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LES ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013

ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 ÉPARGNE & INVESTISSEMENT Assurance , les nouveaux
ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 ÉPARGNE & INVESTISSEMENT Assurance , les nouveaux

ÉPARGNE & INVESTISSEMENT

ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 ÉPARGNE & INVESTISSEMENT Assurance , les nouveaux

Assurance, les nouveaux défis

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Spécial Assurance

LES ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013

ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 BILLET Salima Marzak s.marzak@leseco.ma Un secteur
ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 BILLET Salima Marzak s.marzak@leseco.ma Un secteur
ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 BILLET Salima Marzak s.marzak@leseco.ma Un secteur

BILLET

ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 BILLET Salima Marzak s.marzak@leseco.ma Un secteur résilient C

Salima Marzak s.marzak@leseco.ma

Un secteur résilient

C ompte tenu des effets de crise qui continuent de planer sur la sphère éco- nomique et financière à

l'échelle mondiale, le secteur des as- surances au Maroc fait preuve d'une forte résilience avec une améliora- tion du chiffre d'affaires du secteur de 8,9% en 2012. Toutefois, le taux de pénétration (la part des primes dans le PIB) de 3,1% reste faible, lais- sant entrevoir un gros potentiel de développement. À titre d'exemple, le taux de pénétration du secteur des assurances en France est estimé à 7% du PIB. Dans le contexte de crise de liquidités actuel, ce secteur peut jouer un rôle crucial dans la collecte de l'épargne intérieure et de son acheminement vers le financement des besoins de l'économie. Il est donc normal que les pouvoirs pu- blics aient eu la volonté de dévelop- per davantage le secteur à travers la signature d'un contrat-programme en 2011. L'entrée en vigueur de l'obligation d'un certain nombre d'assurances (RC Habitation et au- tres, RC, la tous risques chantier, RC Décennale, etc.) et la mise en place

d'un certain nombre de mécanismes (assurance santé des indépendants,

assurance des biens et de la respon-

sabilité de l'État

permettront de

doubler le chiffre d'affaires du sec- teur à fin 2015. Plus important en- core sont les objectifs fixés de créa- tion d'emplois - directs et indirects - ou le financement de l'économie par le placement de 200 MMDH. Sur ce dernier point, les assurances devront faire preuve de vigilance et de pru- dence dans un contexte boursier mo- rose depuis près de 2 ans. Compte tenu du peu d'opportunités qu'offre le marché financier marocain, une stratégie défensive basée sur une

plus grande exposition sur les pro- duits de taux, tels que les émissions du Trésor, est recommandée. Ces derniers se faisant à de meilleurs taux, ils compensent les moins-va-

lues réalisées sur les actions

tendant des jours meilleurs.

en at-

)

Les nouveaux défis de l’assurance

Le secteur recèle un potentiel de développement important mais devrait également faire face à de nombreux défis.

L e secteur des assurances au Maroc est considéré comme étant le marché «le plus mature» au Maghreb selon l'agence de notation internationale

Standard and Poor's. Celui ci compte 17 com- pagnies d’assurance dont 2 sont des mu- tuelles et une compagnie de réassurance. De- puis quelques années, le secteur de l’assurance au Maroc ne cesse de croître et prendre de l’ampleur, tant par le chiffre d’af- faires qu’il réalise que les sommes qu’il place sur les marchés financiers. Ainsi les revenus du secteur se sont situés à 26 MMDH en 2012, en hausse de 8,9% sur un an. Pour en arriver à ce niveau de maturité, le secteur de l’assu- rance au Maroc a connu de profondes muta- tions, notamment la libéralisation des prix à partir de 2006, la mise en place de l’assu- rance maladie obligatoire, le renforcement des règles prudentielles, un mouvement de concentration assez important (le nombre des entreprises d’assurance est passé de 23 en 1990 à 17 au terme de 2012), mais aussi le contrat-programme, signé en 2011 entre le gouvernement et les principaux acteurs. Avec le projet de rendre certaines assurances obli- gatoires, ce contrat-programme a l’ambition de doubler le chiffre d’affaires du secteur à l’horizon 2015.

le chiffre d’affaires du secteur à l’horizon 2015. l’installation des nouvelles équipes », explique à cet

l’installation des nouvelles équipes», explique à cet effet l’adjoint au directeur des assu- rances et de la prévoyance sociale. Néan- moins et depuis la signature de ce contrat- programme, plusieurs mesures sont entrées en vigueur. Les premiers bénéfices du contrat-programme vont bientôt voir le jour avec l’obligation d’assurance «tous risques chantier» et «responsabilité civile décen- nale». D’autres mesures sont prévues et se- ront entamées durant l’année 2013. Elles concernent d’abord l’instauration de l’obliga- tion d’assurance responsabilité civile pour les établissements recevant du public, l’amélio- ration des procédures d’expertise médicale et la normalisation des pratiques relatives à l’in- demnisation des victimes, l’encouragement du financement des priorités économiques, le chantier de l’assurance maladie et le renfor- cement de la formation du secteur.

Marchés plus volatiles.

Parailleurs,lesentreprisesd’assurancessontl’ins-

trument par excellence de collecte de l’épargne nationale. L’épargne collectée irrigue ainsi l’éco- nomie nationale par le biais de l’investissement dansdifférentssecteursd’activité.Lesplacements des entreprises d’assurances se sont élevés à 109,1 MMDH en 2012, apportant à ces dernières un complément de bénéfice. Toutefois, avec environ 15% de baisse, les marchés boursiers engendrent une volatilité des revenus financiers des compa- gnies d’assurance. Certes, «L’ensemble des entre- prises d’assurance dispose de matelas de plus-va- lues latentes leur permettant de faire face à des baisses conjoncturelles», comme l’a souligné aux ÉCO, le directeur de la Fédération marocaine des sociétés d'assurances et de réassurance, «mais nous ne sommes plus face à un élément conjoncturel car la baisse s’est installée dans la durée». La baisse dure depuis 3 années et la reprise des marchés

Un contrat-programme qui traîne. Sur les 75 mesures que compte le contrat-pro- gramme, certaines sont en vigueur mais bien d'autres attendent. L'implémentation a dû être légèrement ralentie à cause de l'arrivée du nouveau gouvernement qui a préféré prendre le temps de connaître le dossier. «Eu égard aux changements qu’ont connus les dif- férents départements avec la nomination du nouveau gouvernement, les discussions ont été momentanément interrompues en attendant

Le secteur en chiffres

• Deuxième marché en Afrique après l’Afrique du Sud, le secteur marocain des assurances a réalisé en 2012 un chiffre d’af- faires de 26MMDH avec une progression de 8,9% par rapport à 2011.

• La répartition des primes émises par catégories et branches montre que la branche non vie continue d'occuper une place prépondérante, soit 65,56%.

• Néanmoins, l’assurance vie progresse plus vite. Ainsi, en 2012, la progression des assurances «vie et capitalisation» a été de 14,7% (contre +6,1% pour la non vie).

• Après l’important processus de concentration qu’a connu le secteur depuis le début de cette décennie, le nombre d’ac- teurs s’est considérablement réduit à 17 entreprises.

• Le réseau de distribution compte près de 1.106 agents d’assurances et 366 courtiers.

• Aux côtés de ce réseau de distribution classique, les banques et les bureaux de poste affichent une contribution qui ne cesse de progresser (4.898 agences).

• A noter que la plupart des entreprises d’assurances ont des participations croisées avec des banques.

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Spécial Assurance

INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 21 Spécial Assurance tarde à venir, ce qui va continuer

tarde à venir, ce qui va continuer à peser sur le résultat financier des compagnies d’assu-

rance.Cesdernièresn’ontaujourd’huid’au-

tre choix que de concentrer leurs efforts sur la partie haute du compte de résultat, à sa- voir leur cœur de métier. Toutefois, dans le sillage du chiffre d’affaires, les charges des compagnies d’assurance ont également connu une progression significative sur les dernières années. Les prestations et frais payés ont ainsi atteint, au titre de l’année 2012, 15,2 MMDH contre 13,6 MMDH une année auparavant, soit une progression de 11,3% en une année. Pour la fédération, le dénouement serait que les compagnies soient plus regardantes sur la tarification de leurs produits et sur le contenu des garan- ties car «l’équilibre financier doit être avant tout recherché au niveau de leur activité». Dans ce sens, le ratio combiné doit être tou- jours inférieur à 100%. La révision de la ta- rification par les compagnies ne sera pas chose aisée, eu égard au caractère très concurrentiel du marché des assurances. Dans ce contexte, l’augmentation tarifaire doit demeurer un dernier recours.

l’augmentation tarifaire doit demeurer un dernier recours. Nouvelle phase de croissance Un nouveau venu devrait

