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JEAN DE BICLAR

CHRONIQUE
traduite par Marc Szwajcer

JEAN DE BICLAR
CHRONIQUE

NOTICE[1]

Jean de Biclar (Iohannes Biclarensis en latin ;


Juan de Biclaro en espagnol), né vers 540
probablement dans l'actuel Portugal, et mort après
l'an 621, est un évêque catholique d'origine
wisigothique vivant à l'époque du roi wisigoth
arien Léovigild (seconde moitié du VIe siècle).
Vers 558-560, il se rend pour ses études à
Constantinople, y séjournant pendant une dizaine
d'années. Il y acquiert une excellente
connaissance du grec et du latin qui fera de lui un
des derniers représentants de la culture antique
en Occident. Il participe également aux débats
théologiques orientaux, y compris à la querelle
dite, des Trois-Chapitres.
Revenu en Hispanie vers 576 d'après Isidore de
Séville, il refuse de se rallier à l'Église officielle
arienne du royaume wisigothique et le roi
Léovigild l'exile à Barcelone. À la mort du roi en
586, il fonde le monastère de Biclar (Biclarum)
pour lequel il écrit une règle (perdue) et qu'il gère
pendant plusieurs années.
Entre 589 et 592, alors que règne le fils et
successeur du roi Léovigild, Recared, converti au
catholicisme en 587, il est appelé à l'évêché de
Gérone. Il prend part à au moins trois conciles,
dont celui de Saragosse en 592.
Il a laissé une courte chronique écrite entre 589
et 591 ; elle va de 567 jusque vers 590 et se
présente comme une continuation de Victor de
Tunnuna. Bien que concise, elle constitue une
source précieuse pour le règne du roi Léovigild et
la période qui voit se préparer la conversion des
Wisigoths au catholicisme.
Il nous laisse des renseignements sur la ville de
Recaredopolis , (unique source décrivant la ville
fondée vers 580 par Léovigild en l'honneur de son
fils Recared). Il donne quelques détails précieux
issus de son séjour en Orient (par exemple sur le
problème bulgare) et mentionne également vers
569, la conversion au christianisme des
Garamantes, berbères païens d'Afrique du Nord.

