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UNITE D’ENSEIGNEMENT COMPLEMENTAIRE

ANT 251 : ELEMENTS D’ANTHROPOLOGIE II


ENSEIGNANT : Dr ANTANG YAMO

INTRODUCTION

Le projet de construction de la science anthropologique a été marqué par la prétention de


l’atteinte de l’exhaustivité et de l’objectivité dans sa compréhension des diversités humaines
et culturelles qui structurent la vie. C’est là un pari ambitieux auquel s’est fixée
l’anthropologie. Pour y parvenir, au cours des siècles précédents, la discipline a fait sa mue.
Les transformations dans la dénomination, l’objet d’étude, les méthodes d’approche etc. on
été enregistrées en vues de systématiser et de rendre plus performante la science
anthropologique.
Les croyances constituant le pendant des sociétés humaines, elles sont présentes à plusieurs
niveaux de vie : religieux, thérapeutique, sociale, dans la vie quotidienne, lors des événements
heureux ou malheureux. Lorsque ces événements se produisent, l’individu ou le groupe qui a
été touché se sert des croyances « religieuses ou traditionnelles » pour expliquer le
phénomène observé. Cette compréhension repose sur un ensemble de représentations dites
« culturelles ». En cela, les croyances en tant que« systèmes de pensée »issue d’un imaginaire
social, culturel permettent de donner un sens aux conduites et aux comportements humains.

DEFITIONS ET OBJET D’ETUDE DE LA SCIENCE ANTHROPOLOGIQUE

De l’Ethnographie à l’Anthropologie
L’anthropologie est née d’une réflexion autour de la diversité des cultures humaines. Avec
les voyages d’exploration, ethnographes, explorateurs et anthropologues vont s’attacher à
parcourir le monde pour recueillir des informations sur les peuples de la Terre alors que
d’autres penseurs entreprennent de rassembler, de classer, d’analyser toutes ces informations
sur les sociétés humaines, leurs types de croyances, les structures familiales, les normes de
droits, les types d’échanges, les modes d’organisation du pouvoir etc. Les résultats de leurs
observations ont constitué une première approche pour intégrer les différences
socioculturelles. Celles-ci ont d’ailleurs pu être couplées avec les différences physiques
auxquelles le voyageur, l’explorateur, le missionnaire puis le colonisateur se trouvaient
confrontés. On peut cependant dire, en un premier sens, que l’anthropologie désigne à la fois
l’étude des caractères physiques et biologiques de l’homme et celle de ses caractères sociaux.
En France et dans le monde européen, l’ethnologie a porté ses premiers efforts sur les sociétés
dites « primitives », « archaïques », « traditionnelles », « sans écritures » ou encore « sans
Etat ».
La leçon qu’on peut retenir de la façon dont les premiers ethnologues ont construit un
mode de connaissances des différentes facettes de la vie humane, c’est que ce qui paraissait
« naturel » était en fait culturel. Cette perspective n’était pas du tout celle des premiers
« ethnographes », qui traduisaient le réel auquel ils avaient accès en fonction de leur statut
originaire d’explorateur, de commerçant, de missionnaire. Ainsi, fournissaient-ils aux

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ethnologues les informations qui, même mal recueillies et non critiquées, servaient à ces
derniers comme base d’analyse.
On peut alors à travers cette présentation distinguer ainsi trois phases d’évolution ou de
systématisation de la science anthropologique :

 L’ethnographie en charge de l’observation et du classement des faits en oubliant


pas, selon la formule de Gaston Bachelard, qu’un fait scientifique est toujours
construit, et jamais donnée. Son genre est la monographie.
 L’ethnologie en charge de la mise en correspondance, en relation de ces faits pour
en dégager la compréhension et la signification.
 L’anthropologie en charge de définir le propre de la vie sociale et d’en saisir
l’universalité à partir des faits apparemment divers et spécifiques.
C’est à la lumière de cet ambition de saisir non seulement la diversité humaine, mais
également culturelle, géographique, linguistique etc. que l’anthropologie va se subdiviser en
plusieurs sous-disciplines.

