Vous êtes sur la page 1sur 5

Dmitri Kabalevski

compositeur russe

Nom de naissance Dmitry Borissovitch Kabalevsky

30 décembre 1904
Naissance
Saint-Pétersbourg,
Empire russe
18 février 1987 (à 82 ans)

Décès
Moscou, RSFS de Russie
Union soviétique
Activité principale
compositeur, pédagogue

Style
musique contemporaine

président de l’
Activités annexes Union des
compositeurs soviétiques

Formation Conservatoire Tchaïkovsky de


Moscou

Nikolaï Miaskovski, Alexandre


Maîtres Goldenweiser,
Georgi Lvovitch
Catoire

Enseignement Conservatoire Tchaïkovsky de


Moscou

Œuvres principales

Colas Breugnon

modifier

Dmitry Borissovitch Kabalevsky (en russe : Дмитрий Борисович


Кабалевский), né le 30 décembre 1904 à Saint-Pétersbourg (Empire russe) et
décédé le 18 février 1987 à Moscou (Union soviétique), est
un compositeur soviétique et russe.
Biographie
Dmitry Kabalevsky est issu d'une famille d'intellectuels de condition modeste.
Son père était mathématicien et travaillait à l'Assurance nationale. Il lui
communiqua très tôt son goût pour la littérature, la peinture, la géographie, les
sciences naturelles et la technique. À sa mère, il doit son goût précoce pour la
musique. Il poursuit ses études secondaires au Premier gymnasium de garçons
de Pétrograd. En 1918, sa famille s'installe à Moscou, redevenue depuis peu la
capitale de la Russie, ville dans laquelle il entreprend en 1919 des études de
piano à l'école de musique "Victor Selianov" (ultérieurement, "Institut
Scriabine"), où il acquiert une bonne technique pianistique et fait montre de
talent pour l'improvisation, effectue ses études secondaires, et suit en parallèle
les cours d'une école de peinture. En 1922, à la demande de son père, il entre à
"l'Institut Engels" pour y effectuer des études économiques et sociales — études
qu'il n'entreprendra en fait jamais, ayant décidé au même moment de se
consacrer entièrement à la musique —, tout en suivant parallèlement ses cours
de musique à "l'Institut Scriabine". Il parlait couramment plusieurs langues
étrangères, tout particulièrement l'anglais. Il intégra le Conservatoire
Tchaïkovsky de Moscou en 1925 et publia à cette occasion ses Trois préludes
pour piano, son opus 1. Il eut Georgi Lvovitch Catoire et Nikolaï
Miaskovski comme professeur de composition et Alexandre Goldenweiser
comme professeur de piano. Ses premières œuvres reconnues prennent forme
à la fin des années 1920 : trois mélodies d'Alexandre Blok d'après les poèmes de
ce dernier (1927), une sonate pour piano (1927), le Quatuor n° 1 (1928) et un
concerto pour piano (1928), une sonatine pour piano en ut (1930).
Du milieu des années 1920 au début des années 1930, une lutte farouche
opposa l'Association pour la musique contemporaine (ASM), fondée
en 1923 au sein de l'Académie nationale des arts, filiale russe de l'association
internationale du même nom, et l'Association russe pour la musique
prolétarienne (RAPM). Kabalevsky ne fit jamais officiellement partie d'aucune
de ces deux associations, mais il rejoignit, dès son entrée au conservatoire, le
groupe PROKULL (Production collective des étudiants compositeurs), un
groupe d'étudiants du conservatoire de Moscou cherchant à faire le lien entre
les deux associations. Notamment avec son jeune collègue Vissarion Chebaline,
il publia des articles dans la revue Musique de notre temps de l'ASM. Lors de la
dissolution, en 1932, de ces deux associations et de leur remplacement par
l'Union des compositeurs soviétiques, Kabalevsky participa activement à la
création de la section moscovite de cette organisation et occupa ensuite un
poste d'administrateur de cette section. Kabalevsky aurait, en 1934, été l'un des
rares à oser prendre publiquement position en faveur de l'opéra Lady Macbeth
de Mzensk de Dmitri Chostakovitch lors de son interdiction (qui faisait suite à
la publication d'une critique très sévère de cet opéra, parue dans le journal La
Pravda, article que l'on savait « inspiré » par Staline lui-même, ce dernier ayant
ostensiblement quitté la salle du Bolchoï l'avant-veille, pendant la
représentation de second acte de l'opéra). Mais il est également rapporté
qu'en 1956, Kabalevsky se serait, lors d'une réunion de l'Union des
compositeurs et en présence de Chostakovitch lui-même, violemment opposé à
la levée de l'interdiction de ce même opéra, compte tenu de « l'immoralité »
(raison identique à celle invoquée par Staline) de l'héroïne[1]. Aucune de ces
deux anecdotes n'est toutefois mentionnée dans le Témoignage controversé de
Chostakovitch, publié par le journaliste Solomon Volkov. Kabalevsky rendra un
vibrant hommage à Chostakovitch en 1966, à l'occasion de son soixantième
anniversaire.
Excellent pédagogue (il est nommé en 1932 professeur assistant de
composition au conservatoire de Moscou et titularisé en 1939), il passera pour
un musicien épris de l'enfance. Sa véritable personnalité apparaît dans ces
œuvres pour piano à vocation pédagogique : Recueil de pièces faciles pour les
débutants (1927-1940), De la vie d'un pionnier (1931), Trente pièces
enfantines (1937-1938), Vingt-quatre morceaux faciles (1944), Deux Variations
