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ÉCOLE D’INGÉNIEURS

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CYCLE PRÉPARATOIRE

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2èmeannée

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MÉCANIQUE EXPÉRIMENTALE

(Première partie)
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Félicien MENDENE M’EKWA

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2019-2020

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1. PRÉ-REQUIS

Connaissance :
- Des principes fondamentaux de la mécanique classique du solide
(équilibre des forces, des moments, etc.) ;
- Des outils mathématiques fondamentaux.

2. BUT DU COURS
- Maîtriser les principes et la technologie des essais mécaniques ;
- Comprendre le fonctionnement des structures par l’expérimentation ;
- Appréhender la différence de fonctionnement des structures par
l’expérimentation ;

3. OBJECTIFS SPÉCIFIQUES

A la fin de ce module, l'élève ingénieur devra avoir compris les spécificités de la mise
en œuvre d’un essai mécanique ;

A la fin de ce module, l'élève ingénieur devra être capable de :


- Poser les hypothèses nécessaires ;
- Calculer les caractéristiques mécaniques d’un matériau ;
- Définir les choix techniques de conception d'une structure.

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INTRODUCTION

1. GENERALITES
1.1. Concept de sciences des matériaux
1.2. Définition de propriétés des matériaux
1.3. Propriétés mécaniques
1.4. Concept de contraintes
1.4.1. Contrainte normale
1.4.2. Contrainte tangentielle
1.5. Déformation
1.5.1. Déformation de traction
1.5.2. Déformation de cisaillement
1.5.3. Dilatation
2. Essais Clarification des concepts
2.1. Introduction
2.2. Quelques définitions
2.3. Classification des matériaux
2.4. Grandeurs mesurés
3. Essais
3.1. Essai de traction
3.1.1. Objectifs
3.1.2. Eprouvette
3.1.3. Machine de l’essai
3.1.4. Principe de l’essai
3.1.5. Courbe
3.2. Essai de compression
3.2.1. But de l’essai
3.2.2. Réalisation de l’essai diagramme
3.3. Essai de résilience Charpy
3.3.1. But de l’essai
3.3.2. Mouton de Charpy
3.3.3. Eprouvette
3.3.4. Effets
3.4. Essai de torsion
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3.4.1. But de l’essai
3.4.2. Machine de l’essai
3.4.3. Eprouvette
3.4.4. Sollicitation
3.4.5. Equation de torsion
3.5. Essai de flexion
3.5.1. But de l’essai
3.5.2. Matériel utilisé
3.5.3. Principe de l’essai
3.5.4. Calcul
3.6. Essai de dureté
3.6.1. Définition
3.6.2. Principe de l’essai
3.6.3. Machine de l’essai
3.6.4. Essai de dureté Brinell
3.6.5. Essai de dureté Rockwell
3.6.6. Essai de dureté Vickers
4. Modification des propriétés
4.1. Propriétés intrinsèques
4.2. Propriétés extrinsèques

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INTRODUCTION

La mécanique expérimentale a pour objectif la résolution de deux problèmes :


 la vérification expérimentale des hypothèses admises en théorie ;
 l’étude et le calcul des caractéristiques mécaniques des matériaux ;
 la vérification expérimentale des hypothèses et la validation des relations, de
calcul en comparant les résultats théoriques avec les données empiriques.

Effectués en laboratoire ou sur le terrain, les essais mécaniques effectués sur les
matériaux :
 permettent de caractériser leur comportement lorsqu'ils sous l’action d’une ou
plusieurs contraintes susceptibles de s'exercer sur une pièce mécanique lors
de sa mise en service ;
 apportent des renseignements précis et fiables sur les performances d'un
matériau ;
 étudient le comportement des matériaux soumis à différentes sollicitations. Il
s’agit pour l’essentiel d’observer le rapport qui existe entre les forces appliquées
et la déformation, ainsi que les sollicitations limites résultantes entraînant une
défaillance des composants.