Différentes sous-disciplines de l’Anthropologie

Anthropologie sociale
Le terme Anthropologie sociale est d’origine Anglo-Saxonne, d’obédience anglaise
qui vise à saisir l’unité du genre humain, en insistant beaucoup plus sur les aspects
institutionnels. Cette sous-discipline de l’Anthropologie peut s’assimiler à la sociologie avec
un accent sur un rapport économique. Dans ses débuts, l’Anthropologie sociale cherchait à
appréhender les dimensions sociales des sociétés primitives, notamment la famille,
l’organisation économique, le pouvoir etc. Cette démarche concerne également la saisie des
institutions, leur mode de fonctionnement et la manière selon laquelle les groupes humains
fonctionnent et sont organisés.

Anthropologie culturelle
L’Anthropologie culturelle est un courant de pensée typiquement Américain. Les
Américains parlent d’Anthropologie culturelle, dans la mesure où la culture (mœurs,
personnalité etc.) fut pour eux un objet d’attentions particulières. C’est donc un courant de
pensée empirique (expérimental) qui porte son regard sur les comportements humains, en
mettant beaucoup plus l’accent sur le sens, le rôle etc. Elle étudie les caractères distinctifs des
conduites des êtres humains appartenant à une même culture, considérée comme une totalité
irréductible à une autre.

Anthropologie biologique
L’Anthropologie biologique en tant que branche de l’anthropologie générale a pour
objet d’étude la variation biologique de l’être humain tant dans son développement évolutif
que dans son expression historique et contemporaine. Elle tire ses origines des essais des
naturalistes du XVIIIème siècle, tels que Linné et Buffon. L’Anthropologie biologique
s’intéresse également aux aspects biométriques et aux caractères sanguins des espèces

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humaines, dans l’optique de dresser une typologie humaine et de classification successive des
races, en vue de donner une cohérence évolutive au foisonnement de la variation humaine.

Anthropologie physique
L’Anthropologie physique se définie comme cette branche de l’Anthropologie qui
s’occupe des problèmes tels que celui de l’évolution de l’homme à partir des formes animales,
sa distribution actuelle en groupes raciaux, distingués par des caractères anatomiques ou
physiologiques. En tant que science, elle est marquée par une période évolutive divisée en
deux grandes étapes : l’étape de la morphologie descriptive ; l’étape de la morphométrie.
L’Anthropologie physique a pour père fondateur Paul Broca et son objet d’étude
repose sur les caractéristiques biologiques de l’homme avec un accent particulier sur les
aspects tels que :
1- l’anatomie comparée qui s’intéresse à l’anatomie des races ;
1- la physiologie comparée qui étudie les formes des os, des crânes, du corps ;
2- la pathologie comparée qui s’intéresse aux problèmes d’immunité et des transmissions
héréditaires ;
3- l’étude médicale des mutilations, c’est-à-dire les opérations par lesquelles certains peuples
transforment ou suppriment certaines parties du corps pour des raisons rituelles, magico-
religieuse ou esthétiques ;
4- la paléoanthropologie qui étudie l’origine de l’homme et de son évolution ;
5- la primatologie qui est l’étude de l’anatomie comparée des primates (homme et les Grands
singes).

Anthropologie politique
Toute coopération entre les hommes implique une autorité et inclut le mode
d’organisation du commandement. Or, le mode d’exercice de l’autorité et le choix des
dirigeants sont fonction des sociocultures qui les entretiennent. Chaque société a donc un
régime ou mode de gestion de la citée qui ne peut être compris qu’à travers la découverte de
la diversité des modes d’organisation et de gestion des groupes humains, et des problèmes
posés par cette diversité.
L’Anthropologie politique se définie alors comme la science comparative des modes
d’organisation politique qui structurent la vie. Des sociétés acéphales ou sans Etat, en bandes,
en passant par les sociétés lignagères, tribales, claniques, chefferies, jusqu’à l’Etat moderne,
telles sont les institutions sociales sur lesquelles se manifeste la présence du politique et donc
l’Anthropologie en tant que science porte son regard.

Anthropologie linguistique
L’Anthropologie linguistique encore appelée ethnolinguistique a pour but l’étude du
langage, de la culture d’une société. Elle entend être une étude systématique sur la parole
entend que point de départ nous permettant de comprendre les variations expressives et
nominales propres à des sociocultures données. L’Anthropologie linguistique recouvre aussi
l’ensemble des relations existant entre pratiques langagières et pratiques culturelles. Dans son
expression, elle recouvre diverse approches :

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o la linguistique qui étudie la diversité des codes expressifs des sociétés
humaines ;
o la sémantique, comprise soit comme explication du sens produit par le langage
(la lexicographie, l’analyse de discours, la littérature orale, les taxonomies) ;
o l’étude des rapports entre structure de la langue et structure sociale, de la place
des langues dans les cultures, des représentations que les locuteurs ont de leur
langue.

