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UNIVERSITE DE YAOUNDE II

THE UNIVERSITY OF YAOUNDE II

INSTITUT DES RELATIONS INTERNATIONAL


INTERNATIONALES DU RELATIONS INSTITUTE
CAMEROUN OF CAMEROON
B.P.: 1637 Yaoundé P.O Box: 1637 Yaoundé
Tel: 22 31 03 05 Tel: 22 31 03 05
Fax: (237) 22 31 89 99 Fax: (237) 22 31 89 99
E-mail: iric@uycdc.unicet.cm E-mail: iric@uycdc.unicet.cm

METHODE DE RECHERCHE EN
SCIENCES SOCIALES

PRÉPARÉ ET DISPENSÉ PAR :


Pr. Laurent ZANG, Professeur Titulaire des Universités
CHEF DE DEPARTEMENT DE DIPLOMATIE ET DES ENSEIGNEMENTS
PROFESSIONNELS

ASSISTÉ DE : Dr GEORGES ETOA, Dr


HONORE ABRAHAM et RANE
ZOULICKA

ANNÉE ACADÉMIQUE 2014-2015

SOMMAIRE
INTRODUCTION
GENERALE…………………………………………………………………
………………..………………4
I-POURQUOI FAIRE DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE ?..............................................................................4
II- L’ESPRIT DE LA RECHERCHE
SCIENTIFIQUE…………………………………………………………
………………………6
III- LA DEMARCHE DU
CHERCHEUR……………………………………………………………
…………………………………….12
IV- QUELQUES CONCEPTS SCIENTIFIQUES DE
BASE……………………………………………………………………….1
3
V- LA STRUCTURE D’UN PROJET DE
RECHERCHE………………………………………………………………
………….20
VI- LA REVUE DE LITTERATURE : POURQUOI ET
COMMENT ?....................................................................21
VLI - ANNONCE DU PLAN
……………………………………………………………………………………
……………………………………..23
CHAP1 : LA RUPTURE OU LA CONSTRUCTION DE L’OBJET DE
RECHERCHE………………………24

SECTION 1. LA RUPTURE EPISTEMOLOGIQUE : APPROCHE


THEORIQUE………………………………………….24

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SECTION 2. LE CHOIX DU SUJET OU LA QUESTION DE
DEPART…………………………………………………….28
SECTION 3.
L’EXPLORATION…………………………………………………………
………………………………………..……….39
SECTION 4. LA
PROBLEMATIQUE………………………………………………………………
…………………………………………………42
CHAP2 : LA CONSTRUCTION DU MODELE
D’ANALYSE………………………………………………………45

SECTION 1 : DEFINITION, ROLE ET QUALITES DE L’HYPOTHESE :


……………………………….…………………45
SECTION 2 : L’ELABORATION DE L’HYPOTHESE :
L’OPERATIONNALISATION DES CONCEPTS………46
SECTION 3 : LE CADRE THEORIQUE (THEORITICAL
FRAMEWORK) ………………………………………………48
SECTION 4 : LES THEORIES USUELLEMENT UTILISEES DANS LES
RELATIONS
INTERNATIONALES………………………………………………………
…………………………………………….......…………….50

CHAP3 : L’OBSERVATION
SCIENTIFIQUE……………………………………………………………
…………….51

SECTION 1 : LES DIFFICULTES DE L’OBSERVATION EN SCIENCES


SOCIALES………..………………………51
SECTION 2 : L’OBJET DE L’OBSERVATION OU QUOI
OBSERVER ?.........................................................52
SECTION 3 : LE PROBLEME DE L’ECHANTILLONNAGE
………………………………………………………………52
SECTION 4 : LES INSTRUMENTS DE
L’OBSERVATION………………………..
………………………………………54
CHAP4 : EXPLICATION ET INTERPRETATIONS DES
DONNEES……………………………………………… 60

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SECTION 1 : L’IMPORTANCE ET LE ROLE DE L’EXPLICATION
DANS LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE………60
SECTION 2 : L’ANALYSE DES DONNEES OU LA CONFRONTATION
DE LA THEORIE AU FAIT…………..……..61
SECTION 3 : LES MODES
D’EXPLICATION…………………………………………………………
……………………………….62
SECTION 4 : LES LIMITES DE L’EXPLICATIONNISME
……………………………………………………………………………63

CHAP5 : PRESENTATION DU MEMOIRE OU DE LA


THESE……………………………………………………..64

SECTION 1 : LES RUBRIQUES DU


PLAN…………………………………………………………………………
……………………64.
SECTION 2 : LES DIVISIONS ET SUBDIVISIONS DU
PLAN…………………………………………………………………….64
SECTION 3 : TITRES, SOUS-TITRES ET INTITULES DES
DIVISIONS ……………………………………………………..66
SECTION 4 : LE SOMMAIRE ET LA TABLE DES
MATIERES…………………………………………………………………
…67
SECTION 5 : LES ANNEXES ET LES PAGES EN CHIFFRES
ROMAINS……………………………………………………69

CHAP6 : LES REGLES DE LA PRESENTATION


BIBLIOGRAPHIQUE…………………………………………..70

SECTION 1 : UTILITE ET CIRCONSTANCES DE L’UTILISATION


DES NOTES DE BAS DE PAGE……………….70 
SECTION 2 : PRESENTATION DES NOTES DE BAS DE
PAGE………………………………………………………………….70
SECTION 3 : LE CONTENU DE LA BIBLIOGRAPHIE ET SA
PRESENTATION…………………………………………… 72
SECTION 4 : PLAN DE PRESENTATION DE LA
BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………..
…75

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SECTION 5 : OU SITUER LA
BIBLIOGRAPHIE ?.........................................................................................
........76.

CONCLUSION
GENERALE…………………………………………………………………
…………………………………..77

BIBLIOGRAPHIE…………………………………………………………
………………………………………………………..79

INTRODUCTION GENERALE
La recherche fait partie des missions statutaires des institutions
universitaires. Elle représente une des tâches quotidiennes des enseignants
des universités dont le rôle consiste non seulement à transmettre les
connaissances, mais aussi à les produire et à appuyer l’effort de
développement de l’ensemble de la société. Elle fait partie du processus
d’apprentissage des étudiants qui, à l’université, ne se contentent plus
d’ingurgiter les connaissances, mais de les trouver eux-mêmes à différentes
sources, complétant ainsi les enseignements reçus. En outre l’obtention de
certains diplômes universitaires est conditionnée par la production et la
soutenance de travaux de recherche qui attestent de la capacité des uns et
des autres à poser et résoudre scientifiquement un problème. D’où la

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nécessité pour les étudiants de disposer des instruments et outils leur
permettant de produire des travaux de qualité.

S’il est vrai que chaque science se définit par son objet et sa méthode,
il n’en demeure pas moins que la science dans sa grande généralité a une
démarche qui en garantit la fiabilité et l’universalité. Les sciences sociales
n’échappent pas à cette règle et leur méthode n’est qu’une variante de la
démarche globale de la recherche scientifique. Du reste, chacune d’elles
adapte sa démarche heuristique aux spécificités de son objet d’étude. Le
chercheur en sciences sociales doit au départ savoir ce qu’est la recherche
en général et ce qui lui confère l’attribut de scientifique pour s’assurer que
ce qu’il fait dans son domaine se situe bien dans la sphère de la science.
Aussi, les premières questions que nous nous poserons auront-elles une
portée générale. Qu’est-ce que la recherche ? Pourquoi fait-on de la
recherche ? Dans quel esprit doit se faire la recherche ? L’introduction
consistera essentiellement à poser les prolégomènes de la recherche
scientifique.

I-POURQUOI FAIRE DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE ?

La recherche est une activité intellectuelle visant à donner du sens aux


phénomènes qui suscitent notre curiosité ou provoquent en nous des
interrogations. L’être humain est caractérisé par le désir de connaître la
nature qui l’entoure. Doté de raison, il veut comprendre, expliquer,
découvrir les relations qui existent entre les faits et qui donnent lieu à
d’autres faits. L’homme veut maîtriser le monde. Il veut améliorer les
conditions de son existence et pour cela il met en œuvre son intelligence,
son imagination créatrice. La recherche, pourrait-on dire, est l’activité de
l’homo sapiens désireux de maîtriser la nature et de la commander. La
recherche est la voie de la découverte, de la connaissance.

Après avoir été longtemps l’apanage de quelques initiés, la science est


sortie des monastères et est rentrée dans les universités d’où elle s’est
répandue à l’ensemble des activités sociales tant de production, de
consommation que de gouvernement militaire et civil. Il n’y a pratiquement
plus de champ d’activités humaines qui échappe à la recherche. C’est le
moteur du progrès. C’est le guide de la décision et de l’action. Parmi les
définitions de la recherche, on peut commencer par celle d’Omar Aktouf qui
s’intéresse spécifiquement à la recherche académique :

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« La recherche scientifique, que ce soit dans le cadre d’un mémoire, d’une
thèse ou toute autre forme de travail à caractère académique, consiste, à
partir d’une interrogation, dune énigme, d’une insuffisance de
compréhension d’un phénomène, d’un vide dans une théorie…à construire
une articulation complète de cette interrogation de façon à la transformer
en questions qui peuvent être renseignées et traitées dans la cadre d’un
champ de connaissance précis(telle la science économique par exemple).

La recherche est donc une contribution, aussi petite ou modeste soit-elle, à


l’édifice des connaissances générales sur les différents aspects de la réalité.
Elle a pour objet général : l’analyse des faits, dans le cadre d’une ou de
plusieurs théories connues, à l’aide de concepts déterminés, afin de
dégager des lois permettant de construire un ou plusieurs modèles figurant
le réel étudié et rendant compte de ses mécanismes , ses particularités, ses
dysfonctions … et, par la même occasion, enrichissant le champ de
connaissances mis en œuvre. » (p.17)
L’objet de la recherche est d’expliquer l’univers dont l’homme fait
partie et d’établir des régularités ou des lois auxquelles il peut se référer
quand se présentent les mêmes circonstances et les mêmes évènements.
Même si cela peut paraître prétentieux pour des chercheurs débutants,
l’objet de la recherche scientifique est de produire de la science, des
connaissances. Et comme le dit Karl POPPER, « le but de la science est de
découvrir des explications satisfaisantes de tout ce qui nous étonne et paraît
nécessiter une explication. Par explication(ou explication causale), on
entend un ensemble d’énoncés dont l »un décrit l’état de choses à expliquer
(l’explicandum), tandis que les autres, les énoncés explicatifs, constituent
« l’explication » au sens le plus étroit du terme (l’explicans de
l’explicandum).» 

Dans une perspective plus pragmatique, Raymond QUIVY et Luc


VAN CAMPEMHOUDT pensent que le travail de recherche en sciences
sociales sert « à mieux comprendre les significations d’un évènement ou
d’une conduite, à saisir plus finement les logiques de fonctionnement d’une
organisation, à réfléchir avec justesse sur les implications d’unes décision
politique ou à comprendre plus nettement comment telles personnes
perçoivent un problème et à mettre en lumière quelques-uns des fondements
de leurs représentations »(p.8).

Autrement dit, les sciences sociales s’intéressent :

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-Aux sens des évènements mettant plusieurs individus en
interactions ;
- Au fonctionnement des organisations et des groupes;
-Aux perceptions, représentations et comportements de certaines
personnes  etc.
Dans quel esprit faut-il aborder la recherche scientifique ?

II- L’ESPRIT DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE

Par esprit de la recherche scientifique, il faut entendre un certain état


d’esprit, une certaine attitude, une posture qu’on doit avoir au moment
d’entreprendre une recherche. Pour répondre à la question de savoir dans
quel esprit aborder la recherche scientifique, nous en appelons à Auguste
COMTE qui recommande de le faire dans un esprit « positif ». Quelques
mots sur la personnalité de COMTE.
De son vrai nom Isidore Marie Auguste François Xavier COMTE,
Auguste COMTE est né à Montpellier, France, le 17 février 1798. Jeune,
COMTE s’est fait remarquer par sa grande aptitude en mathématiques, mais
aussi par sa grande résistance à l’autorité, ce qui l’a fait renvoyer de l’Ecole
Polytechnique de Paris. Il s’intéresse alors à la société et en 1826, il
commence à donner des cours sur sa doctrine sociale et attire un grand
nombre d’adeptes entre 1830 et 1842. ll est connu comme le fondateur du
positivisme et comme un des pères de la sociologie qu’au départ il a
appelée, physique sociale. Esprit encyclopédique, il a laissé beaucoup
d’écrits dont les principaux sont : Plans des travaux scientifiques
nécessaires pour réorganiser la société(1822), Cours de philosophie
positive (1830-1842), Discours sur l’esprit positif (1844), Système de
politique positif (1851-1854), Catéchisme positif (1852).
C’est dans ‘’LE DISCOURS SUR L’ESPRIT POSITIF’’ que
Comte précise ce qu’il entend par esprit positif à travers la loi des trois
états.
Pour bien comprendre cette loi, il convient de rappeler les trois
principes qui sont à la base de la démarche de COMTE :

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1) Le principe du « Primat du tout sur les parties » : un phénomène
social ne peut être compris ou expliqué isolément. Il faut le replacer
dans le contexte social global où il se situe pour lui donner
une signification. Toujours situer un évènement dans son contexte est
une exigence.
2) Le principe suivant lequel « l’histoire humaine est déterminée par
les progrès des connaissances » : un certain état de la société à un
moment donné correspond nécessairement au mode de connaissance
et à leur niveau à ce moment là. Cette conception est différente de
celle de KARL MARX selon qui l’Histoire humaine est déterminée
par la question de la production de l’existence ou les modes de
production, par le matériel, par les luttes de classe.
3) Le principe de « l’unité de l’humanité » : l’homme est le même
partout et dans tous les temps. Son évolution suit la même
trajectoire partout dans le monde.

Ces trois principes représentent la clé d’une bonne lecture de la loi des
trois états : l’état théologique, l’état métaphysique, et l’état positif.

1. L’Etat théologique :
C’est l’état initial de la recherche de la compréhension des choses et
des évènements. A ce niveau, l’homme se pose des questions sur les causes
premières des évènements. Il explique les choses et les évènements en
attribuant leur cause soit aux choses elles-mêmes, soit alors à des êtres ou
forces surnaturelles et invisibles, soit à sa propre nature, à sa volonté ses
sentiments ses passions. Cet état se subdivise en trois phases : le
fétichisme : l’explication ici se réfère aux choses à qui l’homme prête vie et
action ; le polythéisme : l’explication renvoie à des êtres supérieurs, des
dieux à qui l’homme prête plus au moins sa nature ; le monothéisme : tout
est imputé à un Dieu unique.
2. L’état métaphysique :
Dans l’étape METHAPHYSIQUE caractérisée par le recours à des
abstractions personnifiées, à des idées par lesquelles on pense expliquer la
nature des choses et la cause des évènements, les concepts de justice et de
liberté. Ces concepts sont utilisés par les hommes pour comprendre leurs
comportements. C’est une étape intermédiaire car elle conserve de traits de

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l’étape théologique (l’abstrait) et des éléments de l’étape positive
(l’imagination).
3. L’état positif :
Ici l’imagination est subordonnée à l’observation. L’homme cherche
par l’observation et le raisonnement à saisir les relations nécessaires entre
les choses et entre les événements et à les expliquer par la formulation des
lois. Il ne s’agit plus de connaître la nature intime des choses ou les causes
premières des événements. Les connaissances visent à assurer à l’homme la
maîtrise et le contrôle de l’univers. Elles deviennent efficaces et adaptées
aux besoins de l’homme.
Pour Comte, l’Etat positif est l’étape supérieure à laquelle doit
parvenir chaque individu, chaque science et l’ensemble de l’humanité.
La loi des trois états se vérifie d’abord au niveau de l’évolution
individuelle, chacun de nous ayant été tour à tour « théologien dans son
enfance, métaphysicien dans sa jeunesse et physicien dans sa virilité ». Elle
se vérifie ensuite et surtout dans l’histoire des sciences. « L’évolution des
sciences nous montre, en effet, comment chacune est parvenue à la maturité
en se dégageant progressivement des considérations théologiques et
métaphysiques pour devenir positive ».
Après avoir établi une hiérarchie des sciences dans laquelle la
mathématique arrive en tête suivie dans l’ordre de l’astronomie, la
physique, la chimie et la biologie, Comte affirme alors la nécessité d’une
véritable science de l’homme, de l’histoire humaine et de la société, qu’il
appela d’abord la physique sociale, puis la sociologie. Celle –ci est
considérée comme la mère des sciences sociales. Comme le dit Guy Rocher,
« par la sociologie, Comte propose d’appliquer aux phénomènes sociaux
l’adage « savoir pour prévoir, prévoir pour agir » qui assure déjà à l’homme
une certaine maîtrise de la nature. La sociologie apparaît à Comte à la fois
comme connaissance et action ; plus exactement elle sera action parce
qu’elle est connaissance. » (Guy Rocher, Introduction à la sociologie
générale, 2. L’Organisation sociale, Paris, Edition HMM, 1968, p. 26).
D’après Comte « l’évolution des sociétés et des individus obéi à la loi des
trois Etats. Cette loi, parce quelle résume les progrès de la connaissance est
la grande loi de l’histoire. Comte distingue trois types de principales
sociétés correspondant au trois Etats.
La société militaire : lorsque les connaissances étaient à
prépondérance théologique, la société était de type militaire. Il existe en

