et des couches de forme (GTR). Guide techni- - Qp(z), Tp(z), Mp(z) dans la section de profondeur z sous la tête .
que, 1992.
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dad Mexicana de Mecanica de Suelos, UNAM, Mexico, 2006. ques en tete de la colonne fictive sont désignées Q (- h ) T (- h M h pp
Swedish Geotechnical Society (SGS) - " Lime and Lime Cernent columns. Guide for de-
sign, construction and control". SGF Report 4:95. Forsman J. 1997 (updated 1999).
!:~:~;~l~~ov~l~onsidérés, les élé~ents de réductio':i app~i~a~les àR~~e :'e~~io~)~o-
m· . me de sol renforce excluant les inclusions, sont désignés avec 1
ZEEVAERT L. - " Discussion on negative friction and reduction of point bearing capacity". eme convention en substituant J'indice « » à « » : Q T M a
Proc. 4th ICSMFE, 1957, vol. 3. s P s> s• s·

112
113
Chapitre 3 - Modèles de calcul

PROJET NATIONAL ASIR/

Quelle que soit la méthode utilisée (analytique ou numérique), la première étape


consiste à évaluer le comportement de l'ouvrage sans inclusions ce qui permettra
~1
Eléments de réduction de déterminer l'apport des inclusions v is-à-vis des problèmes de tassement et de
poinçonnement.
---------Op(-hR) Îp (-hR) Mp(-h i0
-hRT '"t___.,
; ...· '!",- -- , , - 3. MÉTHODES ANALYTIQUES
1
1
,
1
1
1 ·1
l1 11 .C
1 1 1 1 11 Trois méthodes ont été retenues dans le cadre du projet ASIRI. Elles constituent
1 1 1
1 ! - -------- Op(O) Tp (0) Mp(O) des méthodes faciles à mettre en œuvre pour traiter certaines des situations les
o' ~
· ------iPl1P---~--1--r
1
plus courantes: cas des mailles placées au centre de la zone renforcée et soumises
1
l à des chargements uniformes et verticaux. Elles visent principalement à établir le
1
l tassement moyen obtenu après renforcement et à estimer la charge maximale ap-
1 Os inclusion : Op(z) T p(z) Mp(z)
pliquée aux inclusions.
~~-- sol : Os (z) T s (z) Ms (z) Une extension au cas des semelles chargées verticalement et horizontalement a
\ Ts été é laborée pour chacune des méthodes analytiques retenues.
Il ne s'agit pas de méthodes analytiques stricto sensu en ce sens qu'elles ne per-
mettent pas généralement d'aboutir aux résultats sous forme de formules analyti-
Tp(L) Mp(L) ques explicites. Elles demandent en effet une résolution numérique simple à l'aide
H ------ ---Op (L)
L par exemple de tableurs.
1
z . Néanmoins, ces méthodes sont aptes à estimer la distribution des efforts entre le
F 31 Référe~tiel adopté pour l'identification des éléments de réduction des efforts sol et les inclusions, les tassements et les déplacements h orizontaux.
igure . . dans l'inclusion ou le sol.
Elles ne permettent pas la prise en compte de géosynthétiques.

2 PRINCIPES . · ·d nt 3.1. Charges verticales


L.es modèles de calcul d'une fondation sur sol renforcé par inclusions ng1 es so 3.1.1. Éléments communs aux différentes méthodes
de trois types différents :
3.1.1. 1. Comportement du matériau de l'inclusion
- modèles analytiques (secti~~ 3) ; . t T ant soit les éléments finis soit les
- modèles numériques en m1heu contmu u 1 ts On admet qu'il n'y a pas de plastification du matériau.
différences finies (sectio?. 4)? ' l' t' reste délicate et n'est pas en- Celui-ci est caractérisé par un module d'élasticité E et une résistance de calcul.
- modèles par homogéne1sat1on dont l app ica wn
3.1.1.2. Compressibilité du sol
core courante (section 5). , . . t E LS sous la condi-
Chaque modèle peut être utilisé pour les venficattons ELU e Le module d ' Young du matelas de répartition dépend du degré de compactage et
Varie avec l'état de contraintes et le chemin de contraintes.
tion qu' il soit apte à rendre com~te :_ l ' bar ée en tête comparable à celui es-
- du comportement d'une.inclusion iso eehc ~ur le frodement et la pointe ; Le module de déformation apparent à utiliser pour le sol compressible est un mo-
timé par utilisation des lo is de Frank et Z ao p d l . c1· en l'absence d' inclu- dule de type oedométrique Eaed• calculé comme un module sécant entre le niveau
, d omportement e ce UI- .
- et, dans le cas d un ouvrage, u c t . limite les prédictions étant basees sur de contrainte initiale et le niveau de contrainte finale tenant compte des efforts ap-
sions en termes de tassement et de capa~1 e . . ' , étrométriques dans le pliqués. ( chap. 6, note 6).
, ' th des press1ometr1ques ou pen t
les méthodes usuelles : me o , . . t leu! de stabilité au poinçonnemen
cas d'une semelle, méthode oedometnque ,e ca
dans le cas d'un remblai, d' un radier ou d un dallage.

115
114
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

b) Efforts de frottement latéral


Commentaire. Lorsque la préconsolidation prise en compte est liée à des travaux de
fonction de transfert, exprimant la dépendance d ~ d~l chaque couche p,ar une
terrassement, elle doit faire l'objet d'une justification appuyée sur la durée des dif- La m_obilisation du frottement est décrite au nivea
férentes phases et la consolidation associée. ment relatif w(z). u cisai ement avec le deplace-
3.J.1.3. Lois de mobilisation des efforts sol/inclusion
~os l'interprétatio:~~ndes p1~ux fo~es
Les courbes empiriques établies par Frank et Zhao (1982) . ,
D ' une manière générale, on adopte des lois de mobilisation qui sont fonction du d_e s sols fins ou granulaires, à partir de
déplacement relatif local entre le sol et l' inclusion, différence entre le déplace- d essais de chargement, se révèlent bien ada . , . . gran nom re
ment de l'inclusion et le déplacement du sol: w(z) = yp(z) -ys(z). se~év~loppent ~ur. Ja hauteur de l'inclusion~~~:~~~~~:~~~ le\~teractions qui
Ceci vaut pour la mobilisation de l'effort en tête ou en pied de l'inclusion et pour algebnque, aussi bien pour le frottement positif que le pour ;::e~~:; ::g:~l;ur
les efforts de frottement latéral le long de l'inclusion.
't
a) Effort en pied d 'inclusion qs - -- - -
On adopte généralement les lois de mobilisation de Frank et Zhao (1982).
q qs/ 2

Q W1 6W1 W

Figure 3.3. Courbe semi- empirique de transfert du frottement latéral


(Frank et Zhao, 1982).

w
(3.2)
Figure 3.2. Courbe semi- empirique de mobilisation du terme de pointe
(Frank et Zhao, 1982).
Ds diamètre équivalent du füt de l'inclusion
(3.1)
k = mqEM \es ~aleurs m, qui ?épendent du type de sol et du mode de mise en œuvre des in-
q Dp c us10ns sont donnees dans Je tableau 3. II (Frank et Zhao, 1982).
DPdiamètre équivalent de la pointe de l'inclusion. Tableau 3.11. Valeurs de mT(Frank et Zhao, 1982).
Les valeurs mq, qui dépendent du type de sol et du mode de mise en œuvre des
Type de pieu
inclusions, sont données dans le tableau 3.1 (Frank et Zhao., 1982). Sol
Battu fermé Battu ouvert Foré
Tableau 3.1. Valeurs de mq (Frank et Zhao, 1982).
Limon, argile 2 2 2
Type de pieu
Sables, graves 3 2 0 ,8
Sol Foré
Battu fermé Battu ouvert
11
Craie 0,8 2 2
11 11
Limon, argile 4 ,8 0,8 2 2
14 11
Sables, graves 11 2
11 Marne 0,8 2
Craie 4 ,8
11
4 ,8 11
Marno-calcaire 11 D'autres e xpress10ns
· d e 1o1· î -w ont été proposées par différents auteurs.
4,8 11
Marne

117
116
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

. lyt. e des lois de Frank et Zhao. Colonne Colonne


Combarieu ( 1988) a proposé une expression ana iqu fictive fictive

't

hR
-----
1
1
1 2R
1
---------~
1
1
1
1

O ~ 6W2 W
W2= 2 Ki:
Figure 3.4. Loi de frottement ajustée selon Combarieu (1988).
Figure 3.5. Développement du cisaillement contre la colonne fictive
• Mobilisation du terme de pointe : surmontant l'inclusion.
(3.3)
w = -~in(1 - _q_) 3.1.2. Maille courante
mqEM qp 3.1.2.1 . Principes
• Mobilisation du frottement latéral : On considère une maille placée au centre d' une zone renforcée étendue et soumise
(3.4) à des chargements uniformes verticaux.
w = _Dsqs 1n( 1- 2-)
m , EM qs La maille élémentaire est assimilée à un cylindre d'axe confondu avec celui de
' leurs ressiométriques, on utilisera avec précau- l'inclusion et de section circulaire, d'aire égale à la section de la maille.
Commentaire. En 1 absence de va , P_ 1 odule pressiométrique équivalent
tion les corrélations usuelles pour deterrnmer e m Commentaire. Le modèle doit généralement être étendu aux couches situées sous
(voir chapitre 6). la base des inclusions. Idéalement la base du modèle est choisie à une profondeur
où les contraintes verticales peuvent être considérées uniformes sur la totalité de la
c) Effort en tête d 'inclusion d fr t- section ou de manière alternative à la profondeur sous laquelle les tassements de-
'JJ' ·d · 1 d'
loppement u o
L' effort en tête d' inclusion est cal~ulé en tons1 e;~~~ê~e ;.~:clusion comme ex- viennent négligeables.

tement négati_f sur une colonne fi~1~\~r~o~:ea;obilisation à considérer pour ce Il s'en suit que la déformation latérale et le cisaillement sont nuls en périphérie du
posé au chapitre 2, paragraphe 3. . . _a . F nk et Zhao pour un sol granu- cylindre et que l' effort total appliqué par l'ouvrage se retrouve à tout niveau, dans
frottement peut être assimilée à celle decnte par ra chaque section horizontale, augmenté des poids sus-jacents des terres et de l'in-
\aire en adoptant : clusion.
- la valeur m, = 2 ~ . , K tanô = 1 et cr/ la contrainte On considère qu'à un niveau donné le tassement et la contrainte verticale du sol
- et comme valeur de paher qs = K tanô crv_avec_ &ont uniformes.
verticale effective dans le matelas entre les mclus1ons.

119
11 8
Chapitre 3 - Modèles de calcul

PROJET NATIONAL ASIR/

La mobilisation du frottement est décrite au niveau de chaque couche par une


3 1 2 2 Équations différentielles fonction de transfert (cf. § 2.1. l .3), exprimant la dépendance du cisaillement avec
. . . . ,. . . . l variation des efforts avec la profondeur, le déplacement relatif w(z), différence entre le déplacement de l'inclusion et le dé-
Les équations d equiltbre expnment a t tion horizontale du modèle, dans placement du sol: yp(z) - ys(z) :
tels qu'indiqués précédemment, dans tou_e se~ .
l'inclusion (équation 3. 5) et dans le sol (equation 3.6). (3.5) 't(z) = flyp(z) -ys(s)) (3.9)

dQP(z) = (P-r: +yPAP)dz (3.6) 3.1.2.3. Résolution


dQ(z)=(- P-r:+ysA 5 )dz . . . Le système non linéaire constitué par les équations différentielles (3 .5) à (3.9) né-
s . . d· l é à l'interface mclus1on/sol ,
-r: représente le cisaillement eve ?PP ·de're' éventuellement déjaugé ; cessite pour sa résolution de définir les conditions aux limites. Celles ci sont en
.d 1 · du sol au mveau const , partie de type « raideur », c'est-à-dire des valeurs fixées des rapports charge/dé-
Ys le po1 s vo um~que ,. 1 . ·veau considéré, éventuellement déjaugé
y le poids volumique del me us10n au ru placements, en tête et en pied.
p . l .
p le périmètre de l' mc us1?n; d l' . 1 ·on et du sol au niveau considéré. nen résulte que la résolution du système ne peut se faire que par itérations.
A A les sections respectives e me us1 Les conditions limites en tête du modèle sont les suivantes :
P' s
Qp (0) Os (0) - charge totale appliquée en tête du modèle Q(- hR) ;
0 -fraction de cette charge appliquée en tête du modèle à l' aplomb de l'inclusion
EQP = Qp(- hR)/Q(- hR)-
- dans le cas d'un remblai soumis à une charge uniforme en tête, le facteur
EQP est le rapport entre la surface de la tête d'inclusion et la surface de la
maille,
-dans le cas d ' un dallage ou radier, la valeur du facteur EQP est établie en
recherchant l'égalité des tassements en surface yp(- hR) et ys(- hR), ce qui
est justifié par le fait que les déformations de l'élément structurel de surface
z sont négligeables devant celles du sol.
- - - - - - ..L---_,_
. 3 6 Modèle de la cellule élémentaire autour de l'inclusion.
F 1gure . . . .
Condition limite Condition limite
Le tassement de l' inclusion et le tassement moyen du sol satisfont les equations T'"...._..-'"i!mF:!::::!::;::::;: =contrainte uniforme
complémentaires suivantes : Résultante Résultante
as<-hw H",__ _ _ as(-hR)
Q (z) (3.7) Op(-hR)
Op(-hR)
dy (z) = ~dz
P APEP
(3.8)
dys(z)
= Q/z)
E
dz
A s ·s
Sol Sol
où : · · onstitutif de l'inclusion ; compressible compressible
E (z) est le module d'Young du matenau c . de charcreroent ap-
/(z) le module de déformation apparent du sol pour le ru~e~u d ' fi ormatton la-
s ' d ty oedometnque ( e o
pliqué, évalué à partidr d'dun co~~l~rt~~e~tin~erf~:e sol/inclusion)(cf. § 2.1.1.2 et
térale nulle aux bor s u mo Figure 3.7. Conditions limites en tête d'un modèle de dallage ou de remblai.
chapitre 6, note 6).

121
120
Chapitre 3 - Modèles de calcul

PROJET NATIONAL ASIR/

5
. ' . , cha ue itération le profil du tassement mo~en
Le calcul nécessite d ~ctu~hser a ) 'q(3 9) Il fournit la distribution en fonction - - Analytique Inclusion 4

du sol ys(z) selon les equattons (3.~ al : . du tassement moyen du sol, du frot-
- - Analytique Sol
3
ent de l'mc us10n, /), PLAXIS - Inclusion
de la profondeur d u tassem . ld l' . clusion et de la résultante des con- 0 PLAXIS-Sol 2
teroent mobilisé, de l'effort norma ans rn 1
traintes verticales dans le sol. . . d 1 me'thode à une configuration 0 0
- tr t l'apphcat1on e a ---~~
Les figures 3.8 et 3.9 111us en . bl . ur un même profil de sol. Les -1 -1
. )
dallage (ou radier et une c
onfiguration rem a1, s
. d s l' axe de l'inclusion et dans e
l
-2
~, -2
· 1 ·thode ana1ytique an · /),
tassements calcules par a me . , bt par un modèle axisymétr1que aux -3 -3
. . t compares a ceux o enus . t
sol périphenque son .. tate' que les tassements dev1ennen -4
. emblai 1 1 est cons . ê-4
éléments fims. Dans 1e cas r
. · ·
uniformes en partie supeneure, a
, . d'
, partir une ce
rtarn·e e'paisseur de ce remblai. ......
s -5
!I -5
0
u -6 !I -6
-7 111 -7
/),
Dallage E -8 ~~ lJl;t'
-8

E
=
e 0 .25rn
LO
-9 -9
LO Q_tête (inclusion) Q_tête (inclusion)
ci -10 -10
MATE~S Analytique : 315 kN Analytique : 250 kN
PLAXIS : 300 kN PLAXiS : 240 kN
E = 100 MPa; EM = 20 MPa
(q>' = 36• ; c = 60kPa} _!e.ilZA~~~
Figure 3.9. Profils de tassement calculés dans les deux configurations :
dallage (gauche) et remblai (droite).
SOL COMPRESSIBLE
3.1.3. Semelles
E =5 MPa ; EM =2.5 MPa; qsl =25 kPa
E (q>' =30•; c =0) 3.1.3.J. Particularités et références
r-
Dans le cas des semelles superficielles sur inclusions rigides, le nombre limité de
cellules ne permet plus de satisfaire à l'hypothèse d' un grand nombre de mailles
identiques juxtaposées. L'interaction du massif de sol renforcé sous la semelle
COUCHE PORTEUSE
E =60 MPa ; EM = 10 MPa ; qs1=50 kPa ; qpl =4 MPa avec le sol périphérique non renforcé doit être prise en compte.
(q>' = 35•; c =0) Peu d'expérimentations de semelles sur inclusions rigides sont rapportées dans la
littérature technique. On citera cependant deux expérimentations incluant un
Figure 3.8. Configurations étudiées.
chargement vertical des semelles étudiées :
-celles menées dans la cuve expérimentale du CEBTP relatives à une semelle re-
posant par l' intermédiaire d'un matelas de sable ou de tout-venant, sur un sable
lâche renforcé par des micropieux (Plume lie 1985) ;
- celles menées en centrifugeuse sur des semelles de géométrie variée reposant
par l'intermédiaire d' un matelas sableux sur un sable amélioré par des inclusions
disposées selon un maillage très lâche (Bigot et al., 1988).

123

122
PROJET NATIONAL ASIR/

Chapitre 3 - Modèles de calcul

Il est possible d'évoquer en complément des essais de chargement latéral de se-


- fondat~on ri~ide superficielle (1) ;
melles fonctionnant en fondation mixte menés en 1970 à )'université de Bucknell
- fondat10n mixte où semelle et ieux . . , .
aux États-Unis, rapportés par Borel (2001). - fondation rigide superficielle spu . lpai:ic1pent a la repnse des efforts (3) .
Le programme expérimental du projet ASIRI a été axé exclusivement sur le com- r me usions (2). '
portement des ouvrages étendus : dallages et remblais sur inclusions rigides sous Dans les séries (l), (2) et (3), le matelas a été remplacé par d 1
L I d' ' · u so naturel
chargement vertical. Il n 'a comporté aucune expérimentation en vraie grandeur e so epa1sseur (H + hR) est le sol naturel en . . .
ou en centrifugeuse relative à une semelle sur inclusions rigides. Les données du beaucoup plus résistant sur lequel reposent 1 . ~la~e , Il recouvre un horizon
projet ASIRI relatives à ces ouvrages sont fournies par la modélisation numérique geur 2R. es me usions. La semelle a une lar-
30 de semelles avec les modèles numériques validés par comparaison des simu- o
Y1. Ou o
lations d'ouvrages étendus aux données expérimentales recueillies sur les mêmes
ouvrages. Ces modélisations numériques ont couvert des cas de chargement des
semelles vertical ou incliné.
hR

H
Eo

Eo
hR ' y,. ol2

Eo
o
Y3. OLJ

- Eo
H L Eo
Les modèles simplifiés proposés ont pu être évalués par confrontation aux résul- H Eo
tats des modélisations numériques 30 (rapport du projet national ASIRI, 2011 ).
Ils couvrent : E2> Eo - - 2 >E 0 - ~

© 2 >E0
- des modèles simplifiés MVl à MV3 pour un chargement purement vertical de
@
la semelle;
- des modèles simplifiés MHl à MH3 prenant en compte un chargement latéral
Y1'. Ou'
de la semelle (effort incliné ou moment). Yi . Ou°
hR
L 'utilisation de ces modèles simplifiés exige des vérifications de cohérence spé- f~t~
cifiques à chacun qui permettent de valider a posteriori, si le modèle est applica-
H Eo
ble à la situation étudiée.
Tout modèle de la série MV ou de la série MH peut être utilisé indifféremment: E2> Eo
- ils fournissent un volume croissant d ' information (tassement du sol, tassement
-
de l' inclusion, contraintes dans le sol, sollicitations dans l'inclusion); F. ® ~
- ils s'appuient sur un nombre croissant d 'étapes de calcul ; . igure 3.1 O. Configurations des trois solutions de fondation
- ils exigent la vérification d' un nombre décroissant de tests de cohérence permet- On sait calculer à partir d'essais pressiométriques . s.
tant de vérifier a posteriori que les hypothèses inhérentes au modèle sont accep- - pour le cas (l) la char r · ·
ge imite QL J et le tassement sous char .
tables. - pour le cas (3), la charge limite Q tl ge, Y 1 ,
p L3 e e tassement sous charge y .
3.1.3.2. Modèles simplifiés pour chargement purement vertical 3
ourle cas (2), on peut considérer que si h d . ' '
0 Modèle analytique MVJ et les têtes des inclusions de' 2R 1 . R• !~tance entre la base de la semelle
Portante de la semelle.
' passe
'
es mclus10 ' 'li
ns n ame orent pas la capacité
Ce modèle a été exposé par Combarieu (1990).
Il permet d'estimer la charge limite QL et le tassement y de la semelle sur inclu-
D~st proposé de calculer la capacité portante a. . .
- SI h < 2R _ IIlSI .
sions rigides, sous charge verticale centrée, par interpolation entre le cas de la se- . hr QL2 - QLI + 1 /4 (2 - hRIR) 2 (Q Q )
- SI > 2R Q _Q Lr L J (3.10)
melle seule et celui de la semelle fonctionnant en fondation mixte. r L2 - LI
Les configurations (1), (2) et (3) et (l '), (2'), (3') de la figure 3.10 illustrent trois ~ p~ssage de la série (l), (2), (3) à la série (l ') ' ' . (3. 11 )
solutions de fondations envisageables : épaisseur de sol en place h ' ( 2 ), (3 ) revient à substituer
R par un matelas de transfert Dans cette h
· approc e,on