Les valeurs caractéristiques obtenues par les méthodes d’essai mécanique sont
utilisées dans le développement des matériaux, la conception des composants, ainsi
que dans l’application de l’assurance qualité. Afin de caractériser aussi précisément
que possible les propriétés des matériaux, on dispose d’une série de méthodes d’essai
normalisées:

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1. GÉNÉRALITÉS

1.1. Concept de sciences des matériaux

La science des matériaux est l’étude des relations qui existent entre leur structure et
leurs propriétés générales

La structure d’un matériau correspond à la façon dont s’agencent ses éléments


constitutifs

Plusieurs échelles sont identifiées :


 Échelle subatomique : noyau et électrons
 Échelle atomique : disposition des atomes ou molécules les uns par rapport aux
autres
 Échelle microscopique : groupes d’atomes •Échelle macroscopique : éléments
de structure visibles à l’œil nu

1.2. Définition de propriétés des matériaux

Tous les matériaux interagissent avec des agents extérieurs lorsqu'ils sont utilisés a
ce titre :
 Un matériau sur lequel s’exerce une force subit une déformation
 Une surface métallique polie réfléchit la lumière

Il existe six grandes catégories de propriétés :


 Mécaniques
 Électriques
 Thermiques
 Magnétiques
 Optiques
 Chimiques

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1.3. Propriétés mécaniques

Les propriétés mécaniques concernent la déformation d’un matériau soumis à une


force. Il s’agit de :
 La résistance : caractérise la contrainte maximale que peut supporter un
matériau avant de se rompre ;
 La dureté: résistance d’un matériau à la pénétration ;
 La ductilité: capacité du matériau à se déformer de manière irréversible avant de
rompre ;
 La rigidité: fonction de l’intensité des liaisons entre atomes ou molécules (module
d’Young) ;
 La ténacité: capacité d’un matériau à emmagasiner de l’énergie avant sa rupture.

1.4. Concept de contraintes

1.4.1. Contrainte normale

Comme l’indique la figure ci-dessous, considérons un corps cylindrique soumis en


traction à deux forces :
 Colinéaires
 normales à la section
 de même valeur F1 = F2 = F
 opposées

Au niveau de S, considérons un plan perpendiculaire à l’axe de traction, la surface S


est soumise à une série de forces dF comme l’indique la figure ci-dessous.

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La surface S est soumise à une contrainte normale de traction  telle que :
𝒅𝑭
𝝈=
𝒅𝑺

Pour une traction simple, σ est la même sur toute la surface S.

Soit :
𝑭
𝝈=
𝑺
Cette contrainte normale de traction est perpendiculaire à la surface S

1.4.2. Contrainte tangentielle

Considérons un couple de torsion C exercé sur le cylindre comme l’indique la figure


ci-dessous.

Soit un élément de volume dV = dx.dy.dz

Soit dT, la force élémentaire sur le volume dx.dy.dz

La contrainte élémentaire τ constante sur S est égale à :

𝒅𝑻
 =
𝒅𝒙𝒅𝒚

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Pour une torsion simple,  est égale à :
𝑻
 =
𝑺

Cette contrainte tangentielle de cisaillement ou cission est parallèle à la surface S

1.5. Déformation

1.5.1. Déformation de traction

Considérons un élément de matière cubique représenté ci-dessous.

Après application de la contrainte σ, le cube est déformé selon les 3 directions, il est
observé :

 Un allongement du parallèle à la traction

𝒅𝒖
𝜺′′ =
𝑳
C’est une déformation longitudinale

 Un accourcissement dv perpendiculaire à la traction

𝒅𝒗
𝜺 =
𝑳

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C’est une déformation latérale

Le coefficient de Poisson ν qui relie les deux déformations est égale à :

𝜺⊥
𝝂=−
𝜺′′

1.5.2. Déformation de cisaillement

Après application de la contrainte , le cube est déformé en cisaillement  comme


l’indique la figure ci-dessous.

La contrainte de cisaillement est égale à :

𝒅𝒘
𝜸= = 𝒕𝒈𝜽
𝑳

Si les déformations sont faibles, en première approximation on a :

=

1.5.3. Dilatation

Lorsque les déformations entraînent un changement de volume du corps qui subit


l’action des forces extérieures. la dilatation est définie par :

𝑽
=
𝑽

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2. Clarifications des concepts

2.1. Introduction

Les essais mécaniques ont plusieurs objectifs :


 Les essais de caractérisation. Ils permettent la compréhension de mécanisme ;
 Des essais de référence pour quantifier des grandeurs telle que le module de
Young ou classer des solutions techniques en fonction de paramètre
intrinsèque tel que le coefficient de frottement. Pour ces essais ; il est recherché
un champ uniforme et maximal dans la zone d’analyse de manière à observer
des phénomènes indépendants de la géométrie ou du chargement.

