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LE CONTRAT D’ASSURANCE

est un contrat

ETROITEMENT REGLEMENTE par :

 d’une part, le DROIT GENERAL des CONTRATS ;


 d’autre part, une législation spécifique contenue dans le CODE
C.I.M.A. (Livre I et Livre II portant sur les dispositions
concernant la Formation du contrat, son Exécution et sa
Résiliation).

Tenant compte des considérations d’ordre technique relatives à l’idée de


MUTUALITE, base de toute opération d’assurance. (cf. M. PICARD et A.
BESSON : le contrat d’assurance n° 43, p.69-71 « Originalité du droit des
assurances »).

Cet encadrement du contrat d’assurance est essentiellement destiné à


protéger : les souscripteurs, les assurés et bénéficiaires d’assurance.
CHAPITRE I.- LES SOURCES DU DROIT DU CONTRAT D’ASSURANCE
 
Section 1.- Les sources légales 

Les lois concernant le droit du contrat d’assurance appartiennent le plus souvent au droit
privé cependant, le droit public intervient parfois.

Cf. « Droit public et assurance » in RGAT. 1991 P.241

I.- Le droit commun ou général des contrats

  (cf. Droit des obligations : Art. 1101 à 1147 C.civ.)

  II.- Le code CIMA

(cf. Annexe 1 du Traité CIMA : Le livre I dont l’article 2 confère aux titres 1, 2, et 3
un caractère d’ordre public [dispositions impératives # supplétives].

«  Ne peuvent être modifiées par convention les prescriptions des titres I, II, et III du
présent livre, sauf celles qui donnent aux parties une simple faculté et qui sont
limitativement énumérées dans les articles 4 alinéa 2, 5, 9, 10, 35 à 38, 42,45, 46, 50, 51,
53, 58 et 72  » et le Livre II.

III.- Les sources communautaires (Art. 39 à 49 du Traité CIMA)

1. Règlements
2. Décisions
3. Recommandations et
4. Avis des organes du Traité CIMA
IV.- Les sources internationales

  A- Normes IAS (International Association of Insurance Supervisors)


B- Normes OMC (Organisation Mondiale du Commerce)

Section 2.- Les sources paralégales : les sources administratives  

I.- Pouvoirs de la CRCA pour imposer :

 L’usage de clauses types de contrats ;


 Fixer les montants maximaux et minimaux des tarifications.
(cf. Art. 302 c. CIMA)

II.- Pouvoirs du Ministre en charge des assurances sur le support contractuel : Visas
du ministre sur les documents commerciaux et tarifs (Art. 304 c. CIMA).

III.- Recommandations des autorités administratives indépendantes. Ex : Associations


de consommateurs.
Section 3.- Les sources judiciaires : la jurisprudence dont la limite est la loi

Section 4.- Autres sources

I.- Les Principes Généraux du Droit

Cf. « La cour de cassation et les PGD privé » in D. 2002. Chr. p.208

II.- La morale

« L’interdiction d’assurer les condamnations pénales ».

« L’interdiction d’assurer le risque de décès d’un mineur sans son consentement


personnel » cf. Art. 61 c. CIMA.

« L’interdiction d’assurer le risque de suicide au cours des deux premières années du


contrat » cf. Art. 66 c. CIMA.

« Le meurtre de l’assuré par le bénéficiaire » entraîne la cessation du contrat


d’assurance à l’égard de ce dernier cf. Art. 78 c. CIMA.

«  L’interdiction d’assurer la rançon destinée à financer la somme exigée par les


ravisseurs » pour éviter le risque d’incitation à l’enlèvement.

III.- Les accords contractuels

1.- les clauses des polices d’assurance

2.- les conventions professionnelles


CHAPITRE II.- LES CARACTERES GENERAUX DU CONTRAT D’ASSURANCE

Le contrat d’assurance présente un certain nombre de caractères essentiels qui


permettent de comprendre toutes les règles régissant sa validité. Certains sont constants,
tandis que d’autres sont variables.

Section 1.- Caractères constants

- Nommé (Art. 1964 C. Civ. et C. CIMA Livre I et II)

Sa désignation et son régime juridique sont déterminés par un texte, une législation
particulière.

- Consensuel (cf. Art.6 et 7 C. CIMA)

Dès l’échange des consentements le contrat est parfait.

L’Ecrit prévu par la loi n’est pas nécessaire à sa validité : il s’agit d’un simple moyen
de preuve : on dit que l’Ecrit est exigé.

« Ad Probationem et non Ad Solemnitatem »

A l’inverse des contrats dits formels exigeant en plus de l’accord des parties, certaines
formalités substantielles. Ex. le contrat de mariage.

Mais le consentement des parties, pour être valable doit émaner de personnes capables
et doit être exempt de vices. (cf. Art. 18 et 19 c. CIMA visant les déclarations inexactes du
risque).

 - Synallagmatique ou bilatéral

  Les obligations sont non seulement réciproques mais encore interdépendantes.

 - Successif # Instantané

  Les effets du contrat s’échelonnent dans le temps ou les prestations des parties
s’étendent nécessairement sur un laps de temps déterminé.

Obligation est donc faite à l’assuré de déclarer les aggravations de risques susceptibles
d’intervenir en cours de contrat afin que l’assureur puisse adapter le contrat à la nouvelle
situation.

En fin de contrat, on parle de RESILIATION du contrat et non de RESOLUTION.

- A titre onéreux # A titre gratuit 

Tout contrat aléatoire étant nécessairement onéreux.

- Aléatoire (Art.1964 C. Civ. Art.11et 44 c. CIMA)


- de Bonne foi (Art. 1134 al. 3cc et Art. 18, 19, et 20 C. CIMA) Par ailleurs, la
base de la garantie d’assurance réside dans le principe de la mutualité où assurés et
assureurs se doivent une collaboration franche et sincère.

Section 2.- Caractères variables

- Civil, Commercial ou Mixte ;


- D’adhésion ou de gré à gré.
CHAPITRE III : LES ELEMENTS ESSENTIELS DU CONTRAT D’ASSURANCE

Section 1: Le Risque

- Elément fondamental du contrat d’assurance car, c’est l’objet même du contrat.

- Pour être assurable, le risque doit présenter les 3 caractères suivants:

1- aléatoire
2- possible
3- licite

I- La déclaration du risque

 Une des obligations fondamentales de l’assuré qui doit :

 déclarer le risque lors de la formation du contrat

 déclarer les aggravations de risque en cours de contrat

 Ces deux obligations étant assorties de sanctions en cas d’inobservation.

A- Déclaration initiale du risque: Art 12-2

L’assuré est obligé de répondre exactement aux questions posées par l’assureur dans le
formulaire de déclaration du risque: questionnaire précis, limitatif ou fermé: Art 7 al. 1

B- Déclaration des circonstances nouvelles ou aggravantes en cours de contrat

1- Obligation de déclaration: Art 12-3 et 15

2- Etendue de l’obligation:

Les circonstances nouvelles sont:

- Soit, celles qui aggravent le risque initial (Ex: stockage de matières inflammables) ;

- Soit, celles qui constituent un risque nouveau par rapport aux déclarations initiales.

- La circonstance nouvelle (circonstance aggravante ou risque nouveau) doit rendre


inexactes ou caduques les réponses faites auparavant lors de la souscription dans le
questionnaire.

3- Forme et délai de la déclaration

- L’assuré doit informer l’assureur

 Par une LR de la survenance de la circonstance nouvelle,

 dans le délai de 15 jours, à partir du moment où il en a eu connaissance quelque


soit la manière (lui-même ou par un tiers)
4- Conséquence de la déclaration : Art 15

- L’assureur a la faculté (# obligation) :

 Soit de dénoncer le contrat

 Soit de proposer à l’assuré un nouveau montant de prime.

- Si l’assureur dénonce le contrat, c’est-à-dire décide de ne plus assurer le risque :

 la résiliation ne prend effet que 10 jours après qu’il ait notifié sa décision à
l’assuré.

 il doit rembourser à l’assuré la portion de prime correspondant à la période qui ne


sera plus couverte par la garantie.

 Si des circonstances spéciales aggravant le risque avaient été mentionnées dans le


contrat lors de la souscription et venaient à disparaitre en cours d’exécution du contrat,
l’assuré a le droit de résilier le contrat, sans indemnité, si l’assureur ne consent pas la
diminution de prime correspondante: Art 15 al.3.

 Enfin, l’assureur ne peut plus se prévaloir d’une circonstance aggravante, lorsque


ayant été informé de quelque manière que ce soit, il a consenti au maintien de
l’assurance en acceptant par exemple une prime sur les anciennes bases.

C- Sanctions en cas de déclarations inexactes du risque (Initiale ou en cours de


contrat)

 Les sanctions encourues par l’assuré sont différentes selon que la mauvaise foi de
l’assuré aura été établie ou non par l’assureur.

1- cas où l’assuré est de mauvaise foi: (Art 18)

- Mauvaise foi qui peut être prouvée par l’assureur par tout moyen (cf. questionnaire)

- Le contrat d’assurance est nul.

a) Conditions de la nullité

 Il faut qu’il y ait réticence (l’assuré s’est abstenu volontairement de déclarer toutes les
circonstances connues de lui) ou fausse déclaration de l’assuré.

