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Dr Philippe NGUEMETA

Université de Yaoundé I
Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines
Département de Philosophie

DESCRIPTIF DE L’UE 212 INTITULEE : EPISTEMOLOGIE


L’objectif pédagogique de ce cours est d’amener les étudiants à réfléchir sur
les fondements des connaissances scientifiques, la différence entre la
connaissance scientifique et la connaissance vulgaire. Si on admet que l’une
des principales caractéristiques de la connaissance scientifique, c’est la
systématisation, puisqu'elle consiste en une connaissance ordonnée, abstraite
à partir du principe de la vérifiabilité, il s’agit, dans le cadre de ce cours
d’inviter les étudiants à étudier la science de l’intérieur et de l’extérieur : la
connaissance scientifique est collective, elle devient savoir parce qu’elle
communique la connaissance et la donne en partage. Plus fondamentalement,
le savoir scientifique repose également sur les caractéristiques telles que la
rationalité, l'objectivité, la factualité, l’expérimentabilité et la communicabilité.
Il en résulte que certaines idées ou théories doivent être vérifiées et prouvées
du point de vue de la science avant qu'une connaissance puisse faire partie de
la connaissance scientifique. Seulement, malgré la volonté de décrire la nature
comme totalité des phénomènes déterminés par des lois à l’époque moderne,
la science n’est pas parvenue à livrer tous les secrets de l’univers. Elle se
rapproche de la vérité mais jamais de la certitude car les connaissances
scientifiques sont faillibles, ce qui signifie qu'elles ne sont pas définitives. Ainsi
si l’activité scientifique ne permet pas de prévoir totalement un phénomène
déterminé, il se pose le problème de sa nature. Mais qu’est-ce que la science ?
Comment fonctionne-t-elle ?
Procédés pédagogiques
Pour atteindre cet objectif, nous allons commencer par définir la science. Nous
pensons qu’elle est un ensemble de connaissances plus ou moins ordonnées,
transmissibles par un enseignement. L’enjeu est d’établir par la suite la
démarcation entre la connaissance scientifique et la connaissance vulgaire.
Cette approche nous conduit à concevoir la notion même des actes
épistémologiques, des actes de rupture, de construction et de constatation où

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les contextes de découverte et de justification dans la pratique scientifique.
Nous allons ensuite exposer le « constructivisme épistémologique » de
l’épistémologue Gaston Bachelard. Sa conception scientifique construit son
objet et soutient une approche dynamique ou évolutive de la science telle
qu’on a l’expérience dans La formation de l’esprit scientifique, Paris, Alcan,
1934. C’est aussi ce qu’exprime Jean Ullmo dès les premières lignes de son
ouvrage La pensée scientifique moderne (Paris, Flammarion, 1969) : « la science
recherche ses objets, elle les construit, elle les élabore ; elle ne les trouve pas
tout faits ». Sous ce rapport, l'activité du chercheur ne repose pas sur une base
rocheuse d’après son nouvel esprit scientifique. Notre réflexion
épistémologique permettra de reconsidérer la place de la science à l’ère de la
complexité.
Mots-clés : rationalité, science, objectivité, communicabilité, vérifiabilité, esprit
scientifique.
Indications bibliographiques
1-Bertrand Russell, L’esprit scientifique et la science dans le monde moderne,
Paris, Janin, 1947.
2-Bernard D’Espagnat, A la recherche du réel. Le regard d’un physicien, Paris,
Gauthiers, Villars, 1979.
3-Carl Gustav Hempel, Eléments d’épistémologie, Etats-Unis, Armand Colin,
1966.
4-Gaston Bachelard, Le nouvel esprit scientifique, Paris, Puf, 1934.
5- Gaston Bachelard, La formation de l’esprit scientifique, Paris, J.Vrin, 1938.
6-Henri Poincaré, La valeur de la science, Paris, Flammarion, 1905.
7-Jean-Louis Le Moigne, Les épistémologies constructivistes, Paris, Puf, coll
« Que sais-je ? », 1995.
Métiers sur lesquels ce cours de méthodologie peut déboucher
1-Métiers de journalisme scientifique
2-Métiers de l’enseignement
3-Didactique des sciences
4-Responsable d’un laboratoire scientifique