2.2. Quelques définitions

Déformation: C’est la modification que subit un corps sous l'effet de la force qu'il subit.

Élasticité : Propriété qu'a un corps, après avoir été déformé par une charge, de
reprendre sa forme initiale lorsque la charge est enlevée.

Limite élastique : C’est la contrainte maximum que peut supporter un matériau sans
danger de déformation permanente.

Module de Young (élasticité) : C’est la constante de proportionnalité entre la contrainte


qu'un matériau subit et sa déformation unitaire. C'est une constante propre à chaque
matériau.

Plasticité : Propriété qu'a un corps de conserver partiellement les déformations


produites par une charge lorsque celle-ci est enlevée. La déformation plastique se
produit quand la contrainte dépasse la limite d'élasticité

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2.3. Classification des matériaux

Trois comportements sont possibles en matériaux :


 Matériaux fragiles
Il n’y a de domaine plastique. Cette catégorie comprend : les verres ; les
céramiques, les bétons, les polymères et les thermodurcissables.
 Matériaux ductiles
La déformation plastique est permanente. Ce sont les métaux, les alliages et
les polymères thermoplastiques
 Matériaux non linéaires
La déformation élastique n’est pas proportionnelle à la charge. C’est le
caoutchouc et les élastomères.

D’où les 3 diagrammes respectifs.

2.4. Grandeurs mesurables

Les grandeurs mécaniques qui intéressent le concepteur sont variées. Elles


dépendent du type de matériau et du mode de sollicitation. En voici les plus
importantes :
 Pour caractériser l’élasticité :
- Le module de traction 𝜎 = 𝐸𝜀
E : module d’Young
ε déformation longitudinale
𝜺⊥
- Le coefficient de Poisson 𝝂 = − 𝜺′′

- Le module de cisaillement 𝜏 = 𝐺𝛾
G : module de cisaillement ou de Coulomb
γ: déformation en cisaillement
- Le module de compression 𝝈 = 𝑬𝜺

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 Pour la mise en forme
- Le taux d’écrouissage
 Pour assurer l’intégrité de la pièce
- A un effort maximal
 La limite d’élasticité en traction et / ou compression
 La limite de rupture en traction et / ou compression
- A un choc
 Un essai de résilience
- A une sollicitation alternée
 Un essai de fatigue
 Pour sa tenue en dynamique
- Le module complexe

Ces grandeurs peuvent être mesurées par plusieurs méthodes.

Pour le module de Young par exemple, les essais suivants peuvent être faits :
 Essai de traction
 Essai de flexion
 Analyse de fréquence propre
 Propagation d’ultra son

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3. Essais

3.1. Essai de traction

L’essai de traction permet de définir les caractéristiques mécaniques. La connaissance


des paramètres de l’essai de traction permet de prévoir le comportement d’une pièce
sollicitée en traction.
Ce type d’essai est normalisé (norme AFNOR NF 03-160 pour tôles et bandes d’acier)
par des réglementations nationales ou internationales :
 géométrie des éprouvettes ;
 machine d’essai et leur étalonnage ;
 techniques expérimentales mises en œuvre, le dépouillement des résultats et
leur présentation

3.1.1. Objectifs

Les objectifs de l’essai de traction sont de définir et déterminer :


 La contrainte et déformation conventionnelles ; contrainte et déformation
réelles ;
 Les courbes contrainte-déformation réelle et conventionnelle ;
 Le module d’élasticité ou module de Young E;
 La limite de proportionnalité ;
 La limite d’élasticité é ;
 La limite conventionnelle d’élasticité. ;
 La résistance à la traction (contrainte ultime) ;
 L’allongement à la rupture ;
 La striction à la rupture ;
 Le coefficient de Poisson.

3.1.2. Eprouvette

Les éprouvettes de l’essai de traction uniaxiale ordinaires sont de forme généralement


cylindrique ou plate, elles sont soigneusement polies et calibrées selon les indications
des figures ci-dessous.