Anthropologie religieuse
Si nous partons du postulat selon lequel, il n’existe pas de société à l’intérieur
desquelles les membres n’aient pas développé une conception du sacré, encore moins des
techniques pour entrer en contact avec les divinités. Dès lors, se serait mal pensé de dire que
toutes les humanités ont une même conception de la religion et du sacré.
L’Anthropologie religieuse va donc se définir comme une discipline scientifique, qui
s’attèle à saisir la diversité des manifestations du sacré, les signes distinctifs, l’essence du
religieux, les formes d’entrer en contacte avec les divinités et les dénominations de la religion
à travers les sociétés humaines.

ANTHROPOLOGIE DES SYSTEMES DE CROYANCES

DEFINITION DES CONCEPTS

RELIGION ATHEE : il existe dans les cultures humaines de grands courants


religieux ou l’idée de Dieu et d’esprit est absent. Tout au moins si elle existe, elle ne joue pas
un rôle capital dans la célébration des rites et l’organisation des cultes. C’est le cas du
bouddhisme.

RELIGION THEISTE : Ces formes de croyances font l’éloge d’un être suprême. Il
s’agit le plus souvent du « père des dieux » du « Dieu suprême /Dieu des Dieux » .Pour
s’adresser à lui, les humains s’adressent aux forces intermédiaires qui sont des sujets
conscients et doués de pouvoirs supérieurs à ceux des hommes.

LA MAGIE : C’est la science des mages. C’est aussi l’art de produire par certaines
pratiques des effets contraires aux lois de la nature.
Le magicien, à partie de la position des étoiles du ciel peut organiser les faits et
obtenir les résultats. Mais aussi comme la religion, la magie est faite de croyances et de rites.
Elle a comme la religion ces mythes et ces dogmes. Mais la différence est que les mythes et
les dogmes de la magie sont rudimentaires, car la magie poursuit des fins techniques et
utilitaires.
Par ailleurs, la magie comme la religion a aussi ses cérémonies, ses sacrifices, ses
prières et ses chants. Les forces auxquelles la magie s’adresse sont identiques à celles de la
religion. La magie va même jusqu’à singer les cérémonies religieux (messe noire, signe de
croix à l’inverse….)

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SORCELLERIE : Contrairement à l’idée péjorative qui lui est assignée entant que
pratique maléfique, disons tout simplement que la sorcellerie repose sur la manipulation des
forces ou de certains éléments de la nature à des fins collectives, personnelles ou maléfiques.
Ce qui vise à promouvoir la communauté tout entière à accroître son énergie vitale ou à
enrayer des vies humaines.

RELIGION : C’est un ensemble de croyances ou de dogmes et de pratique culturelle


qui constitue ces rapports de l’homme avec la puissance divine ou puissance surnaturelle. En
effet, il est de la nature de la religion de ressembler à une communauté des personnes qui
acceptent les mêmes et s’en donnent aux même pratiques culturelles. Cette communauté
peut se constituer en église, c'est-à-dire plus ou moins organisée structurée et hiérarchisée.
Elle peut faire du prosélytisme. Avec la notion d’église, il est facile de distinguer la religion
de la magie ou de la sorcellerie.

SYSTEME DE REPRESENTATION : L’expression système de représentation


désigne d’une manière générale l’ensemble d’idées et de valeurs propres à une société. Toute
société élaborerait ainsi plusieurs systèmes de représentation : le cosmos, la totalité sociale, la
magie, la sorcellerie…). On parlera ainsi de représentations collectives qui témoignent
d’attitudes intellectuelles du groupe et non des dispositions mentales intellectuelles.

SUPERSTITION : C’est le support de nos croyances .Elles sont le produit d’une


déviation du sentiment religieux, fondée sur la crainte ou l’ignorance et qui prête un caractère
sacré à certaines pratiques obligatoires de notre quotidienneté. Dans la vie humaine, les
superstitions ont fait leur apparition avec celles des croyances. On croit en une divinité et en
même temps en une superstition. Exemple : le faite d’ensevelir les mort est une des facettes
de la superstition humaine fondée sur le principe d’une vie après la mort.