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effet une affinité profonde entre les modes de connaissances théologique et
la société militaire : les deux sont foncièrement autoritaires et
hiérarchiquement unifiés. Aussi, les chefs politiques étaient-ils à l’origine
de l’humanité et durant longtemps, investis d’un caractère sacré et même
sacerdotale qui leur assurait, ainsi qu’au clergé un pouvoir absolu et total.
Sans doute, l’autorité civile et l autorité religieuse, dans les cas ou elles
étaient distinctes, étaient –elles souvent en conflit ; mais on ne peut
remarquer qu’en dépit de ces conflits, elles s’appuyaient et se soutenaient
toujours mutuellement. La société militaire d’esprit théologique, étant
nécessairement agricole, basée sur la propriété des biens, mais également le
pouvoir politique et même le pouvoir sacerdotal. Une société fortement
contrôlée était nécessaire à l’origine de l’humanité pour établir et maintenir
l’ordre social, pour assurer le passage do nomadisme à la culture du sol,
pour garantir la sécurité des personnages et des collectivités, pour organiser
et structurer la vie commune. La société militaire répondait à ces besoins ;
grâce à elle, l’humanité s’est discipliner et a connu les premiers rudiments
de la civilisation. (Cf. Guy Rocher)
La société des légistes : « A l’état métaphysique des connaissances
correspond la société des légistes. Celle-ci se caractérise par une nette
distinction entre le pouvoir spirituel et le pouvoir temporel et par
l’indépendance progressive de ce dernier par rapport au premier.
L’affaiblissement de l’autorité religieuse profite de l’autorité civile, dont les
pouvoirs s’accroissent. Les notions de l’Etat et de la partie deviennent
prépondérantes ; l’ancienne unité assurée par l’autorité religieuse éclate.
Deux groupes d’hommes paraissent fonctions et le pouvoir de l’Etat : ce
sont les ministres, à qui les rois doivent déléguer une part croissant de leur
autorité, et les diplomates qui établissent et manipulent les relations entre
les Etats. Ministres et diplomates acquièrent leur autorité au détriment des
généraux qui sont désormais soumis au pouvoir civil. » Guy Roger
La société industrielle : « La société de transition des légistes préparait
la troisième étape, dans laquelle l’humanité est maintenant entrée, celle de
la société industrielle correspond à l’état positif des connaissances. Les
sciences positives à appliquer à l’ordre naturel sont en train de transformer
les conditions de travail, avec la participation des industries. Celle-ci selon
Comte, est « destinée, sous les inspirations de la science, à développer
l’action rationnelle de l’humanité sur le monde extérieur ». L’industrie est
en quelque sorte le fer de lance de la mentalité positive, dont l’influence ira
s’étendant à l’ensemble de la société. C’est par l’industrie, et aussi par les
enseignements des sciences positives, que la mentalité positive va se

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répandre, provoquant une transformation radicale de l’organisation sociale
en même temps qu’une réforme profonde des mentalités » Guy Rocher
On peut se demander pourquoi avoir présenté d’entrée de jeu le
positivisme de COMTE comme l’esprit dans lequel il faut aborder la
recherche dans les sciences sociales alors que d’autres démarches et
perspectives existent et s’opposent même à lui, notamment l’approche néo –
idéaliste qui séduirait plus d’un chercheur quand elle affirme entre autres
que les sciences naturelles et les sciences sociales doivent utiliser des
méthodologies et des stratégies de recherche différentes.
Le choix du positivisme se justifie par l’influence exercée par Auguste
COMTE sur les sciences sociales en général et la sociologie en particulier.
Comme le dit Guy Rocher, « c’est COMTE qui, le premier, a exposé et
systématisé une sociologie scientifique … COMTE a bien vu que la
mentalité technico – scientifique allait déborder des sciences de la nature
aux sciences humaines et sociales et que la société industrielle allait faire
largement appel à ces dernières. » () Il a contribué à réconcilier les sciences
de la nature et les sciences sociales en montrant qu’elles accèdent toutes à la
maturité par le positivisme au centre duquel se trouvent l’observation, le
raisonnement logique, l’expérimentation, la formulation des lois. Suivant
l’objet de la recherche, des adaptations s’avèrent indispensables, mais
toujours est – il que pour arriver à une connaissance objective, la recherche
scientifique doit observer et respecter les mêmes procédures et principes de
base.
Mon expérience d’enseignement des méthodes de recherche et
d’encadrement des travaux m’a montré que l’étudiant africain est très enclin
à porter des jugements normatifs, c’est – à – dire des propositions sur ce
qui devrait être ; or, comme le disait Gaston Bachelard, « il n’ya de science
que du positif ». Il est donc important qu’au moment de s’engager dans la
recherche, le chercheur africain comprenne qu’il doit travailler sur ce qui
est, sur les faits observés et non plus sur l’imaginaire. Le contact des
Africains avec la science moderne est relativement récent et
l’environnement dans lequel évoluent les chercheurs africains est encore
marqué par beaucoup d’aspects par le fétichisme, première étape de l’esprit
théologique. Un contact immédiat avec COMTE vise à l’exposer tout de
suite à la logique scientifique qui est rupture avec les a priori les préjugés et
les idées préconçues.
La pensée de COMTE doit cependant être abordée dans un esprit
critique. L’évolution de l’intelligence et des connaissances ne s’est pas

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produite de façon aussi linéaire qu’il le dit. Les trois états de son analyse
peuvent bel et bien coexister dans un même individu ou dans une même
société. Dans l’ensemble cependant, il a amarré définitivement les sciences
sociales à la science tout court.
Un autre auteur qui a marqué l’esprit de la recherche scientifique est
sans doute Karl POPPER qui a été évoqué plus haut et sur lequel nous
revenons pour souligner l’importance qu’il attache au relativisme en
science. Karl POPPER repousse d’abord toute question du type, qu’est-ce
que, c’est-à-dire une question touchant à la signification profonde des
concepts et à l’essence des choses et en cela il rejoint A. COMTE.
L’ontologie n’est pas son point de mire. La question fondamentale de son
œuvre est plutôt la suivante : comment peut-il se faire que l’homme, sans
pouvoir s’appuyer sur autre chose que son expérience nécessairement finie
et limitée soit capable de connaître et d’énoncer des lois universelles de la
nature ? En d’autres termes, comment peut-il se faire que l’homme produise
de la science à caractère universel ?
A la différence d’Emmanuel KANT qui se demandait à quelle
condition la connaissance est possible, POPPER se demande plutôt à quelle
condition le progrès scientifique est possible. La différence entre ces deux
auteurs est une différence de perspective. L’un, KANT, croit à un ou des
vérités scientifiques indubitables et définitives, l’autre, POPPER pense que
la science est essentiellement relative et que la science ne peut que
progresser. La science ne peut qu’approcher de manière asymptotique la
vérité. Pour POPPER, ce n’est pas par la vérification qu’on arrive à la
vérité, mais c’est par ce qu’il appelle l’épreuve de la falsification. Il en
ressort donc que la science n’est science qu’à un moment, à une époque
donnée et tant qu’elle résiste à l’épreuve de la falsification. L’exemple le
plus patent qu’il donne est celui de la théorie d’Einstein qui vient remplacer
celle de Newton. La révolution einsteinienne a révélé que la théorie la
mieux vérifiée de toutes peut s’avérer approximative, inexacte, inexacte,
dépassable et par conséquent provisoire. Pour qu’une théorie apparaisse
comme vraie, il faut qu’elle mette en vigueur les limites de théories qui
l’ont précédée. POPPER va jusqu’à affirmer que toutes les théories sont
potentiellement fausses. POPPER préfère parler de vérisimilitude (caractère
de ce qui tend vers la vérité) à la place de la vérité. Face aux deux camps
qui s’opposaient à son époque, d’un côté les scientistes pour qui n’est vrai
que ce qui est scientifique et tout ce qui est scientifique, et de l’autre les
sceptiques pour qui la science n’est qu’une idéologie, POPPER affirme :
« aucune théorie n’est peut-être pas vraie en elle-même, mais les sciences

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progressent néanmoins dans la vérité.» Il déclare toutes les théories
scientifiques irréductiblement conjecturales. Elles ne peuvent jamais être
vérifiées, c’est-à-dire confirmées ou justifiées, mais seulement falsifiées
autrement dit réfutées sur la base des expériences qui jouent le rôle de mise
à l’épreuve, de test, et c’est précisément parce que les affirmations de la
science sont faillibles qu’elles sont corrigibles au contact de l’expérience et
qu’elles peuvent donc s’approcher de plus en plus de la vérité.
POPPER a donc développé contre le vérificationnisme dominant une
méthodologie falsificationniste. L’introduction de la pensée de POPPER à
ce niveau visait essentiellement à mettre le jeune chercheur en garde contre
une rapide satisfaction de soi et à lui faire comprendre qu’en s’engageant
dans la recherche il ne peut que poursuivre de façon tendancielle la vérité. Il
doit être conscient que les explications satisfaisantes auxquelles il aspire
peuvent faire l’objet d’autres explications.(voir chapitre 3 de l’ouvrage, La
connaissance objective).
La recherche scientifique doit en somme s’aborder dans un esprit
positif au sens de COMTE, dans un esprit privilégiant la recherche des
corrélations entre les faits et entre les phénomènes en vue d l’établissement
des lois universelles. Elle doit être consciente de la nature relative de ses
résultats. Elle doit être rigoureuse, logique, méthodique. Elle doit être
méticuleuse, ne doit rien laisser au hasard. Elle doit avoir pour ambition
d’apporter quelque chose à la science. D’où l’esprit de sérieux qui doit
l’entourer. Elle suit une démarche spécifique faite des grandes étapes qu’il
convient de bien connaître.

III. LA DEMARCHE DU CHERCHEUR


La démarche scientifique est une approche faite de plusieurs étapes et
qui permet aux termes d’une investigation d’aboutir à une explication d’un
phénomène donné.
D’après Pierre BOURDIEU et Jean Pierre CHAMBOREDON, les
principaux moments de la recherche sont les suivants :
1) La rupture
2) la construction de l’objet
3) Le rationalisme appliqué (voir l’ouvrage le Métier du sociologue)
Dans une approche plus pratique Raymond QUIVY et Luc VAN
CAMPENHOUDT distinguent sept étapes de la recherche :

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1) La question de départ
2) L’exploration
3) La problématique
4) La construction du modèle d’analyse
5) L’observation
6) L’analyse des informations
7) Les conclusions
Dans la suite de ce cours nous reviendrons en détail sur chacune de
ces étapes. Pour l’instant nous allons procéder à la définition de quelques
concepts dans le domaine de la recherche scientifique. Le choix des termes
à définir dépend de leur importance pour la compréhension du cours et la
dissipation de certaines erreurs courantes.

IV. QUELQUES CONCEPTS SCIENTIFIQUES DE BASE

La finalité immédiate de la recherche en Master étant la production


d’un mémoire ou d’un rapport de stage, il convient de commencer par nous
fixer sur ce qu’est un mémoire, une thèse, un rapport de stage.
1. Le Mémoire
Jean Pierre Fragnière définit le mémoire comme « un document
réalisé dans le cadre d’un processus de formation par une ou plusieurs
personnes sur un sujet proche du champ d’étude choisi et dans une
perspective qui s’efforce de tenir compte des règles de l’activité
scientifique » (p.5). Dans une démarche pédagogique, Omar Aktouf
commence par dire ce que n’est pas le mémoire avant de préciser ce qu’il
est
Ce qu’il n’est pas :
Le mémoire n’est pas un récit, une narration, car il faut démontrer
quelque chose, prouver, argumenter, analyser, expliquer, proposer…
Il n’est pas un rapport au sens de compte-rendu. Il suppose
investigation et effort de compréhension.
Il n’est pas une description. La description n’est au mieux qu’une
étape du mémoire.

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Il n’est pas une thèse qui est un apport supplémentaire et original à la
connaissance scientifique dans une discipline particulière.
Ce qu’il est
Le mémoire est une dissertation scientifique et littéraire.
En tant qu’exercice scientifique il implique : - i) la connaissance des
règles et normes scientifiques, - ii) l’application de ces normes et règles au
sujet traité, iii) la rigueur et l’exactitude dans le traitement, -iv) les preuves
et la démonstration de ce qui est affirmé
Comme genre littéraire, il implique, - i) de traiter un sujet précis, - ii)
d’en parler en connaissance de cause, - iii) d’appliquer des connaissances
pour développer le sujet traité pour émettre des idées originales,
personnelles.
En somme, pour Omar Aktouf, le mémoire est « une application d’un
ou de plusieurs champs de connaissance (par exemple, la science
économique) à un aspect de la réalité (thème précis du mémoire) pour en
comprendre les mécanismes, caractéristiques, dysfonctions, difficulté et
suggérer par voie d’analyse et de démonstration une ou plusieurs
possibilités d’amélioration, de correction, de meilleure utilisation suivant la
nature du sujet traité »(p.14)
Chaque institution académique a une définition du mémoire qui est
fonction des exigences du champ, de la discipline, voire de la spécialité. Les
traditions de chaque discipline doivent être prises en compte. Il existe
plusieurs types de mémoire. J .P . Fragnière distingue trois types de
mémoire : i) le mémoire-compilation qui consiste à rassembler la littérature
sur une question, à l’analyser et en faire la critique, - ii) le mémoire-
recherche qui est une étude d’un thème neuf ou peu exploré et qui implique
observation, démarche théorique et empirique, - le mémoire-analyse
d’expériences qui est surtout produit dans les écoles de formation
professionnelles.
Au-delà des spécificités disciplinaires et des différentes typologies des
mémoires, il demeure que le mémoire est la présentation écrite des résultats
d’une recherche menée suivant les canons scientifiques et respectant dans sa
forme et son contenu les normes et les règles générales de la production de
la science qui demandent que la connaissance soit :
« -Objective : démontrable, vérifiable, (rapport d’extériorité totale entre
l’observateur et l’objet d’observation).

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- Exacte : subissant avec succès toute mise à l’épreuve, conforme aux
normes et règles de mesure et d’observation de la discipline mise en
œuvre.
- Communicable : établie dans des normes telles que l’ensemble de la
communauté scientifique puisse en prendre connaissance et l’évaluer.
- Evolutive : portant en elle ses propres conditions de progrès et
d’approfondissements : un savoir n’est jamais fini, ni bouclé, aussi
partiel et aussi local soit-il… » (Aktouf, p.15).
C’est le lieu d’introduire la notion de pôles de la recherche
scientifique exposée par J. P. Fragnière.
Les principaux pôles de la recherche scientifique sont :
a) Le pôle épistémologique : pôle de vigilance, pôle critique. Etre en
mesure de pouvoir remettre en question les connaissances existantes.
L’EPISTEMOLOGIE est la science des sciences, c’est la réflexion
critique sur la science, qui permet de dire d’une science qu’elle a
satisfait les exigences de toute démarche scientifique.
- L’intérêt  c’est qu’en permanence, il faut se poser la question de
savoir si le travail de recherche correspond aux normes scientifiques en
vigueur.

b) Le pôle théorique : c’est le recours à l’ensemble des théories


existantes. Il permet d’élaborer une bonne hypothèse. Il est essentiel,
il aide le chercheur à maîtriser les modèles existants, à construire les
concepts.
c) Le pôle morphologique : il énonce les règles de formation de l’objet
scientifique et lui impose un certain ordre des éléments. Se rapporte à
la structuration, au plan du travail, à la logique des différents éléments
qui constituent votre travail de recherche.
d) Le pôle technique : se rapporte à la collecte des données ; les
instruments utilisés pour cette collecte :
- Analyse des données ;
- Analyse statistique ;
- Interview ;
Le pôle technique met en exergue l’analyse des résultats.

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2. Epistémologie 
Le terme épistémologie vient du grec « épistémè » : connaissance,
logos : étude, parole. C’est l’étude de la connaissance, une réflexion critique
sur la connaissance, sur la science. L’épistémologie peut aussi être
appréhendée comme la philosophie de la science ou des diverses sciences.
On parle ainsi de l’épistémologie des relations internationales, de
l’épistémologie de la science politique (voir Philippe BRAILLARD qui a
écrit un ouvrage sur la philosophie des relations internationales, voir aussi
André J. BELNGER,  Epistémologie de la science politique 2007).
L’épistémologie scrute les fondements de chaque science et élucide les
conditions de sa validité. Elle examine la méthode spécifique des sciences et
évalue la portée du savoir. Ce concept a aussi été entendu comme l’étude de
l’évolution des connaissances ou de l’histoire des sciences. On peut donc
par le biais de l’épistémologie la science se regarde prend conscience d’elle-
même et peut de cette conscience s’affirmer. C’est par l’esprit critique que
la connaissance accède aussi à la reconnaissance. Nous reviendrons plus
loin sur la notion fondamentale de rupture épistémologique.
3. Le Paradigme :
Ce terme est utilisé pour désigner la posture théorique à partir de
laquelle on appréhende la réalité d’une manière générale ou alors un
phénomène en particulier. Il désigne la toile de fond qui guide
l’interprétation de la réalité. Il représente en quelque sorte les lentilles
utilisées pour lire le monde. Aussi le terme paradigme est parfois confondu
à celui d’approche qui est constitué d’un ensemble de postulats qui orientent
une étude. Le terme paradigme désigne parfois aussi un ensemble d’idées
proches des croyances, une vision du monde. Quelques exemples de
paradigme des Relations Internationales : paradigme réaliste, paradigme
idéaliste, paradigme libéral, paradigme marxiste.
4. Le Fait scientifique :
Le fait scientifique désigne tout réel observable ; c’est ce qui est
reconnu comme réel. Le fait scientifique est l’unité d’analyse de base dans
le cadre de chaque science. Il n est pas identique pour toutes les sciences, il
varie suivant l’objet de la science. Il est construit dans le cadre de la science
ou de la théorie qui sert de référence à l’observateur. Comme le dit Omar
AKTOUF : « le fait doit être placé dans une chaine de causalité propre à une
discipline donnée pour être construit ». Le fait est tout évènement, tout

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phénomène qui concourt à la description, à l’explication ou à
l’expérimentation dans la démarche scientifique. Il peut faire l’objet d’une
vérification empirique. Par les faits on éprouve une loi et on confronte la
théorie à la réalité. En fin de compte le fait est une donnée observée
permettant de fournir les preuves de ses affirmations.