 Commise avec l’intention de tromper l’assureur afin qu’il accepte de couvrir le risque
moyennant une prime basse.

 Peu importe, si le risque omis ou dénaturé a été sans influence sur la survenance du
sinistre.
b) Prise d’effet de la nullité

 Elle prend effet au jour où devait être faite la déclaration omise ou fausse.

c) Conséquences de la nullité

 L’assureur ne prend pas en charge le sinistre.

 Les primes encaissées demeurent acquises à l’assureur qui les conserve.

 L’assureur a droit à toutes les primes échues et non encore acquittées à titre de
dommages et intérêts.

 L’assureur réclame les indemnités qu’il avait déjà versées pour des sinistres antérieurs.

d) Prescription de l’action en nullité : (cf. Art 28)

 Elle est biennale.

 Et ne court que du jour où l’assureur a connaissance de la réticence ou de la fausse


déclaration.

2- Cas où l’assuré est de bonne foi (Art 19)

(En cas de fausse déclaration non intentionnelle où omission involontaire ou simple omission)

- Il n’y pas ici nullité du contrat mais deux hypothèses sont envisagées par l’article 19.

a) La fausse déclaration non intentionnelle est découverte AVANT tout SINISTRE,


l’assureur a trois possibilités (cf. Art 19 al 2)

 Soit maintenir le contrat sans surprime ;

 Soit maintenir le contrat avec surprime ;

 Soit résilier tout simplement le contrat 10 jours après notification adressée à l’assuré
par LR en restituant la portion de prime, au « prorata temporis ».

b) La fausse déclaration non intentionnelle est découverte APRÈS SINISTRE: c’est


le cas le plus fréquent: application de la Règle Proportionnelle de Prime.

- l’indemnité sera réduite dans la proportion du taux de prime payé par rapport à celui
qui aurait dû l’être si le risque avait été complètement et exactement déclaré cf. Art 19
al. 3

RPP= Indemnité Réduite = Montant du sinistre x Prime Payée


Prime Due
NB: 1- l’application de la RPP ou d’indemnité:

 Est une sanction de la sous tarification du risque ;

 Et n’a d’autre objectif que de faire supporter par l’assuré l’insuffisance de prime
résultant de sa fausse déclaration.

NB: 2- la RPP est différente de la Règle Proportionnelle de Capitaux (RPC) qui est la
sanction de la sous-assurance involontaire cf. Art 35 c. CIMA

RPC= Indemnité Réduite = Montant sinistre x Valeur assurée


Valeur Réelle

 3- La sanction de la DECHEANCE de la garantie pour déclaration tardive de risque ou


de sinistre (Art 12-3 et 4)

- Cette sanction est prévue par l’article 20 et ne peut être mise en œuvre qu’à trois
conditions:

 lorsqu’elle est prévue expressément par une clause du contrat,

 l’assureur doit rapporter la preuve du préjudice que ce retard lui a causé,

 La déchéance est exclue lorsque le retard est dû à un cas fortuit ou de force majeure,

- La déchéance se traduit par le retrait de tout droit à indemnité.

- La déchéance est prohibée et nulle dans les cas suivants:

 Lorsqu’il est stipulé vaguement dans le contrat qu’elle frappera l’assuré en cas de
violation des lois et règlements sauf si cette violation constitue un crime ou un délit
intentionnel.

 Lorsqu’il est stipulé dans le contrat qu’elle frappera l’assuré en cas de simple retard
dans la déclaration de sinistre.

 En cas de condamnation de l’assuré pour conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise


d’un état alcoolique dans un contrat RC automobile obligatoire cf. Art 211.

Toutefois, la clause de déchéance est opposable à l’assuré pour les garanties non
obligatoires, facultatives.

II- les exclusions de risques

- Conformément au principe de la liberté contractuelle, les parties sont libres de décider


des risques à assurer ou à exclure.

- Contrairement à une idée répandue, il n y a pas d’assurance tous risques

- Les exclusions peuvent être: soit légales, soit conventionnelles.


A- Les exclusions légales de risques

1- la faute intentionnelle ou dolosive de l’assuré cf. Art 11 al.2

- Toutefois l’assureur garantit les dommages causés par les personnes dont l’assuré est
civilement responsable ou causés par les choses qu’il a sous sa garde cf. Art 32

2- Les pertes et dommages causés soit par la guerre étrangère, soit par la guerre civile
soit par les émeutes ou par les mouvements populaires sauf convention contraire cf. Art 38

3- Les incendies directement occasionnés par les éruptions de volcan, les tremblements de
terre et autres cataclysmes, sauf convention contraire. Cf. Art 50

4- Le suicide conscient de l’assuré au cours des deux premières années du contrat


d’assurance cf. Art 66

5- le meurtre de l’assuré par le bénéficiaire désigné par lui cf. Art 78

NB: En cas de tentative de meurtre, l’assuré survivant a le droit de révoquer l’attribution du


bénéfice de l’assurance pour cause d’ingratitude

B- Les Exclusions conventionnelles

- Elles sont règlementées strictement cf. Art 11, l’assureur doit sa garantie « … sauf
exclusion formelle et limitée, contenue dans la police ».

- Elles sont soumises à 4 conditions:

1- l’exclusion doit être formelle c’est-à-dire claire, précise et non équivoque cf. la
formule « tous risques, sauf … » énumérant de manière explicite et directe la liste des
exclusions de risques.

2- Elle doit être limitée:

La loi prohibe en effet, les clauses générales et vagues d’exclusion comme par exemple
l’exclusion de toute faute de l’assuré pour inobservation des lois et règlements.

3- Elle doit être contenue dans la police.

4- Elle doit être libellée en caractères très apparents.

C- Les effets des exclusions

- Il y a non-assurance.

- En cas de sinistre intervenant dans l’une des hypothèses visées pour exclusion de
risques, l’assureur ne doit sa garantie à personne :

 ni à l’assuré ;
 ni à un tiers-victime ;
 ni à un bénéficiaire désigné.
Section II: La Prime

 C’est le prix de la garantie du risque.

 Elle s’appelle COTISATION dans les entreprises à caractère mutuel.

Cf. Art 13 al.1 : l’assuré est obligé de « payer la prime aux époques convenues »

I- Le Calcul de la Prime

La prime nette ou commerciale due par l’assuré est composée de deux éléments:

- La prime pure ou de risque ou technique augmentée ;

- Des chargements.

 La durée de la garantie: en général l’année.

 Le taux d’intérêts à travers les placements réglementés. La prime étant payable


d’avance, l’assureur dispose par anticipation d’une importante somme d’argent qu’il
fait fructifier par des classements réglementés. Les capitaux financiers retirés des
placements viennent en déduction des primes payées par les assurés.

- Les modalités de cette ristourne aux assurés sont différentes selon les sociétés.

A- La prime pure

Elle correspond au coût probable du risque garanti et est déterminée par deux (02)
paramètres :

 le taux de prime

 le montant des capitaux assurés ou assiette de la prime

A ces deux principaux paramètres, il convient d’ajouter deux autres éléments techniques
que sont:

 la durée de la garantie

 les taux d’intérêts

Lorsque les deux principaux paramètres sont mal déterminés, il y a déséquilibre. Mais
l’assureur dispose de deux règles proportionnelles pour se rattraper et rétablir l’équilibre
rompu.

1- La Règle proportionnelle de Prime ou de taux de prime (art.19 al.3)

 Elle sanctionne l’insuffisante déclaration du risque ;


 C’est la sanction de la sous-tarification du risque par la réduction de l’indemnité.

RPP: Montant dommage x Taux de Prime Payée


Taux de Prime due

2- La Règle Proportionnelle de Capitaux ou d’assiette de Prime (Art 35)

 Elle sanctionne l’insuffisante évaluation des valeurs assurées.

RPC = Montant dommage x Valeur déclarée


Valeur assurable

Ainsi, lorsqu’au jour du sinistre, il apparaît que la valeur déclarée des capitaux assurés
est inférieure à leur valeur assurable réelle, on dit qu’il y a « sous-assurance ». D’où
application de la RPC (Conséquence de la sous-assurance involontaire) se traduisant par une
réduction de l’indemnité.

B- Les Chargements de la Prime

- Au chargement commercial, il faut ajouter le chargement fiscal pour obtenir la prime


totale.

1- le chargement commercial

Ce sont les différents frais exposés par l’assureur à savoir :

 Les frais d’acquisition des contrats

En assurance dommages, ces frais de production ou de chargement de production


représentent 13% de la prime totale.

Les frais de gestion ou d’administration induits par l’activité économique de


l’entreprise. En assurance dommage ces frais représentent 17% de la prime totale.

 les frais accessoires ou complément de cotisation.

2- le Chargement fiscal

Ce sont les différentes taxes que l’assureur perçoit pour le compte de l’Etat.

II- Les Conditions de Paiement de la Prime

- Le contrat d’assurance est un contrat à titre onéreux.

 La cause de l’engagement de l’assureur réside dans:

 Le paiement de la prime par l’assuré.

- Le contrat d’assurance étant également un contrat synallagmatique, l’interdépendance


des obligations des deux parties fait que: le défaut de paiement de la prime à pour
conséquence immédiate de libérer l’assureur de ses engagements.
A- Le débiteur de la prime

- Cf. art 12, c’est l’assuré ou plus exactement le souscripteur du contrat ou le preneur
d’assurance, c’est à dire celui qui, en contractant avec l’assureur, a pris l’engagement
de payer la prime.