Nouvelle phase de croissance Un nouveau venu devrait également perturber l’activité du secteur, à savoir le projet relatif à la finance islamique qui prévoit la création de compagnies d’assurance spécialisées dans le Taka- ful. Pour cause : l’importance de l’inves- tissement que pourrait générer cette

spécialisation risque de dissuader bon nombre de compagnies nationales à in- vestir ce créneau, qui présente pourtant un gisement indéniable pour la crois- sance du secteur. Nous risquons de voir une concentration sur ce marché. En définitif, le secteur des assurances au Maroc recèle un potentiel de dévelop-

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Lesassureurs sontcontraints de concentrer leurseffortssur la partie haute du compte de résultat.

pement important, eu égard à la fai- blesse du taux actuel de pénétration du marché (quand le taux de pénétration était à 3% celui de la France culminait à 10% et celui de l’Afrique du Sud à 12,9%). Ainsi dans un pays où se confir- ment l’amélioration du niveau de vie de la population et l’émergence d’une nou- velle classe moyenne où le changement des mentalités se traduit par une réti- cence moindre aux produits d’assu- rance, le secteur est amené à davantage croître surtout avec la signature de son contrat-programme. Pour profiter de ces opportunités, des défis restent à re- lever, à savoir maîtriser les taux de si-

nistralité et la volatilité des marchés fi- nanciers. En parallèle, les compagnies de la place devront poursuivre l’exten- sion de leur réseau d’agents, intensifier leurs efforts en termes d’innovation, renforcer leur dispositif de gestion des risques et optimiser leurs synergies avec les partenaires financiers, notam- ment les banques auxquelles elles sont

adossées.

et optimiser leurs synergies avec les partenaires financiers, notam- ment les banques auxquelles elles sont adossées.

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Spécial Assurance

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ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 La baisse du marché actions pèse sur

La baisse du marché actions pèse sur le secteur

L’analyse des résultats des compagnies d’assurance vient confirmer une certitude, celle que le secteur pâtit lourdement de la conjoncture financière actuelle.

L a baisse du marché actions pèse lourdement sur les réalisations des sociétés d'assurance pour l'exercice 2012. Telle est la

conclusion que l'on pourrait tirer de l’analyse des résultats des compagnies d’assurance au titre de l’année dernière.

Avec la hausse de la sinistralité, la renta- bilité technique du secteur dépend de la performance des placements sur les mar- chés financiers. Même si le chiffre d'af- faires global du secteur a enregistré une croissance de 8,92 %, son résultat net est

en repli par rapport à 2011. L'année 2012

a également été caractérisée par la

contraction des liquidités bancaires en dépit d'une politique monétaire accom-

modante (baisse du taux directeur et de

la réserve obligatoire) et, dans une moin-

dre mesure, et par la hausse des rende-

ments des bons du Trésor à long terme de 50 à 60 points de base (10 ans à 4,83%

et 15 ans à 5,04%). Ce dernier paramètre

a créé chez les épargnants des attentes en termes de rendement plus importantes. Par ailleurs, l'exercice a été marqué par

la signature de la Convention inter-com-

pagnies d'indemnisation corporelle auto- mobile (CICA). Cette convention s'ap- plique aux accidents de circulation

entraînant des préjudices corporels. La gestion du dossier sinistre s'effectuera

désormais par l'assureur direct à condi- tion que le préjudice corporel ne dépasse par 10 % d'incapacité physique (entrée

en vigueur en janvier 2013).

La non-vie toujours prépondérant

Le secteur des assurances au Maroc est

aujourd’hui considéré comme étant le marché «le plus mature» au Maghreb

selon l'agence de notation internationale Standard and Poor's. Il a continué à ga- gner du terrain en 2012, puisque le taux

de pénétration (la part des primes dans le

L’ÉVOLUTION DU MONTANT DES PRIMES ÉMISES (EN MDH)

■ Assurance vie et capitalisation ■ Assurance Non vie 17.189 16.177 15.213 8.839 7.717 6.660
■ Assurance vie et capitalisation
■ Assurance Non vie
17.189
16.177
15.213
8.839
7.717
6.660
2010
2011
2012
SOURCE : FMSAR

PIB) s’est établi à 3,1% contre 2,9% en

2011. Ainsi, compte tenu des effets de

crise qui continuent de planer sur la sphère économique et financière à l'échelle mondiale, le secteur des assu- rances au Maroc fait preuve d’une très forte résilience avec une amélioration du chiffre d’affaires du secteur de 8,9% en 2012 en comparaison avec l’année précé- dentve. Ainsi, selon les chiffres de la Fé- dération marocaine des assureurs et réas- sureurs (FMSAR), le marché des assurances au Maroc a généré un mon- tant de primes émises de 26 MMDH au

terme de l’exercice 2012, contre 23,9 MMDH en 2011 (+8,9%). Par branche,

l’activité non-vie, qui représente 65,56% du CA du secteur, a connu en 2012 une croissance de 6,10%, soit 17,1 MMDH contre 16,1 MMDH en 2011, portée essen- tiellement par une assurance automobile qui s'est bonifiée de 6,5% à 8 MMDH. Pour sa part, la branche vie, qui repré- sente 33,97%, a enregistré un ralentisse- ment de son rythme de croissance en

2012. Elle a été estimée à 14,5%, contre

une progression de 15,9% en 2011. Ce ra- lentissement s’explique notamment par l’assèchement de liquidité et le repli de

LES PARTS DE MARCHÉ DES COMPAGNIES D’ASSURANCES EN 2012

RMA Wataniya 19,50% Wafa assurance 22% Axa assurance 13,40% Autre 13% Cnia Saada 12,40% Sanad
RMA Wataniya
19,50%
Wafa assurance
22%
Axa assurance
13,40%
Autre
13%
Cnia Saada
12,40%
Sanad
5,50%
SOURCE : FMSAR
Marocaine
vie
4,20%
MCMA 4,70%
Atlanta 5,10%

l’épargne nationale, pénalisant les pro- duits épargne et les contrats à capital va- riable. En termes de dispersion, le mar- ché marocain continue de connaître la même concentration des émissions. En effet, les assurances automobiles, les ac- cidents du travail et les assurances de personnes (accidents corporels/mala-

2013, prolongement de la baisse à la Bourse.

Après un premier trimestre négatif (Masi : -3,4%, Madex:-3,3%), le marché boursier a confirmé sa tendance baissière entamée depuis l’année 2011, enregistrant ainsi des contre-performances trimestrielles de 2,8% pour le Masi et de 3% pour le Madex, re- flétant l’inquiétude persistante des investisseurs. De ce fait, les indices de la côte ont connu depuis le début de l’année des pertes de 6,1% pour le MASI, de 6,2% pour le Madex. Selon les analystes financiers, l’année 2013 est caractérisée par la persis- tance de la baisse de l’activité sur le marché boursier et constitue le prolongement des années précédentes, malgré l’évolution positive sur les premiers mois de l’année. Plusieurs éléments expliquent ceci, d’abord les résultats des sociétés cotées qui ont marqué une baisse significative de la capacité bénéficiaire de 10%, on peut également citer les difficultés d’ordre macroéco- nomique du Maroc et leur impact sur la courbe des taux, ainsi que le manque de liquidités.

die/maternité/assurances-vie et capitali- sation) représentent à elles seules 84% (83% en 2010) des primes émises. Il est à noter que les primes cédées en réassu- rance se sont élevées en 2012 à 2,77 MMDH (10,67% de l’ensemble des émis- sions), contre 2,6 MDH en 2011 (11% de l’ensemble des émissions). Par ailleurs, le marché des assurances demeure forte- ment concentré -à hauteur de 67%- au- tour de quatre opérateurs, à savoir Wafa Assurance, RMA Wataniya, Axa Assu- rance et CNIA Saada. Par activité, le mar- ché de l’assurance-vie demeure le plus concentré. En effet, il est détenu à hau- teur de 80% par quatre opérateurs: Wafa Assurance avec 34,2%, RMA Watanya avec 26,5%, la Marocaine Vie avec 11,6% et MCMA avec 9,3%. La forte concentra- tion de la branche vie s’explique par la nécessité d’adossement à un groupe ban- caire de référence pour la commercialisa- tion de produits de Bancassurance no- tamment, et pour tirer profit d’un réseau de distribution plus élargi. En assurance non-vie, 60% des parts de marché sont concentrées autour des quatre premiers opérateurs du marché, notamment CNIA Saada Assurance (16,1)%, RMA Watanya (15,9%), Wafa Assurance avec (15,8%) et Axa Assurance Maroc (15,7%).

