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L’EXPLORATION DU DIALOGUE DE BOHM

comme approche d’apprentissage


UNE RECHERCHE COLLABORATIVE
La problématique, le but, les objectifs de la recherche

Les perspectives épistémologique et théorique

Le cadre méthodologique

Le déploiement de l’expérimentation

Les principaux résultats de la recherche

Les limites et les avenues de recherches futures


Soutenance de thèse
Kim Liên Do FSE - U Laval 2003
L ’état de notre monde
Déséquilibres
écologiques
croissants, disparités
dans la répartition
des richesses, dégradation
des tissus sociaux, criminalité,
croissante, violence, racisme,
conflits régionaux, tensions
sociales

Tensions croissantes qu’engendrent


les mutations technologiques et
Berman, économiques, mutations et
Bohm, Capra, changements dont Les
Cayer, De Rosnay, problématiques
les motifs ne sont pas
Harman & Hormann, sociales et écologiques,
prioritairement
Genelot, Johnston, que nos sociétés modernes
Le Club de Rome, Lemoigne,
le bien-être
b
Marc, Morin, Pauchant, Peat, collectif semblent engendrer,
sont de plus en plus complexes,
Petrella, Reason, Rifkin,
voire ingérables
Schumacher, Senge b&
Kofman, etc.
Notre est
Culture de questionnée
approche à la Morin
Notre approche à la connaissance
réductionniste, analytique, héritée
connaissance qualifie de
crise profonde
du paradigme Newton-Descartes fragmentation,
de compétition et
de civilisation Hypothèse de base : de réaction, de penser
attribuable à notre un univers déterministe,et d’agir pour le court terme
approche à la connaissance, régi par des lois au détriment du long terme.
et réclame une réforme, immuables Culture donc du “paraître bon”
non pas programmatique,
mais paradigmatique : qui hypothèque
notre aptitude à organiser la connaissance l’apprentissage génératif
à tous les niveaux d’enseignement (Senge et al.)

Ackoff, Ashby, Berman, Bateson,


Depuis plus de 50 ans, des efforts pour
Bertalanffy, Bertrand & Guillemet,
apporter des concepts et outils
Brilman, Capra, Checkland, Genelot,
permettant d’aller vers une approche
Griffin, Grof, la Commission
globale ressort comme
int. de l’Éducation, Le Moigne,
Les défis majeurs, une orientation obligée
Meadows&al., Mélèze,
Miller, Mitroff, Morgan, complexes, La systémique
Morin, Pauchant de nature de plus en plus demeure encore
Reason, Senge, systémique, incomplète
Skolimowski, rendent désuète la stratégie du
Watzlawick, réductionnisme
Wilber ou de la fragmentation
La fragmentation
La proposition
est due à notre inattention
à l’attitude mentale généralisée de Bohm Le dialogue
prédisposant l’esprit à voir pour observer
le processus de penser
les séparations entre les choses
pour aborder
comme absolues et définitives. radicalement
Pris dans ses schèmes mentaux, La source de
nos difficultés, les effets pervers de la
l’esprit contribue à la réification fragmentation, élément
crises et maux, réside
des idées et des concepts constitutif de notre
fondamentalement
qui viennent alors dans la pensée et son démarche analytique
se substituer à la réalité processus, pris positiviste
comme un tout
La prise de conscience
« Le monde est une création du rôle de la pensée conduit
de nos pensées. Parce que nos à l’investigation de notre processus
pensées et notre processus de penser de penser afin de nous rendre sensible
sont fragmentés, nos solutions à nos modèles mentaux chosifiés, à
ont toujours été dans le sens éviter de prendre la carte pour le terri-
d’une plus grande fragmentation toire, à voir et comprendre nos réflexes
du monde amenant à des de compartimentation, d’abstraction
conflits croissants. qui, lorsque non conscientisés,
Il est plus que temps d ’investir amènent à la fragmentation
sur le processus de penser» et à l’incomplétude
Le dialogue de Bohm
une conversation entre égaux,
gaux pour aborder en toute liberté
un sujet ou un contenu amené, pour investiguer les valeurs,
les croyances et les modèles mentaux qui sous-tendent les
opinions et les sentiments exprimés.

L’essence de la pratique du dialogue réside dans la


pratique de
l’observation de la pensée
Difficultés de la pratique du dialogue
(Cayer, Dixon, Isaacs, Pauchant, Schein, Senge et al.)

Le dialogue est difficile à comprendre, sa pratique est encore vague et confuse


Les caractéristiques premières du dialogue sont la complexité, voire même
le paradoxe (Cayer, Pauchant, Schein, Isaacs, Senge et al); Bohm n’a pas
donné d’indications pour arriver au niveau d’apprentissage que le dialogue
nous propose d’atteindre (Dixon; Cayer)

La difficulté de “travailler” avec les intentions inconsistantes à cause de


l’attitude de consommation, du manque de connaissances sur le dialogue

La précipitation vers l’abstraction, la domination via la monopolisation de la parole,


le manque de questionnements sur les hypothèses; la méta difficulté de maintenir
constamment l’attention sur le moment présent, difficultés avec lesquelles le groupe
de dialogue doit conjuguer, nuisent à l’appropriation du dialogue

