Vous êtes sur la page 1sur 13

MODÈLE DE LETTRE

MODÈLE DE CONTRAT DE MAINTENANCE INFORMATIQUE

QUAND UTILISER CE CONTRAT DE MAINTENANCE INFORMATIQUE ?

Vous êtes prestataire de service de maintenance et vous souhaitez conclure une convention de maintenance
d'appareils informatiques avec un client potentiel. Vous devez procéder à la rédaction d'un contrat de
maintenance informatique afin d'aménager les conditions de votre prestation.

CE QUE DIT LA LOI SUR LE CONTRAT DE MAINTENANCE INFORMATIQUE

Le contrat de maintenance est un contrat de prestation de services par lequel un prestataire se charge de vérifier,
d'entretenir ou de réparer une installation informatique. Il assiste le client dans l'utilisation d'un matériel et la
réparation de ses disfonctionnements. Il s'apparente au contrat d'entretien. Mais il prévoit également l'intervention
de l'entreprise de maintenance dans les cas de pannes nécessitant des réparations importantes. Ce contrat n'a
pas pour objet les interventions concernant les logiciels, ceux ci ne faisant l'objet que d'améliorations, et non
d'entretien. Dans le contrat de maintenance les prix sont généralement convenus à l'avance. Le contrat prévoit le
plus souvent un système d'abonnement annuel.
La jurisprudence a de plus précisé que, lorsque cette redevance est fixée sous forme de forfait, le client ne doit
rien de plus, même si le mainteneur a effectué des travaux supplémentaires utiles, dès lors qu'il n'est pas en
mesure de produire un bon de commande.
En matière de maintenance de matériel la garantie des vices cachés reçoit application au contrat de
maintenance.

NOS CONSEILS POUR VOTRE CONTRAT

Le contrat de maintenance informatique proposé ne tient pas compte des situations particulières, ni des clauses
particulières qui peuvent être insérées. Il conviendra donc d'adapter ce modèle à votre situation personnelle, aux
exigences de chacune des parties, aussi nous vous conseillons de faire valider votre projet par un avocat en cas
de difficultés. Les informations figurant en bleues dans le modèle servent d'indications et sont à supprimer avant
impression et signature.
1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7  
Logiciels

Cette rubrique s'intéresse plus particulièrement aux aspects de protection des logiciels, à l'exploitation des
licences ainsi qu'à la brevetabilité des logiciels
 
 La protection des logiciels par le droit d'auteur
 Les modalités de la protection

 Les différents types de dépôts

 La protection du nom du logiciel : application du droit des marques

 L'exploitation des logiciels : les licences

 La brevetabilité du logiciel

 Le contexte international

 
La protection des logiciels par le droit d'auteur
 
Depuis la loi du 3 juillet 1985 qui a étendu la notion d'œuvre de l'esprit aux logiciels, le logiciel est protégé par le
droit d'auteur. L'ensemble du dispositif législatif applicable aux logiciels est aujourd'hui intégré dans la première
partie du Code de la propriété intellectuelle, parmi les dispositions relatives à la propriété littéraire et artistique.
 
Les caractéristiques du droit d’auteur
Les droits d'auteur sur le logiciel se composent de droits patrimoniaux et de droits moraux.
 
Droits patrimoniaux : l'auteur dispose sur son logiciel d'un droit d'exploitation (art.L.122-6 CPI) qui lui permet d'en
effectuer ou d'en autoriser :
 
- la reproduction
- la traduction ou l'adaptation (le terme adapter s'entend comme le fait d'utiliser une œuvre première afin d'en tirer
une œuvre seconde) et toute autre modification du logiciel, ainsi que la reproduction du logiciel en résultant
- la mise sur le marché à titre onéreux ou gratuit
 
Droits moraux : les droits moraux de l'auteur d'un logiciel sont diminués par rapport au droit d'auteur "traditionnel".
L'auteur d'un logiciel dispose :
 
- du droit au nom,
- du droit de divulgation
 
En revanche le droit de repentir et le droit à l'intégrité de l'œuvre sont suspendus au profit du cessionnaire des
droits d'exploitation, c'est à dire l'acquéreur du logiciel, sauf stipulations contraires (Art.L.121-7 CPI).
 
