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COMITE MAROCAIN DE MECANIQUE

DES SOLS ET DE GEOTECHNIQUE

Séminaire de formation sur le traitement


des malfaçons dans les fondations des ouvrages

27 juin 2013

C.A.C.

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Par El Mostafa ESSADAOUI


Président du CMMSG
Sommaire
I- Différents types de fondations profondes (couramment utilisées) ......................................... 2
1- Barrettes ............................................................................................................................. 2
2- Pieux forés ......................................................................................................................... 2
2.1- Pieux forés avec tubage provisoire (tube de travail) ................................................... 5
2.1.1- Procédé par havage .............................................................................................. 5
2.1.2- Procédé par louvoiement...................................................................................... 6
2.1.3- Procédé par vibrofonçage .................................................................................... 7
2.2- Pieux forés sans emploi de tube de travail .................................................................. 9
2.2.1- Pieux forés sous boue avec ou sans tube-guide ................................................... 9
2.2.2- Pieux forés à sec avec ou sans tube-guide ......................................................... 14
II- Outils de forage ................................................................................................................... 15
III- Machines de forage ............................................................................................................ 18
IV- Mise en place de la cage d’armature.................................................................................. 24
1- Rôle des armatures longitudinales ................................................................................... 24
2- Rôle des armatures transversales ..................................................................................... 25
3- Cerces de montage ou gabarit .......................................................................................... 25
4- Armatures spéciales de rigidification de la cage d’armature ........................................... 26
5- Dispositifs de centrage de la cage .................................................................................... 27
6- Panier ............................................................................................................................... 28
7- Armatures de levage ........................................................................................................ 29
8- Mise en place de la cage d’armature ................................................................................ 30
V- Bétonnage............................................................................................................................ 31
1- Caractéristiques fondamentales du béton pour pieux ...................................................... 31
2- Fabrication du béton pour pieux ...................................................................................... 31
3- Transport du béton ........................................................................................................... 32
4- Techniques de mise en œuvre du béton ........................................................................... 32
4.1- Différentes techniques de mise en œuvre ................................................................. 32
4.2- Mise en œuvre du béton par tube plongeur ............................................................... 32
4.3- Amorçage .................................................................................................................. 33
4.4- Précautions à prendre durant le bétonnage ............................................................... 34
4.5- Purge par débordement ............................................................................................. 36
4.6- Surconsommations de béton ..................................................................................... 36
4.7- Retrait du tube de travail ou tube-guide .................................................................... 37
4.8- Recépage des pieux ................................................................................................... 37
5- Contrôle de mise en œuvre .............................................................................................. 38
VI- Réceptions préliminaires ................................................................................................... 39
1- Réception de la plateforme de travail .............................................................................. 39
2- Implantation et piquetage topographique......................................................................... 39
3- Caisses à échantillons (caisses à cuttings) ....................................................................... 39
Bibliographie ............................................................................................................................ 40

Séminaire : Traitement des malfaçons dans les fondations profondes, 27 juin 2013 1
I- Différents types de fondations profondes (couramment utilisées)
Les méthodes de réalisation des fondations profondes ont connu, ces dernières décennies, une
évolution importante grâce au progrès technologique formidable des machines de forage, de
telle sorte que l’on constate, par exemple, l’abandon quasi total des techniques de pieux
préfabriqués battus, au profit des pieux exécutés en place, qui constituent l’objet de cet
exposé.
Les différents types de fondation fréquemment utilisés dans les projets de construction
d’ouvrages de génie civil sont :

1- Barrettes
Elles peuvent être des éléments simples de forme rectangulaire de dimension conventionnelle
de 2,80 ml x 0,80 ml et 2,60 ml x 0,60 ml.
Il existe bien entendu d’autres formes pouvant être utilisées par les bureaux d’études, dans
certains cas particuliers. Il s’agit par exemple de combinaison d’éléments de barrettes
permettant d’avoir des formes des formes géométriques diverses telles que schématisées ci-
après :

Figure 1 : Exemples de différentes formes de barrettes (LCPC – SETRA)


A noter que durant les 30 dernières années, on a eu une seule fois l’occasion de réaliser des
fondations profondes sous forme de H, avec une envergure de 4,10 ml x 3,60 ml sur le site du
viaduc ONCF de Bouzemblane (Matmata).

2- Pieux forés
Avant d’aborder en détail ce genre de fondations généralement utilisées au Maroc pour les
ouvrages de génie civil, il y’a lieu de souligner l’existence de certains types de pieux dont
l’utilisation n’est plus courante : il s’agit de pieux réalisés par refoulement du sol, dont le
diamètre est inférieur à 70 cm, bétonnés à l’intérieur d’un tube métallique, obturé à sa base
(bouchon métallique ou en béton) mis en place par battage qu’on pourrait récupérer après le
bétonnage.
Ces procédés ont été mis au point et employés avant le développement technologique des
machines excavatrices. Ils se différencient essentiellement par le type d’obturation de la base
du tube ainsi que par la consistance du béton. Ils ne permettent cependant pas la mise en place
de cage d’armature suffisamment longue, mais pourraient être utiles dans le domaine du
bâtiment.
Par contre, les pieux forés et coulés en place sont réalisés par excavation du sol au moyen des
techniques diverses, puis par la mise en place d’une cage d’armature et ensuite du béton
(bétonnage).