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L’éprouvette de traction calibrée est représentée ci-dessous.

Avec Lc longueur calibrée Lc = L0+ 2d

3.1.3. Machine de l’essai

L’essai est réalisé sur une machine de traction (voir figure ci-dessous), en appliquant
lentement et progressivement un effort de traction croisant, dont l’intensité varie de 0
jusqu’à F, sur une éprouvette maintenue solidement entre les mâchoires de la
machine. Des appareils adaptés à la machine permettent de mesurer à chaque instant
l’effort de traction ou la charge et l’allongement de l’éprouvette

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3.1.4. Principe de l’essai

Le principe est de soumettre une éprouvette à un effort de traction jusqu’à la rupture


en vue de déterminer les caractéristiques mécaniques d’un matériau donné.

3.1.5. Courbe

La courbe de traction charge-déplacement (F = f (∆l ) où ∆l est l’allongement absolu


de l’éprouvette suite à l’application de la charge) est une caractéristique de
l’échantillon. Celle-ci peut être modifiée de façon que les résultats obtenus ne soient
fonction que du matériau étudié et non de la géométrie de l’éprouvette. Ainsi, on
obtient :

 = f()

𝑭
où 𝝈=𝑺
𝟎

𝒍
=𝒍
𝟎

La courbe est de la forme :

C’est la courbe conventionnelle σ = f(ε) du comportement en traction d’un acier à bas


carbone.

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Il est défini :
 La contrainte nominale est la charge rapportée à la section initiale S0

𝑭
𝝈=
𝑺𝟎

 L’allongement relatif (déformation) est l’allongement absolu ∆l rapporté à la


longueur initiale l0

𝒍 𝒍 − 𝒍𝟎
= =
𝒍𝟎 𝒍𝟎

Les zones caractéristiques du diagramme identifiées sont les suivantes :

OA : c’est le domaine de déformation élastique linéaire ou appelé encore domaine de


proportionnalité. La loi de Hooke pour lequel s’applique dans ce domaine  = E.
E module de Young. Il caractérise la pente de la droite de proportionnalité OA.

La limite de proportionnalité P correspond à la fin du domaine proportionne.

AB : correspond à un domaine de déformation élastique réversible, mais il n’est plus


linéaire. Le point B correspond à la limite élastique. A partir du point B les déformations
n’étant plus réversibles. Elles sont appelées déformations plastiques.
CD : le segment horizontal CD est appelé palier d’écoulement. La caractéristique
suivante est la limite d’écoulement. La limite d’écoulement est la contrainte à partir de
laquelle la déformation croît sans accroissement notable de la charge. C’est le point
C. Elle est déterminée facilement et constitue une des principales caractéristiques
mécaniques d’un matériau.

DE : zone d’écrouissage : Après avoir enregistré un certain allongement sous une


charge constante, le matériau acquiert de nouveau la propriété de résister à la traction
(écrouissage), et après le point D la courbe monte de nouveau, bien que sa pente

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devienne sensiblement plus faible (l’accroissement de la contrainte est beaucoup plus
lent que dans la zone élastique.

ER : domaine de striction (domaine de déformation hétérogène) : lorsque la contrainte


atteint la valeur de la résistance à la traction m, un rétrécissement appelé striction ou
étranglement se forme sur l’éprouvette. L’aire de la section de l’éprouvette au droit de
la striction diminue rapidement, ce qui entraîne la chute de la contrainte
conventionnelle. Par la suite, la déformation de l’éprouvette se fait avec diminution de
la contrainte bien que la contrainte moyenne dans la section droite de la striction
croisse. La déformation de l’éprouvette a donc un caractère local, c’est pourquoi le
tronçon de la courbe est appelé zone d’écoulement local, le point R correspond à la
rupture de l’échantillon. Pour beaucoup de matériaux, la rupture a lieu sans
étranglement notable.

En résumé.