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5- Chargé de recherche en sciences sociales
6- Chargé d'études en sciences
Programmation du cours
Semaine 1 : Introduction au cours
Plan du cours, bibliographie et Notes introductives
Semaine 2 : Définition de la science et démarcation entre la connaissance
scientifique et la connaissance vulgaire.
Semaine 3 : Nature de la connaissance scientifique chez Bachelard
a-Nature et finalité
Semaine 4 : Nature et déterminisme, Nature et convention
Semaine 5 : Le constructivisme épistémologique de Bachelard et ses limites
Semaine 6 : Travail personnel de l’étudiant (TPE)

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DESCRIPTIF DE L’UE 132 INTITULEE : INTRODUCTION A L’EPISTEMOLOGIE
La place primordiale qu’occupent les connaissances scientifiques aujourd’hui
dans la vie sociale rend indispensable une réflexion philosophique sur la
manière dont ces connaissent s’élaborent et sur quels critères elles peuvent
prétendre à l’objectivité ou à une représentation objective du réel. Dans le
cadre de ce cours introductif à l’épistémologie, l’objectif pédagogique est de
faire comprendre aux étudiants comment la tradition scientifique s’est peu à
peu constituée en insistant sur les relations que la philosophie entretient avec
les sciences. Si les auteurs comme Henri Poincaré, Jean Louis Le Moigne, Pierre
Duhem, John Stuart Mill et Albert Einstein estiment que l’épistémologie n’a pas
de sens toute seule ; qu’elle se nourrit des domaines différents et surtout de la
philosophie, on peut se demander si on peut valablement assimiler la
connaissance scientifique et l’activité philosophique. Que faire des multiples
philosophies ? Comment la philosophie intègre-t-elle des fragments de
science ? Comment faire coexister science et philosophie dans notre contexte ?
Procédés pédagogiques
Pour atteindre cet objectif, nous allons commencer par définir la science. Nous
pensons que l’analogie entre la pratique scientifique et la philosophie est
réelle. Notre souci est d’établir que l’un des enjeux de la clarification logique
de la pensée peut conduire à notre développement. Nous allons ensuite
procéder à la critique épistémologique à l’intérieur même des sciences pour
montrer que la tradition classique avec Descartes, Malebranche, Leibniz a eu
tort de séparer radicalement philosophie et science. La philosophie n’est pas
une tabula rasa. La logique mathématique naissante a été décisive pour la
constitution de l’épistémologie qui occupe une place fondamentale en
philosophie. Elle permet d’entretenir des rapports aux sciences. Pour nous,
l’investigation philosophique dans cette logique rend le philosophe
« appliqué ».
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Mots-clés : philosophie, science, épistémologie, logique, appliqué, sciences.

