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LYCEE TASSAOUTE

L’analyse du CPC
2 BTS Gestion des PME-PMI

Omar BEN OTMAN


Organisation de l’activité
Comptable

Année Universitaire 2009/2010


Chapitre 1: L’analyse du Compte des Produits et Charges

Introduction :
Le compte de produits et charges du PCM est présenté en liste, il reprend des soldes des
comptes de gestion après les avoir classés dans des rubriques définies par le plan comptable.
Le premier classement qui apparaît clairement consiste à séparer l’ensemble de ces comptes
en trois catégories :
• Les comptes de charges et de produits d’exploitation décrivent toutes les opérations de
l’exercice liées au cycle d’achat, de production et de vente ;
• Les comptes de charges et de produits financiers regroupent les emplois et les ressources
de l’exercice liés au financement des cycles d’exploitation et d’investissement ;
• Les comptes de charges et de produits non courants isolent enfin les opérations qui ne
correspondent pas à l’exploitation normale de l’entreprise.
Ainsi, le CPC fait apparaître les résultats intermédiaires suivants :

Résultat d’exploitation = Produits D’exploitation – Charges D’exploitation


Résultat Financier = Produits Financiers – Charges Financières
Résultat Courant = Résultat D’exploitation + Résultat Financier
Résultat Non Courant = Produits Non Courants – Charges Non Courantes
Résultat Avant Impôt = Résultat Courant + Résultat Non Courant
Résultat Net = Résultat Avant Impôt – Impôt Sur Les Sociétés

Cette classification permet un premier niveau d’explication du résultat de l’exercice en


calculant un résultat par type de charges et de produits. Le plan comptable propose toutefois
d’aller plus loin dans l’analyse économique du résultat en faisant apparaître plusieurs étapes
explicatives de la formation du résultat ; chacune de ces étapes est appelée solde intermédiaire
de gestion.

L’Etat des Soldes de Gestion (ESG) :

L'état des soldes de gestion (E.S.G) constitue le troisième état de synthèse qui
n'est obligatoire que pour les entreprises réalisant un chiffre d'affaires supérieur à 7,5 millions
de dirhams et donc soumises au régime normal.
L’ESG comporte deux tableaux :
- Le tableau de formation du résultat (TFR) : comme son nom l’indique, il fournit une
analyse en cascade des différentes étapes de la formation du résultat ;
- Le tableau de calcul de la capacité d’autofinancement (CAF) : il sert à calculer la
capacité d’autofinancement de l’entreprise

A. Le Tableau de Formation des Résultats (TFR) :


1) Présentation : Voir Plan Comptable

2) Signification des soldes :

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Application :
La société Afritex vous communique ci-après son CPC pour l’exercice 2005 (en
milliers de dirhams) et vous charge de calculer ses soldes intermédiaires de gestion.
Exercice 2005
I Produits d’exploitation :
Ventes de marchandises en l’état 4.840
Ventes de biens et services produits 123.760
Variation de stocks de produits 9.000
Immob. produites par l’entreprise pour elle-même 14.000
Subventions d’exploitation 7.500
Autres produits d’exploitation 6.000
Reprises d’exploitation, transferts de charges (dont 1000 relatifs au reprise 1.800
sur Actif et Passif circulant) 166.900
Total I
II Charges d’exploitation :
Achats revendus de marchandises 3.300
Achats consommés de matières et fournitures 37.500
Autres charges externes 33.000
Impôts et taxes 4.400
Charges du personnel 60.000
Autres charges d’exploitation 320
Dotations d’exploitation aux amortissements (dont 4000 relatifs aux 9.000
provisions pour dépréciation des éléments de l’AC) 147.520
Total II
III RESULTAT D’EXPLOITATION (I-II) 19.380
IV Produits financiers :
Produits des titres de participation et autres titres immobilisés 5.000
Intérêts et autres produits financiers 1.800
Total IV 6800
V Charges financières :
Charges d’intérêts 1.500
Pertes de change 4.000
Dotations financières (dont 500 relatifs aux PPD des TVP) 1.500
Total V 7.000
VI RESULTAT FINANCIER (IV –V) - 200
VII RESULTAT COURANT (III + VI) 19.180
VIII Produits non courants :
Produits de cessions des immobilisations 2.000
Total VIII 2.000
IX Charges non courantes :
Valeur nette des amortissements des immobilisations cédées 1.500
Dotations non courantes aux amortissements et aux provisions (dont 1550 3.500
relatif au l’AC ET PC) 5.000
Total IX
X RESULTAT NON COURANT (VIII – IX) - 3.000
XI RESULTAT AVANT IMPOTS (VII + X) 16.180
XII Impôts sur les résultats 6.400
XIII RESULTAT NET (XI – XII) 9.780

