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Comment se forment les prix sur un marché ?

Fiche

Les biens et les services s'échangent sur un marché, qui confronte l'offre proposée par les entreprises et la demande
exprimée par les ménages ou d'autres entreprises. Un marché peut prendre des formes variées, soit physiques (marché
local hebdomadaire, grandes surfaces ou petits commerces, poste de péage, etc.) soit virtuelles (commandes par Internet ou
par téléphone, petites annonces, etc.). On parle ainsi du marché des voitures d'occasion, des fruits et légumes, des œuvres
d'art, mais aussi du marché des actions ou des assurances vie, ou encore du marché du pétrole ou de celui du soutien
scolaire. Dans tous les cas, un marché met en relation des offreurs et des demandeurs, dont les intérêts sont divergents.
L'offreur a intérêt à vendre cher (pour maximiser ses recettes), alors que le demandeur a intérêt à acheter bon marché
(pour pouvoir consommer plus). En situation de concurrence, le compromis entre ces intérêts divergents se réalise par
l'intermédiaire du prix.

I. La demande d'un bien, une fonction décroissante du prix


• Dans la plupart des cas, la demande d'un bien ou d'un service varie en fonction décroissante du prix : plus le prix est élevé,
plus la demande est faible, plus le prix est bas, plus la demande est forte. Les variations de prix d'une période à une autre peuvent
modifier les comportements de demande : une hausse de prix dissuade les achats ; une baisse des prix, au contraire, est incitative à
l'achat.

• Il faut évidemment tenir compte du fait que chaque acheteur possède ses critères personnels de jugement sur les prix, en fonction de
l'intensité du besoin ressenti. Cela détermine des seuils de déclenchement ou d'abandon de l'achat qui peuvent être très différents d'un
demandeur à un autre.

• L'ensemble des comportements des demandeurs, additionnés, permet de tracer la courbe de demande.

• Cette courbe, dans la réalité, peut avoir des profils très différents : la demande des biens de première nécessité, ceux dont le
consommateur ne peut se passer, est dite inélastique, c'est-à-dire qu'elle est peu sensible aux variations de prix : une hausse de prix
ne se traduira que par une faible baisse des quantités demandées. À l'inverse, la demande de biens et services de seconde nécessité est
généralement plus élastique : une hausse de prix entraînera une baisse sensible de la quantité demandée.
Exercice n°1

Exercice n°2

II. L'offre d'un bien, une fonction croissante du prix


• L'offre d'un bien ou d'un service est généralement une fonction croissante du prix. En effet, les producteurs cherchent à maximiser
leur profit, qui résulte de la différence entre le prix de vente et le coût global du produit (profit = prix de vente – coût global).

Lorsque le prix sur le marché augmente, le profit s'accroît, ce qui incite les vendeurs à augmenter les quantités offertes pour maximiser
le profit total. Par ailleurs, lorsque le prix augmente, des offreurs qui n'étaient pas rentables au prix antérieur le deviennent et viennent
s'ajouter à l'offre en la faisant augmenter. À l'inverse, une baisse des prix de vente incite certains producteurs (ceux dont les coûts sont
les plus élevés) à se retirer du marché parce qu'ils ne sont plus rentables, ce qui fait diminuer l'offre.

• Ces comportements des offreurs, lorsqu'ils s'additionnent, permettent de dessiner la courbe d'offre.
• Sur certains marchés (produits demandant un long temps d'élaboration), les changements de comportement des offreurs peuvent
cependant prendre du temps (arbres fruitiers par exemple) et demander des délais d'ajustement. Pendant ces périodes d'ajustement, on
peut alors considérer que l'offre est rigide.

Exercice n°3

III. Le prix d'équilibre, point de rencontre entre les courbes d'offre et de demande
• Sur un marché où les offreurs sont en concurrence et où les demandeurs sont nombreux, le prix se fixe au point de rencontre entre
la courbe de demande et la courbe d'offre : on dit alors que le marché a atteint son prix d'équilibre et sa quantité d'équilibre.

• On appelle prix d'équilibre le niveau de prix qui égalise les quantités demandées et offertes du bien, prix qui se situe au point
d'intersection des deux courbes. Au-dessus de ce prix, l'offre est excédentaire par rapport à la demande et une partie de la production
ne trouve pas preneur. En dessous, il y a un afflux d'acheteurs et l'offre est insuffisante pour satisfaire toute la demande, il y a pénurie
du bien ou du service.
• Le fonctionnement du marché décrit ci-dessus et la détermination du prix par la rencontre de l'offre et de la demande supposent des
conditions générales qui ne sont pas toujours réunies dans les situations concrètes. Pour que cette loi de l'offre et la demande
permette effectivement la fixation d'un prix qui amène le marché à l'équilibre, il y a, en particulier, des conditions de libre concurrence
et de non-entente entre les offreurs. La situation particulière du monopole, dans laquelle les demandeurs se retrouvent face à un seul
offreur, conduit à un prix supérieur à celui que donnerait un marché concurrentiel. Entre le marché concurrentiel (un grand nombre
d'offreurs) et le monopole (un seul offreur), il est aujourd'hui fréquent de trouver des marchés dits oligopolistiques, sur lesquels
intervient un petit nombre d'offreurs (cas de la téléphonie mobile, par exemple, ou de la construction automobile).