Indications bibliographiques
1-Carl Gustav Hempel, Eléments d’épistémologie, Etats-Unis, Armand Colin,
1966.
2-E. Von Glasersfeld, The construction Knowledge, Salinas, Intersystems
publications, 1987.
3-Gaston Bachelard, Le nouvel esprit scientifique, Paris, Puf, 1934.
4- Gaston Bachelard, La formation de l’esprit scientifique, Paris, J.Vrin, 1938.
5-Jean-François Malherbe, Epistémologie anglo-saxonnes, Paris, Puf, 1981.
6- Lena Soler, Introduction à l’épistémologie, ellipses, 2000.
Métiers sur lesquels ce cours de méthodologie peut déboucher
1-Métiers de journalisme scientifique
2-Métiers de l’enseignement
3-Didactique des sciences
Programmation du cours
Semaine 1 : Introduction au cours
Plan du cours, bibliographie et Notes introductives
Semaine 2 : Définition de la science et démarcation avec les autres formes de
savoir.
Semaine 3 : Typologie des épistémologies et les relations entre la science et la
philosophie
Semaine 4 : Préalables pour le dialogue Science-Philosophie
Semaine 5 : Interrogations contemporaines
Semaine 6 : Travail personnel de l’étudiant (TPE)
Conclusion
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DESCRIPTIF DE L’UE 312 INTITULEE : PHILOSOPHIE DU LANGAGE
L’objectif pédagogique de ce cours portant sur la philosophie du langage est
d’initier les étudiants aux grands enjeux de la philosophie du langage et au
tournant linguistique de la fin du XIXe siècle. Il s’agit de les familiariser avec
les concepts majeurs de la philosophie du langage et aux grandes théories
qui ont traversé son histoire. Plus spécifiquement, nous allons évaluer la
profondeur du débat qui a agité le milieu philosophique sur les questions de la
signification, de l’origine du langage. Les problèmes philosophiques posés par
le langage ont fait l'objet d'analyses depuis Socrate. C’est précisément à partir
du Cratyle de Platon, que la philosophie s’est occupée du langage: de son
origine, de ses fonctions, du fondement de sa capacité à exprimer des
significations. Mais si le champ de la philosophie du langage n'est pas
nettement circonscrit aujourd’hui, peut-on réellement soutenir avec le
personnage Cratyle qu’"une juste dénomination existe naturellement pour
chacun des êtres" ? Autrement dit, le langage est-il naturel ou conventionnel?
Procédés pédagogiques
Pour réaliser cet objectif, nous traiterons d’abord de manière historique la
question ontologique et épistémologique de la signification. En prenant
appui dans le débat philosophique hérité de Platon dans le Cratyle. Cet
ancrage historique aura pour but de développer une approche critique de
chaque théorie philosophique. Ensuite, nous tenterons de montrer comment
cette philosophie du langage, aidée par la logique, a permis une remise en
cause de la méthode scientifique et l’avènement du courant analytique
au XXe siècle. Enfin, en nous fondant sur la thèse du parallélisme logico-
physique, nous montrerons que l’image du philosophe se construit et rappelle
les techniques et exigences journalistiques. La corrélation entre le langage et
les faits comme approche spécifiquement philosophique nous rapproche de
l’univers médiatique. La philosophie du langage ne doit donc pas être comprise
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comme étant un système isolé sans rapport avec le réel. Pour atteindre cet
objectif, nous allons insister sur les enjeux de la rigueur à l’œuvre dans la
philosophie du langage.
Mots-clés : langage, logique, philosophie du langage, parallélisme logico-
physique, signification, faits.
Indications bibliographiques
1-Aristote, Les réfutations sophistiques, trad.fr J. Tricot, ed. Vrin, 2003.
2- Diego Marconi, La philosophie du langage au XX ème siècle, Coll tiré à part,
édition de l’éclat, 1997.
3-Frege, G, 1971, Écrits Logiques et Philosophiques, Édition du Seuil.
4-Herbert Marcuse, L’homme unidimensionnel, trad. M. Wiltig, Editions de
Minuit, 1968.
5-Jean-Louis Dessales, Aux origines du langage, ed.Hermes, 2000.
6-Platon, Cratyle, trad.E Chambry, GF, Flammarion, 1967.
7-Willard Orman Van Quine, le mot et la chose, trad. J. Dopp et P. Gochet,
Flammarion, 1977.
8- Wittgenstein, Ludwig, Tractatus Logico-Philosophicus, Londres: Routledge,
2001.
9-Sylvain Auroux, La philosophie du langage, Que sais-je ?, n° 1765, puf, 2008.
Métiers sur lesquels ce cours de méthodologie peut déboucher
1-Métiers de journalisme scientifique
2-Métiers de l’enseignement
3-Didactique des sciences du langage
4-Responsable d’un laboratoire scientifique
5- Chargé de recherche en sciences sociales
Programmation du cours
Semaine 1 : Introduction au cours
Plan du cours, bibliographie et Notes introductives

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Semaine 2 : Socrate et l’idée de la naturalité du langage.
Semaine 3 : Le caractère conventionnel ou social du langage
Semaine 4 : Limites des approches naturalistes et conventionnelles
Semaine 5 : Actualisation de la conception platonicienne/ perspectives
postmodernes.
Semaine 6 : Travail personnel de l’étudiant (TPE)

