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LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION Troisième Partie
LEÇONS
SUR LA PHILOSOPHIE
DE LA RELIGION
Troisième Partie
ÉPIMÉTHÉE ESSAIS PHILOSOPHIQUES
ÉPIMÉTHÉE
ESSAIS PHILOSOPHIQUES

Collection fondée pa,. Jean Hyppolite et dirigée par Jean-Luc Marion

ÉPIMÉTHÉE ESSAIS PHILOSOPHIQUES Collection fondée pa,. Jean Hyppolite et dirigée par Jean-Luc Marion
ÉPIMÉTHÉE ESSAIS PHILOSOPHIQUES Collection fondée pa,. Jean Hyppolite et dirigée par Jean-Luc Marion

GEORG

WILHELM

FRIEDRICH

HEGEL

LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION Troisième Partie La religion accomplie NOUVELLE ÉDITION ÉTABLIE
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE
DE LA RELIGION
Troisième Partie
La religion accomplie
NOUVELLE ÉDITION ÉTABLIE PAR
WALTER jAESCHKE
TRADUcnON. PRÉSENTATION ET ANALYSE PAR
PIERRE GARNIRON
AVEC LA COLLABORATION DE GILLES ~IARMASSE
OUVRAGE TRADUIT ET PUBLIÉ
AVEC LE CONCOURS DU CENTRE NATIONAL DU LIVRE
~
~l~
PRESSES
UNIVERSITAIRES
DE
FRANCE
OUVRAGE TRADUIT ET PUBLIÉ AVEC LE CONCOURS DU CENTRE NATIONAL DU LIVRE ~ ~l~ PRESSES UNIVERSITAIRES
Le présent ouvrage est la traduction française de GEORG WU-HELM FRIEDRICH HEGEL Vorksung<n iiber die
Le présent ouvrage est la traduction française de GEORG WU-HELM FRIEDRICH HEGEL Vorksung<n iiber die
Le présent ouvrage est la traduction française de GEORG WU-HELM FRIEDRICH HEGEL Vorksung<n iiber die
Le présent ouvrage est la traduction française de GEORG WU-HELM FRIEDRICH HEGEL Vorksung<n iiber die
Le présent ouvrage est la traduction française de GEORG WU-HELM FRIEDRICH HEGEL Vorksung<n iiber die
Le présent ouvrage est la traduction française de GEORG WU-HELM FRIEDRICH HEGEL Vorksung<n iiber die
Le présent ouvrage est la traduction française de GEORG WU-HELM FRIEDRICH HEGEL Vorksung<n iiber die

Le présent ouvrage est la traduction française de

Le présent ouvrage est la traduction française de GEORG WU-HELM FRIEDRICH HEGEL Vorksung<n iiber die

GEORG WU-HELM FRIEDRICH HEGEL

Vorksung<n iiber die PhiIMophie der Re/Won Teil 3 : Die Volkndete Religron

Herausgegeben von WALTER JAESCHKE

©

am deutscnen T ext Felix Meiner Verlag GmbH Hamburg, 1984

© am deutscnen T ext Felix Meiner Verlag GmbH Hamburg, 1984 ISBN 2 1· 3 048266

ISBN 2 1· 3 048266 X

ISSN 0768-0708

Dépôt l<!gal - 1~ édition: 2004, novembre

Presses Universitaires de Fl'lII1cc, 2004

©

l<!gal - 1 ~ édition: 2004, novembre Presses Universitaires de Fl'lII1cc, 2004 © 6, avenue Reille,

6, avenue Reille, 75014 Paris

l<!gal - 1 ~ édition: 2004, novembre Presses Universitaires de Fl'lII1cc, 2004 © 6, avenue Reille,
l<!gal - 1 ~ édition: 2004, novembre Presses Universitaires de Fl'lII1cc, 2004 © 6, avenue Reille,
Avertissement Nous publions ici la traduction par Pierre Garniron de la troisième partie de G.
Avertissement
Nous publions ici la traduction par Pierre Garniron de la troisième
partie de G. W. F. Hegel, Vorlesungen über die Philosophie der Religion, éditées
par Walter Jaeschke, Hambourg, Felix Meiner, 1984. Cette publication
fait suite à la traduction, elle aussi due à Pierre Garniron, de la première
partie des
VorJesungen über die Philosophie der Religion, éditées par Walter
Jaeschke, Hambourg, Felix Meiner, 1983.
Cependant, pour ce nouveau volume, nous devons déplorer que
l'application, la science et la compétence bien connues de Pierre Garni-
ron aient été empêchées par son état de santé. Il n'a donc pu assurer que
la traduction du texte lui-même, sans parvenir, comme pour le précédent
volume, à achever celle des Notes de féditeur (au texte de Hegel) ni pou-
voir écrire ses propres Présentation, Apparat de traduction. Même après ses
efforts
répétés,
malgré
le
soutien
sans
faille
et
un
délai
très
large
de
l'éditeur
(près
de
huit
ans),
il
faut
aujourd'hui
constater
cet
inachèvement.
Plutôt que retarder encore une parution, qui deviendrait alors très
problématique et découragerait la patience des lecteurs, les Presses Uni-
versitaires de France ont préféré entériner aujourd'hui cet état de fait. En
accord avec le Centre national du livre, nous avons donc décidé de faire
paraître telle quelle la traduction du texte même de Hegel, complète et
avec son apparat critique, mais ~s plus attendre la traduction de
l'introduction historique et des notes sur le texte dues à W. Jaeschke (le
lecteur pourra se référer à la publication allemande), nil'appara~atra-
duction ou le commentaire dutraducteur, tous deverrns hypothétiques.
ëétte décision, qui permet d'assumer jusqu'au bout notre responsabilité
éditoriale auprès du public savant, aussi bien que de respecter loyalement
le travail scrupuleux du traducteur, nous semble constituer un moindre
mal.

VI

LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION

------ -- J.-L. Marion.
------
--
J.-L. Marion.

Nous remercions M. Gilles Marmasse, maître de conférences à

l'Université

reconnu de Hegel, d'avoir révisé les épreuves du manuscrit et ajouté une courte présentation.

Paris-Sorbonne~-même traducteur et commentateur

révisé les épreuves du manuscrit et ajouté une courte présentation. Paris-Sorbonne~-même traducteur et commentateur
révisé les épreuves du manuscrit et ajouté une courte présentation. Paris-Sorbonne~-même traducteur et commentateur
révisé les épreuves du manuscrit et ajouté une courte présentation. Paris-Sorbonne~-même traducteur et commentateur
révisé les épreuves du manuscrit et ajouté une courte présentation. Paris-Sorbonne~-même traducteur et commentateur
révisé les épreuves du manuscrit et ajouté une courte présentation. Paris-Sorbonne~-même traducteur et commentateur
Avant-propos*
Avant-propos*

Hegel ne publia pas lui-même sa philosophie de la religion, mais se contenta de l'exposer ex cathedra à quatre reprises durant les années berli­ noises: en 1821, 1824, 1827 et 1831 - on ajoutera encore à cette liste les Leçons sur les Preuves de fexistence de Dieu professées en 1829 1 Les textes sur la religion que Hegel fit lui-même paraître se réduisent dès lors aux pas­ sages concernés de la Phénoménologie de fesprit (1807), de l'Enryclopédie 4es sciences philosophiques (1817, 1827 et 1830), ainsi qu'à quelques écrits plus circonstanciels comme la préface pour la Philosophie de la religion de Hin­ richs de 1822 2 La première édition posthume des Leçons sur la Philosophie de la religion (notée W 1 ), établie à partir des textes autographes de Hegel et des notes de ses auditeurs, fut publiée par Philipp Marheineke en mai 1832, soit moins de six mois après la mort de Hegel et la constitution du « cercle des amis du défunt» qui se proposait d'établir une édition intégrale des œuvres de celui-cP. Cette première édition ne fond pas les différentes sources les unes dans les autres mais juxtapose de longs passa­ ges tirés, à chaque fois, de l'un ou l'autre manuscrit. Cependant on repro­ cha vite à cette édition son caractère sommaire (les critiques venant notamment de la famille Hegel) et il fut décidé de confier à Bruno Bauer la mise en œuvre d'une deuxième édition (notée W 2 ). Celle-ci, publiée

deuxième édition (notée W 2 ). Celle-ci, publiée * Les indications philologiques sont, pour l'essentiel,
* Les indications philologiques sont, pour l'essentiel, tirées de l'ample avant-propos de l'éditeur in
* Les indications philologiques sont, pour l'essentiel, tirées de l'ample avant-propos
de l'éditeur in Hegel, Leçons SNr la PhikJsophie de la religion, édition W. Jaeschke, trad. P. Gar­
niron, première partie, Paris, PUF, 1996, p. XIX sq.
1. Les Leçons SNr les PreNves de l'existence de DieN ont été ajoutées par Marheineke à son
édition des Leçons SNr la PhikJsqphie de la religÎlJn. Le manuscrit autographe est perdu. Le texte
a été traduit par J.-M. Lardic (paris, Aubier, 1994).
2. Ce texte est traduit in Hegel, Écrits SNr la religion (1822-1829), traduction, avant­
propos et introduction par Jean-Louis Georget et Philippe Grosos, Paris, Vrin, 2001.
3. G. W. F. Hegel, Wérke. Vollstdndige ANsgabe dNrrh einen Verein von FreNnden des
Verewigten, Bde. 11-12: Vor/esNngen iiber die PhikJsophie der Religion. Nebst einer Schrift iiber die
Beweise vom Dasqn Cottes, hrsg. von Ph. Marheineke, Berlin, 1832.
PhikJsophie der Religion. Nebst einer Schrift iiber die Beweise vom Dasqn Cottes, hrsg. von Ph. Marheineke,
PhikJsophie der Religion. Nebst einer Schrift iiber die Beweise vom Dasqn Cottes, hrsg. von Ph. Marheineke,
PhikJsophie der Religion. Nebst einer Schrift iiber die Beweise vom Dasqn Cottes, hrsg. von Ph. Marheineke,

VIII

LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION

en 1840 (avec une préface de Marheineke, qui loue la perspicacité et l'érudition de Bauer) et d'un volume bien plus considérable que la pre­ mière édition, s'appuie sur des sources souvent nouvelles - une large part des sources de W\ avait d'ailleurs entre-temps disparu - et, à la différence de la première édition, recourt massivement au manuscrit autographe de 1821. Elle consiste cette fois-ci en une réécriture intégrale du texte des

Leçons sur la Philosophie de la religion, au prix de certains artifices et de

de la religion, au prix de certains artifices et de l'effacement des évolutions de la pensée
l'effacement des évolutions de la pensée hégélienne 1 • On retrouve toute­ fois la compilation
l'effacement des évolutions de la pensée hégélienne 1 • On retrouve toute­
fois la compilation de Bauer dans l'édition jubilaire d'Hermann Glockner
et dans l'édition de poche d'Eva Moldenhauer et Karl-Markus MicheP
-les deux éditions les plus largement diffusées en milieu germanophone.
De nombreuses voix ont accusé Bauer d'infléchir le propos hégélien dans
le sens de ses propres convictions athées, mais les tentatives de démons­
tration ne sont guère concluantes. La troisième édition - la plus connue
du public francophone puisqu'elle fut traduite en français par Jean Gibe­
lin de 1954 à 1959 pour les Éditions Vrin - fut établie par Georg Lasson
(notée L) et parut de 1925 à 1929 4 • Elle se fonde sur les mêmes principes
que les deux premières: Lasson considère en effet qu'il n'y a pas lieu de
distinguer les différents cours et qu'il est légitime de réunir l'ensemble des
sources en un texte unique. Le problème éditorial, pour Lasson, serait
moins philologique (déterminer le statut et la fiabilité des sources) que
philosophique (restituer la pensée authentique de Hegel au moyen d'une
interprétation pertinente des textes conservés). Dans la mesure où une
part importante des sources de Wb W 2 et L a disparuS, ces éditions,
1. Pour la critique de W 2 , cf. notamment W. ]aeschke, « Hegel's Philosophy of Reli­
gion, Part 2: Principles of the Historical-Critical Edition », in The Owl of Minerva,
vol. 11/4,1980, et G. Lammermann, Kntische Theologie und Theologiekritik, MÜ11chen, 1979.
2. G. W. F. Hegel, JlIbiliillmsausgabe, htsg. von H. Glockner, Bde. 15 und 16,
Stuttgart-Bad Cannstatt, Frommann-Holzboog, 1927-1930.
3. G. W. F. Hegel, Werke. AufCrundlage der Werke /Jon 1832-1845 neu edierte Ausgabe,
Bde. 16 und 17, Frankfurt am Main, Suhtkamp, 1969 ff.
4. G. W. F. Hegel, Vorlesungen iiber die Philosophie der Religion, hrsg. von G. Lasson,
4 Bde., Leipzig, 1925-1929.
5. Sources de W 1 disparues: Nachschrift Meyer (1831), Nachschrift Karl Hegel
(1831) ; sources de W 2 disparues: Nachschrift von Henning (1821), Nachschrift Foester
(1824), Nachschrift Michelet (1824), Nachschrift Droysen (1827), Nachschrift Geyer
. (1831), Nachschrift Reichenow (1831), Nachschrift Rutenberg (1831); sources de L dis­
parues: Nachschrift anonyme de la bibliothèque de Kônigsberg (1827) et Nachschrift
Erdmann (1827).

AVANT-PROPOS

AVANT-PROPOS IX quoique toutes critiquables à différents degrés et pour différents motifs, accèdent à leur tour

IX

quoique toutes critiquables à différents degrés et pour différents motifs, accèdent à leur tour au
quoique toutes critiquables à différents degrés et pour différents motifs,
accèdent à leur tour au rang de sources primaires: c'est pourquoi elles
sont ici régulièrement utilisées ou citées en notes, non seulement dans la
reconstitution des cours de 1824 et de 1827, mais encore comme témoi­
gnage des cours de 1821 et 1831. li est à noter, enfin, que K.-H. Ilting a
proposé une édition complète et séparée du manuscrit autographe
de 1821 t, un manuscrit que le tome 17 des Gesammelte W'érke présente à
son tour.
La religion accomplie

Le présent volume expose le troisième moment de la religion: la reli­ gion accomplie (die vollendete Religion), qui coïncide, pour Hegel, avec la religion chrétienne. Celle-ci se distingue du « concept de religion» (pre­ mier moment) et de la « religion déterminée» (deuxième moment) en ce que la conscience ne s'y rapporte plus ni à un divin indéterminé ni à un divin qui, à l'instar du Dieu du judaïsme ou des divinités des religions orientales ou des religions de l'Antiquité gréco-romaine, resterait inca­ pable de se défaire de sa particularité propre - par exemple d'une relation exclusive à tel ou tel peuple, de telle ou telle apparence sensible, de tel ou tel trait de caractère ou type d'activité. Le divin, dans la religion chré­ tienne, a pour originalité de se libérer entièrement de sa naturalité, c'est-à­ dire de son origine donnée. Ses déterminations, en effet, ne sont plus pré­ supposées mais activement produites. Plus précisément, les détermina­ tions du Dieu chrétien ne sont pas autre chose que l'activité par laquelle il se libère de son altérité propre. Par exemple, il affirme dynamiquement son unité en s'identifiant, comme Esprit saint, à c~rité spécifique à la Trinité immanente qu'est le Fils éternel. De même, il détermine sa puis­ sance et sa bonté en créant et en conservant le monde extérieur, il pose sa spiritualité et son éternité en se déliant, comme Dieu incarné, de toute appartenance sensible et, victorieux des tourments de la croix, en ressus­ ci~nt. Il produit, enfin, son identité avec le genre humain en suscitant

1. G. W. F. Hegel, Religionsphilosophie, Bd. 1 : Die Vorlesung von 1821, hrsg. von
1. G. W. F. Hegel, Religionsphilosophie, Bd. 1 : Die Vorlesung von 1821, hrsg. von K.­
H. I1ting, Napoli, Bibliopolis, 1978.
2.
G. W. F. Hegel, Gesammelle Werke, in VerlJindung mil der deulschen Forschungsgemeins­
chaft, hrsg. von der Nordrhein-Westfàlischen Akademie der Wissenschaften, Bd. 17, hrsg.
von W. Jaeschke, Hamburg, F. Meiner, 1987.
von der Nordrhein-Westfàlischen Akademie der Wissenschaften, Bd. 17, hrsg. von W. Jaeschke, Hamburg, F. Meiner, 1987.
von der Nordrhein-Westfàlischen Akademie der Wissenschaften, Bd. 17, hrsg. von W. Jaeschke, Hamburg, F. Meiner, 1987.
x LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION une communauté chrétienne qui le vénère. L'autoposition
x
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
une communauté chrétienne qui le vénère. L'autoposition de sës détermi­
nations assure la liberté du Dieu de la religion accomplie, si bien que,
pour Hegel, c'est le christianisme seul qui permet à l'homme d'accéder à
la saisie religieuse e sa li erté propre~ -
Alors que la Science de la Logique a pour objet la pure pensée et, à ce
titre, prend notamment la place de la théologie rationnelle, la philosophie
de la religion a pour objet ce moment déterminé de la genèse de l'esprit
qui consiste dans la relation de la conscience humaine au divin. La reli­
gion se spécifie, dans l'économie générale de la philosophie de l'esprit, en
ce que l'esprit religieux ne fait plus face à un monde étranger (ce qui était
encore le cas dans les sphères de l'esprit subjectif et de l'esprit objectif)
mais à un Dieu auquel il s'identifie. Par ailleurs, dans l'économie de
l'esprit absolu, l'esprit religieux ne se contente pas d'apparaître objective­
ment dans des œuvres sensibles - ce qui était encore le cas dans l'art ­
mais il accède à la conscience. Toutefois, il ne s'agit pas encore d'une
conscience de soi à strictement parler mais de la conscience d'un autre, à
savoir du divin: en cela, l'esprit religieux se distingue de l'esprit philoso­
phant, qui se reconnaît en toute chose. Si l'on considère, par exemple, le
manuscrit de 1821, la religion accomplie s'articule en trois moments:
--
­
1) le concept métaphysique, qui consiste dans la connaissance abstraite
du Dieu infini sous la forme de la preuve ontologique; 2) puis la repré­
sentation concrète: celle de la Trinité immanente, de la création et la
conservation du monde par Dieu, celle enfin de la chute et de la rédemp­
tion telles qu'elles sont rapportées par les Écritures; 3) enfin, le moment
de la communauté croyante: tout d'abord l'Église primitive, fascinée par
les témoignages sensibles, puis l'Église de la maturité, qui élabore une
doctrine autoritaire - elle-même dissociée en confessions catholique,
luthérienne et calviniste -, enfin l'Église d'aujourd'hui, menacée, aux yeux
de Hegel, par la corruption et la pensée d'entendement mais destinée à la
connaissance philosophique du divin. D'un moment à l'autre, on cons­
tate un investissement de plus en plus explicite de la subjectivité dans
l'objet de la représentation. En effet, la preuve ontologique, telle qu'elle
est interprétée par Hegel, s'appuie sur les seules déterminations objec­
tives du divin. La représentation concrète, en revanche, consiste déjà en
un point de vue subjectif: la pensée de la Trinité immanente consiste à
projeter sur son objet des déterminations empruntées à la sphère natu­
relle, la considération de la création mobilise la sensibilité, et, en troisième
lieu, l'épisode de la chute et la vie du Christ requièrent le témoignage
la sensibilité, et, en troisième lieu, l'épisode de la chute et la vie du Christ requièrent
AVANT-PROPOS Xl
AVANT-PROPOS
Xl

biblique. Enfin, le culte communautaire est constitué du rapport non plus extérieur mais réflexif de la communauté au divin - un divin dont l'Église sait désormais qu'il n'est pas attaché à une apparence physique, à un temps et à un lieu donnés, etc., mais qu'il constitue, comme Esprit saint, son âme propre. Si l'on ne peut comprendre les spécificités du christianisme selon Hegel qu'en le replaçant dans la dynamique d'ensemble de la philosophie de la religion, il faut reco1U1aître, inversement, que la religion accomplie constitue le centre de- gravité de l'analyse hégélienne du phénomène reli­ gieux. D'un côté, en effet, la religion chrétienne constitue le telos de l'ensemble du développement de la religion, si bien que les moments anté­ rieurs tirent leur sens de leur différence d'avec le christianisme ou, à l'opposé, de leur aptitude à le préfigurer. Par exemple, Hegel ne cesse de réfléchir à la question de la mortalité ou de l'immortalité du divin - qu'il s'agisse par exemple de la réincarnation selon le lamaïsme tibétain, de l'accession d'Osiris à la souveraineté sur le royaume des morts dans la reli­ gion égyptienne ou encore de la mélancolie des dieux grecs, corrélative, selon Hegd, de leur incapacité à affronter véritablement la mort; cepen­ dant, à chaque fois, il met l'accent sur l'originalité de la passion et de la résurrection de l'homme-Dieu dans la religion chrétienne. De même, le « point de vue religieux », examiné dans le « concept de religion », admet nécessairement, dit Hegel, que « Dieu consiste à se révéler, à être mani­ feste »1. Le philosophe évoque alors les affirmations du Phèdre, du Timée ou encore du Livre A de la Métap!?Jsique selon lesquelles Dieu est exempt d'envie, ce qui signifie, aux yeux de Hegel, que, pour les Anciens déjà, Dieu ne peut refuser de se communiquer. Cependant, c'est bien dans la révéla­ tion chrétienne que le concept de la manifestation divine se réalise vérita­ blement. D'un autre côté, le moment de la religion chrétie1U1e représente, dans l'ensemble des LefOIJS sur la Philosophie de la religion, le texte où Hegel fait preuve de la plus grande érudition et opère les mises au point les plus chargées d'enjeux: critique de la représentation Père-Fils à propos de la Trinité immanente, interprétation du récit de la chute dans la Genèse comme accession à la conscience morale, interprétation de t'existence christique comme témoignage de la vocation de l'esprit à sacrifier tout ce qui, en lui, relève simplement de la « nature », affirmation du caractère caduc de l'enseignement du Christ au regard de l'enseignement de la com­

du Christ au regard de l'enseignement de la com­ 1. Hegel, LAçons sur la Philosophie de
du Christ au regard de l'enseignement de la com­ 1. Hegel, LAçons sur la Philosophie de
du Christ au regard de l'enseignement de la com­ 1. Hegel, LAçons sur la Philosophie de
du Christ au regard de l'enseignement de la com­ 1. Hegel, LAçons sur la Philosophie de
1.
1.