Exercice n°4

IV. L'effet sur le prix d'une intervention de l'État


• La puissance publique peut être amenée à intervenir sur un marché pour des raisons multiples. Elle peut, par exemple, souhaiter
encourager, en phase de démarrage, le développement de nouvelles entreprises produisant des biens dont l'ensemble de la population
profitera parce qu'ils sont moins polluants ou moins dangereux que ceux qu'ils remplacent (voitures sans émissions de CO2, produits
agricoles « bio » n'utilisant pas de pesticides, etc.). Pour cela, il peut souhaiter verser à ces entreprises des subventions publiques.

• À l'inverse, l'État peut vouloir décourager la consommation et la production de certains biens, dont il estime qu'ils engendrent des
externalités négatives, des effets néfastes pour l'ensemble de la société, par exemple la pollution, la destruction du milieu naturel ou
le bruit. Dans ce cas, il peut instituer des taxes, pour tenter de dissuader les consommateurs de choisir ces biens. Dans les deux cas,
l'intervention de l'État va influencer la fixation du prix sur le marché.

• Le versement d'une subvention à une entreprise, développant par exemple une énergie « propre », va avoir comme conséquence
d'abaisser le coût de production total de l'entreprise, ce qui lui permet de baisser son prix de vente sur le marché et d'être plus
concurrentielle vis-à-vis des autres entreprises. Elle peut espérer, en raison de cette baisse de prix, capter de nouvelles demandes et
conquérir une part de marché plus importante. Globalement, on peut s'attendre à voir la demande du bien augmenter à la suite de la
baisse de son prix.

• Dans le cas de l'instauration d'une taxe sur un produit polluant, l'effet est inverse : la taxe renchérit le prix du produit en déplaçant
une partie de la demande vers les produits concurrents. La demande du produit polluant diminuant, les offreurs vont devoir diminuer
la production pour revenir à une position d'équilibre des quantités demandées et offertes.

Exercice n°5

Exercice n°6
Exercices
Exercice 1

Parmi les trois graphiques suivants, quel est celui qui représente la courbe de demande ?
Cochez la (ou les) bonne(s) réponse(s).

le graphique a

le graphique b

le graphique c

Exercice 2

On dit que la demande d'un bien est inélastique par rapport au prix quand :

Cochez la bonne réponse.

la demande ne varie pas (ou peu) quand le prix augmente ou diminue

la demande varie très fortement lorsque le prix augmente ou diminue

la demande varie dans les mêmes proportions que le prix

Exercice 3

La courbe d'offre est :

Cochez la bonne réponse.

une fonction décroissante du prix

une fonction croissante du prix

une fonction constante du prix


Exercice 4

Parmi les propositions suivantes, lesquelles sont vraies ?

Cochez la (ou les) bonne(s) réponse(s).

Un marché comportant deux producteurs est un oligopole.

Un monopole a, en général, des prix moins élevés qu'un marché concurrentiel.

Le point de rencontre des courbes d'offre et de demande détermine un prix définitif.

La loi de l'offre et la demande est votée par le Parlement.

Quand l'offre est excédentaire par rapport à la demande, le prix baisse.

Exercice 5

L'instauration d'une taxe carbone :

Cochez la bonne réponse.

accroît les recettes de l'État mais ne modifie pas les comportements des consommateurs

diminue les recettes de l'État mais modifie les comportements des consommateurs

accroît les recettes de l'État et modifie les comportements des consommateurs

Exercice 6

Dans la liste suivante, quelles sont les externalités négatives ?

Cochez la (ou les) bonne(s) réponse(s).

la création d'un espace vert à la place d'un site industriel à l'abandon

la corrosion des carrosseries de voitures au voisinage d'une usine rejetant des produits chimiques

les maladies contractées par les non-fumeurs fréquentant des fumeurs

le bruit subi par les personnes vivant au voisinage d'un aéroport

l'installation par une municipalité de décorations florales sur la voirie


Correction
Exercice n°1
le graphique b

Exercice n°2
la demande ne varie pas (ou peu) quand le prix augmente ou diminue

Exercice n°3
une fonction croissante du prix

Exercice n°4
1. Un marché comportant deux producteurs est un oligopole.
2. Quand l'offre est excédentaire par rapport à la demande, le prix baisse.

Exercice n°5
accroît les recettes de l'État et modifie les comportements des consommateurs

Exercice n°6
1. la corrosion des carrosseries de voitures au voisinage d'une usine rejetant des produits chimiques
2. les maladies contractées par les non-fumeurs fréquentant des fumeurs
3. le bruit subi par les personnes vivant au voisinage d'un aéroport

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