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Université Mhamed BOUGARA Boumerdes

Faculté des hydrocarbures et de la chimie


Master Académique: MACP, MAUP, MATH, MACA
Le prix international du gaz naturel

Introduction : Le gaz naturel est la troisième source d'énergie mondiale après le pétrole et le
charbon, représentant environ 21% de la production mondiale d'énergie primaire. En
comparaison, le pétrole représente environ 35% du même marché.

A la différence de celui du pétrole, le marc hé international du gaz naturel n’est pas un marché
unifié mais un marché segmenté entrois zones géographiques distinctes dans lesquelles la
formation des prix obéit à des logiques différentes : le marché nord-américain, le marché
européen et le marché asiatique. La part de la production du gaz naturel qui donne lieu à
commerce international reste au demeurant modeste si on la compare à celle du pétrole : de
l’ordre de 23à 24% contre plus de 50%. Le gaz naturel représente 24% de la consommation
mondiale d’énergie primaire, 25% de la consommation d’énergie aux Etats-Unis, 24% dans
l’Union européenne et 14% au Japon. L’essentiel du gaz vendu sur le marché international l’est
via des gazoducs et moins de 10% du gaz l’est sous forme de GNL.

Offre : le développement du gaz de schiste et du gaz naturel liquéfié

Malgré la diminution inéluctable des réserves de gaz naturel dans le monde, trois principaux
pays continuent de détenir à eux seuls plus de 50% des réserves mondiales : la Russie (27%),
l'Iran (15%) et le Qatar (14%). Ces trois pays ne sont pourtant pas les principaux producteurs :
il s'agit, par ordre d'importance, des Etats-Unis (20%), de la Russie (18%) et de l'Iran (5%).
Le marché du gaz naturel est bouleversé depuis quelques années par deux principales
évolutions : le développement du gaz naturel liquéfié (GNL) d'une part, qui facilite les
échanges internationaux indépendamment des réseaux de gazoducs existants ; et les gaz non
conventionnels (notamment le gaz de schiste) d'autre part, qui augmentent considérablement
les réserves disponibles. Le GNL, que sa forme liquide rend transportable par bateau, a permis
au Qatar de développer très rapidement son industrie gazière. Sa production connait une forte
augmentation depuis 15 ans, avec un rythme de croissance d'encore 10% par an depuis 2010.
À ce rythme, le Qatar devrait très prochainement devenir le 3ème producteur mondial devant
l'Iran. Au l'échelle du globe, le GNL concerne désormais 30% des échanges internationaux.
Les gaz non conventionnels, en particulier le gaz de schiste, ont de leur côté permis aux Etats-
Unis d'augmenter de plus de 50% leurs réserves. Les compagnies énergétiques prospectent
activement ce type de gisements dans le monde entier, ce qui pourrait conduire à une
augmentation considérable des ressources disponibles dans les prochaines années.

Demande : augmentation de long terme chez les émergents

Les principaux producteurs de gaz naturel sont également les principaux consommateurs : les
Etats-Unis représenteraient ainsi 23% de l'ensemble de la demande mondiale, suivis par la
Russie (15%) et l'Iran (3%). La France arriverait en 15ème place du classement avec une
consommation d'environ 50 milliards de m3 par an. Le gaz naturel est utilisé pour le
chauffage, la production d'électricité et l'industrie. Il dispose de certains avantages sur le
pétrole : sa combustion serait moins polluante et il coûterait globalement moins cher. Ses
inconvénients majeurs, les contraintes de transport, s'estompent avec l'essor du GNL. La
demande augmente dans les pays émergents et tout particulièrement en Chine, où la
consommation devrait continuer de s'apprécier à un rythme d'environ 5% par an au cours des
prochaines années. Depuis environ 10 ans, la consommation mondiale croît à un rythme
annuel de 3% en moyenne, malgré un recul momentané en 2009 lors du passage en récession
de nombreux pays développés. Depuis, la demande a retrouvé son rythme de croissance de
long terme.

Cotation

Le prix mondial du gaz naturel est fixé en dollars sur le New York Mercantile Exchange
(Nymex). L'unité de cotation du gaz naturel est le million de BTU (British thermal unit), le
BTU étant une mesure énergétique correspondant à 1,05 kilojoule.

L'évolution

La production de gaz est sensiblement supérieure à la consommation depuis plusieurs années.


