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Cours : pollution L3

Introduction
Avant de parler du problème de la pollution, il est nécessaire d’examiner tout d’abord les
caractéristiques qui définissent l’environnement.

L’environnement est l’ensemble des facteurs physiques, chimiques et biologiques dont


dépendent la vie et la postérité d’une pollution végétale, animale ou humaine.

L’écologie est la science qui étudie les échanges entre les organismes et leur environnement
vivant (biotique) et non vivant (abiotique).

Ecologiquement parlant, la terre est considérée comme un système fermé, en ce qui concerne
les échanges de matière, appelé écosphère.

L’écosphère comprend quatre compartiments caractérisés par l’état physique de leurs


constituants :

 Gazeux pour l’atmosphère,


 Liquide pour l’hydrosphère et
 Solide pour le lithosphère.

La biosphère est l’enveloppe mince qui abrite un système en équilibre fragile où se déroule
de façon naturelle le cycle vital dans lequel évoluent les organismes vivants ; ce système est
limité du point de vue des matières et dépend de l’énergie fournie par le soleil.

L’écosystème (biotope) représente des structures organisme/environnement. C’est le système


où vivent en interdépendance entre eux.

L’écosystème est constitué par l’association de deux composantes en constante interaction


l’une avec l’autre : un environnement physico-chimique, abiotique, spécifique dénommé
biotope (forêt, lacs, prairie, etc) habité par des populations caractéristiques de ce dernier, la
biocénose.

La circulation cyclique de la matière à l’intérieur de l’écosphère caractérisé les cycles


biogéochimiques, à savoir le cycle du carbone, le cycle de l’ozone, le cycle de l’eau, etc.

Le système étant autorégulateur, la biosphère tend à la stabilité, c.à.d. à conserver ses


propriétés essentielles pour pouvoir survivre aux changements ou aux altérations possibles de
l’environnement.

Chaîne trophique (ou chaîne alimentaire) : Ensemble des relations qui s’établissent entre
des organismes en fonction de la façon dont ceux-ci se nourrissent. Comprend des
producteurs (algues, par exemple), des consommateurs primaires (herbivores, phytophages),
des consommateurs secondaires (carnivores) et des décomposeurs (ou détritivores). Les

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polluants qui ne se dégradent pas ou peu (métaux lourds) vont se concentrer au sommet de la
chaîne trophique, chez les prédateurs.
Il existe plusieurs chaînes trophiques : dans l’eau, dans le sol, dans les forêts….., le dernier
maillon de la chaîne est toujours l’homme.
Ou encore plus simplement : Une chaîne alimentaire est une suite d'êtres vivants reliés par
une relation alimentaire et énergétique. Chacun des organismes constitue un maillon de la
chaîne alimentaire. Il y a échange d'énergie de l'un à l'autre des organismes mais également
des pertes.
Les niveaux trophiques: C'est le rang qu'occupe un être vivant dans une chaîne alimentaire.
Chaque maillon de la chaîne correspond à un niveau trophique. On retrouve les niveaux
suivants : les producteurs, les consommateurs et les décomposeurs.
a. Les producteurs:
Ce sont les autotrophes qui sont capables de synthétiser par la photosynthèse, des molécules
organiques (C6H 12O6) à partir de substances inorganiques (CO2 et H2O).
Exemples: Algue, herbe, arbre, etc.
b. Les consommateurs: Ce sont les hétérotrophes, ils dépendent des autres êtres vivants pour
se nourrir. Ils ne peuvent synthétiser leur propre nourriture.
• Les consommateurs du 1er ordre: Ce sont les herbivores qui mangent des végétaux. Ex.
: Sauterelle, lapin, cerf, escargot, etc.
• Les consommateurs du 2e ordre: Ce sont les carnivores qui mangent les herbivores.
Ex. : Chat, coccinelle, renard, hibou, etc.
• Les consommateurs du 3e ordre: Ce sont des carnivores qui mangent les
consommateurs du 2e ordre. Ex. : Lion, ours, loup, etc.
c. Les décomposeurs: Ils décomposent la matière organique des cadavres et redonnent aux
plantes les sels minéraux essentiels à la photosynthèse.Ex. : Bactéries et champignons

Figure 1 : Chaine trophique

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1. Définition

a) Pollution: En terme général la pollution regroupe les effets nocifs qui résultent de l’action
de facteurs «altéragènes » qu’on qualifie de polluants, quelle que soit la nature de ceux-ci.

L’introduction de l’homme directement ou indirectement de substances ou d’énergies dans


l’environnement pouvant entraîner des effets délétères tels que des dommages aux ressources
biologiques, des dangers pour l’homme, la qualité de l’eau (de consommation et/ ou
environnante), de l’air, du sol etc.

b) Polluant : Un polluant est une substance naturelle ou issue des activités humaines qui,
lorsqu’elle est présente en quantité trop importante dans l’environnement, peut avoir des
effets nocifs sur les êtres vivants. Selon le médecin alchimiste suisse Paracelse (1493-1541),
c’est la dose qui fait le poison.

