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JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012 - NE PEÛT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT

NTIC

NUMÉRIQUEMENT

VOTRE

JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012 - NE PEÛT ÊTRE VENDU SÉPARÉMENT NTIC NUMÉRIQUEMENT VOTRE

LES ÉCHOS QUOTIDIEN - JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012

2.

Enjeu stratégique

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SPÉCIAL NTIC

L'essor du secteur des NTIC constitue un enjeu stratégique pour le développement économique du royaume. Les efforts de toutes les parties prenantes sont nécessaires pour réussir le pari de l'essor de ce secteur. Les Echos quotidien y consacrent un dossier spécial pour mieux appréhender ses principales problématiques.

pour mieux appréhender ses principales problématiques. Q uelques jours seulement nous sé- parent de l’année

Q uelques jours seulement nous sé- parent de l’année 2013, date à la fois fatidique et emblématique

pour le secteur des Nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC). Et pour cause, elle figure dans le li-

SOMMAIRE

bellé de la stratégie sensée encadrer le déve- loppement du secteur. Maroc Numéric 2013, pour la nommer, arrive à son terme dans un an. Elle est toutefois loin d'avoir at- teint tous les objectifs qui lui ont été assigné et devrait donc connaître une reconduction

même si les réalisations sont nombreuses. En fait, l'important est dans le fait qu'elle permette de cristalliser les efforts de tout un chacun pour permettre l'éclosion des NTIC comme réel vecteur de développement. L'ambition marocaine en la matière va

même plus loin puisque le choix de déve- lopper ce secteur pour y occuper une place de «leader régional» est entériné. Plus en- core, aujourd’hui, l'apport des NTIC est in- contestable et exerce un impact direct sur les principales activités économiques, au moment où le Maroc est de plus en plus ou- vert sur le marché mondial. Qui dit ouver- ture, dit bien évidement réseaux, tech- niques et moyens de communication performants. C’est à juste titre sur ce point que les travaux de nombreux acteurs se re- joignent. Des départements ministériels, en passant par les observatoires, les associa- tions, les entreprises (tous secteurs confon- dus), chacun a un rôle déterminant à jouer, dans une dynamique de développement des NTIC d’ores et déjà enclenchée. Quels sont alors les principaux enjeux du développe- ment de ce secteur au Maroc ? Quel impact pour l’e-gouvernement sur les principales activités économiques du pays ? Pour le sec- teur privé, miser sur les NTIC signifie-t-il in- trinsèquement un gain de compétitivité ? En termes de formation, le Maroc est-il à même d’assurer une main d’œuvre qualifiée pour mener le chantier des TIC ? Le privé suivra-t-il la cadence ? Autant de probléma- tiques essentielles auxquelles Les Echos quotidien ont décidé de consacrer un dos- sier spécial afin de mieux appréhender ce secteur à la fois vaste, structuré et surtout stratégique pour le développement écono- mique du royaume.

• Interview : Abdelkader Aâmara, Ministre de l'Industrie, du commerce

et des nouvelles technologies

p.04

• La course est lancée

p.05

• Maroc Numeric 2013, l’inévitable V2

p.06

• Signal d’alarme sur l’innovation

p.07

• Interview : Mohamed Lakhlifi, Président de l’APEBI

p.08

• Les TIC en entreprise, investir pour mieux produire

p.09

• Interview : Jamal Benhamou, Directeur du Soft Centre

p.10

• Les Marocains connectés à la mobilité

p.11

• Interview : Zouhair Lakhdissi, DG de Dial Technologies.

p.12

• Interview : Anas Benmassaoud, Directeur des ventes Terminaux Huawei

• Interview : Mohamed Benboubker, Directeur associé de Mobiblanc.

p.14

• Le BYOD à la conquête des entreprises

• Le «cloud», un nuage qui peine à prendre

p.15

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p.14 • Le BYOD à la conquête des entreprises • Le «cloud», un nuage qui peine

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p.14 • Le BYOD à la conquête des entreprises • Le «cloud», un nuage qui peine

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LES ÉCHOS QUOTIDIEN - JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012 4. Abdelkader Aâmara, Ministre de l'Industrie, du commerce

Abdelkader Aâmara,

Ministre de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies.

«La dynamique est devenue irréversible»

technologies. «La dynamique est devenue irréversible» Les Échos quotidien : Quel bilan faites-vous de «Maroc

Les Échos quotidien : Quel bilan faites-vous de «Maroc Numeric 2013» ? Abdelkader Aâmara : Nous sommes à une année de l’échéance de «Maroc Numeric 2013» (MN13). Le ministère de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies (MICNT) envisage de mener un bilan exhaustif et documenté (au 3 e trimestre 2013), non seulement en vue de faire le point complet sur les réalisations, les défis rencontrés et les expériences réussies, mais aussi afin de déterminer les marges de progrès et les grandes orientations de l’après 2013. Pour assurer la bonne transition, la démarche doit être rigoureuse, se basant sur des faits et des indicateurs. Les bons modèles seront reproduits, voire mutualisés, les moins bons ajustés, voire même supprimés et de nouveaux seront sans doute envisagés, au vu de l’évolution rapide de la technologie. Globalement, les réalisations menées dans le cadre de la stratégie Maroc Numeric 2013 sont positives. Nous avons pu gagner en 2 ans 48 places dans un classement de l’ONU qui évalue la qualité des services eGov, équiper en 3 ans plus de 80.000 étudiants en NTIC, sensibiliser près de 2.300 TPE dans leur appréhension des NTIC, proposer des solutions-métiers à des PME à fort potentiel, pour accroître leur productivité, faire émerger une industrie TI locale solide et développer des niches d’excellence, instaurer un cadre de confiance numérique pour le développement du commerce électronique et créer une direction générale de la Sécurité des systèmes d’information auprès de l’administration de la Défense nationale. Toutes ces réalisations de MN13 ont permis d’instaurer une dynamique, devenue maintenant irréversible, où les technologies de l’information (TI) agissent comme des vecteurs de croissance économique, qui permettent de financer les mécanismes durables de développement humain (et à terme, sans nul

doute,

internationaux).

influer

sur

l’ensemble

des

classements

Un report de l’échéance est-il envisagé ? Quelles répercus- sions cela peut-il avoir sur la stratégie numérique que suit le Maroc ? Par définition, le Plan sera clôturé fin 2013. Si on peut effectivement parler de «fin» d’une 1re phase, on ne peut sans doute pas être aussi tranché quant à la stra- tégie nationale pour un Maroc numérique. MN13 est une 1re brique. Notre dessein de faire des TI un vec- teur de développement socio-économique sera pour- suivi. «Maroc Numeric» ira donc bien au-delà de son échéance. Le développement du secteur numérique, y compris les infrastructures télécoms, devra perdu- rer en s’appuyant sur la vision initiale et des feuilles de route évolutives, dans le cadre d’un partenariat étroit avec l’ensemble des parties prenantes (privées et publiques).

Le programme e-Gouvernement représente un des principaux axes de cette stratégie. Où en est concrètement ce projet ? La stratégie MN13 a effectivement érigé «l’e-Gouver- nement» en axe prioritaire. Il a pour objectif de mettre les TI au service du rapprochement entre l’administra- tion, sur tout le territoire et les besoins du citoyen et de l’entreprise, en termes d’efficacité, de rapidité, de qualité et de transparence, mais également de conso- lider les ponts entre les administrations elles-mêmes. Actuellement, il y a 22 téléservices opérationnels et 14 autres en cours de réalisation ou de généralisation. Parmi les projets suivis par le programme, au niveau de son orientation usagers, relevons notamment la commande en ligne de l’état civil avec Watiqa, la prise de rendez-vous en ligne dans les hôpitaux (www.ren- dezvous-sante.ma), le paiement des taxes (www.tgr.gov.ma) et des impôts en ligne (www.por- tail.taxes.gov.ma), le registre du commerce en ligne (www.erc.ma), le formulaire passeport en ligne (www.passeport.ma), la déclaration sociale en ligne

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SPÉCIAL NTIC

déclaration sociale en ligne www.lesechos.ma SPÉCIAL NTIC (www.cnss.gov.ma) et bien d’autres, dont la création

(www.cnss.gov.ma) et bien d’autres, dont la création d’entreprise en ligne (CREOL) qui est en cours de défi- nition fonctionnelle et juridique. Il y a lieu de noter également un autre volet majeur eGov, à savoir le «Governement-to-Governement». La modernisation de secteurs tel que la justice et la santé ne peut se faire sans le recours aux TI, notamment pour dématériali- ser les échanges entre entités de chacun des minis- tères et avec les citoyens/entreprises. À titre d'exem- ple, il y a lieu de citer les projets phare comme GID (Gestion intégrée de la dépense publique :

www.gid.gov.ma) et le portail des marchés publics (www.marchespublics.gov.ma). Cela aide à décloison- ner l’administration, fluidifier les processus transver- saux et à disposer de visibilité et de traçabilité pour le pilotage de process compliqués. Il faut dire que cer- tains existaient avant le lancement officiel du pro- gramme eGov en 2009. Ils ont été intégrés par la suite, afin de capitaliser sur leurs réussites et de mutualiser les moyens dans le cadre d’une gouvernance claire (qui en facilite l’opérationnalisation).

