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Le royaume de Ga'Hoole : la légende des gardiens

(2010) de Zack Znyder


Soren, une jeune chouette rêveuse, est fasciné par la légende des
guerriers héroïques de Ga'Hoole à la différence de son frère Kludd qui
ne supporte plus cette légende. Quand ils tombent accidentellement de
leur nid, ils sont conduits avec d'autres oisillons de toutes espèces pour
servir les terribles Sangs purs...

Cette épopée de deux frères ennemis est adaptée de la série de livres


pour enfants Les gardiens de Ga'Hoole de Kathryn Lasky. Zack Znyder,
le réalisateur de 300 et de Watchmen, s'est cette fois lancé dans un film
d'animation destiné aux bambins. Cela explique certainement le
sentiment d'être face à un film "adulte" qui ne fait pas de compromis
pour ses jeunes spectateurs : le scénario aborde la question d'une
dictature qui fait référence au nazisme ; la réalisation est sans
concession, notamment dans les scènes de bataille. Bien que l’histoire soit loin d'être parfaite et assez consensuelle, elle
ne fait pas non plus dans la mièvrerie coutumière des dessins animés ou dans l'habituelle exaltation naïve des héros
beaux et invincibles. La guerre n'est pas présentée comme
un évènement anodin. Les batailles et leurs conséquences
sont présentées dans toute leur brutalité : "Voilà ce que ça
donne quand on a combattu lors d'une bataille. Ce n'est
pas glorieux, ce n'est pas beau, ce n'est même pas
héroïque. C'est seulement faire son devoir et le faire
encore et encore, même si un jour on ressemble à ça...".
D'autres part les personnages secondaires sont moins
caricaturaux qu'à l'accoutumée et, oh merci, aucun
personnage bavard, rigolard et insupportable à l'horizon.
De l'humour, il y en a bien sûr mais utilisé avec parcimonie et justesse. La grande force de ce film réside dans tous ces
détails, mais aussi et surtout dans une animation étonnamment fluide et maîtrisée jusqu'au bout de chaque plume
d'oiseaux. Le travail sur l'expressivité des animaux et leurs mouvements est incroyable. Le tout est servi par des
musiques somptueuses comme The Host Of Seraphim de
Dead can dance et un travail sur les bruitages très efficace
qui donne du réalisme et de la profondeur aux scènes.
Visuellement, le film est splendide, certaines séquences
sont vertigineuses et les ralentis sont un éblouissant
mélange de beauté froide, de grâce et de poésie. Un
spectacle qui vaut donc le détour !