Hegel, LAçons sur la Philosophie de la religion, première partie, trad. cit. p. 262.

de la com­ 1. Hegel, LAçons sur la Philosophie de la religion, première partie, trad. cit.
de la com­ 1. Hegel, LAçons sur la Philosophie de la religion, première partie, trad. cit.
de la com­ 1. Hegel, LAçons sur la Philosophie de la religion, première partie, trad. cit.
de la com­ 1. Hegel, LAçons sur la Philosophie de la religion, première partie, trad. cit.
XII LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION munauté croyante actuelle, analyse crépusculaire du devenir
XII
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
munauté croyante actuelle, analyse crépusculaire
du devenir des Églises
De part en part, le discours hégélien sur la religion relève de l'appropriation
critique, c'est-à-dire d'une acceptation de la doctrine traditionnelle qui
cependant en déplace la signification. Les enjeux de la religion chrétienne
sont identifiés aux enjeux propres de l'esprit - se connaître et se faire
connaître comme libre en idéalisant tout élément d'aliénation -, tandis que
le statut même de la religion est relativisé: celle-ci n'est, pour Hegel, qu'un
discours représentatif, c'est-à-dire encore dépendant du sensible et destiné
à se résorber dans la pensée philosophique.
Les textes
Dans la continuité du premier volume des Leçons sur la Philosophie de la
religion déjà traduit par Pierre Garniron, le présent volume présente diffé­
rents types de textes:
Le manuscrit autographe
Il porte la date de 1821, année où Hegel présenta pour la première
fois un cours sur la philosophie de la religion à Berlin, mais rien n'exclut
qu'une partie du manuscrit ait été rédigée avant 1821. Le manuscrit com­
porte par ailleurs de nombreuses remarques marginales et d'importantes
amplifications (originairement, les feuillets ne furent rédigés que sur leur
moitié inférieure, ce qui permettait de nombreux ajouts). Or certaines
amplifications sont postérieures à 1821, comme le montrent les allusions
au second volume de la Morphologie de Goethe, paru en 1823. En réalité,
tout donne à penser que Hegel s'est appuyé sur ce manuscrit pour ses
cours sur la philosophi~ de la religion postérieurs à 1821 et qu'il l'a donc
complété au fur et à mesure.
Les cours reconstitués
Le cours de 1824

Il s'agit ici d'une reconstitution établie à partir de différents manus­ crits (Nachschriften) d'auditeurs. Ces manuscrits sont de types et de quali­ tés variés. On distingue traditionnellement les notes de cours immé­

Ces manuscrits sont de types et de quali­ tés variés. On distingue traditionnellement les notes de
Ces manuscrits sont de types et de quali­ tés variés. On distingue traditionnellement les notes de
AVANT-PROPOS XIII diates (Mitschriften, sans correction ni élaboration citérieures), les mises au net (Reinschriften,
AVANT-PROPOS
XIII
diates (Mitschriften, sans correction ni élaboration citérieures), les mises
au net (Reinschriften, qui améliorent et complètent les notes prises au vol
durant le cours et sont parfois l'œuvre d'un copiste professionnel),
enfin les élaborations (Ausarbeitungen, qui prennent des libertés assu­
mées avec le cours lui-même). Pour le cours de 1824, ont été utilisées
les notes de P. F. (ou F. P.) Deiters (mise au net), de K G. von Gries­
heim (mise au net), de H. G. Hotho (élaboration), de F. C. H. von
Kehlet (mise au net incomplète) et de C. Pastenaci (notes de cours
immédiates).
Le cours de 1827
Le cours a fait l'objet d'une reconstitution, à partir de notes
d'!. Boemer (notes de cours immédiates), J. Hube (mise au net), de
notes anonymes, propriété de B. Raebel (mise au net), mais surtout de
Lasson. Walter Jaeschke explique ainsi cette décision de méthode: dans
la mesure où les Nachschriften conservées ne permettaient de reconstituer
qu'un texte moins riche que celui de Wh de W 2 ou de L, ce qui aurait
obligé les lecteurs à revenir à ces derniers textes, il a été décidé d'utiliser
l'une de ces anciennes éditions comme source primaire. On a donc
déduit ce qui, dans L, renvoyait au cours de 1827, et cet état du
texte rétabli dans son ordre originaire a été pris comme base de la
reconstitution.
La preuve ontologique d'après le cours de 1831
Comme les préfaces de Marheineke indiquent que les sources de W 1
furent principalement les cours de 1824, 1827 et 1831, on obtient le texte
présenté en retranchant de W 1 les
cours de 1824 et 1827.
Les annexes
D. F. Strauss, Extraits d'une transcription de la philosophie de la religion
de Hegel- cours de 1831
il s'agit ici d'une copie, par David Friedrich Strauss, d'extraits d'un
manuscrit d'un auditeur inconnu du cours de 1831. Dans la mesure où
ces extraits sont de volume réduit, on ne peut les considérer comme une
trace véritablement fiable de la leçon professée par Hegel.
de volume réduit, on ne peut les considérer comme une trace véritablement fiable de la leçon
XIV LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION Feuilles concernant la philosophie de la religion
XIV
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
Feuilles concernant la philosophie de la religion
Ces notes sont issues de la succession de Karl Rosenkranz et sont
déposées à la Houghton Library de l'Université Harvard. Selon l'analyse
de R. Heede l et K.-H. Ilting'\ elles représentent un stade d'élaboration
antérieur au manuscrit de 1821.
Fragments de K L Michelet
Dans son ouvrage Geschichte der let~en ~steme der Philosophie in
Deutschland von Kant bis Hegel (Histoire des derniers .rystèmes de philosophie en
Allemagne de Kant à Hegel), partie 2, Berlin, 1838, p. 649-650,652,639 et
651 sq., Michelet donne des extraits de ses propres notes issues des
Leçons de 1824 et de 1827. Ces notes sont ici reproduites.
Principes d'édition
Les principes restent identiques à ceux du premier volume des Leçons
sur la Philosophie de la religion. Signalons simplement les éléments suivants:
1) La pagination allemande est donnée en titre courant. 2) Le texte alle­
mand modernise l'orthographe et la ponctuation. 3) Les notes présentent
les compléments que l'on trouve
dans Wh W 2 et L. 4) Le soulignement
simple, dans le manuscrit de 1821, est rendu par un espacement; le souli­
gnement multiple, par des petites capitales espacées. Les mises en relief
des Nachschriften - extrêmement diverses - n'ont en général pas été rete­
nues. 5) S'agissant du manuscrit de 1821, les notes présentent les remar­
ques marginales non intégrées au texte et signalent, à l'inverse, les portions
de textes constituées de notes marginales intégrées. Elles indiquent égale­
ment les ratures, les retouches et les abréviations. 6) Le texte qui a servi de
guide pour la reconstitution du cours de 1824 est celui de von Griesheim,
qui comprend la leçon dans son ensemble, est riche en détails et correcte­
ment formulé. On sait en outre que Hegel a pris appui sur le manuscrit de
von Griesheim pour son cours de 1827. 7) Comme indiqué plus haut, le
texte guide de la reconstitution du cours de 1827 est L. Les datations en
marge de Boemer ou de Hube sont indiquées en notes de bas de page.
1. R. Heede, Die giittliche Idee und ih1Tl Erscheinung in tkr Religion, Diss. phil., Münster,
1972.
2. Hegel, Religionsphiklsophie, Bd. 1 : Die Vorksung von 1821, op. cit.
AVANT-PROPOS xv Signes, sigles, abréviations concernant le texte Romain espacé mise en relief simple dans
AVANT-PROPOS
xv
Signes, sigles, abréviations concernant le texte
Romain espacé mise en relief simple dans l'original
PETITES CAPITALES double mise en relief dans l'original
Italiques
propos
de l'éditeur (et parfois du traducteur)
Pagination entre crochets
en titre courant
et en marge de droite
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1
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Numérotation des lignes: de 5 en 5 pour le texte principal, ainsi que pour
les additions ou notes de bas de page, où les numéros sont alors munis
d'une apostrophe (5',
10', 15'
).
R supérieur indication d'une remarque marginale manus­
à la fin d'un mot
crite dans l'original intégrée au texte par
l'éditeur
simil (dans les notes de
bas de page)
similaire (ahnlich)
[]
addition de l'éditeur
/
dans les notes: nouvel alinéa dans le texte
cité
]
délimitation du lemme
<> intervention du traducteur
Identijication des auteurs des manuscrits
Ak
An
Bo
Cn
De
Dr
Er
Fo
Ge
Gr
He
Hg
Ho
Anonyme (Kônigsberg)
Anonyme (Berlin)
Boerner
Correvon
Dei/ers
Drqysen
Erdmann
Foerster
Geyer
Griesheim
Henning
K Hegel
Hotho
XVI LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGJON Hu Hube Ke Kehler Mil Michelet (1821)
XVI
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGJON
Hu
Hube
Ke
Kehler
Mil
Michelet (1821)
Mi 2
Michelet
(1824)
Pa
Re
Ru
St
Pastenaci
Reichenow
Rutenberg
D. F. Strauss
Autres sigles
Co
Bd
Ms
No
Va
liasse (Convolul) de notes sur la plùlosophie de la religion
note remontant probablement aux éditeurs des Wérke
manuscrit autographe de 1821
note probable de Hegel au manuscrit von Griesheim (1824)
Variante
Br Briife von und an HegeL Hrsg. von J. Hoffmeister. 4 Bde.
3. Auflage. Bd. 4, Teil 1 und 2 hrsg. von f. Nicolin, Hamburg,
1969-1981
Corresp.
Hegel, Correspondance (trad. par J. Carrère de ces « Lettres de H
et
BSchr
W
HBZ
à H »} 3 vol. traduits, Paris, Gallimard, 1962-1967. Rééd.
«Tel», 1990)
G. W. F. Hegel: Berliner Schriften 1818-1831. Hrsg. von J. Hoff­
meister. Hamburg, 1956
G. W. F. Hegel: Gesammelte Werke. In Verbindung mit der
Deutschen Forschungsgemeinschaft herausgegeben von
der Rheinisch-Westfàlischen Akademie der Wissenschaften,
Hamburg, 1968ff
Hegel in Berichten seiner Zeitgenossen. Hrsg. von G. Nicolin. Ham­
burg, 1970
Gilles Marmasse

LA RELIGION ACCOMPLIE

LA RELIGION ACCOMPLIE
(IJ LA RELIGION ACCOMPLIE d'après le Manuscrit <Introduction> <1. Déftnition de cette
(IJ
LA
RELIGION
ACCOMPLIE
d'après le Manuscrit
<Introduction>
<1. Déftnition de cette religion>
5 C'est ce qui R avait été déterminé antérieurement comme la religion
dans laquelle le concept de la religion est devenu à soi-même objectif
- la totalité dans laquelle le concept de la religion, différencié dans ses
déterminations, a été développé et par là posé, a un être-là pour d'autres
et est ainsi objet de la conscience. Homme - côté de la conscience -
10 Dieu comme irradiant dans l'esprit - dans l'esprit, en face de lui les
esprits finis. Quand le temps fut accompli, le terrain préparé, il fal-
lut, du côté de l'esprit fini, que la finitude lui fût ôtée - il fallut qu'il
l'ôtât de son côté, le côté fmi, [et qu'il] devînt ainsi capable de la cons-
cience absolue que Dieu se révèle, se manifeste. C'est précisément cela
15 qui est l'image (fidèle) -
1-2 La religion
Manuscrit) Ms.: Troisième partie. La religion accomplie ou
manifeste aN-tUSSlls tiN titre: Histoire -libre esprit grec - dépouillement de la fini-
tude -liberté objective absolue à ,ôlé tiN titre en marge: concept de la religion ~ côté de la
réalité développé qjoulé ensuite au-tUssNS tU çe qui préœtU. La religion chrétienne entièrement
5' spéculative - ne peut être comprise que comme contenu spéculatif - la plus sublime de
toutes, la seule idée véritable de la philosophie en elle objet de la foi - Tertullien
5 C'est ce qui] en marge: Témoignage de l'Es pri t - à partir du concept - com-
mencé dans le but - sujet comme infini
9-15 Homme
image (fidèle) - en marge, aN-tUssHS et à ,ôté tUs tUHX notes tU bas de
page sNi"antes
comme infini 9-15 Homme image (fidèle) - en marge, aN-tUssHS et à ,ôté tUs tUHX notes
4 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [1-2] Mais la religion R est en
4
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
[1-2]
Mais la religion R est en général déterminée comme cons-
cience de Dieu - de Dieu, de l'objet absolu -, mais sa cons-
cience, sa subjectivité -l'objet véritable est ce tout; ce Dieu
que nous appelons simplement objet vis-à-vis de la conscience, est
20 abstraction; Dieu R ce tout - il est ainsi l'universel, puissance
absolument universelle, substance de toute existence, vérité, mais
en tant que conscience forme infinie, 1 subjectivité infinie, c'est-à-dire [2]
par conséquent en tant qu'esprit; forme infinie - oc) objet, contenu-
esprit ; ~) un seul être; il est en tant qu'un processus, que conscience de
25 soi, en tant qu'objet, en tant que vérité. Ainsi le concept de la religion
est à soi 0 b jecti f, c'est-à-dire dans son 0 bj e t - non pas que la reli-
gion en tant que subjectivité, que le sentiment religieux fasse de soi
son objet -le sentiment religieux, lui-même subjectivité, est plu-
tôt suppression de la religion -, mais R que ce soit au contraire le CONCEPT
30 de la religion en son objectivité pure qui soit EN TANT QU'objet le contenu
de la conscience religieuse, mais [soit] précisément par là et en cela pareil-
lement SUBJECTIF, [et] que la conscience de soi religieuse subjective ait
l'esprit inhabitant EN ELLE\ que Dieu soit manifesté en elle, et
cette sienne manifestation est dans la conscience de soi spirituelle
35 et est cette forme infinie de sa réalité - c'est-à-dire la réalité en tant
qu'elle est un côté; Dieu lui-même est un en tout. La nature se révèle,
[est] pour un autre; cette révélation [requiert] deux choses oc) la nature,
~) la conscience. La nature n'est pas ces deux - mais seulement UNE
d'elles; l'esprit est à soi manifeste, est ces deux lui-même.
40 C'est là ce qui a été dit auparavant -
la forme infinie et l'unité -
l'universalité - la détermination de ce qui EST RÉVÉLATION.
16
religion) en marge: <X) contenu absolu
20
Dieu) en marge: ~) objet de la conscience de soi
21
absolument universelle)
abs. univ.
<abs. Allg.> on peut lil1l peut-êtl1l: l'absolument
universel, puissance
22 forme
subjectivité infinie joint en
marge
23-25
forme
vérité en marge avec signe de I1Invoi
29-30
est
religion en
marge avec signe de I1Invoi
29 mais] en marge: Le sujet en tant que libre, en cela auprès de soi-dans l'esprit, dans
son essence - est libre - représenté dans le Christ comme cet autre. Autre chose est le
savoir de cette détermination, de cette subjectivité; ce savoir est l'affirmation moderne
que la religion est l'unique chose qui importe, à savoir le subjectif, non le contenu
33 inhabitant] en marge: y) Entièrement spéculatif
33-39 et cette sienne
1ui-même joint à la fin primitive du paragraphe et en marge
marge: y) Entièrement spéculatif 33-39 et cette sienne 1ui-même joint à la fin primitive du paragraphe
[2-3] LA REUGION ACCOMPLIE 5 <2. Caractéristiques de cette religion> La religion chrétienne est de
[2-3]
LA REUGION ACCOMPLIE
5
<2. Caractéristiques de cette religion>
La religion chrétienne est de cette manière la religion
lX)R de la RÉVÉLATION; en elle est manifeste ce que Dieu est, qu'il
45
soit su tel qu'il est, non pas historiquement ou d'une manière 1 qui [3]
existe en d'autres religions: la révélation, la manifestation est au con­
traire sa détermination et son contenu mêmes. C'est-à-dire que la
révélation, la manifestation [est] être pour la conscience, et pour la
conscience [est] le fait que Dieu est lui-même esprit POUR Wesprit]
50
- c'est-à-dire par conséquent conscience et pour la conscience. Dieu est
seulement manifesteR ­ en tant que se particularisant, deve­
nant objectif, c'est en d'autres termes le mode qui est tout d'abord celui
de la finitude qui est~a finitude] de soi-même. Dieu a créé le monde,
s'est révélé, etc. [Cela ne doit pas être représenté comme] commence­
55
ment, comme FAIT, c'est-à-dire comme un acte unique - une fois et
ensuite jamais plus ­ comme un décret éternel en tant que décret de la
volonté - donc en tant qu'arbitraire -, c'est là au contraire la nature éter­
nelle de Dieu. Deux sortes de formes: lX) prédicats et ~) actions, actes.
Déjà dans la religion grecque, dans la religion romaine, on a ce mode de
60 la finitude - oublier une fois la finitude, cette opposition - pour autre
chose, mais seulement le mode de la finitude abstraite, qui [saisit]
l'opposition comme finie, mais non pas en même temps comme infinie.
C'est la nature de l'esprit lui-même de se manifester, de se faire objec­
tif; c'est là son acte, sa vitalité, son unique acte, et il est seule­
65 ment son acte. (C'est pourquoi ici cette séparation, cette finitisation est
elle-même déterminée, tout d'abord, comme moment divin (comme déjà
l'indique le nom de créateur), c'est-à-dire précisément le divin de l'esprit,
44 0<») en marge, ajouté aU-MssHS de la remarque marginale précédente: 0<) Révélation
signifie la forme infinie - révélé par Dieu. Assurément ­ car Dieu peut seulement se
révéler ; c'est seulement Dieu qui se rend manifeste, ce n'est pas un pouvoir, un
entendement extrinsèque qui pourrait faire cesser sa fermeture.
44-45
48-49 et
est)joint en marge
et pour la conscience en marge avec signe de renvoi
51 manifeste) en marge avec signe d'insertion: la nature se révèle, mais elle n'est pas
révéler, elle n'est pas LE manifeste
53-58 Dieu
actes) en marge avec signe de renvoi
60 oublier une
fois
opposition sous la ligne
61-62
qui [saisit)
infinie) en marge
67-72 c'est-à-dire précisément le divin
non autre en marge
6 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [3-4] sans opposition (non pas simplement comme
6
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
[3-4]
sans opposition (non pas simplement comme nature ­ conscience sen­
sible commune) - religieusement -; dans l'opposition l'opposition est
70
supprimée; en tant qu'esprit, en tant que son pareil; c'est seulement à
l'esprit que cela est manifeste; précisément en tant qu'esprit l'objet, dans
le religieux, est en même temps comme non autre, parce que cette
objectivation est forme infinie, manifestation reprise en même
temps dans l'infinité - l'universel A MÊME LE fmi; (non pas du fini
75
transfiguré [en] figure de l'esprit, en beauté Dl. En d'autres reli­
gions - Dieu est, dans ces religions, encore quelque chose d'autre
que ce qu'il se révèle: un seul Dieu, la nécessité 1 au-dessus des [4]
dieux. Dieu est l'intérieur, l'inconnu de nous; tel qu'il apparaît à la
conscience, il n'en est pas pour autant. Mais ici précisément ~) le fait
80 qu'il apparaisse, qu'il révèle est sa détermination même; (3) précisément
cet apparaître - en soi apparaître de l'universel, non pas dans une
déterminité finie fixée, mais au contraire accueilli, monde transfiguré,
divin ­ cet apparaître est tel que Dieu est; (son être est son acte, son
révéler même).
85 (3) La religion de la véri té ; si, parlant de la vérité de la religion chré­
tienne, nous entendons par là que ce que nous en disons est exact, histo­
rique - il ne s'agit pas de cela ici: c'est au contraire le VRAI qui est son
contenu; qui a cette religion sait le vrai, connaît Dieu tel qu'il est;
une religion chrétienne qui ne devrait pas connaître Dieu, dans
90 laquelle Dieu ne serait pas révélé, ne serait aucunement une religion chré­
tienne; son contenu est la vérité elle-même en et pour soi, et elle
est seulement cela: l'être de la vérité POUR LA conscience; de même
Dieu est seulement en tant qu'esprit - voir plus haut - que Dieu est mani­
feste, vérité en et pour soi; sentiment - le contraire de la vérité. Mais ce
95
contenu est l'ESPRlT; il est le concept, qui est la réalité absolue, être-là,
apparition, mouvement vers le dehors; l'objectivité est conforme au
concept, elle est seulement forme VIDE de l'être-autre; le concept est
entièrement le contenu de la réalité; l'esprit est lui-même ce processus
de se donner cette apparence et de la supprimer, de la poser
comme supprimée, et les DEUX CHOSES sont le révéler, à savoir pré­
100
77-78 un seul
des dieux] en marge avec signe de ~nvoi
80 (3)] en marge
(3)
con ten u
infini ­ ali-desslis de ce qlli pricède
vérité - concept et
réalité - certitude - à soi-même objectif - esprit dans l'esprit - seulement ainsi esprit
92-94 de même
de la vérité en marge avec signe de ~voi
[4-5] LA RELIGION ACCOMPLIE 7 cisément que cette apparence-là est le PARAîTRE de Dieu; paraître
[4-5]
LA RELIGION ACCOMPLIE
7
cisément que cette apparence-là est le PARAîTRE de
Dieu; paraître
INFINI, non EN DEHORS du paraître.
y) Religion de la RÉCONCILIATION du monde avec Dieu; Dieu, est-il
dit, a réconcilié le monde avec lui-même; la chute du monde hors de
105
Dieu consiste en ce qu'il ~est ftxé, EN TANT QUE CONSCIENCE FINIE, cons­
cience des id 0 les, de l'universel non pas comme tel mais selon
l'extériorité, autrement dit conscience des buts finis; l'abandon de
cette sépara tion est le retour et le retour in tui tionné de la réalité,
la reprise de la ftnitude dans l'éternel, être en soi l'UNITÉ DE LA NATURE
110
DMNE ET DE LA NATURE HUMAINE et le processus de poser éternellement
cette unité; l' dans cette intuition de la vérité [est] la certitude absolue [5]
de soi-même; la certitude inclut en soi toute subjectivité, et celle-ci se
trouve dans l'esprit et se trouve dans sa vérité; on a ainsi la religion de la
liberté; impulsion spéculative, objective, universelle, existant en et
115
pour soi, absolue, vers l'être-en-et-pour-soi, et la religion elle-même.
Nous avons déjà traité auparavant du concept dans le concept de la
religion elle-même.
A.
Concept abstrait R
Concept déjà donné avec la religion.
120
Métaphysiquement - il a cette forme: Dieu est esprit, Dieu a réalité\
existe par son concept; preuve de l'existence de Dieu à partir de son
concept. Auparavant passage d'être ftni à être inftni universel; de l'être,
c'est-à-dire d'être immédiat à l'être (à la même détermination) dans
sa vérité, au concept; maintenant du concept à l'être; concept
125
présupposition.
Le concept de cette religion est déjà donné avec la religion.
103
y)] en marge: y) les deux choses en une seme - RÉcoNCILIATION
111-113 dans cette
~marque marginale suivante
116-117 Nous avons
dans sa vérité en marge avec signe de ~nvoi, ajouté au-dessus de la
elle-même en marge
118 A. Concept abstrai~ en marge: 8.8.21
120
a réalité joint en marge; à la suite: Représentation de Dieu - subjective - transition
consistant à dépouiller la subjectivité
122
universel joint en marge
122-124 de l'être
au concept] joint sous la ligne et en marge
la subjectivité 122 universel joint en marge 122-124 de l'être au concept] joint sous la ligne
8 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [5-6] La détermination de Dieu est qu'il
8
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION
[5-6]
La détermination de Dieu est qu'il est l'idée ABSOLUE, l'idée absolue,
c'est-à-dire qu'il est l'es pri t.
Mais l'esprit, l'idée absolue consiste a) à être seulement en tant
130
qu'Runité du concept et de la réalité, et ce de telle manière que le
concept est en lui-même en tant que la totalité, et il en est de même de la
réali té ; ~) mais cette réalité 1, comme on l'a montré plus haut, est ra [6]
révélation, la manifestation existant pour soi; la conscience de soi, la
conscience de soi finie, est en face du concept en question ­ la cons­
135
cience de soi finie ou ce qu'on appelle la nature humaine; du fait que
nous appelons le concept absolu la nature divine, l' id é e deI' es p rit
consiste à être l'unité de la nature divine et de la nature
humaine; les hommes sont parvenus à cette intuition. Mais la nature
divine consiste elle-même seulement à être l'esprit absolu; c'est donc
140 précisément l'unité de la nature divine et de la nature humaine qui est
elle-même l'esprit absolu.
y) Mais la vérité ne peut être énoncée en une seule proposition; tous
deux, le concept absolu et l'idée en tant que l'unité absolue, sont aussi dif­
férents de leur réalité; c'est pourquoi l'esprit est le PROCESSUS VNANT qui
145 veut que l'unité existant en soi de la nature divine et de la nature
humaine devienne pour soi, qu'elle soit produite; ce qui est EN SOI doit
129-130 en tant qu1 en marge: fin pure, universelle, infinie est LE concept lui-même
- fin - c'est pourquoi la fin est placée si haut
130 de la réalité] en marge: Le concept métaphysique est le concept pur abstrait
sans sa détermination concrète en tant qu'esprit - à la vérité avec un contenu - Dieu de la
représentation; la preuve se réduit en fait à ceci que le concept est réel par soi-même. Le
concept concret est esprit - sa réali té 1 est l'esprit, et c'est seulement ainsi qu'il est
l'esprit; esprit en tant que totalité d'un autre esprit - ici <X<X) concept en général- détermi­
nation du concept - réalité - être. Point de vue élevé, appartenant au monde moderne.
[6]
s'
Ne pas partir d'un être-là, la pensée doit commencer par soi, être à partir de soi transition
à la réalité; concept, négativité infinie, le terme prelIÙer - établir au centre.
133-135 la conscience de soi, celle
humaine]W2: La manifestation ayant aussi en
elle-même le moment de la différence, il s'y trouve aussi la détermination de l'esprit fini,
de la nature humaine, qui en tant que finie est en face du concept en question;
142 y)] en marge: <X) En apparence : concept de Dieu -et réalité de Dieu. Avec ce
contenu, la réalité est contenue dans le concept - c'est ce con ten u lui-même qui l'exige.
~) Mais le contenu est commun aux deux - la transition comme telle doit donc être
du concept à la réalité.
s' y) Le contenu est présupposé - mais il est lui-même justement cette unité, qui n'est
donc pas présupposée, mais prouvée, c'est-à-dire qui l'est au niveau de ses déterminations
mêmes - la transition doit être IIÙse en évidence.
LA REUGION ACCOMPLIE 9 '[6-7J de même être produit - fin -, et rien n'est
LA REUGION ACCOMPLIE
9
'[6-7J
de même être produit - fin -, et rien n'est produit qui ne soit pas en soi.
Le culte - est ainsi produit, introduit par l'idée elle-même.
Or la détennination abstraite de cette idée est l'unité du concept
150
et de l'être, et c'est cette détermination abstraite 1 qu'a en vue la [7]
métaphysique dans ce qu'il est conveau d'appeler la preuve ontolo­
gique de l'existence de Dieu, laquelle métaphysique s'est efforcée de
montrer cette unité d'une manière formelle.
oc) Dans les précédentes preuves de l'existence de Dieu - ainsi
155
qu'on les nomme -, on est passé d'UN ÊTRE FINI à un être infini, là
un] être nécessaire en et pour soi, [à une] puissance agissant d'après des
fins; on n'est pas parti de la REPRÉSENTATION, elle n'a pas été prise
pour base dans le cours de la preuve; ces preuves partent de l'être, et il
s'agit seulement de LA DÉTERMINATION de cet être; elles partent de
160 l'objectivité, objectivité finie (et donc aussi subjective), et passent à
l'UNIVERSEL, à la véritable objectivité, au CONCEPT de celle-ci - car le
concept de l'être contingent est la nécessité -, à la finalité. La relation est
le concept même de la vérité et de la substance. On a donc ici le
PASSAGE du concept lui-même à l'OBJECTIVlTÉ. Plus précisément: oc) On
165 part ici du concept, on partait antérieurement de l'être-là; la vérité de
celui-ci est le concept, l'universel, la puissance universelle, absolue, exis­
tant en et pour soi. Ici c'est l'inverse. Ces deux démarches sont nécessai­
res, afin que l'une et l'autre soient en tant que quelque chose de posé,
c'est-à-dire afin que leur unilatéralité soit supprimée, qu'à chacune soit
170 enlevée l'apparence de l'immédiateté.
~) En soi et pour soi, cette uni té elle-même est présupposée dans
le concept de Dieu; Dieu est seulement cela, il n'y a pas d'autre
concept de lui; cette unité doit être prouvée, présente avec l'ENTRÉE
DANS LA RELIGION; le concept est cette SUBJECTIVITÉ, ou PROCESSUS EN
175 SOI-MÊME de se réaliser, de se donner objectivité -la fin qui est seule­
ment dans la forme de l'être-autre. Être, cette détermination abstraite R
est si pauvre que ce n'est proprement pas la peine d'en parler; cette iden­
148
Le culte
elle-même] joint à la fin primitive du paragraphe et
en marge
150
a en vue] en marge: Non pas de manière finie; ne part pas d'un être
- d'un (Ms. : de 1; être fuù
164-171 Plus précisément
~)] en marge, relié par une ligne avec la remarque marginale
suivante
171
En soi
soi] ~) En et pour soi joint en marge
176
détermination abstraite] en marge: a priori
10 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION (7-8] 180
10 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
(7-8]
180

tité immédiate est seulement le moment entièrement vide de l'unité du concept avec soi-même. 1 y)R Mais ÊTRE signifie beaucoup dans l'OPPOSITION du concept ou de [8] la représentation, de la subjectivité fixée; l'apparition de l'opposition est le signe du point de vue de la subjectivité existant pour soi; c'est-à-dire que l'opposition signifie beaucoup parce qu'à la profondeur que l'esprit est appartient précisément la totalité du sujet en soi-même - sub­ jectivité substantielle, et par là opposition infinie. Le concept ne semble pas avoir besoin de l'être, comme l'âme ne semble pas avoir besoin du corps; que cette subjectivité soit quelque chose de nul - voilà ce qui est en jeu pour l'intérêt de la raison. - C'est seulement au présent stade, où il est question du concept de Dieu, que l'opposition est cette opposi­ tion suprême de la représen tation ou su bj ectivi té et de 1'0 bj ecti­ vité, ou être en général; auparavant on avait seulement l'oppo­ sition de l'ÊTRE fini et de l'être infini, de sorte que l'être était l'élément commun, que l'opposition était subordonnée à cet univer­ sel. C'est là l'intérêt de la raison; l'importance de l'opposition est seule­ ment présente dans la totalité des deux côtés. a) La question s'impose à nous - penser et être: comment résoudre cette opposition? On voit alors apparaître la chose suivante: parce que cette opposition - dont la subjectivité est un côté - est SEULEMENT sub­ jective, il est ainsi fait du concept la pire des choses; nous avons des

