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PETROGRAPHIE
Par
TANOH YAO PARFAIT
Ingénieur des Mines
Co-Fondateur ONG JIDD-AFRIQUE
parfaityao69@gmail.com
www.jiddafrique.blogspot.com

Sommaire
CHAPITRE I : NOTION DE BASE DE PÉTROGRAPHIE
CHAPITRE II : DESCRIPTION MACROSCOPIQUE DES ROCHES MAGMATIQUES
CHAPITRE II : DESCRIPTION MACROSCOPIQUE DES ROCHES METAMORPHIQUES
CHAPITRE III : DESCRIPTION MACROSCOPIQUE DES ROCHES EXOGENES
CHAPITRE IV : FABRICATION D’UNE LAME MINCE
CHAPITRE I : NOTION DE BASE DE PÉTROGRAPHIE

I. DÉFINITION
La pétrographie est la science qui étudie les roches. Elle consiste en la description des roches.
La description des roches se fait à deux échelles :
- Echelle macroscopique
- Echelle microscopique
La description macroscopique consiste à décrire la roche à l’œil nu. Elle se fait selon plusieurs
critères tels que la texture, la couleur. C’est elle qui fait l’objet de ce cours.
La description microscopique est une observation de la roche au microscope à partir de lames
minces. Elle s’intéresse particulièrement à la composition minéralogique de la roche.
Le but recherché dans une étude pétrographique est de donner un nom à la roche décrite.
Cependant, seule la description microscopique peut réellement réaliser ce dessein. La
description macroscopique ne suffit donc pas pour nommer une roche mais elle est impérative.
Par ailleurs, par expérience, le géologue peut attribuer un nom à la roche après une description
macroscopique mais ce nom doit être suivi d’un point d’interrogation.

Figure 1: Cristaux de Stilibite déposés dans une cavité de roche volcanique (Nouvelle-
Ecosse)

II. CLASSIFICATION DES ROCHES


L'origine des roches nous permet de les classer classiquement en trois groupes :
- roches magmatiques, issues d'un magma
- roches sédimentaires issues d'un sédiment
- roche métamorphique, issue d'une autre roche (sédimentaire ou magmatique)

1. Roches magmatiques
Les roches magmatiques sont issues d'un magma. Elle peuvent avoir refroidi lentement et en
profondeur, elles sont alors bien cristallisées (on parle de roches cristallines): ce sont les roches
plutoniques. Ou bien elles peuvent aussi s'être écoulées ou avoir projetées par explosion en
surface et donner ainsi des roches volcaniques en coulées (plus liquides) ou en amas, pitons ou
cheminées (laves plus visqueuses), ou en dépôts de cendres ou autres produits de plus grande
taille (cendres< lapillis<bombes). Les roches volcaniques cristallisent plus rapidement que les

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roches plutoniques et possèdent souvent de cristaux de moins grande taille. Certaines roches
volcaniques solidifiées trop vite n'ont pas cristallisé et donnent des verres (roches vitreuses).
Le mode de cristallisation et refroidissement du magma permet à la roche d’acquérir une texture
particulière.
La texture est le mode d’agencement des minéraux de la roche.

a) Roches plutoniques
Les roches plutoniques se forment par cristallisation et différenciation d'un magma.
 En
fonction de leur point de fusion, différents minéraux cristallisent successivement dans la
chambre de magma. Les minéraux riches en fer précipitent d’abord et ont tendance à descendre
parce qu’ils sont plus lourds que le liquide restant : Il y a formation d’un gabbro.
Le liquide s’enrichit progressivement en silicium et aluminium et cristallise peu à peu : il y a
formation d’un granite.
Les roches plutoniques ont une texture grenue. La texture grenue existe sous plusieurs types :
- Texture grenue normale
- Texture grenue porphyroïque
- Texture grenue aplitique

b) Roches filoniennes
Elles se forment en semi-profondeur avec un refroidissement plus ou moins lent du magma.
Les minéraux formés ne sont pas visibles à l’œil nu. Par contre, il y a des exceptions de
cristallisation qui offrent aux roches des cristaux de très grandes tailles (pegmatite).
Les textures de ces roches sont :
- Texture microgrenue
- Texture microgrenue porphyrique
- Texture doléritique (exception)
- Texture pegmatitique (exception)

c) Roches éruptives
Le magma basaltique est plus fluide que le magma granite. Ainsi, le magma basaltique est celui
qui atteint le plus souvent la surface en provoquant les éruptions volcaniques.

Roches éruptives « basiques »


Le basalte est essentiellement constitué d'olivine, de pyroxènes (minéraux ferromagnésiens) et
feldspaths, alors que, dans l'andésite, les feldspaths dominent!
 Roches éruptives « acides
»
 Les feldspaths de ces roches sont des silicates d'aluminium (Al), de calcium (Ca) et de
sodium (Na). S'ils sont plus abondants dans les andésites, cela reflète directement une chimie
différente pour une andésite et un basalte. Viscosité et dynamisme éruptif
Plus un magma est riche en SiO2, plus il est visqueux.
 En effet, le nombre de liaisons possibles
entre atomes de silicium (Si) et d'oxygène dans les liquides silicatés (magmas) explique la
viscosité des magmas : plus la teneur en SiO2 est forte, plus le nombre de liaisons possibles est
grand et la viscosité du magma importante. D'où le lien entre teneur en SiO 2 et

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viscosité.
 Ainsi, un magma basaltique engendre plutôt (mais pas exclusivement) un
dynamisme effusif; un magma andésitique donnera plus facilement lieu à un dynamisme
explosif.
 Notez qu'un magma andésitique peut néanmoins donner naissance à des coulées car
il faut également prendre en compte la teneur en gaz d'un magma pour expliquer les
dynamismes éruptifs.