5. La Loi :
Elle peut être définie comme une formule générale énonçant une
corrélation entre des phénomènes et vérifiée par l’expérience. C’est le cas
des lois physique (lois de la conservation de la matière, de LAVOISIER),
lois économiques (lois de l’offre et de la demande) …Une loi est une
proposition du genre : si X et Y dans telles proportions et dans telles
conditions, alors nécessairement Z.
6. La Théorie :
C’est la réunion d’un ensemble de lois concernant un phénomène
donné en un corps explicatif global et synthétique. L’objet de la théorie est
l’explication de la réalité. Celle-ci étant une donnée complexe, la théorie la
simplifie le plus possible en la représentant sous forme d’un enchainement
logique de relations et de lois exprimées de façon formelles ou pas. Dans les
théories formelles les lois sont exprimées de manière mathématique ou
statistique. Dans les théories non formelles les lois sont exprimées de
manières verbales sans recours aux graphiques ou aux formules
mathématiques.
7. La Méthode :
Elle indique le cheminement suivi par un chercheur pour résoudre un
problème donné. La méthode est la démarche conduisant de la question de
départ aux conclusions. Elle est le moyen par lequel une discipline cherche
à atteindre les explications de la réalité.
Extrait de Madeleine Grawitz sur la méthode :

« Ambiguïté de la notion : la notion de méthode est d’une ambiguïté


souvent dénoncée. En ce qui concerne la méthode au sens élevé du terme, Piaget
remarque qu’elle n’est pas une branche indépendante, car les problèmes
d’épistémologie et de logique posent constamment des questions de méthode.

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A propos de méthode déductive, on est amené à traiter de logique et
d’épistémologie mathématique ; quant à la méthode expérimentale, en physique
ou en physiologie, sa conception, son application ou son échec sont subordonnés
à l’épistémologie, à la logique appliquée. C’est pourquoi on ne peut traiter la
méthode à part. De plus il existe plusieurs conceptions : «  le propre de la
méthode, dit Kaplan, est d’aider à comprendre au sens large, non les résultats de
la recherche scientifique, mais le processus de recherche lui – même. » il ajoute
que les attitudes concernant les problèmes de la connaissance dépendent de
positions philosophiques beaucoup plus que des difficultés rencontrées dans la
recherche scientifique elle – même. De la même façon les questions de méthodes
seront influencées par les a priori philosophiques. Sans doute, mais les difficultés
rencontrées dans la recherche relèvent, elles aussi, de la méthode.
Les conflits de méthodes.

La méthode et les méthodes.


L’on ne peut qu’être frappé de l’extrême désordre régnant en ce domaine.
La plupart des auteurs distinguent la méthode, des méthodes. On trouve
cependant ce terme utilisé pour caractériser des procédés qui se situent à des
niveaux très différents, quant à leur inspiration plus ou moins philosophique, à
leur degré d’abstraction, leur but plus ou moins explicatif, leur action sur des
étapes plus ou moins concrètes de la recherche et le moment où elles se situent.
Nous proposons ici une classification sans doute très imparfaite, mais qui aura au
moins l’avantage, du point de vue pédagogique, de permettre aux étudiants de
situer les méthodes à leur niveau lorsqu’ils rencontreront l’une ou l’autre, à
propos des nombreux problèmes qui les mettent en cause.
a) La méthode au sens philosophique. Au sens le plus élevé et le plus général du
terme, la méthode (au singulier) est constituée de l’ensemble des opérations
intellectuelles par lesquelles une discipline cherche à atteindre les vérités
qu’elle poursuit, les démontre, les vérifie. Cette conception de la méthode
dans le sens général de procédure logique inhérente à toute démarche
scientifique, permet de la considérer comme un ensemble de règles
indépendantes de toute recherche et contenu particulier, visant surtout des
processus et formes de raisonnement et de perception, rendant accessible la
réalité à saisir. Il s’agit de points de vue philosophiques définissant la position
de l’esprit humain devant l’objet.
b) La méthode, attitude concrète vis-à-vis de l’objet. La position philosophique
est alors plus ou moins sous – entendue. Dans ce cas, la méthode dicte surtout

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des façons concrètes d’envisager ou d’organiser la recherche, mais ceci de
façon plus ou moins impérative, plus ou moins précise, complète et
systématisée. Toutes les méthodes n’influencent pas de la même manière, les
mêmes étapes de la recherche. La méthode expérimentale, par exemple,
suppose la croyance en l’empirisme et dicte ses impératifs au stade de
l’observation, comme du traitement des données. En revanche, la méthode
clinique, en tant qu’elle est thérapeutique, s’intéresse aux résultats, mais
correspond surtout à une attitude mentale ; elle ne dicte par elle – même
aucune manipulation particulière.
c) La méthode liée à une tentative d’explication. Elle se rattache plus ou moins à
une position philosophique et peut influencer telle ou telle étape de la
recherche : la méthode dialectique est empirique et implique des observations
concrètes.

Ces méthodes ont ceci de commun : elles visent avant tout un schéma explicatif,
qui peut être plus ou moins étendu et se situer à un niveau de profondeur très
différent. C’est le cas par exemple pour la méthode dialectique, la méthode
fonctionnelle et la méthode historique.

d) La méthode liée à un domaine particulier. Le terme de méthode est justifié,


lorsqu’il est attaché à un domaine spécifique et comporte une manière de
procéder qui lui est propre : la méthode historique, la méthode
psychanalytique. On est parfois tenté d’élargir cette notion ainsi restreinte de
méthode et de la confondre avec celle de théorie. Ceci s’explique par le fait
que les méthodes psychanalytiques et d’autres encore, se rattachent également
à une conception théorique d’ensemble de la psychologie ou de la société. Il
faut cependant éviter de confondre ces deux aspects. Toute théorie implique
des problèmes liés au contenu spécifique qu’elle ordonne et possède un
caractère substantif. La théorie définit plutôt le « quoi ? », alors que, sans
doute liés au contenu, mais d’une autre façon, les problèmes de méthode
donnent une réponse à la question « comment ? ».

e) Dans un sens restreint, pour dégager un élément commun à toutes ces


méthodes, on dira que l’on peut considérer la plupart d’entre elles comme un
ensemble concerté d’opérations mises en œuvre pour atteindre un ou plusieurs
objectifs, un corps de principes présidant à toute recherche organisée, un
ensemble de normes permettant de sélectionner et coordonner les techniques.
Elles constituent de façon plus ou moins abstraite ou concrète, précise ou
vague, un plan de travail en fonction d’un but ».

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8. La Variable :
C’est une donnée qui rentre dans une recherche scientifique et qui
peut prendre plusieurs valeurs. Par exemple une variable X peut prendre des
valeurs allant de 1 à 1OO et une variable Y peut prendre des valeurs allant
de 0 à 1000. Aujourd’hui dans les sciences sociales le concept de variable
renvoie à des facteurs qui entrent dans une explication et on distingue
généralement deux types de variables : la variable dépendante qui est la
variable à expliquer et la variable indépendante qui est celle qui concourt a
l’explication. Dans la fonction simple Y= f(x) Y la variable dépendante et
X la variable indépendante.
Les quelques définitions proposées ici sont loin d’être exhaustives mais
elles permettent d’ouvrir l’esprit à la recherche scientifique. Pour permettre
aux chercheurs de pouvoir soumettre rapidement son projet de recherche
nous proposons dès l’introduction la structure d’un projet de recherche.

V- LA STRUCTURE D’UN PROJET DE RECHERCHE


Le projet de recherche est un papier de dimension variable qui peut
aller de 5 pages à dix pages voire plus pour la thèse. Il a pour objet de
présenter au directeur de mémoire ou de thèse les premières idées du
chercheur sur un thème déterminé. Il devrait en principe être présenté après
la phase de l’exploration. Ses principales articulations se présentent ainsi
qu’il suit :
1. Annonce du sujet de recherche 
Il s’agit ici d’énoncer l’intitulé du sujet de recherche en montrant ce
que le chercheur entend faire. On peut également à ce niveau évoquer le
contexte global de la recherche.
2. L’intérêt du sujet
Il s’agit pour le chercheur de montrer quel est l’intérêt scientifique,
social, et personnel de la recherche qu’il entreprend.

3. Revue de littérature ou état de la question


Il est question ici de présenter les différents articles et ouvrages que le
chercheur a lus jusque-là pour bien situer sa recherche dans le champ qui est
le sien et montrer l’originalité de sa propre démarche.

4. La délimitation du sujet
Il s’agit de situer la recherche dans le temps et dans l’espace.

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5. La Problématique
Elle présente les différentes manières d’aborder le problème et pose
les questions centrales de la recherche.

6. Les Hypothèses
Elles se définissent sommairement comme la réponse provisoire à la
question centrale posée. Elle met en rapport la variable expliquée et la et les
variables explicatives.

7. La Méthode de recherche
Il faut présenter ici les deux dimensions essentielles de la méthode, la
collecte des données et l’analyse ou l’interprétation de ces données.

8. l’Esquisse de plan et calendrier des taches et étapes


Il n’est pas question ici d’un plan définitif du mémoire ou de la thèse
mais d’un plan de travail montrant les différents thèmes et sous thèmes qui
seront traités et dans quel ordre. Le plan définitif s’organise à la fin de la
recherche. Le calendrier des tâches et étapes montre comment de manière
concrète et réaliste le chercheur organise son travail dans le temps qui lui est
imparti.

9. Esquisse de bibliographie
Elle présente quelques ouvrages et articles essentiels ainsi que des
mémoires et thèse consultées par le chercheur.

VI- LA REVUE DE LITTERATURE : POURQUOI ET


COMMENT ?
A. Définitions :
L’expression « revue de littérature » recouvre au moins 03 aspects
distincts, souvent confondus car reliés entre eux. Ainsi, une revue de
littérature renvoie :
- En amont de la rédaction du projet de recherche, à un travail de
recherche bibliographique, de lecture, d’analyse de ce qui a été lu, de
catégorisation, de détermination de la méthodologie à suivre ;
- Dans le cadre de la rédaction du projet, à l’écriture d’une partie centrale
de ce projet (sur la littérature et la méthodologie) ;
- Dans le cadre de la rédaction du document final (thèse ou mémoire), à
l’écriture d’une partie succincte mais essentielle sur la littérature

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aboutissant à des hypothèses (démarche hypothético-déductive) ou
propositions (étude de cas).

B. Objectifs de la revue de littérature


L’originalité est tout le sens de la revue de littérature. Il faut maitriser
ce qui a déjà été fait dans le domaine pour pouvoir positionner sa propre
recherche de manière à ce qu’elle apporte quelque chose de plus. La revue
de littérature a donc pour objectifs :
- identifier la frontière entre ce qui a déjà été fait et ce qui a besoin d’être
étudié ;
- découvrir des variables importantes liées au sujet ;
- faire une synthèse et élaborer une perspective nouvelle ;
- identifier des relations entre des idées et des pratiques ;
- établir le contexte du problème ;
- acquérir le vocabulaire et les concepts liés au problème ;
- comprendre la structure du sujet ;
- établir un lien entre les idées et les cadres théoriques d’une part, et leurs
applications d’autre part ;
- identifier les méthodes et techniques de recherches qui ont déjà été
utilisées pour traiter du problème ;
- replacer le sujet dans une perspective historique de manière à montrer
que l’on maîtrise à la fois l’histoire du problème et l’état le plus récent de
son développement.

C. Comment rédiger une bonne revue de littérature ?


La revue de littérature repose sur un double mouvement :
a) « diastole » du grec « expansion », dans un premier temps, qui
consiste à rassembler des références. Il s’agit d’ouvrir la recherche de
références, de méthodes, de concepts, de théories, d’hypothèses, dans sa
discipline et dans les autres. A ce stade, le travail se fait sur les titres et les
résumés. Deux démarches peuvent être utilisées à l’effet de rassembler
lesdites références :
- la démarche simple encore appelée exploration simple qui est le degré
zéro de la recherche bibliographique, consiste à faire une recherche sur
Google Scholar (service de Google spécialisé dans les références
scientifiques) à partir de deux mots clés liés par un « + », un peu
complexifiée par le jeu des synonymes (exploration synonymique), puis par
celui des analogies (exploration analogique). Par ailleurs, avec l’effet boule
de neige, chacun des articles ou des livres que vous trouvez comporte une

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bibliographie dans laquelle vous allez sélectionner des références qui
intéressent votre sujet.
- Après la démarche simple, une démarche plus élaborée, reposant sur
trois recherches plus ciblées, doit être entreprise dans les revues
spécialisées, les revues généralistes et les Handbooks. Il convient de faire
sur les sites web de ces revues une étude systématique des sommaires sur
une dizaine d’années et repérer tous les articles qui concernent votre sujet.
Enfin, il faut consulter en bibliothèque les Handbooks en relation avec votre
sujet. Ils ont pour avantage de donner au chercheur une vue d’ensemble du
champ et/ou du sous-champ scientifique dans lequel sa recherche va
s’inscrire.

b)« systole » ou « contraction », dans un second temps, qui consiste à


mettre de l’ordre dans tout ce qui a été rassemblé et commencer l’analyse. Il
s’agit de : choisir les références qu’il faut lire et celles qu’il faut écarter ;
résumer celles qui ont été lues et en tirer l’essentiel pour enfin organiser la
revue de littérature. A ce propos, il est important de faire le tri dans tout ce
qui a été recueilli entre 03 catégories de références : les grandes références
du ou des champ(s) dans le(s)quel(s) vous vous situez, celles qui vont
appuyez plus fortement et directement votre originalité et ce qui est plus
périphérique (mais doit tout de même être retenu pour être cité).
(Lire l’article D’HERVE DUMEZ « faire une revue de littérature : pourquoi
et comment », Le Libellio d’aegis, Vol. 7, N° 2 – Eté 2011, Pp. 15-27.)
VI - ANNONCE DU PLAN
Le présent cours a pour ambition de présenter les exigences théoriques
et pratiques de la recherche. Aussi s’organise-t-il en six chapitres
correspondants plus ou moins aux étapes et aux nécessités de la recherche
scientifique. Le chapitre 1 portera sur la rupture ou la construction de l’objet
de recherche. Le chapitre 2 portera sur la construction du modèle d’analyse.
Le chapitre 3 abordera les différents aspects de l’observation scientifique.
Le quatrième chapitre examinera les questions relatives à l’explication et à
l’interprétation des données. Le cinquième chapitre abordera les questions
de présentation du mémoire ou de la thèse. Le dernier chapitre présentera
les règles de présentation bibliographique.

CHAPITRE 1 :

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LA RUPTURE OU LA CONSTRUCTION DE

L’OBJET DE RECHERCHE

Nous avons rapidement évoqué la notion de rupture dans


l’introduction. Nous y revenons dans ce premier chapitre pour montrer
combien elle est importante dans toute démarche gnoséologique. Elle se
trouve au principe de toute recherche, c’est-à-dire au tout début de la
recherche. C’est le big bang qui fait sortir le chercheur du chaos initial et le
met en position d’entreprendre son investigation. Nous l’aborderons d’abord
dans son sens sociologique (Section I), puis nous déroulerons les trois
étapes qui, sur le plan pratique représentent ce moment dans la démarche du
chercheur à savoir le choix du sujet ou la question de départ (section II),
l’exploration (SECTION III), la problématique (Section IV).

SECTION I. LA RUPTURE EPISTEMOLOGIQUE :


APPROCHE THEORIQUE
La rupture épistémologique trouve son origine dans la notion de
tabula rasa développée par Philippe Descartes dans son célèbre Discours
sur la Méthode. Dans sa quête de vérité, Descartes a lancé une guerre
ouverte contre le sens commun. Voici comment Nicolas Fillion résume sa
démarche :
« La méthode cartésienne stipule que tout dépend du caractère assuré
de notre point de départ. Pour trouver ce fameux point de départ assuré,
Descartes a recours au doute systématique. Tout ce qui est faux ou qui n'est
que vraisemblable sera réputé pour faux ; ne sera accepté que ce qui est
absolument indubitable. Ainsi, Descartes pose son premier précepte à suivre
:

Le premier [précepte] était de ne recevoir jamais aucune chose pour vraie,


que je ne reconnusse évidemment être telle : [...] et de ne comprendre en
mes jugements, que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à
mon esprit, que je n'eusse aucune occasion de le mettre en doute.
Je suis en bonne compagnie pour croire que c'est réellement ce à quoi
prétendait Descartes. D'abord, L. Renault ajoute un bref commentaire à
l'énonciation du premier précepte, et ce en accord avec mon interprétation.