Séminaire : Traitement des malfaçons dans les fondations profondes, 27 juin 2013 2
Figure 2 : Illustration de différents procédés de fonçage de pieux par battage de tubes fermés à la base :
Forage par refoulement du sol (LCPC – SETRA)

Séminaire : Traitement des malfaçons dans les fondations profondes, 27 juin 2013 3
Il existe essentiellement trois méthodes, couramment utilisées, d’exécution des pieux forés
qui se distinguent, outre les moyens matériels sophistiqués, par :
• L’emploi d’un tube provisoire, descendu jusqu’au fond (pieux forés à l’intérieur du
tube provisoire) ;
• Pieux forés sans emploi de tube provisoire mais sous boue bentonitique ou à
sec lorsque la nature du terrain le permet ;
• Pieux forés avec un tube-guide ou casing, soutenant la partie supérieure souvent
très meuble ou éboulante.

Figure 3 : Pieux forés exécutés en site aquatique avec tubes perdus (LCPC – SETRA)

Cependant, il appartient aux entreprises spécialisées de choisir la méthode la plus appropriée


en fonction des caractéristiques géotechniques des formations géologiques, de leurs diversités
et surtout des difficultés à les traverser.

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2.1- Pieux forés avec tubage provisoire (tube de travail)

2.1.1- Procédé par havage


Le tube de travail est descendu sous son propre poids ou par battage. La foration s’effectue à
l’aide d’une benne preneuse cylindrique à câble double, attachés à deux treuils de manœuvre
équipent la machine de forage, pour l’ouverture, la fermeture des valves, la descente et la
remontée à l’intérieur du tubage. Les matériaux rocheux sont préalablement détruits par
percussion à l’aide de trépans.

Figure 4 : Trépan et trépan-benne (LCPC – SETRA)


Pour manœuvrer ces outils, on utilise soit le traditionnel équipage « treuil plus chèvre »
(tripode en bois ou métallique) soit des machines plus élaborées à mât métallique inclinable,
démontables ou autoportés.
Un tel ensemble permet de réaliser couramment des pieux de diamètre variant de 0,40 m à
0,80 m et exceptionnellement jusqu’à 1,20 m. Cependant, cette méthode n’est plus utilisée
que pour les petits chantiers et pour des pieux de faible profondeur.

Figure 5 : Trépan bilame asymétrique et multilames, soupape (LCPC – SETRA)

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2.1.2- Procédé par louvoiement
Il s’agit d’un ensemble de "bras" muni d’une centrale hydraulique indépendante ou non de la
machine, permettant le fonçage et l’extraction du tube de travail.

Figure 6 : Unité de forage par louvoiement (CASAGRANDE)


Les éléments de tubages peuvent avoir plusieurs diamètres (80cm à 200cm) et des longueurs
généralement de 4 à 5m.

Figure 7 : Machine de louvoiement en poste de travail (CASAGRANDE)

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2.1.3- Procédé par vibrofonçage
Ce procédé utilise, pour foncer le tube de travail, la vibropercussion imprimée au moyen de
vibrofonceurs. Il s’agit d’un ensemble constitué de moteurs électriques ou hydrauliques
entraînant des balourds excentrés, d’un système oscillant et d’un casque de fixation
permettant, à l’aide de vérins hydrauliques de serrage, de solidariser l’appareil au tube de
travail.

Figure 8 : Forage par vibrofonçage (SOILMEC)


Les caractéristiques principales des vibrofonceurs sont :
• Le poids total avec casque (4 à 8 tonnes)
• Le nombre de vibration /mm (≈1500)
• La force de traction (arrachage) (20 à 40 tonnes)
Le diamètre des tubes de travail à foncer peut aller jusqu’à2000 mm.
Les principaux procédés de réalisation de pieux tubés sont de par leur efficacité, sûreté et
performance, sont ceux du louvoiement dont sont ou peuvent être équipées les machines
récentes de fondation.
Leur emploi est préconisé dans une longue gamme de sols et garantissent une verticalité
irréprochable des pieux. Ils permettent, comme les autres systèmes de tubage continu, de
travailler sans boue. Quant au vibrofonçage, il est tout indiqué dans des sols mous mais sans
présence de graviers ou galets. La foration proprement dite s’effectue à l’intérieur du tube de
travail, à l’aide des bennes preneuses, Buckets ou tarières.

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Figure 9 : Réalisation d’un pieu avec tubage de revêtement (LCPC – SETRA)

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2.2- Pieux forés sans emploi de tube de travail

