P. 1
La médina_tissu urbain à sauvegarder_ Tlemcen _conférence internationale sur la médina_13-14mai2008

La médina_tissu urbain à sauvegarder_ Tlemcen _conférence internationale sur la médina_13-14mai2008

|Views: 2,217|Likes:
Publié parAmine Med

More info:

Published by: Amine Med on Dec 07, 2011
Droits d'auteur :Attribution Non-commercial

Availability:

Read on Scribd mobile: iPhone, iPad and Android.
download as PDF, TXT or read online from Scribd
See more
See less

10/17/2014

pdf

text

original

La médina et la ville, pour quel aménagement ?
Mme S. BENABBES Département d’Architecture, Université Mentouri, Constantine

RESUME:
Malgré l’importance indéniable des médinas, elles n’ont pas pu s’inscrire dans les préoccupations des planificateurs, et elles ont été souvent écartées des nouvelles orientations, même lorsqu’on a prétendu vouloir les conserver, elles ont été évitées par les dispositions des plans d’urbanisme. Or la place de la cité historique dans l’agglomération globale est un élément déterminant et guide pour les choix d’aménagements futurs. Dans la pratique, et à différents degrés, on assiste à la translation des activités dynamiques de la médina, vers la ville nouvelle extra muros. La dichotomie de deux systèmes urbains aux contenus culturels si contrastés, crée un état de déséquilibre « psycho spatial », amplifié par la crise urbaine. Celui-ci se traduit par l'intériorisation de la médina transformée en un espace social « Prolétarisé » et un espace urbain dégradé (D. BENJELLOUN, p.23). La rivalité entre la ville et la médina n'est pas seulement socio-économique. Elle est également d’ordre architectural et conceptuel. Dans ce contexte, comment réfléchir donc à la nouvelle vocation de la médina et comment intégrer sa polarité dans la ville ? Son problème prend une forme « bidimensionnelle », il se pose d'abord en terme de survie et de son développement intérieur, et, en terme d’expansion et du rôle joué par cette dernière dans le reste de l'agglomération. La communication que je propose, se veut une lecture synthèse et critique a partir d’une recherche de longue haleine sur les enjeux, stratégies et doctrine de la réhabilitation des médinas, comme elle présentera un essai typologique sur les différentes interventions urbaines relatif à ce type de tissu, a partir d’un bilan des approches faites sur les médinas maghrébines au cours des 30 dernières Années. Enfin, que faire aujourd’hui et demain de ces tissus urbains, et quelle place leur réserver dans les politiques urbaines?

MOTS CLEFS :
Médina Maghrébine, politiques urbaines, Typologie des interventions, Stratégies, doctrines.

Benabbès S.
INTRODUCTION
La place de la cité historique dans l’agglomération globale est un élément déterminant et guide pour les choix d’aménagements futurs. Les villes modernes du Maghreb évoluent vers un cosmopolitisme formel de couleur technologique et idéologique d'emprunt, reléguant les activités des médinas à un rôle périphérique et folklorique. L'urbanisme communautaire s'en trouve ainsi amoindri, appauvri et étonnamment déprécié, au profit d'un 1 urbanisme Officiel » . Dans ce contexte, comment réfléchir donc à la nouvelle vocation de la médina et comment intégrer sa polarité dans la ville ? On assiste assez souvent à une concurrence et dualité entre la centralité de la cité ancienne, qui était souvent la ville toute entière, puis devient le centre ville, puis voit son rôle s’éclipser ; et le centre ville de création récente. En effet, et généralement le centre traditionnel de la ville fait une translation spatiale vers des terrains plus propices, offrant de meilleures conditions de services et d’échanges, créant le centre nouveau. Seulement ce nouveau centre de création nouvelle, peut ne pas être concentré au niveau d’un espace unique, il peut avoir une configuration linéaire et même diluée dans une bonne partie de la ville. Profitant de cette situation et de ces conditions, il y a eu plusieurs tentatives pour reconquérir la centralité « perdue » autour du noyau historique, seulement souvent il y a eu négligence du fait que la réalité est formée désormais de deux pôles distincts qui ont leurs avantages et leurs inconvénients, et qui ont des rapports d’interdépendance(pour illustrer cela nous n’avons qu’à voir l’échec de l’opération de sauvegarde de Fès, qui n’ a pas réussie son recentrage pour des difficultés de site ) Une telle reconquête passe par une opération de revalorisation, en vue de renforcer et adapter la configuration actuelle aux conditions nouvelles en matière d’hygiène et d’accessibilité; tout en veillant à mettre l’accent sur la récupération du rôle polarisateur prédominant, afin qu’on puisse répondre de nouveau aux besoins de toute l’agglomération. Le résultat d’une telle approche, peut mettre le noyau historique objet à deux débats contradictoire :  Est-ce qu’il réussirait son rôle nouveau de reconquête de place qu’il lui est dû dans toute l’agglomération ? Ou bien se contenterait-il seulement d’être un pole centralisateur, spécialisé, parmi dans d’autres de création récente ? Si c’est ce nouveau rôle qu’il aura à jouer, comment pouvons-nous veiller à trouver un équilibre et une cohérence entre lui et le reste des pôles.

I- LA REHABILITATION DES MEDINAS : ENJEUX, STRATEGIES ET DOCTRINE
Les grandes mutations économiques et sociales des dernières décennies ont entraîné une urbanisation accélérée, un développement démesuré et non maîtrisé des agglomérations et une transformation de l'image de la ville. Les médinas n'ont pas échappé à ce phénomène, ils se trouvent ainsi en déclin, comme conséquence de politiques urbaines globales trop souvent peu cohérentes et inefficaces. Ainsi, leur problème prend une forme « bidimensionnelle », il se pose d'abord en terme de survie et de leur développement intérieur, et, en terme d’expansion et le rôle joué par ces derniers dans le reste de l'agglomération.

1

D Bichara KHADER et Prof. Jean-François NIABARDI; Réhabilitation des médinas Maghrébines. Directeur du Centre d'Etude et de Recherche sur le monde Arabe Contemporain (U.C.L.- D.V.L.P.) ; Unité Architecture (U.C.L. - Faculté des Sciences appliquées) ; Centre d'Etude et de Recherche sur le monde arabe Contemporain n° 41-42 ; Pp22-23.

r

2

ni dans une pétrification d'un tissu de relations sociales et culturelles. remanier une partie du tissu urbain 4 traditionnel ou le faire disparaître » . Réhabilitation des médinas Maghrébines. 3 Prof. 3 . où l’habitant du lieu est le principal acteur. à prôner la nécessité de ramener avant tout l'objet du débat à la considération publique. de la modernisation. Edition association BOUREGREG.L. Du côté des concepteurs. malgré la profondeur historique qu’ils recèlent. Unité Architecture (U.) . ils n’ont pas su résister à la modernité. qui a été interrompue pendant quelques décennies. qui s’inscrit dans le court terme . mais lesquelles ? Et quel est (sont) le(s) concept(s) les plus appropriés ? « D'abord il s'agit de réhabiliter quoi ? Un tissu urbain physique ? Des fonctions spécifiques ? Une entité culturelle et religieuse ? Un centre de Pouvoir ? Un espace de convivialité ? Ils pensent que ces noyaux historiques ont connu une décadence certaine. 13 et 14 mai 2008 Ce qui nécessite la définition de « tentatives » d’interventions à travers les opérations classiques de rénovation.Les différents rapports aux centres historiques dans la réhabilitation: Afin d’apprécier les différents rapports qu’ont les différents acteurs à ces centres historiques. et de l’institut culturel Italien à Rabat sur « La réhabilitation des cités anciennes . Centre d'Etude et de Recherche sur le monde arabe Contemporain n° 41-42 . 4 Idem. Pp15-16.V.P. « Les préalables à la réhabilitation des centres historiques dans les pays arabes : une personnalité. Pp13-14.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. et parallèlement.L. il y a deux solutions envisageables extrêmes : La conservation pure ou la destruction totale. Salé les 6-9 octobre 1988 .Faculté des Sciences appliquées) . Après tant de déclin et de décadences. les centres historiques ne présentent aux yeux des responsables ou décideurs aucun enjeu. afin de les désenclaver. du moins pour leur échéancier.L. les relier.D. réhabilitation et restructuration « intra-muros »..Pour quelle démarche en vue de réhabiliter la médina ?2 Les écueils que le débat se devait d'éviter. donc ils se retrouvent en quelque sorte dans une position de « disqualification » pour laquelle il faut penser à la retrouver. la population originelle les a déjà abandonnées depuis longtemps. une volonté » . « les enjeux de la légitimité. il faut se rappeler que ces espaces fonctionnaient dans une trilogie formée d’un pôle culturel. par une réhabilitation qui donne à nouveau une légitimité. La direction de Directeur du Centre d'Etude et de Recherche sur le monde Arabe Contemporain (U. mais il faut tracer clairement la perspective d'une réhabilitation qui passe par une revitalisation des ensembles qui ont survécu à la 3 boulimie de la ville dite « moderne » . Mohamed NACIRI . Publication réalisée avec l’aide du ministère des affaires étrangères Italien. . les rééquilibrer et leur donner une dynamique nouvelle par rapport aux extensions urbaines plus récentes. Actes du Colloque International . Cette ouverture a poussé Dominique DEREMIENS. lors de l’accession des états à l’indépendance. Jean-François NIABARDI. 173pp. ont formé variablement pour conserver. Cette « appropriation » vient comme un processus de « re-connaissance » théorique qui dépasse la description et en propose une lecture profonde. En réalité. p11.C. pour que l’ensemble se déséquilibre et perd de son essence. aménager. c’est de ne pas tomber dans un archivage de la Médina dans la ville. selon les propos de J. 1990. 2 Pr. Donc toute opération de réhabilitation de la médina doit trouver une nouvelle synthèse de cet ordre ternaire pour lui donner sa véritable dimension. un pôle productif et un pôle d'échange. car on les trouvait déjà incommode aux conditions de vies nouvelles. 2. par des interventions. une structure. Une infinité de travaux et réflexions ont eu lieu pour imaginer un devenir à ces espaces sensibles. Quant aux pratiques de la société. penser aux actions ouvertes vers l'extérieur des noyaux historiques.Mabardi. Il suffit qu’il y ait perte d’un des pôles. 1.F. de l'identité. ce type de relation devient problématique.C. 1986 .

on est conduit à l’accompagner d’une opération de la dédensification. hammams. Ce n’est que dans les années 70. La conséquence de cette réorientation est le désenclavement afin de permettre une meilleure accessibilité. en particulier pour mettre en valeur certains monuments.1. en vue de freiner les processus de dégradation. Par la restauration et la conservation. Quand il s’agit par contre d’une redéfinition fonctionnelle de la vieille ville. Ces trois choix fondamentaux ne sont en fait que les trois volets d’une démarche idéale tendant à la régénération des vieilles villes. par exemple à Baghdad. le phénomène de « centrification » risque d’émerger. en les utilisant comme un terrain d’apprentissage des valeurs de la ville n’est plus d’actualité. le souci gouvernemental de vouloir valoriser les potentialités touristiques. et les différentes politiques menées dans chaque pays il y a eu toute une diversité d’approches. qu’est intervenu un renversement de sensibilité dû pour une part. prenant la relève des secteurs artisanaux en déclin et visant largement une clientèle touristique. S’agit-il au fait d’un manque de maturation culturelle. Les centres historiques n'ont plus ce pouvoir intégrateur de quintessence sociale et culturelle qui permettait.Benabbès S. Il y a également une autre agressivité dissimulée ou prononcée de la part des gestionnaires locaux. entre ce qu’il faut conserver et ce qu’il est nécessaire de prendre aux technologies 4 .Les enjeux de l’aménagement des Médinas: Durant les années 50. elle diffère d’un Etat à l’autre. Leur réutilisation comme terrain de transit par une population rurale déracinée. de quelques édifices ponctuels on frôlait le risque d’avoir une muséification. Seulement. à Damas. Avec l’étendue du monde arabe. Pour une opération de réhabilitation plus ou moins globale d’un tissu bâti. mosquées. comme au centre d’Alep. du genre. comme. Dans ce cas de figure. Donc tel enjeux ont conduit à des choix d’aménagement différents. Donc à travers les projets d’urbanisme suggérés par les bureaux d’études essentiellement étrangers on ne leur a pas accordé la place méritée. 2. en voyant à travers ces espaces des terrains propices pour des gains rapides au nom du tourisme . et nécessite plus de moyens. on a considéré les vieilles villes comme partie intégrante du capital national. commerces. et ils rejettent de façon sournoise toute opération de réhabilitation qui intègre l’aspect social et qui a une emprise sur la culture citadine. et les débuts des années 60. à la recherche d’identités culturelles islamiques et pour une autre part. et surtout par le laisser aller à défaut de moyens. ont été surtout perçues comme étant des obstacles à des options de modernisation prônées par les nationalismes triomphants. à la redéfinition fonctionnelle de la vieille ville. suivie d’un rééquilibrage par des classes moyennes où aisées. qui symbolisaient l’arriération. car elle est plus longue. allant de la restauration. mais l’inertie et les dysfonctionnements de ces espaces historiques. dans la manière où elle a été prise. relayée sur place par des défenseurs avertis des patrimoines en Péril. tout en vidant des quartiers de leur population. etc. à l’action d’organismes internationaux comme l’UNESCO. de reconstituer un tissu socio-économique vivant et diversifié. à Sidi Bou Saïd près de Tunis. capables d’entretenir les constructions une fois réhabilitées. fontaines. dans le passé. Par ailleurs. et que patrimoine historique et culturel est la principale victime. l'accès à une véritable citadinité. à la réhabilitation plus ou moins globale du tissu. conservation de quelques édifices. c’est en particulier le cas des khans au Moyen-Orient dont un certain nombre est reconverti à des usages culturels ou touristiques. pour un souci économique et de rentabilité pour le long terme. cela suppose forcément une intervention sur les éléments de la centralité et l’introduction d’activités nouvelles. de moyens budgétaires tronqués avec la conjoncture économique internationale et les plans d’ajustement structurels qu’on est entrain de payer lourdement et doublement. d’entreprendre des opérations de reconversion ou de réaffectation des édifices dont l’usage collectif est tombé en abandon. au bout d'une ou de deux générations. d’abord par un retard d’investissement et de croissance. La recherche de ce difficile équilibre. Il convient. et intégrer les éléments symboliques de la continuité sous forme d’édifices publics. et souvent non cohérents entre les objectifs affiché et la réalité. d’autre part. comme cela était envisagé et n’a été que partiellement réalisé autour de la mosquée des Umayyades. la question de revalorisation du patrimoine a été reconsidérée.

ils étaient abandonnés par leurs propres propriétaires qui trouvaient la réponse à leurs besoins nouveaux se situait dans les biens vacants ou dans la partie moderne de la ville. la médina a évolué dans un cadre dualiste et devenue ainsi. d’une façon informelle. 5 . conduit à une forte différenciation entre les divers États. Un tel comportement à leur égard était matérialisé spatialement. Jaoud MSEFER. la cité traditionnelle regroupe de plus en plus une population aux ressources très limitées. sociale. ses moyen financiers affaiblis par rapport à la ville neuve. 13 et 14 mai 2008 contemporaines. et par des interventions réglementées souvent contestées.La place des noyaux historiques dans l’aménagement urbain:5 En suivant l’ensemble des attitudes à leur égard. planifiés ou non. Donc l’expansion démesurée de la ville moderne a retrouvé de nouveau un terrain propice pour sa manifestation dans la cité traditionnelle. 106p . On les considérait déjà comme noyaux insalubres. cités d’hier et d’aujourd’hui conseil international de la langue française . P77. Villes islamiques. Donc. on se rend compte qu’à l’indépendance.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. donc son rôle s’amoindri. par des opérations de démolition reconstruction pour récupérer certains terrains nécessaires à l’expansion nouvelle. soit par des percées « in-situ »pour relier des parties distinctes de la ville. Dans l’ensemble de ce contraintes et des pressions qui gravitent autour de ces noyaux historiques. car ne pouvant se faire à l’abri de spéculations foncières certaines. amène le noyau ancien à se situer à un niveau 6 d’intégration urbain spécifique. « Parallèlement à l’affaiblissement de ces structures. avec des difficultés d’intégration à la vie urbaine et au reste de la ville. ainsi qu’une prolifération accrue des zones de « sous habitat » ou de lotissements populaires. les cités traditionnelles. p77. facteur de marginalisation. par des reconstructions précaires profitant de l’existence des interstices. Elle voie ses fonctions économiques atteintes. Cette rurbanisation de la cité. souvent d’origine rurale. par des séparations fortes sous forme d’axes tranchant entre eux et la ville moderne. marquée par une désintégration et une marginalisation par rapport au reste de l’agglomération. ou tend à devenir une composante antisociale de l’ensemble urbain. Quant aux premiers outils d’urbanisme et de planification urbaine. ou encore. à l’avancée de la ville nouvelle sur le territoire du noyau historique. Ce développement a exhorté une saturation sans précédent au niveau des médinas. après lui avoir tourné le dos. qui a soutenu assez souvent la désarticulation physique et fonctionnelle qui caractérise les villes. et économique.2. 1984 . On assiste de nouveau. 2. Elle s’est faite par une mauvaise intégration spatiale. L’urbanisation accélérée et la dislocation de l’ensemble des agglomérations urbaines par des politiques de développement. chapitre III. incohérentes et inefficaces a accentué leurs déclin. Elles ont été même « évitées » par les dispositions des plans d’urbanisme. qu’elles sont les conditions nécessaires et préalables qui peuvent leur permettre une survie et dans quel cadre ? 5 6 Idem. intermédiaire entre le « sous-habitat » et la ville neuve » . n’étaient pas inscrites dans les préoccupations des planificateurs. Chapitre III. ne répondant pas aux nouveaux besoins et aspirations de leurs habitants. ponctuelles. C’est ainsi qu’on a conçu le développement futur des cités sans tenir compte de leur existence.

n’ayant contribué qu’à obscurcir sa compréhension ». comme des enclos autonomes. et je tenterai de l’achever pour les années 90. Comme le pense J.PEGURIER (1982). ont vu la concrétisation de certains projets et leur mise en œuvre (cas de Fès. que M. selon que l’on soit de l’intérieur ou de l’extérieur. « Les jugements dépréciatifs » aient pratiquement disparu du discours scientifique.BERRIANE EN 1980 avait déjà dénoncé car il donne lieu à une « soukalisation » excessive des principales artères des médinas. BILAN DES APPROCHES FAITES SUR LES MEDINAS MAGHREBINES AU COURS DES 30 DERNIERES ANNEES7 La diversité d’approches et la multitude d’analyses de cas des médinas du Maghreb. Elle devient un espace péricentral et on se contente de cette nouvelle place . Il y a déphasage flagrant entre les analyses urbaines préliminaires et les propositions sous forme de schémas d’aménagement. Sa médina a connu certes des mutations spatiales. sans l’intégrer aux centres villes démultiplies. peu productives et en crise. mais la raison est entre les mains des acteurs locaux et aux potentialités du marché régional. mais ne produit que des mesures juridiques pénalisantes. relèvent de ces phénomènes de « bazardistion » liés au tourisme international. Les flux migratoires vers les médinas se sont fléchis et inversés par les dégradations importantes des dernières années. II. Il y a également défaillance des propositions économiques dans les études d’aménagement des médinas. 6 . sans avoir la prétention d’être exhaustive. Hafsia) et nous ont permis de visualiser ce qu’il ne fallait pas faire en termes d’intervention.1982. qui avait avancé la contre argumentation à cet aspect de « Soukalisation » en évoquant le cas de Sfax qui ne doit rien au tourisme international. et économique en déclin). D. Un fait commun se dégage à travers les différentes analyses :  Il n’y a pas au fait de diversification d’approches.           Cependant d’autres chercheurs comme GROUDA M. « la question de la dualité du fait urbain » à la lumière de concept de ville ancienne. on trouvait dans les médinas leur propres logiques. On revient assez souvent sur la question de centralisé de la médina (géographique. de Tunis. qui se pose en termes d’opposition de la forme historique de l’espace aux formes nouvelles du processus d’urbanisation. y compris chez ceux qui affirment considérer la médina comme un sous ensemble d’un ensemble plus vaste.Benabbès S. et pourquoi pas national.PINI (1982) affirmait que : « la réhabilitation de la casbah ne peut être conçue comme une évasion des problèmes les plus urgents de l’agglomération. apparemment les plus dynamiques. se présente de façon différente. où la médina finit par être un enclôt sans rôle précis futur dans l’agglomération. mais comme le début d’une politique urbaine visant les contradictions qui découlent de l’Etat déséquilibré de l’agglomération algéroise dont participe aussi l’espace historique… ». JALAL Abdelkafi en 1987 affirmait. les caractéristiques de cette économie sont analysées souvent comme marginales. 7 Un bilan critique a été fait par P. qu’entre un discours politique qui magnifie la dimension culturelle du patrimoine.Signoles pour les vingt années 70-80. Les 10 dernières années. et un discours scientifique et professionnel qui. un caractère qui n’est pas forcement en adéquation avec ses spécificités. le plus souvent a produit des représentations idéologiques de la ville ancienne. Elle tient aussi à ce que certaines des activités les plus visibles. celui de l’agglomération urbaine.

devant récupérer un rôle essentiel dans l’agglomération capital. capable de concurrencer sérieusement Fès Jdid grâce à la gare routière. son cadre physique limite inéluctablement sa nouvelle vocation. mais il existe en outre. et dilution des responsabilités. et redevenir l’élément ou l’un des éléments structurant de l’ensemble de cette agglomération. Les propositions de l’atelier Casbah. Le cas de OUJDA au Maroc. leurs espaces ont connu une ruralisation. qu’au-delà des apparences. Le secret réside au fait que l’artisanat est omniprésent dans les foyers quelque soit leurs niveaux de vie. Par ailleurs. par leur différence de revenus et la diversité de leur héritage culturel. Les approches et le sort réservé aux médinas maghrébines différent d’un terrain à l’autre. qu’il ne suffit pas de faire une bonne étude pour régler les problèmes de la médina. mais loin d’être un anachronisme. un centre secondaire Fès Jdid. et les aspirations des membres des ménages. puis de réorganiser le secteur de la production en assurant la reconversion d’une partie de l’artisanat à l’intérieur même de la ville historique. se sont apparues parmi les rares études à ne pas enfermer la Casbah dans une coquille. elle pose d’énormes difficultés de circulation et de viabilisation. Mais il y a une bonne faille entre les intentions du projet. l’artisanat était dynamique. on ne saurait jamais prendre assez de précautions dans les approches préliminaires. Donc. L’expérience d’Alger a montré que l’outil technique mis en place a perdu de son efficacité par le simple jeu des transferts de tutelles. Il demeure une source importante d’emplois et de revenus. et les conditions de son application. 13 et 14 mai 2008 Et si sa position stratégique faisait de sa médina un espace économique important du centre ville. Aujourd’hui « soukalisée ». Il s’agira d’organiser d’abord la fonction commerciale de la médina. sans qu’une entité cohérente remplace véritablement le système de vie traditionnel : L’agglomération s’est étalée. en pleine transformation facilement adaptable aux diverses formes et aux besoins des différents clients. dans le schéma directeur de la structure la bipolarité sélective est affirmée. un surpeuplement et une paupérisation. sans pouvoir capitaliser les différentes études et expériences. chacun exerçant une attraction différenciée sur les diverses couches sociales. 7 . trait d’union entre les deux précédents et centre commercial de 1er plan (grossistes et détaillants) et des « sous centres » principalement Bab Ftouh. notamment au niveau des facteurs socio-économiques.  Pour le cas de la casbah d’Alger : on s’est rendu compte. un centre traditionnel (médina) s’opposant à un centre moderne.  B. un choix s’imposait entre le respect de l’ancien et un « faux modernisme ».   Les médinas tendent à devenir un ensemble d’ilots taudifiés. on l’évoque d’ailleurs comme un cas de réussite et « d’auto prise » en charge. qui à tendance à remettre en cause la structure initiale. aux dépôts de commerce et à leur rôle de pôles d’échanges entre la ville et les souks ruraux régionaux. le schéma directeur visait à renforcer le rôle de la médina en tant que centre principal de l’agglomération. l’espace domestique a été perturbé : Les problèmes urbains n’ont fait que s’aggraver et sur le plan architectural.  Quant au cas de la médina de Fès.1984) A montré pour sa part dans le cas de Marrakech.LADGIM Soussi (1982. demeure analogue à celui de Constantine en Algérie. d’où la nécessité d’envisager en urgence des opérations appropriées pour leur redonner un fonctionnement harmonieux. ils demeurent des espaces urbains utiles. à la considérer comme un quartier urbain. Le cas de Monastir (par exemple) Au nom de la rationalité et de l’hygiène.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. l’environnement a été dénaturé. on a détruit et reconstruit. inventif.

