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1.

Introduction
1. 1 Sur Bel- Ami

Bel-Ami fut publié en feuilleton dans Gil Blas entre le 6 avril et le 30 mai 1885 mais
publié en 1886.
L’histoire d’un jeune homme, monté à Paris des années 1880 pour réussir, il peut gravir
tous les échelons d’un grand journal parisien grâce aux femmes qu’il a su séduire et enfin il
épousera la fille de son directeur et devient George Du Roy Du Cantel. En effet,
l’ascension fulgurante de Bel-Ami, grâce aux femmes est pour Maupassant, l’occasion de
critiquer la société parisienne, le milieu journalistique, la corruption, l’arrivisme et
l’hypocrisie qui les caractérisent. Bel-Ami est né au plus beau moment de la première
grande période de spéculation qui ait marqué l'histoire de la troisième République et mérite
d'être considéré comme le chef d'oeuvre qu’aient inspiré les événements de cette période.
Les réactions des critiques furent vives et partagées. Maupassant, qui était en voyage en
Italie lors de cette publication, en eut connaissance. Il adressa une réponse au rédacteur en
chef de Gil Blas qui fut publiée dans le journal le 7 juin 1885. En voici quelques extraits :
« Mon cher rédacteur en chef,
Au retour d'une très longue excursion qui m'a mis fort en retard avec le Gil Blas, Je
trouve à Rome une quantité de journaux dont les appréciations sur mon roman Bel-Ami
me surprennent autant qu'elles m'affligent (...).
Donc, les journalistes, dont on peut dire comme on disait jadis des poètes: Irritable
grenus, supposent que j'ai voulu peindre la Presse contemporaine tout entière, et
généraliser de telle sorte que tous les journaux fussent fondus dans La vie française, et
tous leurs rédacteurs dans les trois ou quatre personnages que j'ai mis en mouvement. Il
me semble pourtant qu'il n'y avait pas moyen de se méprendre, en réfléchissant un peu.
J'ai voulu simplement raconter la vie d'un aventurier pareil à tous ceux que nous
coudoyons chaque jour dans Paris, et qu'on rencontre dans toutes les professions
existantes.
Est-il, en réalité, journaliste? Non. Je le prends au moment où il va se faire écuyer
dans un manège. Ce n'est donc pas la vocation qui l'a poussé. J'ai soin de dire qu'il ne
sait rien, qu'il est simplement affamé d'argent et privé de conscience. Je montre dès les
premières lignes qu'on a devant soi une graine de gredin, qui va pousser dans le terrain
où elle tombera. Ce terrain est un journal. Pourquoi ce choix, dira-t-on ?
Pourquoi? Parce que ce milieu m'était plus favorable que tout autre pour montrer
nettement les étapes de mon personnage; et aussi parce que le journal mène à tout
comme on l'a souvent répété. Mais j'arrive à un autre reproche. On semble croire que
j'ai voulu dans le journal que j'ai inventé, La vie française, faire la critique ou plutôt le
procès de toute la presse parisienne.
Si j'avais choisi pour cadre un grand journal, un vrai journal, ceux qui se fâchent
auraient absolument raison contre moi; mais j'ai eu soin, au contraire, de prendre une de
ces feuilles interlopes, sorte d'agence d'une bande de tripoteurs politiques et d'écumeurs
de bourses, comme il en existe quelques-unes, malheureusement. J'ai eu soin de la
qualifier à tout moment, de n'y placer en réalité que deux journalistes, Norbert de
Varenne et Jacques Rival, qui apportent simplement leur copie, et demeurent en dehors
de toutes les spéculations de la maison.
Voulant analyser une crapule, je l'ai développée dans un milieu digne d'elle, afin de
donner plus de relief à ce personnage. J'avais ce droit absolu comme j'aurais eu celui
de prendre le plus honorable des journaux pour y montrer la vie laborieuse et calme
d'un brave homme (...) ».1

