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Le fondement de la performance technologique relative des pays riverains du bassin de la

méditerranée, en tant qu’interface Nord-Sud : Une analyse à partir de données sur les brevets

Hella Bani1, Université de Tunis, Tunisie


Résumé
Nous proposons un modèle dynamique pour expliciter le fondement de la « performance technologique relative »
des systèmes d’innovation Nord-Sud. Nous montrons que la dimension locale et l’internationalisation des activités de
brevets sont à l’origine de la performance technologique relative de ces deux groupes de pays. En effet, les
estimations du modèle réalisées sur 16 pays riverains du bassin de la méditerranée entre 1995 et 2010 montrent qu’il
existe une relation entre performance technologique relative, dimension locale et internationalisation des activités de
brevets. Et que cette relation demeure négative compte tenu des divergences dans leurs capacités d’absorption et
d’assimilation technologiques.

Mots clés : Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC),
diversification technologique, droits de propriété intellectuelle (DPI), performance Technologique Relative, transferts
technologiques, relations Nord-Sud.

JEL: F51, O3, O34, P48

The basis of the relative technological performance of countries bordering the Mediterranean as a
North-South interface: An empirical analysis using patent data

Abstract
We propose a dynamic model to explain the basis of relative technological performance of North-South innovation
systems. We show that the local size and the internationalization of patents activities lie behind the relative
technological performance of these two groups of countries. We test this model in 16 countries bordering the
mediterranean and show that it exist a relation between relative technological performance, local size and
internationalization of patents activities. And this relation is negative given the divergence in theirs technological
absorption and assimilation capacities.

Keywords: Trade-related Aspects of intellectual Property Rights Agreement (TRIPS), technological diversification,
intellectual property rights (IPR), relative technological performance, technological transfers, North-South relations.

1Chercheuse, doctorante Faculté des sciences économiques et de gestion de Tunis, (FSEGT) et assistante contractuelle à l’Ecole
Supérieure des Sciences Economiques et Commerciales de Tunis (ESSECT). Hella_bani@yahoo.fr

1
1. Introduction
L’accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) de 1995
a soulevé un large débat quant au fondement de la performance technologique relative Nord-Sud au
regard du renforcement de la protection des droits de propriété intellectuelle (DPI). Sachant que par pays
du Nord, on définie les pays à fortes capacités technologiques et par pays du sud, les pays à faibles
capacités technologiques.
Nous partons du postulat que les réformes récentes du système international de protection des DPI, dont
celles spécifiques aux brevets, ont redessiné ces dernières années de nouvelles trajectoires technologiques
et de nouvelles spécialisations technologiques sectorielles à l’échelle internationale. Des réformes qui
devraient redéfinir et améliorer la performance technologique relative en matière de brevet aussi bien des
pays du Nord que celle des pays du Sud (OCDE, 2010).
En réalité, cela a été contredit par les faits. En effet, les différends Nord-Sud sur la question des DPI ont
poussé certains économistes (Maskus, 1996 ; Helpman, 1993) à témoigner de l’échec de l’accord ADPIC
jugeant de leur part qu’il existe une « illusion » quant aux bienfaits du renforcement de la protection des
DPI sur la performance technologique relative Nord-Sud.
Nous jugeons que cela semble vrai en matière de brevets. Il s’avère en effet que les pays du Nord, et dans
leurs tentatives de renforcer les normes internationales de protection des DPI, ont essayé d’harmoniser les
règles de protection en matière de brevets pour plus de flexibilité dans leur application, sans pour autant
prendre en considération le retard institutionnel et technologique des pays du Sud. Ils ont oublié en effet
que pour ce groupe de pays, un brevet n’est autre qu’un droit de propriété2 censé conférer aux pays du
Nord l’assurance d’une protection juridique à l’encontre d’éventuels imitateurs des pays du Sud (OCDE ;
2010). Et, que face à la faiblesse et à la fragilité de leurs systèmes de protection des DPI, ces derniers ont
développé des systèmes d’innovation diversifiés semblables à ceux des pays du Nord, et qui s’adaptent aux
contraintes techniques et économiques qui s’imposent à eux en termes de brevets. Un comportement de
diversification qui a permis ces dernières années à plusieurs économies du Sud de développer et de
renforcer leurs activités de recherche et d’innovation (Cantwell, 2004). Un comportement tant négligé par
la plupart des études empiriques à ce sujet.
Dans ce cadre, nous supposons que la performance technologique relative spécifique à un pays est le
produit de deux stratégies de diversification technologiques. Une première stratégie de diversification
technologique « localisée » (Voir en particulier Kuemmerle, 1999b), où toute activité de recherche et
d’innovation est fondée sur l’exploitation du stock technologique local. Et, une deuxième stratégie de
diversification technologique « exotique » (Kuemmerle, 1999b), où toute activité de recherche et
d’innovation est fondée sur l’exploration et l’appropriation du savoir, des connaissances et des
technologies étrangères. Deux stratégies étroitement liées et fortement dépendantes de la législation
nationale en termes de brevets.
Delà, l’objectif de cet article est d’examiner si dans les pays riverains du bassin de la méditerranée, en tant
qu’interface Nord-Sud, ces deux stratégies caractérisent aussi bien le comportement de recherche et
d’innovation des pays du Nord que celui des pays du Sud de la rive. Et, si elles expliquent leurs
performances technologiques relatives. Dans les prochaines pages une brève revue de la littérature sur le
concept de diversification technologique est présentée ainsi que les contraintes qui s’imposent à
l’implantation de chaque stratégie en termes de brevets. Par la suite le cadre conceptuel ainsi que la
méthodologie sont exposés. Les résultats, la discussion et la conclusion terminent cet article.
2. Revue de la littérature
Notre approche est au croisement de l’économie de l’innovation et de l’économie industrielle (Gaffard,
1990). Une approche où on fera part de l’existence d’une relation entre performance technologique
relative en matière de brevets et diversification technologique.
Dans ce cadre, on introduit le concept de « diversification » de Penrose (1959). Pour qui « une firme peut
acquérir des rentes non pas parce qu’elle a les meilleures ressources, mais plutôt parce qu’elle a des
compétences distinctives qui lui permettent une meilleure utilisation de ses ressources » (Penrose 1959,
p.54). De telles compétences distinctives, il les qualifie de « compétences cœurs ». Celles-ci, au regard des