Dr NGUEMETA

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DESCRIPTIF DE L’UE 412 INTITULEE : HISTOIRE DE LA LOGIQUE

A la fin de ce cours, l’étudiant sera capable de montrer que la philosophie


analytique, et le logicisme en particulier développé par Wittgenstein a connu
des mutations profondes. Toute épistémologie contemporaine part du Cercle
de Vienne. Il s’est agi pour les membres de ce mouvement d’établir en quelque
sorte une frontière dans le domaine de la connaissance scientifique. La théorie
vérificationniste mise sur pied par les logiciens viennois pour délimiter les
frontières de la connaissance scientifique considère que tout ce qui n’est pas
observable n’est pas scientifique et par conséquent devrait être éliminé du
champ de cette activité scientifique. Ludwig Wittgenstein a préparé le terrain à
l’avènement du Cercle de Vienne. Tous les jeudis soirs, tous les membres du
Cercle de Vienne se réunissaient pour discuter sur le Tractatus logico-
philosophicus. Ainsi si toute l’ « épistémologie post-critique » (Popper,
Feyerabend, Thomas Kuhn) hérite de cette approche, l’enjeu ici est de savoir si
on peut tout vérifier en science. Est-ce qu’on peut tout logiciser ? Peut-on
mathématiser la pensée humaine ?
Procédés pédagogiques
Pour atteindre cet objectif, nous comptons adopter une approche historique.
Elle consiste à revisiter les orientations positivistes et logicistes léguées par
Socrate, Auguste Comte, Newton, David Hume, John Locke, Frege, etc. A
travers la critique du substantialisme, ces auteurs ont critiqué à sa manière la
métaphysique. Cette approche a permis à Wittgenstein de dénoncer à son tour
les substantialistes, tous les métaphysiciens classique et modernes notamment
Descartes, Aristote qui abusent du langage avec des expressions qui n’ont
aucun référentiel physique, des énoncés qui n’ont aucune correspondance avec
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la réalité extérieure. D’où « il faut les taire ». Nous allons ensuite évaluer
l’approche wittgensteinienne car l’on peut valablement se demander si tout est
donc vérifiable. La science est-elle le seul domaine par excellence de la
vérification ? Les mathématiques sont-elles une science vérifiable ? Newton est
resté très empirique lorsqu’il dit ne pas « forger » d’hypothèses, d’abstraction.
Avec la mécanique ondulatoire on comprend pourtant que la science dialogue
avec l’invisible. Les atomes ne sont pas observables mais existent (ceci traduit
les limites du vérificationnisme inspiré par Wittgenstein qui rédige les
Investigations philosophiques et embrasse la posture d’un métaphysicien après
moult critiques.
Mots-clés : logicisme, science, abstraction, vérification, métaphysique, Cercle
de Vienne, épistémologie post-critique.
Indications bibliographiques
A-Ouvrages de Wittgenstein
1-Tractatus logico- philosophicus, trad. Gilles-Gaston Granger, éditions
Gallimard, 1993.
- Conférence sur l’éthique
- Tractatus logico- philosophicus (1918), suivis des Investigations
philosophiques (1948), trad. P. Klossowski, Paris, Gallimard, 1961, 364p.
- Le cahier Bleu (1933-1934) et Le Cahier Brun (1934-1935), trad. Durand,
Paris, Gallimard, 1965.
- De la Certitude (1951), trad. J. Fauve, Paris, Gallimard, 1976.
- Grammaire philosophique (1930), trad. M. A. Lescourret, Paris, Gallimard,
1980.

B- OUVRAGES SUR WITTGENSTEIN


- Roger, Mondoué et Philippe, Nguemeta, Vérificationnisme et
falsificationnisme. Wittgenstein vainqueur de Popper ? L’Harmattan, Paris,
2014.
- Christiane Chauviré, Voir le visible : la seconde philosophie de
Wittgenstein, Paris P.U.F., 2003.

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- Friedrich, Weismann, Wittgenstein et le Cercle de Vienne, d’après les
notes de (1929-1931), trad. G. Granel, Paris, Gallimard, 1991.
- Pierre, Hadot, Wittgenstein et les limites du langage, Paris, Vrin, 2004,
126 p.
- Brian, Mc Guinness, Wittgenstein, les années de jeunesse, Seuil, 1991.
C- OUVRAGES ET ARTICLES GENERAUX.
- Pierre, Jacob, De Vienne à Cambridge. L’héritage du positivisme logique
(sous la direction de…) coll « Tel » Gallimard, Paris, 1980.
- Antonia, Soulez, Le Cercle de Vienne : Doctrines et controverses, Journées
internationales Créteil-Paris, 29-30 septembre 1983, Paris Méridiens
Klincksieck, 1986.
- Lucien, Ayissi, Le phénoménisme humien comme prolégomènes à la
philosophie transcendantale de Kant, Ydé, P.U.Y., Coll, Repères, Sep. 2013, 40 p.
- Rudolf, Carnap, « Le dépassement de la métaphysique par l’analyse
logique » du langage in Le manifeste du Cercle de Vienne et autres écrits, (Ipr.
Antonia Soulez), P.U.F., 1985, 364p.
Métiers sur lesquels ce cours de méthodologie peut déboucher
1-Métiers de journalisme scientifique
2-Métiers de l’enseignement
3-Didactique des sciences
4-Responsable d’un laboratoire scientifique
5- Chargé de recherche en sciences sociales
6- Chargé d'études en sciences
Programmation du cours
Semaine 1 : Introduction au cours
Plan du cours, bibliographie et Notes introductives
Semaine 2 : Les dettes philosophiques contactées avec David Hume, John
Locke, Bertrand Russel.
Semaine 3 : Le logicisme radical de Wittgenstein

