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REPUBLIQUE TUNISIENNE

MINISTERE DE L’AGRICULTURE MINISTERE DE L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR


------O------ ET DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE
INSTITUTION DE LA RECHERCHE ET DE ------O------
L’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR AGRICOLES UNIVERSITE DE CARTHAGE

INSTITUT NATIONAL AGRONOMIQUE DE TUNISIE

Département de Génie Rural, Eaux et Forêts

Spécialité : Génie Rural, Eaux et Forêts (GREF)

Option : Hydraulique et Aménagement Rural (HAR)

PROJET DE FIN D’ÉTUDES DU CYCLE INGENIEUR

Protection contre les inondations du gouvernorat de


l’Ariana : Cas d’étude Sabbelet Ben Ammar

Elaboré par : JEMOUI Taoufik


Soutenu le 28 Juin 2012 devant les membres du Jury:

Président : Mr. SAADOUN Najib

Encadreur: Mr. SLIMANI Mohamed (INAT)

Encadreur : Mr. MENJLI Mahfoudh (CNEA)

Examinateur: Mr. HBAIEB Hammadi (INAT)

Année Universitaire : 2011 - 2012


Dédicace
A mes chers parents,

Les mots me manquent pour exprimer toute la reconnaissance, la fierté et le profond amour
que je vous porte pour les sacrifices que vous aviez consentis pour ma réussite. Vous
trouverez ici le témoignage de mon attachement, ma reconnaissance, ma gratitude et mon
respect.

A mon frère et mes sœurs,

J'espère atteindre le seuil de vos espérances. Que ce modeste travail soit l'expression de ma
profonde affection. Je vous remercie pour le soutien moral et l'encouragement que vous
m'avez accordés. Je vous souhaite tout le bonheur que vous méritez.

A mes amis,

Vous avez été la preuve vivante que l'amitié vaut parfois plus que la famille. Merci pour le
soutien dont vous avez fait montre à mon égard en tout temps et en toute circonstance. J'ai
beaucoup d'autres choses à vous dire mais les mots me manquent. En espérant ne pas vous
décevoir, je vous dédie ce travail en signe de reconnaissance.

A tout ceux qui ont su m'apporter aide et soutient aux moments propices, je dédie ce modeste
travail, reconnaissant et remerciant chaleureusement.

A tous ceux que j'aime et qui m'aiment

A tous ceux-ci je dédie ce travail


Remerciements

Mes remerciements vont tout premièrement à Dieu tout puissant pour la santé, la
volonté et la patience qu’il m’a donné durant toutes ces années d’études.

Tout d’abord, cette étude ne pourrait pas avoir été menée à bien sans la confiance, la
patience et la générosité du mon professeur et mon encadreur Mr Mohamed SLIMANI, à qui
je veux apporter mes remerciements tout particuliers. Il a su m’aider, me soutenir et
m’orienter aux bons moments, avec un grand professionnalisme, rigueur et gentillesse. Je lui
apporte ma plus sincère gratitude pour le temps précieux qu’il m’a accordé non pas tout au
long de cette période mais aussi tout au long de ces trois années à l’INAT. Je ne sais comment
lui exprimer ma reconnaissance.

Je tiens évidemment à remercier en témoignant de ma profonde reconnaissance envers


toute personne qui ma poussé à reprendre le chemin, et plus particulièrement j’adresse mes
sincères remerciements à Mr Mahfoudh MENJLI, qui m’a donné la chance de m’encadrer et
de bien vouloir suivre de prés ce travail et me bénéficier de son expérience, sa culture et son
enthousiasme. Je le remercie pour m’avoir accueilli et pour avoir mis à ma disposition tout
document nécessaire à la bonne réalisation de ce travail, pour sa patience, sa compréhension
et ses recommandations qui m’ont beaucoup aidé à l’aboutissement de ce travail.

Je remercie également les membres du Jury, qui m’ont fait l’honneur de juger ce
travail.

Je ne saurais oublier mes collègues et mes amis, avec lesquelles j’ai partagé de très
beaux moments. Merci et bonne chance à tous.

Avant de clore ce paragraphe, je ne saurais jamais suffisant remercier mes parents,


mon frère et mes sœurs, ainsi qu’à toute ma famille que je porte toujours avec moi dans mes
pensées. Sans leur confiance immense en moi, sans leur aide et leur amour, je n’aurais pas pu
aller au bout de mon projet.
Résumé

La présente étude qui concerne la zone de Sabbelet Ben Ammar s’insère dans le cadre du
projet de protection contre les inondations de la région du Grand Tunis.

Le but de cette étude, est l'élaboration d'un scénario d'aménagement, ayant comme principal
objectif la protection de la zone de Sabbelet Ben Ammar contre les inondations et ceci à
travers la réduction des débits de crues provenant de l’amont et l’évacuation des eaux de
ruissellement le plus vite possible avec des risques mineurs en aval.

Les études de reconnaissance du milieu physique (constituées par l’étude morphologique et


l’étude hydrologique) sont capables de fournir les données de base pour la modélisation et les
calculs hydraulique, ces études se terminent par un diagnostic de la situation actuelle de
l’infrastructure existante vis-à-vis aux inondations.

Ainsi, pour assurer la protection de la zone de Sabbelet Ben Ammar contre les inondations, on
a élaboré un Scénario d’aménagement de protection de l'amont vers l'aval, permettant la
réduction du ruissellement, la rétention d’eau et l'amortissement des crues, ce scénario
comprend d’une part la réalisation des aménagements des versants tel que l'entretien des
banquettes mécanique existantes, l’utilisation des banquettes mécaniques à rétention partielles
et la création des zones de reboisement, d’autre part la réalisation des aménagements des
voies d'eau tel que la plantation d’un lac collinaire, des ouvrages en gabion, des seuils en
pierres sèches, la réhabilitation des cours d’eau et des ouvrages de franchissement.

En fin, cette étude a permis une meilleure compréhension de l’état de la zone d’étude vis-à-vis
aux inondations ; le scénario proposé s’avère la solution la plus adéquate concernant cette
zone de point de vue faisabilité (côté technique et économique).

Mots Clés : inondation, débits de crues, ruissellement, risques, étude morphologique, étude
hydrologique, diagnostic, aménagements des versants, aménagements des voies d'eau
Abstract

The present study which relates to the zone of Sabbelet Ben Ammar inserts within the farm
work of the project of protection against the floods of the greater Tunis.

The purpose of this study is the developpement of a management scenario having a main
objective that consist to protect the zone of Sabbelet Ben Ammar against floods and this will
be carried out while reducing the floods flows coming from the upstream and the drainage of
streaming as quickly as possible with minor risks in the downstream.

The studies of the physical environment constituted by the morphological study and the
hydrological study) are able to provide the basic information for modeling and hydraulic
calculations, these studies finished with a diagnostic of the current situation of the existing
infrastructure that protect against floods.

Thus, to ensure the protection of the zone of Sabbelet Ben Ammar against the floods we
worked out a scenario for protection from the upstream to the downstream allowing the
reduction of the streaming, the retention and also the damping of the floods. This scenario
includes, on the one hand, the realization of the managements on steep sloops and in the other
hand, the realization of the managements of water ways.

Finally, this study allowed a better comprehension against the floods. The scenario suggested
proves to be the most adequate solution concerning this zone from the side feasibility
(technical and economic side).

Key words: flood, floods flows, streaming, risks, morphological study, hydrological study,
diagnostics, management of slopes, management of the water ways.
-
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Sommaire
Introduction Générale ..................................................................................................... 1
Chapitre 1 : Etude bibliographique ............................................................................ 3
1. Introduction : ............................................................................................................ 3
2. Définitions : .............................................................................................................. 3
3. Les causes des inondations : .................................................................................... 3
3.1 Les causes naturelles : ....................................................................................... 4
3.1.1 L’abondance des précipitations: ................................................................. 4
3.1.2 Morphologie du cours d’eau :..................................................................... 4
3.1.3 Nature du terrain : ....................................................................................... 4
3.1.4 Remontée de la nappe : ............................................................................... 4
3.1.5 La végétation : ............................................................................................ 4
3.2 Causes anthropiques : ........................................................................................ 4
3.2.1 L’urbanisation :........................................................................................... 4
3.2.2 La modification de l’occupation des sols : ................................................. 5
3.2.3 Déforestation : ............................................................................................ 5
4. Les conséquences des inondations : ......................................................................... 5
4.1 Les dégâts matériels : ........................................................................................ 5
4.2 Les dégâts humains : ......................................................................................... 5
4.3 Dégradation des terres agricoles : ..................................................................... 5
4.4 Transformation de paysage : ............................................................................. 6
5. Moyens de protection contre les inondations :......................................................... 6
5.1 Protection éloignée : .......................................................................................... 6
5.2 Protection rapprochée : ...................................................................................... 6
5.3 Assainissement des eaux pluviales :.................................................................. 6
6. Historique des inondations en Tunisie: .................................................................... 6
6.1 Inondation en 1969 : .......................................................................................... 7
6.2 Inondation en 1989 : .......................................................................................... 9
6.3 Inondation en 1990 : .......................................................................................... 9
6.4 Inondation en 2003 : ........................................................................................ 10
6.5 Inondation en 2007 : ........................................................................................ 11
6.6 Inondation en 2011 : ........................................................................................ 11
6.7 Inondation en 2012 : ........................................................................................ 12
7. Conclusion : ........................................................................................................... 12
Chapitre 2 : Présentation de la zone d’étude ........................................................... 13
1. Localisation : .......................................................................................................... 13
2. Délimitation : ......................................................................................................... 15
3. Climat : ................................................................................................................... 15
4. Température : ......................................................................................................... 16
5. Evaporation : .......................................................................................................... 16
6. Vent : ...................................................................................................................... 17
7. Pluviométrie : ......................................................................................................... 17
8. Réseau hydrographique : ........................................................................................ 17
Chapitre3 : Etude morphologique de la zone d’étude ............................................. 21
1. Introduction : .......................................................................................................... 21
2. Découpage en sous bassins : .................................................................................. 21
3. Forme : ................................................................................................................... 22
4. Rectangle équivalent : ............................................................................................ 23
5. Relief: ..................................................................................................................... 24
5.1 Hypsométrie : .................................................................................................. 24
5.2 Les altitudes caractéristiques :......................................................................... 24
5.3 Les indices de pente : ...................................................................................... 24
5.3.1 Pente moyenne :........................................................................................ 24
5.3.2 Indice global de pente : ............................................................................. 25
5.3.3 Dénivelée spécifique ou dénivelée réduite : ............................................. 25
6. Modèle numérique de terrain (MNT) : .................................................................. 27
7. Conclusion : ........................................................................................................... 30
Chapitre 4 : Etude hydrologique de la zone d’étude ............................................... 31
1. Estimation des apports liquides :............................................................................ 31
1.1 Apports annuels: .............................................................................................. 31
1.1.1 Formule empiriques utilisées :.................................................................. 31
1.1.2 Résultats et discussion : ............................................................................ 37
1.2 Apports fréquentiels : ...................................................................................... 39
1.3 Débits fréquentiels :......................................................................................... 41
2. Estimations des apports solides :............................................................................ 48
Chapitre 5 : Diagnostic des ouvrages existants et modélisation par HEC-RAS ... 53
1. Introduction : .......................................................................................................... 53
2. Diagnostic des ouvrages existants : ....................................................................... 53
2.1 Aménagement des versants : ........................................................................... 53
2.1.1 Banquettes mécanique : ............................................................................ 53
2.1.2 La végétalisation : ..................................................................................... 54
2.2 Les aménagements des voies d’eaux :............................................................. 54
2.2.1 Etat des oueds : ......................................................................................... 54
2.2.2 Etat des Ouvrages de franchissement : ..................................................... 54
2.2.2.1 Description : .......................................................................................... 54
2.2.2.2 Calcul hydraulique : .............................................................................. 55
2.2.2.2.1 Régime uniforme :............................................................................ 55
2.2.2.2.2 Régime varié : .................................................................................. 56
3. Diagnostic d’oued l’Aleg par le logiciel HEC –RAS : .......................................... 58
3.1 Présentation de l’HEC-RAS : .......................................................................... 58
3.2 Données nécessaire pour HEC-Ras : ............................................................... 59
3.3 Résultats et interprétations de simulation par l’HEC-RAS : ........................... 60
4. Conclusion : ........................................................................................................... 62
Chapitre 6 : Scénarios des aménagements proposés ............................................... 63
1. Introduction : .......................................................................................................... 63
2. Aménagement des versants : .................................................................................. 63
2.1 Banquette mécanique : .................................................................................... 63
2.2 Végétalisation : ................................................................................................ 65
3. Les aménagements des voies d’eaux : ................................................................... 65
3.1 Recalibrage des collecteurs : ........................................................................... 65
3.2 Projection des nouveaux canaux : ................................................................... 66
3.3 Ouvrages en Gabion : ...................................................................................... 67
3.4 Seuils en pierres sèches : ................................................................................. 68
3.5 Ouvrage de franchissement : ........................................................................... 71
3.6 Lac collinaire : ................................................................................................. 73
4. Procédure :.............................................................................................................. 78
5. Conclusion : ........................................................................................................... 78
Chapitre 7 : Estimation du coût du projet ............................................................... 79
1. Introduction : .......................................................................................................... 79
2. Estimation du coût des aménagements des versants : ............................................ 79
3. Estimation du coût des aménagements des voies d’eau :....................................... 80
4. Estimation du coût du projet : ................................................................................ 81
5. Conclusion : ........................................................................................................... 81
Conclusion Générale ..................................................................................................... 82
Liste des figures
Figure 1 : Isohyètes de septembre 1969 .......................................................................... 8
Figure 2 : comparaison entre la pluie moyenne mensuelle de septembre et la pluie de
septembre 1969 dans différentes zones de la Tunisie. .................................................... 8
Figure 3 : Comparaison entre la pluie du 21-22-23 et 24 janvier 1990 et la pluie
moyenne mensuelle du janvier........................................................................................ 9
Figure 4 : Comparaison entre la pluie de septembre 2003 et la pluie moyenne
mensuelle de septembre (station Mannoubia) .............................................................. 10
Figure 5 : Comparaison entre la pluie moyenne mensuelle d’octobre et la pluie
d’octobre 2007 .............................................................................................................. 11
Figure 6 : Localisation générale de la zone d’étude ..................................................... 13
Figure 7 : Situation générale de la zone d’étude ........................................................... 14
Figure 8 : Carte des étages bioclimatiques ................................................................... 15
Figure 9 : Réseau hydrographique ................................................................................ 20
Figure 10 : Modèle numérique du terrain (MNT)......................................................... 28
Figure 11 : Carte des pentes (1ièreClassification) ........................................................ 29
Figure 12 : Courbes IDF de la station Tunis-Manoubia ............................................... 45
Figure 13 : Carte des pentes (2ième Classification) ..................................................... 51
Figure 14 : Section 1.99351en amont ........................................................................... 60
Figure 15 : Section 1.75480 zone de transition entre amont et aval ............................. 60
Figure 16 : Section 0.280769 à T= 10 ans .................................................................... 61
Figure 17 : Section 0.491346 à T= 20 ans .................................................................... 61
Figure 18 : Section 0.772115 à T= 50 ans .................................................................... 62
Figure 19 : Section 1.40384 à T= 100 ans .................................................................... 62
Figure 20 : Carte d’érosion ........................................................................................... 69
Figure 21 : Carte des pentes (3ième classification) ...................................................... 74
Figure 22 : Simulation de la ligne d'eau entre la section 0 et la section 1.54423 à l'état
actuel ............................................................................................................................. 75
Figure 23 : Simulation de la ligne d'eau entre la section 0 et la section 1.54423 après
plantation du lac collinaire ............................................................................................ 75
Figure 24 : Carte des aménagements existants ............................................................. 76
Figure 25 : Carte des aménagements proposés ............................................................. 77
Figure 26 : Diagramme des coûts des aménagements .................................................. 81
Liste des photos
Photo 1 : La ville d'Ariana le dimanche 30 octobre 2011 ............................................. 12
Liste des tableaux
Tableau 1 : Historique des inondations en Tunisie ......................................................... 7
Tableau 2 : Températures enregistrées aux stations météorologiques (°C) .................. 16
Tableau 3 : Evaporation moyenne mensuelle et annuelle mesurée en Tunis-Carthage et
Tunis-Mannoubia .......................................................................................................... 16
Tableau 4 : Répartition annuelle des vents ................................................................... 17
Tableau 5 : Répartition mensuelle et annuelle de la pluviométrie ................................ 17
Tableau 6 : Caractéristiques des sous bassins ............................................................... 22
Tableau 7 : Forme des sous-bassins .............................................................................. 22
Tableau 8 : Longueur et largeur des sous bassins ......................................................... 23
Tableau 9 : Les classes du relief ................................................................................... 25
Tableau 10 : Caractéristiques topographiques des sous-bassins................................... 26
Tableau 11 : Classe des pentes...................................................................................... 27
Tableau 12 : Répartition des pentes en % ..................................................................... 27
Tableau 13 : Apport moyen annuel calculé par la formule de Tixeront ....................... 32
Tableau 14 : Apport moyen annuel calculé par la formule de Ghorbel........................ 32
Tableau 15 : Apport moyen annuel calculé par la formule Algérienne ........................ 33
Tableau 16 : Apport moyen annuel calculé par la formule de Turc ............................. 34
Tableau 17 : Apport moyen annuel calculé par la formule de DGRE .......................... 35
Tableau 18 : Apport moyen annuel calculé par la formule de Montmarin ................... 36
Tableau 19 : Apport moyen annuel calculé par la formule de Sammie........................ 36
Tableau 20 : Apports moyens annuels .......................................................................... 37
Tableau 21 : Apports moyens annuels lame ruisselée et coefficient de ruissellement
adoptés pour les sous basin ........................................................................................... 38
Tableau 22 : Apports moyens annuels lame ruisselée et coefficient de ruissellement
moyen adoptés pour la totalité du bassin versant ......................................................... 38
Tableau 23 : RTV en fonction de la période de retour ................................................. 39
Tableau 24 : Apports fréquentiels ................................................................................. 40
Tableau 25 : Temps de concentration donné par différentes formules ......................... 44
Tableau 26 : Temps de concentration adopté pour chaque sous bassin ....................... 44
Tableau 27 : Intensité de pluies pour différentes périodes de retour (mm/h) ............... 45
Tableau 28 : Superficies des différentes occupations ................................................... 46
Tableau 29 : Coefficients de ruissellement pour les différentes périodes de retour ..... 47
Tableau 30 : Coefficient de ruissellement adopté ......................................................... 47
Tableau 31 : Débits fréquentiels calculés pour différentes périodes de retour (m3/s) . 47
Tableau 32 : La répartition mensuelle de la pluviométrie ............................................ 48
Tableau 33 : Coefficient C1 en fonction de la texture du sol ....................................... 49
Tableau 34 : Coefficient C2 en fonction des classes des pentes .................................. 49
Tableau 35 : Coefficient C2 adopté .............................................................................. 50
Tableau 36 : Coefficient C3 en fonction d’occupation du sol ...................................... 52
Tableau : 37 Apports solide .......................................................................................... 52
Tableau 38 : Caractéristiques hydrauliques des ouvrages de franchissement existants 57
Tableau 39 : Répartition des sections de début du débordement en aval pour des
différentes périodes de retour........................................................................................ 61
Tableau 40 : Conditions d’application des types des banquettes ................................. 64
Tableau 41 : Dimensionnement des collecteurs cotés Est et Ouest du RR31 .............. 66
Tableau 42 : Dimensionnement des nouveaux canaux de part et d’autre du RN8 ....... 67
Tableau 43 : Conditions d’application des ouvrages en gabion et des seuils en pierres
sèches ............................................................................................................................ 68
Tableau 44 : Coordonnées des ouvrages en gabion et des suils en pierres sèches ....... 70
Tableau 45 : Dimensionnement des ouvrages de franchissement proposés ................. 72
Tableau 46 : Coordonnées UTM des ouvrages de franchissement ............................... 73
Tableau 47 : Coût des aménagements des versants ...................................................... 79
Tableau 48 : Coût des aménagements des voies d’eau ................................................. 80
Tableau 49 : Coût du projet .......................................................................................... 81
Liste des abréviations