2 Un brevet est « un droit exclusif sur une invention, qui est un produit ou un procédé, offrant une nouvelle manière de faire
quelque chose ou apportant une nouvelle solution technique à un problème. Un brevet confère à son titulaire la protection de
l’invention. Cette protection est octroyée pour une durée limitée, qui est généralement de 20 ans » (OMPI, 2013).

2
capacités d’apprentissage de la firme, lui permettent de se diversifier, dans un environnement dynamique
marqué par les progrès technologiques. Il estime d’ailleurs que dans un tel environnement la diversification
l’emporte sur la spécialisation (Penrose, 1959).
Notre apport à ce sujet est d’exploiter l’ambidextrie de la notion de diversification. Celle-ci sera défini dans
tout domaine technologique comme étant l’exploitation et l’exploration des compétences existantes et
nouvelles dans les activités de connaissances (March, 1991 ; Levinthal et March, 1993). On suppose ainsi
que deux stratégies de diversification technologiques sont à l’origine de la performance technologique
relative des firmes, des secteurs et des nations. Une première stratégie de diversification « localisée » (Voir
en particulier Kuemmerle, 1999b) ; où la raison de tout investissement technologique dans tout domaine
technologique est de se diversifier dans les compétences technologiques cœurs (exploitation), autrement
dit l’exploitation des activités de recherche et d’innovation locales. Et, une seconde stratégie de
diversification « exotique » (Kuemmerle, 1999b) qui permet de s’approprier le savoir, les connaissances et
les technologies étrangères (exploration).
La base théorique d’une telle approche repose sur l’analyse du processus d’innovation et des
interdépendances technologiques. En effet, dans une ère où le savoir, les connaissances et les technologies
occupent une place prédominante dans nos économies, les performances technologiques des firmes, des
secteurs et même des nations dépendent de leurs capacités à générer, à adopter et à diffuser en interne ou
en externe des connaissances technologiques (Cohen et Levinthal, 1990).
A une échelle macroéconomique, la maitrise de la connaissance technologique devient ainsi centrale et les
pays retardataires sur le plan technologique ne peuvent plus se limiter à copier et à imiter les technologies
étrangères. L’enjeu pour eux est de combiner les connaissances technologiques locales et étrangères dans
le but de développer de nouvelles capacités et une nouvelle base technologique (Frischtak et Rosenberg,
1985 ; Lall, 1982 ; Agmon et Von Glinow, 1991). En d’autres termes, il est de l’intérêt de chaque pays
d’exploiter et d’explorer des champs technologiques internes et externes à leurs stocks de connaissances
technologiques de base pour améliorer leurs performances technologiques relatives.
On doit parler ainsi de systèmes d’innovation « ouverts », où les activités de recherche et d’innovation sont
le produit d’un système d’innovation local et autre international. Le premier est défini comme étant « un
réseau d’institutions privées et publiques dont les activités et les interactions initient, modifient et diffusent
de nouvelles technologies » (Freeman, 1987 ; p.1). Un tel système représente notre cadre d’analyse de la
performance technologique locale au regard de la proximité entre les institutions de la recherche et de
l’innovation privées et publiques. Seulement, une telle définition, si elle est typique aux pays du Nord, elle
est relativement discutable dans les pays du Sud puisque cela suppose la localisation de l’innovation
technologique dans l’espace local, autrement dit la localisation de la création et de la production de la
connaissance technologique. Il est à préciser que tout système d’innovation local dépend en premier de la
politique publique en matière de recherche et d’innovation locale3. Et, en second lieu, de la structure de la
recherche scientifique et technologique.
Le second est une conception plus large du processus d’innovation. Et, il est le produit de la coopération
internationale et transnationale en matière de recherche et d’innovation. Ce dernier prône une autre
perception du transfert technologique international, où l’enjeu de tout transfert pour tout pays récepteur
est de s’approprier le savoir, les connaissances et les technologies étrangères. Un nouveau cadre d’analyse
qui va nous permettre de cerner l’impact du transfert international des connaissances et des technologies
sur la performance technologique relative du pays récepteur. Il est à préciser que la seule limite à une telle
forme de transfert est que tout savoir, toute connaissance et toute technologie ne peut être parfaitement
transmissible (Arrow, 1962). On estime que cela est conditionné par les capacités d’absorption et
d’assimilation technologiques et la volonté des émetteurs et des récepteurs d’entreprendre ensemble une
activité de recherche et d’innovation (Agmon et Von Glinow, 1991 ; p.90).
Cette articulation entre les deux formes institutionnelles du transfert des technologies et des connaissances
suppose que la performance technologique relative spécifique à un pays est dépendante de la dimension
locale et de l’internationalisation de ses activités de brevets. Cette relation est dynamique puisque la
dimension locale du système d’innovation est le produit des flux et des transferts qui existent entre les

