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Droit romain

Par Séraphin NENE BI, Professeur des Universités


INTERETS

• Le droit romain possède une valeur formative


• Les apports du droit romain à la science juridique sont nombreux
et importants.
• la valeur formative du droit romain apparaît particulièrement
précieuse à une époque, comme la nôtre, de prolifération
législative et de bouleversements économiques et sociaux. Il
serait dangereux, en effet, de limiter la formation du juriste à
l'étude du seul droit en vigueur.
• Le droit romain nous apporte enfin une très riche
information sur le contenu de nos propres
institutions.
PARTIE 1. LES
GRANDES ETAPES DE
LA FORMATION DU
DROIT ROMAIN
LES GRANDES ETAPES DE LA FORMATION DU
DROIT ROMAIN
• Chapitre 1. La période de l’ancien droit
• Chapitre 2. La période du droit classique
• Chapitre 3. Le droit au bas empire
• Ces trois périodes ne correspondent pas
aux trois régimes connus par Rome
• la royauté (-753 à - 509),
• la république (-509 à -27)
• l’empire (-27 à 476)
Chapitre 1. La période de l’ancien droit

• Cette période va des origines de Rome jusque vers le


milieu du 2ème siècle avant notre ère.
• C’est celle où sont employées les actions de la loi,
Legis actiones, procédure formaliste orale.
• La grande source du droit, à cette époque, est
constituée par la loi des XII tables publiée en 449 av.
J.C.,
• d’autres lois
• et la coutume réglait la plupart des points du droit.
Chapitre 2. La période du droit
classique
• Cette période correspond, dans l’histoire générale,
au dernier siècle de la République romaine, et aux
trois siècles du Haut Empire.
• Du point de vue du droit privé, l’unité de cette
période est constituée par la procédure formulaire,
caractérisée par l’existence d’une formule écrite que
le préteur remettait au demandeur.
• le droit prétorien est au centre des sources du droit
• cette période est celle des grands jurisconsultes
Chapitre 3. Le droit au bas empire

• Le Bas-Empire s’étend de l’avènement de Dioclétien en


284, à la mort de Justinien, empereur d’Orient, en 565.
• les sources nouvelles sont constituées par les leges, qui
sont les constitutions impériales.
• le Bas-Empire est surtout une époque de grandes
compilations juridiques.
PARTIE 2. LES GRANDS
PILIERS DU DROIT
ROMAIN
LES GRANDS PILIERS DU DROIT ROMAIN

• Chapitre préliminaire : Les sources du droit


• Chapitre 1. Le droit de la personne et de la famille
• Chapitre 2. Le droit des biens
• Chapitre 3. Le droit des obligations
Chapitre préliminaire : Les
sources du droit

• Sources matérielles : ensemble des faits, besoins et


idées qui ont présidé à l’adoption d’une norme ou d’un
ensemble de normes.
• Sources formelles : lois ; plébiscites ; sénatus-
consultes ; constitutions impériales ; édits émanant de
ceux qui sont pourvus du droit de les promulguer ;
réponses des jurisconsultes. / Coutumes
Chapitre préliminaire : Les sources
du droit / Sources formelles

• La coutume
• Son existence est subordonnée à la réunion de 4
éléments :
• Ensemble d’usages qui ressortissent du domaine juridique.
• Pratique de cet usage répété de longue date.
• Conviction que la pratique considérée à force obligatoire dans
le groupe social concerné
• Transmission exclusivement orale, de génération en
génération.
• Typologie des coutumes
• Les mores gentis:
• les mores civitatis.
• Le droit des peuples conquis
• Le droit vulgaire
Chapitre préliminaire : Les sources du
droit / Sources formelles / La coutume

• L’autorité de la coutume
• Dans l’ancien droit, elle a un caractère obligatoire car unique
source du droit
• A partir du droit classique, la coutume ne bénéficiait plus d’une
force obligatoire que lorsqu’elle assumait un rôle subsidiaire.
• Au Vème Siècle, une constitution impériale décrète que la coutume
peut contenir la loi, la maintenir dans certaines limites.
• Mais les usages locaux des peuples soumis ne pouvaient s’opposer
à la loi romaine.
Chapitre préliminaire : Les sources
du droit / Sources formelles
• La loi
• La loi des 12 Tables est la première grande œuvre
législative romain (451 av. J.-C.).
• Elle prétend seulement préciser les règles devenues incertaines
ou ambiguës.
• Types de lois
• Leges perfectae
• Leges minus quani perfectae
• Leges imperfectae
Chapitre préliminaire : Les
sources du droit / Sources
formelles / La loi

