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Comportement rhéologique de la bentonite

Généralité sur la rhéologie.


Introduction.
La bentonite.
Les différents types.
Utilisation de la bentonite.
Propriétés de la bentonite.
Les différentes bentonites disponibles sur le marché.
La dose de bentonite utilisée.
Réaliser le collage à la bentonite.
Comment réaliser un collage à la bentonite.
Caractéristiques des bentonites.
Structure.
Caractérisation rhéologique des suspensions de bentonite.
Emulsions huile de vaseline/eau sans bentonite.
Annexe .

GUETARI et DJERIDI
Comportement rhéologique de la bentonite

La rhéologie est une branche de la physique qui étudie l’écoulement ou la


déformation des corps sous l’effet des contraintes qui leur sont appliquées, compte
tenu de la vitesse d’application de ces contraintes ou plus généralement de leur
variation au cours du temps.
Les procédés de préparation de produits (solutions, pâtes, etc...) ou de formage de
pièces(en métallurgie, en plasturgie, etc ...) nécessitent immanquablement
l’écoulement de la matière, il est donc nécessaire de connaître le comportement de
cette matière pour déterminer les forces à mettre en jeu.
La rhéologie se décompose en plusieurs sortes d’études : rhéologie expérimentale:
détermination expérimentale des relations de comportement (entre contraintes et
déformation ou vitesse de déformation rhéologie structurale: explication des
comportements à partir de la structure du matériau rhéologie théorique: fournir des
modèles mathématiques en nombre limité des comportements indépendamment de la
structure microscopique.

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Les argiles présentent un intérêt croissant car leurs applications industrielles ne


cessent de se diversifier. L’argile qui fait l’objet de ce travail est connue sous le nom
de "bentonite", largement utilisée dans de nombreux secteurs industriels. Sous sa
forme pâteuse ou à l’état de poudre, ce type d’argile est employé dans la réalisation
de barrières étanches pour les déchets industriels, ménagers (géomembranes
bentonitiques) et radioactifs (barrières ouvragées, poudre compactées). La bentonite
est utilisée également dans l’industrie agroalimentaire et dans la composition des
produits cosmétiques et pharmaceutiques... A l’état liquide, la bentonite joue
généralement le rôle d’un composant "viscosifiant" dans les boues de forage des puits
pétroliers.

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La bentonite est une argile de type montmorillonite qui est formée par le
vieillissement de cendres volcaniques. Comme toute argile d'origine volcanique
qui est constituée de montmorillonite porte le nom de bentonite, le terme peut
englober des matériaux de compositions différentes. Ainsi, il existe des bentonites
qui sont riches en sodium, d'autres en calcium, potassium ou magnésium. Dans
l'eau, la bentonite gonfle de 10 à 15 fois de son volume original et absorbe 6,5 fois
son poids en eau. Il s'agit donc d'une argile à grande surface interne avec une
capacité d'échange cationique de 80 à 150 meq/100g et une capacité d'échange
anionique d'environ 25 meq/100g. En plus des cations les plus importants de la
bentonite, on peut retrouver en quantités variables une grande variété d'oligo-
éléments. Certaines bentonites sont d'ailleurs commercialisées comme supplément
minéraux aux États-Unis. Sauf si mentionnée, l'argile dont il est question dans ce
document est la bentonite de sodium, la plus courante et la plus utilisée en
alimentation animale.
Les bentonites sont des silicates d'alumine hydratés appartenant au groupe des
montmorillonites de formule brute :

Si4 (Al (2-x) Rx) (O10, H2O) (Cex, nH2O) ou Si4 (Al (2-x)Rx) (H2O)n avec :
- R = Mg, Fe, Mn, Zn, Ni
- Ce (cations échangeables) = Ca, Na, Mg.
Elles sont utilisées pour des opérations de clarification ou de stabilisation protéique
des moûts et des vins. Les bentonites fixent certaines protéines instables et permettent
ainsi leur élimination. Les bentonites sont capables de fixer de la matière colorante.