3 Toute économie peut entreprendre des actions directes (subvention de la recherche dans les universités et les centres publics de
recherche) ou des incitations (former et mobiliser les compétences techniques), afin de développer ses capacités d’appropriation
technologiques et stimuler la recherche et l’innovation locale.

3
acteurs de la recherche et de l’innovation locaux, d’une part, et les acteurs de la recherche et de
l’innovation locaux et étrangers, d’autre part.
2.1. Brevets et performance technologique relative
Afin d’expliciter la relation entre brevet et performance technologique relative, nous partons de l’apport de
travaux antérieurs (Hagedoon et Clood, 2003 ; Rassenfosse et Van Pottelsberghe, 2008) ayant affirmé qu’il
existe une dissymétrie dans la répartition des brevets, aussi bien à une échelle locale qu’à une échelle
internationale. Une dissymétrie qui confirme que la performance technologique d’un pays dépend de son
degré de contrôle sur les brevets, et cela quelque soit l’origine de l’invention.
Ainsi, on suppose que les brevets servent, en premier lieu, à suivre les performances technologiques des
pays et leurs évolutions dans le temps. Et, en second lieu, à identifier s’il y a bien une articulation et une
dynamique au sein des systèmes nationaux et internationaux d’innovation.
En effet, en relation avec les brevets ; La dynamique des systèmes nationaux d’innovation est l’ensemble
des flux et des transferts internes en matière de brevets qui existent entre les acteurs de la recherche et de
l’innovation locaux. De cette dynamique ressorte soit un effet d’entrainement soit un effet d’éviction. Le
premier effet entraine une forte propension à déposer des brevets. Une telle propension est propre à des
systèmes d’innovation caractérisés par une proximité entre la recherche privée et la recherche publique.
Alors que, le second effet entraine une faible propension à déposer des brevets. Une telle propension est
propre à des systèmes d’innovation où il y a un report des droits de propriété aux organismes publics et
des faibles incitations à l’innovation. Alors que, la dynamique des systèmes internationaux d’innovation est
l’ensemble des flux et des transferts externes en matière de brevets qui existent entre les acteurs locaux et
étrangers de la recherche et de l’innovation (Nioso et al, 1993 ; Lundvall, 1992 ; Nelson, 1993). Celle-ci est
fortement dépendante de l’harmonisation et de la standardisation de la législation nationale en matière de
brevets aux normes internationales.
Il reste à préciser que la réussite de tout transfert interne ou externe en matière de brevets est fortement
dépendante des capacités d’absorption et d’assimilation technologiques spécifiques à un pays. Ainsi, un
niveau important de capacité d’absorption et d’assimilation peut aider tout système d’innovation à être
plus coopératif et à exploiter les nouvelles connaissances et les nouvelles technologies offertes.
2.2. Les déterminants de la performance technologique relative
Si la diversification « localisée » est le premier aspect déterminant de la performance technologique relative
d’un pays donné. Celle-ci est fortement dépendante du niveau de partage des droits de brevets entre la
recherche publique et la recherche privée. Ainsi, une forte (faible) propension à déposer des brevets
localement montre que les pays de notre échantillon possèdent (ne possèdent pas) des systèmes nationaux
d’innovation locaux qui leurs permettent d’exploiter leurs propres bases de connaissances et de se
diversifier localement. Dans ce cadre, on suppose que les brevets sont à la fois des indicateurs de la
production locale et de la réussite des activités de recherche et d’innovation dans un pays (OCDE, 2009).
Pour cerner le fondement de la diversification « exotique », comme deuxième aspect déterminant de la
performance technologique relative d’un pays donné, nous allons nous fonder sur les affirmations de Patel
et Vega (1999) et Le Bas et Sierre (2002). Pour qui, si un pays est reconnu comme étant internationalisé du
point de vu de ses connaissances, cela voudrait dire qu’il est capable de se diversifier du point de vue
technologique. À travers une telle affirmation, on va essayer d’estimer si la diversité technologique qui
peut prendre la forme d’une collaboration ou d’une co-propriété internationale accroit la propension des
demandes de brevet ou la propension à breveter dans un pays donné. Une telle relation pourrait nous
informer aussi de la qualité technique et économique des brevets d’invention échangés.
Il est à préciser que la littérature (Guellec et Van Pottelsberghe, 2001) définie trois indicateurs pouvant
évaluer l’internationalisation des activités de recherche et d’innovation ;
- La part de la propriété étrangère des inventions nationales dans un pays i ; « Il s’agit du nombre de
brevets délivrés à des demandeurs résidant à l’étranger (pays de référence i, pays étranger j = 1,….N, j = i)
et comptant au moins un inventeur résident (Pi, j), divisé par le nombre total de brevets correspondant à
des inventions nationales (Pi) » (OCDE, 2009 ; p. 141).
- La part de la propriété nationale des inventions étrangères dans un pays i ; « Il s’agit du nombre de
brevets attribués dans un pays, mais dont les inventions ont été réalisées à l’étranger et qui comptent au
moins un inventeur étranger (Pi, j), divisé par le nombre total de brevets détenus dans le pays (Pi) »
(OCDE, 2009 ; p.141).