Les roches éruptives ont deux types de texture :


- Texture microlitique
- Texture vitreuse

2. Roches sédimentaires
Les roches sédimentaires sont issues d'un sédiment par diagénèse. Les sédiments se déposent
dans les bassins sédimentaires (et donc dans l'eau de mer), sauf quelques sédiments lacustres
(de lacs non salés) ou franchement terrestres (éboulis, sédiments glaciaires comme le lœss...).
Un sédiment est une accumulation d'éléments d'origine biologique, minérale et chimique. Le
sédiment est un milieu de vie, il comporte encore une grande quantité d'eau. Au cours de la
diagénèse (augmentation de la pression et de la température par enfouissement), l'eau est
expulsée et la vie se raréfie. Les éléments d'origine biologique (squelettes, coquilles, tests,
fragments de végétaux....) et de la précipitation par les organismes vivants d'éléments chimiques
(calcaire et silice essentiellement) semblent être présents dans toutes les roches sédimentaires.
les éléments minéraux issus de la dégradation d'autres roches (éléments détritiques) par
l'érosion essentiellement et accumulés dans les bassins à la suite de leur transport par les fleuves
peuvent être en plus ou moins grande quantité. Des éléments minéraux d'origine volcanique
(pyroclastique ou volcanosédimentaire) comme des cendres peuvent aussi former des couches
sédimentaires très épaisses ou se mélanger à des particules d'autres origines. 

les éléments de précipitation chimique pure forment parfois de grandes accumulations
exploitées par l'homme (mines de roches nommées évaporites car issues de l'évaporation de
l'eau de mer comme par exemple le sel de mer : chlorure de sodium (NaCl ou halite) ou le
gypse...). 
 Une roche sédimentaire est souvent un mélange d'éléments de différentes tailles et

de différentes origines, ce qui fait que les classifications sont variées. 


3. Roches métamorphiques
Les roches métamorphiques sont issues de la transformation de roches ignées ou sédimentaires
sous l'effet de température et/ou de pressions élevées. Deux grands types de métamorphisme
produisent la majorité des roches métamorphiques : le métamorphisme de contact et le
métamorphisme régional. Un troisième type est plus restreint : le métamorphisme de choc.

a) Structures des roches métamorphiques


Les structure des roches métamorphiques sont soit orientées soit non orientées. Les roches non
orientées possèdent une structure dite « équante ».

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Les roches orientées sont classées selon le degré du métamorphisme : la granulométrie des
grains minéraux augmente avec le degré du métamorphisme. 


On distingue les structures orientées suivantes : 


 La schistosité
C’est un débitage en feuillets parallèles des minéraux de la roche. La texture est caractérisée
par une orientation préférentielle des minéraux, dont l'aplatissement ou l'allongement se
développent dans une même direction. Les feuillets ont la même composition minéralogique.
Cette structure caractérise les schistes.
L’intersection de deux familles de schistosité entraine la formation de linéation.

 La foliation
C’est une structure de roches métamorphiques, où à la schistosité s’ajoute une différenciation
pétrographique entre les feuillets. C’est une alternance de bande sombres et bandes claires de
minéraux.


b) Textures des roches métamorphiques


Il existe plusieurs textures de roches métamorphiques.

- Texture granoblastique
La roche est essentiellement composée de minéraux sous forme de grains (quartz). Elle est
caractéristique des quartzites et granulites.

- Texture lépidoblastique
Les roches sont essentiellement composées de micas disposés en lits parallèles (les
micaschistes).

- Texture granolépidoblastique
C’est la combinaison des deux premières textures citées ci-haut (gneiss).

- Texture nematoblastique
Les minéraux (amphiboles et pyroxènes) ont une orientation dans les roches sous forme
d’aiguille. Elle caractérise les amphibolites, les pyroxénites, les amphibolopyroxénites.

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Texture nematoblastique

Figure 2: Textures roches métamorphiques

- Texture cataclastique
Les roches de cette texture contiennent des minéraux broyés. C’est l’exemple des mylonites.

III. CRITÈRES DE DESCRIPTION MACROSCOPIQUE DES ROCHES


La description macroscopique des roches se fait selon plusieurs critères qui peuvent varier en
fonction des roches. Certains critères sont spécifiques à un type de roche mais de façon générale
plusieurs critères permettent de différencier les roches. Les critères les plus utilisés sont :

 L’aspect
L’aspect d’une roche peut être massive ou vacuolaire (présence de vacuoles ou vides). L’aspect
définit la manière dont la roche se présente à vue d’œil.

 La couleur
La couleur est en général définie en fonction de la proportion des minéraux présents dans la
roche soit qu’ils soient sombres soit qu’ils soient clairs ; dans le cas des roches magmatiques.
Par contre, dans le cas des roches métamorphiques et sédimentaires, la couleur de la roche est
la couleur observée (vert, rouge rouille, noir, …).

 La texture
Elle définit le mode d’agencement des minéraux. Les textures dépendent du type de roches, de
leur origine et surtout du mode de formation de la roche. Ainsi, les roches magmatiques ont des

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textures différentes de celles des roches métamorphiques qui sont différentes de celles des
roches sédimentaires et exogènes.
Par ailleurs, les textures des roches métamorphiques sont identifiables au microscope. Elle ne
figure donc pas dans les critères de description macroscopiques des roches métamorphiques.