• Présentation de la loi / La lex rogata


comportait trois parties :
• La praescriptio ou préambule d’identification
• La rogatio ou le texte de la proposition
• La sanctio ou ensemble des mesures prévues
pour assurer l’application de la loi
Chapitre préliminaire : Les
sources du droit / Sources
formelles
• Les édits des magistrats
• Les édits ne figuraient pas parmi les sources authentiques du droit,
car elles ne contenaient que les principes d’accomplissement du
mandat
• L’édit le plus déterminant est une sorte de charte de juridiction dans
laquelle une longue liste d’action est établie. Le prêteur ne faisait
généralement que d’infimes modifications par rapport à la version
précédente. Cela garantit une juridiction stable.
• l’Edictum perpetuum, une source de droit
authentique.
• La structure de l’Edit est conçue selon un ordre procédural ; cette
répartition de la matière est dictée par la pratique judiciaire.
Chapitre préliminaire : Les
sources du droit / Sources
formelles
• Senatus consulta
• Les constitutions impériales.
• Les Edits. Car l’empereur se considère comme un nouveau magistrat au
sommet de la hiérarchie
• La pragmatique sanction. C’est une constitution dépourvue de solennité.
• Le mandat. Instruction à contenu administratif envoyé aux administrateurs
des territoires de l’empire.
• Le décret. Jugement rendu par l’empereur grâce à son pouvoir d’évocation
qu’il détient par sa qualité de magistrat supérieur afin qu’il serve de modèle
à travers l’empire.
• Les rescrits. Ce sont des réponses de l’empereur aux particuliers
Chapitre préliminaire : Les
sources du droit / Sources
formelles
• Les responsa (avis de droit qui sont l’œuvre des
jurisconsultes)
• La jurisprudence : les responsa prudentium
• Ces oeuvres furent de deux types :
• équivalent antique de notre doctrine (ouvrages théoriques,
interprétation du droit).
• réponses à des questions pratiques portant sur un point de
droit (consultations juridiques).
• Autorité de la Jurisprudence.
• Très grande autorité tout au long de son évolution surtout grâce
au prestige et à la haute fonction remplie par les jurisconsultes
La cohésion de l’ordre juridique
romain
• L’interdépendance des lois, des édits des
magistrats et de la jurisprudence
• Les sources de droit se stabilisent très tôt sur deux
ordres juridiques :
• le jus civile (droit civil) : formé par droit de la cité et
fondé sur la volonté particulière de cité
• le ius gentium: pour tous les peuples, au-delà des
frontières et découlant de la raison naturelle
(l'homme reconnaît des normes inscrite en lui par
sa nature et qui sont universelles)
Chapitre 1.
Le droit de la personne et
de la famille
Section 1 : Le droit de la personne
• Tout droit nous apparaît d'abord comme un pouvoir
appartenant à la personne nous devons donc, de ce point de
vue primitif considérer les rapports de droit comme attributs
de la personne.
• La personnalité, désignée par le terme caput, est l’aptitude à
être le sujet de droits et de devoirs légaux, à jouer un rôle dans
la vie juridique
• Elle n’appartient, en principe, qu’à l’homme (elle
commence à la naissance et elle finit à la mort, tout en
s’étendant un peu au-delà de ces deux points extrêmes)
•   Mais à Rome, la personnalité n’appartient pas à tous
les hommes.
Chapitre 1. Le droit de la
personne et de la famille / Le
droit de la personne
• Conditions pour avoir une personnalité :
• Être libre et non pas esclave, au point de vue de la
liberté,
• Être citoyen et non pas Latin ou pérégrin, au point de
vue de la cité ;
• Être chef de famille et non pas en puissance, au point
de vue de la famille.
• Ceux qui réunissent ces trois éléments
• status libertatis,
• status civitatis,
• status familiae
ont la personnalité complète.
Chapitre 1. Le droit de la personne et de la famille / Le droit de la
personne / Conditions pour avoir une personnalité

• La status libertatis appartient à tous ceux qui ne sont pas esclaves.


• Condition de l’esclave
• L’esclave (servus, homo, mancipium, puer, ancilla) n’est pas une personne, mais une
chose.
• il n’a pas de famille : son union (contubernium) sera un pur fait et non un mariage, un
matrimonium.
• il n’a pas de patrimoine, il ne peut avoir ni propriété, ni créances, ni dettes, ni par suite
laisser de succession.
• il ne peut paraître en justice ; car les voies de procédure étant seulement ouvertes aux
hommes libres.
•  Mais cela n’empêche pas que l’esclave est un être humain,
• Il est dans la classe des alieni juris,
• il est in dominica potestate,
Chapitre 1. Le droit de la personne et de la famille / Le
droit de la personne / Conditions pour avoir une
personnalité

• La status libertatis appartient à tous ceux qui ne sont


pas esclaves. / Condition de l’esclave
• Causes de l’esclavage
• la naissance
• On naît esclave quand on naît d’une mère esclave, quel que
soit le père
• Mais, en partant de l’idée que l’enfant conçu est réputé né
quand il y a intérêt, on a admis que l’enfant naîtra libre, pour
peu que sa mère ait été libre à un moment quelconque de la
grossesse, comme s’il était né à ce moment-là.
• et certains faits postérieurs / Les causes de l’esclavage
postérieures à la naissance comprennent un mode de droit des gens et
des modes de droit civil.
• Le mode de droit des gens est la capture, qui fait des prisonniers les
esclaves de leur vainqueur.
• Quant aux modes de droit civil
• on relève comme devenant esclaves jure civili, une série de personnes qui
deviennent esclaves à l’étranger par suite d’une remise régulière émanant d’un
magistrat ou d’une personne autorisée.
Chapitre 1. Le droit de la personne et de la famille /
Le droit de la personne / Conditions pour avoir une
personnalité

• Status civitatis
• Les citoyens sont ou les descendants de citoyens, ou des personnes qui ont acquis
la cité après leur naissance.
• Condition des citoyens. / Les citoyens ont à la fois
• le conubium, le droit de légitime mariage au moyen duquel ils peuvent fonder une
famille civile
• et le commercium, le droit d’acquérir et de transmettre la propriété civile ainsi que
de devenir créanciers ou débiteurs par tous les modes civils,
• la factio testamenti, droit de figurer dans un testament, comme disposant, comme
bénéficiaire ou comme témoin.
• Ils ont comme droits propres fondamentaux, le droit de servir dans les légions, le
droit de vote (jus suffragii) et l’éligibilité aux magistratures (jus honorum).
Chapitre 1. Le droit de la personne et de la famille /
Le droit de la personne / Conditions pour avoir une
personnalité
• Status civitatis
• Perte de la qualité de citoyen. – La qualité de citoyen se perd :
• 1° par la capitis deminutio maxima, quand un citoyen devient esclave sauf la possibilité du post
liminium pour le mode de droit des gens ;
• 2° par la capitis deminutio media, quand il devient pérégrin ou Latin, sauf aussi pour certaines
circonstances la possibilité d’un post liminium.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille
Section 2. Le droit de la famille
• Le mariage
• Le mariage cum manu / La femme qui se mariait perdait les liens avec
sa famille d’origine et entrait sous la puissance du mari.
• Le mariage sine manu / la femme garda son propre statut sans plus
entrer sous la manus du mari ; elle restait sous l’autorité de son pater
familias ou était indépendante
Chapitre 1. Le droit de la personne et de la
famille / Le droit de la famille / Le mariage