1. La triptyque relative au fonction de la médina .religieuse. la centralité enregistre d’importantes transformations dans sa localisation. et surtout. la mosquée du vendredi et les souks ou bazars. devrait s’intégrer profondément dans la vie des médinas en déclenchant des opérations capables à la fois de fournir des emplois. 8 Présent et avenir des médinas (de Marrakech à Alep) Fascicule de Recherches n°10-11 tours 1982 Introduction. de renforcer le tissu social de celui-ci et de constituer par elles même un facteur d’intégration.Benabbès S. caractérisé par la spécialisation dans l’usage de l’espace et des bâtiments et par l’existence de flux de fréquentation ayant chacun leur spécificité temporelle et contribuant à l’animation générale de la ville. Toute intervention future. le rôle des différents opérateurs et systèmes sociaux dont la médina constitue le principal pan. notamment sur les plans administratif et socioéconomique. avec pour corollaire. et le peu de préservation de fragments qui existe de ces différents tissus. où ils se demandaient s’il fallait en faire de somptueux. de significations à maintenir. La question de centralité dans la médina : La centralité urbaine. Pour cela. car il est question de bien être d’abord de la population qui y vive. Seulement. et une intégration dans les systèmes urbains. il y a un problème de rôle. 2. monuments historiques – au moins partiellement – vide de signification autre qu’esthétique. on note. En fin. les mécanismes économiques qui transforment l’espace et l’organisation urbaine. qui est restée la voie privilégiée de l’intervention en médina. politique et économique . dont plusieurs recherches et études ont essayé de mettre en évidence. cette « bazardisation » . Dans les tissus traditionnels.   Où fallait-il rénover quelques îlots prestigieux par une reconversion immobilière et sociale. de fonctions. car au fait il y a d’autres facteurs qui entrent en jeux. de faire participer ses habitants à sa rénovation. La garantie de réussite d’une telle opération.Que faire aujourd’hui et demain de ces tissus urbains de médinas ? Cette même question a été déjà posée par Jean BISSON et Jean François TROIN8 en 1982. parfois dégradés. il est utile de comprendre l’organisation morphologique et fonctionnelle de l’espace urbain dans sa globalité : les relations existantes entre les différents fragments qui le composent. quasi inévitable. mais point forts d’un tourisme de masse avide d’exotisme. est justifiée financée et alimentée par l’emprise touristique. Ce gonflement fonctionnel par une tertiarisation excessive consolide le poids de la médina dans le fonctionnement général de la ville. l’augmentation d’activités marchandes et artisanales. est le lieu de production de services et de contacts. 8 . les vieilles villes connaissent une accélération vertigineuse de leur processus de tertiairisation. La valorisation et la sauvegarde du patrimoine construit devrait passer obligatoirement par une logique d’environnement. l’évolution des rapports sociaux et des besoins. elles voient leurs espaces mutilés. il y a une diversité de formes urbaines et des diverses manières où chacun des pays du Maghreb a suivi pour mettre en valeur son patrimoine ou tenter de réhabiliter quelques médinas « phares ». c’est la « déviation touristique » qui a pris le pas sur nos médinas ainsi. La recomposition spatiale qui en résulte modifie non seulement le paysage de la vieille ville et celui des quartiers modernes mais elle restructure aussi la physionomie globale des agglomérations et détermine les axes forts de leur fonctionnement aujourd’hui. au bénéfice de spéculateurs en mal de résidence secondaire ? Où bien fallait-il tenter un réaménagement d’ensemble modulé et progressif ? Jusqu’aujourd’hui. Par ailleurs.et les liens organiques qui les unissaient sont remis en cause. passe nécessairement par une reconnaissance minutieuse et une compréhension profonde de la ville et de son fonctionnement. Mais depuis trois décennies. Théoriquement la centralité dans la ville arabe s’identifiait généralement grâce à l’existence dans les médinas de trois éléments structurants: le palais ou la citadelle.

nos modes de vie et nos valeurs socioculturels pour ne pas subir le fantasme des pays développés sur leur manière de voir nos espaces aménagés par eux et pour une durée déterminée qui risquerait de mettre leur devenir en péril. des leçons à tirer. Il s’agit d’un héritage urbanistique exceptionnel. 9 Voir conclusion de l’ouvrage. Elles devraient être capable de définir la concertation et de proposer aux différents acteurs économiques une manière productive plutôt que spéculative afin de tirer profit de la croissance urbaine. Car. les villes du monde arabe de Claude Chaline. pp171. on peut discerner cela à travers deux questions.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. mais il dépérit face à la rénovation. d’autres secteurs en souffrent. 9 . celle de l’emploi et du logement avec. faute de politiques urbaines appropriées. L’espace urbain est en crise. L’urgence de ces problèmes relègue au second plan. comme Herat. Comme il faut même songer à ouvrir le champ d’investigation à certaines villes de l’Asie Centrale Soviétique. et un outil capable de définir un cadre de référence. Il y a des mesures à prendre. L’effet de séduction que nous devrions faire jouer à nos médinas dans l’économie monde devrait s’inscrire dans une double perspective. et le dynamisme qu’elle entraîne. on ne dépasse pas le cadre exigu des solutions sectorielles dictées par les conditions d’urgence. et pour qu’elles puissent assigner un nouveau rôle dans la sphère internationale. ont jusqu’à une certaine similitude les mêmes problèmes. Néanmoins. comme Boukhara.172. des mécanismes à contrôler. pour leur propre développement intégré et durable. elles aussi. Elle devrait être perçue comme une opportunité pour orienter une partie importante de la croissance future de l’agglomération. selon nos aspirations. toute action sérieuse dans des domaines comme l’environnement. Sur le plan de la recherche pure. en corollaire. composé d’un ensemble cohérent d’objectifs et non pas de solutions figées et destinées à être dépassées à long terme. les pollutions et la préservation du patrimoine9. Le Maghreb et le monde arabe ne montrent-ils pas quotidiennement l’incapacité de leurs systèmes sociaux et politiques à faire prévaloir le principe d’économie sur celui de l’efficacité à court terme ? Alors que la réforme au patrimoine suggère spontanément les idées de ressourcement. et sans vouloir étendre d’avantage ce présent travail qui est déjà très vaste. à défaut de maîtrise des caractéristiques de l’urbanisation. nos actions futures exigent de nous plus de vigilance et de rigueur dans la manière dont nous aménageons nos espaces. l’augmentation du secteur d’emploi informel et l’extension considérable des quartiers spontanés. une croissance durable en harmonie avec l’environnement. Cela nous amène à reconsidérer les outils urbanistiques et les plans d’aménagement. pour les percevoir non seulement comme des documents administratifs de gestion urbaine opposable au tiers. d’authenticité ou de préservation. en Afghanistan. rendent peu crédible les tentatives de planification urbaine. et des processus à infléchir ou à modifier. pour confronter les expériences et en juger les méthodes. et plus encore devant la détérioration. 13 et 14 mai 2008 confirmer. mais surtout comme des documente. les enjeux de telles opératoires demeurent entre les mains des institutions locales en tant que maître d’ouvrages. d’une stratégie . sans cela. Conclusion  La permanence d’une forte identité culturelle s’exprime dans toutes les villes arabes mais n’est pas sans contradiction. ancien centre Timouride. en particulier vers des villes qui ont connu la civilisation islamique. ou comme tant de villes historiques en Iran. Donc. et imposent le même besoin d’une réflexion scientifique. à renforcer ou à créer. il serait utile de regarder dans le future au-delà du Maghreb et de la Méditerranée. L’explosion démographique. de méthode et de technique.

in : Villes islamiques. « Les préalables à la réhabilitation des centres historiques dans les pays arabes : une personnalité. Il faut éviter également la sauvegarde « négative » ou la sauvegarde « muséologique »qui reconvertie des ensembles à des fossiles.- 10 . nous concluons par la reconnaissance du fait suivant : que l’espace médina.L. conseil international de la langue française . 3. devrait également être exploitée en vue de régénérer un artisanat semi industriel qui libère la créativité et offre dans le domaine du bâtiment une gamme très diversifiée de produits et de matériaux.Pr. Unité Architecture (U. et s’ouvrir sur le monde contemporain. Jean-François NIABARDI. Dans le cadre d’une véritable politique de réhabilitation comment combiner entre une rénovation des habitations démolies.C.C. L’intervention sur ce type de sites. afin de permettre à la production architecturale dans les villes arabes de demeurer créative.C. une volonté » . parmi dans d’autres de création récente ? Le centre historique pourrait devenir un élément structurant de composition urbaine et de planification. Réhabilitation des médinas Maghrébines. d’un pôle productif et d’un pôle d'échange. et elle est doublement trompeuse. Sur le plan technique. Comme il est nécessaire de se prévenir du mauvais usage de la discipline d’archéologie.L. fonctionnait dans une trilogie formée d’un pôle culturel. 2. 4.V. Mohamed NACIRI .L. mais il suffit qu’il y ait perte d’un des pôles. Réhabilitation des médinas Maghrébines. La restauration excessive ou la « sur restauration »est une mauvaise chose aussi. et contribuer à la réunification spatiale et fonctionnelle de la ville. pp94-96. au sens technique et propre du terme. avec la réhabilitation du cadre de vie de certains espaces. pour que l’ensemble se déséquilibre et perd de son essence.. . cités d’hier et d’aujourd’hui.Dr Bichara KHADER et Prof. pour moduler le reste des interventions et équilibrer le fonctionnement global. Pp22-23. Jean-François NIABARDI. et de l’institut culturel Italien à Rabat sur « La réhabilitation des cités anciennes . Actes du Colloque International . 1990. car nos sites historiques souffrent également du sous encadrement et de la non qualification de la ressource humaine. L’aspect de formation devrait s’intégrer de façon systématique dans les politiques urbaines.D. où l’habitant du lieu est le principal acteur. tout en préservant les formes traditionnelles porteuses de sens. ou une conservation avare. Pp13-14. Directeur du Centre d'Etude et de Recherche sur le monde Arabe Contemporain (U. « centre ville et noyau historique ». 173pp. 1984 .Benabbès S.P. spécialisé. Salé les 6-9 octobre 1988 . il y a toute une série de mesures à intégrer. à travers ses besoins d’exploration peut devenir une manière fatale.Jaoud MSEFER .) . Publication réalisée avec l’aide du ministère des affaires étrangères Italien. parce qu’elle a une influence insidieuse. tout en partant d’éléments spécifiques locales et traditionnelles. Enfin. une structure. comme : Les contraintes liées aux conditions et utilisation modernes des édifices anciens. La direction de Directeur du Centre d'Etude et de Recherche sur le monde Arabe Contemporain (U.L. objet de notre étude. et l’apport des différents éléments de confort nécessaire au temps actuel ? On a bien dit que le noyau historique est objet à deux débats contradictoire : Est-ce qu’il réussirait son rôle nouveau de reconquête de place qu’il lui est due dans toute l’agglomération ? Ou bien se conterait-il seulement d’être un pole centralisateur. BIBLIOGRAPHIE 1.Prof. et utiliser des matériaux incompatibles.Faculté des Sciences appliquées) . Centre d'Etude et de Recherche sur le monde arabe Contemporain n° 41-42 . en veillant à éviter la mauvaise conservation. Il faut éviter le recours à une réhabilitation négligente. Edition association BOUREGREG.

Ronald Lewoock. Université de Cambridge. Communication in Symposium sur la conservation et 1a restauration du patrimoine architectural islamique . Lahore.L.C. 13 et 14 mai 2008 D.Claude Chaline .V. 6. Pp 124-125. 6-12 avril 1980 . UNESCO et commission Pakistanaise pour l’UNESCO . 8.Collectif.L.Pr.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Centre d'Etude et de Recherche sur le monde arabe Contemporain n° 41-42 .(23 p).Faculté des Sciences appliquées) . Unité Architecture (U.P. Pakistan. 1986 . Royaume Uni. . sous la direction de Dominique Chevallieret. « Les villes du monde arabe ». p11.) . « L’espace social de la ville arabe » Pp326.Présent et avenir des médinas (de Marrakech à Alep) Faxicule de Recherches n°10-11 tours 1982 7. 5.327 11 .

œuvres dispensatrices de savoir et de plaisir. Seuls «Les amis du musée» (une association d’amateurs férus) essayent. c’est dans un aspect culturel que la qualité de vie se retrouve le plus clairement mise en relation avec les objectifs économiques. Nous essayerons à travers la présente communication. Dans les méandres de l’administration locale.La prise en charge du patrimoine : question de tutelle DR SASSI BOUDEMAGH S. comme moyen et chance de réussir dans l’intense compétition interurbaine. Aujourd’hui. Le parcours du combattant effectué par un citoyen pour susciter l’intérêt des parties concernées par le patrimoine est ci-dessous rapporté par une journaliste : "A. Ceci est une illustration très révélatrice quant à la situation conflictuelle et paralysante du patrimoine en Algérie. normalement acteur et partenaire de tout projet concernant sa ville et son histoire. en particuliers des tuteurs de l'action. la responsable de la circonscription archéologique. Les monuments et le patrimoine historique acquièrent un double statut. les attributions autour de ce sujet sont entourées d’une forme d’ésotérisme. Ceci n'a pas été le cas de la ville de Constantine. revenant en termes d'urgences et de priorités d'action. Au-delà du fait qu’en raison d’impératifs professionnels partagés. Université Mentouri de Constantine RESUME: Bien que la problématique du patrimoine remonte à longtemps dans l'histoire. qu’aborder le sujet d’une manière officielle n’était pas aisé en raison d’une «complexité» dans la répartition des attributions entre représentants des pouvoirs publics (le maire lui-même nous a-t-il été conseillé). nous ne sommes jamais parvenus à rencontrer la responsable de la circonscription archéologique. étant le déplacement des valeurs à propos de la politique du patrimoine. L'urgence de l'action appelle l'urgence de l'identification des acteurs. 2006). il avait été à plusieurs reprises rabroué par les responsables» au motif qu’il «ne lui appartenait pas de s’occuper de ce qui le dépassait» et « qu’il fallait laisser cette tache à des gens qualifiés ». Département d'architecture. et que de nombreux points en aient étés évacués. elle reste toujours d'actualité. Mais surtout de l'exclusion du citoyen. Le registre dominant dans lequel est traitée cette question du patrimoine aujourd'hui à travers le monde. la politique culturelle est conçue comme instrument de restructuration urbaine. nous avons tout de même compris. selon leur possibilité. elle doit aussi être stable pour pouvoir prendre le temps d'établir des stratégies d'action et les mettre en œuvre. La colonne était effectivement disponible au milieu d’ordures et à proximité d’un égout. 12 . Dans ce champs la responsabilité doit être claire et sans équivoque. le directeur de la culture. mais aussi produits culturels mis en conditions en vue de leur consommation. D… nous dira «qu’en d’autres circonstances. le musée. sociaux et spatiaux. pour polariser les capitaux internationaux dans leurs mobilités et optimiser les fonctions stratégiques de développement des sources de revenus. Il a été démontré que la politique de modernité identifiée au progrès et à l’intérêt général ainsi que celle de la valorisation du patrimoine et de la culture ne sont pas fondamentalement différentes par leurs effets économiques. d'exposer cette problématique de ballotage de tutelle et ses retombées sur le patrimoine et sa prise en charge. dans la plupart des pays développés. de faire bouger les choses" (LEMILI A.

Actuellement l'action de décentralisation a octroyé aux élus locaux la responsabilité des politiques d'aménagement d'urbanisme sur leur territoire. passant de l'Agence à un établissement public à caractère industriel et commercial doté de la personnalité morale et l'autonomie financière portant la dénomination d'Office National de Gestion et d'Exploitation des Biens culturels Protégés. il a été décidé de confier la gestion et l'exploitation des biens culturels à l'Office National de Gestion et d'Exploitation des biens culturels protégés. dans la perspective de l'intégrer aux processus de développement économique. de surcroit. ASSOCIATIFS ET SCIENTIFIQUES QUI DETERMINENT LA DESTINEE DES POLITIQUES NATIONALES DU PATRIMOINE Parmi les organismes ayant la charge de gestion du patrimoine algérien. d'étude. Prise en charge de la recherche archéologique dans le cadre d'un centre national des recherches archéologiques créé par arrêté. vu sous l'angle nouveau de ressource générant des revenus. doté de la personnalité morale et de l'autonomie financière. LES ACTEURS POLITIQUES. d'orientation et de coordination pour faire en sorte que ce niveau de décision soit le seul et unique interlocuteur pour toutes les questions ayant trait au patrimoine culturel. de conservation. LES POLITIQUES PATRIMONIALES ALGERIENNES La politique patrimoniale en Algérie peut être scindée en quatre étapes :     La période coloniale La période post indépendance L’apparition d’un Ministère consacré à la culture La période actuelle 13 . cette agence est chargée dans le cadre du plan national de développement culturel. de l'ensemble des actions d'inventaire. Créée par le décret N°87-10 du 06 Janvier 1987. c'est un établissement à caractère administratif. Le patrimoine. vu hissés au rang d'initiateur et de décideur pour les projets locaux.Sassi Boudemagh S. Prise en charge de la restauration des biens culturels par un Centre National de Restauration.    Cependant. Le Ministère de la Culture s'est chargé de réorganiser le secteur du patrimoine culturel en opérant à travers les dispositions suivantes :  Redonner aux directions de la culture de wilaya leurs missions de régulation. lors de l'élaboration des plans d'aménagement et d'équipement du territoire par le biais des PDAU et des POS dont le principal initiateur est le département ministériel chargé de l'urbanisme. de contrôle. L'agence Nationale d'Archéologie et de protection des sites et monuments historiques et ce depuis le 06 Janvier 1987 jusqu'en Décembre 2005. de mise en valeur et de présentation au public du patrimoine culturel historique. Ceux-ci ne reçoivent les documents par le biais des services de l'habitat et ne sont consultés qu'en fin de processus. alors que les sites et vestiges historiques relèvent du département ministériel chargé de la culture. Cette agence c'est vue transformée dans sa nature juridique par le décret du 22 Décembre 2005. Ceux-ci se sont. Cette situation de mutation a été pour une grande part derrière les situations conflictuelles entres ces différentes parties concernées d'une manière ou d'une autre par le devenir du patrimoine culturel. c'est-à-dire une fois les plans établis. Cette translation d'une politique de protection du patrimoine par l'état vers sa prise en charge par les collectivités locales s'est faite sans transition et surtout sans aucun échafaudage sociétal essentiellement basé sur la mobilisation de la société et des pouvoirs associatifs. il y a :   Le Ministère de la culture : organisme principal chargé de la préservation des sites et des monuments historiques en Algérie.