- Cf. art 72, la prime peut également être acquittée par un tiers qui y a intérêt.

B- le Créancier de la Prime

- La prime est payée à l’assureur ou à son mandataire (l’agent général).

- Si la prime est payée au courtier, le payement ne sera libératoire que lorsque les fonds
auront été transmis par le courtier à l’assureur à moins que l’assureur ait donné mandat
au courtier pour encaisser la prime.

C- L’époque du paiement de la prime

- Cf. Art 12 al.1: l’assuré est obligé de payer la prime aux époques convenues.

- La prime doit donc être payée à l’échéance prévue. Généralement tous les ans mais
cela peut être à des époques plus rapprochées.

D- Le lieu de Paiement de la Prime

- cf. art 13, il appartient à l’assuré-souscripteur d’aller payer la prime au domicile de


l’assureur ou de son mandataire dûment désigné, titulaire d’un mandat écrit « la prime est
portable et non quérable ».

- toutefois, cf. art. 14, l’assureur devra aviser l’assuré à chaque échéance des primes, de la
date d’échéance et du montant de la somme dont il est redevable.

E- Les Modalités de Paiement de la Prime

1- Fractionnement de la prime

- Il a pour objet d’échelonner le paiement de la prime annuelle sur plusieurs mois ou par
trimestre (plus fréquemment) ou semestriellement, pour soulager l’assuré dont la prime est
élevée au regard de ses possibilités:

 Dans ce cas une clause du contrat stipule:    « en cas de défaut de paiement d’une
fraction de la prime annuelle à son échéance, l’intégralité de la prime annuelle, devient
exigible ».

2- Modes de paiement

- l’assuré peut choisir le moyen qui lui convient (espèce - virement bancaire – Chèque –
mandat ou carte bancaire sous forme de Rente viagère).
- Aujourd’hui la pratique des prélèvements bancaires automatiques fait gagner du
temps.

- Mode particulier de paiement: la compensation.

 Elle peut intervenir, en cas de sinistre entre les primes dues par l’assuré et l’indemnité
de sinistre due par l’assureur, à concurrence de la somme la plus faible.

 Pour que cette compensation soit valable, il faut que ce soit l’assuré lui-même que
l’assureur indemnise et non un tiers victime.

III- Les Conséquences du non-paiement de la prime

A- En assurance de dommages et assurance de personnes autres que la vie


(Art. 13)

- Le contrat d’assurance étant un contrat synallagmatique l’assureur peut se dégager de


sa propre obligation de garantie sous réserve de l’accomplissement des formalités
prescrites par l’art 13.

NB: dans le but de protéger l’assuré négligent et les bénéficiaires de contrats, le législateur a
créé un régime juridique spécifique en cas de non-paiement de la prime, en mettant le débiteur
de la prime en condition pour exécuter son engagement par diverses informations :

 L’envoi de l’avis d’échéance ;

 L’envoi d’une mise en demeure préalable par LR ;

 La suspension de la garantie par l’assureur après l’expiration et un certain délai plus


ou moins long.

- la procédure en droit commun est plus contraignante.

- l’article 13 c. CIMA prévoit donc un régime spécial qui a un caractère impératif.

 Si l’assuré ne paie pas dans les 10 jours de son échéance une prime exigible, l’assureur
peut lui adresser, par LR ou contresignée, une mise en demeure qui fait courir un délai
de 30 jours.

 si à l’expiration de ce délai, l’assuré n’a pas payé la prime augmentée des frais, la
garantie est suspendue de plein droit et, il commence à courir un second délai de 10
jours à l’expiration duquel, l’assureur peut résilier le contrat.

- La procédure peut se résumer en deux phases :

1- la mise en demeure

a) Formalités de la mise en demeure

- Cf. Art 14, la mise en demeure n’est décernée :


• qu’après l’échéance et

• après que l’assuré ait été avisé de la date de l’échéance et du montant de la prime à
payer.

- Après un délai de grâce minimum de 10 jours suivant l’échéance (cf. Art 13 al.13)

• Mais de nombreux assureurs font précéder l’envoi de la mise en demeure d’une simple
lettre de rappel et attendent plusieurs semaines après l’échéance.

- En tout état de cause, la mise en demeure doit être adressée sous simple pli
recommandé au dernier domicile connu de l’assuré.

- Seule la LRAR interrompt la prescription biennale cf. Art 29 c. CIMA

b) Effets de la mise en demeure

- Elle fait courir deux (02) délais :

• Celui au terme duquel la garantie sera suspendue, et

• Celui au terme duquel le contrat pourra être résilié si la prime reste toujours impayée.

N.B. : Le point de départ du délai correspond à l’envoi de la mise en demeure. Le jour de


l’envoi ne compte pas. Le calcul du délai doit être fait à partir du lendemain à zéro (0) heures
du jour de l’envoi.

- Pour éviter l’envoi d’une seconde lettre recommandée par l’assureur pour notifier à
l’assuré la résiliation du contrat à une date déterminée, la lettre de mise en demeure
porte en même temps :

 la suspension légale automatique de garantie et

 la résiliation du contrat après 10 jours (au moins) de suspension.

2- La suspension de garantie

- la garantie ne peut être suspendue qu’à l’issue d’un délai de 30 jours à compter de
l’envoi de la LR.

 si la prime est impayée à l’expiration de ce délai, la suspension est automatique.

a) Effets de la suspension

 Seule la garantie est suspendue et l’obligation de l’assureur de garantir les sinistres


n’est plus due ;

 Le contrat continue d’exister cependant ;

 L’obligation de payer la prime demeure ;


 La suspension de garantie est opposable à tous (assuré et tiers victime) y compris cf.
Art. 210 en assurance automobile.

b) Durée de la suspension

Elle ne peut pas être inférieure à 10 jours.

c) Remise en vigueur de la garantie

 Par le paiement de la totalité de la prime des frais de poursuites et de recouvrement, le


lendemain à midi, ceci afin d’éviter toute contestation sur le montant exact du
paiement.

d) Possibilité de résiliation par l’assureur

- 10 jours après l’expiration du délai de 30 jours consécutifs à la mise en demeure,


l’assureur a le droit de résilier le contrat.

 Ce droit n’appartient qu’à l’assureur ;

 La possibilité de résiliation n’est pas automatique et doit donc être prévue dans la
lettre de mise en demeure ou faire l’objet de l’envoi à part d’une seconde lettre
recommandée de résiliation ;

 Enfin les délais minima de 10 jours et 30 jours sont impératifs. Pas de résiliation
prématurée.

e) Effets de la résiliation

- Elle met fin au contrat.

 La garantie qui n’était que suspendue cesse définitivement,

 L’assuré ne devra plus de prime pour l’avenir,

 Mais, en raison du caractère de non rétroactivité de la résiliation, les primes impayées


restent dues par l’assuré et pourront être réclamées en justice par l’assureur qui en
poursuit le recouvrement.

B- En assurance de dommages et assurance de personnes autres que la vie (art 13)

- l’Art. 73 prévoit des dispositions spéciales pour trois raisons :

 Le contrat d’assurance vie est un contrat d’épargne, un acte volontaire;

 L’assureur ne peut pas contraindre l’assuré à épargner;

 L’assurance vie n’étant pas gérée en répartition mais en capitalisation : les primes
versées par l’assuré ne servent donc pas à régler les sinistres des autres assurés mais à
être placées par l’assureur.
- Ainsi, lorsqu’une prime ou une fraction de prime n’est pas payée dans les 10 jours de
son échéance :

 l’assureur adresse à l’assuré une LR l’informant qu’à l’expiration d’un délai de 40


jours à dater de l’envoi de sa lettre, le défaut de paiement entraînera:

 Soit la résiliation du contrat en cas d’inexistence ou d’insuffisance de la valeur de


rachat
 Soit la réduction du contrat.

Section 3 : Le sinistre

- C’est la réalisation du risque prévu au contrat de nature à entraîner l’obligation de


garantie de l’assureur.

- La survenance du sinistre entraîne des obligations pour les deux parties.

I.- Pour l’assuré : Obligation de déclaration du sinistre cf. Art 12 al.4

« L’assuré est obligé : de donner avis à l’assureur, dès qu’il en a eu connaissance et au plus
tard dans le délai fixé par le contrat, de tout sinistre de nature à entraîner la garantie de
l’assureur ».

 Le délai ne peut être inférieur à 5 jours ouvrés, afin d’éviter pour l’assureur,
l’extension des conséquences du sinistre,

 Il est de 48 heures en cas de vol ou en cas de sinistre mortalité de bétail,

 Ces délais peuvent être prolongés entre les deux parties d’un commun accord.

A.- Forme de la déclaration

- Le code ne prévoit aucune forme particulière, laissant ainsi à l’assuré toute latitude;

- Elle peut être écrite, par simple lettre ;

- Déposée au siège de la société ou auprès du mandataire désigné par la société.