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Il existe deux types de bentonites :

la bentonite à base de sodium qui augmente de volume lorsqu'elle est humide


et qui peut absorber plusieurs fois sa masse en eau. Cette propriété est mise en
valeur dans les mastics pour l'enfouissement de matières polluantes dans le
sol. Elle est utilisée dans les puits de forage de pétrole et la recherche
géothermique.

la bentonite à base de calcium (pascalite), qui ne possède pas ces propriétés de


gonflement, a des applications parapharmaceutiques dont les résultats restent à
prouver, notamment dans le domaine du système digestif.

En raison de ses fonctionnalités rhéologiques, la bentonite a un comportement


thixotrope. Des petites quantités de bentonite en solution aqueuse forment un
mélange visqueux, dont la viscosité baisse lorsque l'effort mécanique qui lui est
appliqué augmente.

Bentonites naturelles:
En fonction de la nature du cation échangeable présent, il existe à l'état naturel deux
types de bentonites :
- les bentonites sodiques : où le sodium est le cation échangeable majoritaire, elles
ont un fort pouvoir de gonflement et d'adsorption.
- les bentonites calciques : où le calcium est le cation échangeable majoritaire, elles
ont un pouvoir de gonflement et d'adsorption plus faible que les bentonites sodiques.
Ces deux types de bentonites, éventuellement après un séchage à 80-90°C, sont
simplement broyées avant leur commercialisation.
Bentonites activées :
Afin d'améliorer les propriétés d'adsorption des bentonites calciques, ces dernières
sont le plus souvent activées par du carbonate de sodium puis séchées et broyées; on
obtient ainsi des bentonites calciques activées dont les propriétés sont égales ou
supérieures à celles des bentonites sodiques.
Les propriétés de ces bentonites ainsi activées ou permutées sont moins stables dans
le temps (3 à 18 mois) et dépendent de l'activation et des taux de magnésium, calcium
et sodium. Ces différents types de bentonites se présentent sous forme de poudre ou
de granulés sphériques ou cylindriques. Elles ont des couleurs très variables allant du
blanc pour les produits les plus purs au gris, beige ou vert pour les autres.

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Le débouché le plus important de la bentonite se situe dans les techniques du génie


civil, particulièrement dans l'étanchéité des édifices, la construction de digues, la pose
de canalisations, l'édification de tunnels, l'injection de sols, la réalisation de
fondations spéciales (parois moulées, barrettes, pieux)... La bentonite est
conditionnée pour cet usage en bâtons (ou granulés) et fournit une obturation
hydrologique sûre. Les bâtons sont constitués de 99 % de bentonite et d'environ 1 %
de fibres synthétiques de remplissage.

Des essais ont été effectués pour utiliser la bentonite comme protection artificielle
dans le stockage final des. Produits radioactifs

Elle est également utilisée comme fluide de forage servant à la tenue des parois et à
l'évacuation des matières forées et en obturateur d'urgence lorsqu'un forage traverse
accidentellement le plancher d'un aquifère et que des pertes non désirées importantes
ont alors lieu dans les terrains sous-jacents.

Elle sert de liant dans la fabrication de moules en sable pour la fonderie (afin de
coller les grains de sable entre eux).

(Dans le domaine de l'étanchéité, I’ argile in-situ ou rapportée, a depuis fort


longtemps été utilisée comme barrière étanche. La bentonite, argile naturelle de type
smectite à haut pouvoir de gonflement permet d'obtenir une parfaite et pérenne
étanchéité des sols. Parmil es nombreuses variétés d’argile, la plus élaborée par la
nature est, sans aucun doute.la bentonite dont le constituant argileux spécifique a été
nommé Montmorillonite par Damour et Salveta à la suite de la découverte en 1847,
d’un petit gisement près de Montmorillon en France. Nous rappelons qu'on ne peut
dénomme bentonite qu'une argile comportant au minimum 70 % de Montrnorillonite.
Grâce à son pouvoir de gonflement de I’ ordre de l5 à 20 fois son poids en eau la
bentonite a près malaxage avec le sol, remplit donc les minces orifices et empêche
tout écoulement d'eau.)