1. Courbe de traction conventionnelle

2. Les caractéristiques nominales ou apparentes

 La limite de proportionnalité
𝑭𝒑 𝒓
𝝈𝒑 𝒓 =
𝑺𝟎
 La limite d’élasticité
𝑭𝒆
𝝈𝒆 =
𝑺𝟎
 La limite d’écoulement
𝑭𝒆 𝒄
𝝈𝒆 𝒄 =
𝑺𝟎

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 La limite d’élasticité conventionnelle
𝑭𝟎,𝟐
𝝈𝟎,𝟐 =
𝑺𝟎

 La résistance à la traction
𝑭𝒎
𝝈𝒎 =
𝑺𝟎
 La résistance à la rupture :
𝑭𝒓
𝝈𝒓 =
𝑺𝟎
Caractéristiques de ductilité

 Allongement relatif résiduel à la rupture

𝒍𝒇 − 𝒍𝟎
𝜹= × 𝟏𝟎𝟎
𝒍𝟎

Où lf et l0 sont respectivement les longueurs initiales et finales après rupture ; lf est


mesurée lorsque les deux parties rompues de l’éprouvette sont aboutées.

 striction à la rupture

𝑺𝟎 − 𝑺 𝒇
𝒁= × 𝟏𝟎𝟎
𝑺𝟎

Où S0 est l’aire initiale de la section et Sf l’aire de la plus petite section après rupture

 Coefficient de Poisson
L’Allongement de l’éprouvette dans le sens de la traction, c'est-à-dire le long de la
longueur, entraine une augmentation de son volume ; si la déformation est élastique,
il y a une compensation partielle de cette augmentation de volume par contraction
latérale de l’éprouvette dans le sens de largeur.

La déformation relative dans les directions y et z (déformations transversales) s’écrit :

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𝚫𝐲
𝛆𝐲 =
𝐲𝟎
𝚫𝐳
𝛆𝐳 =
𝐳𝟎
Le coefficient de Poisson est définit comme étant le rapport de la déformation relative
transversale et longitudinale.
𝜺𝒚 𝜺
𝝊 = | | = | 𝒛|
𝜺𝒙 𝜺𝒙

Les déformations transversales d’un matériau isotrope sont les mêmes dans toutes
les directions. Ainsi, en tenant compte des signes de déformations, il vient :

y = z = - x

 Déformation volumique (variation relative ∆de volume)


Elle est égale à :
𝚫𝑽 𝑽−𝑽𝟎
= = 𝜺𝒙 + 𝜺𝒚 + 𝜺𝒛
𝑽𝟎 𝑽𝟎

3.2. Essai de compression

3.2.1. But de l’essai

Le but de l’essai de compression est de :


 Déterminer la contrainte limite en compression pour les matériaux fragiles ;
 Construire la courbe de compression ;
 Tracer le schéma de l’éprouvette avant et après déformation ou rupture.

3.2.2. Réalisation de l’essai

L’essai de compression est l’un des essais les plus faciles à réaliser. Il consiste à
soumettre une éprouvette de forme cylindrique ou prismatique, placée entre les
plateaux d’une presse, à deux forces axiales égales et directement opposées, qui
tendent à la comprimer. Si le matériau étudié est ductile, la rupture ne peut être atteinte
avec cet essai.

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L’essai de compression est surtout utilisé pour déterminer la contrainte de rupture des
matériaux fragiles (céramiques, verres, pierres, fonte, …).

3.2.3. Eprouvettes standardisées utilisées dans l’essai de compression

On distingue trois types d’éprouvettes standardisées :


 Eprouvettes longues dont la longueur est de l’ordre de 8 à 10 fois le diamètre
de la section droite de l’éprouvette ;
 Eprouvettes moyennes dont la longueur est égale à trois fois le diamètre de la
section (l0 = 3d0). Elles sont utilisées pour la détermination de la résistance à la
traction ;
 Eprouvettes courtes (l0 = 0, 9d0). Elles sont utilisées pour l’essai des métaux
destinés à la fabrication des supports afin d’estimer l’influence du frottement sur
ces derniers.

Ce schéma représente une éprouvette cylindrique soumise à deux forces axiales


opposées

3.2.4. Comportement des matériaux sous charge de compression

Lors de la compression d’une éprouvette cylindrique en acier à bas carbone, elle prend
la forme d’un tonneau comme l’indique la figure de droite ci-dessus. La courbe de
compression obtenue pour ce matériau est présentée ci-après.