A2 : Autoroute Tunis-Bizerte

BV : Bassin Versant

CES : Conservation des Eaux et des Sols

CNEA : Centre National des Etudes Agricoles

DGRE : Direction Générale des Ressources en Eau

DGF : Direction Générale des Forêts

DG/ACTA : Direction Générale de l'Aménagement et la Conservation des Terres


Agricoles

DT : Dinard Tunisien

FAO : Food and Agriculture Organization of the United Nations

HEC-RAS: Hydrologic Engineering Center's River Analysis System

IDF: Intensité-Durée-Fréquence

MNT : Modèle Numérique du terrain

PNPCI : Projet National de Protection Contre les Inondations

PFE : Projet de Fin d’Etudes

RN : Route Nationale

RR : Route Régionale

UTM: Universal Transverse Mercator Coordinate System


Liste des annexes

Annexe 1 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Sidi Frej

Annexe 2 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Jabbés el Borj

Annexe 3 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued el Aleg

Annexe 4 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Souissi

Annexe 5 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Berrebeh

Annexe 6 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Kef Essakhra

Annexe 7 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Ennahli Essaghir

Annexe 8 : Carte d’occupation du sol

Annexe 9 : Carte pédologique (texture du sol)

Annexe 10 : Carte pédologique (Charge caillouteuse)

Annexe 11 : Classes des pentes des sous bassins (2ième Classification)

Annexe 12 : Vue 3D d’oued El Aleg

Annexe 13 : Vue de dessus d’oued El Aleg

Annexe 14 : Abaque de détermination de la dénivelée spécifique

Annexe 15 : Dimension commercial des dalots


PCI de la zone de Sabbelet Ben Ammar INAT-CNEA

Introduction Générale

Evénements récurrent partout dans le monde, les inondations constituent le risque naturel

majeur le plus répandu sur le globe. Tantôt bénéfiques, tantôt dévastatrices. Ainsi pour

conquérir plus de territoire, l’Homme a depuis longtemps composé avec la nature, soit en

vivant simplement à ses cotés, soit en tenant à domestiquer. Au cours des derniers siècles, les

progrès techniques et scientifiques ont permis de mettre au point des dispositifs d’utilisation

et de protection contre la puissance des eaux, autorisant une colonisation du milieu encore

plus efficiente et effective.

Comme la plupart des pays du globe, la Tunisie n’a pas été épargnée par les inondations,

plusieurs régions de notre pays ont été touchées par cette catastrophe naturelle. En 2003, le

Grand Tunis a payé le plus lourd tribut, et en 2007, la force des eaux pluviales s’est abattue

sur Sabbalet Ben Ammar, emportant des vies humaines, et engendrant de sérieuses pertes

matérielles, en effet, le 13 Octobre 2007, la zone de Sabbelet ben Ammar a reçu une pluie

torrentielle pendant quelques heures, générant une crue brutale qui n'a pas été évacuée

rapidement par le réseau hydrographique aval à cause de sa faible capacité de transit, ce qui a

entrainé la submersion rapide de la route nationale RN8 de Tunis-Bizerte, sur un tronçon

d'environ de 2 km par un flot d'eau de 1 à 3 m de hauteur, la RR31 a surpris les passagers dont

certains ont été emportés avec leur voiture par les eaux de crues.

Les études qui concernent la zone de Sabbelet Ben Ammar s’insèrent dans le cadre du projet

de protection contre les inondations de la région du Grand Tunis, pour atténuer ou réduire les

effets néfastes de ces inondations qui sont parfois brutales, plusieurs études des

aménagements de protection ont été réalisées dans la région telle que l’étude de protection

amont contre les inondations de la zone de Sabbelet Ben Ammar et l’étude de protection

contre les inondation de l’Ariana nord, en effet ces deux études ont montrées que la zone

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 1


PCI de la zone de Sabbelet Ben Ammar INAT-CNEA

d’Ariana est considéré parmi les zones prioritaires à aménager du Grand Tunis puisqu’elle est

caractérisée par une faible pente et une urbanisation anarchique, mais la modélisation réelle

n’a pas été faite car les deux études ont intéressées d’une manière générale aux travaux CES

tandis que la zone doive être protéger par un schéma d’aménagement complet qui comporte

les aménagements des versants et les aménagements des voies d’eau.

C'est dans ce cadre que s'inscrit le thème du Projet de Fin d'Etudes, qui a pour objet,

l'élaboration d’une étude de protection de la zone Sabbelet ben Ammar contre les inondations

entrainées par les crues des oueds drainant cette zone qui fait partie de Gouvernorat Ariana.

Cette étude est organisée en sept volets comme suit :

- Etude bibliographique des crues et des inondations en générale

- Présentation détaillée de la zone d’étude.

- Etude morphologique.

- Etude hydrologique.

- Diagnostic des ouvrages existants et modélisation par HEC-RAS

- Scénarios des aménagements proposés

- Estimation du coût du projet

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 2


PCI de la zone de Sabbelet Ben Ammar INAT-CNEA

Chapitre 1 : Etude bibliographique

1. Introduction :

On parle d'inondation dés lors qu'un écoulement, anormalement gonflé par les fortes
précipitations, atteint une submersion temporaire par l’eau de terres qui ne sont pas
submergées en temps normal et endommage une zone ou un bien à enjeu (zone d'habitat, zone
d'activités …). Dans ce chapitre on va étudier ce phénomène.

2. Définitions :
 Les crues :
De façon plus pragmatique, on admet qu'un cours d’eau est en crue lorsqu'il déborde des
limites de son lit mineur. Il s'agit d'un phénomène naturel périodique qui n'est exceptionnel
que lorsque les débits deviennent considérables par rapport à son module.
On distingue trois types des crues :
- Les crues torrentielles
- Les crues de ruissellement superficiel
- Les crues lentes
 Les inondations :
Une inondation est une submersion plus ou moins rapide d’une zone, avec des hauteurs d’eau
variables. Cette submersion peut se faire lentement ou brutalement et se répéter de manière
régulière ou bien être plus anecdotique. Elle est due à une augmentation du débit d’un cours
d’eau ou à une concentration des ruissellements provoquée par des pluies importantes en
durée ou en intensité.
On distingue trois types des inondations :
- Inondation par ruissellement
- Inondation par débordement direct
- Inondation par débordement indirect
3. Les causes des inondations :
Une meilleure compréhension des causes des inondations peut permettre à la population de
mieux se préparer et peut-être minimiser ou empêcher les dommages causés par les
inondations.

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 3


PCI de la zone de Sabbelet Ben Ammar INAT-CNEA

3.1 Les causes naturelles :

3.1.1 L’abondance des précipitations:

La pluie est la cause fondamentale et primordiale des inondations, en effet les pluies qui
tombent dans une durée de temps limitée peuvent être très impressionnantes et elles dépassent
parfois la moyenne du mois au quel elles surviennent.
Plus précisément on peut distinguer :
- Les averses brutales
- Les averses durables
- Les pluies de type orographique et cyclonique

3.1.2 Morphologie du cours d’eau :

L’écoulement de la crue diffère d’un cours d’eau à un autre, ceci est dû principalement à la
morphologie du tronçon traversé. Les vitesses de propagation des crues varient d’un secteur à
un autre selon les pentes, les rayons, les formes du lit majeur et les aménagements.

3.1.3 Nature du terrain :

La nature de terrain influe directement sur les écoulements d’eau, elle peut soit favoriser le
ruissellement en étant relativement imperméable, soit au contraire, ayant une forte
perméabilité favoriser les infiltrations.

3.1.4 Remontée de la nappe :

La remontée de la nappe phréatique engendre la saturation du sol ce qui empêche


l’infiltration et cause les inondations. En effet, dans les terrains plats les inondations
sont occasionnées par une migration verticale du toit de la nappe phréatique. Cette
migration est l’effet d’une pluviométrie importante.

3.1.5 La végétation :

La végétation existante sur les berges des cours d’eau non entretenue, avec de nombreux
arbres déracinés peut jouer le rôle de barrières qui empêchent et ralentissent la circulation de
l’écoulement et par suite provoquer des inondations en amont.

3.2 Causes anthropiques :

3.2.1 L’urbanisation :

Les inondations constituent le premier risque majeur sur le territoire mondial. La réalisation
des bâtiments et d’infrastructures causent en générale l’imperméabilisation des sols ce qui

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entraîne l’augmentation des coefficients de ruissellement et la réduction de temps de


concentration et par conséquence l’accélération du ruissellement et l’augmentation des débits
reçues en aval.

3.2.2 La modification de l’occupation des sols :

Toute modification de l’occupation du sol empêche le laminage des crues et la pénétration des
eaux ce qui favorise une accumulation des eaux et une augmentation de la vitesse de
l’écoulement.

3.2.3 Déforestation :

Le couvert forestier intercepte une partie de la pluie et supprime l’impact de la pluie sur le sol
et par suite elle diminue fortement le ruissellement. Donc la forêt joue un rôle retardateur de
crue. D’où le déboisement influe directement sur le phénomène des inondations.

4. Les conséquences des inondations :


Si l'inondation concerne des zones habitées, il se transforme rapidement en risque et entraîne
des conséquences plus ou moins grave sur les populations, leurs biens et l’environnement.

4.1 Les dégâts matériels :

Les inondations peuvent être très dévastatrices, en effet suite à une inondation :
- Les habitations, les immeubles, les ponts, sont très souvent dégradés.
- Les appareils électriques de la maison sont trempés et se retrouvent hors circuit
- L’accès à l’eau potable devient très difficile.
- Les petits commerces et agriculteurs sont très touchés.

4.2 Les dégâts humains :

Au moment de l’inondation, beaucoup de personnes périssent noyées ou sont frappées par des
décombres emportés par le courant. D’autres nombreuses personnes disparaissent sous les
eaux d’autre sont blessées.

4.3 Dégradation des terres agricoles :

À cause de la perte considérable du sol qui est transporté par les eaux qui ont débordé. Ces
eaux chargées vont se décanter lorsque la vitesse de l’écoulement le permet, ce qui aboutit à
une modification au niveau des lits des Oueds.

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4.4 Transformation de paysage :

Les pluies torrentielles engendrent une accélération de l’érosion hydrique ainsi une
transformation du paysage qui se traduit par :
- La formation de nouveaux oueds.
- Pertes de terres arables qui sont déposées au niveau de retenues des barrages provoquant
ainsi leur envasement.
- Accumulation de dépôts solides dans les plaines suite à l’épandage des eaux de crues.
5. Moyens de protection contre les inondations :

La protection contre les inondations s'articule autours de trois volets :

5.1 Protection éloignée :

Consiste à réaliser les grands barrages, les aménagements de CES (banquettes manuelles,
banquettes mécaniques, cordons en pierres sèches, techniques douces, seuils en pierres
sèches, ouvrages en gabions), les barrages et les lacs collinaires pour maîtriser les
écoulements des eaux de ruissellement en vue de protéger les villes, les agglomérations et les
terres agricoles et stocker ces eaux afin de rationaliser leur utilisation aussi bien pour
l’irrigation que pour la consommation domestique (Mbaye E et al., 2009).

5.2 Protection rapprochée :

Comprend les travaux de déviation des oueds et cours d'eau en dehors des villes et des
agglomérations, l'aménagement des oueds et cours d'eau traversant les villes et les
agglomérations et la réalisation des bassins d'écrêtement à l'amont des zones urbaines (Mbaye
E et al., 2009).

5.3 Assainissement des eaux pluviales :

Consiste à réaliser des réseaux d'assainissement composés de collecteurs primaires et


secondaires assurant le drainage des eaux pluviales issues des bassins versants urbains
(Mbaye E et al., 2009).

6. Historique des inondations en Tunisie:

Comme la plupart des pays du globe, la Tunisie n’a pas été épargnée par les inondations,
plusieurs régions de notre pays ont été touchées par cette catastrophe naturelle comme le
montre le tableau 1.