A qui appartiennent ces droits ?
Les droits d'auteur sur le logiciel appartiennent à celui qui a pris l'initiative de le créer et de le réaliser.
L'appartenance des droits dépend donc des conditions de réalisation du logiciel :
 
- lorsque le logiciel est créé par un seul auteur, il appartient à celui-ci
- lorsque le logiciel a plusieurs auteurs personnes physiques, il constitue une œuvre de collaboration qui
appartient à ces différents coauteurs (le droit commun de l'indivision s'applique)
- lorsque le logiciel est réalisé par une équipe coordonnée par une personne physique ou morale qui a pris
l'initiative de la création et qui édite et diffuse le produit, il constitue une oeuvre collective et le logiciel appartient à
cette personne
 
Lorsque les logiciels sont développés dans l'entreprise, les droits patrimoniaux sont dévolus à l'employeur
(art.L.113-9 du CPI : "sauf dispositions statutaires ou stipulations contraires, les droits patrimoniaux sur les
logiciels et leur documentation créés par un ou plusieurs employés dans l'exercice de leurs fonctions ou d'après
les instructions de leur employeur sont dévolus à l'employeur qui est seul habilité à les exercer"). Les droits
moraux restent quant à eux acquis à l'auteur - salarié.
 
Il en est de même pour les logiciels créés par les agents de l'Etat, de collectivités publiques et des établissements
de caractère administratif, sauf stipulations statutaires contraires.

    1 - 2 - 3 - 4 - 5 - 6 - 7
Logiciels

 La protection des logiciels par le droit d'auteur

 Les modalités de la protection

 Les différents types de dépôts

 La protection du nom du logiciel : application du droit des marques

 L'exploitation des logiciels : les licences

 La brevetabilité du logiciel

 Le contexte international

 
Les modalités de la protection
 
Les conditions de la protection
Seuls les logiciels présentant un caractère original sont protégés par le droit d'auteur.
Le critère d'originalité est la seule condition de fond nécessaire à la protection du logiciel par le droit d'auteur. Ce
critère d'originalité n'est pas défini par la loi. Il convient de se référer à la jurisprudence PACHOT (Cass,
Assemblée plénière, 7 mars 1986) selon laquelle "l'originalité d'un logiciel consiste dans un effort personnalisé
allant au-delà de la simple mise en œuvre d'une logique automatique et contraignante". Cela ramène la notion
d'originalité à la "marque d'un apport intellectuel".
 
L'objet de la protection
La protection du logiciel ne s'étend pas aux idées qui sont à la base du logiciel. Seule la mise en forme de ces
idées peuvent faire l'objet d'une protection par le droit d'auteur.
 
   Les éléments du logiciel non protégés
 
- les fonctionnalités
- les algorithmes 
- les interfaces
- les langages de programmation
Tous ces éléments sont en effet considérés comme des éléments informatiques à l'origine de la conception du
logiciel ne présentant pas en tant que tels une forme définie. Ils appartiennent au domaine de l'idée.
- la documentation d'utilisation du logiciel sur papier (protégée par le droit d’auteur traditionnel, en tant qu’œuvre
distincte du logiciel)
 
   Les éléments protégés
 
- l'architecture des programmes
- le code source
- le code objet (résultat de la compilation du code source)
- les différentes versions
- les écrans et modalités d'interactivité s'ils sont originaux
- le matériel de conception préparatoire (Art. L.122-2 du CPI) : les ébauches, les maquettes, les dossiers
d'analyses fonctionnelles, la documentation de conception intégrée au logiciel, les prototypes.
 
Les techniques de protection
 
 Absence de formalités
 
Un logiciel original est protégé par le droit d'auteur, du seul fait de sa création.
Cette protection n'est soumise en France à aucune procédure particulière, l'apposition de la mention Copyright,
n’est donc pas nécessaire. Cependant, malgré son absence de fondement légal, dans le cadre d’une exploitation
large du logiciel, on ne peut que recommander d’apposer la mention Copyright, car nombre de législations
étrangères exigent l'accomplissement de cette formalité pour les œuvres publiées dont les logiciels exploités.
 
 Intérêt du dépôt
 
Si aucune formalité de dépôt de l'œuvre n'est imposée, le dépôt du logiciel peut néanmoins présenter un intérêt
pour pré-constituer la preuve de la création et lui donner date certaine, en cas notamment de contestation future.
 
Comment protéger un logiciel ?
Les logiciels sont protégés au titre du droit de propriété littéraire et artistique. Ils peuvent dans quelques cas
particuliers relever de la loi sur les brevets d'invention.