B.- Contenu de la déclaration de sinistre

- l’avis de déclaration de sinistre indique:

 Les circonstances du sinistre ;

 Le lieu et ;

 La date.
C.- sanctions du défaut de déclaration ou de la déclaration tardive

- Le code n’a pas prévu de sanction en cas de défaut de déclaration du sinistre. Mais dans la
pratique, il est sanctionné par la déchéance qui contrairement à la nullité, suppose une
assurance valable quoiqu’inefficace.

1.- Conditions de fond de la déchéance

 L’assureur doit prouver qu’il a subi un préjudice du fait du retard dans la déclaration
du sinistre par l’assuré.

 Le retard doit être prolongé.

 La déchéance est exclue si l’assuré prouve que son retard provient d’un cas fortuit ou
de force majeure.

2.- Conditions de forme de la déchéance

 Elle doit être prévue par une clause du contrat ;

 Elle doit être claire, précise et formelle ;

 Elle doit être mentionnée en caractères très apparents.

3.- Effets de la déchéance

 Perte de la garantie pour le sinistre à propos duquel elle a été encourue ;

 Le contrat reste en vigueur jusqu’à son expiration normale ;

 L’assuré reste tenu au paiement des primes ;

 Opposabilité aux tiers bénéficiaires cf. Art 10 ;

 Inopposabilité aux victimes dans les assurances de responsabilité car les victimes
disposent d’une action directe contre l’assureur du responsable.

II.- Pour l’assureur : obligation de garantie (régler les conséquences du sinistre)


cf. Art 16 al.1

- Elle se traduit par le paiement d’une somme d’argent.

A- Moment du paiement

- Lors de la réalisation du risque ou à l’échéance du contrat.

- Cf. Art 16 al.2, l’assureur ne couvre pas les sinistres survenus après expiration ou
suspension du contrat.

B- Délai du paiement

- Cf. Art 16 al.1, l’assureur doit exécuter dans le délai convenu la prestation déterminée
par le contrat.

- en principe donc immédiatement.

C- Bénéficiaire du paiement

- En assurance de choses, le souscripteur qui peut être parfois en même temps l’assuré,
l’acquéreur du bien assuré qui a été aliéné.

- En assurance sur la vie, en cas de décès, le bénéficiaire désigné par le souscripteur.

D- Modalités de paiement

- L’assureur paie en valeur, et le montant de la somme due par l’assureur est fonction
des termes du contrat (principe forfaitaire en assurance de personnes) ou conforme à
l’application du principe indemnitaire en assurance de dommages qui suppose une
évaluation correcte du préjudice subi (recours à l’expertise amiable ou judiciaire).

- Application de la franchise s’il y a lieu ;

- Après avoir payé, l’assureur a la faculté de résilier le contrat de façon discrétionnaire.


CHAPITRE IV.- FORMATION - EXECUTION ET RESILIATION DU CONTRAT
D’ASSURANCE

Section 1.- LA FORMATION DU CONTRAT

I.- LES ACTEURS DU CONTRAT D’ASSURANCE

A.- LES PROFESSIONNELS DE L’ASSURANCE

1.- Les Entreprises d’Assurances ou Assureurs

- Les sociétés commerciales (à but lucratif)

 Ne peuvent se constituer que sous la forme SA (Art. 301 C. CIMA).

 La forme SA Unipersonnelle est interdite.

 Le capital social doit être désormais d’au moins 1 milliard de F CF.A non
compris les apports en nature (Art.329-3C. CIMA).

 Chaque Actionnaire doit verser avant la constitution définitive, les trois quart
(3 / 4) au moins du montant des actions en numéraire souscrites par lui.

 Le reliquat doit être libéré dans 3 ans au plus à compter de l’immatriculation


au RCCM. Selon les modalités définies par les statuts ou par une décision du
CA.

- Les sociétés non commerciales

. Les sociétés d’assurance mutuelles : A.330 et les sociétés


tontinières : Art.331c. Cima
. Doivent avoir un Fonds d’Etablissement au moins égal à 800 millions de F CF.A
(Art. 330-2)
. Leurs membres sont des adhérents et ne peuvent être inférieurs à 500 pour les unes
et 200 pour les autres.

2. - Les organismes à statut particulier 


Le FGA : Art. 600 C. CIMA

3.- Les Intermédiaires ou Distributeurs ou Producteurs


d'assurances (Art. 500 et s. C. CIMA)

a / les réseaux classiques de distribution

. Les courtiers ou assureurs-conseils ;

. Les agents généraux d’assurances ;

. Les personnes physiques salariées ;


. Les personnes physiques non salariés.

b/ les nouvelles formes de distribution admises

. Les établissements financiers ou de micro-finances agréées par les banques


centrales
. La Poste
. La Caisse d’Epargne
. Les Agences de voyages
. A l’exclusion des grandes surfaces et concessionnaires de voitures.

4.- L’organe de contrôle commun (CRCA / ACP)

B.- LES PERSONNES ASSOCIEES AU CONTRAT D’ASSURANCE

1.- Le souscripteur ou preneur d’assurance :

Personne physique ou morale qui demande l’établissement du contrat le signe et


s’engage au paiement des primes.

2.- L’assuré :

Personne physique ou morale sur la tête de laquelle repose une assurance. Mais, le
plus souvent, c’est l’assuré lui-même qui souscrit pour son propre compte : on parle alors
d’assuré-souscripteur.

3.- Le tiers-bénéficiaire :

Personne qui est appelée, e en cas de décès à recueillir le profit du contrat. Elle est
désignée par l’assuré dans le contrat.

  4.- Les tiers - victimes :

Dans les contrats d’assurance de responsabilité civile, la victime est un tiers inconnu
au moment de la souscription du contrat.

II.- LES DIFFERENTES ETAPES DE LA FORMATION DU CONTRAT

 A.- LA PHASE PRECONTRACTUELLE

1.- L’information préalable de l’assuré par l’assureur

Cf. Art. 6 al 2 c. CIMA « L’assureur est tenu avant la conclusion du contrat de fournir
une fiche d’information sur :

 le prix

 les garanties

 les exclusions…
Ce devoir d’informations, de renseignements et de conseils est destiné à éclairer le
consentement du preneur d’assurance dans l’opération qu’il envisage.

Dans les contrats d’assurance de groupe, c’est l’Art.98 c. CIMA qui définit cette
obligation et la met à la charge du souscripteur.

2.- La proposition d’assurance ou questionnaire-proposition : cf. Art.6 al.1 et


Art.7al.1C. CIMA.

 C’est en pratique un formulaire de déclaration du risque par lequel l’assureur


interroge l’assuré sur les circonstances qui sont de nature à lui permettre d’apprécier le risque
qu’il prend en charge. (cf. à l’Art. 12-2° l’assuré est obligé «de répondre exactement aux
questions posées par l’assureur ») et non de « déclarer exactement lors de la conclusion du
contrat, toutes les circonstances connues de lui qui sont de nature à faire apprécier par
l’assureur les risques qu’il prend à sa charge. » cf. à la loi du 13 Juillet 1930.

Ainsi, à l’obligation de déclaration spontanée, est substituée celle de répondre


exactement aux questions posées par l’assureur. Cf. Art. 6 al 1 « La proposition n’engage ni
l’assureur ni l’assuré… »

B.- LA PHASE CONTRACTUELLE

Si l’assureur après analyse du questionnaire-proposition accepte le risque, il donne


ainsi son consentement.

 tarifie le risque, fixe la prime et

 envoie à l’assuré une note de couverture ou le contrat définitif pour signature.

 Cf. Art.13 al. 2 « La prise d’effet du contrat est subordonnée au paiement de la prime
par l’assuré… »

NB : La notion de date de prise d’effet du contrat ou des engagements est très importante,
essentielle dans le consentement des parties car, cette date va produire des effets sur :

- la périodicité de paiement des primes,


- le point de départ de la garantie due par l’assureur,
- la durée du contrat,
- sa résiliation.

  En principe, le contrat prend effet dès qu’il est conclu, cela répond au caractère
consensuel du contrat. Il a donc un effet immédiat sauf convention contraire.

Ainsi les parties peuvent contractuellement différer la prise d’effet des obligations
contractuelles en indiquant un moment clairement déterminé par une clause figurant aux
conditions particulières.
Pour ne pas être engagé sans contrepartie de prime, l’assureur pourra prévoir, aux
conditions générales, que cet effet ne se produira qu’avec le paiement préalable de la première
prime. A défaut d’une telle clause, le non paiement de cette prime entraîne les sanctions
prévues à l’Art. 13 c. CIMA.

Et un sinistre survenu entre la date d’effet du contrat et la suspension de garantie


est à la charge de l’assureur.

III.- LA PREUVE DU CONTRAT : cf. Art. 7 C. CIMA

  Trois (03) documents peuvent servir de preuve :

 la note de couverture ou de garantie ;

 la police d’assurance ou contrat d’assurance ;

 les avenants ;

 l’attestation d’assurance avec certificat détachable prévue à l’Art. 213 c. CIMA est
une présomption que, l’obligation d’assurance a été satisfaite.

A.- LA NOTE DE COUVERTURE (cf. Art. 6 al. 1 et Art. 7 al. 3 du C. CIMA)

C’est le document qui constate l’existence d’une garantie provisoire avant


l’établissement du contrat d’assurance définitif et qui permet à l’assuré d’être immédiatement
garanti.

De durée courte, elle fait preuve de la rencontre des consentements des deux parties
sur le risque, la garantie et le montant de la prime. 