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Tableau 1 : Historique des inondations en Tunisie

Année Région
1969 Centre et Sud

1973 Centre et Sud

1982 Sfax

1989 Golf de Tunis

2000 Jendouba et Bou Salem

2003 Nord, Grand Tunis


2007 Sabbalet ben Ammar
2009 Rdeyef Gafsa

(Slimani, 2010)
6.1 Inondation en 1969 :

Toutes les régions de Tunisie ont subies des dégâts, les régions les plus touchées sont : La
région de Kairouan (elle a reçue la pluie au de habituelle de 4 ans en 36 jours), Sousse, Sfax,
Gafsa, puis le Kef et Kasserine. Les oueds ont monté de 11 mètres au dessus de la normale et
des villages sont disparus, notons que le débit max enregistré dans l’oued Zeroud été de
18000 m3/s .
32 ponts principaux ont été détruis et la carte de la Tunisie a été changée par la création de
nouveaux oueds. La force de l’eau torrentielle a arraché des blocs de béton encré de 100
tonnes. L’infrastructure de l’irrigation estimé à un coût de 7 millions de dollars a été dévastée
en 6 heures 542 personnes ont perdues la vie, 303974 personnes se sont trouvés sans logés,
70504 maisons détruites. Les récoltes agricoles, les routes, les chemins de fer et les ponts été
endommagés. Le total des dommages est estimé à 100 millions de dollars dont 10% dans le
domaine agricole, 200Km de routes ont été détruits et gravement endommagés. 18000m3
débit de pointe de Zeroud ; 4 milliards de m3 sont écoulés vers la mer ….. (Pias J et
Stuckmann G, 1970)

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Figure 1 : Isohyètes de septembre 1969 (Pias J et Stuckmann G, 1970)

Pluie moyenne mensuelle de Septembre (mm) Pluie de Septembre 1969 (mm)

135
130.3
106.5
49.1 98.7
49.9
34.2 38.2
36.7 41.4

14.2
13.5
Tunis
Beja
Kairouan
Sousse
Gabès
Gafsa

Figure 2 : comparaison entre la pluie moyenne mensuelle de septembre et la pluie de


septembre 1969 dans différentes zones de la Tunisie.

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6.2 Inondation en 1989 :

Une forte averse s’est abattue sur le golf de Tunis à l’après midi du mardi 11 Avril 1989.
Cette averse a débuté vers 13h et s’est poursuivie jusqu'à 21h avec une accalmie entre 18 :30
et 19 :15. Le corps principale de l’averse se situe entre 15h et 17 :45 et représente 75% de
l’averse totale, les intensités des pluies enregistrées sont comprises entre 45mm/h sur la
périphérie de la région et une centaine de mm dans la zone de Menzeh6. Les intensités max
en 2 heures sont par contre très élevées et ont atteint un niveau de l’épicentre des valeurs
exceptionnelles de 40mm/h ce qui correspond à une récurrence >100 ans Pour L’ensemble de
l’averse on peut estimer cette intensité raisonnablement entre 15 et 20 mm/h ce qui représente
une intensité de récurrence de 30 années environ. Les coefficients de ruissellement ont
certainement atteint de fortes valeurs en raison de la forte urbanisation, en plusieurs endroits,
ils ont à coup sur frôlé les 100%, même pour la partie non urbanisée en raison de leurs reliefs
pentus et de la force des précipitations. Toutes ces conditions ont été à l’origine des forts
écoulements et des inondations qui se sont produites sur cette région (Slimani, 2010).

6.3 Inondation en 1990 :

Les pluies, pendant les quatre jours (21, 22, 23 et 24 Janvier 1990), ont dépassé la normale du
mois de Janvier de 26 fois à Chaal (365mm), 16 fois à Maknassy (308 mm), 18 fois à Gafsa,
13 fois à Tozeur... etc.
Ces inondations ont causé la mort de 24 personnes et la disparition de 32, l'effondrement total
ou partiel de 39000 logements, la disparition de 14000 ovins et la fermeture à la circulation de
28 routes à grande et à moyenne circulation. Le bilan des pertes des terres agricoles, des
arbres, ... est encore plus lourd (Guillaud Ch et Trabelsi M, 1991).

P moyennes mensuelles du janvier (mm) Pluie du 21-22-23 et 24 janvier 1990 (mm)

308 365 352.1


160.8
134.1
18.1 127.3
18.7
14
14
10
19
Sidi Bouzid
Maknassy Chaal
Gafsa
Tozeur
Gabès

Figure 3 : Comparaison entre la pluie du 21-22-23 et 24 janvier 1990 et la pluie moyenne


mensuelle du janvier

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6.4 Inondation en 2003 :

Des pluies torrentielles ont frappé quatre gouvernorats de la Tunisie, en particulier ceux du
Grand-Tunis, de Zaghouan et de Nabeul ainsi que plusieurs zones du littoral, causant la mort
de pas moins de quatre personnes et laissant plus de 2500 sans abri.
En septembre 2003, la ville a connu un cumul de précipitations de 186 mm en 24h,
alors que la moyenne annuelle se situe autour de 456 mm/an. Lors de la canicule de 2003, la
ville a subi une période de 59 jours avec des températures maximales supérieures à 35°C. Cet
évènement a été estimé de fréquence centennale. Pour cette crue, des hauteurs d’eau dépassant
1m ont été observées dans différents secteurs, notamment dans le bassin des Oueds Bardo et
Gueriana (cités 3 août et Enichirah de la ville de Den Den, cité Manouba), dans le bassin de
l’Ariana (cité Essanouber au sud-est de Gammarth) et dans la zone de Mégrine (Lac Sud).
Des hauteurs d’eau de l’ordre de 50cm ont été observées en de nombreux autres secteurs. La
surface inondée totale a été estimée à plus de 4 500 hectares. (Slimani, 2010).
Cette inondation est caractérisée par trois épisodes pluvieux différents :
- Episode des jours 16 et 17 septembre.
- Episode du 24 septembre.
- Episode des jours 11 et 12 décombre 2003.

Moyenne mensuelle de Septembre (mm) Septembre 2003 (mm)

447.7

357.5
281.2
213.32

39
39.2
29
37
Ariana ville
Tunis ville
Ben Arous
Mannouba ville

Figure 4 : Comparaison entre la pluie de septembre 2003 et la pluie moyenne mensuelle


de septembre (station Mannoubia)

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6.5 Inondation en 2007 :

En Octobre 2007, des fortes pluies ont provoqué d'importants dégâts et de lourdes pertes
humaines. On dénombre au moins 18 morts. Parmi les disparus, la majorité se trouvaient à
Sabbalet Ben Ammar, au nord-ouest de la capitale, et furent emportés parles eaux des oueds
en crue au volant de leurs véhicules sur la nationale RN8 reliant Tunis à Bizerte. Les
précipitations, dépassant par endroits les 174 mm comme à La Goulette, ont également
entraîné l'interruption de la circulation à Tunis et sur plusieurs routes. La plupart des quartiers
de la médina de Tunis ainsi que plusieurs rues de la capitale ont par ailleurs été inondés.
D’après l’étude de la Direction Générale des Ressources en Eau (DGRE), les quantités
pluviométriques mensuelles enregistrées jusqu’au 13 octobre 2007 ont été largement
excédentaires, elles ont même dépassé 250% de la moyenne à la station de Tunis Mannouba
et plus de 200% aux stations de Djebel ElNahli et Raoued Bourj Touil. Il ya lieu de remarquer
que la moyenne de l’épisode pluvieux sur la zone d’étude est de 83mm pendant une durée de
70mn soit une intensité moyenne de 71mm/h (Slimani, 2010).

Pluie moyenne mensuelle d’Octobre (mm) Pluie d’Octobre 2007 (mm)

138
92
88.6 98 97.6
55.2 72.3
53.8 56.23
47.4
43.7 48.12

Tunis
Tunis
Carthage Ariana
Mannoubia Mannouba
Djebel ElNahli
Raoued Borj
Touil

Figure 5 : Comparaison entre la pluie moyenne mensuelle d’octobre et la pluie d’octobre


2007

6.6 Inondation en 2011 :

Une grosse pluviométrie et des millions de m3 d’eau se sont déversés sur la Tunisie du Nord
au Sud durant les 24h du dimanche 30 octobre jusqu'au lundi 31 octobre 2011. Les effets de
cette inondation sont assez considérables : des infrastructures submergées; des maisons
inondées; des pannes de courant électrique; des routes coupées; la circulation paralysée; des
chaussées dégradées; interruption du trafic ferroviaire ; des tonnes de coulées de boue.

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Les quantités de pluie enregistrées en millimètre ont été importantes et ont touché tous les
gouvernorats : Tunis de 13 à 115mm, l'Ariana de 63 à 95, Ben Arous de 46 à 120, Manouba
de 65 à 90, Zaghouan de 54 à 180, Nabeul de 7 à 156 ; Bizerte de 32 à 106, Jendouba de 4 à
57, Béja de 13 à 64, Siliana de 3 à 95, Kairouan de 4 à 45, Sousse de 2 à 130 et Monastir de 2
à 23mm. ([1]).

Photo 1 : La ville d'Ariana le dimanche 30 octobre 2011 (Ghaith J, 2011) [2]

6.7 Inondation 2012 :

La Tunisie connait en février 2012 des inondations dans différentes régions, les plus intenses
sont sur les régions de Mateur (gouvernorat de Bizerte, nord) et Bou Salem (gouvernorat de
Jendouba, nord-ouest) suite à deux jours mercredi 22 et jeudi 23 février 2012 de fortes pluies
en continue, 14 barrages ont atteint déjà leurs capacités maximales, des routes ont été coupées
et une catastrophe que ces régions n’ont pas eu depuis des décennies ce qui peut rendre la
situation générale en Tunisie encore plus grave. Suite aux inondations survenues jeudi dans
plusieurs zones de la région de Jendouba, un homme est décédé noyé à Bou Salem où les eaux
ont atteint les 2 mètres et plus, cet homme est le cinquième mort enregistré depuis le début
des inondations, mercredi soir, sans compter les disparus ([3]).

7. Conclusion :

Plusieurs facteurs contribuent à la formation des crues d’où le risque d’une ville d’être
inondée est toujours présent en cas de fortes averses.
Nous avons présenté dans ce chapitre les causes de l’inondation dans le but de les limiter, les
types des inondations pour les classer et en savoir la différence, les conséquences pour en
apprécier la gravité, l’historique pour en tirer les références ainsi que les différents moyens de
lutte afin de les réaliser les sujets des chapitres suivants.

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Chapitre 2 : Présentation de la zone d’étude

1. Localisation :

Figure 6 : Localisation générale de la zone d’étude

La zone d’étude se trouve dans le gouvernorat d’Ariana plus précisément sur le versant Sud-
ouest de Djebel ElNahli et le versant Nord-est de Djebel Ben Ammar et elle est située entre
Mnihla et Sabbelet Ben Ammar. Cette zone est située à 11 km au Nord-Ouest de Tunis, à 7
km au Nord-Ouest de Ariana ville, à 4 km au Nord de Mnihla et à 8 km à l'Est de Sidi Thebet.
L’oued Sabbelet Ben Ammar présente une longueur de 6,6 Km, il compte huit affluents. Il
draine un bassin versant d’environ 20 Km2 et d’un périmètre de 22 km ayant un point
culminant qui se trouve à une altitude de 322 m, Ces oueds qui se perdent au niveau de la
route nationale RN8 de Bizerte, ont pour exutoire le canal d'assainissement de la plaine de
Borj Ettouil qui se déverse dans la mer du coté de Raoued, cet exutoire se trouve à une
altitude de 15 m.
La zone d’étude est cadrée par les coordonnées UTM, zone 32, origine Carthage suivantes :
 Latitude (X) : entre 594 789.63 et 602840.35
 Longitude (Y) : entre 4 079700.67 et 4 086 582.27

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Figure 7 : Situation générale de la zone d’étude

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2. Délimitation :

La zone d'étude couvre une superficie totale de 1976 ha, et elle est constituée par les sous-
bassins des oueds, qui sont situées de part et d'autre de la route régionale RR31.
Ainsi la zone d'étude de Sabbelet Ben Ammar est délimitée :
 Au Nord par l'autoroute A2 de Bizerte et par Sabbelet el Khaîat.
 A l'Est par la ville d’Ariana.
 A l'Ouest par la ville de Sidi Thebet.
 Au Sud par la ville de Mnihla et ses extensions Nord.

3. Climat :

D'après la carte des étages bioclimatiques du gouvernorat de l'Ariana, élaborée dans le cadre
de la carte agricole, la zone d'étude appartient au Semi-aride supérieur à hiver doux.
Par ailleurs, d'après le coefficient d'Emberger (Q = 67,05), la zone d'étude se classe dans
l'étage bioclimatique du semi-aride supérieur. Ce coefficient est donné par la relation
suivante:
Q = 2000 P / Tmax2 - Tmin2 (Farhat H et al., 2007)

La collecte des données climatiques a été élaborée à partir des résultats des observations
effectuées par les stations climatologiques les plus proches de la zone d’étude et disposant de
longues périodes d’observation qui sont celles de Tunis-Carthage, de Tunis-Manoubia.

Figure 8 : Carte des étages bioclimatiques (INRF, 1976) [4]

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 15


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4. Température :

Dans le tableau suivant, on présente les températures moyennes, à l’échelle mensuelle au


niveau des deux stations climatologiques de Tunis-Carthage et de Tunis-Manoubia, qui sont
les plus proches de la zone d’étude :

Tableau 2 : Températures enregistrées aux stations météorologiques (°C)

Moyenne
Station S O N D J F M Av M J Jt At
annuelle
Tmoy (Tunis
25,4 21,8 16,7 13,2 11,8 12,4 14,2 16,4 20,4 24,5 27,3 28,3 19.36
Carthage)
Tmoy (Tunis
24,6 20,1 15,3 11,3 10,4 11,4 13,2 15,6 19,0 23,3 26,1 26,5 18.06
Mannoubia)
Avec : (INM, 2006)

Tmoy : température moyenne mensuelle (°C)

L’analyse des valeurs du tableau 2 montre que les températures moyennes les plus basses sont
enregistrées durant le mois du Janvier tandis que les températures moyennes les plus hautes
sont enregistrées durant le mois d’Août, et que la température moyenne annuelle enregistrée
dans la station de Mannoubia est inférieur à celle enregistrée dans la station Tunis-Carthage.

5. Evaporation :

Dans le tableau 3, nous donnons l'évaporation moyenne mensuelle et annuelle mesurée par
l'évaporateur Piche à la station de Tunis-Manoubia et Tunis-Carthage :

Tableau 3 : Evaporation moyenne mensuelle et annuelle mesurée en Tunis-Carthage et


Tunis-Mannoubia

Moyenne
Station S O N D J F M Av M J Jt At
annuelle
Tunis
143 126 90 71 68 78 114 126 164 213 240 194 1632
Carthage
Tunis
150 90 81 62 71 73 90 105 142 117 198 189 1368
Mannoubia
(INM, 2006)

L’analyse de ce tableau montre qu’un total d’évaporation annuelle à Tunis Carthage est de
l’ordre de 1632 mm et celle du Tunis Mannoubia est de l’ordre de 1368 ce qui confirme les
données de température.

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6. Vent :

Dans le tableau 4, on donne la répartition mensuelle des vents les plus fréquents enregistrés
dans la station de Tunis-Manoubia, tout en donnant leur direction.

Tableau 4 : Répartition annuelle des vents

Type de
S O N D J F M Av M J Jt At
Vent
Vent le plus
ESE NW NW NW SW NW NW SE WE NWE NE ESE
fréquent
Vent le plus
NW NW WNW NNW WSW WNW NW NW S NW NW NNW
fort
(INM, 2006)

7. Pluviométrie :

Tableau 5 : Répartition mensuelle et annuelle de la pluviométrie

Tunis- Tunis- Répartition


Cherfech Mnihla
Station Manoubia Carthage saisonnière en
mm % mm % mm % mm % (%)

S 37,7 8% 44,9 9,5 % 49.5 11.43% 49,7 10,5 %

O 61,7 13,1 % 62,7 13,3 % 37.5 8.66% 40,7 8,6 % 33%

N 60,1 12,7 % 60,7 12,9 % 49.5 11.43% 58,1 12,3 %

D 60,3 12,8 % 67,2 14,2 % 49.8 11.5% 76,7 16,2 %

J 63,5 13,5 % 65,4 13,9 % 67.9 15.68% 73,4 15,6 % 40 %

F 52,5 11,1 % 52,7 11,2 % 62.8 14.5% 55,9 11,8 %

M 45,5 9,6 % 43,8 9,3 % 23.5 5.42% 36,1 7,6 %

Av 42,7 9% 42,4 9% 37.0 8.54% 39,8 8,4 % 22%

M 24,5 5,2 % 23,9 5,1 % 28.7 6.62% 23,8 5%

J 11,2 2,4 % 14 3% 8.4 1.94% 12,2 2,6 %

Jt 3,4 0,7 % 3 0,6 % 4.1 0.94% 5,2 1,1 % 5%

At 7,5 1,6 % 8 1,7 % 14.2 3.28% 6,0 1,3 %

Total 471 100 % 489 100% 432.9 100% 478 100 % 100%

(INM, 2006)

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La lecture du tableau 5 montre que les précipitations sont caractérisées par une irrégularité
aussi bien intra-annuelle qu’interannuel. La pluviométrie annuelle est de 471mm pour la
station de Tunis Manoubia, 489mm pour la station de Tunis-Carthage 432mm pour la station
Cherfech et finalement 478mm pour la station Mnihla.
La répartition mensuelle de la pluviométrie au niveau des 4 stations est assez proche ce qui
nous a conduit à adopter la moyenne des 4 stations pour la zone d’étude, de ce fait on peut
dire que la pluviométrie annuelle se situe aux alentours de 467 mm.
La répartition intra-annuelle des pluies est irrégulière, l’hiver pluvieux constitue une
caractéristique commune pour toutes les stations.