la culture dans son sens global. L'arrêté du 26 Avril1949modifié et complété portant création en Algérie de circonscriptions territoriales pour la surveillance des gisements archéologiques et préhistoriques. soit à une région ou à un aspect défini du patrimoine culturel. se résumant aux parcs. Le décret du 09 Février 1942 étendant à l'Algérie la loi du 27 Septembre 1941. après 132 années d’occupation. L'initiative du classement revient tant au propriétaire qu'à l'Etat. décrets. aux musées nationaux et autres ateliers d’études. Apparition du Ministère consacré à la culture Dans les années 70.    La période post indépendance À l’indépendance en 1962. de l’archéologie et des monuments et sites historiques. Parmi les textes relatifs à cette législation ce qui suit:   Le décret du 02 Mai 1930 relatif aux monuments naturels et sites de caractère artistique. Une manière de prendre possession et d'avoir une emprise intellectuelle et culturelle sur le patrimoine algérien L’Ordonnance n° 67-281 du 20 décembre 1967 Cette ordonnance est relative aux fouilles et à la protection des sites et monuments historiques et naturels. Cette direction qui changera d’appellation et d’organisation plus tard regroupait les trois sous–directions . Sa prise en charge s’effectue depuis dans un organisme central de gestion qu’est le Ministère de la culture et de l’information et ce dans un cadre désormais distinct à travers la direction des musées. concernant les interventions sur les monuments ou dans le site. Il est prononcé par arrêté ministériel après avis de la commission nationale des monuments et sites. l'histoire. à l'indépendance. Le décret du 14 Septembre 1925 concernant les monuments historiques en Algérie. 14 . l’arsenal juridique et administratif établi par la France dans la totalité des domaines (lois. Des musées. de l’archéologie. dotés de pouvoir autonomes et de prérogatives propres. historique. Les mesures de protection entrainent des servitudes. confirmé par l'ordonnance du 13 Septembre 1945 sur les fouilles intéressant la préhistoire. Cette ordonnance définit les sanctions des différentes formes d’aliénation du patrimoine et établit très succinctement une idée des rapports de propriété privé et publique. Ces organismes toujours sous tutelle de l’administration centrale. 13 et 14 mai 2008 La période coloniale (1830-1962) A cette époque. le patrimoine culturel est administré par le ministère de l'intérieur a travers la direction des Beaux arts monuments et sites historiques. l'art et l'archéologie. scientifique. qui était gérée par le ministère de l'intérieur. 1/3 des monuments classés datant de l'antiquité et un nombre très réduit de monuments islamiques. arrêtés et circulaires) servira de source d’inspiration aux textes législatifs de l’Algérie indépendante. l'Etat algérien reconduit la législation française en matière de protection des monuments et sites historiques. et des sites et monuments historiques. relève à l'indépendance du ministère de l'éducation nationale. La direction des Beaux arts monuments et sites historiques. Elle a été la référence en matière de gestion du patrimoine culturel en Algérie jusqu’à 1998. légendaire et pittoresque. Pour assurer la protection de ces sites l'Etat peut exercer des procédures de conservation telles que le classement ou l'inscription à l'inventaire supplémentaire. modifiés par des décrets du 03 Mars 1938et le 14 Juin 1947 et la loi du 21 Novembre 1954. Les problèmes induits par une gestion extrêmement centralisée ont fini par pousser les autorités à créer des extensions locales à la direction centrale à travers le territoire national. Note de site archéologiques en 1950 et arrêt du dernier classement en Algérie en 1956. année de promulgation de la loi n° 98-04 relative à la protection du patrimoine culturel. a vu l’apparition d’un Ministère totalement dédié. la liste des monuments classés avant 1962 a été reconduite mis à part quelques monuments représentant la gloire du colonisateur. une surveillance par les services compétents et des possibilités d'expropriation pour cause d'utilité publique en cas de non préservation par des particuliers. aux offices. Plus que s'en inspirant.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen.

la citadelle d'Alger. biens culturels mobiliers. 15 .Sassi Boudemagh S. Le même responsable interrogé sur l'existence d'une quelconque coopération entre le ministère de l'habitat et le ministère de la culture pour la bonne prise en charge des problème concernant les sites archéologiques lors de l'élaboration des plans d'urbanisme." le changement d'un système à un autre entraine des pesanteurs d'ordre structurel et/ou psychologiques. sa transition vers l'économie de marché et ses conséquences sur les politiques urbaines et architecturales. de l'Etat centralisateur vers des collectivités locales. Avec les grand changements politiques. le palais du Bey de Constantine ont fait partie de ce programme ambitieux. La prise de conscience sur les enjeux urbanistiques des instruments mettra du temps à s'imposer à des operateurs par le passé non associés à la gestion du développement urbain" C'est justement à ce niveau des choses que se situe la problématique de prise en charge et de gestion du patrimoine. L'ordonnance de 1983 Jusqu'à l'année 1983. Cette loi constitue l'acte fondateur de la stratégie patrimoniale visée et planifiée par le Ministère de la culture Algérien. L’élément clé de cette loi reste l’apparition de la notion de « biens culturels » composés de : biens culturels immobiliers. et innovation majeure. Par la dite loi. La ville d'Alger polarisait toute la préoccupation autour de son centre traditionnel. une ordonnance permet la protection des sites non classés indiquant les possibilités d'intervention sur une agglomération à condition que celle-ci soit inadaptée aux fonctions urbaines. la politique patrimoniale est de nouveau rappelée en vedette au sein du grand projet urbain(GPU). par rapport à l’ordonnance 67-281. il n'y avait que la casbah d'Alger qui bénéficiait d'un programme de réhabilitation. les problèmes liés aux biens habous sont pris en charge par un cadre juridique approprié. etc. au foncier et à la gestion du domaine notarial ont. etc. en effet. Le changement institutionnel ne signifie pas uniquement un déplacement des prérogatives. c'est le cheval de bataille pour l'aboutissement du processus de réappropriation de la culture pour l'affirmation de l'identité.une instruction présidentielle vient la même période renforcer ces mesures impulsant une nouvelle conception de l'aménagement urbain remettant aux premiers rangs d'intérêt la revalorisation du patrimoine. engagé par la société et à sa tète les pouvoirs publics. Cependant. répond que les relations sont développées lorsque la préoccupation des valeurs culturelles du patrimoine est menacée. De par son statut de capitale et de surcroit doté d'un organisme d'étude le COMEDOR. socio-économiques et institutionnels qu'à connu l'Algérie vers la fin des années 90. Les différents textes liés à l'urbanisme. incluant les mêmes éléments et en définissant de nouveaux. Ce projet a été diligenté par l'Agence nationale d'Archéologie et de Protection des Sites et Monuments Historiques. les prérogatives ainsi que les responsabilités sont précisées. cassé un système monopolistique marqué par une absence totale de transparence et permettant dans des cas nombreux la création des rentes. Biens culturels immatériels. l'Etat est impliqué financièrement dans les travaux de restauration des maisons dans les tissus urbains. Cependant cette loi n'a vu la publication de ses textes d'application qu'en septembre et octobre 2003. en l'occurrence. la question du patrimoine culturel se trouve au cœur des questions identitaires. Ces dernières sont sensées être représentatives de populations et non des fragments excentrés de l'Etat. En 1983. surtout l'apparition du statut de super capitale concernant la ville d'Alger induisant de nouveaux enjeux avec des projets de grande envergure. L'intervention doit être inscrite au plan d'urbanisme directeur (PUD) et donner lieu à un schéma d'aménagement d'ensemble précisant les conditions de relogement ainsi que l'usage des secteurs rénovés. Les opérations de réhabilitation et de restauration de quelques Monuments tels que le Bastion 23. rapportant les propos du directeur de l'urbanisme et de l'architecture au sein du Ministère de l'Habitat en l'année 1995. d’une façon précise. Qu'est ce que la préoccupation de valeur culturelle? Comment peut-elle être considérée comme menacée? Cette même problématique c'est vue matérialisée dans l'histoire du Master Plan de Constantine La période actuelle La référence juridique actuelle en matière de protection du patrimoine culturel est la Loi n° 98–04 du 20 Safar 1419 correspondant au 15 juin 1998 relative à la protection du patrimoine culturel. Vers les années 90. ce qui est très révélateur quant à l'opérationnalisation de cette loi.

Conférence Internationale sur la Médina

Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

Il y a eu notamment création des "secteurs sauvegardés" en plus de l’inscription sur l’inventaire supplémentaire et le classement, comme mesure de protection spécifique des biens culturels immobiliers. Aussi, et d’une façon très brève, la loi a formulé de nouveaux entendements concernant le droit public et privé, fixé un nouveau cadre aux recherches archéologiques dans des limites plus vaste que celles définies pour les fouilles dans l’ordonnance 67-281, mis sur pied une procédure de financement des opérations d’intervention et de mise en valeur des biens culturels, mis– à– jour les sanctions et les peines pour les infractions. D’une façon globale, la loi 98-04 relative à la protection du patrimoine marque une étape d’affinement des notions, et d’établissement d’une conception détaillée du fait patrimonial ainsi que ses corollaires. Ceci reste, cependant, très limité au niveau théorique des choses.

CONFUSION DANS LES RESPONSABILITES, D'INTERETS, ECHECS DE MONTAGES

CONFLITS

DE

PREROGATIVES

ET

Pour les secteurs sauvegardés la loi associe deux administrations celle de la culture et celle de l'urbanisme. Le ministère de la culture revendique la première responsabilité en matière de prise en charge du patrimoine architectural, déclarant posséder tout le pouvoir pour la protection et mise en œuvre de la médina quelque soient les exigences du développement urbain. D'autre part le ministère de l'habitat et de l'urbanisme se trouve être à la tète de tout processus d'élaboration des plans et instruments de gestion urbaine et spatiale. Prenons l'exemple de la ville de Constantine, dont la gestion, à l'instar de toutes les villes algériennes, est du domaine de la commune sous la tutelle de la wilaya, se faisant dans le cadre des attributions du code communal et du code de la wilaya dont les prérogatives respectives sont décrétées par la loi N°90-08 du 07 Avril 1990 relative à la commune et la loi N° 90-09 du 04 Avril 1990 relative à la wilaya. Celles ci ont toutes deux instituées des dispositifs de sauvegarde du patrimoine pour encadrer les opérations de réhabilitation, restauration et rénovation, en particulier les articles suivants: 93 / pour le code de la commune rendant celle-ci responsable, dans le cadre de la protection du patrimoine architectural de :   La préservation et la protection des sites et monuments en raison en raison de leur vocation et de leur valeur historique ; La sauvegarde du caractère esthétique et architectural et l'adoption du type d'habitat homogène des agglomérations.

83 / pour le code de la wilaya chargeant l'assemblée populaire de la wilaya d'apporter son soutient aux communes dans la mise en œuvre de leurs programme d'habitat et à ce titre, elle participe à des opérations de rénovation et de réhabilitation en concertation avec les communes. Devant le caractère particulier de l'opération de sauvegarde de la médina de Constantine, le plus communément appelée le Rocher, les services techniques des collectivités locales ont buté contre la difficulté de prise en charge de ce cas sans risquer de compromettre la gestion des autres quartiers. A défaut de classement, la vieille ville de Constantine a été érigée par le Ministère de la culture en secteur sauvegardé, par le décret exécutif N°05-208 du 04 Juin 2005. Fait qui devait lui permettre d'obtenir l'aide financière et technique ainsi que les moyens nécessaires à sa préservation et la réhabilitation de son tissu originel. Sur proposition du directeur de l'urbanisme et de la construction, le wali de Constantine crée sur décision une cellule a caractère pluridisciplinaire chargée de la mise en œuvre des opérations de sauvegarde et de gestion urbaine de cette vieille ville, et pris la responsabilité de la présider avec comme relai un secrétariat assuré par la Direction de l'Urbanisme et de la Construction.

16

Sassi Boudemagh S.

La cellule technique de sauvegarde et de réhabilitation de la vieille ville était chargée des missions suivantes :         Suivi des études du plan de sauvegarde de la vieille ville; Préparation d'un dossier pour le classement du site comme patrimoine national; Orientation et assistance des bureaux d'études lors de l'élaboration des différentes études et interventions ; Négociations avec les propriétaires; Elaboration des dossiers de réhabilitation des équipements et logements; Etablissement des ilots ou des zones à évacuer; Elaboration des différents cahiers des charges; Suivi des travaux en cours de réalisation.

Un comité composé de 14 services de gestion urbaine, chargé des opérations de sauvegarde, de réhabilitation et de gestion de la vieille ville de Constantine a été créé dans les mêmes conditions et à la même date, toujours présidé par le wali. Ce comité avait pour missions: l'approbation du plan d'action de la cellule, la validation des décisions de la cellule et le suivi des travaux en cours. Par ailleurs, selon la loi 98-04 du 15 juin 1998 toutes les prérogatives de sauvegarde du secteur reviennent en premier lieu à la direction de la culture de Constantine, sensée être premier interlocuteur pour tout acteur dans le processus touchant au patrimoine. La cellule de sauvegarde se trouve être en porte- à- faux du point législatif et réglementaire, elle n'est nullement étayée par un statut. Ceci d'une part, d'autre part, la présence du comité chargé des opérations de sauvegarde, de réhabilitation et de gestion de la vieille ville de Constantine vient, de surcroit, saper la crédibilité et l'autorité donc l'efficience de cette cellule. La vieille ville de Constantine a également fait l'objet de l'application du Master plan entre l'année 2003 et 2005. Un dispositif technique opérationnel visant la requalification physique du vieux bâti, et également un cadre général d'interventions à concrétiser progressivement dans le temps et en fonction de la situation économique et sociale. L'accord cadre portant "master plan" pour la Medina de Constantine a été établi entre l'université italienne Roma Tre et le Ministère de l'Habitat et de l'urbanisme, ce dernier étant premier responsable des politiques urbaines et de leur mise en application. Mais dans ce cas il s'agit d'un cas relevant du patrimoine et de sa sauvegarde! Le Master Plan de la vieille ville de Constantine se situe chronologiquement avant la création du secteur sauvegardé et était sensé préparer à l'élaboration du plan permanent de sauvegarde. Il a par conséquent occupé la période de transition dans laquelle était prévue la mise en place par la direction de la culture de la wilaya en concertation avec la commune de Constantine d'un plan d'urgence pour parer au vide juridique et répondre aux problèmes survenant pendant cette période. Ce plan d'urgence n'a jamais vu le jour a cause de l'absence de toute entente entre ces différentes institutions, donc de l'impossible concertation. En 2005, la présentation du Master Plan pour la rénovation de la Medina de Constantine tombe à pic sur un conflit institutionnel. Nous dirons plutôt un problème de tutelle disputée, entre le Ministère de la culture revendiquant la responsabilité du secteur sauvegardé et le Ministère de l'habitat dont le souci était la mise en application du Master Plan en tant que méthode de la politique urbaine dont lui a la charge. Entre temps les mouvements associatifs ne cessent de lancer des appels de détresse, tentent par tous les moyens de pénétrer la forteresse ou semble se concocter le devenir de leur Rocher sans pour autant réussir la moindre action de participation. Il est utile et instructif d'avoir un aperçu sur l'exemple d'un autre pays tel que la France, où les années 1978-1984 ont constitué une charnière essentielle de l’histoire des politiques du patrimoine. Le lancement de l’année du patrimoine en 1980 révèle l’intensité de la mobilisation des Français autour d’un concept dont les frontières se dilatent en l’espace de quelques années. Dans ce pays, la recherche accompagne à deux niveaux ce moment. D’une part elle contribue à consacrer des champs nouveaux de l’intervention publique (Daumas .M.1980), d’autre part elle se propose d’interroger le sens social et historique de la notion.

17

Conférence Internationale sur la Médina

Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

Cette mobilisation de la communauté scientifique se situe d’emblée dans l’espace de la critique. Derrière la vogue du mot, historiens, sociologues, ethnologues et philosophes s’attachent à décrire le symptôme. Pour Alain Bourdin en 1984, le patrimoine est « au carrefour de deux processus essentiels dans toute société : la production de la sécurité et celle de la valeur8 » (BOURDIN.A. 1984). Les logiques institutionnelles succèdent ici aux logiques idéologiques et éclairent quelques-unes des grandes tensions de l’histoire des politiques du patrimoine. Tensions entre l’administration des cultes et celle des beaux-arts. Elles permettent aussi d’indiquer que ces politiques participent de logiques d’acteurs et d’échelles qu’il est nécessaire de prendre en compte. Du rôle des associations et des territoires, les relations entre les uns et les autres sont encore trop souvent posées sur un mode bipolaire : amateurs contre professionnels, associations contre administrations. La figure archaïque de l’érudit local a souvent émergé dans l'histoire. Cependant il leur a été reconnu le rôle central dans la réappropriation du patrimoine en tant que charnière inter institutionnelle. Les études démontrent la porosité des réseaux et plus encore le lien étroit entre les milieux de la recherche (en archéologie et en ethnologie notamment mais aussi en histoire de l’art et en histoire) et les institutions politiques. Dès lors, à partir de l’histoire des politiques du patrimoine se déroule l’écheveau des enjeux culturels et identitaires propres à une société à une époque donnée. Le patrimoine architectural est forcement un objet situé au carrefour des politiques publiques de la culture. Aujourd’hui, c’est dans un aspect culturel que la qualité de vie se retrouve le plus clairement mise en relation avec les objectifs économiques ; dans la plupart des pays développés, la politique culturelle est conçue comme instrument de restructuration urbaine, comme moyen et chance de réussir dans l’intense compétition interurbaine, pour polariser les capitaux internationaux dans leurs mobilité et optimiser les fonctions stratégiques de développement des sources de revenus. Les monuments et le patrimoine historique acquièrent un double statut, œuvres dispensatrices de savoir et de plaisir, mais aussi produits culturels mis en conditions en vue de leur consommation. Il a été démontré que la politique de modernité identifiée au progrès et à l’intérêt général ainsi que celle de la valorisation du patrimoine et de la culture ne sont pas fondamentalement différentes par leurs effets économiques, sociaux et spatiaux. Le renouvellement de l’aménagement du territoire pousse donc à dilater l’espace de compréhension des politiques du patrimoine. Le patrimoine doit devenir le prétexte par lequel les politiques sectorielles se recomposent et se lient sur le terrain, et que toutes les parties se fédèrent et se mobilisent autour de l'action portée sur le patrimoine.

BIBLIOGRAPHIE
1- BOURDIN A., le Patrimoine réinventé, Paris, PUF, 1984, p.18. 2- BOUANANE KENTOUCHE N., Place du Patrimoine dans les politiques Urbaines en Algérie, mémoire de magister, Université Mentouri de Constantine, 2008. 3- DAUMAS M., l’Archéologie industrielle en France, Paris, Laffont, 1980 ; A. Cadoret (sous la dir. de), Protection de la nature : histoire et idéologie. De la nature à l’environnement, Paris, l'Harmattan, 1985. 4- LEMILI A., Article paru sur le quotidien LA TRIBUNE, du jeudi 26 Janvier 2006. 5- Revue H.T.M. Habitat, Tradition et Modernité, N°3 ARCCO, Avril, 1995, Alger, pp. 53-60.

18

Université Mentouri-Constantine INTRODUCTION Les historiens. la patrimonialisation pratiquée sans discernement est en phase de conduire à une muséification des villes et des quartiers anciens. Favorisée par la mondialisation. les déséquilibres incessants mais fructueux. 1990]. Son organisation spatiale faite d’un bâti serré autour d’un espace public constitué de rues et de places est provinciale. recherche sans cesse l’occasion pour mettre en pratique son imaginaire. Elle signifie sacralisation d’un ordre passé. Peu importe les accointances. de la diversité culturelle et des enjeux économiques. le commanditaire et même les usagers d’un tel édifice peuvent se prévaloir du statut de « mondialisé ». ils montrent dans les temps présents des attitudes pour le moins mitigées. Catalogué dans le courant néo-moderniste. Cependant. cataloguée comme l’exclusive dépositaire de la création des édifices. aujourd’hui. le flottement des valeurs. l’hypermédiatisation offre à cette élite « professionnelle » des occasions pour composer des discours dithyrambiques en sa faveur et d’autres propos dévalorisant envers tout ce qui est « archaïque » et « folkloriste ». les préoccupations urbaines (et urbanistiques) constituent des enjeux majeurs appelant à affirmer des options et prendre des décisions en matière de développement urbain. même si les sites en question sont très sensibles car. la « signature » de ces architectes arrive à elle seule à imposer le produit dans le réseau urbain mondial. ils sont appelés à réussir : dilemme faustien. à fortes charges patrimoniales. ces qualificatifs désignent tout ce qui « ancien » sans épargner les architectes qui prônent une connexion avec le passé. Ce privilège consacre une nouvelle forme de sacralité en attirant les divers flux. Si nous considérons que les architectes sont très impliqués dans ces choix. Cette attitude conduit également à des « impostures » artistiques : l’essentiel reste de singulariser le cadre urbain et d’attirer les touristes en quête d’images impressionnantes. Cependant. » [Le Dantec J-P. Au nom de l’identité. ces concepteurs doivent bien choisir. les flux d’information. Elle ne vit plus que sous perfusion. force est de reconnaître que la gageure immisce ce corps dans une situation «tragique ». Non seulement. interdisant par conséquent toute intervention. bien sur.L’architecte. par la mobilité et par le marketing. (Constantine. ni à une esthétique nerveuse sensible au climat d’une époque marquée par l’électronique. sponsorisées par le courant ultralibéraliste exhibent des performances et des capacités imaginatives qui n’épargnent pas les architectes (surtout les jeunes diplômés). C’est dans cette optique que l’émergence des « transarchitectes » fait parler d’elle. ni le grand public. Car. le patrimoine bâti et la recomposition des centres anciens : Un dilemme faustien. d’une « valeur à priori » employée pour la « reproduction des sociétés » et par conséquent elle s’érige en un « leurre ontologique » [Jeudy.BOUCHAREB Département d’Architecture et d’Urbanisme Laboratoire Ville et Santé. ni aux nouveaux modes de vie. 1995] . Voilà une réalité culturelle qui entame son déclin sous les effets conjugués de la mondialisation et de la globalisation. Naturellement. A . ni au développement économique. les architectes quand à eux. la « fièvre de construire » réduit toutes les susceptibilités. DE L’ARCHITECTE AUJOURD’HUI… La patrimonialisation constitue un champ de « fixité » et une source handicapante pour l’imaginaire. les tendances « futuristes ». les gestionnaires des villes et les élites citadines en particulier ont tendance à tout patrimonialiser. Faut-il rappeler que l’histoire de l’architecture nous renseigne sur la « faiblesse » idéologique des architectes et des urbanistes ? En effet cette caste. les leçons du passé). dont les finances. le lieu. Elle n’est plus adaptée. ce discours dominant énumère les griefs de la ville européenne : « la ville dense européenne est un archaïsme.