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Les bentonites sont caractérisées par plusieurs propriétés dont la composition


minéralogique, la granulométrie, la teneur en eau, la capacité d’hydratation, le
gonflement libre et sous pression, la capacité d’absorption d’eau et la perméabilité à
l’eau. Certains fournisseurs de bentonite ajoutent à la bentonite sodique du carbonate
de sodium pour augmenter la performance de gonflement et les propriétés
d’absorption. De plus, des fournisseurs de bentonite calcique ajoutent couramment du
carbonate de sodium à leurs produits pour augmenter la concentration en sodium.

La bentonite sodique est l’argile présentant la perméabilité la plus faible. La bentonite


utilisée comme matériau dans les géo-composites bentonitiques contient de 65 à 95 %
en poids de montmorillonite sodique naturelle ou calcique activée (substitution du Ca
par du Na).

Les bentonites calciques ont une capacité moindre que les bentonites sodiques
d’absorber de l’eau, que les bentonites absorbent plus aisément de l’eau
déminéralisée que de l’eau contenant des sels en solution, des lixiviats ou des
hydrocarbures.

Cette absorption d’eau se traduit par un gonflement qui peut se mesurer à l’aide de
l’essai normalisé ASTM D-5890 effectué à pression atmosphérique.

Perméabilité  : La perméabilité d’une bentonite est fonction de la nature de la


bentonite et de la quantité d’eau absorbée, elle-même fonction de la contrainte
normale appliquée.

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Il existe des bentonites grises, beiges, roses, vertes et des blanches qui sont les plus
pures. Dans la pratique, plus une bentonite a la possibilité de gonfler à l'eau, plus elle
sera efficace pour éliminer les protéines. Les différentes bentonites disponibles sont :

 les bentonites sodiques naturelles : elles sont très réactives, possèdent un taux
de gonflement important, et fixent facilement les protéines. Elles libèreraient
légèrement du sodium dans le vin, mais la baisse d'acidité serait négligeable
 les bentonites calciques : ces bentonites exploitées en Europe sont peu
réactives et possèdent un taux de gonflement faible. Leur action sur les
protéines est insuffisante, mais elles permettent le tassement des lies.
 les bentonites calciques activées : elles ont subi une activation par le carbonate
de sodium ou par la soude, et sont très réactives avec un taux de gonflement
très élevé. Leur activité est égale ou supérieure aux bentonites sodiques. Ce
sont les bentonites les plus fréquemment utilisées aujourd'hui
 les bentonites sodiques activées : leur activité initiale a été renforcée par
traitement, ce qui les rend très actives. Elles sont souvent qualifiées de
suractivées.

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Il n'y a jamais de "surcollage" avec de la bentonite, mais au laboratoire il est


important de choisir la dose la plus adaptée. Utilisée sur vins blancs à des doses
importantes (supérieures à 80g/hl), la bentonite affaiblit le potentiel aromatique des
vins. L'élimination, sur Sauvignon d'une fraction de la 4 MMP a été mise en
évidence. Elle éliminerait également une fraction de béta-ionone à l'arôme de violette.
Pour déterminer la dose de bentonite nécessaire à l'élimination des protéines d'un vin
blanc ou rosé, il faudra faire en laboratoire des essais de traitement avec différentes
doses (10-20-40-60-80-100 g/hl par exemple) de bentonite gonflée, et de déterminer
sur le vin traité et filtré, l'échantillon à partir duquel il n'y a pas d'apparition de
trouble avec le test au chauffage, au TCA ou le Bentotest. L'expérience permet
rapidement de limiter les essais à 2 ou 3. D'une manière pratique, on peut appliquer à
100 ml de vin limpide des volumes croissants de solution de bentonite à 10% (10
g/hl=0,1 ml ; 20 g/hl=0,2 ml...100 g/hl=1ml). Après floculation, on prélève 10 ml de
surnageant sur lequel on réalise les tests de stabilité décrits précédemment.