Cet excédent pèse naturellement sur les prix. On assiste ainsi à une décorrélation entre les
cours du gaz et ceux du pétrole, qui étaient auparavant liés. À titre d'exemple, en 2011, les
cours du gaz naturel avaient chuté de 7 à 3 dollars par million de BTU, tandis que sur la
même période, les prix du pétrole avaient progressé de plus de 20%. Inversement, les prix du
gaz avaient connu une forte progression entre 2012 et 2013 alors que le pétrole était alors
resté stable. À noter également que les tensions géopolitiques entre l'Ukraine et la Russie ont
provoqué, certaines années, une augmentation notable des prix du gaz lorsque la Russie
suspendait ses livraisons en touchant indirectement plusieurs pays européens. Cela avait
notamment été le cas au début de l'année 2014 où les prix avaient bondi de 50% (de 4 à 6
dollars) entre janvier et février lors du conflit en Crimée.

Le gaz naturel est coûteux à transporter tant par gazoducs qui nécessitent de nombreuses
stations de compression que par méthaniers qui nécessitent de liquéfier le gaz en le
refroidissant à -160° C, et il n’a quasiment pas d’usages captifs. Un quart seulement du gaz
produit dans le monde donne lieu à commerce international et trois-quarts de ce commerce se
fait par gazoducs contre un quart sous forme de Gaz Naturel Liquéfié (GNL)
. L’essentiel du gaz produit dans le monde sert à la production d’électricité, le reste sert à des
usages thermiques et très peu pour l’instant à d es usages de mobilité ( gaz naturel pour
véhicules ou GNV). Il existe en pratique trois marchés du gaz à l’échelle mondiale
: 1) le marché nord- américain qui est très concurrentiel (la quasi -totalité du gaz produit aux
Etats-Unis et au Canada est échangée sur le spot); 2) le marché européen (l’Union
Européenne importe 60% du gaz qu’elle consomme) sur lequel le gaz est pour l’essentiel
commercialisé par gazoducs dans le cadre de contrats à long terme prévoyant des clauses
d’indexation du prix du gaz sur le prix du pétrole
; la part du GNL est modeste mais tend à augmenter et le rôle du spot a lui aussi tendance à
s’accroître
; 3) le marché asiatique sur lequel l’essentiel du gaz est commercialisé sous forme de GNL
dans le cadre de contrats à long terme prévoyant des clauses d’indexation du prix du gaz sur
le prix du pétrole. Ces trois marchés sont peu reliés entre eux ce qui explique que les prix
observés puissent être durablement déconnectés.
En 2014, le prix sur le marché des Etats-Unis est très bas en raison de l’abondance de gaz de
schiste, soit environ 4 à 5$/MBtu (million de British thermal unit);
il est en revanche très élevé, plus de 15 $/MBtu, sur le marché asiatique du fait de la
prédominance du GNL dans des pays difficiles à desservir par gazoduc, notamment lorsqu’ils
sont insulaires comme l’est le Japon qui, en outre, recourt de plus en plus au gaz depuis la
fermeture de ses centrales nucléaires; ce prix est moyennement élevé sur le marché européen,
soit de 10 à 12 $/MBtu.
Les Etats-Unis ne peuvent pas encore exporter de gaz puisqu’ils n’ont pas d’installation de
liquéfaction et le déroutement, qui reste limité, des cargaisons de GNL n’a qu’un impact
modeste sur la convergence des prix entre ces trois zones
Vers un marché mondial et unifié du gaz naturel ?
Le développement de la part du GNL dans les échanges internationaux de gaz devrait
logiquement conduire à des arbitrages plus nombreux entre les trois segments du marché,
l’Amérique du Nord, l’Europe et l’Asie (grosse importatrice de GNL, notamment au
Japon et à Taïwan). Cela est de nature à faire converger les prix CIF du gaz à l’échelle
mondiale, ce qui est loin d’être le cas aujourd’hui. Certains voient dans cette convergence et
cet arbitrage un double avantage : cela devrait améliorer la sécurité d’approvisionnement
puisque les importateurs de GNL auront accès à une offre potentiellement plus di versifiée ;
cela devrait en outre permettre de rapprocher les prix européens des prix américains et
déboucher à terme sur un prix mondial du gaz naturel. On peut toutefois faire observer que la
volatilité des prix américains risque de se transmettre aux prix européens qui, du coup,
deviendraient très sensibles aux aléas climatiques observés aux Etats-Unis.
Les equivalences énergétiques

Unités fondamentales

L'unité officielle du système international (SI) est le Joule (1 J), égal au travail produit par
une force de 1 Newton dont le point d'application se déplace de 1 m dans la direction de la
force.

Il se trouve cependant que cette valeur n'est pas très parlante, de telle sorte qu'elle est assez
peu utilisée en pratique.