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Ensuite, Husserl, l'auteur des Méditations cartésiennes, expose la méthode
de la même façon : la règle présente, dite d'évidence, énonce l'exigence
cartésienne de certitude, et la disqualification de tout savoir simplement
vraisemblable ou probable.

Une fois que j'ai accepté de commencer dans le dénuement absolu et que j'ai
choisi de bouleverser l'édifice existant, la première chose à faire est, bien
entendu, de réfléchir à la manière dont je vais pouvoir trouver un point de
départ absolument sûr et la méthode qui me permettra de progresser, alors
même que me fait défaut le moindre appui hérité d'une science déjà donnée.
Un problème central (du moins traditionnel) de la théorie de la
connaissance est celui du départage entre la connaissance vraie et la
connaissance fausse. À ce problème, la méthode cartésienne nous propose
une réponse claire : la quête de connaissance vraie s'identifie complètement
à la quête de certitude. Le critère de départage entre la connaissance fausse
et la connaissance vraie sera celui de la certitude. Cette quête de certitude
prend une tournure subjective. L'argument de Descartes va comme suit :
même en doutant systématiquement de tout, il reste que je doute et que je
pense ; il apparaît clair et indubitable que puisque je pense, je suis. Il s'agit
du fameux cogito ergo sum de Descartes, qui se posait alors comme la
solution à la quête de certitude. Il aura donc comme point de départ la
certitude subjective de son « moi essentiellement pensant », et ceci posé
comme clair et distinct, indubitable, certain.

Cependant, si Descartes choisit de s'en remettre à la certitude de ses


intuitions de l'esprit, il est possible de respecter son premier précepte tout en
divergeant de cette prise de position. On peut envisager que cette quête de
certitude mène aux « données sensibles » (comme le posent l'empirisme
classique et l'empirisme logique) ou encore aux « phénomènes » (comme le
pose la phénoménologie). Dans tous ces cas, c'est le caractère indubitable
du point de départ, la pureté de l'origine de cette connaissance, qui garantit
que cette connaissance est exempte d'erreur. Cette thèse reste pour
l'essentiel subjectiviste, car elle doit en bout de ligne admettre une
quelconque raison suffisante subjective (intuitive, sensible, ou autre).
Posons cette théorie de la connaissance clairement:

Règle cartésienne : Pour qu'un genre de croyance, ou d'état d'esprit,


ou autre, puisse constituer davantage qu'une simple croyance et soit en
mesure de soutenir la prétention à constituer un élément de connaissance,
nous exigeons que celui qui croit soit en possession de raisons suffisantes

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pour établir avec certitude que cet élément de la connaissance est vrai ».
Nicolas Fillion, Université Laval

L’expression la plus récente de la rupture se trouve dans l’ouvrage de


Pierre Bourdieu, Passeron et Chamboredon, Le Métier de Sociologue et
c’est ce texte que nous proposons aux étudiants comme lecture obligatoire.
En voici quelques détails :

Définition de la rupture épistémologique


La rupture épistémologique est le moment où, entreprenant une
démarche gnoséologique, le chercheur social sort du chaos initial en
coupant avec tout ce qui crée la familiarité entre lui et l’univers social dans
lequel il baigne. A la manière de Descartes, il procède à une tabula rasa, un
vide intellectuel qui lui permet d’aborder sa recherche sans préjugés, sans
idées préconçues qui pourraient biaiser le résultat de la recherche. De façon
pratique, la rupture (épistémologique) est l’ensemble des opérations qui
conduisent à la formulation de la problématique.

Rompre avec quoi ?

- Les préjugés
- Les prénotions ou notions communes
- Les représentations schématiques et sommaires formées par la
société.
- Le langage courant
- Certaines traditions gnoséologiques
- Le réel
Rupture Comment ?
- Par la critique logique des notions
- Par la mise à l’épreuve statistique des fausses évidences
- Par la critique logique et lexicologique du langage
commun
La familiarité du chercheur en sciences sociales avec l’univers social
rend impérative la vigilance épistémologique.
Les prénotions, ou notions communes, représentations schématiques
et sommaires formées par la pratique et pour elle ont une autorité et une
emprise si forte ( en raison des fonctions sociales qu’elles remplissent) que
toutes les techniques d’objectivation doivent être utilisées pour accomplir
effectivement une rupture : mesure statistique, définition préalable de

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l’objet comme construction théorique provisoire destinée à substituer aux
notions de sens commun une première notion scientifiques » (Durkheim)
C’est par une critique logique et lexicologique du langage commun
qu’on élabore des notions scientifiques.
L’analyse statistique contribue à rendre possible des relations
nouvelles.
L’invention suppose toujours la rupture avec le réel et les
configurations qu’il propose à la rupture.
« Une recherche sérieuse conduit à réunir ce que le vulgaire sépare et
à distinguer ce que le vulgaire confond » P. Fauconnet et M. Mauss.
Le principe de la non – conscience. Postulat : les faits sociaux "ont
une manière d’être constante, une nature qui ne dépend, pas de
l’arbitraire individuel et d’où dérivent des rapports nécessaires »
Durkheim
La non conscience est la reformulation dans la logique de la
sociologie du principe du déterminisme méthodologique. Les relations
sociales ne sauraient se réduire à des rapports entre subjectivités animées
par des intentions ou "des motivations" parce qu’elles s’établissent entre
des conditions et des positions sociales et qu’elles ont, du même coup, plus
de réalité que les sujets qu’elles lient.

Le principe de la non conscience impose que l’on construise des


relations objectives dans lesquelles les individus se trouvent insérés et qui
s’expriment plus adéquatement dans l’économie ou la morphologie des
groupes que dans les opinions et les intentions déclarées des sujets. Que la
description des attitudes, des opinions et des aspirations individuelles puisse
procurer le principe explicatif du fonctionnement d’une organisation, c’est
l’appréhension de la logique objective de l’organisation qui conduit au
principe capable d’expliquer, par surcroît, les attitudes, les opinions et les
aspirations.

Nature et culture : substance et système de relations.


Récuser les explications par la nature humaine-Rejet de la philosophie
essentialiste.
Que le social soit expliqué par le social et le social seulement,
demandait Durkheim.
La vérité d’un philosophe culturel ne peut se définir indépendamment
du système des relations historiques et sociales dans lesquelles il
s’insère.
Chaque science sociale doit avoir des méthodes d’explication propre.

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La sociologie spontanée et les pouvoirs du langage.
« De même que les sciences physiques ont dû rompre catégoriquement avec
les représentations animistes de la matière et de l’action sur la matière, de
même les sciences sociales doivent opérer la “coupure épistémologique”
capable de séparer l’interprétation scientifique de toutes les interprétations
artificialistes ou anthropomorphiques du fonctionnement social : c’est
seulement à condition de soumettre à l’épreuve de l’explication complète
des schémas utilisés par l’explication sociologique que l’on peut éviter la
contamination à laquelle restent exposés les schémas les plus épurés toutes
les fois qu’ils présentent une affinité de structure avec les schémas
communs »p.40
La tentation du prophétisme.

SECTION 2 LE CHOIX DU SUJET OU LA QUESTION DE


DEPART.
Tout travail de recherche commence par la définition de l’objet
d’étude, premier problème de tout chercheur. Ce problème se pose en ces
termes : que cherche-t-on ? Problème pas facile car le chercheur est inhibé
par le souci de mal faire ou paradoxalement celui de trop bien faire. Il
hésite, ballote d’une idée à l’autre. Il doute et parfois se décourage. Il se
tourne vers ses enseignants pour recevoir une proposition de sujet et parfois
quand pareille proposition lui est faite, il ne la trouve pas intéressante. Il n’y
a cependant pas lieu de paniquer. Il faut consacrer à ce moment le temps
qu’il faut car s’i est bâclé, le chercheur ne sera jamais pleinement conscient
et il accomplira par nécessité l’exercice de recherche comme un élève
médiocre fait un pensum. Pour trouver son objet de recherche, il faut
commencer par se rappeler l’objet d’étude du domaine des sciences
sociales. De même que les sciences physiques portent sur les phénomènes
naturels, de même les sciences sociales ont-elles pour objet d’étude les
phénomènes sociaux. Madeleine Grawitz répond à la question « que
cherche-t-on ? » de la manière suivante :
« Les recherches en sciences sociales sont orientées vers ce que
l’homme pense, éprouve, croit, redoute, espère, ce à quoi il aspire, comment
il se considère, agit, réagit, ce dont il se croit capable, c’est-à-dire en bref
ses opinions et ses attitudes, ses motivations, ses aptitudes et sa
personnalité. » (Madeleine Grawitz, Méthodes des Sciences sociales, Paris,
Dalloz, 11e édition, 2000, p.500).
Pour expliciter sa réponse, Grawitz énumère un certain nombre d’objets
d’études des sciences sociales. Au niveau de l’individu, elle en recense
trois :

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i) La personnalité : elle n’intéresse pas uniquement la psychologie,
mais l’ensemble des sciences sociales car toute personnalité est en
interaction avec son milieu.
ii) Les opinions et les attitudes : définie come « un type de réactions
qui se déclenchera dans un certain nombre d’occasions
semblables », l’attitude « implique un pôle de conduite, puisqu’elle
se traduit par des comportements et un pôle caractérisation ou prise
de position vis-à-vis de l’objet » (ibid., pp. 503-504) et elle se
distingue de la personnalité parce qu’elle est construite alors que la
personnalité existe en elle-même. La distinction entre opinion et
attitude est plus subtile, la première servant de façon d’expression
à la seconde. Mais l’opinion est isolée alors que l’attitude et plus
stable et se présente comme une virtualité de réponse. (ibid. p.
510).
iii) La motivation : «  l’étude de la motivation doit donc chercher
parmi les multiples causes d’un acte, celles qui mettent
l’organisme en mouvement, c’est-à-dire pratiquement celles qui
sont le plus susceptibles de manipulation »(ibid. p. 510)

Au niveau des groupes et des collectivités les problèmes de recherche


varient suivant qu’on a affaire à un groupe restreint ou un groupe large.
Dans les groupes restreints : les questions tourneront autour de la cohésion
du groupe, de sa désagrégation, de son moral, de sa productivité, de ses
façons de réagir, de travailler, des effets des différents types de
commandements, des attentes à l’égard des autorités…
Dans les groupes larges, les objets d’étude sont très variés et dépendent des
disciplines mais dans l’ensemble, ils concernent la société.
Il s’agit pour le chercheur de se poser les vrais problèmes et les
bonnes questions. Et toute recherche commence toujours par cette question
départ. S’il ya pas de question c’est qu’il n’ya pas de problème à résoudre.

L’objet d’étude dans les sciences sociales dépend de la discipline dans


laquelle on évolue et un rappel de l’objet des principales sciences sociales
s’avère utile à ce niveau.
La sociologie étudie les phénomènes sociaux, les faits sociaux que
Durkheim définit comme des « manières d’agir, de penser et de sentir
extérieures à l’individu et qui sont douées d’un pouvoir de coercition en
vertu duquel ils s’imposent à lui. Un fait social se reconnaît au pouvoir de

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coercition externe qu’il exerce ou est susceptible d’exercer sur les
institutions (Durkheim, cité par Madeleine Grawitz, op. cit. p.92) Les
institutios et les organisations en constituent des exemples.
De son côté, l’anthropologie a pour objet d’étude l’homme, en tant
qu’espèce zoologique, et son évolution. L’ethnologie s’occupe des sociétés
« exotiques ».
Quant à la psychologie sociale, elle cherche à voir comment l’individu
peut influencer ce qui l’entoure, les institutions, la société et comment ce
milieu le conditionne.
L’histoire de son côté étudie le passé, les évènements et leur
succession dans le temps.
La géographie se veut la discipline du milieu global, l’étude de la terre et
des hommes, identifiés dans une recherche régionale.
Très proche de la géographie, la démographie a pour objet d’étude
l’état et les mouvements de la population humaine.
L’économie politique étudie les conditions de production, de
distribution et de consommation des biens et services en vue de la
satisfaction des besoins humains. Elle aborde des sujets aussi divers et
variés que l’offre et la demande, le commerce national et international, les
instruments d’échange, les investissements, les préférences individuelles et
collectives, les prix, la croissance, le chômage, les équilibres et
déséquilibres macroéconomiques, l’intégration régionale etc.
La science politique a pour objet d’étude le pouvoir dans une société
globale, les conditions de dévolution ou de conquête du pouvoir et celles de
son exercice, l’action gouvernementale, les structures, les forces et les
intérêts en présence, les idées et les aspirations, les rapports politiques
(gouvernants-gouvernés), les comportements des acteurs… Madeleine
Grawitz la définit comme « l’étude de la façon dont les hommes conçoivent
et utilisent les institutions qui régissent leur vie en commun, les idées et la
volonté qui les animent, pour assurer la régulation sociale. » (op.cit. p.291)
Science de l’Etat de la gestion de la chose publique, science du pouvoir en
tant que moyen de régulation des rapports sociaux, la science politique
s’occupe aussi bien des phénomènes internes qu’internationaux, la
démarcation entre les deux catégories devenant de plus en plus tenue à l’ère
de la mondialisation.
Les relations internationales se situent donc globalement à l’intérieur
de la science politique même si elles ont tendance à s’en émanciper par
l’affirmation de leur objet. Ce cours étant prioritairement destiné aux

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étudiants de relations internationales, il convient de s’attarder quelque peu
sur celles-ci.
Jacques Hutzinger définit les Relations Internationales comme « 
l’étude des faits sociaux internationalisés.» Marcel Merle quant à lui définit
les Relations Internationales comme l’ensemble des flux et des interactions
qui transgressent les frontières des Etats quels qu’en soient les auteurs :
« Les relations internationales, fondées sur le critère de la frontière,
englobent les activités traditionnelles des gouvernements : diplomatie
négociations, guerre etc…,mais elles comprennent les flux de toute nature
(économique, idéologique, démographique, sportif, culturel, touristique
etc…)qui tissent entre les pays uns réseau de communication plus ou moins
dense et finissent par se superposer au découpage territorial de l’espace des
zones où se manifestent d’autres solidarités ou d’autres antagonismes que
ceux dans lesquels sont engagés les Etats.»(Sociologie des relations
internationales, Paris, Dalloz, 5e édition1982, p. 91) 
Quelle que soit la définition, les Relations Internationales traitent,
suivant les disciplines qui les abordent, des questions mettant en jeu
plusieurs entités politiques autonomes ou alors les éléments constitutifs de
ces entités politiques. Les sujets choisis par les étudiants de l’Institut
devraient avoir un label international.
Les Relations Internationales sont des relations de paix et de guerre de
conflit et de coopération entre les Etats. Aussi les sujets de politique
internationale ou de diplomatie porteront–ils souvent sur les questions de
paix, de sécurité, d’armement, de désarmement, sur la résolution des
conflits, sur la négociation internationale, sur la coopération internationale
en général, sur la coopération au développement en particulier, sur les
Organisations Internationales, l’intégration régionale, les problèmes liés à
l’environnement international, les migrations, problèmes stratégiques
internationaux…

L’essentiel en choisissant un sujet de recherche est de s’assurer qu’il


se situe dans la sphère internationale. Dans chacun des Masters de l’IRIC,
devrait se retrouver une dimension internationale sans laquelle le mémoire
sort du champ qui est celui de l’Institut.

Le sujet de recherche n’est pas le fruit d’une illumination mais il vient


des enseignements reçus et c’est là qu’est éveillé l’esprit de curiosité par
des questions susceptibles de devenir des questions de recherche. L’intérêt
est d’abord théorique mais il s’étend progressivement sur les aspects
pratiques. Plusieurs recherches théoriques n’ont pas toujours donné lieu à
des recherches empiriques. L’idée de recherche ne naît pas ex nihilo mais

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elle dépend de la formation universitaire, de la culture générale, de l’intérêt
national de la lecture des revues scientifiques et des journaux bien quotés,
de la participation aux conférences, aux colloques… Un problème immédiat
et urgent peut inspirer un sujet de recherche. L’idée de recherche peut
également découler d’un problème qui fera place dans l’avenir (comment
minimiser les contestations post électorale en Afrique, comment faire face
aux menaces islamistes à venir, comment mitiger les impacts des
changements climatiques, comment réussir la décentralisation tout en
consolidant l’unité nationale des Etats,…). L’origine peut également être un
besoin de compréhension, de connaissance plus claire sur un sujet donné. La
manière la plus simple consiste à poser une question de départ dans laquelle
le chercheur dit le plus exactement ce qu’il veut savoir (que voulez vous
savoir, que voulez vous exprimer). Il faut pour cela une prédisposition
d’esprit qu’on résume dans le concept de curiosité intellectuelle qui est ce
désir, ce besoin d’en savoir plus sur un aspect donné d’une situation. C’est
ce trait de caractère qui nous pousse à dépasser les impressions, les
évidences pour plonger au fond des choses et mieux les connaitre. Cette
curiosité intellectuelle est plus ou moins éveillée chez les individus et c’est
le rôle des enseignants et de la formation que d’aiguiser cette saine
curiosité. La possession de cette capacité se manifeste par un certain goût
pour les choses de l’esprit, les débats, les lectures…
La curiosité intellectuelle se manifeste également par la capacité à
sortir de son champ d’activités habituel pour s’intéresser à d’autres
domaines d’étude. Nous ne sommes certes plus à l’ère de l’encyclopédisme,
mais il est toujours utile de frotter sa discipline à d’autres.