La difficulté de “gérer” les paradoxes : équilibre entre la rétention ou


l’expression des émotions; entre la façon personnelle et la façon collective de
d’interagir avec les autres; entre l’inclusion (autant de personnes que possible)
et l’exclusion de ceux qui entravent le flux du dialogue

Les difficultés ne sont pas à éviter mais à récupérer comme


matériau de la pratique du dialogue
BUT ET OBJECTIFS DE LA RECHERCHE
« Relever les difficultés
d’appropriation du dialogue
au moment même où elles
Faciliter sont vécues par les
l’appropriation du participants pour les
dialogue de Bohm
réinvestir immédiatement Quelles sont les difficultés vécues
au processus du dialogue, qui, co-élucidées engagent,
dans une perspective stimulent ou facilitent la pratique du
Recherche-action, d’apprentissage » dialogue dans le sens de Bohm?
collaborative, mettant l’accent Quelles sont celles qui désengagent ?
sur l’apprentissage que les Quels sont les “ insights ” partagés
praticiens ainsi que la qui ont facilité l’appropriation du
chercheure sont susceptibles dialogue ?
d’effectuer, dans la
perspective d’une S’ajoute au nombre limité
appropriation du dialogue de recherches sur le dialogue de
selon l’esprit et le sens de Bohm de sorte à contribuer à
Bohm l’appropriation du Dialogue
Le cadre épistémologique
Axiomes sur Paradigme positivisme Paradigme constructiviste
naturaliste
La nature de la réalité La réalité est unique, Les réalités sont multiples,
tangible et fragmentable construites et holistiques

La relation entre le Le connaissant et le connu Le connaissant et le connu


connaissant et le connu sont indépendants; dualité sont interactifs, inséparables

La possibilité de Les généralisations au-delà Seules les hypothèses


généralisation du temps et du contexte circonscrites dans le temps et
sont possibles le contexte sont possibles

La possibilité de faire Il y a des causes réelles, Toutes les entités sont dans
des liens de causalité précédant temporellement un état de formation
les effets ou se présentant simultanée mutuelle. Il est
simultanément impossible de distinguer
causes et effets

L’investigation est neutre L’investigation est liée aux


Le rôle des valeurs (value-free) valeurs (value-bound)
Le cadre épistémologique
Le constructivisme postule Le paradigme
une conception constructiviste brise
interactionniste de la ainsi l’illusion autour
connaissance selon
de l’existence d’un
laquelle l'interaction du
sujet connaissant avec “ one best way ” ou
l'objet observé est d’une réalité “ unique ” Le dialogue est au cœur de
précisément constitutive de et postule les réalités la visée de la perspective
la connaissance multiples constructiviste qui
reconnaît le caractère
construit, récursif et
La valeur d'une connais- évolutif de la connaissance
Elle ne peut prendre valeur construisant l’homme et sa
sance est jugée en fonc-
de vérité absolue mais communauté qui, de
tion de son adaptation et
constitue un des modèles même, le construit.
de sa pertinence, selon sa
satisfaisants de
capacité à se montrer
représentations du monde
“ faisable ”, “ viable ” et
dans des contextes et par
“ féconde ” par rapport à
rapport à des projets
son contexte d’application
conçus
et aux objectifs visés
Le cadre épistémologique
Le constructivisme est
en adéquation avec les
systèmes construits
Le constructivisme permet de complexes, dont le
dialogue Nous reconnaissons que
rentrer dans l'univers “cons-
le paradigme adopté a
truit ”, cette “ complexité
d’importantes implica-
organisée, organisante,
tions sur la conception de
inépuisable ”. À l’analyse, la
notre recherche et sur sa
décomposition préconisée par
conduite, notamment au
le positivisme, le constructi-
regard de la méthode de
visme, propose la conception Le dialogue, un
recherche et des critères
d’un phénomène perçu construit, de nature
de validité
complexe. complexe, participe au
travail épistémologique
qui, constamment, fait
un retour sur lui-même
pour valider ses
énoncés.
Le cadre théorique : où situer le dialogue de Bohm
donner une attention au processus de
Le dialogue est penser dans le but de permettre à la
un espace libre,
vide où les pensée d’être consciente d’elle-même
participants
peuvent cultiver le mouvement libre de l’esprit
individuellement
et collectivement qui crée l'occasion de révéler et de
dénouer les suppositions rigides qui
bloquent la créativité

développer une sorte d’intelligence subtile qui va au delà de la


dualité observateur-observé qui fragmente
Le dialogue
n’agit pas au niveau de
Le dialogue est un processus de rencontre en face à nos savoirs théoriques,
face, à ne pas confondre avec les spéculations et la mais au niveau de nos
théorisation sans fin habitudes intellectuelles
et interactionnelles
Le cadre théorique : le sens et l’esprit du dialogue
L’essence de la pratique du dialogue réside dans la pratique de
l’observation de la pensée

Le dialogue est une conversation entre égaux,


gaux pour aborder en toute liberté un sujet
ou un contenu amené, pour investiguer les valeurs, les croyances et les modèles
mentaux qui sous-tendent les opinions et les sentiments exprimés.