B.- LA POLICE D’ASSURANCE (cf. Art. 6 al. 1 c. CIMA)

C’est le document signé des deux parties et qui constate l’existence du contrat et de
leur engagement réciproque.

1.- Forme de la police d’assurance (cf. Art. 7 al. 1 C. CIMA)

 rédigée par Ecrit dans la ou les langues officielles de l’Etat membre de la CIMA,

 en caractères apparents,

 les clauses édictant les nullités, les déchéances ou les exclusions doivent être
mentionnées en caractères très apparents. (cf. Art.8 al. 2 C. CIMA),

 les montants de la garantie et de la prime doivent obligatoirement être libellés en F


CF.A sauf autorisation contraire du Ministre en charge des assurances. (Art.3al.1c.
CIMA).

2.- Contenu de la police d’assurance (cf. Art.8 c. CIMA)

Généralement, elle comprend deux parties :


a/ Les conditions générales : pré-imprimées par l’assureur pour chaque catégorie de risque,
elles reproduisent les clauses communes à tous les contrats d’une même catégorie imposées
par le code et par l’autorité administrative. D’où, le qualificatif de contrat d’adhésion. Cf.
mentions obligatoires fixées à l’Art.8 c. CIMA.

b/ Les conditions particulières : manuscrites ou dactylographiées et aujourd’hui émises sur


ordinateur, elles individualisent le contrat et personnalise le risque. Elles constatent :

 les choix de l’assuré, rappelant parfois certaines de ses réponses apportées au


questionnaire et qui ont été déterminantes dans l’accord de l’assureur (Ex : l’existence
de protection contre le vol),

 les engagements de l’assureur,

 la prise d’effet du contrat.

NB :

 Très importantes, en cas de contradiction elles prévalent sur les conditions générales et
peuvent même y déroger.

 En cas de divergences entre l’exemplaire détenu par l’assuré et celui détenu par
l’assureur, c’est celui entre les mains de l’assuré qui prime.

 Toute clause obscure, ambiguë, équivoque s’interprète au détriment de l’assureur.

Enfin, la police peut comporter des conventions spéciales et des annexes (facultatifs)
également imprimées qui viennent préciser une garantie ou un point particulier.

- elles prévalent sur les conditions générales et non sur les conditions particulières.

C.- L’AVENANT

  Toute addition ou modification au contrat d’assurance primitif doit être constatée par
un avenant signé des deux parties.

Il fait corps avec la police et est classé avant les conditions particulières.

Section 2.- L’EXECUTION DU CONTRAT

 I.- LA DUREE DU CONTRAT

 A.- LA DUREE INITIALE (cf. Art.8, 21 et 24 c. CIMA)

 le moment à partir duquel le risque est garanti et la durée de cette garantie doivent être
indiqués. (Art. 8)

 la durée du contrat est fixée par la police. (Art. 21) cf. Ex.

. La durée du contrat peut être celle de la durée de la société (en général 99ans)
. Pour les risques temporaires, la durée coïncide avec la durée du risque

(Manifestations sportives, culturelles)

. Elle peut être indiquée en année ou mois avec TR : C’est la formulation la plus
fréquente
 la durée du contrat doit être mentionnée en caractères très apparents dans la police.

(Art. 24)

A défaut de cette mention, l’une des parties peut, nonobstant toute clause contraire,
résilier le contrat sans indemnité, chaque année, à la date anniversaire de sa prise d’effet
moyennant un préavis d’un mois au moins.

 L’absence de la mention de la durée a donc pour conséquence, de donner à la


convention une durée d’un an renouvelable une seule fois par tacite reconduction.

  B.- LA TACITE RECONDUCTION

Elle consiste à prolonger la durée du contrat sans nouvelle manifestation particulière


de volonté.

C’est un contrat qui se renouvelle automatiquement à son échéance. Car, la cessation


automatique d’un contrat parvenu à terme peut avoir des conséquences désastreuses pour
l’assuré négligent qui oublie de demander le renouvellement de son contrat et se trouve sans
le vouloir, sans assurance, alors que le risque continue de courir, d’exister et peut se réaliser
pendant la période de non garantie.

1.- Conditions 

- l’existence d’un contrat à durée déterminée,

- l’arrivée à expiration de la durée prévue,

- la mention dans le contrat d’une clause expresse prévoyant cette TR dont la durée ne
peut dépasser une année. (Art. 24 al.1)

A défaut de cette mention sur la durée de la TR, le contrat deviendrait résiliable


chaque année.

- l’assureur, à chaque échéance de prime est tenu d’aviser à la dernière adresse


connue, au moins quinze (15) jours à l’avance, l’assuré de :

. La date d’échéance (avis d’échéance),

. Du montant de la somme dont il est redevable. (Art. 14)

2.- Effets

- la TR proroge le contrat initial impérativement d’un an nonobstant toute clause


Contraire ;
- les clauses du contrat sont identiques à celles du contrat initial ;
- seule la date d’expiration est modifiée ;
- les parties peuvent décider de mettre fin au contrat en respectant le délai de préavis
(1 mois au moins) et les formes de la résiliation exigées par le code.

C.- LA CADUCITE DU CONTRAT: Sa disparition anticipée

Le contrat d’assurance est susceptible d’être frappé de caducité, et donc de disparaître


par anticipation, si un élément indispensable à son exécution disparaît. Deux cas peuvent se
produire:

1.- la disparition du risque peut résulter de la perte totale de la chose assurée ou de la


réquisition du bien meuble assuré.

2.- le retrait d’agrément de l’assureur et la liquidation judiciaire de l’assureur qui s’en


suit.

II.- LA MODIFICATION DU CONTRAT

En droit commun, le contrat consensuel reposant sur la volonté libre des parties, a
force obligatoire à leur égard, force de loi. Cf. Art. 1134 c.civ.

Ce principe s’explique par le souci du législateur de sauvegarder la stabilité des


conventions légalement formées. La modification n’est admise qu’à certaines conditions et
requiert l’accord préalable de toutes les parties au contrat initial. L’adage «  Qui ne dit mot
consent  » n’a donc pas cours en droit civil des obligations car, le silence et souvent
équivoque, susceptible de plusieurs significations.

Par contre, le droit des assurances confère au silence de l’assureur ACCEPTATION.

Le contrat d’assurance étant un contrat à exécution successive, il était logique d’admettre


que la situation patrimoniale de l’assuré puisse évoluer et lui permettre d’adapter le contrat à
sa situation nouvelle sans avoir à subir parfois les « caprices » de l’assureur.

Ainsi, cf. Art.6 al 2 C. CIMA : « Est considérée comme acceptée la proposition faite par
LRAR, ou tout autre moyen faisant foi de la date de réception,

 de prolonger ou

 de modifier un contrat, ou

 de remettre en vigueur un contrat suspendu,

Si l’assureur ne refuse pas dans les quinze (15) jours après qu’elle lui soit parvenue.

Ces dispositions ne sont pas applicables aux assurances sur la vie. »


A.- Conditions de la modification

- l’existence d’un contrat d’assurance, en cours d’exécution, qui n’a donc pas
définitivement pris fin : car dans le cas contraire, il ne peut plus être modifié.

  - une proposition présentée à l’assureur par LRAR pour éviter toute contestation
ultérieure.

  - cette proposition doit être suffisamment claire, complète et précise en indiquant son
objet pour être mise en œuvre par le seul silence de l’assureur.

- le silence de l’assureur pendant quinze (15) jours. 

 il ne dispose que d’un délai bref pour refuser ou pour réserver son acceptation sous la
condition d’un examen plus approfondi.

 le point de départ du délai est le lendemain à 0 heure du jour de la première


présentation à l’assureur de la LR que les bureaux de la société d’assurance soient
ouverts ou fermés.

 si, l’assureur ne répond pas au bout de quinze jours, la modification entre en vigueur le
16ème jour à zéro heure.

 mais, il se peut que aussi que le souscripteur ait formulé une exigence particulière
quant à la date de prise d’effet de la modification. Il pourrait avoir indiqué une date
postérieure à celle du 16ème jour à zéro heure, auquel cas, c’est cette date indiquée par
le souscripteur qui s’appliquera.

 Il peut également demander que la modification sollicitée ait un effet immédiat ; cette
modification une fois censée acceptée au terme du délai de 15 jours, produira effet
dans les termes demandés par l’assuré, c'est-à-dire à effet immédiat, au jour de la
demande de l’assuré : cf. en ce sens cass.1ère civ.22 mai 1991. RGAT. 1991. 545. note
Maurice ;

4 Nov.1995. RGAT. 1996.67. note Favre Rochex Groutel » le moment de la prise d’effet


d’une modification du contrat acceptée par le silence de l’assureur » in RGAT. 1996. chron. 1.

B.- Contenu de la modification

La modification du contrat peut se présenter sous divers aspects :

1. / les modifications souhaitées par l’assuré peuvent être de trois ordres :

 prolonger un contrat : la prolongation consiste à étendre dans le temps les effets du


contrat au-delà de la date d’échéance initialement convenue. Cette faculté ne concerne
en pratique que les contrats souscrits sans que la TR ait été prévue.
 remettre en vigueur un contrat conventionnellement suspendu car, en cas de
suspension légale de la garantie pour non paiement de la prime, le contrat ne sera
remis en vigueur qu’après acquittement de la prime non payée.

 modifier un contrat existant :

Ici se pose le problème de l’interprétation du terme «  modifier ».

