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Chapitre 6
Conditionneurs & Amplificateurs
I. INTRODUCTION
Le conditionnement de la mesure consiste à rendre exploitable la mesure issue du
capteur passif. Un conditionneur de signaux a pour rôle principal l’adaptation du signal
délivré par le capteur passif pour lui donner un niveau compatible avec l’unité de visualisation
ou d’utilisation. Cet étage peut parfois intégrer un filtre qui réduit les perturbations qui se
présentent sur le signal. Par ailleurs, les amplificateurs sont associés aux capteurs actifs pour
amplifier l’amplitude du signal.
II. CAPTEURS ACTIFS
Les capteurs actifs (cellule photovoltaique, piézoélectrique…) se comportent comme
une source de tension, une source de courant ou une source de charge.

Mesurande Mesure
Capteur actif (cellule PV…)

Amplificateur de la sortie du capteur

II.1. Capteur source de tension


Dans ce cas, on peut modéliser le capteur par une source de tension (e c) en série avec
une impédance Zc.

Zc
vm
ec

Figure 1 : modèle du capteur source de tension

On utilise des dispositifs à forte impédance d’entrée de manière à obtenir une tension
en sortie de l’amplificateur aussi proche que la tension en sortie du capteur. On pourra utiliser
un montage suiveur (inverseur ou non), ou un amplificateur différentiel plus classiquement
appelé amplificateur d’instrumentation.

Figure 2 : exemples d’amplificateurs


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II.2 Capteur source de courant


Dans ce cas, le capteur peut se modéliser par une source de courant avec une
impédance en parallèle.

ic

I Zc vm

Figure 3 : Modèle du capteur type source de courant


On fait appel dans ce cas à un convertisseur courant-tension de manière à obtenir une
tension proportionnelle au courant de sortie du capteur.

Figure 4 : convertisseur courant-tension


Exemple : cellule photovoltaïque.
II.3 Capteur source de charge
Le capteur en tant que générateur présente une impédance interne capacitive. C’est le
cas d’un cristal piézo-électrique. Il faut faire attention dans le cas où l’on vient brancher une
impédance équivalente résistive à ses bornes. Cette résistance peut engendrer une décharge
trop rapide de la capacité empêchant toute mesure.

Figure 5 : modèle du capteur type source de charge


Dans ce cas, il est préférable d’utiliser un amplificateur de charge dont le principe est
présenté ci-dessous.

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Figure 6 : amplificateur de charge

III. CAPTEURS PASSIFS


On associe toujours une source externe soit de tension ou de courant pour l’excitation
du capteur.

Mesurande Mesure
Capteur passif

Source de courant ou de tension

Le fonctionnement des capteurs passif est basé sur la variation d’impédance


proportionnellement à la mesurande. Cette variation d’impédance résulte soit :
 D’une variation de dimension du capteur (capteur de position, potentiomètre,
inductance à noyau moile…).
 D’une déformation résultant de force (pression, accélération) : exemple : les jauges
Deux grands principes de conditionneurs peuvent être employés :
 Montage en pont : on récupère une tension proportionnelle au mesurande.
 Montage oscillant : la fréquence du signal de sortie est modulée par le mesurande.

III.1 Montage potentiométrique

III.1.1. Cas des résistances

On utilise un simple pont diviseur alimenté par une source de tension continue Ve
(Figure 7). Le capteur est modélisé par la résistance Rc.

Rs R1 Appareil de mesure

Ve Rc vm Rd

Figure 7 : modèle du montage potentiométrique


(Excitation du capteur avec une source de tension)

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La tension aux bornes de Rc est donnée par :


Rc
Vm= Ve
Rc + R 1+ Rs
La relation qui lie la tension de sortie (vm) au paramètre image du mesurande (Rc)
n’est pas linéaire. On peut faire une étude en petites variations du mesurande.
Rc passede Rc 0 à Rc 0+∆ Rc
Vm passe de Vm 0 à Vm 0+ ∆Vm
Alors on obtient :
Rc∗R 1+ Rs
∆ Vm=Ve∗∆
( R 1+ Rs+ Rc 0+ ∆ Rc)²
Si on considère un fonctionnement en petites signaux : ΔRc << Rc + R1+Rs.
On obtient alors :
Rc∗R 1+ Rs
∆ Vm=Ve∗∆
( R 1+ Rs+ Rc 0) ²
C’est une relation linéaire d’où on peut directement extraire la sensibilité du capteur
ΔVm/ ΔRc. Quand on néglige la résistance de la source Rs, la sensibilité maximale (R1=Rco)
est donnée par:
Ve
∆ Vm= ∗∆ Rc
4 R1
Remarque : Cas d’une alimentation en courant
Le montage est alimenté par une source de courant. C'est-à-dire l’impédance interne Rs est
très élevée : (Rs>>Rc0+R1).