124
125
PROJET NATIONAL ASIR/

Chapitre 3 - Modèles de calcul

considère que l'extension de cette substitution est illimitée en p lan, ce qui évi- ce qui établit, par différence la trib . d
demment constitue une approximation optimiste.
Cette substitution améliore chacun des termes QL en des termes QL'· Cependant,
~a composition de ces tasse:nen~~~lém~t~~°rre: ~~:t~l~~~c;r:~~ ~~;;:b:~~~~~bal.
Etape 2. La courbe de chargement d' . 1 .
l'amélioration de la capacité portante de la semelle du fait de la seule présence du las afférent, supposée isolée dans un ::s~~; us10n_p~olongée du pri~me de mate-
matelas reste faible en raison de l'extension latérale limitée de ce dernier. On , . 1 soumrs a un tassement imposé y (z)
pourra donc le plus souvent négliger cette amélioration, pour justifier la capacité te ! que determmé à l'étape 1 permet d, 't bl · 1 s '
. ' e a Ir a valeur de la charge Q ( h ) ·
portante. appliquer en tête de cette colonne pour obt . P - R a
emr un tassement égal à ys(- h ). Dans
ce calcul, le frottement en tout point de l'inclusio . r .
sous la pointe) est relié au déplacement relatif w(z):(~srz)~1ve(:)]ent la co~trai~te
Les résultats obtenus par cette méthode de calcul s'accordent avec les résultats ex-
périmentaux de Plumelle ( 1985), et Bigot et Canepa ( 1988).
des lois de Frank et Zhao our 1 .. . P Ys par apphcat1on
Vis-à-vis des tassements, on sait de même calculer ceux correspondant aux deux terme de pointe). Ce calcutdéte~ob_1hsttion du fr?tt~me~t (respectivement du
cas (1) et (3) ou (l ')et (3') avec matelas. Le cas (2) ou (2') de la semelle sur in- Qp(z) dans l' inclusion. e ega ement la d1stnbutton des efforts axia ux
clusions peut être traité en introduisant la notion de module équivalent sur la hau-
teur H + hR, ramenant le calcul du tassement à celui d'une semelle superficielle
sur un multicouche équivalent. Le tassement y 2 (ou y 2 ')estimé est alors inférieur
à celui de la semelle seule et supérieur à celui de la fondation mixte, qui peuvent -,.r Y= 3.5cm
Y5 • Yp (an)
QP (kN)
11 0 1
tous deux être calculés. 11 2 3 4 -200 0
0 200 400
11 0
11
a a 11 1an 1 / .>q __ l. __ _j_
Q 11 k 1 1
a 11 2 _ LJ __ L_L 1 __ _j_
__ .L 1
11 X f 1 f 2
"· 1 11
3 1 1
1 1
11 1 3 1 1
1
11 1 1 1 1
e· 11 4 I 1 1 1
11
~ --1--i--t- 4 ---r- --i --
L 1-
H Eo 11 5 / 1 1 1 1 1 1 1
-.J..L. 1 1 1 1 5
1
_J. _ _J _ _I L 1 1
6
1 1 ,--, 6 - --L
7 1 1 1 1 1 1
7
1 '·· ~I 8
1
--t--1--1--f-
1 1 1 1
1
1
1
1
8 - - - t - - -1- - - 1
© fondation mixte ® © fondation superficielle -+- Sol
équivalente
- Inclusion
- Inclusion
Figure 3.11. Principe du module équivalent.
Figure 3.12. Calcul du chargement de l'inclus1·on d 1 .
La méthode originale de Combarieu (1990) doit être complétée par deux étapes . ans e massif de sol
soumis au profil de tassement imposé Ys(z).
supplémentaires destinées à calculer les sollicitations dans les inclusions.
Pour valider la cohérence du modèle il , . , .
Étape 1. Elle consiste à établir le profil de tassement ys(z) sur la hauteur des in- obtenue en tête d'inclusion est co , t "bels t necessarre de venfier que la contrainte
clusions, associé à la valeur du tassement en tête ys(- hR)· La charge appliquée mpa 1 e avec (chap 5 § 4 2).
sous la semelle (largeur 2R) permet d'établir le tassement du sol sous la semelle
= 1
es carac~érist~ques de cisaillement du matelas ; . ' . .
la contramte limite en tête d ' inclusion .
ys(- hR) par la théorie pressiométrique, et en tout point ys(z) par la méthode sug- - lag ' ' · '
eometne du matelas en tenant compte des effets de bord éventuels
gérée par Combarieu (1988). Le principe est de remplacer le module pressiomé- Ce test de c h ' · · ·
trique EM de chaque couche élémentaire d'épaisseur R qui intervient dans le - o erence est md1spensable pour valider le mod, 1 .
quand ce test ' t · .: · · ee·
calcul du tassement selon la théorie pressiométrique par une valeur très grande, taillé ; n es pas sahs1a1t, Ji est nécessaire d'utiliser un modèle plus dé-

126
127
PROJET NATIONAL ASIR/

Chapitre 3 - Modèles de calcul

- quand ce test est satisfait, les résultats obt~nus sont utilisés pour procéder aux
Cette méthode nécessite un calcul itératif pour assurer la cohérence des calculs
érifications STR et GEO détaillées au chapitre 5. .
menés dans chacun des domaines, du point de vue des tassements et des efforts
v . t du matelas lié à la concentration des
Remarque. La méthode. nég h?e le tassemen ts peuvent ne pas être négligeables. d'interaction. Elle permet une estimation d ' un profil complet du tassement dans
contraintes sur la tête d' mclus1on. Ces tassemen
l'axe de l'inclusion (domaine p ieu) et dans le domaine sol sous la semelle à partir
o Modèle analytique MV2 d' une hypothèse initiale de répartition de la charge verticale totale Q entre le do-
maine sol (fraction Qs) et les domaines pieux (fractions n Qp).
Ce modèle a été exposé par Glandy et Frossard (2002). . . ,
. ,, fi . ement d ' une semelle sur inclusions soumise a
Il a pour objet 1 etude du onct10~ t décomposé en deux domaines :
un chargement vertical_. L~ proble~e les . et les volumes de sol qui les prolon-
1) domaine pieu, constitue par .les. mc .u:1,o~s e ou supérieure du modèle. Ce do-
. 1 · 'aux lrnutes m1eneur
gent verttca ement Jusqu . . .d . dont on suppose le comportement
maine est constitué de n elements t enttques
comparable ; . · ·d t ~ .~
2) domaine sol, complémentaire du domame prece en .
Pieu
~ ~
1 ~
Yp(l)--......_
\1 ~
0
Y5 (l)_j
Figure 3.14. Principe du calcul itératif du modèle MV2.

À partir de la charge Qs(- hR) supposée transmise au sol sous la semelle, on dé-
termine le profil de tassement ys(z) sous la semelle en associant la méthode pres-
siométrique et la méthode suggérée par Combarieu (1 988) comme décrit au
paragraphe précédent ; ce profil établit également le tassement du domaine sol au
niveau de la base de l'inclusionys(L);
Figure 3.13. Décomposition du problème en deux domaines
Àpartir d 'un déplacement supposé de l'inclusion par rapport à ce tassementys(L)
l d maine sol est supposée entièrement dé- on calcule:
L' interaction entre le domam.e pre~ et e o à leur frontière verticale commune et
. .
- la contrainte mobilisée en pointe ;
crite par le cisaillement 't qm se de~elop~e . ces interactions sont supposées pou-
par la contrainte q à la bas~ du domame pieu ' de Frank et Zhao appliquées en con- et en remontant par tranches successives sur toute la hauteur du domaine « pieu »
voir être décrites par les l01s ~orres~onda~tes t int (au lieu du déplacement (inclusion et volume de matelas qui la surmonte) :
sidérant le déplacement relatif sol-mclus10n en tou po - la valeur du frottement mobilisé en tenant compte du déplacement relatif inclu-
absolu comme pour un pieu). ~me pour sion-sol (ou sol-sol dans le matelas);
- la valeur de la contrainte normale ;
La méthode suppose que le tassement en sous face de la semelle est 1e me
les deux domaines. - le raccourcissement élastique de chaque tranche et son tassement cumulé ;
-la charge Qp(- hR) et le tassement total Yp (- hR) en tête du domaine pieu.

128
129
Chapitre 3 - Modé/es de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

ment du matelas (contrainte limite en tête d'inclusion) et la géométrie du matelas


On itère sur le déplacement supposé en pointe pour obtenir l'égalité des tasse-
(effet de bord) - chap. 5, § 4 .2;
ments en tête des deux domaines ys(- hR) = Yp(- hR). - la vérification de cohérence vis-à-vis du frottement négatif est difficile puis-
On itère sur la fraction de charge supposée appliquée au domai~e sol ~our fiue c~t­ qu' elle dépend de la répartition des contraintes verticales dans le domaine sol, à
te charge additionnée aux n charges calculées en tête des d~mames pteux ourms- l'aplomb de la semelle, qui n 'est pas calculée dans le modèle. Toute vérification
se une valeur égale à la charge totale appliquée à la fondation. vis-à-vis du frottement négatif impose donc de faire une hypothèse supplémentai-
(3. 12)
Q(- hR) = n * AP * Qp(- hR) + Qs(- hR) * (S - n * Ap) re permettant d ' estimer les contraintes verticales en tout point (par exemple dif-
fusion des charges transmises au sol par la semelle avec un angle p choisi).
où: .
A aire de la section droite en tête du domaine pieu ; Les tests de cohérence sont indispensables pour valider le modèle :
p
S aire de la semelle. - quand ces tests ne sont pas satisfaits, il est nécessaire d'utiliser un modèle plus
La figure 3.15 présente l'application du m~dèle, à~- cas simple (Frossard, 2000), détaillé ;
- quand ce test est satisfait, les résultats obtenus sont utilisés pour procéder aux
calcul qui met en exergue les différents pomts a venfier.
vérifications STR et GEO détaillées au chapitre 5.
Commentaire. Les lois de mobilisation de frottement doivent intégrer l'effet de
TASSEMENT (mm)
groupe entre inclusions voisines : pour une même charge en tête du modèle, le frot-
6 7 tement mobilisé le long d'une inclusion isolée est plus important que celui dévelop-
pé sur une inclusion du groupe. Pour en tenir compte, il convient dans le modèle
MV2 de corriger la courbe de mobilisation du frotte ment en minorant par exemple
la valeur du coefficient mrdes courbes de Frank et Zhao.
Cet effet de groupe est naturellement pris en compte dans le modèle MV3, décrit ci
après, qui exploite un modèle axisymétrique d inclusion au sein d'un groupe.
Également le profil de tassement généré autour des inclusions ne prenant pas en
compte l'influence des efforts retransmis au sol sous le plan neutre, ce modèle peut
avoir tendance dans certaines conditions à sous-estimer le tassement de l'ouvrage
(Fig. 3. 16).

12

Figure 3.15. Exemple de résultats du modèle MV2 (Glandy et Frossard, 2000).


a. <-11Rl
Pour valider la cohérence du modèle, il est nécessaire de vér~~er_ que la con_tra~n:~
obtenue en tête d ' inclusion est compatible avec les caractenst1ques de c1sa1ll _
ment du matelas et que le frottement mobilisé i: au-dessus.du ~lan neutre est ~om
patible avec les valeurs limites associées au frottement negatif ('t K tanô crv _)·
Ceci exige que la répartition des contraintes verticales dans le domaine sol sottes-

~;::: des matelas d'épaisseur faible devant la largeur de la semelle, on peut sur
oser que la charge totale en sous face du matelas est égale à celle ~n sous face ~
fa semelle. Avec cette condition, il est possible d'évaluer la contramte da~s lea~ne
0
Partie du massif sous le plan
maine sol à la base du matelas à partir de la valeur de la charge dans le om . te neutre chargée par les indusions
pieu, calculée au même niveau. Ces éléments servent à véri_fi~r _q ue la con_tr:;~e­ Figure 3.16. Chargement du massif sous l'action du frottement positif mobilisé
obtenue en tête d' inclusion est compatible avec les caractensttques de cis sous le plan neutre.

131
130
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 3 - Modèles de calcul

0 Modèle analytique MV3 (méthode du monolithe)


~t~pe 1. _L, étude.du con:iportement sous charge verticale répartie d'une cellule
Ce modèle a été exposé par Simon (2010). elemen~1re s:uis mtera~tion avec le milieu extérieur (cas d'une cellule lacée au
La modélisation consiste à assimiler le volume de sol renforcé par les inclusions c.entre d un reseau ?1ultiple,?e cellules identiques) établit la position d:plan ho-
à l'aplomb de la semelle à un monolithe homogène équivalent. On analyse suc- nzonta! s~~s la pomte de 1 mclusion où le tassement du sol est uniforme Jan
cessivement : neutre mfeneur). Le tassement moyen entre la face supérieure de la cellule (~us-
- 1'interaction entre les inclusions au sein du volume renforcé pour établir les pro- fac~ de la semelle) et ce plan inférieur permet d'évaluer le module E* de défor-
priétés du monolithe homogène équivalent ; mat10n apparent de la cellule sous chargement vertical (Fig. 3 .18).
- puis l'interaction de ce monolithe avec le massif extérieur. Matelas
VUe de dessus E '"50 MPa Q
Le monolithe étudié est le prisme d'axe vertical circonscrit à la semelle et de klgli = 1
0=1050 kN
même section droite: il intègre le matelas de répartition, la couche de sol renfor- Y, . Yp {an)
cée par les inclusions et la partie supérieure du massif où sont ancrées les inclu- E 0 2 4 6 8
0
-,.r •r-
sions. Il représente la juxtaposition de plusieurs cellules élémentaires renforcées 2.0m • , 1 11 1 1 Il' +J
1 1 1 ,l 1
linon 11
(inclusion et domaine de sol associé). 1
E=5MPa
EM=2.5 MPa J5
1
1
11
11
11
2 -'1
Il( 1
-
.J. .,,t L

La section des cellules est égale à la surface d'influence de chaque inclusion sous qs=30kPa ,..;
J5 r 0 r .=: o 3 1 I
1 ~I 1
1
E*

la semelle.
1
1
Il
11
4 - 1 ;--r -
1 11
5
1 1 1
L'approche comprend trois étapes successives (Fig. 3.17), qui sont conduites avec 1
1
11
11
1 l 1
~I .l _ L 1
des outils usuels pour le dimensionnement des fondations profondes : 1
1
11
11
6
T1 1 1 1 -
-..lJ... ..lJ...
-outils analytiques pour l'étude d'un pieu isolé ou au centre d'une maille élémen-
taire de renforcement, sous sollicitations verticales, à l'aide des fonctions de
transfert caractérisant la mobilisation du frottement et de l'effort de pointe autour
-+ - Sol
de l'inclusion; - Inclusion
- ou modèles éléments finis axisymétriques.
a) Configuration b, Ét
a na F" /1 ape 1 de calcul
igure 3.18. (a) Configuration étudiée (b) Étape 1 du calcul selon le modèle MV3.

- ,.r~~;J....,.r - ~';:e 2: L 'étude du mo~olithe vertical de module E* assimilé à un pieu isolé en