Quelles sont les perspectives d’évolution du programme e- Gouvernement ? À l’occasion du CNTI (Conseil national des TI et éco- nomie numérique) de fin novembre dernier, présidé par le chef de gouvernement et du CIGOV (Comité in- terministériel eGov) que j’ai présidé lundi 17 décem- bre, j’ai souligné l’importance stratégique que mon dé- partement accorde aux nouveaux défis pour notre programme e-gouvernement. Il s’agit notamment du besoin d'un guichet unique pour les usagers, d'une Ga- teway gouvernementale pour accompagner les efforts de simplification des procédures administratives (appel d’offres lancés, soumissions en cours), du ren- forcement de la mutualisation des infrastructures et des moyens et de trouver de nouveaux modèles fonc- tionnels de délivrance de services en ligne. Pour rele- ver ces défis, nous avons défini qu’il était indispensa- ble de renforcer la gouvernance de l'e-Gouvernement, en lui donnant un positionnement et un leadership plus forts et en la dotant de ressources humaines et fi- nancières suffisantes. Deux résolutions adoptées au CIGOV10 envisagent d’une part d’élargir le Comité inter-ministériel de l’eGov pour intégrer tous les mi- nistères et départements concernés, afin d’accélérer ses travaux avec une forte adhésion et mobilisation de ses membres. D’autre part, il a été décidé de lancer au niveau du CIGOV une étude de définition de la struc- ture en charge de l’e-Gouvernement. Cette étude sera réalisée par le MICNT et présentée au prochain CNTI en 2013 et s’inspirera des meilleures pratiques inter- nationales en la matière. Le CIGOV a également pris acte de la désignation d’un comité interministériel coordonné par le MICNT pour travailler sur l’aboutis- sement des nouveaux chantiers. Il s’agit là de la mise en place d’un point d’échange national avec des sous- points d’échange par domaine, pour optimiser le ré- seau de télécommunications dans l’utilisation de la bande passante internationale, de l’accès à une infra- structure de base, aussi bien en termes d’équipement que d’accès, de faciliter l’émergence d’une opportunité de création d’un datacenter national, de mettre en place un identifiant unique du citoyen, de favoriser l’E-participation et l’Open Data.

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La course est lancée

Le vent de développement qui souffle sur le secteur des TIC n’aura pas contourné le Maroc. Depuis quelques années, le pays semble avoir saisi les enjeux de ce chantier d’envergure et ambitionne aujourd’hui de se positionner en «hub régional». Sa position géographique et son classement continental en la matière sont autant d’atouts qui lui permettent de briguer ce statut, à condition de régler un certain nombre de points de blocage «techniques» qui persistent.

nombre de points de blocage «techniques» qui persistent. T op chrono. Le Maroc n’a plus de

T op chrono. Le Maroc n’a plus de temps à perdre. Le pays veut saisir les opportunités en se lançant dans une quête de leadership régional. Sa position parmi

les 4 pays d’Afrique les plus avancés sur le terrain des NTIC (Nouvelle technologies de l’information et de la commu- nication), aux côtés de l’Afrique du Sud, de l’Égypte et de la Tunisie justifierait cette ambition. En briguant cette posi- tion de leadership, le pays tend à s’ériger en «hub technolo- gique générateur de richesses sur le continent africain», inscri- vant cet objectif dans l’ordre du jour d’une stratégie globale du secteur. Dans cette optique, Maroc Numéric 2013 trace la feuille de route du développement des technologies de l’information dont l'enjeu est d’autant plus déterminant que le secteur joue un rôle moteur dans la promotion de l’innovation et le développement de l’économie nationale. Selon le rapport de la FEM publié en 2010, «il est aujourd’hui incontestable que les TIC permettent d’améliorer la compétitivité des entreprises, le développement de l'économie et la prospérité». Afin d’assurer ce développement, le Maroc doit améliorer

son classement mondial (88 e ), ainsi que son classement dans le groupe des pays à «revenu intermédiaire tranche inférieure» dans lequel il occupe le 15 e rang (derrière la Tu- nisie, la Jordanie et l’Égypte).

Réformes sur tous les fronts

Pour parvenir à jouer un rôle moteur dans le développe- ment des TIC dans la région et faire émerger son leader- ship, le Maroc déploie ces dernières années d’importants

efforts, permettant au secteur des TIC de se positionner en «levier de compétitivité et d’attractivité des investissements aussi bien nationaux qu’internationaux». Plus concrètement, des réformes sont aujourd’hui menées sur plusieurs fronts, dans le but d’assurer une mise en place d’un cadre juri- dique et règlementaire idoine, d’encourager l’émergence d’une infrastructure télécom moderne, de pôles de com- pétences TIC permettant de développer de nouveaux mé- tiers. En matière de compétence, le Maroc tend également à assurer la disponibilité d’un maximum de qualifications sur le marché à travers le lancement d’un programme de formation de 1.000 ressources qualifiés par an. Dans ce nouveau schéma, le système éducatif a également sa part du gâteau, dans la mesure où un programme de générali-

sationdesTICdanslesétablissementsd’enseignementpu- blic marocain, baptisé «GÉNIE» est en cours d’application. Tout cela vise in fine à faire des TIC «un vecteur de dévelop-

pement humain et d’accès à la connaissance».

Accès et innovation

La réalisation des ambitions citées reste tout de même tri- butaire de nombreux facteurs, avec à leur tête la nécessité

d’assurer un accès Internet généralisé et des moyens d’in- nover probants. Dans un premier temps, le préalable de

l’accèsauxréseauxInternetn’estmalheureusementpasas-

suré. Les Marocains restent globalement assez «mal connectés» aux réseaux Internet et un travail sur la qualité et la disponibilité du réseau doit être effectué par les prin- cipaux opérateurs télécoms. Dans un deuxième temps, l’amélioration de l’innovation et de la recherche scienti- fique constitue aujourd’hui une priorité, en ce sens qu’elle peine à présenter des indices de croissance encourageants. Cette «défaillance» pourrait donc bien constituer un frein dans la stratégie de développement de l’IT au Maroc. Si la volonté de développement des NTIC semble présente, la dynamiquepeineencoreàcarburer.

de l’IT au Maroc. Si la volonté de développement des NTIC semble présente, la dynamiquepeineencoreàcarburer. ❚

(PHOTO : AFP)

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Maroc Numeric 2013, l’inévitable V2

À quelques jours de l’avènement de 2013, un premier bilan de la stratégie s’impose. Promis par le ministre de tutelle, il y a quelques semaines, le bilan d’étape vient d’être publié par le Conseil national des technologies de l’information, dressant les principales réalisations à fin novembre 2012. Cette mise au point souligne le retard enregistré par l’économie numérique au Maroc en ce sens que les principaux projets de la stratégie en sont encore à l’étape du repérage des besoins. La V2 se profilerait donc déja à grands pas.

des besoins. La V2 se profilerait donc déja à grands pas. L ’évaluation de la stratégie

L ’évaluation de la stratégie Maroc Nu- méric 2013 est désormais réalisée. L’annonce faite par le ministre de

l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies, Abdelkader Aâmara aux Échos Quotidien, à l’occasion du MED IT 2012, n’a pris que quelques semaines pour être concrétisée. À quelques jours de 2013, année de la dernière ligne droite, le Conseil national des technologies de l’information et de l’économie numérique dresse un bilan à fin novembre dans lequel il revient sur les principales réalisations de Maroc Numeric et trace les contours de nouveaux plans de mise en œuvre des différents projets de la stratégie. Ainsi envisagée dans ses multiples volets, la stratégie semble accuser un retard global confirmant par là la nécessité de lan- cement d’une nouvelle version. Plus concrè- tement, sur le volet «transformation so- ciale», notamment en ce qui concerne le programme GENIE, la tutelle fait au- jourd’hui état de l’équipement de près de 9.997 établissements scolaires et de l’instal- lation de 2.838 connexions à Internet, de la mise en place du Laboratoire national des ressources numériques, ainsi que de la for- mation de 146.608 acteurs. Pour ce qui est du plan Injaz 2 et 3, les programmes ont pro- fité jusque-là à près de 20.260 élèves-ingé-

nieurs et assimilés tandis que Injaz 3, qui

vise la généralisation à toutes les filières, a profité à 37.426 étudiants parmi les 44.000 éligibles. Le programme Nafid@ a, quant à lui, permis l’équipement de 150.000 étu- diants en matériel informatique et en connexions Internet. Les prochaines actions sur le volet «transformation sociale» de- vront se concentrer sur l’équipement de près de 7.600 établissements scolaires (du primaire au lycée) en matériel informa- tique, la mise en place de formations, le dé- veloppement des usages ainsi que la prépa- ration d’une convention pour subventionner les fonctionnaires afin d’ac- quérir un matériel à bas pris. En ligne avec ces mesures, une nouvelle édition Injaz 2012-2013 devrait être lancée, accompagnée de l’élaboration d’un plan de mise en œuvre relatif à l’étude réalisée pour le développe- ment de la connexion Internet haut débit. En ce qui concerne l’amélioration de la pro- ductivité des PME à travers l’informatisa- tion de ces structures entrepreneuriales, un des points phares de la stratégie Maroc Nu- meric 2013, le travail effectué dans le cadre du programme Moussanada TI a permis jusque-là de présenter des offres opération- nelles adaptées aux besoins de chaque sec- teur d’activité et le suivi de 1.150 demandes, dont 868 en cours, et 282 contractualisa- tions. Concernant la dématérialisation des

documents commerciaux, au-delà de la convention signée par l’ANPME, le MICNT et l’OCP, la sélection d’une solution cible de dématérialisation des documents est en cours dans le but de mettre en place une pla- teforme de dématérialisation des docu- ments commerciaux. Tout ceci devra connaître la mobilisation de grands don- neurs d’ordres pour l’utilisation de la nou- velle plateforme. Dans le cadre du plan Infi- tah, lancé en mars 2011, des négociations de nouvelles offres devraient s’ouvrir avec les opérateurs privés dès l’année prochaine.