. Dans un 1er temps, la JP a opté pour une conception extensive dangereuse pour les
assureurs ! En acceptant toutes modifications la loi n’ayant opéré aucune distinction, il n’y
avait pas lieu de distinguer. Ex : prise en charge d’un nouveau risque, la suppression d’une
exclusion de risque.

. Par la suite, sensible aux critiques de la doctrine, la JP a opté pour une conception
restrictive position du législateur en 1930 qui n’avait envisagé que les modifications
mineures, sans incidence sur le risque : cf. BESSON « Modifications conventionnelles
apportées en cours de contrat » in RGAT. 1957. p.357.

Il s’agit des modifications qui entrent dans le cadre de la tarification initiale du contrat
primitif et n’impliquent aucune discussion préalable entre les parties.

La modification ne peut avoir pour objet un risque nouveau et différent de celui


couvert. Ex : la durée du contrat, la périodicité des époques de résiliation.

Voir en ce sens  les deux arrêts suivants :

 civ. 16 octobre 1984 in D.1986. IR. 88. obs. Berr et Groutel

 civ. 4 Mars 1986 in G.P. du 10 Août 1986 p.18 note l’Eleu de la Simone ou

in D.1987. Som. 181. obs. Groutel ou in RGAT.1986.351.

Aujourd’hui, la JP se référant à l’exclusion unique portant sur les assurances sur la vie
opérée par l’Art. 6 al.4, a tendance à considérer que : peu importe l’objet de la modification
demandée ; cf. Cass. 1ère civ. 9 déc. 1997. RGAT. 1998. 56. note Mayaux.

 2./ Les modifications apportées par l’assureur peuvent être :

 En augmentation de garantie : la DNA exige que dans les avis d’échéance


correspondant à ces offres nouvelles, les montants de prime à payer respectivement
avec et sans la nouvelle garantie soient clairement mentionnés, de sorte que l’assuré
puisse indiquer s’il désire ou non cette garantie supplémentaire.

 En diminution de garantie : ici, une modification des conditions générales d’un


contrat introduisant une nouvelle clause d’exclusion de garantie à l’occasion d’un
Avenant est inopposable à l’assuré.

Cf. civ.1ère 29 Janv. 1980. RGAT. 1980. 404 ou D. 1980.IR. 516 . obs. Berr et Groutel
et RGAT. 1986. p. 151 et s.
C.- Preuve de la modification : l’avenant cf. Art. 7 al. 2 c. CIMA

Toute addition ou modification au contrat est constatée par avenant signé des parties.

 la demande de modification doit être formulée par écrit ;

 l’avenant indique parfois qu’il annule et remplace les dispositions


contractuelles antérieures ;

 l’avenant fait corps avec la police qui demeure applicable à tous les points qui
n’ont pas fait l’objet de modification : les autres dispositions contractuelles
demeurent en vigueur. Cf. Cass. 1ère civ. 24 Oct. 1977. RGAT. 1978. 220 obs.
Besson ; Courtieu, « Avenant : lorsqu’un clou chasse l’autre » in Argus 1978.
p.2301.

III.-LA TRANSMISSION DU CONTRAT

 - cf. Art.9C. CIMA « la police d’assurance peut être à personne dénommée, à ordre,
ou au porteur ;

. Les polices à ordre se transmettent par voie d’endossement, même en blanc ;

. La police d’assurance sur la vie peut être à ordre ; Elle ne peut être au porteur.

. L’endossement d’une police d’assurance sur la vie à ordre doit, à peine de nullité,
être daté, indiquer le nom du bénéficiaire de l’endossement et être signé de l’endosseur. »

 - cf. Art. 10 c. CIMA « l’assureur peut opposer au porteur de la police ou au tiers qui
en invoque le bénéfice, les exceptions opposables au souscripteur originaire. »

IV.- LE TRANSFERT DES RISQUES

 Nous évoquerons deux types de transfert :

. Celui de la propriété des biens et,

. Celui du portefeuille de contrats d’assurances.

  NB : Lire utilement :

.  Martin D. «  Du changement de contractants » in D.2000.chr.3144 ;

. Larroumet « La descente aux enfers de la cession de contrat » in D.2002. du 23 Mai


2002

A.- Le transfert de propriété des biens

Lorsque les biens assurés font l’objet d’un transfert de propriété soit entre vifs, soit à
cause de mort, que devient l’assurance qui les couvre ?

Le législateur à envisager trois situations :


1. / en cas d’aliénation entre vifs du bien assuré : cf. Art.40

 Le contrat d’assurance continue de plein droit au profit du nouvel acquéreur du


bien. (l’assurance suit le bien conformément à l’adage selon lequel, l’accessoire suit le
principal et sont concernées aussi bien les garanties « dommages » que les
garanties « responsabilité quelque soit l’événement couvert : incendie, vol »). C’est
une disposition à caractère impérative intervenant à l’insu de la volonté des parties.

 Le nouvel acquéreur doit exécuter activement et passivement toutes les obligations


dont l’assuré-souscripteur était tenu vis à vis de l’assureur au jour du transfert : il
devient créancier de la garantie et redevable des charges du contrat.

Toutefois, le nouvel acquéreur et l’assureur jouissent d'une faculté réciproque de


résiliation :

 le nouvel acquéreur peut demander à résilier le contrat par tout moyen sans versement
d’une quelconque indemnité de résiliation. Aucun délai de résiliation ne lui est
imposé ; mais, il devra se déterminer assez rapidement dans tous les cas avant que le
prochain avis d’échéance ne lui soit envoyé.

 l’assureur quant à lui peut procéder à la résiliation du contrat dans un délai de 3 mois à
partir du jour où le nouvel acquéreur a demandé un avenant de transfert de contrat à
son nom moyennant un préavis de 10 jours comme prévu à l’Art.19 c. CIMA en cas de
changement de risque

Le vendeur reste tenu vis-à-vis de l’assureur au paiement des primes échues et ne sera
libéré même comme garant des primes à échoir qu’à partir du moment où il aura informé par
LR, l’assureur de l’aliénation du bien.

2. /en cas de décès de l’assuré : Art. 40 c. CIMA

Le contrat d’assurance continue également de plein droit au profit de l’héritier ou


de la masse des héritiers qui sont tenus solidairement du paiement des primes et de toutes les
autres obligations dont l’assuré défunt était tenu vis à vis de l’assureur en vertu du contrat
pendant la période de l’indivision car, le contrat fait partie du patrimoine dévolu activement et
passivement au successeur. Le jour où le partage aura été effectué, c’est à l’attributaire
définitif du bien de régler la prime.

Notamment, l’assureur peut leur opposer toutes les exceptions qu’il pouvait opposer
au défunt :

 invoquer les sanctions pour fausses déclarations du risque à l’origine ou en cours de


contrat,

 invoquer une suspension de garantie pour non paiement de prime.


Le contrat est assorti d’une faculté de résiliation réciproque. En effet, l’assureur se
trouve en face d’un assuré qu’il n’a pas choisi et le nouvel assuré recueille un contrat qu’il n’a
pas personnellement souscrit. Il est loisible à l’un ou à l’autre de résilier le contrat.

 L’assureur pouvant résilier le contrat dans un délai de 3 mois à compter du jour où,
l’héritier a demandé un avenant de transfert de contrat à son nom assorti évidemment
d’un délai de préavis de dix

 (10) jours comme prévu à l’Art. 19 en cas de changement de risque.

 Quant au nouvel assuré, le code ne prévoit pour lui aucun délai de résiliation ; mais il
devra se prononcer au plus tôt en tout cas, avant de recevoir l’avis d’échéance par tout
moyen (LRAR ou acte extra judiciaire etc...).

3. / en cas d’aliénation entre vifs des véhicules terrestres à moteur

(V.T.M.) : cf. régime particulier prévu par l’Art.41c. CIMA.

NB : - L’aliénation en cas de décès du V.T.M. reste régie par l’Art. 40 c. CIMA.

- Cette législation spécifique aux V.T.M. qui ne prévoit pas de continuation d’office
d’assurance au profit du nouvel acquéreur s’explique par le fait que :

 d’une part, l’assureur n’avait accepté accorder sa garantie qu’en raison des qualités
personnelles que présentait l’ancien conducteur et,

 d’autre part, le vendeur qui a acquis un nouveau véhicule entend reporter sa garantie
sur le nouveau.

Le régime mis en place par l’Art. 41 prévoit un mécanisme à deux étapes :

1ère étape : la suspension provisoire de toutes les assurances relatives au VTM à partir
du 5ème jour de l’aliénation à 24 heures. Pendant ce temps, chacune des parties peut décider de
résilier le contrat d’assurance moyennant un préavis de 10 jours ;

2ème étape : la fin de la suspension et la résiliation du contrat si aucune des parties ne


manifeste l’intention de le résilier : la résiliation intervient de plein droit six (06) mois à
compter du jour de l’aliénation.

Que devient la prime ? L’assureur doit rembourser la portion de prime correspondant à la


période pendant laquelle le risque n’est plus couvert et n’a pas à réclamer à l’assuré une
quelconque indemnité de résiliation ;

 l’assuré étant tenu d’informer l’assureur de la date d’aliénation par LR ou tout autre
moyen prévu dans le contrat.