R1
I Rs
Rc vm

Figure 8 : Montage d’excitation du capteur (Rc) avec une source de courant


L’utilisation d’une source de courant I rend le montage directement linéaire.
∆ Vm=Is∗∆ Rc
III.1.2. Cas des impédances complexes (Zc)
Le capteur est capacitif (capteur de niveau, capteur d’humidité…) ou inductif (capteur
de position…). Cependant, pour l’excitation du capteur, on utilise alors une source
d’alimentation sinusoïdale.

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Figure 9 : Montage en pont dans le cas d’impédances complexes


En supposant que R1>>|Zc|, on obtient aux petites variations :
Ve
∆ Vm= ∗∆ Zc
R1
De même quand le capteur est excité par une source de courant, on obtient :
∆ Vm=Is∗∆ Rc
III.2 Montage en pont
L’utilisation d’un montage potentiométrique présente le défaut d’avoir en sortie la
présence d’une tension continue en l’absence de variation du mesurande. L’emploi d’un
montage en pont présente l’avantage de s’affranchir de cette tension continue.

Figure 10 : montage en pont


III.2.1. Calcul des potentiels (Rs : négligé).
Au point A :
Rc
VA = Ve
Rc+ R 1
Au point B :
R4
VB= Ve
R4+R3
On obtient une tension de mesure appelée tension de déséquilibre du pont :
RcR 3−R 1 R 4
Vm=VA−VB= Ve
( R 1+ Rc ) (R 4+ R 3)
Si on veut une tension nulle, en absence d’évolution du mesurande (cas stable
Rc=Rc0), on trouve la condition d’équilibre d’un pont de Wheatstone :

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RcR 3=R 1 R 4
Si le mesurande (Rc) évolue autour d’une valeur Rc0, on peut écrire Rc=Rc0+∆Rc. Dans le
cas où Rc0=R1=R3=R4=R :
On obtient alors :
∆ Rc
Ve (1+ )
R
VA = et VB=Ve /2
∆ Rc
2(1+ )
2R
Soit
∆ Rc
Ve R
Vm=
4 ∆ Rc
(1+ )
2R
On peut alors tracer l’évolution de la tension de déséquilibre (Vm) en fonction du rapport

∆ Rc
R

Figure 11 : évolution de la tension de déséquilibre du pont de Wheatstone


Calcul pour de très faibles variations de Rc :
Pour de très faibles variations de Rc, (ΔRc /R <<1), ceci permet de linéariser la relation entre
Vm et ΔRc :
Ve ∆ Rc
Vm=
4 R
On obtient ainsi une mesure avec une sensibilité constante autour du point d’équilibre.
III.2.2 Elimination des perturbations dues aux fils de liaison
Généralement les capteurs sont placés à une distance importante des autres résistances
du pont. Ils se trouvent reliés par deux fils dont les résistances (Rf) peuvent n’être pas
négligeables par rapport à Rc, du capteur. Cela pose un problème pendant la variation de Rc,
car il est impossible de distinguer entre les variations des fils de liaison ∆Rf (dues à la
température par exemple) et celle du capteur ∆Rc.

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Dans la littérature on a trouvé deux montages qui sont utilisés pour l’élimination ou la
limitation de l’effet des perturbations dues aux fils de liaison sur la tension de mesure Vm.
III.2.2.1 Montage à trois fils de compensation
Afin de rendre la tension de déséquilibre du pont ‘indépendante’ des variations de résistances
des fils de liaison, il faut :
 Choisir des fils identique (même Rf) et les situer au voisinage l’un de l’autre (même
∆Rf).
 Placer chacune des fils dans une branche différente mais contigue du pont de facon
que leurs variations de résistance aient des influences opposées sur la tension de
mesure.
Deux montages sont possibles selon que le troisième fils (R’f) est relié soit à la source ou au
détecteur (système de visualisation).
Cas 1 : le troisième fil est relié à la source. Les tensions parasites induites (ep) dans ce fil
s’ajoutent à la fem de la source. Donc, elles n’empêchent pas l’équilibrage du pont, mais elles
peuvent perturber peut la mesure Vm à condition que ep<<Ve.