Encore du chemin à parcourir …

En restant dans cette logique de développe- ment du tissu entrepreneurial grâce aux nouvelles technologies de l’information, la mesure «Industrie TI» a connu la définition du modèle de gouvernance des fonds et de la structure de gestion avec notamment la mise en place du Comité national de l’inno- vation (CNI), l’ouverture d’un fonds d’inves- tissement dédié avec une enveloppe de 100 MDH sur le point de financer deux projets approuvés parmi les 40 porteurs de projets. Dans la dimension juridique, des textes de loi régissant les activités R&D et innova- tion, adoptés en concertation avec les partis concernés, ont été introduits dans le circuit de validation.

Reste alors à adopter un modèle de gouver- nance des fonds R&D et à activer le décret de mise en place du CNI et de la recherche industrielle. Toutes les réalisations et les prochaines actions à entreprendre dans la mise en œuvre de Maroc Numeric 2013 re- posent sur la constitution d’un capital hu- main en phase avec les principaux besoins du secteur des TI. C’est sur ce point que les plus gros efforts devront être déployés, au regard de l’état d’avancement des réalisa- tions. Ceci en assurant un meilleur dévelop- pement des initiatives de formation en par- tenariat public-privé (PPP) et en identifiant les principaux cadres d’échanges. Le tout pour permettre in fine d’opérer une nette amélioration de l’employabilité des diplô- més du 2 e cycle universitaire à l’issue de leur formation. Plus globalement, ce bilan dressé semble confirmer les explications données par Abdelkader Aâmara : «La stra- tégie Maroc Numeric 2013 devra passer à un autre échelon, dans lequel nous devrons inscrire la mutualisation au cœur de la stratégie pour enclencher une nouvelle dynamique plus péné- trante au sein de la société marocaine et impac- ter la vie du citoyen».

Le e-gov tient ses promesses

Le programme e-gov reste un des principaux projets attendus par l’ensemble des Maro- cains. Son état d’avancement laisse entrevoir des résultats probants. Ce dernier, visant à fa- ciliter les procédures administratives à tous les niveaux, promettait à son lancement d’exercer un impact direct sur le citoyen et sur les activités économiques et entrepre- neuriales du pays. C’est dans ce contexte que son bilan est scruté à la loupe. Le dernier rap- port du Conseil national des technologies de l’information et de l’économie numérique laisse en effet entendre un rapide développe- ment du e-gov avec la réalisation de projets désormais opérationnels pour ne citer que le e-consulat, la déclaration des douanes (BADR), la déclaration sociale pour les em- ployés, la gestion intégrée de la dépense pu- blique, le passeport biométrique et le paie- ment des taxes en ligne. À côté de ces réalisations, des projets en cours attendent une activation, notamment la création d’en- treprises en ligne, la commande de docu- ments administratifs, la dématérialisation de la commande publique, la dématérialisa- tion des procédures d’import-export ainsi que le paiement de l’impôt sur les sociétés et la TVA en ligne. Ceci sans compter les pro- jets qui ne sont toujours pas réalisés comme la modernisation de l’état civil, l’identifiant commun du citoyen ou encore le système d’information de l’éducation. Globalement, le projet semble être sur les rails, palliant par là à un bilan moins encourageant sur les au- tres volets de la stratégie.

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Signal d’alarme sur l’innovation

Lancé dans un travail ardu de mise à niveau du secteur de l’IT, le Maroc veut se positionner sur les marchés voisins en tant qu’exportateur de produits et d’expertises made in Morocco. Dans cette configuration, la machine marocaine semble avoir du mal à huiler sa capacité d'innovation qui peine à trouver des financements et des ressources qualifiées pour mener à bien sa mission.

L e bémol de l’innovation. Voilà ce qui pourrait bien faire grincer la machine «développement des NTIC» au Maroc et mettre à mal les ambi-

tions de leadership régional du pays. Aujourd’hui, les statistiques parlent d’un manque à gagner dans le sec- teur dans lequel 80% du chiffre d’affaires sont concen- trés dans les télécoms, 5 % dans la distribution et où seulement 1% du CA global est assuré par la produc- tion de logiciels innovants jusque-là toujours initiés par de grands groupes. La compétition dans laquelle le Maroc s’est lancé depuis quelques années ne lui a laissé d’autre choix que de soutenir ses PME et leur capacité à innover. Dans ce contexte des programmes sont mis en place pour faire émerger de nouvelles structures en- trepreneuriales à fort potentiel de développement. Ce- pendant, si la volonté est là, les moyens mis en œuvre sont largement insuffisants selon les opérateurs du secteur. Aussi, de nombreuses interrogations sont au- jourd’hui posées, à savoir quelles conditions favorables impulser pour assurer l’émergence de produits IT in- novants made in Morocco ? Comment fournir au mar- ché des compétences en phase avec ses besoins ? Et quelle part occupe aujourd’hui la contribution de l’in- novation dans la dynamique de développement de l’in- dustrie IT marocaine, à l’aune de ses ambitions régio- nales ? Pour Soumaya Iraqui Houssaini, directrice de l’innovation en R&D et des technologies avancées au ministère de l'Industrie, du commerce et des nouvelles technologies : «Le dispositif mis en place par la tutelle pour encourager le développement de l’innovation au sein des PME PMI marocaines est opérationnel et 80 à 90% des pro- jets innovants au Maroc concernent des entreprises œuvrant dans le secteur des TIC.». Il faut rappeler que cette poli- tique de soutien à l’innovation vient d’être mise en œuvre il y a 18 mois, ce qui pourrait bien expliquer le faible impact qu’elle exerce à ce jour sur le développe- ment de l’innovation marocaine. En parallèle à ce dis- positif, d’autres acteurs opèrent également pour dyna- miser les projets innovants et soutenir les start up présentant des projets novateurs. Rappelons le concept Maroc Numeric Cluster lancé en septembre dernier ou encore des entreprises privées comme le Soft Centre. Ces deux modèles «d’incubateurs d’innovation» res- tent aujourd’hui les principaux leviers de croissance pour la R&D dans l’IT.

caines se doivent de suivre la dynamique des NTIC au Maroc si ces dernières veulent rester compétitives à l’échelle internationale et soutenir par là leurs ambitions de dévelop- pement». Une façon de dire que le marché marocain reste un marché ouvert et qu'une mise à niveau accé- lérée s’impose. Pour l’heure, le gouvernement semble vouloir donner plus de visibilité quant à un certain nombre de chantiers futurs permettant par là aux PME et TPE marocaines opérant dans le secteur d’ac- célérer la cadence de l’innovation.

logies, Abdelkader Aâmara, dans lesquelles il mise sur la réactivité du secteur privé dans le processus de dé- veloppement de l’innovation : «Les entreprises maro-

veloppement de l’innovation : « Les entreprises maro- Lenteur et rigidité Pour prendre l’exemple du Soft

Lenteur et rigidité

Pour prendre l’exemple du Soft Centre dans un pre- mier temps, une quinzaine de projets innovants ont pu voir le jour depuis sa création. Ce qui reste globale- ment insuffisant pour un secteur qui se revendique en plein essor. Selon les témoignages des entrepreneurs du domaine de l’IT, le blocage réside dans les méca- nismes de financement jugés «trop rigides». Le délai d’octroi d’un financement à un projet innovant prend selon ces professionnels trop de temps au regard du contexte très compétitif dans lesquels les entreprises marocaines évoluent et dans lequel la rapidité reste un critère essentiel. En réponse, des responsables au- près du ministère de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies expliquent : «cette lenteur est justifiée par le fait que ces procédures obéissent à des règles de précaution strictes dictées par les exigences du ministère de l'Économie et des finances, principal pourvoyeur de fonds». Ceci vient rappeler les directives du ministre de l'Industrie, du commerce et des nouvelles techno-

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LES ÉCHOS QUOTIDIEN - JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012 8. Mohamed Lakhlifi, Président de l’APEBI. «Il faut

Mohamed Lakhlifi,

Président de l’APEBI.

«Il faut mettre en place une bonne gouvernance»

l’APEBI. «Il faut mettre en place une bonne gouvernance» Les Échos quotidien : Quel Bilan l’APEBI

Les Échos quotidien : Quel Bilan l’APEBI fait-elle aujourd’hui de la stratégie Maroc Numéric 2013 ? Mohamed Lakhlifi : Maroc Numeric 2013 étant un plan de qualité qui traduit une bonne vision et des objectifs ambitieux, le bilan doit plutôt porter sur son exécution. Après analyse des différentes réalisations, je préfère voir le verre à moitié plein et dire que le bilan est globalement positif malgré les retards enregistrés. Certains volets sont de réelles réussites comme la place de l’offshoring IT, la disponibilité des ressources humaines juniors de qualité, la confiance numérique (protection des données personnelles et mise en place de la CNDP…) et l’émergence de quelques niches d’excellence comme la mobilité.

Une deuxième version de la stratégie semble se profiler au

regard des retards enregistrés. Quel impact cette reconduc- tion aura-t-elle sur le secteur ? Il n’est pas choquant d’enregistrer des retards pour un plan de six ans aussi ambitieux, à cheval entre deux

gouvernements

recadrages nécessaires à cette stratégie et de prendre en compte les problèmes rencontrés. Je crois que les enjeux tournent autour de la gouvernance d’un tel programme et l’efficacité des actions. Par exemple, la finalité n’est pas de distribuer des ordinateurs à un maximum d’étudiants et d’enseignants mais d’assu- rer aussi une facilité d’accès via des réseaux perfor- mants à des contenus numériques locaux riches et disponibles. Même chose pour les PME, mesure-t-on les gains de productivité réalisés grâce aux informa- tisations menées ? Enfin, le dernier sujet sensible et stratégique, c’est l’e-gov ou l’administration électro- nique. Tout le monde est d’accord aujourd’hui sur le fait qu’il faut une gouvernance efficace via une agence dédiée à ce chantier clé de Maroc Numeric.