• Les conditions de réalisation du mariage


• • Les époux devaient vivre dans une union conjugale monogame.
• • Les partenaires devaient être capables de discernement.
• • Ils devaient avoir le droit de contracter un mariage valable (ius
conubii).
• • Mariage prohibé jusqu’au 3ème degré.
• • Le consentement était requis.
Chapitre 1. Le droit de la personne et de la
famille / Le droit de la famille / Le mariage
• La conclusion du mariage
• L’acte juridique se limite au règlement de passage du pouvoir au mari,
la célébration est liée à des cérémonies somptueuses.
• L’acte juridique s’effectue par :
• • La coemptio (mancipation de la puissance martiale au futur mari)
• • L’usus (acquisition de la puissance martiale après 1 an de
cohabitation)
• • La confarreatio (mode sacré et religieux ; la femme entre dans la
famille et s’associait aux sacra et aux manes de sa nouvelle famille)
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• Le régime matrimonial
• Le régime matrimonial dans le mariage sine manu
• Dans ce régime, les biens des époux restent séparés. Chacun garde ce
qu’il a apporté et ce qu’il acquiert pendant le mariage comme il
répond aussi de ses propres dettes contractées avant ou pendant ce
temps.
• Le régime matrimonial dans le mariage cum manu
• La femme étant réduite au statut juridique d’une fille de famille, tous
ses apports tombent dans le patrimoine familial.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• La dot
• Elle consiste en l’affectation d’un certain patrimoine au mari, dans le but
de l’alléger des charges provenant de l’entretien de la femme et des
enfants communs.
• Par conséquent, la dot revient au mari.
• La dot assure l’entretien de la femme après la dissolution du mariage, par
la mort du mari ou par le divorce. Les héritiers ou le mari divorcé sont
obligés de la restituer à la femme.
• Si la femme était coupable de quoi que ce soit, le mari pouvait
s’accaparer une partie de cette dot.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• Les donations entre époux
• Les donations entre époux étaient nulles.
• Selon la conviction romaine, le mariage ne devait pas permettre à un
partenaire de s’enrichir aux dépens de l’autre.
• Ce n’est qu’à l’époque du 4ème siècle que furent admises les donations
du mari à sa femme.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• Le statut social de la femme dans la famille
• La matrona est considérée comme la vraie maîtresse de maison,
participant au même statut social que son mari, bénéficiant du même
respect et de la même déférence.
• Auguste introduisit 2 lois :
• 1. Lex Iulia de ordinibus maritandis : interdiction pour la femme
adultère d’épouser son complice
• 2. Lex Papia Poppaea : les hommes entre 25 et 60 et les femmes
entre 20 et 50 ans devaient être mariés.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• La dissolution du mariage par divorce
• A l’époque archaïque, le problème du divorce ne se posait guère, la
femme étant intégrée dans la famille comme une fille de famille.
• Le divorce devint une affaire mineure au temps de la République. Il
s’effectuait sans forme prescrite, mais la rupture devait être
clairement exprimée.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• La structure de la famille romaine
• Le principe patriarcal
• A la tête de la famille se trouve le pater familias. Lui seul représente la
personne de plein droit : il est autonome. Le pater familias est le chef,
juge et prêtre de sa famille, qui lui est assujettie.
• La famille gentilitienne : la gens
• La gens regroupait les familles patriciennes descendant d’un ancêtre
commun.
• Avec leurs partisans et leurs clients, elles formaient des clans puissants.
Chapitre 1. Le droit de la personne et de la famille / Le droit de
la famille / La structure de la famille romaine

• La famille agnatique
• La structure ferme et serrée autour de la puissance familiale s’est
renforcée. Ne sont parents que ceux qui se trouvent sous la même
puissance paternelle ou s’y trouvaient lorsque le pater familias vivait
encore.
• Les liens du sang seuls ne suffisaient pas à créer cette parenté, cette
dernière se constituant uniquement du côté masculin. C’est ainsi que
la femme entre dans la famille du mari et perd les liens de parenté qui
l’unissaient à sa famille d’origine
• la maison familiale demeure un lieu à l’abri des poursuites judiciaires.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• La puissance paternelle sur les enfants : la patria potestas
• La patria potestas se fonde sur la descendance naturelle et légitime de
l’enfant de son père. Ce dernier doit montrer qu’il l’accepte et le
reconnaît, et ne peut plus ni l’abandonner ni l’exposer.
• La puissance paternelle était illimitée. Toute décision prise concernant
une punition grave de l’enfant obligeait le père à convoquer le conseil
de famille afin que ce dernier donne son accord en tant que tribunal
domestique.
• Le statut de l’enfant était d’une grande faiblesse, tout dépendait du
père qui devait autoriser les actes juridiques accomplis par ses enfants.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• L’adoption
• La famille exige d’être perpétuée de génération en génération. Le père de
famille ne possédant pas de fils né se voit contraint de chercher un successeur,
par les actes de l’adrogatio et de l’adoptio.
• L’adrogatio
• En premier temps, l’adoption s’accomplissait par l’adrogatio, qui exigeait une
décision sous forme de loi.
• Les comices du peuple étaient convoqués par le grand pontife qui demandait au
peuple rassemblé son avis.
• Par cet acte, le pater familias adoptait une personne sui iuris ou soumise à un
autre père et le considérait comme son propre fils.
Chapitre 1. Le droit de la personne et de la famille / Le
droit de la famille / L’adoption

