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THEME N°4 : LA NOUVELLE

POLITIQUE DE L’EAU

APPROCHE IDEES :
Cette Approche consiste à rechercher le maximum
d’idées faciles à retenir, les simplifier, et les expliciter
le plus exactement possible pour une utilisation future
tout en détectant pour chaque thème les mots clés.
Introduction
Depuis son indépendance en 1956, et pour faire face à des apports
pluviométriques globalement insuffisants et spatialement
hétérogènes, le Maroc a mené une politique de gestion des
ressources en eau qui a permis une mobilisation relativement
efficiente des ressources conventionnelles, surfaciques et
souterraines dont dispose le Royaume.
Initiée par feu Sa Majesté le Roi Hassan II, la politique éclairée des
barrages, en l’occurrence, a été la direction principale entreprise
au pays. Cette politique volontariste qui était un élément
structurant de la gestion des ressources hydriques a porté ses
fruits en termes de stockage des apports ponctuels, étendant ainsi
la superficie des terrains irrigués à 1 million et demi d’hectares et
diminuant significativement les risques d’inondation.
En effet, les directives issues de l’allocution royale, prononcée à
l’occasion de la neuvième cession du Conseil Supérieur de l’Eau et
du Climat en 2001, s’inscrivent distinctement et explicitement
dans la logique de « l’eau et l’assainissement, un droit pour tous »,
sont incorporées dans une vision stratégique de développement
durable et confortées et prô nées par divers textes législatifs ou
des accords ratifiés par le Maroc, notamment l’article 31 de la
Constitution marocaine de 2011
Par ailleurs, et en terme de gestion des ressources en eau, le
système de gouvernance s’articulant autour de l’unité autonome
du bassin hydraulique devait constituer un atout majeur dans
l’établissement d’une approche localisée de la gestion de la
ressource hydrique, tout en adoptant des principes de solidarité
inter-régions et de soutien par subvention de l’Etat afin de palier à
une hétérogénéité spatiale prononcée. La stratégie de création de
neufs agences de bassins hydrauliques se voulait porteuse d’une
gestion intégrée, décentralisée et concertée des ressources en eau,
qui a eu pour effet une généralisation de l’accès à l’eau potable à
hauteur de 94% de la population rurale et une couverture totale
de la population urbaine. Notons que, grâ ce à ces politiques et à
ces investissements, le Maroc compte aujourd’hui 140 grands
barrages avec une capacité de plus de 17,6 milliards de m3 et
plusieurs milliers de forages et de puits pour capter les eaux
souterraines.

Diagnostic

Le diagnostic de la situation actuelle relative à la gestion des


ressources en eau montre que :
 La surexploitation de nappes à faible taux de
renouvellement ;
 Les capacités théoriques de stockage des barrages et les
capacités réelles du fait de l’envasement ;
 Les décalages entre les temps de stockage par barrage et
d’irrigation, et la perte par évaporation qui en découle ;
 La faible réutilisation des eaux usées épurées ;
 La faible contribution des ressources en eau dans la
production hydroélectrique globale du pays ;
 Les textes relatifs au principe « pollueur-payeur » jusqu’alors
oubliés ;
 le Ministère Délégué Chargé de l’Eau et le Conseil Supérieur
de l’Eau et du Climat ne constituent pas dans le fait de
véritables entités de coordination et la Commission
Interministérielle de l’Eau est inactive ;
 Les Agences de Bassins Hydrauliques sont peu efficaces à
cause de leur manque d’autonomie décisionnelle et des
dotations financières et des moyens humains insuffisants ;
 Sur le plan réglementaire, la loi 10-95 sur l’eau se veuille en
accord avec les problématiques présentes, elle demeure en
situation de déphasage avec les réalités et besoins du
moment et souffre d’une faible effectivité des textes
d’application ;
 Les modes de planification et d’exécution entrainant des
délais excessifs et des situations de déphasage entre sous-
projets.