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Les essais menés par le groupe national de travail sur la stabilité protéique, ont
confirmé que l'évaluation des risques d'instabilité protéique était possible sur les
moûts avant fermentation alcoolique à l'aide des tests habituels. Ces résultats
permettent d'envisager une stratégie de stabilisation protéique, plus respectueuse des
qualités organoleptiques des vins blancs, dès le stade préfermentaire, et adaptée à
l'importance des protéines instables dans le moût. On peut envisager deux stratégies
de collage à la bentonite en fonction du produit que l'on souhaite élaborer :

des vins qui doivent être consommés jeunes avec soutirage précoce et sans
élevage sur lies, ont intérêt à être collés à la bentonite sur moût. Ceci permet de
limiter les pertes aromatiques d'un traitement post fermentation alcoolique,
d'éliminer les polyphénols oxydases, tout en stimulant la fermentation grâce à
un effet support sur les levures. L'argile retardant la sédimentation des bourbes,
l'addition de bentonite doit être réalisée sur moût propre après débourbage.
L'idéal est de la saupoudrer sur moût (sans gonflement préalable) au cours d'un
remontage à la pompe, au début de la fermentation alcoolique, pour bénéficer
de la présence protectrice vis à vis de l'oxydation du dioxyde de carbone
compte tenu de l'effet préjudiciable d'un séjour de plusieurs mois sur bentonite,
les vins destinés à être élevés sur lies devront être collés sur vins. Ce séjour sur
lies permet également de réduire les doses de bentonite nécessaires à sa
stabilisation

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Le gonflement de la bentonite au préalable dans de l'eau, est fortement


recommandé pour les bentonites en poudre, et obligatoire pour celles en granulés.
Il faut préparer une suspension dans de l'eau (10%). Pour éviter la formation de
grumeaux, elle doit être versée à la surface du liquide avec agitation. Le
gonflement à l'eau chaude (50-60°C) est plus rapide. La suspension de bentonite
est introduit dans le vin à l'occasion d'un soutirage, le passage dans une pompe
achève de déliter les grumeaux, et permet un mélange homogène. Il faut savoir
que la sédimentation est meilleure à 20°C qu'à 10°C  et pour les pH bas. Il est
préférable d'utiliser des cuves de faible hauteur. 2 à 3 semaines après le
traitement, le vin est clarifié par soutirage. Le vin peut alors être traité par le froid
dont l'efficacité est améliorée par le traitement à la bentonite, puis filtré.

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Sur le plan minéralogique, la bentonite est un silicate d’alumine hydraté du groupe


des Montmorillonites qui contient principalement les cations échangeables suivants :
calcium, sodium, magnésium, potassium. Dans le vin, les ions silicium et aluminium
ne sont pas échangeables.
Dans le gel de bentonite, les charges de surface sont négatives. Ceci explique la
réactivité de la bentonite vis à vis des protéines du vin (positives au pH du vin).
Les bentonites sont utilisées dans un grand nombre d’industries aussi diverses que la
fonderie, les forages, l’oenologie ou la cosmétique. Evidemment, les bentonites
utilisées en oenologie et en cosmétique répondent à des critères de pureté d’un niveau
particulièrement élevé.
En oenologie, la bentonite est utilisée depuis les travaux de Ribereau Gayon vers
1930 qui ont démontré que cette argile particulière a la propriété d’adsorber les
protéines du vin. Actuellement, le traitement des moûts et des vins à la bentonite est
une pratique universellement reconnue. Cependant pour réussir parfaitement le
collage il faut choisir soigneusement la bentonite en fonction de l’action recherchée.
- les bentonites activées (gonflement et activité définis par le taux d’activation). Le
volume de lie formée dans le vin est directement proportionnel au taux d’activation.
¨ Pour maintenir une gamme de bentonite répondant au mieux à chaque cas
spécifique le laboratoire de recherche MARTIN VIALATTE a défini cinq critères
principaux d’action dans les moûts et les vins.
Ce sont :
- la déprotéinisation
- l’amélioration de la filtrabilité
- la clarification
- la décoloration
- le taux de bourbe produit lors de l’utilisation dans le vin.
¨ Pour chacune des bentonites de la gamme, un diagramme à cinq axes a été établi.
Chaque axe est vérifié régulièrement avant chaque livraison. L’approvisionnement
est déclenché lorsque ces critères sont respectés. Ils sont vérifiés une nouvelle fois à
la livraison.