JOANNIS, ABBATIS
CHRONIQUE
BICLARENSIS

CONTINUANT LÀ OÙ
CHRONICON,
VICTOR[2] S’EST ARRÊTÉ

CONTINUANS UBI VICTOR


Après Eusèbe, évêque de
DESINIT.
l'Eglise de Césarée, Jérôme,
prêtre connu dans le monde
Post Eusebium, entier, Prosper, homme religieux,
Caesariensis Ecclesiae et Victor de Tuna, évêque de
episcopum, Hieronymum toto l'Eglise d'Afrique, dont on sait
orbe notum presbyterum, qu’il a composé, brièvement et
nec non et Prosperum, virum prudemment, l'histoire de
religiosum, atque Victorem presque tous les peuples,
Tununensis Ecclesiae rassemblé nombre d'années
Africanae episcopum, qui jusqu’à notre époque et transmis
historiam omnium pene à notre connaissance ce qui s'est
gentium summa brevitate et passé dans le monde, nous nous
diligentia contexere visi sunt, sommes efforcés, avec l'aide de
et usque ad nostram aetatem notre Seigneur Jésus-Christ, de
congeriem perduxerunt transmettre à la postérité, les
annorum, et quae acta sunt événements de notre époque,
in mundo ad agnitionem tant ceux que nous avons vu de
nostram transmiserunt: nos nos propres yeux, que ceux
ergo in adjutorio Domini rapportés fidèlement, en les
nostri Jesu Christi, quae faisant connaître dans un style
temporibus nostris acta sunt, bref.
ex parte quod oculata fide
Dans l'indiction quinzième,
pervidimus, et ex parte quae
comme susdit, après la mort de
ex relatu fidelium didicimus,
Justinien, Justin le jeune,[3] son
studuimus ad posteros
neveu fut élu empereur des
notescenda brevi stylo
Romains.
transmittere.
L’an 53 des Romains, Justin le
Quinta decima ergo Jeune régna durant onze ans. Ce
indictione, ut dictum est, Justin, la première année de son
Justiniano mortuo, Justinus règne, annula ce qui avait été fait
junior nepos ejus contre le concile de Chalcédoine
Romanorum efficitur et présenta à toute l'Eglise
imperator. catholique, pour être chanté par
le peuple avant la prière du
Romanorum LIII, regnat Seigneur, le symbole des 150
JUSTINUS junior annis XI. pères de nouveau réunis à
Constantinople et louablement
Qui Justinus anno primo salués au concile de Chalcédoine.
regni sui, ea quae contra
Les peuples arméniens et
synodum Chalcedonensem
ibères, qui reçurent la foi grâce à
fuerant commentata,
la prédication des apôtres du
destruxit symbolumque
Christ, contraints au culte des
sanctorum CL Patrum
idoles par Chosroès,[4] empereur
Constantinopoli
des Perses, refusèrent cet ordre
congregatorum, et in synodo
aussi impie et remirent leur
Chalcedonensi laudabiliter
territoire aux Romains, ce qui
receptum, in omni catholica
brisa les traités d'alliance entre
Ecclesia a populo
les Romains et les Perses.
concinendum intromisit, prius
quam Dominica dicatur L’an II du prince mentionné
oratio. Armenorum gens et
Dans la ville royale, les
Iberorum, qui a
patrices Aetherios et Adaeus, qui,
praedicatione apostolorum
avec l'aide de médecins,
Christi susceperunt fidem,
voulaient provoquer faire mourir
dum a Cosdra Persarum
Justin par le poison plutôt que
imperatore ad culturam
par le fer, furent découverts et
idolorum compellerentur,
forcés de subir la peine capitale,
renuentes tam impiam
le premier fut dévoré par les
jussionem, Romanis se eum
bêtes sauvages et le second
provinciis suis tradiderunt;
mourut brûlé par les flammes.
quae res inter Romanos et
Justin, fils du patrice Germanus
Persas pacis foedera rupit.
et cousin germain de l'empereur
Justin, fut tué à Alexandrie dans
Anno II memorati
une conspiration de Sophia
principis, in regia urbe Augusta. A cette époque,
Aetherius et Additus patricii, Athanagilde, roi des Goths en
dum Justino mortem vellent Espagne, atteignit la fin de sa
veneno potius quam ferro vie[5] et à sa place Liuva[6]
per medicos inferre, detecti, monta sur le trône.
capitali sententia puniri jussi,
L’an III de l’empereur Justin
prior a feris devoratus,
secundus incendiis Les Garamantes[7] voulurent
concrematus interiit. Justinus demander la paix, par
filius Germani patricii, l'intermédiaire d’ambassadeurs,
consobrinus Justini s’unir à l'État romain et
imperatoris, factione Sophiae [recevoir] la foi chrétienne, et ils
Augustae in Alexandria obtinrent immédiatement les
occiditur. His temporibus deux choses. Théodore, préfet
Athanaildus rex Gothorum in d'Afrique, périt, tué par les
Hispania vitae finem Maures. A cette époque, le
suscepit, et Luiba pro eo in peuple mauritanien reçut la foi.
regnum provehitur. La troisième année de cet
empire, Léovigild,[8] frère du roi
Anno III Justini Liuva, son frère survivant,
imperatoris Garamantes per s’installa dans le royaume
legatos, paci R. P. et fidei d'Espagne citérieure,[9] il prit
Christianae sociari comme épouse Gosvinde, veuve
desiderantes poscunt: qui d’Athanagilde, et rétablit, de
statim utrumque impetrant. façon admirable, les anciennes
Theodorus praefectus Africae limites du royaume des Goths,
a Mauris interfectus est. affaibli par diverses rébellions.
Mauritarum gens his
L’an IV de l’empereur Justin et
temporibus fidem recipit.
l’an II du roi Léovigild
Hujus imperii anno III
Leovigildus germanus Luibani Théoctiste, maître de la milice
regis, superstite fratre, in de la province d'Afrique, fut
regnum citerioris Hispaniae vaincu par les Maures et tué. Le
constituitur; Gosuintham roi Léovigild, repoussa les soldats
relictam Athanaildi in [byzantins] et détruisit les sites
conjugium accipit; et de Bastitania[10] et de la ville de
provinciam Gothorum quae Malaga, et revint seul vainqueur.
jam pro rebellione L'empereur Justin livra la guerre
diversorum fuerat diminuta, au peuple thrace des Avares avec
mirabiliter ad pristinos Tibère, comte des excubiteurs, et
revocat terminos. Tibère revint en vainqueur à
Constantinople. Dans le royaume
Anno IV Justini de Galice, Miro fut fait roi des
imperatoris qui est Leovigildi Suèves après Théodomir.[11]
regis secundus annus,
L’an V de l’empereur Justin et
Theoctistus magister militum
l’an III du roi Léovigild
provinciae Africanae a Mauris
bello superatus interiit. L'empereur Justin, ayant
Leovigildus rex loca repoussé par les Perses,
Bastaniae et Malacitanae transforma en provinces
urbis, repulsis militibus, romaines l'Arménie et l'Ibérie, et
vastat, et victor solio redit. prépara la guerre contre les
Justinus imperator per Perses avec ses ducs. Amabilis,
Tiberium excubitorum maître de la milice d'Afrique, fut
comitem in Thracia bellum tué par les Maures.[12] Le roi
genti Barbarorum ingerit, et Léovigild se saisit de nuit de
victor Tiberius Sidonia,[13] par trahison d’un
Constantinopolim redit. In certain Framidaneus,[14] ville
provincia Gallaeciae, Miro très forte, et après avoir tué les
post Theodomirum Suevorum soldats, installa cette ville sous la
rex efficitur. tutelle des Goths. Donat, abbé du
monastère de Servitano,[15]
Anno V Justini imperatoris avait une réputation d’éminent
qui est III Leovigildi regis thaumaturge.
annus, Justinus imperator
L’an VI de l’empereur Justin et
Armeniam et Iberiam,
l’an IV du roi Léovigild
repulsis Persis, Romanas
provincias facit: et bellum Le royaume des Gépides arriva
Persarum imperator per à sa fin, conquis par les
duces parcit. Amabilis Lombards par la guerre: le roi
magister militiae Africanae a Cunimond[16] tomba sur le
Mauris occiditur. Leovigildus champ de bataille et tous ses
rex Asinodam fortissimam trésors furent emportés à
civitatem, proditione Constantinople à l'empereur
cujusdam Frainidanei nocte Justin par Trasaric, évêque de la
occupat: et militibus secte arienne, et par Reptile,
interfectis, memoratam petit-fils de Cunimond. Le roi
urbem ad Gothorum revocat Léovigild occupa de nuit la ville
jura. Donatus abbas de Cordoue, où les Goths se
monasterii Pernitani rebellaient depuis longtemps, et il
mirabilium operator clarus se l’appropria après avoir tué les
habetur. ennemis, et également fit rentrer
de nombreuses villes et
Anno VI Justini forteresse sous la domination des
imperatoris qui est Leovigildi Goths, après avoir tué de
regis IV annus, Gepidarum nombreux de paysans. Miro, roi
regnum finem accepit, qui a des Suèves, se lança dans une
Langobardis praelio superati, guerre contre les Aragonais.
Cunicmundus rex campo Domnus, évêque de l'Eglise
occubuit; et thesauri ejus per d’Helena[17] avait une réputation
Trasaricum Arrianae sectae d'excellent évêque.
episcopum, et Reptilanem
L’an VII de l’empereur Justin
Cunicmundi nepotem Justino
et l’an V du roi Léovigild
imperatore Constantinopolim
ad integrum perducti sunt. Alboin,[18] roi des Lombards,
Leovigildus rex Cordubam à cause d’un complot de sa
civitatem diu Gothis rebellem femme, fut tué une nuit par les
nocte occupat, et caesis siens.[19] Ses trésors, et la reine
hostibus propriam facit; elle-même aboutirent à l'état
multasque urbes et castella, romain, et les Lombards
interfecta rusticorum restèrent sans roi et sans trésor.
multitudine, in Gothorum A cette époque, le roi Liuva[20]
dominium revocat. Miro atteignit la fin de ses jours, et
Suevorum rex bellum contra toute l'Espagne et la Gaule
Aragones movet. Domnus narbonnaise tombèrent sous le
Helenensis Ecclesiae pouvoir du roi Léovigild.
episcopus clarus habetur L'empereur Justin fut atteint
d’une maladie grave, que
Anno VII Justini certains considérèrent comme un
imperatoris qui est Leovigildi trouble du cerveau et d’autres
V annus, Alboinus une possession diabolique.[21]
Langobardorum rex factione Dans la ville royale, la peste se
conjugis suae a suis nocte propagea, causée par une peste
interficitur. Thesauri vero inguinale,[22] et nous vîmes
ejus cum ipsa regina in mourir des milliers de personnes.
reipublicae Romanae Le roi Léovigild, après être entré
ditionem obveniunt, et à Sanabria,[23] dévasta Sabos,
Langobardi sine rege et et soumit à son pouvoir cette
thesauro remansere. His région et associa au royaume les
diebus Luiba rex vitae finem deux fils de sa défunte épouse,
accepit, et Hispania omnis in Reccared et Herménégild.[24]
regno et potestate Leovigildi Les ambassadeurs du peuple
regis Galliaque Narbonensis mauritanien[25] arrivèrent à
concurrit. Justinus imperator Constantinople, offrant en cadeau
gravi infirmitate concutitur: à l’empereur Justin des dents
quae infirmitas ab aliis d'éléphants et de
quidem cerebri motio, ab aliis caméléopards[26] et établirent
daemonum vexatio l’amitié avec les Romains. Après
putabatur. In regia urbe Jean, Benoît fut ordonné évêque
mortalitas inguinalis plagae de l'Église romaine et il passa
exardescit, in qua multa quatre ans dans cette fonction.
millia hominum vidimus Mausone,[27] évêque de l'église
defecisse. Leovigildus rex de Merida, jouissait d'une grande