185 190 195
185
190
195

200 concepts dans la tête, nous n'avons pas encore pour autant une réalité. Mais par rapport à quoi les avons-nous? On a ici la subjectivité réelle, le sujet empirique est le tout, dont le concept est séparé comme une de ses modalités abstraites et réduit à un seulement. L'homme est - cela ne fait pas question; il a des concepts, des pensées, mais ce n'est là qu'une des multiples choses qu'il a, et qui, comparée à lui, à sa nature concrète, est quelque chose d'unilatéral. Cet abaissement du concept procède de la même comparaison que celle qui est impliquée dans la preuve de l'existence de Dieu que nous allons considérer. Celle-ci présuppose Dieu comme contenu, comme ce qui est le plus parfait; mesuré à celui-ci, le simple concept de Dieu

205
205
210 178 moment joint en marge 180 y)) en marge avec signe de renvoi: y)
210
178
moment joint en marge
180
y)) en marge avec signe de renvoi: y)
181-187 l'apparition
corps] en marge avec signe de renvoi
196 il) La question
parce que à la marge de gauche et à la marge inférieure
[8-9] LA REUGION ACCOMPLIE 11 est imparfait. Pourquoi Dieu existe-t-il? Anselme répond: parce que Dieu
[8-9]
LA REUGION ACCOMPLIE
11
est imparfait. Pourquoi Dieu existe-t-il? Anselme répond: parce que
Dieu est parfait, c'est-à-dire unité du concept et de la réalité. Pourquoi le
,concept de Dieu est-il seulement concept? Question moderne dont la
réponse est: parce que 1 l'homme est identité concrète - unité du [9)
215
concept et de l'être. a) Conséquence: il nous faut donc en rester au seu­
lemen t. Il faut au contraire abandonner le se,ulemen t. ~) La perfection
en question n'est pas dans l'intuition, mais dans la pensée. Le terme
de 'perfection' n'est pas satisfaisant, parce que [c'est là un terme
indéterminé.]
220
Cette démarche s'inscrit assurément dans la manière de voir
moderne, et on soutient que la véritable réalité affirmative est justement
cette unité empirique du penser et de l'être, c'est-à-dire l'homme empi­
rique, le monde immédiat. La REPRÉSENTATION de la perfection était
chez Anselme PENSÉE de ce qui est le plus universel: c'est ici l'être-là du
225
concret qui est une telle pensée.
Le cours suivi par la preuve métaphysique en question est le suivant:
IX)
Le concept de Dieu - selon lequel celui-ci est en lui-même possible,
est l'essence souverainement réelle, est simplement positif, c'est-à-dire
abstraitement positif.
230
~) L'être est réalité, donc y) [il est] inclus parmi les réalités en
question.
IX)
Contre cette preuve, Kant objecte: on ne saurait extraire l'être
du concept, car l'être est autre chose [que] le concept.
IX)
L'être, dit-il, n'est pas une réalité, une détermination concep­
235
tuelle; cette détermination n'ajoute rien au contenu d'un objet, elle
n'est donc pas une réalité; l'être est à vrai dire simplement forme.
- ~) ANSELME présente cette preuve simplement comme suit: Dieu doit
être CE QUI EST LE PLUS PARFAIT; si Dieu est simplement une représenta­
tion, il n'est pas ce qui est le plus parfait, car nous considérons comme
240 parfait ce qui n'est pas seulement représentation, mais ce à quoi appar­
tient aussi l'être; c'est tout à fait juste -le parfait est présupposé; absolu­
ment parlant, le vrai est ce qui est représentation, concept, mais [auquel]
appartient aussi la détermination opposée à lui - l'être. C'est tout à fait
juste. Présupposition: le parfait est l'unité en question, il est dans
notre représentation - celle de tous les hommes, de tous les philoso­
245
220-225 Cette démarche
telle pensée] Ms. 75 a en hallt, ma1]!,e de droite
234
réalité joint en ma1]!,e
12 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [9-10] phes - il se trouve à
12 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION
[9-10]
phes - il se trouve à sa base. S'IL EST PERMIS de faire des PRÉsupposmoNs,
en voilà une ; tout esprit humain la contient actu - non pas comme la ridi­
cule loi logique A =A, ce qui est, est. Ils ne peuvent nier cela, mais en
bonne compagnie, entre gens de métier -~) Or contre cela l'en­
250
tendement dit: 1 concept et être sont différents; c'est tout à fait juste [10]
- ils sont ainsi finis, non-vrais, et c'est précisément l'affaire de la raison et
du sens commun rationnel de l'homme de ne pas en rester au fini, au
non-vrai, ni de les prendre pour quelque chose d'absolu. Le penser
est universel en lui-même, objeètif, concept; sans aucune
255
OBJECTIVITÉ il n'est que représentation vide, opinion; l'être sans le
concept, c'est l'extériorité et le phénomène qui se disloquent.
La métaphysique a soumis la pensée simple d'Anselme à cette forma­
lité de l'inférence et lui a ainsi enlevé son sens et son contenu véritables.
Ot) Le concept de Dieu - ce qui est souverainement réel - ce
260
contenu est l'affirmation abstraite; non pas le concept de Dieu,
comme s'il était un des concepts, comme si autre chose était concept
aussi bien que lui ; Dieu n'est pas un concept, il est le concept; c'est là la
réalité absolue, qui est idéalité.
~y Dieu est toute réalité, il est donc celle de l'être; c'est-à-dire que
265
dans le concept est contenu l'être. <X<X) C'est juste; antérieurement l'être,
cette identité immédiate, était moment du concept, mais ~~) le concept
en tant que subjectivité est distinct de l'être, et il s'agit justement de
la suppression de cette différence, autrement dit d'enlever au
concept sa subjectivité. L'être est mis en évidence dans le concept
comme une réalité, c'est-à-dire comme l'espèce de propriétés, de détermi­
270
248-249 lis ne
métier
-] en maTli,e avec signe d'insertion
249
~) Or contre cela
dit joint en maTli,e
253-254 Le penser
objectifjoint en maTli,e
263 qtri est idéalité] joint en maTli,e
264 ~)] en ma1J!,e: le concept doit par soi-même se dépouiller de sa finitude
5'
ex) contenue en lui, c'est-à-dire ce qui est distingué de lui quand on croit avoir enlevé
l'opposé -l'être - en cela précisément -, il est dialectique
~) pour soi -le concept est l'activité de s'objectiver - fin
ex) le concept est précisément le concept, A =A ; bien, mais il est ainsi fini, non-vrai ;
ne pas s'attacher au non-vrai, au fini - d'une façon générale y) ne pas présupposer chez
Dieu la perfection -la fini tude est cette «différentialité» du concept et de l'objectivité,
de la réalité
269 est joint en maTli,e
270-273 comme
prédicat] en maTli,e avec signe de renvoi
(10-11] LA REUGION ACCOMPUE 13 nations de contenu, comme dans les représentations 'homme', 'rai­
(10-11]
LA REUGION ACCOMPUE
13
nations de contenu, comme dans les représentations 'homme', 'rai­
son', etc. ; c'est-à-dire d'une façon générale que le concept comme tel est
le subsister, le sujet de l'être en tant que celui-ci en est le prédicat; ce qui
est mis en évidence précisément par là, c'est que le concept n'est pas ce
275
qu'on entend habituellement par 'concept' - quelque chose d'opposé à ce
qui est objectif; 1 il ne doi t pas comporter l'être. Ce fait que le concept [l1J
nie sa déterminité consistant à être subjectif, qu'elle est niée ou plutôt
qu'il est lui-même cette dialectique qui est la sienne - cette circonstance,
ce tournant constituait la véritable transition. C'est cette négation de la
280
subjectivité du concept en lui-même qui importe, et celle-ci n'est pas réa­
lisée dès lors qu'il n'est pas déclaré, au moins à titre de présupposition, de
base absolue, comme chez Anselme, que le parfait, le vrai est seulement
cette unité du concept et de la réalité.
Kant dit: l'être n'est pas une telle détermination de contenu - rien
285
ne s'ajoute au contenu, au concept de 'cent thalers' quand ils
son t - aa) c'est juste, précisément parce que et en tant que l'être est déjà
contenu dans le concept lui-même, mais ~~) précisément le sens de Kant
est: ne pas être contenu dans le concept, à savoir ne pas l'être dans le
concept subjectif; c'est un tel concept subjectif ou simple représenta­
290
tion subjective qu'il a en vue; ainsi l'exemple des cent thalers représentés
- ici contenu en tant que td, c'est~à-direen tant que représenté, distingué
de son être; rien ne vient s'ajouter au contenu au moyen de l'être, donc
aucune détermination de contenu, à la manière dont pareille détermina­
tion est traitée dans la preuve habituelle. Le concept serait ainsi ce qui
295
comprend les déterminations de contenu, distinguées de la forme, c'est-à­
dire ici de l'être. Cela est juste dans le fini.
Mais en Dieu - le contenu est concept ET ÊTRE; c'est là le contenu
entier de sa métaphysique - c'est là la perfection d'Anselme - en tant
que présupposition. Mais quel droit a-t-il [de] faire cette présupposition?
300 [Ce qui] en effet importe justement ici, c'est de ne plus présupposer Dieu
comme contenu ou comme ce qui est le plus parfait, c'est que l'unité du
concept et de l'être soit justement ce qui est le plus parfait - la vérité
absolue. C'est la présupposition qu'il s'agit de prouver, et à vrai dire le
276 que <da3>] que <das> (erreur de Hegel corrigée par l'Éditeur)
284-306 Kant
demeuren t séparés à la suite de l'avant-dernière remarque marginale, en
addition postérieure au-dessus et à côté de la dernière
291 tel <solcher>] tels <solche> (négligence de Hegel corrigée par l'Éditeur)
14 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION (11-12) concept pur comme tel-'- ex) non
14 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
(11-12)
concept pur comme tel-'- ex) non pas de Dieu, ~) non pas un concept fini,
305 c'est-à-dire dans lequel pensée et existence sont et demeurent
séparés.
La pensée d'Anselme est par conséquent au total tout à fait juste
- elle serait évidente aux yeux du sain entendement humain s'il parvenait
à isoler ainsi la représen tation en tant que telle; mais pour lui Dieu est
310
précisément lui-même d'emblée 1cette unité; cette unité du sujet et de (12)
l'être est subjective; il est donc absurde à ses yeux de s'arrêter à une
telle détermination. - Mais la démarche formelle en question présuppose
le concept de la possibilité et choses semblables, de sorte que cette
possibilité étant conçue, elle doit de m e ure r, alors que l'intérêt de la rai­
315
son est ;ustement de la supprimer.
Différence des présuppositions modernes
ex) homme empirique concret - raison [et] sensible - unité
~) seulement concept - on doit s'en tenir à celui-ci -la contradic­
tion par rapport à
ex) non résolue ­
320
B.
Représentation concrète
ou plutôt détermination,
c'est-à-dire
développement de
l'idée, se combinant par lui-même étroitement avec le culte
La R déterminité en tant que (déterminité de la) réalité, du mode de
325
l'être au niveau de l'idée, est la déterminité du CONCEPT LUI-MÊME;
cela a été indiqué antérieurement; ici, dans l'esprit - Dieu est esprirR, au
niveau du concept de révélation, de manifestation; c'est précisé­
ment cette réalité sienne qui est sa déterminité, qui est le concept -le
fait que l'absolu est esprit. Ce que l'esprit est, son concept, parce que
celui-ci consiste précisément à être l'idée, ne peut être expliqué que
330
316-320 Différence
tif(J
-a
pensée d'Anselme
non résolue -] en marge à côté du paragraphe précédent du texte primi­
supprimer.)
321
B.] b.
324
La} en marge: La réalité est la déterminité du concept, qui se développe à partir
de lui, est posée par lui
326
dans
est esprit joint en marge
326
esprit,] en dessous en marge: différence - totalité en soi réfléchie
lui 326 dans est esprit joint en marge 326 esprit,] en dessous en marge: différence -
LA RELIGION ACCOMPLIE 15 ~[12-13] par sa réalisation, par sa totalité. D'ordinaire on se représente
LA RELIGION ACCOMPLIE
15
~[12-13]
par sa réalisation, par sa totalité. D'ordinaire on se représente ce
concept et cette détermination conceptuelle, et puis une
ré aH t é qui lui
est conforme; ainsi 1 a-t-on fait certes antérieurement - par exemple la [13]
puissance du Seigneur, de l'Un; et puis la réalité, l'être extérieur,
335 déterminé par ce Seigneur en tant que puissance de cette réali té ; ici,
il en est ainsi parce que la détermination du concept est abs-
trai te ; l'être extérieur est par conséquent différent, il n'a en lui que la
détermination du Seigneur; il en est ainsi des dieux grecs - extérieurs à la
nécessité -les configurations sont des éléments et des puissances singula-
340 risés et isolés. Mais si le concept est idée, identité du concept et de la réa-
lité, cela signifie précisément que la réalité elle-même constitue seule-
ment la déterminité du concept et le concept dans sa déterminité
n'est à expliquer que par cette réalisation même.
Différentt est le comportement de la réflexion; elle prend la détermi-
345 nité comme telle sous la forme d'un prédicat, d'un prédicat au repos
- non comme l'activité de réalisation et comme un développement de
celle-ci même, [mais] dans le mode d'une détermination simple
abstraite, seulement à titre de déterminations positives, c'est-à-dire
qui ne doivent être rattachées au sujet qu'en tant que positives, et non pas
350 être en même temps distinguées de ce qui est déterminé comme suj.et ; il
en résulte ainsi pour elle divers prédicats en tant que la même détermi-
nation fondamentale - s'il y en a une seule - est appliquée à divers
aspects; mais, ces divers aspects sont eux-mêmes appréhendés ainsi
empiriquement, c'est-à-dire extérieurement, pour la nature de l'objet.
355 Ainsi apparaissent divers prédicats de Dieu tel qu'il est dans la déter-
332
et cette détermination conceptuelle en matEe avec signe de mnvoi. (ail "''!Y0n)
334
la réalité] en matEe: réalité ct) non pas être na turel, non pas immédiateté
344
Différent} en matEe: ~) Mode dans lequel la déterminité du concept, de la
pensée, apparaît tout d'abord - en tant que PRÉDICAT - réflexion, pensée - certes non pas
naturellement, immédiatement - <déterminité qui est> de même rétablie - mode de
l'immédiateté en tant qu'identité à soi -
5' W2: Les prédicats ne sont certes pas immédiateté naturelle, mais ils sont établis
par la réflexion, et ce faisant le contenu déterminé est devenu tout aussi inébran-
lablement ferme que l'est le contenu naturel sous lequel Dieu était représenté dans la
religion de la nature. Les objets naturels comme le soleil, la lune, etc. sont, mais les
10'
déterminations de la réflexion sont tout aussi identiques à elles-mêmes que l'immédiateté
naturelle.
348-350 seulement
comme sujerlloint en matEe lin mot pllls hallt
355 apparaissent] apparaît
16 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [13-14] mination de l'esprit - toute-puissance, justice,
16 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [13-14] mination de l'esprit - toute-puissance, justice,
16 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
[13-14]
mination de l'esprit - toute-puissance, justice, 1 bonté, puis sagesse, [14]
providence, omniscience, etc., et après, en quelque sorte en dehors de
ces prédicats, l'HISTOIRE DE DIEU, l'activité de Dieu et ses œuvres
- créer le monde, son Fils, la Trinité, l'amour des hommes, la rédemp­
360 tion. La manifestation est ainsi séparée des déterminations qu'on a
dites; on ne réfléchit pas sur le fait que le sujet simple est distinct d'une
telle diversité.
Du fait que maintenant la différence est écartée de telles détermina­
tions en elles-mêmes et pareilleme~tde leur relation au sujet simple,
365
elle émerge d'une autre manière. (Du fait] que ce sont des déterminations,
ct) elles sont différentes les unes des autres,~)bien qu'elles doivent
être infInies - sensu eminentiori, excellenti -, mais y) elles sont déterminées,
par suite fInies, ce que l'on formule en disant qu'elles expriment seule­
ment des relations de nous à Dieu, mais non sa nature, laquelle par
370
suite, puisqu'il n'y a pas d'autre manière de l'expliquer que l'emploi de ces
prédicats, nous est inconnue, inexpliquée. ct) Cette défIcience est un
fait exact. ~) Mais il est tout aussi exact que ce procédé des prédicats est
employé populairement de façon exacte; des réflexions générales, bien
que constituant en elles-mêmes une représentation plus indéterminée, ne
375
laissent pas de mettre l'âme en présence d'un grand sens, sans plus ample
développement, mais aussi sans la signifIcation d'être exclusives, fInies;
de même que nous ne nous faisons pas faute d'admettre et d'utiliser aussi
des représentations fIgurées, symboliques, des images poétiques. Il en va
autrement quand elles sont prises de façon tranchée dans leur signifIca­
tion réflexive déterminée, en tant qu'exclusives d'autres déterminations
380
-
alors les contradictions indiquées plus haut deviennent subjectives, et
ne sont plus alors que des relations à nous, des représentations subjecti­
ves; ainsi, c'est NOUS gui également les nions. Mais c'est là alors une
réflexion extérieure, une dialectique extérieure. Mais elle n'est pas exté­
rieure, elle est au contraire la déterminité, le prédicat. Dieu est juste­
385
356 toute-puissance joint en marge
361-362 on ne
diversité en marge, quatre lignes plus haut, écrit au-dessus de la
remarque marginale suivante
363-365
maintenant la
manière en marge avec signe de renvoi
366-367 bien qu'elles excellentr] W2: Leur contraction n'est pas non plus véritable­
ment résolue par l'abstraction de leur déterminité quand l'entendement exige qu'on les
prenne seulement sensu eminentiori
374-387 ne laissent pas
INFINIE
en marge avec signe de renvoi
[14-15], LA RELIGION ACCOMPLIE 17 ment l'idée qui se détermine soi-même et élève sa détermination
[14-15],
LA RELIGION ACCOMPLIE
17
ment l'idée qui se détermine soi-même et élève sa détermination à
l'infinité - est seulement autodétermination INFINIE. 1 Quand la détermi- [15]
nité est prise en tant que telle, il en résulte ces contradictions-là, mais la
représentation les néglige, elle s'élève au-dessus du limité et a en vue leur
390
contenu universel. Mais, comme on l'a déjà observé, les prédicats abs­
traits reçoivent leur sens dans le mouvement, et cette réalisation
est la véritable finitisation de ce en quoi leur teneur absolue
(sagesse, fin en et pour soi qui se maintient dans la réalité - apparence
d'autre chose) est contenue, et ce qui peut àpparaître comme divers
395
aspects de ce contenu consiste seulement en moments de ce mouvement
lui-même.
La détermination ou, si l'on s'exprime davantage de façon extérieure,
la configuration de Dieu est par conséquent son idée, et celle-ci est
le mouvement; les déterminations concernent ~e] mode de la diffé­
400
rence et en procèdent.
y) Or, du fait que nous sommes familiarisés par avance avec les déter­
minations du concept, nous dirons qu'elles existent en trois éléments.
Mais en soi, ces différences se développent à partir du concept lui-même
et font elles-mêmes la transition les unes dans les autres. Mais ce doit être
405
et ce peut être du moins notre réflexion, de reconnaître que la première
[détermination] est le concept universel, le concept dans l'élément de
l'universalité.
Cela étant, Dieu est tout d'abord IX) le concept de Dieu -le concept
en tant que déterminité, c'est-à-dire en tant qu'élément, le penser de
410
soi-même -lui dans son éternité, cette idée en et pour soi - Dieu
en tant qu'un en trois.
(3) Être concept est une déterminité de la subjectivité, pour nous à
partir de l'idée absolue, et pareillement en lui-même; le concept est cette
diremption consistant à donner à ses différences la figure DE
415
L'IMMÉDIATETÉ - ainsi elles apparaissent comme autonomes; le concept,
précisément dans sa médiation, doit de même se réfléchir et accéder ainsi
à l'identité à soi, ce qui fait que les différences ont premièrement la moda­
lité d'un monde immédiat, d'une nature; Dieu est le créateur de la
nature et son sage conservateur; l'apparition de Dieu dans la
401-407 y) Or du fait
l'lUliversalité] en marge à côté du paragraphe SHivant
410-411
Dieu en tant qu'un en trois joint en marge
418-421
Dieu est
divin à la Jin primitive du paragraphe et en marge
Dieu en tant qu'un en trois joint en marge 418-421 Dieu est divin à la Jin
18 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION 11 5 - 1 6] 420 nature
18 LEÇONS
SUR
LA
PHILOSOPHIE DE LA REUGION
11 5 - 1 6]
420 nature est lX) la nature [3) le Fils de l'Homme - mais cela pour la foi, pour
cet esprit de Dieu, certitude, savoir du divin. 1
y) Objectivité en tant qu'objectivité de l'esprit fini ; cette immédiateté, [161
cette finitude est ESPRIT FINI; l'apparition de Dieu dans l'esprit fini en
général est l'histoire de la rédemption et de la réconciliation, l'éternelle
425 histoire divine elle-même, et ensuite cette histoire en tant que se produi­
sant en celui-ci, dans les singuliers, est le culte, en tant que c'est le côté
subjectif.
Telles sont les trois sphères dans lesquelles l'idée divine est à
considérer; en chacune d'elles elle est tout entière, mais diffé­
430 renciée selon la détermination de l'élément.
[Sphère] a)R
<L'idée en et pour elle-même: le Dieu unitrine>
lX) Dieu est esprit - dans l'élément de la pensée, il est ce qui
est appelé avec raison le Dieu éternel, Dieu en tant que tel, car
435 l'apparence de la finitude, de la désappropriation et son apparaître
en une réalité pour soi autonome n'existe pas ici.
Dieu est esprit, c'est-à-dire ce que nous appelons le Dieu unitrine.
Pur contenu sPÉCULATIF, c'est-à-dire MYSTÈRE de Dieu; Dieu est esprit,
1'activi té absolue, acluspurus, c'est-à-dire subj ectivi té, personna­
440
lité infinie, infinie distinction de soi d'avec soi-même, génération;
mais ce qui est ainsi distingué - divinité à soi ob-jective, à soi objective ­
est maintenu dans le concept éternel de l'universalité en tant que
subjectivité absolue; il est ainsi posé dans sa distinction
infinie, n'est pas arrivé aux ténèbres, c'est-à-dire à l'ÉTRE-POUR SOI, à
445
l'opacité, à l'impénétrabilité, à la finité, il est au contraire en même
temps en tant que demeurant en sa différence dans cette unité immé­
diate, étant ainsi en sa différence en lui-même le concept divin total
- Fils et Dieu; cette unité absolue en tant que pour soi identique à
soi dans sa différence - est l'amour éternel 1
431
a) en marge: idée absolue de la philosophie
433
0:) en marge
438
Pur
de Dieu entre les lignes avec signe d'insertion
441
divinité
ob-jective
objective] en marge avec signe d'insertion (qHalre mots
insérésplHs
lard)
448-449 cette unité
~mour éternellioinlà /afin primitive dHparagraphe el en marge
(qHalre mots insérésplHs lard) 448-449 cette unité ~mour éternellioinlà /afin primitive dHparagraphe el en marge
[17-18] LA RELIGION ACCOMPLIE 19 450 ~) Esprit, amour intuition de soi dans l'autre, cette
[17-18]
LA RELIGION ACCOMPLIE
19
450
~) Esprit, amour intuition de soi dans l'autre, cette identité immé-
diate, exprimée de ce fait dans ]a forme du sentiment, est cet intui­
tionner lui-même; mais cet intuitionner, cette identité existe seule­
ment en tant que dans la différence infinie (simple sensation: amour
animal- et après diversité), mais la vérité est posée seulement en tan t
(17)
455
que dans la 'différencialité', en tant que réflexion en soi, subjecti­
vité, véritable distinction des termes distingués; leur unité est ainsi
esprit. Intuition de cette unité; par exemple le poète qui chante son
amour - n'aime pas se1.Ùement, mais se fa it de son amour son 0 b jet ;
c'est là l'esprit: savoir l'amour, se savoir dans l'amour.
460 Dieu est Un, l'universel en première instance
Dieu est l'amour, il demeure Un, mais davantage comme unité,
comme identité immédiate, non comme réflexion négative en soi.
Dieu est ESPRIT, Un, en tant que subjectivité infinie - Un dans la
subjectivité infInie de la différence.
465 Remarques:
Le rapport des concepts est spéculatif, tout à fait spécifIque, est un
autre rapport - métaphysique.
Contenu absolu ex) pour le concept; la science spéculative a
reconnu, établi que cette idée est la vérité, toute la vérité, l'unique
470 vérité - cela est établi, POSÉ par la médiation pensante; chaque détermi­
nation, chaque contenu se supprimant à cet effet. Ce qu'on appelle la
foi, immédia temen t réceptive, consiste à tenir pour vrai par son esprit
- témoignage de l'Esprit divin.
ex) Il faut s'en tenir à ces déterminations - pures déterminations
475 spéculatives du penser - ou bien pour 1a foi il suffIra de cet accueil selon
les formes données, naïves, heureuses, de la représentation - Fil s,
génération. En effet, quand l'entendement [s']applique à ces formes
spéculatives, y transporte ses formes, celles-là sont aussitôt faussées, et
s'il en a envie, il n'a nul besoin de se priver d'y mettre en évidence des
480 contradictions. Il y a 1 des contradictions, mais elles sont de même
résolues; ce qui lui donne le droit de mettre en évidence les contradic­
tions, ce sont les différences et leur réflexion en elles-mêmes; mais c' est
précisément Dieu, l'esprit, qui lui-même produit éternellement
[18]
457-459 Intuition là l'esprit en marge aH crqyon; sOHlignement à l'mm
459 savoir l'amour
àmour)joint en marge à la note précédente
466-473 Le rapport Esprit dIvin] en marge
20 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [18- 191 cette contradiction [et] la supprime.
20 LEÇONS
SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION
[18- 191
cette contradiction [et] la supprime. Il n'a pas attendu cet entende­
485 ment qui prétend éliminer la contradiction et ces déterminations qui
contiennent la contradiction; il consiste précisément à les éliminer lui­
même. Mais il consiste pareillement à poser ces déterminations, à les
différencier - il est cette diremption. L'entendement oppose à ces
déterminations l'universalité abstraite, l'unité abstraite. Mais celle-ci
490 n'est qu'un autre mode de la contradiction, oc.) qui n'est pas sue par
l'entendement, .~) et que pour cette raison m~me il ne résout pas -la
séparation permanente -, car l'universalité en question se trouve d'un
côté pour elle-même; il n'est aucune activité, aucune unité dans laquelle
les différences sont supprimées, elles sont précisément conservées;
universalité abstraite - on est arrivé à elle par négation; la négation
est sa détermination propre, sa genèse.
~? Il a été rappelé dès le début que dans les diverses religions plus
simples, moins développées, il se présente des échos, des traces
d'idées et de détermination qui ne deviennent la chose principale que
500 dans la suite. C'est ainsi que nous trouvons dans les diverses reli­
gions, d'[une] manière ou d'une autre, la fonne, l'expression de la triade
en question, par exemple dans la religion hindoue. Mais autre chose
est la question de savoir si une telle détermination est la détermi­
nation première, absolue, qui est à la base de tout, ou bien si elle
505 n'est qu'une forme qui se présente parmi d'autres - c'est ainsi que
Brahma aussi est l'Un, mais n'est pas même l'ob)et du culte. C'est dans la
religion de la beauté comme dans celle de la finalité que cette fonne tria­
dique peut certes le moins apparaître; la mesure qui délimite, qui
retourne en soi, ne saurait se rencontrer dans cette multiplicité, dans cette
510 particularisation. Mais celle-ci n'est pas sans traces de cette unité.
Aristote, parlant des nombres pythagoriciens, - de la Trias - l, dit:
495
[19]
« Nous croyons avoir invoqué complètement les dieux seulement lorsque
nOus les avons invoqués trois fois.» Mais c'est principalement avec
497
~)l en marge:~) Traces - Il contaminée par l'entendement (nombre), l'idée trini-
[18]
taire l'est pareillement par des représentations; ot) abstraites ou ~) collectives, mais
ne comportant pas le troisième terme en tant qu'Esprit, le Fils. incarnation, s'épuisant
dans la multiplicité; Brahm abstraction, non pâS amour ot) Trimurti - Çiva est le change­
5' ment, et chaque moment prenant des configurations sauvages et multiples, n'émerge pas
en tant qu'idée éternelle dans la pensée - Non pas en tant que pensée - représentation
sensible
513 trois fois,] en marge:~) détermination abstraite de pensée
[19-20] LA RELIGION ACCOMPLIE 21 Pythagore et d'après Pythagore, en reprenant cela de Pythagore, que
[19-20]
LA RELIGION ACCOMPLIE
21
Pythagore et d'après Pythagore, en reprenant cela de Pythagore, que
515 Platon a déterminé l'idée abstraite comme triade dans le Timée ; c'est ce
qu'ont fait de façon beaucoup plus déterminée, beaucoup plus détaillée,
les néoplatoniciens [et] les pythagoriciens postérieurs. En philosophie
précisément elle s'est entièrement éteinte, et en théologie elle n'est plus
prise au sérieux. A l'époque moderne, la forme DE LA TRIPLICITÉ a été tout
520 d'abord remise en mémoire par Kant - un pas d'une importance inftnie.
oc) Or, là où [se rencontrent] les formes appartenant à la détermina-
tion selon laquelle Dieu est l'esprit, la différence c~nsiste- comme on l'a
dit - dans le fait que ces formes constituent ou non la détermination fon-
damentale. On a prétendu réduire la portée de la religion chrétienne
525 en remarquant que cette détermination qui est la sienne est dé j à plu s
ancienne, qu'elle a emprunté ces formes ici et là. oc) Cet élément his-
torique ne permettrait d'ailleurs pas de décider en quoi que ce soit de la
vérité intrinsèque ; ~) mais ces sources plus anciennes n'ont pas su
ce qu'elles avaient là, elles n'ont pas su qu'elles contenaient la cons-
530 cience absolue de la vérité, mais autre chose - la vérité en tant que pré-
sente parmi d'autres déterminations.
~) Souligner ces formes prises du nombre aussi eu égard à
l'entendement. Deux sources d'embarras se présentent à ce sujet:
[oc)] Compter les moments de l'idée - trois uns -, cela semble quelque
535 chose de tout à fait ingénu, de tout à fait naturel, qui se comprend de soi.
Mais [ainsi, par] la modalité du nombre que l'on mêle ici, chaque
détermination est ftxée comme un UN, et saisir trois uns comme un
seul UN semble alors l'exigence la plus dure, et, dira-t-on, la plus irra-
tionnelle. Mais l'entendement n'a en vue que cette autonomie absolue DU
540 UN, la séparation, la fragmentation absolues; mais la considération
logique montre que le un est plutôt en tant qu'en lui-même dialectique, et
non pas quelque chose d'autonome, de véritable; le un [est une] entité
d'entendement. Il suffIrait seulement de songer à la matière, qui est le un
effectif, qui offre de la résistance, mais 1 qui est pesante - c'est-à-dire [20]
545 montre la tendance à ne pas être en tan t que un, mais bien au contraire
à supprimer son être-pour-soi, le reconnaissant ainsi elle-même comme
quelque chose de nul ; certes, parce que la matière demeure seulement
517 -519 En philosophie précisément
sérieux en marge
521-531
<X) Or, là
autres déterminations en marge
542-543 le un
d'entendement en marge
sérieux en marge 521-531 <X) Or, là autres déterminations en marge 542-543 le un d'entendement en
sérieux en marge 521-531 <X) Or, là autres déterminations en marge 542-543 le un d'entendement en
22 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [20-21] matière, cette extériorité extrême, on en
22 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [20-21] matière, cette extériorité extrême, on en
22 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION
[20-21]
matière, cette extériorité extrême, on en reste de même seulement au
devoir-être; la pesanteur, qui est précisément cette suppression du un,
550
constitue la détermination fondamentale de la matière, et la matière n'en
est pas moins la pire modalité de l'être-là, la plus extérieure, sa modalité
non spirituelle.
~) Mais une autre forme est en connexion avec cela - encore plus
dure. La détermination supérieure des différences dans l'idée absolue est
555
la PERSONNALITÉ. Elles ont été qualifiées de personnes dans la divinité, et
si déjà la détermination du un semble insurmontable à l'entendement abs­
trait, c'est davantage encore le cas pour celle de la personnalité. La
détermination de forme est ici forme INFINIE; chaque moment existe en
tant que sujet, PERSONNAUTÉ, moment absolu, bien qu'abstrait - pour
560 marquer que l'opposition doit être prise ab sol ume nt. Mais p ers 0 n n a­
lité signifie encore l'extrême dans son abstraction - seulement en tant
que rés 0 lu, essentiellement non maintenu isolé. Représentation, sensibi­
lité: IX) Trois dieux -la subjectivité serait perdue. ~) Le mal- ou plus pro­
fondément. La personnalité est la subjectivité infinie de la certitude de
565
soi-même, cette réflexion dans soi dans la différence, réflexion qui en tant
que forme abstraite est en même temps excluante par rapport à autre
chose. Que cette détermination soit essentielle, on l'a déjà vu; d'Une
façon générale, l'idée suprême est cela: la réflexion absolue, la totalité des
côtés en eux-mêmes. Comment ces uns pour eux-mêmes infinis, et qui
570
sont même essentiellement excluants - une pluralité de tels uns - sont-ils
cependant à saisir comme un seul un - c'est là la contradiction la plus
dure. Mais assurément, l'idée divine, comme nous l'avons noté antérieu­
rement, n'est justement pas seulement cette contradiction, mais sa résolu­
tion - résol u tion non pas en ce sens que la contradiction n'existe pas,
575
mais en celui qu'elle est résolue. Personnalité, liberté - c'est justement
dans son être-pour-soi infini qu'elle est véritable; son concept
lui-même est par là la détermination de l'IDENTITÉ A SOI, de l'univer­
salité. Il Ce spéculatif, c'est précisément là l'abandon de soi à son [21]
suprême; ce mouvement éternel est son concept.
553-554 Mais une
plus dure en marge à côté du dilml du paragraphe
557-564
La détermination
plus
profondément en marge; pricédi à nouveau d'un: ~)
567-569 Que cette
eux-mêmes. en marge avec signe de renvoi
568
la totalité] Première ridaction: l'êrre total lexie: la (Ms. : le <das»
totalité
570
sont] est
LA RELIGION ACCOMPLIE 23 [21-22J 580 Cela est exprimé dans l'amour, dans J'esprit; l'éternel exemple
LA RELIGION ACCOMPLIE 23 [21-22J 580 Cela est exprimé dans l'amour, dans J'esprit; l'éternel exemple
LA RELIGION ACCOMPLIE
23
[21-22J
580
Cela est exprimé dans l'amour, dans J'esprit; l'éternel exemple est
dans la conscience de soi; c'est déjà aussi le cas du mode naturel-la nais­
sance présuppose les parents, la même es p è ce, aussi la particularité; une
famille est une unité naturelle d'êtres qui sont des personnes, et une unité
éthique dans l'amour.
~
585
Dans la religion chrétienne en général, Dieu est un en trois - Père,
Fils et Esprit; dans d'autres configurations religieuses, il y a des détermi­
nations plus précises. Détermination principale: la fin, le concept qui se
conserve; le vivant - se produit soi-même, c'est-à-dire ce qui est,
infiniment, est produit; la différence dans le processus est déjà en et
590
pour soi une apparence, elle n'est que jeu, comme dans l'amour et
l'amour réciproque, réassurance est jouissance, seulement forme abs­
traite du mouvement; réassurance - un - ici identité en tant que répé­
ti tion ; aussi pour cet instant-ci; cela, cet instant-ci est exclusif; la loi
du ciel est valide aussi en cet instant-ci. La loi est ferme pour elle­
595
même; calculer est pour les enfants une jouissance; la règle est ferme
aussi dans ce cas, ils savent au préalable en toute certitude que le
résultat doit suivre par ce procédé. Ainsi le particulier est-il posé seu­
lement comme apparence.
y) Il faut encore attirer l'attention sur ra source d'un mode varié de
600 représentati.on et de détermination.
Par exemple lorsque nous disons:« Dieu en soi, selon son concept,
est la puissance infinie, se séparant et retournant en elle-même, il est cela
seulement en tant qu'il est la négativité se rapportant infiniment à soi­
même, c'est-à-dire la réflexion absolue en lui-même, ce qui est déjà la
605 détermination de l'esprit. C'est pourquoi R quand nous voulons parler de
Dieu considéré dans sa première détermination, selon son concept, et
qu'en partant de là nous voulons en arriver aux autres déterminations,
nous parlons alors déjà de la troisième -le dernier est le premier.
En tant que cela n'est en quelque sorte qu'à éviter, ou bien, quand on
610 commence de façon abstraite, 1 en tant que l'imperfection du concept
(22J
585-598 Dans la religion
apparence en marge, écrit aHtoHr des trois notes marginales
sHivantes
602
et
en elle-même joint en marge
605
C'est pourquoi quand] en marge: Détermination plu s pre c 1se de la diffé­
rence qui appartient à la manifestation, à ce qui est distingué - universel -le Père est pré­
supposition
609-610 quand on
abstraite joint en marge
24 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [22-23] amène à parler du terme premier
24 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
[22-23]
amène à parler du terme premier seulement d'après sa détermina­
tion, celui-ci est l'universel, et l'activité qu'on a dite, créer, engendrer,
est déjà un principe différent de l'universel abstrait, principe qui
apparaît ainsi comme second principe et peut apparaître comme ce qui
615
manifeste, s'exprime (Logos, Sophia -le premier principe est l'abîme). À
l'époque de la vie du Christ et plusieurs sièc'les après sa naissance,
nous voyons se former des représentations philosophiques qui ont
pour base la représentation d'un tel rapport. Ce sont là pour une
part des systèmes philosophiques indépendants - comme la philo­
620
sophie de Philon, un Juif alexandrin -, pour une part ensuite celle des
Alexandrins pos térieurs ; mais ce sont surtout des mélanges de la
religion chrétienne avec des représentations philosophiques, mêlées de
représentations figurées, allégoriques - mélanges qui constituent
une grande partie des hérésies, en particulier de l'hérésie gnostique.
625
C'est ainsi par exemple que chez Philon le av est le principe premier,
le Dieu inconcevable, le Dieu fermé, innommable, OCfLÉ6e:)(:roc; - de même
chez une partie des néoplatoniciens; le second principe est alors le
Logos, avant tout le vouc;, le Dieu qui se révèle, qui sort, l'apiXO"lC; <l>e:ou, la
crO<jl(iX, le Myoc;, ensuite l'archétype de l'humanité, l'homme, l'empreinte
630
de la révélation céleste et éternelle de la divinité cachée - <jlp6v'1)crtc;
Chochmah» (Neander, p. 15).
P. 94: Valentin et les valentiniens nommaient cette unité première
~u66c;, l'abîme, iXlwv - à savoir le -rÉÀe:wc; iXlwv Èv ocopchotc; XiXL
OCXiX-rO 1vOfLiXcr-rotc; UIjJWfLiXO"l, l'éternel habitant
en des hauteurs invisibles et
[23]
indicibles; il Ya en outre de nombreux éons, des puissances universelles;
635
.612 créer] en marge: transition, progression de l'universel au particulier. Déter­
mination différenciée - juste (d'abord : (de telle sorte que non barrépar inadvertance) chacune)
mais comme abstraction; chacune n'est pas immédiatement en elle-même la plénitude du
toùt.
620 Juif alexandrin] en marge: Au milieu entre Orient et Occident / L'idéalisme
oriental volatilise les effectivités occidentales en un monde de la pensée.
W7 : D'une façon générale, nous voyons dans ces tentatives pour saisir l'idée du trini­
taire l'effectivité occidentale volatilisée par l'idéalisme oriental
626
le Dieu fermé
tJ.ILÉ6ExToçjoint en marge avec signe tU renvoi
631
Neander, p. 15 en marge
632
P. 94 en marge
634
l'éternel <das Ewige>] là les choses éternelles <da Ewige> (ernHrde Hegel corrigée
par l'Éditetlr)
635 il y a en outre
universelles en marge, tUHX lignes plHs haHf, à côté de TÉÀELOÇ
LA RELIGION ACCOMPLIE 25 [23-24] ~u(:)6ç, qui est en et pour soi élevé au-dessus de
LA RELIGION ACCOMPLIE
25
[23-24]
~u(:)6ç, qui est en et pour soi élevé au-dessus de tout contact avec les cho­
ses fInies, en tant que de son essence surabondante rien ne peut être com­
muniqué en et pour soi et immédiatement, que le principe et le père
de tout être-là est seulement par la médiation, par les séphiroth méq.ïati­
640 santes, - 7tpoa.px~, 7tp07ta.-r1jp.
P. 98 R : L'autorévélation du Dieu caché devait précéder toutes
choses; par son autocontemplation (Èv(:)ufl'Y)(nç éa.u't'Oü) il engendra
l'Unique-engendré, qui est le devenir-concevable de l'éternel,
x a. 't' û\ ~ ljJ ~ç 't'oü &:ye:w~'t'ou, le premier concevable, 't' <> 7t P W 't' 0 V
645
xa.'t'a.À~7t't'OV,qui est le principe de tout être-là déterminé, la première
autodétermination et limitation de l'essence infInie, inconcevable; c'est
pourquoi le Monogenes est le Père proprement dit et le principe fonda­
mental de tout être-là, 7ta.'t'~p xa.~ &:PX~, l'iSvOfLa. &:6pa.'t'ov
;
le ~u(:)6ç est en et
pour soi &:vov6fla.0"'t'OÇ, le Monogenes est le 7t p6 cr W 7t 0 V 't'où 7ta.'t'p<>ç.
650
A cela se rattache la grande controverse entre les Églises chrétiennes
orientale et occidentale sur le point de savoir si l'Esprit procède du Fils
ou du Père et du Fils; du fait que le Fils est seul à être actif, révélateur,
c'est seulement de lui que procède l'Esprit. Mais l'Esprit en général n'a
pas cette importance dans la détermination; dans la mesure où le voüç,
655
Myoç, O"o<j>lcx, le second principe, le principe révélateur, l'Homme, etc., est
déterminé, il est alors aussi le Démiurge, ou la transition immédiate vers
lui.
Bref, la source d'un grand nombre de ce qu'il est convenu
d'appeler des hérésies réside purement dans la tournure donnée à la
660 spéculation qui, dans la transition de l'un, de l'universel, à la diffé­
rence, distingue cette activité de ce principe premier, l'hypostasie séparée
de celui-ci, qui en tant que l'abstrait [doit] lui être supérieur. Mais consi­
déré de plus près, ce Logos est déjà lui-même la détermination du retour
en soi, [puisqu'il] 1 contient un moment qui, pour appréhender exacte- [24]
665 ment la différence, doit être distingué. La solution consiste en ce que
l'Esprit est la totalité, le terme premier considéré n'est lui-même saisi
comme terme premier que du fait qu'il comporte tout d'abord, d'une
façon générale, la détermination du troisième terme, de l'activité.
641 P. 98 en marge,. à .ôti à gau.he
Confer 98 « Le
Brahma des Hindous ». Brahma
n'est pàS le principe révélateur, il est lui-même fermé
650-657 A cela
immédiàte vers lui. en miJrge ave. signe de renvoi
665 doit être distingué. en marge avec signe de renvoi
26 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [24-25) [Sphère] b)R <L'idée dans sa diremption
26 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION
[24-25)
[Sphère] b)R
<L'idée dans sa diremption :
670
création et conservation du monde naturel>
La seconde sphère pour la représentation est la création et la conser­
vation du mondeR, en tant que nature, monde fini, nature spirituelle,
physique - c'est l'ouverture d'un tout autre domaine, du monde de la
675 finitude.
Nous connaissons par le concept le moment de la différencia tion,
et plus précisément de la différenciation déterminée; un côté, en tant
qu'il est le concept inséparé et inséparable, est la claire subjectivité qui se
maintient en unité, et l'autre est la différence en tant que telle, en elle­
680 même, c'est-à-dire ce-qui-est-hors-de-soi. C'est le jugement
absolu, que de CONFÉRER l'autonomie AU c6TÉ qui est le côté de l'être­
autre - c'est LA BONTÉ, que de conférer à ce [côté] dans cette aliénation
l'idée totale dans la mesure et dans le mode où, en tant que l'être-autre, il
peut l'accueillir en lui-même et ra représenter.
685 Le R rapport de cette seconde sphère à la premiè!e se trouve
ainsi déterminé, en ce sens que c'est en soi la même idée, mais dans cette
autre détermination; l'acte absolu de ce premier jugement est en soi le
même que ce second acte; la représentation les tient tous deux
séparés l'un de l'autre comme deux domaines et deux actes
690 entièrement différents. Et de fait, ils doivent être aussi distingués et
tenus séparés l'un de l'autre, et si l'on a dit qu'ils sont en soi la même
chose, il faut déterminer 1 exactement comment' il faut entendre cela, [25]
sinon on pourrait voir apparaître le faux sens - faux en soi et faux en tant
qu'interprétation incorrecte de ce qui vient d'être exposé - selon lequel le
695 Fils éternel du Père, de la divinité qui est à elle-même objectivement,
qui est à soi-même ob-jectivement, serait la même chose que le
monde, physique et spirituel, et que par ce Fils il ne faudrait entendre
que celui-ci.
669
b)] en marge: Où - détermination spatiale: où serait le Dieu éternel?
673
monde,] en marge: Objectivité - développement de celle-ci - c'est-à-dire fixation
des différences déterminées - Fils - détermination abstraite de l'être-autre - oppo­
sition de NATURE et d'esprit FINI
680
en lui -
ce-qui-est-hors-de-soi.] en marge: Nature et [esprit] fini - son histoire
seS fins - ses intérêts - s'y briser­
685
Le] en marge: Connexion de la première et de la deuxième sphère
27 [ 2 5 - 2 6 ] LA RELIGION ACCOMPLIE Mais il a déj,à
27 [ 2 5 - 2 6 ] LA RELIGION ACCOMPLIE Mais il a déj,à