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Les feuillets d’argile présentent une charge électrique négative dont l’origine et
l’intensité expliquent leurs propriétés d’hydratation et de gonflement. Le fait que
cette charge est compensée par des cations sodium [Na+], calcium [Ca++] ou
potassium [K+] garantit l’électro-neutralité des feuillets. Les cations présents dans les
feuillets attirent les atomes d’oxygène de l’eau.

Les forces de Van der Walls (attraction électrostatique entre les feuillets) n’étant pas
suffisantes pour s’opposer à la pénétration de l’eau dans les espaces interfoliaires,
l’intercalaison des molécules d’eau dans les espaces interfoliaires conduit à un
écartement des feuillets, qui peuvent glisser les uns par rapport aux autres
(gonflement).

L’expansion de l’espace interfoliaire induite par l’hydratation des cations


compensateurs des bentonites explique l’aptitude des bentonites à échanger leurs
cations compensateurs en présence d’une solution ionique. Par exemple, ce
mécanisme permet d’obtenir une bentonite sodique à partir d’une bentonite calcique
(nommée bentonite calcique activée). L’hydratation interfoliaire d’une bentonite
calcique écarte légèrement les feuillets : une distance maximale correspondant à
quatre couches de molécules d’eau (soit de 2,16 nm).

D’autre part, la présence des cations sodium permet une hydratation interfoliaire
quasi illimitée écartant les feuillets jusqu’à des distances de 15 nm. Une suspension
de bentonite est donc formée d’un réseau tridimensionnel connecté et poreux de
particules argileuses déformables dans lequel les contacts entre les particules sont
quasiment face-face.

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Un premier type d’expérience a consisté à déterminer la courbe d’écoulement en


cisaillement simple pour les différentes suspensions concentrées à l’aide d’essais à
vitesses contrôlées. On a pu observer le comportement non newtonien du fluide en
raison de la variation non linéaire de la pente de la courbe d’écoulement sur les
rhéogrammes (t-g). L’existence d’un seuil de contrainte est confirmée par
l’enregistrement automatique de la courbe d’écoulement en continu, qui révèle un
brusque accroissement de la tension de cisaillement.
Lorsqu’on dépasse cette contrainte critique, on obtient un écoulement linéaire, elle
pourra être lue comme la limite entre « le non écoulement » et « l’écoulement ». Il
s’agit donc bien de fluide à seuil.

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Application du modèle de Quemada :


En appliquant le modèle de Quemada, on obtient une bonne concordance entre les
valeurs expérimentales de la viscosité relative et la simulation numérique, avec une
erreur moyenne de l’ordre de 2%. Le facteur k, ou viscosité intrinsèque, qui est
indépendant de φ et γ& peut être calculé à partir des valeurs de la viscosité à gradient
de vitesse nul 0 μ et de la viscosité à gradient de vitesse infini ∞ μ, en utilisant
l’équation (2). Il a pour valeur 5.55 et la concentration de packing, concentration pour
laquelle la viscosité est infinie, est 0.36. La figure 5 montre les résultats obtenus.
L'augmentation de la viscosité peut s'expliquer par la structure cristalline du groupe
minéral auquel appartient la montmorillonite. Dans l'eau, les particules de bentonite
qui ont une forte affinité pour le milieu dans lequel elles sont dispersées, forment des
suspensions possédant une structure en château de cartes. Elles sont constituées de
minéraux dont la forme est généralement aplatie. Ces matériaux sont des silicates
d’aluminium dont la composition cristalline est un empilement de feuillets ayant une
dimension moyenne de deux microns environ. Le phénomène de gonflement, qui se
traduit par une modification des caractéristiques rhéologiques de la suspension, se
produit par la pénétration de l’eau entre les feuillets qui provoque leur
écartement.L'ajustement du modèle de Quemada sur les données expérimentales a
nécessité l'utilisation d'une méthode de régression non linéaire. La méthode de
Marquardt qui consiste en une combinaison de la méthode de Gauss Newton et de la
méthode de progression par pas est utilisée.
La figure 6 représente pour les différentes concentrations en bentonite une
comparaison entre les résultats expérimentaux et les courbes prédictives du modèle
de Quemada.