:ab~c~on avec le massif extérieur (non renforcé), soumis à l'effort vertical Q
11 11
11 11
11 11
11 11
11 11 . . it. e profil ys(z) du tassement moyen du monolithe tenant compte de la mo-
r =O
11
11
l .r = O
11
11
~~~sation du fro~e~~nt s~ le périmètre du monolithe. Le tassement obtenu en
11 11 .ys(-hR) est mfeneur a celui de la cellule étudiée à l'étape l dus:-. ·t d 1 d.f
11
11
11
11
fusion , , 1a1 e a 1 -
11 11 operee par frottement vers le massif encaissant (Fig. 3.19).
11 11
--LL -L.L. -

Etape 1 Etape 2 Etape 3

Figure 3.17. Principe des étapes 1 à 3 du modèle MV3.

132
133
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

Q(-hR) = 220 kN
0=1050 kN Q (kN)
Y (cm) 1500
4 500 1000 y5 , Yp(an)
2 3
0
0 ys (-hR) =3.5cm 0 1 2 3 4 -200 400
1 ,.,,..="~-~~ O+---t--::±:::-=+!*-1~ O+-~-+-~--+....---+-+-
1 1
1 t 2
1 1
__ L_L
1
1
2
1
_ L - - -1-
1 1 2 -
1 / >q
k
1an
1 1
_ LJ _ _ L _ L 2
1
1
1
1
_ _ l_ _ _ _J_
1 1

t 1 E* ttt
X 1 1 1 1
1 1 1
1 1 1 1 3 3 1 1 1 3 1 1
3 1 1
1 1 1 1 -- ~ -- r- - ;-- _/ 1 1 1 1 1 j:P max
--;--1--t- 4 4 ~ - -i- -i-- -i- 4 - -t- - - 1- -
1 4

5
1
1
1
1
1
1
1
1
5
1 )f
1 \
1
1
1
1 5 I 1
1 1
1
1
1
1
1 5
1
1
1 1
1_ _ _ 1L
1 ~ -L- - ..1.- _ J. _ _J __l_ _L
1 t 6 -t-~--1--t
1 1 1 1
6 ï- \ 1
1 + 1
1
1
6
7
1
1
1
1
1
1
1
1
6
7 1
1
1
1
1
7 1 , , 1 1 1 1 1 1 1 1
1 1
8
1 1
-+--t--1- -t- ---1---t- ---t- 8 - +--i - -1- - 1- 8 --+----l- - - 1
-+- Sol
- - Inclusion - - Inclusion

_ +- Massif encaissant
_ +- Massif encaissant
- Monolithe
- Monolithe
Figure 3.20. Étape 3 du calcul selon le modèle MV3.
Figure 3.1 9. Étape 2 du calcul selon le modèle MV3.
Pour valider la cohérence du modèle, il est nécessaire de vérifier que la contrainte
Commentaire. Le frottement à considérer au bord du monolithe esthle fro~lemees nt obtenue en tête d'inclusion est compatible avec les caractéristiques de cisaille-
, . dra. ée c dans les couc es argl eus · ment du matelas et que le frottement mobilisé au dessus du plan neutre est com-
sol-sol.l l peut être assimilé à la cohes1on non m u . , • ,
Dans les couches sableuses la valeur prise e~ compte serajusttfiee en reference aux patible avec les valeurs limites associées au frottement négatif K tanô crv'.
valeurs Pi* ou c' et <I>' de la couche concemee. . . .
. d d ' l dépend de la valeur du frottement limite cons1deree sur le La connaissance à toute profondeur de la résultante normale dans le monolithe
L~~~;ee~~em~n:~th:.ell est recommandé de caler la valeur de ce frottement limite (étape 2) et de l'effort normal dans le domaine pieu (étape 3) permet de calculer
pe . modèle de monolithe comparable au cas du chargement de la se- en tout point la contrainte dans le domaine sol et de faire les vérifications de co-
en appliquant un , nfi . fi de vérifier que le tassement obtenu est
melle sur le sol suppose non re orce a m . . . h 112 k * hérence (matelas et frottement négatif).
arable à celui obtenu par la théorie press10metnque pour la c arge . Pl .
comp li · 1 mclu Les tests de cohérence sont indispensables pour valider le modèle.
Dans ce cas, le monolithe a la même hauteur que celui qui s:ra ~Il s~ a:~~. ~~ e 1 -
sions et un module égal à celui E du sol et non le module E determme a e p . - quand ces tests ne sont pas satisfaits, il est nécessaire d'utiliser un modèle plus
détaillé ;
Éta e 3 La courbe de chargement d'une inclusion supposée isol~e (incl~~t l~ - quand ce test est satisfait, les résultats obtenus sont utilisés pour procéder aux
ri:me de matelas de même section qui la surmonte) dans un massif soun:1s a ~i- vérifications STR et GEO détaillées au chapitre 5.
p . , ( ) permet d ' établir la valeur de la charge Qp(- hR) a app Commentaire. Les effets de groupe vis-à-vis du frottement sont automatiquement
tassement impose Ys z , , ( h ) Dans ce
~t d cette colonne pour obtenir un tassement ega1a Ys - R · pris en compte par l' utilisation du modèle axisymétrique d' inclusion au sein d' un
quer en te e e ., , 1 ·f [y (z) groupe lors de l'étape 1.
1 ! le frottement en tout point de l'inclusion est he au deplacement re ab P
ca cu , . l d. tribution des efforts 3.2. Autres charges
- Ys(z)]. Cette valeur de la charge Qp{- hR) ~eterrmne a is ~ l' inclusion
axiaux Q (z) dans l' inclusion proprement dite. La valeur en tete de . rer 3.2.J. Charge horizontale et moment sur semelles
(profond:ur hR sous la base du monolithe étudié à l'étape 2) est en parti.eu 1 L'interaction entre sol et inclusion est déterminée en utilisant des modèles simpli-
Qp(O). fiés définis ci après.
Ces modèles sont ensuite utilisés par les trois méthodes développées par la suite.

135
134
PROJET NATIONAL ASIR/

Chapitre 3 - Modèles de calcul

3.2.1.1. Traits communs des modèles simplifiés prenant en compte de sa valeur limite (cf. chapitre 5 ara h
un chargement horizontal et un moment d' inclusion). . p grap. e 4.2.2 : Calcul du report limite en tête

Le schéma de chargement considéré est présenté sur la figure 3 .21. Il comporte


un effort vertical, un effort horizontal et un moment. Dans tous les cas les conditions limites en pied de l'inclusion sont.
T(_L) = 0 et M(L) = O ·
Les efforts latéraux sur la fondation entraînent le développement de cisaillements
dans le sol et les inclusions : Les:io~licita~ons, dar:i-s les inclusions peuvent être calculées par la méthode des
- les cisaillements générés dans le sol impliquent des déplacements horizontaux co~, 1c1ents e reactJon associée au champ de déplacement latéral im osé z
cree dans le sol par les efforts de cisaillement corn 1' t . p g( )
du massif de sol ; p emen aires.
- les inclusions soumises également à une partie des efforts transmis par la semel- Les coefficients de réaction sont estimés comme 0 . . ,
le sont en interaction avec le sol soumis à ce champ de déplacement. me fondations profondes NF p 94-262). p ur un pieu isole (annexe 1, nor-

Les modèles doivent prendre en compte ces interactions et permettre d'évaluer la ~:::po~eèlde~ alnalytique~ suiv~ts se distinguent par la manière dont on évalue le
distribution des sollicitations dans les inclusions. ep acement 1II1pose.
L'effort horizontal en tête d'une inclusion Tp(O) est borné par la valeur suivante C:ommentair~ Dans le cas général, on utilise les mêmes règles que pour les fonda
t1ons superficielles sur sol non renforcé en ce ui conce . -
réactions de b~té~ et du frottement sur les face; latérales~: 11: :er::l~en compte des
puisqu' il ne peut être transmis que par frottement entre le matelas et la tête del' in-
clusion:
;;:rc:~s:;;~~~~:~~~~en!!1!!~~L::~ffort horizontal en sous face de semelle est
(3.13)
3.2.1.2. Modèles simplifiés pour chargement horizontal et moment
où: D Modèle analytique MHJ
ô est l'angle de frottement matelas-inclusion;
Qp(O) l'effort normal transmis en tête d'inclusion; 1
~~ ~é;~ige les c,is_aillement.s transmis _dans Je sol en supposant g(z) = 0 et on choi-
clusion ~:. ~ui~~;~e: de 1 effort horizontal pouvant être développé en tête d'in-
Q(-hR) l'effort vertical appliqué à la semelle;
T(-hR) l'effort horizontal appliqué à la semelle.
TpCO) = mm
. ( Q (0)
Q(~hR)T(-hR), Qp(O)tano)
.1
Il faut observer également que l'effort transmis en tête de l'inclusion ne peut ja- (3 .14)
mais induire un déplacement de la tête d'inclusion supérieur à celui du sol envi-
L . 1 ·
ronnant.
z:~e~~ us1~ns _ne sont pris7s e? compte que si elles se situent strictement dans la
Une manière acceptable d'obtenir une enveloppe des sollicitations est donc d'ap- mpnmee comme defirue sur la figure 3 _21 _
pliquer un effort tranchant en tête d'inclusion qui «ramène» le déplacement de Commentaire. Le matelas de répartition permet une diffu . d ffi d . .
me t d · s10n es e orts e c1sa11le-
la tête de l'inclusion à une valeur égale à celui du sol environnant sous réserve sio~. engen res par T avec la profondeur. Il est sécuritaire de négliger cette diffu-
qu'il demeure inférieur à la borne définie par l'équation (3.13).
Commentaire. Les calculs numériques effectués dans le cadre du projet ont montré
que l'effort tranchant effectivement mobilisé en tête d' inclusion dépendait du degré
de mobilisation de la résistance au cisaillement du matelas. Comme le « poinçonne-
ment» de la tête d'inclusion dans le matelas mobilise, sous la composante verticale
de la charge, une partie de cette résistance au cisaillement, l'effort tranchant mobi-
lisable en tête dépend du solde de résistance mobilisable. L'effort tranchant mobili-
sé est faible lorsque l'effort vertical dans le matelas sur la tête d'inclusion est proche

136
137
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

À p~rtir de la contrainte de cisaillement appliquée au sol au niveau de la tête d, .


~us10n~ ~n calcule, à partir d'un angle de diffusion~' la répartition des contrain:
1
e c1sai ement -r(z) _s~ la hauteur des terrains, jusqu'au substratum mécani ue
(dans lequel on cons1dere que les déformations de cisaillement sont négligeabl~s).
En partant
'fi du. substratum mécaruque
· · ·
on mtegre . . pour obtenir le profil
la distorsion
de de ormat10n :
Matelas de
Solen g(z) = L 't(z)IG(z) dz 3 16
répartition
compn!SSÎOO G(z) module de cisaillement du sol à la profondeur z. ( · )
On cale le paramètre p pour obtenir une déformation en tête g(- hR) égale à la va-
lnclU8ionS leur v(- hR) établie préalablement.
soki1éeS ni en
complH&ÎOO ni Le profil de déplacement obtenu est le champ de déplacement g(z) recherché.
au clsalllemenl
Comment~ire. Lorsque le sol est homogène, on peut aussi adopter le profil trilinéai-
re propose par Borel (200 1) pour les fondations mixtes.
Figure 3.21. Inclusions prises en compte vis-à-vis des sollicitations latérales.
~a~leau 3.111. Approximation trilinéaire du déplacement relatif dans l'axe d' Il
Il convient : ng1de rectangulaire L x B à la surface d'un massif de hauteur H (valable pou;eH~~";e3~
- d'établir la distribution des réactions verticales du sol et des inclusions par un
Profondeur relative z/B 0 0,4 3
modèle de cellule élémentaire sous charge verticale ;
- de convertir ces réactions en raideurs surfaciques équivalentes pour le sol et les Déplacement relatif g(z)/g(O) 0 ,5 0,25 0

inclusions ;
- d'établir la distribution des réactions verticales entre le sol et les inclusions au
niveau de la base du matelas qui équilibre le torseur [Q(- hR), M(- hR)].
1 -o- HIB = 5 UB = 0.25
Commentaire. Le fait de négliger dans cette étape à la fois l'effet de groupe (qui 1
impliquerait des coefficients de réaction plus faibles) et le déplacement du sol g(z)
engendré par l'effort de cisaillement résiduel (T - Z.T;) représente des simplifica-
g
O>
u.
0.75 1
- - - - 1- -
1
1
-+-H/8=5 UB =1
-A- H/8=2.5 UB =1
- H/8 =5 UB = 4
tions jugées acceptables. ~
w
: - Approximation trilinéaire
a:
1-
--,--- --T- --- -,- - - --
0 Modèle analytique MH2 zw 1 1 1
1 1
::!: 1 1
L'effort horizontal appliqué à la semelle est utilisé pour calculer le déplacement w
0 ~~~llJ.,;::'
-- +- - ---1- - -- -
...J
horizontal de la semelle v(- hR) reposant sur un massif de fondation élastique. ~
1

00~~~~~-=~::;;~::~s;;~'~~==J
w
0
On peut utiliser les formules d'impédance d'une fondation à la surface d' un mas-
2 3 4
sif élastique. Par exemple pour une fondation circulaire de rayon R à la surface
d'un massif homogène isotrope caractérisé par un module de cisaillement G et un PROFONDEUR RELATIVE z/ B
coefficient de Poisson v la raideur Kx = Tlv vis-à-vis d'un effort horizontal a pour Figure 3.22. Approximation trilinéaire du profil g(z) (Borel, 2001).
expression (Pecker, 1984): ~calcul au coefficient de_~éacti~n ~e fait en prenant en compte ce champ de dé-
Kx = 8GR/(2 -v) (3.15)
ce~ent g(z) et les cond1t1ons bffiltes suivantes :
Des solutions analogues pour un massif bicouche sont données par (Gazetas, - en tete de l'inclusion :
1990). Mp(O) == O (3.17)

139
138
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

et T (0) évalué conformément aux recommandations du para~aphe 3.2.1. l. En Étape 4. Le monolithe de module équivalent E*, éventuellement étendu au volu-
artfculier une enveloppe des sollicitations est obtenue en cho~s1ssa~t co,mme va- me de la semelle (module Eb) est assimilé à un pieu chargé transversalement en
fe
ur T (0) 'celle qui « ramène » le déplacement de la tête de l'mclus1on a_un,e_va-
P . , T (0) demeure mfeneur
interaction avec le massif extérieur par des appuis élastiques p( v). Le chargement
transversal considéré est caractérisé par le torseur [T, M] appliqué à la semelle. Le
leur g(O) égale à celui du sol environnant sous reserve que P
calcul établit le profil de déplacement latéral g(z) du monolithe sous l'action du
à la borne définie par (3 .13) ; chargement. Il établit également la rotation ro(- hR) de la semelle (Fig. 3.24).
- en pied de l'inclusion: (3.18)
Mp(L) = 0 M=487kN/m
et TpCL) = 0
D Modèle analytique MH3 (méthode du monolithe)
(3.19)
n --0.01 0
v (cm)
1 2 3 4
O-t---t---1,__-t--T:::;:ool- -
Le modèle MH3 quis ' inscrit à la suite du modèle ~3 est constitué par deux éta-
1 1 1
1 1 1 1
2 - _l__.l_.l_J
pes successives supplémentaires (Simon, 2010) (Fig. 3.23).. . . 1 1 1 1
3 1 1 1 1 1
Commentaire. Le monolithe considéré correspond à la seule partie comprunee sous 1 1 1 1 1
4 t- -t-- -t--t-;
la semelle. . , 1 1 1 1 1
5 1 1 1 1 1
La démarche est similaire à celle utilisée pour étudier un pieu isolé sur appms elas- l. _ .l_.l _ .l_J
6
tiques p = p(v) < Plim sous chargement transversal, représenté par des e~orts ponc- 7
1 1
1
1
1
1
1
1
1
tuels T M appliqués en tête et/ou un déplacement imposé du sol enca1s~ant g(z). 8 -
1 1
-+-+-+--l
1 1

Cependant le faible élancement du monolithe et son caractère orthotrope imposent


de prendre,en compte les déformations d'effort tranchant. - - Monolithe
·1· ' 1 ieux est en
Le modèle simple d'une poutre élancée, largement ut! ise pour es p '
général inapproprié.
Figure 3.24. Étape 4 du calcul selon le modèle MH3 pour l'exemple de la figure 3.15a.

g(z) Commentaire. Le monolithe considéré étant généralement de faible élancement, les


déformations d'effort tranchant contrôlées par le facteur G*0. 1 (G* module de ci-
saillement équivalent du monolithe et 0. 1 section réduite d'effort tranchant) ne peu-
vent pas être négligées devant les déformations de flexion contrôlées par le facteur
E* l (E* module de déformation équivalent du monolithe et l inertie de la section
droite de la zone comprimée du sol homogénéisé).
Le module de cisaillement équivalent G* peut être assimilé au module de cisaillement
du sol seul (la contribution des inclusions à la résistance au cisaillement demeure en
effet négligeable devant celle du sol). Cette valeur G* est donc E501/[2( 1 + 0] qui est
nettement inférieure à la valeur E*/[2(1 + 0] qui serait obtenue dans un monolithe en
matériau isotrope. Ceci explique pourquoi les déformations d 'effort tranchant ne peu-
vent pas être négligées devant celles de flexion . (E501 est le module de déformation du
sol non renforcé).

Étape 5. Un modèle aux coefficients de réaction, limité à l'inclusion seule suppo-


Etape 4 Etape 5
sée soumise au champ de déplacement g(z) précédent est conduit pour les condi-
Figure 3.23. Principe des étapes 4 et 5 du modèle MH3. tions aux limites pertinentes :

141
140
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

Les efforts Qp(z), Tp(z) et Mp(z) obtenus dans les différents cas de charge doivent
- en tête de l' inclusion: (3.20) être combinés pour vérifier les contraintes dans les inclusions.
M (0) = 0 . h 3 2 1 1 En Commentaire. Les différentes inclusions positionnées sous la semelle subissent des
e/ T (0) évalué conformément aux recommandat10ns du para~ap e . . . .
efforts verticaux a priori différents du fait de la rotation de la semelle. L'effort ho-
~ . d ollicitations est obtenue en cho1s1ssant comme va-
part1cuher, une enveloppe_ es s , td tête de l' inclusion à une va- rizontal appliqué en tête de chaque inclusion doit demeurer compatible avec 1'effort
leur T (0) celle qui « ramene » le dep 1acemen e 1a "nfi' . vertical associé (suivant formule 3.13).
P . , rve que T (0) demeure 1 eneur
leur g(O) égale à celui du sol envrronnant sous rese P 3.2.2. Sollicitations sous chargement dissymétrique
à la borne définie par (3.13) ; Les inclusions peuvent être soumises à des sollicitations parasites de flexion dans
- en pied de l'inclusion : (3.21) certaines situations. Il peut s'agir des sollicitations subies par les inclusions péri-
Mp(L) = 0 (3.22) phériques des traitements faits sous des remblais (zone de talus), ou celles placées
etTp(L)=O fl' h. sous un massif culée en sol renforcé, mais également des sollicitations imposées
Ce calcul établit la distribution de l' effort tranchant Tp(z) et ~e moment ec is- par des chargements dissymétriques sur un dallage industriel voire celles impo-
sant Mp(z) dans l'inclusion résultant du chargement [T, M) (Fig. 3.25). sées durant un séisme.
Dans le cas des inclusions placées sous les talus de remblai, une approche de type
Mp(kN.m) Tp{kN)
g (z) v(cm)
-10 0 10 20 30 40 -20 -10 0 10 20 g(z) est possible. Le déplacement maximal g max du profil est à relier au tassement
1 2 3
0
o+-+-t-..:1t-1--
maximal ys(O) en partie courante, après traitement. Le facteur de proportionnalité
r = gmaxlys(O) ainsi que la forme de la courbe g(z) peuvent être choisies en réfé-
rence aux observations faites sur les remblais instrumentés (norme d'application
fondations profondes NF P 94 262).
Les sollicitations de flexion dans les inclusions peuvent être calculées comme cel-
les de pieux placés dans un sol subissant le déplacement g(z ).
1
1 Commentaire. Les inclusions ne représentant généralement qu 'un faible volume du
sol renforcé, il est licite de considérer que le déplacement libre du massif de sol entre
-+ _ Déplaœmenl g(z) les inclusions n' est pas modifié par celles-ci.
- lrdJsion Dans le cas des séismes, la courbe g(z) à considérer est celle définie par la défonnée
du sol en champ libre qui dépend du profil des vitesses des ondes de cisaillement V5
(AFPS, 2011 ).
Etapes
Figure 3.25. Étape 5 du calcul selon le modèle MH3 pour l'exemple de la figure 3.15a.
4. MODÈLES NUMÉRIQUES EN ÉLÉMENTS OU DIFFÉRENCES
effo.~ dan~ Linclu~~~~~ !~~~~e:~ s~~e~~~t~~:1::1~: ~: ~:~~~
1
FINIS
Les axiaux les !e
rapport a l axe de rotat10n. a ro R . ' d rota- La méthode des éléments finis et celle des différences finies sont les méthodes les
détermine en effet dans l'axe de la cellule placée à la dtstance d de 1 axe e plus couramment utilisées pour résoudre les équations de la mécanique des mi-
tion, le tassement: (3.23) lieux continus.
y (- hR) =ro(- hR).d l Elles reposent sur une discrétisation du domaine à étudier. À partir de modèles de
P . , tre de cette cellu e
Les efforts normaux associés dans l'inclus10n place::~r c;~ent vertical unifor- comportement des sols et des différents matériaux constituant le domaine étudié,
sont estimés en les assimilant~ ceux obtenus so(us; ) =
me de la cellule donnant le meme tassementyp - R Ys
l-
h ). Ceci est fait par
R
elles permettent de simuler le comportement du milieu discrétisé en termes de
contraintes et de déformations sous l'effet d' un chargement.
un calcul spécifique enchaînant les étapes 2 et 3.

143
142
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

- de l'utilisation d'interfaces entre éléments structuraux et le sol pour autoriser la


La précision d' une simulation dépend de la pertinence des mod~le~ de_~omporte­
prise en compte des phénomènes d'interaction sol/structure ;
ment de sols utilisés et de la discrétisation retenue pour le massif etud1e.
- des conditions aux limites.
Elles permettent ainsi une vérification des critères de portance et de stabilité de la
4.1. Intérêt de ces méthodes
zone modélisée.
Pour l'utilisateur, il n' y a pas de différence notable entre les deux méthodes. . Ces outils récemment mis à la disposition du géotechnicien permettent de simuler
On présente à titre d'exemples un modèle de maillage 2D d'é~éments fims
des ouvrages complexes (en termes de géométrie et de comportement). Ils per-
(Fig. 3.26) et un modèle 3D de massif renforcé sous une semelle (Fig. 3.27). mettent de traiter de manière complète des problèmes impossibles à aborder de
manière analytique.
Par rapport aux méthodes simplifiées, la modélisation numérique en mfüeu con-
tinu prend en compte l'ensemble du massif de sol, des inclus ions rigides et des
interfaces entre les différents constituants. Elle conduit au calcul des déplace-
ments, des déformations, et des contraintes pour chaque élément. Ce type de mo-
Figure 3.26. Modèle de calcul 20 d'un remblai sur sols compressible.
délisation permet également de considérer un couplage hydromécanique, lorsque
des problèmes de consolidation surviennent.
L'histoire de la construction de l' ouvrage, par exemple le phasage de mise en pla-
ce de remblais, la mise en place de géotextile, de dallages, les rabattements de
nappe, sont pris en compte et l' impact de chaque phase de réalisation peut donc
ainsi être évalué.
La modélisation numérique en milieu continu permet de traiter la vérification des
ouvrages vis-à-vis des déplacements (ELS), mais aussi par rapport au risque de
ruine (ELU).
Des calculs en petits déplacements sur la géométrie initiale (cas courant) sont gé-
néralement mis en œuvre. Dans certains cas, lorsque les effets du second ordre ne
peuvent plus être négligés, il convient d ' effectuer les simulations en grands dé-
placements. Ce type de modélisation permet de réactualiser la géométrie du
maillage adopté au cours du chargement. Ceci s'impose pour prendre correcte-
ment en compte l' influence de nappes de renforcement qui développent des ef-
forts de traction, fonction des déplacements verticaux qu'elles subissent.
Figure3.27. Exemple de maillage 30 d'une semelle sur inclusions rigides. Ces méthodes permettent à partir d ' une bonne connaissance du comportement des
sols traversés, des inclusions, des interactions entre les divers constituants et du
Le résultat obtenu à l' aide de ces méthodes est une solution approchée et la pré- phasage de réalisation de l'ouvrage d'aboutir à des simulations pertinentes du
cision de cette solution dépend : . mode de comportement de l'ouvrage.
_ des lois de comportement des matériaux et des mt~r:aces ; . , , .a- Elles ont l' intérêt de permettre la réalisation d 'études paramétriques pour mettre
- de la discrétisation. Par conséquent, le maillage d01t etre plus fin la ou les van en évidence la sensibilité de tel ou tel paramètre.
tions du champ de déformations sont les plus importantes ; . .
- du type d'éléments adopté (nombre de nœuds) et d_es lois d' interpolat10n pnses
en compte dans chaque élément (linéaire ou quadratique);

145
144
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 3 - Modèles de calcul

4.2. Limites de la modélisation bidimensionnelle


Actuellement on utilise encore essentiellement pour les ouvrages courants des
modèles 2D, soit en déformation plane, soit en configuration axisymétrique.
En configuration axisymétrique, la maille centrale dans l'axe du remblai est mo- Plaque
délisée en transformant l'aire d'influence de l'inclusion, rectangulaire ou carrée,
en disque (Fig. 3.28). Par ce type de configuration on ne peut s'intéresser qu'à une
maille élémentaire proche de l'axe du remblai ou au centre d 'un dallage.
En déformations planes, la réponse complète de l'ensemble du remblai ou du dal-
Figure 3.29. PMo~éli~at_ion d~ i:ensemble d u remblai et du sol renforcé
lage sur sol renforcé par inclusions rigides peut être obtenue en faisant de fortes
ar inc usions ng1des en déformation plane.
simplifications quant à la géométrie des inclusions rigides. Si l'hypothèse 2D est
correcte pour le remblai, elle ne l'est plus avec les inclusions rigides. L'inclusion 4.2.1. Modèle axisymétrique
ponctuelle 3D doit alors être transformée en une plaque « équivalente » 2D
(Fig. 3.29).
~:l:~:!!el ~isy:étriq~~ ~e pourr~, e~ to~te rigueur, modéliser que la maille cen-
xe u rem a1 suppose lu1-meme symétrique (Fig. 3.30).
Pour un dallage on peut avoir en plus un comportement propre du dallage plus Pour un dallag~, on ne pourra modéliser que la maille courante non lacée aux
proche du 3D que du 2D. On s'éloigne alors fortement de la réalité, l'espace de bords, et sous reserve que le chargement soit uniforme au droit de la r:aille.
calcul étant 2D.

j a j a
1 1
1
---·--·· -----.. &i . . l
i ~. --i--
.0 1
'
~--~---·
' ~I

i .. . . +·.
~ . -- .Î--+1
.
___....!
&l • • 1 •
------1-----~ 1

--.------·-----~
1

Figure 3.28. Modélisation axisymétrique de la maille centrale (à droite).

Figure 3.30: Mo~èle axisymétrique représentant une maille unitaire d'une charge