8. Réseau hydrographique :

Le diagnostic du réseau hydrographique de la zone d’étude consiste à étudier le


fonctionnement hydraulique des oueds et leurs caractéristiques. A l’aide du logiciel ArcView
GIS 3.2, on a digitalisé le réseau hydrographique sur la carte topographique 1/25000 et les
images satellites de Google Earth du gouvernorat d’Ariana. L’objectif est de bien concevoir
le fonctionnement du réseau hydrographique de la zone d’étude.
Le réseau hydrographique est constitué par les principaux oueds suivants :

Oued Sidi Frej :

Oued Sidi Frej draine un sous-bassin assez allongé de 363 ha, caractérisé par un relief
accidenté avec des pentes fortes à très fortes, en effet cet oued reçoit quelques affluents de
variable importance, prend départ au niveau de Djebel Sidi Bou Dhrioua et draine la partie
Nord-Est de la zone d'étude.

Oued Jabbés el Borj :

Oued Jabbés el Borj draine un sous-bassin allongé de 141 ha, caractérisé par un relief
accidenté avec des faibles pentes cet oued est situé au Nord de la zone d'étude et prend départ
de la colline Jabbés el Borj.
Oued el Aleg :

Oued el Aleg appelé aussi oued Sabbelet Ben Ammar draine un sous-bassin allongé de 191
ha, caractérisé par un relief accidenté avec des pentes moyennes à fortes, cet oued est situé au
Nord de la zone d'étude et prend départ du djebel Baten el Aleg, les écoulements de cet oued
se déversent près de l’intersection entre la route RN8 et l’autoroute Tunis-Bizerte.

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 18


PCI de la zone de Sabbelet Ben Ammar INAT-CNEA

Oued Souissi:

Oued Souissi draine un sous-bassin assez allongé de 163 ha, caractérisé par un relief
accidenté avec des fortes pentes, en effet cet oued qui reçoit quelques affluents de faible
importance, prend départ au niveau de zone forestière d'El Koudia El Alia et draine la partie
centrale de la zone d'étude.

Oued Berrebeh et oued Bouhjila:

Oued Berrebeh (appelé localement oued Ettabel) et oued Bouhjila drainent tous les deux un
sous-bassin relativement ramassé de 303 ha, caractérisé par un relief peu accidenté avec des
pentes faibles à moyennes, ces deux oueds drainent la partie Sud située à l'Ouest de la route
RR31. Oued Berrebeh prend son départ au niveau d'une zone montagneuse en forte pente
occupée de parcours dite Essanhaji et oued Bouhjila qui draine la partie Est du sous-bassin
passe par la zone urbaine Douar Essanhaji juste à côté de la route RR31.

Oued Kef Essakhra:

Oued Kef Essakhra draine un sous-bassin assez allongé de 259 ha, caractérisé par un relief
peu accidenté avec des pentes faibles, il draine la partie Sud située à l'Est de la route RN31,
cet oued reçoit quelques affluents de faible importance et prend son départ au niveau des
collines de Rouss El Haraieg.

Oued Ennahli Essaghir:

Oued Ennahli Essaghir draine un sous-bassin ramassé de 556 ha, caractérisé par un relief peu
accidenté avec des pentes faibles à moyennes et situé au Sud-Est de la zone d'étude, il prend
départ du djebel Ayari.

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Figure 9 : Réseau hydrographique

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 20


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Chapitre3 : Etude morphologique de la zone d’étude

1. Introduction :

L’aspect morphologique est capital pour une spécification optimale de la zone à étudier, il
influe énormément la réponse hydrologique des bassins versants.
La synthèse de la morphologie, la nature du sol et le couvert végétal mène à construire une
idée qualitative sur leur mode d’action sur l’évolution des pluies en écoulements à l’échelle
du bassin versant.
Cette étude va permettre de déceler les interactions de cheminements hydrologiques avec les
composantes du bassin versant.

2. Découpage en sous bassins :

La région étudiée est entourée par des montages de topographie faible à moyenne (Djebel
Baten El Aleg, El Koudia El Alia, Djebel Ammar, Djebel Ennahli). Les reliefs faibles et
moyens qui dominent l’amont de cette zone donnent lieu à une multitude de petits cours d’eau
de superficie réduite. Cette région se distingue par un réseau hydrographique très dense. De
nombreux oueds ou ravins qui descendent des reliefs environnants, du sud au nord, pour
s’épandre et s’écouler à travers Sabbelet Ben Ammar.
L’oued principal est l’oued Aleg appelé aussi oued Sabbelet Ben Ammar alimenté par
plusieurs affluents, mais son cours se perd par endroit retardant l’évacuation à temps des eaux
de tous les affluents. Ces conditions imposent donc une intervention spécifique pour chaque
affluent.
Donc, dans le but d’une analyse détaillée et d’une étude d’aménagement ciblée, on a
subdivisé le grand bassin versant de Sabbelet Ben Ammar en 7 sous bassins versants.
En se basant sur le logiciel ArcView 3.2 on a pu déterminer les surfaces des sous bassin
versant et leurs périmètres, ainsi en se basant sur la carte topographique de l’Ariana 1/250000
on a pu déterminer les hauteurs caractéristiques (Hmin et Hmax) de ces sous bassins versant.
Les résultats sont regroupés dans le tableau 6.

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Tableau 6 : Caractéristiques des sous bassins

Sous BV Superficie (ha) Périmètre (Km) Hmax (m) Hmin (m)


Oued Sidi Frej 363 12.55 322 20
Jabbés El Borj 141 6.13 170 20
El Aleg 191 6.76 212 30
Souissi 163 7.57 293 45
Berrebeh 303 7.77 275 50
Kef Essakhra 259 8.48 236 65
Ennahli Essaghir 556 14.77 236 15

3. Forme :

L’indice de compacité de Gravelius Cg ou encore indice de forme renseigne sur la forme du


bassin versant. Il est défini comme étant le rapport du périmètre du bassin versant et celui
d’un cercle de même superficie.
Cet indice est calculé par la formule suivante :

Cg (Dubreuil. P et Guis cafre. J, 1971)

Avec
- S : superficie du bassin versant (km2).
- P : périmètre du bassin versant (km).
Plus Cg est supérieur à 1, plus le sous-bassin est allongé et est plus proche de 1,12 plus la
forme du sous-bassin est quasi circulaire et plus le temps de concentration est court.

Tableau 7 : Forme des sous-bassins

Sous BV Superficie (Km2) Périmètre (Km) Cg Forme


Oued Sidi Frej 3.63 12.55 1.85 Très allongée
Jabbés El Borj 1.41 6.13 1.45 Allongée
El Aleg 1.91 6.76 1.37 Allongée
Souissi 1.63 7.57 1.67 Très allongée
Berrebeh 3.03 7.77 1.25 Allongée
Kef Essakhra 2.59 8.48 1.48 Allongée
Ennahli Essaghir 5.56 14.77 1.76 Très allongée

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4. Rectangle équivalent :

I1 s'agit d'une transformation purement géométrique dans laquelle le contour du bassin


devient un rectangle de même périmètre et les courbes de niveaux deviennent des droites
parallèles aux petits côtés du rectangle. Cette notion vise à faciliter la comparaison des
bassins versants entre eux en supposant que l'écoulement sur un bassin donné est
approximativement le même que sur un rectangle de même superficie, ayant même coefficient
de Gravelius et même répartition hypsométrique.

(Dubreuil. P et Guis cafre. J, 1971)

(Dubreuil. P et Guis cafre. J, 1971)

Avec :
- S: superficie du bassin versant (km2).
- Cg: indice de compacité.
- L : Longueur (Km)
- l : Largeur (Km)

Tableau 8 : Longueur et largeur des sous bassins

Sous BV longueur (Km) largeur (Km)

Oued Sidi Frej 5.65 0.64

Jabbés El Borj 2.51 0.55

El Aleg 2.66 0.71

Souissi 3.31 0.49

Berrebeh 2.8 1.08

Kef Essakhra 3.51 0.73

Ennahli Essaghir 6.56 0.84

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5. Relief:

Les reliefs sont indiqués par les courbes de niveau joignant les points d’égale altitude, ils sont
définis par la courbe hypsométrique qui traduit la variation de la cumulée de surface en
fonction de l’altitude dans un bassin versant divisé suivant les courbes de niveau.
5.1 Hypsométrie :

La planimétrie des surfaces délimitées par ces courbes de niveau est effectuée à l’aide du
logiciel ArcView 3.2 qui permet le calcul de la superficie en se basant sur la carte
topographique 1/25000 de l’Ariana.

(Les courbes hypsométriques annexe1 jusqu’au annexe 7).

5.2 Les altitudes caractéristiques :

Les altitudes caractéristiques sont déterminées à partir de la courbe hypsométrique.


- Hmax est l’altitude maximale qui correspond au point le plus haut dans le sous-bassin.
- Hmin est l’altitude minimale qui correspond au point le plus bas dans le sous-bassin.
(Exutoire).
- H5% est l’altitude limitant les 5% de la superficie du sous-bassin les plus élevées.
- H95% est l’altitude limitant les 5% de la superficie du sous-bassin les plus bas.
- H50% est l’altitude médiane qui correspond à la côte limitant les 50% de la superficie
du sous-bassin.

5.3 Les indices de pente :

La classification du relief du bassin versant passe par le calcul de ces indices et leur
détermination permet de prévoir la réponse hydrologique du cours d’eau.

5.3.1 Pente moyenne :

La pente moyenne du sous-bassin peut être calculée en utilisant la formule suivante :

(m/Km) (Cherif, 2009)

Avec :
Hmax et Hmin : Les altitudes maximale et minimale (m).
S : La surface totale du sous-bassin (Km2).

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5.3.2 Indice global de pente :


L’indice global de la pente peut être calculé à partir de la formule suivante :

(Dubreuil. P et Guis cafre. J, 1971)

Avec :

Ig : Indice global de pente (m/km).

H5% : Altitude qui représente 5% de la surface totale (m).

H95% : Altitude qui représente 95% de la surface totale (m).

L : Longueur de rectangle équivalent (Km).

D : La dénivelée totale (m).

5.3.3 Dénivelée spécifique ou dénivelée réduite :

La dénivelée spécifique est définie comme étant le produit de l’indice global de pente par la
racine carrée da la superficie.
Elle est donnée par la relation suivante :

(m) (Dubreuil. P et Guis cafre. J, 1971)

Le fait que Ds ne soit fonction que de D (dénivelée totale) et de Cg (indice de compacité de


Gravelius), nous affranchissons des calculs intermédiaires et cela nous a permis en outre de
déterminer cette dénivelée à travers un abaque’ à points alignés assez simple (Annexe 14).

Suivant la valeur de Ds on peut déterminer la classe du relief du sous-bassin.

Tableau 9 : Les classes du relief


Ds (m) Classe du relief
<10 Très faible
10-25 Faible
25-50 Assez faible
50-100 Modéré
100-250 Assez fort
250-500 Fort
>500 Très fort

(Dubreuil. P et Guis cafre. J, 1971)

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Tableau 10 : Caractéristiques topographiques des sous-bassins

Hmax Hmin Pente H50% H95% D Ig Surface Classe De


SBV H5% (m) Ds (m)
(m) (m) (%) (m) (m) (m) (m/Km) (km2) relief

Oued Sidi Frej 322 20 15.84 250 125 30 220 38.94 3.63 74.19 Modéré

Assez
Jabbés El Borj 170 20 12.62 120 55 25 95 37.85 1.41 44.94
faible

El Aleg 212 30 13.16 162 72 32 130 48.87 1.91 67.53 Modéré

Oued Souissi 293 45 19.41 251 125 51 200 60.42 1.63 77.13 Modéré

Oued Berrebeh 275 50 12.91 193 108 60 133 47.5 3.03 82.68 Modéré

Oued Kef
236 65 10.62 194 134 77 117 33.33 2.59 53.63 Modéré
Essakhra

Oued Ennahli
236 15 9.36 174 92 30 144 21.95 5.56 51.75 Modéré
Essaghir

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6. Modèle numérique du terrain (MNT):

En se basant sur la carte topographique de l’Ariana Sud-Est 1/25000 on pu numériser les


courbes de niveau qui concernent notre zone d’étude. La vectorisation (numérisation) de ces
courbes de niveau contribue à l’élaboration du modèle numérique de terrain. Il s’agit d’une
représentation numérique de la topographie existante.
Pour y arriver on a utilisé le logiciel ArcView en premier lieu pour numériser les courbes de
niveau et le logiciel ArcGIS en deuxième lieu pour qu’on puisse élaborer le modèle
numérique du terrain (figure 10) en utilisant l’extension 3D Analyst à partir de shapefile mis
par l’ArcView.
Cette caractérisation du relief permet une meilleure gestion du territoire et des propriétés
géomorphologiques.
A partir du modèle numérique du terrain le logiciel ArcGIS permet l’établissement de la carte
des pentes (figure 11) qui donne la répartition spatiale de la pente du terrain en utilisant la
commande surface Analysis slope.
En adoptant les classes de pentes citées par le tableau 11.

Tableau 11 : Classe des pentes

Pente (%) Classe des pentes


0-5 Pente faible
5-15 Pente moyenne
15-35 Pente assez forte
>35 Pente forte

(Bachaoui B et al., 2006)

Le tableau 12 récapitule la répartition des pentes sur l’ensemble du bassin versant :

Tableau 12 : Répartition des pentes en %

Classe des pentes 0-5% 5-15% 15-35% >35% Total


Surface (ha) 650 696 436 194 1976
% de superficie 32.9% 35,22% 22.06% 9,82% 100%

D’après les deux tableaux 11 et 12 on conclure que la majorité de la surface du bassin versant
possède une pente faible à moyenne (68,12% de la superficie totale), Ce constat fortifie les
résultats des calculs de la dénivelée spécifique.

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Figure 10 : Modèle numérique du terrain (MNT)

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Figure 11 : Carte des pentes (1ièreClassification)

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7. Conclusion :

Les résultats des calculs de l’indice global de pente et de la dénivelée spécifique sont en
concordance avec l’analyse de la carte des pentes et la carte hypsométrique
Ce premier palier d’étude s’avère fondamental pour le traitement des autres étapes
Un caractère torrentiel des averses, un relief modéré, un réseau hydrographique dense pourvu
des aménagements à sa partie aval font de la zone une zone à risque d’inondation.

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Chapitre 4 : Etude hydrologique de la zone d’étude

1. Estimation des apports liquides :

Dans le cas de la zone Sabbelet Ben Ammar, par manque des mesures hydrométriques, on est
amené à utiliser les formules empiriques. On procède à des transformations des données
pluviométriques en ruissellement tout en respectant les limites de certaines formules.