QUELQUES EXEMPLES DE QUESTIONS DE DEPART :

- Exemples d’auteurs confirmés

 « L’inégalité des chances devant l’enseignement a – t- elle


tendance à décroître dans les sociétés industrielles ? » Raymond
Boudon  - L’inégalités des chances : la mobilité sociale dans les
sociétés industrielles (Paris, Armand Colin, 1973).

 « La lutte étudiante (en France) n’est – elle qu’une agitation où se


manifeste la crise de l’Université ou porte – t- elle en elle un

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mouvement social capable de lutter au nom d’objectifs généraux
contre domination sociale ? » Alain Touraine – Lutte étudiante
(avec F. Dubet, Z. Hegedus et M. Wieviorka, Paris, Seuil, 1978).

 « Qu’est – ce qui prédispose certains à fréquenter les musées,


contrairement à la grande majorité de ceux qui ne les fréquentent
pas ? » Pierre Bourdieu et Alain Darbel – l’Amour de l’art (Paris,
Edition de Minuit, 1969)

- QUESTIONS POSEES PAR DES ETUDIANTS DE L’IRIC DE


DIFFERENTES FILIERES :

Diplomatie

1) Rane MkpouWoupieko Zoulica 2010/2011

Sujet : Le processus décisionnel dans la politique étrangère du


Cameroun : le cas du recours au règlement judiciaire dans le conflit
de Bakassi.

Le choix du sujet s’est fait dans le cadre d’un cours que je donnais
dans le parcours diplomatie sur les théories de la décision en relations
internationales. L’étudiante s’est particulièrement intéressée aux
modèles de Graham T. Allison et de proche en proche est arrivée à la
question suivante :

Question : Qu’est-ce qui explique le choix porté par le Cameroun sur


la CIJ dans le cadre du règlement du conflit frontalier qui l’a opposé au
Nigéria à propos de la péninsule de Bakassi ?

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2) Mbarga Prisca Marguerite Huguette

Sujet : La mondialisation et les choix du Cameroun en matière de


coopération au développement (1989-2010)

Le choix de ce sujet trouve certainement son origine dans les


enseignements donnés à l’IRIC sur la mondialisation.

Question posée : Est-ce que la mondialisation a influencé les choix du


Cameroun en matière de coopération au développement ?

Cette question pose un problème dont la solution paraît


évidente : la mondialisation ne pouvait qu’influencer la politique du
Cameroun dans la domaine de la coopération. La mondialisation est un
changement de donne fondamentale des relations internationales. Sur
un travail par ailleurs très intéressant, l’auteur a posé la question d’une
façon quelque peu maladroite. La véritable question à laquelle elle a
répondu est celle de savoir comment la mondialisation a influencé la
politique de coopération au développement du Cameroun.

3) Afessie Yannick Lionnel

Sujet : L’impasse des négociations de l’accord de partenariat


économique (APE) Afrique Centrale-UE

L’origine du choix de ce sujet se trouve dans le cours de méthode


que je donne en Master 1. Comme exemple de sujet, j’ai donné à ces
étudiants le cas de l’échec des APE sur lequel j’ai moi-même commis un
article dans La Revue Camerounaises D’Etudes Internationales.

M. Afessie a saisi au bond ce sujet pour le développer et en faire


un mémoire. L’auteur se donne pour objectif d’étudier ce sujet majeur

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pour l’avenir de la relation UE/ACP tant sur le plan politique
qu’économique. Par ailleurs ces accords permettent d’aligner la
relation UE/ACP aux normes de l’OMC et de faciliter l’intégration des
pays ACP dans le commerce mondial tout en favorisant l’intégration
sous régionale. L’auteur, futur diplomate manifeste un intérêt
particulier pour la diplomatie du développement et particulièrement la
coopération économique entre l’UE et les ACP.

Question posée : Qu’est-ce qui explique l’impasse actuelle des


négociations des APE entre l’Afrique centrale et l’UE au point ou ces
accords soient encore en négociations alors qu’on devait, depuis quatre
ans, être à la phase de leur mise en œuvre ?

4) EHSAN Odette Gertrude

Sujet : La subsidiarité dans le maintien de la paix et de la


sécurité en Afrique : Analyse de la relation entre le conseil de sécurité
des Nations Unies et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union
Africaine (2011/2012)

Origine : probablement les enseignements des organisations


internationales ou du droit des Organisations Internationales.
L’actualité internationale : crises Ivoiriennes, Libyennes, Somaliennes,
Soudanaises, Maliennes.

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Question posée : Sous quel prisme peut-on analyser la relation
entre le Conseil de Sécurité des Nations Unies et le Conseil de Paix et de
Sécurité de l’Union Africaine dans le domaine du maintien de la paix ?

BMFI

1) Ojong Nfung Nso

Topic : Asset allocation and regulation of the investment


portfolios of life insurance companies in Cameroon : analysis of
investment performance.

Origin: special interest for the asset allocation strategies of


insurance companies in Cameroon;

Question: What is the level of inefficiency in the asset allocation


strategies of insurance companies in Cameroon?

Contentieux international

Marketing international

Sujet : Valeur perçue et décision d’achat en Zone CEMAC : cas


des parfums à partir du modèle lacanien(soutenu le 18/01/2013)

Origine du choix du sujet : volonté personnelle de l’étudiante


d’approfondir les connaissances acquises en psychologie sociale en les
appliquant au marketing.

Question posée : est-il possible grâce aux variables lacanniennes


d’influencer le consommateur de telle sorte que se développe en lui une
valeur perçue positive susceptible de déboucher sur l’achat d’un
parfum ?

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CAPI

1) Zakiatou Boubakari

Sujet : Le poids de l’Afrique dans les négociations sur le


changement climatique : construction à l’échelle du sommet de
Copenhague

Question : Quelle stratégie l’Afrique a-t-elle adopté pour peser


sur les conclusions du sommet de Copenhague (Novembre 2012)

Ce sujet de recherche trouve son origine dans l’actualité


politique internationale de l’année 2009. Je donnais alors un cours en
CAPI sur la prise de décision dans les organisations internationales.
L’étudiante avait choisi comme thème d’exposé le sommet de
Copenhague et avait soulevé un certain nombre de problèmes. Au
moment de retenir son sujet de mémoire ; elle a décidé de s’intéresser
au processus de décision dans cette conférence et après plusieurs
formulations elle a finalement retenu la question ci-dessus.

2) Ngo Ngue Débora Merveille

Sujet : L’action d’INADES formation en faveur des populations


autochtones pygmées au Cameroun (Décembre 2011)

Comment l’étudiante en est-elle venu à choisir ce thème ? Elle a


eu à participer à un atelier de formation des acteurs de la société civile
à la méthode d’approche participative des populations autochtones
pygmées (MAPAPPY) et à l’Assemblée générale du réseau recherche
action concentrée pygmée (RACOPY) pendant le stage académique à
INADES formation Cameroun en octobre 2010. De là lui vient l’idée de

COURS DE METHODE DE RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES Page 39


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comprendre la logique d’action et la contribution d’INADES formation
Cameroun dans le processus d’amélioration des conditions de vie des
populations autochtones pygmées.

Question de recherche : comment s’articule la stratégie


d’INADES formation Cameroun dans la construction du mieux être
des populations autochtones pygmées au Cameroun ?

Les qualités attendues d’une bonne question de départ.


Une bonne question de départ doit pouvoir être traitée. Elle doit être
claire, faisable et pertinente.

Clarté, précision et concision de la question de départ : la question de


départ ne doit pas prêter à confusion, elle doit être aussi limpide que
possible (éviter toute forme de pédantisme dans la question départ). La
précision doit nous emmener à nous référer à une théorie qui existe : à la
question de départ.
La faisabilité : Elle est fonction de la disponibilité des sources. On ne
peut pas réussir une recherche sur un sujet dont les informations ne sont pas
disponibles. La faisabilité dépend aussi du corpus théorique en la matière.
L’étudiant ne va pas dans le cadre d’un rapport ou d’un mémoire inventer
une théorie ou un nouveau paradigme.

La faisabilité dépend aussi des connaissances de l’auteur, de son


background académique dans le domaine. Il doit pouvoir lui permettre de
traiter la question. Chaque chercheur se doit de choisir son sujet en fonction
de ses capacités.

Il faut que le chercheur évalue également les moyens financiers


qu’exige sa recherche.
Une autre question est de savoir si le problème posé peut être traité dans le
laps de temps qui est donné pour le travail en général.

La pertinence signifie que la question de départ doit porter sur un vrai


problème. C'est-à-dire la question de départ doit être une question qui
mérite de l’intérêt et peut produire un travail fécond.

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La question de départ peut faire l’objet d’un test dit test de pertinence.
(J.P Franière). Pour procéder au test, J.P Franière prend 2 pôles : le
chercheur et l’objet de la recherche. Il s’agit d’examiner les spécificités du
chercheur et ceux de l’objet d’étude.

Test de pertinence
Chercheur Objet de la recherche
L’intérêt personnel L’ampleur de l’objet : le sujet est il
bien circonscrit
Capacité de formation du chercheur Situation de l’objet dans le champ de
(ses connaissances). connaissances (l’intérêt scientifique)

Position sociale (qui permet de Signification sociale de l’objet


savoir s’il peut ou pas traiter la (intérêt du sujet pour la société).
question qui l’intéresse)
Les ressources matérielles Difficultés de l’objet.

SECTION 3 L’EXPLORATION

L’exploration renvoie à l’étape où s’effectue la recherche préliminaire


visant à asseoir les premières bases (de la recherche), les premières
informations, bref à sortir les Chercheurs du chaos initial.
Pour procéder à l’exploration il faut faire deux choses
- la lecture
- Les entretiens exploratoires
1. LA LECTURE
La recherche est un travail cumulatif. Il s’agit d’un continuum, ainsi
tout travail de recherche doit pouvoir être situé par rapport au courant de
pensée qui l’a précédé et l’influence. Il faut situer son sujet : à des cadres
conceptuels reconnus. Les lectures sont guidées par la question de départ.
La question de départ joue le rôle de boussole car le chercheur doit prendre
connaissance des travaux effectués dans le même chapitre de recherche.
Pour cela il doit retenir un certain nombre d’ouvrages et d’articles sur les
problématiques de ce domaine de recherche.

COURS DE METHODE DE RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES Page 41


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Il faut éviter la boulimie livresque, il faut faire des lectures
essentielles (max 5 ouvrages, max 5 articles) le chercheur doit éviter de
prendre les "grosses sommes" (les gros ouvrages qui ont la prétention de
tout expliquer dans un domaine donné). On peut tout de même recourir à
une partie ou à un chapitre qui traite du domaine qui intéresse l’objet. Il faut
éviter un programme de lecture surchargé. Ne pas non plus s’intéresser aux
ouvrages d’analyse, de statistiques. Le chercheur doit faire une sélection
d’ouvrage ayant des approches diversifiées.
Enfin il faut se donner des petits moments de réflexion personnelle.

Le chercheur doit recourir aux bibliothèques, et aux revues


spécialisées. Le recours aux revues spécialisées dans son domaine permet de
faire ce qu’on appelle la remontée des filières bibliographiques (elle est
rapide et utilisée par plusieurs chercheurs) pour déterminer les ouvrages les
plus pertinents pour la recherche.

Ayant la matière à lire, il s’agit à présent de savoir comment lire ?


Ouvrage de Raymond Quivy.
La lecture d’un article demande un effort de concentration et de
contraction.
Il faut une première grille de lecture faisant ressortir les idées d’un
texte et leur articulation.

Ensuite il faut résumer le texte en dégageant l’idée de l’auteur.

2- LES ENTRETIENS EXPLORATOIRES


Grille des Entretiens exploratoires

Repères pour les


N° Idées Contenu
structures
L’entretien exploratoire est complémentaire Situation de l’entretien
1 de lecture et sert à élargir ou à rectifier le exploratoire prêt à la
champ d’investigation. lecture.
Pour mettre en lumière certains aspects :
L’esprit et la méthode
2 aperçus de la recherche, l’entretien doit se
de l’entretien.
faire de manière souple et ouverte.

COURS DE METHODE DE RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES Page 42


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Les méthodes telles les entretiens semi
directifs ou les méthodes d’observations où
un degré de liberté important est laissé à
3
l’observateur conviennent le mieux à cette
étape serveur à trouver des pistes de
réflexion, des idées.
Technique précieuse mais pas utilisée que
4
l’auteur veut réhabiliter.
5 Cette phase du travail présente cependant le Risque de l’entretien
risque de déviation ou illusion de conforter Pratique de l’entretien
le chercheur dans certaines idées, ou les interviews
impressions arrêtées d’avance. Bien la
mener donc. Avec qui est – il utile d’avoir
un entretien ?
6 Des enseignants, chercheurs spécialisés et
experts dans le domaine de recherche.
7 Des témoins privilégiés qui par leur
position leur action ou leurs responsabilités
connaissant bien le problème
8 Le public directement concerné par l’étude. L’attitude
Les traits principaux de l’altitude à adopter
au cours d’un entretien exploratoire :
- poser le moins de questions
possible
- intervenir de manière aussi ouverte
que possible ;
- s’abstenir de s’impliquer soi –
même dans le contenu ;
- veiller à ce que l’entretien se
déroule dans un environnement et
un contexte adéquat ;
- enregistrer les entretiens.
Bien exploiter ces entretiens.
- Ecouter les enregistrements ou
relire les notes et bien les transcrire
- Partager avec un ou deux collègues
- Si possible analyse de contenu

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- Structurer les résultats du travail
Méthodes exploratoires complémentaires
Observation, consultation de documents,
visite des lieux.

SECTION 4. LA PROBLEMATIQUE

C’est d’abord et avant tout une étape consistant à arrêter de manière


définitive la question centrale.
Pour cela, il faut faire le tour des différentes approches possibles de
cette question de départ. C’est ce qui constitue l’exercice de
problématisation. L’objectif étant d’en retenir une.

A- Les qualités requises de cette question de départ :


1/ Un vrai problème : Il y a des faux problèmes ou des problèmes qui sont
déjà résolus et qui ne demandent plus à faire l’objet d’un
questionnement ou d’une recherche spécifique pour cela, la question
de départ doit effectivement exister.
2/Elle doit être précise : ont doit poser la question sur la forme
interrogative
Quel est le problème ? Il s’agit de poser une question soit centrale
essentielle, c'est-à-dire une question qui va au cœur d’un problème
donné.
3/ Elle doit être centrale et essentielle, digne d’intérêt. Tout cela doit être
testé par rapport au candidat d‘abord et ensuite par rapport à la
science.
Exemple 1: Les Etats sont plus ou moins dépendants les uns des
autres sur la scène internationale. Tel ou tel Etat a une politique étrangère
qui est proche de tel autre Etat. On peut se poser la question de savoir :
Pourquoi la RCA en tant qu’Etat indépendant prend toujours des
positions de politique étrangère semblable à celles de la France ?

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 On veut comprendre ce qui explique un comportement de la
politique étrangère centrafricaine.
 C’est un problème qui peut paraître banal mais qui présente un
intérêt dans la politique étrangère des Etats. Qu’est-ce qui fait
que la politique étrangère centrafricaine reste toujours
conforme à celle de la France ?
 La réponse n’est pas toujours évidente.
 le problème qui se pose avec ce type de question est celui de
savoir les déterminants du comportement d’un Etat en
politique étrangère, ou quels sont les facteurs qui poussent un
Etat à prendre telle ou telle position ?
 Nous avons un problème qui vise à expliquer le comportement
d’un Etat sur la scène internationale.
 Le champ d’étude est la politique étrangère d’un Etat.
 Nous devons trouver des ‘’théories partielles’’ des Relation
Internationales qui expliquent les comportements des Etats, de la
politique étrangère
 On cherchera également dans l’ensemble des théories
mercantilistes qui tendent à montrer que la puissance
économique d’un Etat est un élément déterminant de l’Etat
sur la scène internationale.
Exemple 2  tiré de GODON MACE et François PETRY
GORDON MACE et François PETRY, GUIDE d’évaluation d’un
projet de recherche en sciences sociales, 3e édition, Presse Universitaires
Laval 2000.
 Le problème qui a été retenu comme illustration dans ce livre est
le problème de la relation entre l’opinion publique et les
décideurs.
 C’est de savoir si les sondages d’opinion influencent
effectivement les décideurs ou dans quelle mesure les sondages
arrivent à faire pencher la décision dans un sens ou dans un autre.
Question centrale : Est-ce que l’utilisation des sondages par les décideurs
politiques est conforme aux finalités démocratiques ?
 Le 1er concept manipulé est celui de sondage public ;
 L’objet de cette étude est de voir dans quelle mesure les décideurs
politiques utilisent les sondages politiques au moment de leur
prise de décisions.
 Il ne s’agit pas de sondages menés au moment des élections mais
des sondages d’opinion menés de manière permanente sur des
problèmes où on souhaite prendre des décisions :

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- Le problème général est celui de l’utilisation des sondages par des
décideurs politiques ;
 De manière spécifique : dans quelle mesure en démocratie les
opinions recueillies dans le cadre des sondages arrivent à peser
sur les décisions politiques.
 Est-ce que les résultats ont tendance à s’accorder avec les
sondages ?
SONDAGES D’OPINION DECISIONS DES
HOMMES POLITIQUES
En démocratie, on devrait s’attendre à ce que le Décideur prenne en
considération les attentes telles que reflétées par l’opinion publique.
Exemple 3 : Dans notre société aujourd’hui, nous avons un problème
simple : Le prix de la tôle
 Non seulement la tôle se raréfie mais son prix a tendance à
augmenter.
 Qu’est-ce qui entraîne cette augmentation du prix de la tôle ?
 Quels sont les facteurs qui agissent sur le prix de la tôle sur le
marché camerounais ?
On verra d’abord en hypothèse : les prix des matériaux de
construction : se sont des données absolues sur le Marché.
 Une observation d’un phénomène social nous amène à nous poser
des questions sur le prix de la tôle et de savoir s’il va augmenter
ou si les prix vont se stabiliser ou alors vont commencer à baisser.
 Qu’est-ce qui explique la rareté et l’augmentation du prix de la
tôle ? Ou encore on formulera ainsi : qu’est-ce qui explique la
hausse du prix de la tôle en Février 2013 au Cameroun ?
 Nous voulons savoir si la question est intéressante, est-elle
centrale, évidente ?
 Il faut une connaissance de la théorie des prix, des mécanismes
de la formation des prix.
 C’est la rareté qui est à l’origine de la hausse de prix ;
 Pourquoi y a t- il rareté entraînant une hausse des prix de tôles en
Février 2013 au Cameroun ?
Là on peut formuler une hypothèse.
 On nous a donné l’explication : un phénomène cyclique dû à
l’arrêt technique des machines et que avons un argument
technique.
 D’autres arguments :
- L’approvisionnement insuffisant en matières premières ;

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- Les capacités d’installation ou de production insuffisamment
exploitées.
- La spéculation.