L’essentiel est de faire à temps les

Quels sont aujourd’hui les points de blocage que rencontrent

les

développement

entreprises

marocaines

dans

le

du secteur ? Le principal frein au développement de notre secteur est l’accès des entreprises aux marchés et particuliè- rement les marchés publics. Le sujet a été assez évo- qué et débattu à plusieurs reprises : la préférence na- tionale pour les petites entreprises et les difficultés administratives pour réceptionner les travaux et les délais de paiement. La capacité et la culture d’innova- tion sont aussi des problèmes au sein des entreprises TIC marocaines, ces dernières devront être encore mieux accompagnées. Enfin, la capacité à exporter dans le domaine des TIC reste un gros challenge à re- lever pour les acteurs locaux. Quelques réussites ont vu le jour ces dernières années mais reste limitées à une dizaine d’acteurs.

Le Maroc s’est donné comme ambition de briguer un leader- ship régional dans le domaine des TIC. A-t-il aujourd’hui les moyens de ses ambitions ? La Maroc est déjà en position de leadership régional dans les services ITO grâce, il faut le souligner, aux plans Émergence et Maroc Numeric 2013. Les zones Casanearshore et Rabat Technopolis hébergent au- jourd’hui plusieurs SSII multinationales et groupes du CAC 40 qui ont investi depuis 2005 dans la mise en place de centres de compétences TIC. Certains ont été transformés en centres d’excellence de renommée internationale. Nous observons depuis deux ans que

Il n’est pas choquant d’enregistrer des retards pour un plan de six ans aussi ambitieux, à cheval entre deux gouvernements.

six ans aussi ambitieux, à cheval entre deux gouvernements. www.lesechos.ma SPÉCIAL NTIC des opérateurs ITO restent

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entre deux gouvernements. www.lesechos.ma SPÉCIAL NTIC des opérateurs ITO restent au Maroc non seulement pour les

des opérateurs ITO restent au Maroc non seulement pour les coûts compétitifs des ressources humaines mais aussi pour l’expertise dans certains domaines et logiciels pointus. Il faut donc capitaliser sur ce succès et étendre le pé- rimètre de ce leadership pour couvrir des services in- novants et de la R&D logiciels. Nous en avons les moyens si l’on met en place une bonne gouvernance et si l’on transforme nos zones P2I en de réelles tech- nopôles avec des synergies productives entre acteurs TIC : Offshore IT, innovation/R&D, acteurs TIC lo- caux, écoles d’ingénieurs et universités. Cette réussite devra aussi permettre d’étendre le périmètre de ce lea- dership au niveau géographique en allant vers l’Afrique et de couvrir d'autres activités à l’export. Malheureusement, cette réussite n’a pas bénéficié aux entreprises locales comme attendu et la «loco- motive» ITO n’a pas fonctionné.

Les récentes études menées dans le secteur attestent d’un

réel retard enregistré dans l’innovation. À quoi ce dernier est-il dû ? Le Maroc restera mal classé dans ce domaine tant que nous n’aurons pas résolu le problème de fond lié à la relation entre les écoles d’ingénieurs/universités et le monde de l’industrie des TIC. L’innovation à l’échelle industrielle se fait à ce niveau avec des moyens com- binés public-privé. Par ailleurs, l’innovation via les startup existe. Ces derniers continuent de rencontrer des problèmes de financement et quand ils le trou- vent, la tâche s’avère compliquée pour aller plus loin.

L’en-

Si les outils existent : CMI, CNI, MNC, MNF, etc

jeu est de faire fonctionner le tout de manière effi- cace, donc c’est encore une fois une question de gou- vernance.

Sur quels produits le Maroc peut-il positionner son offre ex- portable dans le secteur des TIC aujourd’hui ? Si j’exclue l’offre offshore ITO, plusieurs acteurs ma- rocains issus des segments conseil, TIC, intégration ou des infrastructures ont les capacités pour exporter leur savoir-faire vers l’Afrique, mais je reste convaincu que le vrai challenge à l’export est chez les éditeurs de logiciels locaux. Nous avons un réel po- tentiel dans ce domaine et ces derniers doivent tra- vailler sur des stratégies à l’international. L’APEBI en accompagne quelques-unes dans cette démarche.

De plus en plus d’entreprises marocaines s’intéressent au marché africain. Existe-t-il une stratégie dédiée ? Il y a en effet plusieurs entreprises marocaines du sec- teur des TIC qui s’intéressent à l’Afrique, c’est une dé- marche opportuniste qui doit se transformer en une stratégie globale avec une offre TIC Maroc. L’APEBI s’est fixé l'objectif d’adresser ce sujet en 2013 à travers tout d’abord le lancement d’une étude de marché pour disposer de plus de visibilité.

Quelles opportunités ce marché présente-t-il ? Nous n’avons pas encore de chiffres pour ce marché, mais la croissance enregistrée dans les pays que nous ciblons présage d’un marché TIC en forte croissance dans les prochaines années. Il faut donc investir au- jourd’hui dans les relations-clients et en lobbying avec ces pays pour en tirer les bénéfices demain.

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Les TIC en entreprise, investir pour mieux produire

La révolution numérique a, durant ces dernières années, influé sur bon nombre de champs d’activité. Dans ce contexte, le milieu entrepreneurial n’est pas en reste, assistant également à une «invasion» des nouvelles technologies dans leurs modes de gestion et de production. Cette nouvelle tendance semble avoir eu son lot d’impacts sur les différents secteurs et se révèle aujourd’hui être une des clés du gain de productivité.

Les niveaux de depensé

SI dans l'entreprise

0 - 500.000 DH

500.000 - 1 million DH

1 million - 5 millions DH

5 millions - 50 millions DH

50 millions - 250 millions DH

250 millions - 500 millions DH

Supérieur à 500 millions DH

24% 24% 29% 16% 5% 0% 1%
24%
24%
29%
16%
5%
0%
1%
Investissement SI dans l'entreprise 19% 18% ■ Mate ́riel et Infrastructure ■ Logiciels ■ Maintenance
Investissement SI dans l'entreprise
19%
18%
■ Mate ́riel et Infrastructure
■ Logiciels
■ Maintenance
■ Services IT
47%
16%

SOURCE : BAROMÈTRE INFOMINEO

L es professionnels sont presque unanimes. Les nouvelles technologies de l’information (NTIC) sont un véritable plus, que les entre-

prises gagneraient à mettre à contribution dans le dé- veloppement de leur modèle de compétitivité. Ce constat étant fait, la réalité du terrain témoigne en- core d’un retard enregistré dans l’investissement TIC, malgré la prise de conscience générale de l’impact des nouvelles technologies sur leur compétitivité. Le der- nier baromètre de la fonction SI réalisé par le cabinet Infominéo donne une visibilité chiffrée du niveau d’intégration des nouvelles technologies au sein des entreprises marocaines. Ainsi, ces dernières ne consa- crent en moyenne que 0,82 % de leur chiffre d’af- faires à la fonction IT. Dans le détail de ce ratio, ce der- nier varie entre 0,01% et 2,1% selon les secteurs d’activité. Dans ce cadre, les grandes entreprises consacrent en moyenne 1,04% de leur CA à la dé- pense IT, au moment où les PME consacrent beau- coup moins. En fragmentant les dépenses des entre- prises dans ce domaine, l’investissement dans le matériel informatique et l’infrastructure représente près de la moitié du budget SI de la majorité des en- treprises marocaines, quand les services IT gagnent du terrain avec la montée des solutions packagées sous forme de service (SAAS, open source, facturation à l’usage). Dans ce contexte, l’acquisition de nouvelles solutions matérielles et logicielles a permis à près de 57% des entreprises d’augmenter leur budget SI en 2012, ce qui permet d’atténuer les effets d’un contexte

économique défavorable. En effet, malgré la conjonc- ture économique, près de 60% des DSI disent avoir augmenté leur investissement IT en 2012, contre seu- lement 21% qui auraient revu leur budget IT à la baisse. Dans une approche sectorielle, les télécoms et

les secteurs financiers détiennent la palme d’or en ce qui concerne l’intégration des TI dans leurs activités, en ce sens qu’ils dépensent le plus en SI tant en valeur absolue qu’en pourcentage. En termes de mobilisa- tion des ressources, l’entreprise marocaine dédie en moyenne une ressource humaine SI pour 65 em- ployés. Concernant les principaux objectifs des DSI marocains, 88% d’entre eux estiment que ces der-

L’informatique est aujourd’hui un des principaux supports des projets innovants réalisés.

niers reposent principalement sur le «maintien de la performance» du système d’information, ainsi que sur la sécurité, qui devrait à elle seule représenter une priorité pour 2013. En abordant plus concrètement les technologies au service des entreprises, telles que le «cloud computing», un retard semble être claire- ment enregistré, dans la mesure où cette technique de stockage des données en externe peine encore à convaincre les DSI marocains, qui ne sont que 33% à placer cette tendance parmi leurs priorités. Cepen- dant, un niveau d’intérêt élevé est aujourd’hui ob- servé dans l’accompagnement métier, puisque 63% des DSI placent le déploiement de solutions customi- sées métier de l’entreprise dans leurs listes de priori- tés. Ainsi, les entreprises opèrent un ciblage des TIC adapté à leurs activités et y présentant un plus. C’est ainsi qu’est notée la multiplication des offres «pay per use» et open source, qui contribuent en 2012 à la croissance de l’usage des progiciels métiers. Les secteurs des institutions financières et de l’indus- trie présentent davantage d’intérêt pour la virtualisa- tion des systèmes d’information, quand les applica- tions mobiles sont déployées dans près de la moitié des entreprises qui désirent assurer un bon niveau de performances.