1.1 Apports annuels:

Par définition les apports annuels sont l’ensemble des écoulements superficiels passant par
l'exutoire d'un bassin versant durant une année, ils peuvent être appréciés :
En volume annuel (V), exprimé en m3.
En débit moyen annuel (Q), défini en m3/s, égale au volume (V) divisé par le nombre
de secondes dans l'année.
En lame d'eau ruisselée annuelle (Lr) exprimée en mm, correspondant à la hauteur
d'eau fictive qu'atteindrait le volume écoulé (V) s'il était uniformément réparti sur une
surface horizontale de superficie (S) égale à celle du bassin versant.
Ces différentes grandeurs sont liées par la relation :

Amoy = V (m3) = 31, 54. 106. Q (m3/s) = 103. Lr (mm). S (Km2)


(Bulletin FAO, 1996)
1.1.1 Formule empiriques utilisées :
 Formule de Tixeront :

Cette formule n’est valable que pour les régions où les pluies sont inférieures à 600 mm.

(Ghorbel A, 1991)

Avec:
- Lr : lame d’eau ruisselée en m
- P : pluie moyenne interannuelle en m
- E : évaporation annuelle en m
L’évaporation E possède les valeurs suivantes selon la région :
Pour le Sud E = 1,30 m ou Lr = P3/5
Pour le Centre E = 1,15 m ou Lr= P3/4
Pour le Nord E = 1,00 m ou Lr= P3/3

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Tableau 13 : Apport moyen annuel calculé par la formule de Tixeront

Sous BV Superficie (Km2) Lr (mm) Amoy (m3)


Oued Sidi Frej 3.63 33.94 123202
Jabbés El Borj 1.41 33.94 47855
El Aleg 1.91 33.94 64825
Souissi 1.63 33.94 55322
Berrebeh 3.03 33.94 102838
Kef Essakhra 2.59 33.94 87904
Ennahli Essaghir 5.56 33.94 188706
Apport total (m3) 670652

 Formule de Ghorbel :

Cette formule est applicable sur des régions ayant une pluviométrie comprise entre 300 et
600mm avec un régime hydrologique très irrégulier, on peut dégager 3 groupes de bassins
versants ayant des comportements hydrologiques différents (Ghorbel A, 1991) :
BV très ruisselants Lr = 0,26 P + 150
BV moyennement ruisselants Lr = 0,26 P
BV peu ruisselants ou perméables Lr = 0,26 P – 80
Avec :
Lr : lame d’eau ruisselée moyenne annuelle en mm
P : pluie moyenne interannuelle en mm
Dans notre cas d’étude on se situe dans le dernier groupe.
Tableau 14 : Apport moyen annuel calculé par la formule de Ghorbel

Sous BV Superficie (Km2) Lr (mm) Amoy (m3)


Oued Sidi Frej 3.63 41.42 150354
Jabbés El Borj 1.41 41.42 58402
El Aleg 1.91 41.42 79112
Souissi 1.63 41.42 67514
Berrebeh 3.03 41.42 125502
Kef Essakhra 2.59 41.42 107277
Ennahli Essaghir 5.56 41.42 230295
3
Apport total (m ) 818456

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 Formule Algérienne :

Cette formule exprime la lame ruisselée en fonction des deux paramètres la pluviométrie et un
coefficient qui dépend de la superficie du bassin versant.
Elle s’écrit sous la forme suivante :

(Slimani, 2010)

Lr : lame d’eau ruisselée moyenne en m

P : pluie moyenne interannuelle en m

S : superficie du bassin versant en Km2

Tableau 15 : Apport moyen annuel calculé par la formule Algérienne

Sous BV Superficie (Km2) k Lr (mm) Amoy (m3)

Oued Sidi Frej 3.63 0.179 40 145200

Jabbés El Borj 1.41 0.183 40 56400

El Aleg 1.91 0.182 40 76400

Souissi 1.63 0.182 40 65200

Berrebeh 3.03 0.180 40 121200

Kef Essakhra 2.59 0.180 40 103600

Ennahli
5.56 0.177 40 22400
Essaghir

Apport total (m3) 590400

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 Formule de Turc :

Cette formule ne dépend que de l’altitude médiane, suivant la valeur de cette altitude la
formule peut s’écrire de deux manières:

 Pour les bassins versants dont l’altitude médiane est inférieure à 500 m, la formule
s’écrit comme suit :

(Slimani, 2010)

Lr : lame d’eau ruisselée moyenne annuelle en mm

P : pluie moyenne en mm

H 50%. : Altitude médiane en m

 Pour les bassins versants dont l’altitude médiane dépasse 500 m, la formule s’écrit :

Tableau 16 : Apport moyen annuel calculé par la formule de Turc

Sous BV Superficie (Km2) H 50% Lr (mm) Amoy (m3)

Oued Sidi Frej 3.63 125 84.85 308005

Jabbés El Borj 1.41 55 64.54 91001

El Aleg 1.91 72 70.60 134846

Souissi 1.63 125 84.85 138305

Berrebeh 3.03 108 80.82 244884

Kef Essakhra 2.59 134 86.84 224915

Ennahli Essaghir 5.56 92 76.61 425951

Apport total (m3) 1567907

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 Formule de D.G.R.E :

En Tunisie cette formule n’est applicable que sur les bassins versant du nord et du centre, elle
s’écrit sous la forme suivante :

(Ghorbel A, 1991)

Lr : lame ruisselée moyenne annuelle en mm

P : pluie moyenne annuelle en mm

Tableau 17 : Apport moyen annuel calculé par la formule de DGRE

Sous BV Superficie (Km2) Lr (mm) Amoy (m3)

Oued Sidi Frej 3.63 43.01 156126

Jabbés El Borj 1.41 43.01 60644

El Aleg 1.91 43.01 82321

Souissi 1.63 43.01 70106

Berrebeh 3.03 43.01 130320

Kef Essakhra 2.59 43.01 111395

Ennahli Essaghir 5.56 43.01 239135

Apport total (m3) 850047

 Formule de Montmarin :

(Slimani, 2010)

Avec :

Lr : lame ruisselée moyenne en mm

P : pluie moyenne annuelle en mm

S : superficie du bassin versant en Km2

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 35


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Tableau 18 : Apport moyen annuel calculé par la formule de Montmarin

Sous BV Superficie (Km2) Lr (mm) Amoy (m3)

Oued Sidi Frej 3.63 57.48 208652


Jabbés El Borj 1.41 57.82 81526
El Aleg 1.91 57.72 110245
Souissi 1.63 57.77 94165
Berrebeh 3.03 57.56 174406
Kef Essakhra 2.59 57.62 149235
Ennahli Essaghir 5.56 57.27 318421
Apport total (m3) 1136650

 Formule de Sammie :

(Chayeb, 2011)

Avec :

Lr : lame ruisselée moyenne en mm

P : pluie moyenne annuelle en m

S : superficie du bassin versant en Km2

Tableau 19 : Apport moyen annuel calculé par la formule de Sammie

Sous BV Superficie (Km2) Lr (mm) Amoy (m3)

Oued Sidi Frej 3.63 62.98 228617


Jabbés El Borj 1.41 63.33 89295
El Aleg 1.91 63.23 120769
Souissi 1.63 63.28 103146
Berrebeh 3.03 63.06 191071
Kef Essakhra 2.59 63.12 163480
Ennahli Essaghir 5.56 62.76 348945
Apport total (m3) 1245323

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1.1.2 Résultats et discussion :


Le tableau 20 récapitule toutes les informations qui concernent les apports annuelles calculées par différentes formules :
Tableau 20 : Apports moyens annuels

Formules empiriques

Sous bassin Tixeront Ghorbel Algérienne Turc DGRE Montmarin Sammie


Lr Amoy Lr Amoy Amoy Lr Amoy Lr Amoy Lr Amoy Lr Amoy
Lr mm
mm m3 mm m3 m3 mm m3 mm m3 mm m3 mm m3
Oued Sidi
33.94 123202 41.42 150354 40.00 145200 84.85 308005 43.01 156126 57.48 208652 62.98 228617
Frej
Jabbés El
33.94 47855 41.42 58402 40.00 56400 64.54 91001 43.01 60644 57.82 81526 63.33 89295
Borj
El Aleg 33.94 64825 41.42 79112 40.00 76400 70.60 134846 43.01 82321 57.72 110245 63.23 120769

Souissi 33.94 55322 41.42 67514 40.00 65200 84.85 138305 43.01 70106 57.77 94165 63.28 103146

Berrebeh 33.94 102838 41.42 125502 40.00 121200 80.82 244884 43.01 130320 57.56 174406 63.06 191071

Kef
33.94 87904 41.42 107277 40.00 103600 86.84 224915 43.01 111395 57.62 149235 63.12 163480
Essakhra
Ennahli
33.94 188706 41.42 230295 40.00 222400 76.61 425951 43.01 239135 57.27 318421 62.76 348945
Essaghir
Total des
Amoy par 670 652 818 456 790 400 1 567 907 850 047 1 136 650 1 245 323
formule (m3)

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La formule Algérienne et celle de Tixeront sous-estiment les apports moyens annuels pour les
7 sous bassins, alors que les formules de Turc Montmarin et Sammie les surestiment.
Puisque les 7 sous-bassins sont caractérisés par une certaine homogénéité physique et
pluviométrique on opte pour une moyenne entre les valeurs données par les deux formules de
Ghorbel et de DGRE.
Le coefficient de ruissellement moyen est calculé à l’aide de la formule suivante :

[5]

Avec

C : coefficient de ruissellement moyen en %

Lr : lame d’eau ruisselée moyenne annuelle en mm

P : Pluie moyenne annuelle en mm (P = 467 mm)

Tableau 21 : Apports moyens annuels lame ruisselée et coefficient de ruissellement adoptés


pour les sous bassins

Sous bassin Lr (mm) C (%)

Oued Sidi Frej 42.21 9.03


Jabbés El Borj 42.21 9.03
El Aleg 42.21 9.03
Souissi 42.21 9.03
Berrebeh 42.21 9.03
Kef Essakhra 42.21 9.03
Ennahli Essaghir 42.21 9.03

Tableau 22 : Apports moyens annuels lame ruisselée et coefficient de ruissellement moyen


adoptés pour la totalité du bassin versant

Bassin versant Amoy (m3) Lr (mm) C (%)


Sabbelet Ben
834251 42.21 9.03
Ammar

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1.2 Apports fréquentiels :

Dans la suite on va estimer les apports en eau de surface selon les périodes de retour 5 ans, 10
ans, 20 ans, 50 ans et 100 ans à partir des apports moyens annuels par l’application de la
méthode de GHORBEL ou méthode des paramètres régionaux relative aux apports
fréquentiels écrite sous la forme suivante :

(Ghorbel A, 1991)

Avec :

A(T) : Apport fréquentiel relatif à une période de retour T, en m3

Amoy: Apports moyens annuels en m3

RTV : rapport donné selon les régions

La formule empirique relative au rapport RTV ajustée au Sabbelet Ben Ammar est la
suivante :

RTV = 0,92 ln (T) + 0,66 (DGRE, 1991)

Puisque la valeur de RTV ne dépend que de la période de retour on peut déduire le tableau 23
qui représente la valeur de RTV en fonction de T :

Tableau 23 : RTV en fonction de la période de retour

Période de retour T (ans)

5 10 20 50 100

RTV 2.14 2.77 3.41 4.25 4.89

(Ghorbel A, 1991)

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Tableau 24 : Apports fréquentiels

Période de retour T (ans)

5 10 20 50 100
Sous bassin
Amoy A(T) Amoy A(T) Amoy A(T) Amoy A(T) Amoy A(T)
RTV RTV RTV RTV RTV
(m3) (m3) (m3) (m3) (m3) (m3) (m3) (m3) (m3) (m3)

Oued Sidi
2.14 153240 327933 2.77 153240 424474 3.41 153240 522548 4.25 153240 651270 4.89 153240 749343
Frej

Jabbés El
2.14 59523 127379 2.77 59523 164878 3.41 59523 202973 4.25 59523 252972 4.89 59523 291067
Borj

El Aleg 2.14 80716 172732 2.77 80716 223583 3.41 80716 275241 4.25 80716 343043 4.89 80716 394701

Souissi 2.14 68810 147253 2.77 68810 190603 3.41 68810 234642 4.25 68810 292442 4.89 68810 336480

Berrebeh 2.14 127911 273729 2.77 127911 354313 3.41 127911 436176 4.25 127911 543621 4.89 127911 625484

Kef
2.14 109336 233979 2.77 109336 302860 3.41 109336 372835 4.25 109336 464678 4.89 109336 534653
Essakhra

Ennahli
2.14 234715 502290 2.77 234715 650160 3.41 234715 800378 4.25 234715 997538 4.89 234715 1147756
Essaghir

Total (m3) 1785295 2310871 2844793 3545564 4079484

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1.3 Débits fréquentiels :

Pour étudier les débits des crues pour déférentes périodes de retour, il existe une multitude de
formules empiriques estimant ce débit à partir des paramètres relatifs au bassin versant et des
caractéristiques hydrologiques de la région tel que la formule rationnelle, formule de Ghorbel
la formule de Kallel et la formule de Frigui chacune d’entre elle utilise comme indiqué des
différentes paramètres mais seule la formule rationnelle est appliquée sur des bassins versants
périurbains et seule qui utilise l’intensité (qui est un facteur principal d’inondation urbaine) et
le coefficient des ruissellement (qui est fortement perturbé dans ces bassins versants) , cette
formule donne aussi une importance primordiale à la variation du coefficient de ruissellement
en fonction de période de retour, c’est pour ces raisons qu’on a choisi de déterminer les débits
des pointe des différents sous bassins par cette formule.

Méthode rationnelle :

Cette méthode fait intervenir le coefficient de ruissellement du bassin versant d’une superficie
S et un modèle simple de transformation de la pluie (décrite par son intensité I(T)) supposée
uniforme et constante dans le temps, en un débit instantané maximal à l’exutoire pour la
période de retour concernée.
Elle n’est applicable que sur des bassins versant ayant une superficie inférieure à 200 Km2 et
elle s’écrit comme suit :

(Nicolas, 2007)

Avec :
QT : Le débit de pointe en m3/s

Cr : Coefficient de ruissellement pour la crue considérée

I(T) : Intensité de pluie (correspondante à tc et T) en mm/h

tc : temps de concentration du bassin versant en h

S : Superficie du bassin versant en Km2

 Temps de concentration :
Le temps de concentration (tc) des eaux sur un bassin versant se définit comme étant la durée
nécessaire à une goutte d’eau pour parcourir le chemin entre le point le plus éloigné du bassin
et l’exutoire de ce dernier.

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Théoriquement, on estime que le temps de concentration est la durée comprise entre la fin de
la pluie nette et la fin du ruissellement. Pratiquement le temps de concentration peut être
déduit de mesures sur le terrain ou s'estimer à l'aide des formules le plus souvent empiriques
[6].
 Formule de Giandotti :

(Julien, 2009)

Avec :
tc : temps de concentration en heures (h)

S : surface du bassin versant en Km2

L : longueur de talweg principal en Km

H : différence d’altitude maximale du bassin versant et celle de l’exutoire en m

H est calculé par la formule suivante :

Avec :
Hmax : Altitude maximale du bassin versant

Hmin : Altitude minimale du bassin versant (exutoire)

La formule de Giandotti n’est applicable que sur des bassins versant ayant une superficie S
avec 10 < S < 50 km2.

 Formule de Ventura :

(Cherif, 2009)

Avec :
tc : temps de concentration en heures

S : superficie du BV en km²

I : pente du BV en m/m

Cette formule n’est applicable que si 1 < S < 25 km2.

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 Formule de Turazza :

(Chayeb, 2011)

Avec

tc : temps de concentration en heures

L : longueur de talweg principal en Km

S : superficie du bassin versant en Km2

I : pente du BV en m/m

 Formule de Kent’s :

(Slimani, 2010)

Avec :

tc : temps de concentration en heures

I : pente du BV en m/m

L : longueur de talweg principal en Km

CN : coefficient de surface

S : superficie du bassin versant en Km2

Cette formule n’est applicable que si S > 10 Km2.