Ce sont ces arguments qui permettent d’élaborer une réponse


provisoire à la question posée. C’est cette réponse provisoire qu’on
appelle L’HYPOTHESE. C’est donc le moment qui suit
immédiatement la Question Centrale

CHAP2 : LA CONSTRUCTION DU MODELE D’ANALYSE


Le présent chapitre traite de l’hypothèse et du cadre théorique de la
recherche. Il s’agit non seulement de définir l’hypothèse, de ressortir son
rôle, ses conditions de validité et comment l’élaborer, mais aussi de traiter
des éléments constitutifs du cadre théorique ainsi que des théories
usuellement utilisées dans les Relations Internationales.

SECTION 1 : DEFINITION, ROLE ET QUALITES DE


L’HYPOTHESE :
A. DEFINITION ET ROLE :
L’hypothèse est la réponse provisoire ou anticipée qui est donnée à la
question centrale et qui établit une ou des relations plausibles entre des
phénomènes observés.

B. LES QUALITES D’UNE HYPOTHESE :


1) Plausible : c'est-à-dire être en relation étroite avec le phénomène
qu’elle entend expliquer.
2) Permanente ou pertinente : par rapport au problème étudié
3) Dépendre de l’objet d’étude : avoir la connaissance
4) Vérifiable : l’info doit être disponible
5) Précise : ne pas laisser subsister des ambigüités, des zones d’ombres,
des confusions.
6) Avoir une portée générale : Elle doit avoir le pouvoir d’explication,
doit dépasser le cas particulier que nous étudions.

SECTION 2 : L’ELABORATION DE L’HYPOTHESE :


L’OPERATIONNALISATION DES CONCEPTS

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Les CONDITIONS DE VALIDITE D’UNE HYPOTHESE
SCIENTIFIQUE sont :
- Une hypothèse doit être vérifiable : on devrait pouvoir
infirmer ou confirmer l’hypothèse en la confrontant à la
réalité, aux faits.
- Elle doit mettre en cause les faits réels et ne pas
comporter des jugements de valeurs : elle doit être
positive.
- Elle doit être spécifique : elle doit porter sur des matières
spécifiques et ne pas rester au niveau des généralités.
- Elle doit être conçue en termes vérifiables et avec des
instruments et techniques précis.
- Elle doit s’appuyer sur un corpus de connaissances
existantes sur des théories connues dans le domaine de
la recherche car elle ne nait pas ex nihilo.

Il convient à présent de voir concrètement COMMENT EST CE


QU’ON ELABORE UNE HYPOTHESE. Dans notre exemple nous
avons :

Phénomène 1 : La hausse des prix


Phénomène 2 : La rareté

Nous voulons comprendre qu’est-ce qui entraîne cette hausse des prix. On
a :

 Les poussées spéculatives ;


 L’argument technique
 Variables explicatives
 La capacité de production insuffisante ;
 L’approvisionnement insuffisant en
matières premières ;

 La variable expliquée est la hausse des prix ;


 Les relations établies doivent faire l’objet d’une vérification ;
 Ces relations anticipées doivent faire l’objet d’une vérification
faite par comparaison avec les faits
 Pour établir le lien entre l’argument technique et la Hausse des
prix on doit prendre les infos sur les arrêts techniques depuis 10
ans.

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On a essayé de trouver s’il y a une corrélation entre l’arrêt
technique sur la hausse des prix. Et on peut prendre des infos sur les
comportements des prix pendant 10 ans.
 Tenir compte du temps de latence entre l’arrêt des machines et
la réaction du marché.
 On passe de la conceptualisation à la vérification.
 L’hypothèse permet de passer de la phase des concepts à la phase
de vérification sur le terrain.
 L’hypothèse a un rôle centrale dans la recherche ;
 Elle est la boussole : parce qu’elle donne la ligne directrice ;
 Elle réussit à établir le lien entre la variable expliquée et la variable
explicative ;
 Elle est le pont qui relie la conceptualisation et l’expérimentation
 Elle intervient après la définition de l’objet d’étude ;
 Elle coïncide avec la fin d’une étape avant d’aller à une collecte
de données qui permet de confirmer ou infirmer l’hypothèse.
 Elle donne du sens à notre démonstration.
 Il doit avoir une adéquation entre la question centrale et
l’hypothèse.
* Un même problème peut faire l’objet d’une hypothèse centrale
* Les Sous-Hypothèses ou Hypothèses Auxiliaires ou secondaires doivent
étayer la réponse centrale, la compléter.
* les Sous-Hypothèses ou Hypothèses Secondaires doivent étayer la
réponse centrale donnée dans l’hypothèse centrale.
* Une question bien posée doit entraîner une hypothèse bien formulée.
* L’hypothèse est une réponse théorique puisqu’elle postule une relation
entre les variables ; dans ce sens, elle a un soubassement théorique.
* L’hypothèse est tirée d’un corpus théorique bien précis.
*L’hypothèse anticipe une explication, elle établit des relations entre les
variables soit en termes de cause à effet, soit en termes de corrélation.
* On abouti toujours pas à une conclusion vraie, on doit reformuler
l’hypothèse ou revoir certains postulats de la théorie utilisée.
*L’hypothèse sert à confronter la théorie à la réalité.

 Quand on énonce une hypothèse, il faut envisager des


indicateurs pour vérifier les éléments avancés.

SECTION 3 : LE CADRE THEORIQUE (THEORITICAL


FRAMEWORK)

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Philippe BRAILLARD défini la théorie des Relations Internationales
comme « un ensemble cohérent et systématique de propositions ayant
pour but d’éclairer la sphère des relations sociales que nous nommons
internationales» (Philippe BRAILLARD, Théories des Relations
internationales, 1ère édition, Paris, PUF, Coll. Thémis, 1977, p. 17).
Le cadre théorique doit nous fournir

- Les concepts ;

- Les formules ;

- Les arguments.

Parce que les modèles, les théories se veulent des représentations


schématiques, conceptuelles de la réalité.
L’ambition des modèles, des théories, c’est de donner du sens, de
la signification à ce que nous observons. D’où le recours aux modèles
éprouvés et qui deviennent des adjuvants qui nous permettent de
progresser dans notre quête de la recherche.
L’objet du cadre théorique est de voir comment contribuer au
développement de la théorie de manière à lui donner une explication
beaucoup plus générale.
Un modèle émane d’un chercheur, d’un groupe de personnes.
Il s’agit aussi de voir :
- En quoi est-ce que cette théorie est perfectible.
- L’adéquation entre le modèle et le phénomène que le chercheur
envisage d’étudier ;

La théorie permet d’expliquer la problématique centrale :

La démarche consiste à partir des théories qui existent pour expliquer


le problème digne d’intérêts. Le cadre théorique permet de passer du
concept à la variable, de la variable aux indicateurs ;

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Quel sera l’agencement de tous ces niveaux de recherche ?
Ce cadre opératoire se construit sur la base de théorie existante ; il
permet de bien définir les concepts.
Ici, il n’existe pas une recette universelle. La construction du cadre
théorique consiste donc à :
1) Identifier un modèle, une théorie de référence susceptible d’éclairer
votre problème de recherche ; ça peut être aussi l’identification d’une
approche.
Exemple : l’intégration en Afrique Centrale
 Question centrale : Pourquoi l’intégration n’avance pas à un
rythme souhaité par les décideurs ?
Ou :
Pourquoi l’intégration en Afrique Centrale progresse-t-elle
lentement ?
 On voit l’exemple de l’U.E qui est allée jusqu’à la monnaie
unique ;
 On voit l’exemple consolidé de l’Afrique de l’Ouest.
 Hypothèse : Les nationalismes exacerbés dans la sous-région
Afrique centrale représentent le principal handicap de
l’intégration.
 Cadre théorique : on cherche dans les Relations Internationales
les théories relatives à l’intégration ci-après :
Théorie 1– Le fonctionnalisme ; selon MITRANY
THEORIE 2– Le Néo - Fonctionnalisme ; selon HAAS
Le cadre théorique va nous permettre :
- De définir de manière scientifique les concepts notamment ce que
s’est que l’intégration. Ce n’est pas une définition du Petit Robert
ou du Larousse.
- De donner les conditions dans lesquelles l’intégration a des chances
de réussir. Ce que dit MITRANY n’est pas ce que dit HAAS : on
va reprendre les arguments des différents Auteurs qui se sont
penchés sur l’intégration ;

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Il convient également de se pencher sur les Auteurs qui ont examinés
la question de l’intégration dans la sous-région d’Afrique Centrale.
A partir de là, on construit le cadre théorique.
SECTION 4 : LES THEORIES USUELLEMENT UTILISEES DANS LES
RELATIONS INTERNATIONALES

Il existe différentes classifications des théories des relations


internationales. La plupart établissent néanmoins une distinction entre les
« théories générales », c’est-à-dire, les trois philosophies qui ont proposé une
explication normative, historique et relativement globale des relations
internationales, à savoir : le réalisme, le libéralisme et le marxisme et les autres
théories. Cette deuxième catégorie regroupe les théories dites « partielles »
propres aux divers champs de spécialisation des relations internationales et les
conceptions normatives critiques des théories générales.
Pour une connaissance approfondie des théories utilisées dans les
Relations Internationales lire les ouvrages publiés sur ce sujet. Il s’agit entre
autres :

- Dario BATTISTELLA, Théorie des Relations Internationales,


Paris: Les presses de science po, 2006, 588 p.  ;
- Philippe BRAILLARD, Théories des Relations Internationales,
1ère édition, Paris, PUF, Coll. Thémis, 1977, 464p.

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CHAPITRE 3 : L’OBSERVATION SCIENTIFIQUE

La définition du terme « observation » est construite, dans son


acception courante, à partir de trois notions qui sont celle de : vision,
attention et connaissance.
Observer, ce n'est pas seulement voir, ni même regarder, c'est
regarder en portant toute son attention sur quelque chose et, ce faisant,
apprendre sur cette chose.
On distingue deux types d’observation :
- L’observation profane ;
- L’observation scientifique.
Le sens attribué à l'observation scientifique n'est pas très différent : il
s'agit d'un « procédé scientifique d'investigation consistant dans l'examen
attentif d'un fait, d'un processus, en vue de mieux le connaître, le
comprendre» (Lire à ce propos Vincent ISRAEL-JOST, L’observation
scientifique : aspects philosophiques et pratiques, Thèse en Philosophie,
Université de Paris I Panthéon Sorbonne, 2011, p.38).

SECTION 1 : LES DIFFICULTES DE L’OBSERVATION EN


SCIENCES SOCIALES

L’observation en Sciences Sociales pose problème dès l’instant où


l’objet de l’observation était l’Homme qui est dans le même temps
l’agent chargé de l’observation. Il en découle une conséquence qui touche
aux moyens d’investigation : qu’il s’agisse des instruments
d’enregistrement qui offrent d’intéressantes possibilités de reproduction et
d’extension de l’observation ou encore du film qui permet de revoir un
ensemble de faits qui n’ont pu être analysés en même temps ou qui ont été
oublié.

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Ces différents moyens permettent au chercheur de contourner les
défaillances de sa mémoire, d’aller au delà des constats immédiats, d’élargir
son champs de vision.
SECTION 2 : L’OBJET DE L’OBSERVATION OU QUOI
OBSERVER ?
L’objet de l’observation dépend du sujet retenu. Toute observation
suppose au préalable la construction d’indices, d’indicateurs, de schémas
qui vous permettent d’aborder la réalité que nous observons.
L’observation se situe au début de la recherche.
Pour avoir observé quelque chose, il faut avoir constaté quelque
chose.
 Cette observation est indirecte parce qu’elle provient
des sources secondaires notamment les lectures, les
films visionnés, des documentaires, des expositions –
photos auxquelles nous avons assisté et qui suscitent en
nous des interrogations : c’est l’observation au sens
primaire, élémentaire
L’observation se situe à différents moments ;
L’observation ici dans le cours s’apparente à l’expérimentation,
c’est une collecte de données qui est orientée.

SECTION 3 : LE PROBLEME DE L’ECHANTILLONNAGE

Le sociologue s'intéresse à l'étude des ensembles sociaux (par


exemple une société globale ou des organisations concrètes dans la société
globale) comme des totalités différentes de la somme de leurs parties. Au
premier chef, il s'intéresse aux comportement d'ensemble, les structures
et les systèmes de relations sociales qui les font fonctionner et changer, non
pour eux mêmes, les comportements des unités qui les constituent. Mais
même dans ce type de recherches spécifiquement sociologiques, les
informations utiles ne peuvent souvent être obtenues qu'auprès des
éléments qui constituent l'ensemble. Ainsi pour étudier l'idéologie d'un
journal, il faudra analyser les articles publiés, même si ces analyses ne
constituent pas en eux mêmes, l'objet de l'analyse.
La totalité de ces éléments ou des " unités " constitutives de
l'ensemble considéré est appelée " population " ; ce terme pouvant désigner

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aussi bien un ensemble de personnes, d'organisations ou d'objet de quelque
nature que ce soit.
Une population étant délimitée (par exemple, la population active
d'une région, l'ensemble des entreprises d'un secteur industriel ou les
articles publiés dans la presse sur un sujet donné au cours d’une année) il
n'est pas pourtant toujours possible, ni d'ailleurs utile, de rassembler des
informations sur chacune des unités qui la composent. De nos jours
l'usage fréquent des sondages d'opinion a fini de prouver que l'on peut
obtenir des informations fiables relatives à une population de plusieurs
dizaines de millions d'habitants en n'interrogeant que quelques milliers
d'entre eux.
Toutefois, on peut avoir recours aux techniques
d'échantillonnage pour des objets les plus variés. Par exemple, un
auditeur dans une entreprise analysera un nombre N de factures pour en tirer
des informations relatives à la totalité des factures envoyées ou reçues par
l'entreprise.
Un bibliothécaire examinera un échantillon représentatif des
ouvrages possédés afin d'estimer leur état général de conservation.
Cependant et en dépit des nombreux avantages qu'elles
présentent, les techniques d'échantillonnage sont loin de constituer
une panacée (remède universel à toutes les maladies) en recherche
sociale. Qu'en est-il exactement ?
Lorsqu'il a circonscrit son champ d'étude, trois possibilités s'offrent
au chercheur :
1. il recueille des données et porte ses analyses sur la totalité de la
population couverte par ce champ ;
2. il étudie un échantillon représentatif de cette population ;
3. étudier exclusivement certaines composantes très typiques,
bien que non strictement représentatives de cette population.
Première possibilité : étudier la totalité de la population
Le mot population doit être entendu au sens d'un ensemble
d'éléments constituant un tout.
L'ensemble des factures d'une entreprise, des livres d'une
bibliothèque des élèves d'une école, des articles d'un journal ou des

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clubs sportifs d'une ville constituent autant de populations différentes.
Cette formule s'impose souvent dans deux situations :
* lorsque le chercheur analysant des facteurs macro sociaux (les taux de
natalité par exemple) et étudiant la population en tant que telle n'a des lors
pas besoin d'informations précises sur le comportement des unités qui la
composent, mais uniquement de données globales disponibles dans les
statistiques
* lorsque la population considérée est très réduite et peut être étudiée
entièrement en elle même.
Deuxième possibilité : étudier un échantillon représentatif de la
population
Cette formule s'impose quand 2 conditions sont rassemblées :
- lorsque la population est trop nombreuse et qu'il faut récolter
beaucoup de données pour chaque individu ou unité ;
- lorsque sur les points qui intéressent le chercheur il est important de
recueillir une image globalement conforme à celle qui serait obtenue en
interrogeant l'ensemble de la population, bref lorsque se pose un problème
de représentativité.
Troisième possibilité : étudier des composantes non strictement
représentatives mais caractéristiques de la population
Cette formule est sans doute la plus courante. Lorsqu'un chercheur
veut étudier par exemple la manière différenciée dont plusieurs journaux
rendent compte de l'actualité économique, la meilleure solution consiste à
analyser dans le détail quelques articles de ces différents journaux qui
portent sur les mêmes évènements de manière à procéder à des
comparaisons significatives. Vouloir étudier tous les articles publiés est
impossible et vouloir constituer un échantillon représentatif de l'ensemble
des articles de chaque journal n'a guère de sens car les critères de
représentativité seraient très partiels et arbitraires.