Pendant l’exercice, le praticien porte attention à l’observation et à la suspension,


lesquelles sont une réflexion sur le processus de la pensée et non pas un exercice qui
vise la recherche de solutions ou bien l’atteinte d’un consensus sur quoi que ce soit

Bohm estime que par la pratique persévérante et prolongée, nous


parviendrons à un état de conscience commun, à penser ensemble d’une
nouvelle manière, à un mouvement cohérent de la pensée et de la
communication.
Une telle cohérence se produirait à un niveau profond et tacite
Le cadre théorique : la théorie des systèmes d’activités
humaines
(Checkland, Lapointe)

Le dialogue de Bohm peut être rapproché de la théorie des


systèmes d’activités humaines (SAH), souvent qualifiés de
systèmes souples, systèmes qui sont tributaires des
perceptions, des opinions et des valeurs des individus qui en
font partie.
Cette conception théorique donne des principes directeurs
pour envisager ce qui constitue le SAH : le reliquat non
résolu, la perspective du baby system, l’apprentissage
émergeant et la réflexion-dans-l’action.
Le cadre théorique : la théorie des organisations apprenantes
(Senge&al)

La théorie des OA : une approche mise de l’avant afin de


permettre aux organisations et aux communautés de mieux
composer avec un environnement, non plus présumé comme
prévisible, stable et cloisonné, mais considéré comme
complexe, éphémère, instable, imprévisible et
inextricablement enchevêtré.
Le cadre épistémologique rejoint celui dans lequel se situe le
dialogue de Bohm; certains concepts sont apparentés.
Cette théorie propose cinq disciplines dont celle des modèles
mentaux et elle offre des outils intéressants dans le cadre de
la pratique du dialogue
Le cadre théorique : L’apprentissage 3
(Bateson]

En s’inspirant de la théorie des niveaux d’apprentissage de


Bateson, on peut apparenter la pratique du dialogue comme
une démarche d’apprentissage de niveau 3 selon la
catégorisation de Bateson.
Le niveau d’apprentissage 3 renvoie à plusieurs dimensions :
l’attention ou la présence attentive au contexte ; la
sensibilité à ses présupposés, prémisses qui fondent
l’interprétation et l’agir ; la capacité de retour sur soi pour
réfléchir sur les processus qui les créent; de s’en distancier,
pour permettre leur remise en question, ce qui est
susceptible d’amener un recadrage ou un enrichissement ;
la capacité d’ouverture et d’acceptation de la différence et
de la diversité ; un niveau de conscience plus élevé
Le cadre méthodologique :
la méthode collaborative
Recherche/ Formation L’approche
collaborative
suppose une
démarche de
co-construction
entre les
partenaires
concernés;

Desgagné S. (1997)
établit les bases
conceptuelles de
l’approche elle joue sur 2
collaborative de la registres à la fois:
elle contribue celui de la
au rapprochement, recherche en production de
voire à la médiation éducation connaissances et
entre communauté celui du
de recherche et développement
communauté de professionnel des
pratique praticiens
Le cadre méthodologique : une recherche-action collaborative
La recherche-action se veut un effort constant de réflexion, effectué par le chercheur,
sur son action en vue de l’améliorer et, ainsi, accroître sa connaissance (Clifford &
Friesen, Davidson & Bresler; Dolbec; Lave & Wenger; Morin& Potvin, Friend & Cook;
Lee; Liu; Marchand, Nowacek, Savoie-Zacj, Zorgfass & Remz)

Le modèle de Desgagné et des chercheurs du CIRADE (1997) convenait à notre


recherche puisqu’il répond aux besoins commandés par la nature de notre entreprise,
qui est une recherche – formation – apprentissage qui s’accomplit en collaboration
avec les participants à notre projet

Il repose sur des bases conceptuelles structurantes: 1- l’approche collaborative


suppose une démarche de co-construction entre les partenaires concernés ; 2- elle
joue sur deux registres à la fois, soit celui de la production de connaissances et celui
du développement professionnel des praticiens ; 3- elle contribue au rapprochement,
voire à la médiation entre communauté de recherche et communauté de pratique.