2.2.1- Pieux forés sous boue avec ou sans tube-guide


a) Rôle essentiel de la boue bentonitique
Le rôle essentiel de la boue bentonitique est de :
- Maintenir la paroi du forage malgré l’absence de tubage de travail ou de revêtement (tubage
continu) ;
- Former un cake (résidu plastique) peu perméable qui se dépose sur la paroi. L’action
conjuguée du cake et de la pression hydrostatique qui s’exerce sur la paroi limitent les risques
d’éboulement, réduisent les pertes de boue, évitent les infiltrations de la nappe dans le forage
ainsi que le gonflement de certains sols. La pression hydraulique est maximale quand le
niveau de la boue dans le forage est au plus haut.
En cas d’éboulement de la partie supérieure du pieux généralement meuble et constituée de
terrain de couverture, on procède à la mise en place d’un tube guide (ou virole) de 3 à 6 m
avec une épaisseur de 10 à 15 mm et un diamètre supérieur à celui du pieux.
Dans le cas de barrettes, cette protection de la partie supérieure est assurée par la mise en
place d’une virole rectangulaire (pour les barrettes de 2,60 x 0,60) ou par la construction
d’une murette-guide en béton légèrement armée (pour les barrettes de dimension supérieure)
qui servent également de guidage pendant le démarrage de la foration.
La boue est en fait un mélange colloïdal à base de bentonite (découverte à la fin des années
40) dans lequel l’eau se présente sous forme :
• d’eau libre entre les micelles d’argile. Par essorage ou par filtration dans le sol, elle est
évacuée et il se forme sur la paroi ce résidu plastique qu’est le cake ;
• d’eau absorbée, fixée rigidement sur la surface des micelles,
• d’eau absorbée qui s’intègre aux particules pour les transformer en "sel".
Pour l’obtention d’un mètre cube de boue de forage, il faut en général 50 kg de bentonite. On
peut réduire ce dosage à 25 ou 30 kg/m3 avec une bentonite "activée" ayant des
caractéristiques hautement performantes.
Souvent, on procède à l’adjonction d’adjuvants qui ont pour effet :
• D’alourdir ;
• D’améliorer le pouvoir colmatant ;
• D’accroître ou de fluidifier la viscosité ;
• D’abaisser ou d’augmenter le P.H.
Dans les formations salines, on emploie des boues dopées qui ne floculent pas, dans l’eau
salée, contrairement aux bentonites.

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b) Qualités fondamentales de la boue
Pour que la boue possède les propriétés requises et puisse assumer efficacement les fonctions
qu’on en attend, elle doit être contrôlée avec des appareils et selon des modes opératoires bien
définis et présenter les caractéristiques suivantes :
 L’eau libre et l’épaisseur du cake
Même sous circulation, une boue à teneur élevée en eau libre engendre toujours un
cake épais susceptible d’être détruit par l’outil. En outre, les argiles traversées qui
absorbent l’eau libre en excès risquent d’être désagrégées et insuffisamment
maintenues par le cake.
Pour que l’épaisseur du cake soit de l’ordre de 2 à 4 mm, la quantité d’eau libre (ou
filtrat) déterminée par essais normalisés doit être comprise entre 20 et 30 cm³.
 La densité
La densité normale d’une boue neuve est d’environ 1,03, mais elle peut atteindre 1,05
par simple concentration de bentonite. Cependant, l’augmentation de viscosité qui en
résulte rend alors le pompage de la boue difficile et pour l’alourdir, quand les
conditions de forage l’exigent (intrusion d’eau sous pression par exemple) on doit
recourir à des adjuvants tels que la barythine, l’hématite, la pyrite, la sidérite ou la
galène qui permettent d’atteindre des densités égales, voire supérieures à 2.
 La teneur en sable
D’une façon générale on appelle sables, l’ensemble des éléments supérieurs à 80 µ
contenus dans la boue. Pour que la boue conserve ses propriétés initiales et ne
provoque pas une usure anormale des pompes d’une part, et afin de limiter la
sédimentation en fond de forage d’autre part, la teneur en sable doit toujours être entre
2 % pour une boue neuve et 5% à la sortie de l’unité de traitement.
 La viscosité
La viscosité doit être suffisante pour s’opposer à la sédimentation de particules inertes
et pour assurer la continuité du cake au droit des couches imperméables (propriété liée
au PH). Mais en revanche, elle doit être assez faible pour permettre une bonne
séparation des sables remontés par la boue et pour ne pas perturber les conditions de
pompage.
Une heure après sa fabrication, une bonne boue doit présenter une viscosité Marsh de
l’ordre de 40 secondes, c’est-à-dire de 30 centipoises pour un diamètre d’ajutage de
6/32". A titre indicatif, la viscosité Marsh de l’eau claire est d’environ 26 secondes.
 Le pH
Le pH d’une boue neuve est compris entre 7 et 9,5. Au-dessus, il faut craindre la
floculation en raison des modifications qui s’ensuivent sur l’eau libre et sur la
viscosité. La mesure du pH permet de déceler les contaminations de la boue par les
terrains traversés ou par les eaux qu’ils recèlent (formations gypseuses, eaux salées,
etc.).

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c) Station de fabrication et de recyclage de la boue
La fabrication de la boue se fait dans une station constituée :
 d’une unité de fabrication comprenant de :
• des silos ou aire de stockage de bentonite ;
• un malaxeur à turbine ou hélice ;
• un bassin de stockage de boue neuve (40 à 200 m selon l’importance du chantier).
 d’une unité de traitement comprenant un tamis vibrant (maille de 1mm²) éliminant les
éléments grossiers non décantés dans les bassins de retour et un ou plusieurs
hydrocyclones qui éliminent les sables fins et les limons. La capacité de l’unité de
traitement varie entre 60 et 300m /h suivant l’importance du chantier.