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 Formule du PNPCI :

(Chayeb, 2011)

Avec :

tc : temps de concentration en heures

S : superficie du bassin versant en Km2

Tableau 25 : Temps de concentration donné par différentes formules

Superficie Longueur Temps de concentration tc (h)


Sous BV
(Km2) (Km) Giandotti Ventura Turazza Kent’s PNPCI
Oued Sidi Frej 3.63 5.65 1.52 0.60 1.23 0.34 0.98
Jabbés El Borj 1.41 2.51 1.09 0.42 0.56 0.20 0.68
El Aleg 1.91 2.66 1.08 0.48 0.67 0.20 0.77
Souissi 1.63 3.31 0.96 0.37 0.56 0.19 0.72
Berrebeh 3.03 2.8 1.09 0.61 0.87 0.21 0.92
Kef Essakhra 2.59 3.51 1.19 0.63 0.84 0.28 0.86
Ennahli Essaghir 5.56 6.56 2.15 0.98 2.13 0.51 1.16
On examinant le tableau 25 on trouve que :
La formule de Kent’s Ventura et PNPCI donnent des valeurs sous-estimées pour les 7 sous-
bassins par rapport aux autres formules.
Les formules de Turazza et Giandotti donnent des valeurs assez proches, de ce fait on adopte
la moyenne des valeurs obtenues par ces deux formules afin d’éviter une sur-estimation des
débits fréquentiels.
Tableau 26 : Temps de concentration adopté pour chaque sous bassin

Sous BV Temps de concentration en (h) Temps de concentration en (min)


Oued Sidi Frej 1.37 82
Jabbés El Borj 0.82 49
El Aleg 0.87 50
Souissi 0.76 45
Berrebeh 0.98 59
Kef Essakhra 1.01 60
Ennahli Essaghir 2.14 128

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 Intensité de pluie :
Vu que la station pluviométrique de Tunis-Manoubia est la plus proche station de la zone
d’étude, on s’est référé à ces courbes IDF (Intensité-Durée-Fréquence) (figure 12) pour
déterminer l’intensité de la pluie au niveau des sous bassins versant.

1000
Intensité en mm/h

100
5 ans
10 ans
20 ans
50 ans
100 ans
10

1
1 10 Durée en mn 100 1000

Figure 12 : Courbes IDF de la station Tunis-Manoubia (Ghorbel A, 1991)


En utilisant les temps de concentration déjà calculés et les courbes IDF de la station de Tunis
Mannoubia on peut déterminer ainsi les intensités des pluies (correspondantes à tc et T) pour
calculer le débit de pointe de chaque sous bassin versant
Les intensités des pluies figurent dans le tableau 27 :

Tableau 27 : Intensité de pluies pour différentes périodes de retour (mm/h)

Période de retour
Sous BV tc (min)
5 ans 10 ans 20 ans 50 ans 100 ans

Oued Sidi Frej 82 18 20 22 30 35

Jabbés El Borj 49 22 28 32 41 50

El Aleg 50 21 26 31 40 48

Souissi 45 25 30 35 45 52

Berrebeh 59 20 22 30 38 42

Kef Essakhra 60 19 21 25 36 39

Ennahli Essaghir 128 10 11 13 19 23

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 Coefficient de ruissellement :
L’estimation du coefficient de ruissellement pondéré par les surfaces pour les sous bassins se
calcul en se basant sur :
- Des caractéristiques du bassin versant (% de superficie des occupations du sol)
- Des valeurs caractéristiques des coefficients de ruissellement pour différents types
d’occupation du sol, et différentes périodes de retour.
Le coefficient de ruissellement est calculé à travers la formule suivante :

(Chabi Angelbert, 2009)

Avec :

Ci : Coefficient de ruissellement élémentaire.

Si : % de Superficie de l’occupation du sol considérée.

En utilisant le logiciel ArcGIS on a pu établir la carte d’occupation du sol (Annexe 8) qui


elle-même utilisée pour déterminer les superficies des différentes occupations.
Tableau 28 : Superficies des différentes occupations

Sous bassin Occupation du sol


Zone urbaine Zone rurale
(Km2) 0.12 3.51
Oued Sidi Frej
(% ) 3.31 96.69
(Km2) 0.075 1.335
Jabbés El Borj
(% ) 5.32 94.68
2
(Km ) 0.12 1.79
El Aleg
(% ) 6.29 93.71
(Km2) 0.044 1.59
Souissi
(% ) 2.46 97.54
2
(Km ) 0.58 2.45
Berrebeh
(% ) 19.15 80.85
(Km2) 0.41 2.18
Kef Essakhra
(% ) 15.83 84.17
2
(Km ) 0.11 5.45
Ennahli Essaghir
(% ) 1.98 98.02

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Tableau 29 : Coefficients de ruissellement pour les différentes périodes de retour

Période de retour
Paramètre
5 ans 10 ans 20 ans 50 ans 100 ans

Zone commerciale et industrielle 0.6 0.7 0.8 0.8 0.8

Zone urbaine 0.4-0.5 0.4-0.5 0.5-0.6 0.6-0.7 0.7

Zone rurale 0.3-0.4 0.4-0.5 0.5 0.6 0.6

(Guide CES, 1993)

Tableau 30 : Coefficient de ruissellement adopté

Coefficient de ruissellement
T=5 ans T=10 ans T=20 ans T=50 ans T=100 ans
0.4 0.5 0.6 0.7 0.8

Les débits calculés de différentes périodes de retour figurent dans le tableau 31 :

Tableau 31 : Débits fréquentiels calculés pour différentes périodes de retour (m3/s)

Période de retour
Superficie
Sous BV
(Km2)
5 ans 10 ans 20 ans 50 ans 100 ans

Oued Sidi Frej 3.63 7.26 10.08 13.31 21.17 28.23

Jabbés El Borj 1.41 3.44 5.48 7.52 11.24 15.66

El Aleg 1.91 4.45 6.89 9.86 14.85 20.37

Souissi 1.63 4.52 6.66 9.50 14.26 18.83

Berrebeh 3.03 6.73 9.25 15.15 22.38 28.28

Kef Essakhra 2.59 5.46 7.55 10.79 18.13 22.44

Ennahli Essaghir 5.56 6.17 8.49 12.04 20.54 28.41

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2. Estimations des apports solides :

Il existe plusieurs formules qui sont disponibles pour déterminer les apports solides. La
formule élaborée par les services de conservation des eaux et des sols de la FAO, a montré sa
validité en Tunisie. Cette formule prend en compte la variabilité climatique de la
pluviométrie, de l’occupation des sols et de la morphologie. Elle donne le taux spécifique
annuel d'érosion (Es) qui est donné par la relation:

Avec :

Es : Taux spécifique annuel d'érosion en t/ha/an

Fm : Indice de Fournier

C1 : Coefficient de texture des sols, variant de 0.5 à 1.2 selon la texture des sols

C2 : Coefficient de topographie de terrain, variant de 0.5 à 1.5 selon la pente de terrain

C3 : Coefficient d’occupation de sols, variant de 0.4 à 1 selon l’occupation des sols

 Indice de Fournier :

On peut calculer l’indice de Fournier (Fm) à partir de la répartition mensuelle de la


pluviométrie en utilisant la formule suivante :

Avec :

Pi : Pluie moyenne du mois i en mm

P : Pluie moyenne annuelle en mm

Tableau 32 : La répartition mensuelle de la pluviométrie

Station S O N D J F M Av M Ju Jui A Annuel (mm)

Pluies mensuelles 45.45 50.65 57.1 63.5 67.5 55.97 37.22 40.47 25.22 11.45 3.92 8.92 467

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En utilisant la formule de Fm et le tableau 32, on peut calculer l’indice d’érosivité des pluies
pour notre zone d’étude, soit Fm=50.31

 Coefficient de texture des sols C1 :

Le coefficient C1 est relatif à la texture du sol et sa détermination se fait par pondération à


partir de la carte de la texture du sol (Annexe 9) en tenant compte de la classification
suivante :

Tableau 33 : Coefficient C1 en fonction de la texture du sol

Nature du sol Coefficient C1

Sablo-limoneux 0.5 à 0.6

limoneux 0.7 à 0.8

Limono-argileux 0.9 à 1.1

argileux 1.1 à 1.2

(Guide CES, 1993)

Puisque la nature de presque la totalité du sol de notre terrain est limono-argileuse, on


considère un coefficient C1 de l’ordre de 1, C1=1.0

 Coefficient de topographie de terrain C2 :

Le coefficient C2 est déterminé à partir de la carte des pentes (2ième classification) (figure 13)
de chaque sous-bassin en tenant compte de la classification qui figure dans le tableau 34 :

Tableau 34 : Coefficient C2 en fonction des classes des pentes

Classe des pentes Coefficient C2

0 à 8% 0.5 à 0.7

8 à 30% 0.8 à 1.0

>30% 1.2 à 1.5

(Guide CES, 1993)

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On se basant sur la carte des pentes (2ième classification) (figure 13) et le tableau classes des
pentes des sous bassins (Annexes 11) on a pu déterminer les coefficients C2 des sous bassins ;
ces coefficients sont regroupés dans le tableau 35 :
Tableau 35 : Coefficient C2 adopté

Sous BV Coefficient C2

Oued Sidi Frej 0.82

Jabbés El Borj 0.66

El Aleg 0.72

Souissi 0.79

Berrebeh 0.73

Kef Essakhra 0.71

Ennahli Essaghir 0.72

Sabbelet Ben Ammar 0.66

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Figure 13 : Carte des pentes (2ième Classification)

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 Coefficient d’occupation de sols C3 :

Le coefficient C3 est relatif à l’occupation du sol et sa détermination se fait par pondération à


partir de la carte d’occupation du sol en tenant compte de la classification suivante :

Tableau 36 : Coefficient C3 en fonction d’occupation du sol

Occupation du sol Coefficient C3

Forêts 0.4

Broussaille 0.5

Parcours naturel 0.6


Arboriculture 0.7

Céréaliculture 0.8 à 1.0

(Guide CES, 1993)

Dans notre bassin versant l’arboriculture occupe 60% de la superficie totale ainsi que les
forêts occupent 25% de cette dernière quant à la céréaliculture vient en troisième classe avec
un pourcentage qui est de l’ordre de 15%, de ce fait on opte un coefficient d’occupation du sol
C3=0.65
Tableau : 37 Apports solide

Sous BV Superficie (ha) Es (t/ha/an) Es (t/an)

Oued Sidi Frej 363 26.81 9732.03

Jabbés El Borj 141 21.58 3042.78

El Aleg 191 23.54 4496.14

Souissi 163 25.83 4210.29

Berrebeh 303 23.87 7232.61

Kef Essakhra 259 23.21 6011.39

Ennahli Essaghir 556 21.73 12081.88

Sabbelet Ben Ammar 1976 21.66 42807

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Chapitre 5 : Diagnostic des ouvrages existants et modélisation par


HEC-RAS

1. Introduction :

Après avoir traité l’étude morphologique et hydraulique ainsi estimé les débits fréquentiels
pour des différents périodes de retour on se trouve fasse à l’analyse de fonctionnement des
ouvrages existants et la simulation hydraulique ces étapes sont primordiales pour pouvoir
exécuter un plan d’intervention ultérieurement selon les zones à risque et la réponse des
composantes hydrauliques vis-à-vis aux apports déjà déterminés dans le chapitre précédent.

2. Diagnostic des ouvrages existants :

2.1 Aménagement des versants :

Les aménagements des versants sont constitués par les actions à mettre en place sur les
terrains en pente, pour réduire le ruissellement vers l'aval et l'érosion des terres et ce à travers
la rétention d'une partie des eaux de ruissellement et des sédiments, tout en favorisant
l'infiltration des eaux, ces actions sont réalisées d’une manière générale à travers les travaux
CES, parmi ces travaux on peut citer :
- Les banquettes mécaniques et manuelles
- Les seuils en pierres sèches
- Les murs en gabion
- Les cuvettes individuelles
- La végétalisation
Dans notre cas les travaux CES sont limités aux banquettes mécaniques et à la végétalisation.
2.1.1 Banquettes mécanique :
Sur le plan pratique on trouve :
- 236 ha de banquettes en bon état qui s’étalent sur les 4 sous bassins comme suit :
Oued Sidi Frej 27 ha (11.48%); Jabbés El Borj 21 ha (9%) ; El Aleg 79 ha (33.5%)
; Souissi 46 ha (19.5%) et Berrebeh 63 ha (26.7%).
- 74 ha de banquettes à entretenir qui s’étalent sur 3 sous bassins comme suit : El
Aleg 9 ha (12.2 %) ; Souissi 7 ha (9.5%) et Berrebeh 58 ha (78.3%).

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 53


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2.1.2 La végétalisation :
Par leurs racines les plantes et les arbres fixent le sol et augmentent sa capacité de rétention.
En plus, ils retiennent la pluie avant qu’elle n’atteigne le sol. La végétation joue, donc, un rôle
non négligeable d’emmagasinement.
Dans notre zone d’étude les forêts occupent une superficie considérable de l’ordre de 189 ha.

2.2 Les aménagements des voies d’eaux :


2.2.1 Etat des oueds :
Le diagnostic de la situation actuelle, a montré que :
Certains tronçons d'oueds, comme au niveau du Douar Essanhaji, ont été envahis par
l'urbanisation qui est en cours de développement de manière anarchique.
Les tronçons aval de la plupart des oueds, sont peu encaissés et débordent en périodes
de crues sur toute la zone urbaine et même sur les terres agricoles.
Les deux collecteurs d'eau pluviale, situés de part et d'autre de la route RR31
traversant le sous bassin Berrebeh du coté Ouest et Kef Essakhra du coté Est,
présentent une faible capacité de transit (5 à 10 m3/s), qui correspond à peu près aux
débits de crues de ces deux oueds pour une période de retour de 10 ans, donc ces deux
collecteurs présentent de grands risques de débordements lors des fortes crues
(T>10ans), qui entrainent à une inondation de la route ensuite de la zone urbaine située
en zones basses le long de cette route.

2.2.2 Etat des Ouvrages de franchissement :

2.2.2.1 Description :

L'analyse du fonctionnement actuel du réseau hydrographique de la zone de Sabbelet Ben


Ammar, montre que la plupart des ouvrages de franchissement des routes, présentent de
faibles capacités de transit par rapport aux débits de pointe des fortes crues des différents
oueds drainant la zone. Ainsi, pour assurer l'évacuation rapide des eaux de crues, tout en
évitant les débordements lors des fortes crues, ces ouvrages doivent être élargis pour
augmenter leur capacité de transit. En effet ces ouvrages constituent des obstacles pour les
écoulements lors des fortes crues et entraiment des débordements sur les routes.
C'est ainsi qu'il est nécessaire de procéder à l'étude hydraulique détaillée de ces ouvrages pour
déterminer les sections nécessaires à l'évacuation des eaux des fortes crues sans risques de
débordement.

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Il s'agit notamment des ouvrages suivants :


Ouvrage de franchissement de la route régionale RR31, par la confluence d'oued Kef
Essakhra, d'oued Ennahli Essaghir et d’oued Berrebeh, au niveau du cimetière de Sidi
Marouène. Cet ouvrage est constitué par deux dalots (2 x 2 m).
Ouvrage de franchissement de la route d'accès au Centre de visite technique des
véhicules au niveau du sous bassin Souissi. Cet ouvrage est constitué par un dalot
(1,5x 1,5 m).
Ouvrage de franchissement de la route nationale RN8 de Bizerte, par la confluence des
4 oueds drainants les zones d’Essanhaji et d’Ennahli Essaghir, juste après la poste de
la garde nationale. Cet ouvrage est constitué par deux dalots (2.5 x 2 m).