SECTION 4 : LES INSTRUMENTS DE L’OBSERVATION

Dans ce troisième point il sera d'abord question des principes


d'élaboration des instruments d'observation. Suivra un exposé des
différentes opérations qui font partie du travail de la phase
d'observation.

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L'élaboration des instruments d'observation consiste à construire
l'instrument capable de recueillir ou de produire l'information prescrite par
les indicateurs. Cette opération ne se présente pas de la même façon
selon qu'il s'agit d'une observation directe ou indirecte.

A. L'observation directe et l'observation indirecte


1. L'observation directe
Dans l'observation directe, le chercheur procède directement lui
même au recueil des informations sans s'adresser aux sujets concernés ; il
fait appel a son sens de l'observation. Par exemple, pour comparer le public
du théâtre à celui du cinéma, un chercheur peut compter les gens à la sortie,
observer s'ils sont jeunes ou vieux, comment ils sont habillés etc. Dans ce
cas l'observation porte sur tous les indicateurs pertinents prévus. Elle a
pour support, un guide d'observation qui est construit à partir de ces
indicateurs et qui désigne les comportements à observer; mais le chercheur
enregistre directement les informations sans que n'interviennent les sujets
observés dans la production de l'information recherchée.
2. l'observation indirecte
Dans le cas de l'observation indirecte, le chercheur s'adresse au
sujet pour obtenir l'information recherchée. En répondant aux questions le
sujet intervient dans la production de l'information. Celle ci n'est pas
prélevée directement et est donc moins objective. Elle l'est d'autant que
la construction de l'information fait intervenir deux liens : la personne qui
élabore l'information et l'instrument qui en permet la collecte. Il s'agit là de
deux sources possibles de déformation et d'erreurs que le chercheur doit
contrôler pour que l'information apportée ne soit pas faussée,
volontairement ou non.
Dans l'observation indirecte, l'instrument d'observation est soit un
questionnaire soit un guide d'interview. L'un et l'autre ont pour fonction
de produire ou d'enregistrer les informations requises par les hypothèses
et prescrites par les indicateurs. (Quand on fait une enquête sur la pratique
religieuse on aura comme indicateurs les sacrements, la messe, les
pèlerinages, les grandes fêtes religieuses etc.)
Il est très conseillé de présenter le questionnaire auprès d'un
petit nombre d'individus appartenant aux diverses catégories du public
concerné par l'étude, mais si possible différents de ceux qui ont été retenus
dans l'échantillon. Ce test préalable permet souvent de détecter les

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ambiguïtés et tous les problèmes que soulèvent les réponses. Ce n'est
qu'après avoir testé et corrigé le questionnaire que l'on procédera à la
collecte des données.
B. Les trois opérations de l'observation
1) concevoir l'instrument d'observation
Comme cela a été noté précédemment, la première étape dans la
phase d'observation consiste à concevoir un instrument capable de
produire toutes les informations adéquates et nécessaires afin de tester
les hypothèses. Cet instrument sera souvent mais pas toujours un
questionnaire ou un guide d'interview. Dans ces deux cas, leur mise en
œuvre passe souvent par une pré enquête en complément de la phase
exploratoire. Pour que cet instrument donne l'information adéquate, il
doit contenir des questions portant sur chacun des indicateurs
préalablement retenus et atteindre le meilleur degré de précision dans la
formulation de ces questions. Cette précision ne s'obtenant pas du premier
coup, il est utile de tester l'instrument d'observation.
2) tester l'instrument d'observation
Le guide d'interview est le support de l'entretien tenu par
l'enquêteur. Par contre, le questionnaire est souvent destiné à la personne
interrogée qui le lit et le remplit. Il est donc important que les questions
soient claires et précises, c'est a dire formulées de telle sorte que tous les
sujets interrogés le traitent de la même manière.
Dans un questionnaire adressé à des jeunes et portant sur la pratique
du sport, se trouvait la question suivante : " Vos parents font-ils du sport ?
". Cette question parait claire et simple mais reste pourtant mal formulée et
conduit à des réponses inutilisables. Tout d'abord le mot parent manque de
précisions. S'agit du père et de la mère ; de l'une des deux personnes ; de
quelque autorité de la famille élargie etc. Ensuite que répondre si l'un des
deux fait du sport ?
Les uns répondront oui en pensant qu'il suffit que l'un des deux soit
sportif ; les autres diront non estimant que la question concerne les deux à la
fois. Ces réponses sont donc inutilisables et toute la partie de la recherche
qui tournait autour de cette question a du être abandonnée.
Sur un autre plan, il est important que le sujet interrogé soit en
mesure de répondre et qu'il ne soit pas enclin à cacher sa réponse. Pour
arriver au résultat escompté et avec le moins de dommage possible, il y a

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lieu de tester la pertinence de son outil sur un petit nombre de sujets
appartenant aux différentes catégories d'individus composant l'échantillon.
L'exercice aide à préciser les formulations obscures mais également à
élaguer les questions idéologiquement chargées (ex. de questions à
problème : "point n'est faute ni crime à aimer sa femme et autant sa voisine
" Etes vous d'accord ou pas ?
Réponse garantie : non absolu et massif des femmes dont certaines ne
verraient plus d'intérêt à poursuivre l'entretien.) L'exercice peut aider sur
un autre plan à déterminer l'ordre de succession des questions : si elles
ne peuvent être élaguées, les plus agaçantes trouveraient intérêt à figurer
vers la fin de l'entretien.
Le guide d'interview résume la façon dont l'entretien doit être
expérimenté. Le degré d'organisation et de structuration du guide dépend
de l'objectif recherché par l'enquêteur. Dans ce cas, il s'agit d'amener la
personne à se prononcer avec le maximum de liberté sur des questions
volontairement ouvertes (élargies) de manière à autoriser le traitement
d'aspects plus ou moins connexes. La structure des hypothèses et des
concepts n'est pas nécessairement présente dans le guide même s'il est
important que le chercheur les garde en ligne de mire, en trouvant le moyen
d'y ramener son interlocuteur. Il est donc important de se tester soit même
en écoutant à nouveau des passages de précédents entretiens pour
identifier les instants qui auraient du se prêter aux incursions de
l'enquêteur.
3) collecter des données
Cette troisième phase correspond à la mise en œuvre de
l'instrument d'observation. Elle consiste en la réunification effective des
informations auprès des personnes inscrites dans l'échantillon.
Lorsque l'information recherchée est directement accessible, on
procède par observation directe en tenant naturellement compte des
indications du guide d'observation : données statistiques, documents
écrits ou picturaux.
L'observation indirecte doit vaincre la résistance ou l'inertie des
personnes ce que ne saurait faire et à priori l'instrument préalablement
conçu. Autrement dit il appartient au chercheur de savoir vendre sa
marchandise car les cibles ne sont pas théoriquement et
mécaniquement hostiles aux échanges auxquels ils sont invités. Aussi il faut
éviter d'envoyer un questionnaire par la poste. A moins de la présenter

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de façon attirante et de toujours l'accompagner d'une lettre de
présentation claire, concise et motivante.
Lorsqu'on choisit d'enquêter par questionnaire un échantillon de
plusieurs centaines de personnes, il faut se garder de traiter isolément les
données collectées. C'est dire que le choix des méthodes de recueil des
données influe sur les résultats du travail ; il est donc important de définir
les méthodes de collecte et les méthodes d'analyse en tenant compte de ses
objectifs et hypothèses de travail. Autrement dit, le chercheur doit
avoir une vision globale de son travail et prévoir les modalités de
chaque étape en s'interrogeant constamment sur ses implications
ultérieures.
Dans cet ordre d'idées, le chercheur doit se préoccuper de savoir si
telle question qu'il pose va lui donner l'information et le degré de
précision dont il a besoin dans la phase ultérieure. Ou encore à quoi doit
servir cette information et comment le chercheur pourra la mesurer et la
mettre en relation avec les autres ?

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CHAP4 : EXPLICATION ET INTERPRETATIONS
DES DONNEES

Ce chapitre fait état de l’importance et le rôle de l’explication dans un


travail de recherche, mais aussi montre comment procéder à l’interprétation
des données.
SECTION 1 : L’IMPORTANCE ET LE ROLE DE L’EXPLICATION
DANS LA RECHERCHE

La finalité de la recherche c’est l’explication :


- Du monde ;
- De la nature ;
- Des phénomènes qui défient notre intelligence et ressuscitent en nous
des questionnements.
Expliquer c’est répondre à la question : pourquoi ?
Le problème est de savoir si expliquer c’est :
- Trouver les causes d’un phénomène ;
- Ou trouver des corrélations entre des phénomènes ;
Dans les sciences naturelles, l’explication consiste à trouver des liens
nécessaires entre des phénomènes c'est-à-dire si X, Y donc Z. dans les
sciences naturelles, l’explication est considérée comme l’équivalent de la
prédiction.
L’explication c’est la capacité de pouvoir prédire au travers des
lois qu’on établit, que telle chose peut se produire si telles conditions
sont réunies.
L’explication scientifique cherche simplement à relier les
phénomènes et à leur donner du sens.

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Dans le domaine des sciences sociales, les phénomènes à expliquer
et à observer sont humains, sociaux qui peuvent difficilement faire
l’objet de l’expérimentation telle qu’on la vit dans les sciences
naturelles.

SECTION 2 : L’ANALYSE DES DONNEES OU LA


CONFRONTATION DE LA THEORIE AU FAIT
En sciences sociales, il devient difficile de procéder à une explication
sous forme de prédiction ou de prévision qui repose sur des préalables
avérés comme en sciences naturelles du fait  de la nature de l’objet d’étude
qui est l’homme, ou qui est la société et qui ne peut pas être mis à l’étude
d’une chose inanimée. Cela introduit des incertitudes quant à son
comportement qui n’obéit pas à des stimulus extérieurs mais imputables à la
volonté de l’homme.
Pour une bonne explication, il faut confronter la théorie aux données.

La théorie nous fournit :


- Les moyens d’observation ;
- Les moyens d’analyse des données et ici ce sont les liens que la
théorie établit entre les concepts que nous allons confronter pour
donner du sens à cette réalité, procéder à la prédiction ;
- Les moyens d’interprétation.
La théorie nous fournit une espèce de tamis pour faire les données
et aboutir à des conclusions
Exemple : Pourquoi les négociations internationales sur les
produits de base n’aboutissent-t-elles pas à des accords de
régulation des marchés ?
Le concept de négociation internationale est le concept clé.
On va chercher dans les théories de la négociation pour déterminer la
variable essentielle qui sera utilisée pour expliquer le progrès ou l’échec de
la négociation.

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On va trouver le modèle de JOHN CROSS, qui met l’accent sur le coût
de la négociation comme élément déterminant du succès de la
négociation, ce qui incite les Acteurs à trouver une solution ;

En dehors de la négociation pour résoudre le problème des produits


de base, il existe d’autres alternatives tel le BARGAINING POWER des
Acteurs ou le pouvoir de négociation des Acteurs qui est fonction :

- de l’indépendance de l’Acteur vis-à-vis de l’objet de la négociation ;

- de la présence ou non des groupes  dans ce terrain préférentiel;

* En faisant simulations dans la théorie.

La théorie n’est pas détachée de l’explication. Il ne s’agit pas d’un


vernis, d’un édulcorant. Le modèle doit être intégré à l’explication.

SECTION 3 : LES MODES D’EXPLICATION

L’explication passe ainsi ;


- Par l’induction ;
- Par la déduction.
L’explication repose essentiellement sur la déduction.
- La déduction consiste à partir des lois générales ou généralités vers les
faits singuliers ; elle consiste à partir de la théorie, des hypothèses vers
l’Empirique, la réalité.
La déduction s’oppose à l’induction car celle-ci consiste à partir des faits
pour arriver à une espèce de lois, à partir de l’observation des faits singuliers vers
la loi qui est générale.
L’induction en tant que tel n’est pas une démarche à proscrire.
L’induction en termes statistiques a fait ses preuves et est revêtue d’un caractère
scientifique.

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L’induction cherche à rétablir une certaine régularité. La démarche
consiste à partir d’un échantillon pour faire des projections sur l’ensemble de la
population en statistiques.
La déduction est l’aspiration de toute recherche en sciences sociales parce
nous partons d’hypothèse que nous cherchons à vérifier.
L’explication passe par la THEORIE. Et cette théorie repose sur des
concepts, de propositions qui sont hiérarchisés et qui sont liés et qui nous
permettent d’arriver à la réalité.
Exemples : La théorie de la révolution sociale.
Proposition 1 : Une industrialisation rapide suscite des attentes sociales élevées.
Propositions 2: Des attentes sociales non satisfaites conduisent à la révolution.
Proposition 3 : Le Nigéria connaît une industrialisation rapide.
Proposition 4 : On peut s’attendre à une révolution populaire au Nigéria ou à
tout le moins on peut s’attendre à une instabilité politico-sociale au
Nigéria.

SECTION 4 : LES LIMITES DE L’EXPLICATIONNISME

 Avant l’explication, il y a la description ;


 La description est importante mais la recherche va au-delà de
la description.
 La description permet de cerner les contours d’un phénomène
qu’on veut étudier pour aboutir à l’explication.
L’explicationnisme peut signifier ‘’expliquer pour expliquer’’ ; pourtant
dans un travail de recherche il est important pour le candidat de suivre le
canevas rédactionnel. L’explication n’est qu’une étape de la production du
travail de recherche. Il faut donc s’appuyer sur une théorie relative à
l’explication des phénomènes ou autres faits que l’on entend relever dans
son texte.
Ceci a l’avantage de ne pas réduire son travail à une production
journalistique ou d’un amateur.

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CHAPITRE 5 : LA PRESENTATION DU
MEMOIRE OU DE LA THESE

Il s’agit à travers ce chapitre de montrer comment se présente un


travail de recherche de type mémoire ou thèse. A cet effet, il convient
d’examiner :
- Les rubriques du plan ;
- Les divisions et subdivisions du plan
- Les titres, sous-titres et intitulés des divisions ;
- Le sommaire et la table des matières ;
- Les pages en chiffres romains.

SECTION 1 : LES RUBRIQUES DU PLAN


Un mémoire est un ensemble complexe de rubriques ayant
chacune une fonction et une justification.
Liste des rubriques :
1. Préliminaires
a) Couverture
b) Page de garde
c) Page de titre

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d) Dédicace

SECTION 2 : LES DIVISIONS ET SUBDIVISIONS DU PLAN


Les divisions du plan d’un travail peuvent se présenter ainsi qu’il suit :
1) PREMIERE PARTIE, DEUXIEMME PARTIE, etc.
2) Titre premier, Titre II, Titre III, etc.
3) Chapitre 1, Chapitre 2, Chapitre 3, etc.
4) Section I, Section II, Section II,etc.
5) I.-, II.-, III.-, IV.-, etc.
6) A-, B-, C-, etc.
7) 1.-, 2.-, 3.-, 4.-, etc.
8) a), b), c), etc.
9) Sous section I
10) Sous section II
P1
P2
Exemple :
PREMIERE PARTIE : LES DEPENSES DES FAMILLES
CHAPITRE PREMIER : Les caractères généraux de la dépense
Section I : La structure des dépenses
Section 2 : La répartition des dépenses dans le temps

CHAPITRE II : Les cas particuliers de dépense


Section I : Les dépenses à caractères ostentatoire ou
cérémoniel
Section 2 : Les utilisations nouvelles de revenus croissants
DEUXIEME PARTIE : RESSOURCES ET
SATISFACTION DES BESOINS etc.

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- NB : Chaque partie est introduite par un chapeau et précède le
premier chapitre qui va suivre
- ce que vous annoncez doit être ce vous faîtes dans le travail
- chaque chapitre commence toujours sur une nouvelle page parce
que le chapitre est un élément essentiel à l’intérieur d’un travail de
recherche
- privilégiez l’esthétique dans l’ordonnancement et équilibrez son
travail. Toutes les parties doivent avoir la même longueur moyenne
arrêtée.
Exemple : Une quarantaine de pages par chapitre ; une vingtaine par
section.
- La taille des caractères : Arial ou Times New Roman
- Le problème des interlignes : 2ou 1,5 dans les travaux de
recherche, le choix de 2 c’est pour faire des pages un peu plus pleines.
AUTRES RECETTES :
 le plan de travail peut inspirer le plan de rédaction ;
 le plan de travail est généralement assorti d’un calendrier ;
 assurer une bonne présentation des fiches de lecture :
- nom de l’auteur
- résumé de l’ensemble de l’ouvrage
- pages et citations bien notées et rangées

SECTION 3 : TITRES, SOUS-TITRES ET INTITULES DES


DIVISIONS
La formulation du titre est une préoccupation essentielle des chercheurs.
Le titre désigne le sujet traité. Il en est la vitrine ; il évoque intelligiblement
son contenu.