C'est une protection qui s'obtient sans aucune formalité particulière. En effet, l'article L 111-1 du code de la
propriété intellectuelle prévoit que "l'auteur d'une oeuvre de l'esprit jouit sur cette oeuvre, du seul fait de sa
création, d'un droit de propriété incorporelle exclusif et opposable à tous".

Cependant, l'auteur d'un logiciel peut avoir à prouver qu'il en est bien le créateur à une date déterminée :

 soit pour fixer le point de départ de la durée de protection,


 soit pour faire valoir ses droits, en cas de plagiat ("action en contrefaçon").

Après la mort de son auteur, le logiciel est protégé pendant 70 ans.

 1ère solution : le "dépôt chez soi"

 2ème solution : remise d'un pli à un tiers

 3ème solution : dépôt auprès d'un organisme spécialisé

 Où s'adresser ?

  1ère solution : le "dépôt chez soi"

L'auteur s'adresse lui-même un pli recommandé avec accusé de réception et garde le pli scellé.

  2ème solution : remise d'un pli à un tiers

Le pli peut être remis à un officier ministériel : notaire ou huissier de justice.

  3ème solution : dépôt auprès d'un organisme spécialisé

 Déposer le logiciel auprès de l'Agence pour la protection des programmes (APP), et lui confier la défense
de ses droits.

Cette solution est la plus onéreuse, mais elle apporte à l'auteur une protection maximale.
L'APP a, en effet, pour objet de défendre les auteurs de programmes informatiques, de jeux vidéo, de progiciels,
etc.

Elle propose 2 types de services :

-  Le dépôt du programme source, qui s'effectue sur des microfiches. Dans ce cas, l'APP prend en charge les
frais d'enquête et de saisie en contrefaçon.
-  Le référencement : service allégé qui permet de donner une date certaine à la création.

   Coût

   Droit d'entrée

- 190 euros HT pour les personnes physiques,


- 700 euros HT pour les personnes morales.
   Cotisation annuelle

- 110 euros HT pour les personnes physiques,


- 430 euros HT pour les personnes morales.

   Droits de dépôt

- 190 euros HT par dépôt,


-   80 euros HT pour les mises à jour.

   Droits de référencement (à partir du 4ème référencement)

- 32 euros HT pour les personnes physiques,


- 80 euros HT pour les personnes morales.

La cotisation annuelle, qui est obligatoire, donne droit à 3 enregistrements gratuits.


Les prestations telles que le dépôt contrôlé, la duplication par agent assermenté, l'accès aux éléments déposés
et le procès-versbal de constat sur internet par agent assermenté, proposées par l'APP se font sur devis
préalable.

 La Société des gens de lettres (SGDL) accepte en dépôt tous documents (listages de logiciels et de
progiciels, etc.).
Le dépôt est reçu pour une durée de 4 ans, renouvelable.
Coût : 45 euros
Possibilité d'enregistrer le logiciel par internet sur le site www.cleo-sgdl.org

  Où s'adresser ?

 Agence pour la protection des programmes (APP), 54, rue de Paradis, 75010 Paris, Tél. : 01 40 35 03 03,
site internet :www.app.asso.fr

 Société des gens de lettres de France (SGDL), Hôtel de Massa, 38 rue du Faubourg Saint-Jacques, 75014
Paris, Tél. : 01 53 10 12 12, site internet : www.sgdl.org

 Institut national de la propriété industrielle (Inpi), 26 bis rue de Saint-Pétersbourg, 75800 Paris Cedex 8,
Tél. : 0 820 210 211 (0,09 € TTC/mn), site internet : www.inpi.fr
LA PROTECTION DU LOGICIEL PAR LE DROIT D’AUTEUR
Le logiciel occupe aujourd’hui une place importante de l’économie numérique, en effet, celui-ci est
embarqué dans de nombreuses machines, il est devenu indispensable. C’est pourquoi il est apparu nécessaire de
savoir quelle protection était accordée au logiciel, or la réponse à cette  question n’était pas évidente, puisque l'on
pouvait hésiter entre une protection accordée via le droit des brevets, le droit d’auteur, ou encore crée un régime
propre au logiciel. C’est finalement la protection par le droit d’auteur qui a été choisie.
Le logiciel est protégé en France par le droit d’auteur.
Toutefois le choix de la protection par le droit d’auteur n’a pas toujours été évident.
En effet le législateur hésitait entre la protection du logiciel par le droit des brevets, une protection par le droit
d’auteur, ou encore à une protection par un droit intellectuel spécifique.
Ces hésitations provenaient de la nature ambivalente du logiciel, celui-ci faisant appel à des notions de brevets par
son aspect technique, mais aussi au droit d’auteur en ce qu’il constitue une œuvre du langage.
Les Etats-Unis ont été les premiers à choisir la voie du copyright.
Même si le législateur a choisi le droit d’auteur pour assurer la protection du logiciel, celui-ci a été adapté au
logiciel de façon à appréhender l’aspect technique de la notion de logiciel.
 