repartie, reposant sur un sol renforcé par inclusions rigides.

146
147
PROJET NATIONA L ASIR/
Chapftre 3 - MOdèles de calcul

4.2.2. Modèle en déformation plane une couche plus compacte . s · tt h


ce e couc e ne repose pas sur un substratum ri ide
', I
Dans ce type de configuration, les files d'inclusion sont transformées en voiles o; s~r une co~c~e de sol tres compacte il faudra modéliser sous la pointe de; in-
perpendiculaires au plan du modèle. c. usions une epa1sseur de terrain suffisante pour que sur la limite géométr"1 h
Pour représenter l'ensemble du remblai et des inclusions rigides en 2D, il faut nz?ntale le~ défo?Dations liées aux contraintes apportées par l'ouvra ;:~ ~~ 1
pomtes des mclus1ons deviennent négligeables Ont. dr g . .
modéliser les inclusions rigides sous forme de voile de rigidités équivalentes EA d l' ffi d. · ien a compte en particulier
e e et ra ier apporté par les groupes d'inclusions (Fig. 3.32).
vis-à-vis de l'effort normal et El vis-à-vis de la rigidité à la flexion en vérifiant en
outre que le frottement développé contre cette plaque et les efforts transmis en tête La c~arge transmise sur les inclusions est reportée sur la couche su ort
et en pied de la même plaque sont comparables aux grandeurs réelles appliquées donc _important de tenir compte de l'épaisseur et des caractéristiques ~~s c~~!:::
aux inclusions. sous-J~centes. En effet, une compressibilité de celles-ci peut engendrer des ta
ments llllportants. sse-
La largeur du voile en tête et en pied est adaptée pour conserver le taux de recou-
vrement et donc l'effort en tête et en pied. Les paramètres d' interface doivent être
adaptés pour conserver l'effort mobilisé par frottement latéral.
Le modèle plan constitue donc une approximation acceptable pour les calculs d'in-
clusions sous les remblais. Il est par contre mal adapté pour vérifier les contraintes
dans le matelas sur les têtes d' inclusion et les sollicitations dans le dallage.
Néanmoins selon les grandeurs recherchées (contraintes, déplacements), on peut
choisir de ne respecter qu' une partie des critères précédents. On devra juger de la
validité des résultats du modèle en déformation plane en comparant ceux-ci aux
résultats d' un modèle axisymétrique.
4.3. Modélisation Figure 3.31. Conditions aux limites. Figure 3.32. Effet radier
et zone d'influence.
4.3.1. Limites géométriques du modèle
Les limites du modèle sont choisies de telle sorte qu'elles n'influencent pas les I~ peut être utile de tester la sensibilité des résultats en examinant comm t
résultats du calcul. c1 sont affectés par le choix de limites plus éloignées. en ceux-

Dans le cas du modèle en configuration axisyrnétrique, les limites géométriques 4.3.2. Conditions aux limites
verticales sont imposées par le modèle qui a un comportement œdométrique Dans Je c.as ~~ modèle en configuration axisymétrique, le déplacement horizon
(Fig. 3.31). est par defin1t1on nul à 1'axe et au bord extérieur du modèle. ta!
Dans le cas de modèle en déformation plane les limites géométriques verticales Dans le cas.de modèle en défo~~tion plane, on impose le plus souvent un dé la-
du modèle doivent se situer à une distance telle que les déplacements et les con-
=~nt(~?nzontal nul sur les hm1tes verticales du maillage. Quand il y a un/sy-
es; pa~ dé~ ~:3 I ), plar exlemple en d~formation plane, le déplacement horizontal
traintes apportés par les chargements soient négligeables sur ces limites. Pour un
ouvrage parfaitement symétrique (géométriquement et mécaniquement) et des I ion nu sur e plan vertical de symétrie.
chargements également symétriques on étudiera seulement la moitié de l'ouvrage Pour les deux m d ' I ·
(Fig. 3.28 par exemple). lim1"t h . Io ~ e~ ?n impose un déplacement vertical et horizontal nul sur la
e onzonta e infeneure.
Pour les deux modèles, les limites géométriques horizontales peuvent être impo-
sées par la géologie dans le cas d' un substratum rigide ou d' une couche de sol très
compacte à faible profondeur. Dans des configurations classiques, les inclusions
rigides traversent une couche de sol compressible pour s'ancrer légèrement dans

148
149
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

4.3.3. Modèle axisymétrique d'une cellule élémentaire


4.3.3.1. Remblai
Loin des extrémités du remblai (Fig. 3.33), on pourra considérer un modèle axi-
symétrique (Fig. 3.34).

20kPa lndusions
rigides Sol compressible
argilo-limoneux

Géogrille

Figure 3.35. Schéma de principe du renforcement du sol Figure 3.36. Cellule


en place par des inclusions rigides (cas du dallage). élémentaire.
lndusions Sol compressible
rigides 81fP.>-1imoneux
4.3.4. Modèle en déformation plane
Les exigences propres à ces modèles sont détaillées en 4.2.2. D 'autres exigences
d'ordre géométrique sont à considérer.
À titre préliminaire les dimensions du modèle sont les suivantes :
Figure 3.34. - largeur du demi-modèle telle que LM - LR > 2 H;
Figure 3.33. Schéma de principe du renforcement d~ sol en place Cellule élémentaire.
par des inclusions rigides (cas du remblai). -profondeur du modèle telle que HM > 3LR (Fig. 3.37).
D'autre part, vis-à-vis de l'influence des pointes des inclusions rigides, on retien-
4.3.3.2. Dallage dra la valeur maximale suivante sous les pointes :
Un modèle axisymétrique ne peut représenter que la maille centrale. d'un ré~eau - 10 fois le diamètre de la pointe ;
- 3 fois la largeur du radier équivalent au groupe d'inclusions.
d'inclusions rigides. Il est notamment adapté pour des charges surfaciques umfor-
Dans tous les cas il convient de vérifier que les résultats obtenus ne sont pas in-
mes.
Le rayon R du modèle équivalent est fixé de maniè~e à repr~senter l'aire .d'une
fluencés par les dimensions du modèle qui ont été retenues.
maille élémentaire sous réserve qu'elle soit proche d un carre (b < 1,25 a)· Trè~ souvent l'ouvrage est symétrique du point de vue géométrique et hydromé-

R = fa.! (3 .24)
~mque ; dans ces conditions, fréquemment rencontrées, on se servira de la symé-
trie pour ne traiter que la moitié de l'ouvrage (Fig. 3.31 ).

151
150
Chapitre 3 - Mode/es de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

tre de rigidité EA très faible qui permettra facilement de remonter par simple
LM
proportionnalité aux efforts dans l'inclusion.
LR
4.3.6. Comportement du massifsous le volume renforcé
HR Le modèle axisymétrique de la cellule élémentaire représente le cas d' un charge-
ment de très grande extension latérale. Aucune diffusion des charges n'intervient
hors du volume considéré. Ce modèle est représentatif sur la hauteur des inclu-
sions qui tendent à canaliser les charges appliquées en tête du modèle. On doit re-
HM trouver une distribution uniforme des contraintes dans un plan horizontal situé
entre la base des inclusions et la base du modèle : plan neutre d'égal tassement
inférieur (Fig. 3.39).
d · 1 1 d'un remblai
Figure 3.37. Critères d'ordre géométriq~e pour le mo e e pan Plan neutre au-dessus
sur inclusions.
__________ / d e l'indusion

4.3.5. Éléments volumiques ou linéaires .


Les inclusions rigides peuvent être représentées par des éléments volumiques ou
Plan neutre sur la
ar des éléments poutres (Fig. 3.38). . /hauteur de l'indusion
P 1 référable de modéliser les mclu-
~ans l~s _pdrojets ddeesree~:c;;:e~~~:i~~~~ tp~~~ ~eprésenter les interactions en tê- -+-+- -+-.r-
s1ons ng1 es par
te, en pied et le long du fût.
Matelas - •• - ••- •• ~Plan neutre au-dessous
de
répartition de l'indusion

Figure 3.39. Plans d'égal tassement supérieur, intermédiaire et inférieur


autour d'une inclusion.

Il est nécessaire d'examiner les tassements susceptibles d'être engendrés par cette
distribution uniforme de contrainte dans le volume du massif situé sous ce plan
d'égal tassement.
Lorsque ces tassements ne sont pas négligeables, leur estimation peut nécessiter
un modèle spécifique distinct de celui de la cellule élémentaire :
- prolonger simplement le modèle de la cellule élémentaire est en toute certitude
pessimiste puisque aucune diffusion latérale n'intervient. Le tassement calculé
ainsi est une borne supérieure du tassement total sous l'ouvrage (Fig. 3.40);
Eléments linéaires - un modèle consiste à estimer les tassements d' une fondation fictive de mêmes
Eléments volumiques .
dimensions que l'ouvrage, placée au niveau du plan neutre situé sous la pointe des
Figure 3.38. Modélisation des inclusion~ ~a~ des éléments volumiques
ou des éléments hnea1res. inclusions et chargée avec la contrainte moyenne sur l'ouvrage. Le tassement en
surface est la somme du tassement de la cellule élémentaire (modèle arrêté au plan
' . "(li-
' , d éléments volumiques en elasttc1 e neutre sous la base des inclusions) et du tassement de la fondation fictive.
Lorsqu'une inclusion est represen~~e par ~s d . t , lement un élément pou- (Fig. 3.41) ;
néaire, l'exploitation peut être fac1htee en mtro msan ega

153
152
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

Q
d, 1 20 global del' ouvrage depuis la surface tenant compte de ses dimen-
~i:sm;la::u axisymétrique) où la zone renforcée est ~raitée c~~e u~ zoned~~­
mo énéisée permet de représenter une diffusion moms pess1m1ste. , e mo e e
pe!et d'introduire une interaction latérale entre la zone non renforce~ et l~ ma;-
sif encaissant. Le tassement calculé par le modèle représente une esnmatton u
tassement de l'ouvrage (Fig. 3.42).
Q

11 11
11 11
11 11
11 11
11 11
11 11 Figure 3.42. Volume homogénéisé en interaction avec sol non renforcé
11 __._ _
_ _.i.. ..... ....11J....-
pour estimer les tassements du massif sous-jacent.

4.3. 7. Modélisation en 3D
Le principal avantage de la modélisation tridimensionnelle est que l'on peut re-
présenter la problématique de façon globale. La prise en compte d ' un talus ren-
forcé, d'un chargement de semelle sous chargement complexe ou d' un dallage
non uniformément chargé peut conduire à développer ce type de simulation.
Figure 3.40. Extension du modèle de la cellule éléme~taire vers le bas
Néanmoins ces modèles conduisent à des temps de calculs élevés.
pour estimer les tassements du massif sous-iacent.

Q
4.4. Lois de comportement
4.4.1. Étude des paramètres du modèle
Quels que soient le type de modélisation et l'outil de calcul utilisés, les paramètres
de la modélisation doivent permettre aux modèles numériques de représenter
autant que possible le comportement du projet étudié.
La phase de calage des paramètres consiste à vérifier que le modèle de comporte-
ment adopté, combiné au jeu des données retenues fournit des résultats représen-
Opointe tatifs lorsqu' il est appliqué à la simulation des essais disponibles. Il est
notamment important de caler, dans les phases préliminaires, les paramètres dé-
\
,', ______ ,,,_ /
_______
""------"' /
________ / / taillés dans les paragraphes suivants. En l'absence des données expérimentales du
terrain, il est conseillé de choisir les hypothèses plus défavorables.
À défaut d' une comparaison directe avec un essai de chargement sur site, il est
Figure 3.41. Semelle fictive chargée à la P?inte d~s inclusions recommandé de vérifier la capacité d ' un modèle de dimensions adaptées, utilisant
pour estimer les tassements du massif sous-iacent. les lois et paramètres choisis, à fournir une courbe de chargement en tête d' une

155
154
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

. . , , 11 estimée par l'approche semi-empirique com- Pour déterminer les cinq paramètres (tableau 3.IV), l'essai le plus approprié est
inclus1on isolee comp~r~bl~ a ce e F nk et Zhao avec les valeurs ultimes qs l'essai triaxial.
binant les lois de mob1lisatton de type ra
Tableau 3.IV. Paramètres de Mohr-Coulomb.
et q du type d'inclusion considéré. ,
P . andé de vérifier la capacité d 'un modele de Paramètre unité Détennination
De même sous semelle, il es~ recomm b d hargement en tête de la semelle iso- E (module d'Young) kPa, MPa Triaxial, pressiomètre (EM)
. . d t , ' fourmr une cour e e c . .
d1mens1ons a ap ees a , ti ,e par une approche semi-empmque
lée non renforcée comparable a ce11 e e~ me v' (coefficient de Poisson) sans 0,2 < v'< 0,4
de type pressiométrique ou pénétrométnque. cp' (angle de frottement) degré Triaxial, corrélations?

4.4.2. Caractéristiques mécaniques des sols c' (cohésion) kPa Triaxial, corrélations
, , . ermet d'utiliser des lois de comportement ljl (angle de dilatance) degré ljl "'cp' - 30°
L'utilisation des modeles numenque,s P t de sol On n' est donc pas obligé
. · , h que type d ouvrage e · . , .
« nu eux » adaptees .a ~ a br C l b » (en fait loi élastique hneaire- par-
d 'utiliser la se~le 101 dite«?: Mo - :~:e Mohr-Coulomb), bien que ce soit la
Cette loi qui décrit avec un nombre limité de paramètres le comportement des sols
faitement plastique avec cntere ~e ruhnip. . Les parame'tres des matériaux à en- jusqu'à la rupture peut néanmoins se révéler trop simpliste dans certains cas:
.1. • l s geotec c1ens - fouille pour lequel le massif de sol est en déchargement ; le module de déchar-
plus connue et utl isee par e , dr d ioi retenue pour modéliser un massif
trer dans le calcul vont donc ~epen e e 1a gement étant égal au module de chargement dans cette loi, ce qui n 'est pas réalis-
de sol une structure, un apput. te, le soulèvement calculé du fond de fouille s'avère trop important par rapport
' . z ( ue (Mohr-Coulomb) aux observations ;
4.4.2.1. Loi élastique linéaire parfaitement pas zq ' .
- sols compressibles légèrement surconsolidés dont le module de déformation ap-
. l ue des géotechniciens ; elle pourra s uti-
Cette loi du premier ordre est la p us con~ l il n'y a pas de problème de con- parent dépend de l'incrément de contrainte.
liser pour des sols assez compacts pour esque s L'état initial du sol, qui dépend de son histoire géologique et anthropique, devra
solidation. , · · d ·nq obligatoirement être précisé par des essais oedométriques à différents niveaux
Pour un matériau homogène et isotrope cette loi nécessite la determmat1on e c1 pour déterminer le degré de surconsolidation (Roc) en fonction de la profondeur.
paramètres (Fig. 3.43). Les contraintes apportées par l'ouvrage, remblai, surcharges sur dallages, réser-
voirs ... permettront de déterminer dans quel domaine les différents terrains seront
cisaillés : domaine normalement consolidé ou domaine surconsolidé (Fig. 3.44).
Pour les sols cisaillés dans le domaine normalement consolidé c'::::: 0, l'angle de

li~ \
2C' cos cp'+(a', + a'3 )sin cp'
frottement sera pris à l'état critique cf Ne= <p' crit (sur la surface de charge) et ne
se distinguera pas de l'angle de frottement au pic.
1 1
Pour les sols cisaillés dans le domaine surconsolidé, si la déformation est limitée
et inférieure à celle de la limite élastique (sous la surface de charge) les valeurs
seront prises au pic et on aura <p'sc = cp' pic et c' se = c' pic· Dans le domaine sur-
consolidé les chemins de contrainte aboutissent sur « !'ellipse d'état limite » ; les
extrémités des chemins ne sont donc pas alignées, toutefois généralement on li-
néarisera la courbe pour calculer cp' pic etc' pic· On peut constater sur la figure 3.44
que la détermination de <p' pic et c' pic est délicate et moins fiable que dans le do-
ardan (1·2v) maine normalement consolidé.

Figure 3.43. Loi de comportement élastoplastique.

157
156
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

q
1 1 1 V

--2 /c.,, =-
__ _J _ _ _ _ Etat critique _
200 N 0
al
1 1 1
a.. Domaine surconsolidé
~ 150 ~""'~'"" - ~--
(valeurs de pic) 1 A /:::.-

,--- ,·s ~~:


1 1 1
-;> - -+--- B
C'
13
+ 100
-o-
N
50 '
--...1. - - -
1
E
1
1
·:..; 1
:.,.. 1 1
:; 1
Il 1 ln p'
- ol---'-__,~...L.--4~~-+~.L--f-~~-r~~~ p'
p'
1

s' =
o; +03 ( kPa)
CVI courbe de compression isotrope vierge 1
1
2 LEC ligne d'état critique 1
CEC courbe d'état critique 1
V volume spécifique = (1 + e) 1
Figure 3.44. Détermination de qi' et c' dans les domaines normalement consolidé 1
et surconsolidé (d'après Josseaume et Azizi, 1991). Va volume spécifique initial 1
p' et q contrainte moyenne et contrainte
VA __ _ ___C' I
déviatorique
Des valeurs indicatives de c' et cp' , à partir des corrélations en fonction de IP sont
V
fournies dans le chapitre 6.
4.4.2.2. Loi élasto-plastique avec écrouissage (Cam Clay modifié) Figure 3.45. Courbe de compression Figure 3.46. Chemins de contrainte
isotrope. et de déformation vers l'état critique.
Cette loi est bien adaptée pour les massifs de sol soumis à des phénomènes de
consolidation primaire. P~ur déte~in.erles cinq paramètres principaux de la loi il faut procéder à des es-
On introduit les concepts d'état limite élastique et d'état critique à partir: sais oedometnques et à des essais triaxiaux (tableau 3.V).
- des essais de consolidation isotrope qui définissent les points de limite élastique
Le modèle Safi Sail dérive du modèle Cam Clay modifié.
(Fig. 3.45) ;
- des essais triaxiaux qui définissent les états critiques et la droite d'état critique Tableau 3.V. Paramètres du Soft Soi/ Mode/.
q = Mp' dans les axes de Cambridge {p', q} (Fig. 3.46), avec : Paramètre Unité Détennination
_ 6sincp' , (3.25) Oedomètre : Cc 12,3 (1 + e)
(indice de compression) sans
q - 3 - sincp'p
(indice de décompression-recompression) sans Oedomètre: 2C5 /2,3 ( 1 + e)

<p' (angle de frottement) degré Triaxial (ou corrélations?)

c' (cohésion) kPa Triaxial, (ou corrélations ?)

'V (angle de dilatance) degré "' "' q:i' - 30°

4.4.2.3. Loi élasto-plastique avec écrouissage (Cam Clay modifié)


et fluage
C~tte loi permet de prendre en compte la viscosité des sols (Fig. 3.47), elle s'ap-
1
p que surtout aux vases et aux tourbes pour lesquelles le fluage (consolidation se-

159
158
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

Tableau 3.VI. Paramètres du Soft Soif Creep Mode/.


rapport à la consolidation primaire de
condaire) n'est pas négligeable par Paramètre Unité Détenninatlon
Terzaghi. K. (indice de compression) sans Oedomètre : Cc /2,3 (1 + e)
Log t (min)
K. (indice de décompression-recompression) sans Oedométre : 2Cs /2,3 (1 + e)

Oedométre de longue durée


µ·(indice de fluage) sans
Cae /2,3 (1 + e)

<p' (angle de frottement) degré Triaxial (ou corrélations?)


c' (cohésion) kPa Triaxial (ou corrélations?)
11' (angle de dilatance) degré ljl"' cp' - 30°

4.4.2.4. Modèle hyperbolique de type élasto-plastique avec écrouissage


Les modèles du second ordre sont actuellement les modèles les plus avancés pour
simuler le comportement des sols raides et des sols mous. À titre d ' exemple, on
peut citer le modèle de comportement hyperbolique de type élasto-plastique avec
écrouissage (Hardening Soi/ model). Il comporte une première partie non linéaire,
un palier plastique, un module de déchargement supérieur au module de premier
chargement, et un écrouissage de compression et de cisaillement (Fig. 3.48). Il
permet également de simuler la dilatance avant rupture.
Les courbes déviateur q-déformation axiale E1 des essais triaxiaux y sont assimi-
lées à des hyperboles :
Figure 3.47. Courbes de fluage.

On définit Cu, taux de consolidation secondaire : q = (3.28)


l f, 1
-+-
!:l.H E; qa
!:l.E Ho (3 .26)
c (]. - =- avec:
!:l.lgt !:l.lgt E; module tangent du premier chargement ;
On définit, par ailleurs, par rapport à l'indice des vides, l'indice de fluage Cue: q0 valeur asymptot ique horizontale du déviateur.
(3.27) cr-cr;-cr3
C = !:l.lgt
!:l.e = C ( 1 + eo) q ___ __ __________ _ __ 3~~~-
o.e o.
avec eo : indice des vides initial ,
---- ------
Ligne de rupture
. ' tre de plus 11 faut proceder
Par rapport au modèle Soft Sail, il faut donc un p~e , . . tr. .aux (ta-
à des essais oedométriques de courte et longue duree et a des essais iax1
bleau 3 .Vl).

Figure 3.48. Relation entre la contrainte q et la déformation e1


dans le modèle hyperbolique.

161
160
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 3 - Modèles de calcul

Le module tangent E; augmente avec la contrainte cr' 3. 4.4.3. Caractéristiques hydrauliques des sols

E. = kp ( cr' 3)m (3.29)


Les valeurs des perméabilités des sols (perméabilités horizontale et verticale) per-
mettent de prendre en compte la consolidation. Elles nécessitent de connaître
' a Pa
l:évolution des valeurs des pei:méabilités en fonction de la contrainte apportée par
où k et m sont des paramètres déterminés à partir d'essais triaxiaux drainés et Pa 1 ouvrage. On rappelle la relation entre le coefficient de consolidation verticale c
est la pression de référence, généralement la pression atmosphérique ; k dépend et kv; V

de la nature du sol et de sa compacité. Pour un sable m est de l'ordre de 0,5, pour


une argile m est voisin de 1. c = kvEoed
v Yw (3 .30)
Le palier de rupture q1 est déterminé par le critère de Mohr-Coulomb, il tronque
la courbe déviateur-déformation hyperbolique (Fig. 3.48). R1 est le rapport ql qa ; Celle-ci peut également être exprimée en fonction de Cc, dans le domaine norma-
généralement il est compris entre 0,8 et 0,9 ; il est fixé par défaut à 0,9 dans Plaxis. lement consolidé et par extension dans le domaine surconsolidé en fonction de c
. V
Pour décrire complètement la loi il faut déterminer 10 paramètres. Il faut procéder P?ur une contr~mte verti~le cr' aussi proche que possible de la contrainte impo-
à des essais triaxiaux, en principe avec un palier de déchargement, pour mesurer see au sol par 1 ouvrage a construire :
Eu,.rer et des essais oedométriques (tableau 3.VII). kv(l + e )
cv = 2 ,3 C cr' dans le domaine« élastique » : cr' < cr' (3.31)
Tableau 3.Vll. Paramètres du Hardening Soi/ Mode/. ~w p

Paramètre Unité Détermination


kv(l + e)
cv = 2,3 C
cYw
cr' dans le domaine plastique: cr' > cr'
p (3.32)
rel kPa Triaxial CD avec mesure de Il V
Eso

Eoed
rel kPa Oedomètre Ce c~e~cie~t dépend de la ~ontrai?te cr', du coefficient de perméabilité verticale
kv qm s expnme en mis, mais aussi de la compressibilité du sol CJ (l + e ).
m sans Triaxial, corrélations ? 0
Eurrel La variation de la perméabilité kv est liée à la variation de l' indice des vides e
kPa Triaxial en déchargement (3 E 50rel)
(Fig. 3.49) par la relation suivante :
" ur sans Triaxial en déchargement (0,2)

pref kPa (100 kPa)


lg(kvJ = e -eo
k vo ck
R1 sans Triaxial (0,9) (3.33)
<p' (angle de frottement) degré Triaxial, corrélations?

c'(cohésion) kPa Triaxial, corrélations?

'I' (angle de dilatance) degré 'I' <p' - 30°

La détermination des paramètres des sols fait l'objet du chapitre 6, « Reconnais-


sances des sols ».
Commentaire. Pour caler les paramètres de cette loi il est nécessaire de disposer des
résu ltats d' essais triaxiaux drainés et/ou d'essais oedométriques.

162
163
Chapffre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

On utilise généralement la valeur du module à long terme pour les calculs de di-
mensionnement. La valeur du module à court terme n ' est utilisée que pour des si-
tuations accidentelles de courte durée (choc ou actions sismiques).
Le coefficient de Poisson est généralement pris égal à v = 0,2.
Le diamètre pris en compte est le diamètre nominal défini au chapitre 7 pour cha-
que technique d'exécution. La longueur est la longueur théorique.
4.4.6. Caractéristiques du matelas de répartition
Le matelas de transfert des charges est constitué d'un matériau granulaire ou traité
aux liants hydrauliques. Les caractéristiques de ce matelas peuvent être détermi-
nées à partir des essais de résistance des matériaux. Ce matelas peut parfois être
10"9 10
-8
10
-7 renforcé par des nappes géosynthétiques.
COEFFICIENT DE PERMEABILITE log k v ( m I s) Une loi élastique linéaire avec critère de plasticité de Mohr-Coulomb peut être
Figure 3.49. Courbe de variation du coefficient de perméa~ilité kv en fonction de l'indice adoptée pour les matériaux traités aux liants.
des vides permettant la détermination des parametres ck et de log kv0. Pour les sols granulaires dont le comportement dépend de l'état des contraintes,
une loi de comportement plus évoluée peut s'avérer plus pertinente. Le projet na-
Des valeurs repères et des corrélations entre ces grandeurs sont présentées dans le
tional ASIRI a établi les paramètres de déformation et de cisaillement de quelques
chapitre 6. matériaux représentatifs (grave industrielle, limon traité) (Oupia et al., 2007 et
4.4.4. Caractéristiques des interfaces inclusions/sol Okyay et al., 2010).
Les outils de calculs numériques proposent différents types d:interfa~e~ pour si- 4.4. 7. Caractéristiques des nappes de géotextiles
muler! ' interaction sol/inclusion. Les lois de cornpo~ement qm sont generalement
Celles-ci sont généralement caractérisées par une loi élastique linéaire dont le mo-