L’innovation SI, clé de compétitivité

Les systèmes d’information s’avèrent aujourd’hui être des vecteurs d’innovation. Voilà un point sur le- quel peut s’appuyer la compétitivité des entreprises marocaines. Dans ce contexte, l’innovation ne porte désormais plus uniquement sur le produit, mais concerne davantage de secteurs comme ceux des pro- cédés ou encore des services. Pour les entreprises ma- rocaines, l’innovation par le SI dans les services est aujourd’hui la clé de la compétitivité au niveau mon- dial. En effet, à titre d’exemple, rien ne servirait au- jourd'hui d’avoir le meilleur produit sur le marché si ce dernier n’est pas livré dans les meilleurs délais et conditions. C’est là qu’intervient le rôle de l’innovation par le SI. Aussi, l’informatique est aujourd’hui un des princi- paux supports de projets innovants réalisés dans les différents secteurs d’activité, devenant par là une «pierre angulaire» de la performance globale de l’en- treprise. Selon les professionnels du secteur des TI, le lien entre fonction SI et innovation n’engendre pas véritablement de bouleversements dans le mode de fonctionnement des entreprises, de quoi rassurer les plus sceptiques à la conversion au tout numérique.

plus sceptiques à la conversion au tout numérique. ❚ Les DSI face à l’obligation de pertinence
Les DSI face à l’obligation de pertinence Si les apports des NTIC dans l’entreprise ne
Les DSI face à l’obligation de pertinence Si les apports des NTIC dans l’entreprise ne
Les DSI face à l’obligation de pertinence Si les apports des NTIC dans l’entreprise ne
Les DSI face à l’obligation de pertinence Si les apports des NTIC dans l’entreprise ne
Les DSI face à l’obligation de pertinence Si les apports des NTIC dans l’entreprise ne
Les DSI face à l’obligation de pertinence Si les apports des NTIC dans l’entreprise ne

Les DSI face à l’obligation de pertinence

Si les apports des NTIC dans l’entreprise ne sont plus à démontrer, il convient cependant pour les directeurs de systèmes d’in- formation de faire preuve de beaucoup de pertinence. Selon le dernier sondage infominéo, le DSI est en 2012 le principal dé- cisionnaire en matière d'investissement IT. Dans ce sens, les spécialistes de la fonction SI s’accordent sur le fait que les DSI doivent aujourd’hui élargir leurs perspectives, pour éviter une «surestimation de la pertinence actuelle de l'entité informatique pour la réussite de l'entreprise, ce qui entraînera un excès de confiance de leur part et un décalage avec les attentes des PDG».Quelques expériences récentes auraient en effet conduit à une orientation trop tactique de l'informatique, qui a fait en sorte que les PDG et les DSI sous-estiment le potentiel d'innovation de l'informatique, laissant leur entreprise vulnérable à une concurrence perturbatrice.

potentiel d'innovation de l'informatique, laissant leur entreprise vulnérable à une concurrence perturbatrice.
potentiel d'innovation de l'informatique, laissant leur entreprise vulnérable à une concurrence perturbatrice.
potentiel d'innovation de l'informatique, laissant leur entreprise vulnérable à une concurrence perturbatrice.
potentiel d'innovation de l'informatique, laissant leur entreprise vulnérable à une concurrence perturbatrice.
potentiel d'innovation de l'informatique, laissant leur entreprise vulnérable à une concurrence perturbatrice.
potentiel d'innovation de l'informatique, laissant leur entreprise vulnérable à une concurrence perturbatrice.

(PHOTO : AFP)

LES ÉCHOS QUOTIDIEN - JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012

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: AFP) LES ÉCHOS QUOTIDIEN - JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012 10. Jamal Benhamou, Directeur du Soft

Jamal Benhamou,

Directeur du Soft Centre.

«Fédérer de manière collaborative»

du Soft Centre. «Fédérer de manière collaborative» Les Échos quotidien : L’innovation est aujourd’hui un

Les Échos quotidien : L’innovation est aujourd’hui un des points faibles de la dynamique de développement des NTI au Maroc. À quoi cela est-il dû selon vous ? Jamal Benhamou : La problématique de développement de l’innovation au Maroc, pour ce qui relève du seg- ment du logiciel, repose sur l’existence d’une décon- nexion entre l’entreprise et l’université. Ce qui présup- pose au préalable la nécessité d’établir une interface de mise en relation et de dynamisation entre ces deux par- ties prenantes. Pour ce faire, afin de permettre l’éclosion d’un «mind set» innovation au Maroc, il est primordial de mettre en place un écosystème à même de pouvoir fédérer les universités ainsi que les entreprises natio- nales et internationales et leur permettre ainsi d’iden- tifier et de réaliser, de manière collaborative, des projets innovants sur le plan du développement logiciel. C’est dans ce contexte que le gouvernement a jugé utile de créer le Soft Centre, afin d’optimiser cette connexion, en permettant à cette structure de se positionner en tant que plateforme de mise en relation entre le monde des affaires du secteur IT et le milieu universitaire.

De nombreuses entreprises marocaines opérant dans le sec- teur préfèrent concentrer leurs activités sur le développe- ment de logiciels au détriment de la recherche de produits in- novants. Pourquoi ? À ce jour, depuis le démarrage officiel du Soft Centre en date du 1 er janvier 2011, notre retour d’expérience sur le marché marocain nous a permis d’établir le constat suivant. Au sein des entreprises marocaines, les inter- locuteurs positionnés sur les typologies de projets R&D sont des ressources issues des pôles de production, donc accaparées par les aléas du quotidien et ne disposant donc pas du temps et du recul nécessaires à l’aboutisse- ment des échanges. À la différence des donneurs d’or- dres étrangers qui produisent du progiciel et sont donc à même de pouvoir externaliser une partie de ce dernier dans le cadre de projets R&D, les entreprises maro- caines produisent principalement du développement spécifique.

À quoi est dû ce blocage ? Les entreprises marocaines ne disposent pas d’équipes dédiées en termes d’interface d’échange permanente, pour pouvoir collaborer de manière ef- ficiente avec d’autres acteurs au sein d’un cluster et faire ainsi aboutir les projets cibles. Pour ce qui relève des startups, ces dernières ont des propositions de su- jets très intéressantes. Mais elles ne disposent pas du budget nécessaire à la réalisation des projets en ques- tion par un centre de R&D, quant bien même la valo- risation de ces projets reste faible. Ceci, d’autant plus que leurs projets ne sont pas «pré-vendus» pour en as- surer un débouché commercial tangible.

Quel rôle tend à jouer le Soft Centre dans ce contexte ? Afin de faire face à ces contraintes structurelles, notre mission a consisté en la création et en la mise en œuvre d’un «Skill Center» (Centre de services parta- gés). Ce concept a pour but de fédérer de manière col- laborative, via l’entremise du Soft Centre, l’offre IT, la demande utilisatrice et les compétences universi- taires autour de projets innovants. Ce concept nous a permis d’assurer une dynamisation beaucoup plus proactive de la R&D logicielle au Maroc, principale- ment sur les domaines d’activités relatifs à la mobilité (applications mobiles). Ce processus collaboratif a

Nous pensons que le Maroc peut se positionner sur 4 segments d’activités, à commencer par celui de la monétique.

d’activités, à commencer par celui de la monétique. www.lesechos.ma SPÉCIAL NTIC permis de ce fait d’assurer

www.lesechos.ma

SPÉCIAL NTIC

par celui de la monétique. www.lesechos.ma SPÉCIAL NTIC permis de ce fait d’assurer un débouché commercial

permis de ce fait d’assurer un débouché commercial tangible aux projets de R&D confiés par les opéra- teurs IT nationaux au Soft Centre.

Quelle est la représentativité des donneurs d’ordres qui font appel au Soft Centre ? Tout d’abord, je tiens à préciser que la provenance des projets de R&D contractés par le Soft Centre ne se veut pas être uniquement l’apanage des grands groupes, mais aussi de startups marocaines qui confirment leur capacité à porter des projets inno- vants sur le plan du segment logiciel. Dans ce cadre, la provenance des projets d’origine nationale (80% du portefeuille de projets) confirme aussi l’engage- ment du secteur privé national des TI à faire appel aux compétences universitaires, via l’entremise du Soft Centre pour initier des projets de R&D appliqués innovants. Jusqu’à aujourd’hui, les secteurs d’activi- tés au sein desquels exercent nos clients donneurs d’ordres se déclinent autour des software as a service, de la défense et de l’aéronautique, des applications mobiles, de la géophysique, des télécoms, de la moné- tique, de l’intégration télécom et du multimédia.