I / Le choix de la protection par le droit d’auteur


A / Les raisons de l’exclusion du droit des brevets
Le droit des brevets apparait à première vue intéressant pour la protection des logiciels, car il pourrait avoir l’intérêt
de protéger les fonctions d’un logiciel.
Toutefois en France le débat a été tranché dès 1968 avec l’adoption de la loi du 2 janvier 1968 qui expliquait le
refus de l’application du droit des brevets au logiciel par son inaptitude à remplir le caractère industriel exigé pour les
inventions brevetables.
Par ailleurs le choix de ne pas opter pour le droit des brevets s’explique par des motifs économiques et techniques.
En effet le législateur a craint que les Etats Unis inondent le marché français de demande de brevet et qu’ils
bloquent ainsi la recherche française.
Du point de vue de la technique juridique il aurait de plus difficile pour les praticiens d’apprécier l’état de la
technique antérieure en matière de logiciel, les conditions de nouveauté et de l’activité inventive étant nécessaire pour
prétendre à la brevetabilité d’une invention.
Enfin lors du dépôt d’un brevet il est nécessaire de rédiger des revendications d’ordre technique pour délimiter le
champ de la protection accordée, or la rédaction de ces revendications se serait avéré très complexe dans le cadre du logiciel.
C’est pour ces raisons que l’article L 611-10 du code de la propriété intellectuelle (http://www.legifrance.gouv.fr/)
prévoit l’exclusion explicite de brevetabilité des logiciels.
Toutefois l’exclusion de brevetabilité n’est pas absolue.
En effet l’article L 611-10 CPI n’exclut le logiciel de la brevetabilité « qu’en tant que tel ».
Cela signifie que le logiciel ne peut pas être déposé que s’il est revendiqué en tant que tel, mais qu’il devient
brevetable lorsqu’il est intégré à une invention plus globale.
Enfin l’avantage de la protection par le droit d’auteur est que celle-ci est acquise sans aucune formalité de dépôt,
contrairement au brevet qui implique un dépôt auprès de l’Institut national de la propriété intellectuelle entrainant un certain
cout.
L’article L 111-2 CPI dispose en effet que « l’œuvre est réputée créée indépendamment de toute divulgation
publique du seul fait de la réalisation même inachevée de la conception de l’auteur ».
B / La notion de logiciel
Le législateur n’a pas précisé la notion de logiciel, cet oubli est volontaire dans la mesure où il ne voulait pas
enfermer le logiciel dans « un carcan législatif » et permettre une adaptation plus efficace du droit d’auteur au logiciel.
C’est donc la jurisprudence qui a délimité les contours de la notion.
Du point de vue technique le logiciel se définit comme un processus comprenant deux phases, à savoir une phase
d’analyse et une phase de programmation.
La phase d’analyse se distingue entre l’analyse fonctionnelle et l’analyse organique.
L’analyse fonctionnelle sert à décomposer le futur logiciel en différents tâches que l’on explicite.
L’analyse organique consiste, elle, à établir la structure du futur logiciel en un ensemble de programmes et sous
programmes correspondant à l’analyse fonctionnelle, et en tenant compte du matériel sur lequel le logiciel sera installé.
La phase de programmation consiste enfin à rédiger des instructions dans un langage informatique, ce qui se
concrétise par le passage du code source au code objet, qui permet de passer à une version automatisable par l’ordinateur de
la solution donnée.
On distingue le logiciel d’application du logiciel d’exploitation.
Leur différence tient dans leur nature et leur fonctionnalité.
En effet le logiciel d’exploitation est à la base de tout ordinateur car il en permet l’utilisation et organise le
fonctionnement de la machine.
Tandis que le logiciel d’application ne sera qu’une fonctionnalité incluse dans l’ordinateur, sachant qu’il doit être
forcément conçu en étant compatible avec le logiciel d’exploitation et avec l’ordinateur sur lequel il sera installé.
 