4
- La part des Co-inventions internationales dans le total des inventions nationales ; « Il s’agit du nombre
de brevets délivrés pour des inventions nationales (pays de référence i, pays étranger j = 1,….N, j = i) et
dont un inventeur au moins réside dans un pays étranger (Pi, j), rapporté au nombre total de brevets
correspondant à des inventions nationales (Pi) » (OCDE, 2009 ; p.142).
2.3. Qu’en est-il des capacités d’absorption et d’assimilation technologiques ?
Les capacités d’absorption et d’assimilation technologiques déterminent si un pays peut bénéficier
d’avantages découlant de ses propres inventions ou des inventions qui ont été réalisées ou détenues à
l’extérieur de ses frontières. Dans le cadre de notre analyse du fondement de la performance
technologique relative Nord-Sud, on estime que la propension d’un pays du Nord ou du Sud à demander
des brevets et leurs dispersions entre les principaux domaines technologiques dépend fortement de ses
capacités d’absorption et d’assimilation technologiques.
Conformément aux travaux de la banque mondiale (2006), trois variables sont en mesure de montrer si un
pays est capable de générer, d’adopter et de diffuser des connaissances technologiques ; 1) l’indice régime
économique et institutionnel incitatif ; 2) l’indice éducation et ressources humaines ; et, en dernier, l’indice
technologies de l’information et de la communication (TIC). Seulement, pour les besoins de notre analyse,
on intègre une quatrième variable de contrôle qui est l’indice protection des DPI. En effet, conformément
à notre approche, un tel indice montre s’in existe ou non un régime de protection renforcé favorable au
développement d’un système de recherche et d’innovation diversifié.
3. Le modèle
L’objectif de notre étude économétrique est d’estimer pour un échantillon de 164 pays riverains du bassin
de la méditerranée et pour la période (2000-2010), la relation entre diversification technologique en
matière de brevets, en tant qu’indicateur de la performance technologique « relative », dimension locale et
internationalisation des activités technologiques.
Pour les besoins de notre analyse empirique, on suppose que le nombre des brevets est plus élevé dans les
principaux domaines technologiques (TIC, biotechnologie, nanotechnologie et technologies liées à
l’environnement). Il est à préciser aussi que les dépôts de brevets, tels que nous les définissons sont des
demandes déposés dans le monde entier conformément à la procédure du traité de coopération en matière
de brevets (PCT, Patent Cooperation Treaty)5. En effet, étant les disparités technologiques et
institutionnelles des pays de notre échantillon, cela va nous permettre d’expliquer l’origine locale d’un
faible ou d’une forte propension à déposer des brevets.
Notre modèle économétrique, fondé sur un comptage en termes de données sur les brevets, se présente
de la manière suivante :
DIVi,t = a DIVi, t-1+ a1 DimTech i,t + a2 INT i,t + a3 Control i,t + ʎi + vi + ei,t (1)
L’indice i réfère aux pays de notre échantillon ; t est l’indice temps.
a j : Les coefficients des variables explicatives à estimer; j= 1, 2, 3.
DIVi, t : La diversification technologique dans un pays (i) de l’année (t) (Voir Annexe).
DIVi, t-1 : La variable dépendante retardée.
DimTech i, t : La dimension locale des activités technologiques d’un pays (i) de l’année (t) (Voir Annexe).
INT i, t : Est un vecteur à trois variables indicatrices du niveau de la coopération transnationale et
internationale dans un pays (i) de l’année (t) (avec le reste du monde/avec l’Union Européenne) (Voir
Annexe).
Controli, t6 : Est un vecteur à quatre indices RégECO_INST ; Edu_Rhit ; TICit et DPIit (Voir Annexe).
ei,t : Le terme d’erreur qui prend en compte les facteurs non-observés (qui varient dans le temps) ayant un
impact sur la performance technologique « relative » d’un pays (i) ;
ʎi : L’effet fixe ou le facteur d’hétérogénéité des pays de notre échantillon, un tel instrument prend en
compte tous les facteurs (non observés) constants dans le temps, tels que l’imitation et les « spillovers »
issus des activités de la recherche et de l’innovation ;
vi : L’effet spécifique temporel.

4 Algérie, chypre, Egypte, Maroc, Tunisie, Israël, France, Italie, Espagne, Grèce, Malte, Turquie, Monaco, Croatie, Slovénie,
Bosnie Herzégovine.
5 Voir annexe.