 La structure
Certaines roches ont des structures particulières et définisse une famille de roche. C’est le cas
des roches métamorphiques. Les roches magmatiques et sédimentaires ne présentent pas de
structures particulières. La structure est donc un critère de reconnaissance typique aux roches
métamorphiques.

 La composition minéralogique
Elle consiste à citer les minéraux qui composent la roche. Certains minéraux sont
reconnaissables à l’œil nu (quartz, feldspaths, mica, …).

 La réaction à l’acide chloridrique (HCl)


Certains minéraux des roches ont une réaction particulière à l’HCl. Cela sert aussi à identifier
les roches. Ce critère est typique aux roches sédimentaires.

 Faciès
Il indique le degré du métamorphisme. C’est un critère de description des roches
métamorphiques.

 Le groupe
Chaque famille de roche comprend différents groupes.

 La famille
La roche peut être magmatique, métamorphique, sédimentaire ou résiduelle.

 L’origine
Les roches ont des origines différentes. Certaines proviennent de roches préexistantes.

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CHAPITRE II : DESCRIPTION MACROSCOPIQUE DES ROCHES
MAGMATIQUES

Les roches magmatiques proviennent de la cristallisation et du refroidissement du magma qui


au fil de la remontée induit un mode de refroidissement. Le mode de refroidissement caractérise
une texture particulière de la roche. Les roches magmatiques sont reconnaissables à l’œil nu.
Cette reconnaissance se fait suivant des critères.
Par ailleurs, en connaissant la proportion de la roche en minéraux cardinaux tels quartz,
feldspath et plagioclase, on détermine le groupe ou le nom de la roche : c’est la classification
de Streickeisen.
Ce chapitre constitue un guide ou une base pour la reconnaissance macroscopique des roches
magmatiques. Il est présenté en sa dernière partie sous forme de TP.

I. CRITERES DE DESCRIPTION DES ROCHES MAGMATIQUES

 L’aspect
L’aspect de la roche magmatique peut être massif ou vacuolaire. L’aspect vacuolaire indique la
présence de vides (petits creux) dans la roches.

 La couleur
La couleur est en général définie en fonction de la proportion des minéraux présents dans la
roche soit qu’ils soient sombres soit qu’ils soient clairs ; dans le cas des roches magmatiques.
Les minéraux sombres sont les minéraux ferromagnésiens (olivine, pyroxène, biotite,
amphibole). En fonction de la proportion de de ces minéraux, on distingue :
- Les roches leucocrates constituées de 0-35% de minéraux sombres
- Les roches mésocrates qui renferment entre 35-65% de minéraux sombres
- Les roches mélanocrates renfermant entre 65-90% de minéraux sombres et
- Les roches holomélanocrates avec plus de 90% de minéraux sombres.

 La texture
Les roches magmatiques peuvent avoir les textures suivantes :
- Texture grenue
- Texture microgrenue
- Texture microlitique
- Texture vitreuse ou hyaline

 La composition minéralogique
Les roches magmatiques sont constitués de minéraux dits « minéraux cardinaux ». Les
proportions en ces minéraux servent à différencier les roches. Ce sont : quartz, feldspaths,
plagioclases.

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 Le groupe
En fonction de la proportion des trois minéraux cardinaux (quartz, feldspaths alcalins,
plagioclases), on aura trois grands groupes de roches.

- Granitoïdes
Ils contiennent entre 20-60% de quartz (granite, pegmatite, granodiorite, mircogranite,
rhyolite).

- Syénitoïdes
Ils peuvent être définit comme des granites avec peu ou sans quartz riche en feldspath alcalin.
Ils contiennent généralement entre 0-20% de quartz et 35-100% feldspath alcalin (syénite).

- Diotitoïdes
Ils sont constitués entre 0-20% de quartz, entre 0-35% de feldspath alcalin et entre 65-100% de
plagioclase (diorite, gabbro, basalte).

 La famille
La famille est « roche magmatique ».

 L’origine
Les roches peuvent être d’origine plutonique, filonienne ou volcanique.

Tableau 1: Critères de description macroscopique des roches magmatiques

Composition
Aspect Couleur Texture Groupe Famille Origine Nom
minéralogique
Leucocrate Grenue Quartz Granitoïde
Plutonique
Massif Mesocrate Microgrenue Feldspath Syenitoïde Roche
Filonienne ?
Vacuolaire Mélanocrate Microlitique Plagioclase Dioritoïde magmatique
Volcanique
Holomélanocrate Vitreuse Etc..

II. DIAGRAMME DE STRECKEISEN


La Classification du double Triangle de Streckeisen est utilisée pour classer l'ensemble des
roches magmatiques, à l'exclusion des roches ultrabasiques. Toutefois, elle est plus adaptée aux
roches magmatiques acides et intermédiaires, c'est à dire aux roches plutôt leucocrates (claires).
En effet, elle est basée sur la proportion des trois familles de minéraux (leucocrates) essentiels
dans ces roches. Il s'agit des :
- A, le feldspath alcalin (Na : albite et K : orthose) ;
- P, le feldspath calco-sodique (plagioclase) ;
- Q, le quartz pour les roches sur-saturées en silice ou F, le feldspathoïde (abrégé "foid"
dans le triangle ci-dessous) pour les roches sous-saturées en silice.
Les minéraux ferromagnésiens sont, en général, en proportion faible (quelques dizaine(s) de
%). La proportion de ces derniers minéraux généralement colorés, permet de définir l'Indice de
Coloration (IC). En théorie, il est conseillé de ne pas utiliser cette classification lorsque
l'IC>90%. En pratique, cette classification n'est plus très adaptée pour des roches ayant un
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IC>50-60%. On prendra pour exemple, la "case "anorthosite, diorite, gabbro" qui contient des
roches dont l'indice de coloration est très variable.
Dans la case "tonalite" le plagiogranite, terme utilisé pour les rares granites de la lithosphère
océanique. Ce terme est synonyme de trondhjémite et leucotonalite.