2.2.2.2 Calcul hydraulique :

2.2.2.2.1 Régime uniforme :

Le régime d'écoulement est dit uniforme lorsque la hauteur et la vitesse débitantes sont
indépendantes de l'abscisse. Il en résulte que la surface libre est un plan parallèle au fond du
canal, à fin de déterminer les caractéristiques hydrauliques d’une section quelconque en
régime uniforme, on utilise la formule de Manning Strickler :

Avec

K : coefficient de Manning pris égal à 70 pour les canaux en béton

S : Surface mouillée en m2

Rh : Rayon hydraulique (Rh = Section mouillée / Périmètre mouillé) en m

I : Pente longitudinale du canal en m/m

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2.2.2.2.2 Régime varié :


 Débit :
Pour un écoulement dénoyé d’un dalot, le débit est calculé par la formule suivante :

(Chayeb, 2011)

Avec

H : La hauteur d’eau à l’amont en m


L : La largeur du débouché du dalot en m

La vitesse ne doit pas dépasser 4 à 5 m/s afin de ne pas détériorer les parois du dalot
La charge H à l’amont du dalot doit être comprise entre 80% et 120% de la hauteur intérieure
du dalot
L’écoulement aval du dalot doit être bien assuré à l’aide d’une pente de fuite suffisante
(supérieure à 1.5 à 2%)
 Vitesse :
Pour un écoulement dénoyé d’un dalot, la vitesse est calculée par la formule suivante :

Avec
g : Accélération de la gravité en m s-2
yc : Hauteur critique de l’eau m

Avec
H : hauteur d’eau dans l’ouvrage en m

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Tableau 38 : Caractéristiques hydrauliques des ouvrages de franchissement existants

Dimensions Débit à transiter (m3/s)


Hauteur Capacité capacité
Ouvrages Section Vitesse
Sous bassin critique unitaire totale
existants L H (m2) (m/s)
(m) (m3/s) (m3/s) Q5 Q10 Q20 Q50 Q100
(m) (m)

Ennahli
Essaghir
2 dalots (2 x 2) 2 2 1.33 2.66 3.61 9.50 19.00 18.36 25.29 37.98 61.05 79.13
Kef Essakhra
Berrebeh

1 dalot
Souissi 1.5 1.5 1 1.5 3.13 4.62 4.62 1.58 2.33 3.32 4.99 6.59
(1.5x1.5)

Ennahli
Essaghir Kef
2 dalots
Essakhra 2 2.5 1.66 3.32 4.03 11.87 23.75 19.94 27.62 41.3 66.04 85.72
(2.5 x 2)
Soussi et
Berrebeh

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Résultats et discussion :

- Ouvrage de franchissement de la route régionale RR31 présente une capacité de


transit de 19m3/s, correspondant au débit de pointe provenant des sous bassin
Ennahli Essaghir et Kef Essakhra et Berrebeh, pour la crue de période de retour
T =5 ans, ce qui indique que pour des crues plus fortes (T>5 ans) l'ouvrage
déborde.
- Ouvrage de franchissement de la route d'accès au Centre de visite technique des
véhicules au niveau du sous bassin Souissi présente une capacité de transit de
4.62m3/s, correspondant au débit de pointe provenant des sous bassin pour la crue
T=20 ans, ce qui indique que pour des crues plus fortes (T>20 ans) (puisque ce
bassin versant est contrôler d’un lac collinaire qui assure la rétention de 65% de
volumes d’eau ruisselé), l'ouvrage déborde.
- Ouvrage de franchissement de la route nationale RN8 de Bizerte présente une
capacité de transit d'environ de 23.75 m3/s, correspondant à peu près au débit de
pointe pour la crue de période de retour T = 5 ans, ce qui indique que pour des
crues plus fortes (T > 5 ans), l'ouvrage déborde.

3. Diagnostic d’oued l’Aleg par le logiciel HEC –RAS :

3.1 Présentation de l’HEC-RAS :

HEC-Ras (Hydrologic Engineering Center's River Analysis System) est un logiciel intégré
pour l’analyse hydraulique est développé au Hydrologic Engineering Center du US Army
Corps of Engineers. Ce logiciel permet de simuler les écoulements à travers des calculs
d'écoulements filaires à surface libre. Les calculs de lignes d'eau permettent tant l'analyse de
la capacité de cours d'eaux (risques de débordement, inondations) que l'étude de l'impact de
modifications des conditions de bords (ponts, endiguements) pour en quantifier l’impact sur le
bassin versant.
L’HEC-Ras s’est déjà montré très performant pour ce type d’étude, et bon nombre
d’entreprises et de laboratoires le considèrent comme l’outil idéal de première approche. Il
permet de visualiser les profils en travers et de modéliser des phénomènes naturels comme par
exemple des crues ou une montée des eaux sans débordement.

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 58


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3.2 Données nécessaire pour HEC-Ras :

La modélisation hydraulique sera obtenue à partir de certaines données de base qui aboutiront
à simuler le comportement de cours d’eaux au niveau du bassin versant étudié. Dans le cadre
du PFE, on s’intéresse à l’oued principal du sous bassin El Aleg :
Pour générer cet oued HEC-RAS demande de lui fournir :

- Tracés de l’oued.

- Les données topographiques : ce sont essentiellement les données altimétriques,


ces données sont déterminer en se basant sur la carte topographique 1/25000ième
Ariana Sud Est (en utilisant les courbes de niveau).

- Les sections transversales définies par une série de couples distance-altitude : ils
doivent être plus au moins éloignés les uns aux autres et définissent la géométrie
des cours d’eaux. Sur ArcGIS, on a marqué le lit mineur et majeur de l’oued puis
la création des sections perpendiculaires sur l’axe de l’écoulement en introduisant
leurs élévations, leurs positions et leurs espacements

- Les coefficients de rugosité et de perte de charge : nous avons choisi des


coefficients de Manning 0.03 et 0.04 selon l’état d’eau naturel (LMNO
Engineering, Research, and Software, Ltd, 1998) ([7]).

- Les coefficients d'expansion et de rétrécissement sont respectivement 0.3 et 0.1


(par défaut).

- Les singularités qui peuvent éventuellement freiner l’écoulement (rétrécissement


ou élargissement)

- Les débits de pointe de différentes périodes de retour pour oued El Aleg qui sont
mentionnés dans le chapitre précédent).

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3.3 Résultats et interprétations de simulation par l’HEC-RAS :

La simulation de lignes d’eau au niveau des différentes sections pour les débits des périodes
de retour préconisées montre que la partie amont du cours d’eau ne risque pas d’’être
déborder vu l’emprise large et la profondeur importante du tronçon parcouru.

Figure 14 : Section 1.99351en amont

La zone de transition entre l’amont et l’aval du cours d’eau connaît une surélévation de la
ligne d’eau par rapport à l’amont mais encore pas de débordement même pour la crue
centennale.

Figure 15 : Section 1.75480 zone de transition entre amont et aval

La simulation de lignes d’eau au niveau des différentes sections pour les débits des périodes
de retour préconisées montre aussi que la partie aval du cours d’eau est la seule partie

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concernée par les débordements vu à la faible profondeur et étalement de la forme du tronçon


parcouru.

Tableau 39 : Répartition des sections de début du débordement en aval pour des différentes
périodes de retour

Période de retour T=5 ans T=10 ans T=20 ans T=50 ans T=100 ans
pas de
Section du début du débordement 0.280769 0.491346 0.772115 1.40384
débordement

Figure 16 : Section 0.280769 à T= 10 ans

Figure 17 : Section 0.491346 à T= 20 ans

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Figure 18 : Section 0.772115 à T= 50 ans

Figure 19 : Section 1.40384 à T= 100 ans


La vue 3D et la vue de dessus d’oued l’Aleg, ressorti par HEC-RAS, récapitule les différentes
phases rencontrées le long du cours d’eau et donne une idée sommaire sur la ligne d’eau et les
zones de débordement en aval pour T=100 ans (Annexes 12 et 13).
4. Conclusion :

Pour assurer la protection de notre zone d’étude contre les inondations, il est nécessaire de
proposer un schéma global d'aménagement qui permettra :
- La réduction des débits de crues provenant de l’amont.
- L'évacuation rapide des eaux de crues en aval.

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 62


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Chapitre 6 : Scénarios des aménagements proposés

1. Introduction :

En se basant sur les résultats de l’étude des aménagements déjà existant, le calcul hydraulique
et la simulation par HEC-Ras on doit proposer des scénarios d’aménagement qui peuvent à la
fois réduire les débits de crues provenant de l’amont et évacuer l’eau le plus vite possible
avec des risques mineurs en aval.

2. Aménagement des versants :

Pour l'aménagement des versants, il existe une gamme assez large d'actions CES, dont le
choix dépend de plusieurs facteurs qui se rapportent notamment :
 Aux objectifs de l'aménagement.
 Aux conditions climatiques, en particulier la pluviométrie.
 Aux caractéristiques du milieu physique, en particulier, la pente du terrain, la nature et
la profondeur du sol, l'occupation des sols, la présence d'une charge caillouteuse en
surface ou non, etc.…
 Aux désirs des agriculteurs et aux contraintes sociales au niveau de la zone à
aménager.
Parmi les actions d'aménagement des versants proposées :
- Les banquettes mécaniques
- La végétalisation

2.1 Banquette mécanique :

Les banquettes mécaniques sont constituées par un canal creusé en amont et d'un remblai en
ados. Elles sont construites perpendiculairement à la pente du versant avec un écartement en
fonction de la pente.
On distingue deux types de banquettes mécaniques :
- Les banquettes d’écoulement construites avec des pentes longitudinales uniformes ou
variables.
- Les banquettes à rétention totale ou partielle construites presque en courbes de
niveau.

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Tableau 40 : Conditions d’application des types des banquettes

Types des banquettes Conditions d’application

- Pluviométrie > 500 mm/an


Banquette d’écoulement - Sol argileux à faible infiltration
- Pente de 0,3 à 0,4%.

- Pente douce de 5% à 8%
- Pluviométrie moyenne annuelle comprise entre 200
Banquettes à rétention totale et 400 mm
- Sol de texture légère à moyenne
- Profondeur > 1,20 m

- Pentes > 8%
- Pluviométrie moyenne annuelle entre 200 et 300 mm
avec des pluies à intensité élevée
Banquettes à rétention partielle - Pluviométrie moyenne annuelle entre 300 et 500 mm
avec des pluies à intensité moyenne
- Sol relativement perméable et moyennement profond

(Guide CES, 1993)

La pluviométrie moyenne annuelle est un facteur décisif, dans notre cas d’étude la
pluviométrie est de 467mm/an avec des pluies à intensité moyenne c’est pour cette raison
qu’on propose de réaliser des banquettes à rétention partielle dans les zones ayant des pentes
supérieurs à 8% situées essentiellement selon la cartes des pentes (2ième classification) sur les
deux sous bassins Ennahli Essaghir et Kef Essakhra sur 200 ha.

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 64


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2.2 Végétalisation :
Par leurs racines les plantes et les arbres fixent le sol et augmentent sa capacité de rétention,
en plus ils retiennent la pluie avant qu’elle n’atteigne le sol. Dans notre cas on doit reboiser
les terres nues ayant une pente >15% étalées sur 129.39 ha.

3. Les aménagements des voies d’eaux :

Les ouvrages de voies d’eau constituent une principale composante du plan d'aménagement
élaboré pour la zone de Sabbelet Ben Ammar, dont le principal objectif, est la protection
contre les inondations des zones aval.

3.1 Recalibrage des collecteurs :

Les deux collecteurs d'eau pluviale, situés de part et d'autre de la route RR31 traversant la
zone d'étude, et qui constituent le prolongement d'oued Berrebeh du coté Ouest, et d'oued Kef
Essakhra du coté Est, présentent une faible capacité de transit 10 m3/s, qui correspond à peu
près aux débits de crues de ces deux oueds pour une période de retour 10 ans. Ainsi, ces deux
collecteurs présentent de grands risques de débordements lors des fortes crues (T >10 ans),
qui entrainent l'inondation de la route et des constructions commerciales situées en zones
basses le long de cette route, et par conséquent il est nécessaire de procéder à leur recalibrage
pour augmenter leur capacité de transit et pouvoir évacuer les débits de pointes des fortes
crues, sans risques de débordement.

Hypothèses et méthodes de calcul :

Le recalibrage des collecteurs recommande des hypothèses à établir pour s’assurer de l’état
futur des aménagements :
- Une vitesse maximale admissible entre 4 et 5 m/s.
- Une revanche est de 0.2 fois la hauteur du collecteur.
La formule de calcul est la suivante :

Avec :

QT : débit fréquentiel de la période T en m3/s


V : vitesse d’écoulement en m/s (égale à 4m/s pour ce calcul)
S : section en m2

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 65


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Les collecteurs existant possèdent une section demi-circulaire, le dimensionnement de ces


collecteurs consiste à déterminer leurs sections pour déterminer leurs largeurs (l= D : diamètre
du cercle) et leurs hauteurs (h= R : rayon du cercle + r : la revanche).

En se basant sur la formule de la section du demi-cercle :

Avec :

D : diamètre du cercle en m.

Tableau 41 : Dimensionnement des collecteurs cotés Est et Ouest du RR31

Collecteur Q100 (m3/s) S (m2) D (m) R (m) r (m) L (m) h (m)

Coté Est 22.44 5.61 3.78 1.89 0.378 2.67 2.27

Coté Ouest 28.28 7.07 4.24 2.12 0.42 4.24 2.54

3.2 Projection des nouveaux canaux :

Pour évacuer vers l'aval les eaux de crues qui inondent la route RN8 de Bizerte, il est
nécessaire de mettre en place deux canaux de part et d'autre de la route, permettant le transit
des débits des fortes crues, vers la mer sans risques de débordement.
Le canal à réaliser sur 2 km du coté droit de la route, intercepte les écoulements provenant des
oueds drainant les sous bassin de Souissi Berrebeh Kef Essakhra et Ennahli Essaghir, alors
que celui du coté gauche de 1.24 km de long, il intercepte les écoulements des oueds El Aleg
Jabbés el Borj et Sidi Frej.
Hypothèses et méthodes de calcul :
Les hypothèses sont les suivantes :
- Une vitesse maximale admissible entre 4 et 5 m/s.
- Une revanche est de 0.2 fois la hauteur du collecteur.

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La formule de calcul est la suivante :

Avec :

QT : débit fréquentiel de la période T en m3/s


V : vitesse d’écoulement en m/s (égale à 4m/s pour ce calcul)
S : section en m2

Avec

h : hauteur du canal en m
l : largeur du canal en m (généralement prise deux fois la hauteur)

Tableau 42 : Dimensionnement des nouveaux canaux de part et d’autre du RN8

Canal Q100 (m3/s) S (m2) l (m) r (m) h (m)

Coté droite 85.72 21.43 7.14 0.6 3.6

Coté gauche 64.26 16.06 5.35 0.6 3.6

3.3 Ouvrages en Gabion :

Les ouvrages en gabion jouent un rôle important dans la protection des zones aval contre les
inondations et ceci est atteint à travers le stockage d'une partie des eaux de ruissellement et
l'amortissement des crues, par la suite une réduction significative des débits de pointe, ces
ouvrager sont construits par des grillages parallélépipédiques remplies par des pierres ou des
cailloux selon la disponibilité. Ce type des ouvrages présentent l'avantage d’être souples et
filtrants, et par conséquent ils ne présentent pas des risques de rupture (condition
d’application dans le tableau 43).

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3.4 Seuils en pierres sèches :

Les seuils en pierres sèches sont des petits ouvrages de correction des ravins qui consistent à
arrêter l’érosion latérale provoquée par les écoulements violents des fortes crues et à stabiliser
les lits des ravins érodés par le creusement vertical. Un seuil mis sur un tronçon de 1 km de
long correspondant à 1 ha aménagé (condition d’application dans le tableau 43).

Tableau 43 : Conditions d’application des ouvrages en gabion et des seuils en pierres


sèches

Type d’ouvrage Conditions d’application

- Section d’oued non assez large et non assez profonde


- Sol non argileux
- Pente douce de 5 à 8% permet d’obtenir un volume
Ouvrages en gabion
maximal de retenue avec le minimum de volume de
l’ouvrage
- Sol caillouteux

- Méandre risqué d’érosion de berges


Seuils en pierres sèches - Oued à pente moyenne 8 à 30%
- Sol caillouteux

(Guide CES, 1993)

Pour identifier les sites des ouvrages en gabion et des seuils en pierres sèches, on a procédé
par étapes en se basant sur la carte topographique au 1/25 000ième d’Ariana Sud-Est, des
images satellites prise de Google Earth (2012) et sur les investigations détaillées de terrain.
Pour ce travail on a besoin aussi de :

- Carte d’occupation du sol (Annexe 8)


- Carte des pentes (2ième classification) (Figure 13)
- Carte pédologique (charge caillouteuse) (Annexe 10)
- Carte d’érosion (Figure 20)

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Figure 20 : Carte d’érosion

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En superposant les différentes cartes citées précédemment à l’aide du logiciel ArcGIS on a pu


déterminer les coordonnées UTM des ouvrages proposés. Les résultats sont regroupés dans le
tableau 44.