27

[25-26]

27 [ 2 5 - 2 6 ] LA RELIGION ACCOMPLIE Mais il a déj,à été

LA RELIGION ACCOMPLIE

Mais il a déj,à été observé, et cela se comprend à la vérité de soi-même, 700 que seule l'idée de Dieu telle qu'elle a été expliquée auparavant dans ce que u1ai appelé la première sphère - 6o:oc; VO"ljTOC; -, est le Dieu éter­ nel, véri table (et alors sa réalisation supérieure, sa manifestation dans le processus plus détaillé de l'esprit, est ce qui sera considéré dans la troi­ sième sphère).

Si le monde, tel qu'il est immédia temen t, était pris comme étant en et pour soi -le sensible, le temporel en tant qu'étant -, il faudrait soit entendre par là le faux sens indiqué, soit encore d'entrée de jeu deux actes éternels de Dieu; l'activité de Dieu n'est, d'une façon générale, absolument qu'une seule et même activité, non pas une véri­

qu'une seule et même activité, non pas une véri­ 705 710 table diversité d'activités distinctes,

705

710

table diversité d'activités distinctes, maintenant et après, extérieures les unes aux autres, etc. Mais ainsi ce différencier en tant que réalité autonome n'est que le moment pour soi négatif de l'être-autre, de l'être­ extérieur-à-soi, qui en tant que tel n'a pas de vérité, mais est seule­

715

ment un moment - temporellement parlant seulement un instant, lui­ même n'étant pas un instant - mais a ce mode de l'autonomie R seule­ ment vis-à-vis de l'esprit fini, dans la mesure où celui-ci est lui­ même, dans sa finitude, précisément cette manière d'être de l'autonomie; en Dieu lui-même, c'est là le moment disparaissant de l'apparition.

720

L'objectivation de Dieu, telle qu'elle a été présentée dans la première idée, est la vraie. Que R ce moment ait cette longueur, cette largeur, cette pro­ fondeur d'un monde -le ciel et la terre et leur organisation infinie, en eux-mêmes et à l'extérieur - c'est là ce qui est exprimé si nous disons

725

que Il'être·autre est un moment immédiatement disparaissant; c'est seu- (26) lement l'éclat d'un éclair qui a immédiatement disparu, le son d'un mot qui, tandis qu'il est prononcé, est perçu et a disparu dans son exis­ tence extérieure; ainsi exprimé, l'instantané du temps est ce que nous avons en vue dans ce momentané, avec un avant et un après, n'étant lui­

. 716 autQnomie] en marge: Celui-ci <Dieses> - Maintenant - ÊTRE-POUR-SOI

701

720-721 L'objectivation

722 Que] en marge: la connaissance concevante de la nature est réconciliation

vrllie en marge

spirituelle

723 en eux-mêmes

l'extérieur en marge

730 même ni dans l'un ni dans l'autre.