Sabariam ingressus Sabos réputation dans notre religion.
vastat, et provinciam ipsam
L’an VIII de l’empereur Justin
in suam redigit ditionem:
et l’an VI du roi Léovigild
duosque filios suos ex amissa
conjuge, Ermenegildum et Les Perses brisèrent le traité
Recaredum, consortes regni de paix avec les Romains et dans
facit. Legati gentis une rencontre emportèrent la
Macuritarum ville forte de Dara ; après avoir
Constantinopolim veniunt: tué une foule de soldats romains,
dentes elephantinos et ils entrèrent dans la ville et la
camelopardalim Justino dépeuplèrent. A cette époque, le
principi munera afferentes roi Léovigild entra dans la
sibi cum Romanis amicitias province de Cantabrie, et tua les
conciliant. Post Joannem usurpateurs, il occupa Amaya,
Romanae Ecclesiae s’empara des biens et mit cette
Benedictus ordinatur province en son pouvoir.
episcopus. Praefuit annis IV. L'empereur Justin nomma César
Mausona Emeritensis Tibère, que nous avons vu
Ecclesiae episcopus in nostro auparavant comte des
dogmata clarus habetur. excubiteurs, et peu de temps
après, il l’éleva à la dignité
Anno VIII Justini, qui et impériale et le nomma Prince de
Leovigildi VI annus, Persae l'empire.[28] Le premier jour de
cum Romanis pacis foedera son règne, le César Tibère
rumpunt; et congressione disparut dans la ville royale de la
facta Daras civitatem peste inguinale.
fortissimam bello superant,
L’an IX de l’empereur Justin et
et caesa multitudine
l’an VII du roi Léovigild
Romanorum memoratam
urbem ingressi depopulati Chosroès, empereur de Perse,
sunt. His diebus Leovigildus se prépara à envahir le territoire
rex Cantabriam ingressus romain avec une armée
provinciae pervasores colossale. Justinien, duc de la
interficit; Amaya occupat; milice romaine et général d’orient
opes eorum pervadit, et fut désigné par Tibère pour faire
provinciam in suam revocat la guerre contre lui ; et dans une
ditionem. Justinus imperator bataille acharnée dans les
Tiberium quem superius champs situés entre Dara et
excubitorum comitem Nisibe, [où] il avait un peuple
diximus, Caesarem facit, et très brave qu’en langue barbare
non multo post imperiali on appelle Herin,[29] il battit
fastigio provehit et l’empereur mémorable dans la
reipublicae principem bataille. Justinien vainqueur,
designat. Hujus Tiberii après l’avoir contraint à fuir avec
Caesaris die prima in regia l'armée, envahit leur camp,
urbe inguinalis plaga sedata dévasta les territoires du
est. royaume de Perse et envoya
entre autres à Constantinople
Anno IX Justini pour le triomphe, leurs dépouilles
imperatoris, qui est Leovigildi et 24 éléphants, qui furent
regis VII annus, Cosdroes exhibés en grand spectacle aux
Persarum imperator cum Romains dans la ville royale.
nimia multitudine exercitus Tombés aux mains des
ad vastandos Romanorum Romains . . . . . une multitude de
terminos promovet: cui Perses, fut vendu à trop bas prix
Justinianus dux Romanae pour le compte du trésor public.
militiae et magister militum Le roi Léovigild pénétra dans les
orientis a Tiberio destinatus monts Aregenses,[30] et fit
bellum parat; et in campis prisonnier Aspidius, seigneur du
qui inter Daras et Nezinios lieu, avec sa femme et ses
ponuntur, forti pugna enfants, et s’attribua ses biens et
congressus, habens secum ses terres qu’il mit en son
gentes fortissimas quae pouvoir. Aramundar, roi des
barbaro sermone Hermam Sarrasins, vint à Constantinople
nuncupantur, memoratum avec toute sa parenté ; il se
imperatorem bello superat. présenta à l’empereur Tibère en
Quo cum suo exercitu in lui apportant des cadeaux des
fugam verso, castra ejus Barbares. Il fut cordialement reçu
pervadit; et provinciae par Tibère, et pourvu de présents
Persidae fines victor magnifiques, et fut autorisé à
Justinianus vastat, retourner dans sa patrie.
exuviasque eorum pro
L’an X de l’empereur Justin et
triumpho Constantinopolim
l’an VIII du roi Léovigild
dirigit, XXIV elephantos inter
caetera, qui magnum Baduarius, gendre du prince
spectaculum Romanis in urbe Justin, fut vaincu au combat par
regia exhibuerunt. Praedam les Lombards en Italie et y
vero de manubiis mourut peu de temps après.
Romanorum . . . . . Persarum Romain, maître de la milice et fils
multitudo ob nimiam du patrice Anagaste, prit vivant
vilitatem nummo publico le roi du peuple Suane,[31]
venundata sunt. Leovigildus l’envoya à Constantinople avec
rex Aregenses montibus trésor, femme et enfants et
ingreditur. Aspidium loci transforma son domaine en
seniorem cum uxore et filiis province romaine. Le roi Léovigild
captivos ducit, opesque ejus bouleversa en Galice le territoire
ac loca in suam redigit des Suèves, et le roi Miro ayant
potestatem. Aramundarus demandé la paix par ses
Saracenorum rex ambassadeurs, il l’accorda pour
Constantinopolim venit, et une courte période. Les
cum stemate suo et donis Esclavons[32] de Thrace
Barbariae Tiberio principi envahirent plusieurs villes des
occurrit. Qui a Tiberio Romains, et ils les laissèrent
benigne exceptus et donis dépeuplées. Les Avares
opimis exornatus ad patriam occupèrent le littoral maritime
abire permissus est. par la tromperie et rendirent la
navigation des navires très
Anno X Justini imperatoris dangereuse par les côtes de
qui est Leovigildi regis VIII Thrace. Après Benoît, Pélage le
annus, Bandarius gener Jeune[33] fut ordonné évêque de
Justini principis a l'Eglise romaine et resta en
Langobardis praelio vincitur, fonction pendant onze ans.
et non multo post vitae finem
La onzième année de son
accipit. Romanus filius
règne, Justin atteignit le dernier
Anagasti patricii magister
jour de sa vie et Tibère obtint
militiae, gentis Suevorum
l’empire pour lui seul.[34]
regem vivum cepit: quem
cum suo thesauro, uxore et En l'an 54 des Romains, Tibère
filiis Constantinopolim régna pendant six ans.
adducit, et provinciam eorum
L’an I de l’empereur Tibère et
in Romanorum dominium
l’an IX du roi Léovigild
redigit. Leovigildus rex in
Gallaecia Suevorum fines Les Avars pillèrent la Thrace et
conturbat, et a rege Mirone assiégèrent la ville royale à partir
per legatos rogatus pacem du grand mur. Le roi Léovigild
eis pro parvo tempore tribuit. entra à Orospeda,[35] occupa les
Sclavini in Thracia multas villes et forteresses de la
urbes Romanorum province et en fit sa province ;
pervadunt, quas depopulatas peu de temps les paysans
vacuas reliquere. Abares rebelles de cet endroit furent
littora maris captiose vaincus par les Goths, et ensuite
obsident, et navibus littora l’Orospeda toute entière fut
Thraciae navigantibus satis détenue par les Goths.
infesti sunt. Post Benedictum
L’an II de l’empereur Tibère et
Romanae Ecclesiae Pelagius
l’an X du roi Léovigild
junior ordinatur episcopus.
Praeest annis XI. Gennadius,[36] maître de la
milice d’Afrique, anéantit les
Anno XI regni sui Justinus Maures en battant au combat et il
diem clausit extremum, et tua par l'épée leur roi même,
Tiberius singulare obtinuit Garmul,[37] très courageux, qui
imperium. avait déjà tué trois généraux de
l'armée romaine, mentionnés
Romanorum LIV, auparavant. Tibère nomma
TIBERIUS regnat annis VI. Maurice, comte des excubiteurs,
maître de la milice d'Orient et
Anno ergo primo imperii l'envoya combattre les Perses.
Tiberii, qui est Leovigildi Les Romains soutinrent en Italie
annus IX, Abares Thracias une guerre déplorable contre les
vastant, et regiam urbem a Lombards. Le roi Léovigild,
muro longe obsident. extermina partout les tyrans et
Leovigildus rex Orospedam tua les envahisseurs de
ingreditur, et civitates atque l'Espagne ; ayant gagné un peu
castella ejusdem provinciae de repos, il restaura le calme, il
occupat, et suam provinciam revint vers son peuple et fonda
facit; et non multo post inibi en Celtibérie[38] une ville du
Rustici rebellantes a Gothis nom de son fils, appelée
opprimuntur; et post haec Recopolis,[39] dont il orna le
integra a Gothis possidetur centre ville d’œuvres magnifiques
Orospeda. et aussi les environs, puis institua
des privilèges pour les gens de
Anno II Tiberii imperatoris cette ville nouvelle. Jean, prêtre
qui est Leovigildi annus X, de l'église Merida devint
Gennadius magister militum renommé.
in Africa Mauros vastat;
L’an III de l’empereur Tibère
Gasmulem fortissimum
et l’an XI du roi Léovigild
regem qui jam tres duces
superius nominatos Romani Les Avares, rejetés aux
exercitus interfecerat, bello confins de la Thrace, occupèrent
superat, et ipsum regem une partie de la Grèce et de la
gladio interficit. Tiberius Pannonie. Le roi Léovigild donna
Mauricium excubitorum pour épouse à son fils
comitem magistrum militiae Herménégild, la fille de Sigebert,
orientis instituit, et ad roi des Francs, et lui confia le
repugnandum Persis direxit. pouvoir sur une partie du
Romani contra Langobardos royaume. Alors que Léovigild
in Italia lacrymabile bellum régnait en paix avec ses
gerunt. Leovigildus rex, ennemis, une contestation
extinctis undique tyrannis et domestique troubla l’ordre. Car
pervasoribus Hispaniae cette année-là son fils
superatis, sortitus requiem Herménégild,[40] conspira avec
propria cum plebe resedit, et la reine Gosvinde,[41] usurpa le
civitatem in Celtiberia ex pouvoir, s’enferma dans la ville
nomine filii condidit, quae de Séville, après s'être révolté, et
Recopolis nuncupatur, quam souleva ensuite contre son père
miro opere et moenibus et d’autres villes et forteresses.
suburbanis adornans Cette raison entraîna des
privilegia populo novae urbis dommages majeurs dans le
instituit. Joannes presbyter royaume d'Espagne, tant pour les
Ecclesiae Emeritensis clarus Goths que pour les Romains, par
habetur. l'attaque de l'ennemi. Novellus,
évêque de Complutum,[42] jouit
Anno III Tiberii d’estime.
imperatoris qui est Leovigildi
L’an IV de l’empereur Tibère et
XI annus, Abares a finibus
l’an XII du roi Léovigild
Thraciae pelluntur, et partes
Graeciae atque Pannoniae Maurice, maître de la milice
occupant. Leovigildus rex d'Orient, fit la guerre aux Perses,
Hermenegildo filio suo filiam et en ayant repoussé un grand
Sisberti regis Francorum in nombre d'entre eux, il passa
matrimonium tradit, et l’hiver en Orient. Le roi Léovigild
provinciae partem ad réunit dans la ville de Tolède un
regnandum tribuit. Leovigildo synode d'évêques de la secte
ergo quieta pace regnante arienne et réforma l’ancienne
adversariorum domestica hérésie avec une nouvelle erreur,
rixa conturbat. Nam eodem en disant que ceux qui viennent à
anno filius ejus la religion romaine, ne devraient
Hermenegildus factione pas être baptisé, mais purifiés