B.- Le transfert de portefeuille de contrats d’assurance

  Le transfert global des risques d’une société d’assurance à une autre société
d’assurance serait impossible selon les règles du droit commun qui exigeraient pour cette
cession de dette, l’accord individuel de chacun des assurés, créanciers de l’assureur cédant cf.
à l’art. 1275 c.civ.

Mais les règles du code CIMA l’autorisent sans l’accord des assurés : c’est la solution
spécifique au droit des contrats. Ce transfert peut s’effectuer de deux manières :

 soit volontairement,

 soit d’office. 

1. / le transfert volontaire ou amiable ou conventionnel : cf. Art. 323 c. CIMA

Un tel transfert en totalité ou en partie du portefeuille de contrats entre sociétés régies


par le code CIMA, doit être soumis à l’approbation de la CRCA.

 la demande de transfert est portée à la connaissance des créanciers par un avis publié
au JO et/ou dans un journal d’annonces légales, qui leur imparti un délai de trois (03)
au moins pour présenter leurs observations au Ministre qui en informe la CRCA

 les assurés disposent d’un délai d’un(01) mois à compter de la publication de cet avis
pour résilier leur contrat.

 ce n’est qu’après cette formalité substantielle que la CRCA pourrait approuver le


transfert s’il lui apparaît que ce transfert est cf. aux intérêts des créanciers et des
assurés.

 une fois l’approbation donnée par la CRCA, le transfert est opposable aux assurés,
souscripteurs et bénéficiaires de contrats et aux créanciers.

2. / le transfert d’office : cf. Art. 324 c. CIMA

 Il est imposé par la CRCA en application de l’art.312, lorsqu’elle constate qu’une


société soumise à son contrôle commet une infraction à la réglementation des
assurances et lui inflige une des sanctions disciplinaires (allant de l’avertissement, du
blâme, à la suspension ou la démission d’office des dirigeants et au retrait
d’agrément).

 la décision de transfert d’office est portée à la connaissance de l’ensemble des


entreprises d’assurances de l’Etat membre par avis publié au JO et/ou dans un JAL.

 cet avis fait courir un délai de quinze (15) jours pendant lesquels les entreprises qui
accepteraient de prendre en charge le portefeuille doivent se faire connaître à la
CRCA.

 l’Entreprise retenue par la CRCA est avisée par LRAR qui en fixe les modalités et la
date de prise d’effet.
Section 3.- LA RESILIATION DU CONTRAT D’ASSURANCE DOMMAGES

Le contrat valablement formé et légalement exécuté peut être amené à disparaître.

C’est la fin anticipée du contrat, son anéantissement pour l’avenir. Cf. distinctions
entre Nullité et Résiliation du contrat.

En effet, le contrat d’assurance étant un contrat successif :

 la situation personnelle ou professionnelle de l’assuré pourrait être amenée à évoluer


et remettre en question l’utilité du contrat.

 de même, l’assureur devrait pouvoir se désengager si le risque devient pour lui


indésirable.

Le législateur est alors intervenu pour permettre aux parties de se dégager du contrat
avant sa date normale d’échéance par la résiliation qui est un droit réciproque accordé à
l’assuré et à l’assureur dès lors que le contrat  ne présente plus aucun intérêt pour eux : c’est la
faculté périodique de résiliation.

I.- CONDITIONS

  Conformément à l’Art. 21c. CIMA, les conditions de résiliation sont fixées par le
contrat :

 cf. al.1, l’assuré a le droit de résilier le contrat à l’expiration d’un délai d’un an

 ce droit appartient dans les mêmes conditions à l’assureur.

 le droit de résilier tous les ans doit être rappelé dans chaque contrat.

II.- FORME

  Le code en son article 22 exige que la résiliation s’effectue selon trois moyens :

 par lettre recommandée ;

 par une déclaration faite contre récépissé au siège social ou chez le


représentant de l’assureur dans la localité ;

 par acte extra judiciaire.

Le délai de préavis est fixé à deux (02) mois.

Lorsque la résiliation est faite par LR, le délai de résiliation court à partir de la date
figurant sur le cachet de la poste.

NB : 1.- Dérogations relatives à la durée du contrat et au préavis de résiliation. Elles


concernent les contrats suivants :
 Individuels d’assurance maladie ;

 Contrats couvrant les risques de la construction ;

 Contrats couvrant les risques autres que ceux des particuliers.

2.- Les dispositions liées à la durée du contrat et aux conditions de résiliation ne


concernent pas l’assurance sur la vie.

  III.- LES CIRCONSTANCES DE RESILIATION

A.- LA FACULTE PERIODIQUE DE RESILIATION cf. art.21c. CIMA

Elle est ouverte à l’assureur et à l’assuré constituant ainsi un droit réciproque.

En ce qui concerne, les conditions de cette résiliation, sa forme, son délai, sa date de
prise d’effet et le sort de la prime se référer au paragraphe précédent.

B.- LA FACULTE EXCEPTIONNELLE DE RESILIATION (cf. Art. 25 c. CIMA)

  En raison de certaines modifications pouvant intervenir en cours d’année dans la vie


socioprofessionnelle de l’assuré, le législateur à prévu des cas exceptionnels de résiliation en
cas de survenance des six (06) évènements suivants :

1.- Les cas prévus par le législateur

a.- changement de domicile et non de résidence

Il s’agit donc du domicile légal, principal établissement mentionné dans le contrat.

 b.- Changement de profession

En raison de la fréquente mobilité de la main d’œuvre du fait que les agents


fonctionnaires de l’Etat doivent travailler partout où besoin sera.

c.- Changement de situation matrimoniale

Mariage, séparation de corps, divorce, décès de l’un des époux.

d.- Changement de régime matrimonial

Par la production d’un acte notarié homologué par le tribunal.

e.- Retraite professionnelle

Par la production d’une attestation de l’employeur pour un salarié ou la radiation du


RCCM pour un commerçant.

f.- Cessation définitive d’activité professionnelle


2.- Les règles particulières

La faculté exceptionnelle de résiliation est soumise à des règles particulières :

a.- Conditions de résiliation cf. Art. 25 al. 2

  . La résiliation du contrat n’est possible que s’il a pour objet la garantie de risques en
relation directe avec la situation antérieure (avant le changement) et qui ne se retrouvent pas
dans la situation nouvelle. L’application de cette disposition s’avère parfois difficile ; c’est le
cas où le changement n’agit que sur une partie des risques garantis : Ex un simple
déménagement peut ne pas modifier le mobilier de l’assuré qui aura été simplement déplacé,
sa situation juridique et les risques qui y sont rattachés.

. Elle est ouverte aux deux parties.

b.- Délai de résiliation cf. Art. 25 al. 3

. La résiliation ne peut intervenir que dans le délai de trois mois suivant la date de
l’évènement.

c.- Forme de la résiliation cf. Art. 26

  La résiliation doit s’effectuer par LRAR.

d.- Date de prise d’effet de la résiliation cf. Art. 25 al. 3

La date de prise d’effet de la résiliation a lieu un mois après que l’autre partie au
contrat en aura reçu notification.

e.- Sort de la prime cf. Art. 25 al. 5 et 6

L’assureur doit rembourser la partie de prime correspondant à la période pendant


laquelle le risque n’est plus couvert.

C.- LA RESILIATION APRES SINISTRE cf. Art. 23 c. CIMA

Exemples : un sinistre suspect ou douteux faisant soupçonner une escroquerie à


l’assurance ou le risque garanti s’est révélé trop lourd pour sur les comptes de l’assureur.

1.- Conditions

Elle n’est possible que si elle est prévue par une clause dans le contrat. Mais,
l’assureur qui, un mois après avoir eu connaissance du sinistre a accepté le paiement partiel
ou total d’une prime, ne peut plus se prévaloir de ce sinistre pour résilier le contrat.

L’assuré dont le contrat sinistré a été résilié a le droit à son tour, de résilier tous les
autres contrats souscrits auprès de cet assureur dans le délai d’un mois de la notification de la
résiliation du contrat.
2.- Délai

Elle ne peut intervenir que dans un délai de trois mois après que l’assureur ait eu
connaissance de la survenance du sinistre, moyennant un préavis d’un mois à dater de la
notification à l’assuré.

3.- Forme

Par LRAR, ou acte extra judiciaire, ou tout autre moyen.

4.- Sort des primes

La mise en œuvre aussi bien par l’assureur que par l’assuré de la faculté de résiliation
entraîne la restitution par l’assureur des portions de primes correspondant à la période pendant
laquelle les risques ne sont plus garantis.

D.- LE NON RESPECT DE LA LEGISLATION SUR LES SOCIETES


D’ASSURANCES

1.- Résiliation pour non paiement de la prime : Art. 13

2.- Résiliation en cas d’aggravation de risque en cours de contrat : Art. 15 al.1

- l’Assureur a la faculté :

• Soit de dénoncer le contrat en remboursant la fraction de prime non courue,

• Soit de proposer un nouveau montant de prime : si l’assuré refuse


l’augmentation, l’assureur résilie le contrat.