Figure 3: Double diagramme de Streickeisen


Les 2 triangles sont jointifs par la ligne A-P (feldspaths alcalins - plagioclase). Quartz (Q) et
felspathoïde (F) se placent aux 2 sommets opposés : ainsi aucune roche ne peut contenir
l'association Q-F.

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On calcule la proportion relative des minéraux leucocrates A - P - Q ou F dans la roche. C'est
la composition minéralogique modale. Une fois, les proportions déterminées, par simple
projection dans le triangle, l’on détermine le nom ou le groupe de la roche. Les sommets A, P,
Q et F représentent 100% respectivement de feldspath alcalin, de plagioclase, de quartz et de
feldspathoïde.

Tristan TURLAN propose un petit programme bien pratique qui permet de placer dans le
double triangle une roche dont on connaît la composition modale. Vous obtenez le nom de la
roche.

Téléchargez le programme de Tristan TURLAN ; il "pèse" 485Ko.

Exercice
Déterminez en utilisant le triangle de Streickeisen les roches dont les compositions
minéralogiques sont représentées dans le tableau suivant :

Roches
A B C D
Quartz 13 17 22 60
Plagioclase 12 15 35 05
Feldspath K 38 45 29 25
Minéraux

Biotite 15 05 05 04
Amphibole 12 10 02 02
Pyroxène 07 05 03 01
Olivine 00 02 00 02
Minéraux opaques 03 01 04 01

Solution
 Roche A
Calcul de la composition modale des trois minéraux essentiels :

Les trois minéraux essentiels sont le quartz, le feldspath K et le plagioclase.


On considèrera que la somme des proportions (dans le tableau) des trois minéraux cités
correspond à 100% de la composition de la roche dans le triangle de Streickeisen.

On a : 13% + 12% + 38% = 63% et 63% → 100%


Ainsi :
- 13% de quartz dans la roche, correspond à 12×100/63 = 21% de quartz dans le triangle
de Streickeisen.
- 12% de plagioclase correspond à 19%
- 38% de feldspath K correspond à 60%

Par projection dans le triangle de Streickeisen, la roche A est une syénite.

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III. EXEMPLES DE DESCRIPTION DE ROCHES MAGMATIQUES

Composition
Aspect Couleur Texture Groupe Famille Origine Nom
minéralogique

Quartz Quartzolite
Quartz, feldspath, Plutonique
Grenue biotite, muscovite, Granite
amphibole, tourmaline
Quartz, feldspath,
Plutonique Aplite
biotite, muscovite
Leucocrate Quartz, feldspath,
Pegmatitique biotite, muscovite, Filonienne Pegmatite
tourmaline
Quartz, feldspath,
Microgrenue biotite, muscovite, Filonienne Microgranite

Granitoïde
amphibole, tourmaline

Roche magmatique
Quartz, feldspath,
Microlitique Volcanique Rhyolite
biotite, amphibole
Quartz, feldspath,
Massif Grenue biotite, amphibole, Plutonique Granodiorite
tourmaline, plagioclase
Quartz, feldspath,
Microlitique biotite, amphibole, Volcanique Rhyodacite
tourmaline, plagioclase
Mesocrate
Quartz, biotite,
Grenue amphibole, tourmaline, Plutonique Tonalite
plagioclase
Quartz, biotite,
Microlitique amphibole, tourmaline, Volcanique Dacite
plagioclase
Plagioclase, pyroxène,
Grenue Plutonique Gabbro
Dioritoïde

biotite
Plagioclase, pyroxène,
Melanocrate Doléritique* Filonienne Dolérite
biotite
Plagioclase, pyroxène,
Microlitique Volcanique Basalte
biotite

*La texture doléritique est la texture typique à la dolérite. Elle est aussi qualifiée de texture
intergranulaire. Dans cette texture, les cristaux de plagioclases automorphes sont jointifs, cimentés par
des minéraux ferromagnésiens xénomorphes de haute température.

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Figure 4: Exemples de roches magmatiques

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CHAPITRE III : DESCRIPTION MACROSCOPIQUE DES ROCHES
METAMORPHIQUES

Les roches métamorphiques proviennent de la recristallisation des roches préexistantes. Ces


roches subissent des transformations minéralogiques et structurales sous l’effet du
métamorphisme. La plupart des roches métamorphiques sont les produits des métamorphismes
de régional et de contact. Il se produit un réarrangement ou une réorganisation des minéraux
permettant aux roches d’acquérir des structures particulières telles que la schistosité et la
foliation. La reconnaissance macroscopique des roches métamorphiques est basée sur plusieurs
critères.

I. CRITÈRES DE DESCRIPTION DES ROCHES MÉTAMORPHIQUES

 L’aspect
L’aspect de la roche métamorphique peut être massif ou vacuolaire. Par ailleurs, l’aspect de la
roche est défini par l’éclat qu’offre les minéraux de la roche. On dira par exemple qu’on
chloritoschiste a un aspect satiné.

 La couleur
Ici, il s’agit de la couleur observée (vert foncée, rouge rouille, noir, …).