Le concept de co-construction entre partenaires est au cœur de l'approche


collaborative; il met en première place les praticiens dans la construction de la
connaissance (Desgagné, Cole, Coles&Knowles), et s'inscrit dans l'idée de production
et d’acquisition de connaissances en contexte réel et d'interactivité entre pairs, de
plus en plus prisé au sein des approches de recherche et d’enseignement dites
constructivistes/sociocontructivistes (Deschênes&al., Lebow&Wagner; Jacobson&
Spiro, Sandberg&Wielinga, Savoie-Zajc & Dolbec, Seely-Brown&Duguid).
Le cadre méthodologique : une recherche-action collaborative
Le processus de co-construction privilégie la réflexion dans l'action, essentielle à la
construction de nouveaux sens et au partage du sens commun (Bednaz, Desgagné &
Lebuis; Lapointe; Poirier, 1997; Savoie-Zajc & Dolbec, Schön). Un tel concept
repositionne le rôle du chercheur (Desgagné).
Sur le plan de la recherche, il demande au chercheur de solliciter la collaboration des
praticiens pour investiguer un objet de recherche, de négocier avec eux une zone de
collaboration conviviale et de mettre en place le dispositif nécessaire à la cueillette et
à l’analyse des données, en vue d’une production de connaissances; de composer
avec les réalités du terrain, de viser à refléter le point de vue des praticiens, de
s’intéresser au “ contrôle réflexif ” qu’ils développent dans leur contexte d’action, de
privilégier, leur “ compétence d’acteur en contexte ”
Sur le plan de la formation, il demande au chercheur de proposer aux praticiens une
démarche de réflexion sur un aspect de leur pratique, ce qui est susceptible de
répondre à leur besoin de développement professionnel ou de perfectionnement
(Desgagné).
Le concept de médiation, entre communautés Recherche/Pratique met en relief la
nécessaire interdépendance entre praticiens et chercheurs en vue d’assurer la viabi-
lité et la mise en application des découvertes de la recherche. Il permet au chercheur
de se mouvoir dans le monde de la recherche et de la pratique, de faire en sorte que
les connaissances qui vont se construire soient le produit d’un processus de rappro-
chement entre théorie et pratique (Desgagné).
Le cadre méthodologique d’une recherche-action collaborative:
Les implications
L’application du modèle Recherche/Formation,
Recherche dans sa
dimension recherche a donné lieu à la conception d’un
projet de recherche basé sur une expérimentation avec des
participants considérés à titre de co-chercheurs et
apprenants, imposant un cadre particulier

L’application du modèle Recherche/Formation dans sa


dimension formation a donné lieu à la préparation d’un
réservoir de ressources pour s’assurer que les participants
disposent d’un savoir cognitif de base sur le dialogue de
Bohm.
Le cadre méthodologique : l’analyse de contenu ( L’Écuyer )
La méthodologie du traitement des données que nous avons suivie
comprenait une sélection des verbatims les plus riches aux fins de l’analyse
de contenu, puis, en nous inspirant du modèle d’analyse mixte de L’Écuyer
(1990), nous avons procédé à un découpage du contenu du discours en
unités de sens, et un regroupement en catégories des énoncés ayant un sens
similaire afin de mettre en évidence les caractéristiques des difficultés et des
éléments de facilitation émergeant

Notre analyse de contenu, une fois l’expérimentation terminée, a privilégié


l’analyse inductive, sans imposer d’attentes préalables quant à l’objet sous
investigation. Nous avons essayé de comprendre les multiples relations entre
les dimensions qui émergent des données sans hypothèses a priori

En donnant primauté à l’approche inductive, une sensibilité constante au


contexte des données nous a habité, permettant de maintenir un focus sur
les interdépendances non réduites autant que possible à un nombre restreint
des variables discrètes et linéaires.
Critères de scientificité du paradigme naturaliste
1-le cadre naturel
2-l’instrument humain comme principal instrument de collecte des données
3-l’utilisation de la connaissance tacite-intuition, ressenti-en complément au savoir propositionnel
4-l’utilisation des méthodes qualitatives
5-l’échantillonnage intentionnel
6- l’analyse inductive des données
Les procédures et techniques
7-la théorie émergente plutôt qu’une théorie a priori adoptées dans notre
expérimentation on été,
8-la conception émergente
notamment, l’engagement
9-les résultats négociés prolongé, l’observation persistante,
la triangulation, la description
10-l’étude de cas comme mode de rapport
détaillée, le debriefing auprès des
11- l’interprétation idiographique pairs, le contrôle par les membres
et le journal réflexif
12- l’application prudente des résultats de la recherche
13-les frontières de la recherche délimités par son focus
14 les critères de fiabilité que sont a) la crédibilité ou plausibilité par opposition à la validité
interne, b) la transférabilité, en opposition à la validité externe, c) la consistance en opposition à
la fidélité et d) la confirmabilité ou neutralité des données, en opposition à l’objectivité du
chercheur
L’expérimentation : Recrutement et Planification collaboratifs
Animation du séminaire de
recrutement, portant sur le
Dialogue de Bohm par le Co-situation
professeur Cayer, qui a connu d’“une zone de participation”
Bohm et afait une exploration du conviviale et viable : pratique à
Recrutement dialogue dans le cadre de sa chaque deux semaines, le soir,
collaboratif thèse doctorale pendant 2 heures et
Premiers intéressés, suivie d’un retour post-dialogue
Facilitateurs, (45 mn )
Directeur et co-directeur
Calendrier des
33 inscrits au séminaire sur Collecte des données
séances de dialogue
le Dialogue de Bohm convenue: enregistrement audio
établi
de toutes les séances, discrétion des
Grille de facilitation préparée collaborativement
participants quant au partage du
conjointement avec une participante,
Mme Lavoie; révisée par les directeur ,
cheminement personnel avec la
co-directeur et conseillère de notre Emplacement chercheure (journal réflexif / grille
thèse; co-située avec l’équipe des physique ayant trait aux difficultés)
facilitateurs : MM. Sirois, Ruelland, convenu ensemble :
Leclerc et Mme Sierpien local des AmiEs de la Terre,
logeant aussi
le groupe Dialogue-Québec
L’expérimentation : le déroulement
Séminaire Clarification ÉTHIQUE de la
sur le des enjeux participation
du projet de
Dialogue recherche