1.2. Sur notre recherche


Dans cette recherche, on a essayé de représenter brièvement, les personnages de Bel-
Ami. On considère les vues par le narrateur et par les autres comme des moyens pour
analyser des personnages.
Dans les premiers paragraphes, la méthode utilisée par le narrateur, qui est omniscient et
omniprésent, et qui perçoit tout, à l’intérieur et à l’extérieur, pour présenter le personnage
de George Duroy est «la description du personnage par ses action».
Cette description est suffisante pour les lecteurs, de bien imaginer le caractère moral de
George Duroy comme un homme ambitieux qui regarde les femmes avec convoitise. .
Les deux livres auxquels on se refére sont l’analyse du récit écrit par Yves Reuter et
l’analyse du récit de Jean –Michel Adam et Françoise Revaz .
2. Étude des personnages dans Bel -Ami
2.1. George Duroy
George Duroy, surnommé «Bel- Ami» par une fillette innocente, est personnage
principal du roman. Un jeune homme séduisant et sans scrupules qui vient tenter sa chance

1
- Article paru au Gil Blas du 7 juillet 1885.
à Paris. Un bel homme, grand, bien fait, blond, avec des yeux bleus clair .Il est pauvre,
timide, peu sûr de lui et loin de la vie civile mais il peut bien rêver. Il utilise les femmes
pour arriver à son propre objectif et il ne doute pas une seconde qu’il soit «arrivé»; mais à
quel prix et dans quel état!
Il plait à toutes les femmes: jeunes, vieilles, riches, pauvres, célibataires ou mariées et
alors elles lui rendent service et avec ces liaisons, il devient peu à peu égoïste et plus sûr de
lui. Personnage inculte mais à l’esprit résolu, il s’impose dans le milieu du journalisme.
S’il fallait le résumer en quelques mots, cela pourrait être «Comment réussir dans
l’existence avec beaucoup de prestance, très peu de scrupules, et un rien de chance.»
2.1.1. Vue par Le narrateur
Le narrateur omniscient et omniprésent, nous montre un portrait morale et physique de
George Duroy; mais ce portrait changera au courant du roman.1Maintenant on veut
distinguer ses caractères selon les explications du narrateur.
Il nous est au début présenté comme un jeune homme sans le sou «Il lui restait juste en
trios francs quarante pour finir le mois »2. On peut voir sa pauvreté dans chaque
paragraphe et ses essaies pour devenir riche. «La poche vide et le sang bouillant, il
s’allumait au contact des rôdeuses qui murmurent à l’angle des rues […] mais il n’osai les
suivre, ne les pouvant pager.3» Ces deux expressions et beaucoup plus d’autres, parlent de
sa pauvreté et son désir d’être riche.
Dans les premiers Lignes du roman, il y a un vue ironique qui explique la situation de
Duroy comme un homme rendu à La vie civile et il ne peut pas oublier ses habitudes
militaires car il a été déjà un sous-officier:
«Il marchait ainsi qu’au temps où il portait l’uniforme des
hussards, La poitrine bombé, les jambes un peu entrouvertes
comme s’il venait de descendre de cheval; et il avançait
brutalement dons la rue pleine du monde […] ».
Dans une partie de ce roman narrateur avait description détaillée de son apparence.
Selon lui, il ressemble au mauvais sujet des romans populaires. «Quoique habillé d’un
complet de soixante francs, il gardait une certaine élégance tapageuse un peu commune,
réelle cependant. […]»4
1
On a analysé son caractère dans 3 chapitres du roman.
2
Guy de Maupassant, Bel-Ami, p.11
3
Ibid. 12
4
Guy de Maupassant, Bel-ami p.12
On a un portrait timide et incertain de soi de George Duroy jusqu’à la page 50 de ce
roman qu’on a déjà étudié.«Duroy intimidé, ne trouvant sien à dive»1, «Il était un peu gène,
intimidé, mal à l’aise. Il portait un habit pour la première foi de sa vie, et l’ensemble de sa
toilette l’inquiétait […]»2 , «Il rougit jusqu’aux oreilles»3, «Quand Georges Duroy se
retrouva dans la rue, il hésita su ce qu’il ferait»4.
Bien qu’il ait été journaliste, il ne trouvait bien à écrire. Il ne pouvait pas formuler ses
pensées avec des mots écrites. Sa confiance a disparu, il se sentait vide, incapable, inutile,
condamné. Il savait bien, que sans réussir à écrire, il ne pouvait arriver à ses objectifs
auxquels il a pensé chaque soir.
«Il sentait vaguement des pensées lui venir, il les aurais dites, peut – être mais, il ne les
pouvait point formuler avec des mots écrites [...] », «Qu’allait-il dire? Il ne trouvant plus
sien. Maintenant de ce qu’il avait raconté tout à l’heur»5.
Comme on a déjà dit, il rêve bien de ses ambitions. Il se voit, dans ses imagination,
comme un grand personnage riche, Il rêve de tout ce qu’il en avait envie d’avoir. « Il jeta,
à tout hasard un baiser dans la nuit, un baiser d’amour vers l’image de la femme attendue,
un baiser de désir vers la fortune convoitée»6.
On voit clairement sa jalousie contre les gens assis, tranquilles et riches, quand il les
appelle «Les cochons!»7.Il n’est pas assez riche que son entourage, donc il ne peut pas se
profiter comme eux et sa jalousie cause de saisir la moindre occasion pour tourner toutes
les choses à son propre avantage.
À la fin de deuxième chapitre, Duroy devient un peu sur de lui mais au début du
troisième chapitre, sa confiance disparût. Au moment qu’il quitte les Forestiers, il est
presque sur de lui. Il aime son apparence, il croit d’être un joli garçon et il est content de ce
qu’il avait fait, son triomphe, éphémère, qui va disparaître dans le chapitre suivant, lui
donne un sort de certitude il croit qu’il a trouvé les moyens pour arriver à ses objectifs le
plus haut.