Sur quelle catégorie de produits le Maroc peut-t-il se posi- tionner dans la région pour offrir de réelles solutions inno- vantes ? Nous pensons que le Maroc peut se positionner sur 4 segments d’activités, à commencer par le segment de la monétique, fleuron de l’édition logicielle maro- caine au niveau international. Les demandes de pro- jets de R&D qui nous sont transmis à ce jour sont axées sur le développement de nouveaux services à forte valeur ajoutée. Le segment du progiciel, en ce sens où nous disposons au Maroc d’un panel de pro- jets de développements spécifiques «made in Mo- rocco» ayant connu un succès notoire. Pour ce faire, il faut les industrialiser sur le plan de la «progiciali- sation», afin d’en assurer une «exportabilité» légi- time au niveau international. À ce niveau, les attentes sont focalisées sur la «progicialisation» des dévelop- pements spécifiques, ainsi que sur des opérations de portage technologique d’un environnement vers un autre. Le segment du multimédia se veut être trans- verse mais primordial sur le plan du contenu. Les pro- jets qui nous sont confiés à ce jour reposent soit sur l’optimisation des principes directeurs de l’IHM (In- terface Homme Machine), soit sur l’industrialisation des processus de développement en back-office. Enfin, sur le segment du mobile, nous estimons que la production de services mobiles en adéquation avec les attentes des citoyens est garante du développe- ment de ce nouveau canal. Sur ce segment, nous in- tervenons principalement sur des opérations de por- tage de service en ligne vers un mode «application mobile» sur les canaux mobiles, ainsi que sur le déve- loppement de concepts novateurs sur le plan du mar- keting mobile. Les demandes relatives à la concep- tion de projets dans le Cloud computing commencent à émerger aussi.

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LES ÉCHOS QUOTIDIEN - JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012

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Les Marocains connectés à la mobilité

L’accès facilité à toutes les franges de la population modifie peu à peu les habitudes des Marocains, qui peuvent désormais bénéficier d’une meilleure connectivité grâce aux services Internet mobile 3G sur smartphones.

n n’arrête pas la technologie». Ce credo commu- nément repris par les professionnels du sec- teur de l’IT semble parfaitement seoir aux per-

formances des télécoms au Maroc. À l’instar de nombreux marchés émergents de par le monde, la téléphonie mobile «made in Morocco» continue son ascension, stimulée par une concurrence en hausse et des prix en baisse depuis près d’un an et demi. La dernière étude réalisée par l’Oxford Bu- siness Group note une augmentation du taux de pénétra- tion du téléphone portable dépassant même l’objectif fixé par le gouvernement dans le cadre de sa stratégie «Maroc Numeric 2013», à savoir atteindre 34 millions d’abonne- ments téléphoniques, fixes et portables avant fin 2013. Dans une relation de cause à effet, cet objectif a pu être at- teint, voir dépassé grâce à une hausse des abonnements de téléphonie mobile, qui se chiffrent actuellement à 38,3 mil- lions pour une population de 32 millions d’habitants. Ce constat porte donc le taux de pénétration actuel de la télé-

phoniemobileà120%,contre113,6%fin2011.Danscette

« O

configuration, la course est lancée entre les différents opé- rateurs téléphoniques qui veulent tous trois se tailler une part dans ce marché en plein essor.

Les opérateurs en course

C’est Maroc Telecom qui se taille la part la plus large en termes de nombre d’abonnés, contrôlant par là 47,07% du marché, suivi de Meditel avec 29,93% et de Wana avec 23%. Depuis décembre 2011, Maroc Telecom a vu son nombre de clients augmenter de 896.000 per- sonnes, tandis que Wana enregistre 1,14 millions d’abonnements supplémentaires. En revanche, Meditel a perdu 574.000 clients depuis l’an dernier. Dans le dé- tail de l’étude d’Oxford Business Group, Fayçal Allouch, analyste télécommunications chez CFG Group ex- plique : «La concurrence s’est accrue sur le marché des télé- communications depuis que Wana s’est vue attribuer une li- cence GSM début 2010. Ainsi, la stratégie des principaux opérateurs consiste aujourd’hui à rivaliser sur la base de prix bas à travers une série de promotions musclées sur les services prépayés». Cette attitude résulte principalement de l’émergence de plusieurs réformes législatives et admi- nistratives qui ont stimulé la demande, mais aussi favo- risé l’émergence d’un environnement opérationnel plus concurrentiel. Par ailleurs, la baisse des recettes enregistrées conduit à l’augmentation des durées d’appels. L’utilisateur maro- cain de téléphone portable a dépensé en moyenne 72 minutes par mois au troisième trimestre 2012, contre une moyenne mensuelle de 57 minutes en décembre 2011. Ceci donne dans l’ensemble des appels sortants chiffrés à 9 milliards de minutes au troisième trimestre 2012, une nette augmentation par rapport au chiffre de 6,3 milliards de minutes enregistré l’année précédente et une hausse de 43,3% en glissement annuel. La forte utilisation du téléphone portable devrait poursuivre sa progression au regard de l’accessibilité des forfaits à des prix plus abordables. D’autant plus, que le déploiement du réseau de téléphonie mobile 4G, prévu pour fin 2013, devrait également entraîner plus de concurrence et un meilleur niveau de connectivité des Marocains.

Connectivité assurée

L’ANRT le confirme. Les Marocains sont globalement connectés à la Toile via les terminaux mobiles. Le service Internet mobile 3G sur smartphones présente un taux global de connexion réussie (connexion établie dans un délai inférieur à 1 minute) oscillant entre 98,2 et 98,83%, selon l'opérateur. Ainsi, le délai moyen de connexion et le débit moyen de téléchargement et de ré-

ceptionrelevésparl’ANRTvarientrespectivemententre2

et 4 secondes et entre 1,028 Mbps et 1,734 Mbps. Le débit moyen d’envoi et émission, est situé entre 55 Kbps et 297 Kbps. Concernant le service Internet mobile 3G sur PC, le rapport de l’ANRT fait ressortir un taux global de connexion réussie entre 98,46 et 99,69% parmi les trois

principaux opérateurs que sont Maroc Telecom, Meditel et INWI. Les deux villes privilégiées restent la métropole éco- nomique et la capitale administrative. Les habitants de Casablanca et de Rabat restent en effet les plus privilégiés en termes de disponibilité et de qualité de connexion. L’approche chiffrée permet donc de dresser un bilan globalement positif de la connectivité des Marocains via les terminaux mobiles, à l’aune des bons résultats que présente aujourd’hui le marché de la téléphonie mobile et du taux de pénétration qu’il enregistre.

que présente aujourd’hui le marché de la téléphonie mobile et du taux de pénétration qu’il enregistre.

LES ÉCHOS QUOTIDIEN - JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012

LES ÉCHOS QUOTIDIEN - MARDI 23 OCTOBRE 2012

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SPÉCIAL AGROALIMENTAIRE

www.lesechos.ma SPÉCIAL NTIC SPÉCIAL AGROALIMENTAIRE Zouhair Lakhdissi, DG de Dial Technologies. «La technologie

Zouhair Lakhdissi,

DG de Dial Technologies.

«La technologie s’adapte aux habitudes du citoyen en lui assurant usage et accessibilité linguistiques»

Les Échos quotidien : En quoi consiste le synthétiseur vocal en arabe dialectal ? Zouhair Lakhdissi : La synthèse vocale est une technique informatique de synthèse sonore qui permet de créer de la parole artificielle à partir de n'importe quel texte (text to speech), en se rapprochant autant que possible de la parole humaine. Elle permet ainsi d’obtenir une vocalisation instantanée d’un texte écrit sans devoir passer par un processus fastidieux de phrases types pré enregistrées. Pour obtenir ce résultat, elle s'appuie à la fois sur des techniques de traitement linguistique, no- tamment pour transformer le texte orthographique en une version phonétique prononçable sans ambiguïté et sur des techniques de traitement du signal pour transformer cette version phonétique en son numérisé écoutable sur un haut parleur. Cette technologie per- met ainsi de construire des interfaces vocales.

Qu’est-ce qui a justifié la mise en œuvre de cette innovation ? Cette technologie permet de répondre de manière tan- gible à de nombreuses interrogations, fréquemment soulevées par les institutions publiques et privées. Ces dernières concernent la possibilité de communiquer un contenu en ligne pour les utilisateurs ayant un han- dicap de lecture et nécessitant un accès fréquent à des informations. C’est dans ce sens que cette innovation permet d’envisager l’accessibilité d’un contenu en ligne facilement accessible depuis des appareils à petit écran, tels que les smartphones. Elle permet également de ren- dre un contenu en ligne compréhensible pour un maxi- mum de visiteurs d’un site Web et d’une application mobile. C’est aussi un moyen pratique qui facilite l’ac- cès à des contenus en ligne et permet ainsi de les écou- ter, sans avoir à les lire, lorsque les utilisateurs sont en déplacement. En bref, ce programme assure une dispo- nibilité des informations pour tous sous format écrit et vocal, déclinées en différentes langues afin d’assurer la diminution de la fracture numérique et de l’analphabé- tisme, tout en s’adaptant aux nouveaux usages induits par les smartphones.

Quel impact cette dernière a-t-elle sur le quotidien du ci- toyen Marocain ? En répondant à ces questionnements quotidiens sus cités, cette technologie permet de développer de nombreuses applications pouvant à la fois s’adapter aux nouveaux usages du citoyen Marocain induits par les canaux Web et mobiles, d’apporter l’utilisa- tion la plus optimale qui soit en fonction du terminal utilisé (PC, gsm, smartphone) et d’assurer une acces- sibilité linguistique notoire en fonction de la langue maternelle de l’utilisateur (arabe dialectal, arabe clas- sique, amazigh).