Figure 10 : Unité de fabrication de la boue bentonitique (SOILMEC)

Figure 11 : Unité de dessablage de la boue bentonitique (CASAGRANDE)


La boue ainsi régénérée ou recyclée est renvoyée dans les bassins de stockage où elle est
remise dans le circuit d’alimentation du forage après avoir retrouvé ses propriétés qui
s’approchent de celles de la boue neuve.

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Figure 12 : Schéma du cycle de fabrication et de recyclage de la boue bentonitique (LCPC – SETRA)

d) Matériel de contrôle de la boue


Pour le contrôle de la boue de forage, quatre type d’appareils peuvent être utilisés :
 L’appareil à sable (ou Elutriomètre) ;
 Le viscosimètre MARSH ;
 Le densimètre ou balance à boue ;
 Le filtre-presse BAROID.
L’appareil à sable ou Elutriomètre permet de filtrer la boue sur un tamis de 200 mesh Tyler
(ouverture de 0,074 mm) et de mesurer à l’aide d’une éprouvette graduée le pourcentage en
volume de sable dans la boue (tous les insolubles d’un diamètre > 74 microns).

Figure 13 : Appareil à sable (Elutriomètre)

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Le viscosimètre MARSH est un appareil de type statique qui permet de mesurer le temps en
seconde que met une certaine quantité de boue pour s’écouler dans un godet gradué en cm3.
Cet appareil n’est en réalité rien d’autre qu’un entonnoir normalisé.

Figure 14 : Viscosimètre MARSH


Le densimètre ou balance à boue est un appareil au fonctionnement analogue à celui d’une
balance romaine.

Figure 15 : Densimètre ou balance à boue


Le filtre-presse BAROID permet de mesurer dans des conditions statiques et à température
ambiante la filtration de la boue (mesure de l’épaisseur du cake).

Figure 16 : Filtre - Presse BAROID

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2.2.2- Pieux forés à sec avec ou sans tube-guide
Cette affirmation pourrait surprendre plus d’un. En effet, beaucoup de professionnels pensent
que les pieux ne peuvent être forés que sous boue bentonitique ou sous protection d’un tube
de revêtement continu (tube provisoire).
A ceux-là, nous affirmons qu’il est possible de réaliser, dans certains cas, des pieux, même de
gros diamètres, sans fluide, ce qui représente de gros avantages et éliminent tout risque lié au
bétonnage.

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II- Outils de forage

Figure 17 : Forage sous boue bentonitique avec tube-guide (CASAGRANDE)


Extraction du sol à l’aide d’une benne preneuse à câbles

Figure 18 : Buckets (CASAGRANDE)

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Figure 19 : Différents types de tarières (CASAGRANDE)

Figure 20 : Schéma d’une tarière (SOILMEC)

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Figure 21: Carottiers et carottes (FORASOL MAROC)

Figure 22 : Benne à câble pour barrettes ou parois moulées (CASAGRANDE)

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III- Machines de forage

Figure 23 : Machine de forage munie d’une benne hydraulique pour paroi moulée (FORASOL MAROC)

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Figure 24 : Photo et schéma d’une hydrofraise (BAUER)

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Figure 25 : Machines équipées d’un système de forage pour parois moulées ou barrettes (SOILMEC)

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Figure 26 : Machine de forage équipée d'une tarière (SOILMEC)

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Figure 27 : Machine de forage équipée d’une benne-preneuse (SOILMEC)

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Figure 28 : Machine réalisant une paroi moulée (SOILMEC)

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IV- Mise en place de la cage d’armature
Les pieux forés destinés aux fondations des ouvrages d’art dont il a été question dans le
chapitre précédent, sont en général armés sur toute leur longueur. Le ferraillage peut être
fabriqué en usine et livré en éléments suivant les plans d’exécution ou encore coupé, façonné
et livré ensuite sur chantier où on procède à son montage sur place. Il arrive, pour des
chantiers de moindre importance, de le fabriquer entièrement sur place. L’ensemble des
armatures constituant le ferraillage ainsi fabriqué est appelé couramment cage d’armatures.
Chaque élément de cage d’armatures est constitué des barres longitudinales disposées suivant
les génératrices d’un cylindre, autour desquelles sont enroulées et fixées des armatures
transversales qu’on appelle couramment cerces ou spires. L’assemblage de ces éléments est
réalisé au moyen de ligatures ou par soudage. Lorsque même cet assemblage est effectué à
l’aide uniquement de ligatures, les cerces de montage ou gabarit, les anses de levage et
certaines armatures spéciales prévues pour rigidifier la cage, sont soudées aux armatures
longitudinales. Pour cette raison, l’acier utilisé, généralement de haute adhérence, doit
nécessairement être soudable.

1- Rôle des armatures longitudinales


Elles ont pour rôle principal de résister, dans chaque section de pieu, aux moments
fléchissants calculés par les BET. Il est recommandé d’utiliser des aciers de haute nuance, en
l’occurrence des aciers à haute adhérence.

Figure 29 : Schéma d'une cage d'armature avec tubes de réserve (LCPC – SETRA)

Séminaire : Traitement des malfaçons dans les fondations profondes, 27 juin 2013 24
2- Rôle des armatures transversales
Les armatures transversales sont principalement utilisées pour :
• Maintenir les armatures longitudinales
• Résister à l’effort tranchant
• S’opposer à l’ouverture des fissures longitudinales qui pourraient
éventuellement apparaître dans le béton.
• Rigidifier, en association avec les cerces de gabarit de montage et d’armatures
spéciales, la cage d’armatures lors des manutentions et maintenir solidairement
les barres longitudinales pendant la descente de la cage dans le forage et
pendant le bétonnage.