Gosuinthae reginae par l'imposition des mains et la
tyrannidem assumens, in prescription de la communion et
Hispali civitate rebellione [devraient] rendre gloire au Père
facta recluditur, et alias par le Fils dans le Saint-Esprit. A
civitates atque castella cause de cela beaucoup d'entre
secum contra patrem nous passèrent au dogme arien,
rebellare facit. Quae causa in plus par choix personnel que par
provincia Hispaniae tam force.
Gothis, quam Romanis
L’an V de l’empereur Tibère et
majoris exitii, quam
l’an XIII du roi Léovigild
adversariorum infestatio fuit.
Novellus Complutensis Les Lombards s’installèrent en
episcopus clarus habetur. Italie, ils élurent pour leur
peuple, un roi nommé
Anno IV Tiberii, qui est Autharic,[43] et à cette époque
Leovigildi XII annus, les soldats romains furent
Mauricius magister militum complètement battus et les
orientis contra Persas bellum Lombards occupèrent les
movet, et repulsa Persarum territoires de l'Italie. Le peuple
multitudine in oriente esclavon pilla l’Illyrie et la
hiemavit. Leovigildus rex in Thrace. Le roi Léovigild occupa
urbem Toletanam synodum une partie de la Vasconie[44] et
episcoporum sectae Arianae fonde la ville appelée
congregat, et antiquam Victoriacum.[45] L'empereur
haeresim novello errore Tibère marie sa fille avec
emendat, dicens de Romana Maurice, maître de la milice
religione ad nostram d'Orient.
catholicam fidem venientes
L’an VI de l’empereur Tibère et
non debere baptizari, sed
l’an XIV du roi Léovigild
tantummodo per manus
impositionem et Tibère atteignit la fin de sa
communionis praeceptionem vie,[46] et à sa place Maurice fut
pollui, et gloriam Patri per élu empereur des Romains à sa
Filium in Spiritu sancto dare . place.
Per hanc ergo seductionem
L’an 55 des Romains, Maurice
plurimi nostrorum cupiditate
régna pendant vingt ans.[47] Le
potius impulsi in Arianum
roi Léovigild leva une armée pour
dogma declinant.
soumettre son fils devenu
usurpateur.
Anno V Tiberii, qui est
Leovigildi XIII annus, L’an I de l’empereur Maurice
Langobardi in Italia regem et l’an XV du roi Léovigild
sibi ex suo genere eligunt
Le roi Léovigild, leva une
vocabulo Antarich, cujus
armée, assiégea la ville de Séville
tempore et milites Romani
et encercla son fils rebelle dans
omnino sunt caesi, et
l’imposante forteresse. Miro, roi
terminos Italiae Langobardi
des Suèves vint à l’aide
sibi occupant. Sclavinorum
d’Herménégild pour soulager
gens Illyricum et Thracias
Séville et termina là son dernier
vastant. Leovigildus rex
jour. Eboric, son fils, lui succéda
partem Vasconiae occupat, et
dans le royaume de Galice.
civitatem quae Victoriacum
Entretemps, le roi Léovigild jeta
nuncupatur, condidit.
le trouble dans la ville
Tiberius imperator magistro
susnommée, tantôt par la faim,
militum orientis filiam suam
tantôt par le fer, tantôt en
in conjugium tradit.
détournant le cours du
Guadalquivir.
Anno VI Tiberii qui est
Leovigildi XIV annus, Tiberius L’an II de l’empereur Maurice
vitae terminum dedit, et et l’an XVI du roi Léovigild
Mauricius pro eo Romanorum
Léovigild fit reconstruire les
imperator efficitur.
murs d’Italica,[48] ville antique,
Romanorum XV . MAURICIUS
qui représentait un obstacle très
regnat annos XX. Leovigildus
important pour les gens de
rex exercitum ad
Séville. A cette époque, en
expugnandum tyrannum
Galice, Andeca assuma le pouvoir
filium colligit.
usurpé aux Suèves[49] et prit
pour épouse Sisegonde,[50]
Anno ergo primo Mauricii veuve du roi Miro. Il s’empara du
imperatoris, qui est Leovigildi royaume d’Eboric et força ce
regis XV annus, Leovigildus dernier à entrer dans un
rex civitatem Hispalensem monastère.[51] Le roi Léovigild,
congregato exercitu obsidet, tandis que son fils Herménégild
et rebellem filium gravi se fut enfuit pour des raisons
obsidione concludit: in cujus politiques, entra par la force à
solatio Miro Suevorum rex ad Séville, il reprit les villes et
expugnandam Hispalim forteresses occupées par son fils
devenit, ibique diem clausit et peu de temps après le
extremum; cui Eburicius filius surprend dans la ville de Cordoue
in provincia Gallaeciae in et il le bannit à Valence, le
regnum succedit. Interea privant du royaume. L'empereur
Leovigildus rex supra dictam Maurice envoya les Francs contre
civitatem, nunc fame, nunc les Lombards,[52] comme
ferro, nunc Baetis mercenaires, et cela créa pas mal
conclusione omnino de dommages aux deux peuples.
conturbat. Eutrope, abbé du monastère de
Servitano et disciple de Donato
Anno II Mauricii acquiert la renommée.
imperatoris, qui est Leovigildi
L’an III de l’empereur Maurice
XVI annus, Leovigildus muros
et l’an XVII du roi Léovigild
Italicae antiquae civitatis
restaurat, quae res Maurice commence la lutte
maximum impedimentum contre les Perses avec ses ducs.
Hispalensi populo exhibuit. Le roi Léovigild sévit en Galice,
His diebus Andeca in faisant prisonnier le roi Andeca,
Gallaecia Suevorum regnum s’appropriant son royaume. Le
cum tyrannide assumit, et peuple, le trésor et la terre des
Sifeguntiam relictam Mironis Suèves, tombent en son
regis in conjugium accepit: pouvoir ; cette dernière devient
Eboricum regno privat, et une province des Goths.
monasterii monachum facit. Herménégild est tué par Sisbert
Leovigildus rex filio dans la ville de Tarragone.[53]
Hermenegildo ad Les Francs entrent avec leur
rempublicam commigrante, armée pour occuper en Gaule
Hispalim pugnando narbonnaise. Léovigild envoie
ingreditur: civitates et contre eux son fils Reccared, qui
castella quas filius repousse l'armée des Francs, et
occupaverat, cepit, et non [ainsi] la province de Gaule est
multo post memoratum libérée. Reccared prend deux
filium in Cordubensi urbe forteresses qui contenaient une
comprehendit, et regno grand nombre d'hommes, l’une
privatum in exsilium pacifiquement et l’autre par les
Valentiam mittit. Mauricius armes. Le fort nommé
imperator contra Hodierne,[54] très sûr, situé sur
Langobardos Francos per les rives du Rhône, est attaqué
conductelam movet, quae res par le roi Reccared qui le prend
utrique genti non parva après de violents combats et
contulit damna. Eutropius revient vainqueur vers son père
abbas monasterii Servitani et son pays. Andeca est tondu,
discipulus sancti Donati cheveux et barbe, puis après
clarus habetur. l’avoir privé de son royaume, il
subit ce qu'il avait fait au roi
Anno III Mauricii, qui est Eboric, fils de son roi,[55] et fut
Leovigildi XVII annus, exilé dans la ville de Bejar.[56]
Mauricius per duces bellum En Galice, Malaric se fait
infert. Leovigildus rex usurpateur et veut régner, [mais]
Gallaecias vastat. Andecanim est tout de suite, vaincu par les
regem comprehensum regno ducs de Léovigild, il est fait
privat. Suevorum gentem, prisonnier puis, enchaîné, est
thesaurum et patriam suam emmené au roi. Léandre,[57]
in potestatem redigit, et évêque de l'église de Séville,
Gothorum provinciam facit. bénéficie d'une grande
Hermenegildus in urbe réputation.
Tarraconensi a Sisberto
L’an IV de l’empereur Maurice
interficitur.
et l’an XVIII du roi Léovigild
Franci Galliam Autharic, roi des Lombards,
Narbonensem occupare défait les Romains lors d’une
cupientes cum exercitu rencontre, et détruit une foule de
ingressi: in quorum soldats ennemis, il occupe les
congressionem Leovigildus territoires d'Italie.[58] Cette
Recaredum filium obviam année-là le roi Léovigild atteignit
mittens, et Francorum est ab le dernier jour [de sa vie] et son
eo exercitus repulsus, et fils Reccared prend le sceptre du
provincia Gallaeciae ab royaume sans problème.
eorum infestatione est
L’an V de l’empereur Maurice
liberata. Castra vero duo
et la première année heureuse du
cum nimia hominum
roi Reccared[59]
multitudine, unum pace,
alterum bello occupat. Maurice nomme son fils
Castrum vero quod Hodierno Théodose,[60] né de la fille de
vocatur, tutissimum valde in l'empereur Tibère, César. A la
ripa Rhodani fluminis mort de Pélage le jeune,
ponitur; quod Recaderus rex Grégoire[61] lui succède dans
fortissima pugna aggressus l'épiscopat de l'Église romaine. Il
obtinuit, et victor ad patrem restera quinze années dans cette
patriamque redit. Andeca fonction. Les Romains, aidés des
vero regno privatus tondetur, Francs, pillent les Lombards et
et honore presbyterii post prennent une partie de l'Italie.
regnum honoratur. Non Sigebert, le meurtrier
dubium quod in Eiborico regis d’Herménégild, subit une mort
filio rege suo fecerat patitur, horrible. Reccared, le dixième
et exsilio Pacensi urbe mois de la première année de
relegatur. Malaricus in son règne, se fait catholique avec
Gallaecia tyrannidem l'aide de Dieu, il aborde les
assumens, quasi regnare prêtres de la secte arienne par
vult: qui statim a ducibus des paroles de sagesse, les fait
Leovigildi oppressus se convertir à la foi catholique,
comprehenditur, et plus par conviction plus que par
Leovigildo vinctus force, et fait rentrer dans l’unité
praesentatur. Leander et la paix de l'Église chrétienne
Hispalensis Ecclesiae tout le peuple des Goths et les
episcopus clarus habetur. Suèves. La secte arienne, avec la
grâce de Dieu, accepte le dogme
Anno IV Mauricii chrétien. Didier, duc des Francs,
imperatoris, qui est Leovigildi inquiète les Goths assez
regis XVIII annus, Anthane dangereusement, il est vaincu
Langobardorum rex cum par les généraux du roi Reccared
Romanis congressione facta et meurt sur le champ de bataille
superat, et caesa multitudine avec une multitude de Francs. Le
militum Romanorum Italiae roi Reccared restitua
fines occupat. Hoc anno tranquillement les biens volés par
Leovigildus rex diem clausit ses prédécesseurs les intégra au
extremum, et filius ejus trésor. Il commença à bâtir et à
Recaredus cum tranquillitate doter des églises et des
regni ejus sumit sceptra monastères.
L’an VI de l’empereur Maurice
Anno V Mauricii
et l’an II du roi Reccared
imperatoris Romanorum, qui
est Recaredi regis primus Certains ariens, l’évêque
feliciter annus, Mauricius Sunna et Seggon,[62] en
Theodosium filium suum ex compagnie d’autres, voulurent
filia Tiberii imperatoris natum usurper le pouvoir, découverts et
Caesarem facit. Pelagio leur culpabilité prouvée, Sunna
juniore mortuo, Romanae fut envoyé en exil[63] et Seggon
Ecclesiae Gregorius in fut banni en Galice, après qu’on
episcopatum succedit. lui eut coupé les deux mains.
Praeest annis XV. Romani per Maurice nomma son fils Théodose
Francorum adjutorium empereur des Romains, nous
Langobardos vastant, et l’avions vu auparavant César.
provinciae Italiae partem in
L’an VII de l’empereur Maurice
suam redigunt potestatem.