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Le type de rupture d’une éprouvette en fonte soumise à la compression axiale est
présenté à la figure 4 et la courbe de compression lui correspondant est donnée par
la figure ci-dessous.

3.3. Essai de résilience Charpy

3.3.1. But de l’essai

Les essais de résilience permettent de caractériser la fragilisation d'un matériau. Ils


consistent à rompre une éprouvette entaillée (l'entaille a pour but de fragiliser le
matériau) – éprouvette Charpy - sous l'impact d'un "mouton-pendule". On mesure
l'énergie absorbée par la rupture, ce qui permet de remonter à la résilience du
matériau.

3.3.2. Mouton de Charpy

Le mouton Charpy est constitué d'un couteau fixé sur un marteau qui oscille dans un
plan vertical autour d'un axe (fig. ci-dessous). Pour un essai, le couteau est amené à
une hauteur qui correspond à l'énergie de départ 𝑾𝑯 = 𝒎𝒈𝑯. Dans sa chute, le
couteau va provoquer la rupture de l'éprouvette qui sera accompagnée d'une
absorption d'énergie, et le marteau remontera à une hauteur H′ à laquelle est associée
une énergie potentielle W H = mgH′.

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L’énergie KV dépensée pour rompre l’éprouvette est égale à :

Kv = P(H – H’) = mg(H – H’)

La résilience est définie comme l’énergie de rupture (sans choc) ramené à la section
S de l’éprouvette à l’endroit de la fissure aK = KV/S

3.3.3. Eprouvette

Les éprouvettes les plus utilisées sont représentées ci-dessous :


 L’éprouvette ISO ayant une entaille en V de dimensions :
Profondeur : 2 mm
Angle : 45°
Rayon en fond d’entaille : 0,25 mm

 L’éprouvette ISO ayant une entaille en U de dimensions :


Profondeur : 5 mm
Largeur : 2 mm
Rayon en fond d’entaille : 1 mm

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Eprouvette en U

Eprouvette en v

3.3.4. Dispositif expérimental

L’essai de résilience est réalisé sur une machine appelée mouton pendule de charpy
développé par Mr. Georges Charpy en 1901. Ce dispositif expérimental est une sorte
de pendule munie d’un couteau, de masse bien déterminée, à son extrémité et qui va
être lâché à partir d’une position correspondant généralement à une énergie potentielle
initiale W 0 de 300J.

L’essai, qui est un essai comparatif entre matériaux, mesure l’énergie qu’il faut fournir
à un pendule pesant pour briser une éprouvette entaillée du matériau à tester.

On appelle résilience l’énergie absorbée ramenée généralement à la section brisée de


l’éprouvette. On la note Kcv ou Kcu en J/cm2 selon le type d’entaille respectivement
V ou U. La résilience est égale donc à la différence des énergies potentielles du
pendule entre le départ (W 0 = Mg.h0) et l’arrivée (W 1 = Mg. h1) :
W = mg.(h0 – h1) divisée par l’air de la section rompue

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En mesurant la résilience en fonction de la température, on peut tracer une courbe (ci-
dessous)mettant en évidence, une zone de transition ductile-fragile qui correspond à
un changement de comportement de ductile à fragile. Cette transition est rarement
abrupte et on choisit des températures de transition arbitraires dont les plus usuelles
sont :
 La température de transition à une valeur d'énergie KCV (ou résilience) donnée
(en général 35 J.cm-2) que l'on note TK35,
 La température de transition à 50% de rupture ductile (ou cristallinité), TK50
L’analyse des faciès de rupture à différentes températures révèle que :
 Dans la zone de rupture fragile, où l'énergie de rupture (résilience) est faible, le
faciès est à " grains " ou " cristallin " (plage brillante) ;
 Dans le domaine de rupture ductile, où l'énergie de rupture est élevée, le faciès
est à nerfs.
 Le faciès est mixte dans la zone de transition ductile-fragile.

3.4. Essai de torsion

3.4.1. But de l’essai

Le but de cet essai est de :


 Déterminer expérimentalement la relation entre le moment de torsion et l’angle
de torsion d’une barre de section circulaire ;
 Déterminer expérimentalement la valeur du module de glissement (module de
coulomb G).