RITES ET SYSTEMES DE CROYANCES

Même s’il existe des rites profanes comme ceux de la politesse, le rite dans sa
connotation religieuse, désigne un ensemble d’actes répétitifs et codifiés souvent solennelle,
d’ordre verbal, gestuel et postural à forte charge symbolique, fondé sur la croyance en la
force agissante des puissances sacrées en vu d’obtenir un effet déterminé. Ils comportent des
séquences d’action, des jeux de rôle, des formes de communication, des moyens réels et
symboliques, que la communauté cherche à traduire en culte par des comportements adéquats.
Cet ensemble va fonder la croyance à un ordre de choses auxquelles les membres se référent
pour l’organisation des rites.

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RELIGION D AFRIQUE ET DU MONDE

RELIGION DU MONDE

Si l’unanimité est admise sur le fait religieux humain, il n’en demeure pas moins que cette
assertion fait sienne des signes distinctifs qui caractérisent les religions du monde.

Le fait religieux repose sur des particularités comme :

 la croyance à un ordre de choses


 l’existence des responsables liturgiques
 l’existence des lieux sacrés
 la croyance en une force qui traverse et anime tous les éléments
 le caractère pragmatique qui réside sur la réalisation des besoins des fideles

RELIGION D’EUROPE : LE CHRISTIANISME

Le christianisme est la forme de croyance qui met le CHRIST au centre de sa doctrine. Né en


Judée et d’abord répandu en Orient, il s’est propagé à travers le monde grâce aux actions
missionnaires. Cette religion comporte quelques signes distinctifs qui la différencient des
autres formes religieuses. D’abord l’ancêtre fondateur qui n’est autre que Jésus Christ qui est
l’axe générationnel qui légitime son existence. La notion de paradis est l’un des concepts
fondamentaux de cette croyance, la notion de saint qui est au fondement de la sainte-trinité, la
notion du repos de l’âme.

RELIGION D’ASIE : LE BOUDDHISME

Le bouddhisme repose sur un principe philosophique de lumière dont BOUDA, l’illuminé en


est l’axe fondateur. Ce système religieux repose sur 04 principes fondamentaux

 l’existence de la douleur qui accable l’humanité


 les causes de cette douleur qui sont essentiellement de l’ordre des désirs
 la suppression de la douleur qui fait appel à l’abstinence
 des étapes intermédiaires pour y parvenir (la doctrine, la méditation, la sagesse, ou la
pleine possession de la doctrine)
Toutes ces étapes franchies, le fidèle peut aspirer au salut, à la plénitude de l’existence, et
accéder ainsi au NIRVANA. Les bouddhistes ont aussi développés le phénomène de dette
carnique qui est au centre de la notion de l’existence humaine.

RELIGION DU MOYEN-ORIENT : L’ISLAM

L’islam traduit en même temps la religion et la civilisation musulmane. Cette religion fut
fondée au VIIe siècle par MAHOMED. Inspirée du judaïsme et du christianisme, elle est un
monothéisme très strict. L’islam est fondé sur la résignation. Le culte est très simple :
obligation de réciter la profession de la foi, les 5 prières quotidiennes précédées d’ablutions
purificatoires, pèlerinage à la Mecque une fois dans la vie, guerre sainte contre les infidèles
menaçant les terres musulmanes.

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Il n’ya pas de clergé, l’iman ou chef de prière n’a pas de caractère sacerdotal, mais il
existe des ulémas et des ordres religieux. L’islam est divisé en deux tendances :

 Le chiisme
 Le sunnisme
On retrouve une organisation juridique, sociale et familiale en dépendance étroite du
coran.