(2)

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Emulsions chargées en bentonite :


Les figures 7 et 8 montrent que la viscosité des émulsions d’huile de vaseline et d’eau
augmente avec la charge solide pour une même émulsion de base (26% et 42%
d’huile) et avec le temps de vieillissement. Comme pour les émulsions et les
suspensions de bentonite, le modèle de Quemada peut s’appliquer pour les émulsions
d’huile et d’eau chargées en bentonite.

Le système bentonite-eau :

Les particules de la bentonite présentent une grande affinité pour l’eau qui s’exprime
d’une part par la quantité d’eau qu’est susceptible de retenir l’argile et d’autre part
par l’énergie avec laquelle cette eau est retenue. Ce phénomène d’ordre capillaire
résultant de la granulométrie fine des particules ainsi que de la présence de charges à
la surface des feuillets vont contribuer à accentuer les interactions bentonite-eau.
Pour comprendre cela, on s’intéresse à l’échelle des particules où les feuillets sont
séparés par un nombre variable de couches d’eau (entre 0 et 4) et des pores
lenticulaires de l’ordre de 30 à 50 A.
Les particules sont plus ou moins épaisses, selon la nature du cation compensateur et
les propriétés physico chimiques de la bentonite.

Les particules sont séparées les unes des autres par une quantité d’eau, relativement
importante, mais elles ne sont cependant pas indépendantes. Du fait de la très grande
étendue des feuillets dans leur plan et des forces d’attraction inter feuillet, il se forme
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des connections entre particules par rapprochement de deux zones de feuillets


extérieurs à deux particules adjacentes, ou par interaction entre feuillets que l’on
détaillera par la suite. Comme cela a été expliqué plus haut, les particules ainsi
connectées forment des agrégats ou des super-agrégats suivant la densité des
suspensions. Cette organisation est caractéristique de ce qu’on appelle "milieu
granulaire".

Fig. 1.7 : Représentation schématique de l’état gel

Lorsque l’hydratation se poursuit par le gonflement des particules, on désigne l’état


de la bentonite hydratée sous le terme de "gel". Ces types de gels sont caractérisés par
des particules très lâches constituées d’un nombre faible de feuillets (en moyenne 5),
voire des feuillets isolés, situés à des distances allant de 30 à quelques centaines d’A
(figure 1.7). L’ensemble forme un réseau très souple, aux propriétés importantes de
viscosité et de thixotropie.

Comportement d’écoulement : 

La concentration en bentonite et les structures adoptées par les feuillets sont les
paramètres influençant les propriétés rhéologiques des suspensions aqueuses de
bentonite. Lorsque la concentration est faible, on parle d’un état dispersé. Dans ce
cas, la suspension adopte un comportement rhéologique proche du milieu dispersant,
c’est-à-dire un comportement de type newtonien. Dans la littérature, et pour des
suspensions très diluées, ou des fluides de forage qui contiennent des polymères, le
comportement rhéologique peut aussi être décrit par une loi de puissance Lorsque