5
De façon pratique, notre modèle économétrique d’analyse repose sur la méthode de panel dynamique qui
incorpore un retard de la variable dépendante (DIVi, t-1), comme variable explicative. Celle-ci nous
permettra d’exploiter la dimension temporelle du modèle, notamment la tendance et la corrélation sérielle.
4. Résultats
L’estimation que nous présentons à travers le modèle (1) correspond à l’estimation GMM de Blundell et
Bond (1998). Cette spécification économétrique du modèle dynamique combine l’utilisation de variables
instrumentales et la méthode des moments généralisés (GMM). Une spécification qui va nous permettre,
dans un premier temps, d’éliminer de façon rigoureuse du modèle (1) tout biais lié à l’hétérogénéité
individuelle non observé durant la période (2000-2010) (Arellano et Bond, 1991). Et, dans un second
temps, de résoudre, grâce aux variables instrumentales, les problèmes de corrélation entre la variable
retardée (DIV t-1), et les termes d’erreurs et obtenir ainsi des estimations consistantes (Anderon Hsiao,
1982).
Ainsi, basé sur l’estimateur de Blundell et Bond (1998), les estimations empiriques du Modèle (1), pour un
échantillon de 16 pays riverains du bassin de la méditerranée et pour une période allant de 2000 à 2010,
confirment l’existence d’une relation entre dimension locale des activités technologiques,
internationalisation technologique et performance technologique « relative » en matière de brevets, et ceux
pour l’ensemble des pays de notre échantillon. En termes de données sur les brevets, on confirme qu’il
existe une relation entre la dispersion des brevets entre les principaux domaines technologiques et les flux
et les transferts internes et externes en matière de brevets.
Les résultats des estimations montrent aussi que l’effet des deux variables explicatives (Techsize ; Int) sur
la variable performance technologique relative varie en fonction des différentes variables de contrôle
(Edu_Rh ; Tic ; Reg_EcoInst et DPI). D’ailleurs, sur la base de ces différents indicateurs, il ressort le
signe attendu de chaque variable explicative.
L’estimation du modèle (1) montre que le signe du coefficient de la variable propension à déposer des
brevets en pourcentage du PIB est négatif. Un résultat qui témoigne de l’effet négatif de la diversification
« localisée » sur la performance technologique relative, et ceux pour l’ensemble des pays de notre
échantillon. Un tel signe négatif du coefficient de la variable propension à déposer des brevets en
pourcentage du PIB est attendu pour l’ensemble des pays du Sud de la rive du bassin de la méditerranée.
On estime, en effet, que les entreprises dans de tels pays (Tunisie ; Egypte ; Maroc ; Algérie ; Malte)
utilisent déjà des connaissances brevetées par les organismes publics, d’où un effet négatif sur l’incitation à
l’innovation, un effet rarement évoqué dans la littérature économique. D’autre part, les relations publics-
privés reposent toujours sur des relations marchandes à travers la vente de licences, d’où l’existence d’un
effet d’éviction dans certains domaines technologiques, dont l’effet est un report des droits de propriété
aux organismes publics. Dans les pays du Nord, la proximité entre la recherche privée et publique a
théoriquement un effet externe positif sur l’invention privée et delà sur leur performance technologique
relative. Et, tout biais dans notre analyse empirique, on peut l’argumenter par le fait que les « familles » de
brevets PCT, ne sont pas des moyens d’appropriation stratégiques des capacités technologiques dans les
pays du Nord. Il semble en effet que l’incertitude sur la valeur marchande des brevets pousserait certains
ingénieurs, chercheurs et scientifiques de la recherche publique à déposer très tôt au niveau des offices
nationaux des brevets à faible valeurs afin d’éviter tout risque d’imitation et bénéficier de royalties. Une
protection qui affaibli les dépôts privés et publics de brevets, selon la procédure PCT. Il est aussi reconnu
qu’à une échelle micro-économique, les entreprises du Nord à pluriactivités technologiques peuvent
choisir de ne protéger leurs savoir, leurs connaissances et leurs technologies à l’aide des brevets que sur
certains segments industriels de leurs activités, d’où une faible propension à déposer des brevets.
Il est à préciser que le faible niveau de diversification « localisée » peut s’expliquer dans les pays de notre
échantillon par la non proximité des centres de recherche et d’innovation du système productif. Une non
proximité qui peut s’expliquer, en premier lieu, par l’accroissement de l’effectif dans les universités. En
second lieu, par l’effet d’éviction des activités de recherche au profit des activités d’enseignement. En
troisième lieu, par le faible nombre des groupes industriels et leur isolement spatial. En quatrième lieu, par
la faiblesse des interactions et des interdépendances technologiques. Et, en dernier, par le recours aux
importations technologiques.
En éliminant les variables de contrôle du modèle (1), nous avons constaté une réduction du niveau de
diversification « localisée » et delà de la propension à déposer des brevets. On peut ainsi conclure que les