a) La marge brute sur ventes en l’état :


Appelée aussi marge commerciale, c’est un solde réservé aux seules activités de
négoce (achat puis revente en l’état de marchandises). Elle se calcule par différence entre les
ventes de marchandises en l’état et les achats revendus de marchandises (achats de
marchandises diminués de la variation des stocks).

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Marge brute = ventes de marchandises en l’état – Achats revendus de marchandises
Pour le cas précédent :
La marge brute = …………………………………………………..........................................
………………………………………………………………………………………………..
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
b) La production de l’exercice :
La production est un solde réservé aux seules activités de transformation (production
de biens ou prestations de services) des entreprises. Elle représente aussi bien la production
vendue que la production stockée (variation de stocks de produits) et la production
immobilisée (immobilisations produites par l’entreprise pour elle-même).
Production de l’exercice = ventes de biens et services produits + variation de stocks de
produits + immobilisations produits par l’entreprise pour elle-même.
Pour la cas précédent :
La production de l’exercice = …………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….
c) La valeur ajoutée :
La valeur ajoutée exprime la création de richesses effectuée par l’entreprise au cours
de l’exercice grâce à ses facteurs de production. Elle se calcule par différence entre la somme
de la marge brute et de la production de l’exercice d’une part et le coût des biens et services
externes qu’elle a consommés d’autre part.

V.A = marge brute + production de l’exercice – consommations de l’exercice.


La valeur ajoutée constitue un indicateur pertinent du poids économique et de la taille de
l’entreprise. Ainsi, une entreprise de distribution qui achète et revend des équipements par
exemple aura une valeur ajoutée faible, alors qu’une société industrielle aura une valeur
ajoutée plus forte. La valeur ajoutée est aussi un indicateur qui permet de mesurer le degré
d’intégration des activités de l’entreprise (existence ou non d’activités externalisées).
Pour le même cas :
La Valeur Ajoutée = …………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
d) L’excédent brut d’exploitation :
L’excédent brut d’exploitation représente le surplus dégagé par l’entreprise à travers
son cycle d’exploitation. C’est ce qu’il reste de la valeur ajoutée après rémunération du
facteur travail et après paiement des impôts et taxes (hors impôts sur les sociétés).

E.B.E = valeur ajoutée + subventions d’exploitation – impôts et taxes – charges du


personnel
Si le solde est négatif, il s’agira d’une insuffisance brute d’exploitation (IBE)
Il s’agit d’un résultat d’exploitation indépendant de la politique de financement de l’entreprise
(charges et produits financiers), de la politique d’investissement et de renouvellement des
immobilisations (amortissements), de la politique fiscale (impôt sur les résultats) et des
éléments non courants. L’EBE constitue donc une bonne mesure des performances
industrielles et commerciales de l’entreprise.
Pour le même cas :

4
L’ EBE (ou L’IBE) = ………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
e) Le résultat d’exploitation :
Il figure à la fois dans le CPC en liste et dans l’ESG. Il traduit la performance
économique de l’entreprise en dehors de tout choix financier et tout événement non courant. Il
se calcule à partir de l’EBE en tenant compte des charges et produits calculés (dotations et
reprises d’amortissement et de provisions, transferts de charges) et des autres charges et
produits d’exploitation.