3- Cerces de montage ou gabarit


Pour faciliter la fabrication de la cage, respecter son diamètre imposé par les plans et réparti
correctement les armatures longitudinales, il est nécessaire d’utiliser des armatures spéciales
citées plus haut, appelées cerces de montage ou gabarit. Elles sont rigides, constituées de
barres lisses de gros diamètre, réalisées par soudage bout à bout ou par recouvrement,
espacées de 3 m environ et sur lesquelles sont fixés les tubes de réservation ou d’auscultation.

Figure 30 : Cerce de montage ou gabarit avec recouvrement soudé (LCPC – SETRA)

Figure 31 : Schéma d'assemblage des cerces de montage ou gabarit (LCPC – SETRA)

Séminaire : Traitement des malfaçons dans les fondations profondes, 27 juin 2013 25
4- Armatures spéciales de rigidification de la cage d’armature
La cage étant flexible et pouvant se déformer par flexion ou torsion, il s’avère parfois que les
cerces ne soient suffisantes pour lutter contre ce phénomène. On rigidifie donc la cage par des
armatures spéciales et/ou par des épingles qui peuvent être laissées définitivement en place ou
éliminés au fur et à mesure de la descente du ferraillage dans le forage lorsqu’elles risquent de
gêner la mise en place du tube plongeur.

Figure 32 : Epingles de rigidité provisoires de la cage d'armature (LCPC – SETRA)

Séminaire : Traitement des malfaçons dans les fondations profondes, 27 juin 2013 26
5- Dispositifs de centrage de la cage
Il faut veiller à ce que la cage ne frotte le long de la paroi du forage au cours de sa descente.
Elle doit être centrée pour assurer un enrobage correct des armatures. Pour cela, on doit
disposer sur chantier en nombre suffisant d’écarteurs en béton sous forme de petits cylindres
percés longitudinalement ou en acier lisse tels présentés par les schémas ci-dessous

Figure 33 : Illustration des différents types d'écarteurs en acier (LCPC – SETRA)

Figure 34 : Les dispositifs de centrage de la cage d'armature (LCPC – SETRA)

Figure 35 : Montage des écarteurs en béton (FORASOL MAROC)

Séminaire : Traitement des malfaçons dans les fondations profondes, 27 juin 2013 27
6- Panier
Il est obtenu en donnant une légère courbure des armatures vers l’intérieur à la base de la
cage, pour éviter les ségrégations et faciliter l’écoulement du béton.
Il est conseillé de soulever légèrement la cage (≈10 à 15 cm), ce qui permet un meilleur
bétonnage de la base du pieu.

Figure 36 : Formes de panier à déconseiller (LCPC – SETRA)

Formes de panier convenables (FORASOL MAROC)

Assemblage d’une cage d’armature (FORASOL MAROC)

Séminaire : Traitement des malfaçons dans les fondations profondes, 27 juin 2013 28
7- Armatures de levage
Pour éviter des accidents lors des manutentions du ferraillage, il est nécessaire de prévoir des
armatures spéciales destinées au levage et aux renforts disposées convenablement.

Figure 37 : Illustration de différents types d'armatures de levage (LCPC – SETRA)

Figure 38 : Anses de levage de la cage d'armatures d'une barrette (LCPC – SETRA)

Séminaire : Traitement des malfaçons dans les fondations profondes, 27 juin 2013 29
8- Mise en place de la cage d’armature
Les opérations de dressage, de levage et de mise en place de la cage d’armature dans le forage
doivent être effectuées sans perte de temps de façon à limiter les risques de sédimentation qui
peuvent survenir avant le bétonnage.
La cage doit rester suspendue en tête de treuil ou du tube-guide afin d’éviter un éventuel
poinçonnage du fond de forage et de se prémunir des risques de flambage.

Figure 39 : Mise en place de la cage d’armature de barrettes – Chantier échangeur Nœud A de l’autoroute
urbaine de Casablanca côté OCP – 1981 (FORASOL MAROC)

Mise en place d’une cage d’armatures pour pieux de diamètre 1500mm (FORASOL MAROC)

Séminaire : Traitement des malfaçons dans les fondations profondes, 27 juin 2013 30
V- Bétonnage
Cette phase est la plus importante dans la réalisation des pieux forés. C’est une opération
particulièrement délicate à laquelle il convient d’accorder le maximum d’attention et de soin,
que ce soit au niveau de la formulation, de la fabrication, des moyens de transport, de la
cadence de livraison ou des conditions de mise en œuvre.