• L’adoption
• Les 12 Tables prévoyaient que le fils de famille donné par trois fois en
service sortait de la patria potestas qui s’éteignait définitivement.
• Les juristes formèrent un nouveau type d’adoption : ils permirent
d’exécuter ces mancipation d’une traite.
• La troisième des mancipations libérait le fils de sa famille et le soumettait
à la nouvelle puissance de l’acquéreur.
• Il fallait en outre recourir à un acte ultérieur par lequel cette puissance
était reconnue comme puissance paternelle. Cet acte se déroulait devant
le magistrat où le père adoptif prétendait que l’enfant reçu était le sien.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• L’émancipation
• L’émancipation se fondait sur les 12 Tables et exigeait qu’on exécutât
les 3 mancipations à la suite pour que la puissance paternelle
s’éteigne.
• Après cela, la voie à l’affranchissement était ouverte. Le fils était sous
la puissance d’un autre, qui ne pouvait pas l’émanciper.
• Ce dernier remancipait le fils à son père, qui pouvait à son tour
l’affranchir.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• Le régime paternel dans la famille romaine
• C’est le père qui se chargeait lui-même de l’éducation de ses fils,
tandis que les filles restaient entre les mains de la mater familias.
• Les enfants étaient élevés dans la tradition propre à leur famille, dans
l’orgueil et les vertus qui régnaient dans ces maisons, on leur inspirait
le respect de la res publica.
• Le jeune homme noble faisait son apprentissage de la vie publique en
se plaçant sous la conduite et l’influence d’une personnalité connue
de la république
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• La tutelle : tutela
• Il faut prévoir un remplaçant pour le pater familias pour ceux qui ont
besoin d’aide et d’assistance.
• La position du pater est reprise par le tuteur qui exerce d’une certaine
manière la puissance paternelle bien que le statut juridique du pupille
soir celui d’une personne sui iuris.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• La nomination du tuteur
• Les 12 Tables prévoient déjà comme tutor legitimus le parent le plus
proche. Mais on ne recourt à cette tutelle légale que dans le cas où le
défunt n’a pas prévu de solution particulière.
• L’activité du tuteur
• L’obligation du tuteur ressemble à une gestion d’affaires dans l’intérêt
du pupille. On considérait l’action de fin de mandat comme une
action de bonne foi. En cas de mauvaise gestion, on utilisait
l’accusatio suspecto tutoris.
Chapitre 1. Le droit de la personne
et de la famille / Le droit de la
famille
• La curatelle : cura
• Elle remonte au 12 Tables qui la prévoyaient pour porter assistance
aux inaptes (malade mental ou prodigue).
• Les rapports entre curateur et assisté sont réglés par la gestion
d’affaires, aucune action spéciale n’étant prévue.
Chapitre 2. Le droit des biens

• Section 1. La notion de bien


• Section 2. La classification des biens
• Section 3. Propriété et possession
Section 1. La notion de bien

• Le bien c’est une chose en tant qu’elle fait l’objet d’un droit.
Section 2. La classification des biens

• CLASSIFICATION FONDAMENTALE
• Distinction entre les choses susceptibles d'appropriation privée (res in patrimonio) et celles qui
ne le sont pas (res extra patrimonium).
• Distinction entre les choses soustraites au droit humain, les res divini iuris, c'est-à-dire celles
qui sont consacrées aux dieux (res sacrae), les sépultures (res religiosae), et les choses «
saintes» (res sanctae), parmi lesquelles il cite les portes et les murailles des villes. et Des res
humani iuris, pour des raisons diverses, échappent au commerce privé: biens des collectivités
publiques (res publicae), biens qui ne peuvent être appropriés et qui sont à l'usage de tous,
comme l'air, la mer et ses rivages (res communes), choses non encore appropriées (res nullius)
comme le gibier, ou abandonnées (res derelictae)
• AUTRES CLASSIFICATIONS
• Critère : la nature de la chose : choses corporelles ou incorporelles, choses fongibles ou non
fongibles, choses de genre ou chose individuellement déterminée (species), choses
consomptibles ou non par le premier usage, choses simples ou composées, meubles et
immeubles, etc.
Section 2. La classification des biens
• 1. Res in nostro patrimonio et res nullius.
• D’abord pour le premier terme « res in nostro patrimonio ». Nous
distinguons les droits patrimoniaux et les droits extrapatrimoniaux. Les
droits patrimoniaux sont ceux qui correspondent à une utilité économique
et peuvent être évalués en argent.
• Quant à la seconde expression, « res nullius », il convient de remarquer que
certaines de ces choses qui ne sont à personne peuvent s’y trouver
actuellement et provisoirement, mais non pas de leur nature. Elles ne sont
pas hors du commerce. Leur situation de biens sans maître peut cesser, car
elles sont susceptibles d’appropriation privée.
• 2. choses corporelles et choses incorporelles
• 3. « res mancipi » et « res nec mancipi »
• La propriété des « res mancipi » ne peut être transférée que par un
procédé formaliste, la mancipation ou encore, à la rigueur, par un
autre procédé formaliste, l’« in jure cessio ». La liste de ces « res
mancipi » a été arrêtée une fois pour toutes. Elle comprend la terre,
avec quelques accessoires, les esclaves, les bêtes de somme et trait
(bovins et équidés).
• 4. Les choses de genre, « res in genere » et les corps certains « res in specie »
• 5. Les choses consomptibles et les choses non consomptibles (« res quae (primo)
usu consumuntur et res quae usu non consumuntur »)