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l’on ajoute davantage d’argile à la suspension (généralement à des concentrations de


bentonite dépassant 3%), on parle de suspensions fortement concentrées.
Dans ce cas, la thèse de la structure tridimensionnelle de type gel est la plus probable.
Cela est vrai pour des pH élevés où la suspension est qualifiée à "seuil". Ce
comportement se manifeste par le fait qu’il faille casser la structure gel avant de
passer à l’étape d’écoulement. Traditionnellement, on représente un tel comportement
par le modèle de Bingham. D’autres modèles ont été considérés pour la description
du comportement des suspensions argileuses comme le modèle de Herschel-Bulkley

Considérer la suspension de bentonite comme un fluide plastique n’est qu'une


simplification qui, dans certains cas, entraîne des erreurs importantes.
D’abord, ils utilisent les modèles de Herschel-Bulkley pour représenter le
comportement de leurs suspensions. Ils présentent par la suite la loi de Papanastasiou
comme un modèle classique plus général, puisqu’il est capable de reproduire les
rhéogrammes sur une gamme de vitesse de cisaillement plus étendue.

Rhéogrammes obtenus lors des descentes de contrainte pour des suspensions de

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bentonite de 6, 8 et 10%, présenté en échelle : a) logarithmique, b) normal

Viscoélasticité :

La frontière entre liquide et solide n'est pas toujours aussi évidente qu'on le croit. Il
existe des substances au comportement intermédiaire entre celui d'un solide élastique
parfait et celui d'un liquide visqueux newtonien ; ce sont les corps viscoélastiques.
Dans ce paragraphe, nous rappelons les propriétés des deux matériaux idéaux en
explicitant le comportement viscoélastique des suspensions de bentonite à travers les
essais à palier de contrainte imposée (fluage) et les tests en régime dynamique (essais
en oscillations).

Thixotropie :
Lorsque l’on applique un taux de cisaillement constant ou une contrainte constante à
un fluide, il peut arriver que sa viscosité ne soit pas constante au cours du temps. Si la
viscosité diminue au cours du temps à taux de cisaillement constant, on dit que le
fluide est thixotrope ; si elle augmente, le fluide est anti-thixotropeMewis. D’après
Mewis (1979), le terme de thixotropie a été initialement introduit par Schalek et
Szegrany en 1923, alors qu’ils observaient des solutions d’oxydes de fer, pour
caractériser les transitions solides-liquides induites par le cisaillement. Ce
comportement s’explique par la rupture des liaisons entre les amas de particules
lorsque les forces hydrodynamiques deviennent supérieures aux forces de cohésion
des amas. Ces derniers, une fois rompus, ”glissent” les uns contre les autres et
induisent une baisse de viscosité.

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Courbe d’hystérésis typique récoltée en utilisant un rhéomètre à contrainte


imposée (suspension de bentonite à 8%)

En général, ce phénomène est mis en évidence par l’apparition d’une boucle


d’hystérésis lors du tracé de la courbe d’écoulement en charge puis en décharge. On
parle de comportement thixotrope lorsque la contrainte en décharge est plus faible
que celle en charge pour un même taux de cisaillement. La figure , présente une
boucle d’hystérésis typique (suspension de bentonite de 8%).La courbe a été tracée en
suivant trois étapes : une montée, un palier et une descente de contrainte.

Suspensions de Bentonite:

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Effet de la concentration en bentonite sur le pH en fonction du temps de


vieillissement

Effet de la concentration en KCl sur le pH de la bentonite dans le temps

Rhéogrammes de la suspension de bentonite de


base et des mélanges bentonite-CMC (GV et FV)

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Viscosité apparente en fonction de la vitesse de


cisaillement. Solutions aqueuses de CMC (GV et FV).

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Annexe  :
c =contrainte à seuil
K = consistance du fluide
n = indice d'écoulement

p: viscosité du fluide étudié Pa.s 


: viscosité du fluide étudié Pa.s 
0 : viscosité du fluide étudié à cisaillement nul Pa.s 
: viscosité du fluide étudié à cisaillement infini Pa.s
. : vitesse de cisaillement s-1
:contrainte de cisaillement Pa
K1 = 1/ .0 s
K2 : consistance du fluide

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