Nette hausse de la sinistralité Dans le sillage du chiffre d’affaires, les charges des compagnies d’assurance ont également connu une progression signi- ficative. Les prestations et frais payés ont ainsi atteint, au titre de l’année 2012, 15,2 MMDH contre 13,6 MMDH une année auparavant, soit une progression de 11,3%. La part des réassureurs dans ces prestations et frais s’est établie à seu- lement 11,3% de l’ensemble des presta- tions et frais payés, soit 1,7 MMDH. Il est nécessaire de signaler que les ratios de sinistralité ont connu des tendances dif- férentes selon les branches d’assurance. En effet, certaines branches connaissent des ratios plus élevés que d’autres. «C’est le cas notamment de l’assurance «acci- dents de travail», de l’assurance «acci- dents corporels» et de certaines sous-ca- tégories de l’assurance automobile (TPV)», nous explique Othman Khalil Elalamy, adjoint au directeur à la DAPS. D’autres branches en sont encore à des ratios de sinistralité maîtrisables. C’est le cas de l’assurance incendie et risques techniques. Toujours sur le volet des charges, celles relatives à l’acquisition des contrats ont également connu une nette progression en 2012. Elles ont at- teint 2,5 MMDH contre 2,3 MMDH en 2011, soit une augmentation de 10,9%, représentant ainsi 9,8% de l’ensemble des émissions. Les autres charges tech- niques d’exploitation se sont situées à 3,4 MMDH, en hausse de 10% par rap- port à 2011, représentant ainsi 13,1% de l’ensemble des émissions. Autre élément

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Spécial Assurance

INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 23 Spécial Assurance ● Les assureurs sont contraints d’adapter leurs
INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 23 Spécial Assurance ● Les assureurs sont contraints d’adapter leurs

Les assureurs sont contraints d’adapter leurs offres commerciales et leurs tarifs aux besoins du marché.

ÉVOLUTION DU RÉSULTAT NET DS COMPAGNIES D'ASSURANCES DEPUIS 2010

3,90

3,70

3,50

3,30

3,10

2,90

2,70

17,26% 15,41% ■ Résultat net (en MMDH) ■ Marge nette (en %) 11,96% 2010 2011
17,26%
15,41%
■ Résultat net (en MMDH)
■ Marge nette (en %)
11,96%
2010
2011
2012
SOURCE : FMSAR

important à signaler: la plupart des en- treprises d’assurance ont dû constituer, au terme de l’année 2012, des provisions

pour dépréciation d’actif à des niveaux plus ou moins importants. Les provi- sions techniques brutes des entreprises

d'assurance ont ainsi progressé de 4,6% en 2012, s’établissant à 107 MMDH contre 102,3 MMDH l’année précédente.

Au niveau des résultats, les produits fi-

nanciers, y compris les plus-values réa-

lisées, sont en régression de 20,6% par rapport à l'exercice 2011, subissant l’im- pact de la baisse du marché action. Ils se sont ainsi élevés à 4 MMDH l’année der-

nière. Au final, les entreprises d’assu- rance ont dégagé un résultat net de 3,1

MMDH contre 3,6 MMDH en 2011, soit une baisse de 15% en un an! Rapporté aux fonds propres qui s’élèvent à 29,8 MMDH, ce résultat donne un taux de ren- dement avoisinant 10,4%, contre 12,3% en 2011. Le rendement des fonds pro- pres est ainsi en baisse de 2 points.

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Lescompa-

gniesdevront ainsiêtre,à l’avenir, plus regardantessur la tarification de leursproduits et sur le contenudes garanties.

Les actions représentent 47,8% des placements des assureurs.

Les placements affectés aux opérations d’assurance ont augmenté de 3,23% en 2012 et se sont élevés à 109,1 MMDH (102% des provisions techniques), contre 105,7 MMDH une année auparavant. Avec un encours de 51,5 MMDH, les actifs actions re- présentent 47,8% des placements des compagnies d’assurance, contre 47,3% pour les actifs des taux et 4,5% pour les actifs immobiliers. L’encours des actions cotées reste toujours le plus important parmi les actifs actions avec 23,9 MMDH soit 22,2% des placements, contre 16,5% pour les Organismes de placements collectifs en valeurs mobilières (OPCVM) actions, diver- sifiés et contractuelles, 4,7% pour les actions non cotées et 2,8% pour les titres de participation. Au niveau des actifs de taux, la plus grande part (22,4%) revient aux obligations avec 24,2 MMDH. Les OPCVM obligataires arrivent en deuxième position avec un encours de 20,5 MMDH et une part de 19% dans l’encours des placements. Il est suivi par les dépôts et OPCVM mo- nétaires avec 3,4 MMDH, soit 3,1% des placements.

Le redressement par le tarif Malgré les contre-performances qu’affiche le marché financier, ce sont les rende- ments financiers qui permettent aux com- pagnies d’assurance d’optimiser leur ren- tabilité. Toutefois, la fédération tire la sonnette d’alarme. «Nous ne sommes plus face à un élément conjoncturel car la baisse s’est installée dans la durée, enta- mant de mois en mois les marges de ma- nœuvre des opérateurs». Si cette tendance baissière se poursuit sur plusieurs mois, nous pourrons effectivement avoir des craintes sur la rentabilité de certains ac- teurs», prévoit Bachir Baddou, directeur général de la FMSAR. Les compagnies de- vront ainsi être, à l'avenir, plus regar-

dantes à l’avenir sur la tarification de leurs produits et sur le contenu des garanties car «l’équilibre financier doit être avant tout recherché au niveau de leur activité tech- nique cœur de métier», souligne Baddou. L’activité financière ne doit apporter qu’un complément de rentabilité et renforcer l’assise financière. Dans le métier de l’as- surance, la rentabilité technique est mesu- rée par le ratio combiné. C’est le rapport entre les sinistres, plus les frais généraux et les primes nettes de réassurance. Un ratio combiné inférieur à 100% témoigne d’une bonne gestion technique de la com- pagnie. Pour y arriver, les assureurs doi- vent donc souscrire à des niveaux de prime raisonnables, gérer rigoureusement leurs sinistres et maîtriser leurs frais géné- raux. Ainsi, sur le plan des perspectives, l’année 2013 s’annonce contraignante pour le secteur. En effet, la dégradation de l’économie nationale, l’assèchement de li- quidité ainsi que les retombées négatives de l’atonie du marché financier devraient davantage freiner le secteur de l’assurance dans sa recherche de la rentabilité. Toute- fois, l’activité du secteur est amenée à poursuivre son développement en tirant profit du contrat-programme 2010-2015 qui prévoit de couvrir 90% de la popula- tion marocaine à horizon 2014. Certains assureurs ont déclaré que l’année 2013 a démarré très timidement sur la majorité des marchés. Ils ont ainsi été contraints à adapter leurs offres commerciales et leurs tarifications. Ces adaptations concernent l’assurance automobile et les offres profes-

sionnelles.

et leurs tarifications. Ces adaptations concernent l’assurance automobile et les offres profes- ● sionnelles.
et leurs tarifications. Ces adaptations concernent l’assurance automobile et les offres profes- ● sionnelles.
et leurs tarifications. Ces adaptations concernent l’assurance automobile et les offres profes- ● sionnelles.

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Spécial Assurance

LES ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013

ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 Bachir BADDOU Directeur général de la Fédération

Bachir

BADDOU

Directeur général de la Fédération marocaine des sociétés d'assurance et de réassurance (FMSAR).

«La baisse de la Bourse de Casablanca ne peut que nous inquiéter»

de la Bourse de Casablanca ne peut que nous inquiéter» Les ÉCO : Comment se présen-

Les ÉCO : Comment se présen- tent les indicateurs 2012 du sec- teur de l’assurance par rapport aux années précédentes ? Bachir Baddou : Avec un taux de croissance de 8,9%, l’année 2012 a connu une évolution satisfaisante au re- gard du contexte économique actuel. Cette évolution confirme la tendance déjà enregistrée en 2011, année au terme de laquelle le secteur avait enre- gistré une progression des primes émises de l’ordre de 9,2%. L’assurance vie et capitalisation a connu une crois- sance particulièrement soutenue profi- tant d’une excellente synergie entre

banquiers et assureurs. Le taux de crois- sance de cette branche a été de l’ordre de 15,9%. L’assurance automobile conti- nue de croître à un taux moyen de l’or- dre de 6 à 7% par an profitant de l’amé- lioration du taux

d’équipement des ménages.

mais sans pour autant pouvoir rémuné- rer les fonds propres à des niveaux satis- faisants. Ce sont les rendements finan- ciers de leurs actifs qui leur permettent d’optimiser leur rentabilité. Toutefois, lorsque les actifs se déprécient au-delà d’un certain niveau, les règles pruden- tielles de provisionnement peuvent mettre l’entreprise en situation de dés- équilibre.