RELIGIONS D’AFRIQUE NOIRE : RITES ET SYSTEMES DE CROYANCES EN


AFRIQUE

Les religions Africaines loin d’être des systèmes de croyances qui s’étendent au-delà
des frontières nationales, sont essentiellement claniques. Elles sont dirigés soit par un corps
de prête, soit dénué complètement de tout directeur attitre. Mais partout où nous observons
une vie religieuse, elle a pour référence un groupe. Même les cultes dits privés comme les
cultes domestiques ou les cultes communautaires obéissent à cette tradition.
Les religions Africaines ne sont pas extra-claniques, c’est-à-dire les religions
Africaines ne sont pas conquérantes. Les religions Africaine sont faites de croyances et de
mythes. Elles ont comme les autres religions révélées leurs mythes et leurs dogmes. Elles ne
poursuivent pour l’essentiel que les buts utilitaires, ne perdant de temps pour la spéculation.
Les religions Africaines procèdent leurs chants, prières, sacrifices etc. Autant
d’accessoires qui permettent d’entrer en contact avec les divinités. Elles font allégeance aux
âmes, minerais, rochers, etc. La relation établie entre les divinités, les hommes et la nature
crée une relation d’alliance et un facteur de cohésion sociale.
Les rites oraux sont constitués d’un ensemble de mots très souvent innés qui
accompagnent un rite. Les rites oraux comprennent généralement les instruments de musique
et tout autres accessoires qui, de manière sonores, accompagnent la mise en scène du rite.
Les rites manuels sont constitués d’un ensemble de faits ou objets les plus aisément
observables lors de la mise en scène du rite. Cet ensemble de faits est facilement ou
difficilement descriptif (dance, objets, personnages etc.). Les rites manuels comprennent donc
tous les objets du culte y compris par exemple le couteau sacrifié.

LES POINTS DE RENCOTRE ET DE DIFFERENCE ENTRE DIVERSES


RELIGIONS

Dans toutes les sociétés humaines la religion est omniprésente. Il n’y existe par
conséquent des sociétés à l’intérieur desquelles les membres n’aient point développés cette
conception du sacre, encore moins des techniques pour entrer en contact avec les divinités.
Néanmoins, malgré l’existence des ritualistes, on reconnait que toutes les humanités
ont des religions caractérisées par : des lieux de culte, du caractère pragmatique, des voix de
recours etc. bien que cette vérité soit établie, il n’en demeure pas moins que toutes les
humanités n’ont pas la même conception de la religion et du sacré. Ce qui frappe le plus ici
c’est la différence et non la ressemblance. Les êtres auxquels les individus s’adressent ne
sont pas seulement surnaturels, mais aussi naturels.

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Toutes les religions recourent à la croyance à un ordre de choses basées sur un ordre
visible et invisible. Les croyances humaines gravitent invariablement autour d’axes cardinaux
qui sont la vitalité, la sensibilité, l’humanisme, la continuité et la totalité. Ces éléments
permettent à l’homme de dépasser sa propre individualité et de s’inscrire dans un ensemble
plus vaste à la recherche de l’ordre et de la totalité universelle

IMPORTANCE DES CROYANCES DANS LA SOCIETE

Dans toutes les sociétés humaines .les croyances jouent un rôle très important ; cette
importance se situe au niveau de leur utilisation par les individus et de leurs expressions. Les
croyances mettent l’homme au centre de la création en lui imposant devoirs et obligations.
Devoirs de se conformer aux ordres/règles divines régissant l’humanité. Obligations de
respecter, de rendre hommage aux dieux.
Les croyances sont utilisées pour expliquer et comprendre les situations auxquelles les
individus sont confrontés. Dans ce sens, les croyances permettent d’orienter les
comportements des individus tant au niveau individuel que collectif. Elles permettent donc de
créer une communauté de personnes gouvernées par les mêmes valeurs et cela sert de
régulateur social.
L’importance des croyances s’exprime aussi par l’attachement et l’influence qu’elles
ont sur les individus.
Le degré d’attachement aux croyances se caractérise par la référence de certaines
pratiques, par les individus, notamment la prière, la participation aux messes et aux rites.
Tout cet ensemble des manières de penser, d’agir et de se comporter socialement, sont du
domaine de la croyance.

CONCLUSION

En s’intéressant aux systèmes de croyances, l’anthropologie religieuse s’est fait le


devoir de montrer que les croyances sont présentes dans toutes les sociétés humaines et
qu’elles interviennent dans de nombreux domaines de la vie des individus. Etant donné
l’importance des croyances dans les sociétés humaines, il a donc été question d’indiquer leurs
domaines d’intervention, les objets auxquels s’adressent les croyants, les acteurs et les
finalités de tout système. Les quelques domaines pour lesquels les croyances sont le plus
sollicitées et mis en exergue sont : les pratiques religieuses, les relations entre les individus,
les conduites quotidiennes et l’interrelation des faits. Toutes les sociétés humaines, étant à la
quête du mieux-être et par souci de mieux expliquer l’existant, recourent à des systèmes de
croyances considérées comme les sphères de sens à même de tout expliquer.

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