ces centres. la patrimonialisation n’est pas américaine. DE LA NECESSITE D’INTERVENIR SUR LES CENTRES ANCIENS Le patrimoine bâti s’inscrit dans un contexte physique urbain. se réajuster ou se recomposer sous la pression des mutations économiques. 20 . C’est un principe. Pratiquant la « tabula rasa » (nous préférons ce terme par euphémisme. à la fragmentation socio-spatiale. L’enjeu essentiel pour les grandes villes (particulièrement celles qui reposent sur des fonds patrimoniaux importants) est de s’inscrire dans le réseau mondial (ou régional) et prétendre ainsi à une représentation transnationale. l’insertion de nouveaux modes économiques (tertiaire en particulier) ne peuvent pas occulter les risques et probabilités des pertes (à jamais) de quelques témoins de la mémoire et des appuis « physiques » de l’identité. Par rapport à ces doctrines. le non-respect de l’échelle. les tissus vernaculaires offrent toujours par leur belle « image » chaotique la sublimation. (Somatique ou chronaxique). par une nécessité. En première synthèse. à « terre brûlée »). il ressort qu’il y a assez de facteurs qui peuvent mettre à mal tout l’héritage patrimonial et surtout affaiblir les motivations et les intérêts pour ce thème. Cependant la question des modes d’intervention reste l’apanage de la caste des « professionnels ». Rappelons que la ville américaine offre l’image d’une ville fantôme destinée au toutautomobile. L’anarchie installée progressivement à l’ombre des TIC dénote le recul de modes prônés par la planification. particulièrement chez les générations avenirs. les classements des priorités. La nécessité d’opérer des actions pour l’amélioration des conditions sociales (hygiène. Ainsi. à la télévision et à la privatisation des tous les services publics compris. il est soumis par conséquent à une immanence.  La nécessité d’opérer des réajustements urbains pour la survie de la ville. certaines phobies se développent rapidement et arrivent à favoriser de curieuses alliances entre les gestionnaires des villes. le « chaos » devient un « ordre caché ». LE CHAOS SUBLIME A ce discours. la ville américaine extensive ne veut pas s’encombrer d’une « charge » qui finira par consacrer un rituel gênant. transport). En fait. qu’elle soit temporelle ou corporelle. les consensus restent tributaires des volontés et des motivations politiques et sociales.Bouchareb A.  Les mutations en cours ou en gestation concernant particulièrement les missions des professionnels et les investisseurs de la ville . Et comme les centres-villes (leurs composantes) sont contraints de s’actualiser. Et pourtant. les consensus politiques et sociaux deviennent des requis préalables à toute élaboration de stratégie urbaine ou à des interventions urbanistiques. Il faut dire que les « transarchitectes » puisent l’essentiel de leur inspiration de ce modèle. Nous le mesurons quotidiennement dans les inclinations des étudiants en formation et même chez les pratiquants. technologies. offre une « liberté » pour mettre en pratique les lubies les plus inavouées. les écologistes et les « socialisants » contre le spectre de la ville américaine. Ce champs laisse entrevoir quelques « frictions » entre :  Les objectifs cultivés par les tenants de la patrimonialisation tout azimut . Sur le plan de l’esthétique des paysages urbains. la question des interventions et des modes opératoires reste souvent sujet à controverse. Ces perspectives interpellent l’avenir du patrimoine et ses corollaires identitaires et mémoriaux En effet. sociales et techniques. Cette caractéristique veut que tout être soit appelé à subir sa « croissance ». dont le savoir-faire se mesure souvent à l’efficacité et la pertinence des actions sur les sites. toujours superposés à des lieux à haute charge patrimoniale et symbolique. ELEMENTS POUR UNE PROBLEMATIQUE Nous avions énuméré quelques thèmes fondamentaux pour la prise en charge du patrimoine dans le cadre du rapport ville/patrimoine. Disons en seconde synthèse que le volet « procédural » est prégnant tant les questions juridiques. font émerger de grands enjeux et des questionnements légitimes. le patrimoine et tout ce qu’il représente comme cristallisation du vernaculaire sont relégués au statut de l’archaïque.

1981] du lieu. Quelques mots pour définir ces deux valeurs fondamentales de tout lieu habité . même les chinois s’y mêlent en apportant un zeste d’exotisme. Ces inscriptions dénotent le génie et le respect des lieux occupés avec subtilité et affectivité. le premier d’origine romaine. s’effrite rapidement. Aujourd’hui. recommande que toute implantation humaine « réussie » doit avant tout pactiser avec les « génies » [Shulz Ch-N. désigne les traits physiques pertinents d’un site. 21 . alors que le reste. l’architecture et l’urbanisme deviennent des actes fondateurs ou refondateurs. même cernées. D’autre part. la multiplication des commerces. qui ont carrément imposé une note dissonante. Lebebfre [H. certaines sont en voie d’achèvement (Palais du Bey. d’autres en cours (Bab El Djabia et la Rue Mellah S. mais juste aux locaux commerciaux. Par ailleurs. Lefebvre 1970]. l’absence d’interventions signifie la muséification d’une relique digne d’une collection « privée ». et les topies de base. après presque 3 décennies). Subtilité et affectivité. C’est cette image qu’offre le vieux Rocher de Constantine. lieux privilégiés du commerce informel. les zones où se regroupent ces commerces sont l’objet d’un extraordinaire regain d’intérêt. à l’exception des interventions coloniales françaises. diagnostiquées et finement planifiées. Cet « usage » s’était accompli dans le respect des fondamentaux de l’établissement humain originel (devenu urbain plus tard) : le « genius loci ».) buttent sur des problèmes techniques (les corps de métiers font défaut) et un Plan Permanent de Sauvegarde fraîchement initié. un héritage que chaque génération avait « participé » à fructifier en déployant son génie et en puisant dans son capital savoir pour qu’il soit réapproprié afin de répondre à ses attentes du moment. 13 et 14 mai 2008 Cependant. il y a un véritable phénomène de gentrification de ce Vieux Rocher. VICISSITUDES DU PATRIMOINE BATI CONSTANTINOIS Il est très facile d’établir un état des lieux du patrimoine bâti constantinois aujourd’hui. Cependant cette forme ne touche pas à l’habitat. ceux écoulant des produits venus de Dubaï. C’est dans ce sens que nous adoptons volontairement une position considérant la ville comme un produit multiséculaire. Une vieille-ville qui se dégarnit chaque jour d’avantage. de Syrie ou de Taiwan. C’est dire que l’enjeu est très délicat : ces interventions portent sur des témoins et sur un héritage jalousement conservé par des générations et durant des siècles. En effet. La nécessité de renouveler ou de régénérer la ville devient incontournable.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. particulièrement. ne sont-elles pas les conditions requises pour espérer conserver. donne l’occasion aux « investisseurs » de procéder à des rénovations localisées. employé par H. Des actions « promises ». Les multiples « fructifications » n’ont pas entamé sa structure ni son « soma ». Du coup. les interventions sur un substrat accumulé. mis à part les ruelles accessibles. conservé et choyé durant des siècles demeurent des opérations sensibles et par conséquent très risquées. un palimpseste qui laisse apparaître en filigrane les substrats de tous les occupants depuis la période préantique. le second. même s’il conduit à des situations irréversibles. sauvegarder et maintenir une mémoire vivante ? Examinons ce que l’histoire urbaine de Constantine nous enseigne. N’oublions pas également que le risque est devenu une valeur de la société post-moderne.

L’élite citadine locale résidant dans la vieille-ville. la vieille ville entamait sa déchéance. Il y va sans dire que cette hypercommecialisatison se lit comme une bazardisation qui fait reculer les formes d’urbanité de base que cristallise la Vieille Ville. libraires. lieu exclusif symbolisant l’urbanité. Toujours dans le volet « état des lieux ». En fait. la reconversion des locaux.44 7. Il faut signaler également que cet état des lieux n’est pas le fait exclusif de l’usure dans le temps. Ce « déménagement » interne a été suivi par un déplacement des populations issues de l’exode rural durant la colonisation et habitants les « bidonvilles » de la périphérie. naguère des cafés fréquentés par une élite « intellectuelle ». (Source Cellule de Réhabilitation de la médina de Constantine) L’état des lieux de la vieille-ville constantinoise est successif à des vicissitudes souvent malheureuses. tend à extraire la dimension « mythique des lieux ».Bouchareb A. dut se replier sur les habitations vacantes laissées par les colons et situées dans les pourtours du Centre ou dans des quartiers résidentiels. alors « périphériques ». La démographie et la démission des propriétaires a accéléré le délabrement du bâti. restaurants « gastronomiques ». en commerce de « made in ». ETAT DU BATI Bon état Etat moyen Mauvais état En ruine NOMBRE 365 812 256 124 TAUX (%) 23.97 Tableau 1 : Etat des lieux de la VieilleVille de Constantine en 2004. les propriétaires ne pouvaient plus procédaient aux travaux de confortements ou de rénovation. Tout a commencé le lendemain de l’indépendance. il est partiellement accéléré par ses occupants-mêmes dans le but d’accéder prioritairement au logement social. ou locaux d’artisanat étroitement liés à la mémoire collective. relève que 20 % des habitations ne répond pas aux normes. Les surpeuplements devenait alarmant. En fait. 22 .44 52. Figure 1 : Vue aérienne de la Vieille Ville de Constantine (2003).15 16. Ces populations bénéficiaient de location de pièces dans les habitations. les informations émanant des sources officielles dénotent le caractère alarmant des conditions d’hygiène et de l’état du bâti : le RGPH de 1998.

dont la démolition et reconstruction tout en maintenant les activités. Numido-punique. Ainsi après chaque conquête. Cependant. ces travaux bien menés ne trouvent pas les échos nécessaires chez les gestionnaires de la ville. peu d’objets ont été mis au jour sur le Rocher. Seulement. Ce statut a attisé les convoitises des différents conquérants. Et dans cette dégradation disparaît un pan entier de l’histoire. ont vu leurs occupants bénéficier de logements dans les ZHUN fraîchement aménagées à la périphérie de la ville ou dans les villes satellites (El Khroub. Le PUD de 1975 désignait la vieille-ville en « zone à rénover ». 13 et 14 mai 2008 Certaines habitations menaçantes ruine. l’élaboration d’un POS Vieille-ville n’a connu aucune suite. d’autres habitants démolissaient eux-mêmes leurs maisons dans l’espoir d’être relogés prioritairement. ils ont insufflé assez d’arguments pour pousser le mouvement associatif à attribuer au patrimoine constantinois plus d’intérêts. le Ministère de la Culture s’oppose à sa réalisation. tant que la question de l’état des lieux. LES SUBSTRATS URBAINS : MODES D’EMPLOI Un constat préalable : Constantine est depuis 30 siècles en poste de commandement d’une région dont les limites sont toujours fluctuantes. une grande quantité de mémoires et thèses ont été élaborée dans ce cadre. financé par la Wilaya dans le Chapitre « Amélioration urbaine » bute également sur l’inexpérience technique et de gestion des projets en milieu patrimonial et sur l’absence d’entreprises qualifiées. Aujourd’hui rattrapé par le Plan Permanent de Sauvegarde initié en 2007. Nous entamons donc cette rétrospective par la ville au temps des romains. la proposition de l’URBACO. En 2003. Ces derniers ne voulaient en aucun moment réveiller l’inextricable question du statut juridique des maisons de la vieille ville. Sans qualifier cet usage. Cependant les ruines délaissées par les relogés sont immédiatement occupés par d’autres prétendants au logement social. Un projet. Ain Smara). Une proposition d’élever des « tours » sur le site été lancée. ni affronter le mouvement associatif qui s’affirmait de plus en plus sur la scène local. En 1996. une autre aventure commence. Fraîchement achevé. les occupants réemployaient déjà les matériaux des constructions précédentes. En attendant le temps n’arrêtera pas son usure. la formation de corps de métiers d’artisanat en matière de patrimoine et la mise en place d’un cadre « administratif » clair et organisé ne sont pas tranchés. Alors que de l’autre côté. Sur le plan des études. un partenariat Algéro-Italien. Elle a été plutôt favorisée par des conjonctures économiques défavorables et des gestionnaires précautionneux. invoquant le fait que le secteur en question est devenu une « zone sauvegardée ». Examinons quelques indices de cette qualité dans les temps passés. L’intérêt porté à ce patrimoine s’est établi progressivement. Esprit qui fait aujourd’hui défaut. Des alternatives ont été annoncées durant les années 80. disons simplement que cette succession a instauré un « esprit » de bâtisseur. ni le mouvement associatif ne sont en mesure d’assurer la survie du patrimoine local. Toutes ce « verbiage » a été freiné par l’actualisation du PUD qui privilégia la « préservation des monuments historiques » et du site naturel des Georges du Rhummel. le statut juridique des maisons. s’est perdue dans les prétextes financiers. la condition sociale des habitants. La « patrimonialisation » de la vieille ville n’a jamais été ouvertement déclarée. En fait. Ainsi.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. En effet. Portant sur la restructuration et la rénovation du Centre-ville. de matériaux et de la mémoire constantinoise. l’université de Constantine vient en pôle position. avait donné l’occasion au DPAT et à l’Université ROMA III de procéder à l’étude du Master Plan pour la Vieille ville. la vieille-ville s’effondrait petit à petit sous le regard impuissant des autorités et des associations. Les réflexions opérationnelles concernant la vieille ville ont été entamées en 1984 par l’URBACO. ce travail est bloqué dans un imbroglio « juridico-administratif ». 23 . le maître du moment s’attelait à « redessiné » la ville pour pouvoir se la réapproprier. ni les autorités. entamé en 2005. Ce qui amena les autorités locales à procéder à des démolitions d’îlots entiers. d’ailleurs. Car. ces universitaires forment les plus importants noyaux du mouvement associatif s’intéressant au patrimoine. dont l’étude a été confiée au Laboratoire Ville et Santé. en 1982. car de la période précédente. En conclusion.

Une seconde trame se « démarque ». en se « surexposant ». fatimide. THEATRE AREA SACRA CITERNES FORUM EDIFICES THERMES PORTES FORUM PONT Figure 2 : Hypothèse de l’organisation spatiale de la ville durant la période romaine L’affectation des édifices semble correspondre à des exigences symboliques et « techniques ». La ville était également marquée par des arcs de triomphes et un tetrapyle enjambant les voies principales et un mobilier urbain sous forme de statuaire et de fontaines. le même site comprenait les citernes les plus importantes. et d’autres rues transversales orientées Sud/Nord et acheminant les flux vers ces mêmes zones à partir des portes d’accès à la ville. la ville de Cirta à l’époque romaine se présente comme un cadre urbain structuré par des voies principales et secondaires. représente une hypothèse de l’organisation spatiale de la ville que nous avions élaborée dans notre travail de thèse [Bouchareb.Bouchareb A. La figure 2. Ainsi. En synthèse finale. fortement modifiée. deux forums et une esplanade. des thermes) et des « servitudes » (Citernes. Le seul témoin. reste les restes d’un rempart fait de bloc de pierre situé sur la pointe Nord/ouest que les romains avaient prolongé pour étendre l’aire sacrée (à la place de l’actuelle Casbah). Hammadide et Hafside. 2006]. Pas de documents pour cette période. Ces dernières alimentaient sans doutes les thermes qui se concentraient dans la partie Est. nous nous penchons sur l’organisation spatiale de la ville durant l’époque ottomane. les voies importantes sont de deux ordres : des rues sillonnant la ville d’Ouest en Est. ponts. de cultes. En somme la ville possédait une image correspondant aux inclinations urbaines et au raffinement romain. aqueducs). reste la mosquée. regroupant les voies secondaires dont l’importance s’acquiert dans sa relation avec la trame primaire. Si l’angle Nord/ouest a été consacré au capitole pour « exagérer » sa monumentalité. des aires réservées à des fonctions socio-urbaines importantes (des édifices de « loisirs ». période plus ou moins fournie en documents. Prenons comme référence ce tracé et examinons la période suivante. Cependant le théâtre (probable) et le cirque exigeaient des terrains spécifiques ont été implantés en dehors du Rocher. joignant les portes « opposées » ou conduisant vers les zones affectées à des fonctions urbaines majeures et traversant les fori. L’époque musulmane avait vu se succéder sur le Rocher les dynasties Aghlabide. Le seul vestige significatif. Les édifices de cultes et de réunions publiques entouraient les fori et l’esplanade. 24 . elle datait de l’an 533 de l’Hégire (1135/36) selon l’inscription en style coufique figurant sur la cimaise du Mihrab.

autrefois réservée au capitole et aux temples. L’autre forum constituera une place « royale ». En effet les aménagements apportés ont pris la forme de diverses densifications du tissu urbain. 13 et 14 mai 2008 La superposition des tracés de la ville romaine telle qu’elle se décline hypothétiquement et la régence Turque. Nous notons que les piédroits de l’Arc de Triomphe de Natalis sont noyés dans les constructions des rives de la rue. Ainsi. le forum populaire a été affecté au Souk El Kebir (Souk Ettujjar). alors que les grands axes s’étaient considérablement rétrécis. laisse constater que la trame viaire n’a pas été totalement modifiée. et Vieux aujourd’hui Hadj Aissa et Kedid). abritera le centre du pouvoir. adoptent idéalement un raccourci en diagonale. exécutées en 1840. Cette configuration est le cheminement dessiné par les passants qui pour traverser une place. Ce constat est confirmé par les gravures de Delamarre. affirmée par l’édification du « Palais du Bey » en 1826.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Arc de Triomphe TETRAPYLE Figure 4 : Plan dessiné par Delamarre montrant les monuments romains noyés dans le tissu urbain L’arc de Triomphe de Natalis (gravure exécutée par Delamarre). (Figures 4). par le rajout de franges (réservées aux commerces) sur les deux rives CASBAH TABIA EL BAB EL DJEDID BAB EL-OUED SOUK ET-TEDJAR Souk Ettujjar BAB DJABIA Djamaa El Kebir EL KANTARA BAB EL DJABIA BAB EL KANTARA QU A R T I E R S D E CON ST A N T I N E (1 8 3 7 ) Source : Laboratoire Ville et Patrimoine d'après carte cadastrale Figure 3 : La ville durant la régence turque. 25 . (résidence du gouverneur de Constantine durant le règne Hafside puis du bey durant la régence turque). alors que « l’aire sacrée ». la rue Rouaud. Souk Ettujjar est traversé par une voie en diagonale (qui donnera.

Figure 5 : La ville aujourd’hui. faisant élever un grand immeuble dont la construction de la partie arrière entama la démolition du fameux tétrapyle d’Avitianus…Cet immeuble devint l’Hôtel de Paris. s’était attelée à imposer un nouveau tracé. « dépositaire d’un ordre civilisationnel supérieur ». Après 1837. d’alignement et de percements de voies tracées au cordeau et déchirant de part en part le tissu originel. Par la suite. qui moyennant quelques réaménagements. Ces travaux ont finit par insérer une frange de tissu européen et disloquer le tissu urbain et son corollaire social. en bordure de la place Nemours. un certain M. 1948]. C’est le cas de la probable basilique romaine attenante au forum. Les vestiges romains ont été également insérés dans les constructions non pas par souci « esthétique » mais pour un accommodement technique. Au contraire de pans entiers de la ville ont été démolis pour laisser place à un parcellaire destiné à recevoir les immeubles de rapport. des hôtels particuliers et des édifices administratifs. n’hésitant pas à fouler des pans entiers du tissu urbain préexistant. basé sur une géométrie rigoureuse. Durant la régence turque. » [Biesse-Eichelbrenner. Sur une autre échelle. entreprit la construction d’un palais attenant à l’ancien Forum. le dernier bey de Constantine. des édifices majeurs hérités par les « musulmans » ont été reconvertis pour abriter des activités « publiques ». (Figure 6). Entre 1826 et 1835. « à l’entrée de la rue Impériale. les opérations urbaines ont consacrées le modèle européen par les travaux de nivellement. Ahmed. la ville « musulmane » s’était pliée au tracé effectué par les romains. En effet. Le même sort a été réservé à l’arc de Triomphe de Natalis lors de l’aménagement de la rue Caraman (aujourd’hui Didouche M). le génie militaire de la colonisation française entama sa mainmise sur la ville par l’implantation de quartiers militaires (dont un à la Casbah). en expropriant les propriétés mitoyennes. Le corps central. Même les monuments antiques ont été effacés : en 1868. ancien Adjoint au Maire. C’est le cas de Salah Bey qui entama une opération d’achat de terrain au nord de la ville pour aménager un souk (souk El Djemaa. particulièrement la densification des espaces « libres ». aujourd’hui Souk El Acer) flanqué d’une mosquée (sidi El Kettani) et d’une medersa. Ces rues carrossables ne s’appuyaient nullement sur le tracé ancien. a été reconvertie en 1136 en Grande Mosquée (Djamaa El Kebir). quelques beys ont apporté leur touche personnelle à la ville. Les européens ont occupé la zone centrale (structurée par les nouveaux percements) en s’interposant entres les populations « musulmane » et israélite de part et d’autre. même si la nécessité avait commandé des aménagements nouveaux. les percements tracés au cordeau aménagés par les colonialistes En conclusion. indique par la disposition des travées un édifice octostyle dont le pronaos 26 .Cordonnier.Bouchareb A. et une partie de Djamaa El Kebir dont la façade (donnant sur le rue Impériale) a été refaite. La colonisation française.

Le Palais du bey a été affecté en hôtel du Général du Commandement. la construction du Palais du bey buta sur l’indisponibilité des matériaux ramenés d’Italie. 13 et 14 mai 2008 Figure 6 : Djamaa El Kebir (plan de l’état actuel). Shaw. L’architecte Don Bartholoméo s’occupa des travaux d’élévation des parties supérieures sur les piliers et les arches reposant au fond du ravin de l’ancien pont romain. après son agrandissement et l’adaptation de son intérieur au culte catholique. les témoignages des voyageurs et les sources iconographiques apportent beaucoup d’informations. portes et fenêtres. La reconversion s’avère comme une méthode de « conservation » de la mémoire des lieux. le visiteur remarquera que les colonnes et les chapiteaux sont des ordres très hétérogènes. 27 .1743] En 1830. alors que la plupart des thermes ont été reconvertis en Hammam. Les citernes romaines ont été également utilisées jusqu’à la période coloniale. sont artistement sculptés. Qu’elle soit « intégrée » ou « hégémonique » elle fait exister le passée dans le futur. Les pierres arrivant des Baléares causaient beaucoup de retard pour la conduite des travaux. à un luxe surpassant tout ce qu’on avait vu jusqu’alors à Constantine. après les travaux de réaménagement du marché de Souk El Djemaa. 1877]. Tlemcen. Adoptant les conseils de ses proches. construite en 1730 a été à son tour convertie en cathédrale en 1838. sans bourse délier. Salah Bey entreprit la réédification du pont d’El Kantara.Conférence Internationale sur la Médina était orienté vers l’Est. de la construction de la mosquée et de la medersa. avec beaucoup de profusion unie à quelque peu de confusion. le bey se replia sur le fond patrimonial local : « Tout ce que les principales maisons de Constantine possédaient de remarquable en marbres. La mosquée Souk El Ghezel. on fit du neuf avec du vieux. faïences. colonnes. la Casbah accueillit les casernes alors que sa partie nord a été réservée à l’Hôpital militaire. Le réemploi des matériaux (ou des éléments architectoniques) a été énormément pratiqué durant la période qui a suivi la romanisation. la décision d’extraire des matériaux du plateau du Mansourah a été prise. nous constatons que la muraille entourant la ville du côté ouest a été reconstruite. fut extorqué dès lors pour la décoration du palais. en réemployant des « vestiges » romains en tant que matériaux. Dans ce volet. Même les pierres de l’arc de Triomphe appelé Ksar El Ghoula situé à proximité du Pont ont été réutilisées pour l’occasion. A travers les récits de voyage de T. et l’on parvint ainsi. (Figure 7). comparable au marbre. « Les piliers formant les côtés de la principale porte de la ville qui sont d’une belle pierre rougeâtre. C’est la raison pour laquelle. En 1792. On voit incrustés dans un mur du voisinage un autel en beau marbre blanc et en saillie un vase bien conservé de ceux qu’on appelait impulum » [Shaw T. » [Féraud Ch. autrefois basilique romaine donnant sur le forum.