1- Caractéristiques fondamentales du béton pour pieux


Les caractéristiques principales sont les suivantes :
• Maniabilité ou fluidité qui doit être suffisante pour permettre d’occuper les vides lors
de sa remontée sous l’effet de la pression qui correspond à la différence de niveau
dans le tube plongeur et l’espace annulaire du pieu. La rapidité du bétonnage dépend
en fait de la maniabilité qui ne peut être obtenue par un excès important d’eau de
gâchage. Cet excès d’eau augmente le phénomène de ségrégation et diminue la
capacité, l’imperméabilité du béton et surtout sa résistance. Pour éviter cela, il
convient de prévoir des adjuvants ayant un pouvoir plastifiant.
• Par ailleurs, les dosages élevés en ciment (400 à 450 kg/m³) sont surtout justifiés par
la nécessité d’obtenir une bonne faculté d’écoulement et une bonne compacité en
place, étant donné que ce dosage élevé en ciment permet un apport de fines actives
contribuant à faciliter et réussir l’opération de mise en œuvre du béton.
Une granulométrie continue, un bon coefficient de forme et un sable siliceux roulé
favorisent au mieux l’écoulement du béton.
• Prise lente et contrôlée : il peut arriver des incidents en cours ou en fin du bétonnage
dus à la cadence de livraison trop faible, la durée du trajet entre la centrale et le
chantier trop longue, aux opérations d’extraction du tube plongeur et du tube-guide,
d’où la nécessité de maîtriser le début de la prise du béton et son déroulement par
addition d’un retardateur de prise.
Des contrôles en vraie grandeur doivent être effectués avant le démarrage du chantier
pour corriger certains paramètres (cas du Pont sur Oued Khattara – Autoroute
Marrakech ouest – Chachaoua pour lequel la distance entre la centrale à béton et le
chantier dépasse les 50 Km).

2- Fabrication du béton pour pieux


Comme signalé plus haut, l’attention est attirée sur la nécessité pour les bétons d’allier une
grande maniabilité à une bonne compacité. La consistance choisie influant beaucoup sur la
compacité, il faut en surveiller la régularité et, partant assurer, un contrôle au niveau de la
centrale.
Pour cela il faut éviter dans la mesure du possible, l’utilisation de bétonnières. Ce moyen de
fabrication, malheureusement encore utilisé, doit être proscrit pour les grands chantiers.
En cas de transport sur de longues distances, donc pour des durées de trajet importantes, et
lorsque la température est élevée, il y a lieu de veiller à ce que le béton ait une consistance
d’utilisation à la mise en œuvre et une fluidité légèrement supérieure. A cet effet, lors de la
formulation du béton, il faut tenir compte de ces conditions particulières d’utilisation sans
oublier qu’un surdosage en retardateur risque de bloquer définitivement la prise.

Séminaire : Traitement des malfaçons dans les fondations profondes, 27 juin 2013 31
3- Transport du béton
Il est souhaitable que la centrale de fabrication soit installée le plus prés du chantier de
réalisation des pieux.
Le transport par dumper doit être interdit, même dans le cas des petites distances, en raison du
phénomène de ségrégation qui se produit sur les bétons fluides. Il est conseillé d’utiliser des
auto-bétonnières quand on ne peut disposer de camions-malaxeurs (toupies). En tout cas,
l’organisation du transport doit répondre à deux exigences :
• assurer une faible durée de transport, avec une bonne organisation de rotation des
camions-malaxeurs permettant de garantir par ailleurs une capacité de livraison autour
de 20 m³/h ;
• pas d’interruption d’approvisionnement, ni d’attentes trop longues.
Ces deux facteurs sont essentiels pour éviter les risques de durcissement du béton, ce qui
constitue une catastrophe pour le pieu.
Enfin à ce stade, il est important de souligner que la réalisation des fondations profondes dans
les règles de l’Art, est essentielle à la réussite de l’ouvrage final. Cela nécessite
impérativement la mise en œuvre de moyens matériels performants et fiables (d’autant plus
qu’actuellement, nous assistons à un développement technologique dans la fabrication des
machines de forage) et le recours à un personnel qualifié, rompu aux techniques de réalisation
des fondations spéciales.

4- Techniques de mise en œuvre du béton


4.1- Différentes techniques de mise en œuvre
Il existe deux techniques de mise en œuvre :
• l’utilisation d’une pompe refoulant directement le béton en fond de pieu ;
• l’utilisation d’un tube plongeur.
Généralement, c’est ce dernier procédé qui est utilisé et dont nous donnons ci-après la
méthodologie d’utilisation.

4.2- Mise en œuvre du béton par tube plongeur


Le tube plongeur est constitué d’éléments robustes, de longueurs différents (entre 1,00 et
2,50) de diamètre de 200 m environ, munis d’un filetage facilitant le montage et le démontage
lors de la remontée du béton dans le fût. Les parois extérieures et intérieures devant être
parfaitement lisses pour éviter l’accrochage de la cage d’armature et pour faciliter
l’écoulement du béton.
L’extrémité supérieure du tube est munie d’une trémie de forme tronconique dans laquelle le
béton est déversé.
Sa partie inférieure est crénelée ou biseautée latéralement pour assurer l’évacuation de la
boue, lors du démarrage ou l’amorçage du bétonnage.

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Figure 40 : Colonne de bétonnage ou tube plongeur (CASAGRANDE)

Pour le bétonnage des pieux forés, un seul tube plongeur suffit en général, mais lorsqu’il
s’agit de barrettes de dimensions importantes, il y a lieu d’employer simultanément plusieurs
tubes plongeurs, bien positionnés, pour permettre une remontée homogène et régulière du
béton.
La mise en œuvre du béton à l’aide d’un tube plongeur est une opération délicate qui doit être
menée avec beaucoup de soin et de savoir faire.