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-La théorie de l’image
-La théorie du mysticisme de Wittgenstein
Semaine 4 : Le rôle joué par Maurice Schlick et la rencontre de Wittgenstein
avec le Cercle de Vienne
Semaine 5 : La réaction de Karl Popper, la controverse Karl Popper-
Wittgenstein et la philosophie du langage de Wittgenstein : Perspective
postmoderne et relativiste.
Semaine 6 : Exposés et Travail personnel de l’étudiant (TPE)

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DESCRIPTIF DE L’UE 442 INTITULEE : PHILOSOPHIE DES SCIENCES
EXPERIMENTALES
Le couple observation/expérimentation confère plus que jamais une fonction
épistémologique centrale, celle de fondement de la connaissance scientifique,
lui permettant de se démarquer de la métaphysique ou des pseudosciences. La
place prépondérante accordée à l’expérimentation ainsi qu’à l’observation par
les positivistes logiques et par Karl Raimund Popper, dans les processus de
vérification ou de corroboration-réfutation des hypothèses incite à se pencher
sur des questions telles que celles de la nature ou du statut des énoncés
protocolaires par exemple. L’agenda philosophique qui sous-tend notre projet
est d’inviter les étudiants à revisiter la place de l’expérimentation en tant
qu’objet d’étude au sein de la philosophie. Si celle-ci a été reconsidérée en
deux étapes au cours du XXe siècle ( voir à cet effet ce que l’on a appelé le «
tournant historique », initié notamment par l’ouvrage de Thomas Samuel Kuhn
*Kuhn 1962+ qui recommandait l’abandon de la méthodologie normative au
profit de l’étude des communautés de scientifiques et des paradigmes au sein
desquels ceux-ci développent leurs recherches et la seconde dans les années
1980), le « tournant pratique », il se pose plus que jamais la question de la
nature de la charge théorique des observations ou du défi du réalisme
scientifique. L’objectif de ce cours est d’amener les étudiants à comprendre la
position privilégiée de la physique fondée sur la répétabilité, la stabilité d’une
perception, l’invariance du réel afin d’évaluer la portée métaphysique de la
physique quantique. Finalement, quelle réalité face à l’humanisation de la
perception (construite par le cerveau, donc manipulable) ? L’enjeu est de
permettre aux étudiants de mieux s’orienter dans la question des variables
cachés dans la science moderne.
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Procédés pédagogiques
Pour atteindre cet objectif, nous comptons procéder par l’éclairage conceptuel
des concepts et théories majeurs des sciences expérimentales de la fin du XIXe
siècle jusqu’aux années 2000. Nous traiterons ensuite de manière historique
la question ontologique et épistémologique du réalisme. En ancrant dans le
débat philosophique sur les épistémologues tels qu’Henri Poincaré, Pierre
Duhem, Bernard D’Espagnat, etc. Notre souci est d’établir l’évolution organique
de ce concept. Cet ancrage aura également pour but de développer une
approche critique de chaque système philosophique et scientifique et de
proposer une voie africaine. Enfin nous tenterons de montrer comment le
réalisme scientifique, aidé par la logique et la microphysique, a permis une
remise en cause de la méthode scientifique et l’avènement du courant
analytique au XXe siècle.
Mots-clés : philosophie analytique, réalisme, épistémologie, vérification,
métaphysique, perception, microphysique.
Indications bibliographiques
-Bricmont Jean, Contre la philosophie de la mécanique quantique, in R ; Franck,
ed. Les sciences et la philosophie. Quatorze essais de rapprochement, Paris,
Vrin, 1995.