Le Plan national de l’eau élaboré par le secrétariat d’Etat chargé


de l’eau, en concertation avec l’ensemble des acteurs dans ce
secteur, a pour but de répondre aux besoins de la population en
matière de l’eau et d’accompagner les grands chantiers lancés par
le Maroc en vue d’éviter un déséquilibre entre la demande et
l’offre de cette matière vitale à 2030. Dans une situation où le
volume des précipitations hydriques est estimé à environ 18
milliards m3 comme moyenne dans l’année, alors que plus que la
moitié de ce volume est concentrée dans les bassins du nord-ouest
du Royaume, et ne dépasse pas 7% de la superficie globale.
Un plan d’action basé sur trois piliers essentiels :
 Le premier axe :
 l’augmentation à 80% de la moyenne nationale des
rentabilités des réseaux de distribution d’eau potable à
l’horizon 2025 ;
 le maintien du même niveau jusqu’à l’année 2030 à
travers la réhabilitation des réseaux d’assainissement
et le développement du système de comptage et de
maintenance du réseau, outre les travaux de la découpe,
l’organisation, la recherche et la réparation des fuites
afin de réduire la demande d’eau potable d’environ 120
millions m3 par an d’ici 2025 ;
 Cet axe comprend également la stratégie pour
l’économie d’eau et sa valorisation en agriculture
irriguée sous-détaillée.
 Le deuxième axe concerne la gestion et le développement de
l’offre, à travers :
 la mobilisation des eaux de surface et la construction
de barrages, notant que 14 barrages sont en cours de
réalisation, 35 autres sont programmés ;
 le dessalement des eaux de mer à raison de 510
millions m3 ;
 la réutilisation de 325 millions m3 des eaux usées
après leur purification ;
 la possibilité de transférer l’eau à partir des bassins
excédentaires du Nord-Ouest vers les bassins
déficitaires du Centre-Ouest.

 Le troisième axe porte sur la préservation des ressources en


eau et du milieu naturel et l’adaptation aux changements
climatiques, inclut, quant à lui :
 la préservation des ressources hydriques de surface et
souterraines et des espaces naturels ;
 la protection des zones sensibles contre la pollution, à
travers la mise en œuvre d’un plan d’action portant sur
l’alimentation artificielle des nappes phréatiques ;
 la protection des lacs et la préservation des oasis et des
zones humides.

Le PNE comprend également un volet lié à la protection contre les


inondations et la lutte contre les effets de la sécheresse, pour
répondre au défi d’adaptation au changement climatique et mieux
maîtriser les phénomènes naturels extrêmes :
 En matière réglementaire et pour assurer la mise œuvre du
PNE, l’arsenal réglementaire et législatif continue d’être
renforcé, notamment avec l’adoption, en aoû t 2016, d’une
nouvelle loi sur l’eau (n° 36-15) qui poursuit les objectifs de
la Loi 10-95 et fixe les règles d’une gestion intégrée,
décentralisée et participative des ressources en eau en vue
de garantir le droit des citoyennes et des citoyens à l’accès à
l’eau ;

 Cette réglementation prévoit aussi la mise en place des bases


juridiques pour la diversification de l’offre, à travers le
recours aux ressources en eau non conventionnelles,
notamment le dessalement de l’eau de mer, la création de
systèmes d’information liés à l’eau, le renforcement du cadre
institutionnel et des mécanismes de protection et de
préservation des ressources en eau et le renforcement des
instruments financiers pour le développement du secteur de
l’eau: préleveur-payeur/pollueur-payeur.

Une Stratégie Pour L’économie Et La Valorisation De


L’eau En Agriculture Irriguée
Le département de l’Agriculture –dans le cadre du plan Maroc
Vert- a élaboré une stratégie pour l’économie d’eau et sa
valorisation en agriculture irriguée.
Cette stratégie considère :
 L’amélioration du revenu agricole comme une condition sine
qua none pour sa réussite ;
 Elle se base sur l’amélioration du service de l’eau
d’irrigation ;
 le renforcement et l’adaptation du système de financement
et d’incitation à l’économie d’eau, l’amélioration de l’aval
agricole sous tous ses aspects (organisation, partenariat,
contrats de cultures, etc.) ;
 Le développement d’un conseil de proximité en matière de
conception des systèmes d’irrigation économes d’eau et
d’appui à l’amélioration de la productivité.
L’objectif :
 Substituer l’irrigation gravitaire à efficience limitée par
l’équipement en irrigation localisée près de 50% de la
superficie totale aménagée au niveau national, dans le cadre
du Programme National d’Economie d’Eau en Irrigation
(PNEEI), sur une superficie de près de 550.000 ha pendant
une période de 10 ans ; soit un rythme d’équipement moyen
de près de 55.000 ha/an ;

