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Microbiologie environnementale Chapitre IV Contamination et hygiène des locaux.

I/Introduction
Les microorganismes sont présents dans l'air, notamment sous forme de spores
bactériennes ou de moisissures, ce qui leur permet de survivre en attendant de se trouver
dans un environnement favorable à leur croissance. Les bactéries sont en général associes
à des particules inertes.
L'air est contaminé par le produit (tranchage de produits alimentaires), le
personnel ou encore l'eau. Les systèmes de ventilation lorsqu’ils ne sont pas régulièrement
nettoyé ct désinfecté entraînent une contamination continuelle de L’air donc de l’ensemble des
locaux.
Les poussières atmosphériques d'origine naturelle contiennent, en plus
de particules de terre, pollen et autres, des virus, des bactéries, des algues, des
protozoaires ainsi que des spores bactériennes et des spores de champignons.
Divers auteurs ont signalé la présence de micro-organismes jusqu'à des
altitudes de 6000 mètres ou même plus de 27 000 mètres. Dans ce dernier cas, il
s'agissait de moisissures des genres Alternaria et Aspergillus trouvées dans des
échantillons prélevés.
II/Aérobiologie
L'air n'est pas un milieu propice à la croissance des micro-organismes

vu l'absence de nourriture et le manque d'humidité. Il n'y a donc pas de microflore

particulière de l'air. Les bactéries qui y sont présentes ne peuvent donc pas s’y

multiplier et s’y installer durablement. Elles sont en transit. Toutefois, des micro-

organismes s'y rencontrent en densité extrêmement variable, et proviennent de

différentes sources dans le cas de l’air externe:

(i) flore de surface du sol,


(ii) Des matières en décomposition ou de la végétation qui est soulevée par le
vent,
(iii) Micro-organismes fixés sur des poussières d'origine diverse ou dans des
gouttelettes d'eau en aérosol provenant de chutes d'eau,
(iv) De liquides de pulvérisation et d'irrigation associés aux activités de la
région,

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Ces différents micro-organismes survivent un certain temps dans l'air


avant de disparaître, les plus résistants persistant plus longtemps, c'est le cas, en
particulier, des spores de moisissures et de bactéries. Les levures peuvent
également être présentes, mais elles sont généralement moins abondantes que les
bactéries et les moisissures.

Certaines moisissures expulsent leurs spores et les projettent violemment


à des distances appréciables, pouvant aller jusqu'à 50 cm, quoique dans la
plupart des cas les spores expulsées ne parcourent qu'une distance de 0,5 à 2 cm.

En l’absence de tout mouvement d’air, les plus grosses particules


sédimentent, il ne reste que les poussières les plus fines. Les microorganismes y
sont donc en nombre plus faible. Les bactéries apportées par l’air extérieur sont
des microcoques, des staphylocoques et des Bacillus.

En somme, la flore de l’air renferme essentiellement des


microorganismes résistants à la dessiccation, c’est ce qui explique la
prédominance des Gram+ et des spores fongiques par rapport aux Gram-

III/Sources de contaminations microbiennes: air, eaux, matières premières, personnel

La contamination biologique ou biocontamination correspond à la présence d'un


élément biologique indésirable (bactérie, champignon, virus, toxine) dans un produit,
ou dans l'environnement du produit (eau, air, surface).

III.1/L’air comme source de contamination :

L’air est un milieu difficile à étudier, et en plus les germes aériens sont
associés à des supports de caractères propres dont il faut savoir tenir compte.
Pendant de nombreuses années, peu de bactériologistes s’intéressaient aux
microorganismes vivant dans l’air.

Comme l'air, l'eau peut apporter des bactéries au cours de la production

(utilisation d'une eau contaminée lors de la fabrication) ou au cours des

opérations de nettoyage et désinfection (contamination de travail).

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La Flore de base a été identifiée à des années d’intervalles, et en tous lieux : en


air marin, en zone subtropicale et tempérée. Elle se compose de Bacillus, de Sarcines,
de Flavobactéries, de Galfkia et d’Achromobacter.