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capacités technologiques, en termes de capacités d’assimilation et d’absorption technologiques, et le degré
de protection des DPI, sont déterminantes pour entreprendre des stratégies de diversification localisées.
Le coefficient de la variable internationalisation technologique est de signe négatif (Modèle (1)). Et, il est
plus significatif quand il est question d’une internationalisation des activités technologiques des pays
riverains du bassin de la méditerranée avec le reste du monde. Nous rappelons que cette variable est
l’indice composite de trois indicateurs (INTnr ; INTr ; INTr, nr) dont les deux premiers décrivent la
coopération transfrontalière et le troisième la coopération internationale.
Théoriquement, la coopération transfrontalière a un effet positif sur la performance technologique
« relative » d’un pays. En effet, celle-ci augmente avec l’augmentation des demandes de brevet à structure
de propriété transfrontalière (Catin, Guilhon et Le Bas, 2001)7. Pour ce qui est des demandes conjointes,
celles-ci semblent avoir un effet différent selon leur caractère local ou international. En effet,
théoriquement (Catin, Guilhon et Le Bas (2001)), le taux de succès des demandes de brevet ou la
probabilité de délivrance des brevets est plus significatif lorsque la demande « conjointe » se fait entre deux
entités l’une locale et l’autre étrangère, et qu’il y ait un chevauchement des frontières. Ce qui n’est pas le
cas pour les demandes de brevets locales déposés par un seul (plusieurs) demandeur. On peut ainsi
justifier le signe négatif du coefficient de la variable internationalisation technologique par le fait que la
coopération entre les pays riverains du bassin de la méditerranée qu’elle soit transnationale ou
internationale est soumise à plusieurs contraintes.
- En premier, entre les pays du Sud et de l’Est de la rive et les pays du Nord du bassin de la méditerranée,
il existe des inégalités dans l’utilisation de la procédure PCT.
-En second lieu, avec l’absence d’un organisme régional de coopération technique et d’harmonisation de la
législation sur les brevets, il demeure difficile pour les pays du sud et de l’Est de la rive du bassin de la
méditerranée de s’aligner aux réformes entreprises par l’organisation mondiale de la propriété intellectuelle
(OMPI) en matière de brevets. Contrairement, aux pays du Nord de la rive qui sont parvenus à travers
leurs offices régionaux, notamment l’office européen de brevets, à harmoniser leurs législations sur les
brevets.
Il est tout à fait normal ainsi que les demandes de brevets PCT issus des coopérations entre les deux bords
de la rive couvrent des inventions dont la valeur future se révèle faible. Et, que le coefficient de cet indice
demeure faible dans l’ensemble des estimations.
Quand aux signes des coefficients des variables de contrôle dans le modèle (1), ils demeurent conformes à
la théorie. On a pu en effet montrer qu’il existe une relation entre la performance technologique
« relative » des pays riverains du bassin de la méditerranée et leurs capacités d’absorption et d’assimilation
technologiques. Une telle relation est de signe positif pour ce qui est des deux indices spécifiques à la
capacité d’intégration des TIC et au régime économique institutionnel. Un tel résultat confirme que tout
au long de la période 2000-2010, les variables économiques et institutionnelles et la nature des
technologies crées et absorbées ont favorisé la diversification technologique dans l’ensemble des pays de
notre échantillon. Alors que, les coefficients des deux autres variables de contrôle (DPI ; Edu_Rh)
demeurent de signes négatifs. Ceci peut s’expliquer respectivement par l’absence de politiques
économiques en matière de brevets et d’institutions qui permettant l’utilisation efficace du savoir existant
et nouveau et la coopération à cette fin ; et delà une mauvaise exploitation de la capacité de créer, de
partager et d’utiliser efficacement le savoir de la population.
Le modèle (2)
Le modèle (2) des tableaux (1) et (2) nous a permis aussi de tester si la dimension locale et
l’internationalisation passée des activités technologiques expliquent la performance technologique
« relative » courante des pays riverains du bassin de la méditerranée. Sur le plan économétrique, nous
avons contrôlé l’effet temporel dans notre modèle (1) en introduisant des variables retardées.
∆ DIV (i, t) = b (DIVi, t-1 –DIVi, t-2) + bi (Xi, t – Xi, t-1) + (vt - vt-1) + (e i, t - e i, t-1) (2)
∆ DIV (i, t) = b (DIVi, t-1 –DIVi, t-2) + b1 DimTechi, t-1 + b2 INTi, t-1 + b3 Control i, t-1 (2)
Avec b1 : estimateur du niveau d’accumulation des connaissances technologiques, autrement dit de la
croissance de la base des connaissances technologiques, d’un pays i à une période t. Empiriquement, cette
variable représente le taux de variation de l’activité de brevet entre deux périodes.
Les résultats des estimations du modèle (2) montrent une faible variation de l’activité de brevet aussi bien
locale (b1) que celle issu de l’internationalisation des activités technologiques avec le reste du monde et

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l’Union Européenne. Nous réaffirmons donc, au vu des résultats du modèle (1), le faible impact de la
réforme du système international de brevets sur l’activité de recherche et d’innovation des pays riverains
du bassin de la méditerranée.
Tableau 1. Analyse de la relation entre performance technologique relative- dimension locale et internationalisation (avec le reste
du monde) des activités technologiques dans le pays riverains du Bassin de la Méditerranée (2000-2010)
Variable endogène : DIV (i, t) Période 2000-2010
Modèle (1) Modèle (2)
(1) (2) (3) (1) (2) (3)
DIV (i, t-1) -0.296 -0.536 -0.867 -0.359 -0.341 -0.868
(-4.49) (-7.58) (-9.27) (6.02) (-5.55) (-8.47)
[0.000] [0.000] [0.000] [0.000] [0.000] [0.000]