• 6. Meubles et immeubles
Section 3. Propriété et possession

• Le droit moderne tient la propriété pour un lien intellectuel entre


l'homme et la chose, indépendant par conséquent de la maîtrise
effective de cette chose.
• Aux origines, seule était reconnue cette maîtrise effective et l'analyse
juridique ne distinguait pas la chose du droit portant sur elle.
• On indiquera les grandes phases de cette histoire de la propriété, avant
de préciser le concept romain de possession et de rappeler les modes
d'acquisition de la propriété et les moyens juridiques qui en assurent la
protection.
• § 1. HISTOIRE DE LA PROPRIÉTÉ'
• L'époque archaïque. - La notion abstraite d'un lien intellectuel entre
l'homme et la chose est inconnue de la Rome archaïque
• La propriété archaïque est une maîtrise, qui n'est peut-être pas toujours
effective et actuelle, mais qui, dans une petite communauté, peut toujours
être facilement réalisée. Le propriétaire n'est jamais très éloigné de sa
maison ou de ses champs.
• Acquise par le travail, la force ou l'héritage, cette propriété est d'abord, dans
un régime où le droit n'existe guère, la maîtrise de fait. De bonne heure, les
situations acquises, qui semblent respectables, sont, protégées par l'autorité
publique.
• De la maîtrise on passe au droit. Celui-ci se confond avec la chose elle-
même ainsi que l'atteste la formule «vindicatoire »: « je déclare que
cet esclave est mien » (et non pas « que j'en suis propriétaire »).
• La propriété archaïque a peut-être, au moins pour partie, un certain
caractère familial.
• Cette propriété familiale porte vraisemblablement sur les immeubles
(maisons et champs) qui se transmettent de génération en génération.
• Les meubles (armes, effets personnels, produits de la chasse ou du
travail, butin, etc.), ont, de bonne heure, un caractère personnel plus
accusé.
• On ne saurait d'ailleurs reconnaître à la famille un droit de propriété au
sens strict, car la famille, réalité affective, économique, sociale, n'est pas
tenue à Rome pour une personne juridique, titulaire d'un patrimoine.
• En fait, la forte autorité du père de famille dans son groupe fait de lui le
maître des biens: il a seul la capacité juridique nécessaire à leur
acquisition ou à leur aliénation.
• Il est possible qu'à une époque très archaïque il n'ait pu disposer des
immeubles. Quoi qu'il en soit, la maîtrise du père n'interdit pas de
considérer que les biens sont à l'usage de la famille: le père doit les gérer
dans l'intérêt commun; les ayant reçus des ancêtres, il doit les transmettre
à ses descendants.
• Il serait plus vrai de parler de la succession des pères sur le domaine familial que
de la succession des biens d'un père à ses héritiers.
• La propriété familiale, qui ne peut avoir une existence juridique, constitue aux
origines de Rome une réalité économique et sociale - ce qui compte plus alors
qu'une reconnaissance juridique.
• L'affaiblissement progressif de la cohésion familiale, le passage d'une économie
pastorale et agricole (dans laquelle le partage de l'exploitation présente de graves
inconvénients) à une économie d'échange plus individualiste, l'apparition de la
monnaie et le développement de la fortune mobilière entraînent la décadence,
puis la disparition de la propriété familiale.
• La plus longue persistance de l'indivision familiale après la mort du père, dans les
campagnes qu'à la ville s'explique par les exigences de l'économie agricole.
• L'époque classique. - L'immense conquête romaine, la participation de non-citoyens à la
vie des affaires provoquent dès le cours de l'époque républicaine la reconnaissance de
plusieurs situations juridiques.
• L'une est le privilège des citoyens romains. D'autres concernent des acquisitions qui ne
respectent pas les exigences du droit civil, les terres provinciales, les pérégrins.
• La propriété romaine est dite quiritaire, parce qu'elle doit être conforme aux exigences
du « droit des Quintes ». Elle requiert la réunion des trois conditions: son titulaire doit
être citoyen romain; elle doit porter sur une chose susceptible de propriété quiritaire
(meubles et, pour les immeubles, seulement le territoire à certaines exigences de
formes.
• C'est donc la propriété romaine par excellence Elle est protégée par l'action en
revendication. A l'époque des actions de la loi le demandeur qui intentait cette action
affirmait que «la chose lui appartenait en vertu du droit des Quintes ».
• On a souvent dit de cette propriété romaine qu'elle était « absolue»
et que son titulaire jouissait des droits les plus étendus sur son bien.
• Sans doute les Institutes de Justinien parlent-elles d' « un plein
pouvoir sur la chose » et les interprètes du droit d'user de la chose,
d'en percevoir les fruits et d'en disposer en l'aliénant ou même en la
détruisant.
• En fait, selon les époques, la propriété romaine connaît des limites:
celles de la forte structure familiale à l'époque archaïque, puis du
voisinage, de l'intérêt public ou d'un dirigisme économique qui, rares
sous le Haut-Empire, se font oppressifs au Bas-Empire.
• Les rapports de voisinage avaient déjà retenu l'attention du législateur décemviral. Les XII Tables
réservent un espace (ambitus) entre deux maisons, réglementent le surplomb des arbres du
voisin, oblige à tolérer le voisin qui vient sur votre sol pour cueillir ses fruits ou à laisser couler sur
son sol des eaux de pluie qui viennent d'un fonds supérieur.
• D'autres obligations de voisinages furent reconnues de bonne heure.
• Les préteurs, par leurs Edits, développèrent cette protection, en particulier à l'occasion des
troubles résultant de travaux de construction entrepris sur un fonds voisin.
• L’Edit perpétuel (XXVII, 174) instaure à cet effet l’operis novi nuntiatio,
que précisa l'interprétation doctrinale, notamment celle d'Ulpien, dans
son commentaire de l'Edit, largement repris au Digeste, de opens novi
nuntiatione.
• Il s'agit d'une procédure souple qui s'efforce de concilier le droit du
propriétaire à faire des travaux sur son sol, celui des voisins à faire
respecter leur tranquillité et l'intérêt public de la société à être garantie
contre un danger menaçant.
• Le propriétaire, gêné par les travaux du voisin, peut lui adresser,
personnellement et sans forme, une déclaration (nuntiatio), demandant
leur arrêt.
• Si le voisin n'obtempère pas, le propriétaire saisit le préteur pour qu'il tranche le
conflit. Le voisin qui poursuit ses travaux, s'expose à un « interdit restitutoire »,
l'obligeant à démolir.
• Mais il peut contester le bien-fondé de l'opposition du propriétaire, obtenir un délai,
poursuivre ses travaux. Il doit alors fournir une garantie privée (cautio) ou le préteur
lui accordera une remissio.
• Si, indépendamment de l'intérêt du propriétaire, il apparaît que les travaux étaient
d'« une urgente nécessité » pour la sécurité ou la santé publique (réparation d'un
immeuble qui menace ruine, réfection de canalisation, drainage d'un ruisseau, etc.),
le préteur ne permettra pas à la procédure d'operis novi nuntiatio de les arrêter.
• La jurisprudence classique, et spécialement Ulpien, par une fine casuistique précisa
les conditions dans lesquelles l' operis novi nuntiatio serait possible.
• C'est ainsi qu’elle ne peut être engagée contre des travaux normaux des
champs (moissons vendanges, coupes d'arbres, ou contre la restauration d'un
bâtiment vétuste
• Les conditions strictes auxquelles est soumise la reconnaissance de la
quiritaire, en particulier le formalisme de la transmission qui exige pour les
mancipi l'emploi de la mancipatio ou de l'in jure cessio, ne vont pas sans
inconvénient.
• L'emploi de la tradidio pour le transfert de res mancipi ne permet pas de faire
acquérir la propriété quiritaire et risque donc de laisser le maître de la chose
sans protection juridique et cela même si une telle protection est équitable
(par exemple à la suite d'un achat accompagné du paiement du prix).
• Le problème le plus grave fut posé par l'immensité du territoire
• Par droit de conquête, le sol, ses habitants, leurs biens passent sous la maîtrise de
Rome. En fait, le vainqueur ne peut se réserver l'exploitation de tout le sol conquis, pas
plus qu'il ne peut massacrer ou réduire en esclavage tous les vaincus.