Formulaire
d’engagement

Recherche

33 personnes au
séminaire
28 participants Dialogue -
25 persévérants Réflexivité
17 séances (oct 99-
Juin 00)

Formation
L’expérimentation: 28 participants voulant
… quelques données
explorer le processus de penser,
ont donné leur engagement
pour explorer
la pratique
régulière
2 premières séances Plus d’un participant
du dialogue
sur différentes notions sous- ont contribué à stimuler la
jacentes à la pratique du dialogue réflexion au regard des
Dès la troisième séance, sujet libre difficultés rencontrées, à faire
Des thèmes des 4è, 5è, 11è et 14è L’expérimentation évoluer une situation considérée
séances, sont en lien avec le se déroula sur 8 mois, au départ comme entravante
Dialogue de Bohm avec 17 séances vers un vécu compris comme un
dont 3 intensives tremplin pour l’exercice

Masse de données
volumineuse : Comptes rendus
des séances, 25 participants stables
les observations et réflexions L’assiduité: 83,5%
de la chercheure, (en moyenne 21 participants
des facilitateurs, à chaque séance)
des participants
L’expérimentation : l’apport de l’instrumentation de la recherche-action

Le retour post-dialogue fut perçu


par plusieurs participants
comme bénéfique au processus
L’expérimentation fut révélatrice de l’impact auquel ils s’engageaient.
de certains instruments mis en œuvre pour
rendre possible la recherche – action
sur la persévérance
de la pratique Le compte rendu fut considéré
du dialogue par la majorité comme d’un apport non
négligeable à la prise de conscience
de leur processus de penser et de leurs
L’usage du courrier électronique modèles mentaux,
par la majorité des participants a créé une à la qualité de leur écoute.
riche dynamique supportant le groupe dans
son expérimentation du processus
dialogique; rapidité de la transmission et de
la réception des partages, des réflexions et
des rétroactions
Les principaux résultats de l’étude

Ce qui est
perçu hier
comme “difficulté”
L’appropriation du dialogue ne peut être vu aujourd’hui
peut être apprécié en référence comme élément facilitant
à un “état fini”. favorisant l’observation vigilante
En tant que processus, du fonctionnement de la pensée
l’amélioration continue
est toujours possible
et devant soi
Cinq catégories émergeant
L’approfondissement / Matériaux bruts
le questionnement de l’exercice dialogique
Énoncés prescriptifs, attitudes
de ce qui est derrière une autoritaires, vérités ontolo-
intervention pour une prise de giques, convictions dogma-
conscience de la pensée Réflexions/ tiques, jugements,
et de son processus Méta-réflexions mode réactif,
sur l’essence du dialogue, dualité/affrontement
les croyances, présupposés,
les tendances réactionnelles,
les habitudes mentales :
chosification, tubularisation,
Essentiels réduction, réaction, compétition,
déconnexion intellect- ressenti Co-construction de
de l’exercice dialogique l’environnement dialogique
Écoute
Climat de Ouverture
Suspension Effet miroir
confiance
Prise de Multi-
conscience rationalité Respect

Ce qui entrave Ce qui rend difficile Ce qui facilite


Approfondir / Questionner
Sujet, Le focus sur le contenu peut détourner l’attention sur le processus de penser
contenu Un contenu qui touche, accroche, catalyse; les échanges sur le dialogue de Bohm
clarifient
Le vécu du processus est en soi difficile; une attention trop portée sur le processus
Processus peut décourager momentanément certains participants
S’engager à vivre le dialogue comme processus prédispose le participant à accepter
tensions et frustrations, et à les exploiter comme matériaux d’investigation
Implication L’évitement : ne pas s’interroger, donner primauté à l’intellect en occultant le ressenti,
du éviter ce qui est “socialement” pressenti comme désagréable, embarrassant
participant Accueillir ce qui se présente (agréable ou non) puis accorder une présence attentive à
son vécu intérieur (sensitif, émotif et cognitif), pour s’interroger et partager ses
réflexions authentiques. Accepter de confronter et d’être confronté pour mettre au jour
les présupposés, modèles mentaux sous-jacents. La connaissance et la confiance
mutuelles se développant avec la pratique prolongée, donnent le courage supportant la
confrontation. Risquer, i.e. avoir le courage de se dévoiler, d’exprimer authentiquement
son opinion, ses réflexions.
Les modèles de comportements sociaux normatifs, l’appréhension du regard d’autrui
sur soi et le besoin d’être en équilibre, en contrôle, peuvent freiner le goût du risque
Structure Un rythme rapide des échanges limite la compréhension et entrave la suspension. Les
coupures répétées de paroles entravent l’investigation. Le fait que les propos ne soient
du dialogue pas compréhensibles, ni accessibles rend l’exercice dialogique difficile. Les reformu-
(gd groupe) lations interprétatives, compréhensives, spéculatives ainsi que les demandes d’expli-
citation facilitent la compréhension pré-requise à l’investigation collective
Un dialogue trop intellectuel, ne prenant pas compte du vécu émotionnel des dialo-
guants, limite la portée du dialogue.
La cohabitation de différentes façons d’approfondir rend l’exercice difficile
La cohabitation des présupposés qui sont, bien souvent, en opposition : présupposés
sur la nature de la réalité, sur le rôle de la pensée (des modèles mentaux, intentions)
dans la perception de la réalité, sur la nature du moi rendent l’exercice difficile
Matériaux bruts de l’exercice dialogique
Énoncés Les énoncés prescriptifs, les attitudes autoritaires ainsi que les vérités ontologiques, ne
prescriptifs, favorisent pas la participation et la réflexivité, amènent à la défensive, à la résistance
Attitudes et à la fermeture, au mode réactif. Lorsque récupérées à temps, ces manifestations
autoritaires deviennent des portes d’entrée à l’élucidation des présupposés, des croyances et des
Vérités onto- intentions sous-jacentes
logiques
Dogmatisme Les manifestations de dogmatisme ou de convictions " indiscutables " entravent la
démarche d’approfondissement, c'est-à-dire l’exploration libre et ouverte. Elles
suscitent le mode réactif, les affrontements et, chez certains, le goût de décrocher.
Lorsque récupérés, ces manifestations deviennent des opportunités pour explorer ce
qui sous-tend les convictions affichées tout autant que ce qui sous-tend la réaction de
fermeture