et l’an III du roi Reccared
Sisbertus interfector
Hermenegildi morte L'évêque Uldida[64] et la reine
turpissima perimitur. Gosvinde, complotant contre
Recaredus primo regni suo Reccared furent découverts et on
anno, mense X, catholicus, apprit qu’après avoir pris la
Deo juvante, efficitur, et communion de manière sacrée,
sacerdotes sextae Arianae ils la rejetèrent ensuite. Ce crime
sapienti colloquio aggressus venant à la connaissance des
ratione potius quam imperio hommes, Uldida fut condamné au
converti ad catholicam fidem bannissement,[65] et Gosvinde,
facit, gentemque omnium qui fut toujours hostile aux
Gothorum et Suevorum ad catholiques, arriva à la fin de sa
unitatem et pacem revocat vie à cette époque.[66] Une
Christianae Ecclesiae. Sectae armée française envoyée par le
Arianae, gratia divina, in roi Gontran[67] et sous le
dogmate veniunt Christiano. commandement du duc Boson,
Desiderius Francorum rex entra en Gaule narbonnaise et
dux Gothis satis infestus a installa son camp près de la ville
ducibus Recaredi regis de Carcassonne. Claude, duc de
superatur; et, caesa Lusitanie, envoyé par le roi
Francorum multitudine, in Reccared arriva. Puis, dans une
campo moritur. Recaredus lutte acharnée, les Francs furent
rex aliena a praedecessoribus mis en fuite, leur camp et leur
direpta et fisco sociata armée furent détruits par les
placabiliter restituit. Goths. En effet, c’est dans cette
Ecclesiarum et bataille que se révéla l'action de
monasteriorum conditor et la grâce divine et de la foi
ditator efficitur. catholique, que le roi Reccared et
les Goths avaient reçu
Anno VI Mauricii, qui est fidèlement, car pour Notre
Recaredi II annus, quidam ex Seigneur il n’est pas difficile
Arianis Sunna episcopus, et d’accorder la victoire à un petit
Seggo cum quibusdam nombre contre une multitude. En
tyrannidem assumere effet, on sait que le duc Claude,
cupientes, deteguntur. banni avec trois cents hommes,
Convicti, Sunna exsilio contre près de soixante mille
truditur, et Seggo manibus francs, les tua presque tous par
amputatis Gallaeciam l'épée. En toute équité, à notre
exsulans mittitur. Mauricius époque, on attribue à Dieu la
Theodosium filium quem gloire d'avoir agi dans la bataille,
supra Caesarem diximus, car on sait que, de même, dans
Romanorum imperatorem les temps anciens, il donna la
facit. mort à plusieurs milliers de
Madianites,[68] hostiles au
Anno VII Mauricii, qui est peuple de Dieu, par la main de
Recaredi regis III annus, Gédéon n’ayant que mille trois
Uldila episcopus cum cents hommes.
Gosuintha regina insidiantes
L’an VIII de l’empereur
Recaredo manifestantur; et
Maurice et l’an IV du roi Reccared
fidei catholicae
communionem quam sub Dans la ville de Tolède se
specie Christiana quasi réunit un saint synode d’évêques
sumentes projiciunt, de toute l'Espagne,[69] de la
publicantur. Quod malum in Gaule et de la Galice, sur les
cognitionem hominum ordres du Prince Reccared et
deductum, Uldila exsilio [avec la participation de] 72
condemnatur; Gosuintha évêques. A ce synode le roi très
vero catholicis semper Chrétien Reccared intervient, en
infesta vitae tunc terminum présentant aux évêques la
dedit. Francorum exercitus a déclaration de sa conversion, de
Gonterano rege transmissus, celle de tous les prêtres et du
Bosone duce, in Galliam peuple des Goths dans un livre
Narbonensem obveniunt, et écrit de sa propre main, où il
juxta Carcassonensem urbem indique tout ce qui appartient à la
castra metati sunt. Cui profession de la foi orthodoxe. Il
Claudius Lusitaniae dux a ordonna que le saint synode des
Recaredo rege directus évêques applique à leurs écrits
obviam inibi occurrit: cum canoniques les dispositions de ce
quo congressione facta, livre. Mais tous les travaux du
Franci in fugam vertuntur, et Synode furent sous la conduite
direpta castra Francorum, et de saint Léandre, évêque de
exercitus a Gothis caeditur. l'église de Séville, et du
In hoc ergo certamine gratia bienheureux Eutrope, abbé du
divina, et fides catholica monastère de Servitano. Le roi
quam Recaredus rex in Reccared, comme nous l'avons
Gothis fideliter adeptus est, dit, intervint dans le Saint-
esse noscitur operata: Synode, renouvelant à notre
quoniam non est difficile Deo époque [les actes] de l’ancien
nostro, si in paucis una in prince Constantin le Grand, qui
multis detur victoria. Nam illustra par sa présence le Saint-
Claudius dux cum CCC viris Synode de Nicée, et [le] très
LX millia ferme Francorum chrétien empereur Marcien, à la
noscitur infugasse, et demande duquel on signa les
maximam eorum partem décrets du concile de
gladio trucidasse. Non Chalcédoine. En effet, dans la
immerito Deus laudatur ville de Nicée commença l'hérésie
temporibus nostris in hoc arienne et elle mérita la
praelio esse operatus, qui condamnation sans être coupée
similiter ante multa aux racines, tandis qu’à
temporum spatia per manum Chalcédoine Nestorius et
ducis Gedeonis MCCC viris Eutychès furent condamnés, avec
multa millia Madianitarum Dioscore, son défenseur, et ses
Dei populo infestantium acolytes. En revanche, dans le
Saint-Synode de Tolède, la
noscitur exstinxisse. perfidie d'Arius, après [avoir
causé] de nombreux morts et les
Anno VIII Mauricii meurtres de catholiques
imperatoris, qui est Recaredi innocents, fut condamnée
IV annus, sancta synodus radicalement par le zèle du prince
episcoporum totius Reccared, de sorte qu'elle ne se
Hispaniae, Galliae et répandit pas plus loin et la paix
Gallaeciae in urbe Toletana, fut donnée aux églises
praecepto principis Recaredi catholiques. Cette hérésie
congregatur episcoporum odieuse, comme il est écrit: « De
numero LXII, in qua synodo la maison du Seigneur la
intererat memoratus tentation surgira d’Alexandrie »,
Christianissimus Recaredus, fut développée par le prêtre Arius
ordinem conversionis suae et et découverte par le saint évêque
omnium sacerdotum, vel de la ville, Alexandre. Au Synode
gentis Gothicae confessionem de Nicée, de l'avis de 318
tomo scriptam manu sua évêques, la vingtième année du
episcopis porrigens, et omnia règne de Constantin le Grand,
quae ad professionem fidei selon les décisions du synode,
orthodoxae pertinent, Arius et son erreur furent
innotescens; cujus tomi condamnés. Cette hérésie, non
ordinem decrevit sancta seulement tacha une partie de
episcoporum synodus l'Orient et l'Occident mais aussi,
canonicis applicare par sa perfidie, prit dans ses
monumentis. Summa tamen filets les terres du sud et du nord
synodalis negotii penes et même des îles. De la
sanctum Leandrum vingtième année du règne de
Hispalensis Ecclesiae l’empereur Constantin l’ancien,
episcopum, et beatissimum lorsque l'hérésie arienne
Eutropium monasterii commença, jusqu'à la huitième
Servitani abbatem fuit. année de Maurice, empereur des
Memoratus vero Recaredus Romains, correspondant à la
rex, ut diximus, sancto quatrième année du règne de
intererat concilio renovans Reccared, il y a 280 ans, au cours
temporibus nostris antiquum desquelles l'Eglise catholique fut
principem Constantinum entachée de cette hérésie, mais
magnum sanctam synodum vainquit avec l'aide du Seigneur,
Nicaenam sua illustrasse parce qu'elle est bâtie sur le
praesentia: nec non et roc.[70]
Marcianum Christianissimum
A cette époque, où Dieu Tout-
imperatorem, cujus instantia
Puissant, ôta le venin de l'hérésie
Chalcedonensis synodi
antique, il rétablit la paix dans
decreta formata sunt.
son Eglise, l'empereur des Perses
Siquidem et in Nicaena urbe
embrassa la foi [chrétienne] et fit
haeresis Ariana et initium
la paix avec l'empereur Maurice.
sumpsit et damnationem
Alors que le roi orthodoxe
meruit, radicibus non
Reccared régnait en paix et dans
amputatis. Chalcedone vero
la tranquillité, des pièges
Nestorius et Eutychius una
personnels lui furent tendus. En
cum Dioscoro ipsorum
effet, l'un de ses cubiculaires et
patrono, et haeresibus
duc d'une province, nommé
propriis condemnati sunt. In
Argimond, voulait usurper le
hac vero sancta Toletana
pouvoir au roi Reccared pour
synodo Arii perfidia post
mettre fin à ses jours et au
longas Catholicorum neces
royaume, si possible. Cependant,
atque innocentium strages
une fois son dessein
ita radicitus amputata est,
insistente principe memorato répréhensible découvert, il fut
Recaredo rege, ut ulterius arrêté et enchaîné puis après une
non pullulet, catholica ubique enquête, ses complices avouèrent
pace data Ecclesiis. Haec leur machination impie et furent
ergo nefanda haeresis, exécutés par des peines
secundum quod scriptum est, honteuses. De même Argimond,
De domo Domini exiet qui voulait arriver au pouvoir, fut
tentatio ab Alexandria, etc., d'abord interrogé à coups de
detegente sancto Alexandro fouet, puis tondu et, enfin,
ejusdem urbis episcopo, per amputé de la main droite et il
Arium presbyterum inolevit: servit d'avertissement à tout le
qui in Nicaena synodo monde dans la ville de Tolède en
CCCXIIX episcoporum marchant sur le dos d'un âne
judicio, vigesimo imperii avec une solennité railleuse,
Constantini senioris anno montrant [ainsi] que les
synodaliter damnationem serviteurs ne doivent pas être
cum proprio errore suscepit. arrogants avec leurs maîtres.
Quae post haec non solum
Orientis et Occidentis partem
maculavit, sed et Meridianam
et Septemtrionis plagam, et
ipsas insulas sua perfidia
irretivit. A vigesimo ergo
Constantini principis anno,
quo tempore haeresis Ariana
initium sumpsit, usque in
octavum annum Mauricii
principis Romanorum, qui est
Recaredi quartus regni
annus, anni sunt CCLXVI,
quibus Ecclesia catholica
hujus haeresis infestatione
laboravit. Sed favente Deo
vicit, quoniam fundata est
super petram. In his ergo
temporibus quibus
omnipotens Deus, prostrato
veternosae haeresis veneno,
pacem suae restituit
Ecclesiae, imperator
Persarum Christi suscepit
fidem, et pacem cum
Mauricio imperatore firmavit.
Recaredo ergo orthodoxo
quieta pace regnante,
domesticae insidiae
praetenduntur. Nam quidam
ex cubiculo ejus etiam
provinciae dux, nomine
Argimundus, adversus
Recaredum regem
tyrannidem assumere
cupiens, ita ut, si posset,
eum et regno privaret et vita.
Sed nefandi ejus consilii
detecta machinatione,
comprehensus, et in vinculis
ferreis redactus, habita
discussione, socii ejus
impiam machinationem
confessi condigna sunt
ultione interfecti. Ipse autem
Argimundus qui regnum
assumere cupiebat, primum
verberibus interrogatus,
deinde turpiter decalvatus,
post haec dextra amputata,
exemplum omnibus in
Toletana urbe, Asino sedens
pompizando dedit, et docuit
famulos dominii non esse
superbos.