faciles (1944), Cinq variations faciles (1952), Quatre rondos faciles (1958), Six
préludes et fugues (1958-1959), Trente-cinq pièces faciles (1972-1974).
Deux sonatines, datant de 1930 (connue de nombreux jeunes pianistes)
et 1933 complètent cette œuvre, sans oublier les Tableaux de l'enfance et
sa rapsodie Le temps de l'École (1963, sur une comptine enfantine très connue
en Russie. Il enseignera bénévolement la musique, jusqu'à la fin de sa vie, dans
l'école primaire de son quartier. Dans ces petites formes, la simplicité de
l'harmonie, le charme des thèmes séduisent le mélomane.
En 1940, Kabalevsky devient une grande figure de la musique soviétique. Il est
nommé cette même année président de l'Union des compositeurs soviétiques,
un poste qu'il gardera jusqu'en 1948 quand il fut remplacé, par Tikhon
Khrennikov, qui restera à ce poste jusqu'à la Dislocation de l'URSS (1991).
Membre du Parti communiste en 1940), rédacteur de la revue Sovietskaïa
Mouzika, lauréat à quatre reprises du Prix Staline en 1946, 1949, 1951,
et 1966), président de la Commission pour l'éducation musicale des enfants
en 1962), Artiste du Peuple en 1963, président du Conseil scientifique
d'esthétique pédagogique à l'Académie des sciences pédagogiques de l'URSS
en 1969), et Président de l'International Society of Musical Associations
en 1972). Toutefois, à la mi-janvier 1948, il fut accusé par Andreï Jdanov, en
même temps qu'Aram Khatchaturian, Gavriil Popov, Sergueï Prokofiev, Dmitri
Chostakovitch, Nokolaï Miaskovsky et Vissarion Chebaline, de « formalisme »,
la pire accusation que l'on pût porter contre un artiste pendant la période
stalinienne. De tous ces musiciens, qui avaient tous peu de temps auparavant
reçu au moins un prix Staline pour certaines de leurs compositions, Kabalevsky
fut le seul, au cours de cette séance tristement célèbre, à faire son autocritique
publique. Par la suite, dans le décret du 10 février 1948, le nom de Kabalevsky,
contrairement à celui de ses confrères qui avaient été publiquement accusés en
même temps que lui du même « crime », n'apparaît plus. Ce fait lui valut, jusqu'à
la fin de ses jours, une farouche inimitié de la part d'un certain nombre de ses
confrères, qui l'accusèrent, dès lors, d'« opportunisme ».
Il fait partie de la première génération des compositeurs soviétiques, mais il fut
l'un des rares compositeurs majeurs de sa génération à avoir suivi les
orientations de la politique officielle en matière de création musicale après
les décrets Jdanov de 1948, orientations (« réalisme socialiste ») auxquelles il
restera fidèle jusqu'à sa mort — même dans les années 1980 où ces
orientations étaient totalement rejetées par presque tous les compositeurs,
n'avaient plus d'appuis officiels et, de fait, allaient jusqu'à nuire à la réputation
de Kabalevsky. Son œuvre d'après-guerre s'intègre en grande partie dans ce
moule, trouvant une partie (mais une partie seulement) de sa source dans les
formes d'arts musicales populaires de son pays (Jean Sibelius, Béla Bartók, Igor
Stravinsky, Heitor Villa-Lobos, Darius Milhaud, Benjamin Britten et bien
d'autres, avant et après Kabalevsky, sur tous les continents, au vingtième siècle,
avec diverses motivations, firent de même …), mais n'ayant jamais gommé de
celle-ci l'influence initialement subie (comme beaucoup de compositeurs
soviétiques de cette époque l'ont avoué après la mort de Staline) de la musique
française du Groupe des Six (tout particulièrement Francis Poulenc pour ce qui
est de Kabalevsky) et de Maurice Ravel, ainsi que de l'Avant-Garde russe
émigrée à cette époque (Igor Stravinsky et Sergueï Prokofiev). Parmi ses
œuvres les plus populaires, on peut citer ses quatre concertos pour
piano (1929, 1935 ("à la Prokofiev"…), 1952 (son concerto pour piano le plus
joué, où l'esprit de Francis Poulenc est particulièrement présent, concerto créé
à Moscou par Alexis Weissenberg, alors âgé de 14 ans), 1975 (concerto
"Prague")), son concerto pour violon (1948) et ses deux concertos pour
violoncelle (1948-1949 et 1964), qui sont des œuvres empreintes d'un lyrisme
intime teinté d'humour et de joie de vivre. Son œuvre symphonique comprend
en outre quatre symphonies (1932, 1933 ("Requiem", sa symphonie N°
3), 1934 (sa symphonie la plus jouée, la N° 2) et 1956), une suite
symphonique "Romeo et Juliette" (1956), une ouverture "Pathétique" (1960) et
un poème symphonique "Le Printemps" (1960). Il est également l'auteur de
plusieurs musiques de scène ("les comédiens" 1938-1940), de mélodies et de
ballets. Il complétera, en collaboration avec Mstislav Rostropovitch,
le Concertino pour Violoncelle et Orchestre de Sergeï Prokofiev, commencé
en 1952, que ce dernier n'avait pas eu le temps d'achever avant sa mort.
Sa musique de chambre représente peut-être le meilleur de sa création
musicale : deux Quatuors à cordes (1928, 1945), trois Sonates pour
piano (1927, 1945, 1946, les deux dernières créées aux États-Unis par Vladimir
Horowitz en 1947 à New York), Vingt-quatre préludes pour piano (1943-1944),
et surtout sa Sonate pour violoncelle et piano (1962), créée par son
dédicataire, Mstislav Rostropovitch.