Polluant = Toxique = poison

Parmi les toxiques certains sont rémanents (non dégradables) se concentrent dans les sols et
les organismes (directement par contact avec le milieu ou par amplification au cours de la
chaîne alimentaire) d’autres sont non rémanents, pausent problème temporairement, sont
dégradables, etc…

c) Toxicologie

Étude des toxiques ou poisons, c’est à dire les substances qui provoquent des altérations ou
des perturbations des fonctions d’un organisme et conduisant à des effets nocifs, dont le plus
grave est de toute évidence, la mort de l’organisme en question

2. Nature des polluants

2.1 Polluants physiques

Le danger physique va englober tous les phénomènes physiques pouvant avoir un impact sur
la santé humaine mais aussi sur l'environnement. On retrouve donc les dangers liés aux :
 Phénomènes d’onde et de rayonnement (Bruit, Radiations ionisantes);
 Pollutions thermique
 Particules.

2.2 Polluants chimiques (M.O)

Les dangers chimiques pour l’environnement et pour l’homme sont très nombreux. Certaines
substances ont en effet des propriétés intrinsèquement nuisibles pour ces cibles : caractère
polluant, toxicité, nocivité, forte réactivité, caractère biocide, ...

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Ces polluants chimiques peuvent se diviser en 2 groupes :

- Les polluants organiques (carbonés) : composés du vivant qui contiennent les éléments
Carbone et Hydrogène au minimum, et qui présentent une toxicité importante à l’égard des
êtres vivants. Exemples : les pesticides (organochlorés : DDT), les polychlorobiphényles
(PCB), les hydrocarbures (HAP), les dioxines et furannes, les chlorofluocarbones (CFC), les
phtalates.

- Les polluants inorganiques (minéraux) : composés métalliques : se retrouvent à l’état


naturel dans l’environnement principalement sous forme d’éléments traces (concentrations
dans les milieux aquatiques de l’ordre du ng ou µg/L). Nous retiendrons l’Arsenic, le
Cadmium, le Mercure et le Plomb comme étant les métaux les plus nocifs.

- Composés non-métalliques : les nitrates et les phosphates (responsables du phénomène


d’eutrophisation), les cyanures, les fluorures, l’amiante, etc.

2.3 Polluants biologiques

Les agents biologiques sont des entités microbiologiques cellulaires ou non (organisme vivant
souvent invisible à l’œil nu) capables de se reproduire ou de transférer du matériel génétique.
On peut les classer en plusieurs familles :

 Les bactéries
 Les virus
 Les champignons
 Les parasites
 Les OGM
3. Sources globales de pollution

Activités urbaines : déchets domestiques, combustion des hydrocarbures


Production d’énergie : extraction, transport, affinage du pétrole
Industries : chimiques, métallurgiques
Activités agricoles : utilisation d’engrais, enrichissement en sels minéraux, pesticides, etc..

4. Comportement des polluants dans l’écosystème


Il est intéressant de se pencher sur le devenir de ces polluants. Les organismes animaux et
végétaux absorbent, accumulent et concentrent un grand nombre de polluants.
a) Biodisponibilité
La biodisponibilité est la forme sous laquelle la substance se présente dans le milieu. Les
polluants, après incorporation via les différentes voies d’entrée, vont se retrouver dans la
circulation sanguine dans un premier temps.
Les polluants, selon leurs natures, vont subir des actions différentes dans l’organisme:

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• Métabolisation par le foie ;
• Stockage dans différents tissus : graisses ;
• Fixation à des récepteurs présents sur les organes cibles : effets toxiques ou
biologiques.
• Excrétion : élimination du polluant par l’organisme

b) Bioconcentration et la bioaccumulation

La bioconcentration correspond à l’accumulation d’une substance chimique dans un


organisme à partir du milieu environnant.

La bioaccumulation désigne le processus par lequel les organismes vivants concentrent et


extraient à la fois directement et indirectement à partir de leur milieu et à partir de leur
nourriture.

c) Bioamplification

La bioamplification fait référence à l’accumulation progressive tout au long de la chaîne


alimentaire d’un polluant. La concentration interne d’un polluant sera beaucoup plus
importante chez un consommateur secondaire que chez un producteur primaire.