Maintenant que la Bourse de Casablanca est en baisse, une situation qui n’est pas prête de changer ? Doit-on s’inquiéter de la situation financière du sec- teur de l'assurance ? Les contre-performances qu’affichent le marché financier et plus précisément la Bourse de Casablanca ne peuvent que nous inquiéter. Il est entendu que l’en-

«Le plus important n’est pas de doubler notre chiffre d’affaires sur cinq ans».

semble des entreprises d’assurance dis- posaient de matelas de plus-values la- tentes leur permettant de faire face à des baisses conjoncturelles. Toutefois, nous ne sommes plus face à un élément conjoncturel car la baisse s’est installée dans la durée entamant de mois en mois nos marges de manœuvre. La plupart des entreprises d’assurances ont dû constituer au terme de l’année 2012 des provisions pour dépréciation d’actifs à des niveaux plus ou moins importants. Si cette tendance baissière se poursuit

Aujourd’hui la rentabi- lité technique du sec- teur dépend surtout de l’évolution des mar- chés financiers. Qu’est ce qui explique cette situation ?

Dans certaines branches, le taux de sinistralité s’est quelque peu dé- térioré mais sans pour autant atteindre des niveaux inquiétants. L’assurance maladie et l’accident du travail demeu- rent tout de même des branches à forte sinistralité avec des équilibres parfois difficiles à atteindre. En assurance auto- mobile les choses vont beaucoup mieux qu’il y a une dizaine d’années. Il faut toutefois demeurer vigilant. Pour le reste, les compagnies d’assurances arri- vent à équilibrer leurs résultats sans avoir recours à leur activité financière

sur plusieurs mois, nous pourrons effec- tivement avoir des craintes sur la renta- bilité de certains acteurs. Les compa- gnies devront à l’avenir être plus regardantes sur la tarification de leurs produits et sur le contenu des garanties car l’équilibre financier doit être avant tout recherché au niveau de leur activité technique «cœur de métier». L’activité financière ne devant apporter qu’un complément de rentabilité et renforcer l’assise financière.

Le contrat-programme relatif au secteur des assurances a pris du retard. Où en sommes-nous au- jourd’hui ? Certains sujets ont été adressés et même terminés alors que d’autres sont encore au stade de l’étude. Citons à titre d’exem- ple, le projet de texte de loi généralisant la «tous risques chantiers» et la «RC dé- cennale» qui suivra bientôt le circuit lé- gislatif jusqu'à son adoption. D’autres mesures ont également pu être concré- tisées. Je peux citer à titre d’exemple, la suppression de la taxe sur les contrats de capitalisation, la simplification des procédures pour investir dans certains secteurs, l’introduction de nouvelles méthodes d’évaluation pour les actifs non cotés ou encore la mise en place de l’indemnisation directe en assurance automobile pour les sinistres corporels permettant l’accélération de la liquida- tion des dossiers. Cette dernière mesure représente une véritable avancée pour les victimes des accidents de la circula- tion. Toutefois, plusieurs sujets n’ont pas avancé car ils ne permettent pas d’atteindre les ambitions que nous nous sommes fixés dans le contrat-pro- gramme. Nous avons d’ailleurs tenu courant avril un comité de pilotage pré- sidé par le ministre de l'Économie et des

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L’assurance-vie

et capitalisation

aconnuune

croissancesou-

tenue grâce à la

synergiehar-

monieuseentre banquiers et as- sureurs.

finances en présence de l’ensemble des ministères signataires et nous avons évalué les réalisations et mis en évi- dence ce qui reste à faire. Nous estimons que les mois qui viennent connaîtront une accélération dans le rythme de dé- ploiement de l’ensemble des mesures. Le plus important n’est pas de doubler notre chiffre d’affaires sur cinq ans, tel que cela figure sur notre feuille de route, mais de créer les conditions nécessaires pour une croissance saine et durable qui puisse bénéficier au-delà de notre sec- teur, à l’ensemble de la collectivité.

À votre avis, quels sont au- jourd’hui les relais de crois- sance du secteur et quelles sont les perspectives ? Cette question rejoint directement celle liée à notre contrat-programme puisque l’ensemble des relais de croissance est abordé dans notre feuille de route. Elle consiste à protéger un maximum de per- sonnes à travers des couvertures de res- ponsabilité contre les risques qu’ils en- courent par le fait d’autrui. Je fais notamment référence aux responsabili- tés professionnelles, à la responsabilité des propriétaires des lieux recevant du

public, à la responsabilité de ceux qui interviennent dans l’acte de bâtir, à celle des propriétaires ou des locataires de biens immeubles…Tout comme il s’agit de mieux adresser les problématiques liées à la grande, à la petite et à la moyenne entreprises. Les relais de croissance résident également dans l’amélioration de la pénétration de l’as- surance et dans le tissu socio-écono- mique de notre pays par la démocratisa- tion de nos produits, notamment en ce qui concerne l’assurance santé, l’épargne ou encore la multirisque habi-

tation.

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Spécial Assurance

LES ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013

ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 Othman KHALIL ELALAMY Directeur adjoint à la

Othman KHALIL ELALAMY

Directeur adjoint à la DAPS.

2013 Othman KHALIL ELALAMY Directeur adjoint à la DAPS. ●●● Le secteur de l’assurance est appeléàac-

●●●

Le secteur de

l’assurance est

appeléàac-

compagner le

développe-

ment du conti-

nent.Celare-

présente de

bellesopportu-

nitéspourles

compagnies

marocaines.

rances et sur la révision des méthodes d’évaluation des actions non cotées ad- mises en représentation des provisions techniques, l’entrée en vigueur à partir de janvier 2013 de la convention d’in- demnisation corporelle automobile di- recte des accidents corporels et la mise en place d’un médiateur en assurance à l’instar de ce qui est actuellement appli- qué dans le secteur bancaire. À cet égard, les discussions sont très avan- cées sur un projet de convention qui sera signé très prochainement entre les entreprises d’assurances, l’instauration de l’obligation de certaines assurances de construction (Tous risques chantier et responsabilité civile décennale), l’élaboration d’un projet de dispositif relatif à l’assurance Takaful et d’un pro- jet d’amendement du Code des assu- rances dont les principales nouveautés portent sur l’instauration du principe de la marge de solvabilité basée sur les risques, l’amélioration de la gouver- nance des entreprises d’assurance et de leur transparence. Ces projets ont éga- lement été mis dans le circuit de l'ap- probation, etc

Quelles sont les mesures qui sont prévues pour l’année 2013 ? Les principales mesures prévues par le contrat-programme et qui seront enta- mées durant l’année 2013 concernent d’abord l’instauration de l’obligation d’assurance responsabilité civile pour les établissements recevant du public, l’amélioration des procédures d’exper- tise médicale et la normalisation des pratiques relatives à l’indemnisation des victimes. Les discussions sur cette mesure ont coïncidé avec l’ouverture du débat sur la réforme globale de la jus- tice. Ces éléments seront étudiés dans

«L’augmentation tarifaire dans l’état actuel des choses n’est pas chose aisée»

Les ÉCO : Avec un taux de sinis- tralité élevé sur les assurances «non vie», la rentabilité tech- nique du secteur est souvent dépendante de la performance des placements sur les marchés financiers. Quel est votre ap- préciation de la situation ? Othman Khalil Elalamy : Tout d’abord, il importe de signaler que les ratios de sinistralité ont des tendances différentes selon les branches d’assu- rances. Certaines branches connaissent des ratios plus élevés que d’autres. C’est le cas notamment de l’assurance «acci- dents de travail», de l’assurance «acci- dents corporels» et de certaines sous ca- tégories de l’assurance automobile (TPV). D’autres branches sont encore à des ratios de sinistralité maîtrisables. C’est le cas de l’assurance incendie, risques techniques etc. Pour les assu- rances qui connaissent des ratios de si- nistralité très importants, le redresse- ment devrait se faire principalement par le tarif. Dans ce cadre, il est à rappe- ler que la tarification en matière d’assu- rance est devenue libre pour l’ensemble des catégories d’assurances à partir de 2006 et donc l’application de tarifs suf- fisants est de la responsabilité des en- treprises d’assurance. Il reste néan- moins à préciser que, pour les assurances obligatoires, les critères de tarification sont fixés par voie régle- mentaire et les entreprises d’assurance sont tenues de communiquer à l’Admi- nistration les tarifs qu’elles appliquent.

placements des entreprises d’assu- rance, celles-ci continuent à réaliser des résultats nets satisfaisants. Au titre de l’exercice 2012, le résultat net réalisé par le secteur des assurances est de 3,11 MMDH. Rapporté aux fonds propres qui s’élèvent à 29,78 MMDH, ce résultat donne un taux de rendement avoisi- nant 10,4%. Ce taux reste encore impor- tant, ce qui signifie que le secteur des assurances dispose encore d’une marge de manœuvre avant de recourir à l’aug- mentation tarifaire. De plus, et eu égard au caractère très concurrentiel du mar- ché de l'assurance, l’augmentation tari-

dalités de la mise en œuvre de ce prin- cipe seront fixées par voie réglemen- taire en concertation avec le secteur des assurances. Sur ce plan et même si la directive européenne «Solvency2» sera une référence pour nous, eu égard à l’étroitesse des relations de notre pays avec l’UE (poids dans les échanges, sta- tut avancé…). Il faut préciser que le dis- positif de la solvabilité basé sur les risques à mettre en place doit tenir compte des spécificités du marché ma- rocain d’assurance et sa mise en appli- cation devra se faire de manière pro- gressive et concertée.