Quelles applications cette technologie présente t-elle ? Nous pouvons citer la vocalisation d'écrans informa- tiques, ainsi que de nombreuses applications de ser- veurs vocaux téléphoniques, où la synthèse vocale est la seule technique viable pour permettre la resti- tution sonore d’un contenu. Cette technologie peut

resti- tution sonore d’un contenu. Cette technologie peut ainsi créer par la voix toute information qui

ainsi créer par la voix toute information qui varie de façon dynamique. Elle permet de remplacer les spea- kers pour la création de messages, en évitant la perte de temps de création d’enregistrements coûteux. Elle facilite l’accessibilité en simplifiant l’interaction avec les machines pour les malvoyants, les analphabètes littéraires et numériques, ainsi que les personnes âgées. Cette technologie permet ainsi de retranscrire vocalement du contenu textuel issu par exemple de la lecture d’e-mails et de SMS, d’une navigation sur un écran Internet et de disposer d’assistants virtuels vocaux en ligne, de mettre à disposition des mal- voyants des applications de support, de développer des kiosques et des bornes parlants (banque au télé- phone, centres d’appel automatiques, électroména- ger parlant, annonces dans les gares et dans les trains, applications d’apprentissage et de formation en ligne) et ainsi de suite.

Les leaders mondiaux de la reconnaissance et de la synthèse vocale ne comptent pas encore intégrer l'arabe dialectal et l'amazigh.

pas encore intégrer l'arabe dialectal et l'amazigh. Qu’en est-il de l’adéquation de cette innovation par
pas encore intégrer l'arabe dialectal et l'amazigh. Qu’en est-il de l’adéquation de cette innovation par

Qu’en est-il de l’adéquation de cette innovation par rapport au marché marocain ? Le taux d’analphabétisme important au Maroc (41%) reste un handicap majeur pour les développements des services au citoyen de type e-gov. Qui plus est, la diversité des langues maternelles et leur institution- nalisation dans le cadre de la nouvelle Constitution pose un défi notoire, pour ce qui relève de l’intégra- tion de ces dernières (Arabe dialectal, Arabe classique, Amazigh) dans la communication entre l’administra- tion et le citoyen. C’est en ce sens que le Soft Centre et Dial Technologies ont initié conjointement des réunions de sensibilisation à ce sujet auprès de nom- breux donneurs d’ordres institutionnels marocains (CNSS, ministère du Transport, ministère de la Mo- dernisation des services publics, RCAR, CIH, LYDEC… ), afin de leur faire part de l’apport à forte valeur ajou- tée de ce nouveau procédé. Cette tournée de sensibi- lisation a démontré qu’il ne suffisait pas que le taux de pénétration de l’Internet ou du mobile soit en croissance soutenue et progressive au Maroc, mais qu’il fallait aussi trouver les moyens adéquats de dia- loguer avec les citoyens et de leur offrir des services adaptés à leurs usages numériques et leurs origines linguistiques. In fine, l’objectif du projet est de per- mettre au citoyen de bénéficier de services e-gov ou m-gov, quelque soit leur niveau d’éducation, d’ins- truction et de langue maternelle.

Quelles seront les composantes de ce 1er synthétiseur vocal en arabe dialectal ? Notre prise d’opportunité a reposé sur le constat sui- vant, les leaders mondiaux de la reconnaissance et de la synthèse vocale ne comptent pas encore intégrer l'arabe dialectal et l'amazigh au sein de leurs solutions de synthèse vocale, dans les 5 prochaines années. En ce sens où ils sont beaucoup plus interpellés par des op- portunités de volume d’usage en se focalisant sur les différents dialectes, chinois ou indien, qui concernent plus de populations. L’objectif de cette innovation consistera donc à faciliter l’accès du citoyen aux ser- vices administratifs, notamment via leur mobile, en leur proposant une interface vocale simple, personna- lisable et adaptée à l’arabe dialectal dans un premier temps. Ceci avant d’être déployée dans un second temps sur l’amazigh. L’objectif de la solution est d’être intégré, notamment comme module de lecture de contenu administratif en arabe dialectal sur plusieurs sites ou applications mobiles, au profit de populations analphabètes, comme système d’accès et de communi- cation avec le citoyen via des serveurs vocaux interac- tifs et enfin comme moyen de notification vocale sur leur téléphone, pour ce qui relève d’informations im- portantes relatives à leurs dossiers ou comptes (CNSS, ministère du Transport, ministère de l’Intérieur, caisses de retraites…). Il permettra également, à terme, d’inté- grer facilement en reconnaissance et en synthèse vo- cale la langue marocaine dans n’importe quel IHM (In- teraction homme machine) numérique (téléphones mobiles, ascenseurs, bornes interactives) .

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- JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012 14. www.lesechos.ma SPÉCIAL NTIC Anas Benmassaoud, Directeur des ventes Terminaux Huawei.
- JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012 14. www.lesechos.ma SPÉCIAL NTIC Anas Benmassaoud, Directeur des ventes Terminaux Huawei.

Anas Benmassaoud,

Directeur des ventes Terminaux Huawei.

«Huawei veut occuper une place majeure sur le marché de la 4G»

Les Échos quotidien : Huawei ambitionne de faire partie du top 3 des fournisseurs de téléphones mobiles à l'horizon 2015. Quelle stratégie adoptez-vous pour y parvenir ? Anas Benmassaoud : Effectivement nous œuvrons pour être n°3 en 2015 grâce à une stratégie bien étudiée. Notre vision se déploie sur deux volets. Le premier consiste à investir dans la recherche et le développe- ment afin d’être sur le devant de la scène des télécoms. Cette stratégie nous garantit actuellement des gammes de produits très diversifiées et surtout distin- guées par leur design mais aussi par leurs contenus technologiques. Le deuxième volet s’articule autour d’une stratégie de communication continue sur la marque et les produits dans le but de rapprocher le nom Huawei du grand consommateur marocain. Ce même consommateur qui nous a déjà choisi parmi l’ensemble des marques télécoms au Maroc pour la qualité de nos produits (Modems, routeurs…).

Vous avez récemment annoncé la consolidation de votre posi- tion sur le marché des modems 3G. Comment le marché maro- cain se porte-t-il actuellement et quelle part la marque Hua- wei peut-elle y briguer ? Le marché des modems 3G au Maroc a connu un bon démarrage en 2009 pour atteindre sa vitesse de croi- sière en 2010. Les opérateurs font des efforts considé-

rables en termes de promotion des produits pour atti- rer le maximum de clients et bien sûr Huawei est par- tenaire n°1 des trois opérateurs avec des parts de mar- ché qui dépassent largement les 60%. Sachant que le prix d’un modem en prépayé est le même chez un opé- rateur, le consommateur marocain préfère acheter «le modem blanc» qui désigne la marque Huawei. Un choix qui signifie que cette préférence est liée à la qua- lité et non pas au prix.

La 4G est sur le point d’intégrer le marché marocain et les dif- férents opérateurs se positionnent actuellement. Comment Huawei se prépare-t-elle à mener la course sur ce marché ? Forte de son savoir technologique qui lui a permis d'être dans le top 3, toutes technologies confondues à l’échelle mondiale, Huawei a déjà lancé la 4G sur des pays bien connus au Moyen-Orient, il suffit de consul- ter les sorties médiatiques et les campagnes publici- taires sur les chaînes télévisées. Dans ce sens, Huawei compte occuper une place majeure sur ce segment une fois son introduction officialisée, notamment dans le déploiement de la 4G et la commercialisation des mo- dems et téléphones 4G.

Huawei est de plus en plus présent sur le marché des smart- phones. Quelle part de marché ce segment représente-t-il au Maroc ? Comment la marque fait-elle face à la forte concur-

rence qui existe sur le marché des smartphones ? Il est très tôt pour parler de part de marché, pour ce seg- ment très prisé des smartphones, nous avons opté pour une stratégie très spéciale. Nous voulons banaliser l’uti- lisation de ce type de téléphones. Huawei sait très bien que le pouvoir d’achat du citoyen marocain est relati- vement limité et dans ce sens nous avons choisi de pro- poser des smartphones qui offrent l’ensemble des carac- téristiques à des prix défiant la concurrence. L’objectif étant d’être le partenaire du consommateur marocain.

Plus globalement, quelle est aujourd’hui la stratégie de déve- loppement d'Huawei sur le marché marocain, tous marchés confondus ? Huawei est une multinationale soucieuse de dévelop- per les marchés sur lesquels elle opère. Aussi, nous par- ticipons au développement humain par des actions ré- gulières avec des écoles d’ingénieurs comme l'INPT, à titre d’exemple, en proposant des stages, du matériel té- lécoms, des bourses et des offres d’emplois. Huawei veille également à jouer un rôle dans le développement technologique des cadres marocains afin qu’ils aient accès aux dernières nouveautés du monde des télé- coms. Enfin, l’entreprise maîtrise la chaîne de produc- tion de bout en bout, ce qui lui donne une force de com- pétition sur le niveau des prix. Tous ces facteurs permettent donc à Huawei d’aspirer à occuper une place particulière dans les préférences du consomma- teur marocain.

dans les préférences du consomma- teur marocain. ❚ Mohamed Benboubker, Directeur associé de Mobiblanc. «Le

Mohamed Benboubker,

Directeur associé de Mobiblanc.

«Le smartphone boulverse l’e-marketing»

Les Échos quotidien : En quoi consiste concrètement votre produit ? Mohamed Benboubker : Notre produit permet aux marques et annonceurs de mobiliser la force du mobile et des réseaux sociaux pour promouvoir leurs réseaux de points de vente auprès de leur client. Dans le détail, cette plateforme se base sur le smartphone, un terminal de plus en plus en vogue qui bouleverse l’e-marketing. Nous avons compris avec l’existence de 3 millions de mobinautes au Maroc (détenteurs de smartphones), que les grands annonceurs veulent intégrer ces supports mobiles en les associant à leurs stratégies de médias sociaux, synonyme d’interactivité et de proximité. Sans oublier que le marketing sur mobile se développe à une vitesse de croisière beaucoup plus rapide que le marketing via PC. De ce fait, cette application mobile doit être considérée comme un outil de support virtuel au service du réseau de distribution physique de l’annonceur.