4.3- Amorçage
C’est une opération dont dépend la réussite de cette opération de bétonnage fort délicate.
Un bon amorçage est conditionné par la mise en place au fond de la goulotte (ou trémie) d’un
bouchon dont le rôle est de freiner la descente du premier béton dans le tube plongeur et de
favoriser la constitution d’une colonne homogène et continue de béton qui, par effet de piston,
« chasse » la boue. C’est ce que l’on appelle communément « effet de chasse ».
Cette chasse est facilitée par le crénelage ou le biseautage de l’extrémité inférieure du tube
plongeur. Le meilleur moyen d’obtenir ce bouchon dit élastique est d’utiliser la pâte pure de
ciment d’une consistance ferme dont le diamètre est légèrement supérieur à celui du tube
plongeur. Il est recommandé d’attendre le début de prise de cette pâte de ciment pour éviter
toute déformation immédiate et faciliter l’effet de frein. On pourrait éventuellement y
additionner des fibres métalliques ou copeaux d’acier qui augmentent l’effet d’élasticité ou de
freinage.
Une fois l’amorçage effectué et poursuivi par l’écoulement d’une quantité suffisante de béton,
celui-ci reflue par l’extrémité inférieure du tube plongeur et remonte dans le forage. Tout
nouvel apport de béton dans la trémie provoque dans le forage une nouvelle remontée du
béton dont la partie supérieure est polluée et sera recépée en fin de travaux (opération de
recépage). Enfin on doit s’assurer que l’alimentation en béton soit régulière et continue,
durant toute cette opération.

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Figure 41 : Amorçage à l'aide de différents types de bouchons (LCPC – SETRA)

4.4- Précautions à prendre durant le bétonnage


Il faut effectuer un bon curage pour s’assurer de la propreté du fond de fouille, ce qui garantit
un bon contact en pointe nécessaire pour le transfert de charges au substratum et,
latéralement, pour mobiliser le frottement latéral.
Il faut éviter le désamorçage du tube plongeur en cours de bétonnage, ce dernier doit rester
plongé dans le béton d’au moins trois mètres.
Il faut éviter les effondrements dans le forage dus à l’absence de tube-guide, gaines ou encore
à la consistance de la boue. Ces phénomènes contribuent à l’intrusion de boue ou d’éboulis
dans le béton ce qui provoque une discontinuité et, par voie de conséquence, sa défectuosité.

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Figure 42 : Bétonnage de barrettes sous forme H du viaduc ONCF à Matmata (FORASOL MAROC 1979)

Figure 43 : Illustration du bétonnage de pieux forés de diamètre 1500 mm (FORASOL MAROC)

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4.5- Purge par débordement
En fin de bétonnage, il est nécessaire d’évacuer par débordement les sédiments, la boue et la
laitance qui surmontent le premier béton arrivant en surface, lui-même pollué.
Quand le niveau de la plateforme de travail est nettement supérieur à celui d’arase du béton, il
convient de continuer le bétonnage à un niveau suffisant pour éviter toute pollution sous le
niveau d’arase et purger ensuite par curage jusqu’à une côte légèrement supérieure à celle de
reprise.

4.6- Surconsommations de béton


Il est difficile de définir les surconsommations de béton car les facteurs dont elles dépendent
sont nombreux et variés. Cependant, il faut savoir qu’elles sont inévitables pour les raisons
suivantes :
• le diamètre du forage fini est toujours supérieur à celui de l’outil utilisé ;
• ces surconsommations sont également liées à la nature des sols à traverser (sols mous,
karstiques, fissures, etc.), à la méthode de foration adoptée (tubage provisoire ou tube-
guide qu’il faut retirer en fin de travaux)
• au purgeage pour évacuer par débordement, les sédiments, la boue ou la laitance et au
curage.
Par ailleurs, pour évaluer ces surconsommations, appelées communément hors profils, il faut
connaître avec exactitude la quantité de béton réellement livrée : mesurer et contrôler le
volume de béton transporté par chaque malaxeur, évaluer la quantité restant éventuellement
dans le dernier malaxeur.
Or, sur un chantier où le béton est fabriqué dans des bétonnières et transporté par des dumpers
qui en déversent une partie à chaque rotation, on ne peut connaître la quantité de béton
réellement mise en place. Le calcul du nombre de sacs de ciment « utilisés » pour évaluer le
volume de béton fabriqué ne peut constituer un moyen fiable.
Cependant, comme les surconsommations ne sauraient être calculées avec précision, il est
nécessaire d’en localiser les niveaux et par conséquent d’en déterminer les causes, d’où
l’établissement d’une courbe de bétonnage à partir des mesures en continu du volume de
béton mis en place et de la cote atteinte. Il faut souligner que les niveaux de bétonnage ne sont
mesurés qu’approximativement, car il n’existe pas de moyen de mesure fiable.
En plus, dans le cas de pieux forés avec tube provisoire, les surconsommations ne se
produisent qu’au moment de son retrait, ce qui ne permet pas de situer avec exactitude les
couches susceptibles d’en être affectées.