Figure 10 : Incrustation d’objets architecturaux dans les constructions (Gravure de Delamarre). le réemploi se décline également par sa triple utilité. Figure 7 : Différentes colonnes et chapiteaux du Palais du Bey Figure 8 : Le pont d’El Kantara en vers 1846 (Dessin d’A. soit en éléments de remplissage ou en éléments décoratifs. Ainsi. Ravoisié) Les colonnes de Djamaa El Kebir sont coiffées de chapiteaux d’ordre Corinthiens. la reconversion de la basilique a été également accompagnée par le réemploi des éléments architectoniques de grandes qualités. technique en fournissant une matière informée prête à l’usage dans la construction. Enfin de compte. Figure 9 : Chapiteaux corinthiens de Djamaa El Kebir D’autres gravures montrent le réemploi d’objets architectoniques dans la construction. esthétique en apportant 28 .Bouchareb A.

La revalorisation d’un tissu ancien. L’histoire urbaine de la ville fournit des indications sur le génie des prédécesseurs. Paris. La région. sur leur hardiesse et sur leur sensibilité. la génération actuelle s’interdit-elle d’y inscrire son temps ? Le centre ancien. Gallimard. pp . Paris. Constantine. Métapolis ou l’avenir des villes.LEFEBVRE H.Mardaga. In Archi-Cree. dans plusieurs provinces de la Barbarie et du Levant. L’Europe des villes en mal d’images. Univ. 4. P. DAU. Lib Hachette. Etu. conduit à une incapacité pour se résoudre et maintenir le consensus social et culturel. tout se lit en filigrane. dont la survie commande des actions urgentes. C’est la leçon du passé transmise en toute humilité. La révolution urbaine. Bruxelles Liège. Paris. Paris.BOUCHAREB A. Ed. ses valeurs sociales et dicter ses canons de l’esthétique.D. n’ayant pas subi les affres des percements et des démolitions. les premières opérations de terrains butent sur l’absence de qualifications professionnelles. Voyages de Mons. 8.BENIDIR F (1989) . La conquête et le temps des pionniers. Ed. MSH. Il y a là un constat « réaliste » qui suggère d’adopter des visions en rapport avec les temps actuels. 7.(1743). est appelé à se rajuster et même à introduire cette notion du développement durable. . 29 . souvent en respectant les traces du précédent. Nous sommes en train d’assimiler le cas constantinois au cas de Fez ou de Tunis. Magister.SCHULZ Ch-N. O.Ethnologie de France. sur leur ardeur de bâtisseurs. Patrimoine en folie. Coll. Jacob. s’attarder ou se mêler dans les imbroglios juridico-administrative et dans la recomposition des réseaux institutionnels ne favorise nullement le patrimoine. Mentouri Constantine. 9. 10. 5. Poitiers. (1985) Constantine. Ed. la ville et l’architecture durant l’antiquité. les ambitions d’une génération présente portée sur l’éphémère. en reconvertissant ses « locaux obsolescents » et en réemployant ses matériaux.BIESSE-EICHELBRENNER M. Ed.(1981). pour être conforme aux normes de l’hygiène. a été convoitée et occupée par plusieurs conquérants. la ville est un véritable palimpseste. d’un projet cohérent et d’un imaginaire fructifiant.ASCHER F (1995).Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. 3. (1989) La médina de Constantine. 13 et 14 mai 2008 une authentique touche de beauté et aussi symbolique en tant qu’héritage témoin du passé.(1970). La Haye. Medit.LE DANTEC J-P (1989). sans discontinuité. L’impuissance pour « édifier » occasionnée surtout les attitudes procédurales lourdes. Ces dernières sont homogènes.J. Ce rôle l’épargne d’être classé dans les catégories des reliques ou des simples gadgets du passé CONCLUSION Tergiverser. le clip et les gadgets «jetables » arrivent à noyer les inclinations « intellectuelles » des quelques « îlots » s’attachant encore à l’authentique. Pourquoi ne pas faire en sorte que les villes anciennes « vieillissent bien » ? BIBILOGRAPHIE 1. chacun consentit à établir son ordre spatial. Neaulme. 2. Il est temps de refaire la ville rien qu’en respectant son tracé. D’autre part. Ed. Thèse d’Etat. ni les déchirements sociaux de la ségrégation ethnique. 6. Th. Cahier n°5.. Au final. Univ. A Constantine. (1877). Shaw M.JEUDY P-H.FERAUD Ch. (1990). Mentouri Constantine.97-101. Genius loci. (2006) Cirta ou le substratum urbain de Constantine. Une étude en archéologie urbaine. Visite au palais de Constantine. Juin/Juillet. SHAW T. Le cas de Constantine. (Sous la Direction de). du moins un brin de « toilette ». Pour quelles raisons.PAGAND B.

Etant donné la spécificité de ces entités urbaines. des méthodes et des outils pour approcher ses entités urbaines de valeur patrimoniale. Leurs interventions restent superficielles. après avoir été négligés pendant des décennies au profit des villes modernes. Ces mêmes opérations timides. au profit d’une urbanisation moderne. difficiles à cerner et qui seraient à l’origine des expressions spatiales et des mécanismes du caractère et de l’image actuelle des villes traditionnelles algériennes. La politique de sauvegarde en Algérie est presque inexistante . non seulement dans son apparence formelle mais aussi dans son organisation spatiofonctionnelle. a très souvent retenu l’attention des chercheurs et des hommes politiques. elle nous fait traverser des limites interdisciplinaires . plan d’occupation des sols. et un complément spécifique des lois et des outils règlementaires pour une meilleure cohérence urbaine et sociale de ces tissus anciens. n’ont pas permis d’appréhender la réalité des quartiers sous tous leurs aspects. etc. se dégradent progressivement sous l’effet de facteurs multiples : paupérisation. La définition des politiques patrimoniales demeure complexe et difficile et exige une étude plus approfondie voire même une réforme. La question du patrimoine en Algérie demeure mal appréhendée. Il s’agit plutôt d’admettre que les méthodes et les politiques entreprises jusque là pour la sauvegarde n’ont pas porté les fruits que l’on attendait et que le quartier traditionnel. Ses témoignages urbains qui illustrent des événements sociaux. culturels et politiques de notre histoire et qui constituent une source de référence pour les générations futures. chacun dans son domaine souhaite et tente d’apporter sa contribution à une action de réhabilitation. Université Pierre Mendès France RESUME La médina est complexe. qui sont généralement issus du secteur public.) .Intervenir sur les médinas en Algérie : processus. Analysable à différents niveaux d’échelles.. A. on s’aperçoit toutefois que malgré leur grand nombre et la variété des disciplines. les outils et les instruments d’urbanisme déployés. les quartiers anciens retrouvent depuis les années 70 un intérêt auprès des urbanistes et des acteurs politiques mais n’en souffrent pas moins de nombreux dysfonctionnements. architecte et urbaniste. Cependant. lorsqu’on se penche d’un peu plus près sur leurs -1 différents travaux . la médina d’aujourd’hui dans toutes ses dimensions a rarement fait l’objet d’études spécifiques et reste mal appréhendée dans sa globalité. Le regain d’intérêt pour le quartier ancien ne peut signifier un retour à un modèle urbain passé. le patrimoine urbain algérien tombe en général dans les oubliettes de la -1 Parmi les travaux on peut citer à titre d’exemple des projets de restructuration. En Europe. La médina algérienne. les processus engagés jusque-là. inadaptées et d’ailleurs anarchiques. Artisan. objet de notre recherche. etc. reste porteur d’enjeux différents et possède quelques vertus (particularités urbaines et architecturales) qu’il est bon de revaloriser et de transmettre. De même pour les acteurs. LES MEDINAS : QUELLE APPROCHE SPECIFIQUE ? Le patrimoine algérien : un patrimoine en péril Travailler sur une médina ou un quartier ancien à l’heure actuelle pourrait passer pour une entreprise stérile au regard de l’importante production scientifique que les villes anciennes du monde arabe ont déjà suscitée. artiste. impacts et perspectives. enquêtes. Relégué au second plan. de requalification voire de sauvegarde de ces héritages qui portent en eux des valeurs architecturales et urbaines. Ces projets sont restés au stade des études (constats. bien au contraire certaines d’entre elles n’ont fait qu’aggraver la situation. dont l’avenir était condamné à la faillite au vu de leur dégradation et des bouleversements politiques et/ou sociaux. Doctorant "Urbanisme et architecture" Institut d’Urbanisme de Grenoble. d’ailleurs impossible tant les dynamiques de croissance de la ville et ses approches ont radicalement évolué. surpeuplement. ce qui justifie une complexité au niveau des interventions. incohérentes et combien isolées. qui se sont manifestées n’ont eu aucun résultat positif sur ces tissus. Elle se heurte à des problèmes de fonds et de forme. Le dysfonctionnement du système spatial urbain actuel et ses pratiques nous semblent renvoyer à des causes multiples.OUZERDINE Architecte DPLG.

Conférence Internationale sur la Médina

Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

politique publique et se désintègre de l’ensemble de la ville. De plus, le manque de politiques du patrimoine, n’a pas facilité le processus de sauvegarde de ces tissus urbains. En effet, les démarches patrimoniales (de sauvegarde, de requalification et de durabilité englobant toute opération ponctuelle de "restauration, réhabilitation, reconstruction, rénovation", et/ou des opérations à long terme "concrétisées par des projets de restructuration, d’intégration et de développement"), se heurtent à d’innombrables difficultés qui ont trait aux outils réglementaires, au financement, ou à l’ampleur des processus de dégradation. De plus, les programmes d’action et les projets urbains poursuivent des objectifs divers et d’ailleurs incohérents. De ce fait, ces territoires symboliques, lieux de centralité urbaine et historique, de mixité, de cohésion sociale et d’échanges culturels, se retrouvent soumis à des évolutions diverses et menacés de marginalisation (sociale et/ou économique), voire même de muséification.

La médina : une approche spécifique
La médina est complexe, non seulement dans son apparence formelle mais aussi dans son organisation spatio-fonctionnelle. Analysable à différents niveaux d’échelles, elle nous fait traverser des limites interdisciplinaires ; ce qui justifie une complexité au niveau des interventions, des méthodes et des outils pour approcher ses entités urbaines de valeur patrimoniale. Le regain d’intérêt pour le quartier ancien ne peut signifier un retour à un modèle urbain passé, d’ailleurs impossible tant les dynamiques de croissance de la ville et ses approches ont radicalement évolué. Il s’agit plutôt d’admettre que les méthodes et les politiques entreprises jusque là pour la sauvegarde n’ont pas porté les fruits que l’on attendait et que le quartier traditionnel, dont l’avenir était condamné à la faillite au vu de leur dégradation et des bouleversements politiques et/ou sociaux, reste porteur d’enjeux différents et possède quelques vertus (particularités urbaines et architecturales) qu’il est bon de revaloriser et de transmettre. La politique de sauvegarde en Algérie est presque inexistante ; Elle se heurte à des problèmes de fonds et de forme. De même pour les acteurs, qui sont généralement issus du secteur public. Leurs interventions restent superficielles, incohérentes et combien isolées. Ces mêmes opérations timides, inadaptées et d’ailleurs anarchiques, qui se sont manifestées n’ont eu aucun résultat positif sur ces tissus, bien au contraire certaines d’entre elles n’ont fait qu’aggraver la situation. Etant donné la spécificité de ces entités urbaines, les processus engagés jusque-là, les outils et les instruments d’urbanisme déployés, n’ont pas permis d’appréhender la réalité des quartiers sous tous leurs aspects. La définition des politiques patrimoniales demeure complexe et difficile et exige une étude plus approfondie voire même une réforme, et un complément spécifique des lois et des outils règlementaires pour une meilleure cohérence urbaine et sociale de ces tissus anciens.

DIFFICULTES, LIMITES ET HYPOTHESES :
Notre travail s’inscrit dans une démarche de réflexion globale, axée sur un questionnement, certes récurrent, mais non achevé, sur la politique de sauvegarde, les formes de réponses sociales et les formes architecturales et urbaines appropriées à des contextes différents et bien définis (contexte politique, contexte socioculturel, etc.). Nos interrogations gravitent essentiellement autour de la problématique de l’espace ancien, son évolution et sa durabilité. Le dysfonctionnement du système spatial urbain actuel et ses pratiques nous semblent renvoyer à des causes multiples, difficiles à cerner et qui seraient à l’origine des expressions spatiales et des mécanismes du caractère et de l’image actuelle des villes traditionnelles algériennes. Dans cet itinéraire complexe, nous émettons une hypothèse principale liée à l’impact de l’application des normes d’urbanisme en usage actuellement sur les tissus anciens, ainsi que les limites des outils d’intervention déployés pour leurs sauvegarde. La mise en épreuve de cette hypothèse sera développée dans la présentation PowerPoint ; nous limiterons nos observations à quelques situations relevées dans l’étude du cas, celui de la vieille ville de Annaba. Quelques éléments semblent se situer au centre de l’hypothèse dégagée, celle des normes et règles urbaines, les modes de planification et les outils actuels d’intervention se rapportant au patrimoine culturel urbain et sa sauvegarde (PDAU, POS, etc.). Leurs applications sur les médinas algériennes entraîneraient la perte de leur système d’organisation et de structuration de l’espace et par voie de conséquence leur fondement historique. Ces outils et ces lois déployés jusque-là, restent généraux et inefficaces face à la situation que vivent actuellement ces tissus. Dans beaucoup de cas, ce vide du filet législatif ne fait qu’aggraver les dysfonctionnements constatés.

31

Ouzerdine A.
Une première lecture des textes législatifs français et algériens fait apparaître des variations de procédures mais une reconduction des règles générales d’urbanisme et des normes de conception et de construction [Hafiane, 2001]. Ce qui peut signifier que les dysfonctionnements et les anachronismes constatés jusqu’à maintenant renvoient à des formes d’élaboration des instruments d’urbanisme et à des procédures inadéquates. Ce qui peut également impliquer que la question des normes et des règles est d’essence essentiellement technique ou juridique et s’assimile à des formes de transfert de technologie et de savoir faire. Les impacts sont multiples et se situent à plusieurs niveaux ; Ils nécessitent pour leurs évaluations des approches pluridisciplinaires et des études plus approfondies pour une meilleure compréhension de l’image actuelle des nos tissus singuliers.

OUTILS D’INTERVENTION ET REGLEMENTATIONS :
Progressivement, l’intervention dans les centres historiques algériens devient un thème d’actualité, à la fois de part ses multiples enjeux et ses intérêts spécifiques de sauvegarde. Une protection adéquate assure à ce patrimoine le maintien de sa valeur culturelle et de son intégrité sur le plan fonctionnel et spatial, et pourra être transmis aux générations futures. Cette protection est peut être le fait d’une grande diversité d’actions, certaines ayant pour rôle spécifique de veiller sur le patrimoine, d’autre participeront d’une manière indirecte et positive pour influencer ainsi son devenir. La protection peut-être légale, physique, morale ou sociale. Cette action basée sur une complémentarité et complicité à la fois des engagements collectifs et individuels, publics et privés, doit être nécessairement soutenue [Sidi Boumediene, 1991]. Autrement, l’efficacité des mesures de protection et de contrôle finira par se décliner au profit des nouvelles tendances et de nouveaux risques qui menacent le patrimoine culturel. Dans cette perspective, quelques éléments semblent se situer au centre de la problématique de l’espace ancien et de sa sauvegarde, celles des normes et règles concernant la production architecturale et urbaine et les méthodes de planification, de sauvegarde et de gestion du patrimoine. De quels outils disposons-nous pour la sauvegarde de nos tissus anciens ? Sont-ils efficaces ? Quelles sont leurs limites et difficultés ? Le cadre juridique et réglementaire constitue le premier support de toute action entreprise sur l’espace. Cependant, il n’est pas exclu que l’application de ces normes et règles peut lui porter atteinte dans son fonctionnement et son intégration au sein de la ville. Dans un contexte aussi complexe que l’Algérie, la question des normes demeure une problématique évidente, notamment pour les tissus anciens et leur pérennité. Souvent mal conçu, mal interprété, défaillant, mal appliqué, insuffisant, ce filet législatif se trouve à l’opposé de la réalité urbaine, et par voie de conséquence à l’opposé de la ville, son présent et son devenir. L’application de cette règlementation inadéquate serait à l’origine des expressions spatiales et de la situation alarmante des villes algériennes : mutations socio-économiques, déracinement, … Depuis son indépendance jusqu'à ce jour, l’Algérie s’est dotée d’une panoplie de lois, de règles, d’outils et d’instruments de planification et d’aménagement. Cette législation juridique n’est qu’une reproduction de la législation française avec plus au moins d’adaptation au contexte culturel et économique du pays. A.Hafiane "dans ses propos", lors de la présentation de sa conférence [Hafiane, 2001], met en évidence le rapport entre les deux législations et souligne leurs points de ressemblance malgré la différence des contextes dans lesquels elles évoluent. A ce titre, les règles et les outils se rapportant aux tissus anciens et leur protection, ne font pas l’exception dans ce domaine. En conséquence, ces derniers restent généraux à caractère descriptif, superficiels voire même insuffisants face aux particularités des tissus concernés. Sans décrets exécutifs, qui mettent en application ces lois et les clarifient et des outils bien spécialisés, les médinas risquent de se dévaloriser pour cause : de mauvaise interprétation, de mauvaise application, … Un autre problème se pose, celui de l’impact de l’application de normes et règles d’urbanisme en usage actuellement sur les tissus anciens algériens, souvent au détriment ou à l’opposé de leurs fondements historiques et de leurs pratiques spatiales ou sociales. En effet, il ne semble pas exister dans les textes réglementaires de particularités urbaines. Or la plupart des grandes villes algériennes possèdent des tissus urbains anciens dont la morphologie et la typologie se distinguent nettement du reste. Un bref aperçu de ces outils, nous semble nécessaire pour mieux montrer la faiblesse du système législatif (se rapportant à la sauvegarde du patrimoine) et la difficulté d’approcher plus particulièrement ces entités urbaines de plus en plus fragiles au fil des jours.

32

Conférence Internationale sur la Médina

Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

DISPOSITIF DE PLANIFICATION ET DE PROGRAMMATION : Outils à vocation générale : Le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme "PDAU" :
Le PDAU est un instrument d’urbanisme, de politique d’aménagement et de développement de l’espace socio-physique urbain. Ce document est établi dans un cadre intercommunal, à l’échelle de l’agglomération ou de tout autre ensemble géographique présentant une communauté d’intérêts économiques et sociaux. Sa fonction est de fixer dans un cadre planifié, les orientations fondamentales d’aménagement des territoires concernés, et de déterminer les prévisions et les règles d’urbanisme. Son contenu est représenté par la spatialisation d’un modèle prévisionnel de développement démo-socio-économique défini pour un horizon donné. Application en quartiers anciens : Cet instrument d’urbanisme est le plus souvent muet sur le devenir des tissus existants, et notamment des quartiers et centres anciens considérés comme quasi immuables. L’attention est focalisée plus particulièrement sur les nouvelles extensions urbaines. Toute fois, il ne faut pas ignorer que les mutations actuelles affectent de façon significative, les quartiers anciens existants et par voie de conséquence les centres anciens. Chose qui les place forcement dans ce processus de développement urbain, comme étant une partie intégrante dans la ville. Ce document reste un outil de planification à vocation générale, cependant il pourra contribuer de façon efficace à redonner à ces centres historiques une place importante au sein de la ville. Une recherche des équilibres entre ces centres et l’ensemble de la ville s’avère nécessaire pour leur revitalisation. Comment peut-on les revitaliser à nouveau à l’aide de cet instrument d’urbanisme ? Pourquoi ce manque d’intérêt lors des planifications urbaines ?

Le plan d’occupation des sols "POS" :
Le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme ne comporte que les grandes lignes d’aménagement et de développement urbain, en raison de son caractère de document à long terme. A partir de cela, le plan d’occupation des sols intervient pour apporter plus de détails, un maximum de renseignements et d’indication. Ainsi ce document précis fixe de façon détaillée les droits d’usage des sols et des 1 constructions , à plus grande échelle, à court ou à moyen terme. Application en quartiers anciens : On constate souvent que ce dispositif de planification et de programmation se contente de prescriptions générales. Il fixe des droits quantitatifs à construire et des dispositions techniques sans prendre en compte la morphologie urbaine existante et les différents enjeux du quartier. Son étude et ses directives font rarement l’objet d’une réflexion globale ayant pour objectif un projet urbanistique d’ensemble. De plus il ne s’applique guère au traitement et à la mise en valeur du bâti existant, alors que les politiques d’aménagement vont majoritairement dans ce sens. Enfin, il est rarement utilisé comme un outil pour préciser l’évolution de ces tissus urbains, et notamment pour les protéger. La forme urbaine spécifique, l’échelle différente, les règles d’organisation et de composition auxquelles ils obéissent, font que l’approche et la gestion des quartiers anciens (notamment les médinas) se satisfont mal des méthodes de réglementation et d’intervention habituelles. Par ailleurs, le POS peut-être adapté à l’évolution et au devenir de ces quartiers, dans la mesure où son règlement permet plus particulièrement de traiter, de façon détaillée et concomitante, les caractéristiques, les enjeux et les problèmes présents. Cette démarche implique une analyse préalable de tous ces aspects indissociables et interdépendants pour permettre à la fois une conservation et une évolution de ces tissus devenus fragiles aux mutations urbaines brusques.