Quelle est la situation du contrat-pro- gramme relatif au sec- teur des assurances ? Les différentes mesures en- visagées par le contrat-pro- gramme sont identifiées par le département ministériel et leur mise en œuvre a été entamée au lendemain de la signature de ce contrat. Tou- tefois, et eu égard aux chan-

gements qu’ont connus les différents départements avec la nomi- nation du nouveau gouvernement, les discussions ont été momentanément interrompues en attendant l’installa- tion de nouvelles équipes. Néanmoins et depuis la signature de ce contrat-pro- gramme, plusieurs mesures sont en- trées en vigueur. Elles concernent es- sentiellement la révision de l’arrêté du ministre de l'Économie et des finances et de la privatisation n° 1548-05 du 6 ramadan 1426 (10 octobre 2005) relatif aux entreprises d’assurances et de réas- surance pour introduire des modifica- tions, portant notamment sur les règles prudentielles applicables aux assu-

le dispositif de la sol- vabilité basé sur les risques, à mettre en place, doit tenir compte des spécifi- cités du marché ma- rocain d’assurance.

faire dans l’état actuel des choses n’est pas chose aisée et reste donc un dernier recours.

Les banques sont en train de converger vers le référentiel Bâle III. Qu’en est-il pour le secteur des assurances? Il est à signaler à cet égard qu’un projet de loi portant amendement du code des assurances a été mis dans le circuit d’approbation le mois dernier. Ce projet de loi prévoit, entre autres, l’instaura- tion du principe de solvabilité basée sur les risques encourus par l’entreprise d’assurances et de réassurance. Les mo-

Quels impacts aura la baisse du marché action sur la rentabilité et par ricochet sur la tarification des compagnies d’assurance ? Dans le contexte actuel et malgré la baisse des rendements financiers des

LES ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013

27

Spécial Assurance

INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 27 Spécial Assurance ce cadre avec pour objectif de créer

ce cadre avec pour objectif de créer un nouveau dispo- sitif légal plus juste et transparent pour l’ensemble des citoyens. Les mesures également prévues pour 2013 comportent l’encouragement du financement des prio- rités économiques. À cet effet, les discussions ont été entamées avec la direction générale des impôts (DGI) et ont porté sur les mesures proposées par le secteur des assurances pour l’encouragement de l’épargne à long terme. Le chantier de l’assurance maladie obliga- toire est également à l’ordre du jour. L’objectif est de faire participer le secteur des assurances dans la conception et le déploiement du système de couver- ture de santé du royaume. Dans ce cadre, une commis- sion sera constituée et aura en charge l’optimisation du déploiement de ce système. La dernière mesure qui sera entamée en 2013 est le renforcement de la forma- tion du secteur. À ce titre une commission a été consti- tuée pour l’élaboration d’un plan de formation du sec- teur à l’horizon 2015.

Quelles sont les perspectives du secteur de l’assurance au Maroc ?

Il importe de signaler qu’avec la crise enregistrée au ni-

veau de plusieurs pays avec lesquels le Maroc entre- tient des relations économiques étroites, certains sec- teurs ont connu un fléchissement dans leur niveau de performance. C’est le cas notamment du secteur des as- surances, qui a vu son taux d’évolution de chiffre d’af- faires régresser pendant les années 2009 et 2010 en passant d’un taux à deux chiffres à un taux avoisinant 5% (4,5% et 5,7% respectivement). Cette évolution a connu une légère reprise en 2011 et 2012 puisque le taux d’évolution du chiffre d’affaires avoisine 9% (9,24% et 8,92% respectivement). Néanmoins, nous envisageons qu’avec la promulgation du projet de loi portant amendement du code des assurances qui ins- taurera l’obligation d’assurance tous risques chantier «TRC» et la responsabilité civile décennale «RCD», ainsi qu’avec la mise en place d’un cadre légal pour l’assu- rance Takaful, le secteur des assurances va enregistrer une progression remarquable en matière de chiffre d’af- faires. Sur le plan prudentiel, la mise en place de la sol- vabilité basée sur les risques permettra aux opérateurs de ce secteur de bien maîtriser les risques qu’ils encou- rent et de disposer d’une solidité financière leur per- mettant de faire face à ces différents risques et de déve- lopper leur activité avec plus de sérénité.

Le directeur des assurances a été nommé président du conseil d’administration d’Africa Re. Le continent africain présente une bonne opportunité pour les assureurs. Quelle valeur peut apporter cette nomina- tion aux assureurs marocains?

Tout d’abord, nous avons appris avec une grande satis- faction la nomination de notre directeur Hassan Bou- brik en tant que président de l’Africa Ré, 1re société afri- caine de réassurance. Cette nomination montre la confiance dont jouit le Maroc, qui est très respecté sur la scène africaine. Rappelons que le marché marocain de l’assurance se classe 2 e en Afrique en termes de primes émises derrière l’Afrique du Sud. Par ailleurs, il

y a lieu de préciser que les opérateurs marocains de

l’assurance ont commencé à s’intéresser aux opportu- nités offertes par le continent africain en matière de couverture des différents risques, même si l’Afrique est de plus en plus difficile à pénétrer du fait qu’elle de- vient un centre d’intérêt pour plusieurs hubs finan- ciers tels que les places financières de la Turquie, de Dubaï et de Singapour. Au moins deux groupes maro-

cains sont actuellement installés dans une vingtaine de pays africains, soit à travers l’achat d’entreprises d’assurance déjà existantes, soit par la création de nou- velles entreprises, suite aux agréments obtenus. Même si l’Afrique reste en retrait par rapport aux autres continents en matière d’assurance et notamment en ce qui concerne le taux de pénétration, les perspectives

de développement de ce continent sont extrêmement prometteuses et indubitablement, le secteur des assu- rances accompagnera ce développement, d’où l’intérêt pour les entreprises marocaines d’être présentes sur le continent africain pour l’accompagner dans son déve-

loppement en partageant leur savoir-faire et leur expé-

rience.

africain pour l’accompagner dans son déve- loppement en partageant leur savoir-faire et leur expé- ● rience.

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Spécial Assurance

LES ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013

ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 Jalil SEBTI directeur de la banque des

Jalil

SEBTI

directeur de la banque des particuliers et des professionnels à la BCP.

«Upline courtage permet au groupe de consolider sa position»

courtage permet au groupe de consolider sa position» Les ÉCO : Comment se com- porte selon-vous

Les ÉCO : Comment se com- porte selon-vous l’activité de l’assurance au Maroc ? Jalil Sebti : Selon les chiffres commu- niqués au titre de l’exercice 2012 par la FMSAR (Fédération marocaine des so- ciétés d’assurance et de réassurance), les indicateurs de marché sont en constante évolution par rapport aux exercices précédents. Ainsi, le chiffre d’affaires global de l’assurance vie et non vie a continué sa progression, en- couragé par l’enrichissement des offres en place et la conception de nouvelles assurances. De même, l’assurance vie et capitalisation affiche une évolution de 14,5% pour un chiffre d’affaires avoisi- nant les 9 MMDH en 2012 contre près de 8 MMDH en 2011. De son côté, l’assu- rance non vie maintient une croissance de 6,3% pour un chiffre d’affaires de plus de 17 MMDH en 2012 contre plus de 16 MMDH en 2011.

Quel a été le rôle de la bancassu- rance dans le développement de l’activité de l’assurance au Maroc ? Pour les banques qualifiées d’intermé- diaires en matière d’assurance, généra- lement la bancassurance est un moyen

permettant d’enrichir et de valoriser da-

vantage leur offre de produits et services. Les deux intervenants dans cette acti- vité, l’assurance en tant que producteur

et la banque en tant que distributeur,

partagent un objectif commun, celui d’accélérer le recrutement de nouveaux assurés en ciblant en priorité le porte- feuille clients acquis de la banque. Eu

égard à sa capillarité, le réseau bancaire

a contribué fortement au développe-

ment de l’assurance des personnes au Maroc, notamment sur les produits de vie et de capitalisation. En effet, l’essen- tiel de la collecte utilisée dans cette branche, l’est à travers le réseau ban- caire. Selon une étude de la DAPS, la pro- gression des émissions de bancassu- rance est attribuable à l’encaissement des primes émises en «assistance» et au titre de la branche «vie et capitalisation».

Qu’est ce qui explique cette pré- dominance ?

Cette progression est due premièrement

à une certaine maturité. Les Marocains

sont de plus en plus conscients de la né-

cessité de se prémunir contre les aléas de

la vie. Elle s’explique, également, par les

efforts d’information et de communica- tion réalisés par les réseaux bancaires

pour vulgariser les produits d’assurance et montrer leur utilité.