Mode réactif Le mode réactif ou la boucle actions/réactions, i.e. le fait d’exprimer son désaccord ou
de juger l’opinion de l’autre ou même “l’autre”, de faire prévaloir ses opinions sans
expliciter ce qui les sous-tend. La défense des modèles mentaux, croyances et valeurs
passe alors inaperçue. Lorsque récupérées par les participants moins impliqués, les
boucles actions/réactions deviennent des matériaux qui invitent à la réflexivité

Dualité/ La dualité et l’affrontement, i.e. des agirs visant à faire prédominer, pour chaque
Affrontement acteur impliqué, son point de vue et ce, sans approfondissement ni investigation sur le
fondement de sa position. Lorsque récupérés par les participants moins impliqués, ces
moments deviennent objets de réflexions et de questionnements de patterns et
d’habitudes mentales sous-jacentes au processus de penser .

Jugement Le jugement est considéré défavorable au climat de confiance nécessaire au dialogue.


Le sentiment d’être jugé freine la spontanéité, le dévoilement de ses pensées et
l’ouverture aux autres. Un jugement, lorsque récupéré, devient le matériau de premier
ordre pour élucider les croyances, les préjugés et les modèles mentaux qui
interviennent dans le processus de penser
Essentiels de l’exercice dialogique
L’écoute L'écoute des autres permet, par un retour réflexif sur soi, de prendre conscience des
présupposés de son agir. Les moments de difficultés d’écoute sont des opportunités
des autres pour mettre au jour les présupposés, les croyances et le processus de penser; l’écoute
l’écoute des autres permet de s’exercer à l’ouverture, à la multirationnalité ; le sentiment d'être
de écouté favorise la participation et l’ouverture aux autres. L'écoute des autres et l'intérêt
soi porté à l'endroit des autres peuvent mener le participant à oublier de s'écouter lui-
même (défi de la double écoute)
L'écoute de soi permet de prendre conscience des référents à la source de ses
réactions (cognitives et/ou émotives). L'écoute en dedans de soi permet de revenir à
un calme intérieur, favorable à l’écoute de l’autre, à la mise en veilleuse de ses
réactions et à la réflexion.

La La suspension permet d’observer le mouvement de la pensée à l’intérieur de soi, de


suspension prendre conscience du processus de penser et de ses filtres. Elle permet d'accéder à
un niveau méta : prendre conscience de sa réaction, retenir ses jugements puis
questionner ses référents. La suspension favorise l'écoute de l'autre ainsi que
l’approfondissement et le questionnement collectif.

L’effet Exploiter les réactions des autres comme miroir qui attire son attention à sa propre
miroir réaction permet au participant d’être plus sensible à son processus de penser pour
l’observer et débusquer les filtres sous-jacents. Par effet miroir, les participants
réalisent les patterns et habitudes mentales qui contribuent à maintenir le mode
réactif et la fragmentation

La multira La multirationnalité, lorsqu'elle est adoptée, permet aux participants de se détacher de


tionnalité leurs convictions. Ainsi, elle favorise la réflexivité sur leurs convictions plutôt que leur
défense. On est alors plus apte à écouter les autres.

La prise de Le fait de prendre conscience de nos filtres, de nos modèles mentaux, de nos valeurs,
conscience etc. permet de recadrer notre interprétation et notre lecture de la réalité. On y assume
sa part de responsabilité et on s'écarte du paradigme " l'ennemi est à l'extérieur ".
Essentiels de l’exercice dialogique
Écoute des La non suspension de son bagage cognitif prédispose les jugements catégoriques qui,
autres, à leur tour, empêchent l’écoute de l’autre
Écoute de Le rythme rapide des échanges et leur diversité. La protection de soi et de son image
soi sociale
Une présence attentive à l’autre, c'est-à-dire le fait de le voir comme son égal, comme
un partenaire, comme un miroir. La mise en veilleuse de ses a priori, de ses préjugés,
de ses croyances et valeurs, le silence intérieur
Suspension La propension à chercher à résoudre les situations de conflits ou de difficultés. La
certitude de la primauté de ses valeurs et croyances. La conviction que son interpré-
tation est la seule bonne et vraie
Le rythme trop rapide des échanges. Les situations de conflits cognitifs ou émotifs sont,
lorsque correctement récupérés, des portes d’entrée à la suspension. La présence
attentive à ce qui se passe à l’intérieur de soi