Les outils plus spécifiques aux quartiers anciens : les secteurs sauvegardés.
Les centres et les quartiers anciens présentant un intérêt historique, architectural et urbain, peuventêtre protégés au-delà de leurs monuments, pour l’ensemble patrimonial qu’ils constituent. Un secteur sauvegardé est ainsi un ensemble urbain dont la protection et l’évolution sont assurées dans un périmètre délimité par un arrêté interministériel, pour lequel un document d’urbanisme de

1

– Le POS peut préciser : la vocation des zones urbanisées, les possibilités de construire, les servitudes, les opérations urbaines, etc.

33

etc. sur les plans financier. enquêtes. etc. sur un ou plusieurs espaces identifiés ou délimités.). Comment expliquer cette inefficacité ? La politique de sauvegarde des tissus anciens en Algérie est presque inexistante. technique et social. Ces outils opérationnels créés comme complément au secteur sauvegardé doivent permettre d’initier.  Pratiques de conservation : absence de normes. manque d’évaluation et de partage du savoir. spécialisé. Les enjeux professionnels bien différents et le manque d’intégration des préoccupations patrimoniales dans d’autres actions des autorités publiques. obligations irréalistes. De même pour les acteurs de sauvegarde. qui sont généralement issus du secteur public. … La première perspective de sauvegarde basée sur ces outils opérationnels est portée sur la Casbah d’Alger. où tout en préservant architecture et cadre bâti. propositions d’aménagement. Mais la réalité est toute autre. La politique de sauvegarde des vieux quartiers est restée jusqu'à ce jour au stade des études (constats. sont essentiellement à vocation générale.  Législation : définitions dépassées. etc. détail est élaboré : le plan de sauvegarde. etc.  Interventionnisme : urgence d’intervenir sans connaissances adéquates. Peu d’entre elles sont spécifiques aux quartiers anciens. incohérentes et combien isolées. qui se sont manifestées n’ont eu aucun résultat positif sur ces tissus.Ouzerdine A. la loi vise à associer sauvegarde et mise en valeur. Ils doivent également permettre d’améliorer leur insertion urbaine. etc. aux difficultés que posent généralement les opérations de sauvegarde (les normes et les règles urbanistiques. rejet de l’intervention minimale. Ceci est lié essentiellement au manque de moyens matériels (financement). Quelle est l’utilité de cette procédure ? Par l’intermédiaire de cet instrument. etc. Ces opérations entreprises pour la sauvegarde des médinas. manque d’application. etc. FAIBLESSE DES POLITIQUES DE SAUVEGARDE ET DE CONSERVATION : Les risques et menaces qui pèsent sur le patrimoine émanent principalement de pressions venant de son environnement naturel. manque d’entretien. Cette initiative est vouée à l’échec. bureaucratie inefficace. réhabilitation de l’ancien bâti. Ces faiblesses peuvent varier de l’absence de législation de protection efficiente à la concurrence entre les disciplines dans le contexte de la division étanche des tâches.  Gestion : fragmentation administrative ou disciplinaire du travail. Ces mêmes opérations timides. interventions incohérentes ou contradictoires. Ces outils ne font pas l’exception. social ou économique. son entretient et sa réparation. et d’ailleurs anarchiques. manque de main d’œuvre qualifiée. ou encore à une attitude corporatiste qui ne donne pas la priorité à la conservation continue de ce passé évolutif. bien au contraire certains d’entre eux n’ont fait qu’aggraver leur situation. ils restent superficiels et quantitatifs.  Classement : exclusif plutôt qu’inclusif. résorption de l’habitat insalubre. de manière cohérente. dans une démarche qualitative d’urbanisme. 34 . Désormais la plupart des médinas algériennes font l’objet d’un secteur sauvegardé. on recherche une évolution harmonieuse des quartiers anciens. peuvent être eux aussi à l’origine de la faiblesse de ce filet de sûreté en conservation. Concrètement aucune prise en charge sur le plan réglementaire n’est engagée dans ce domaine. etc. manque de suivi. manque de consultation publique. partant de l’analyse urbaine (analyse structurale) à l’analyse architecturale particulière (analyse typomorphologique). le laxisme de l’administration. Malgré ce contexte. en voici quelques exemples : opération de restauration. il ne faut pas exclure les faiblesses des outils de protection dont on dispose pour contrer les menaces sur le patrimoine et permettre son évolution.). Les outils opérationnels d’intervention : les opérations programmées et plan de sauvegarde. concurrence disciplinaire. Cette situation est perçue à travers :  Politiques : autorités en concurrence.  Questions éthiques : restaurations ravageantes. besoin de mise à jour continuel. L’étude du secteur sauvegardé devra s’appuyer sur des analyses très fines à toutes les échelles significatives d’intervention et de gestion . Leurs interventions restent superficielles. pour mieux projeter des opérations adéquates au maintien de ces tissus et leur évolution. un ensemble d’actions visant à rétablir leur fonctionnement normal.

13 et 14 mai 2008  Institutions : affaiblissement des institutions de conservation. qui demeure l’un des plus grands défis de nos jours.  Un débat public transversal et pluridisciplinaire construit autour une analyse fine et critique des problématiques urbaines.  Savoir faire et métiers artisanaux : transmission menacée. problèmes de relèves professionnelles. La méthode alors consiste à construire des éléments complémentaires afin de faire évoluer les politiques d’approche et d’intervention sur les villes algériennes en général et leurs médina sen particuliers qui se trouvent confrontées à des problèmes de fond et de forme. Cela doit se faire suivant une approche plus globale tournée vers les principes d’un développement durable de la ville. faiblesse des institutions formatrices. Ou encore. LE DEVENIR DES MEDINAS ALGERIENNES : DISCOURS. etc. La problématique de l’urbanisme est quant à elle plus complexe voire même contradictoire. les statuts. La difficulté réside dans le passage à un urbanisme plus ambitieux et volontaire quant à l’orientation des méthodes. etc. Les risques associés à ce réseau devraient faire l’objet d’un suivi continu pour aider à identifier et corriger les faiblesses pour améliorer l’ensemble du système de protection. etc.  Une prise de conscience et culture de l’action soutenue par la volonté collective d’agir sur des faits réels en affectant des tâches et responsabilités et en organisant la régulation par la négociation. celle de l’existence de mesures incitatives pour encourager et aider les propriétaires. des fonctions et de l’espace urbain dans sa globalité. Elle impose des démarches réfléchies ayant pour principal objectif de renverser le processus de dégradation avancé au profit de mouvements d’imposition progressive visant la protection. manque de ressources humaines et financières. manque de connaissance ou de recherche opérationnelle. Cela peut se traduire par des études plus approfondies à différents niveaux et par des interventions cohérentes et efficaces véhiculées par une nouvelle approche mêlant à la fois héritage et modernisme. dont le contenu comme la mise en œuvre sont conformes aux coutumes et les pratiques. ENJEUX ET NECESSITES D’AVANCER Qu’il s’agisse de la sauvegarde et de la revalorisation du patrimoine ou de la définition et de la mise en œuvre de l’urbanisme nécessaire aux situations et aux problématiques urbaines en Algérie. des processus. Cette réalité contemporaine soulève plusieurs questions majeures comme celles de l’engagement de l’Etat à mener une action exemplaire sur ses propres propriétés. sans oublier la société civile. ces derniers font souvent l’objet d’une contradiction entre protection et modernisation. de la présence efficace des institutions sur le terrain dans un contexte de diminution des ressources professionnelles qualifiées et du manque d’un dispositif institutionnel et réglementaire se rapportant à la protection du patrimoine. du secteur privé. La question du patrimoine en général et des médinas en particulier apparaît souvent dans les discours consensuels sur l’importance culturelle et identitaire du pays et dans des démarches de sauvegarde paralysées par les tendances dominantes de dégradation et surtout de perte des héritages matériels et immatériels. Ceci peut se traduire par :  Des normes et règles complémentaires applicables au contexte urbain spécifique. les discours engagés jusque là contribuent eux même à nourrir cette fausse opposition à la fois par les renvois des problèmes vers des services non qualifiés et par des solutions ponctuelles anarchiques et parfois inadéquates à la réalité du terrain. De plus. … La protection et la valorisation du patrimoine engagent une variété d’acteurs provenant du secteur public. 2006] traduisant à la fois la culture dominante du cadre local et du contexte. la revitalisation et la réinsertion dans le milieu urbain. la concertation et l’arbitrage.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Une harmonisation de ces parties indissociables (patrimoine et urbanisme) doit passer par un accord réfléchi entre les différents enjeux et intérêts qui y sont contenus. il est indispensable (et urgent) d’adopter des méthodes et moyens efficaces pour avancer et évoluer dans un contexte tourné vers la mondialisation et la durabilité.  Question d’ordre professionnel : formation insuffisante ou ponctuelle. 35 . On aura ainsi compris le lien fort entre patrimoine et urbanisme [Boumaza et al. privatisation des connaissances. Malheureusement.

3. Maisonneuve & Larose. « Les politiques d’approche et d’intervention sur les centres historiques algériens ». Conférence de Malta. (2001). pp.SIDI BOUMEDIENE R. PP351-353. BIBLIOGRPHIE : 1. « Patrimoines : vers une problématique de la patrimonialité. économiques. (1991)...Ouzerdine A. 36 . 4. DEA "villes et sociétés". administratives et techniques. Le cas de l’Algérie ». « Les influences européennes sur l’urbanisme : les normes et les règles dans le cas des villes algériennes ». Villes maghrébines en fabrication ».  La question qui se posera alors si ces éléments sont définissables et réalisables dans les conditions qui caractérisent notre pays à savoir politiques. (2006).15-29.BOUMAZA N ET AL.. 2. Edition Publisud.HAFIANE A. ISBN 2-7068-1932-4. (2003).OUZERDINE A. villes projetées. « Villes réelles..

tel que qualifié par N. dans le sens où même si conflit et lutte il y a. et de les inscrire dans une complémentarité? Cette problématique est présente même dans les pays industrialisés. nihilistes comme l’Algérie. alors que beaucoup voudraient que le développement urbain soit une menace pour le patrimoine et à l’inverse que le patrimoine constitue des obstacles à toute création architecturale et urbaine. notre hypothèse. Deux conceptions s’affrontent depuis. et a amené les populations aussi bien des nations industrielles que les autres. EPAU. comme l’avait déjà écrit en 1934 Gustavo Giovannoni celle qui milite pour la production du nouveau au détriment de l’ancien et celle qui veut tout préserver. tandis que les partisans d'une priorité donnée à l'aménagement prétendent également imposer leurs pratiques à la totalité de l'espace. alors on pourrait considérer qu’ils s’inscrivent dans une dichotomie puisqu’ils doivent se côtoyer et évoluer dans les mêmes limites. à la nouveauté.Boumaza ou du Sud n’en sont pas encore là. ont été pour certains. et le second à la contemporanéité. Les pays périphériques. C’est ainsi qu’un intérêt est né pour l’histoire et l’archéologie et donc un engouement pour la reconstitution des souvenirs et des images. le premier se rapporte à tout ce qui est ancien. De cette opposition ne pourrait-on pas faire émerger une troisième qui s’appuierait sur la notion de «. L’accélération de l’histoire durant le dernier siècle. ce n’est pas irréversible. Architecte. ou à une prise de conscience patrimoniale non encore établie. seul moyen de transposer sur 2 la longue durée un certain nombre de valeurs » . Les adeptes du patrimoine en viennent à revendiquer la conservation de l'ensemble des bases matérielles de la mémoire collective. deux notions récurrentes pour tout architecte et auxquelles il est souvent confronté.Antagonisme entre espaces historiques et développement urbain Cas de Tlemcen KASSAB BABA-AHMED T. à se raccrocher nostalgiquement à leurs racines et à leur passé. Ainsi l’antagonisme existant entre patrimoine historique et création architecturale et urbaine.. au delà de l’amnésie forcée et la mise en place de nouvelles valeurs référentielles et culturelles imposées par le pouvoir d’occupation. Ils n’ont pas le même rapport avec leur histoire et leur patrimoine. leur rapport n’est pas toujours des plus consensuels. mais aussi à celle prenant en charge les traces du passé. et ont perpétué ces pratiques au delà de la décolonisation. Si le passé en est attesté. ne pourrait-il pas s’estomper pour laisser place à une réflexion qui permettrait de conjuguer ces deux concepts au même temps.. et se retrouvent en quelques décalages dus à des conceptions fondamentalement divergentes. Alger Patrimoine historique et développement urbain. établissant un rapport positif entre l’existant et le futur » . que nous avons repris dans l’intitulé de notre recherche. n’a plus laissé le temps aux sociétés d’intégrer les nouveaux langages modernes et images produits. « Projet ». Ecole Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme. 1 continuité. Si nous considérons que ces deux notions font partie d’un même concept qui est la production de la ville. notamment européens où le patrimoine et l’histoire ont été reconnus en tant que tels. c’est le présent qui n’arrive pas encore à trouver ses repères au travers de ce même passé qu’on veut encore garder en tant que référent. En effet. ceci après une épaisseur du temps et de la durée. Si toutes deux font parties d‘un même espace qui est la ville. Maître de Conférences. terme par lequel nous introduisons déjà. Le concept de patrimoine. à travers les centres et monuments historiques. dans notre sens ne s’intéressant pas uniquement à la nouvelle production architecturale ou urbaine. à l’histoire. car pour ceux ayant connus des colonisations. Cette notion selon François Loyer conduit au « maintien volontaire d’un lien passé-présent dans le projet. s’il est acquit et présent dans pratiquement 3 . Nous avons adopté plutôt le terme « antagonisme ». sur le plan sémantique.

pour certains cas. que la protection du monument a été instituée en tant que ligne politique depuis le XIXe siècle. ils deviennent malheureusement vite des « bibelots urbains » et mobiliers touristiques. Le monument est devenu un bien collectif qui a émergé avec la conscience de l’histoire mettant en rapport passé et présent. allemands ou italiens. « Construire. celui qui opère une restauration est désigné de conservateur et d’homme de culture. dont on a figé l’image au moment de leur consécration en tant que monuments. leur préservation et conservation nécessitent au-delà de leur classement. et que nous jugeons exceptionnels. Zone à 38 . qui est loin de s’inscrire dans les mêmes logiques européennes et assimile donc ce concept de manière différente. ils deviennent des objets isolés dans la ville. et affichent actuellement leur richesse architecturale qui les a consacrés –monument historique-. le patrimoine subit des dégradations volontaires ou involontaires. n’ont pas connu le même sort. et d’autre part un référent identitaire. Relégués à leur rôle de mémoire voire d’usage de l’heure. De ce fait. Ces artefacts. ne continue-t-on pas cependant à percevoir toujours ce patrimoine uniquement comme des objets du passé à stocker ? Une mode à suivre sans en comprendre le sens. Or les monuments qui ont pu traverser les siècles. bien entendu. Leur dynamisme étant rompu. les priorités sont souvent déplacées.pour user d’un jargon informatique » tel que Mourad Yelles décrit l’état du patrimoine. des interventions actives qui les réinscriraient dans le temps présent réinstallant ainsi le rapport passé/présent. Loin de constituer une priorité. C’est à cet effet que nous avons essayé de connaître la place réelle qu’a occupé et qu’occupe le monument en Algérie. 3 leur avenir douteux les rend misonéistes » . ne participant plus au développement urbain. Si la connaissance et la reconnaissance du patrimoine culturel. s’inscrit tout à fait dans la politique internationale en matière de préservation des sites et monuments historiques. Des artefacts sont régulièrement classés permettant leur protection. Les vestiges sur lesquels nous nous sommes attardés ont tous été un héritage mais occupent-ils le statut qui leur est du ? Ces monuments et sites qui font la fierté des villes et qui en ces temps modernes constituent d’une part un atout économique puisque le tourisme culturel est devenu une ressource essentielle pour différents pays. Les sociétés incertaines sont préoccupées par leurs racines et leur histoire (ou plutôt leurs histoires). puisque s’ils n’ont pas été démolis. ont très souvent été modifiés dans leurs formes et dans leurs fonctions. ce rapport ne trouve pas encore. il reste avant tout une aventure européenne. Les principaux protagonistes qui étaient anglais. mais s’inscrit tout à fait dans le rapport passé/présent. Cependant. son prolongement patrimonial dans les villes de nos jours. sont devenus la conscience des peuples. ils ont subi des dégradations. C’est dans ce cas de figure que se trouve actuellement l’Algérie qui a connu et connaît encore des problèmes urbains liés à sa croissance démographique et urbaine.Kessab Baba Ahmed T tous les pays du Monde. français. les monuments ne contribuent plus à redonner une vie et un sens aux liens qui doivent unir la vie et la ville contemporaine à son passé. En tant que symbole mnésique. L’Algérie qui a actuellement près de 500 monuments classés. D’autres. Nécessitant des moyens financiers plus importants que pour les nouvelles constructions. C’est à cet effet. celle du passé. les guerres. Par ailleurs. les images chaotiques et architectures inqualifiables que nous renvoient nos villes ne seraient-elles pas liées à ce manque d’ancrage dans un passé qu’on n’a pas mis ou su mettre à la disposition du présent. ont pu exporter cette notion à travers le reste du monde. La lecture des différents plans d’urbanisme nous instruit sur la place qu’on donne aux sites et monuments historiques. saturée de 4 cookies. ont été produits pour des besoins spécifiques à chaque contexte de leur édification. en sont attestées à travers la loi 98/04 relative à la protection du patrimoine culturel. ils se fossilisent et ne s’inscrivent plus que dans la dimension historique. le menaçant par moment de disparition totale. Pour exemple ce « reste du monde » n’est pas encore à l’excès de patrimonialisation comme dans les pays européens. et qui ne s’accroche à son patrimoine qu’en tant que souvenir et repère mémoriel. alors que celui qui transforme ou démolit est considéré comme vandale et iconoclaste. de crainte d’une action de mauvais augure. De ce fait. Isolés et coupés de leur contexte urbain. et une « idéologie patrimoniale qui exhibe une mémoire morte. Depuis les transformations des espaces et architecture des monuments sont peu acceptées et les restaurations se font en essayant de garder au maximum l’image originelle de l’objet. reconstruire et déconstruire se conjuguent à tous les temps. Cependant.

à savoir la consécration du monument historique. soit 8% du parc national. comment des présences séculaires pourraient-elles se conjuguer au présent ? Ces questionnements nous ont renvoyé vers leur relecture historique où nous avons essayé de retrouver leur rôle social. Combien de villes ont pu enregistrer dans leur nouveau parc ce type de bâtiment ? La reconnaissance de l’épaisseur de l’histoire et l’investigation philologique sont cet à priori nécessaire qui permettrait aux sites et monuments historiques algériens de trouver leur place dans la ville contemporaine ? Afin de ne plus être qu’un décor urbain ou un espace où on y pratiquerait une quelconque fonction. à la totalité des 5 ressources techniques de l’époque qui était sienne » . de différentes tailles et catégories. leur esthétique. la consécration d’objet pas nécessairement historique ou répondant à une valeur esthétique. Ses nombreuses mosquées. pour servir de tremplin à son imagination. le monument ou site historique n’a-t-il pas perduré grâce à sa mise en rapport avec des projets nouveaux. Les questionnements des spécialistes et les débats internationaux ont été très nombreux et ont beaucoup évolué durant le XXe siècle puisqu’ils sont passés des discours relatifs aux formes de reconnaissance du patrimoine. ou font-ils partie d’un passé révolu à travers lequel on ne s’identifie plus ? Ce site. la production monumentale est totalement absente. mais plutôt à son caractère spécifique en tant qu’édifice majeur. Ces présences séculaires qui ont été authentifiés en tant que monuments historiques. nous a permis d’aller en amont de la préservation et de la conservation et de comprendre les mécanismes de la connaissance et de la reconnaissance du patrimoine de par la société aussi bien civile que publique. Les monuments tlemcéniens à l’instar des autres monuments algériens connaissent des problèmes dans leur préservation et conservation. « Les chefs-d’œuvre du passé nous montrent que chaque génération eut sa manière de penser. la" Qisaria ". la production monumentale s’inscrirait dans le processus logique du fonctionnement des villes. haut lieu historique. Nous avons choisi pour champ d’étude. des " fondouks ".Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. subsistent également d´autres institutions telles que " médersas" où l´enseignement y était pratiqué. la ville de Tlemcen qui représente un parc loin d’être négligeable en sites et monuments historiques. faisant appel. les réponses sur terrain ne sont pas toujours les plus adéquates. Il s’est agit donc de savoir comment leur identification a été opérée tout en se basant sur les nombreux auteurs qui ont essayé d’apporter une clarification de la notion de patrimoine et de l’identification du monument historique. Constituent-ils des éléments de permanences référentiels pour la population tlemcénienne. nous a permis de revisiter l’ancienne capitale à travers ses monuments et d’avoir un nouveau « regard de l’histoire ». bien qu’elles connaissent une expansion urbaine. leur histoire. ses conceptions. son esthétique. leur position urbaine et leur forme avant leur consécration en tant que monument historique. 13 et 14 mai 2008 sauvegarder. leur spécificité ou autre? Cette problématique secondaire. soit directe telles que des extensions sur l’édifice lui-même ou indirecte comme l’édification de nouveaux monuments. on n’échappe pas à la problématique des formes de restaurations et de leurs erreurs éventuelles. « Le monumental » n’est pas en rapport à la dimension importante de l’édifice. Cependant. des portes et des remparts. Au delà des édifices religieux. Il s’est agit de s’interroger sur la notion de patrimoine qui est comprise comme « un indicateur privilégié permettant de saisir le rapport que la société entretient 39 . au « tout-patrimonial » à savoir. monuments classés. témoignent de la particularité du site. son nombre très élevé en sites classés en Algérie. emprisonnent ces espaces dans leurs contours. Si pour l’Algérie on ne s’inscrit pas encore dans cette « surproduction » du monument. Les interventions sur les monuments se faisant très souvent dans l’urgence suite à un état de dégradation poussé. des hammams. En Algérie et essentiellement dans les villes moyennes. des limites tracées sur plans puis dans le réel. l’ont-ils été pour leur âge. La protection du patrimoine ne serait-elle pas en rapport direct avec la production du monument ? Le passé ne pouvant revivre qu’à travers le présent.