Pour MAISSONNET, il existe un équilibre entre Flore de Base et Flore de


Transit, réalisant un écosystème bactérien de l’atmosphère, véritable zone de
protection à l’égard du développement des germes pathogènes. La connaissance des
sources de contamination et des gîtes des microorganismes contaminants affecte
autant l’homme que son environnement.

La contamination de l'air peut être mesurée par prélèvement de l’air et


impactage des particules présentes dans cet air sur un milieu nutritif. Les
bactéries cultivables donneront naissance à des colonies qui seront
dénombrées. Le prélèvement peut également être effectué par sédimentation.

III.2/L’eau comme source de contamination :

Parmi les nombreux micro-organismes qui peuplent les eaux douces, la


plupart jouent un rôle essentiel dans le fonctionnement biogéochimique des
écosystèmes aquatiques mais d’autres ne prennent pas part à ce fonctionnement et
ne font qu’être véhiculés par l’eau des rivières. Ces derniers proviennent
essentiellement du tube digestif des hommes et des animaux. C’est de ces micro-
organismes « fécaux » qu’il sera question ici. La plupart d’entre eux sont inoffensifs ;
ils ne font que témoigner de l’existence d’une contamination des eaux par des
excréments humains ou animaux.

III.3/ Matières premières comme source de contamination :

Les matières premières entrant dans sa fabrication peuvent être à


l’origine de la contamination d'autres produits. Ainsi, l'utilisation en
industrie agroalimentaire de matières premières contaminées entraine
la fabrication de denrées pouvant être impropres à la consommation car
trop contaminées.

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La contamination croisée d'un produit par un autre peut se faire


par l'intermédiaire des surfaces. Par exemple, une lame de
trancheur pourra être contaminé au cours du tranchage d'un produit
contamine. Les produits tranches ensuite seront contamines par la lame.

III.4/ personnel comme source de contamination :

L'homme est un vecteur de contamination important. En effet,


la peau est recouvert de milliard de bactéries et comme l'être humain
génère en permanence des particules (peau, cheveux, particules émises
lors de l'expiration, ...), il contamine en permanence l'air et par
conséquent le produit.

IV/Principales contaminations:

IV-1/Bio contamination par aérosol au laboratoire

En fonction de la taille des particules, on distingue la transmission « air »


(taille des particules inférieure à 5 μm), de la transmission « gouttelettes » (taille des
particules supérieure à 5 μm). Les particules, véhiculées sous forme d’aérosol,
représentent un risque infectieux réel au laboratoire.

C’est classiquement le mode de transmission le plus fréquent au


laboratoire. Le risque le plus important se situe dans l’environnement immédiat de la
formation de l’aérosol, mais il peut s’étendre à la faveur de courants d’air ou de
pollutions massives.

IV-2/milieux hospitaliers :

Le secteur hospitalier doit également lutter contre les


biocontaminations. En effet, les malades sont plus sensibles aux
agents infectieux. De fait, ils peuvent acquérir au tour de leur
hospitalisation une infection, on parle alors d'infection nosocomiale.
Celle-ci peut se révéler après le séjour à l’hôpital ou pendant
l'hospitalisation.

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Le risque infectieux peut survenir, affections pulmonaires, bronchiques,


grippe, légionellose, et maladies de la sphère oto-rhino-laryngée, en particulier dans
les milieux confinés, dont les bureaux. Les affections respiratoires peuvent être dues
aussi aux moisissures et aux microbes qui colonisent l'eau des systèmes de
climatisation et d'humidification de l'air des locaux de travail, par pulvérisation
d'eau formant des aérosols de gouttelettes libérées des réservoirs d'eau contaminée.

Une infection nosocomiale – ou infection hospitalière peut être définie


comme suit : Infection acquise à l’hôpital par un patient admis pour une raison
autre que cette infection. Infection survenant chez un patient à l’hôpital ou dans un
autre établissement de santé et chez qui cette infection n’était ni présente ni en
incubation au moment de l’admission.

L'hygiène hospitalière de base comprend l'ensemble des mesures non


spécifiques destinées à prévenir la transmission d'agents pathogènes entre patients,
de patient à soignant et de soignant à patient.

