Vous êtes sur la page 1sur 4

Qu’est ce qu’un apport en jouissance ?

De manière classique, chaque associé réalise un apport en propriété au moment de la


constitution de la société ou d’une augmentation de capital (somme d’argent, apport en
nature…).

Céder votre fonds de commerce : les outils

Qu’est ce qu’un apport en jouissance ?

Une autre possibilité, souvent méconnue, consiste à réaliser un apport en jouissance


et ce dans l’objectif de ne pas transmettre la propriété du bien à la société bénéfi-
ciaire.

Le blog du dirigeant vous propose de revenir en détail sur ce point.

1 – Qu’est ce qu’un apport en jouissance ?


Qu’est ce qu’un apport en jouissance ?
La notion « d’apport en jouissance » désigne la
situation dans laquelle une personne met, de manière temporaire, un
bien à la disposition de la société tout en restant propriétaire de ce der-
nier.

L’apport en jouissance se distingue donc d’un apport classique dans la


mesure où la propriété du bien n’est pas transférée à la société.

La durée de l’apport est librement convenue entre l’apporteur et la société.


Précisions :
La réalisation d’un apport en jouissance peut porter sur une grande diversité
de biens (immeuble, matériel ou encore fonds de commerce…). Il est également
possible de procéder à un apport en jouissance relativement à des biens
fongibles (des marchandises par exemple).

Dans cette dernière hypothèse et contrairement à la règle visée ci-dessus, la société


devient propriétaire des biens mais doit les restituer dans une quantité et une valeur
identique.

Relativement à sa mise en œuvre, l’apport est intégralement libéré au


moment où le bien est mis à la disposition de la société. Toutes les
formes de sociétés peuvent, par ailleurs, bénéficier d’un apport en jouis-
sance. L’apport en jouissance se caractérise donc par une grande souplesse.

Conseil LBdD :
Pour sécuriser la situation de l’apporteur et de la société, les parties doivent
procéder une rédaction minutieuse de l’acte d’apport. Il convient ainsi de
bien préciser que l’apport est réalisé en jouissance et non en propriété.

A défaut de précision, il appartiendra au juge de rechercher la volonté des parties.

Durant la période pendant laquelle l’apport est concédé, l’apporteur a l’obligation de


permettre à la société de jouir paisiblement du bien. Tel ne serait pas le cas,
par exemple, si en raison de son comportement, l’apporteur d’un immeuble empêchait
la société bénéficiaire de l’utiliser conformément à sa destination.

2 – Quelles peuvent être les avantages et les


inconvénients de la réalisation d’un apport en
jouissance ?
La réalisation d’un apport en jouissance peut présenter divers intérêts tant pour l’ap-
porteur que pour la société bénéficiaire.
A) Les avantages et les inconvénients d’un apport en jouissance
pour l’apporteur

Le principal avantage de la réalisation d’un apport en jouissance demeure la protec-


tion qui est conférée à son auteur. En effet, contrairement à un apport en pro-
priété, l’apport en jouissance ne transfère pas la propriété du bien. L’apporteur est
donc assuré de récupérer le bien apporté une fois la société disparue.

Remarque :
En cas de difficultés, les créanciers de la société ne peuvent pas se satisfaire
sur le bien apporté en jouissance car ce dernier ne fait pas partie de l’actif
social.

Un autre avantage de ce type d’apport réside dans le fait que ce dernier n’est pas
soumis à la publicité. L’apporteur réalise ainsi une économie.

En revanche, l’apporteur supporte les risques de détérioration ou de


perte du bien (excepté pour les choses fongibles, la propriété étant transférée dans
cette dernière hypothèse). La perte du bien peut engendrer la dissolution de la société
si elle conduit à l’extinction de l’objet social de cette dernière.

B) Les avantages et les inconvénients pour la société bénéficiaire

L’apport en jouissance permet à la société bénéficiaire de


solutionner le manque de financement lié à la méfiance des investis-
seurs.

En effet, contrairement à l’apport en propriété, la sécurité octroyée à l’apporteur peut


convaincre ce dernier d’apporter un bien à la société sans prendre le risque de perdre
ce dernier en cas de difficultés.

A l’inverse, le bien n’étant pas sa propriété, la société ne peut pas valoriser ce


dernier dans le cadre de son activité (pour rassurer ses créanciers par
exemple).
Conclusion
Il convient de bien appréhender les conséquences d’un apport en jouissance et celles
d’un apport en propriété en vue de déterminer la solution la plus adéquate tant du
point de vue de la société que de l’apporteur. De multiples critères d’appréciation
entrant en jeu, la décision pourra être prise avec l’aide des conseils d’un profession-
nel.