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Prévenir et guérir la carie dentaire par

l’alimentation
Interpelée récemment par rapport à un problème de molaires définitives cariées chez un
enfant de 10 ans, j’ai immédiatement repensé à un site américain, découvert au travers
d’un article du blog Clair et lipide consacré au lien entre carie et céréales complètes.
Curieuse d’en savoir davantage, j’avais brièvement balayé ce site et l’avais trouvé plein
de bon sens, prouvant une fois de plus qu’une alimentation adéquate permet de prévenir
nombre de maux. Il n’y a donc rien de sorcier ou de magique, mais une invitation à
remettre en cause notre quotidien, sachant que comme de nombreuses pathologies, la
fragilisation de l’émail dentaire chez les plus jeunes devient monnaie courante dans le
monde occidental. Causes premières ? La déminéralisation et l’acidification des
organismes, largement favorisée par la charge en acide phytique des céréales,
légumineuses et oléagineux.

Au risque de décevoir certains, ce site n’est pas exhaustif dans la mesure où il s’agit d’une
introduction à l’ouvrage que Ramiel Nagel a consacré au sujet. Néanmoins, il est assez fourni
en informations pour autoriser la compréhension de ce qui affecte la santé des dents et
entreprendre une prise en charge. Car c’est bien de cela dont il s’agit : apprendre à s’occuper
de soi. L’histoire d’ailleurs de l’ouvrage est intéressante puisque Ramiel Nagel n’est pas
dentiste : c’est un simple père de famille inquiet de voir sa fillette d’un an seulement
développer des caries, alors qu’il pensait lui avoir prodigué une bonne alimentation avec
allaitement et sans produits raffinés. Devant la poursuite de la dégradation des dents de sa
fille, il a décidé de se pencher sur l’origine du mal et ce n’est que 5 ans plus tard, après avoir
testé et validé des pistes de rééquilibrage, incluant les travaux sur la vitamine D d’Edward et
May
Les facteurs majeurs d’altération des dents

• L’excès d’acide phytique (céréales, légumineuses, oléagineux à coque… non trempés, non
germés ou non fermentés)
• L’excès de produits raffinés et notamment de sucre.
• Le manque de vitamines liposolubles : A, D, E et K.
• La carence et le déséquilibre entre 3 minéraux essentiels : calcium, phosphore et
magnésium.

Comprendre l’essentiel
Telle est l’ambition du site qui s’attache à démonter les idées reçues sur l’origine de la carie, à
commencer par celle du développement bactérien, ou encore celle du manque d’hygiène, sans
oublier bien sûr le mythe du fluor, dont l’action peut s’avérer désastreuse. Encore une fois,
par sa démonstration, il nous prouve que le terrain est tout et que toute faiblesse de fond peut
conduire à un problème. Et le meilleur moyen d’obtenir un terrain endurant est d’opter pour
une alimentation riche en nutriments, et particulièrement en minéraux et en vitamines
liposolubles (A, E, D et K2, cette dernière étant essentielle et agissant en synergie avec les
vitamines A et D), et allégée en glucides (toutes les formes de sucre, dont les féculents) parce
que le yoyo de la glycémie est hautement préjudiciable et affecte aussi l’équilibre endocrinien
global de l’organisme. En clair, il s’agit de consommer beaucoup de légumes, avec
notamment du cru sous forme de jus et de lacto-fermentations en minimisant la part des
légumes très sucrés comme la carotte ou la betterave, mais aussi des produits d’origine
animale, avec notamment des bouillons d’os (pour mémoire, lire Les secrets du bouillon de
poule) et des abats et plus particulièrement du foie, ainsi que du beurre cru et du lait cru
entier, issus d’animaux nourris à l’herbe, point excessivement important. Au rayon
suppléments, du magnésium et surtout de l’huile de foie de morue fermentée (oui, vous avez
bien lu, fermentée), meilleure source de vitamines liposolubles et en particulier de vitamine
D… et du soleil !

« Toutes les huiles de foie de morue ne sont pas égales. Les huiles de foie de morue achetées
dans les magasins d’aliments de santé n’ont pas toutes leurs vitamines D naturelles intactes.
La production commerciale d’huile de foie de morue fait intervenir de différents procédés qui
éliminent les graisses saturées, la désodorisation qui élimine les pesticides mais aussi les
vitamines A et D. Lors de ces processus, les vitamines D liposolubles sont complètement
détruites, tandis que les vitamines A le sont quasi-intégralement. »

Extrait emprunté à l’article de Clair et lipide à propos de l’huile de foie de morue fermenté
(voir Pour aller plus loin)
Le régime végétalien favorise-t-il la carie ?
Ramiel Nagel consacre une page assez longue au sujet et soutient que le végétalisme n’est pas
une bonne idée dans la mesure où il exclut les produits d’origine animale et intègre souvent,
lorsque non crudivore, une bonne part de céréales et légumineuses, dont la teneur en acide
phytique altère la bonne assimilation des minéraux et perturbe l’équilibre calcium-phosphore
essentiel aux tissus durs. C’est pourquoi il préconise d’en diminuer la consommation dès lors
qu’il s’agit de guérir une carie. Et ce conseil vaut également pour les noix et fruits à coque,
également riches en acide phytique. La seule solution pour les consommer est de les faire
tremper, germer et fermenter préalablement, comme il était d’ailleurs d’usage dans nombre de
préparations traditionnelles. Pour mieux comprendre la problématique de l’acide phytique, je
vous invite à lire, sur le site de la Fondation Weston Price, un long article de Ramiel Nagel
(voir lien ci-dessous). Et comme il s’agit de veiller à la charge globale en glucides, les fruits
ne doivent pas représenter plus de 20 % des apports.

Cette diète est-elle performante ?


Oui, d’après les testeurs. Oui, également d’après une étude, publiée dans le British Medical
journal, effectuée sur 62 enfants répartis en 3 groupes. Pour autant, elle ne replace pas une
visite chez le dentiste, ne serait-ce que pour en mesurer les effets !

• Groupe 1 : régime standard + farine d’avoine (très riche en acide phytique)

• Groupe 2 : régime normal + vitamine D

• Groupe 3 : régimes sans grains, riche en légumes, fruits, viande, lait… + vitamine D

Résultats : dans le groupe 1, le nombre de caries a augmenté ; groupe 2, observation d’une


légère amélioration et groupe 3 : nette amélioration et guérison de certaines caries.