[1] De Wikipédia. Les notes de la traduction sont en général tirées de


Wikipedia ; dans le cas contraire leur provenance est signalée.

[2] Victor de Tununa (Victor Tununensis), auteur d’une Chronique


allant de 444 à 566.

[3] Justin II ; c’était le neveu de Justinien le Grand, mort à 83 ans en


565. Il fut proclamé empereur le soir même de la mort de Justinien
et régna jusqu’en 578.

[4] Chosroès I (531-579).

[5] Athanagilde (551-568). Il mourut de « mort naturelle » !?

[6] Liuva (ou Léova), 568-573, devait être déjà d’un âge avancé, il
associa son frère Léovigild au royaume.

[7] Les Garamantes étaient un ancien peuple libyco-berbère qui


nomadisait, depuis le IIIe millénaire avant notre ère, entre la Libye et
l'Atlas plus particulièrement autour des oasis de Djerma (nom
moderne de leur capitale, Garama) et de Mourzouk. Leur nom
signifierait « les gens de la cité ». Ils faisaient partie de cet ensemble
de populations à peau sombre qui se distinguent des négroïdes
soudanais et des blancs méditerranéens. Il est probable qu'ils
auraient été encore plus au Sud, jusqu'au fleuve Niger et la région de
Gao. Tite-Live et Strabon localisent vaguement les Garamantes entre
les Gétules au Nord et les Éthiopiens au Sud.

[8] Léovigild, roi des Goths, régna de 568 à 586.

[9] Espagne citérieure : Espagne en deçà de l’Ebre.