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3.4.2. Machine de l’essai

C’est le WP 100 constitué d’un bâti, de deux supports mobiles qui contiennent des
mandrins permettant de fixer les barres de torsion et des appuis pour les barres lors
de l‘essai de flexion, d’un comparateur à cadran avec support et enfin d’un dispositif,
sur un support, permettant de déclencher le moment de torsion et un jeu de poids pour
générer les moments de flexion ou de torsion (fig. 1 ci-dessous). Les appuis pour
l’essai de flexion offrent différentes possibilités d’encastrement permettant d’étudier
les montages isostatiques ou hyperstatiques. L’essai de torsion est réalisé sur un
système isostatique. Le point d’application de la charge utilisée pour générer le
moment de flexion peut être déplacé.

Le WP 100 permet d’étudier l’influence de différents facteurs, par exemple : le


matériau, la section, la longueur d’encastrement et le type d’appui sur la déformation
d’une barre soumise à une charge de flexion ou à un moment de torsion.

3.4.3. Eprouvette

Les éprouvettes utilisées pour l’essai de torsion (fig.2 ci-dessous) sont de forme
cylindrique de section pleine, de diamètre et de longueur L. Trois types de matériaux
sont utilisés : l’acier, l’aluminium el le cuivre.

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3.4.4. Sollicitation

Une poutre est sollicitée à la torsion simple quand elle est soumise à l’action de deux
couples de moments, agissant dans les plans de sections droites, égaux et opposés
(vectoriellement ces moments sont portés par l’axe de la barre) comme l’indique les
figures ci-dessous.

Ou

3.4.5. Equation de torsion

Les hypothèses de calcul sont :

 La barre est rectiligne et d’une section circulaire uniforme sur toute sa longueur
;
 Le couple appliqué est constant sur toute la longueur et agit autour de l’axe
polaire ;
 Les contraintes induites n’excèdent pas la limite de proportionnalité ;
 Les sections normales et perpendiculaires à l’axe de la barre avant déformation,
restent planes et perpendiculaires à l’axe après déformation ;
 Les sections droites tournent autour de l’axe de la poutre ;
 Les génératrices s’enroulent suivant des hélices ;

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 Lorsque la barre se déforme ses dimensions ne changent pas de façon notable
et les diamètres doivent rester droits.

Considérons la figure ci-dessous

Soit  : l’angle total de torsion entre les deux extrémités de la barre ;


Mt : le moment de torsion appliqué en N.mm. ;
G : le module d’élasticité en torsion en N ⁄mm2 ;
IP : - le moment d’inertie polaire de la section de la barre en mm4.

Les relations suivantes ci-dessous sont démontrées :

𝑴𝒕 𝑮. 𝝋
=
𝑰𝑷 𝑳

La contrainte tangentielle maximale :

𝑴𝒕 𝒓
𝝉𝒎𝒂𝒙 =
𝑰𝑷

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3.5. Essai de flexion

3.5.1. But de l’essai

Cet essai présente la même utilité que les essais de compression, il est peu utilisé
pour les matériaux ductiles

Le but de cet essai est de :


 déterminer le module de Young de différents matériaux (acier, aluminium,
cuivre) ;
 déterminer les flèches des poutres droites, isostatiques et hyperstatiques, de
sections droites constantes sous différents modes de fixation ;
 vérifier le principe de superposition ;
 vérifier le théorème de réciprocité des travaux et déplacements virtuels

3.5.2. Matériel utilisé

Le Bâti de flexion (appareil W 100) figure ci-dessous est composé de : règle métallique
graduée ; comparateur à cadran ; support pour comparateur ; tiges plates en acier,
aluminium et cuivre; porte poids pour poids à fente (ou poids à disque) ; poids à fente
; pied à coulisse ; supports mobiles permettant de réaliser les différents modes de
fixation et de faire varier les longueurs de poutres à étudier.

3.5.3. Principe de l’essai

Une barre plate reposant sur deux appuis simples. Etant fléchie sous l'action d'une
force agissant au centre de la barre. La flèche expérimentale est mesurée à l’aide
d’un comparateur à cadran. Le module d'élasticité est déterminé à partir de la flexion
et des données géométriques de la barre.

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3.5.4. Calcul

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