 La structure
Les roches métamorphiques possèdent trois types de structures : la schistosité, la foliation et la
structure équante. Les deux premières sont des structures dites orientées.

 La paragenèse
C’est l’ensemble des minéraux présents dans la roches. Il s’agit de la composition
minéralogique de la roche métamorphique.

 Le faciès
Il indique le degré du métamorphisme. Il existe en général trois faciès :
- Le faciès schiste vert qui indique un faible degré de métamorphisme
- Le faciès amphibolite qui indique un métamorphisme de degré moyen
- Le faciès granulite caractérisé par un fort degré de métamorphisme.

 L’origine
Lorsque la roche qui subit le métamorphisme est d’origine sédimentaire, on ajoute le préfixe
« para » au nom de la roche. Par contre, quand la roche métamorphique provient d’une roche
magmatique, on ajoute le préfixe « ortho ».

 La famille
C’est la famille des « roches métamorphiques ».

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Tableau 2: Critères de description macroscopique des roches métamorphiques

Aspect Couleur Structure Paragenèse Faciès Origine Famille Nom

Gris Quartz
Vert Schisteuse Feldspath Schiste vert
Massif Ortho… Roche
Noir Foliée Biotite Amphibolite ?
Vacuolaire Para… métamorphique
Rouge Equante Amphibole Granulite
… Etc..

II. EXEMPLES DE DESCRIPTION DE ROCHES MÉTAMORPHIQUES

Aspect Couleur Structure Paragenèse Faciès Origine Famille Nom


Ortho Gneiss
Quartz, feldspath,
(endogène) Orthogneiss
muscovite, biotite, Amphibole
Para Paragneiss
amphibole, pyroxène
(exogène)
Grise Foliation Ortho
Quartz, feldspath, (granite à
Gneiss à
muscovite, biotite, Granulite hypersthène
hypersthène
Massif amphibole ou
charnockite)
Minéraux invisibles Ortho

Roche métamorphique
Verte (chlorite et Schiste vert (Magmatique Roche verte
amphibole) basique)
Equante
Schiste vert
Grise Quartz Amphibolite Para (grès) Quartzite
Granulite
Schiste
Minéraux invisibles
Verte foncée Chloritoschiste
(chlorite, sericite, Schiste vert
Gris- argentée Séricitoschiste
muscovite)
Schiste ardoisier
Micas très abondant
Satiné Schistosité (biotite et/ou Para (argile)
Gris-clair Micaschiste
muscovite), quartz
Schiste vert
(très petits cristaux)
Amphibolite
Micas (biotite et/ou
Gris-clair
muscovite), grenat, Micaschiste à grenat
Gris-foncé
quartz
Ortho Amphibolite (ortho-
Massif Gris-verdâtre Equante Amphiboles Amphibolite
(gabbro) amphibole)

CHAPITRE III : DESCRIPTION MACROSCOPIQUE DES ROCHES


EXOGENES

Les roches exogènes proviennent des roches préexistantes et sont composées de roches
sédimentaires et de roches résiduelles. Les roches sédimentaires sont issues de l’altération,

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érosion, transport et dépôt des roches roches préexistantes. Quant aux roches résiduelles, elles
sont formées sur place par altération sans transport.

I. CRITÈRES DE DESCRIPTION DES ROCHES EXOGENES

 L’aspect
Massif ou vacuolaire, l’aspect de la roche sédimentaire peut aussi être meuble ou consolidé.
Dans une roche meuble, les éléments (minéraux) sont séparés (exemple : le sable). Dans
certaines roches, les éléments sont englobés ou pris dans un ciment en formant un tout
cohérent : on dit que la roche sédimentaire est consolidée (exemple : conglomérat).

 La couleur
De même que les roches métamorphiques, la couleur des roches sédimentaires sont les couleurs
observées (blanc, rouge rouille, …).

 La texture
La texture des roches sédimentaires est fonction de la taille des grains d’où le terme de
granulaire. Le terme « granulaire » désigne une structure qui se présente sous forme de grains.
En minéralogie, « granulaire » définit des agrégats de minéraux en forme de grains
sensiblement isométriques.
Les roches en général sont composées de grains de taille hétérogène. On distingue des roches à
grain (très) grossier (cm et plus), à grain moyen (mm), à grain (très) fin (100-10 microns, visible
au microscope optique mais non à l'œil nu), à grain ultrafin (moins d’un micron, invisible même
au microscope optique).
On distingue ainsi :
- La texture granulaire (grain moyen de l’ordre du mm)
- La texture hétérogranulaire (grain très grossier allant du cm et plus)
- La texture microgranulaire (grains fins à ultrafin de l’ordre du micron)

 La composition minéralogique
Il s’agit de citer les différents minéraux visibles et identifiables.

 La réaction à l’HCl
L’acide chlorhydrique (HCl) réagit de diverses manières avec certains minéraux. Cependant,
Le test à l'acide chlorhydrique est un test utile pour la détection du calcaire.
Le calcaire est une roche sédimentaire composée de carbonate de calcium CaCO3. Lorsqu’on
verse quelques gouttes d’acide chlorhydrique HCl, la roche se met à mousser : on parle
d’effervescence. La réaction se déroule en deux phases :
- Le calcaire réagit avec l’acide chlorhydrique pour former un sel (le chlorure de calcium
CaCl2 ) et de l’acide carbonique H2CO3. On écrit l’équation :

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- Mais l’acide carbonique H2CO3 est instable à TPN (température et pression normale).
La molécule “se casse” pour former de l’eau et du gaz carbonique qui s’échappe en
faisant des bulles :

On résume avec cette dernière réaction pour dire que, si la roche est calcaire, elle fera
effervescence à l'acide selon la réaction suivante :

CaCO3 + 2 HCl → CO2 (gazeux) + H2O + CaCl2

Figure 5: Réaction du HCl sur le calcaire (mousse)


Cette réaction est très utile pour reconnaître une roche calcaire sur le terrain. Le géologue
emporte toujours avec lui une petite bouteille d’acide chlorhydrique pour analyser les roches.