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Figure 44 : Exemple de courbes de bétonnage (LCPC – SETRA)

4.7- Retrait du tube de travail ou tube-guide


Le tube de travail ou tube-guide peut être retiré en cours ou dès la fin de l’opération de
bétonnage. Mais, en tous les cas, il faut veiller à ce que ce retrait se fasse avant la prise du
béton. Dans le cas contraire, il y a risque de perte du tube avec des conséquences qui
pourraient être graves.
D’où l’intérêt d’un bétonnage rapide, continu, régulier et d’une maîtrise parfaite du retard de
prise de béton.

4.8- Recépage des pieux


Cette opération a pour but d’éliminer, sur une certaine hauteur, le béton de surface, souvent
pollué, délavé ou ségrégé en l’absence d’une purge qui n’a pu être effectuée ni par
débordement, ni par curage.
En fait purge et recépage peuvent être complémentaires et la hauteur restante à recéper
dépend de l’importance du curage effectué et des conditions de chantier (niveaux relatifs
plateforme de travail – semelle, présence d’eau).
Le recépage s’effectue en général au brise-béton, ni trop tôt, ni trop tard pour des raisons
évidentes.
C’est une opération qui doit être effectuée correctement jusqu’au niveau de béton sain et en
prenant soin de dégager les armatures, de les nettoyer et de les préparer pour assurer une
bonne reprise du béton des superstructures (semelles).

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Figure 45 : Purge par curage suivie d'un recépage (LCPC – SETRA)

5- Contrôle de mise en œuvre


Un plan de contrôle adapté au chantier doit permettre de suivre une à une les opérations de
mise en œuvre du béton et de vérifier qu’elles ont bien été exécutées. Ce contrôle doit
s’appliquer au béton et à ses constituants ;
 A la centrale, on doit procéder :
• au prélèvement des agrégats (ciment, granulats, adjuvants, etc.) pour essais de
prescription ;
• au suivi de la fabrication en contrôlant le fonctionnement de la centrale (relevés de
pesée, dosages, etc.) ;
• à la réalisation de temps en temps de contrôle sur le béton frais (fluidité) pour le
comparer aux mêmes caractéristiques obtenues à l’arrivée au poste de bétonnage ;
 Sur le poste de bétonnage, on doit :
• vérifier la fluidité ;
• fabriquer des éprouvettes destinées aux essais mécaniques et aux mesures de la
compacité ;
• noter le temps de transport et la durée d’attente du béton avant sa mise en œuvre ;
• avant la mise en œuvre, le plan de contrôle doit s’appliquer également à :
 la préparation du matériel de bétonnage (tube plongeur, système de
récupération de la boue qui débordera en cours du bétonnage ;
 l’amorçage du tube plongeur
• la conduite de l’opération de bétonnage en veillant à la régularité de
l’approvisionnement, au bon comportement des armatures (pas de remontée de la
cage d’armature), ainsi qu’au suivi de la remontée du béton dans le forage
(établissement, en cas de besoin, d’une courbe de bétonnage).

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VI- Réceptions préliminaires
1- Réception de la plateforme de travail
Avant l’arrivée du matériel de foration, il y a la possibilité de précéder à l’aménagement, au
moins sur une rive, d’une plateforme de travail pour permettre l’évolution en toute sécurité
d’engins lourds (plusieurs dizaines de tonnes).
Cette plateforme doit donc être bien compactée, constamment hors d’eau et entretenue
pendant la durée des travaux.

2- Implantation et piquetage topographique


L’implantation de l’Ouvrage (axe longitudinal, axes des appuis, semelles, etc.) doit être
effectuée, contrôlée et réceptionnée avec établissement d’un P.V. contradictoire.
Les axes des pieux ou barrettes doivent également être implantés et réceptionnés. Des piquets
fixes situés en dehors de l’aire de travail ou du moins suffisamment loin matérialisant les axes
principaux de l’ouvrage, des appuis, semelles et pieux.
Enfin, il est conseillé de relever la cote Z des axes des pieux pour savoir à quelle profondeur
doit-on arrêter la foration des pieux.
A ce propos, il est souhaitable qu’on indique, sur les rapports géotechniques, la côte Z du
terrain naturel ou de la plate forme à partir de laquelle les sondages ont été exécutés, ceci dans
le but de pouvoir comparer les coupes lithologiques relevées pendant la foration des pieux.

3- Caisses à échantillons (caisses à cuttings)


Avant le démarrage, on doit disposer de caisses à échantillon en nombre suffisant qui vont
recevoir des échantillons des sols traversés suivant une cadence à préciser, ce qui permettra
d’établir la coupe lithologique du pieu.
Ces caisses en général en bois comportant une vingtaine de cases avec des inscriptions
donnant le numéro du pieu conformément au plan de pilotage ainsi que les différentes
profondeurs relatives aux prélèvements.

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Bibliographie

CAMBEFORT H. 1966, Reconnaissance des sols et fondations spéciales, Editions Eyrolles.

FILLIAT G. 1981, La pratique des sols et fondations, Editions du Moniteur.

LEONARDS G.A. 1968, Les Fondations (Rédigé sous la direction de), DUNOD.

LCPC – SETRA 1978, Les pieux forés : Recueil des règles de l’Art, LCPC – SETRA

Catalogue société CASAGRANDE SPA (Italie).

Catalogue société BAUER Gmbh (Allemagne).

Archives société FORASOL MAROC (Maroc).

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