[10] « Pline, dans son énumération des villes précise qu'elles


appartiennent toutes à la Bastetania vergentis ad mare. En fonction
de cette mention, il faut penser qu'il s'agit d'une vaste région du sud
de la Péninsule Ibérique, beaucoup plus grande, logiquement, que ce
qui correspond aujourd'hui à la zone de Baza, et que ce qu'on
pourrait attribuer au territoire de la civitas romaine. Pour l'instant
nous ne connaissons pas la condition politique, administrative,
culturelle ou simplement géographique de la réalité qu'évoque Pline.
Un second passage fournit une définition plus concrète, qu'il désigne
comme la regio Bastitania. Ces données ont été interprétées de
diverses façons, mais la plus répandue est, peut-être, celle qui
identifie les deux réalités dont parle Pline dans ces deux passages. Il
s'agirait donc d'une unité culturelle ou ethnique encore présente ou
connue à l'époque romaine, mais simplement comme un héritage de
l'organisation antérieure à la conquête. Toutefois si l'on regarde
attentivement les deux listes de Pline on note des différences. Dans
Nat. Hist. III. 19-21 l'énumération suit un certain ordre. Il parle
d'abord d'une série de peuples en partant de la côte vers l'intérieur
jusqu'au plateau central : Bastuli, etc. Ensuite, Pline continue à
énumérer non plus des peuples mais des regiones. » Cf l’article sur
La regio Bastitania et le début de sa romanisation, site www.persee.fr

[11] Théodomir est roi des Suèves en 558 ; il succède à Cariaric. Il


abjure l'arianisme lorsque son fils Ariamir ou Miron est guéri d'une
maladie par l'intercession de saint Martin de Tours. Il autorise la
réunion du premier concile de Braga le 1er mai 561.

[12] Le roi Garmul, vainqueur de ces trois généraux byzantins


successifs, Théodore, Théoctiste et Amabilis, paraît avoir fondé un
puissant état indigène.

[13] Medina Sidonia.

[14] Sans doute un Goth.

[15] Donat (Donatus) est un immigré, qui a fui les invasions Maures
vers 570 avec ses disciples et s'est réfugié en Espagne à Servitano
(Servitanum), quand d'autres allaient à Mérida ou à Valence. Le
monastère qu'il fonde à Servitano est compris par les chroniqueurs
comme un évènement important. L'abbé Donat est, par ailleurs,
considéré par Ildefonse de Tolède, comme le père du monachisme
espagnol. Servitanum sera un pôle de culture important en Espagne,
avec une bibliothèque qui est constituée dès le départ du nombre
important d'ouvrages que Donat a emportés avec lui dans son exil.
Cf. www.encyclopedie-universelle.com/

[16] Cunimond (Cunimundus en latin) est un roi gépide du VIe siècle


successeur du roi Thorisind. Cherchant à étendre son royaume situé
sur le Danube, il s'oppose à l'Empire byzantin ; ce dernier fait appel
aux Avars du khan Bayan et aux Lombards du roi Alboïn. Face à cette
redoutable coalition, Cunimond est vaincu (567) et tué au combat
(ou exécuté après ?). Les Gépides sont décimés et une partie
suivront les Lombards en Italie en 568. D'autres, probablement peu
nombreux, ont semble-t-il survécu en Transylvanie jusque la seconde
moitié du VIIe siècle. Son corps (ou son cadavre) fut décapité et son
crâne transformé en coupe à boire ; l'une de ses filles, la princesse
Rosemonde, prise de force pour épouse par Alboïn, devra plus tard
en Italie (à Vérone ?) y boire le vin de la victoire lors d'un banquet.
La coupe à boire pratiquée dans le crâne du roi Cunimond sera
conservée par les rois Lombards. L'érudit d'origine lombarde Paul
Diacre la verra de ses yeux à Pavie, capitale lombarde, montrée par
le roi Ratchis à des convives dans les années 740.

[17] Elne (en catalan Elna) est une commune française située dans le
département des Pyrénées-Orientales et la région Languedoc-
Roussillon. Ses habitants sont appelés les Illibériens, en référence au
nom antique de la ville, Illiberis. Après la chute de l’Empire romain en
476, les Wisigoths, maîtres de la région depuis les environs de 414,
érigent la ville en siège épiscopal qui n'est attesté qu'en 571. La ville
s'appelle alors Helenae.

[18] Alboin s’était fait couronner roi le 4 septembre 569 à Milan.

[19] Ce meurtre d’Alboin eut lieu en juin 572.

[20] Il mourut sans doute à Narbonne.

[21] Il devint fou de plus en plus dangereux ; il poussait des cris


d’animaux, « tantôt aboyait comme un chien, tantôt bêlait comme
une chèvre, miaulait comme un chat, chantait comme un coq. » On
fut en fin de compte obligé de le lier. Pendant cinq ans encore il fut la
terreur du palais et la fable de la ville. P. Gaubert, Byzance avant l'
Islam, 1951.

[22] Le terme inguinal (ale) désigne tout ce qui est relatif à l'aine.

[23] Il s’agit de la Sabaria qui couvre une partie de Tras os Montes,


proche de l’actuel Portugal.

[24] Herménégild (San Hermenegildo en Espagne) (né vers 560 -


mort martyr le 13 avril 585) était un prince wisigoth du VIe siècle, fils
aîné du roi Léovigild, associé - avec son frère Récarède - au pouvoir
par son père, qui essaie d'établir sa dynastie. C'est un saint chrétien
fêté le 13 avril ou le 30 octobre.

[25] Diehl, L’Afrique byzantine ; « En 573, la puissante tribu des


Maccuritae, l’une des principales peuplades de la Maurétanie
Césarienne, avait par une ambassade solennelle renouvelé sa
soumission à l’empire. »

[26] Des girafes.

[27] Mausone était Goth d’origine ; il fut persécuté.

[28] Justin II étant alors fou, Tibère fut le réel empereur byzantin.

[29] Ce peuple semble inconnu.

[30] Dans la région d’Ourense, à la limite du Portugal.

[31] Suanes, ou Souanes, (Géog. mod.) peuples d’Asie. Ils habitent


les montagnes du Caucase, où ils vivent indépendants entre les
Tartares Circasses, & les peuples d’Imereti & de Carduel ; ils vont
travailler par troupes pendant l’été dans la Géorgie, & regagnent
leurs montagnes au commencement de l’hiver. Cf. Encyclopédie de
Diderot.

[32] Esclavon est le nom des habitants de l'Esclavonie (actuelle


Slavonie). Pendant l'empire romain et jusqu'à la fin du Moyen-âge,
l'Esclavonie était un réservoir d'esclaves. Les Romains les appelaient
les Sclavini mais ce n'est au début qu'un nom d'origine, l'esclave en
latin s'appelait alors servus. En bas-latin le mot devient Slavonici et
sclavi ou slavi. Le mot Esclavon devient alors pratiquement
synonyme d'esclave bien qu'on distingue les serfs des Esclavons. Le
mot Esclavons a servi en Espagne musulmane à traduire son
équivalent arabe Saqâliba désignant à la fois les esclaves européens
employés au palais ou dans l'armée et les Slaves.

[33] Pélage II, né à Rome en 520, pape de 579 à 590. Durant son
pontificat, Pélage II œuvra beaucoup pour les soins des malades et
des vieillards et alla même jusqu'à convertir son logement en refuge
pour ceux-ci. Il fut aussi réputé pour tolérer le mariage des prêtres
tant que ceux-ci ne transféraient pas les biens de l'Église à leurs
femmes et enfants. Pélage II mourut le 8 février 590 de la peste de
Justinien qui frappa durement Rome dès l'an 589.

[34] Il fut consacré empereur quelques jours avant la mort de Justin


II, le 26 sept. 578. Justin mourut le 4 octobre.. Son règne ne dura
que quatre ans.

[35] A l’ouest de Cartagène, dans le sud-est espagnol.

[36] Gennadius, devenu exarque d’Afrique, acheva de pacifier la


province (591). Quand il abandonna ses fonctions, l’empereur
(Maurice) lui donna pour successeur un des meilleurs généraux de
l’empire, Héraclius.

[37] Garmul, prince amazigh né au plus tard dans les années 530, se
soumet d'abord aux Byzantins, conquérants du royaume vandale en
533/34 et nouveaux maîtres de l'Afrique du Nord, avant de se
rebeller contre eux et d'entrer en résistance après les divers succès
des révoltes berbères, commencées notamment avec le chef Antalas
dans les années 530/40. Garmul parvient même à fonder un
royaume indépendant au début des années 550 avec la cité de Altava
comme capitale (située aujourd'hui à Ouled Mimoun, en actuelle
Algérie). Sous le règne de l'empereur byzantin Justin II (565/78), le
rex (roi en latin) Garmul parvient à battre et à tué successivement 3
généraux byzantins de la Tingitane. Il est finalement battu par le
général byzantin Gennadius, et meurt au combat (578).