II / L’adaptation du droit d’auteur au logiciel


A / Les éléments du logiciel protégeables par le droit d’auteur
Dans le cadre de l’application du droit commun de la propriété intellectuelle, les idées ne sont pas protégées en
droit français.
L’exclusion de la protection des idées se justifie par la volonté de na bloquer la création ni entraver la
libre concurrence.
Or certains éléments du logiciel sont assimilés aux idées.
C’est le cas des algorithmes et des fonctionnalités du logiciel.
Un des éléments protégeables par le droit d’auteur est d’une part le matériel de conception préparatoire.
L’article L 111-2 CPI dispose en effet que la protection est accordée au logiciel y compris son matériel de
conception préparatoire.
Cela recouvre l’ensemble des travaux de conception aboutissant au développement d’un programme de nature à
constituer un logiciel à un stade ultérieur.
C’est dans ce concept de « matériel de conception préparatoire » que se situent les analyses fonctionnelles et
organiques, qui sont donc protégées.
Le deuxième élément protégé est le programme.
La protection des programmes est logique puisqu’ils sont au cœur même de la notion même de logiciel.
Les programmes recouvrent le code source et le code objet du logiciel.
Le troisième élément protégé est la documentation d’utilisation.
Toutefois les textes ne prévoient pas la protection expresse de cette documentation, mais on la déduit implicitement
de l’article L 113-9 du CPI qui traite de la dévolution du logiciel et de sa documentation d’utilisation à l’employeur lorsque
celui-ci est réalisé dans le cadre de ses fonctions.
Enfin le dernier élément du logiciel bénéficiant de la protection est la page écran.
Elle consiste en la manifestation graphique du logiciel, passant par des dessins, des icônes, etc.
B / Les droits moraux et patrimoniaux du créateur
Concernant les droits patrimoniaux, l’article L 122-6 CPI prévoit trois prérogatives au bénéfice de l’auteur d’un
logiciel, à savoir un droit de reproduction, de modification et de mise sur le marché.
Le droit de reproduction applicable au logiciel va au-delà du droit commun.
En effet il permet à l’auteur d’avoir un monopole sur la fixation de l’œuvre sur tout support qui en permet la
communication au public.
Contrairement au droit d’auteur classique, ce droit implique pour l’auteur du logiciel d’être protégé à la fois contre
la reproduction permanente de son logiciel, mais aussi contre toute reproduction provisoire.
On considère que la reproduction est permanente lorsque le logiciel en conserve la copie, et qu’elle est provisoire
lorsque le logiciel est reproduit dans la mémoire vive de l’ordinateur.
Le droit de modification permet quant à lui à l’auteur du logiciel de s’opposer à la traduction, l’adaptation,
l’arrangement ou toute autre modification de son logiciel.
Ces actes nécessitent en effet l’autorisation de l’auteur du logiciel, sous peine d’être déclaré contrefacteur.
Enfin le droit de mise sur le marché est totalement étranger au droit d’auteur classique.
Cela signifie que l’auteur dispose du droit de mettre son logiciel sur le marché à titre onéreux ou gratuit.
Il existe toutefois une limite à ce droit dans la mesure où la première vente d’un logiciel dans un Etat membre de la
communauté européenne, par l’auteur ou avec son consentement, épuise le droit de mise sur le marché de cet exemplaire dans
tous les Etats membres.
Le logiciel étant considéré comme une marchandise, il est logique qu’on lui applique le principe communautaire de
libre circulation des marchandises.
La location reste cependant réservée à l’auteur même lorsqu’il y a eu une première vente dans un Etat membre.
Concernant les droits moraux, là aussi le droit d’auteur s’est adapté au logiciel notamment en paralysant certaines
attributions qui font en principe partie des attributions de l’auteur au titre de ses droits moraux.
La finalité de la limitation est d’éviter un exercice débridé de ces droits, notamment parce qu’ils sont perpétuels
alors que les droits patrimoniaux courent jusqu’à 70 ans après la mort de l’auteur, puisse nuire à la commercialisation des
logiciels.
L’auteur du logiciel conserve le droit de divulgation et le droit à la paternité de l’œuvre.
Le droit au respect de l’œuvre est toutefois limité dans la mesure où un auteur ne peut pas s’opposer à la
modification du logiciel par le cessionnaire des droits patrimoniaux si elle n’est pas préjudiciable à son honneur ou à sa
réputation.
Ce droit consiste pour l’auteur à pouvoir s’opposer à une dénaturation de son œuvre.
En droit d’auteur classique, il n’est pas nécessaire de prouver une atteinte à son honneur ou à sa réputation pour
pouvoir invoquer son droit au respect de l’œuvre.
Enfin le droit de retrait, ou droit de repentir, est totalement paralysé en matière de logiciel.
Ce droit consiste au fait que l’auteur peut en principe à tout moment décider d’arrêter la divulgation de son œuvre.
LIENS CONNEXES