Le test à l’HCl de la roche peut être positif (la roche régit avec le HCl) ou négatif (pas de
réaction avec le HCl).

 Le groupe
Les roches exogènes sont divisées en deux grands groupes : les roches sédimentaires et les
roches résiduelles. Les roches sédimentaires comportent aussi des sous-groupes qui sont : les
roches sédimentaires détritiques, chimiques, et biochimiques.

 La famille
C’est la famille des « roches exogènes ».

Tableau 3: Critères de description macroscopique des roches exogènes

Composition Réaction à
Aspect Couleur Texture Groupe Famille Nom
minéralogique l’HCl
Quartz, Détritique
Blanc, Granulaire
Consolidé Mica, Positif Chimique Roche
Rouge, Microgranulaire ?
Meuble Calcaire, Négatif Biochimique exogène
Etc.… Hétérogranulaire
Etc.. Résiduelle

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II. EXEMPLES DE DESCRIPTION DE ROCHES EXOGENES

Composition Réaction à
Aspect Couleur Texture Groupe Famille Nom
minéralogique l’HCl
Rouille Quartz, minéraux de
Sédimentaire Grès ferrugineux
foncée fer
Quartz, minéraux Brèche
Consolidé Gris Hétérogranulaire
argileux (conglomérat)
Quartz, minéraux Négatif Détritique Poudingue
Gris
argileux (conglomérat)
Meuble Gris Quartz Galet
Microgranulaire Quartz, mica,

Roche exogène
Noir Grès bitumineux
Consolidé feldspath Détritique
Blanche Hétérogranulaire Feldspath Grès feldspathique
Grès à ciment
Blanche Calcaire, quartz Positif
calcaire
Consolidé Minéraux de fer,
Rouille minéraux Latérites
d’aluminium
Hydroxyde
Rouille Granulaire Bauxite
d’alumine Négatif Résiduelle
Cuirasse
Massif Noire Riche en manganèse
manganifère
Microgranulaire
Rouille Cuirasse
Amphiboles
marron ferrugineux

Figure 6: Exemples de roches sédimentaires

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CHAPITRE IV : FABRICATION D’UNE LAME MINCE

Introduction
Une étude pétrographique s’effectue aux échelles macroscopique et microscopique. Après la
description macroscopique de la roche, il est impératif d’étudier à une échelle plus réduite les
différents éléments qui constituent la roche (minéraux).
La plupart des minéraux en grains qui constituent les roches ne se laissent pas traverser par les
rayons lumineux. Pour les observer au microscope, il est nécessaire de réaliser une préparation
de très faible épaisseur appelée lame mince.
La confection de lames minces pétrographiques est pratiquement le seul moyen pour examiner
au microscope polarisant, en lumière transmise, des échantillons de roches, d'altérites et de sols,
dans le but de déterminer leur composition minéralogique ainsi que les relations de texture et
de structure existant entre les éléments qui les composent.
Ces déterminations impliquent, pour ce faire, de réduire une tranche de roche ou de sol à une
épaisseur de 30 microns (30 μm). Toute une suite d'opérations longues et délicates sont
nécessaires pour arriver à cette fin.
La réalisation d’une lame comporte en général 5 étapes complétées d’une première étape
préliminaire. Elle est réalisée par un « lithopréparateur ».

I. ETAPES DE REALISATION D’UNE LAME MINCE


1. Réception et séchage des échantillons
La réception et l'échantillonnage s'effectuent dans une salle réservée à cet effet. Les échantillons
de roches et de sols, préalablement emballés, numérotés par le demandeur et accompagnés d'un
formulaire de demande d'analyse sont alignés sur une paillasse suivant leur nature et par ordre
de prélèvement. Chaque échantillon est alors pris séparément et donnera lieu à une série
d'observations et de manipulations telle que le contrôle des références de l’échantillon et le
déballage avec soin.
Les échantillons sont ensuite séchés à l’étude pour supprimer toute trace d’humidité.

2. Confection d’un talon de roche par sciage


Il est obtenu par sciage de l’échantillon au moyen d’une scie à lame diamantée, selon deux
plans parallèles équidistants de 1 à 2 cm en fonction de la rigidité de la roche (photo 1). La
plaque de roche obtenue est alors redécoupée en un parallélépipède rectangle de 3,5 x 2,5 cm
environ car elle sera à terme collée sur une lame de verre de 4,5 x 3 cm ; elle constitue le talon
ou sucre en raison de son gabarit (photo 2). Certains échantillons sont parfois peu cohérents, du
fait d’éléments mal cimentés, ou ont une texture vacuolaire : ils sont alors l’objet d’un
traitement préalable d’imprégnation à la résine pour garantir leur maintien lors des étapes
ultérieures.

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Photo 1: Sciage de la roche (Atlas de pétrologie, DUNOD)

Photo 2: Exemple de talon (Atlas de pétrologie, DUNOD)

3. Surfaçage et rectification d’une des faces du talon


Une des deux faces majeures du talon est tout d’abord poncée sur une meule ou lapidaire puis
usée sur une rodeuse (photo 3) à l’aide d’une poudre abrasive très fine, à base de carbure de
silicium (grains de 250 μm) en suspension dans de l’eau, de manière à gommer toute irrégularité
de la surface destinée à être collée sur la lame porte-objet. Le talon est maintenu sur le portoir
par aspiration, ce dernier pouvant contenir 6 talons en général.