R3=R
R1=R
Vm Rs

Rf R’0
Ve
Rf
Rc
R’f

Figure 12 : troisième fil relié à la source


Interprétation du cas 1: La résistance R’f de ce fil s’ajoute à la résistance Rs, qui devient
R’s=Rs+R’f. Dans ces conditions R’s peut ne pas être négligeable par rapport à R, ce qui
entraine une réduction de la sensibilité du pont. Il y a intérêt à choisir R’f aussi faible que
possible (section du fil important, donc poids de cuivre important), ce qui oblige souvent à
rechercher entre sensibilité et coût.
Cas 2 : le troisième fil est relié au détecteur (instrument de mesure). Dans ce cas, si la
résistance R’f est faible devant la résistance d’entrée Rd de l’appareil de mesure, ce qui est
généralement le cas, la sensibilité du pont n’est pas affecté par le troisième fil. Par contre, les
tensions parasites ep induites dans ce fil s’ajoutent à la tension de mesure Vm et la perturbent
surtout lorsque (ep) n’est pas trop inférieure à Vm. C’est la raison pour laquelle on préfère le
premier cas.

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R3=R1
R’0
Vm Rs

Rf R’f R1=R1
Ve
Rf
Rc

Figure 13 : troisième fil relié au détecteur (instrument de mesure)


III.2.2.1 Montage à trois fils de compensation
Le capteur et ses deux fils de liaison au pont forment une branche du pont. La
résistance de cette branche R2=Rc+2Rf. Une branche contigue est constituée par une
résistance fixe R’’0 et deux fils de liaisons identiques aux précédents et placés à leur
voisinage. La résistance R4 de cette branche est égale à R’’0+2Rf
Les quatres résistances du pont sont choisies égales à l’équilibre, donc des variations égales
∆Rf des résistances des quatres fils n’affectent pas Vm (les quatre fils doivent être situés au
voisinage l’un de l’autre).

R3=R R1=R
Vm Rs

R’’0 Rf Ve

Rf
Rf Rf
Rc

Figure 14 : Montage à deux fils de compensation


Remarque : un bon conditionneur doit être :
 Linéaire
 Présenter une bonne sensibilité
 Permettre la compensation des grandeurs d’influence
III.3 Montage oscillant
Un circuit oscillant (LC) présente une fréquence de résonance fr telle que :
1
fr=
2 π √ LC

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En absence de variation de mesurande (L=L0 où C=C0). Une variation de L (capteur


inductif) : L0 passe de L0 à L0+∆L, ou de C (capteur capacif) : C0 passe de C0 à C0+∆C à
cause d’une variation de mesurande. Ceci entraîne par conséquence une variation (Δfr) de la
fréquence de résonnance du circuit. En supposant des petites variations on obtient une
évolution (inductif) :
∆ fr ∆ L
=
fr 2L
Ou capacitif :
∆ fr ∆ C
=
fr 2C
Exemple :
Dans le cas d’un capteur capacitif, on peut utiliser un oscillateur à relaxation :

Figure 15 : Schéma électrique d’un montage astable à circuit R-C.


La période des oscillations est directement reliée à la valeur de la capacité par la relation :
2R1
T =2 RCLog(1+ )
R2
Par suite, on utilise un convertisseur fréquence/tension (exemple de circuit LM 331A).
IV. EXEMPLE PRATIQUE
La chaine de mesure globale utilisée pour la mesure de l’humidité est formée par trois
étages principaux :
 Capteur dont sa capacité varie % en fonction de HR (exemple : Humicor 6100).
 Oscillateur qui délivre un signal de fréquence % à la capacité du capteur (ex : NE555).
 Un convertisseur fréquence-tension (ex : LM331A, XR4151 ou PLL (NE564)).

HR Cc f(Cc) U(f)
Capteur Oscillateur Convertisseur fréquence/tension

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