• Rome se réserva une partie du sol, désignée sous le nom d'ager publicum (la terre du
peuple).
• Son utilisation est des plus diverses: une partie des terres conquises sert à la création
des colonies de citoyens ou de Latins.
• Certaines fractions font l'objet d'assignations individuelles (en particulier au profit des
vétérans) ; d'autres sont affermées, vendues, voire laissées à l'exploitation d’occupants.
• Une grande part des terres conquises est confiée à des particuliers qui exercent sur elle
une propriété dite provinciale.
• Sur ces terres persiste, par droit de conquête, une propriété éminente
de l'Etat romain qui se superpose à la propriété privée de l'exploitant.
• A la différence des terres romaines ou italiques, le sol provincial est
soumis à l'impôt foncier. Le droit du particulier est parfois qualifié de
«possession ou usufruit ».
• Le mot de « propriété » apparaît pour la première fois dans une
constitution de 286
• § IILA POSSESSION
• Maîtrise de fait sur la chose, qui permet au titulaire d'en disposer matériellement, la
possessio est un pouvoir, non un droit.
• La possession ne doit pas être confondue avec la propriété.
• Toutefois elle est, le plus souvent, la manifestation extérieure de cette dernière et,
dans la plupart des cas, les qualités de possesseur et de propriétaire se confondent.
• Maîtrise de fait, la possession aurait dû rester étrangère au domaine juridique.
• Mais l'importance pratique et la fréquence de cette situation n'ont pas permis aux
juristes de l'ignorer. Ceux-ci ont attaché certains effets de droit à une maîtrise de fait:
protection juridique de la situation de possesseur, transformation après un certain
délai de la possession en une propriété, situation privilégiée du possesseur dans le
procès en revendication.
• Mais pour que ces effets juridiques se produisent, il a été exigé que la
possession présente certaines qualités, qu'elle réponde à certaines
conditions.
• A la base de la théorie de la possession, se trouve le souci d'accorder à
certaines situations une protection juridique, indépendamment de la
question de savoir si celui que l'on protège est propriétaire ou non.
• C'est pour les occupants de l'ager publicus que le préteur créa les «
interdits possessoires ». Il s'agit de mesures de police administrative
fondées sur l’imperium du magistrat, pour faire respecter les situations
acquises, sans qu'à l'origine du moins on se préoccupe de leur légitimité.
• Cette protection fut étendue rapidement au cas voisin du précariste
qui lui aussi est occupant temporaire d'une terre. Le précariste est,
dans la Rome ancienne, souvent un client à qui son patron a concédé
une terre qui lui appartient.
• Dans la Rome archaïque le précariste ne jouit pas d'une protection
juridique, car les relations entre patrons et clients échappent au droit
et relèvent de la seule bonne foi (fides). Lorsque ces liens de caractère
religieux et social s'affaiblirent, le droit de la cité intervint: le préteur
étendit au précariste la protection possessoire.
• Les avantages de cette protection la font peu à peu appliquer à
d'autres situations : possesseur de meubles à côté des possesseurs
d'immeubles et plus généralement toute personne qui ne reconnaît
pas la propriété d'autrui, donc le propriétaire lui-même mais aussi le
possesseur de bonne foi qui se croit propriétaire ou le possesseur de
mauvaise foi qui ne reconnaît pas le droit du véritable propriétaire; et
même deux catégories de personnes qui reconnaissent la propriété
d'autrui, mais qui cependant bénéficient de la protection possessoire:
le créancier gagiste et le dépositaire séquestre.
• La notion classique de possession. - Pour les Juristes classiques la possession n'est
plus seulement une maîtrise de fait. Elle demeure une maîtrise, mais exercée avec
une certaine intention.
• Ce sont ces deux éléments, matériel et intellectuel que les juristes désignent par les
termes de corpus et d'animus.
• Le corpus consiste dans la maîtrise de la chose. Mais cette maîtrise n'est pas
nécessairement effective, constante, personnelle.
• L'animus est plus difficile à définir. Il traduit une intention, non un acte de volonté,
intention qui n'est ni de se considérer comme propriétaire (animus domini) ni
simplement de garder la chose (animus tenendi).
• C'est l'intention d'avoir la chose pour soi (rem sibi habendi), c'est-à-dire de bénéficier
des avantages reconnus par le droit à la qualité de possesseur.
• Acquisition et perte de la possession. - L'analyse de la possession en deux éléments, le
corpus et l'animus permet de préciser les conditions d'acquisition et de perte de la
possession. Résultant d'une donnée matérielle et d'un élément intentionnel, la possession
s'acquiert par la réunion de ces deux composantes.
• L'élément intentionnel doit exister dans la personne même qui acquiert la possession. Mais
l'acquisition du corpus peut émaner soit du possesseur lui-même soit d'un tiers.
• La possession cesse non seulement par la disparition de la chose qui en faisait l'objet mais
aussi par la disparition du possesseur lui-même.
• La possession est en effet strictement personnelle, elle ne se transmet pas aux héritiers, ou
du moins, il leur faut renouveler l'acte de prise de possession.
• En outre, la disparition de l'intention ou la perte de la maîtrise entraînent cessation de la
possession. La perte de la maîtrise résulte d'un abandon volontaire ou d'une dépossession
involontaire.
• § 3. L’acquisition de la propriété
• La propriété est acquise soit à la suite de faits matériels, soit à la suite de faits
juridiques. L'acquisition peut porter sur un ou plusieurs droits considérés
individuellement ou sur l'ensemble (ou une quote-part indivise) d'un patrimoine
• Au premier cas, l'acquisition est à titre particulier; au second, elle est universelle ou à
titre universel (par exemple au cas de succession à cause de mort). On n'envisagera ici
que les modes d'acquérir à titre particulier.
• On distingue parmi ces derniers les modes d'acquérir originaires qui donnent à
l'acquéreur un droit qui apparaît pour la première fois dans sa personne, et les modes
dérivés qui font acquérir un droit qui appartenait antérieurement à un autre propriétaire.
Au premier cas il y a création, au second, transmission de la propriété.
• Mais la notion de transfert d'un droit (droit de propriété, puissance, créance) était
inconnue à l'époque archaïque.
• Le droit est « créé» pour chaque titulaire et cela apparaît dans les actes « de transfert »
qui remontent à une haute antiquité.
• Ils furent d'abord des actes d'affirmation du droit avant d'être utilisés comme actes de
transfert. Cependant, dès l'époque des XII Tables, et peut-être déjà auparavant, des
actes, qui furent d'abord des affirmations ritualistes créatrices de droit, étaient déjà
devenus des actes de transfert de la propriété.
• Une autre classification distingue les modes d'acquérir du droit
quiritaire qui sont réservés aux citoyens (ou aux non-citoyens
bénéficiant du commercium) et les modes du droit des gens, que les
Romains considéraient comme connus de tous les peuples et qui,
pour cette raison, furent accessibles aux non-citoyens comme aux
citoyens.
• Les modes originaires d'acquisition de la propriété.
• - Le mode originaire d'acquérir est par excellence l'occupation, c'est-à-dire la
prise de possession d'une chose qui jusque-là était sans maître et cela avec
l'intention d'en devenir propriétaire.
• Font l'objet d'appropriation par occupation les produits de la pêche et de la
chasse, les terres non encore appropriées, les biens pris à l'ennemi. Toutefois le
droit classique considéra que le butin appartenait à l'Etat, sous réserve de la
possibilité pour le général victorieux d'en distribuer une partie à ses troupes.
Chapitre 3. Le droit des obligations
La notion d’obligation
• Définition : « Obligatio est juris vinculum, quo necessitate adstringimur
alicuius solvendare rei secundum nostrae civitatis juris » (Institutes de
Justinien III, 13, pr.)
• Traduction : « L’obligation est un lien de droit par lequel nous sommes
tenus nécessairement de payer quelque chose à quelqu’un selon le droit
de notre cité ».
• L’obligation se décompose en deux éléments :
• Le debitum, la dette, Le fait de devoir
• L’obligatio, la responsabilité, L’engagement.
La notion d’obligation