Quel est le rôle d’Upline cour- tage dans l’activité bancassu- rance de la BCP ? Dans le cadre de sa stratégie commer- ciale de Cross Selling, le Groupe BCP a créé en avril 2007 Upline courtage, fi- liale d'Upline Group, en tant que société captive spécialisée en matière de conseil et de courtage en assurance. Depuis sa création, Upline courtage, assumant sa mission de centre d’excellence du groupe BCP en matière d’assurance, s’est vu chargée de l’élaboration et de la négo- ciation de nouveaux produits de bancas- surance et d’assurance dommages desti- nés aux segments des particuliers (Mass Market, Low Income Banking et Private Banking) : décès emprunteurs, décès lié au compte, décès prévoyance, décès ac- cidentel, épargne, hospitalisation, incen- die, explosion en couverture des crédits, multirisque habitation, indemnités contractuelles pour les étudiants…Le rôle stratégique de l’activité bancassu- rance, pour la collecte de l’épargne et la fidélisation des clients, amène Upline courtage à assumer une autre mission, à savoir la veille concurrentielle et ceci en

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Le secteur de

l’assurance est

appeléàac-

compagner le

développe-

ment du conti-

nent.Celare-

présente de

bellesopportu-

nitéspourles

compagnies

marocaines.

étroite collaboration avec la Banque des particuliers et des professionnels (B2P) relevant de la BCP. Les actions conju- guées entre la B2P et Upline courtage permettent au groupe BCP de consolider et de développer sa position sur le mar- ché de la bancassurance et de profiter ainsi des perspectives offertes par cette activité.

Comment voyez-vous l’avenir de la bancassurance et l'assurance au Maroc, et quelles sont les ambitions du groupe BCP ? Le secteur de l’assurance et son réseau de distribution contribuent positive- ment à la création de l’emploi au niveau national et irriguent de manière indi- recte plusieurs filières importantes de l’économie nationale. Ainsi ce secteur ambitionne de réaliser, à moyen terme, des performances commerciales en sai- sissant l’opportunité qu’offre la promul- gation de la loi visant la généralisation de l’assistance et du multirisque. Le groupe, quant à lui, se prépare pour être au rendez-vous avec le lancement immi- nent de nouvelles offres pour satisfaire et équiper sa clientèle, et améliorer, par conséquent, son positionnement sur ce

volet.

Une nouvelle assurance-vie chez la BP

Le groupe Banque populaire enrichit son offre avec un nouveau produit d’assurance-vie par capitalisation dénommé «Épargne évolution». Conçu en partenariat avec la Mu- tuelle centrale marocaine d’assurances (MCMA) et Upline courtage, «cette formule de placement souple et performante, répond aux besoins d’une clientèle exigeante et soucieuse de valoriser son épargne», souligne la banque. Épargne évolution propose, en effet, des avantages importants, à savoir un rendement minimum garanti, une ré- gularité des performances, une tarification attractive, la disponibilité à tout moment de l’épargne revalorisée à travers la possibilité d’effectuer un rachat total ou partiel, ou encore de procéder à une avance sur police. De plus, elle permet un versement revalorisé sous forme de capital et la désignation d’un ou de plusieurs bénéficiaires de ce capital en cas de décès de l’assuré. Ce produit bénéficie aussi des avantages fiscaux inhérents aux contrats d’assurance-vie capitalisation actuellement en vigueur. Il s’agit notamment d’une exonération totale de l’impôt sur les revenus des prestations servies, si la durée de détention du contrat est supérieure à 8 ans. Il est à noter que la souscription à ce produit nécessite un apport initial minimum de 50.000 DH. Celui-ci peut être complété par des versements libres, d’un montant minimum de 10.000 DH, effectués au rythme du client.

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Spécial Assurance

INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 29 Spécial Assurance Les commissions des banques se sont rétractées

Les commissions des banques se sont rétractées

Même si les primes émises par l’activité de la «bancassurance» sont en hausse (+8,2%),les commissions reçues par les établissements bancaires sont en retrait de -3,48%.

S elon les derniers chiffres disponibles, l’acti- vité de la «bancassurance» se porte bien au Maroc. En effet, les émissions de primes rele- vant des opérations de «bancassurance» en-

registrées en 2011 ont progressé de 8,2%, leur montant total s’établissant à 4,9 MMDH contre 4,5MMDH en

2010. Notons qu’une baisse de 0,49% a été enregistrée

entre 2009 et 2010. L’activité de la «bancassurance» a donc renoué avec la croissance en 2011. L’analyse des résultats faire ressortir que la hausse des émissions globales «bancassurance» peut être attri- buée à l’accroissement des primes émises en «assis- tance» et au titre de la branche «vie et capitalisation». Dans le détail, les primes émises «bancassurance» de la «vie et capitalisation», ont enregistré un accroissement de 8,74%, s’établissant à 4,5 MMDH contre 4,1 MMDH, en 2010. Une baisse de 0,82% était enregistrée un an au- paravant. Il est à noter qu’au niveau de l'ensemble du marché, ces opérations ont enregistré une progression de 16,1% (soit 7,6 MMDH contre 6,6 MMDH, une baisse de 0,79% entre 2009 et 2010. Ainsi, le rapport des primes «bancassurance» sur émissions totales du mar- ché, au titre de la branche «vie et capitalisation», s’établit à 58,47% contre 62,42% l’exercice précédent. La baisse constatée à ce niveau s’explique en partie par un accrois- sement plus important des ventes directes de produits «vie et capitalisation», et des ventes passant par les au- tres canaux de distribution. Les émissions qui concer- nent les autres opérations de «bancassurance» considé- rées dans leur ensemble (assistance, maladie, accidents

corporels et assurance crédit) ont enregistré un accrois- sement (+2,92%) par rapport à l’exercice précédent.

La commission des courtiers en hausse

Au total, les primes d’assurances collectées par les banques (au titre des opérations d’assurances de per- sonnes, assistance, assurance crédit) interviennent à hauteur de 43,6% du montant global des émissions du marché (pour ces mêmes opérations), contre 44,8% en

2010. Ce montant, qui comprend également les émis-

sions des assureurs ne collaborant pas avec les banques s’établit, pour le marché, à 11,2 MMDH contre 10 MMDH l’exercice précédent ( +11,2%, contre +8,2% pour la «bancassurance»). Par ailleurs, Les établissements bancaires ont perçu des commissions d’un montant global de 236,85 MDH

contre 245,4 MDH en 2010, soit un repli de -3,48% contre une progression de +5,86% une année aupara- vant (+17,2% entre 2008 et 2009). Ces commissions in- terviennent à hauteur de 28,9% des commissions to- tales allouées au niveau du marché (d’un montant de 818,43 MDH) au titre des opérations d’assurances de personnes, d’assurance crédit et d’assistance, contre 33,6% en 2010. Rapportées aux commissions du marché «toutes caté- gories confondues», ce taux est de 10,26% (11,65%, en 2010). À titre de comparaison, les agents et courtiers

d’assurances ont, pour leur part, perçu des commis- sions d’un montant total de 1,8% MMDH, soit 78,14% des commissions totales versées par les assureurs

(contre 1,7 MMDH, en 2010 ou 79,4%), ce qui corres-

pond à une hausse de 7,9% (contre une hausse de 7,3%

en entre 2009 et 2010).

MMDH, en 2010 ou 79,4%), ce qui corres- pond à une hausse de 7,9% (contre une

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Spécial Assurance

LES ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013

ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 L’assurance épargne, des avantages multiples ●

L’assurance épargne, des avantages multiples

L’assurance épargne permet de se constituer un capital supplémentaire pour ses vieux jours, dans un cadre fiscal très avantageux

pour ses vieux jours, dans un cadre fiscal très avantageux Q uoiqu’elle continue à occu- per

Q uoiqu’elle continue à occu- per une place étroite sur le marché des assurances (34%), l’assurance vie et

capitalisation progresse plus rapide- ment. Ainsi, en 2012, la progression des assurances «vie et capitalisation» a été de 14,7% (contre +6,1% pour la non vie). L’assurance vie prend donc un peu d’élan, mais globalement l’épargne au Maroc reste marginale. Les produits d’assurance vie ont besoin d’un appui fiscal de la part de l’État. Néanmoins, il est une catégorie de produits qui com- mence à percer aux niveaux des clients soucieux de se constituer un capital pour leurs vieux jours, c'est l’assurance épargne-retraite. La retraite constitue, en effet, une véritable préoccupation pour les actifs désireux de maintenir, voire même d’améliorer leur niveau de vie au terme de leur carrière. Néan- moins, si l’on se limite au régime de base, la retraite future ne pourra jamais égaler le dernier salaire. D’autant que la situation du régime général de retraite