Quel apport présente-t-il aux annonceurs ? Grâce à l’interaction avec les utilisateurs de l’applica- tion mobile, l’annonceur communique à ses prospects

et clients qu’ils ont la possibilité de gagner des lots of- ferts par la marque. Par exemple, en passant à proximité d’un site actif, l’utilisateur de l’application est tout de suite notifié sur son smartphone à travers des push de notification, quant à l’existence de l’opération en cours. Pour obtenir le lot mis en jeu, il devra valider des règles prédéfinies et ceci à travers une approche beaucoup plus ludique. Cette communauté de prospects et de clients ‘’Buzz & Win ‘’ décroche, de ce fait, des avantages en validant les opérations marketing à caractère lu- dique prédéfinies par l’annonceur. Ce dernier pouvant ainsi suivre en temps réel l’efficacité de sa campagne de marketing direct. Par exemple, en utilisant ce procédé de marketing mobile, un annonceur, souhaitant déve- lopper sa notoriété, pourra offrir des cadeaux (incen- tives, réductions, points de fidélité.) à ses utilisateurs mobiles qui feront un buzz «sponsorisé» via l’applica- tion mobile. Ce qui permettra à terme à cet annonceur de disposer de retombées directes sur les réseaux so- ciaux (facebook, twitter, foursquare).

À quels secteurs d'activité est-il destiné ? La solution s'adapte aux différents besoins des annon- ceurs; opération de vente flash, fidélisation, chasse aux

ceurs; opération de vente flash, fidélisation, chasse aux Les secteurs visés dans un pre- mier temps

Les secteurs visés dans un pre-

mier temps sont les opérateurs télécoms, offices de tou- risme et commerces organisés. Pour prendre l’exemple du ministère du Tourisme, ce dernier pourra offrir aux touristes un contenu riche, comme les audio-guides multi-langues, si ces derniers acceptent de recomman-

trésors, client mystère

der la destination Maroc à leurs amis et fans sur les ré- seaux sociaux. Ainsi, pour 1 million de touristes propa-

geant

destination Maroc touchera 1 milliard de personnes dans le monde.

notre

100

10

messages

à

de

leurs

amis,

Vous êtes actuellement en cours de lancement de ce concept en Côte d’Ivoire … En effet, nous déroulons une opération de pré-lance- ment d'un service télécom dans lequel la plateforme "Buzz & Win" sera la pièce centrale pour mobiliser la communauté des influents à faire un maximum de buzz autour de ce lancement. L'application mobile habillée avec les couleurs de notre client, filiale d'un grand groupe du Moyen-Orient, est un outil pour mo- biliser plus de 200 grands influents du Web qui cher- chent à gagner de grands lots et avantages.

www.lesechos.ma

SPÉCIAL NTIC

LES ÉCHOS QUOTIDIEN - JEUDI 20 DÉCEMBRE 2012

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Le BYOD à la conquête des entreprises

De plus en plus de cadres adoptent un mode de travail basé sur la mobilité. Pratiques, ces nouvelles habitudes se basent sur le BYOD (Bring your own device) et permettent de réaliser toutes les tâches jadis assurées dans les locaux des entreprises depuis de multiples emplacements.

L ’industrie des TIC intègre le concept «Bring your own device» (BYOD). C’est en substance ce que révèle la ré-

cente étude menée par Cisco et dont les ré- sultats attestent d’une nouvelle réalité dans le monde du travail, à savoir l’outil «hight tech» personnel. Ceci ne serait, selon les ex- pert Cisco, pas qu’une simple tendance qui se dégage à l’aune de la révolution des ta- blettes et des smartphones, en ce sens que les managers reconnaissent désormais la né- cessité d’une approche plus «holistique», qui présenterait une évolution s’adressant à «la mobilité, à la sécurité, à la virtualisation

ainsi qu’à une politique de gestion de réseau». Ce nouveau concept permet donc de mieux gérer les coûts, tout en présentant une expé- rience optimale là où des économies peu- vent être réalisées. Dans ce sens, les béné- fices quantifiables ainsi que les complexités inhérentes au fait d’autoriser les employés

à utiliser leurs propres appareils mobiles

sur les réseaux de leurs employeurs doivent être pris en compte. Cependant, malgré cette difficulté, de nombreuses structures permettent aujourd’hui la pratique du

structures permettent aujourd’hui la pratique du BYOD au sein de leur entreprise, avec un taux

BYOD au sein de leur entreprise, avec un taux d’utilisation atteignant les 95% des personnes interrogées. Ces dernières affir- ment que «leur organisation permet l’utilisa- tion d’appareils mobiles appartenant aux em-

ployés sur le lieu de travail».

Concept adopté

«En s’appuyant sur un réseau intelligent, les en- treprises peuvent désormais offrir à leurs em-

ployés la possibilité de travailler d’où ils le sou- haitent, quand ils le souhaitent, ce qui permet aux employés de travailler à leur manière», ex- plique Hassan Bahij, directeur de Cisco Maroc. Plus encore, le BYOD représente au- jourd’hui une porte d’entrée sur des avan- tages commerciaux plus importants pour les entreprises. Plus de 76% des leaders IT interrogés jugent d’ailleurs cette pratique extrêmement posi- tive, tout en y voyant des défis importants pour l’industrie. D’autre part, la disponibilité des terminaux, PC, smartphones et tablettes favorisent d’autant plus la mobilité et l’utilisation de tiers appareils qui ne cessent d’augmenter. D’ici 2014, le nombre moyen d’appareils connectés par travailleur intellectuel attein- dra 3.3, contre une moyenne de 2.8 en 2012 dans le monde et les initiatives mobiles consommeront en moyenne environ 20% des budgets IT en 2014, comparé au taux de 17% en 2012. Voilà ce qui devrait booster les intentions des chefs d’entreprise qui hési- tent encore à adopter ce nouveau mode de travail au sein de leurs structures.

Le «cloud», un nuage qui peine à prendre

Si la technologie a révolutionné ces dernières années de nombreux secteurs en leur apportant des outils de travail plus performants, certaines innovations restent tributaires de nombreuses réticences. C’est le cas du cloud computing, qui malgré tous les avantages qu’il présente en matière d’externalisation des données, peine à convaincre les DSI marocains.

des données, peine à convaincre les DSI marocains. rogent en effet sur les risques en- courus

rogent en effet sur les risques en- courus dans l’utilisation du cloud computing. 70% des DSI craignent au- jourd’hui le manque de sécurité de ce système au moment où 36% s’interrogent sur les contraintes légales qui persistent dans la mise en œuvre des services cloud et seulement 24% raisonnent performances et coûts. C’est dire

toute l’importance que revêt aujourd’hui la problématique de la sécurité des données et qui rebute encore de nombreux DSI. Sur le point technique, un frein reste également à relever en ce qui concerne la dispo- nibilité des données en «temps T» du fait de re- poser sur un réseau Internet. Ainsi, 20% des DSI

E ntre «réticences» et «nécessité», la prise de décision des DSI balance. Toutes les grandesentreprisesnationalessemblent

avoir pris conscience de l’importance d’optimi-

ser les investissements et d’améliorer les perfor- mances de leur système d’information. C’est à juste titre dans ce contexte qu’intervient le «cloud computing». Cette technologie qui repose sur le passage du statut de pro- priétaire des infrastructures et des logiciels

à

prises ne payent que les ressources informa- tiques qu’elles consomment, promet «agilité» et «efficacité économique». La question est au- jourd’hui de savoir si les entreprises marocaines sont aujourd’hui suffisamment imprégnées de cette innovation. Une analyse du marché maro- cain menée par Epitaphe semble démontrer que les acteurs économiques restent en manque d’informations relatives aux ser- vices offerts par le cloud computing. Plus en- core, ce sont près de 72% des entreprises maro- caines qui avouent ne pas encore avoir adopté ce mode de gestion des données. Ils seraient 20% à prévoir l’adoption de la technologie cloud au courant de l’année contre 4% qui se di- sent pas du tout intéressés par le concept. À quoi est due cette réticence ? Les entreprises s’inter-

un modèle externalisé dans lequel les entre-

relèvent davantage «la difficulté de rapatrier les données en interne», alors que 18% hésitent par méconnaissance du cloud. Malgré tous ces blocages, le cloud présente des avantages dans l’optimisation de la gestion des activités de l’en- treprise.

Spécificité des services

Les services et les applications issus du cloud computing sont aujourd’hui nom- breux à être proposés par de grands opéra- teurs. Cette offre «abondante» vise in fine à répondre à des besoins bien spécifiques. Une majorité d’utilisateurs marocains estiment en faire usage à travers son service Internet de base, notamment via les boîtes mails. D’autres, l’utilisent dans une visée plus technique, dans le cadre de la gestion de leurs ventes ou en- core du contrôle des stocks et ce à travers son mode «système d’information de gestion». D’au- tre part, 22% des chefs d’entreprise se disent au- jourd’hui favorables à l’usage de cette technolo- gie dans le traitement des transactions (suivi de commande). La réalité du marché marocain fait qu’il n’existe aujourd’hui que deux data centres au Maroc, en attendant l’arrivée prochaine d’un troisième à l’initiative du ministre de l’Industrie, du commerce et des nouvelles technologies.