Effet miroir Se positionner dans “ce qui doit être”. Exploiter les réactions spontanées et
immédiat authentiques des participants comme miroir réfléchissant les référents du processus
de penser. La posture d’observation : accepter ce qui se passe pour s’interroger et
investiguer. Le respect témoigné à travers une rhétorique inclusive lorsqu’on exploite
un vécu “réfléchissant”. La confiance, l’ouverture et la capacité de reconnaître ce qui
est

Multiration- La conviction que sa façon de voir et d’interpréter est la seule bonne et valable. Les
nalité affirmations catégoriques, les énoncés prescriptifs, les vérités ontologiques ainsi que la
conviction et le dogmatisme. La mise en veilleuse de ses certitudes et le fait d'avoir le
sentiment du caractère limité de sa perception et de ses filtres d’interprétation pour
écouter les perspectives des autres. Les interventions spéculatives, la confrontation qui
révèle les différents aspects d’une intervention
Prise de
conscience La présence attentive à soi, la pratique des quatre essentiels
Co-construction de l’environnement dialogique
Le respect

Le fait de reconnaître chacun comme étant différent de soi, ayant sa vision des choses
et sa façon de faire; le considérer comme son égal, pour écouter ce qu’il amène, pour
chercher à voir le sens de son intervention et ne pas vouloir s’imposer à lui

Climat de confiance

La reconnaissance réciproque de la valeur de chacun. La capacité du participant à


“recadrer” les interventions des autres comme reflets du processus de penser et, donc,
comme matériaux à s'approprier pour l’exercice dialogique

Ouverture

La rigidité des convictions qui ferment et compartimentent. Leur indiscutablité


empêche la réceptivité de toute autre perspective. Le sentiment d’être jugé par
rapport à ce qu’on affirme freine l’ouverture de soi aux autres
Partir de l’idée qu’on a des zones de fermeture rend davantage vigilant et réceptif.
La réceptivité témoignée aux interventions favorise l’ouverture de chacun aux autres.
L’attitude de questionnement
Réflexions/Méta-réflexions
Les réflexions et méta-réflexions sur les croyances, présupposés et les processus les
créant donnent sens à la pratique du dialogue. Elles sensibilisent les participants à la
tubularisation et à la chosification.

Un présupposé débusqué permet aux participants de le questionner ou de questionner


les leurs. Il sensibilise les participants à la chosification.

Les réflexions et méta-réflexions sur les patterns d’interactions et les habitudes


mentales sensibilisent le participant au mode action/réaction, à la fragmentation et à
la compétition. Elles contribuent à stimuler la suspension : le participant apprend à
inclure l’observateur dans l’observé, à faire un retour réflexif sur lui-même.

Les réflexions et méta-réflexions sur l’essence du dialogue resituent le contexte des


vécus dans le cadre de l’exercice dialogique, les recadrent et transforment les vécus
difficiles en opportunités de pratique. Elles contribuent à favoriser l’appropriation du
jeu du miroir.

Les réflexions sur le fonctionnement de la pensée, sur la nature de la pensée, sur les
effets de fragmentation en découlant rappellent la problématique à laquelle s’adresse
la pratique du dialogue, « recadrent » le processus vers le sens et l’esprit de Bohm.

La sensibilité aux nouvelles habitudes mentales dialogiques exprimée par certains


participants témoigne de l’apport du dialogue, stimule la pratique selon l’esprit et le
sens de Bohm

Une rhétorique dialogique, inclusive, facilite le partage des réflexions/méta-réflexions


Les leçons pour la facilitation du dialogue
Faire ressortir que le processus, fondamental dans le dialogue, peut être payant : les
frustrations et tensions vécues sont en fait autant de matériaux bruts de l’observa-
Approfondir / tion et de l’investigation du processus de penser et des prises de conscience; que
questionner les différents modèles de dialogue - à deux, concentrique (plusieurs à un) ou un
modèle plus participatif – peuvent cohabiter et qu’il s’agit de ne pas être victime
d’un unique modèle dialogique

Suggérer au groupe de s’approprier des interventions, apparemment bloquantes,


comme matériaux fertiles à récupérer pour la pratique : élucidation des croyances,
Matériaux présupposés; mise au jour des tendances interactionnelles et des habitudes
bruts de mentales qui bloquent le penser et le communiquer ensemble; de donner primauté
l’exercice à une posture d’observation à la place de la propension à “ éliminer les difficultés”, à
atténuer les manifestations à première vue indésirables

