Vous êtes sur la page 1sur 6

Les cautions bancaires

Les cautions administratives ;

Les cautions fiscales et douanières ;

Les cautions pour le financement du commerce extérieur ;

Les cautions diverses.

I) Les cautions administratives :


Elles portent sur les cautions exigées par l’administration publique aux entreprises
ayant contracté avec elle l’exécution d’un marché. Les cautions administratives sont au
nombre de quatre :

1) Cautions pour adjudication et exécution des marchés publics :


- La caution provisoire ou pour adjudication : pour l’exécution d’un marché public
(construction d’une faculté, d’un hôpital…), l’administration publique (ministère de
l’enseignement, ministère de la santé) lance un appel d’offres, et les entreprises
intéressées y soumissionnent, en offrant leurs meilleurs prix. Le maître de l’ouvrage
(Administration) choisit en principe le moins-disant. Une entreprise qui aurait mal
estimé son offre pourrait éventuellement se désister et troubler le fonctionnement de
l’administration. Pour éviter une telle situation, il est généralement exigé le versement
d’une somme d’argent ou la remise d’un cautionnement bancaire représentant 1.5% du
montant du marché.

2) La caution de restitution d’acompte :


- Une fois, l’entreprise retenue adjudicataire du marché public, elle doit passer à
sa réalisation. Si le contrat prévoit une avance de démarrage (généralement de 10%), le
maître de l’ouvrage doit procéder au versement de cette somme d’argent à l’entreprise.
Cette opération comporte le risque de voir l’entreprise encaisser l’avance en question et
ne pas remplir ses obligations. Pour se prémunir contre un tel risque, le maître de
l’ouvrage exige une caution bancaire équivalente au montant de l’acompte.
3) La caution définitive ou de bonne exécution :
- Lors de la réalisation du marché, l’entreprise retenue adjudicataire peut
éventuellement, pour une raison un autre, s’arrêter de travailler ou commettre des
malfaçons. Ce qui acculera le maître de l’ouvrage à résilier le contrat avec elle et faire
appel à une nouvelle entreprise pour réparer le préjudice terminer les travaux. Ce qui
traduira par une dépense supplémentaire. Par conséquent, l’administration se couvre
contre ce risque en exigeant la remise d’une caution bancaire de bonne exécution
représentant généralement 3% du marché.

4) La caution pour retenue de garantie :


- Une fois, le marché achevé (dans le cas de marché portant sur la construction d’un
ouvrage), le maître de l’ouvrage procède à la réception provisoire des travaux (c'est-à-
dire qu’il ne règle pas à l’entreprise l’intégralité du prix convenu. Il en garde
généralement 10%). La réception définitive est reportée généralement une année après,
le temps de voir si une éventuelle malfaçon apparaîtrait durant cette période (fissures au
niveau des enduits, problèmes d’étanchéité…). Le cas échéant, il procède à la réparation
du préjudice, moyennant la garantie 10% retenue. Cette dernière somme peut représenter
toute la marge bénéficiaire réalisée par l’entreprise dans cette opération et son versement
une année après, lui occasionne une gène de trésorerie. Pour pouvoir l’encaisser avant
terme, elle peut fournir au maître d’ouvrage une caution de retenue de garantie.

II) Les cautions fiscales et douanières :


Les cautions fiscales :
Les cautions délivrées auprès de l’administration fiscale sont généralement de deux
sortes :

Les cautions auprès des services des impôts indirects :

Elles ont pour objet de garantir le paiement des taxes intérieures de consommation
appliquées sur certains ouvrages de marchandises importés de l’étranger ou produits sur
le territoire douanier, lesquels sont énumérés par l’article 182 du code des douanes et
impôts directs du 9 octobre 1977. Les plus courantes sont celles accordées aux
producteurs et dépositaires d’alcool et spiritueux, pour leur permettre à l’issue d’une
déclaration d’enlèvement, le transport de la marchandise et éventuellement le paiement
périodique des taxes lorsque les opérations sont trop nombreuses pour être liquidées une
à une.

Les cautions auprès des services de contribution directes :

Ces cautions sont généralement destinées à suspendre le paiement d’une imposition


contestée par un client jusqu’au dénouement favorable ou défavorable de la révision
opérée par l’administration fiscale et le cas échéant du procès intenté par le contribuable.

Les cautions douanières :


Elles concernent les importations de marchandises qui sont destinées, soit à être
écoulées localement ou à subir une transformation pour sa réexpédition à l’étranger. De
ce fait nous pouvons distinguer entre deux régimes :

Le régime général :

Il s’applique aux marchandises importées pour être vendues localement et à faire,


par conséquent, l’objet d’une déclaration de mise à la consommation. Deux types de
cautionnement peuvent entre en jeu dans ces conditions :

Les obligations cautionnées :

Certaines entreprises importatrices préfèrent reporter le règlement des droits de


douane jusqu’à la vente des marchandises importées et l’encaissement des recettes
correspondantes. Pour ce faire, l’administration douanière tolère ce report sur une durée
ne pouvant excéder les 120 jours, moyennant la remise d’une caution bancaire appelée
obligation cautionnée.