• Un lien de droit entre deux ou plusieurs personnes


• Un lien juridiquement sanctionné
• Vinculum juris. Ce lien de droit repose sur la confiance. Il est temporaire.
• Necessitate adstringimur. Le débiteur est tenu de s’exécuter, il y est contraint. Il
s’agit d’une contrainte juridique résultant d’une sanction que le créancier trouve
dans les dispositions du droit positif (secundum nostrae civitatis jura)
La notion d’obligation

• L’extinction du lien.
• Le paiement/ le paiement désigne l’acte qui permet l’exécution d’une prestation
quelconque. En principe, il est effectué par le débiteur au créancier lui-même. Le paiement
doit être intégral. Il doit correspondre à la prestation due (aliud pro alio invito creditori solvi
non potest / on ne peut livrer une chose à la place de la prestation contre l’avis du créancier)
• La remise de dette (abandon volontaire de sa créance par le créancier). Les formes :
l’acceptilatio, les paiements fictifs au moyen de pesée.
• Autres modes d’extinction (proche de la remise de dette) : le pacte de remise de dette
et le contrarius dissensus
La classification des obligations en fonction
de l’objet / La classification principale :

• Dare c’est transférer la propriété d’une chose


• Facere consiste à faire quelque chose au profit du créancier ; au
facere, les jurisconsultes romains assimilent le non facere (abstention)
• Praestare s’entend de la livraison d’une chose corporelle au créancier
sans lui transférer la propriété
Les catégories d’obligations en droit
romain
• I : Les obligations contractuelles dans la Rome antique
• I.1 : Les contrats formalistes
• I.2 : Les contrats consensuels
• II : L’obligation délictuelle dans la Rome antique
• II.1. La responsabilité
• II.2. Les délits privés
• II.3. Les obligations quasi délictuelles
PARTIE 3.
L’IMPLEMENTATION DU DROIT
PAR LA JURIDICTION
ET LA PROCEDURE
Le procès et les actions

• Le mot « procès » indique les activités des parties, du magistrat et du


juge dans leur ensemble pour parvenir à une sentence qui met fin au
litige. Il désigne aussi toute la procédure, incluant l’exécution lorsque le
condamné n’y pourvoit pas lui-même.
• A l’époque classique, le sens du mot « action » dépasse le formalisme
procédural et exprime directement le droit que le demandeur fait
valoir dans le procès. « Avoir une action » signifie donc avoir une
prétention fondée en droit, qui, si elle est prouvée en justice, réalise le
droit matériel subjectif
La juridiction du préteur

• Le mot latin iurisdictio vient de ius dicere. Le mot ius y est pris dans un sens particulier,
caractéristique du langage juridique romain : le droit (ius) exprime l’état juste d’une situation.
Exercer la juridiction (ius dicere) signifie trouver qui, dans le litige, est juste.
• La fonction spécifique du préteur : l’exercice de la juridiction
• Le dare concernait le iudicium dare : accorder et ouvrir le procès.
• Le dicere, le dire du préteur, comportait la surveillance du procès par ses ordres ;
• et l’addicere exprimait l’attribution du litige ou de l’objet litigieux par le préteur
Les legis actiones

• les legis actiones sont liées à des actes et des formules solennels et stricts que les
pontifes avaient composés.
• Ces actions étaient légales dans le sens que les lois prévoyaient les cas de leur
application.
• Mais elles étaient aussi légales en un sens plus primitif exigeant que tout acte
procédural soit soumis à un formalisme oral et gestuel écrit.
• La période du formalisme strict des legis actiones s’étend jusqu’au IIIème avant J.-
C.
Les legis actiones

• Les différents types de legis actiones


• la legis actio sacramento,
• la legis actio periudicis postulationem
• et la legis actio per condictionem.
• Le juge dirigeait le débat et concluait la procédure en
prononçant la sentence.
• Aux actions judiciaires s’adjoignait une legis actio
exécutoire, la manus injectio judicati
La procédure formulaire sous la
République et sous le Principat

• L’origine de la procédure formulaire


• Le procès formulaire fut la création des préteurs.
• La nouvelle procédure se répartissait sur deux instances,
• la première in jure, devant le préteur,
• et la deuxième, devant le juge,
• toutes deux reliées par la litis contestatio.
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• La procédure devant le préteur