utilisées pour les interfaces sont de type élasto-plastiques. . . dule dépend du niveau de déformation anticipé et la durée d'application des char-
La partie élastique permet de représenter une mobilisation progressive du c1sa1lle- ges (selon les courbes isochrones du produit). Il importe de vérifier que la traction
ment avec la déformation. calculée est compatible avec les caractéristiques du matériau définies par la régle-
Pour la partie plastique, deux technique~ so?t utilisées: mentation.
_ soit une réduction sur q>' etc' est apphquee ; . . . ler 4.4.8. Caractéristiques du dallage ou du radier
_ soit un sol fictif cp' = O avec une cohésion non nulle e_st mtrodmt ~our s1mu
un frottement constant c' = qs en référence avec les pratiques françaises. Une loi élastique linéaire peut être utilisée. Le coefficient de Poisson est pris égal
à v = 0,2 pour les dallages conformément au DTU 13.3.
Il existe également d' autres moyens de traiter ce phénomène par exemple, en raf-
approche, ~I est plus
Pour être en conformité avec le calcul des tassements qui considère les déforma-
finant le maillage autour de la zone de contact. Dans rcette
. tlbles avec tions à long terme, il est recommandé d'adopter pour le module du béton du dal-
difficile de prendre en compte les valeurs de frottement 1m1te qs compa
lage ou du radier la valeur à long terme. Ceci est en accord avec le DTU 13.3 qui
les conditions d'exécution. précise à son article 6.3 que les charges de stockage sont à considérer comme des
Afin de représenter cette interaction et de _défin~r le~ pa;amètres d~ mod~~e,, ~:s charges de longue durée.
données des essais de chargement faits sur mclus10n 1solee peuvent etre ut1hse ·
La valeur du module à court terme n ' est utilisée que pour les charges de courte
4.4.5. Caractéristiques des inclusions rigides durée (actions dynamiques) et pour les situations accidentelles (chocs ou actions
sismiques).
Une loi élastique linéaire est généralement adoptée pour l'inclusion.

165
164
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

- s'assurer que les lois de comportement adoptées et les principes de la modélisa-


4.5. Phases de construction tion retenue ont la capacité de reproduire convenablement le comportement d ' une
Généralement les phases suivantes sont à considérer : . . inclusion isolée chargée en tête ou celui d ' une fondation représentative de
_ initialisation des contraintes : l'état initial doit défimr le rapport de surconsoh- l'ouvrage ;
dation de chaque couche de sol et le niveau des nappes d'eau ; -vérifier l'activation des interfaces et leurs propriétés;
- situations de construction : - vérifier que les critères de convergence ont été atteints ;
- reprofilage éventuel du site, - examiner phase par phase les résultats (déformée d'ensemble, champ de dépla-
_ exécution des inclusions, , . , cement, états de contrainte, efforts dans les éléments structuraux - efforts nor-
_ mise en place du matelas de transfert et des nappes de geotext1le eventue1- maux, effort tranchant et moment ... ) sur des sorties appropriées (cartes et
les, graphiques à échelles adaptées, ou tableaux) concernant tant l'ensemble du mo-
- mise en place du remblai ou de l'ouvrage; , dèle que les zones particulièrement sollicitées ;
_ situations de service (définies par l'association de systèmes d~ ~harge et d une - vérifier la cohérence des résultats vis-à-vis du frottement (négatif ou positif) et
hypothèse éventuelle quant au comportement drainé ou non drame des sols): du terme de pointe comme explicité au paragraphe 4.1 du chapitre 5 ;
- prise en compte des surcharges, . , - vérifier la cohérence des réactions latérale et frontale du sol sur la semelle de
_ calcul de la consolidation et du fluage éventuel des d1fferentes couches de fondation vis-à-vis de l'hypothèse consistant à négliger ou non ces réactions.
sol, Commentaire. La cohérence vis-à-vis du comportement du matelas explicitée en
- différentes conditions de nappe. 4.2 du chapitre 5 est automatiquement vérifiée par les modèles numériques qui in-
corporent le critère de résistance du matelas et représentent de manière individuelle
4.6. Calculs les inclusions (c'est uniquement le cas du modèle 2D axisymétrique de la cellule
Les lois de comportement choisies pour chaque couche sont a~ti;ées avec l ' hypo- élémentaire ou d'un modèle 3D).

thèse d' un comportement drainé ou non drainé adaptée aux d1:fer~nte~ pha~es, d.e 4. 7.2. Vérification des différents états limites
calcul. On attire l'attention sur le fait que, pour les sols, le m,odele e~asttque lmea1-
Les vérifications à effectuer sur les résultats sont détaillées dans le chapitre 5.
re parfaitement plastique (Mohr-Coulomb) n'est pas adapte pour simuler le com-
Elles doivent être présentées dans la note de calcul.
portement non drainé. .
Les calculs sont menés soit en petites déformations (hypothèse d'Euler),s01t en 4. 7.3. Contenu de la note de calcul
grandes déformations (hypothèse de Lagrange). Le calcul ~n grande_s defo.rma- La note de calcul doit expliciter les éléments suivants :
tions est indispensable avec des nappes de renforcement honzontal qui travaillent - valeurs de calcul des caractéristiques introduites dans les lois de comportement
comme des membranes (effet du second ordre). adoptées pour :
- les sols en place,
4.7. Exploitation des résultats
- le matelas de répartition,
L' exploitation des résultats a pour objectif de valider le modèle de calcul, vérifier - les remblais éventuels,
les différents états limites et établir la note de calcul. - les inclusions,
4. 7.1. Validation des résultats - les éléments structurels (dallage, semelles, radier),
- les nappes de renforcement horizontal ;
La validation des résultats exige de : . . . d s - description du modèle numérique (logiciel et version, types d'éléments) ;
- vérifier systématiquement toutes les hypothèses géotechniques mtrodmtes an
- géométrie du modèle et du maillage ;
le modèle; 'l l' d taf du mailla- - détail des phases de calcul ;
- contrôler la pertinence du choix des limites du mode e et a ap 10n
- résultats pertinents sous forme de tableaux et/ou graphiques adaptés à la confi-
ge aux zones les plus sollicitées ; guration du projet ; ceci peut inclure :

167
166
Chapitre 3 - Modèles de calcul
PROJET NATIONAL ASIR/

_ déplacement et/ou contraintes selon de~ coupes_du modèle,


- position des trois plans neutres s' ils existent (Fig. 3.3?), .
- déplacements en surface du modèle (cas d'un remblai) (Fig. 3.50), Zone plastifiée

7m

Inclusion
Zone plastifiée

Inclusion

Figure 3.51 . Extension des zones plasti- Figure 3.52. Extension des zones plasti-
ques sous 1 m de remblai révélant au-des- ques sous 7 m de remblai révélant
sus de la tête d'inclusion un mécanisme un bulbe de rupture confiné
de rupture débouchant à la surface du sol. au-dessus de la tête d'inclusion.

S. MÉTHODES PAR HOMOGÉNÉISATION


5.1. Méthode d ' homogénéisation simple
1 1
Figure 3.50. Déformée de l'ensemble de l'ouvrage. Une méthode d ' homogénéisation applicable lorsque les charges sont uniquement
" verticales consiste à étudier au préalable le comportement d' une maille élémen-
_ contraintes normales (ou effort axial) dans des inclusio~s repr~sentativ~s,
taire représentant une inclusion avec le volume de sol et matelas associé. Ce mo-
- moment fléchissant et effort tranchant dans les mêmes mclus1ons represen-
dèle de la maille élémenta ire est généralement assimilé à un modèle plan
tatives (si pertinent), . . . . axisymétrique.
_ champ des contraintes dans le matelas au-dessus d' mclus1ons repres~ntatt-
. 3 5 1 et 3 52) avec notamment représentation des zones plastiques, Les résultats de ce modèle sont alors comparés à ceux obtenus dans un second
ves (F 1g. . · , . . ffi rt tr modèle de mêmes dimens ions, où le sol et l' inclusion sont remplacés par un seul
_ sollicitations dans les éléments structurels (moment flechissant, e o an-
matériau supposé homogène dont on cherche à établir les caractéristiques pour
chant).
obtenir des résultats équivalents au premier modè le.
L' équivalence est généralement recherchée en terme de tassement ce qui p ennet
de définir le module apparent E* du matériau homogène équivalent permettant de
retrouver un tassement moyen comparable au sommet du modèle.
Les propriétés obtenues peuvent ensuite être utilisées dans un modèle de milieu
continu complet recouvrant plusieurs ou toutes les cellules élémentaires. Cette ap-
proche permet de réduire la complexité du modèle apte à rendre compte du corn-

169
168
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 3 - Modèles de calcul

portement de l'ouvrage complet. L ' approche décrite n 'est valide que pour le
Particule en interaction
niveau de chargement étudié. mutuelle
Il faut souligner le caractère erroné de l'homogénéisation qui consisterait à écrire Renforcement Matrice
comme pour les colonnes ballastées :
E* = (Ep AP + Es As)/A
EP et AP module de déformation et section de l' inclusion;
(3.34)
@-=-1
Es et As module de déformation et aire de sol.
Le glissement à l' interface sol/inclusion impose en effet d'introduire un coeffi- Figure 3.53. Principe de la modélisation biphasique d'un sol renforcé
cient correcteur B: par inclusions rigides.
E* = (EpAp'B + Es As)IA (3.35) Une telle modélisation aboutit à une description des contraintes (efforts intéri-
Les comparaisons faites ont montré que ce facteur Bpouvait être très largement eurs) relatives à chacune des phases prise séparément (Fig. 3.54) : contraintes
supérieur à 1O. classiques pour la phase matrice représentant le sol, densités d 'efforts axial tran-
chant et de moment fléchissant pour la phase renforcement qui apparaît' ainsi
5.2. Modèle biphasique étendu comme une distribution continue de poutres.
5.2. 1. Principe de la modélisation
S'inspirant d'une approche par homogénéisation, tout en permettant de remédier
aux insuffisances de cette dernière (absence de prise en compte des interactions
Interaction de
"pointe"
m'~
entre le sol et les inclusions rigides, ainsi que des effets de flexion et de cisaille-
.. ment dans ces dernières), la modélisation biphasique d'un sol renforcé par inclu-
sions rigides tire parti de trois caractéristiques de cette technique de renforcement
dans les cas de charges réparties (dallages ou remblais):
- la distribution régulière (périodique) des inclusions au sein du massif de sol ;
- l'échelle caractéristique du renforcement (espacement entre deux inclusions)
qui peut être raisonnablement considérée comme faible au regard des dimensions
d'ensemble de l'ouvrage;
- un matériau de renforcement (acier, béton ... ), ayant de bien meilleures proprié-
1nteraction
longitudinale •
Figure 3.54. Contraintes et efforts d'interaction relatifs à une modélisation biphasique.

L'interaction entre phases est modélisée par deux types d'efforts:


tés mécaniques que le sol, mais présent en contrepartie dans une faible proportion
- une densité volumique (notée D définie en tout point de la zone renforcée qui
volumique (quelques pourcents).
représente, à l'échelle macroscopique du modèle, les efforts exercés par le sol le
On trouvera dans (Sudret et de Buhan, 2001 ; Cartiaux et al., 2007 ou encore Has- long des inclusions de renforcement (interaction longitudinale) ;
sen et al., 2009) une présentation détaillée de cette modélisation incluant son ap- - une densité surfacique (notée 12) décrivant les actions exercées par le sol sur les
plication aux sols renforcés par inclusions rigides. Nous nous limiterons ici à en extrémités («pointes») des inclusions.
décrire le principe, illustré sur la figure 3.53. Le composite « sol-renforcé » est
5.2.2. Mise en œuvre du modèle
modélisé à l'échelle macroscopique, non pas comme un seul milieu équivalent
comme dans une approche classique par homogénéisation, mais par deux milieux ~ans le cas d'une couche de sol renforcée par une distribution régulière d ' inclu-
continus, dénommés «phases», en interaction mutuelle. sions rigides verticales, soumise à une surcharge verticale uniforme (Fig. 3.55),
la modélisation biphasique est équivalente à l'approche simplifiée développée
dans l'outil de calcul Taspie+ (Cuira et Simon, 2009). Dans cette configuration en
effet, les efforts dans les inclusions se réduisent à la seule sollicitation de corn-

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171
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 3 - Modèles de calcul

pression, tandis que les efforts d' interaction I et p sont purement verticaux. Les
lois d' interaction peuvent alors être directement identifiées à partir des courbes «
•- w » classiquement établies pour les pieux.
q
-p
g-0004
~ . t=e~~~~~=i-1'4"-i!i:~f.f---t----+----1
UJ
~ -o.ooa "ï.!7~r~~;-t-iH~H====:b:==::!:::==:-l
~ - 20 - Phase renforcement
;:! -0.012 ~'-+~-<IHOHr~~...._.,.,,_---l-. - 20 - Phase matrice

- 30 - Axe des inclusions

Phase matrice Phase renforcement -<>- 30 - Mi distance inclusions

Figure 3.55. Modèle biphasique simplifié. -0. 020 ~---'------'----L---...JL.__ _.L__ __J
0 10 20 30 40 50 60
Loin de se limiter à cette situation particulière, le modèle biphasique peut être en DISTANCE A L'AXE DU REMBLAI (m)
revanche facilement intégré à un code de calcul par éléments finis, et l'outil qui Figur~ 3.56. Comparaison entre un calcul biphasique (20)
en résulte permet alors de traiter des situations très diverses. L 'avantage décisif et une simulation numérique 30 (d'après Hassen et al., 2009).
d'une telle modélisation par rapport à une méthode de calcul classique consistant
à modéliser le sol et les inclusions comme des éléments géométriquement dis- 5.2.3. Effets de cisaillement et de flexion dans les inclusions
tincts est double. Se référant par exemple à une simulation numérique du problè-
Dans le cas où le sol renforcé par inclusions rigides n'est plus seulement soumis
me par la technique des éléments finis ou des différences finies, l'approche
à un ~h~r~eme_nt ~ertica~, mais également à un chargement horizontal (par exem-
classique consiste à discrétiser séparément les inclusions et le sol, la taille du
ple d ongme s1sm1que), Il n ' est plus possible, compte tenu de la section des inclu-
maillage devant être significativement inférieure à celle des inclusions. Le problè-
sions, de négliger les composantes de flexion et de cisaillement de ces dernières
me étant en outre tridimensionnel, une telle procédure numérique exige un temps
qui en viennent même à jouer un rôle prépondérant dans la stabilisation d~
de préparation du maillage très important et un temps de calcul considérable, in-
l'ouvrage. Le modèle biphasique complet, c'est-à-dire prenant en compte ces
compatible avec un dimensionnement rapide de l'ouvrage.
composantes de flexion et de cisaillement, peut alors être m is en œuvre numéri-
À titre d' exemple illustrant les performances du modèle biphasique, la figure 3.56 quement d~ns un code de calcul numérique (Thaï Son et al., 2009, 2010). La fi-
représente les profils de tassement en surface d'une couche de sol renforcée sou- gure 3.57 ci-dessous donne un exemple de calcul de stabilité d'un remblai sur sol
mise au poids d'un remblai, évalués à partir d'une simulation biphasique 2D et renforcé par inclusions rigides, qui met clairement en évidence le rôle stabilisa-
d'un calcul numérique complet 3D, beaucoup plus lourd à mettre en œuvre (Has- teur majeur joué par la résistance à la flexion de ces inclusions.
sen et al., 2009). Le modèle biphasique a été incorporé dans le logiciel CESAR-
LCPC (Bourgeois et al., 2006), les lois de comportement des phases, tout comme
les lois d'interaction, étant de type élasto-plastique.

172
173
PROJET NATIONAL A SIR/
Chapitre 3 - Modèles de calcul

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2007.

174
175
CHAPITRE 4

Conception

1. CHOIX DE LA MÉTHODE D'AMÉLIORATION


L'objet de ce chapitre est de dresser l'inventaire des éléments qui justifient le
choix d'une solution par inclusions rigides.
La particularité du renforcement par inclusions rigides verticales est de faire sup-
porter par le sol, en due proportion de sa résistance propre, une partie des charges
provenant de l'ouvrage, l'essentiel étant transmis par différents mécanismes aux
inclusions rigides mises en place. Le procédé s'applique à des fondations comme
à des ouvrages en terre.
Le critère essentiel est celui du déplacement relatif de l'inclusion par rapport au
sol : pour que le système fonctionne de manière optimale le tassement en tête du
sol doit être significativement plus important que le déplacement de l'inclusion,
le matelas granulaire étant destiné à absorber le différentiel ainsi créé.
D'une façon générale, le choix orientant le projet vers une solution d'amélioration
ou de renforcement des sols ressort le plus souvent d'une logique économique au
regard des solutions classiques de fondations profondes associées à des structures
d'ouvrage rigides et onéreuses (par exemple solution de plancher porté sous une
surface recevant une charge répartie).
Ce raisonnement est notamment pris en considération lorsqu' il s'agit de conce-
voir l'assise d'un dallage industriel fortement chargé sur des surfaces de plusieurs
milliers de mètres carré.
Différents procédés d'amélioration et de renforcement de sol peuvent être consi-
dérés pour pouvoir retenir par la suite un projet de dallage avec des caractéristi-
ques usuelles et/ou un système de fondations de type superficiel satisfaisant aux
critères de tassements absolus et différentiels.
Le choix de la méthode est principalement guidé par les critères suivants :
- données concernant le sol ;:
- nature et caractéristiques géomécaniques du sol compressible,
- épaisseur de la couche compressible,

177
Chapitre 4 - Conception
PROJET NATIONAL ASIR/

- référentiel technique à utiliser.


- présence d'un niveau aquifère;
- données concernant l'ouvrage : 2.3. Données concernant le contexte de réalisation des travaux
- nature et géométrie de l'ouvrage projeté (type et charge),
- délai de réalisation ;
- contraintes d'exploitation, - agressivité éventuelle du milieu vis-à-vis des bétons ;
- déformations et tassements résiduels admissibles ; - présence de blocs rendant difficile la pénétration ;
- données concernant le contexte de réalisation des travaux : - position de la nappe phréatique (substitution possible ou non) ;
- contexte environnemental, - variations de la nappe (saisonnières, à long terme) ;
- interface avec les différents lots de travaux (terrassement, dallage, gros
- nature des déblais extraits et conditions de réutilisation.
œuvre ... ),
- délai alloué aux travaux. 3. CRITÈRES DE PROJET
2. DONNÉES D'ENTRÉE La conception du projet exige que les critères de déformations à prendre en comp-
te lors des vérifications ELS soient définis et approuvés par le maître d 'ouvrage:
Suivant les critères rappelés précédemment, il convient de préciser en particulier
tassements absolus et/ou tassements différentiels.
les éléments suivants pour juger de l' intérêt d'une solution« inclusions rigides ».
Commentaire. Les critères à prendre en compte pour les vérifications ELU sont dé-
2.1. Données concernant le sol finis par les règlements en vigueur et les présentes recommandations.

- une ou plusieurs coupes types litho-stratigraphiques ; , . En l'absence de prescriptions par le maître d'ouvrage, il est possible de se référer
- compressibilité, profil de surconsolidation éventuelle ; ces donnees d01vent à l'un des documents suivants :
permettre de procéder à une estimation en fourchette du tassement final sans ren- - Annexe H (informative) de l'Eurocode 7-1(NFEN1997-1) qui présente des
forcement; valeurs limites des déformations des structures et des mouvements de
- position de la (ou des) nappe(s) ; . . , .. , . , fondations ;
- données relatives à la vitesse de consohdat10n et la permeab1hte des d1fferentes - Norme NF P 11.213 (DTU 13.3) qui précise les valeurs limites de déforma-
couches; . . tions absolues et différentielles pour les dallages ;
- profil de résistance du sol : capacité portante en fonction du mveau d'assise ; - Calcul des fondations superficielles et profondes (Frank, 1999) qui fait une
- hétérogénéité de l'épaisseur compressible ; revue des valeurs limites applicables aux bâtiments et ouvrages d' art ;
- capacité d'étreinte latérale ; - Référentiel technique Réseau Ferré de France ;
- teneur en matière organique ; - Référentiels techniques particuliers des réservoirs ;
- présence de couche sensible au fluage ; - Référentiels concernant les chaussées (uni de surface).
- conditions sismiques du site. En complément il faut également considérer certaines conséquences des déforma-
tions vis-à-vis :
2.2. Données concernant l'ouvrage et son exploitation
- du maintien des pentes des réseaux ;
- plan d'implantation et emprise de l'ouvrage; - des critères de fonctionnement propres à certains équipements (machines
- charges appliquées : vibrantes).
- permanentes ou transitoires ; Dans tous les cas il convient de distinguer :
- réparties ou ponctuelles ; - les tassements subis depuis le début de la construction de l'ouvrage ;
- zonage éventuel définissant l 'extension des zones chargées extrêmes et leur
- les tassements subis lors des épreuves d'essai éventuelles;
intensité (maxi ou mini) ; - les tassements subis par le second œuvre et les équipements ;
- contraintes d'exploitation; - les tassements sur l'ouvrage et ceux engendrés sur les ouvrages avoisinants.
- critères de déplacement et déformation ;
- nature de la structure portée ;

179
178
Chapitre 4 - Conception
PROJET NATIONAL ASIR/

L'expérience montre que le renforcement par inclusions rigides peut permettre de


4.2. Facteurs défavorables
réduire par un facteur 2 à 10 les tassements par rapport à ceux du sol non renforcé. Les facteurs suivants peuvent se révéler défavorables :
- les projets dont les critères de tassement acceptable par l'ouvrage fini sont par-
4. LIMITES ET DOMAINES D'EMPLOI ticulièrement sévères ;
Tout projet de fondation sur sol renforcé par inclusions rigides doit consi~é.rer - la q~alification requise pour mener la conception de l'ouvrage : le système de
l'ensemble des éléments qui vont le constituer: inclusions, matelas de répartition f~ndation est un système composite qui exige une approche globale tant au
et éléments de structure. La conception doit donc s'attacher à l'ensemble de ces mveau conception qu'exécution (importance de la coordination entre les acteurs
éléments et ne peut pas être séparée en plusieurs volets qui traiteraient successi- pour un dimensionnement optimal et pour préserver l' intégrité de tous les consti-
vement de chacun d'eux. Ceci est une caractéristique forte des projets de fonda- tuants duran~ la construction et jusqu'à la réception de l'ouvrage) ;
tion sur sol renforcé par inclusions rigides. Le maître d'œuvre, qui conduit et -: des contramtes d'exécution plus sévères (interfaces entre trois entreprises dis-
coordonne la conception et l'exécution, a de ce fait un rôle particulièrement im- tmctes pour réaliser les inclusions, la couche de forme et le dallage ... ). En effet
portant dans les projets où une solution « inclusions rigides » est retenue. beaucoup de déboires résultent du défaut de coordination entre ces intervenants.
L'importance du maître d'œuvre pour la conception, le choix des solutions rete-
4.1. Facteurs favorables nues, la coordination, la supervision et la réception de ces ouvrages doit encore
Les facteurs favorables au choix d'inclusions rigides sont : une fois être soulignée ;
- les projets dont les critères de tassement acceptable par l'ouvrage fini ne sont - .la sensibili~é des inclusions fraîchement exécutées aux sollicitations dissymé-
pas exceptionnellement sévères ; triques parasites et potentiellement destructrices (exécution simultanée et succes-
- les objectifs suivants : sive des inclusions, de leur recépage éventuel et du réglage de la couche formant
- réduire la compressibilité globale du sol de fondation, matelas);
- augmenter la capacité portante ; - ~es ~fforts h?rizonta~~ et des différentiels de charges importants (déviateurs) ;
- réduire l'interaction avec les ouvrages avoisinants ; -: l ex1~ence d un matenau frottant de bonne qualité pour le matelas de réparti-
- permettre la réalisation de dallages sur terre-plein au lieu de planchers por- tion qm peut s'avérer pénalisante dans les situations où les ressources minérales
sont limitées ;
tés·
- réd~ire le temps de construction (liée au fait qu'une part plus faible de la - la nécessité d' une plate-forme de travail assurant de bonnes conditions de sta-
charge se trouve transférée au sol et active un phénomène de conso~idation bilité aux ateliers.