Photo 3: Rodeuse (Atlas de pétrologie, DUNOD)

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4. Collage du talon sur la lame porte-objet
Le talon est alors nettoyé, séché, puis collé à chaud par ajout d’une résine mélangée à son
durcisseur (type araldite) sur une lame de verre porte-objet. Cette dernière a elle-même été
rodée (dépolie) au préalable pour être parfaitement plane et d’épaisseur constante. Le
chauffage, de l’ordre de 80 °C durant 1 h, se déroule sous presse (photo 4) et permet à la résine
de polymériser ce qui assurera une parfaite adhérence du talon sur le verre. La lame est gravée
sur un des bords à ce stade pour pouvoir être identifiée.

Photo 4: Collage du talon sur la lame porte-objet (Atlas de pétrologie, DUNOD)

5. Arasage et façonnage final par rodage


L’ébauche de lame (photo 5) est axée par aspiration sur un portoir puis le talon est scié ou arasé,
toujours à l’aide d’une scie à lame diamantée, de manière à ne lui conserver qu’un ou deux
dixièmes de mm d’épaisseur (100 à 200 μm) (photo 6). La nouvelle face obtenue est alors usée
sur la rodeuse précédente (photo 3) à l’aide d’une succession de poudres abrasives de plus en
plus fines (de 250 à 5-6 μm) à mesure que décroit l’épaisseur.
L’épaisseur finale requise est de 30 μm. Le respect de cette épaisseur est essentiel puisque les
teintes de polarisation dépendent des différences de propagation des radiations lumineuses suite
à leur trajet au sein du cristal ; dans un cristal anisotrope, les vitesses de propagation diffèrent
selon les directions : le déphasage dans le temps des radiations à la sortie du cristal dépend ainsi
de la section mais aussi de l’épaisseur traversée. L’épaisseur est contrôlée au microscope
polarisant sur les minéraux les plus fréquents et les plus aisés à identifier, comme le quartz ou
les plagioclases. À la bonne épaisseur, leurs teintes de polarisation se déclinent dans toute la
gamme des gris depuis le blanc jusqu’au noir ; si la lame est trop épaisse, ces sections présentent
des teintes jaunâtres (voire même plus vives !) en lumière polarisée analysée (LPA).

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Photo 5: Talon collé sur une lame porte-objet (Atlas de pétrologie, DUNOD)

Photo 6: Façonnage final (Atlas de pétrologie, DUNOD)

6. Les dernières étapes


En règle générale, après nettoyage et séchage de la lame mince, une lamelle de verre est collée
au-dessus au moyen d’une résine ou de baume de Canada ce qui protège la fine section de
l’échantillon (photo 7).
Si la lame est destinée à des analyses géochimiques des minéraux effectués à la microsonde,
elle n’est pas recouverte d’une lamelle. Sa surface est polie à l’aide de feutres et de pâtes
diamantées très fines (de 3 à 1 μm) puis métallisée, c’est-à-dire recouverte selon les cas d’une
très fine couche d’or ou de carbone.

Photo 7: Lame mince finale (Atlas de pétrologie, DUNOD)

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II. MICROSCOPE POLARISANT
1. Description du microscope polarisant et trajet de la lumière

On peut considérer la lumière comme un ensemble d'ondes dont chacune vibre dans un plan,
perpendiculairement à la direction de propagation de la lumière, ce plan variant d'une onde à
l'autre. La lumière est donc un phénomène vibratoire caractérisé par une longueur d'onde, une
vitesse de propagation V et une fréquence de vibration (seule grandeur indépendante de la
nature du milieu traversé). Dans le vide, la célérité de la lumière est C= 299600 Km/s. Dans
toute matière, la vitesse de la lumière, V, est inférieure et le rapport N=C/V représente une
grandeur caractéristique des minéraux transparents. Ce rapport N, correspondant à l'indice de
réfraction, est utilisé pour différencier optiquement les solides, comme les minéraux et les
liquides. Plus l'indice de réfraction d'un minéral est grand, plus il est réfringent, moins la
lumière s'y propage rapidement.

L'observation microscopique des minéraux en lame mince ne peut s'effectuer qu'avec l'aide d'un
matériel bien adapté à de telles observations. On utilise alors un microscope polarisant, dont sa
fonction est de mettre en évidence des minéraux invisibles à travers la lumière "naturelle".

Figure 7: Schéma du microscope polarisant et trajet de la lumière

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Trajet des rayons lumineux et systèmes optiques :

- Lampe : émission de lumière blanche ou ensemble d'ondes électromagnétiques dont les plans
de vibrations sont quelconques.
- Polariseur : système optique qui ne laisse passer que les vibrations lumineuses contenues dans
un un plan de vibration bien déterminé (plan de polarisation P), en général fixe.
- Diaphragme et surcondenseur : ne laisse passer qu'une certaine quantité de lumière.
- Platine tournante : Support des lames mince dont la rotation permet la recherche des
caractéristiques des minéraux.
- Section d'un minéral en lame mince. La plupart sont biréfringentes, c'est à dire qu'elles
transforment la lumière polarisée en deux vibrations se propageant dans deux plans
perpendiculaires et à des vitesses différentes ; ce qui définit l'indice maximum n g et l'indice
minimum np de la section.
- Objectifs de grossissements usuels entre 2 et 63
- Analyseur escamotable, dispositif qui, comme le polariseur, ne laisse passer que les vibrations
contenues dans un plan A, perpendiculaire à P. Il redresse les deux vibrations issues de la lame
mince dans ce plan A, ou elles sont en condition d'interférence (éventuellement lentille de
Bertrand, qui permet d'observer dans le plan focal image de l'objectif des figures dites de
"lumière convergente").
- Oculaires de grossissements usuels 8 à 12.
- Oeil de l'observateur.