Résultat d’exploitation = EBE + autres produits d’exploitation – autres charges


d’exploitation + reprises d’exploitation + transferts de charges – dotations
d’exploitation
Pour le même cas :
Le résultat d’exploitation = ……………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
f) Le résultat courant :
Le résultat courant mesure la performance de l’entreprise après prise en compte de ses
choix de financement (donc des charges financières qu’ils génèrent) et de ses placements (au
travers des produits financiers ainsi dégagés). Ce résultat exclut tout événement non courant.

Résultat courant = résultat d’exploitation + résultat financier


Pour le même cas :
Le résultat courant = ………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….

g) Le résultat net :
Il s’agit du dernier résultat, obtenu en corrigeant le résultat courant des opérations non,
courantes et en déduisant l’impôt sur les résultats.
Résultat net = résultat courant + résultat non courant – impôt sur les résultats
Le résultat net constitue la mesure comptable de l’enrichissement ou de l’appauvrissement
de l’entreprise. C’est ce résultat qui est soumis à l’assemblée générale ordinaire pour en
décider l’affectation.
Pour le même cas :
Le résultat financier = ………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………….
………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………..….

3) Elaboration du TFR :

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TABLEAU DE FORMATION DES RESULTATS (TFR) Exercice du……….au……………….
Exercice Exercice
précédent
1 Ventes de marchandises (en l’état)
2 - Achats revendus de marchandises
I = MARGE BRUTE SUR VENTE EN L’ETAT (1-2)
II + Production de l’exercice (3+4+5)
3 Ventes de biens et services produits
4 Variation stocks de produits
5 Immobilisations produites par l’entreprise pour elle-même
III - Consommation de l’exercice (6+7)
6 Achats consommés de matières et fournitures
7 Autres charges externes
IV = VALEUR AJOUTEE (I + II –III)
8 + Subventions d’exploitation
9 - Impôts et taxes
1 - Charges de personnel
0
V = EXCEDENT BRUT D’EXPLOITATION (EBE)
Ou INSUFFISANCE BRUTE D’EXPLOITATION (IBE)
1 + Autres produits d’exploitation
1 - Autres charges d’exploitation
1 + Reprises d’exploitation, transferts de charges
2 - Dotations d’exploitation
1
3
1
4
VI = RESULTAT D’EXPLOITATION (+ ou -)
VII + RESULTAT FINANCIER (+ ou -)
VIII = RESULTAT COURANT (+ ou -)
IX + RESULTAT NON COURANT (+ ou -)
1 - Impôts sur les résultats
5
X = RESULTAT NETDE L’EXERCICE (+ ou -)

B. Le tableau de calcul de la capacité d’autofinancement (CAF)

1) Présentation : Voir le Plan comptable


2) Calcul et signification de la capacité d’autofinancement :

Pour se maintenir et se développer, l’entreprise doit procéder à des investissements de


renouvellement ou d’expansion, faire face à la dépréciation de ses actifs et assurer le
financement du besoin généré par l’exploitation.

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Pour ce faire, l’entreprise a le choix entre un ensemble de ressources dont l’origine
peut être externe (augmentation du capital, dettes de financement…) ou interne. S’agissant
des ressources internes, ce sont celles secrétées par l’activité de l’entreprise et qui sont
désignées par les termes capacité d’autofinancement et d’autofinancement.
La capacité d’autofinancement se calcule selon deux méthodes conduisant au même résultat.
Le tableau proposé par l’ESG pour calculer la CAF procède par la méthode additive :

Application (suite) : calculer et commenter la CAF et l’AF de la société Afritex


Solution : méthode additive

CAPACITE D’AUTOFINANCEMENT – AUTOFINANCEMENT


Exercice Exercice
précédent
1 Résultat net de l’exercice : 9780
Bénéfice +
Perte - 9000
2 + Dotations d’exploitation (¹) 1000
3 + Dotations financières (¹) 1950
4 + Dotations non courantes (¹) 800
5 - Reprises d’exploitation (²) -
6 - Reprises financières (²) -
7 - Reprises non courantes (²) (³) -2000
8 - Produits de cession d’immobilisations 1500
9 + Valeur nette d’amortissement des immobilisations cédées

I = CAPACITE D’AUTOFINANCEMENT
- Distribution de bénéfices
I = AUTOFINANCEMENT
I
(¹) : A l’exclusion des dotations relatives aux actifs et passifs circulants et à la trésorerie
(²) : A l’exclusion des reprises relatives aux actifs et aux passifs circulants et à la trésorerie ;
(³) : Y compris reprises sur subventions d’investissements.
Commentaire :
…………………………………………………………………………………..
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………………………..