Tableau 44 : Coordonnées UTM des ouvrages en gabion et des seuils en pierres sèches

Ouvrages de rétention X (m) Y (m)

601584 4082651

600952 4082743

600873 4082334

Ouvrage en gabion 600599 4082714

600808 4081236

600441 4080945

599030 4081980

600474 4081726

598285 4081456
Seuils en pierres sèches

596285 4081417

597857 4083947

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3.5 Ouvrage de franchissement :


 Débit :
Pour un écoulement dénoyé d’un dalot, le débit est calculé par la formule suivante :

(Chayeb, 2011)

Avec

H : La hauteur d’eau à l’amont en m


L : La largeur du débouché du dalot en m

La vitesse ne doit pas dépasser 4 à 5 m/s afin de ne pas détériorer les parois du dalot.
La charge H à l’amont du dalot doit être comprise entre 80% et 120% de la hauteur intérieure
du dalot.
L’écoulement aval du dalot doit être bien assuré à l’aide d’une pente de fuite suffisante
(supérieure à 1.5 à 2%).

 Hauteur d’eau dans l’ouvrage :


Pour un écoulement dénoyé d’un dalot, la vitesse est calculée par la formule suivante :

Avec
g : Accélération de la gravité en m s-2
yc : Hauteur critique de l’eau m

Avec
H : hauteur d’eau dans l’ouvrage en m

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Tableau 45 : Dimensionnement des ouvrages de franchissement proposés

Sous bassins Q à transiter (m3/s) Ouvrages proposés Q unitaire (m3/s) Q total (m3/s) Action

Ennahli Essaghir
Remplacer les deux dalots (2x2)
Kef Essakhra 79.13 3 dalots (3.5x2.75) 26.81 80.44
par 3 dalots (3.5 x 2.75)
et Berrebeh

Renforcer le dalot (1.5x1.5) par un


Souissi 6.59 2 dalots (1.5x1.5) 4.62 9.25
autre dalot similaire

Ennahli Essaghir
Kef Essakhra Remplacer les deux dalots (2.5x2)
85.72 3 dalots (3.5x3) 30.55 91.66
Soussi et par 3 dalots (3.5x3)
Berrebeh

Projeter deux dalots (2.5 x 2.25)


Berrebeh 28.28 2 dalots (2.5x2.25) 14.175 28.35
sur la route RR31

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Tableau 46 : Coordonnées UTM des ouvrages de franchissement

Ouvrages de rétention X (m) Y (m)

2 dalots (3x3) 599450 4083488

2 dalots (1.5x1.5) 599391 4083464

5 dalots (3.5x2) 599359 4083657

2 dalots (2.5x2) 599506 4082408

3.6 Lac collinaire :

Les lacs collinaires sont des ouvrages hydrauliques efficaces et économiques pour la
mobilisation et la maîtrise des eaux de crues. En effet, à travers le stockage d'eau et le
laminage des fortes crues, ils permettant la mise en valeur locale des terres agricoles, la
recharge de la nappe et la protection contre les inondations.
Le choix des sites des lacs collinaires, est fonction des caractéristiques topographiques
hydrologiques et des aspects socio-économiques liés à la zone du lac proposé :
- Un étranglement de vallée profonde
- Une pente longitudinale de l'oued douce de l’ordre de 3 à 6%
- La construction du lac ne présente pas des dangers ni pour les cultures ni pour les
logements
- Accord du propriétaire du terrain
Pour identifier les sites des lacs collinaire, on aura besoin de la carte topographique au
1/25000ième d’Ariana Sud-Est, carte de pentes (3ième classification) (Figure 21), des images
satellites prise de Google Earth (2012).

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 73


PCI de la zone de Sabbelet Ben Ammar INAT-CNEA

Figure 21 : Carte des pentes (3ième classification)

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 74


PCI de la zone de Sabbelet Ben Ammar INAT-CNEA

Après la superposition des toutes les aménagements proposées avec la cartes des pentes (3ième
classification) et sur la base de la carte topographique au 1/25000ième d’Ariana Sud-Est, on a
pu identifier seulement un seul site sur oued El Aleg qui est favorable sur le plan
topographique. Ainsi, dans le cadre du plan d'aménagement de la zone d'étude, on a retenu la
possibilité de réaliser un lac collinaire sur oued El Aleg dont les coordonnées UTM sont les
suivantes (X = 598381 m et Y = 4083682 m).
Le lac collinaire doit avoir une retenue ayant un volume au alentour de 60% du volume de la
crue centennale pour que l’aval du sous bassin El Aleg ne soit pas inondé.

Figure 22 : Simulation de la ligne d'eau entre la section 0 et la section 1.54423 à l'état


actuel

Figure 23 : Simulation de la ligne d'eau entre la section 0 et la section 1.54423 après


plantation du lac collinaire

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 75


PCI de la zone de Sabbelet Ben Ammar INAT-CNEA

El Bokri

Cité Ennahli
El Jabbés

Douar Essanhaji

Figure 24 : Carte des aménagements existants

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 76


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El Bokri

Cité Ennahli
El Jabbés

Douar Essanhaji

Figure 25 : Carte des aménagements proposés

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4. Procédure :

Après la proposition, les aménagements seront étudiés selon des cahiers de charges bien
précises, en suite ils seront publiés sous forme des appels d’offres, et en fin ils seront réalisés
sur terrain.
Les établissements responsables sont :
Ministère de l’agriculture :
- La direction générale des forêts (DGF) pour le reboisement
- La direction générale de l'Aménagement et la Conservation des Terres Agricoles
(DG/ACTA) pour les banquettes mécanique (projection et entretient), les ouvrages
en gabion, les seuils en pierres sèches et les lacs collinaires.
Ministère de l’équipement
Pour la projection des nouveau canaux, l’ouverture et le nettoyage des canaux, le
recalibrage des collecteurs et pour les dalots (projection, renforcement ou
remplacement).

5. Conclusion :

Pour assurer la protection de la zone de Sabbelet Ben Ammar, un plan d'aménagement a été
élaboré d’une part pour réduire le ruissellement en amont et amortir les crues et d’autre part
pour évacuer les eaux de ruissellement en aval à travers l'entretien des banquettes existantes
sur 74 ha, l'aménagement des versants par banquettes à rétention partielles sur 200 ha et la
création des zones de reboisement sur 129 ha la réalisation de quelques ouvrages de voies
d'eau, constitués essentiellement par un lac collinaire, 7 ouvrages en gabion, 4 seuils en
pierres sèches et par des actions de restauration et réhabilitation des cours d’eau étaler sur
environ 10 Km et enfin un renforcement, remplacement ou projection des ouvrages de
franchissement.

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 78


PCI de la zone de Sabbelet Ben Ammar INAT-CNEA

Chapitre 7 : Estimation du coût du projet

1. Introduction :

Pour bien évaluer les aménagements proposés on se réfère à l’aspect économique, les
aménagements choisis doivent d’une part assurer la protection optimale prévue de la zone
d’étude et d’autre part minimiser le coût des investissements.
L’importance des aménagements (nombre des unités, longueur ou bien superficie aménagée)
et les prix unitaires ont servi comme une base de données pour une estimation des
aménagements proposés.

2. Estimation du coût des aménagements des versants :

Le coût total des aménagements des versants est estimé à 272 000 DT, sa répartition est
détaillée dans le tableau 47.

Tableau 47 : Coût des aménagements des versants

Importance Coût unitaire Coût total Pourcentage


Aménagements
(ha) (DT/ha) (DT) (%)

Banquettes mécaniques à
200 520 104 000 38
rétention partielle

Reboisement 129 1200 145 800 54

Entretien des banquettes


74 300 22 200 8
mécaniques

Coût total des aménagements des versants (DT) 272 000 100 %

L’analyse du tableau 47 montre que le coût du reboisement représente 54 % du coût total des
aménagements des versants proposés qui est estimé à 272 000 DT alors que le coût d’entretien
des banquettes mécaniques représente uniquement 8 % du coût total et à peu près le 1/7 du
coût du reboisement.

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 79


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3. Estimation du coût des aménagements des voies d’eau :

Le coût total des aménagements de voies d’eau est estimé à 2 650 378 DT, sa répartition est
détaillée dans le tableau 48.

Tableau 48 : Coût des aménagements des voies d’eau


Coût
Coût Pourcentage
Aménagements Importance total
unitaire (%)
(DT)

Recalibrage des collecteurs 2143 m3 190 DT/m3 407 170 15.36

Projection des nouveaux


3240 m3 350 DT/m3 1 134 000 42.78
canaux
Ouverture et nettoyage des
4658 m3 100 DT/m3 465 800 17.57
canaux enterrés

Ouvrages en gabion 7 unités 25 000 DT 175 000 6.60

Seuils en pierres sèches 25 ha 850 DT/ha 21 250 0.81

Lac collinaire 1 unité 250 000 DT 250 000 9.44

1811
3 dalots (3.5 x 2.75) sur 14 ml 76 062 2.86
DT/ml

1 dalot (1.5x1.5) sur 34 ml 445 DT/ml 15 130 0.58


Ouvrage de franchissement
1863
3 dalots (3.5 x 3) sur 14 ml 78 246 2.95
DT/ml

2 dalots (2.5 x 2.25) sur 14 ml 990 DT/ml 27 720 1.05

Coût total des aménagements des voies d’eau (DT) 2 650 378 100 %

L’analyse du tableau 48 montre que le coût de la projection des nouveaux canaux représente
42.78 % du coût total des aménagements des voies d’eau proposés qui est estimé à 2 650 378
DT alors que le coût des seuils en pierres sèches représente uniquement 0.81 % du coût total.

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 80


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4. Estimation du coût du projet :

Le coût total du plan d'aménagement proposé pour la protection de la zone de Sabbelet Ben
Ammar, contre les inondations, est égal à la somme du coût des aménagements des versants,
estimé à 272 000 DT et du coût des aménagements des voies d'eau, estimé à 2 650 378 DT,
soit un coût total du projet 2 922 378 DT.

Tableau 49 : Coût du projet

Aménagements Coût en DT Pourcentage (%)

Aménagements des versants 272 000 9.3

Aménagements des voies d’eau 2 650 378 90.7

Aménagement du bassin versant 2 922 378 100 %

3000000

2500000

2000000 Aménagement des versants


Aménagement des voies d'eau
1500000 Aménagement du bassin versant

1000000

500000

Figure 26 : Diagramme des coûts des aménagements

L’analyse du tableau 49 et de la figure 26 montre que le coût des aménagements des versants
représente 9.3 % du coût total des aménagements proposés qui est estimé à 2 922 378 DT
alors que le coût des aménagements des voies d’eau représente presque la totalité du coût du
projet avec un taux de 90.7 % .

5. Conclusion :

Le coût du projet de la protection de la zone d’étude, a été estimé à 2 922 378 DT, ce qui
donne un coût moyen d'aménagement par hectare de 1 478 DT/ha. Ce coût unitaire moyen est
très élevé, du fait que le coût des aménagements des voies d'eau représente 90.7 % du coût
total du projet.

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 81


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Conclusion Générale

La Zone de Sabbelet Ben Ammar a été déjà l’objet des études antérieures de protection contre
les inondations. A nos jours, elle demeure sujette aux risques des inondations.
Une analyse de la situation actuelle de la zone d’intervention couplée à une étude quantitative
morphologique à partir d’un Modèle Numérique de Terrain a permis d’enrichir la
problématique de l’étude en révélant certains faits difficilement démontrables ou observables
sur terrain. Une étape sera de grande utilité pour l’élaboration des calculs hydrologiques et par
la suite l’évaluation du fonctionnement des ouvrages existants.
Déceler les handicaps de l’infrastructure va conditionner la nature des alternatives ou
scénarios à exécuter, ajustés à la zone d’étude, sans oublier l’aspect technique et économique
exigés par le projet.
Dans ce cadre, un schéma global de protection contre les inondations de la zone de Sabbelet
Ben Ammar, a été proposé et qui est constitué par :

 Réalisation d'aménagements des versants au niveau des parties amont des sous-bassins
concernés.
 Recalibrage des collecteurs d'eau pluviale de part et d’autre de la route RR31 qui
traverse la zone d'étude,
 Projection des canaux d'évacuation des eaux de crues, le long de la route de Bizerte,
 Elargissement et renforcement des ouvrages de franchissement existants et projection
de nouveaux ouvrages.
 Réalisation des seuils en pierres sèches au niveau des parties amont.
 Plantation d’un lac collinaire au niveau du sous bassin d’El Aleg.

Le coût du projet de la protection de la zone d’étude, a été estimé à 2 922 378 DT, ce qui
donne un coût moyen d'aménagement par hectare de 1 478 DT/ha. Ce coût unitaire moyen est
très élevé, du fait que le coût des aménagements des voies d'eau représente 90.7 % du coût
total du projet.
D’une manière générale les aménagements proposés se voient efficaces, à partir du modèle de
simulation et des résultats des calculs hydraulique, et contribuent à une protection large et
multidisciplinaire.

JEMOUI Taoufik (2011/2012) 82


Références bibliographiques

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crues décanales et des apports annuels pour les petits bassins versant non jaugés de l’Afrique
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méthodes. In : Cartographie des zones à risque d’érosion hydrique : pp 396_402.

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d’étude, INAT, Tunisie : 96p.

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proposition d’aménagement. Projet de fin d’étude, INAT, Tunisie : 129p.

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In : La planification du réseau hydrométrique minimal : pp 13_23.

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d’aménagement du bassin versant Sabbalet ben Ammar Gouvernorat d’Ariana : 98p.

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fluviaux : pp. 129_138.

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[On line]. [04/05/2012]. Available from internet:
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http://www.lmnoeng.com/manningn.htm

[8] : (Annexe 15): Dimension commercial des dalots: CRP (canalization regard prefa): [On
line]. [29/05/2012]. Available from internet:
http://www.crpsas.com/cadres-dalots-canalisations-rectangulaires-c37.html
Annexes
Courbes hypsométriques des
sous bassin
350

300

250
Altitude (m)

200

150

100

50

0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Superficie (%)

Annexe 1 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Sidi Frej

200

150
Altitude (m)

100

50

0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Superficie (%)

Annexe 2 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Jabbés el Borj


250

200

150
Altitude (m)

100

50

0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Superficie (%)

Annexe 3 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued el Aleg

300

250

200
Altitude (m)

150

100

50

0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Superficie (%)

Annexe 4 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Souissi


300

250

200
Altitude (m)

150

100

50

0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Superficie (%)

Annexe 5 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Berrebeh

250

200

150
Altitude (m)

100

50

0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Superficie (%)

Annexe 6 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Kef Essakhra


250

200
Altitude (m)

150

100

50

0
0 10 20 30 40 50 60 70 80 90 100
Superficie (%)

Annexe 7 : Courbe hypsométrique du sous-bassin d’oued Ennahli Essaghir


Carte d’occupation des sols, Carte
pédologique (texture du sol) et Carte
pédologique (Charge caillouteuse)
Annexe 8 : Carte d’occupation du sol
Annexe 9 : Carte pédologique (texture du sol)
Annexe 10 : Carte pédologique (Charge caillouteuse)
Classes des pentes des sous bassins
(2ième Classification)
Annexe 11 : Classes des pentes des sous bassins (2ième Classification)

Sous BV Pente Superficie (Km2) % de la superficie


0-8% 1.26 34.71
Oued Sidi Frej 8-30% 1.52 3.63 41.87 100%
>30% 0.85 23.42
0-8% 1.01 71.63
Jabbés El Borj 8-30% 0.37 1.41 26.24 100%
>30% 0.03 2.13
0-8% 1.01 52.87
El Aleg 8-30% 0.77 1.91 40.31 100%
>30% 0.13 6.82
0-8% 0.56 34.35
Souissi 8-30% 0.84 1.63 51.53 100%
>30% 0.23 14.12
0-8% 1.34 44.22
Berrebeh 8-30% 1.55 3.03 51.15 100%
>30% 0.14 4.63
0-8% 1.45 55.98
Kef Essakhra 8-30% 0.98 2.59 37.84 100%
>30% 0.16 6.18
0-8% 2.85 51.25
Ennahli Essaghir 8-30% 2.52 5.56 45.33 100%
>30% 0.19 3.42
Vue 3 dimensions et vue de dessus
d’oued El Aleg (Simulation par
HECRAS pour T = 100 ans)
Annexe 12 : Vue 3D d’oued El Aleg

Annexe 13 : Vue de dessus d’oued El Aleg


Abaque de détermination de la
dénivelée spécifique dite encore
dénivelée réduite
Annexe 14 : Abaque de détermination de la dénivelée spécifique
Dimension commercial des dalots
Annexe 15 : Dimension commercial des dalots

CRP (canalization regard prefa) [8]