[38] Les écrivains de l'Antiquité donnent le nom de Celtibérie à une


partie importante de l'Espagne centrale, habitée par des tribus où les
éléments celtiques et ibériens s'étaient fondus. Il est difficile de
préciser les limites du pays que les Romains appelaient ainsi avant la
conquête de la péninsule, et ce nom ne fut pas maintenu dans la
nomenclature administrative; même chez les auteurs, il ne demeura
que comme une dénomination générale et un peu vague.

[39] Recopolis, qui fut dans la péninsule Ibérique l'une des quatre
villes bâties par les Wisigoths, fut érigée à partir de l'an 578 par
Léovigild (567/573 - 586), l'un des plus grands rois goths, qui réussit
à unifier la péninsule sous son autorité tout en portant le royaume
wisigoth à son apogée. Le roi Léovigild fit bâtir cette cité baptisé
Recaredopolis en l'honneur de son second fils Récarède, qui n'était
pas censé lui succéder à cette date.

[40] Herménégild s’était converti au catholicisme.

[41] Goïswinthe ou Goswinthe ou Gonsuinthe (vers 530-589), est


une reine wisigothe d'Espagne de la seconde moitié du VIe siècle. La
mère de Brunehilde est réputée avoir été une femme de pouvoir,
énergique et déterminée, ainsi qu'une fervente arienne. Après la
mort du roi Athanagild, son premier époux, elle épouse le frère et
successeur supposé de ce dernier, Léovigild, afin de rester reine.
Ayant tenté de renverser son fils Récarède au moment où il faisait
basculer l'Espagne entière dans le catholicisme, elle est exécutée,
pendue dit-on, selon Maxime de Saragosse.

[42] Aujourd’hui Alcalá de Henares où naquit Cervantès.

[43] Authari (ou encore Autharis, Autharic) est un roi lombard d'Italie
qui règne de 584 à 590.

[44] Le Pays Basque.

[45] On a traditionnellement affirmé, en se basant sur le texte de


Jean de Biclar, que la ville appelée, « Victoriacum », fondée par le roi
wisigoth Léovigild en 581, correspondait à la ville actuelle de Vitoria-
Gasteiz (en espagnol : Vitoria et en basque : Gasteiz, officiellement
Vitoria-Gasteiz), capitale de la province d'Alava et de la Communauté
autonome du Pays basque en Espagne. Toutefois, des travaux
récents archéologiques effectués dans la ville tendent à penser à une
éventuelle présence des Francs, et non de Wisigoths, dans la zone,
compliquant l'identification de Victoriacum comme étant l'actuelle
Vitoria. Il n'existe pas beaucoup de restes archéologiques de cette
époque, mais il y a eu apparemment des établissements permanents
de Francs dans les alentours. Par exemple, dans le site d'Aldaieta
(Nanclares de Gamboa), il y a des tombes ornées qui ressemblent à
des coutumes franques. On pense que cette installation date des VI e
et VIIIe siècles. De même, les objets trouvés dans les excavations
effectuées sous la cathédrale Santa Maria de Vitoria paraissent être
aussi de cette culture venue du nord. Après avoir examiné les
caractéristiques de ces objets, on peut affirmer qu'ils sont du
VIIIe siècle ou postérieur à cette époque.

[46] Maurice revint de Perse pendant l’été 582. Il trouva Tibère en


train de mourir et se fit élire à sa place le 5 août.

[47] Pendant vingt ans Maurice eut à faire face aux hostilités des
Perses, des Avares et des Slaves.

[48] Italica est une ancienne ville romaine située sur la municipalité
actuelle de Santiponce (province de Séville, Andalousie, Espagne).
Italica fut la première ville romaine fondée en Hispanie, par Scipion
l'Africain.
[49] De 583 à 585.

[50] Ou Sigegonthe.

[51] Eboric mourut en 585.

[52] « Peu après son avènement, en 582 ou 583, Maurice conclut un


traité avec Childebert. Moyennant le paiement de 50,000 sous d'or,
le roi s'engageait à chasser les Lombards d'Italie. Il ne mit aucun
empressement à tenir sa promesse et ne répondit que par l'envoi
d'ambassades à l'empereur qui lui demandait de s'exécuter. Maurice
l'ayant sans doute pressé d'attaquer les Lombards, il finit par se
mettre à la tête d'une armée et partit, en 584, pour l'Italie. Les
Lombards, à cette nouvelle, craignirent d'essuyer un désastre et
firent leur soumission à Childebert. Ils lui donnèrent de nombreux
présents et promirent, suivant Grégoire de Tours, d'être ses fidèles
sujets. Paul Diacre ne parle que d'un traité de paix. C'est avec les
ducs lombards, maîtres des diverses cités, que Childebert le signa.
Aussitôt après, il revint en Gaule avec son armée, dans l'intention de
marcher sur l'Espagne ; mais il ne donna pas de suite à ce projet. »
Cf. G. Reverdy, Les relations de Childebert Ii et de Byzance.

[53] Décapité le 13 avril 585 sur ordre de son père.

[54] Ugernum, site gallo-romain proche de Beaucaire.

[55] Sous-entendu du roi Miro.

[56] Béjar est une commune d'Espagne, dans la province de


Salamanque.

[57] Evêque de Séville en 584, il convertit au catholicisme


Herménégild, fils ainé du roi wisigoth Léovigild, arien comme
l'ensemble du peuple wisigoth qui avait conquis l'Espagne. Cette
conversion vaut à Herménégild la mort par décapitation et à Léandre
l'exil, au cours duquel il se liera d'amitié avec le futur pape Grégoire
le Grand.

[58] Vers 587, le maître des milices Francion, cerné dans


Commagène, se rendait après six mois de siège. Autharis achevait de
conquérir l'Italie du Nord.

[59] Reccared régna de 586 à 601.

[60] Théodose était né le 4 août 584.

[61] Grégoire I (590-604).

[62] « Sunna ancien métropolitain de Mérida capitale de la Lusitanie


trame un nouveau complot dans lequel il engage les comtes Seggon
et Witeric. Sunna devait demander une entrevue à Mausone son
successeur et à Claude gouverneur de la province ; pendant la
conférence Witeric poignarderait le gouverneur et Mausone, et
Seggon à la tête d un grand nombre d’ariens ferait main basse sur
les catholiques et s emparerait de la ville. La conférence a lieu ;
Witeric se place entre l’archevêque et le gouverneur qui doivent
tomber sous ses coups mais, au moment de les frapper, un trouble
secret le saisit son crime l’effraie sa main se glace ; pour ainsi dire il
ne peut saisir le poignard et le fanatisme voit échapper sa proie. »
Cf. de Lacépède, Histoire générale, physique et civile de l'Europe, t.
1.

Le complot fut dévoilé par le futur roi Witteric (603-610) et les


conspirateurs saisis par Claude, duc ou gouverneur de la province de
Lusitanie.

[63] En Mauritanie.

[64] Peut-être évêque de Tolède.

[65] On ne sait pas où.

[66] Ce fut au bon moment semble-t-il, mais on ignore quelle en fut


la raison.

[67] Le roi de Bourgogne, sollicité dès l’origine de ces troubles


d’Espagne de prendre Hermenégilde sous sa protection, n’avait osé le
faire par la crainte que lui inspirait Chilpéric, que Leuvigilde avait su
maintenir constamment dans ses intérêts. Mais le roi de Neustrie
étant mort, Gontran qui venait de contracter une étroite alliance avec
son neveu le roi d’Austrasie et de terminer heureusement son
expédition contre Gondovalde, s’occupa de nouveau de cette guerre.
Ce fut à la sollicitation de Brunehaut qui voulait venger sur Gosvinde,
sa propre mère, la mort de son gendre et les mauvais traitements
dont Ingonde sa fille avait été victime que le roi de Bourgogne se
décida à entrer sur les terres de Leuvigilde. Cf. Charles-Théodore
Beauvais, Victoires, conquêtes, désastres, revers et guerres civiles
des français, t. II, 1821.

[68] La vengeance exercée par Moïse contre les Madianites, dont les
femmes avaient séduit les enfants d'Israël et fait adopter le culte des
idoles, fait l'objet du chapitre 31 du livre des Nombres. Plus tard,
dans le livre des Juges, Gédéon mettra un terme aux attaques des
Madianites contre les Israélites.

[69] Le IIIe Concile de Tolède de l'année 589, présidé par Léandre de


Séville, a été le premier à avoir un caractère général, et on avait
décidé l'abandon de l'arianisme par les Wisigothes et en
conséquence, l'incorporation de la politique des hispano-romains.

[70] Ev. Selon St Matthieu.