SEOÇ VO"ljTOÇ en marge

28

[26-27]
[26-27]

LEÇONS SUR LA PHlLOSOPHIE DE LA RELIGION

Mais il faut écarter absolument toute détermination temporelle, que ce soit celle de la durée ou celle du maintenant, et ne retenir que la pensée, la pensée simple de l'a u tre - 'simple', car 'autre' est une abstrac­ tion. Le fait que cette abstraction est étendue au monde spatial et tempo­ rel signifie que cette extension est le moment simple de l'idée elle-même, et que par suite ce monde la reçoit entièrement en lui; mais parce que cette extension est le moment de l'être-autre, elle est l'extension sensible infinie. IX) Des questions comme celle-ci: le monde ou la matière, \JÀ"y), est-il ÉTERNEL ou de toute éternité, ou bien a-t-il commencé dans le temps? de telles questions relèvent de l~e métaphysique de l'entendement. 'De toute éternité' signifie l'éternité elle-même entendue comme un temps infini, représenté selon la mauvaise infinité - infinité de la réflexion et détermination de la réflexion. Dès que le monde entre dans la représentation, le temps entre en jeu, et ensuite, par la réflexion de celui-là, l'infinité ou l'éternité; mais il nous faut avoir conscience que cette détermination ne concerne en rien le concept lui-même. ~) Une autre question ou ce qui est pour une part une nouvelle signi­ fication de la question précédente consiste à se demander si le monde ou la matière, dans la mesure où il devrait être de toute éternité, es t incréé, est immédiatement pour soi. Il y a à la base de cette question IX) la séparation d'entendement entre forme et matière; mais la matière ou le monde sont plutôt selon leur déter­ mination fondamentale cet autre, le négatif, qui n'est justement lui-même que le moment de l'être-posé et le contraire de l'autonome, et 1 qui jus- [27) tement ne consiste dans son être-là qu'à se supprimer et à être moment du processus. Le monde naturel est relatif, est apparition, c'est-à~dire qu'il est cela non seulement pour nous, mais en soi; c'est là sa 760 qualité, précisément (avancer), transiter, se reprendre dans l'idée fmale. C'est dans la détermination de l'autonomie de l'être-autre que les multiples positions métaphysiques et les déterminations concernant la

735

740 745 750 755 739 IX) tn marge 739 (J);/) en marge 744 détermination de
740
745
750
755
739
IX) tn marge
739
(J);/) en marge
744
détermination de la réflexion.] W2: réflexion. Le monde est précisément la
région de la contradiction, en lui l'idée est dans une détermination qui lui est inadéquate.
749
~) en marge
758
es t rela tif, joint en marge
lui l'idée est dans une détermination qui lui est inadéquate. 749 ~) en marge 758 es
lui l'idée est dans une détermination qui lui est inadéquate. 749 ~) en marge 758 es
lui l'idée est dans une détermination qui lui est inadéquate. 749 ~) en marge 758 es
lui l'idée est dans une détermination qui lui est inadéquate. 749 ~) en marge 758 es
[27-28] 29 LA REUGION ACCOMPUE "YAH des anciens - également des chrétiens philosophants, principale- ment
[27-28]
29
LA REUGION ACCOMPUE
"YAH des anciens - également des chrétiens philosophants, principale-
ment des gnostiques - ont leur fondement.
765 y) Parce que le monde est imparfait - un troisième terme est néces-
saire, le Démiurge ou le Fils créateur du monde - mais non pas une per-
sonne particulière - Dieu en général -l'universel (par conséquent le
Père) car en face de l'objectivité, du monde, de l'être-autre.
Cet être-autre en tant que monde est ce par quoi celui-ci est purement
770 et simplement le créé, n'est pas étant en et pour soi, et quand on dis-
tingue entre le commencement en tant que création et la conservation
de ce qui existe, on se représente justement qu'un tel monde sensible
existe de fait, est un étant. C'est pourquoi c'est avec raison qu'il a été
établi depuis longtemps que - parce que l'être, l'autonomie subsistant
775 pour elle-même ne saurait être attribuée à ce monde - Qa conservation et
la création sont identiques) la conservation est une création. (Mais peut-
on dire que la création est aussi conservation? On le dirait dans la mesure
où le moment de l'être-autre est lui-même moment de l'idée, ou plutôt la
présupposition existerait alors, comme avant, qu'un étant précéderait la
780
création.)
~) Or, en étant déterminé comme la totalité d'une apparition, l'être-
autre exprime en lui-même l'idée, et c'est là en somme ce qui est
désigné par le terme de sagesse de Dieu dans la nature - détermination
qui consiste en ce que la nature a par avance un concept existant en et
785
pour soi qui n'est pas elle en tant qu'élément de l'être-autre. wx) La
sagesse de Dieu est un concept profond qui manque aux points de vue
religieux antérieurs, car il contient l'idée en et pour soi déterminante.
1 ~~) La sagesse est un terme général, et c'est l'affaire de la connais- [28]
sance philosophique de (re)connaître ce concept dans la nature,
790
de saisir celle-ci comme un système, une organisation dans laquelle l'idée
divine se reflète. Cette idée IX) est manifestée, ~) son contenu est lui-
même la manifestation - LA manifes tation qui consiste à se distinguer,
à se révéler comme un autre et à reprendre celui-ci dans soi, de sorte que
ce qui eSt ainsi repris êSt tout aussi bien l'extérieur que l'intérieur. Dans la
765
y)
Parce
que
imparfait en marge (parce que
imparfait ali-dessus de y)
768
en face de
l'être-autre joint en marge
770
n'est
pour soi en marge avec signe de renvoï
785-787 cux) La sagesse
791-792 oc) est manifestée
déterminante en marge avec signe de renvoi
manifestation en marge avec signe de renvoi
30 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [28-29] 795 nature ces degrés se dissocient
30 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
[28-29]
795
nature ces degrés se dissocient alors sous la forme d'un système de ter­
mes juxtaposés, des règnes de la nature, dont le plus haut est le règne des
vivants.
Mais la vie, la plus haute présentation de l'idée dans la nature,
consiste seulement à se sacrifier - négativité de l'idée à l'encontre
800
de cette existence qui est la sienne - et à devenir esprit. L'esprit
est cette procession au moyen de la nature; c'est-à-dire qu'il a en elle
son opposé, par la suppression duquel il est pour soi, c'est-à-dire esprit.
La nature est l'idée qui est seulement en soi, c'est-à-dire posée immédia­
tement ou dans l'être-autre.
805 [Sphère] cY
<Apparition de l'idée dans l'esprit fini :
aliénation, rédemption et réconciliation>
C'est pourquoi la troisième sphère est l'objectivité en tan t
qu'esprit fini, l'apparition de l'idée à son niveau et en lui - rédemp­
810
tion et réconciliation - en tant qu'elle-même histoire divine et en
même temps COmme suppression de l'objectivité extérieure en général et
par là comme accomplissement réel de l'esprit.
Tel est le moment de l'objectivité divine, développée, dans lequel le
divin arrive A SON SUPRÊME être-extérieur-à-soi tout autant qu'il y a
815
son tournant, et ces deux choses précisément -la suprême aliénation,
le sommet du dessaisissement - constituent ce moment du retour lui­
même. 1
Or, du fait que c'est là l'histoire de l'idée divine dans l'esprit fini, cette
histoire comporte immédiatement elle-même les deux côtés: être
[29]
820
l'histoire de la conscience finie elle-même - d'elle-même telle qu'elle
est singularisée, isolée conformément à l'immédiateté -, et cette his­
toire telle qu'elle est objet pour cette conscience, objective en et
805 c) en marge: 17.8.21
810-812 et en
de l'esprit joint en marge
815 son tournant) 1)premim rédaction: le moment de son tournant. 2) Texte
5"
de Ms.: (le moment) son <seinen> tournant
En passant de sa première rédaction (es <das Gôttliche> darin das Moment seines Wen­
dungspunkt hat) à la seconde (es darin (das Moment) seinen Wendungspunkt hat), Hegel a
donc apparemment identifié comme lin selll moment fêtre-extériellr-à-soi (AuBersichsein) et le retollr
(Rückkehr).
donc apparemment identifié comme lin selll moment fêtre-extériellr-à-soi (AuBersichsein) et le retollr (Rückkehr).
[29-30] LA RELIGION ACCOMPLIE 31 pour soi, c'est-à-dire telle qu'elle est l'histoire de Dieu, telle
[29-30]
LA RELIGION ACCOMPLIE
31
pour soi, c'est-à-dire telle qu'elle est l'histoire de Dieu, telle qu'elle
est en et pour soi. Ce second point est traité ici, le premier concerne la
825
communauté.
La nécessité d'une telle histoire réside premièrement dans l'idée
divine, à savoir que Dieu en tant qu'esprit est ce processus dont les
moments ont eux-mêmes la figure d'une réalité complète et par là de la
conscience de soi finie, et que par là l'idée divine s'actualise au
830
niveau de la conscience de soi finie et en elle. Mais l'autre aspect
de la nécessité de cette manifestation est qu'elle est pour la conscience
de soi, précisément parce qu'elle est l'histoire en tant que se produisant
dans la conscience de soi finie. Dieu doit être pour soi comme le tout de
sa révélation; c'est seulement ainsi qu'il est révélé. Cette histoire sienne,
835
mais dans son objectivité et sa vérité, doit être pour lui l'objet.
C'est cette histoire véritable de l'esprit fini qu'il s'agit de saisir à
présent.
oc)
<Aliénation, humanité naturelle>
Selon l'idée de sa vérité, l'esprit est en premier lieu dans la détermina­
840
tion de son universalité (père). Mais l'esprit fini consiste précisément à
ne pas être dans l'élément du penser; cela signifie que les moments du
concept de l'esprit ne sont pas dans le concept, ne sont pas des universels
abstraits posés dans le penser, [mais] de l'être immédiat, qu'en tant que
distingués ils sont tenus séparés les uns des autres, se dissociant de façon
845
indifférente, et que la première universalité en tant que première est
seulement en tant qu'étante, qu'immédiate. Le positif est univer­
salité abstraite (en raison de la dissociationD]' non encore déterminée
comme totalité; le 1 premier mode de l'esprit en tant qu'esprit fini, en [30]
tant qu'esprit naturel, consiste ainsi à être homme naturel.
850 Cette détermination doit être comprise selon son concept; elle est
immédiatement la CONTRADICTION, non résolue en soi-même. L'es­
prit n'est esprit que comme retour infini en soi, comme la médiation de
soi avec soi-même, c'est-à-dire comme médiation tout aussi bien sup­
primée; mais l'immédiateté est le non-médiatisé, même le non­
840-841 consiste
moments en marge avec signe de renvoi
842-843 ne sont pas des
immédiat joint en marge
846 Le positif) CIl marge: La conscience de ce qu'il est ­
renvoi 842-843 ne sont pas des immédiat joint en marge 846 Le positif) CIl marge: La
renvoi 842-843 ne sont pas des immédiat joint en marge 846 Le positif) CIl marge: La
renvoi 842-843 ne sont pas des immédiat joint en marge 846 Le positif) CIl marge: La
32 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [30-31] 855 vivant, beaucoup moins le spirituel
32
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
[30-31]
855
vivant, beaucoup moins le spirituel - le mort, si quelque chose pouvait
exister sans cette médiation. L'esprit naturel est essentiellement ce qu'il
ne DOIT pas être ni demeurer.
C'est là une détermination très importante, c'est la détermina­
tion véritable et de ce fait celle selon laquelle l'esprit naturel doit être
860
représenté par la religion en tant qu'elle est le savoir de la vérité. Il nous
faut considérer de plus près et en des formes plus concrètes ce qui est
contenu dans cette détermination.
L'homme naturel est tel qu'il ne doit pas être; il est l'homme qui se
détermine d'après la s ingulari té de son être-là. Il est en premier lieu
865
homme voulant, car la volonté comme telle est le fait de décider
- ce par quoi l'homme en tant qu'individu est constitué à l'encontre
d'autre chose, offre de la résistance, se sépare. Il n'est pas encore homme
pensant et ne se détermine pas encore d'après des pensées, c'est-à-dire
d'après l'universel, c'est-à-dire, relativement à la volonté, d'après une fin
870
qui est en et pour soi, d'après le bien. Penser et se déterminer
d'après l'universel- cela relève déjà de l'abandon de cette immédiateté et
de cette simple naturalité qui appartient à l'homme immédiat.
L'homme R naturel est ainsi l'homme qui n'est pas en soi-même
libéré R par rapport à soi et par rapport à la nature extérieure; il est
875
l'homme du désir, de la rudesse, de l'égoïsme, l'homme de la dépen­
dance, de la crainte. Dans sa DÉPENDANCE de la nature, il peut 1 être
plus doux ou plus rude. Sous un ciel doux - et cela surtout est l'élément
déterminant -, où la nature lui donne les moyens de satisfaire ses besoins
physiques, sa naturalité peut demeurer douce, bienveillante, simple
[31]
880
dans ses besoins et dans les conditions de son existence, et la géo­
graphie, les relations de voyage donnent d'agréables descriptions de
pareils états de choses (mais pour une part ces mœurs douces sont en
même temps jointes à des usages, à des coutumes barbares (sacrifices
humains et choses du même genre), à un complet abrutissement; dans les
îles de l'Ami tié, les chefs de tribu (d'autant plus haut est leur rang) se
885
873
L'homme] en marge: Homme immédiat - en tant que NÉGATIF vient en second­
IX) innocence - immédiateté ingénue
~) immédiateté pour conscience spirituelle dans le
véritable ­
rapport de détermination
874
libéré] en marge: Non libre - 1 sentiment de dépendance - non religieux [30)
877
ou plus rude joint en marge
878
donne joint en marge
Non libre - 1 sentiment de dépendance - non religieux [30) 877 ou plus rude joint
[31-32] LA RELIGION ACCOMPLIE 33 font donner la pâture, gisent pour ainsi dire dans la
[31-32] LA RELIGION ACCOMPLIE 33 font donner la pâture, gisent pour ainsi dire dans la
[31-32]
LA RELIGION ACCOMPLIE
33
font donner la pâture, gisent pour ainsi dire dans la pâture) ; des îles et
des côtes de l'Asie extrême-orientale - il Y a des descriptions
enchanteresses. Mais [pour une part] un tel état semble dépendre de cir­
constances contingentes - telles que par exemple le climat, le fait d'être
890
coupé des autres hommes dans la situation insulaire - et sans de telles cir­
constances cet état est même extérieurement impossible; mais, pour
une autre part, on ne peut pas du tout procéder à cet égard à partir de
possibilités empiriques; d'ailleurs, de telles observations et de telles des­
criptions concernent le comportement extérieur, empreint de bénignité,
895
des hommes envers les étrangers, envers les autres, mais ne pénètrent pas
à l'intérieur des états de choses et des conditions, elles établis­
sent une norme par trop médiocre pour ce que l'homme doit être. Ce
dont il s'agit, ce n'est pas quel genre de condition vous a plu, et que vous
souhaiteriez alors, que vous aimeriez alors vous trouver dans une pareille
900
condition - vous ou même les hommes en général. À toutes les manières
de voir de ce genre, à toutes ces fades possibilités qui procèdent à partir
d'abstractions sans leurs circonstances, non de situations concrètes, et à
ces vœux d'une philanthropie malade, déjà la réalité effective se trouve
opposée; mais c'est essentiellement le cas du concept, de la nature de
905
la chose, et celle-ci est cette détermination de la naturalité 1 indiquée [32]
plus haut. Cette naturalité, cette innocence est ce à quoi l'esprit n'est pas
destiné, ce qui est contraire à son concept. La nécessité apparaît sous
forme de circonstances extérieures, et les marchands de possibili­
tés croient avoir tout fait quand ils font consister la possibilité en ceci que
910
les circonstances extérieures ne sont rien en et pour soi et peuvent
être autrement. Mais les circonstances extérieures ne sont que l'occasion,
ayant pris telle ou telle forme, d'un développement nécessaire qui est lui­
même de telles circonstances extérieures.
888-889 un tel état semble dépendre de circonstances contingentes] 1) Première rédac­
tion: un tel état dépend
contingentes
(hangt
ab) 2) Texte du Ms. (ligèrement corrigé): repris
ci-dessus (scheint
abzuhangen ; Ms. ab,
mot que H
, dans sa correction, avait oublié de corrigeQ
893 descriptions] W2: descriptions que nous avons de ces peuples prétendument
innocents,
896-897 établissent
doit être en marge
901-902
à toutes Ces flides
concrètes en ma1J!,e avec signe de renvoi
903 philanthropie malade] WL': philanthtopie malade qui souhaite le retour des
hommes dans cet état originel d'innocence,
907-918 La nécessité
en outre à côté des deux phrases précédentes du texte principa~ en
ma1J!,ejusqu'à la ma1J!,e inférieure du feuillet,. une suite éventuelle sur uné feuille spéciale est perdue
34 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [32-33] Si doux que soit un pareil
34 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION
[32-33]
Si doux que soit un pareil état, (X) il n'est pas sans aspects qui remplis­
915
sent d'horreur, ~) mais d'une façon générale, il manque de cette cons­
cience universelle de soi avec ses conséquences et ses développements
qui constituent l'honneur de J'esprit. Cet état naturel - plus ou moins ­
contient en outre [sic}.
Mais l'autre chose à considérer ici est précisément le concept
920
de l'esprit lui-même sans la détermination de l'immédiateté, sans
cette opposition. Ce concept universel de l'esprit est ce qui est en et
pour soi -l'idée divine elle-même. L'homme, parce qu'il est esprit,
est en soi cette idée, et à la vérité, puisque le concept est tout d'abord
dans l'homme - en tant que fini tout à fait en général - ce qui est en
925
face de lui, l'objectivité de l'idée divine, cette idée-là est ainsi seulement
déterminée comme son en-soi, c'est-à-dire non pas lui tel qu'il est
homme, mais sa su bstance in térieure - non pas [tel qu1il est effecti­
vement en tant qu'esprit ftni -, sa vérité en tant que laquelle il n'existe pas
immédiatement ou à laquelle [il] doit premièrement s'élever seule­
930
ment en tant qu'esprit, vérité qui n'est elle-même véritable qu'en
tant que produite spirituellement.
Ces deux déterminations sont dans l'homme immédiat, (X) ce
concept qui est le sien ou sa possibilité, car c'est là sa possibilité,
mais en tant que telle, seulement en tant que telle ; ~) son immédiateté, sa
935
conscience de soi, non pas telle qu'elle doit être.
(Cela comme état, existence, histoire, puis transition de là à cette
détermination-ci - chute.) 1
La réunion nécessaire de ces deux déterminations a son siège dans [33]
l'essence de l'esprit, qui fait qu'il est ainsi immédiat en tant qu'esprit com­
940
mençant, qu'il se met en cela en face de soi-même en tant qu'objet immé­
diat. Remarquer la différence entre représentation et concept. Ce qui est
ainsi déterminé dans le concept devient, sur le terrain de la représentation,
des états de l'existence et une transition d'un état dans l'autre; il nous faut
en premier lieu considérer brièvement ce mode de la représentation.
945
(X) Il sufftt de rappeler brièvement que la présentation du premier
moment, du concept, est la représentation selon laquelle l'homme a été
925 est ainsi]
1) Première rédaction: peut ainsi 2) Texte: est (non r'!Yé par inadvertance:
peut) ainsi
943-944 il nous fauL repréSentation joint à la fin primitive tIN paragraphe et en marge
945 0<) en marge
[33-34] LA RELIGION ACCOMPLIE 35 originellement créé à l'image de Dieu, mis à part, et
[33-34]
LA RELIGION ACCOMPLIE
35
originellement créé à l'image de Dieu, mis à part, et de rappeler qu'alors
cette détermination a été représentée comme son premier état [- que
celui-ci] a été l'état de perfection, celui de l'accomplissement spirituel
950
comme de l'absence de besoins physiques. Si les états empiriques doux
dont on a parlé nous touchent, nous ne voulons pas cependant les don­
ner pour un état d'accomplissement, pas plus que l'état d'enfance dans la
vie humaine; dans l'état des enfants se manifestent déjà les désirs,
l'égoïsme, la méchanceté, etc. - c'est aussi le cas dans les états empiriques
955
en question, bien qu'un mal plus faible y aille de pair avec un bien plus
faible. On s'est livré à discrétion à la peinture de cet état, mais on s'est par
là même empêtré dans des difficul tés et dans de vides représen­
tations de leur solution; par exemple, le fait que les femmes mettent au
monde les enfants avec des douleurs a son siège dans l'organisation bio­
960
logique féminine - comment devrait-on se représenter celle-ci s'il ne
devait pas en être ainsi? ; dans cette même organisation est impliquée la
nécessité de la mort des individus - comment alors imaginer qu'ils ne
vieillissent pas, ne meurent pas? ; à Y regarder de plus près, il y a dans
cette représentation une implication confuse du temps et de la persis­
965
tance sensible infinie de la constitution corporelle. 1
Mais on peut spécifier trois modes de représentation en ce qui [34]
concerne cet état primitif:
IX) Un tel état primitif a été affirmé par la philosophie, à partir de rai­
sons, comme le premier état ayant aussi pris place dans une réalité effec­
970
tive et dans le temps - non pas, comme dans les descriptions empiriques
susmentionnées, comme un état de bien-être simplement extérieur ou de
santé physique, de mœurs douces, bienveillantes, et [d'un] développe­
ment de l'intellect approprié à elles bien que limité, - il a au contraire été
compris, dans éette mesure, éomme un état de suprême accomplissement
975
spirituel de l'homme en unité avec la nature; et ainsi comme intelli­
genée non troublée, ne se détournant pas de la nature et ne faisant pas
retour en soi~mêmepar la réflexion, - intelligence qui, non pas par oppo­
947-948 mis à part
comme son premier état] d'dbord: que SOn premier état a été
représenté (que non rtryépar inadvertance)
950-956 Si les états
966-973 Mais on
plus faible.] en marge avec signe de renvoi
il
a
au
contraire
en marge,.
en dessolls:
~) homme
spécula­
tif / ~) homme bon
par nature - sans transition ni retour
975
et ainsi] et ainsi se
977
en soi-même) SOIIS la ligne, non rtryépar inadvertance: et s
(und s)
36 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [34-35] sition à elle et séparation d'elle,
36 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION
[34-35]
sition à elle et séparation d'elle, la pénétrerait par le sentiment, par
l'intuition comme sa spiritualité, comme son centre, et ainsi existerait
980
comme savoir pur, comme savoir suprême, appréhenderait le cœur des
métaux, les qualités des plantes, des animaux dans leur détermination la
plus intérieure, et (re)connaîtrait, saisirait leur véritable rela­
tion aux aspects correspondants de l'homme; il se rapporterait
ainsi à la nature comme à un vêtement à sa convenance, qui ne
985
détruirait pas l'organisation - la nature serait le corps objectivé,
projeté au-dehors; tous les sons, toutes les couleurs, toutes les configura­
tions de la nature correspondraient à une tonalité de l'esprit, et l'intuition
de cette unité (saisie de la nature) seraitl'homme; savoides détermi­
nations de la nature et les siennes propres qui leur correspondent,
990
c'est (re)connaître la nature à partir de soi. Mais cette pensée est vide si on
la considère à fond, elle a beau se recommander à titre d'idéal de
l'imagination et avoir prétendument ses racines dans l'idée elle-même,
au motif que celle-ci est en effet l'originaire, tout comme l'état effectif
serait ainsi l'état idéal, l'état conforme à cette idée.
995
Mais ce premier rapport, ce rapport immédiat est ainsi un rapport
du sentiment, de l'instinct, ou, dans la conscience, de l'intui­
tion 1 - relation immédiate, non reconstruite par le penser, [rela- [35]
tion] qui n'est pas revenue de l'opposition infinie, qui n'est pas déve­
loppée par ce même penser. On pade facilement de sentiments et
1000
d'intuitions comme de réalités variées parce que intuition et sentiment
sont immédiats et aussi variés que leurs objets, mais l'un comme l'autre
ne sont développés que par la réflexion; il ne sert à rien que le ciel et la
terre, les hommes et les arts dans leur beauté se trouvent déployés devant
les yeux du corps, ce qui en est présent dans le sujet et le mode de cette
1005
présence demeurent bien maigres, si ce sujet n'est pas cultivé intérieure­
ment par la réflexion; c'est l'état du sentiment - de quelque chose de
concentré en soi, sans diversité (interne); la nature n'ya pas une rela­
tion au sujet dans toute l'étendue de sa richesse: sa-relation à lui
est tout à fait bornée; c'est seulement le penser -la réflexion en
979-980 et ainsi existerait
suprême en marge avec signe de renvoi
980 appréhenderait (erfasse)] appréhenderait (erfal3te)
985-990 la nature serait
de soi en marge aveC signe tk renvoi
998 qui n'est pas
infInie joint en marge,. en-tkssous: 0:) concentré en soi - sentiment­
non développé - manque la diversité
999-1002 On parle
par la réflexion en marge avec signe tk renvoi
[35-36] LA REUGION ACCOMPUE 37 1010 général est différenciation -, qui déploie la richesse des
[35-36]
LA REUGION ACCOMPUE
37
1010
général est différenciation -, qui déploie la richesse des relations pour
le sentiment ou l'intuition R ; sinon le sentiment est concentré en soi, il est
seulement sentiment de sa SINGULARITÉ, et l'intuition est plutôt seule­
ment intuition SENSIBLE, c'est-à-dire comportement extérieur
envers des réalités extérieures; c'est son intériorité conquise,
1015
propre ­ et elle veut être conquise -, sans in térêt, théorétique, c'est~à­
dire sans intérêt de l'intérieur, de l'essentialité de celui-ci, et sans intérêt
de l'intérieur développé, déterminé. Celui-ci, ce sont les lois de la
nature; ces dernières ne sont pas intuitionnées ; il ne sert à rien de
contempler le ciel, si pieuse, si innocente et pleine de foi que soit une telle
1020
contemplation, ces lois ne sont pas un rapport immédiat, elles sont
au contraire plutôt pensées par pénétration dans l'intuition, par suppres­
sion du rapport sensible d'extériorité mutuelle immédiate.
C'est quelque chose de tout à fait différent <X) d'appréhender l'IDÉE
de l'esprit en général comme celle du centre de la nature et de la totalité
1025
de son identité avec elle, ~) et de (re)connaître la manière dont cette
idée 1 parvient à l'effectivité dans la conscience de soi et le chemin qu'elle
emploie à cet effet. Il faut encore observer que cette présentation-là
doit s'efforcer - complication insurmontable - de concevoir la chute, le
devenir-autre.
[36]
1030
Mais c'est encore autre chose que l'IDÉE soit portée DEVANT LA
REPRÉSENTATION, et ici il est inévitable qu'elle soit représentée comme un
état, comme une humanité primitive issue de la main de Dieu; c'est
une foi élevée, véritable en son fond, que d'affirmer que l'homme a
été créé à l'image de Dieu, que c'est là sa détermination origi­
1035
nelle, son véritable en-soi, et que l'état qui ne correspond pas à cette
idée qui est la sienne est le non-divin, n'est pas ce qu'il doit être, et en
outre - ce dont on parlera ensuite - que c'est sa faute d'être aliéné à l'idée.
1011 intuition] en marge:~) l'intuition ne saisit pas ce que les choses ont d'essentiel et
de véritable, mais le sensible 1 y) pensée <gedachte> - seulement
[35]
1014-1015
son
intériorité
être conquise en ma1J!,e avec signe de renvoi
1018-1020
il ne
telle contemplation en ma1J!,e
1025·1 029
~) et de (re)connaître
devenir-autre 6JI
avec signe de renvoi
ma1J!,e avec signe de renvoi, écrit autour
de la note originale suivante i originelkment dons k texte principal: (que ot) ceci, à savoir qu'elle ne
soit pas sue et ne se sache pas simplement dans l'universalité, mais aussi dans la détermi­
nité - ~) et qu'alors l'immédiateté de cette même idée, telle qu'elle est en tant qu'effective,
soit précisément la détérminité de l'être immédiat.)
1030 Mais] en ma1J!,e: Pour peu qu'il s'agisse de cela,
38 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [36-37] ~) Une autre forme, qui est
38 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
[36-37]
~) Une autre forme, qui est une élaboration, se fondant sur l'idée spé­
culative, de cette détermination que la nature de l'homme est en soi
1040
divine, est celle qui appartient à ces philosophes, païens et chrét,iens, qui
ont eu, présente à leur esprit, l'idée profonde qui est au fondement du
christianisme, en des configurations plus ou moins pures ou obscures;
afin toutefois d'appréhender le rapport de la nature humaine et de la
nature divine de manière philosophiquement spéculative, en des pensées
1045
pures, il faut mentionner que le premier homme, c'est-à-dire l'homme
en soi, a été en effet appréhendé par eux comme l'unique engendré,
comme le Fils de Dieu, comme le moment de l'objectivation de Dieu
dans l'idée divine - Adam Kadmon,J. Boehme, Logos, Homme pri­
mordial. Cela est ainsi cohérent. C'est là précisément l'idée de
1050
l'homme ()() dans sa vérité, donc comme moment de Dieu dans son être
éternel ; ~) comme moment de la manifestation.
y) Que l'homme est bon par nature - théorie de l'époque
moderne; au sens moderne 1 ses inclinations, ses dispositions naturelles [37)
sont considérées comme bonnes en ce sens que ce n'est pas selon son
1055
idée, mais tel qu'il est empiriquement par nature, selon son acti­
vi té vivante et son être-là, son vouloir, qu'il est bon, et le développement
est pour soi seulement une extériorisation positive de ces disposi­
tions naturelles, sans obstacles intérieurs, ne traversant pas la négativité
-
passant de la possibilité à l'effectivité et à l'efficacité - sans la médiation
1060
d'un passage à travers un moment négatif, sans cultiver les bonnes incli­
nations et les bonnes dispositions. Selon cette représentation, ce qui dans
l'homme est tel qu'il ne doit pas être ne le serait que par des contin­
gences extérieures ou par manque contingent de satisfaction
de ces bonnes dispositions, que par manque de la libre occasion de leur
1038-1 039 ~) Une autre forme, qui est une élaboration, se fondant sur l'idée spécula­
tive
<<< Eine ândere Form, auf die spekulative Idee sich gründende Verarbeitung
»>1
(1) Une autre élaboration se fondant sur l'idée spéculative
<<< Eine andere auf die speku­
lative Idee sich gründende Verarbeitung
»> (2) Texte Une autre forme qui est une éIabo­
5'
ration se fondant sur
<<< Eine andere Form auf
sich gründende Verarbeitung
»>
1048 J. Boehme en ma7,e
1049 Cela est ainsi cohérent en ma7,e avec signe de renvoi
1050-1051
ot) dans sa
manifestation joint en ma7,e
1056
son vouloir, qu'il est bon en ma7,e avec signe de renvoi
1058
Sans obstacles
1060-1061
les bonnes
négativité en ma7,e avec signe de renvoi
représentation en ma7,e avec signe de renvoi
[37-38] LA RELIGION ACCOMPLIE 39 1065 déploiement. Stérile manière de voir de la pédagogie de
[37-38]
LA RELIGION ACCOMPLIE
39
1065
déploiement. Stérile manière de voir de la pédagogie de notre temps, qui
d'une part nourrit la vanité, le vain étant justement ce à quoi elle laisse le
champ libre et dont elle est productrice, et qui d'autre part ne s'aperçoit
pas -
car n'explore pas la profondeur de l'humanité et ne produit plus non
1070
plus aucune profondeur, mais se meut en cercles stériles, satisfaite d'elle-
même et contente -,
que la discipline est l'éducation véritablement sérieuse et
bonne, que c'est elle qui a précisément pour effet de dépouiller le natu-
rel, l'égoïsme, avant tout par la formation intellectuelle, qui lui offre un
1075
lait intellectuel dont la source est le rationnel, l'universel, ainsi que des
mœurs bonnes, droites; mais ainsi, cet effet n'est justement pas ce que
l'on appelle 'par nature'. Assurément, c'est à l'état refoulé que le moment
du négatif apparaît, ce n'est pas cette émergence voyante - parents trop
indulgents, communs. Mais pour atteindre cet état d'un peuple éthique,
1080
cet état originel doit être présent de façon voyante et l'éducation elle-
même en est l'histoire - mais sur un ton plus doux - et le parcours. IX) Un
bon trait - point profond des temps modernes: considérer l'homme
comme bon par nature, SON développement étant seulement extériorisa-
tion positive. L'état éthique des Grecs. ~) Mais comme on est plongé
1085
dans ce contentement, dans cette satisfaction de soi-même, sans négati-
vité -l'état éthique fera ainsi irruption du dehors, quand l'opportunité
s'en présentera. 1 Ils pensaient qu'il ne manquait pas autre chose que de (38)
bons établissements éducatifs.
Vérité - premier moment sans de telles formes IX) de perfection intel-
1090
lectuelle effective, ~) Bon en tant que tel par nature.
~) Mais du fait que l'idée de l'homme en soi comme état para-
disiaque est effectivement cette idée seulement en tant qu'état naturel
et ainsi existant, la liaison du premier état avec le second est une tran-
sition, et une transition vers le mal - un devenir-autre, une chute
de l'idée divine, de l'image de Dieu; IX) il a tout d'abord été attribué
1095
à la représentation cette détermination que la
connexion est
1076-1079 mais ainsi
1081-1088 Un bon trait
communs en marge avec signe de renvoi
éducatifs en marge avec signe de renvoi
1083 extériorisation <Heraussetzen>] Ms.: Her [aussetzen]
1089-1090 ex) de perfection
par nature joint en marge
1091 ~) en marge
1092 effectivement] est effective
et est ainsi état existant
40 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [38-39] représentée comme une transition entre deux
40 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
[38-39]
représentée comme une transition entre deux
é ta ts. Ce qui lui appar­
tient en tant que telle est seulement qu'il y a deux éta ts qui sont en
connexion, et non pas que cette nature immédiate elle-même est une
1100
transition.
Cela est à considérer de plus près:
aa) Le premier état est un état immédiat, naturel - du désir, de
l'inclination en général. Mais cet état naturel est un état de la cons­
cience. La vie déjà est immédiate, mais seulement en tant que proces­
1105
sus. TI en est ainsi davantage encore de la conscience. La conscience du
désir n'est pas sans volonté, le désir est au contraire le vouloir DE LA
CONSCIENCE et le vouloir dans sa liberté. ~~) Déterminé plus précisément,
le vouloir de ce qui est naturel est mauvais. La volonté est la sépara­
tion, le fait de poser sa singularité à l'encontre d'autre chose - opposi­
1110
tion en elle, mais immédiatement aussi opposition de sa singularité et
de son universalité. L'homme est conscience, aussi pen se r. Détermina­
tions universelles - ~e] bien est devant lui, l'homme est seulement en
tant que transition - bien et mal; le mal en général, c'est d'être comme
il ne doit pas être (nous devons nous contenter ici de ces dénominations
1115
générales); TOUS DEUX sont DEVANT LUI ; il a le choix entre l'un et l'autre,
et c'est sa volonté, sa faute qui est mauvaise. Ce mal est son égoïsme,
des fins qui sont seulement celles de sa singularité, dans la mesure où
elle est opposée à l'universel, c'est-à-dire dans la mesure où il est homme
naturel; qu'il soit homme naturel, c'est là sa volonté, sa position.
1120
Aucune échappatoire consistant à dire que l'homme est comme cela par
nature, par l'éducation, 1 par les circonstances, et ainsi justifier, excuser, [39]
ôter la faute; c'est seulement dans le fait que c'est sa faute que sa
liberté est reconnue -le fait d'être posé par l'homme lui-même; il est
seulement honoré par la faute.
1125
Ainsi donc, l'immédiateté de l'être naturel lui-même, ainsi qu'on l'a
nommée auparavant [est] seulement en tant qu'être-posé, en tant
que vouloir, en tant que transitiOn. C'est là la véritable détermination. Sur
1107 -11 08 ~~) le vouloir
1125-1127 Ainsi donc
mauvais en marge avec signe de renvoi
transition] (1) L'immédiateté de l'être naturel est elle­
même seulement en tant qu'être-posé, en tant que vouloir, en tant que transition
(2) Texte: (Ainsi donc, l'immédiateté de l'être naturel lui-même) (ainsi qu'on l'a nommée
auparavant) (Ms.: est elle-même) [est] seulement en tànt qu'être-posé, en tant que
vouloir, en tant que transition. Les parenthèses (Ainsi donc) et (ainsi
auparavant) correspon­
dent à lin seul rqjollt entre us lignes et en marge
[39-40] LA RELIGION ACCOMPLIE 41 un plan naturel purement abstrait, l'homme n'est ni bon ni
[39-40]
LA RELIGION ACCOMPLIE
41
un plan naturel purement abstrait, l'homme n'est ni bon ni méchant
- mais cela veut dire qu'il n'est pas du tout un homme effectif. En lui,
1130
parce qu'il est esprit, l'immédiat tel qu'il est véritablement est posé;
c'est ainsi que le monde, la nature immédiate est créée, et d'une façon
générale l'immédiat, l'apparaissant, qui en soi est pareillement seule­
ment ce qui vient en second.
En termes plus précis, cette transition est une telle conscience en
1135
général: le connaître, le sentir, la conscience de l'idée, de l'universel,
et déterminer d'après l'idée le préexistant, l'appréhender [comme] uni­
versel détenniné en et pour soi - bien ou mal - est connaître. yy) Dans
la conscience il y a cognition. C'est seulement par le connaître que
l'homme existe, car ilèxiste seulement par le savoir et la conscience, et
1140
sa volonté n'est pas ce qui est sans conscience, elle n'est pas un ins.tinct.
Mais connaître et vouloir ou conscience en général, ce peut être tout
aussi bien vouloir le mal que le bien. Par conséquent, la première
volonté, premier être-là, n'est pas nécessairement méchante.
Mais, comme on l'a déjà mentionné, la volonté, ou le connaître est
1145
assurément, d'une façon générale, ce qui comporte le point de conversion
de soi en soi-même. De plus, la première volonté est volonté na turelle ;
la volonté en tant que première est précisément contenu immédiat de
finitude, premier contenu, première fin, [volonté) du désir; connaître,
volonté - c'est précisément la forme, la forme infinie du connaître
1150
qui est son contenu, mais le contenu immédiat est précisément le
contenu naturel qui a pour fin la singularité l, l'égoïsme, et c'est là le [40]
contenu immédiat, le premier contenu -liberté encore formelle.
Ainsi le mal - la volonté de l'égoïsme - est seulement par la cons­
cience, par le connaître, il est première volonté. On doit avoir à
1155
l'esprit le concept de la chose. On peut dire qu'il y a certes liberté for­
melle, mais par là même le contenu est donné, il n'est pas volonté libre, il
n'est pas faute; dans quelle mesure cette première volonté méchante est­
elle fixée ou passagère - est-elle émotion ou vie d'un homme, d'un
peuple? - de telles questions ne nouS concernent en rien; c'est là un
1160
point de passage nécessaire, qu'il soit momentané ou plus long. Mais dans
le connaître il y a ensuite tout autant le principe divin de la conversion, du
1129-1133
En lui
1135-1137
1147-1148
en
le sentir
en tant que
Mais dans
second joint à la fin primitive du paragraphe et en marge
est connaître en marge avec signe dé renvoi
première fIn joint en marge
1160-1163
et véritable joint à la fin primitive du paragraphe
et en marge
dé renvoi première fIn joint en marge 1160-1163 et véritable joint à la fin primitive du
42 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [40-41] retour à soi-même; il inflige la
42 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION
[40-41]
retour à soi-même; il inflige la blessure et la guérit, [ce par quoi] le prin­
cipe est es p rit et véritable.
~) Représentation. Rappeler brièvement la représentation
1165 de cela, ses moments principaux: ex) Adam dans le paradis -le jardin des
animaux; il a mangé de l'arbre de la connaissance du mal et du bien;
~) le serpent a dit: vous deviendrez semblables à Dieu; a) c'est par là
qu'ils sont devenus premièrement des êtres finis, mortels, et en même
temps e) Dieu dit : « Vois, Adam est devenu comme l'un de nous; il sait
1170 ce qui est bien et ce qui est mal. » (profonde histoire - accessoire ex) Dieu
a défendu d'en manger. Assurément, cet écart par rapport à l'idée est
quelque chose qui ne doit pas être, en ce sens que cela doit être
supprimé.
Il faut tout d'abord observer les contradictions que comporte cette
1175
présentation. ex) n y est représenté qu'il a été défendu à l'homme de
manger de l'arbre (de la connaissance du mal et du bien) ; il transgresse ce
commandement, séduit extérieurement par la promesse qu'il deviendrait
par là semblable à Dieu, à laquelle il croit ingénument Oes bourdons et les
guêpes - seraient des dieux - si manger des pommes permettait de faire
1180
des dieux) ; il en fut puni. Ainsi, tout se passe en un enchaînement logique
entièrement fini, commun; il s'y rattache une 1 hérédi té pareillemen t [41]
extérieure du mal- sans aucune idée, sans caractère spéculatif.
Cela est tout à fait conséquent. La première désobéissance est une contin­
gence, il n'est plus question de la conception du péché, il s'agit d'une
1185
histoire telle qu'elle est présente à nous dans la conscience extérieure. ex) Il
yainterdiction de Dieu (certes), mais non pas: de manger d'un arbre-une
obéissance aussi formelle appelle un contenu digne de celle-ci; ~) cet
individu-ci; à l'encontre de cela se présentent les notions de faute, de
liberté, d'imputation. Mais ce qui apparaît alors d'emblée comme incon­
1164 ~) Représentation en ma'l,e
1167-1169 3) c'est par là
même temps en ma'l,e (signe de renvoi dans Je texte sans signe
cotrespondant sllr la ma'l,e)
1174-1175 observer
présentation] (1) deux circonstances SOnt à considérer dans
cette présentation (en ma'l,e: lesquélles contiennent une grande contradiction) (2) Texte (à
considérer, lesquelles
contradiction non r'!Yépar inadvertance)
1183 Cela est tout à fait conséquent en ma'l,e
1185-1189 IX) Il Ya interdiction
imputation en mO'l,e, SOIIS la note matginaJe précédente
1189-1190 Mais ce qui apparaît
inconséquent
inconséquent] Mais ce qui est, apparaît
[41-42] LA REUGION ACCOMPLIE 43 1190 séquent dans un enchaînement aussi remarquablement conséquen~est, oc)
[41-42] LA REUGION ACCOMPLIE 43 1190 séquent dans un enchaînement aussi remarquablement conséquen~est, oc)
[41-42]
LA REUGION ACCOMPLIE
43
1190
séquent dans un enchaînement aussi remarquablement conséquen~est,
oc) qu'il ne s'agit pas d'un arbre, mais de l'arbre de la connaissance du
bien et du mal - c'est cette détermination qui est la chose principale, et
non pas que c'est d'un arbre et des fruits ordinaires d'un arbre qu'il s'agit:
'bien' et 'mal' nous conduisent d'emblée dans une toute autre
1195
région; il s'agit là de déterminations absolues, substantielles de l'esprit, et
non pas de quelque chose comme manger des pommes. Mais ici les choses
sont encore plus difficiles, l'inconséquence est infInie. ~) Il se rai t alors
dé f end u de manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, mais
c'est cette connaissance qui constitue la nature de l'esprit - sinon
1200
il n'est qu'une brute; y) cette connaissance, promet le serpent, doit
le rendre semblable à Dieu - séduction du mai, tromperie,
orgueil -, et ensuite c'est Dieu qui dit (Ch. 3, 22) : «Vois, Adam est
devenu comme l'un de nous et sait ce qui est bien et ce qui est mal. » Ici,
c'est dans la bouche de Dieu lui-même qu'est mise l'affirmation que c'est
1205
précisément la connaissance et la connaissance déterminée, c'est-à-dire
généralement padant celle du bien et du mal, qui constitue le divin de
l'homme. De même qu'il y a contradiction à l'encontre de la nécessité du
connaître, de même, à l'encontre de celui-ci ce fait a) qu'un châtiment doit
alors intervenir pour la connaissance et être la misère physique, la mor­
1210
talité, 1 conséquence nécessaire de la fInitude - apparaît pareillement [42]
comme une contradiction; e:) et pas non plus comme châtiment
-« afIn qu'il ne mange pas aussi de l'arbre de vie ».
D'une façon générale, il faut observer qu'un profond contenu spécu­
latif ne peut être présenté en sa modalité spécifIque et véritable dans des
1215
images et dans de simples représentations, et c'est pourquoi il lui
est essentiellement impossible de l'être de cette manière sans contradic­
tion; l'un des termes opposés est autant essentiel que l'autre. Dans la
1191
arbre; ne
ne s'agit pas d'un arbreJ (1) ne s'agit pas de l'arbre (2) lexIe: ne s'agit pas d'un
pas d'un sous la ligne (Iexte primitif non rqyépar inadvertilnce)
1196-1197 Mais
ici
infInie. en marge
1202
(Ch. 3, 22)
:J C.
3 V. 22 en marge
1209
pour la
d'abord:
de la non rqyé par inadvertance
1209-1210 la mortalité
fInitude en marge avec signe de renvoi
1211-1212 €)
et
de vie en marge
1212 afIn qu'il ne mange pas aussi] (1) ne mange pas (2) lexIe: (ne
pas non rqyépar
inadvertance)
1217-1218 l'un des termes
originairementjoinlenmarge,.sliit, non rqyéparinadvertance: W
44 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [42-43] représentation, l'un d'eux est l'idée absolue
44 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
[42-43]
représentation, l'un d'eux est l'idée absolue - originairement; car le
contenu spéculatif est précisément l'appréhension du concept de la
1220 chose, le développement de ce concept, et par a l'appréhension de
l'opposition interne qu'il contient et à travers laquelle il se meut.
Dès lors que l'idée divine originaire a été représentée comme un é t at
de l'homme, il est conséquent pour la représentation que la
connaissance du bien et du mal soit représentée, par contre, comme un
1225 état qui n'aurait pas dû avoir lieu, et de cet état suit tout le reste, ce
qui apparaît comme inconséquent. La raison ne se laisse pas égarer par
cette inconséquence. Car en fait cette première réflexion, dans laquelle le
naturel est en tant que mal, est un état qui ne doit pas être, c'est-à-dire qui
doit être supprimé, mais non pas un état qui ne doit pas avoir lieu; il a eu
1230 lieu en tant que l'homme est conscience (la connaissance du bien et du
mal n'est d'ailleurs pas pour elle-même le mal; nouvelle inconséquence).
C'est l'histoire éternelle de l'homme. Et c'est la profondeur de
cette présentation, que l'histoire éternelle de l'homme en tant qu'il est
conscience y soit contenue: <X) idée divine originaire, image de
1235
Dieu; ~) avènement de la conscience; connaissance du bien
et du mal, en même temps faute. y) Cette connaissance est pré­
sentée aussi bien comme quelque chose qui ne doit pas être, c'est-à-dire
demeurer en tant que connaissance, que comme ce par quoi l'homme est
divin; le connaître guérit la blessure qu'il est lui-même; [il 1 est] la [43]
1240
détermination dont relève la fInitude de l'esprit; il n'est pas, comme
c'est le cas [dans] le reste du monde fIni, une limitation étan te, la sépara­
tion est au contraire la conscience; elle est chez celle-ci le fait de scin­
der, de POSER, de distinguer - d'où travail, peine et mortalité comme
conséquence ou châtiment, ainsi qu'ils sont exprimés. A la mortalité se
1245
rapporte Gen. 3, 19: «A la sueur de ton visage tu dois manger ton
pain, jusqu'à ce que tu redeviennes la terre d'où tu as été pris, car tu es
terre et tu dois redevenir terre. »Destination dernière - destina­
tion supérieure seulement par la vie éternelle.
L'homme fut aussi banni du paradis afm qu'il ne mangeât pas de
l'arbre de vie (le Hom des Parsis) et ne vécût pas éternellement. CA
1250
1225-1227 et de cet état
inconséquence. en marge avec signe de renvoi
1236 en même temps faute joint en marge
1239-1248 la détermination
vie éternelle] y) la détermination
vie
é ter n elle J en marge, écrit aHtoHr des trois notes marginales sHivantes
[43-44] LA RELIGION ACCOMPLIE 45
[43-44]
LA RELIGION ACCOMPLIE
45