3.- Résiliation par l’assuré sans paiement d’indemnité en cas de diminution de


risque en cours de contrat si l’assureur ne consent pas la diminution de prime
correspondante : Art. 15 al. 3.

4.- Résiliation en cas de faillite ou de liquidation judiciaire de l’assuré ou de


l’assureur

- En cas de faillite de l’assuré : Art. 17 al.1, le législateur accorde une faculté de


résiliation des contrats souscrits par l’assuré au syndic ou au liquidateur pendant un délai de
trois mois à compter de la date du prononcé du jugement de faillite.

- En cas de faillite de l’entreprise d’assurance : deux cas sont à envisager :

 cas d’une société d’assurances dommages le code CIMA prévoit en son Art. 325-11,
la résiliation de plein droit de tous les contrats détenus dans son portefeuille le 40 ème
jour à midi à compter de la publication dans un JAL de la décision de retrait
d’agrément prononcée par la CRCA
 cas de la société d’assurances vie, les conditions sont ici plus rigoureuses en raison de
la longue durée de vie des contrats.
L’art. 325-12 prévoit :

Dans un 1er temps la continuation des contrats après la publication au JO de la décision


de retrait d’agrément. Mais, le liquidateur peut avec l’approbation du juge-contrôleur surseoir
au paiement des sinistres, des échéances et des valeurs de rachat ;

Dans un 2ème temps, la CRCA à la demande du liquidateur, fixe la date à laquelle les
contrats cessent d’avoir effet, autorise leur transfert à une ou plusieurs entreprises, décide la
réduction des sommes payables en cas de vie ou en cas de décès, de bénéfices et de valeurs de
rachat de manière à maîtriser les engagements de l’entreprise en difficulté.

5.- Résiliation en cas de fausse déclaration non intentionnelle : Art.19

- Si la fausse déclaration non intentionnelle est constatée avant tout sinistre (al.2),
l’assureur a une option :

. Soit maintien du contrat moyennant une augmentation de prime acceptée par l’assuré,

. Soit résiliation du contrat 10 jours après notification adressée à l’assuré par LR

- Si la fausse déclaration non intentionnelle n’est constatée qu’après un sinistre,


l’indemnité à verser est réduite.

* En cas de fausse déclaration intentionnelle ou de réticence par contre, c’est la nullité


avec non restitution des primes.

6.- Résiliation de plein droit après la perte totale de la chose assurée résultant d’un
évènement non prévu par le contrat : Art. 39, l’assurance prend fin de plein droit faute d’objet.

7.- En cas de transfert amiable de portefeuille, (Art.323) les assurés disposent d’un
délai d’un mois à compter de la publication de l’avis de transfert au JO pour résilier leur
contrat.
CHAPITRE V.- CONTENTIEUX DU CONTRAT : DIFFICULTES D’EXECUTION

- L’exécution du contrat peut être source de difficultés opposant « assureur » à


« assuré », ou au tiers bénéficiaire ou à la tierce victime et portant sur le paiement des
primes ou le règlement du sinistre.

- En l’absence de règlement amiable (Médiation ou Transaction) privilégié par les


assureurs afin d’éviter la multiplication des procès qui ne peuvent que nuire à leur
réputation, saisine des tribunaux.

Section 1: Les règles de compétence

I- La Compétence d’attribution

 En l’absence de dispositions spécifiques, on se réfère au droit commun de la


compétence en matière civile et commerciale.

A- Compétence exclusive des juridictions civiles et commerciales

- l’option entre la juridiction civile et la juridiction commerciale dépend de la qualité de


commerçant ou non du défendeur.

- Vis-à-vis de l’assureur, le contrat d’assurance est réputé acte de commerce, car la


société d’assurance couvrant le risque est une SA par actions.

 Vis-à-vis de l’assuré, le contrat d’assurance est réputé acte civil, mais il devient un
acte commercial, s’il a été souscrit par un commerçant à l’occasion ou dans l’intérêt de
son commerce.

- Le taux du litige permettra de déterminer si la décision rendue est en dernier ressort ou


à charge d’appel.

 Lorsqu’il s’agit d’une action en règlement de sinistre on se réfère au montant de la


demande.

 Si, c’est une action en règlement de primes, on se réfère au montant total des primes
échues.

B- Incompétence des autres juridictions

1- Ni les tribunaux administratifs ni les juridictions d’exception ne peuvent être


compétents pour connaître de l’exécution d’un contrat d’assurance qui relève de la branche du
droit privé et du droit commun.

2- Le principe était l’incompétence des tribunaux répressifs à l’égard de l’assureur qui ne


pouvait jamais être mis en cause dans un procès pénal.
- Mais depuis la loi du 8 juillet 1983 renforçant la protection des victimes d’infractions,
l’assureur du responsable peut être mis en cause devant le juge répressif en cas de
dommage corporel.

Cf. JCP 1983. III. 54 461


Dalloz 1983. L. 351

II-La compétence territoriale (Art 30 C. CIMA)

A- Le principe

Contrairement au droit commun où la juridiction compétente est en principe celle du


domicile du défendeur, en matière d’assurance pour la fixation et le règlement des indemnités
dues, quelque soit la nature du contrat d’assurance souscrit, c’est le tribunal du domicile de
l’assuré (lieu du principal établissement au jour de la demande): solution protectrice des
intérêts de l’assuré.

B- Les Exceptions

1- S’il s’agit d’une assurance portant sur un immeuble ou sur des meubles par nature,
le tribunal compétent est celui du lieu de la situation des objets assurés.

2- S’il s’agit d’assurance contre les accidents de toute nature, l’assuré peut assigner
l’assureur devant le tribunal du lieu où s’est produit le fait dommageable.

Section 2 : La Prescription

- La prescription: c’est l’extinction d’un droit ou d’une obligation après l’écoulement


d’un délai donné.

- Elle peut être:

• Biennale ou
• Quinquennale.

I- La Prescription biennale: cf. Art 28 al 1

Toutes actions dérivant d’un contrat d’assurance sont prescrites par 2 ans à compter de
l’événement qui y donne naissance.

Ex1: Les actions en paiement de prime intentées par l’assureur contre l’assuré.

Ex2: Toutes les actions en règlement de sinistre intentées par l’assuré contre l’assureur.

Ex3: Toutes les actions en nullité ou en résiliation du contrat d’assurance.

- La prescription biennale, de brève durée a l’avantage de ne pas laisser trop longtemps


l’assuré exposé aux réclamations de l’assureur et vice-versa.
 C’est une disposition impérative, ce qui signifie que la durée ne peut être abrégée par
une clause spéciale insérée dans le contrat.

- Les effets sont ceux du droit commun (Art. 2223 et 2224 du C. CIMA).

II- La Prescription quinquennale

1- cf. Art 28 al 3 la prescription est de 5 ans :

 Dans les contrats d’assurance sur la vie lorsque la bénéficiaire est une personne
distincte du souscripteur ;

 Dans les contrats d’assurance contre les accidents atteignant les personnes, lorsque les
bénéficiaires sont les ayants droit de l’assuré décédé ;

 L’allongement du délai permet de protéger les bénéficiaires ignorant parfois


l’existence de l’assurance à leur profit.

2- cf. art 256, les actions en responsabilité civile extra-contractuelle, se prescrivent


dans un délai maximum de 5 ans à compter de l’accident

 Il s’agit ici des actions où sont parties des 1/3 au contrat d’assurance.

NB:1/ Computation du délai

- Cf. Art 28 al 1, en principe, le délai court du jour « de l’événement qui y donne
naissance » Ainsi:

 La prescription de l’action en paiement des primes part de l’échéance ;

 Celle de l’action en règlement du sinistre du jour de la réalisation du risque ;

 Dans les assurances en cas de décès ou contre les accidents corporels mortels, la
prescription quinquennale court du jour de décès de l’assuré.

2- Interruption de la prescription

- Elle résulte des causes de droit commun auxquelles, on ajoute 2 causes spécifiques à
l’assurance :
 Citation en justice ;
 Commandement de payer ou saisie.
 Reconnaissance du droit du créancier par le débiteur (art 2248 C. Civ.)

- L’art 29 c. CIMA ajoute:

 La désignation d’experts à la suite d’un sinistre afin d’évaluer l’indemnité ;


 L’envoi d’une LRAR adressée par l’assureur à l’assuré et vice-versa.
- L’interruption a pour effet, de faire courir un nouveau délai (le délai de 2 ans
recommence à courir).
3- Suspension de la prescription

- Elle a pour effet en droit commun, d’arrêter le cours du délai de 2 ou 5 ans.

- Mais la période qui a couru avant que ne survienne la suspension continue à compter
et devra simplement être complétée lorsque la cause de la suspension aura cessé.

- Il n’y a suspension de la prescription que:

 Lorsque l’intéressé s’est trouvé dans l’impossibilité d’agir en raison:

 Soit de la force majeure

 Soit de l’ignorance de l’existence du contrat cf. Civ. 1ère 11.10.88 RGAT.


1989. 47 (suspension de la prescription jusqu’à la découverte de l’assurance
souscrite à son profit)

 Selon la JP, le fait pour l’assureur de diriger le procès intenté contre l’assuré
par la victime suspend, tant que dure cette direction, le cours de la prescription
de l’action de l’assuré contre lui cf. civ. 5.12.72 JCP 1973.17.574 Bigot
RGAT 1973. 537.