 Droit d'auteur et partage


 Logiciels libres
 Oeuvres protégeables
 Protéger une idée en France
retour à la rubrique 'Autres articles'
I. Avant-Propos▲

Nichée au carrefour du droit et de l'informatique, la propriété intellectuelle des logiciels et


des bases de données est source de nombreux litiges. Sans vouloir trop approfondir une
matière souvent, pour ne pas dire toujours complexe, je vous propose ici d'appréhender,
fusse en surface, la protection des logiciels et des bases de données en France et à
l'international.

II. Le logiciel▲

II-A. Qu'est ce qui est protégé ?▲

Le logiciel est constitué de l'ensemble des programmes, des procédés et des règles, et
éventuellement de la documentation, relatifs au fonctionnement d'un ensemble de
données. Le logiciel est protégé par le droit d'auteur adapté aux spécificités techniques
des programmes d'ordinateur. Le logiciel protégé peut être un programme de base,
d'exploitation ou d'application. Cela peut être un logiciel général ou réalisé sur
commande. La protection par le droit d'auteur porte sur l'architecture du logiciel,
l'enchaînement des instructions, le code objet et le code source, les interfaces logiques.

Bon à savoir ! 
Les idées et principes de base ne sont pas protégés.

Exceptionnellement, le logiciel peut être protégé par le droit des brevets :

 Si une invention brevetée comprend un logiciel, alors ce logiciel est


indirectement protégé par le brevet.
 Si le logiciel produit des effets techniques tangibles, c'est-à-dire s'il permet
la réalisation d'un produit ou d'un procédé et si les critères de brevetabilité
sont remplis, alors il peut être breveté.

 Les éléments du logiciel non protégés sont les fonctionnalités, les


algorithmes, les interfaces, les langages de programmation.

 Les éléments protégés sont l'architecture des programmes, le code source


et le code objet, le matériel de conception préparatoire (Art. L.122-2 du
CPI) : les ébauches, les maquettes, les dossiers d'analyses fonctionnelles,
la documentation de conception intégrée au logiciel, les prototypes.

II-B. Quelle est l'étendue de la protection accordée ?▲

La protection s'acquiert dès la création du logiciel sans aucune formalité. La seule


condition requise est l'originalité. Le logiciel original porte sur la marque de l'apport
intellectuel de son auteur et résulte d'un effort personnalisé allant au-delà de la simple
mise en oeuvre d'une logique automatique et contraignante. Un effort personnalisé peut
se caractériser par une structure individualisée du logiciel, des choix personnels, une
inventivité.

Le dépôt en vue de l'acquisition de droit d'auteurs n'est pas obligatoire mais il


est recommandé afin d'établir la preuve de la date de création du logiciel.

II-C. Quelle est la durée de la protection ?▲

Le logiciel est protégé pendant 70 ans à compter de sa publication.

II-D. Quelle est la protection juridique octroyée ?▲

La protection du droit d'auteur confère au titulaire du logiciel un droit exclusif sur la


reproduction, la traduction, l'adaptation, l'arrangement et la distribution. L'interdiction de
reproduction des logiciels est très stricte. Il est interdit de reproduire en partie ou en
totalité le logiciel que ce soit de façon permanente ou provisoire sous quelque forme que
ce soit. La reproduction même à des fins personnelles ou pédagogiques est interdite.

Toutefois, l'utilisateur peut effectuer une copie de sauvegarde du logiciel. Il possède le


droit de décompiler une partie du logiciel pour permettre son interopérabilité entre tous
ses logiciels.