plus efficace : compressibilité réduite si on demeure dans le domame sur-
consolidé mais également coefficient de consolidation plus élevé pour des 5. AUTRES POINTS SPÉCIFIQUES À CONSIDÉRER
états de contrainte plus faibles) ; 5.1. Report des charges en profondeur
- optimiser le coût global de la fondation obtenue ;
fi importe également de vérifier l'influence du report des charges de l'ouvrage
- préserver l'étanchéité naturelle entre différentes couches.
- l'existence d'un sol à faible capacité d'étreinte latérale ou susceptible de fluer; plus en profondeur notamment vis à vis du tassement éventuel de couches com-
- le caractère ductile de la fondation obtenue: ce caractère s'avère favorable vis- pressibles profondes, en notant que les inclusions concentrent les charges à leur
base.
à-vis des chargements verticaux qui peuvent être supportés avec des tassements
sur une plage plus étendue puisqu'il y a mobilisation du sol et des inclusions et 5.2. Effets de bord
également vis-à-vis des sollicitations sismiques en contrôlant le mode de i:u~ture
le plus défavorable (translation) et en supprimant les sollicitations aux ha1sons Les effets de bord sont à examiner avec attention. Cela concerne les inclusions
placées sous les talus des remblais sur inclusions ou celles placées en périphérie
entre la structure et des fondations profondes.
des dallages et radiers ou au bord des semelles.
Cela peut conduire à retenir une ou plusieurs des dispositions suivantes :

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PROJET NATIONAL AS/RI
Chapitre 4 - Conception

- armer les inclusions en rive ; 5.5. Conséquences sur la conception des dallages
- prévoir un débord de la zone renforcée par rapport à l'emprise de l 'ouvrage à
fonder; Le fonctionnement d 'une fondation sur sol renforcé est un p roblème d'interaction
- disposer des nappes de renforcement (treillis métalliques ou géogrilles) immé- complexe entre plusieurs é léments localisés, de natures et comportements diffé-
renciés (sol, béton).
diatement au-dessus des têtes d'inclusions.
Il faut également parfois concevoir une zone de raccordement progressif entre la L_~s paramè~es intervenant dans ces interactions se révèlent agir parfois de ma-
zone traitée et la zone non traitée (adaptation de la maille et/ou de la longueur des me~e opposee sur les tassements ou les sollicitations dans la structure :
inclusions entre une zone de terre-plein renforcée et une zone non renforcée, ou - amsi une rigidité élevée du matelas favorise des tassements faibles mais déve-
entre le remblai d'approche à une culée d' ouvrage d 'art et le remblai courant). loppe des efforts importants dans le dallage. ;
- à l' inverse une rigidité faible crée des tassements significatifs mais s ' accompa-
Les effets de bord peuvent amener sous certains ouvrages à traiter une emprise gne d 'efforts plus faibles.
plus large que l'emprise stricte de l'ouvrage.
L~ choix_des caractéristiques mécaniques du matelas de répartition (module de
5.3. Cas particulier d'une épaisseur importante de remblai rapporté d~forrn~t10n, angle de frottement, cohésion) doit être fait de manière à couvrir la
sur sol en cours de consolidation d1spers10n attendue pour ces valeurs, en privilégiant des valeurs hautes ou basses
Une grande vigilance doit être portée sur l'état de consolidation initial du sol. En selon le type des vérifications où elles seront utilisées.
particulier lorsque le site a fait l'objet d'un remblaiement (récent ou ancien) et que ~ourles matelas en sol traité, il est nécessaire de prendre en compte l'évolution
la consolidation des couches inférieures n' est pas achevée: les tassements subis eve_n~elle des c_aractéristiques mécaniques selon le type de liant, son dosage et les
par l'ouvrage ne dépendront pas uniquement des charges de l'ouvrage mais éga- vanations hydnques. Pour ces matériaux l'influence du type des sollicitations
lement de la poursuite de la dissip ation des surpressions interstitielles. Le carac- (par exemple leur caractère cyclique) est également à prendre en compte.
tère sous consolidé des couches ne peut être mis en évidence que par des essais
oedométriques, des essais à la pointe piézocône ou des cellules de pression inters- 6. ÉTAPES D'ÉLABORATION D'UN PROJET
titielle. DE CONSTRUCTION
Le cas où le profil de sol contient des couches suscepti bles de fluage (tourbe ou La conce?tion d'un ou~rage sur sol renforcé par inclusions rigides est une démar-
niveaux organiques) s'apparente au précédent puisque le tassement de fluage ne ~he par etap~s suc~ess1ve,s : ?ré~imensionnement avec méthodes simples, puis
dépend pas de manière directe des charges appliquées en surface. etude _de_proJet et etude d execut1on. Cette conception nécessite l'enchaînement
des m1ss10ns d'ingénierie géotechnique suivantes telles que définies dans la nor-
Un a utre cas est celui où le nivellement du projet exige de procéder à un remblaie- me NF P 94 500 :
ment préalable significatif. Dans cette circonstance il est préférable de réaliser les
- étude géotechnique préliminaire de site (G 11 ) ;
inclusions avant le remblai et d 'en tenir compte dans le dimensionnement des in-
-étude géotechnique d'avant-projet (G 12);
clusions.
- étude géotechnique de projet (G2) ;
La mise en place de nappes de renforcement à la base des remblais peut alors par- - étude et suivi géotechniques d'exécution (G3);
fois s'avérer opportune. - supervision géotechnique d'exécution (G4).
5.4. Choix entre les différents procédés d'inclusions rigides Comment~ir~ Deux documents (Syntec Ingénierie, 2009 et 2010) explicitent le lien
entre les m1ss1ons d'ingénierie géotechnique selon la norme NF p 94-500 et les mis-
Au stade de l'étude d 'avant-projet, le type d' inclusion (avec refoulement, sans re- sions de maîtrise d'œuvre selon loi MOP pour la construction de bâtiments ou d' in-
foule ment, battue) n'est généralement pas considéré. frastructures.

Une estimation de la charge transmise à l'inclusion fournit l'ordre de grandeur de Un autre document intitulé « La géotechnique dans la conception et la réalisation
des d~llages en béton _» de juin 201 1 établi par Syntec/Unesi/Coprec met l' accent
la résistance à v iser pour un diamètre donné. sur 1 importance des interfaces entre les différentes entreprises en relation avec la
norme NF P 94-500

182
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PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 4 - Conception

6.1. Étude géotechnique préliminaire de site (mission Gll) Cett~ étude, ~ la charge du maître d'ouvrage, est indispensable pour définir la con-
Cette étude est engagée avant la définition précise du projet. En se référant aux c~pt10n de l ?~vrage. Elle est réalisée à partir du cahier des charges du maître
informations mentionnées sur la carte géologique, les plans de prévention des ris- d ouvrage precisant les cas de charges et les déformations admissibles.
ques, les informations obtenues auprès du BRGM (notamment cavités souterrai- Le ou les modèles géotechniques doivent être suffisamment bien définis.
nes, aléa retrait-gonflement des argiles ... ) et de la DRIRE (exploitations
minières, carrières souterraines ... ), le géotechnicien doit indiquer les risques ma-
~es ~odules de déformation des sols attribués à chaque couche sont précisés en
1onct10n de :
jeurs identifiés. Il définit un programme d ' investigations géotechniques permet- - la durée d'application des charges·
- l'intensité ~e celles-ci (niveau de déformation du sol);
tant de quantifier ces risques, et, en fonction de leur nature, il indique les
différentes solutions techniques envisageables.
- les fluc~ahons de teneur en eau entraînant des modifications de compacité etJ
6.2. Étude géotechnique d'avant-projet (mission G12) ou de succion.
La mission géotechnique G2 inclut :
Réalisée au stade de l' avant-projet, elle doit permettre de réduire les risques géo-
techniques majeurs identifiés dans l'étude précédente. ~le dimensionnement à l'ELS et à !'ELU (vérifications GEO et STR) d · 1_
s10ns et_ du matelas de répartition ; es me u
Vis-à-vis de chacun des risques rencontrés, le géotechnicien :
-à partrr d~~·.e~ti~a~ion du tassement du sol renforcé, la définition du profil de
- définit un ou plusieurs modèles géotechniques en fonction de l' homogénéité sol homogene1se equ1valent ;
ou non du site en précisant, s'il le peut à ce stade, le niveau du substratum réputé
- le m~de de ~rise, en compte par l'entreprise de sols industriels des sollicitations
indéformable; ces modèles sont rattachés au Nivellement Général de la France
complementaires eventuelles dues à l'effet « point dur » des inclusions.
(NGF);
- utilise ces modèles pour examiner les solutions envisageables en fonction des Enfin, elle indique les dispositions constructives à prendre en compte (notamment
charges apportées et estime les tassements obtenus à partir de celles-ci ; d~n~ ~e c~s ~e , sols sensibles aux phénomènes de dessiccation), et, dans le cas
- indique, lorsque les tassements obtenus ne respectent pas les critères de ser- d he~er,og~ne1tes en plan, elle doit donner le modèle géotechnique les prenant
cons1deration. en
vice, les types d'amélioration de sol qui peuvent être proposés en insistant sur les
spécificités de chacun d 'eux (par exemple effet« point dur» des inclusions rigi- Cette étude permet l'élaboration du dossier de consultation des entreprises.
des) ;
6.3.2. Supervision géotechnique d'exécution (mission G4)
- indique la ou les dispositions à prendre ou à envisager, notamment dans le cas
de sols sensibles aux phénomènes de retrait-gonflement ; Elle est à la charge du maître d 'ouvrage.
- définit, si nécessaire, un programme d 'investigations géotechniques permet- Cette mission comporte deux phases :
tant, notamment, de déterminer un modèle géotechnique intégrant l'hétérogé- - la supervis~on ~es études d ' exécution réalisées par les entrepreneurs de cha-
néité en plan ou un modèle géotechnique plus précis dans le cas de sols au cune des parties d ouvrage :
comportement complexe. - l:av~s sur les études géotechniques d'exécution (G3);
6.3. Prestations menées dans le cadre de la maîtrise d'œuvre - 1 avis sur les fiches produit (exemple : classification GfR des remblais de la
couche de forme) ;
6.3.1. Étude géotechnique de projet (mission G2) - l'avis sur le programme
. . d 'a uscuItat.ion (d'egarrussage
· ·
des mclusions, essais
La mission géotechnique G2 à réaliser dans le cadre de la maîtrise d'œuvre définit de charge sur des mclus10ns, essais à la plaque, suivi des tassements du pré-
une solution de base englobant le projet des inclusions, du matelas et de l'ouvra- chargement...) et les valeurs seuils associées ·
- la supervision du suivi d'exéc u t'10n rea
, l.ise' par Jes
' differents
· •
ge. 1,.mtervention
.
ponctuelle sur le chantier :
entrepreneurs par

- l'avis, su~ le ~ontexte géotechnique réellement observé et la nécessité d 'étu-


des d execution complémentaires (G3) ;

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185
Chapitre 4 - Conception
PROJET NATIONAL ASIR/

~our préserver l' intégrité des inclusions réalisées notamment pendant les opéra-
- l' avis sur les éventuelles adaptations proposées par les entrepreneurs ;
!10ns ~e terrassement, reprofilage et compactage exécutées après réalisation des
- l'avis sur les résultats du programme d'auscultation.
mclus1ons.
6.4. Prestations menées dans le cadre du marché ~ans le ~adre de la conduite des travaux de dallage, toute anomalie détectable par
de chaque entrepreneur 1 en~~pnse de s~ls industriels par rapport aux procès verbaux de réception qui lui
Cette mission, qui couvre les études d'exécution et le suivi des travaux, est menée ont ete commumqués est signalée au maître d 'œuvre.
pour chaque élément de l' ouvrage (plate-forme, renforcement de sol éventuel, 6.5. Prestation menée dans le cadre du marché de contrôle technique
dallage, fondation ... ).
A~ _cours de.la phase de conception, le contrôleur technique procède à l' examen
Elle est à la charge de l'entreprise concernée. cntlque de l ensemble des dispositions techniques du projet.
6.4.1. Étude géotechnique d'exécution (mission G3) Pe~dant la pé.riode d '~~écution des travaux, il s' assure notamment que les vérifi-
En phase d 'exécution, la mission G3 (étude géotechnique d'exécution) afférente cations techmque~ ~ut mcombent à chacun des constructeurs énumérés à l'article
au lot des inclusions peut être réalisée soit par l'entreprise d'amélioration elle- 1792- l du code civil s'effectuent de manière satisfaisante.
même ou une entité externe missionnée par elle.
La mission G3 (inclusions) valide le modèle géotechnique établi en phase projet,
Bibliographie
établit le dimensionnement des inclusions rigides et fournit les éléments nécessai-
res au projet des autres lots (matelas de répartition et dallage). FRANK R. - Calcul des fondations superficie/les et profondes. Technique de !' Ingénieur
Presses des Ponts, 1999. '
Le modèle géotechnique, établi par zone homogène, est destiné à : Loi ~OP - L.oi n° 85-704 du 12 juillet 1985 modifiée relative à la maîtrise d' ouvrage pu-
- évaluer les déformations du sol renforcé ; bhque et a ses rapports avec la maîtrise d' œuvre privée, 1985.
- mener toutes les justifications d'ordre géotechnique; NF P 11-213 DTU 13.3 - Dallages - Conception, calcul et exécution 2007
- exprimer les spécifications nécessaires au projet du matelas ; NF P 94-50_0 ~ fv!issions d 'ingénierie géotechnique, Classification et ;pécifi~tions 2006
- fournir les éléments utiles au dimensionnement du projet et l' incidence sur les Synt~c Ingernene - Synchroni~ation des missions d 'ingénierie géotechnique et de n:aîtris~
autres ouvrages. d œuvr~ P_Ou.r la constructzon de bâtiments. Editions Syntec-lngénierie, 2009.
Syntec l,ngemene - Synchronisation des missions d 'ingénierie géotechnique et de maîtri-
L 'entreprise de terrassement doit déterminer les moyens et procédures permettant
se d œuv1:e pour la construction d 'infrastructures. Editions Syntec-lngénierie 201O
d'atteindre les caractéristiques requises pour le matelas. Syntecf1!nesi/Coprec - La géotechnique dans la conception et la réalisation des dallag~s
L'entreprise de sol industriel exploite ces données dans le cadre de son étude en beton, 2011.
d'exécution. Elle établit le détail du dimensionnement du dallage en tenant comp-
te des études et suivis d' exécution des autres travaux (substitution, drainage, ter-
rassement, amélioration ou renforcement de sol, couche de forme) tels que validés
par le maître d' œuvre.
L'ensemble de ces études est validé par le maître d'œuvre assisté d' un géotechni-
cien au titre de la mission G4 « supervision géotechnique d'exécution ».
6.4.2. Suivi géotechnique d'exécution (mission G3)
L'entreprise d' amélioration de sol procède ou fait procéder aux opérations de
contrôle interne et externe.
L'entreprise en charge de l'exécution du matelas de répartition procède ou fait
procéder aux opérations de contrôle interne et externe et prend toute disposition

187
186
CHAPITRE 5

Justifications

1. CADRE GÉNÉRAL DES J USTIFICATIONS


Les justifications des ouvrages sur sol renforcé par inclusions rigides sont menées
en conformité avec l 'Eurocode 7. Celu i-ci demande de vérifier les états limites de
service (ELS) et les états limites ultimes (ELU).
Les ouvrages concernés doivent être distingués selon qu'il s'agit de remblais ou
chaussée sur inclusions rigides ou d' ouvrages de fondations (dallages, radiers, se-
melles) sur inclusions rigides. Ils ont pour caractéristique de faire supporter par le
sol en place une partie des charges de l'ouvrage, l'essentiel étant transmis par dif-
férents mécanismes aux inclusions rigides. Dans le cas des fondations, cela est ob-
tenu en évitant tout contact direct entre la structure et les inclusions grâce à la mise
en œuvre d ' un matelas de répartition continu .
Les présentes recommandations ne s' appliquent pas aux semelles reposant direc-
tement sur les inclusions.
Dans la suite de ce document une distinction sera faite entre le « domaine 1 » cor-
respondant au cas des inclusions nécessaires à la stabilité de l'ouvrage et le« do-
maine 2 », correspondant au cas des inclusions non nécessaires à la stabilité de
l'ouvrage, et dont l'objectif est essentiellement la réduction des tassements.

1.1. États limites de service (ELS)


Les états limites à vérifier sont liés au mouvement vertical ou horizontal.
1.1.1. Formulation
Le fonctionnement des ouvrages sur sol renforcé par inclusions rigides ne peut
pas être appréhendé sans une étude détaillée de l'interaction entre le sol et les dif-
férents éléments de structure (fondations, inclusions). Cette interaction nécessite
de considérer les mécanismes de cisaillement au sein du matelas de répartition, le
long du fût et sous la pointe des inclusions.
Dans la pratique, la justification de ces ouvrages exige de mettre en œuvre un mo-
dèle de calcul apte à prendre en compte ces différents mécanismes ainsi que la

189
Chapitre 5 - Justifications
PROJET NATIONAL ASIR/

compatibilité des déformations nécessaires pour mobiliser chacun d'eux. Cela si- Les composantes du mouvement qu' il convient de considérer principalement sont
gnifie que la justification inclut systématiquement un calcul en déplacement sous les valeurs du tassement en surface (valeur moyenne Ymoy ou valeur maximale
sollicitations de service. Ymax) ou du tassement relatif (ou différentiel : Y max - Y min), avec ou sans dallage,
La vérification par rapport aux états limites de service qui est donc à privilégier pour les comparer aux valeurs admissibles.
est celle concernant les déformations telle que décrite par l'Eurocode 7-1en2.4.8 Le ou les critères pertinents de tassements sont définis par le maître d'ouvrage
(1) : avec le concours de son maître d 'œuvre.
(5. l) Commentaire. Selon la structure mise en œuvre en surface (absence ou non de dal-
Ed < Cd
lage, inertie plus ou moins importante de ce dallage) et selon la nature et la sensibi-
Ed: valeur de calcul de l'effet des actions; lité de la surcharge (routière, stockage), il peut y avoir de grandes différences de
cd: valeur limite de calcul de l'effet d'une action. valeurs admissibles.

1.1.2. Critères pertinents de déplacement ou déformations Ces vérifications sont bien évidemment complétées en vérifiant que les efforts
dans les éléments de structure, notamment les inclusions, sont compatibles avec
Les valeurs des effets des actions à considérer peuvent être, selon les exigences
les seuils de résistance du matériau constitutif.
du maître d'ouvrage, l'un des points de la liste suivante:
- le tassement absolu (maximal et/ou moyen) ; Également si le critère« résistance du matelas » n' est pas inclus dans le modèle
de calcul ELS, il est nécessaire de vérifier a posteriori la cohérence des distribu-
- le tassement différentiel ;
tions de contraintes obtenues entre le sol et les têtes d ' inclusion vis-à-vis de cette
- la rotation ;
résistance au cisaillement.
- l'inclinaison ;
- la déflexion ; 1.1.3. Vérification alternative de portance ELS
- la déflexion relative ;
1.1.3.1. Inclusions utilisées en réduction de tassement (domaine 2)
- et la rotation relative.
Les définitions de certains termes relatifs au mouvement et aux déformations des La vérification alternative vis-à-vis du sol consiste à vérifier qu'une fraction suf-
fondations sont données sur la figure 5.1 : fisamment faible de la résistance du terrain est mobilisée pour maintenir les dé-
- définitions du tassement y, du tassement différentiel &y, de la rotation e et de la formations dans les limites admissibles pour l'ouvrage en service [EC7-1 § 2.4.8
(4)]. Elle n'est généralement pas nécessaire lorsque les inclusions servent unique-
déformation angulaire a. ;
- définitions de la déflexion D. et de la déflexion relative !::JL ; ment à la réduction des tassements, puisque ces derniers sont calculés, à la diffé-
- définitions de l' inclinaison ro et de la rotation relative (distorsion angulaire)~- rence de ce qui est fait pour les fondations profondes où le calcul des
déplacements n'est pas la règle. Cela rend donc inutile la vérification des efforts
(l}
L
A ;-r-C D ELS dans les inclusions vis-à-vis de valeurs de fluage,

w
B C

:==
A B c D Cela est vrai sous réserve que le modèle de calcul soit apte à représenter correc-
tement la mobilisation progressive du frottement latéral et du terme de pointe tout
au long de l' inclusion,jusqu' au voisinage de la rupture.
'3max Dans le cas de modèle numérique en milieu continu, celui-ci doit inclure des in-
terfaces entre le sol et les inclusions dont les lois d'interaction sont conformes aux
Figure 5.1. Définitions des mouvements et déformations des fondations. données expérimentales recueillies (valeur limite qs du frottement sol-inclusion
Nota. L' aspect et la fonctionnalité générale de la structure sont susceptibles d'être e~ accord avec le type de sol et le mode d'exécution choisi, mobilisation progres-
altérés lorsque la flèche calculée Ymax d' une poutre, d' une dalle ou d' une console sive du frottement avec le tassement de l'élément). Une manière de vérifier cette
soumises à des charges quasi-pennanentes est supérieure à L/250 où L représente la capacité du modèle consiste à l' appliquer au cas du chargement direct d' une in-
portée. En pratique on limite normalement la déformation après construction ymax
clusion en tête et confronter les résultats obtenus à la courbe de chargement en tête
à L/500 pour les charges quasi permanentes.

191
190
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 5 - Justificatfons

déterminée par la méthode des lois -r-w du type Frank et Zhao ou O. Combarieu
Ed: valeur de calcul de l'effet des actions;
(loi parabolique).
Rd : valeur de calcul de la résistance à une action.
Dans les cas de modèle simplifié, il faut vérifier la pertinence du modèle utilisé
vis-à-vis: 1.2.1. Cas général (approche 2)
- des caractéristiques de cisaillement et de déformation du matelas ;
Selon l'annexe nationale à 1'EC7-l, l'approche de calcul 2 doit être adoptée dans
- de la contrainte transmise au sol entre les inclusions. le cas général.
Le modèle, appliqué au cas du chargement d'une fondation superficiel~e ri?ide
Elle utilise la co~bi.naison des facteurs partiels suivants pour les situations per-
sans inclusion, doit également fournir des résultats comparables aux ~stlmatJ.o~s manentes et trans1t0Ires :
de tassement obtenues par la méthode la plus appropriée des deux methodes sui-
Al '+' Ml '+' R2
vantes : méthode pressiométrique ou oedométrique.
Dans cette approche, les facteurs partiels sont appliqués aux actions ou aux effets
1.1.3.2. Inclusions nécessaires à la portance (domaine 1) des actions et aux résistances du terrain, les facteurs partiels Ml qui s'appliquent
Quand les inclusions sont nécessaires à la justification ~e la stabilité ELU, les dis- aux paramètres de sol (<j>', c', c11 et y) étant tous pris égaux à l.
positions des normes d'application nationale « FondatJ.ons profondes » et « Fon-
Selon le jeu Al, les actions permanentes sont pondérées par yG = 1,35 ou J,O et
dations superficielles» s'appliquent. Il convient alors de vérifier à l'ELS que :
- la charge maximale dans l' inclusion ne dépasse pas la valeur de calcul d~ la les actions variables par yQ = 1,5 ou 0 pour rechercher le cas le plus défavorable.
charge critique de fluage en compression R e, cr; d sous le plan neutre (artJ.cle Les facteurs partiels de résistance R2 sont définis par l'EC7 uniquement dans le
cas:
14.2.1normeNFP94 262, Fondations profondes);
- la contrainte appliquée sur le sol au niveau des têtes d'inclusio~ ne dépasse ~as - des fondations superficielles ;
la valeur limite ELS (chapitre 13, norme NF P 94 261, Fondations superficiel- - portance YR = 1 4
' V '
les). - glissement YR, h = 1,1
- des fondations profondes ;
1.2. États limites ultimes (ELU) - pointe y6 = 1,1
Pour les ouvrages sur sol renforcé par inclusions rigides, seuls les états !~tes ul- - fût (compression) Ys = 1, l
times STR et GEO sont le plus généralement à vérifier (EC7- l § 2.4.7.3); ils sont
liés: . Dans le cas des fondations profondes, la norme d'application nationale NF p 94
- à la rupture interne ou la déformation excessive des éléments de structure mis 262 (annexes C et E) introduit également les facteurs de corrélation Ç et i; qui
1 2
en place (inclusions, dallettes, nappes de renforcement, se~elles, dalla?es, dépendent du nombre d'essais de chargement ou les facteurs de corrélation i; et