DimTech (%) -0.003 -0.006 -0.007 -0.001 -0.012 -0.014


(-1.05) (-1.83) (-1.89) (-0.36) (-1.83) (-2.48)
[0.294] [0.070] [0.061] [0.721] [0.070] [0.014]
Int (indice, reste du monde) -0.037 -0.041 -0.046 -0.041 -0.049 -0.084
(-3.24) (-3.68) (-3.78) (-3.13) (-3.85) (-2.91)
[0.002] [0.000] [0.000] [0.002] [0.000] [0.004]
Edu_Rh 0.029 -0.020 0.009 0.008
(-3.33) (-2.45) (0.82) (0.79)
[0.001] [0.015] [0.411] [0.428]
Tic 0.034 0.0273 0.061 0.029
(3.20) (2.63) (4.29) (2.06)
[0.002] [0.010] [0.000] [0.041]

Reg_EcoInst 0.078 0.01 0.023 0.039


(0.53) (0.72) (1.64) (2.72)
[0.597] [0.472] [0.104] [0.007]
DPI -0.008 -0.089
(-1.03) (-1.19)
[0.303] [0.237]
Prob > F = 0.000 0.000 0.000 0.026 0.000 0.004
-(*) t de student ; [.] Probabilités ; (1) Modèle à variable endogène (DIV) retardée. (2) Modèle à variables explicatives retardées.
Tableau 2. Analyse de la relation entre performance technologique relative- dimension locale et internationalisation (avec l’Union
européenne) des activités technologiques dans le pays riverains du Bassin de la Méditerranée (2000-2010)
Variable endogène : DIV (i, t) Période 2000-2010

Modèle (1) Modèle (2)


(1) (2) (3) (1) (2) (3)
DIV (i, t-1) -0.428 -0.429 -0.855 -0.372 -0.459 -0.675
(-6.12) (-6.14) (-9.19) (-5.40) (-6.28) (-6.46)
[0.000] [0.000] [0.000] [0.000] [0.000] [0.000]
DimTech (%) -0.006 -0.005 -0.009 -0.019 -0.024 -0.050
(-1.59) (-1.55) (-2.31) (-2.83) (-3.55) (-2.72)
[0.115] [0.122] [0.023] [0.005] [0.001 [0.007]
Int (indice, Union Européenne) -0.031 -0.032 -0.04 -0.065 -0.061 -0.072
(-2.35 (-2.40) (-2.54) (-5.12) (-4.72) (-3.86)
[0.020] [0.018] [0.012] [0.000] [0.000] [0.000]
Edu_Rh 0.034 -0.035 -0.014 0.010
(-4.02) (-4.22) (-1.14) (-0.81)
[0.000] [0.000] [0.257] [0.417]
Tic 0.036 0.036 0.050 0.040
(3.23) (3.27) (3.54) (2.76)
[0.002] [0.001] [0.001] [0.007]
Reg_EcoInst 0.023 0.024 0.027 0.027
(1.63) (1.68) (1.82) (1.83)
[0.105] [0.095] [0.071] [0.069]
DPI 0.003 0.002
(0.41) (-0.27)
[0.685] [0.784]
Prob > F = 0.000 0.000 0.000 0.000 0.000 0.000
-(*) t de student ; -[.] Probabilités ; (1) Modèle à variable endogène (DIV) retardée. (2) Modèle à variables explicatives retardées.
5. Conclusion

8
Notre objectif était de démontrer que pour l’ensemble des pays riverains du bassin de la méditerranée, la
diversification « dans » ainsi que celle en « dehors » de leurs bases de connaissances expliquent la
performance technologique relative de ce groupe de pays
Conformément aux effets et aux signes des deux spécifications, les estimations nous permettent de
conclure qu’en matière de brevets, la dimension locale et l’internationalisation des activités technologiques,
conformément au traité de coopération en matière de brevets (PCT), n’ont pas eu d’effets favorables sur la
performance technologique « relative » des pays riverains du bassin de la méditerranée, tout au long de la
période 2000-2010. Un résultat qui relève, d’une part, de l’absence d’effet d’entrainement entre la
recherche privée et publique. Et, d’autre part, du faible effet diversifiant de l’internationalisation
technologique.
Aujourd’hui, face au renforcement des normes de protection des DPI et l’harmonisation de la législation
sur les brevets, via le traité de coopération en matière de brevet, il est clair qu’une politique de proximité
entre la recherche privée et publique et un retour à une approche bilatérale entre les deux bords de la rive
ne peut avoir qu’un impact positif dans un futur proche sur la performance technologique « relative » des
pays riverains du bassin de la méditerranée. En effet, au sein de ce groupe, il est de l’intérêt des pays du
Sud et de l’Est de la rive de créer des liens étroits de coopération en matière de brevets avec les pays du
Nord de la rive pour renforcer leurs compétences cœurs et leurs stocks de connaissances technologiques.
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9
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Annexes
1. Traité de coopération en matière de brevets : L’Etat de la situation dans les pays riverains du bassin de la
méditerranée
Partie contractante Date
Algérie 8 mars 2000
Bosnie-Herzégovine 7 septembre 1996
Chypre 1 avril 1998
Croatie 1 juillet 1998
Egypte 6 septembre 2003
Espagne 16 novembre 1989
ex-République yougoslave de Macédoine (l') 10 août 1995
France 25 février 1978
Grèce 9 octobre 1990
Israël 1 juin 1996
Italie 28 mars 1985
Libye 15 septembre 2005
Malte 1 mars 2007
Maroc 8 octobre 1999
Monaco 22 juin 1979
République arabe syrienne 26 juin 2003
Slovénie 1 mars 1994
Tunisie 10 décembre 2001
Turquie 1 janvier 1996
Source : Tableau réalisé par l’auteur. OMPI(2011)
2. Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) : L’Etat
de la situation dans les pays riverains du bassin de la méditerranée
Partie contractante Signataire Non Signataire
Algérie X
Bosnie-Herzégovine X
Chypre X
Croatie X
Egypte X
Espagne X
ex-République yougoslave de Macédoine (l') X
France X
Grèce X
Israël X
Italie X
Libye X
Malte X
Maroc X
Monaco X
République arabe syrienne X
Slovénie X
Tunisie X
Turquie X
Source : Tableau réalisé par l’auteur. OMPI(2011)