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Le titre définitif sera fixé après la rédaction complète du travail de
recherche ; une solide réflexion s’imposera à ce moment pour tenter de
pressentir et prévenir le reproche d’une mauvaise adéquation entre le
titre et le contenu réel du travail. Néanmoins, un titre provisoire est
nécessaire dès le début de votre recherche.
A. Titre et Sous-titre
Les titres possibles sont infiniment divers dans leur structure et dans leur
forme. Ils sont parfois accompagnés d’un sous-titre explicatif ou justificatif.
Le titre peut alors être bref ; le sous-titre plus long apportant des précisions
sur le problème central, la méthodologie, la perspective de l’étude ou la
période concernée, etc.
Exemple : Section 1 : Les risques du recours au règlement judiciaire
A. Le traumatisme de la première expérience devant la
C.I.J : l’affaire
du Cameroun Septentrional.

B. Les intitulés
Le contenu du développement doit être en parfaite adéquation avec
son intitulé. Les titres et sous-titres doivent non seulement bien refléter les
contenus, mais aussi dégager une certaine harmonie générale en respectant
des équilibres de fond et de forme.
Les qualités d’un bon intitulé :
- L’intitulé doit être clair ;
- L’intitulé doit être représentatif du contenu de la subdivision ;
- La forme des intitulés des chapitres, sections au sein d’un chapitre,
etc. doit être relativement homogène ;
- Les titres extrêmement longs et confus sont inopportuns.
-
SECTION 4 : LE SOMMAIRE ET LA TABLE DES MATIERES

LE SOMMAIRE est bref, donc synthétique ; il présente la structure générale


de l’étude en une page bien composée
TABLE DES MATIERES présente dans le détail toutes les articulations
du mémoire ou de la thèse. Elle se place normalement à la fin du travail.
Exceptionnellement elle peut se mettre à la place du sommaire dans les travaux
en langue anglaise. Elle doit être le plus exhaustif possible.

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Le tableau ci-dessous présente une forme classique de présentation des
différentes rubriques du mémoire
Page
PAGE DE
GARDE…………………………………………………………… ii
…………………………….................
DEDICACE
……………………………………………………………………… i
…………………...
EPIGRAPHE(Eventuellement)
……………………………………………………………………… iii
……………...
REMERCIEMENTS
……………………………………………………………………… iv
…………………………….
LISTE DES SIGLES ET ABREVIATIONS
……………………………………………………………………… v
……
LISTE DES TABLEAUX
……………………………………………………………………… vi
……………………
LISTE DES
FIGURES………………………………………………………… vii
…………
RESUME /ABSTRACT
……………………………………………………………………… viii
…………………………………

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SOMMAIRE.
……………………………………………………………………… ix
………………………..……….................
INTRODUCTION
GENERALE……………………………………………………… 1
….................
PARTIE I :
…………………………………………………………
…………………………………………….
Chapitre 1 : ………………………………..
………………………………………………………
……………
Section 1 :
………………………………………………………
…………………………………..
A
………………………………………………………
……………………………..
B
………………………………………………………
……………………………..
Section 2 :
………………………………………………………
…………………………………..
A
………………………………………………………
……………………………..
B
………………………………………………………

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……………………………..
Chapitre 2 :
………………………………………………………………………
………..………………………
Section 1 :
………………………………………………………
…………………………………..
A
………………………………………………………
……………………………..
B
………………………………………………………
……………………………..
Section 2 :
………………………………………………………
…………………………………..
A
………………………………………………………
……………………………..
B
………………………………………………………
……………………………..
PARTIE II ……………………………………..
Chapitre 3 : ………………………………………….
…………………………………………………………..
Chapitre 4 : ………………………………………….
…………………………………………………………..
CONCLUSION

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GENERALE……………………………………………
…………………………………...
BIBLIOGRAPHIE………………………………………………
……………………………………………..
ANNEXES…………………………………………………………
…………………………..
INDEX (Eventuellement)
…………………………………………………………
………………
TABLE DES
MATIERES……………………………………………
…………………………………………

SECTION 5 : LES ANNEXES

Les annexes comprennent des textes fidèlement reproduits ou des


notes spécialement rédigées par l’auteur, les uns et les autres venant en
complément au texte principal.
Les annexes sont paginées à la suite de la bibliographie en chiffre arabes.
Il est conseillé d’introduire les annexes par une liste de celles-ci.

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CHAPITRE 6 : LES REGLES DE LA
PRESENTATION BIBLIOGRAPHIQUE

Dans ce chapitre nous voulons montrer à l’étudiant l’utilité des notes de bas
de page, et la nécessité à respecter les règles de présentation de la
bibliographie.

SECTION 1 : UTILITE ET CIRCONSTANCES DE L’UTILISATION


DES NOTES DE BAS DE PAGE

La note de bas de page permet l’identification des sources


d’information : ça peut être un ouvrage, une revue, une source orale ou
iconographique. Les sources c’est l’ensemble des documents d’où sont
tirées les infos.

- La note de bas de page permet aussi de fournir une explication qui


alourdirait le texte principal, mais qui est nécessaire : c’est une NOTE
XPLICATIVE ;

- Elle vise le renvoi à des parties du texte ;

- Elle vise l’introduction des traductions de passage emprunté à d’autres


langues ;

- Elle consiste à positionner des citations renforçant une idée développée


dans le texte.

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- Tous les concepts utilisés n’ont pas besoin d’être référencés en bas
de page.

- Il faut faire un usage modéré des NOTES DE BAS DE PAGE ;

 SECTION 2 : PRESENTATION DES NOTES DE BAS DE PAGE


Il faut être méthodique et méticuleux dans la présentation des notes de
bas de page :
 S’agissant des ouvrages, il existe une difference entre la présentation
des ouvrages en Note de BAS de page et leur présentation en
BIBLIOGRAPHIE.
En note de bas de page on aura :

(1) Michel BEAUD , L’art de la thèse, ville de parution,


maison d’édition, année de parution, page.
 (Le lieu de parution est facultatif dans le cas des notes de bas de
page.)
On résume l’ordre ainsi, cet ordre est celui de l’IRIC :
 prénom, nom, titre, lieu de parution, maison d’édition, l’année, la
ou les page(s).
 S’agissant des articles :
 prénom ou initiales, nom, « titre de l’article en caractères droits»,
titre de la revue en italique, numéro, l’année, la page de la
référence
 Pour les contributions dans les ouvrages collectifs :
 prénom, nom « Titre du chapitre en caractères droits», prénom nom
de l’éditeur (s), titre de l’ouvrage en italique, lieu de parution,
maison d’édition, année, page.
Exemple d’un ouvrage collectif :

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Maurice KAMTO, Jean Emmanuel PONDI, Laurent ZANG, L’OUA
Rétrospectives et perspectives africaines, Paris, ECONONICA, 1990.
Exemple de citation d’une contribution :
Camille NKOA ATENGA « Défense Africaine »,Maurice KAMTO, JE
PONDI, Laurent ZANG, L’OUA Rétrospectives et perspectives africaines,
Paris, ECONONICA,1990,p.
 Pour ce qui est des documents, indiquer la source, le titre,
l’Edition, l’Année et la page
Exemple : ONU, Titre du document, édition (maison d’édition), année,
page
CAS DES RENVOIS :
 sur une même page, on cite le même Auteur et le même ouvrage
(1)M. BEAUD, Titre, Maison d’Edition, année, page
(2)Ibid
 Sur des pages différentes, on cite le même ouvrage 
(3)M. BEAUD, op cit page 10
 Sur la même page, on a 3 Auteurs :
(1)M. BEAUD, Titre, Edition, année, page
(2)FRAGNIERE
(3)M. BEAUD, Op Cit
 sur la même page, on a plusieurs ouvrages d’un même Auteur :
(1)M. GRAWITZ, Méthodes des Sciences Sociales, édition, année,
page
(2)M. GRAWITZ, Lexique des Sciences Sociales, édition, année,
page
(3)M. GRAWITZ, Titre (si on cite Méthodes, le titre seul ou 1 ère
partie du Titre s’il est très long)

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SECTION 3 : LE CONTENU DE LA BIBLIOGRAPHIE ET SA
PRESENTATION
A- LE CONTENU ET LA PRESENTATION DE LA
BIBLIOGRAPHIE
La BIBLIOGRAPHIE est le socle sur lequel repose le
travail scientifique. C’est à partir d’elle que le chercheur développera sa
démarche. Elle se construit à partir d’un lieu précis : une BIBLIOTHEQUE.

La BIBLIOGRAPHIE comprend :

*OUVRAGE GENERAUX ET SPECIFIQUES

*ARTICLES :

*DOCUMENTS OFFICIELS ;

*DOCUMENT SONORES ;

*REFERENCES INFORMATISEES ;

*MEMOIRES, THESES, RAPPORTS QUI ONT TRAITE DU SUJET


EN QUESTION.

- Pour construire sa bibliographie, on part toujours d’un THEME ;

- Dans notre sujet, toujours identifier les concepts-clés qui vous


conduirons dans des FICHIERS THEMATIQUES, FICHES MATIERES.

Sur INTERNET, il faut aller dans des sites Spécialisés, des Sites
Universitaires consacrés à la recherche.

B-LA PRESENTATION DE LA BIBLIOGRAPHIE.

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1) OUVRAGES et AUTRES REFERENCES sont classés par ordre
alphabétique des noms d’Auteurs, lesquels sont écrits en lettres majuscules
et des titres d’ouvrages.

2) Ensuite le(s) prénom(s) de l’Auteur : noms et prénoms sont séparés par une
virgule, idem pour la suite ;

3) Vient le titre de l’ouvrage qui sera en italiques ;

4) Suit la ou les ville(s) de parution de l’ouvrage, ville dans laquelle l’ouvrage


a été imprimé.

5) Suit la maison d’édition : édition clé, édition Nathan, Dalloz,

6) Puis la Collection.

7) Suit l’année de publication

8) Enfin, le nombre de pages

NB : S’il se trouve que le candidat voudrait porter à la bibliographie plusieurs


publications d’un même auteur, la présentation suivante est recommandée sur la
même page:
(1)M. GRAWITZ, Méthodes des Sciences Sociales, édition, année,
pages
(2)__________, Lexique des Sciences Sociales, édition, année,
pages
(3)__________, le dernier Titre de l’ouvrage en question, édition,
année, pages

S’AGISSANT D’UN ARTICLE :

 Nom, Prénom, Titre de l’article entre guillemets, la Revue précédé de in


(Exemple : in JURIDIS, in Finances et Développement), le numéro de la
Revue, l’année ou la date de parution, pages auxquelles apparaît
l’Article en question.

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- S’AGISSANT DES CONTRIBUTIONS DES AUTEU RS A DES
OUVRAGES COLLECTIFS :

Idem, cependant, au niveau du titre de l’ouvrage (Revue), il faut :

 Nom de l’Auteur + prénom, Titre de la contribution entre guillemets, Titre


de l’ouvrage, Ville de parution, Maison d’édition, Année de publication,
Pages dans lesquelles apparaît l’article. In + titre ouvrage + nom de
l’édition (direction de collection)

- S’AGISSANT DES OUVRAGES PUBLIES PAR LES ONG ou


AUTRES ORGANISATIONS INTERNATIONALES:

 Titre de l’ouvrage précédé du nom de l’organisation internationale, Ville de


parution, Mais, un ouvrage sans Auteur sera classé dans l’ordre
alphabétique.

NB : Les ouvrages sont classés par ordre alphabétique des noms
des Auteurs
 Article(s) :
Nom, prénom « entre » Titre de la revue, Vol, n°, année, pp5-2
 Ouvrages collectifs de plus de 3 Auteurs :
Nom, prénom et al : qui signifie et les autres
 ouvrages collectifs dirigés par un auteur :
Nom, prénom ed = editor ou direction ou SD, c'est-à-dire sous la direction
de :
 cas de titre avec ou sous-titre :
Indiquer les deux en mettant le sous-titre entre parenthèses et toujours
souligner
 cas d’ouvrages de plusieurs tomes :

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Indiquer avec précision les différents Tomes en question et préciser
l’année.
 l’auteur revient plusieurs fois dans une bibliographie :
Nom, prénom, titre 1, titre 2, titre 3, titre…..
 Ouvrages sans lieu :
Indiquer à la place du lieu la mention S.L (sans lieu)
 Ouvrages sans date :
À la place de la date, SD (sans date)
 Pour les encyclopédies universalis :
Lieu, édition, année ; tomes
 Pour les articles :
Classer les articles suivant l’ordre alphabétiques :
Nom, prénom, « titre » : titre de la revue, vol, n°, année, pp

SECTION 4 : PLAN DE PRESENTATION DE LA BIBLIOGRAPHIE


La bibliographie ne se classe pas dans le désordre ; il est recommandé de
suivre l’ordre suivant en fonction des documents dont on s’est effectivement
servi ou qui pourraient être utiles à d’autres chercheurs:
I- Ouvrages Généraux
II- Ouvrages Spécialisés
III- Articles de Revue Scientifique et Contributions d’ouvrages.
IV- Travaux Universitaires : Thèses, Mémoires et Rapports de
Stage
V- Communications et Travaux de Recherche :
- Actes de colloque
- Actes de Séminaires
- Actes de Journées Scientifiques
- Working Papers

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- Cours
VI- Dictionnaires et Encyclopédies
VII- Articles de presse
VIII- Textes Officiels
- Textes internationaux
 Traités
 Accords
 Conventions
- Textes Domestiques /Nationaux
 Constitution
 Lois
 Ordonnances
 Décrets
 Arrêtés
 Instructions
 Notes de service
 Mesures Individuelles
IX- Sources Internet/Webographiques
X- Sources Orales

N Noms et Statut Fonction Ag Date de Fréquence Substance


° prénoms social e rencontre de rencontre de
l’entretien
1
2
3

SECTION 5 : OU SITUER LA BIBLIOGRAPHIE ?

COURS DE METHODE DE RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES Page 80


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C’est un problème d’Ecole, de chapelle. Socle sur lequel repose le
travail scientifique, la BIBLIOGRAPHIE se situe généralement après la
conclusion générale.
- les annexes viennent après la bibliographie
- il est suggéré d’avoir un fascicule différent qui reprend les
annexes du travail, puis, suit enfin la Table des matières qui doit
recenser tout ce que contient le travail de recherche

SECTION 6 : LA CONCLUSION GENERALE

C’est l’aboutissement, le dénouement, la révélation incontestable


appuyée sur les analyses serrées du développement. A la limite, pourtant,
elle est inutile ; si la démonstration est bien menée, les conclusions
partielles apparaissent en leur temps et la conclusion générale émerge dans
les démonstrations finales, c'est-à-dire à la fin de la dernière partie. Donc
conclure ne peut se justifier que dans le souci didactique de rassembler des
résultats ou d’énoncer, de façon concise et logique, un ensemble de
déduction.
S’il le faut, ces dernières seront nuancées, reflétant vos doutes ou des
questions que vous vous posez encore, ce qui peut annoncer une
‘’ouverture’’ sur une autre étude. Il serait éludé de penser comme certains
étudiants que la conclusion est le lieu où on relève ce qu’on n’a pas pu dire
dans le développement. Aussi, les déclarations qui en ressortent ici doivent
refléter ce qui a été soulevé tout au long de notre argumentaire.

COURS DE METHODE DE RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES Page 81


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BIBLIOGRAPHIE INDICATIVE

BACHELARD Gaston, La formation de l’esprit scientifique, Paris, J. Vrin, Librairie


philosophique, 1965.

BEAUD Michel, l’art de la thèse, Paris, La Découverte, 2000, 202p.

BOURDIEU Pierre, CHAMBOREDON Jean-Claude, PASSERON Jean-Claude, Le métier de


sociologue, 2ème édition, Paris, Mouton, 1973, 357p.

BRAILLARD Philippe, Philosophie et relations internationales, Genève, Institut Universitaire


de Hautes Etudes Internationales, 1974, 126p.

COURS DE METHODE DE RECHERCHE EN SCIENCES SOCIALES Page 82


Dispensé par Pr.Laurent ZANG Assisté de Dr Georges ETOA, Dr Honore ABRAHAM et Rane ZOULICKA
DURKHEIM Emile, Les règles de la méthode sociologique, Quadrige/PUF, Paris, 2007, 13 éd.
(1ère éd, 1937).

Fragnière Jean-Pierre., Comment réussir un mémoire, Paris, Dunod, 2009.


GRAWITZ Madeleine, Méthodes des sciences sociales, 11 éd., Paris, Dalloz, 2001, 1019p.

MACCIO Charles, Savoir écrire un livre, un rapport, un mémoire, 5ème éd., Lyon, Chronique
Sociale, 2007, 179p.

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ROUVEYRAN Jean-Claude, Le guide de la thèse, le guide du mémoire, Paris, Maisonneuve et


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AVERTISSEMENT :

CE COURS EST LA PREMIERE EPURE D’UN


OUVRAGE QUI SERA BIENTOT PUBLIE SUR LA
METHODE DE RECHERCHE EN SCIENCES

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Dispensé par Pr.Laurent ZANG Assisté de Dr Georges ETOA, Dr Honore ABRAHAM et Rane ZOULICKA
SOCIALES. LES ETUDIANTS SONT PRIES DE
NE PAS LE CITER.

PR LAURENT ZANG

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