IV-3/milieux industriels :

L'industrie pharmaceutique doit mettre sur le marché des produits


exempts de contamination (solutés injectables). Ceci est d'autant plus
important que les médicaments s'adressent à des "malades" dont les
défenses contre les micro-organismes peuvent être affaiblies. La fabrication et
le conditionnement des produits se déroulent donc dans des conditions
d'asepsie très strictes.

L'industrie pharmaceutique doit donc lutter contre la contamination.


En effet, cette biocontamination, sans être dangereuse pour l'homme, peut-être
à I ‘origine de l'altération du produit (fermentation, ...).

Dans l'industrie agro-alimentaire, le produit alimentaire est en général


lui-même une source de contamination, ce qui rend la lutte antimicrobienne
plus difficile. C'est pourquoi à l'exception de certains produits (lait UHT, ...),
un certain taux de contamination peut être toléré. De plus, la présence de
micro-organismes peut être volontaire (produits fermentés comme le yaourt
ou le saucisson sec).

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VI/Désinfection des locaux : Selon l'AFNOR :


La désinfection est une opération au résultat momentané permettant
d'éliminer ou de tuer les micro-organismes et/ou d'inactiver les virus portés par des
milieux inertes contaminés en fonction des objectifs visés. Le résultat de cette
opération est limité aux micro-organismes présents au moment de l'opération.
a. La désinfection Continue :
Selon HARTMANN et ISOARD
Ensemble de moyens à utiliser en présence du malade. La désinfection
est réalisée au chevet du malade et aide à détruire les micro-organismes
potentiellement pathogènes qui sont émis dans l'environnement.
b. La désinfection Terminale : Selon POTTECHER et al :
Désinfection des locaux, hors présence humaine, utilisant la voie
aéroportée, dans lesquels se trouvait une personne atteinte d'une maladie à
déclaration obligatoire.
VII. Modes d'enlèvement des micro-organismes
VII.1 Filtres
L'efficacité des filtres à air pour l'enlèvement des micro-organismes est
fonction du taux de filtration de l'air à travers le filtre, des dimensions des particules
que l'on désire enlever, de la nature et des caractéristiques du filtre.
VII.2 Laveurs et épurateurs d'air :
Un laveur d’air est un appareil hybride qui a une double fonction : il
permet à la fois d’humidifier et de purifier l’air. Pour cela, il reproduit plus ou moins
l’action de la pluie dans votre logement, mais avec les inondations en moins… Un
laveur d’air humidifie également l’air de votre logement en utilisant une technologie
à vapeur froide par évaporation.
VII.3 Incinérateurs :
Un incinérateur est un dispositif visant à réduire ou détruire des objets
par incinération, c’est-à-dire par une combustion aussi complète que possible.
VII.4 Radiations ultraviolettes
La région du spectre électromagnétique comprise entre 2500 et 2600 A
est reconnue pour ses propriétés bactéricides, mais les radiations ultraviolettes ne
possèdent qu'un faible pouvoir de pénétration.

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VII.5 Aérosols

On trouve sur le marché différentes bombes aérosols, contenant un


agent chimique bactéricide avec ou sans antibiotique, que l'on peut vaporiser dans
l'air d'une pièce. Ces produits doivent être exempts de substances toxiques ou
irritantes pour les humains.

VII.6 Sédimentation naturelle

La sédimentation naturelle dans l'air tranquille ne peut être considérée


comme un moyen efficace de débarrasser l'air des diverses particules qu'il contient.
La pluie et la neige concourent d’une certaine façon à nettoyer l’atmosphère de ses
impuretés, mais cela est insuffisant et inefficace dans notre civilisation de plus en
plus industrielle.

VIII. Règles d'hygiène et normes de sécurité :

Le respect des règles d'hygiène est essentiel dans la vie courante mais
plus encore dans le travail ou l’exposition aux toxiques chimiques et contaminants
biologiques est plus intense et prolongée : les mesures d’hygiène au travail sont assez
simples à mettre en œuvre, permettent de limiter les risques d'apparition de
maladies professionnelles et doivent précéder et accompagner les recours aux
équipements de protection individuelle et aux installations de protection collective.

De plus, l’hygiène au travail, la propreté des locaux reflètent l’image de


marque de l'établissement...