Par ailleurs le titulaire du droit d'auteur sur le logiciel est libre de concéder les licences
d'utilisation ou d'exploitation à titre gracieux ou payant.

II-E. Comment faire pour déposer un logiciel ?▲

En la matière, il existe deux types de pratiques.

Tout d'abord, le dépôt facultatif peut être réalisé à l'INPI, auprès d'un notaire ou d'un
huissier. Mais encore, ce dépôt peut également être réalisé auprès de l'Agence de
protection des programmes (APP : Coût du dépôt initial, 190 euros au 1.08.08 et 80
euros pour une mise à jour). Ce deuxième type de dépôt ouvre un avantage considérable
à l'utilisateur d'un logiciel protégé puisqu'en cas de défaillance de l'éditeur, l'utilisateur
peut demander à l'APP de lui fournir les codes sources du programme (Pour ce faire, un
contrat dit d'entiercement est à remplir par l'éditeur.)

L'objet du dépôt étant d'attribuer au logiciel une date certaine quant à sa création, il est
également tout à fait possible de s'adresser une lettre à soi-même contenant la dernière
version du logiciel.

II-F. Comment protéger le logiciel à l'international ?▲

Au niveau européen, la directive 91-250 prévoit que le dépôt facultatif réalisé dans un
pays de l'UE établit une présomption de propriété dans tous les autres pays de l'UE.

En revanche, à l'échelle internationale, la convention de berne de 1886 accorde la


réciprocité à tous les ressortissants des pays parties à la convention. Cela signifie qu'un
auteur bénéficiera de la même protection qu'un auteur national si les deux pays sont
membres de la convention de Berne.

Aux Etats-Unis, là encore, le système est différent. L'enregistrement du logiciel et


l'apposition du Copyright ne sont pas obligatoires. Mais leur existence permet d'obtenir
des indemnités beaucoup plus importantes en cas de litige en contrefaçon.
III. La base de données▲

III-A. Qu'est ce qui est protégé ?▲

Une base de données est un recueil d'oeuvres, de données, ou d'autres éléments


indépendants, disposés de manière systématique ou méthodique, et individuellement
accessibles par des moyens électroniques ou par tout autre moyen. Par exemple, cela
peut être une base de données bibliographique.

III-B. Quelle est l'étendue de la protection accordée ?▲

Le droit des producteurs de base de données protège le contenu de la base de données


dès sa création. La constitution de la base de données ou la présentation de son contenu
doit attester d'un investissement financier, matériel ou humain substantiel.

III-C. Quelle est la durée de la protection ?▲

Le droit du producteur protège la base de données pendant 15 ans à compter de


l'achèvement de la base de données ou à compter de sa première mise à disposition du
public. Si la base de données fait l'objet d'un nouvel investissement substantiel, par
exemple pour sa réactualisation, alors elle est protégée pendant 15 ans à partir de ce
nouvel investissement.

III-D. Quelle est l'étendue de la protection juridique octroyée ?▲

Le producteur de la base de données a le droit d'interdire :

 La réutilisation, par la mise à disposition du public, de la totalité ou d'une


partie substantielle de la base.
 l'extraction répétée et systématique d'une partie non substantielle de la
base.

Le producteur de la base de données est libre de concéder des droits de manière


gracieuse ou payante.

III-E. Comment cela se passe-t-il en pratique ?▲

Le dépôt des bases de données n'est pas obligatoire. Toutefois, il est recommandé de
déposer la base de données afin d'établir la preuve de la date de création. Le dépôt peut
être réalisé à l'INPI, auprès d'un notaire ou d'un huissier ou auprès de l'APP.

III-F. Comment protéger l'architecture de la base de données ?▲

A condition d'être originale, l'architecture de la base de données, c'est-à-dire la structure,


l'agencement et la forme de la base de données, est protégée par le droit d'auteur, ce
qui octroie une protection plus faible que celle prévue pour le producteur. Le droit
d'auteur protège l'architecture de la base de données pendant 70 ans à compter de sa
création ou de sa première mise à disposition du public.

III-G. Comment protéger la base de données à l'international ?▲

Au sein de l'union européenne, la directive 96-9 protège les bases de données selon des
modalités semblables à la protection accordée en France par le droit des producteurs de
base de données.
A l'échelle internationale, La protection est la même que celle étudiée plus haut à propos
des logiciels.