1.2.1.1. Description du personnage par ses actions


1
Ibid. p.22
2
Ibid. p.24
3
Ibid p.26
4
Ibid p.36
5
Guy de Maupassant, Bel-ami p.37.
6
Ibid. p39
7
Ibid p.13
Au lieu de décrire les caractères d’un personnage un par un, on peut les décrire par ses
actions. Par exemple, dans le premier paragraphe de Bel-Ami, le personnage principal –
Georg Duroy- a était présenté au début par les actions comme « Cambrer sa taille », «friser
sa moustache» et «jeter sur les dîneurs attardés un regard rapide et circulaire».
«Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent
sous, George Duroy sortit du restaurant. Comme il portait beau, par
pose d’ancien sous-officier, il cambra taille, frisa sa moustache d’un
geste militaire et familier, et jeta sur les dîneurs attardés un regard
rapide et circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s’étendent
comme des cops d’épervier.
Les femmes avaient levé la tête vers lui, […].»
Cette description est suffisante pour lecteur de connaître le caractère moral de l’acteur
principal du roman, sans doute, comme un homme ambitieux, séduisant et qui regarde les
femmes avec convoitise. Mais il faut dire que cette vue est un peu exagérée et le narrateur
a utilisé ces descriptions pour donner un aspect narratife à son roman.

2.1.2. Vue par les autres:


Dans les premières 50 pages, en se référant aux explication, données par les autres
personnages, on ne peut pas avoir un image claire de George Duroy, Il est connu comme
un joli garçon irrésistible pour les femmes, et comme «un malin qui saura se tirer
d’affaire»1 pour ses camarades.
Mm de Marelle dit: «Vous êtes irrésistible, monsieur Duroy»2et une prostituée dit de lui:
«V’là un joli garçon, s’il vaut de moi pour dix louis je ne dirai pas non».3
En effet ; on peut pas juger sur le carters moral de George Duroy avec les détails qu les
autres personnages du roman ont présenté.

3. Conclusion
Bel-Ami marque l'apogée de la carrière littéraire de Maupassant. Le roman, écrit en
quelques mois, suscita des réactions forts diverses mais cependant très favorables dans
l'ensemble. Mais cependant les journalistes n'aiment pas le portrait qu'on a fait d'eux.

1
Guy de Maupassant, Bel-ami p.39
2
Ibid. p.35
3
Ibid. p.21
Maupassant estime donc opportun de préciser ses intentions dans un article désormais
célèbre qu’on a déjà lu.
Bel-Ami est une création qui vivra, c'est un être en chair et en os, aussi réel, plus réel
même que le personnage qu'il incarne. Bel-Ami ne laisse dans la vie qu'une trace
quelconque. Il demeure dans l'art. Telles personnalités de l'art sont plus vivantes que telles
personnalités qui peuplent la société. Tartuffe, Turcaret, le Père Grandet, Madame Bovary,
Bel-Ami... Ce sont là des " types " auxquels le génie communique la durée. Ils survivent à
leurs auteurs....
Finalement, le romancier avait bien tort de s'inquiéter: les comptes rendus continuèrent
d'être bons. Les grands critiques insistent sur le mérite d'un ouvrage qui connaîtra plus de
quatre-vingts éditions. Après une éclipse à la disparition du romancier, le roman est même
revenu à la mode dans la première partie du XXè siècle.
Et, ne l'est-il pas encore?