nouveau inconséquence: une fois, le sol «produira des épines et des chardons» - c'est là être chassé du paradis, etc. ; finitude [de la] connais­ sance propre. Gen. 3, v. 17 : « Parce que tu as fait cela. ») Assurément il s'agit d'une conséquence du connaître; les animaux sont dans une meil­ leure situation, ils satisfont plus facilement leurs besoins; une autre fois [Gen. 3] v. 22 Dieu dit: «Afin qu'il n'étende pas la main et ne cueille aussi à J'arbre de vie, n'en mange et ne vive éternellement» - l'homme doit quitter le paradis uniquement pour qu'il ne mange pas de cet arbre ; la mortalité est une conséquence nécessaire de la finitude. Profondeur de l'idée, spéculatif; histoire qui concerne la nature de l'homme lui-même; elle n'est plus mentionnée nulle part dans l'Ancien Testament - dans Moïse, dans les Prophètes -, seulement dans Sirac 25,32: «La femme est coupable.» On commence toujours par: Dieu d'Abraham, d'Isaac; le peuple conduit hors d'Égypte. Tou­ jours il est question de leur particularité, du mal, de l'opiniâtreté - bref, c'est tout à fait prosaïque et particulier. Du fait que cette représentation de la chute n'était plus contenue dans la vision du monde des Juifs et dans la conscience qu'ils avaient de leur situation, la formule qui s'y trouve «A d am est devenu comme l'un de nous» demeura de même essentiellement en sommeil; ce 'est devenu' exprime le moment particulier, non pas de la première et originelle image

1255 1260 1265
1255
1260
1265
non pas de la première et originelle image 1255 1260 1265 et ressemblance de Dieu, mais
et ressemblance de Dieu, mais celui de celle qui est à Il reconquérir. Elle [44]
et ressemblance de Dieu, mais celui de celle qui est à Il reconquérir. Elle [44]
est représentée comme quelque chose qui est déjà venu à l'être; elle
exprime d'une façon générale cet autre aspect du connaître: le fait qu'il
est le point de conversion en soi. V. Meyer - nouvelle traduction de la
Bible - interprète cet 'Adam' comme le no uv el Adam, comme le Christ,
et de fait il ne se trouve contenu là rien d'autre que, précisément, r 'image
et ressemblance' à reconquérir. On
peut appeler cela la pro mes s e du
nouvel Adam, du Christ. On trouve cette promesse exprimée figurative­
ment comme prophétie aussi dans ce que Dieu dit au serpent: «Je vais
établir l'inimitié entre ta postérité et celle de la femme; la postérité de
1252 c'est là
paradis en marge avec signe de renvoi (renvoyant devant, etc.)
1253 V. 17 en marge
1256-1257
et ne
ét€rnell€mentjoint en
marge
1260-1266 Profondeur
particulier. écrit à la marge ùiférieure sur toute la largeur de la
page
1277-1279 de fait il
Christ.] IVL: il y a là la promesse et la certitude de l' «image et
ressemblance» à laquelle il s'agit d'accéder à nouveau.