10
3. Les variables du modèle
Variable Endogène
DIVit est la variable indicatrice de la dispersion des brevets entre les principaux domaines technologiques (Cantwell et Piscitello
(2000)) dans un pays (i) de l’année t. Un tel indicateur serait décrit par la relation ci-dessous :
= 1- HER (i, t)
Avec ;
DIV (i) : Le degré de diversification technologique des activités technologiques dans un pays i.
HER (i) : L’indice d’Herfindhal- Hirschman spécifie les tendances et les déterminants de la diversification technologique d’un
pays i. Nous le définissons en tant qu’indicateur de la dispersion des demandes de brevets dans les principaux domaines
technologiques de notre échantillon. Soit bij le nombre de brevets demandés dans un pays i (i= 1….n) dans différents champs
technologiques (j=1….J). bi est le nombre total de brevets demandés dans un pays i.
On peut pour chaque pays calculer : HER (i) =
Avec ;
: est la somme des carrées des parts des brevets demandés dans différents champs technologique par rapport au total
des brevets demandés dans un pays i. Et; =
Source : « OCDE, Base de données sur les Principaux indicateurs de la science et de la technologie, juin 2011 »
Variables Explicatives
DimTech i,t est un indicateur de la dimension locale des activités technologiques et de l’intensité inventive d’un pays (i) de l’année
(t), mesuré par la propension à déposer des brevets en pourcentage du PIB (PPA 2000).
Source : « OCDE, Base de données sur les Principaux indicateurs de la science et de la technologie, juin 2011 »
INTit est un vecteur à trois variables indicatrices du niveau de la coopération transnationale et internationale dans un pays (i) de
l’année (t) définis comme suit :
1) INTnr (i, t) est en moyenne la coopération transnationale d'un pays (i) avec le reste du monde en pourcentage du total de ses
brevets-PCT, un tel indicateur est mesuré par la part des brevets-PCT détenus par des résidents étrangers du reste du monde dans
le total des brevets-PCT inventés par les résidents d'un pays i ;
2) INTr (i, t) est en moyenne la coopération transnationale d'un pays (i) avec le reste du monde en pourcentage du total de ses
brevets-PCT, un tel indicateur est mesuré par la part des brevets-PCT à la propriété des résidents d'un pays i et qui ont été inventé
par au moins un résident étranger du reste du monde ;
3) INTr, nr (i, t) est en moyenne la coopération internationale d’un pays i avec le reste du monde et/ou l’union européenne. Un tel
indicateur est mesuré par la part des brevets-PCT avec au moins un co-inventeur étranger du reste du monde dans le total des
brevets-PCT inventés par les résidents d'un pays i.
Source : « OCDE, Base de données sur les Principaux indicateurs de la science et de la technologie, juin 2011 »
Controli, t : est un vecteur à quatre indices RégECO_INST ; Edu_Rh ; TIC et DPI. Les quatre indices sont ainsi définis :
● L’indice régime économique et institutionnel incitatif (RégECO_INST) : C’est un indice composite de trois variables clés : Les
barrières tarifaires et non tarifaires ; Le rôle de la loi ; La qualité de la réglementation.
● L’indice éducation et ressources humaines (Edu_Rhit): C’est un indice composite de trois variables clés : Pourcentage des
adultes âgés de 15 ans et plus; l’inscription dans l’enseignement secondaire (% brut); l’inscription dans l’enseignement supérieur
(% brut).
● L’indice technologies de l’information et de la communication (TICit): C’est un indice composite de trois variables clés :
l’introduction du téléphone, des ordinateurs et d’internet (Par 100 habitants).
● L’indice protection des droits de propriété intellectuelle (DPIit ) est l’indice spécifique au régime de protection des droits de
propriété intellectuelle.
Source : Les bases de données de la nouvelle méthodologie de classement du savoir (KAM) (Banque Mondiale (2006)).

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