ne serait-il pas lié à cette vision qu’on voudrait internationale. les monuments historiques constituent un des éléments qui permettrait au recouvrement de l’identité nationale relative à la production architecturale et urbaine. ou dans des zones plus récentes. La production d’une architecture moderne sans référent local. des pratiques comme celle des habous existaient alors chez nous et n’en avaient pas moins le même rôle. La définition même de ce patrimoine a été étudiée afin de mieux l’inscrire dans le contexte local et actuel. dans les temps présents et dans la ville actuelle. pourront aider dans l’élaboration des plans de sauvegarde. C’est la logique de cette production monumentale qui a constitué notre fil rouge dans la relecture historique. économique que culturel. l’exportation du concept ainsi que celle de ses méthodes d’applications vers ces derniers pays. chaque lieu possède ses propres spécificités. Nous avons alors énoncé les recommandations nécessaires à leur intégration. Ainsi. tels que les relevés et les iconographies que textuels comme les récits des voyageurs. se voient contraints de ne plus changer d’images et se retrouvent en quelque sorte prisonniers de leur passé. au-delà de leur intérêt historique. lui permet difficilement son insertion dans le monde contemporain et facilite en quelque sorte son déclin. a pu confirmer que la cohérence urbaine est en rapport à la production de o 40 . l’histoire étant considérée comme méthode scientifique et non comme la nostalgie du passé. 6 Nous avons essayé de situer le discours universel d´une part et algérien d´autre part. laissant chacune son empreinte en produisant les monuments qui les ont immortalisées. Qu’il s’agisse de nouveaux projets dans des espaces historiques. Le monument vivant n’a-t-il pas perduré grâce à son intégration active dans la ville ? Nombreux sont les monuments. L’image figée de l’artefact dans un temps donné. rapport qui est lui-même sujet à évolution. les problématiques restent interdépendantes. et avant que la notion de patrimoine ne soit définie en Europe. nous les avons resitués à travers l’approche monumentale et nous en avons fait une lecture monographique. les différents rapports militaires et autres. La société algérienne qui après 132 ans de colonisation œuvrant pour l’acculturation du peuple. donc inscrit dans une histoire particulière » citation d’Henri Rousso directeur de l’institut d’histoire du temps présent à Paris. relatif au patrimoine historique. Ces rappels théoriques étaient nécessaires afin de définir les critères qui ont été pris en charge pour la sélection des édifices classés. Leur repositionnement à travers une lecture historique et historiographique nous a paru être essentiel et a permis de faire ce lien avec le présent. les légendes. alors que chaque culture. qui après leur classement. que nous avons superposé aux récits historiques.Kessab Baba Ahmed T avec le passé. ne pouvant plus communiquer avec le présent. La rupture est rapidement perceptible. pétrifiés. la meilleure. A la recherche de cette dernière. le monument ne devrait-il pas constituer cet élément moteur dans la recomposition de la ville ? La production du monument dans la ville n’est-elle pas nécessaire pour toute urbanisation cohérente ? Le regard croisé interdisciplinaire nous a permis de faire une relecture des monuments de Tlemcen par rapport aux nouveaux évènements spécifiques de chacune de ses époques et des mutations subies. les monuments mis en oubli peinant pour se raccrocher à la ville contemporaine. Par rapport aux monuments qui sont encore en fonction. Les dynasties se sont succédées à Tlemcen. que sur les différents documents graphiques datant des premières années d’occupation française. Par ailleurs la relecture historique nous a permis de revisiter ce patrimoine à travers une vision contemporaine faite sur la base de différents documents aussi bien graphiques. Voir sa situation sur les plans aussi bien politique. accentue le fossé entre les espaces historiques et les nouvelles productions. C’est ce que nous a permis de constater notre recherche qui à travers l’histoire revisitée de Tlemcen. a perdu beaucoup de ses repères et de son identité. Nous nous sommes basés aussi bien sur les traces et vestiges encore présents. à savoir l’appréhension des pays périphériques au concept de patrimoine. o Notre hypothèse principale a concerné la contemporanéité du monument. La seconde hypothèse concernerait donc l’existence de décalages dans la politique patrimoniale des pays du « centre » et des pays « périphériques ». Ces nouvelles lectures. L’objet de décalage comme nous l’avons déjà cité. Mais aussi dans des temps plus lointains. ce que nous avons essayé d’expliciter dans notre recherche. ne permet pas forcément une assimilation et application telle qu’envisagée.

De ce règne. Alors que la ville d’aujourd’hui. De même. (illustration 3) la grande mosquée contrairement aux thèses des frères Marçais ou de Lucien Golvin ou celle de Bourouiba. 2. 5 . les Almohades. (illustration 1) remonterait au 7 siècle suite à l’islamisation des Berbères par Abou El Mouhadjer. par laquelle nous avons resitué les monuments dans leur contexte géopolitique et économique. Il s’agit du complexe de Sidi Boumediene. la valeur de position et mémorielle ont inscrits ces monuments dans l’éternité. Abritant le mausolée de Sidi Boumediene ou celui de Sidi el Halloui. Les Zianides ont ainsi doté Tlemcen de l’urbanisme de représentation tel que qualifié par Blais mais aussi l’ont inscrite dans la poétique-rythmique urbaine. occuper la ville près de deux décennies. malgré son dynamisme économique et sa croissance urbaine. une citadelle le Méchouar ainsi que de nombreuses résidences palatiales et des medersas. avait enregistré déjà une extension à cette époque. Le premier noyau de Tlemcen musulmane. Le fameux hammam essebaghine remonte également à cette époque. où ils ont édifié 9 nouvelles mosquées. Younès et Michel Mangematin. la ville est à nouveau sous le joug d’une autre dynastie. image. Les enceintes de cette nouvelle agglomération. Les Zianides. ème 41 . 13 et 14 mai 2008 monuments et à cet urbanisme de représentation tel que qualifié par Jean Paul Blais 7. elle ne trouve plus ses repères. n’est plus malheureusement que prétexte. de Sidi El Halloui ainsi que de la ville de Mansourah dont ne persistent que les remparts ainsi qu’une partie du minaret de la mosquée. Un siècle plus tard. Elle a cependant renforcé sa structure urbaine. Ils ont concentré tous les nouveaux monuments au niveau de Tagrart. ont protégé la ville et ont constitué er ses limites jusqu’au XIXe siècle. Brève intermède. précisant le nom du commanditaire ainsi que la date de réalisation de l’édifice est une marque bien destinée à transmettre à la postériorité. néanmoins très riche en production monumentale. 4. Le rythme que créent ces espaces à valeur différente et qui se succèdent dans les temps forts ou faibles augure leur ouverture et imprime un mouvement général dans la ville. Différentes dans leur morphologie et leur orientation. aucune construction nouvelle n’a été édifiée. Selon notre relecture. Mansourah mis à part qu’ils ont édifié lors du siège de Tlemcen. Le 1 noyau de la grande mosquée a été fondé par cette dynastie et l’inscription sur la corniche en avant du mihrab de la grande mosquée. Les espaces urbains ont été marqués par un édifice. (illustration 4) nous avons pu faire ressortir les extensions urbaines de cette période. 3. et objet de consommation pour l’entreprise comme pour l’individu et à cet effet. situés sur un plateau dominant. Ces princes. Ces réactions généreront l’alchimie du lieu grâce aux nouveaux monuments qui prendront position. En cette période. qui la dirigeront près d’un siècle durant. ce vide sans lequel Tlemcen n’aurait pu s’inscrire dans le mouvement producteur de réactions chimiques.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. ce qui n’empêcha pas ces bâtisseurs d’intervenir sur le tissu urbain ou sur les édifices existants. L’extension urbaine ne s’est limitée qu’au quartier du Matmar (illustration 5) au sud/ouest. nouveaux gouverneurs de la ville. spécifiant ainsi le caractère du lieu en tant que partie composante d’un tout si chère à la phénoménologie. Agadir. Monuments trace essentiellement car ils n’ont été produits que pour être utiles ne prétendant pas au statut d’œuvre originale ou esthétique. 1. ce concept philosophique qu’ont développés C. la mémoire de l’illustre personnage et de sa dynastie. dont la grande Bâb el Quermadine. elles correspondent au tissu urbain situé au sud de la ville. la ville n’a pas été dotée de monuments majeurs. ont préférés construire leur monument dans des lieux spécifiques aussi bien sur le plan topographique que symbolique. La trame urbaine des quartiers nord/est et sud/est remonte à cette époque. Les Mérinides ont pu durant le règne Zianide. ont fait de Tlemcen leur capitale. et en nous basant sur les travaux d’Eugen Wirth qui s’est intéressé aux villes almohades. Les Almoravides ont dédoublé la ville par le noyau de Tagrart (illustration 2) en 1069. Ses murailles dont elle tira son nom ont été l’élément de permanence de cette ère mais aussi sa mosquée Djamaa el Atiq implantée sur l’ancien temple romain constituent les premiers monuments de la ville.

Le 16 siècle. L’occupation française. on démolissait tout ce qui gênait les plans d’alignement. Les plus beaux artefacts. Cette période ème 42 . (illustration 6) Agadir cet ancien bourg populeux disparaît laissant place aux terres agricoles. La ville se limite au noyau de Tagrart. à l’instar des autres villes algériennes. même si on doit préserver.Kessab Baba Ahmed T Illustration 4 : Hypothèses des extensions de la grande mosquée 6. la grande mosquée et Djamaa Belahcen ont été transformés. Colonialisme se faisant. 7. a été marqué par des guerres et une perte de pouvoir de la ville de Tlemcen qui n’a pu retrouver son aura et son rang durant l’occupation ottomane. comme la medersa Tachfinia a été démolie. les modénatures tel qu’il fut le cas pour la Tachfinia. imposa sa structure urbaine au détriment de l’ancien tissu qui se vit mutiler. Ces actes de vandalisme ont été perpétrés au moment où pour la première fois on définissait la notion de protection des monuments et qu’on s’attela à classer quelques uns d’entre eux. Une rétraction de la ville s’est faite. en musée.

Les vestiges n’étant que ces rappels historiques auxquels on voudrait se raccrocher nostalgiquement en quête d’une identité qu’on ne trouve plus. nous avons pu confirmer que les monuments aussi bien classés que non classés. Par cette relecture historique. qui ont permis à l’ancienne capitale de se remettre dans le mouvement urbain. Agadir. Les inscriptions sur les corniches. Ces différentes formes d’actions attestaient. La production de beaux édifices riches en décoration et utilisant les techniques constructives les plus en vogue. a connu un développement péri urbain très important. De même la pratique des habous constituait cet outil permettant leur préservation. dénués de signifiance et étrangers les 8 uns aux autres. au même titre que le sentiment religieux » et de ce fait inscrivait ces monuments dans la catégorie des monuments forme qui se sont ainsi imposés par leur histoire et richesse architecturale. Continuité de lotissements et de cités. ce qui répond à une de nos premières questions à savoir que les monuments étaient bien des monuments message. séparés par des vides intervallaires ou contigus mais sans lien esthétique» . cependant comme nous avons pu le voir les Princes profitaient de leur réalisation pour les inscrire dans l’histoire. sans pourtant les inscrire dans leur réelle dimension et dans la contemporanéité. les nouvelles agglomérations ne sont plus qu’une succession d’espaces « d’objets construits. Nous avons ainsi essayé de resituer la production monumentale. La période algérienne post indépendance quant à elle. interventions qui certes ont permis de retaper les édifices. cette pratique sociale avait permis aux monuments de mieux traverser le temps et s’inscrivait pleinement dans les formes de préservation. Pomaria cette première ville romaine. tribunal et autres. lieux du savoir bénéficiaient par moment de ces donations. répondaient chacun en ce qui le concerne. 43 . 11 du sublime [qui] était le moteur de cette initiative. néanmoins la ville a enregistré un développement urbain ainsi qu’une production monumentale à travers les édifices publics tel qu’église. Des opérations de restauration ont été menées ces 2 dernières décennies. inscrivent également tous ces monuments dans la catégorie des monuments forme. la gare ou le collège ont également favorisé le renouveau architectural et urbain de la ville. De même. L’arabisance de Jonnart à travers les édifices comme la medersa. ème bien que le concept de patrimoine ne date que du 19 siècle. Ces derniers répondaient bien évidemment souvent à un besoin utilitaire. En effet. nombreux étaient les monuments « gewolt » ou intentionnels réalisés par leur opérateur en tant que monument message. même si les styles architecturaux étaient européens la trame urbaine en damier et les places orthogonales. sur les tablettes et autres. qui retracent l’histoire selon les définitions de Régis Debray. aux critères de consécration tel que définis 9 10 par Aloïs Riegl ou Luc Noppen et qu’ils répondent aux différentes valeurs prédéfinies. Jusqu’à la veille du règne ottoman. Tagrart puis Tlemcen ont tous été le théâtre d’installations de monuments. 13 et 14 mai 2008 française a certes était décadente sur le plan patrimonial. 8. de la volonté des différents règnes et dynasties de marquer leur trace dans l’histoire avec « le sentiment du beau. Le nouveau monument y est entièrement absent et les présences séculaires sont reléguées à leur passé ne trouvant plus leur place parmi les nouvelles constructions qui s’entassent. Les mosquées et les mausolées en tant qu’édifices de cultes profitaient essentiellement de ces pratiques mais aussi les medersas.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. ils ont pu trouver place à travers les anciennes rues de Tlemcen. de même évaluer la place et le rôle des monuments tlemcéniens. tel que le précise l’égyptienne Galila el Kadi. signalant les commanditaires de l’œuvre démontrent bien la volonté d’inscrire ces édifices dans l’histoire. Même si les biens waqfs constituaient une forme de gestion des biens vivants.

Kessab Baba Ahmed T Illustration n° 1 Essai de restitution d’Agadir Illustration n°2 Essai de restitution de Tagrart 44 .

13 et 14 mai 2008 Illustration n°3 Extension période almohade Illustration n°5 Tlemcen zianide 45 .Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen.

elle a généré le développement de quartiers spécifiques. comme la Tachfinia ainsi que toutes les autres attenantes aux mosquées ont fait de Tlemcen la ville du savoir. s’est vu vidé de sa substance jusqu’à sa métamorphose en espaces agricoles. la nouvelle citadelle le Méchouar. confirment également cette même hypothèse. Néanmoins leur stature et leur état étaient en rapport étroit aux richesses de la ville. La production de tous ces monuments qu’ils soient intentionnels ou inintentionnels a permis à la ville de Tlemcen de constituer ses propres lieux. Les medersa. ils sont mêlés au quotidien. Les périodes peu glorieuses de la ville.Kessab Baba Ahmed T Illustration n°6 Tlemcen ottomane Les ouvrages défensifs assuraient la sécurité de la vie urbaine et de ce fait étaient les plus élaborés et les mieux entretenus. De même. D’abord les édifices cultuels. Et hormis sa mosquée que les Zianides dotèrent d’un minaret. ce qui ne fut plus le cas à l’époque ottomane où elles furent abandonnées et ultérieurement. Aucun nouvel édifice ou monument n’y a été édifié. et qui constitue la période décadente de Tlemcen puisqu’elle s’est vidée de l’intérieur. Tlemcen capitale zianide. celui des Juifs et plus tard celui des Kouloughlis. La déchéance de la ville à l’époque ottomane a créé une rétraction urbaine opérée sur Agadir et sur El Eubbad Essefli autre bourg au sud de la ville. Agadir qui fut longtemps un bourg de Tlemcen. Ce bourg bien que noyau originel de la ville. avait développée plusieurs enceintes de protection la qualifiant par les chroniqueurs de « ville aux 7 murailles ». les 9 mosquées réalisées durant ce règne ont inscrit la ville dans un renouveau urbain. à la vie avec une forte valeur d’évocation et d’émotion. 46 . Ces deux quartiers ne disposaient que de la mosquée. Il s’agit de la période ottomane qui s’est étalée sur 3 siècles. De même. aucun autre nouveau monument n’y a été édifié. bien qu’elle soit initialement un équipement utilitaire. ont inscrit la capitale dans un mouvement à travers lequel ancien et nouveau se sont côtoyés et se sont complétés. Monuments inintentionnels ou trace dans la catégorie de Debray. n’était plus qu’une de ses périphéries. Ces lieux qui ont pu trouver leur place dans la toile qu’ont tissés les Almoravides et les Almohades et que les Zianides ont ponctué de tous les monuments les inscrivant dans la poétique rythmique. Leur entretien était assuré par les gouverneurs. Dédoublé par Tagrart. Ceci confirme notre hypothèse par laquelle le monument constitue cet élément moteur dans la recomposition de la ville. c’est dans ce noyau où ont été implantés tous les artefacts. Tous ces édifices.

a trouvé sa symbiose avec la nouvelle place rectiligne. les différentes extensions ont permis à l’oratoire d’accéder au rang de mosquée du vendredi puis à son classement en tant que patrimoine national. Il a ainsi constitué cette rythmique qui a permis à toute cette partie nord de se régénérer et qui bien qu’étant un des plus vieux tissus de la ville. L’édification de nouveaux monuments majeurs durant l’ère zianide ou à l’époque française. a échappé à tout vandalisme (mis à part le tout dernier qui s’est produit durant la décennie noire). inscriraient cette ère tout à fait dans la période de décadence. ces opérations ont permis à ces monuments de se réinscrire dans la contemporanéité grâce à ces interventions. Le quartier de Sidi el Halloui. La ville de l’époque française. Son image figée dans un temps donné. de la maison du oukil et du palais. ne lui permet pas son insertion dans le monde contemporain et facilite son déclin. d’une médersa. n’a pu se maintenir. En tant que lieu saint. ont renforcé le quartier dans sa monumentalité et lui ont permis de s’inscrire dans l’éternité. a permis à 12 Tlemcen de se réinscrire dans le rythme tel que définit par le philosophe Maldiney qui augure l’ouverture d’espaces à valeurs différentes. la banque. la mosquée d’el Eubbad essefli. La mutilation et le vandalisme de l’administration française sur certains monuments. Djamaa Sidi Belahcen. par crainte pour l’artefact. il affichait un bon état à l’arrivée des Français. bien qu’imposant un nouveau langage architectural et urbanistique. que les Français ont percé de fenêtres pour éclairer les collections du musée qu’il a abrité. par incompétence ou même par nostalgie. A l’image de certains bourgs abbatiaux européens où un regroupement de population s’est fait autour d’abbaye sans pour autant pouvoir concurrencer la cité. la mosquée de Sidi Boumediene attirait les pèlerins et une vie économique avait pu s’y développer. l’oratoire plus proche du plus vieux quartier de Tlemcen où résidaient les Hadars. confirme encore notre hypothèse que le monument doit constituer cet élément moteur dans la recomposition de la ville et que sa production est nécessaire pour toute urbanisation cohérente. Djamaa el Atiq d’Agadir. qui protégé par le saint des saints et bien que ne disposant pas de fortifications. mais toute deux n’abritant pas un saint personnage. les églises. actuel Colonel Lotfi sur lequel nous trouvons le collège. se succédant dans des temps forts ou faibles imprimant un mouvement général. C’est à cet effet. Les monuments historiques. nous l’avons également enregistrée dans Tlemcen coloniale. Nous avons pu voir que la présence de mausolée donnait plus de légitimité à l’oratoire qui se trouve en quelque sorte sous sa protection. la poste. Cette autre étape historique. etc. autre cas de figure. Les édifices cultuels. si elle n’avait pas de son côté été productrice de nouveaux monuments et de nouveaux quartiers. elle a pu cependant être réinscrite dans une nouvelle logique et une nouvelle scénographie spécifique aux villes françaises du XIXe siècle où le nouveau lieu mis en place avec son alignement et son kiosque à musique trouve son adéquation avec les nouveaux espaces produits. Les équipements culturels. Si le quartier n’était qu’un espace de transit où l’habitat et vie de quartier n’ont pu s’y établir. Leur transformation et extension. protégé par un saint de haut rang. Rythme et mouvement totalement absents dans la Tlemcen post coloniale qui connaît un 47 . Il n’en est pas de même pour le quartier d’El Eubbad. Quant à la place. Les boulevards étaient délimités d’édifices majeurs comme le boulevard national. les nouveaux monuments sont les principales notes de ce rythme qui permettent à la ville de s’inscrire dans le mouvement lui procurant ainsi spécificité et durabilité. politique adoptée dans notre pays. s’ouvrait sur ces quartiers nord/est. L’exemple en est attesté par la grande mosquée où du petit noyau almoravide en tant que salle de prière du gouverneur. était situé au nord de Tlemcen. seuls édifices majeurs des deux quartiers n’ont pu constituer à eux seuls la trame structurant le tissu qui fragilisé. participe très souvent à leur déclin. Notre autre hypothèse concernait la contemporanéité du monument par laquelle ce dernier a perduré grâce à son intégration active dans la ville. Cette régénérescence grâce à la production monumentale. reste cohérente dans son ensemble. L’adjonction au mausolée et à la mosquée. De même. comme les cinémas et la nouvelle médersa ont trouvé place sur les anciennes voies précoloniales élargies. El Eubbad a été un quartier qui attira la population. 13 et 14 mai 2008 inachevée pour El Eubbad Essefli. Restauration ou transformation. pour certains édifices. n’ont fait que renforcé le statut du monument. et a pu se maintenir et renaître régulièrement autour du noyau cultuel.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. s’il est clair qu’elle fut mutilée lui faisant perdre son caractère séculaire. que la pétrification des monuments dans leur image et fonction. la préfecture. de latrines. encore de pratique en Algérie ont pu se maintenir grâce à leur usage et ceci malgré leur dégradation durant les périodes les moins glorieuses. d’un hammam.