Illustrer une pratique de suspension en amont et en aval dans des moments de diffi-
cultés d'écoute; les exploiter pour mettre en lumière des tendances interaction-
nelles qui entravent le questionnement. Souligner au groupe, lors des moments de
difficultés d’écoute et de suspension, que de telles difficultés sont indicatrices de
Essentiels du quelque chose en lien avec notre processus de penser et constituent une porte
d’entrée à la suspension. Exploiter l'effet miroir immédiat pour mettre au jour des
dialogue patterns et processus qui emprisonnent dans les blocages; faire ressortir les
interventions qui reflètent, comme un miroir, les processus mentaux communs.
Faire ressortir le caractère payant de la multirationnalité lors de l’interprétation d’un
même vécu, comme opportunité d’approfondissement des modèles mentaux

Réflexions/ Approfondir les réflexions portant sur la nature du processus dialogique, faire
Méta-réflexions ressortir les nouvelles habitudes mentales dialogiques manifestées
Environnement Posture de parole : incarnée, inclusive
dialogique
Limites de la recherche

Le caractère partiel : Étant donné la durée de pratique du dialogue suggérée par


Bohm, i.e. au moins un an ou deux, de manière à ce que celle-ci soit
susceptible de produire des changements au niveau tacite du processus de la
pensée, il nous semble tout à fait raisonnable, voire évident, de postuler que les
connaissances qui ressortent de notre expérimentation ne peuvent être que
partielles

L’incomplétude : l’objet d’investigation, le dialogue est de nature complexe. En


agissant dans la complexité, nous acceptons qu’il y aura toujours quelque chose qui
nous échappe, et reconnaissons l’incomplétude des connaissances qui en résultent.

Un certain réductionisme : Le traitement des données des verbatims porte


inéluctablement en son sein une forme de réductionnisme ou de sélectivité qui ne
peut garantir la prise en compte exhaustive du phénomène d’émergence
caractérisant le processus sous investigation

Limite des outils d’analyse : Nous avons vécu, lors de l’analyse des données, le
sentiment que les outils dont nous disposons ne peuvent nous permettre de
composer adéquatement avec la complexité. Pour limiter l’impact de ce
réductionisme sous-jacent à toute technique d’analyse, nous avons fait appel à notre
observation prolongée en tant que participante et procédé à la validation des
catégories et de leurs interrelations avec 5 sujets-participants assidus.
Pistes pour recherches futures (revoir)

Le dialogue et le bien penser : l’observation des nouvelles sensibilités


manifestées par certains participants permet de raisonnablement estimer
que la pratique persévérante et sérieuse du dialogue de Bohm pourrait être
une introduction à la formation d’un esprit recadrant, auto-conscient et
auto-réflexif.
Piste de recherche : tenter d’apprécier le dialogue comme pratique
actualisant les “ sept savoirs nécessaires à l’éducation du futur ” proposé
par Morin pour le projet “ Éduquer pour un avenir viable ” de l’UNESCO.

La pratique du dialogue et le degré de développement de la personne : Les


résultats nous porte à nous interroger sur les relations possibles existant
entre le degré de développement d’un sujet participant et la nature de sa
pratique du dialogue, sa part contributive à la prati-que collective du
dialogue et l’apport qu’une telle pratique peut lui apporter.
Piste de recherche : explorer l’hypothèse d’un groupe ciblé qui puisse
maximiser le potentiel promis par la pratique du dialogue pourrait être une
piste de recherche potentiellement très riche à la thèse de la formation
d’un esprit recadrant à travers le dialogue.
Pistes pour recherches futures
Le dialogue et le fonctionnement de l’Esprit : La pratique du dialogue, tel que
proposé par Bohm, ne fournit que peu d’outils pour aider la démarche. Piste de
recherche : explorer des outils développés par les grandes traditions qui
pourraient complémenter l’approche du dialogue de Bohm. Particulièrement, nous
pensons à la méditation. La pratique de la discipline de la présence attentive
(Kornfield; Kabat-Zin) pourrait présenter un atout prédisposant le sujet participant
à s’approprier plus facilement la pratique du dialogue

La pratique du dialogue de Bohm et l’explicitation du vécu de la pensée : Il nous


semble que dans l’optique de rendre l’exercice dialogique davantage payant pour
les participants, une formation à la verbalisation du vécu mental, proposée par
Versmesh (1994), pourrait être un appui soutenant la pratique du dialogue. Mais
aussi des outils proposés par l’équipe de la MIT Society for Learning Organisation
au chapitre des modèles mentaux, appropriés adéquatement par les participants
dans l’optique d’un exercice de soutien préparatoire à la pratique du dialogue,
pourraient contribuer davantage à l’explicitation du vécu de la pensée. Piste de
recherche : Inclure une phase d’initiation aux outils et techniques d’explicitation du
vécu de la pensée

La pratique du dialogue et l’environnement péridialogique de la R-A : Une dernière


piste de recherche pourrait être suggérée au regard de l’environnement péri-
dialogique et de son effet sur l’appropriation du dialogue de Bohm
En remerciement à tous ceux qui ont
exploré
le dialogue de Bohm
Celui qui inventerait une méthode
permettant aux [humains] de
s'assembler
sans que la pensée s'éteigne en chacune
d'elles produirait dans l'histoire humaine
une révolution comparable à celle
apportée par la découverte du feu, de la
roue, des premiers outils…
Simone Weil (L'enracinement, 1949)*

*cité par Pauchant (2002) qui a implanté le Dialogue Éthique dans le réseau de la
santé au Québec…