Le crédit d’enlèvement :

Le crédit d’enlèvement appelé également soumission cautionnée permet à une


entreprise importatrice (qui procède à des importations très fréquentes) de disposer
d’une autorisation global auprès de l’administration douanière (montant plafonné épuisé
progressivement au fur et à mesure des importations) pour reporter le règlement des
droits de douane sur toutes les importations. Cette autorisation qui est obligatoirement
couverte par un cautionnement bancaire est valable une année civile.

Les régimes économiques en douane :


Ces régimes permettent l’importation des marchandises avec la suspension du
règlement des droits de douanes et taxes y afférentes. Les cautions délivrées à cet égard,
sont adaptées chacune d’elles à un régime spécifique à savoir :

Les cautions à l’admission temporaire (appelé trafic de perfectionnement actif) ;

Les cautions au trafic de perfectionnement à l’exportation (appelé également exportation


temporaire pour perfectionnement passif) ;

Les cautions à l’exportation temporaire ;

La régime du drawback.

Les cautions d’admission temporaire pour perfectionnement actif :

Ces cautions portent sur les marchandises importées et destinées à être façonnées
ou recevoir un complément d’ouvraison avant d’être réexportées. En effet, les
marchandises en question entrent sur le territoire national en suspension des droits de
douane et doivent être réexportées dans un délai de 6 mois renouvelable jusqu’à 2 ans.

Au-delà, le règlement des droits de douane devient exigible.

Les cautions au trafic de perfectionnement à l’exportation :

Ces cautions sont remises à la douane pour autoriser, en suspension des droits et
taxes, l’exportation provisoire de produits marocains destinés à être transformés ou
réparés à l’étranger avant d’être réimportés. La durée maximale de ce régime est d’une
année.

Les cautions à l’exportation temporaire :

Ces cautions sont délivrées pour permettre la sortie de marchandises devant


séjourner ou être utilisées à l’étranger, en l’état (pour foires et expositions par exemple)
en suspension des droits et taxes à l’exportation. La durée maximale des E.T est de 6
mois.

Le régime du drawback :

C’est un régime particulier qui confère seulement une possibilité de remboursement


afférente à certains droits et taxes perçus à l’importation sur des matières d’origine
étrangères incorporées dans la fabrication de marchandises exportées.

III) Les cautions pour le financement du commerce extérieur :


Les transactions commerciales entre deux partenaires ne résidant pas sur le même
territoire d’importation, présentent souvent un risque extrêmement important pour les
parties. Pour sécuriser, de ce fait, ce type d’opérations, la réglementation internationale a
prévu certaines techniques de règlement nécessitant l’intervention et l’engagement des
banques. Parmi les techniques couramment utilisées, il y’a les remises documentaires et
les crédits documentaires.

Les remises documentaires :


Elles réunissent deux partenaires étrangers (importateur et exportateur) qui
voudraient, compte tenu du degré de confiance qui les lie, sécuriser l’opération
(l’importateur voudrait s’assurer de la qualité de la marchandise qu’il a commandée et
l’exportateur voudrait s’assurer du règlement de sa marchandise). Pour ce faire, et
sachant que sans les documents accompagnant la marchandise (Titre de voyage, note de
poids, note de colisage, certificat d’origine, assurance, facture définitive…)
l’importateur ne pourrait retirer la marchandise au poste frontières, l’exportateur les
expédie directement à la banque de l’importateur. Celle-ci, ne pourra les remettre à son
client importateur qu’après signature par ce dernier d’une traite (si le paiement est
stipulé à crédit) ou un ordre de virement (si le règlement est stipulé au comptant). Pour
les remises documentaires, la banque ne se constitue pas caution. Elle a juste la
responsabilité de remettre les documents contre paiement.
les crédits documentaires :
Le crédit documentaire irrévocable, implique l’engagement ferme de la banque
émettrice (banque de l’importateur) de régler à la banque notificative (banque de
l’exportateur) le montant de la transaction si son client (importateur) faillit à son
engagement.

IV) Les cautions diverses :


Dans certaines circonstances, les banquiers sont amenés à consentir leur aval sur un
ou plusieurs effets pour garantir le dénouement normal d’une opération d’achat réalisée
localement par la clientèle.

Les avals bancaires sont toutefois rares et limités à de bons clients. Aux avals, il
convient d’ajouter les cautions garantissent les crédits fournisseurs, les crédits acheteurs,
les crédits financiers extérieurs ainsi que les contre garanties en faveur de banques
étrangères.

PAGE

PAGE 7