Dans les milieux non cristallisés (verres, liquides, gaz), ainsi que dans les cristaux cubiques,
l'indice de réfraction N est invariant quelle que soit la direction de propagation dans la matière.
Ces milieux sont des milieux isotropes.
Dans les cristaux non cubiques (milieux anisotropes), la vitesse de la lumière est fonction de la
direction de propagation. En pénétrant dans un cristal anisotrope, un rayon lumineux se
dédouble dès qu'il frappe l'interface air-minéral en deux rayons polarisés dont les directions de
vibration sont perpendiculaires entre elles. Les vitesses de propagation des deux rayons sont
différentes. Cette double réfraction due à l'anisotropie du cristal produit un rayon ordinaire et
un rayon extraordinaire qui ont été découverts sur le spath d'Islande (calcite). Les vitesses de
propagation de ces rayons étant différentes, il se produit à la sortie du cristal entre ces deux
rayons une différence de marche, l'un des rayons ayant acquis un retard optique par rapport à
l'autre. La différence entre les indices dans la direction de vibration des rayons ordinaires et
extraordinaires est appelée biréfringence. Celle-ci peut être déterminée au moyen du
microscope.

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2. Principe du microscope polarisant
Le microscope polarisant (photo 8) est l’instrument qui permet l’analyse des lames minces de
roches d’épaisseur conventionnelle de 30 micromètres. Il diffère du microscope de biologie par
la présence d’une platine circulaire mobile et d’un double système de polarisation de la lumière
constitué d’une plaque polaroïd sous la platine, nommée polariseur, et d’une autre amovible,
entre objectif et oculaire, nommée analyseur. Ces deux plaques sont montées orthogonalement.
Polariseur et analyseur sont dits croisés : en l’absence de toute lame sur la platine, aucune
lumière ne parvient à l’oculaire lorsque l’analyseur est en place.

Photo 8: Microscope polarisant

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3. Observations au microscope polarisant
a. Observation en lumière polarisée non analysée (LPNA)
Cette observation, encore appelée « lumière naturelle », permet de repérer la forme, le relief,
les clivages et la couleur naturelle de certains minéraux. En effet, les minéraux sombres à l’œil
nu conservent en lame mince un reste de couleur et, pour certains (biotite, glaucophane...), cette
couleur change lors de la rotation de la platine en raison d’une absorption différente de la
lumière polarisée selon leur orientation ; c’est le phénomène de pléochroïsme.

b. Observation en lumière polarisée analysée (LPA)


L’observation en lumière polarisée analysée (LPA) est conduite lorsque l’analyseur est en
place. Les minéraux présentent alors des teintes de polarisation permettant leur identification.
Ces teintes résultent de la propagation des vibrations lumineuses lors de la traversée d’un cristal.
Celui-ci constitue généralement un milieu anisotrope, chaque section présentant un indice de
réfraction minimal np et un indice maximal ng orthogonal au précédent. Lorsque la lumière
polarisée, qui vibre donc dans un seul plan, pénètre dans le cristal, elle donne naissance à deux
vibrations de même amplitude mais qui se propagent à des vitesses différentes selon les deux
indices de réfraction. Les deux vibrations ressortent déphasées ; elles traversent l’analyseur ce
qui conduit à la disparition de certaines longueurs d’onde et à une résultante qui définit la teinte
de polarisation.
Pour une épaisseur de lame donnée, cette teinte est fonction de la différence (ng – np) appelée
biréfringence de la section. Elle dépend de l’orientation de la plage traversée par rapport au
système cristallin du minéral. Pour une plage donnée, la biréfringence varie avec la rotation de
la platine, présentant quatre maxima d’intensité ainsi que quatre positions d’extinction.
La gamme de couleurs pour des lames minces de 30 μm d’épaisseur comporte divers ordres.

 La signification des plages noires


Certaines plages peuvent apparaître constamment noires, quelle que soit la position de la
platine. Si ces plages sont noires en LPNA et en LPA, il s’agit de minéraux opaques. Ceux-ci
sont le plus fréquemment des oxydes de fer (magnétite) ou de fer-titane (titanomagnétite). Si
les plages sont claires en LPNA et constamment noires en LPA, il s’agit de milieux isotropes
aux indices de réfraction constants quelles que soient les orientations. La biréfringence est alors
nulle et l’analyseur orthogonal au polariseur arrête tout rayon. C’est le cas des minéraux qui
cristallisent dans le système cubique, à l’exemple du grenat, ou de matériaux non cristallisés
comme le verre.

 La signification des teintes de polarisation


Dans une lame mince, il est courant d’observer de très nombreux cristaux d’un même minéral.
Ceux-ci peuvent avoir des teintes de polarisation très diverses, selon la valeur de la
biréfringence des différentes sections. Il convient donc de rechercher dans une lame ces sections
les plus caractéristiques pour identifier le minéral puis, en utilisant tous les autres caractères (en
LPNA et en LPA), étendre l’identification aux autres sections.

Ce chapitre ne traite pas en détail l’analyse microscopique de la roche.

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