1280

1270 1275
1270
1275
et la certitude de l' «image et ressemblance» à laquelle il s'agit d'accéder à nouveau. 1280
et la certitude de l' «image et ressemblance» à laquelle il s'agit d'accéder à nouveau. 1280
46 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [44-45] celle-ci t'écrasera la tête, et toi
46 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION
[44-45]
celle-ci t'écrasera la tête, et toi tu la piqueras au talon. » Du fait que ce qui
est représenté dans le serpent est le principe de la connaissance ­ auto­
nome, extérieur à Adam, et [par] le côté du mal - il est tout à fait consé­
1285
quent que dans l'homme, en tant qu'il est le connaître concret, soit
contenu l'autre côté ­ celui de la conversion, de la réflexion, et que cet
autre côté écrasera la tête du premier. Cette promess e ­ côté infini de la
connaissance - est ensuite demeurée pareillement en sommeil dans le
peuple juif, noyée dans sa limitation et sa particularité; c'est seulement
1290
plus tard que l'oppression, la détresse a éveillé en lui une ardente aspira­
tion, mais, de même, en un sens limité, principalement -l'espérance d'un
sauveur temporel et religieux; religieux seulement dans le sens de la res­
tauration de leur culte.
Le premierR point tout entier a la connexion la plus étroite avec le
concept de liberté - c'est l'histoire de la liberté humaine. Collision:
1295
a) réunir, combiner le mal avec la prévision de Dieu, avec sa bonté, sa
volonté, etc., et la volonté divine absolue avec la liberté humaine; il
appartient à la vie divine, qui est esprit divin, de s'objectiver, en un esprit
libre tout d'abord fini, qui est Dieu en soi. 1
(3) <Rédemption et réconciliation: le Christ>
1300
[45J
a)R Or le second moment est cette élévation de l'esprit à partir et hors
de sa volonté naturelle, du mal, du vouloir de la singularité, de toute
espèce de limitation en général, aussi de celle de la religion, de la religion
fi nie. Cette élévation consiste d'une façon générale en ce que l'homme
1305
parvient à la conscience de l'universel en et pour soi, comme de son
essence, à la conscience de son infinité, et ce comme existant
SUBSTANTIELLEMENT en et pour soi; un moment est aussi essentiel que
l'autre, l'objectivité absolue comme la subjectivité infinie; la
SINGULARITÉ, sans l'égoïsme, est la forme infinie de la conscience, et sans
1310 l'égoïsme, elle est précisément l'universalité, Dieu en tant qu'esprit, qui
1283 dans le serpent
le principe] (1) le serpent comme principe (2) dans le serpent
le (Ms. : comme) principe
1294-1295 Le premier
avec le concept joint en marge et
sous la ligne j d'abord: nature
1294 premier en marge: Ce premier point est la êolère de Dieu
1296-1297 sa volonté en marge
1301
ct)] en marge: ct)
1303
de celle] celle
[ 4 5 - 4 6 ] LA REUGION ACCOMPLIE 47, est la subjectivité infinie,

[45-46]

LA REUGION ACCOMPLIE
LA REUGION ACCOMPLIE

47,

est la subjectivité infinie, la déterminité infinie en lui-même - c'est là la vérité absolue
est la subjectivité infinie, la déterminité infinie en lui-même - c'est là la
vérité absolue de même que la fin absolue pour la volonté, c'est-à-dire
telle que le sujet particulier comme tel (re)connaisse lui-même cette fin
comme la sienne, l'universelle - liberté infinie - et se la rende
propre en tant que telle en tant qu'il est ce sujet-ci. Vérité absolue en
tant qu'objet, objectivité avec forme absolue - esprit absolu ­ proces­
sus en lui-même - en tant que sujet, subjectivité INFINIE, forme
absolue avec valeur infinie en elle-même - fin infinie en elle-même.
C'est la conscience de l'unité de la nature divine et de la nature
humaine, que d'affirmer ainsi que l'homme EN SOI porte en lui-même
l'idée divine - qu'il ne la porte pas seulement en lui-même comme
n'importe quoi d'autre, mais que cela est sa nature substantielle, que
c'est sa destination, qu'il est l'unique possibilité de l'idée divine -la
possibilité infinie -, c'est sa subjectivité. ex) Dans cette conscience
l'homme sait l'idée divine, l'universel, et se détermine pour l'univer­
sel, c'est-à-dire comme élevé au-dessus de toute localité, de toute natio­
nalité, de toute condition ou situation de vie, etc. Les hommes sont
égaux, l'esclavage est intolérable. L'homme n'a valeur, validité absolue
que par ce côté: ~) sa destination dans le 1 spirituel ou cette
fin est fm
[46]
universelle, celle-ci est en soi absolument accomplie, il s'agit seulement
que le sujet s'y rende conforme, que l'homme ex) sache cela, parvienne à
l'intuition qu'il a en lui-même la possibilité d'une valeur infinie et de se
donner effectivement cette valeur; ce n'est pas son mérite de pro­
duire le bien, l'idée divine. Cette conscience accomplit la religion en
tant que connaissance de Dieu comme connaissance de l'esprit, car il est
esprit dans la différenciation et le retour que nous avons vus
dans l'idée éternelle, laquelle implique que l'unité de la nature
divine et de la nature humaine n'ait pas seulement une signi­
fication pour la détermination de la nature humaine, màis tout

1315

1320

1325

1330

1335

1340 autant pour celle DE LA NATURE DIVINE, car toute distinction, toute fini­ tude, bien que moment passager - c'est-à-dire précisément moment ­ est moment du processus de la nature divine, et développe celui-ci, étant ainsi fondée dans la sienne même.

1315-1318 Vérité

1322-1324 que ce soit ou que c'est Sa destination

1325 l'idée divine en marge avec signe de l'tnvoi

1333-1334 Ce n'est pas SOn

1336 et le retour en marge

en elle-mêmelJoint en marge

divine en marge

pas SOn 1336 et le retour en marge en elle-mêmelJoint en marge divine en marge Sa

Sa subjectivité joint èII marge

pas SOn 1336 et le retour en marge en elle-mêmelJoint en marge divine en marge Sa
pas SOn 1336 et le retour en marge en elle-mêmelJoint en marge divine en marge Sa
48 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [46-47] ~y Cette connaissance constitue le degré
48 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION
[46-47]
~y Cette connaissance constitue le degré le plus élevé de l'être spiri­
1345
tuel de l'homme, c'est-à-dire de sa détermination religieuse; elle est la
destination de l'homme en tant qu'homme en général, en tran t entière­
ment dans la conscience de sa finitude -le rayon de la lumière
éternelle qui devient claire en cela à ses yeux.
C'est pourquoi cette connaissance doit arriver à lui, à lui en tant
1350
qu'homme en général, c'est-à-dire sans la condition de circonstances de
lieu particulières, d'une culture particulière surtout: elle doit arriver à lui
en tant qu'homme immédiat, selon la modalité de la conscience reli- .
gieuse en général; elle doit [arriver] à lui de telle manière qu'elle soit
effectivement, empiriquement universelle, universelle pour la
1355
conscience immédiate. Pour celle-ci, elle ne peut se produire d'une
autre manière que celle où cette unité se montre POUR CETIE CONSCIENCE
en un phénomène de la mondanité entièrement temporel, par­
faitement commun, 1 en un homme qui soit celui-ci POUR CETTE [47]
~ME conscience - en CET homme-ci qui soit su en même temps
1360
comme idée divine, non comme maître, non comme être supérieur
en général, mais comme l'idée suprême, comme Fils de Dieu.
C'est de cette certitude, de cette intuition qu'il s'agit, non pas
d'un maître divin, qui ne serait d'ailleurs pas simplement un maître de
morale, mais pas même non plus d'un maître de cette idée - il ne
1365
s'agit pas de représentation, de conviction, mais de cette certitude
IMMÉDIATE et de cette présence de la divinité, car la certitude immé­
diate de la présence est Qa forme infinie) le mode dans lequel le 'Es t'est
pour la conscience naturelle; à toute médiation par sentiments, par
représentation ou par raisons fait défaut ce 'E st', qui ne fait retour que
1344 ~)] en marge: ~)
1344-1349 Cette connaissance
cette connaissance doit] W2: Si au conttaire la
conscience de l'unité de la nature divine et de la nature humaine, de cette détermination
5'
de l'homme en tant qu'homme en général, doit êtte donnée à l'homme, ou si cette
connaissance doit pénétter entièrement dans la conscience de sa finitude comme le rayon
de la lwnière éternelle qui devient claire à ses yeux dans le fmi, elle doit
1349-1352 à lui en tant
homme immédiat en marge avec signe de renvoi
1360 non comme maîtte en marge
1367-1368 est pour la conscience naturelle] W2: est pour la conscience natu­
relle. Ce 'Est' efface toute ttace de médiation, il est l'ultime pointe, l'ultime point lwni­
neux qui est encore appliqué.
1369-1371 qui ne fait retour
ainsi commun.] W2: il fait retour. / Le divin ne doit
pas êtte compris seulement comme une pensée universelle ou comme quelque chose
d'intérieur, qui ne serait qu'en soi; l'objectivation du divin ne doit pas seulement êtte
quelque chose d'intérieur, qui ne serait qu'en soi; l'objectivation du divin ne doit pas seulement êtte
[47-48] 49 LA RELIGION ACCOMPUE 1370 dans le connaître philosophique par le concept, dans l'élément
[47-48]
49
LA RELIGION ACCOMPUE
1370 dans le connaître philosophique par le concept, dans l'élément de
l'universalité, et est ainsi commun.
Le 'Est' de la VÉRITÉ, tel qu'il est pour la conscience immédiate - est
la forme infinie; l'autre est le contenu infini; le 'Est' dans le sentiment,
dans le cœur, concerne le contenu. 'Est' - moment, forme non sans
1375
contenu. Ce n'est pas ce qui est qui est vrai; c'est l'idée absolue pour
soi (preuve ontologique de l'existence de Dieu D] ; c'est pour l'idée seule
que ce 'Est' est la forme de la vérité - et non pas comme si le 'Est' don-
nait un contenu, une vérité particulière.
C'est là un point de la plus grande importance. IX) EN SOIR l'objectivité
1380
de Dieu 1 est réalisée; dans tous les hommes immédiatement; du calice [48]
du royaume des esprits tout entier, l'infinité monte à lui écumante; dans
le Divan p. 117 - [livre de] Timour - des millions d'âmes - sont comme
des roses-
Pour posséder un petit flacon
1385
Qui garde éternellement ta senteur,
Svelte comme le bout de tes doigts,
li est besoin de tout un monde;
D'un monde d'impulsions d'amour
Qui, dans l'ardeur de leur plénitude,
1390
Pressentaient déjà le chant aimable de Boulboul,
qui remue les âmes.
comprise comme une objectivation qui est dans tous les hommes; elle n'est alors com-
5' prise que comme la multiplicité du spirituel en général, et le développement que l'esprit
absolu comporte en lui-même et qu'il doit poursuivre jusqu'à la forme du « Est », de
l'immédiateté, n'y est pas contenu.
1372-1378 Le
'Est'
particulière en marge de gauche et en marge inftriesm
1379-1380 EN sor réalisée] W7
En soi, cette idée et l'objectivité de Dieu sont réel-
les aussi dans le processus dans lequel l'être-autre se supprime, et ce
1379
EN SOI] au-dessus, à la marge supérieure
~) pour soi y) développement accompli
1381
l'infInité
écumante;] W7
l'infinité
écumànte. Là douleur que ressent le Fmi
dans cette suppression de soi n'est pas douloureuse puisqu'il s'élève par là au rang de
moment dans le processus du divin.
1381 dans le Divan p. 117 <im Diwan S. 117> ainsi que Dm
Gesang à la marge de
droite en haut, en addition ultérieure au-dessus de '" note marginale suivante,. Sollte
la colonne du texte principa4 dans la moitié infirieure, avec signe de renlJoi.
àufgezehrt dans

50

LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION

[48-491

1395

1400

1405

1410

1415

1420

RELIGION [ 4 8 - 4 9 1 1395 1400 1405 1410 1415 1420 Ce tourment

Ce tourment devrait-il nous tourmenter, Puisqu'il avive notre joie Des myriades d'âmes ne furent-elles pas consumées

Par la tyrannie de Timour

L'idée ~) est pour eux; son apparition, son être-là est seulement dans ce singulier-ci; OtOt) le principe de l'individualité a déjà été vu dans l'idéal grec, et ce pour la conscience de soi intuitionnante. L'un - des Juifs - est dans le penser, non dans l'intuition, et précisément pour cela

n'atteint pas à l'accomplissement de l'esprit; 'atteint à l'accomplissement de l'esprit' signifie précisément la subjectivité en tant qu'infinie se dessaisissant; cet opposé absolu est pointe extrême d'appari- tion spirituelle et re to ur néga ti f, infini, su b jec tivi té, et précisé- ment cette subjectivité - un individu - pour la conscience

intuitionnante. ~~) Pour eux il s'agit d'un individu, non pas à la façon d'un idéal grec Ot) de pierre ou de bronze, ~) non pas une individualité idéale. il manque ici précisément cette infinité enet pour [soi] universelle dont on vient de parler; ce n'est pas simplement quelque chose de vivant; l'universel

pas simplement quelque chose de vivant; l'universel posé COMME quelque chose d'universel est présent
pas simplement quelque chose de vivant; l'universel posé COMME quelque chose d'universel est présent

posé COMME quelque chose d'universel est présent seulement dans la s ubjectivi té de la conscience - il est seulement ce mouvement infini en lui-même, dans 1 lequel toute déterminité de l'être-là est en même [49] temps résolue, et il est en même temps dans l'être-là le plus fini; c'est seulement en celui-ci en tant que subjectivité qu'il y a intui-

en celui-ci en tant que subjectivité qu'il y a intui- tion de l'universalité infinie, c'est-à-dire du

tion de l'universalité infinie, c'est-à-dire du penser qui est pour soi. ~~) Ainsi l'idée en tant qu'immédiate a la même nature que les autres hommes, elle a la finitude ordinaire, et en tant qu'individu elle est en même temps exclusive, est pour soi quelque chose de tout autre, comme chaque sujet est pour soi objectif, de sorte que les autres indivi-

dus ne sont pas déjà eux-mêmes cette idée divine. yy) Cet individu est cet unique individu-ci, non pas quelques- uns. En un - tous. En quelques-uns, la divinité devient abstraction. Absolument exclusif par rapport à eux t 0 us, il est autre chose - de sorte qu'ils doivent se reconstituer à leur propre usage.

1396-1424 L'idée ~)

1419-1420

se reconstituer à leur propre usage. en marge

les autres individus sous la ligne; première rédaction, non rqyée par inadvertance:

il <chaque sujet>

marge les autres individus sous la ligne; première rédaction, non rqyée par inadvertance: il <chaque sujet>
[49-50] LA RELIGION ACCOMPLIE 51 1415 Mais y) pour eux l'idée est seulement en tant
[49-50]
LA RELIGION ACCOMPLIE
51
1415 Mais y) pour eux l'idée est seulement en tant que dans ce singulier-
ci, et c'est SEULEMENT UN tel 'celui-ci' qui est l'unité infinie - subjecti-
vité - en celui-ci; de même que un - en tant que dans le jugement parti-
culier - est quelques-uns (comme dans les incarnations des Hindous)
- c'est précisément cette fermeté prosaïque de la conscience de soi en
1430 elle-même qui passe dans
ces singuliers-ci; elle est ainsi objective - c'est
précisément seulement alors qu'elle est en et pour soi; non pas quelques-
uns élus - à la manière calviniste - il Ya ici un destin mauvais; superflu:
plusieurs. 'Superflu' signifie ici: contre le concept de la subjectivité indi-
viduelle. Une fois est toutes les fois; le sujet doit avoir recours à un sujet
1435 - sans ÉLECTION, faire de cet homme-ci son saint a aussi une occasion de
nature locale, exclusive. Dans l'i d é e éternelle il y a seulement UN FILS ;
Un, exclusif seulement par rapport à d'autres finis - non pas en et pour
soi - amour éternel.
Accomplissement de la réalité en singularité immédiate - le point le
1440 plus beau de la religion chrétienne; pour la première fois la transfigura-
tion absolue de la finitude est portée à l'intuition. Se rendre raison de cela
et en avoir conscience.
Y? La prochaine question est alors: Par quoi cet individu accré-
dite-t-il 1 aux yeux des autres qu'il est l'idée divine? Cette question relève
1445 de la transition à la formation de la communauté; au sujet des miracles,
voir de même par la suite. - «L'esprit vous conduira en toute vérité»,
dit le Christ. La représentation de quelque brillante accréditation
dans la nature - transformation, réussites - ou dans l'esprit - en tant que
puissance divine, quelque chose d'extérieur - serait plutôt ce qui est
1450 dépourvu d'esprit, et [ce serait] une objection dépourvue d'esprit que
de prétendre que l'être de cet homme et la foi en lui seraient ainsi élevés
au-dessus de tout doute.
[50)
1427
celui-ci
<diesem>
Ms.
dies(em,
comme abréviation; il jalit pelit-être lire
dies en)
1427
de même que <so wie>.]
lire pelit-être ainsi que <sowie>
1439-1442 Accomplissement
avoir conscience dans la colonne dli texte principal, en
addition postén'elire SOliS la seconde partie de la citation de Goethe
1443 y) en ma'l,e; à côté à galiche: Processus de cet individu -l'idée l, suis son cours en
[49]
lui de telle manière que sa présence temporelle puisse être présentation de l'idée
- enseignement vie - passion - et mort - et résurrection -
1445-1446 au sujet des
la suite en ma'l,e avec signe de renvoi

1455

1455 1460 1465 1470 1475 52 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [50-51] Mais l'enseignement

1460

1465

1470

1475

1455 1460 1465 1470 1475 52 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [50-51] Mais l'enseignement

52 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION

1465 1470 1475 52 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [50-51] Mais l'enseignement appartient en
1465 1470 1475 52 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA REUGION [50-51] Mais l'enseignement appartient en

[50-51]

Mais l'enseignement appartient en tout état de cause à son appari­ tion -libre rapport de la conscience spirituelle à la conscience spirituelle. Mais du fait qu'il s'agit de l'apparition de l'esprit dans l'être-là immédiat et pour l'intuition immédiate, c'est la présentation de l'idée divine dans sa vie et dans son destin, qui est ce qui intègre l'enseignement, lequel considéré pour lui-même seul, concerne seule­ ment la représentation, le sentiment intérieur, le cœur ­ ne donne pas ce

contenu comme une histoire pour la conscience immédiate. L'enseignement ne peut contenir pour lui-même que l'univer­ sel, la base universelle, parce qu'il existe pour la représentation sub­ jective, pour la pensée; inversement, l'universel comme tel ne peut être qu'à l'intérieur, dans la pensée, non pas en tant que réalité effective exté­

rieure, et l'intérieur est le subjectif de l'idée. Ce sol universel est l'élément, le monde dans lequel l'esprit doit savoir sa patrie -la base qui consiste en ce que l'homme a sa valeur, son infinité et une valeur absolue dans l'intériorité, dans l'esprit en tant que tel en général. L'homme se prépare intérieurement cette base. Élévation à une toute autre place,

supérieure. La base universelle 1 est le royaume céleste, le royaume [51] de Dieu, le monde substantiel, intellectuel, avec rejet de toute valeur cherchée dans les choses terrestres, mondaines - comme un état: non pas Dieu seulement, l'un, mais le royaume de Dieu, l'éternel comme patrie pour l'esprit, l'éternel avec cet élément du 'chez soi' de la su bj ectivi té.

Cette élévation est portée devant la représentation avec une énergie infinie, et cet élément intérieur de l'âme est convoqué, excité. Jésus fit son apparition dans le monde romain et en particulier au

fit son apparition dans le monde romain et en particulier au 1453 Mais l'enseignement] en marge:
fit son apparition dans le monde romain et en particulier au 1453 Mais l'enseignement] en marge:

1453 Mais l'enseignement] en marge:

oc) Enseignement oc) L'universel, le divin, a été mis par lui dans la pensée, dans l'âme, car l'universel est pensée, est susceptible d'être présenté pour l'intuition. Mais le proces­ sus restant -l'inversion restante ­

~) L'effectif - Précisément ce qui reste appartient à l'émergence, à l'effectivité ­

extérieure en marge avec sighe de renvoi,. première rédaction:

pour la pensée, en tant que telle 1468-1469 L'homme se 1472-1474 comme un état

1463·1465 pour la pensée

base en marge subjectivité. en margé avec signe de renvoi

en marge subjectivité. en margé avec signe de renvoi dépourvue d'esprit renvf!Jé à cét endroit par
en marge subjectivité. en margé avec signe de renvoi dépourvue d'esprit renvf!Jé à cét endroit par

dépourvue d'esprit renvf!Jé à cét endroit par signe de renvoi du monde;] W2: Jésus fit son apparition alors que le peuple juif,

par le danger dont son culte avait pâti jusque-là et dont il pâtissait encore, y était absorbé avec une plus grande opiniâtreté et devait en même temps désespérer de la réalité, étant

donné qu'il étàit entré en contact avec une universalité de l'humanité qu'il ne pouvait plus nier mais qui était elle-même encore complètement dépourvue d'esprit - bref

1477-1491 Jésus

1477-1482 Jésus

plus nier mais qui était elle-même encore complètement dépourvue d'esprit - bref 1477-1491 Jésus 1477-1482 Jésus
[51-52] LA RELIGION ACCOMPLIE 53 milieu du peuple juif; quant à celui-ci, le danger qui
[51-52]
LA RELIGION ACCOMPLIE
53
milieu du peuple juif; quant à celui-ci, le danger qui menaçait son
culte sous la domination des rois syriens et des Romains, et dont ce culte
1480
pâtit ensuite, le rendait d'autant plus opiniâtre à demeurer instal1é
en lui, absorbé en lui; les Romains l'étaient par contre dans la domi­
nation du monde; Jésus fit son apparition dans la perplexité du
commun du peuple. Matth. 11,25: «Je te loue, Père et Seigneur du
ciel et de la terre, d'avoir dissimulé ces choses aux sages et aux prudents
1485
et de les avoir révélées aux petits enfants R • » Cela est adressé à des hom­
mes qui ont rompu avec le monde et avec qui le monde a
rom pu; aux Juifs - rejeter toutes les vieilleries qui ne peuvent plus nous
servir, qui ne peuvent plus se faire valoir. Désespérer de la réalité,
avoir contact avec une universalité de l'humanité qu'ils ne pou­
1490
vaient plus nier, mais une universalité qui est elle-même complètement
dépourvue d'esprit.
Trois aspects sont à souligner dans cet enseignement:
a) Sermon sur la montagne Matth. 5,3: «Bienheureux les pauvres
en esprit, car le royaume des cieux est à eux. Bienheureux les affligés,
1495
car 1 ils seront consolés. Bienheureux les doux, car ils posséderont la [52]
terre. Bienheureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu, etc. »
li y a dans tout cela un langage inspiré qui écarte tous les autres inté­
rêts des hommes, les en arrachent complètement - accents pénétrants qui
vous ébranlent au plus profond, et, tel Hermès, fait sortir les âmes des
1500
corps, du temporel. Le Christ en vient ensuite à parler de la législa­
tion mosaïque. Le contenu tout entier de ses paroles est que ce ser­
vice, cette servitude, cet agir extérieur n'ont aucune valeur, seule la dispo­
sition d'esprit dans cet agir lui donne sa valeur infinie, mais il ne s'agit pas
1485 révélées
enfants] joint en marge: l'une <die eine>
1485-1491
Cela est adressé
d'esprit
en marge
1492-1493 Trois aspects
montagne etI marge
1496 qui ont
Dieu joint à la fin primitive du paragraphe et en
marge, etc.
1497-1500 Il Ya
temporel.] W2: C'est dans le langage de l'inspiration, dans de tels
accents pénétrants qui ébraruent l'âme dans ses profondeurs et qui, tel Hermès le psych,a­
gogue, la tirent du corps pour la conduire hors du temporel dans l'éternelle patrie, que
cela est exposé.
1500-1505 Le Christ
véritable joint à la fin primitive du paragraphe et en marge
1502-1505 seule la disposition
véritable.] WL: et c'est la disposition d'esprit seule
qui donne une valeur, mais non pas la disposition d'esprit abstraite, non pas telle ou telle
opinion, mais la disposition d'esprit absolue, qui a sa base dans le royaume de Dieu. La
valeur infinie de l'intériorité a par là pour la première fois son apparition.
base dans le royaume de Dieu. La valeur infinie de l'intériorité a par là pour la

1505

1510

1515

1520

1525

1505 1510 1515 1520 1525 1530 [52-53] 5 4 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION

1530

[52-53]
[52-53]

54

LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION

d'une disposition abstraite, mais de la véritable disposition d'esprit inté­

rieure, qui produit un agir véritable. « Recherchez premièrement le Royaume de Dieu et sa justice, et tout vous échoira en partage. » (Matth. 6, 33) Partout dans cette élévation se trouve répandue la mélancolie qu;inspire au Christ l'état de déchéance de son peuple et de l'humanité.

Bref, c'est une complète abstraction de ce qui est compté pour grand dans le monde ­ élévation dans un ciel intérieur dont l'accès est ouvert à tous et par rapport auquel tout le reste n'a aucune validité. Ce ciel divin universel de l'intérieur, ce substantiel conduit, en une réflexion plus déterminée, à des commandements moraux et à

plus déterminée, à des commandements moraux et à d'autres qui ne sont que des formes particulières
plus déterminée, à des commandements moraux et à d'autres qui ne sont que des formes particulières

d'autres qui ne sont que des formes particulières dans 1 des circonstances, [53] des situations déterminées. Mais ces commandements contiennent pour une part eux-mêmes des sphères limitées, et pour une autre ils ne sont rien de remarquable à ce stade où il s'agit de quelque chose de supérieur, de la vérité absolue. Un commandement moral peut être exprimé comme

amour - non pas droit, mais prospérité de l'autre, par conséquent rapport à sa particularité, à ma sensation. L'enseignement insigne du Christ, et qui en même temps embrasse tout, est, comme on le sait, l'amour, et plus pré­ cisément : «Aime ton prochain. » Au sens abstrait et plus étendu de son extension en tant qu'amour des hommes en général, ce commandement

veut l'amour de tous les hommes, et on fait ainsi de celui-ci un abstractum sans force; l'homme et les hommes que l'on peut aimer sont quelques hommes particuliers; le cœur qui veut inclure en lui-même l'humanité entière n'est qu'une vaine et prétentieuse extension de l'amour ainsi réduit à une simple représentation - au contraire de ce qu'est l'amour.

L'amour au sens du Christ est IX) amour moral du prochain dans les

1507 Matth. 6, 33 en marge

1511-1512 - élévation

1513-1514 conduit, en une

1518-1523 à ce stade

validité joint à la fin primitive du paragraphe et en marge

plus déterminée] conduit dans une

plus déterminée

et plus précisément:] WL': ou bien ils sont déjà contenus

dans d'autres religions et dans la religion juive. Ces commandements sont ressaisis en leur centre, le commandement de l'an1our, qui n'a pas pour fm le droit, mais la prospérité de l'autre, et est par conséquent le rapport à sa particularité.