Historiquement, la calorie a longtemps été employée pour mesurer les quantités de chaleur.
Elle représente l'énergie nécessaire pour élever la température de 1 gramme d'eau de 1 °C à la
pression atmosphérique. Cette valeur variant légèrement selon la température initiale de l'eau,
des différences existent entre les définitions utilisées. Nous retiendrons l'équivalence
suivante :

1 cal = 4,187 J (International Steam Table calorie)

Une définition équivalente est utilisée dans le système britannique, encore très employé
notamment aux États-Unis, celle de la British Thermal Unit ou BTU qui représente la
quantité de chaleur nécessaire pour accroître d'un degré Fahrenheit la température d'une masse
d'eau de 1 livre (pound), soit 0,4535924 kg.

Avec la même convention que pour la calorie, on a l'équivalence suivante :

1 BTU = 1055,6 J

Ce qui implique :

1 BTU = 251,984 cal

Au Joule, unité d'énergie, correspond le Watt, unité de puissance : une puissance de 1 W mise
en jeu pendant 1 seconde libère une énergie de 1 Joule.

Le kilowatt-heure (kWh) représente l'énergie libérée pendant 1 heure par un appareil de


puissance 1 kW.

Le kilowatt et le kilowatt-heure sont les unités de puissance et d'énergie le plus souvent


utilisées pour mesurer l'électricité.

Par définition :

1 Wh = 3600 J

1 kWh = 3,6 106 J = 3,6 MJ

Unités dérivées
Pour étudier les consommations et productions d'énergie au niveau d'un pays, les unités
employées sont rarement le Joule ou la calorie.

L'importance du pétrole dans les bilans énergétiques de nombreux pays explique que l'on
exprime fréquemment les quantités d'énergie en les ramenant à leur équivalent pétrole. On
parle ainsi de tonnes équivalent pétrole (tep), de kilogrammes équivalent pétrole (kep), ou de
barils équivalent pétrole (bep).

D'autres unités sont aussi utilisées. Elles dépendent des sources d'énergie considérées et de
leurs caractéristiques, qui varient souvent beaucoup selon les cas. Pour le gaz naturel, on
emploie les mètres cubes (m3) ou les pieds cubes (cf) dans des conditions standard de
température et pression (à 25 °C, 1 atm pour les m3, 60 °F, 30 inHg pour les cf). L'équivalence
entre ces deux unités est :

 1 Nm3 = 37,24 Ncf


 1 Nm3 = 38 MJ
 1 cf = 1020 Btu

Les énergies primaires ou finales sont souvent comptabilisées en termes de millions ou de


milliards de tonnes équivalent pétrole, ou bien encore, dans les pays utilisant le système
britannique, en quadrillion Btu (quad) :

1 quad = 1 1015 Btu = 1.055 1018 J

Des conversions entre ces unités sont possibles, mais elles comportent nécessairement une
part d'arbitraire, de telle sorte que les valeurs peuvent différer selon les auteurs. L'AIE/OCDE
retient les équivalences suivantes :

 1 tep = 41,868 GJ = 39,68 MBtu = 11,63 MWh


 1 bep = 5,8 MBtu = 0,146 tep
 1 tep = 6,84 bep
 1 quad = 25,2 Mtep

Notons que des valeurs assez différentes de l'équivalence tep/bep peuvent être trouvées dans
la littérature, notamment 1 tep = 7,33 bep, ce qui représente un écart de 7,14 %, qui peut
s'expliquer par des variations de la densité et du pouvoir calorifique des bruts utilisés comme
références. Par exemple, BP utilise un facteur de conversion de l'ordre de 7 dans le BP
statistical review of world energy.

Facteurs de conversion

Les équivalences ci-dessous vous permettront d'assurer la conversion entre celles qui sont le
plus fréquemment rencontrées.

PETROLE :

 1 tonne = 6,84 barils


 1 baril/jour pendant 1 an ≈ 50 t
 1 tep = 41,868 GJ
 1 tep = 11 628 kWh
 1 bep = 5,8 MBtu

GAZ NATUREL :

 1 m3 = 38 MJ
 106 m3 ≈ 910 tep
 1 cf = 1020 Btu
 109 cf ≈ 25 tep

CHARBON :

 1 t = 0,7 tep (houille)


 1 t = 0,55 tep (charbon sous-bitumineux)
 1 t = 0,25 tep (lignite)

ÉLECTRICITÉ :

 1 MWh = 0,2606 tep (équivalence à la production)


 1 MWh = 0,086 tep (équivalence à la consommation)