 La valorisation des ressources en eau mobilisées par les


barrages à travers la résorption du décalage entre les
superficies dominées par les barrages réalisés et les
superficies équipées qui s’établit à 108.440 ha. Ce gap
d’équipement est principalement situé dans le bassin du
Sebou ;

 Le renforcement de la maintenance et de réhabilitation des


réseaux d’irrigation des périmètres collectifs pour assurer un
meilleur service de l’eau et la pérennité des équipements ;

 La réforme institutionnelle du secteur de l’irrigation,


notamment de la grande irrigation, afin d’améliorer sa
compétitivité et ses performances et de valoriser au mieux
l’eau, et ce à travers l’encouragement de partenariat public-
privé pour la gestion des périmètres collectifs d’irrigation.
Recommandation du Conseil Economiques, Social et
Environnemental

le Conseil Economique Social et Environnemental incite les


pouvoirs publics à accélérer le rythme actuel de mise en œuvre
des objectifs fixés et à fixer de nouveaux objectifs liés à
l’amélioration des rendements des réseaux de distribution et à la
généralisation de l’économie d’eau à usage industrielle,
touristique et domestique de manière à réaliser, à l’horizon 2020,
une mobilisation d’eau supplémentaire annuelle de 6,4 milliards
de m3 par an, représentant plus de 25% des ressources globales
annuelles du pays et plus de 6 fois les prélèvements de ressources
non-renouvelables actuelles, répartis comme suit :
 31 % à travers la réalisation de 400 millions m3 par an
d’eau provenant du dessalement d’eau de mer et de la
déminéralisation des eaux saumâ tres ;

 27 % à travers la poursuite de la politique de barrage ;

 25 % à travers la conversion massive à l’irrigation localisée


et/ou à l’aspersion ;

 11 % à travers la réutilisation des eaux usées épures et


l’économie d’eau à usage industrielle, touristique et
domestique ;

 et 6 % à travers l’amélioration des rendements de


l’adduction et de la distribution d’eau.
Afin de concrétiser cette ambition, il convient de rendre la
gouvernance institutionnelle actuelle axée sur la gestion intégrée
des ressources en eau, efficiente et transparente. Pour cela le
Conseil propose dix recommandations majeures explicitées sous
forme de mesures opérationnelles :
 Le renforcement de la concertation et de la gestion intégrée
des ressources en eau à l’échelle nationale ;
 Le renforcement de la concertation et de la gestion intégrée
des ressources en eau à l’échelle régionale et locale ;
 La mise à niveau et l’opérationnalisation du dispositif
législatif et réglementaire du secteur de l’eau ;
 L’intensification et la diversification des moyens de
mobilisation des ressources en eau ;
 Le renforcement de l’axe « Gestion de la demande » de la
stratégie nationale à travers des programmes nationaux de
maîtrise de la demande, d’économie et de valorisation des
ressources en eau au niveau de toute la chaîne de valeurs du
secteur de l’eau ;
 Le renforcement des dispositifs et des programmes
nationaux de protection des ressources en eau ;
 La promotion du partenariat public-privé dans le secteur de
l’eau ;
 Le développement d’un modèle de gestion équitable et
économiquement viable du secteur de l’eau ;
 L’adaptation des programmes d’éducation, de formation, de
R&D et de sensibilisation aux défis du secteur de l’eau ;
 Le renforcement des capacités des intervenants dans le
secteur de l’eau en matière de gestion de la connaissance des
risques et des changements climatiques.