~qui dépendent du nombre d'essais de sol et des surfaces d'investigations géo-
3
radiers) dans lesquels la résistance des matériaux (en compress10n, en traction,
en cisaillement) contribue significativement à la résistance [STR] ; , . techniques.
- à la rupture ou la déformation excessive du terrain, dans lequel la. res1sta~ce
des sols contribue de manière significative à la résistance [GEO] (mterachûn Lorsque les inclusions sont nécessaires à la justification de stabilité de l'ouvrage
(domaine 1) :
inclusion avec les terrains en place, par frottement et/ou poinçonnement, et
mobilisation de la résistance intrinsèque du sol). - la prise en compte de ces coefficients i;I> 1;2 , i;3 et~ s'impose si la vérification
de la portance est faite selon la méthode des « pieux modèles » ;
Commentaire. Les autres états limites (EQU, UPL et HYD) ne sont généralement
- ces coefficients ne s 'appliquent pas lorsque la vérification est menée selon la
pas pertinents vis-à-vis des inclusions, celles-ci n'étant pas connectées à la structu-
méthode du « modèle de terrain ».
re.
On doit vérifier que : Ces recommandations privilégient la méthode du « modèle de terrain».
Ed < Rd (5. 2) Dans le domaine 2 la justification de la stabilité de l'ouvrage étant menée sans
prendre en compte les inclusions, ces coèfficients n 'interviennent pas.

192
193
PROJET NATIONAL ASIR/ Chapftre 5 - Justifications

Enfin, on doit tenir compte des coefficients de modèle YR, ddéfinis par les normes 2. MODÈLES POUR VÉRIFICATIONS DES ÉTATS LIMITES
d'application nationale pieux (NF P 94 262) et fondations superficielles (NF P ~4 GEO
26) qui permettent de définir les valeurs caractéristiques de résistance du terram L ' expérience montre que pour les ouvrages courants ces vérifications peuvent
Rk à partir d 'essais pressiométriques ou pénétrométriques. être menées avec les modèles simplifiés décrits au paragraphe 2.1.
Commentaire. Dans l'approche 2, le choix des facteurs partiels de résistance se
heurte au fait que les fondations examinées n'entrent ni dans la catégorie des fonda-
Les modèles détaillés exposés au paragraphe 2.2 ne se justifient généralement que
tions superficielles, ni dans celle des fondations profondes. Ainsi la section 7 de
pour des ouvrages exceptionnels.
l'EC7 qui traite des fondations profondes précise qu' il convient de ne pas appliquer
2.1. Modèles simplifiés
directement les dispositions qui y sont décrites aux pieux prévus pour réduire les
tassements ; cela concerne directement le cas des inclusions rigides placées sous des Les modèles simplifiés « enveloppe » ont vocation à se substituer aux modèles
fondations d'ouvrages lorsqu 'elles sont utilisées uniquement pour réduire les tasse-
plus élaborés décrits ci-après pour apporter la démonstration que la relation fon-
ments. La distinction proposée dans ce document entre domaine 1 (inclusions né-
damentale Ed < Rd est bien satisfaite.
cessaires à la stabilité de l'ouvrage) et domaine 2 (inclusions non nécessaires à la
stabilité de l'ouvrage) répond à cette observation.
Il s ' agit de modèles n'ayant pas la capacité à introduire les lois évoluées (pour sol
Selon l'annexe nationale EC7-I, l'approche de calcul 3 peut également être utilisée
pour les analyses numériques d'interaction sol-structure.
et/ou pour interfaces) ni à établir les modes de rupture pertinents pour le cas de
charge considéré [exemple: difficulté de traiter la rupture de la semelle sous char-
1.2.2. Cas particulier des remblais sur inclusions rigides (approche 3) gement (Q, T, M)].
Dans le cas particulier des remblais sur inclusions rigides, c ' est l' approche 3 qui Ces modèles s'appliquent tant à l' ELS qu'à !'ELU sous semelles radiers dallaae
devra être retenue pour la vérification de la stabilité générale ou mixte, en cohé- remblais ou chaussée ' ' 0'

rence avec Je choix fait pour les ouvrages en sols renforcés (norme d'application
Un modèle entièrement élastique sans interface est a priori insuffisant ; il faut in-
nationale NF P 94 270). troduire au minimum des lois d ' interface type Frank et Zhao.
La vérification de la stabilité mixte d'un ouvrage en sol renforcé doit s'effectuer
2.1.J. Modèles simplifiés pour vérificaâons ELU
en considérant un nombre suffisant de lignes de rupture potentielle par grand glis-
sement qui interceptent et/ou longent au moins un des lits de renforcement. Trois approches de complexité croissante sont proposées pour évaluer la stabilité
Le calcul du transfert de charge relève lui de la stabilité interne du remblai et doit (Fig. 5.2). Il suffit de démontrer que le critère de stabilité est satisfait avec l' une
quelconque des approches.
donc s'effectuer suivant l'approche 2.
Commentaire. Si le critère de stabilité est vérifié avec l'approche (i), il l'est néces-
L ' approche 3 fait utiliser la combinaison pour les situations permanentes ou tran- sairement avec les approches de niveau supérieur.
sitoires :
(Al* ou A21\) '+' M2 '+' R3
- le symbole * désigne les actions provenant de la structure ;
- le symbole /\ désigne les actions géotechniques.
Dans cette approche, les facteurs partiels sont appliqués aux actions ou aux effets
des actions et aux paramètres de rés istance du terrain.
Les actions permanentes (provenant du sol) sont toutes pondérées par un facteur
YG = 1,0 et les actions variables défavorables (transmises par le sol) par le facteur
YQ = 1,3.
Les facteurs partiels M2 sont les suivants :
ycp = yc•= 1,25 ; yeu = 1,4 ; Yy = 1,0
Les facteurs partiels de résistance R3 sont tous égaux à 1,0.

194 195
Chapitre 5 - Justifications
PROJET NATIONAL ASIR/

2.1.1. 1. Modèle enveloppe (1)


Cette approche consiste à démontrer que la relation fondamentale Ed < Rd est sa-

~
Modèle enveloppe 1 tisfaite même sans tenir compte des inclusions. Il s'agit de toutes les situations où
les inclusions ont pour fonction essentielle de réduire les tassements et ne sont pas
nécessaires à la stabilité de l'ouvrage (domaine 2). Les dallages entrent le plus
souvent dans cette catégorie.
1'1 \1 Il consiste donc strictement à mener les vérifications ELU (GEO et STR) de
1 11
l'ouvrage (fondations superficielles ou remblais) en ignorant la présence des in-
clusions.
Commentaire. Le modèle enveloppe ( 1) est indispensable pour identifier à quel do-
maine se rattachent les inclusions
- domaine 1 : inclusions nécessaires à la stabilité ;
- domaine 2 : inclusions utilisées pour réduction des tassements et non nécessaires
Modèle enveloppe 2
à la stabilité.
Pour une fondation superficielle (Fig. 5.3), ces vérifications sont menées selon
l'approche 2 en suivant les conditions détaillées explicitées dans la norme d'ap-
plication nationale correspondante (NF P 94 261 , en projet en janvier 201 1) :
- les actions permanentes défavorables sont pondérées par YG = 1,35 et les
actions variables défavorables par YQ = 1,5 (la combinaison alternative 1,0 G +
0,0 Q n'est généralement pas pertinente);
- la portance est vérifiée en utilisant le facteur partiel de résistance yR, v = 1,4 ;
a - le glissement est vérifié en utilisant le facteur partiel de résistance yR, h = 1, 1 ;
- un facteur de modèle YR d est introduit dans le calcul de chacune de ces résis-
'
Modèle enveloppe 3 tances.

. 5 2 Modèles enveloppes de complexité croissante (1) à (3).


F 1gure ..
Q charge appliquée à la sen:ie!le 1t· du sol évaluée sur la surface de la semelle
R valeur de calcul de la res1stance u ime
ov' f
o) effort normal en tête de l'inclusion
~ (1) effort normal de l'inclusion à l'intersection avec la surface de rupture Figure 5.3. Approche enveloppe (1) appliquée au cas d'une semelle
(inclusions ignorées dans le calcul).

197
196
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 5 - Justifications

Pour un remblai, les vérifications de stabilité sont menées selon l'approche 3. El- Pour des inclinaisons supérieures, il faut recourir soit à un modèle enveloppe (3)
les s'identifient à la vérification de la stabilité générale des ouvrages en sols ren- soit à l' un des modèles détaillés décrits en 2.2 ou 2.3.
forcés décrite par la norme NF P 94 270. Les modèles de calcul peuvent ~tre basés
La vérification en portance s'effectue au niveau de la tête des inclusions sur une
sur la méthode des tranches dite « de Bishop » ou celle« des perturbat10ns » ou emprise égale à celle de la fondation.
sur l'approche cinématique du calcul à la rupture:
- les actions permanentes (provenant du sol) sont toutes pondérées par un facteur À ce niveau, il faut avoir calculé sous l'action du torseur de calcul ELU (Qd, Td,
y0 = 1,0 et les actions variables défavorables (transmises par le sol) par le facteur Md) appliqué à la base de la semelle la répartition des efforts entre le sol et cha-
ro= 1,3; cune des inclusions mobilisées, selon les modèles présentés au chapitre 3, et avoir
vérifié :
- les valeurs caractéristiques des sols sont affectées des facteurs partiels
suivants: - les conditions d 'équilibre du matelas (GEO, § 4.2) qui définissent le domaine
Yc(>' = yc'= 1,25;Yeu=1,4 ;yy= 1,0 des valeurs acceptables de l'effort normal en tête d'inclusion Qp(O) (Fig. 5.5); ce
les facteurs partiels de résistance sont tous égaux à 1,0. domaine est construit en intégrant les limites relatives à la capacité portante de
l'inclusion (GEO) et aux contraintes limites dans le matériau de l'inclusion
La vérification est satisfaite si le coefficient de sécurité F établi par le modèle de (STR, § 3) explicitées au paragraphe 4.2.2.2 ;
calcul, en ignorant les inclusions, est supérieur ou égal à 1 (Fig. 5.4).
- si le modèle de calcul est un modèle simplifié, que les efforts transmis en tête
.
F = 1.00
d'inclusion satisfont les conditions de cohérence explicitées au chapitre 3, para-
graphe 2.2.4.2 ;
- les autres conditions de cohérence du modèle si elles n 'ont pas été considérées
dans la vérification ci-dessus (par exemple frottement négatif).
Les efforts en tête d'inclusion Qp(O) et Tp(O) génèrent un torseur global de réac-
tion (QR, TR, MR) :
QR = L: Qp(O)
TR = L: Tp(O) (5.3)
MR = L: Qp(O) di
d; est le bras de levier de l' inclusion i par rapport au centre de la semelle.

Figure 5.4. Approche enveloppe (1) appliquée au cas d'un remblai (avec inclusions
désactivées pour ce calcul}.

2. 1.1.2. Modèle enveloppe (2)


Dans ce modèle on prend en compte la contribution des inclusions en intégrant
l' effort résistant en tête de chaque inclusion, résultant du calcul d' interaction.
Pour une semelle cette approche enveloppe (2) peut s'appliquer directement à d~s
chargements dont la résultante est inclinée à moins de 10° par rapport à la verti- Figure 5.5. Approche enveloppe (2) appliquée au cas d'une semelle
cale. (inclusions prises en compte dans l'évaluation de la charge transmise au sol).

198 199
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 5 - Justifications

La vérification en portance Ed < Rd est faite :


- en adoptant pour Ed le torseur résultant de la combinaison des torseurs (Qd, Td,
Md) et (- QR, -TR, - MR)
(Qd - QR, Td-TR , Md + TR hR-MR) (5 .4)
- en adoptant pour Rd la valeur de calcul de la résistance du terrain sous une fon-
dation superficielle de même surface que la semelle évaluée selon la nonne NF P
94 261.
La vérification en glissement s'effectue en sous face de la fondation avec (Qd, Td)
et au niveau de la tête des inclusions avec (Qd- .LQp(O), Td - .LTpCO)).
Commentaire. La vérification en sous-face de la semelle est faite en adoptant un an-
gle de frottement de calcul égal à l'angle de frottement critique <l>'crit du matériau du
matelas pour les fondations coulées en place et égal à 2/3 <I>' crit pour les fondations
n
préfabriquées lisses. convient de négliger la cohésion effective c' éventuelle du
matelas.
Au niveau de la tête des inclusions, on adopte l' angle critique du matelas <f>'crit si
l'inclusion pénètre dans celui-ci, et sinon une valeur pondérée en fonction du repo rt . Fig~re 5.6: App~o.che enveloppe (2) appliquée au cas d'un remblai
de charge en tête d' inclusion entre la valeur<!>' crit du matelas et celle du sol support. (inclusions desact1vees et remplacées par un effort vertical ascendant).
2.1.1.3. Modèle enveloppe (3)
Pour un remblai, les vérifications de stabilité sont menées comme décrit en
2. l .1.1 selon l'approche 3 et par une méthode des tranches ou l'approche cinéma- D Principe
tique du calcul à la rupture : La v~rification de la portance est identique à celle de ! 'approche enveloppe (2) en
- les actions permanentes (provenant du sol) sont toutes pondérées par un facteur s~bstituant aux termes Qp(O) et Tp(O) (calculés au niveau de la tête des inclu-
YG = 1,0 et les actions variables défavorables (transmises par le sol) par le facteur swns!, le~ termes Qp(I) et Tp(I) évalués à l'intersection de chaque inclusion avec
YQ= 1,3 ; le mecamsme de rupture.
- les valeurs caractéristiques des sols sont affectées des facteurs partiels Commentaire. li faut avoir calculé sous l'action du torseur ELU (Q H M ) _
r ..1 b d , d> d ap
suivants: ~ ique. a a as: ~~ la semelle la répartition des efforts entre le sol et chacune des
Y<1>' =rc' = 1,25; Yeu= 1,4 ; Yy = 1,0 mclusions. ~ob11i~~es'. ~elon les modèles présentés au chapitre 3, et avoir vérifié :
- l~s cond1nons d equ1hbre du matelas (GEO, paragraphe 4.2) qui définissent le do-
- les facteurs partiels de résistance sont tous égaux à 1,0 ;
m~me des valeurs. acceptables de l'effort normal en tête d'inclusion Q (0)
- pour ce calcul chaque inclusion est remplacée par un effort vertical ascendant (Fig. 5.5) ; c~ dom~me est construit en intégrant les limites relatives à Ja cap:Cité
Qp(O); P.ortante de 1 mcluswn (GEO) et aux contraintes limites dans le matériau de l'inclu-
- par analogie avec la vérification de la stabilité mixte des ouvrages en sols ren- s10~ (STR, § 3) explicitées au paragraphe 4.2.2.2 ;
forcés (norme NF P 94 270) un facteur partiel de modèle YR; d doit être introduit - s1 ~e mod~le de calcul est un modèle simplifié, que les efforts transmis en tête d' in-
clusion satisfont les conditions de cohérence explicitées au chapitre 3, paragraphe
dans ce calcul. Celui-ci a une valeur 1,1 lorsque les ouvrages sont peu sensibles 2.2.4.2.
aux déformations, sans préjuger des justifications aux états limites de service
Les efforts déterminés dans les inclusions Qp(I) et Tp(I) représentent un torseur
requises par ailleurs. Il convient d'adopter des valeurs supérieures pour des
ouvrages très sensibles aux déformations. global de réaction (QR, TR, MR), évalué au même point que le torseur (Q H
Md): d' d'
La vérification est satisfaite si le coefficient de sécurité établi par le modèle de
QR = .L Qp(O)
calcul est supérieur ou égal à 1 (Fig. 5.6).

200
201
Chapitre 5 - Justifications
PROJET NATIONAL ASIR/

TR = L Tp(O) (5.5) Le multicritère (SC:hloss~r, 1983) établit le domaine des valeurs possibles des ef-
forts dans chaque mclus1on [Qp(1), Tp(l)] (Fig. 5.7).
MR = L Qp(O) di+ L Tp(O) hi
d; et hi sont les distances verticale et horizontale entre le point d'intersection du EFFORT TRANCHANT Tp(I) (kN) EFFORT TRANCHANT T p(I) (kN)

~OO
mécanisme de rupture avec l'inclusion i et le point de calcul du torseur (Qd, Hd, -400 -200 OO 200 400 600 -600-600 -400 -200 OO 200 400 600
1 1
1 1
Md)· c 1 1
~-400 - - l - +
La vérification en portance Ed< Rd est faite : ~
Q.
1
1
- en adoptant pour Ed la combinaison des torseurs (Qd, Td , Md) et (- QR, - TR, g 1
0.200

MR);
- en adoptant pour Rd la valeur de calcul de la résistance du terrain sous une fon-
-OO
dation superficielle de même surface que la semelle, évaluée selon la norme NF 1
1
1
p 94 261. 200 _ _J_

Cette approche exige de rechercher la surface de rupture la plus critique et la con- :5 1


11 1
!!!
tribution des inclusions au niveau de leur intersection avec cette surface. 1-
400 --,-
1
1
Commentaire. La vérification en glissement s' effectue toujours selon les modalités 1
du modèle enveloppe (2) (c' est-à-dire en retenant pour QR et TR les valeurs calculés 1
600
en tête d' inclusion).
Dans le cas d'une semelle soumise à un chargement principalement vertical sur un Résistance inclusion
Adhérence Inclusion béton 040 cm
sol homogène il est acceptable d'adopter la géométrie du schéma de Prandtl comme
Interaction latérale (Inclusion très résistante) Sol: q> =30°, pl = 1 MPa
surface de rupture critique. Interaction latérale (lndusion peu résistante)
La théorie du calcul à la rupture (Salençon, 1983) est le cadre théorique le plus • a) Effort tranchant pris en compte b) EÇ<
110rt tranch ant neg/1ge
· · ·
général pour traiter de la sécurité de ces ouvrages. Celle-ci s'apparente à celle des Figure 5.7. Exemples du, domaine enveloppe de stabilité [Op(/), Tp(/)] d'une inclusion
ouvrages en sols cloués. selon que 1effort tranchant est pris en compte ou négligé.
Pour ces ouvrages, c'est un cadre restreint de la théorie générale qui est appliqué
La co~tr.ibu~on de chaque inclusion (Qp(l), Tp(l)) est déterminée en recherchant
en ne considérant que : la partlc1p~tton maximale au moment résistant selon l' orientation du vecteur vi-
- son approche cinématique ; tesse de deplacement du bloc rigide (Fig. 5.8).
- le critère de rupture de Mohr Coulomb ;
- le mouvement de blocs rigides délimités par des successions d'arcs de spirale
logarithmique de même pôle et de paramètre égal à l'angle de frottement de cha-
cune des couches.
Il est possible de considérer ou non la résistance en flexion des inclusions en plus
de leur résistance en compression. La stabilité peut ainsi être évaluée en ne con-
sidérant que la contribution des efforts axiaux dans les inclusions ou la combinai-
son des efforts axiaux et des efforts tranchants. La pratique montre qu'un gain de
stabilité significatif est généralement obtenu avec les efforts axiaux, alors que le N (traction) N (traction)

gain supplémentaire obtenu en ajoutant les efforts tranchants est plus limité : né- Effort normal Qp(I) +effort tranchant T p(I) Effort normal °i>(1) et TP (1) = o
gliger la contribution en cisaillement est donc sans grande incidence et sécuritaire.
Figure 5.8. Détermination de la contribution résistante maximale
(V vecteur vitesse du bloc rigide considéré).

203
202
Chapitre 5 - Justifications

PROJET NATIONAL ASIR/

1,00+ Q
0 Application aux fondations superficielles .
Pour les semelles, ces calculs sont menés selon l'approche 2 de l'Eurocode 7 (v01r Semelle

§ 1.2. l).
1.35 G + 1.5 a < R v;d+ a p(I)

Figure 5.10. Décomposition de l'équilibre limite de la semelle en deux équilibres limites


juxtaposés de butée et de poussée.

0 Application aux remblais


Pour les remblais ces calculs sont menés selon l' approche 3 (cf. § 1.2.2) par l' ap-
proche cinématique du calcul à la rupture :
3 pliquée au cas d'une semelle - les actions permanentes (provenant du sol) sont toutes pondérées par un facteur
Fi~ure 5:9. Approche ~n~e~:f.:val~~tion de la charge transmise au sol YG = 1,0 et les actions variables défavorables (transmises par le sol) par le facteur
(inclusions pnses en comp e a d t )
et par leur interaction avec la surface e rup ure .
YQ = 1,3;
. . t 'à des modélisations

2D. Il est possible neanmoms d .mtro l


1
Commentaire.. Cett~ dém~che.~e s:!~! ~~: ::~~~:~s forme comparables àl:
.té portante des semelles superficiel-
- les valeurs caractéristiques des sols sont affectées des facteurs partiels
suivants:
ceux introduits dans la.formula~1onld~ a capac~tendre les résultats obtenus à des si- y~' = rc· = 1,25 ; Yeu= 1,4; Yy = 1,0
Jes carrées, rectangularres ou crrcu aires pour e
tuations 3D.
- par analogie avec la vérification de la stabilité mixte des ouvrages en sols ren-
forcés (norme NF P 94 270) un facteur partiel de modèle YR ; d doit être introduit
- ar association de deux ou plusieurs blocs
Une recherche de la surface de rupture P . . NF p 94 270 (sols dans ce calcul. Celui-ci a une valeur 1, l lorsque les ouvrages sont peu sensibles
·bl comme decnt dans la norme aux déformations, sans préjuger des justifications aux états limites de service
rigidys est également poss1 el , l démarche de vérification des massifs en
cloués) Cette approche est ana ·~gu·e a ~ . t nte du sol de fondation placé à l' aval requises par ailleurs. Il convient d' adopter des valeurs supérieures pour des
sol cloué dans laquelle la con~1 . ut1donbrest~s a la frontière verticale du massif de ouvrages très sensibles aux déformations.
· . au diagramme liIDlte e u ee sur li
est ass~11 ee , l (F. 5 10) La démarche peut être appliquée que e que Les valeurs de calcul de la contribution de chaque inclusion (Qp(I), Tp(l)) sont
sol exteneur a la semel e ig. · M). r é à la semelle sur le massif amont. établies selon une démarche qui s'appuie sur les dispositions de la norme NF P 94
soit la nature du chargement (Q, r.. app iqu
270 des sols cloués, ouvrages également vérifiés selon l'approche 3 : le coeffi-
Elle comporte deux étapes successives : · de sol extérieur à la
- étude de l'équilibre limite de butée dans le domame cient de sécurité partiel du jeu M2 pour la résistance d ' interaction sol-inclusion
est ainsi fixé à yM,f= 1, 1.
semelle ; . . . d le domaine de sol situé sous la
- étude de l'équilibre limite de pous~~e , a~s l semelle et de la réaction limite Par rapport aux ouvrages en sol cloué, les ouvrages sur inclusions rigides impo-
semelle sous l'action de la charge app •.quee ~ ~uée à l'étape précédente. sent de prendre également en compte les contraintes ultimes en tête et en pointe
de butée sur la frontière des deux domames, eva d'inclusion (ces contributions sont supposées nulles dans le cas des sols cloués du
fait du faible diamètre des clous).

205
204
Chapitre 5 - Justifications
PROJET NATIONAL ASIR/

Pour les inclusions, ces contributions s'ajoutent aux efforts u~times. ~e fro~eme~t
développés sur la partie intérieure au bloc étudié ou sur la partie exteneure a ce m-
1 2.1.2. Modèles simplifiés pour vérifications ELS
Tous les modèles décrits au chapitre 3 peuvent être utilisés pour procéder aux vé-
ci. (Fig. 5.11). . . rifications ELS.
On adopte le même coe~cient partiel yM.f du jeu M2 pour ces contnbuttons en Si certains critères de résistance ne sont pas explicitement introduits dans ces mo-
tête et en pointe. dèles, ils font l'objet d'une vérification de cohérence a posteriori. Selon les mo-
Pour assurer la continuité avec la norme NF P 94 262 (fonda~ions pr~fond~s),.on dèles utilisés, cette vérification peut concerner par exemple :
le calcul selon la méthode du modèle de terrain avec l apphcatton - le poinçonnement de la tête d'inclusion dans le matelas;
reco mmande . · d · l · (frot
du facteur partiel de modèle yR, d associé sur la contnbution es me us10~s - - la contrainte verticale appliquée à la surface du sol entre les inclusions vis-à-
tement, tête et pointe). Les valeurs de ce facteur dépen~en~ de la techn~que ,de vis de sa valeur limite pour la situation considérée ;
mise en œuvre des inclusions, du type et du mode d' explo1tat10n des donnees geo- - le taux de mobilisation du frottement négatif ('r:./cr' v) vis-à-vis de la valeur
techniques (avec ou sans analyse statistique). limite K tano associée à chacune des couches ;
Commentaire. Ceci revient donc à appliquer un coefficient minorateur YM,fx YR, d
- les valeurs du frottement positif vis-à-vis de la valeur limite de frottement qs
= J, 1 yR,d sur les efforts Qp(J), Tp(l). Mp(J).
associée au type de sol et au mode de réalisation de l' inclusion ;
- la valeur de la contrainte sous la pointe des inclusions vis-à-vis de la valeur
Le calcul des efforts mobilisés dans les inclusions doit .égaleme~t. ~rendre en limite qp associée au type de sol et au mode de réalisation de l'inclusion;
compte les valeurs limites propres au mat~riau ~e l'inc~us1on, exphc1tees dans le - les valeurs maximales de contraintes dans les matériaux (inclusion, dallage,
paragraphe 3.1 (inclusions béton) ou 3.2 (mclus1ons acter). renforcement..) vis-à-vis des valeurs admissibles ELS.
2.2. Modèles numériques détaillés
Le modèle de calcul le plus complet est un modèle 3D d'éléments finis ou diffé-
rences finies en milieu continu, utilisant des lois de comportement évoluées pour
les différents horizons et prenant en compte les diverses interactions sol/structure
par l'intermédiaire d'éléments d' interface. Ces lois doivent être capables de dé-
crire le comportement en termes de contraintes/déformations jusqu'à l'approche
de la rupture.
L'utilisation d' interfaces entre les inclusions et le terrain est indispensable. Sa né-
cessité est double :
Figure s.1 1. Application du calcul à la ruptur~ au cas d'.un remblai sur inclusions rigides
dont seule la résistance axiale est prise en compte. - elle autorise le glissement du sol contre les inclusions ;