-Claude Bernard, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale, J. B.
Baillière, 1865.
-Carnap Rudolf, Les fondements philosophiques de la physique (1966), trad. J.M.
Luccioni, A. Soulez, Paris, A. Colin, 1973.
-Chalmers Alan F., Qu'est-ce que la science ? Popper, Kuhn, Lakatos, Feyerabend
?, University of Queensland Press, 1976, 1982) trad. M. Biezunski, Paris, Livre
de Poche, 1987.
-Cohen I. Bernard, Les origines de la physique moderne (The birth of a new
physics, revised and updated, New York, W.W. Norton, 1985), trad. J. Métadier,
C. Jeanmougin, trad. Paris, Seuil (Points), 1993.
--Duhem Pierre, -La théorie physique-Son objet-sa structure, Paris, Vrin, 2 ème
édition, réimpression, 1981.
14
-Einstein A. / Infeld L., L'évolution des idées en physique, 1936, trad. Champs
Flammarion, 1983.
-Feyebend Paul, Contre la méthode. Esquisse d'une théorie anarchiste de la
connaissance (1975), trad. B. Jurdant et A. Schlumberger, Paris, Seuil (Points),
1979, repr.
-Nadeau Robert, Vocabulaire technique et analytique de l'épistémologie, Paris,
PUF, 1999.
-Popper Karl, -La connaissance objective (Objective knowledge: an evolutionary
approach, Oxford, Clarendon, 1972), trad. J.-J. Rosat, Paris, Aubier, 1991, repr.
Champs Flammarion.
-Conjectures et réfutations (London, Routledge and Kegan Paul, 1963), trad. M-
I. et M.B. de Launay, Paris, Payot, 1985.
-Soulez Antonia, ed., Manifeste du Cercle de Vienne et autres écrits - Carnap,
Hahn, Neurath, Schlick, Waismann, Wittgenstein, Paris P.U.F., 1985, repr. Vrin.
-Sozein ta phainomena. Essai sur la notion de théorie physique : de Platon à
Galilée, Paris, Hermann, 1908, repr. Vrin.
- Kuhn Thomas Samuel, La Structure des révolutions scientifiques, Paris,
Flammarion, 2008.
-Mach Ersnt, L’analyse des sensations, J Chambon, Nimes ?1996.
-Morange Michel, Les secrets du vivant. Contre la pensée unique en biologie,
Paris, La Découverte, 2005.
- Poincaré Henri, -La valeur de la science, Paris, Flammarion, 1905, repr.
Champs
- La Science et l’Hypothèse, Flammarion, 1917.
-Quine,W.V. O, « Deux dogmes de l’emprisme », trad.fr par Pierre Jacob et al in
Du point de vue logique. Neuf essais logico-philosophiques (sous la direction de
Laugier S.), Paris, Vrin, 2003.
-Toulmin Stephen, L'explication scientifique (Foresight and Understanding,
Indiana U.P., 1961), trad. J.-J. Lecercle, Paris, A. Colin, 1973.

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-Werner Heisenberg, La nature dans la physique contemporaine, trad. de
l'allemand par Ugné Karvelis et A.-E. Leroy, Paris, Première édition, Collection
Idées (n° 4), Gallimard,1962.

Métiers sur lesquels ce cours de méthodologie peut déboucher


1-Métiers de journalisme scientifique
2-Métiers de l’enseignement
3-Didactique des sciences
4-Responsable d’un laboratoire scientifique
5- Chargé de recherche en sciences sociales
6- Chargé d'études en sciences
Programmation du cours
Semaine 1 : Introduction au cours
Plan du cours, bibliographie et Notes introductives
Semaine 2 : Sur la démarche expérimentale.
Semaine 3 : Le statut des hypothèses en physique
-A quoi servent les lois : explication et prédiction ?
Semaine 4 : Science et réalité et valeur objective de la science
-Introduction au falsificationisme
-L’améthode de Paul Feyerabend Feyerabend
Semaine 5 : La fin de la matière et le calcul des probabilités, la découverte de
l’inobservable
- Déterminisme et libre-arbitre
-L'indéterminisme en physique quantique
-La démarcation entre la science et la métaphysique
Semaine 6 : Exposés et Travail personnel de l’étudiant (TPE)

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