Figure 2 : Bioamplification du Dichlorodiphényléthylène dans une chaîne trophique

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d) Biodégradation
La biodégradation est la dégradation des substances par les organismes qui peuvent assimiler
les matières organiques et les transformer en matière vivante ou minérale.

e) Contamination
La contamination est l’introduction d’une substance physique, chimique ou biologique sans
entraîner nécessairement un effet nocif. Elle se définit comme le passage d’une substance
toxique dans l’organisme lors d’une exposition au polluant.

f) Intoxication

L’intoxication est l’atteinte d’un organisme par une substance dite toxique ayant un effet sur
l’organisme en entier ou sur un ou plusieurs organes de l’organisme.

g) Exposition

L’exposition concerne les individus qui sont directement exposés à une substance toxique.
Elle prend son sens dans le cas de pollution environnementale. Des valeurs réglementaires à
ne pas dépasser sont fixées par les autorités.

h) Toxicité

C’est la mesure de la capacité d’une substance à provoquer des effets néfastes et mauvais pour
la santé ou la survie chez toute forme de vie.

5. Différents types de pollutions menaçant l’écosystème

5.1 Pollution de l’air

a) Définition : il s’agit d’un type de pollution


caractérisée par une altération des niveaux de qualité et
de pureté de l’air. Cette dégradation est généralement
causée par un ou plusieurs éléments (particules,
substances, matières…) dont les degrés de
concentration et les durées de présence sont suffisants
pour produire un effet toxique et/ou écotoxique.

b) Principales causes : Elles sont multiples. Elles


peuvent être d’origine naturelle (ex : cendres rejetée par
une éruption volcaniques), ou d’origine humaine. Et
c’est à ces pollutions d’origine humaine que l’écologie s’intéresse principalement.

L’activité et les besoins d’une population mondiale en constante croissance conduisent à


l’intensification des rejets de gaz polluants issus des véhicules à moteur, des installations de

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chauffage, des centrales thermiques et des installations industrielles (dioxydes de carbone, de
soufre et d’azote, particules radioactives, produits chimiques).

c) Principales conséquences : Quotidiennement suivie par des organismes de surveillance


spécialisé comme AIRPARIF (Ile de France) elle présente un danger pour les personnes à
risques comme les jeunes enfants, les personnes asthmatiques ou allergiques, les insuffisants
respiratoires chroniques, les personnes âgées etc.
La pollution atmosphérique a aussi un impact sur les végétaux (pluies acides) et les animaux
(problèmes respiratoires et diminution de l’immunité).
Et enfin, comme tout le monde le sait, elle a un impact sur le climat qui ne cesse de se
réchauffer

5.2 Pollution de l’eau

a) Définition : La pollution de l’eau est une


altération qui rend son utilisation dangereuse et
(ou) perturbe l’écosystème aquatique. Elle peut
concerner les eaux superficielles (rivières, plans
d’eau) et/ou les eaux souterraines.

b) Principales causes :

- Pollutions par produits phytosanitaires : on en


entend par produits phytosanitaires les produits
chimiques qui ont pour but de protéger les végétaux contres les insectes, les parasites etc.
Cependant ceux-ci contiennent des éléments chimiques qui polluent les nappes phréatiques
par infiltration dans le sol.

• La pollution par les phosphates entraine une eutrophisation d’un milieu aquatique.
Un milieu aquatique eutrophe présente un excès de substances nutritives, ce qui a
pour conséquences la surproduction d’algues et d’espèces aquatiques.
• Pollution par les nitrates (présents dans les engrais azotés).
• La pollution par métaux lourd (arsenic, plomb, mercure, cadmium) issus d’une
activité métallurgique ou industrielle.
• La pollution par PCB (liquide beaucoup utilisé par l’industrie pour ses propriétés
ininflammables et diélectriques et qui est insoluble dans l’eau).
• La pollution par hydrocarbures (ex : marée noire).
• La pollution par déchets plastiques.

c. Principale conséquences : Toutes ses pollutions ont des conséquences sur la santé des
espèces marines animales et végétales qui absorbent ces polluants. Elles menacent
indirectement la santé de l’Homme qui se nourrit d’espèces animales aquatiques (poissons,
crustacées etc.).

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5.3 Pollution des sols

a) Définition : Un sol est dit pollué quand il


contient un ou plusieurs polluant(s) ou
contaminant(s) susceptibles de causer des
altérations biologiques, physiques et chimiques
de l’écosystème constitué par le sol.

b) Principales causes : Les hydrocarbures, les


phénols, les PCB, les pesticides, les goudrons, les
métaux lourds font parties des principaux
polluants. De même que les objets laissés au sol
qui ne sont pas biodégradables pour la plupart.

c) Principales conséquences : La pollution des sols entraîne une pollution des nappes
souterraines par infiltration. Elle a des répercussion plus ou moins graves sur la santé des êtres
vivants (animaux ou humains) par l’eau, par l’alimentation ou par une pollution secondaire de
l’air due aux émanations toxiques entre autres. Evidemment elle a aussi des répercussions sur
les invertébrés en contact avec le sol.