- elle permet de définir une valeur limite du frottement sol/inclusion pour reflé-
Commentaire. Dans l' exemple de la figure 5. l l où seul l' effort normal d~s inclu- ter l'influence des conditions d'exécution des inclusions qui ne seraient pas pri-
sions est pris en compte, les inclusions placées à gauche du centre de r?tatl~n co.n- ses en compte dans le modèle de calcul (par exemple : refoulement).
tribuent par un effort normal de compressio? al.ors ~u~ celles pl~cees a droit~
peuvent être sollicitées en traction. Cette contnbution res1stante maximale en corn L'importance des rotations de contraintes principales dans le matelas et la néces-
pression ou en traction varie selon la surface de rupture co~sidérée, elle ne peut donc sité de décrire également un comportement non linéaire et fortement dépendant
pas être fixée a priori. Elle doit nécessairem.ent êtr~ étabhe ~our chaque ~urface de de l'état de contraintes conduisent pour les matériaux granulaires généralement
rupture par application du principe du travail plasuque maxlIDal. ~e~le 1 appr?che
mis en œuvre pour le matelas à adopter une loi évoluée (modèle du 2e ordre ou
cinématique du calcul à la rupture permet une application de ce pnnc1pe denuee de
élasticité non linéaire).
toute approximation. . . •
Les efforts limites considérés en traction ou compression.dans ~e calcul doivent etre
compatibles avec les vérifications STR du matériau des mclus1ons.

207
206
Chapitre 5 - Justifications
PROJET NATIONAL ASIR/

2.2.1. Modèles numériques détaillés pour vérifications ELU


Le modèle du 1er ordre associant l'élasticité 1inéaire avec l~ crit~re de rupturC: de
Mohr-Coulomb peut ne pas être suffisant pour aborder le~ situ_attons ELU, meme 2.2.1.1. Cas des fondations sur inclusions
si généralement il s'avère acceptable pour examiner les situat10ns ELS.. . D Principe
Les lois d'interface (sol-inclusion) doivent également nécessairement mtrodutre Si l' approche 2 est retenue, le modèle permet d'établir la courbe de chargement
un critère de rupture. (relation charge appliquée-déplacement d'un point caractéristique de la fonda-
Il est souhaitable d'introduire un modèle de type Cam-Clay ou Hardening Soi/ tion) sur un intervalle dépassant largement la charge de service.
(modèle incorporant un mécanisme d'écrouissage isotrope)_ pour des sols com- L'allure de cette courbe de chargement théorique est examinée pour voir si elle
pressibles faiblement surconsolidés. En effet, seuls ces modeles peuvent_p~rmet­ révèle un seuil Re au-delà duquel on observe une augmentation du rapport entre
tre de reproduire le comportement de type oedométrique des s~ls ~t de dtstmguer les déplacements et les efforts appliqués. Si un tel seuil est reconnu, la valeur de
les déformations de part et d'autre de la pression de préconsohdatton.
calcul de la résistance Rd est :
Dans les a utres cas et notamment pour la couche d' ancrage, la nécessité ou non
Rd= R/ YR (5.6)
de lois évoluées doit être examinée au cas par cas.
Il est proposé d'adopter pour le facteur partiel de résistance la valeur YR = 1,4.
Pour le matériau constitutif des inclusions, la loi adoptée _doit nécess~i:ement in-
troduire le critère de rupture du matériau (un modèle élastique sans cntere de rup- Si le mécanisme de rupture mis en lumière s'apparente à un glissement plan en
ture n'est pas acceptable). sous face de la fondation, la valeur yR· peut être réduite à 1, 1 en continuité avec
L'aptitude du modèle à fournir des ré~ultats représentatifs jusqu'au voisinage de les dispositions applicables aux fondations superficielles.
la rupture doit être appréciée en exa~nant_ : . , . Commentaire. Dans la mesure où les modèles détaillés s'appuient sur un plus grand
- le cas du chargement direct d ' une mclus10n isolee et en comparant cette simu- nombre de paramètres, on rappelle que la mise en œuvre de cette méthode n'est ac-
ceptable que si les tests de représentativité exposés en 2.2 ont tous été menés.
lation : · "bl (1 h
- aux résultats d ' un essai de chargement direct s'il est dispo~1 e a ~ .~ge
D Exemple d'application
de rupture y étant fixée à celle donnant un tassement en tête egal au d1xieme
Une approche équivalente a été adoptée pour la justification du projet ICEDA, qui
du diamètre D/ 10),
_ ou à défaut à. la prévision obtenue par exploitation des courbes de transfert était un ouvrage exceptionnel soumis à des exigences très spécifiques. Ce projet
est décrit dans l'historique présenté au chapitre 1.
de type Frank et Zhao; , ,
- le chargement d'une semelle rigide à la surface du modele (non renforce par Un plot d'essai de chargement statique de neuf inclusions a permis de caler les
les inclusions) afin de comparer: , lois de comportement d ' un modèle numérique représentatif du plot d'essai, à
_ sous la charge ELS le tassement calculé à celui obtenu par l~ i:iethode la l' aide d'un modèle aux éléments finis 30.
plus appropriée (méthode pressiométrique ou méthode oedometriq_ue!,
Un modèle de cellule élémentaire (une inclusion au milieu d'une infinité) utilisant
_ sous des charges plus élevées, les valeurs atteintes aux v~leurs hm1tes de
ces lois de comportement a été établi pour étudier le comportement général de la
portance ou de glissement obtenues par les méthodes classiques.
fondation, notamment la relation tassement/charge appliquée.
De tels modèles peuvent bien évidemment être utilisés également pour les vérifi- Une étude paramétrique réalisée sur ce modèle a permis de juger de la sensibilité
cations ELS. du tassement aux variations successives de la quasi-totalité des paramètres, pour
des charges appliquées croissantes.
La figure 5.12 illustre un des résultats obtenus : elle représente le tassement du
radier en fonction de la charge, pour un maillage donné et pour le cas de référence
(courbe bleue), pour des caractéristiques de la couche compressible meilleures
(courbe rouge) et dégradées (courbe verte). La courbe de tassement en fonction

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208
Chapitre 5 - Justifications

PROJET NATIONAL ASIR/

2.2.1.2. Cas des remblais sur inclusions rigides


rt ent au voisinage de
du chargement présente un change~ent de campo em Dans ce cas, la vérification se fait selon l'approche 3.
360 kPa de charge appliquée sur le radier. . . .
La vérification ELU intervient comme une étape de calcul spécifique dans laquel-
. . . d'inclusions du projet ICEDA sous solhc1tat10ns
Pour dunens1onner le maillage . d t · 360 kPa de charge sur le les valeurs de calcul des paramètres de résistance des sols sont « dégradées »
1 ffi0 rt dans les inclus10ns correspon an s a par rapport à leurs valeurs caractéristiques par application des facteurs partiels
statiques, es e s ffi . _ à l'ELU et de 1 4 à l'ELS, pour
le radier ont été affectés des coe ic1ents YR - 1' 0 , M2:
définir les efforts maximaux admissibles.
Ycp' = Yc' = 1,25 ; Yeu = 1,4; Yy = 1,0
o~~--.~~.--~~..--~-:,~~,
Les facteurs partiels M2 doivent être complétés par le facteur applicable à la ré-
1
1 sistance d'interaction latérale sol-inclusion YM,J-
1 1
100
1
- - -r- ----.----;-- - Comme exposé au paragraphe« Application aux remblais », afin d' assurer la con-
' 11 tinuité avec la norme NF P 94 262 (fondations profondes) il est proposé d'adopter

Ê
\ 1 1
_ __ L Seuil R~-­
1
1
:-i---
pour le facteuryM,f applicable à la résistance d'interaction latérale sol-inclusion
.§. 200 la valeur composée (1, 1 yR, d) où yR, d est le facteur partiel associé à la méthode
: estimé 1
1-
z 1 1 du « modèle de terrain » dans la norme NF P 94 262 ; les valeurs de ce facteur
w 1 1 1
~
dépendent de la technique de mise en œuvre des inclusions, du type et du mode
~ 300 ~-- - -~----:--
d'exploitation des données géotechniques (avec ou sans analyse statistique).
~ 1
1
1
1
1
1
1L __ 1L ___ _J1_ _ _ _ _j_ À la différence de la résistance d 'interaction latérale sol-inclusion, l'interaction
400 -...;;.:;;_.:l'iifan 1 1 en tête ou en pied d'inclusion ne nécessite pas dans ce calcul l'introduction d' un
1 1
- Référence 1 1 coefficient M2 spécifique. Cette interaction est correctement décrite grâce aux pa-
- Max ramètres de calcul du sol sous réserve que les inclusions soient modélisées comme
des éléments de volume et non comme des éléments « poutre» (sans épaisseur).
CHARGE APPLIQUEE (kPa) Commentaire. li est rappelé que, pour l'inclusion, la loi adoptée doit nécessaire-
ment introduire le critère de rupture du matériau de l' inclusion ( un modèle élastique
Figure 5.12. Courbe de chargement établie pour le projet !CEDA. .
sans critère de rupture n'est pas acceptable).
Cette borne ~aximale de contrainte sur le radier définie, l~ maillage d'inclusions La vérification ELU exige donc une étape de calcul spécifique consistant à s'as-
a également été dimensionné vis-à-vis des ELS pour que . . 'bl . surer qu' un équilibre est effectivement atteint lorsque tous les facteurs M2 sont
- les tassements calculés restent inférieurs aux tassements adm1ss1d es , s ou' la appliqués aux paramètres de sol, du matériau des inclusions et de la résistance
. .. . · ·fi t. de l'absence e zone
- l'inté 'té du matelas s01t venfiee : ven ica wn . . des d'interaction latérale.
déform~on de cisaillement (évaluée comme le second mvanant ?u tenseur
déformations déviatoriques) serait supérieure o~ égal~ à 5 % et iUI Le fait que le calcul mené avec ces nouvelles valeurs des paramètres aboutisse à
une solution constitue la vérification recherchée.
- relieraient de manière continue les têtes d'~clus1.ons au ra ier, l en bor-
- relieraient de manière continue les têtes d'mclus1ons au sol nature ' Commentaire. On notera que les déplacements obtenus n'ont pas de signification
physique.
dure des bâtiments, . . . ..
- relieraient de manière continu.e deux .mc~u~1~ns.co?t.1gue~. r les métho- 2.2.2. Modèles numériques détaillés pour vérifications ELS (tassements)
- l'intégrité structurelle des inclusions s01t ~en~ee . v~nfi~at~onlF;C7 « Fonda- Il s'agit de vérifier que Ef- Cd:
des classiques décrites dans la norme d'apphcat1on nationa e e
Edet Cd sont des tassements (ou des déformations);
tians P~~!~~:,~;;~ ~l::e ~~:~uil de résistance doit être le même que celui de la se- Cd est le tassement (ou la déformation) acceptable définie par le maître d'ouvrage.
melle sur sol non renforcé.

21 1
210
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 5 - Justifications

Ce modèle évolué est utilisé sans pondération sur les résistances. Comme le mo-
dèle prend en compte l'ensemble des critères de rupture des matériaux, l'existen-
ce de zones localisées de plastification du sol est acceptable tant que le critère de
tassement ELS est satisfait.
C~mmentaire. Dans le cas de l'ouvrage exceptionnel ICEDA, le critère précédent a
été complété par un critère de Limitation du développement d'une zone d'écoule-
ment plastique Libre: absence d' une bande continue de cisaillement (définie par un
cisaillement 1 supérieur à 5 %) reliant soit les têtes d'inclusions au radier, soit les tê-
tes d' inclusions au sol naturel, en bordure des bâtiments, soit deux inclusions con-
tiguës.

2.3. Modèles spécifiques de type calcul à la rupture pour vérifications


ELU
Ce sont les modèles qui appliquent la théorie du calcul à la rupture (Salençon,
Figure 5.13. Mécanismes de rupture considérés (cas d'un sol cohérent).
1983) dans son cadre général :
- approche statique et cinématique ;
- champ de déplacements non réduit à celui de blocs rigides. ;:t~!~it~:~:~on, sury~space ~éfini par ces paramètres géométriques (représen-
geometnes ~oss1bles de ces mécanismes de rupture) établit la va-
Ils sont aptes à traiter des cas de chargement (Q, T, M) quelconques en détermi- leur de la charge la plus faible conduisant à rupture.
nant le schéma de rupture associé.
La ~ori~ i:a~lit que cette vale~r c_onstitue une borne supérieure de )a charge de
Commentaire. Ce sont des modèles à utiliser de façon exceptionnelle, qui doivent
rup t le ree e . toute c~arge qm lm est supérieure ou égale entraîne nécessaire-
être calés sur d'autres approches comme illustré au paragraphe suivant. men a rupture du systeme.
2.3.J. Exemple d'application L'ensemble des valeurs ultimes obtenues définit une surface dans l'es ace
Cette démarche a été appliquée à l'ouvrage exceptionnel que constituent les fon- M) ~nglo~ant t?us les cha~gements que le système peut supporter. r:ut c~~~~
dàtions du pont de Rion Antirion, décrites au chapitre l (Pecker, 1998). : : . represente par un pomt situé à l' extérieur de cette surface conduit à la rup-
Une borne supérieure de la capacité de la fondation a été établie par l'approche
' cinématique du calcul à la rupture en introduisant la contribution résistante des in- l!ne coupe de cette surface dans un plan correspondant à une valeur d, effort ve
clusions dans des mécanismes tels que celui présenté figure 5.13 . Du fait des di- ~1cal Q const_ante révèle la forme de cette surface limite (Fig 5 14) C t ,r-
1Uustre le d · , · · · e exemp e
mensions du caisson (diamètre 90 m), l'approche a été développée uniquement a d lgam~ e capac1t~ obtenu par la mise en place des inclusions par rapport
sous la forme d ' un modèle plan. u cas e a meme fondation sur le sol non renforcé.
Ces mécanismes peuvent être définis par c inq paramètres géométriques ( co ou a, Les inclusions ont permis d 'accroître les valeurs T. et M
support bl
t al Q , max maxa es pour
À,ô', µ et E" identifiés sur la figure 5.13). Ces mécanismes juxtaposent des mou- s:~e ~: co:nnee._ La pa,rtie verticale de la courbe limite avec inclusions repré-
vements de blocs rigides et des blocs soumis à des champs de déformation com- fondation. igurat10ns ou la rupture se produit par glissement en sous face de la
patibles avec les déplacements des blocs voisins.
~::;-é~~tats éta~Ii_s par le ca,lc,ul à la rupture se sont révélés cohérents avec ceux
en ce~~ es numenques par elem~nts_ finis ainsi que de modèles physiques testés
dèles dé:TI~use. Da~s ce cas part1cuher, le principe général de validation des mo-
1 es expose au paragraphe 2.2 a donc été également suivi.
1. Deuxième invariant du tenseur des déformations déviatoriques.

212
213
Chapitre 5 - Justifications
PROJET NATIONAL ASIR/

3.1. Inclusions en béton ou mortier


Pour les inclusions rigides, les états limites suivants sont à vérifier :
- résistance vis-à-vis de la compression ;
- résistance vis-à-vis de la flexion composée ;
- résistance vis-à-vis du cisaillement ;
- résistance vis-à-vis du flambement.
Ces vérifications sont à mener en considérant :
- les charges verticales de tout type apportées par l'ouvrage ;
- les efforts horizontaux qui peuvent dans certains cas être transmis en tête des
inclusions à travers le matelas (semelles de bâtiments industriels ou commer-
00 100 200 300 400 500 600 700 800 900 1000 ciaux, efforts de freinage sur un dallage, effets de bord sous un remblai ou sous
EFFORT TRANCHANT T AU NIVEAU DE LA FONDATION (MN) un réservoir ou poussée derrière une culée);
- les sollicitations pouvant résulter de déplacements imposés du sol autour des
Figure 5.14. Coupe de la surface limite pour le sol renforcé.
inclusions (chargement dissymétrique sur l' emprise de la zone renforcée, pied de
remblai, déplacement latéral du sol sous une semelle chargée verticalement) ;
2.3.2. Principe des vérifications - les sollicitations induites sous séisme ;
L'inégalité formelle Ed < Rd consiste donc a vérifier que le point représe~ta~t le - éventuellement les efforts subis durant la construction (circulation des engins à
chargement Ed est bien inscrit dans le volume Rd délimit~ p.ar la su~ace limite : proximité des têtes d'inclusions).
_dans ce cadre, l'approche 2 consiste à établir la surface limite ~an.s l es~~ce Q, T, 3.1.1. Résistance vis-à-vis de la compression en compression simple
M à partir des valeurs des paramètres de sol non .Po~dérées, puis a posi~onner le ou flexion composée
point représentatif du chargement obtenu par appltcat10n des facteurs YG - 1,35 ou
3.1.1.1. Définition de fcd
1, 0 et '\/1 Q = 1' 5 ou 0 aux valeurs caractéristiques Q, T, M; Q T. M ' rt'
- l'approche 3 consiste à établir la surface limite dans l'espace , , . a pa rr En cas de mise en œuvre de béton ou de coulis, la valeur de calcul.fcd de la résis-
des valeùrs de calcul des paramètres de sols affectées des facteurs partiels M2 : tance à la compression simple du matériau est définie selon la norme d'applica-
y~' = Yc• =l,25;ycu = l,4;yy = l ,O , .. tion nationale de l 'Eurocode 7 (NFP 94 262 « Fondations profondes ») ou les
puis positionner le point représe~tatif du chargement (v~leurs caractenstiques
a cahiers des charges particuliers :

Q T M affectées des facteurs partiels A2 : YG = 1,0 et YQ - 1,3 ou 0).


, ' = Min( a.cck 3.f' ck.,a.ccf ck(t).,a.cc Cmax)
f,cd (5.7)
La distance du point représentatif du chargement à la frontière du domaine carac- Yc Yc Yc
térise la « réserve » de sécurité. avec:
ace coefficient qui dépend de la présence ou non d'une armature (armé = 1, non
3. ÉTATS LIMITES STR
armé= 0,8) ,·
Les états limites en termes de résistance de matériaux ~~nce~ent la stru~ture (se-
Yc coefficient partiel dont la valeur est 1,5 à l'ELU fondamental et 1,2 à l'ELU
melle, dallage, radier), les géotextiles, les dallettes et 1 rnclus1on elle-meme.
accidentel ;
Commentaire. Le chapitre 4 «Conception» a attiré l'atte~tion sur la nécessité de
considérer la sensibilité des sollicitations calculées au choix des val~~r~ ?e calc~l
!*ck résistance caractéristique à la compression du béton, du coulis ou mortier
des paramètres de sol. Lorsqu'elle est nécessaire, cette étude de sen~1b1hte sera de~ d'une inclusion déterminée à partir de la formule suivante :
finie en examinant la dispersion constatée sur la mesure des parametres de sol qu
interviennent dans le modèle de calcul.

215
214
PROJET NATIONAL ASIR/
Chapitre 5 - Justifica tions

Tableau 5.11. Valeurs de ka.


f" ck = inf(fck(t);Cmaxfck) k lk (5.8)
1 2
Avec essais
fck résistance caractéristique en compression mesurée sur cylindres à 28 jours; Valeurs de k 3 Sans essai (a) de réflexion Avec e ssais Avec essais
Avec essais
fck(t) résistance caractéristique en compression mesurée sur cylindres au temps t; ou d'impédance de qualité de contrôle
de portance
(a) renforcé (b)
Cmax valeur maximale de la résistance à la compression tenant compte de la con- Domaine 1
sistance qu' il est nécessaire de donner au béton, coulis ou mortier frais suivant la
technique utilisée suivant le tableau 5.1 ;
(inclus ions
nécessaires à
. 0,75 .. 1,2 1,4
la stabilité)
k 1 est fonction de la méthode de forage et de l'élancement selon le tableau 5.I.
Domaine 2
Tableau 5.1. Valeurs de Cmax et du coefficient k 1 . (inclusions non
nécessaires à 0,65 1,85 1,4 1,5 1,7
Cmax la stabilité)
Cas Mode d'exécution k1
(MPa)
• Dans le domaine I les e ,.
Inclusions forées avec extraction de sol 35 1.3 •• Dans le domaine j 1 ssa1~ de reflexton ou d impedance sont obhgatoires.
, es essais de chargement sont nécessairement, . . d .
tance. a mrn1ma, es essais de por-
2 Inclusions forées tarière creuse avec extraction de sol 30 1,4
(a) Cas ré~ervé_s a~x o~rations de faible importance (c( chapitre 8 § 2 2 t 4 1
(b) ~tte s1tuat10.n implique que soient réalisés en complément des ;ssai~ d: . ).
3 Inclusions forées tarière creuse avec refoulement 35 1,3
.
4 Inclusions vibrofoncées ou moulées en place 35 1,3 controle renforce au sens de la nonne NF p 94 262 d . P~':™1ce, des essais de
avec es frequences assoc1ees.
5 Incorporation d'un liant avec le sol (colonnes de sol traité, jet grouting) (*) ("*)
Les coefficients du tableau 5 Il ne se comb ·
(*) Valeur à déterminer par les essais sur chantier
(**)Colonnes de sol traité avec outil mécanique garantissant la géométrie de la section : à détermi-
sont réalisés à la. fois des ess~is portanc~:~~tsa:~!~; ~~:~:~~i~::sul~,~= ~ù
de
dance, le coefficient k3 à appliquer est 1 2 pour le do . 1 1 5 p .-
ner au cas par cas sans être inférieur à k 1 = 1,3. ne 2. ' mame et , pour le doma1-

Pour un sol traité par jet-grouting ou avec un outil ne garantissant pas la géométrie 0n ra~pelle les ?~finitio~s suivantes (cf chapitre 8 « Contrôles ») :
de la section, la valeur de k 1 est à déterminer au cas par cas sans être inférieure à - essais de quahte : essai de chargement statique à la valeur maximale d . fini
parag~aphe 2.2. l .2 du chapitre 8 ; e eau
k1 = 1,5:
- essai de portance : essai de chargement tati , 1 .
- k 1 peut être diminué de 0, 1, uniquement pour les inclusions forées lorsque la paragraphe 2.2.1.3 du chapitre 8 . s que a a valeur maximale définie
nature des terrains traversés garantit la stabilité des parois du forage ou quand
l' inclusion est tubée et bétonnée à sec (la garantie de la stabilité des parois du
~essais de contrôle r~nforcé : a~ sens de la norme d'application nationale de
1 Eurocode 7 « Fondations profondes » NF p 94 262 l , ·1 .
forage doit être démontrée selon la procédure prévue dans la norme d'exécution ' orsqu 1 s sont applicables.
pieux forés EN 1536). Exemple. Cas d 'un ouvrage de faible importance totalisant 1 500 ml d'" 1 .
dont aucune n'est l 'objet d'un essai de chargement Les . 1 . me u~1ons
sont nécessairement contrôlées par des essais de réflexiontnocuu;:~ns ~u domarne 1
- k2 est fonction de l'élancement :
- k2 = 1,05 pour les inclus ions dont le rapport de la plus petite dimension d à affectées d ' un coefficient k _ 0 75 Le . . impe ance et sont
. . 3- ' . s mclus1ons du domaine 2 sont affectées d' un
la longueur est inférieur à 1120, coe~c1ent k3 ~ 0,65 s1elles ne sont pas l' objet d 'essai de réflexion ou d' impédance
- k2 = 1,3 - d/2 pour les inclusions dont la plus petite dimension est inférieure et d un coefficient k3 = 0,85 dans le cas contraire.

à 0,60 m ,
- k2 = 1,35 - d/2 pour les inclusions réunissant les deux conditions ci-dessus;
- k3 fonction du type de contrôle effectué selon le tableau 5.TI.

216
2 17
Chapitre 5 - Justifications
PROJET NATIONAL ASIR/

O"cp = Ned l A c;
3.1.1.2. Taux de travail à L'ELU
À l'ELU, la contrainte maximale de compression est limitée à la valeur de calcul
fcrm = 0,3 f* cé213) ;
f cd et la contrainte moyenne de compression sur la seule section comprimée est
fctd + I Yc .'
= résistance de calcul en traction = O' 7 a.ctJctn
a.et = 0,8 (EC2 § 12.3.1);
limitée forfaitairement à 7 MPa.
fcd = résista nce de calcul en compression du béton ·
3.1 .1.3. Taux de travail à l 'ELS fcvd = résistance de calcul en cisaillement et en co~pression du béton
À l'ELS, la contrainte maximale de compression du béton est limitée à Min(0,6
k f* ck> 0,6 f ck> et la contrainte moyenne de compression sur la seule section com-
- si O"cp < crc1im f cvd= ifc,j + O"cpfc1d)0•5
3 - si O"cp > O"clim fcvd = ifcti + O"cpfctd - [( O"cp - crclim)/2]2)0,S
primée de celui-ci est limitée à (0,3 k3f* ck)·
La valeur de k3 est définie dans le tableau 5.II. 0 Application au domaine J
3.1.1.4. Calcul du module de déformation Dans le domaine 1, le cisaillement est vérifié conformément à la section 12 6 3 d
113 la norme NF EN 1992- 1- 1. T oute fiois,
· conformément au § 12.2 .1 (8) de la ·norme · e
- pour du béton : module long terme E = 3 700 fck normale à l 'ELU N Ed
113
NF· pt 94
d 262,
, ïilorsque la contrainte
. . J A c d epasse
, 0 ,3t+ .
'Jck> 11con-
- pour du mortier : module à long terme E = 2 700 f ck (béton de sable, 1994). vie~ e v~n ier que la contramte de cisaillement 'te ne dépasse pasft 110 c -
me illustre sur la figure 5.15. P cvd om
3.1.2. R ésistance vis-à-vis de la flexion composée
Dans le domaine 1 (inclusions nécessaires à la stabilité), les inclusions doivent 3.o
1-1--.---,---;n=.----.--~-­
B25
:::> ...j1_ _ _ _ .j_
1 _ _ _ _,1_ _ _ _
être armées sur la hauteur où elles ne sont pas entièrement comprimées. ~(il 2.5
:::>o.. 1 1 1
Dans le domaine 2 (inclusions non nécessaires à la stabilité), il est proposé de ne ()~ 1 1 1
<i. ] 2.0 "1-- - - t- - - -1--- -
pas armer les inclusions sous réserve que la contrainte maximale de traction dans u_ 1 1 1

le béton puisse être justifiée.


Wt-
Oz
wW
~ ----t----:----
u:::ii! 1 1 1
Dans tous les cas la contrainte maximale en compression doit respecter les critères zW -l----+- - --1--- -
~;l 1 1 1
(/) ~ 1 1 1
explicités en 3.1.1.2 et 3.1.1.3. ëi)!Q "1-- - - t---- 1 - - - -
wu
3. J.3. Késistance vis-à-vis du cisaillement
Les contraintes de cisaillement sont vérifiées conformément à I' Eurocode 2.
a:
00~~~~~:;:~=:!:~~~~:::~~:::~'~!.,__J
4 6 8 10 12 14
CONTRAINTE NORMALE ELU (MPa)
On doit vérifier : 'tep < f cvd avec: Figure 5.15. Évolution de la résistance de calcul au cisaillement avec la contrain