La CAF peut être calculée autrement à partir de l’EBE (La méthode soustractive) :

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CAF = EBE (ou IBE) 20 900

(-) charges décaissables :


Autres charges d’exploitation -320
Charges financières (sauf dotations sur actif immobilisé et financement permanent) -6000
Charges non courantes (sauf valeur nette d’amortissement des immobilisations cédées et dotations sur actif
immobilisé et sur financement permanent) - 1550
Impôt sur les résultats - 6400

(+) produits encaissables :


Autres produits d’exploitation 6000
Transferts de charges d’exploitation 1000
Produits financiers (sauf reprises sur provisions durables et reprises sur amortissement) 6800
Produits non courants (sauf produits de cession des immobilisations, reprises sur subventions d’investissements
et reprises sur provisions durables).
TAF : Calculer la CAF et l’AF de la société Afritex selon la méthode soustractive

Solution : Méthode soustractive

Eléments Calculs Montant


EBE (ou IBE) 20 900
(-) charges décaissables :
Autres charges d’exploitation -320
Charges financières (sauf dotations sur actif immobilisé et financement
permanent
Charges non courantes (sauf valeur nette d’amortissement des
immobilisations cédées et dotations sur actif immobilisé et sur
financement permanent
Impôt sur les résultats
(+) produits encaissables :
Autres produits d’exploitation
Transferts de charges d’exploitation
Produits financiers (sauf reprises sur provisions durables et reprises sur
amortissement)
Produits non courants (sauf produits de cession des immobilisations,
reprises sur subventions d’investissements et reprises sur provisions
durables).
= CAF
- Distribution de bénéfices

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= Autofinancement

Pour s’entraîner :

Cas n° 1 : Entreprise Marobois


A partir du CPC de la société « Marobois », vous allez répondre aux questions suivantes :

 Calculer les soldes intermédiaires de gestion de la société pour l’exercice 2005 ;


 Interpréter
 Calculer la CAF selon les deux méthodes
 Interpréter.
Exercice 2005
I Produits d’exploitation :
Ventes de marchandises en l’état -
Ventes de biens et services produits 66.900
Variation de stocks de produits 8.450
Immob. produites par l’entreprise pour elle-même -
Subventions d’exploitation 3.000
Autres produits d’exploitation 1.000
Reprises d’exploitation, transferts de charges -
Total I 79.350
II Charges d’exploitation :
Achats revendus de marchandises -
Achats consommés de matières et fournitures 20.900
Autres charges externes 4.250
Impôts et taxes 1.130
Charges du personnel 43.000
Autres charges d’exploitation 330
Dotations d’exploitation aux amortissements 11.500
Total II 81.110
III RESULTAT D’EXPLOITATION (1760)
(I-II)
IV Produits financiers :
Intérêts et autres produits financiers 1.100
Reprises financières 2.760
Total IV 3.860
V Charges financières :
Charges d’intérêts 6.200
Pertes de change 1.230
Dotations financières 2.120
Autres charges financières 840

Total V 10.390
VI RESULTAT FINANCIER (6530)
(IV –V)
VII RESULTAT COURANT (8290)
(III + VI)
VIII Produits non courants 2.410
IX Charges non courantes 2.020
X RESULTAT NON COURANT 390
(VIII – IX)
XI RESULTAT AVANT IMPOTS (7900)
(VII + X)
XII Impôts sur les résultats 9 -
XIII RESULTAT NET (XI (7900)
– XII)