Un rôle prépondérant

marocain, menacé par le vieillissement de la population, est alarmante. Le rap- port actifs/retraités ne cesse de se dété- riorer et risque de poser, à terme, le pro-

pour chaque adhérent résulte de ses propres cotisations et des placements

effectués par la compagnie d’assurance. Elle ne dépend jamais de celle des au- tres membres du groupe. De plus, les souscripteurs à

l'assurance retraite bénéfi- cient d’un double avantage fiscal (à l’entrée et à la sor- tie). Il est à noter que ces deux avantages sont subor- donnés à deux conditions. Le contrat épargne retraite doit être souscrit pour une durée minimum de 8 an-

nées. Le service de la rente ou du capital par la Compagnie d’assu- rances ne doit, lui, s’effectuer qu’à par- tir de l’âge de 50 ans.

l'assurance-vie a évolué en moyenne annuelle à un taux de 16%.

blème du financement des pensions. Que savons-nous réellement de l’assu- rance épargne-retraite ? Contrairement à la CIMR, qui est un régime de retraite mixte reposant sur les deux systèmes de la répartition pour les cotisations pa- tronales et de la capitalisation pour les cotisations salariales, l'assurance épargne-retraite est un contrat par capi- talisation pure. L’épargne constituée

Un contrat souple Concernant l’avantage fiscal à l’entrée, la loi en vigueur permet la déductibilité sans limite des cotisations déduites à la source du revenu salarial imposable. Prenons l’exemple d’un salarié qui per-

L’assurance non-vie a connu en 2012 une évolution de 6,3% pour un chiffre d’affaires de 17,20 MMDH. La branche «assurance vie» a en- registré au terme de l’exercice 2012 une progression de 15,9%, s’établissant à 8,84 MMDH. Cette dernière a évolué en moyenne annuelle à un taux de 16% entre 2004 et 2010. Elle est ainsi passée de 2,9 MMDH à 6,7 MMDH. La croissance de l’assurance vie a été plus pro- noncée entre 2004 et 2008, avec un taux moyen de +23,5%. En revanche, cette croissance est en quasi-stagnation en 2008 et 2010. À partir de 2011, l’assurance vie a connu une reprise de 15,9% par rapport à 2010. En termes de volume additionnel généré, l’assurance vie a contribué à hauteur de 42,2% au cours de la période 2004-2010 dans le total des primes émises par le secteur. La branche joue un rôle prépondérant dans la croissance du secteur des assurances.

çoit 12.000 DH brut par mois. Si sa co- tisation est de 1.000 DH, il ne paie en réalité en net que 620 DH et réalise un gain fiscal de 380 DH. Par ailleurs, les cotisations patronales (cotisations re- traite offertes par l’employeur à ses col- laborateurs) sont entièrement affectées aux frais généraux et par conséquent déductibles de l'assiette fiscale de l'en- treprise. Il est à préciser que la loi en vi- gueur permet aux épargnants disposant de revenus non salariaux (professions libérales et autres), la déductibilité des cotisations dans la limite de 6% de leur revenu imposable. S’agissant de l’avan- tage fiscal à la sortie, il est opéré selon l’option choisie par l’adhérent pour la liquidation de ses droits au terme du contrat. Si l'épargnant choisit l'option «rente», l'IR dû au titre de la rente à ser- vir est calculé par la compagnie d'assu- rance après un abattement de 40% sur le montant de la rente annuelle. Si a contrario, il opte pour le «capital» ou ra- chète totalement ou partiellement son épargne revalorisée, l’IR dû au titre du capital à servir est calculé par la Compa- gnie d'assurances après abattement de 40% sur le capital et étalement des 60% du capital sur 4 années au maxi- mum pour application du barème de l'IR. Autre avantage non négligeable, la souplesse du contrat. Le souscripteur a la possibilité de modifier le taux de co- tisation (à la hausse ou à la baisse), de suspendre provisoirement le paiement des cotisations sans subir de pénalités et de résilier le contrat quand les perfor- mances financières de la compagnie ne sont pas satisfaisantes. Il est enfin im- portant de noter qu’en cas de décès ou d’invalidité absolue et définitive d’un adhérent à l’assurance épargne-retraite avant le terme du contrat, le montant de l’épargne retraite est intégralement versé aux bénéficiaires !

Bien choisir son contrat Il faut être vigilant sur le choix du contrat de l’assurance épargne-retraite. En fait, de nombreuses formules sont proposées par les compagnies d'assu- rances. Avant d’opter pour un contrat qui permet de bénéficier d’un rende- ment élevé, d’autres critères doivent être examinés. D’abord, il faut veiller à ce que le contrat puisse garantir le paie- ment d'un capital ou d'une rente à l'âge de la retraite et contenir des garanties complémentaires décès. Le souscrip- teur doit également être attentif aux frais de chargement (frais commer- ciaux, de distribution et frais de ges- tion). Un des éléments les plus décisifs dans le choix d'un produit d'épargne re- traite est la transparence. Cette dernière se mesure à l'information fournie par la compagnie à ses assurés. Elle se maté- rialise par l'envoi aux assurés d'un re-

levé de situation

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Spécial Assurance

LES ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013

ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 «L’enjeu est de sensibiliser le segment des

«L’enjeu est de sensibiliser le segment des PME»

INTERVIEW

Mustapha Khriss, directeur général adjoint Assurances Dommages chez Axa Assurance.

Les ÉCO : Comment se com- porte aujourd’hui l’assurance destinée aux entreprises au Maroc ? Mustapha Khriss : Le marché des as- surances entreprises reste limité aux moyennes et grandes entreprises. Les PME et TPE, qui représentent 90% du tissu éco- nomique marocain, sont peu ou pas assu- rés.L’enjeupourl’ensembledescompagnies d’assurance et également des pouvoirs pu- blics est de sensibiliser ce segment d’entre- prise à l’importance du rôle de l’assurance dans la protection de leur patrimoine et donc de leur développement.

Quel est l’enjeu pour une entreprise de contracter une assurance? Dans le cadre de la gestion des risques pro- pres à chaque entreprise, celle-ci décide de transférer une partie du risque aux assu- reurs pour que l’entreprise se consacre en- tièrement à ses activités en toute sérénité.

en- tièrement à ses activités en toute sérénité. L’assurance est également un élément im-

L’assurance est également un élément im- portantdansl’accompagnementdesprojets d’investissement. À cet effet, l’assurance offre une garantie aux investissements contre les risques accidentels.

Quels sont les types de produits qui sont proposés aujourd’hui par les compagnies d’assurances aux entreprises marocaines ? Le secteur des assurances au Maroc offre des couvertures à la majorité des risques

auxquels s’exposent les entreprises. À cet effet, les compagnies d’assurance offrent des produits pour d’abord protéger les lo- caux et les matériels via des garanties qui couvrent les événements incendie, dégât des eaux, événements naturels, vol ou tentative de vol… D’autres produits d’as- surance permettent de protéger la res- ponsabilité des entreprises, tout d’abord vis-à-vis des clients. À titre d’exemple exemple, l'assurance joue en cas de dé- faut de sécurité des produits de l’entre-

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Les PME et TPE,

quireprésen-

tent 90 % du

tissuécono-

mique,sont peu ou assu- rées.

Deux nouvelles assurances obligatoires, pour bientôt

Les projets de loi concernant la «Tous risques chantier» et la «Responsabilité civile décennale» ont été transmis au Secrétariat général du gouvernement

B ientôt seront instaurés deux types d’assurance et de manière obliga- toire dans le secteur de l’assu-

rance. Il s’agit de l’assurance dite «Tous risques chantier» (TRC) et de l’assurance «Responsabilité civile décennale» (RC). En effet selon Othman Khalil Elalamy ad- joint du directeur à la DAPS, un projet de loi a été élaboré en concertation avec le dé- partement de l’Habitat pour l’instauration de l’obligation des assurances TRC et RCD prévues par l'article 769 du dahir du 12 août 1913 formant code des obligations et des contrats. «Ledit projet qui a été pré- senté aux opérateurs dans les domaines concernés par ces deux assurances a été

transmis au Secrétariat général du gouver- nement», précise Elalamy. Ainsi, l’assu- rance «Tous risques chantier», aura pour objet de couvrir les dommages causés à un ouvrage en cours de construction, ceux causés aux matériaux et matériels de construction ainsi que les dommages ma- tériels et corporels causés aux tiers du fait du maître d’ouvrage ou du fait d’un des in- tervenants sur le chantier, notamment les entreprises qui y travaillent. Il est à noter que les salariés et employés du chantier ne sont pas couverts par cette assurance en cas d’accident et pour cause, ces derniers sont censés être couverts par une assu- rance accident du travail obligatoire.