1519-1521

1530-1555 L'amour

Un commandement moral

sensation en marge

demain.] WL': mais avant tout, l'amour doit être le rapport

existant entre ses disciples et successeurs, leur lien, dans lequel ils ne font qu'un. Et il ne

doit pas être entendu ici en ce sens que chacun aurait ses affaires, ses intérêts et son mode de vie particuliers et, de plus, aimerait: l'an1our doit au contraire avoir pour eux le sens

ss [53-54] LA RELIGION ACCOMPLIE situations particulières dans lesquelles on se trouve par rapport à
ss
[53-54]
LA RELIGION ACCOMPLIE
situations particulières dans lesquelles on se trouve par rapport à lui.
~) L'amour - ce serait là 1 le rapport, le lien des apôtres - qui en cela ne [54]
feraient qu'un; on n'est pas dans le cas où chacun aurait une occupation
partiE:ulière, un intérêt ou un mode de vie particulier, et, à côté de cela,
1535
serait aimant: il se trouve au contraire mis à part, faisant abstraction de
tout - c'est là leur centre, pour lequel ils vivent. L'amour des ennemis se
trouve ainsi impliqué là; ils doivent aimer, et rien d'au tre, se dégager
de tout, ils ne doivent prendre pour fin que cette unité, cette commu­
nauté en et pour elle-même, et non pas la libération de l'homme- fin
1540
politique - et s'aimer les uns les autres dans l'intérêt de cette fin. (On a
une telle fin objective, on aime dans l'intérêt de celle-ci ou bien on est
indifférent ou on hait; une détermination différente de la fin elle­
même est possible, ainsi que des moyens; il Ya d'emblée dissociation en
considération de cette objectivité, fermeté dans les fins, et séparation
1545
pour la subjectivité et sa parti culari té. Mais l'amour est la personnalité
abstraite et l'identité de celle-ci en une seule conscience; il ne reste
aucune possibilité pour la particularité. Cet amour indépendant, pris pour
centre, devient ensuite immédiatement l'amour supérieur, divin, le fonde­
ment, la détermination du Saint Esprit.)
1550
~) Un second aspect de cet enseignement est cette rupture au
sens négatif par rapport à tout ce qui est établi. Elle est précisément
cet amour en tant que tel, sans objectivité de la fin, sans avoir une fin en
tant que telle. li est rupture tout d'abord par rapport à l'ordre établi
j ui f - voir Sermon sur la montagne: durant le sabbat, arracher des épis,
5'
d'une mise à part, où il est fait abstraction de tout le reste, il doit êtrè le centre de leur vie,
leur occupation, leur affaire. Us doivent s'aimer les uns les autres, et rien d'autre, et ne doi­
vent donc pas avoir quelque fin relevant de la particularité, fins familiales, politiques, ou
aimer en vue de ces fins patticulières. L'amour est bien plutôt la personnalité abstraite et
son identité en une seule conscience, où il ne reste aucune possibilité pour des fins parti­
10' culières. Il n'y a donc ici pas d'autre fin objective que cet amour. Cet amour indépendant
et dont on a fait son centre devient ensuite finalement l'amour supérieur, l'amour divin
lui-même.
Mais cet amour en tant que tel, qui n'a encore aucune fin objective, est tout d'abord
dirigé de façon polémique contre ce qui est établi, en particulier contre l'ordre établi des
15' Juifs. Toutes les actions commandées par la loi, auxquelles les hommes confèrent
d'ordinaire leur valeur sans l'amour sont déclarées des conduites mortes, et le Christ gué­
rit même le jour du sabbat.
1536-1547 L'amour des ennemis
pour la particularité en marge avec signe de renvoi
1548 fondement la <Grund, die>] Grund d.lirepeut-être: Grund der, fondement de la
1551-1556 Elle est
Matth. 10, 7 en marge avec signe de renvoi
1555
1555
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [54-55] perspective, révol u ti on­
LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION
[54-55]
perspective, révol u ti on­
DE LA RELIGION [54-55] perspective, révol u ti on­ 5 6 guérir une main desséchée -

56

DE LA RELIGION [54-55] perspective, révol u ti on­ 5 6 guérir une main desséchée -

guérir une main desséchée - cela aurait bien pu attendre jusqu'à demain. Le royaume des cieux est proche - en tant qu'état (Matth. 10, 7) ­

(pour ainsi dire Sans-culotterie), dans une

naire orientale. œcx) «Voyez les lis des champs, ils ne sèment ni ne moissonnent - les oiseaux -, et votre Père céleste a soin d'eux.»

Matth. 6, 31 : « Ne vous préoccupez pas du jour suivant, ne dites pas:

: « Ne vous préoccupez pas du jour suivant, ne dites pas: 1560 Que mangerons-nous, que

1560

Que mangerons-nous, que boirons-nous, de quoi nous vêtirons-nous? Toutes ces choses, ce sont Ues païens] qui les recherchent, de tels soucis conviennent aux païens. » Les mendiants eux-mêmes se sont préoccupés du lendemain; ils

ont leur place. Seuls les brigands, les soldats sont capables de cette insou­ ciance - et les brigands savent qu'ils trouveront demain quelque chose. ,1 Au jeune homme qui venaitle trouver: « Donne tes biens aux pau­ [55] vres et suis-moi. »

_ ~~) Famille. Ou bien Matth. 12,46: « Comme il parlait encore avec

1565

le peuple, sa mère et ses frères, qui étaient dehors, voulurent parler avec lui. Quelqu'un lui dit : Voici, ta mère et tes frères sont dehors et ils vou­ draient parler avec toi. Mais il répondit et dit à celui qui l'avertissait: Qui est ma mère? et qui sont mes frères? et il étendit la main sur ses disciples et dit : Voici ma mère et mes frères. Car quiconque fait la volonté de mon

Père qui est dans le ciel, celui-là est mon frère, ma sœur et ma mère.» Matth. 8, 21 : « Et un de ses disciples lui dit: Seigneur, permets-moi d'aller d'abord ensevelir mon père; mais Jésus lui dit: Suis-moi, et laisse les morts ensevelir leurs morts. » li n'est pas question de l'État: « Donnez à César» -les conséquen­ 1560 ces ne sont pas abordées. Ici ont leur place les passages bien connus Matth. 10, 34 : « Ne croyez pàS que je sois venu apporter la paix [sur] la terre, mais l'épée. Je suis venu en effet mettre la division entre pes parents] et le ms, entre le ms et les parents, entre les frères et les frères, pour dresser l'homme contre son

1575

1570

les frères, pour dresser l'homme contre son 1575 1570 1585 père et la fille contre sa
les frères, pour dresser l'homme contre son 1575 1570 1585 père et la fille contre sa
les frères, pour dresser l'homme contre son 1575 1570 1585 père et la fille contre sa

1585

père et la fille contre sa mère, et l'homme aura pour ennemis les gens de sa propre maison. Qui aime son père ou sa mère plus que moi n'est pas

1576~1578 Matth. 8,21

1579-1580 Il n'est

1581-1585

1581-1582

1585-1588

morts en marge avec signe de renvoi

pas abordées en marge

Ici ont leur place

Matth. 10,34

et l'homme

dernière note marginale

contre sa mère, à la marge inférieure

croyez pas à la marge de gauche de moi. à là marge de gauche, avec signe de renvoi joint à l'avan/­

croyez pas à la marge de gauche de moi. à là marge de gauche, avec signe
croyez pas à la marge de gauche de moi. à là marge de gauche, avec signe
[55-56) LA RELIGION ACCOMPLIE 57
[55-56)
LA RELIGION ACCOMPLIE
57
1590
1590

digne de moi, ou qui aime son fils et sa fille plus que moi n'est pas digne de moi.» En ce sens, il surgira toujours des sociétés, des communautés au sein d'un peuple, au sein d'un peuple - une collectivité qui dans le monde même se referme sur elle-même face à une cohésion et à une existence rationnelles - reprendre cette contraction de tout ce qui est établi dans la simplicité du cœur, dans la simplicité de l'amour, et ,1 en se comportant à l'extérieur seulement avec résignation, avec soumission, en tendant le cou - chez les mahométans, en particulier en Afrique. Mais on ne peut en rester à un tel repli; c'est le commencement fanatique de la souffrance subie, endurée, dont l'énergie interne s'élèvera avec le temps, en prenant force, à des formes de violence non moins fanatiques. y) Le troisième aspect de l'enseignement du Christ est la Q-étermi­

[56] 1595 1600 nation plus précise ou détermination et déterminité propres du royaume de Dieu,
[56]
1595
1600
nation plus précise ou détermination et déterminité propres du royaume
de Dieu, savoir la connexion du Christ lui-même avec Dieu, et des hom­
mes avec Dieu et avec lui-même. Dans cette élévation d'esprit qui lui est
propre il dit : « Femme, tes péchés te sont pardonnés ­ cette prodigieuse
1605
majesté de l'esprit, qui peut faire que toute chose qui a eu lieu n'a pas eu
lieu, prononce que cela ­ le pardon ­ a eu lieu.» Sa mission divine. Il
exprime ici de façon très déterminée son identité avec le Père: «Moi et le
Père sommes un» Gean 10,30). « Alors les Juifs
ramassèrent des pierres
pour le lapider. »
1610
«Toutes choses m'ont été remises par mon Père, et personne ne
connaît le Fils si ce n'est le Père et celui à qui le Fils veut le révéler.»
Jean 3, 25 : « Le Père aime le Fils et a tout remis entre ses mains. Celui qui
croit au 'Fils a la vie éternelle; celui qui ne croit pas au Fils ne verra pas la
vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »
1593-1599 et 1 en se comportant
fanatiques.] W2: Et même si au commencement
[56]
la souffrance se comporte à
l'extérieur seulement avec résignation, avec soumission, en
[56]
tendant le cou, son énergie interne s'orientera avec le temps, en prenant force, vers des
formes de violences à l'extérieur tout aussi fortes.
1595
chez les
Afrique joint
à la fin primitive du paragraphe et en marge
1598
non moins <ebenso>] précisément <eben>
t 603-1606 Dans cette élévation
a eu lieu en marge avec signe de renlJOi
1603 d'esprit] W2: d'esprit
et dans la certitude de son identité à Dieu
1608-1609 Alors
lapider joint à la fin primitive du paragraphe et en marge
dans la certitude de son identité à Dieu 1608-1609 Alors lapider joint à la fin primitive
dans la certitude de son identité à Dieu 1608-1609 Alors lapider joint à la fin primitive
5 8 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [56-57] 1615 Le Christ se nomme
5 8 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [56-57] 1615 Le Christ se nomme

58 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION

[56-57]

1615

Le Christ se nomme également le Fils de l'Homme - comme un fils Ababda. Tous sont une seule race, il n'est pas cet homme singulier-ci ou celui-là, mais 1 un membre de cette race, un Ababdéen en général, un homme en général en tant qu'homme. Ce qui importe dans ce propos et dans les autres n'est pas de savoir si l'exégèse peut réduire ces expressions prises pour elles-mêmes à la plati­ tude - de cette manière le Christ serait seulement agréable à Dieu, tous seraient enfants de Dieu, comme toutes les pierres, les animaux, toutes les créatures le seraient, de façon pieuse - c'est la vérité de l'idée, ce que le Christ a été pour sa communauté, et l'idée supérieure de la vérité qui a été en lui dans sa communauté. a) VIE et mort. Eu égard à un tel enseignement, nous attendons premièrement ­ ce 'premièrement' n'est rien de spéculatif -, que la vie du maître lui soit conforme ­ et non seulement cela, mais qu'elle lui soit entièrement

consacrée, qu'il ne redoute pas les dangers, la mort qu'il devait attendre pour ce qu'il avait ainsi commencé parmi son peuple, et nous trouvons approprié, convenable qu'il scelle sa foi de sa mort ­ ce qui d'ailleurs n'est pas grand-chose, et est commun avec une foule d'autres individus. Convenance abstraite - c'est-à-dire que le contenu, l'activité, les actions

de cette vie sont déterminés dans ce contenu de l'enseignement - intui­ tions monotones d'un seul et même contenu.

1615-1625 Le Christ

dans sa communauté.] W

et Fils de l'Homme: cela doit être pris au sens propre. Les Arabes se désignent mutuelle­ ment comme ms d'une certaine lignée; le Christ appartient au 1 genre humain: c'est là sa

lignée. Le Christ est aussi Fils de Dieu. Il est possible aussi de faire une exégèse qui éli­

mine le vrai sens de cette expression (W2

communauté, et l'idée supérieure de la vérité qui a été en lui dans sa communauté) et de

la vérité de l'idée, ce que le Christ a été pour sa

dire: tous les enfants des hommes sont des enfants de Dieu ou doivent se faire eux­ mêmes enfants de Dieu, etc.

1620

peut joint en marge

1622

les

animaux joint en marge

1624

de

la vérité joint en marge

1626

Il) VIE et mort en marge

1627-1636 Eu égard

contenu.] Le premier point est, tout d'abord, la conformité

abstraite des activités, des actions et des souffrances de ce maître à son enseignement lui­ même, qui fait que sa vie lui ait été entièrement consacrée, qu'il n'ait pas craint la mort et

qu'il air scellé sa foi de sa mort.

1627-1628

ce 'premièrement'

spécula tif

en marge

1634-1636

Convenance

même contenu en

marge

[57] Le Christ se nomme Fils de Dieu [57]
[57]
Le Christ se nomme Fils de Dieu
[57]

1620

Convenance même contenu en marge [57] Le Christ se nomme Fils de Dieu [57] 1620 1625

1625

Convenance même contenu en marge [57] Le Christ se nomme Fils de Dieu [57] 1620 1625

1630

1635

5'

[57-58] LA RELIGION ACCOMPLIE 59 Mais la vie et la mort ont encore ici un
[57-58]
LA RELIGION ACCOMPLIE
59
Mais la vie et la mort ont encore ici un tout autre rapport à
l'enseignement; ce contenu est le royaume de Dieu - non pas une
essence universelle mais une vie spirituelle vivante, une Iii commu- [58]
1640
nauté divine. IXIX) L'enseignement en tant que tel est l'universel du
contenu - le royaume de Dieu, l'idée éternelle première elle-même, mais
en termes concrets ; ~~) le royaume de Dieu - l'Esprit - consiste à SE
DÉTERMINER à partir de l'universel, à passer à la réalité effective; ce
mouvement, ce processus de détermination revient à la vie de Jésus.
1645
L'idée éternelle consiste précisément à faire immédia temen t appa-
raître la détermination de la subjectivité comme quelque chose
d'effectif, de distinct de simples pensées, et à le faire par là devenir lui-
même - actualisation, et c'est seulement en tant qu'actualisé que cela
est royaume de Dieu. Ce royaume de Dieu a sa liaison avec les indi-
1650
vidus qui doivent parvenir à lui grâce à ce seul individu. Ce royaume est
l'idée universelle encore représentée; elle entre dans ta réalité effec-
tive par cet individu, et c'est en cette réalité effective divine que
l'histoire de l'esprit, le contenu concret du royaume de Dieu a à s'exposer.
Et du fait que le royaume de Dieu est représenté en tant qu'enseignement
1655
de l'individu divin, la divinité du Christ est d'abord seulement en soi; le
Dieu-homme - il est cela pour l'esprit seulement en tant que le processus
de l'esprit pour se faire tel- a à se manifester de telle manière qu'il soit,
qu'il représente un cours suivi par l'idée, une manifestation de son
contenu absolu, de ses déterminations, de telle manière que ce contenu
1660 absolu devienne manifeste, soit en quelque sorte une présentation allégo-
rique ou symbolique du contenu - doctrine en tant que telle.
Cette présentation, cette objectivité de l'intuition de l'histoire de
l'esprit consiste en ce que l'esprit en soi, qui est à lui-même
autre chose, volonté naturelle et être-là, supprime cet être-
1665 autre qui est le sien et est maintenant pour soi, surgissant dans sa gloire
1640-1641 ot.Ot) L'enseignement
de Dieu. en Plarge avec signe de renvoi
1641-1642
l'idée étemelle
concrets avec signe de renvoi en marge, à gauche à côté de la note
marginale
1649-1653 Ce royaume
s'exposer.) W2: Mais puisque l'enseignement du Christ
considéré pour lui seul conceme seulement la représentation, le sentiment intérieur et
l'âme, il est complété par la présentation de l'idée divine dans sa vie et son destin. Ce
royaume de Dieu en tant que contenu de l'enseignement est premièrement l'idée univer-
selle encore représentée; mais par cet individu il entre dans la réalité effective, de telle
sorte que ceux qui doivent parvenir à ce royaume ne le peuvent que par ce seul individu.
1654-1661
Et
telle en marge avec signe de renvoi
[58-60] [59] la
[58-60]
[59]
la

60

LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION

[59] la 6 0 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION 1670 - de cet esprit,

1670

-

de cet esprit, le cours qu'il a suivi dans les modes de la finitude -l'histoire de l'esprit dans ce milieu spécifique, à savoir dans l'être-là humain exté­ rieur commun. Du fait que cela est l'idée divine qui parcourt cette his­

celle 1 d'être esprit par cette histoire. Cette intuition est cela: l'histoire

toire, il ne s'agit pas là seulement de l'histoire d'un individu singulier, cela est en soi l'histoire de l'homme effectif qui se fait l'être-là de l'esprit.

Traiter de son enseignement, de l'amour avec lequel il s'est comporté

appartient au point précédent concernant la convenance. C'est la vie

-

ordinaire en tant qu'extérieure, existante, qui trouve ici sa place.

1675

Vie du Christ, vie et être-là naturels, ordinaires - alors la mort est cette négativité naturelle qui est en elle-même l'opposer immédiat doublé. Le royaume de Dieu a donc son représentant, c'est-à-dire le mode de son existence, tout d'abord dans cet homme existant; cette existence est

d'abord dans cet homme existant; cette existence est 1680 une vie naturelle commune, qui [se] montre

1680

une vie naturelle commune, qui [se] montre prisonnière des besoins de la vie humaine ordinaire, et en ces bornes consiste la finitude. Mais la borne suprême, la fmitisation suprême est la mort, cet homme-ci.

1685
1685

Cela étant, la mort du Christ a plus précisément cette SIGNIFICATION:

ClCl) elle est le sceau mis à son enseignement ­ comme la conformité avec lui - est morale, formellement grande, mais non pas moment de . l'idée divine. La mort est cela

~~) par un côté, à savoir que la mort est la suprême pointe de

finitude. Si l'unité de la nature divine et de la nature humaine doit être intuitionnée dans un seul individu présent, l'humanisa­

1690

tion en tant qu'être-là immédiat est déjà en tant que finitude -le côté qui est tout autant comme être-là immédiat, dessaisissement de l'universel, du divin, mais dessaisissement qui est un dessaisisse­ ment de lui-même en ce sens qu'il existe encore dans ce dessaisissement­ non pas comme le monde extérieur par rapport à la conscience - c'est là

extérieur par rapport à la conscience - c'est là [60) sa place avec signe de renvoi
[60) sa place avec signe de renvoi en marge, sous les trois notes margi­ Vie
[60)
sa place avec signe de renvoi en marge, sous les trois notes margi­
Vie du
immédiat
doublé ou redoublé à la marge du haut et à celle de droite
Le royaume
cet homme-ci] en marge
la fln en marge avec signe d'insertion

1695

la nature 1 dans la fm ; (c'est cette existence immédiate - du fait que celle­ ci est l'idée divine devenue subjective, que l'unité s'y expose - et de même la scission, l'ê tre-a u tre).

expose - et de même la scission, l'ê tre-a u tre). 1672-1674 Traiter de son nales

1672-1674 Traiter de son

nales suivantes

1675-1677

1678-1682

1683

1692-1695 mais dessaisissement qui est

SIGNIFICATION] en marge: devenir-autré du divin

1675-1677 1678-1682 1683 1692-1695 mais dessaisissement qui est SIGNIFICATION] en marge: devenir-autré du divin
[60-61] LA RELIGION ACCOMPLIE 61 Mais la finitude suprême n'est pas la vie effective dans
[60-61]
LA RELIGION ACCOMPLIE
61
Mais la finitude suprême n'est pas la vie effective dans le
temporel, mais la mort, la douleur de la mort; elle est la suprême
1700 négation, la plus abstraite, elle-même naturelle - la borne, la
finitude à suprême extrémité; l'être-là temporel et parfait de l'idée
divine dans le présent n'est intuitionné que dans sa MORT.
La mort oc) dans l'idée divine ­ IMMÉDIATEMENT.
oc) Le suprême dessaisissement de l'idée divine en tant que dessaisisse­
1705 ment DE LUI-MÊME, c'est-à-dire qui est encore ce dessaisissement,
s'exprime ainsi: Dieu mOtlnlt, Dieu lui-même est mort ­ c'est une repré­
sentation prodigieuse, terrible, qui met III représentation en présence de
l'abîme de scission le plus profond.
Mais ~) cette mort est en même temps en cela, dans cette mesure,
1710 l'amour suprême - l'amour est précisément cette conscience [de]
l'identité du divin et de l'htlmain -, et cette finitisation est
poussée jusqu'à son extrémité, la mort; il Ya donc ici intuition de
l'unité à son degré absolu, l'intuition suprême de l'amour ­ car l'amour
consiste dans l'abandon de sa personnalité, de sa propriété, etc. Cons­
1715 cience de soi, action - abandon suprême dans l'autre - précisément dans
cette altérité extrême de la mort, du représentant absolu des bornes de la
vie. La mort du Christ est l'intuition de cet amour même ­ non pas pour
autre chose, dans l'intérêt d'autre chose -, mais la divinité est précisé­
ment, dans cette identité universelle avec l'être-autre, mort; la réunion
1720
prodigieuse de ces extrêmes absolus est l'amour lui-même ­ intuition
spéculative. Ii
y)
[oc)] [Le] spéculatif consiste en ce que le Fils en tant qu'il est le divin
[61]
(présupposition) - un renversement du divin en lui - va dans la mort
-lui, qui pour soi est l'amour absolu. Mais la signification spéculative est
à considérer dans sa signification universelle -la mort eu égard à l'esprit
1725
1703 La mort
IMMÉDIATEMENT en ma'l!,e, au-dessus de la note ma'l!,inak suivante
1704-1709 oc) Le suprême
en
cela joint en ma'l!,e
1709 Mais
dans cette mesure] (1) Cette mort est de ce fait (2) Texte (de ce fait non
rqyépar inadvertance; dans cette mesure sous la ligne)
1710-1711
cette conscience
identité] (1) cette identité (2) texte: cette <dies>
(Ms.: cette <diese»
conscience (sous la ligne) [de Il identi té
1713-1727 l'intuition suprême
de l'esprit en ma'l!,e avec signe d'insertion
1722 y)] suit, rqyé: (Mais cet amour est l'universel, l'abstrait ­ amour en soi, et sa
réflexion - réalité
est) Cela, le ou qui <? : « das »>
1722 le Fils] la mort
62 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION [61-62] dans l'esprit, en tant que moment
62 LEÇONS SUR LA PHILOSOPHIE DE LA RELIGION
[61-62]
dans l'esprit, en tant que moment de l'esprit; mort~) moment de la
relation au concept plus déterminé de l'esprit.
C'est au sujet de cette mort que l'expression que le Christ a été
sacrifié pour nous prend maintenant sa valeur, c'est elle qui est
représentée comme mort sacrificielle, comme l'acte de la satisfaction
absolue. L'objection commune que l'on fait à cette représentation [est]
que cliaque individu doit répondre de lui-même, de ses actions, qu'un
autre ne peut expier pour lui, et qu'il ne peut pas davantage recevoir une
absolution de cette manière. Cela est certes le cas au point de vue juri­
la limite-le moment de l'esprit consistant à se saisir en lui-même,
à mourir au naturel, l'abstraction infinie qu'il fait de toute volonté
immédiate et de toute conscience immédiate, l'absorption en lui­
même qu'il opère pour ne reprendre de ces profondeurs que ses détermi­
nations 1 et son 'E st' - ce qui a valeur et compte pour lui - son 'E st' , [62]
son essence vraie, qui est précisément l'absolue universalité elle­
1726-1727 mort
déterminé de l'esprit à la marge inférieure
1726-1727 moment de la relation au] (1) dans le (2) texte: moment (au-dessus de la
ligne) dans (Ms. : dans le) (relation au sous la ligne)
1736-1739 cela va
loin dé nous joint en marge
1739 Maintenant,
cette mort à gauche de la note marginale précédente, à la marge inférieure,
avec signe de renvoi
1739-1741 Pour
élucider
sens concret à la fin primitive du paragraphe entre les lignes
1745 le moment de l'es pri t] ln: Cette suppression du naturel doit être comprise
dans le spirituel essentiellement en ce sens qu'elle est le mouvement de l'esprit.
1749-1752 et son 'Est'
qu'amour.] ln: son essence vraie et son universalité
absolue elle-même. Ce qui vaut pour lui, ce qui a sa valeur, il l'a seulement dans cette sup­
pression de son être et de sa volonté naturels.
1749-1752 son 'Est'
qu'amour en marge avec signe de renvoi
'Est' qu'amour en marge avec signe de renvoi 1730 dique forme!, c'est-à-dire au point de vue

1730

dique forme!, c'est-à-dire au point de vue où le sujet est considéré comme pers on ne singulière. Ce point de vue n'a pas sa place ici ; cela va être considéré de plus près. La représentation (sacrificielle) en question semble avoir une signification spécifique, être quelque chose qui est loin de nous. Maintenant, signification de cette mort. Pour élucider cela et en 1740 arriver à ce point, nous devons considérer ~es choses de plus près dans leur sens concret. De même que la mort est d'une façon générale ra finitisation suprême, elle est pareillement la suppression de la finitude naturelle, de l'être-là immédiat, la suppression du dessaisissement, la dissolution de

1735

1745

1750

la finitude naturelle, de l'être-là immédiat, la suppression du dessaisissement, la dissolution de 1735 1745 1750

1755

1755 1760 1765 1770 1775 63 [62-63] LA REUGION ACCOMPLIE même, qui apparaît alors en tant

1760

1765

1770

1775

63
63

[62-63]

LA REUGION ACCOMPLIE