• La citation
• la sommation de comparaître en justice
• Le demandeur devait indiquer l’action qu’il voulait intenter et
remettre à la partie adverse copie des documents qu’il
voulait produire devant le juge.
La procédure formulaire sous la
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• Le débat devant le magistrat : la phase in iure
• Le demandeur confirmait son editio actionis
• et chaque partie présentait ses demandes au préteur.
• La postulatio du demandeur contenait la formula de l’action correspondant à sa
prétention.
• Si le défendeur reconnaissait immédiatement les prétentions du demandeur, le
procès prenait fin à condition que cet aveu ait trait à une dette d’argent
déterminée.
• Dans les autres cas, les faits étaient tenus pour acquis, mais la procédure
continuait en vue des questions restées ouvertes.
• Ensuite, on procédait à la désignation du juge. En conclusion, le magistrat
composait la formule et donnait le texte rédigé au demandeur.
La procédure formulaire sous la
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• La litispendance : litis contestatio

• la litis contestatio marque l’instauration définitive du


procès.

• La litis contestatio formait le pivot de la procédure, car


c’est le moment auquel se réfère le jugement.
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• La procédure devant le juge


• L’instance devant le juge : apud iudicem ; la phase in iudicio
• L’instruction de la cause débutait par la production des documents, suivie de
la déposition des témoins qui étaient interrogés par les parties. Ensuite
s’ouvraient les plaidoiries.
• La sentence : sententia, iudicium
• Le jugement ne pouvait aboutir qu’à l’acquittement ou à la condamnation.
La procédure formulaire sous la
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• L’exécution
• actio iudicati, l’action fondée sur le jugement
• Dans l’ancienne procédure des actions de la loi, l’exécution se faisait à l’aide
d’une action spéciale, la manus iniecto iudicati, la mainmise sur le condamné. La
procédure formulaire, en revanche, ne connaissait plus cette voie. La sentence
avait effet de chose jugée, mais elle ne donnait pour autant de titre exécutoire.
• Les sanctions contre le défendeur refusant de
collaborer
• Il fallait trouver le moyen de contraindre le défendeur de prêter sa collaboration.
S’il pouvait justifier son absence, ses excuses étaient acceptées. Sinon, il était
sanctionné par la vente de tous ses biens. S’il était confronté à une action réelle,
il pouvait échapper au procès en lâchant la chose litigieuse
La procédure formulaire sous la
République et sous le Principat

• La structure des actions formulaires


• Les éléments de la formule
• En premier vient la demande soumise au juge ;
• ensuite, la formule ordonne au juge de prononcer la sentence en condamnant
ou en absolvant le défendeur.
• L’équilibre de la procédure exige aussi que le défendeur puisse alléguer des
arguments qui parlent en sa faveur.
La procédure formulaire sous la
République et sous le Principat
• La réalisation du programme de la formule par le juge
• La demonstratio : l’indication du fondement concret de l’action
• La demonstratio indique l’affaire litigieuse.
• Dans l’appréciation des preuves, le juge jouit d’une grande liberté et agit
comme bon lui semble.
• L’intentio : la demande de l’acteur
• L’intentio se réfère au rapport contractuel décrit dans la demonstratio.
Elle impose au juge 2 tâches :
• 1. Le juge doit examiner la validité du rapport contractuel ;
• 2. Il passe à l’évaluation du contenu de la prestation circonscrite dans
la formule.
La procédure formulaire sous la
République et sous le Principat
• La référence à la bonne foi est dans ces affaires d’une importance capitale ; il
fallait condamner tout manquement à cette dernière.
• La condemnatio : la condamnation
• La condamnation était toujours de nature pécuniaire.
On attendait du défendeur succombant qu’il s’acquitte
de sa dette ou qu’il resitue la chose selon l’ordre du
juge avant que celui-ci n’ait prononcé sa sentence.
La procédure formulaire sous la
République et sous le Principat
• La division des différents genres de formules
• La formule traduit et transforme la situation juridique
matérielle qui existe entre les parties en un rapport litigieux
procédural. Gaius en distingue 2 groupes :
• 1. Les formules des actions réelles : actiones in rem
• L’intentio de la formule ne mentionne que la chose litigieuse
sans faire allusion à la personne du défendeur.
• 2. Les formules des actions personnelles : actiones in personam
• La demande mentionne toujours la partie adverse. Ces
actions sanctionnent les rapports d’obligation mentionnant le
lien juridique entre les parties engagées.
L’évolution de la procédure sous
l’Empire
• La juridiction extraordinaire : cognitio extra ordinem
• Elle était réservée pour des domaines spécifiques que le Prince voulait se réserver.
• L’importance de cette juridiction extraordinaire alla de paire avec la consolidation
de l’administration impériale.
• La procédure impériale
• La procédure civile perdit de plus en plus son caractère privé. L’instruction du
procès, l’administration des preuves et le jugement ne furent plus confiés au juge
privé nommé par le préteur mais à des fonctionnaires impériaux.
• La convocation au procès se faisait par le tribunal auquel le demandeur s’était
adressé.
• La litis contestatio ne consistait plus en la déclaration des parties de vouloir se
soumettre au tribunal, elle ne signifiait que la fixation de la controverse entre les
parties.
• La sentence n’était pas liée à une condamnation pécuniaire comme dans le procès
formulaire, mais se prononçait directement sur une prestation en nature.
L’évolution de la procédure sous
l’Empire
• Les voies d’appel et le procès par rescrit sous l’Empire
• Finalités : Légitimation des procès ordinaires, supervision et contrôle des
juridictions dans tout l’Empire.
• L’appel à l’empereur se dirigeait contre une décision judiciaire, avant tout
contre un jugement. La réglementation de ce recours était soumise à des
conditions très strictes. Il fallait un intérêt légitime pour le justifier.
• Les rescrits étaient conservés et collectionnés, acquérant ainsi la force d’une
décision de fond et obtenant une valeur légale grâce à l’autorité de l’empereur.
• La procédure sous l’Empire a des traits d’une procédure bureaucratique et
administrative
• De cette procédure sont issus : la séparation entre droit matériel et
procédural ainsi que la soumission de tout acte de juridiction au
contrôle de différentes instances.