Des coûts entre 0,1 et 1%. Pour sa part, l’assurance «Responsabilité ci- vile décennale» devrait assurer les interve- nants pour la «Responsabilité décennale» qu’ils encourent. Ainsi, l'architecte ou ingé- nieur et l'entrepreneur chargés directement par le maître d’ouvrage sont responsables lorsque, dans les dix années à partir de l'achèvement de l'édifice ou autre ouvrage dont ils ont dirigé ou exécuté les travaux, l'ouvrage s'écroule, en tout ou en partie, ou présente un danger évident de s'écrouler, par défaut des matériaux, par le vice de la construction ou par le vice du sol. En d’au- tres termes, il s’agit de garantir aux futurs propriétaires une protection dans la mesure

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Trèssouvent,

les employés de chantiers ne

sontpascou-

vertsparune

assurances.

prise, ensuite vis-à-vis des salariés, puisque le code du travail pose le prin-

cipe d’une obligation générale de sécurité

à la charge de l’entreprise. Enfin, elle joue vis-à-vis des tiers, par exemple en cas d’atteinte à l’environnement. Les pro- duits des compagnies d’assurance à des- tination des entreprises permettent éga- lement de protéger le transport via un produit tel que l’Assurance transport de marchandise, les salariés de l’entreprise

à travers des produits tels que la Retraite,

prévoyance, qui intègre le décès, l’invali- dité et la santé et enfin, les projets de construction via des produits tels que les tous risques chantiers et tous risques montage.

Quelle a été l’évolution du segment assurance pour les entreprises ces dernières années ? Le marché des assurances ne dispose pas de chiffres par segment entreprises et particuliers. Cependant, on peut estimer celui des entreprises à 11 MMDH, soit 42% du chiffre d’affaires global, avec une progression moyenne de 5% depuis 2009, contre 12% en 2007 et 2008.

Comment voyez-vous l’avenir dans ce marché ? Dans plusieurs pays, le développement du marché des assurances, notamment celui relatif aux entreprises, est dû essentielle- ment à l’instauration des couvertures d’as- surance obligatoires. À cet effet, le contrat- programme signé entre le secteur et les pouvoirspublicsprévoitl’élargissementdes couvertures obligatoires : la responsabilité des établissements relevant du public, l’as- surance tous risques chantier et la respon- sabilité civile décennale.

où les personnes civilement responsables

d’undommageultérieurcommel’entrepre-

neur, l’architecte ou le bureau d’études peu- vent ne pas être solvables pour faire face à une demande d’indemnisation et parfois même ils peuvent ne plus exister des an- nées plus tard. Il est utile de signaler que deux catégories de construction seraient éli- gibles aux obligations d’assurance TRC et RC décennale. Il s’agit d’une part des construc- tions destinées à l’habitation, qui compor- tent 4 étages et plus ou dont la superficie couverte totale dépasse les 800 mètres car- rés et, d’autre part, de toute construction à usage industriel, commercial ou de services dont la superficie couverte totale dépasse les

400 mètres carrés. Au volet du coût de ces assurances, le projet de texte a retenu pour la «Tous risques chantier» un taux de prime compris entre 0,1 et 0,2% et pour la «Res- ponsabilité civile décennale» un taux entre

0,5 et 1%, selon des sources dans le secteur. Il est à préciser enfin que ces taux seront dans les deux cas appliqués au montant glo-

bal des travaux de construction.

LES ÉCO ÉPARGNE & INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013

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Spécial Assurance

INVESTISSEMENT - LUNDI 15 JUILLET 2013 33 Spécial Assurance Mehdi TAZI Directeur général de CNIA Saada.

Mehdi

TAZI

Directeur général de CNIA Saada.

«Il est important de développer une stratégie multi-canal»

est important de développer une stratégie multi-canal» Les ÉCO : Quelle est aujourd’hui le positionnement de

Les ÉCO : Quelle est aujourd’hui le positionnement de CNIA Saada ? Mehdi Tazi : CNIA Saada Assurance est aujourd’hui le 4 e acteur du marché de l’assurance et le 1 er assureur non-vie en étant leader sur l’auto, le transport et la santé. L’expertise que CNIA Saada a développée et les compétences de nos équipes nous permettent aujourd’hui d’offrir des produits adaptés aux besoins des particuliers et des professionnels et de répondre aux exigences de nos clients entreprises et industriels. Chez CNIA Saada Assurance, nous nous enga- geons à trouver une solution aux diffé- rentes situations exposées par nos clients et prospects. Pour atteindre ce ni- veau d’exigence, l’innovation fait partie intégrante de notre quotidien : cette in- novation concerne les produits et ser- vices, mais aussi toute activité qui nous permettra de renforcer la satisfaction de notre clientèle.

La concurrence est de plus en plus dure, avec la multiplication des canaux utilisés aujourd'hui par les assureurs. Quelle est, en détail, la stratégie de CNIA Saada pour gagner la clientèle ? Dans un marché fortement concurren- tiel, il est important de développer et d’asseoir une stratégie multi-canal pour plus de proximité avec nos clients et pour leur apporter des services à forte valeur ajoutée. L’objectif est de permettre aux prospects et aux clients d'entrer en contact avec notre compagnie par le biais du canal qui les agrée. Nous passons d’une lo-

gique produit à une logique client, inté- grant la pro-activité face à ses diffé- rentes attentes, en valorisant toutefois la proximité géographique et relation- nelle qu’apporte notre réseau d’agents. Aujourd’hui, CNIA Saada dispose du 1 er réseau d’agents exclusifs sur le territoire marocain. Avec près de 400 agences, CNIA Saada veille ainsi à apporter des solutions concrètes et adaptées aux exi- gences de ses clients, dans plus de 100 villes. Notre compagnie dispose égale- ment d’un réseau de plus de 150 cour- tiers partenaires avec lesquels nous tra- vaillons aussi pour la satisfaction de notre clientèle commune. En complé- ment à ces canaux historiques et dans le

pect de finaliser sa démarche sur le web par une concrétisation chez l’un de nos agents. Sur ce canal à distance, nous dé- ployons aussi une stratégie de commu- nication «digitale», qui nous permet de nous différencier sur le marché. En fait le site e-commerce, marchand par na- ture, est aussi déployé comme un site de communication et d’échanges avec nos clients et prospects. Avec en supplément, l’application CNIA Saada Mobile, disponible sur Apple store et Android market, CNIA Saada confirme sa volonté de proximité avec sa clientèle et assoit ainsi son position- nement d’acteur innovant sur le marché marocain.

CNIA Saada Assurance est, aujourd’hui, le 1 er assureur non-vie et le 4 e acteur du mar- ché de l’assurance.

cadre de sa stratégie multi-canal, CNIA Saada, a été la première compagnie à lancer un site web marchand dans le secteur des assurances au Maroc. Ce service permet la souscription en ligne notamment de l’assurance auto- mobile pour l’ensemble des clients connectés via le WEB. Il est certes utilisé comme canal de vente, mais intervient également dans notre approche cross- canal, donnant la possibilité à un pros-

Quels sont les pers- pectives du secteur de l’assurance, dans un contexte de baisse du marché boursier ? Avec la baisse des revenus fi- nanciers, les compagnies d’assurance n’ont pas d'au- tre choix que de se concen- trer sur la partie haute du compte de résultats, à savoir

le résultat technique. Avec des baisses du marché boursier de plus de 13% durant deux années consé- cutives, les compagnies d’assurance ne peuvent plus axer leur rentabilité uni- quement sur le résultat financier. Nous sommes loin des périodes où la Bourse faisait du 30% de rendement ! Au- jourd’hui, il faut absolument tendre vers l’équilibre du résultat technique et avoir un ratio combiné bien inférieur à 100. Ceci implique une meilleure gestion des

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Notrepriorité est de dévelop- per plus de proximitéavec nos clients et de leurapporter desservicesà fortevaleur ajoutée.

sinistres, une optimisation de la réassu- rance et une maîtrise des frais généraux et des frais d’acquisitions. CNIA Saada Assurance, s’inscrit parfaitement dans cette stratégie. Le résultat technique net s’est amélioré, pour la deuxième année consécutive, en enregistrant une augmentation de 57% en 2012, passant de -121 MDH en 2011 à -52 MDH. Cette progression résulte des réformes menées par le management en termes de gestion des opérations d’assurance ainsi que d’une bonne maîtrise des frais généraux.

Comment s’annonce votre acti- vité au premier semestre de l’année et quelles sont vos pers- pectives pour 2013 ? Malgré un contexte économique diffi- cile, nous réalisons un bon début d’an- née, conforme à nos objectifs. Nous sommes confiants pour les mois à venir, pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le marché est structurelle- ment porteur de potentialités en matière d’assurance IARD. De plus le secteur sera porté par le contrat programme, dont les premières assurances obliga- toires TRC et RC Décennale verront le jour dans les prochains mois. D’autre part, nous maintenons notre leadership en matière de prestations de service, no- tamment en termes de délais de règle- ment en auto et en santé et en termes d’indemnisation rapide. Enfin, nous comptons mettre en place dans les pro- chaines semaines des évolutions struc- turantes qui devraient encore mieux nous positionner sur le marché.