Les formes musicales plus développées (opéras) l'intéressent mais il s'y trouve
peut-être moins à l'aise (ce n'est pas l'avis des Russes, qui les préfèrent
généralement à ses œuvres instrumentales !), à l'exception de son opéra Le
Maître de Clamecy ou Colas Breugnon, tiré par le librettiste Sigismund
Krzyzanowski du roman de Romain Rolland (1937), profondément révisé
en 1967–1968, œuvre d'une grande truculence et incontestablement très
réussie. L'ouverture de cet opéra a été créée aux États-Unis par Arturo
Toscanini, et il en existe de très nombreux enregistrements. Kabalevsky a
composé quatre autres opéras : Au feu, non loin de Moscou (1943), La famille de
Tarass (1947-1950), Nikita Verchinine (1953-1954) et les Sœurs (1967-1969),
beaucoup moins connus que Colas Breugnon. Kabalevsky est également l'auteur
d'une opérette écrite en 1957, Le printemps chante.
Les œuvres patriotiques composées pendant les années 1940 (La Grande
Patrie, 1942, Les Vengeurs, 1942) ou par la suite (Les Léninistes, 1959, la lettre
au XXXe siècle, 1972) n'ont, quant à elles, pas résisté à l'usure du temps.
En revanche, certains tiennent son Requiem En mémoire de ceux qui ont péri
dans la lutte contre le fascisme, sur des poèmes de Robert
Rojdestvensky (1962), pour l'une de ses œuvres majeures, comparable au War
Requiem de Benjamin Britten ou au Dresdner Requiem de Rudolf
Mauersberger.