7. parole.13.annexe 3 dans –Mémoire et projet. 10.Le regard de l’histoire. paradigmes et processus de reconnaissance »dans Les espaces de l’identité. 13 4. BIBLIOGRAPHIE : 1. La « conservation en mouvement » (expression empruntée à Alexandre Melissinos) permet ainsi de lever l’antagonisme entre création et protection. H « Introduction générale des Actes des entretiens du patrimoine . Les monuments sont d’autre part isolés et relégués dans leur passé. L’Age de l’homme 1974 p 158 Expression empruntée à Alexandre Melissinos – Architecture contemporaine en espace protégé. L et MORISET L. 5. M « L’avenir du passé » in 303 Arts. l’émergence et l’évolution de la notion de patrimoine au cours du siècle en France » éd. des réglementations et des juridictions ont été mises en place qui bien que protégeant l’artefact de la détérioration humaine.fr/numero/339/Dos/focus. 5 LOYER. F « Mémoire et projet » Publication en ligne. A « Le culte moderne du monument » éd Le seuil 1984 Paris NOPPEN. de crainte du vandalisme et de la dégradation des espaces historiques. La culture patrimoniale sera ainsi accessible à toutes les catégories sociales tout comme l’a été la musique andalouse ou les tenues vestimentaires traditionnelles qui trouvent leur place de manière naturelle dans la culture tlemcénienne. 8. 48 .P « Lecture de L'Histoire de l'Europe urbaine » (Club Ville Aménagement) publication en ligne http://www. éd Presses de l’université Laval Sainte Foy 1997 EL KADI. Ainsi. Jocelyne La Tourneau. recherches et créations XXVI p 118 YELLES. 14. 3. l’ont en même temps isolé de son contexte grâce auquel il a toujours évolué. 9. 2.Kessab Baba Ahmed T développement urbain mais omet de produire des lieux. C « Rythme architectural. F idem BOUMAZA. 6. urbain et paysager. 13.html MANGEMATIN. essai à partir de la pensée de Maldiney » dans Art et philosophie. M et YOUNES. BLAIS. G « La genèse du patrimoine en Egypte » dans Regards croisés sur le patrimoine dans le monde à la fin du XX siècle » La Sorbonne. LOYER.urbanisme. Fayard 2003 p. ville et architecture p 267 RIEGL. N « Expérience occidentale et construction maghrébine d’une approche du patrimoine » dans actes du colloque « Regards croisés sur le patrimoine dans le monde à la fin du XX siècle » La Sorbonne.publication en ligne. espace » Lausanne. 2003 DUDON. M « Les fantômes de l’identité » éd ANEP 2004 p 46 Charte d’Athènes 1931 ROUSSO. 11. 12. et rétablit la césure existant entre le patrimoine et la ville. J. H « Regard.K « De la production des monuments. L’historicité des monuments et des espaces urbains de Tlemcen a bien démontré que le dynamisme et l’évolution de ces espaces leur a permis de perdurer. Paris 2003 p 101 MALDINEY.p. Laurier Turgeon.

bazars. Karimkhan a réduit ces 19 quartiers à 11 quartiers pour la solidarité sociale et de 12 à 6 portes pour la sécurité (Figure 1). La structure physique urbaine de Chiraz à cette époque est composée d’éléments urbains (Citadelles (Arg). places. CHIRAZ A L’EPOQUE DE ZANDIEH Au XVIIIe siècle. . En particulier à l’époque où la ville de Chiraz a été choisie comme capitale de l’Iran. L’origine historique. de grandes mosquées. HOSSEINPOOR Doctorant en urbanisme – Université Paul Cézanne (France) IAR-CIRTA RESUME Cet article présente d’un part. INTRODUCTION : La ville de Chiraz est une métropole iranienne de 1 204 882 (cf.-C. Les caractères les plus importants de la ville lors de cette période sont la formation des quartiers d’identité différente.) articulés avec des espaces publics. J. remonte à une période ancienne de 400 av. la construction des bâtiments gouvernementaux. La composition urbaine présente une continuité et une harmonie dans sa structure physique. distingue la morphologie urbaine. recensement 2006) habitants. et d’autre part.L’ensemble de Zandieh – Chiraz (Iran) Un secteur historique sauvegardé face aux interventions physiques contemporaines M. le projet de revitalisation le centre ville ou la conservation intégral du patrimoine bâti (années 1990). avant l’arrivée de Karimkhan au pouvoir. Globalement. etc. et de jardins autour de la ville sont les éléments les plus importants pour le pouvoir dans différentes périodes historiques de vie sociopolitique et économique de la ville de Chiraz. L’ensemble de Zandieh est un bon exemple qui a déjà passé dans son histoire un processus (patrimoine – démolition – création et revitalisation). En effet. Le milieu physique urbain était composé de tissus compacts et continus. Karimkhan Zand (Roi d’Iran) a choisi la ville de Chiraz comme capitale de l’Iran. des centres religieux. A cette époque. située au Sud de l’Iran. lui conférant une importance politique et économique. éducatifs. La combinaison des espaces vides et des espaces bâtis de façon organique et non géométrique. Un regard historique sur le processus de développement urbain de Chiraz démontre que l’influence du pouvoir à certaines époques a joué un rôle essentiel dans l’importance de la ville. la ville de Chiraz était composée de 11 quartiers et a été limitée et encerclée par un mur et un fossé. un projet de démolition (création d’un voie urbaine dans le centre ville ancienne en années 1940). la ville était composée de 19 quartiers et de 12 ports intra muros.

comme des espaces publics dynamiques. Hosseinpoour L’ensemble de Zandieh Figure 1 : Structure physique urbaine de Chiraz au XVIIIe siècle (à l’époque Zandieh) Structure physique et morphologie du bâtie La structure physique de ce secteur est constituée de rues piétonnes. de centre religieux (Grande Mosquée) et de centre de pouvoir et gouvernemental (Arg ou citadelle). ne poursuit pas un ordre géométrique. Les petites places non géométriques situées sur la longueur de ces voies fonctionnent comme un lieu d’arrêt de celles-ci. Principalement. L’ensemble de Zandieh La composition des éléments structurants urbains dans la ville ancienne de Chiraz est liée à sa structure principale qui est basé sur la combinaison de centre de commerce (Bazar). Ces axes principaux sont assez larges par rapport à d’autres voies piétonnes. leur élévation. On voit une composition urbaine désordonnée et organique. assez équipés et leurs tracés sont clairs. la rue piétonne est d’abord une fonction de communication sociale et commerciale. Ces voies jouent un rôle de réseaux des espaces publics disponibles. C’est la combinaison variée et complexe des pleins et des vides qui engendre une structure stable de la ville ancienne. leur style. L’axe piétonnier de ce quartier est conçu comme un véritable espace de communication. Les rues piétonnes du centre ville de Chiraz ne fonctionnent pas comme un espace de commerce. Ce tissu urbain a des petites rues étroites. du point de vue de la taille. ouverts. Un tissu compact et continu avec le bâti composé de maisons caractérisées par leur âge. La rue piétonne s’inscrit dans la symbolique du « village ». mais aussi par les espaces vides et les espaces bâtis. et de la ville ancienne. Ce tissu urbain. 50 . parce qu’au milieu de ce tissu urbain il existe un grand bazar couvert d’un toit à la forme linéaire qui joue le rôle de lieu commercial traditionnel pour la ville et pour le quartiers du centre ville. tant comme les espaces publics dynamiques.M. continus et vivants. Ce secteur est le cœur historique et héritage de la ville de Chiraz. Ses fonctions sont l’accès au logement enclavé dans le tissu urbain historique et de donner un mouvement au tissu bâti par les rues piétonnes. Les voies principales dans ce tissu ont souvent une clôture sur les places centrales du quartier.

Bazar de Vakil. Ces interventions physiques modernes sans considérer l’identité culturelle et l’origine historique du tissu urbain traditionnel. l’influence du modernisme a eu un impact important sur le tissu ancien de la ville. A partir de l’année 1941. tribunal (Divankhaneh).Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Figure 2 : Les éléments structurants de l’ensemble de Zandieh Un regard sur l’ensemble de Zandieh. Mosquée de Vakil. du développement des moyens de communication extérieure. place de Toupkhanh. Comme nous l’avons dit antérieurement. 13 et 14 mai 2008 L’ensemble de Zandieh comme le cœur historique de secteur à sauvegarder est composé de citadelle (Arg-è-Karimkhani). etc. Ces opérations ont imposé d’autres limites pour chaque quartier de la ville ancienne qui ne correspondent plus à l’identité et la morphologie de la ville historique. Rezakhan a définit un système administratif concentré et a mis ensuite en place des opérations urbanistiques en vue du développement et de modernisation de la vie sociale et urbaine. mosquée et Hammam Vakil dans l’espace public (Toupkhaneh. Les opérations architecturales et urbanistiques modernes ont réduit progressivement la qualité et l’identité architecturale traditionnelle. par exemple la création de nouvelles voiries au sein de tissu ancien sans prise en compte de la structure urbaine ancienne ou de la colonne vertébrale de la ville et des quartiers historiques. le processus initial de modernisation a été commencé en 1920. 51 . montre l’existence d’un rapport spatial entre des éléments architecturaux et l’espace public. La création des voies automobiles vastes et larges au sein du tissu historique (Figure 3) a détruit des quartiers traditionnels. Jardin de Nazar (Bagh-è-Nazar). de l’exportation du pétrole. Hammam de Vakil. prison. la place de Machke et le jardin Nazar). ont établit une rupture dans la structure de la ville ancienne. crée un espace urbain homogène et vivant à l’époque. ce processus se manifeste particulièrement dans le contexte physique de la ville de Chiraz. La combinaison des éléments structurants : Citadelle (Arg). de l’augmentation du revenu national. apparaissent les opérations massives pour le développement urbain. Projet de modernisation la ville de Chiraz Suite à l’arrivé de Rezakhan au pouvoir (période de Pahlavi 1 – années 1940). bazar. (Figure 2). CHIRAZ DANS LA MODERNITE A la suite de la révolution de Mashrotiyat en 1906. Caravansérail attaché à Bazar Vakil.

la création de voiries étend la ville hors du centre historique jusqu’en 1936. une extension lente et progressive a produit de nouveaux secteurs urbains intermédiaires à la périphérie du centre ancien. Hosseinpoour Dans cette période. Par contre. 28 Figure 4 : Structure physique urbaine de Chiraz au XXe siècle (à l’époque de Pahlavi) Même si jusqu’à ce moment.M. Figure 5 : Citadelle (Arg-è-Karimkhani) enclavé par les voies de circulation automobile. la « grande place » existante dans ce tissu urbain n’a pas fonctionné en tant qu’espace civil. c’est à dire comme espace public vivant. 2004. (Source : Archive. Mairie de Chiraz) 52 . à partir de l’année 1921. a engendré une distribution optimale des services urbains. (Figure 4) avec une forte densité de population. Figure 3 : une nouvelle avenue urbaine (avenu Zand) qui a découpé le tissu urbain historique en deux Source : Nasr. Le développement d’une ville à « forme quadrillée ». En effet. actif et vivant mais était considérée plutôt comme un lieu de rencontre pour les manifestations et les activités sociales et populaires. la rue Zand avec une largeur de 56 m (Figure 5) et qui était le seul espace public moderne et unique de cette époque a rempli le rôle de « grande place ».

identitaire espace public vivant et commercial. La création de nouvelles voiries. il est apparu que ce tissu historique avait perdu sa qualité architecturale et urbaine. œuvre historique la plus importante de la ville de Chiraz. au nom de la modernisation. quadrillées. Cette opération a ouvert progressivement une porte vers des interventions non réfléchies et non adaptées dans le contexte physique de la ville ancienne. La création de l’avenue urbaine au sein du tissu urbain historique a coupé en deux l’ensemble de Zandieh. Ces opérations ont affaibli la communication existante dans l’espace public urbain dans la ville ancienne. 2005. 132 CHIRAZ POST. 53 . Bazar Vakil La nouvelle voirie de l’époque Pahlavi – la rue Zand Figure 6 : coupure de la structure physique du tissu ancien par des nouvelles voiries à l’époque de Pahlavi Source : photo d’après Pardaraz. Le remplacement de places publiques par les voies pour l’automobile a réduit la qualité de l’espace public (Place de Toupkhaneh et place de Mashke) et a détruit ses fonctions principales comme un lieu de course de chevaux. la structure ancienne de la ville était un ensemble intégré et correspondant à la culture et à la vie sociale de l’époque. Ces opérations ont été réalisées dans le secteur historique qui a des valeurs architecturales et urbanistiques et une grande capacité d’accueil touristique. a supprimé la qualité du tissu ancien (Figure 6). Ces interventions physiques modernes ont provoqué une rupture dans la structure de la ville ancienne.MODERNE Les opérations architecturales et urbanistiques modernes ont réduit la qualité et l’identité architecturale traditionnelle. Avant cette opération. Après des décennies.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. La mairie de Chiraz a donc mis en œuvre durant les années 1990 un nouveau projet urbain de revitalisation et de restructuration de l’ensemble de Zandieh tenant en compte de la valeur de l’identité historique de la ville ancienne. Certains bâtiments liés à l’ensemble de Zandieh ont été détruits et remplacés par des bâtiments modernes installés au carrefour de ces nouvelles avenues urbaines modernes. ainsi que le bazar Vakil . 13 et 14 mai 2008 L’ensemble de Zandieh face à l’innovation moderniste Cette vague d’opération moderne a modifié l’ensemble de Zandieh.

L’articulation des bâtiments composés d’ensemble de Zandieh dans l’espace public alentour en vue de valoriser ses fonctions pour l’attractivité touristique. 1990]. L’aménagement de place central à l’époque de Zandieh (Place de Toupkhaneh) est le point essentiel de ce projet urbain pour revitaliser et valoriser l’atmosphère historique de la ville ancienne. 1995). « la ville elle-même est la mémoire des peuples . Ce projet a renforcé la stabilité et la structure urbaine de la ville ancienne. Selon Halbwachs. Ce projet de restructuration et de requalification de tissu historique et culturel a favorisé une démarche vers la revitalisation du centre-ville . au moins en théorie.M. L’enjeu principal de ce projet urbain (Figure 7) était la revitalisation de l’ensemble de Zandieh en appuyant sur l’articulation intelligente entre le secteur historique sauvegardé et le tissu urbain moderne des années après 1940. Figure 7 : projet de revitalisation l’ensemble de Zandieh (Source : Agence d’architecture et d’urbanisme Mirmiran) L’ensemble de Zandieh comme une mémoire collective ou comme un patrimoine historique impose une image de continuité historique. 54 . substitution). Hosseinpoour Projet de revitalisation l’ensemble de Zandieh L’agence d’architecture et d’urbanisme Mirmiran a étudié l’ensemble de Zandieh et leur rapport avec le tissu ancien alentour. « un retournement qui abolit les évidences de la démolition et qui pose. La réalisation de ce projet souterrain et l’aménagement de la place publique (Place de Toupkhaneh) a recréé un paysage urbain au cœur historique de la ville de Chiraz. Un regard comparatif sur ce secteur historique ancien (Figure 8) et sa transformation (changement) post-moderne jusqu’à nos jours (Figure 9 ) démontre un retour en arrière sans équivalent dans l’histoire. après de réalisation des opérations modernes non adaptables à l’origine historique de ce secteur urbain. La grande voie automobile devient un projet de souterrain qui passe exactement à côté de citadelle. on peut dire que la ville est le « locus » de la mémoire collective ». [Rossi. le principe d’une conservation intégrale des édifices du passé » (Choay. est l’axe principal de projet de revitalisation de l’ensemble de Zandieh. et comme la mémoire est liée à des faits et à des lieux. En effet. Un principe consistant à rechercher l’efficience maximale pour la communication automobile en réduisant autant que possible de trafic automobile (cf. une démarche favorisant une politique urbaine attentive aux enjeux de développement urbain durable.

l’objectif principal de ce projet a été de conserver le cadre urbain de l’architecture/urbanisme ancienne pour favoriser une évolution harmonieuse au regard des fonctions urbaines contemporaines en relation avec l’ensemble de la ville. Figure 10 : Espace public aménagé en haut de la voie automobile sousterraine pour revitaliser la place ancienne de Toupkhaneh 55 . a été mise en ordre à cette époque afin de protéger la culture locale. En effet. morphologiques et architecturales du patrimoine ancien. 13 et 14 mai 2008 Figure 8 : l’ensemble de Zandieh avant d’intervention physique moderne (création de voie automobile) Figure 9 : Revitalisation l’ensemble de Zandieh (années 1990) après la démolition sous l’effet de modernisme Pour sauvegarder la texture traditionnelle face à ces mutations modernes. L’aménagement de cet espace public urbain s’inscrit dans le respect de l’existant et dans la prise en compte des qualités historiques.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. l’articulation entre la tradition et la modernité (Figure 10).

de commerce. 1998]. en tant qu’un mode de l’action accomplie. La réalisation d’une avenue automobile (une structure identitaire et universelle à l’époque).M. sociabilité et participation de leurs habitants dans la vie locale. Il y a longtemps que la ville ancienne se vide de couches aisées et prestigieuses qui se sont déplacées au nord de la ville. La combinaison d’habitat. Pourtant. CONCLUSION Aujourd’hui. si on les intègre dans un système unitaire qui les englobe à la façon d’un nouvel organisme plus complexe » [Giovannoni. 2008] montrent que la ville ancienne est plus stable et plus durable que d’autres tissus urbains contemporains en vue de certains critères importants de développment urbain durable (densité et typo-morphologie de l’habitat. en tant que « forme progressive. 56 . les anciens et les nouveaux quartiers en gardant à chacun son caractère propre. Ces couches ont été remplacées par les couches modestes et des migrants d’exode rural ou des étrangers ayant un pouvoir d’achat minimal. d’activités et de services publics à l’échelle humaine avec une circulation piétonnier / circulation douce (isolation du tissu ancien du grand trafic urbain) peuvent fournir un modèle qui apporte le bien-être aux habitants et milite en faveur d’une politique de développement urbain durable. La dévalorisation de ce tissu urbain historique suite à ces interventions physiques a créé une rupture dans sa structure stable. Par exemple. la continuité de la structure des noyaux anciens de la ville historique a favorisé une harmonisation permanente pour ce secteur historique sauvegardé. la question de revitalisation et de restructuration du centre ville comme un enjeu majeur a été posé. du work in progress » [Queysanne. dans les villes historiques. L’apparition d’un contexte social hétérogène. en considérant « qu’il est possible de faire cohabiter harmonieusement. Les recherches déjà réalisées [Hosseinpoor. a divisé l’ensemble de Zandieh en deux parties discontinues. la structure du bazar de Vakil est coupée en deux par la réalisation d’une avenue urbaine au centre ville. Donc. Hosseinpoour SECTEUR HISTORIQUE SAUVEGARDE ET L’ENJEU DE DEVELOPPEMENT DURABLE La structure urbaine de la ville ancienne est stable et continue à l’échelle humaine. En effet. La stabilité. La structure de tissu ancien de la ville de Chiraz a été mutilée par des interventions physiques rapides et non adaptées au contexte et l’identité physique urbaine. et post-moderne (création – restructuration) dans la structure du tissu ancien de la ville de Chiraz. Ce processus a diminué la qualité du tissu urbain historique. Un autre point essentiel dans la revitalisation du centre historique est de mettre en œuvre le processus de gentrification. La plupart des propriétaires des logements anciens au centre ville n’ont pas envie de mettre en vente leurs logements anciens. le patrimoine est un enjeu de société contemporaine. a fait en sorte que la vie dans ces quartiers soit compliquée. parce que ces maisons anciennes sont considérées comme un héritage familial avec beaucoup de souvenirs du passé. ou encore de la mutation sociétale que nous vivons depuis environ trois décennies » [Choay. Selon Françoise Choay : « le patrimoine ne prend sens qu’à être situé et pensé sur l’horizon de la crise de civilisation. la difficulté d’accès des voitures à l’intérieur du tissu ancien en raison de son caractère physique ayant des rues étroites. comme nous l’avons a dit antérieurement. Cet élément structurant a fonctionné de façon acceptable pendant les décennies précédentes grâce à la combinaison et l’articulation des activités sociales. La stabilité de vie dans le quartier ancien est liée à sa structure physique bien adaptée aux besoins sociaux et économiques. mixité des fonctions urbaines et l’échelle humaine). la qualité insuffisante des bâtiments existants et le manque de services urbains ont poussé la plupart des habitants à immigrer vers d’autres tissus urbains plus récents. L’ensemble de Zandieh. 1996] démontre une histoire d’intervention physique moderne (démolition). nous croyons qu’elle est en train de se retrouver comme une structure stable et solide. le commerce et l’habitat. Les quartiers historiques ou les tissus urbains anciens en termes d’accès à l’espace vert public sont les quartiers les plus pauvres (nous parlons toujours de jardin à côté de ville ancienne au lieu d’espace vert public à l’intérieur de tissu historique). culturelles. 1996].

. CHOAY F. Marseille et Chiraz. GIOVANNONI G. publié par Marie de Chiraz. « Le tissu de la ville ». « Enseignement et patrimoine : un enjeu de société ». (1998). Article présenté au colloque Il progetto della sottrazione à l’université della sapienza à Rome tenu les 23 et 24 Juin 1995. « L’architecture de la ville ».. (1995). 2006. A.. Editions du Seuil. NASR T. (2008). « Projet de revitalisation l’ensemble de Zandieh et le tissu urbain ancien alentour ». P. (2004). université Paul Cézanne. publié par l’organisme de logement et d’urbanisme de Fars. (2005). MIRMIRAN A. Paris. Tehran. in pour une anthropologie de l’espace. Traduction par Françoise Brun. P... Edition Descartes et Cie. « L’urbanisme face aux villes anciennes ». Paris. (1996). 57 ... Editions du Seuil. Publisher by Rouzneh Kar. PARDARAZ.19. Chiraz. « Dela démolition ». GUEYSANNE B.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen.171. approche comparative de l’échelle métropolitaine à l’unité de voisinage”. 13 et 14 mai 2008 BIBLIOGRAPHIE 1- 2- 345- 678- 9- CHOAY F. “Architecture and urbanism of Shiraz – in the Pahlavi period (1922-1978)”. Editions du Seuil. 349 p. in – pour une anthropologie de l’espace. M. “Densité et forme urbaine durable. tenu le 2 Juin 1995 au palais de Chaillot. (1990). « La révision du plan d’urbanisme de Chiraz – deuxième arrondissement (secteur culturel – historique) ». in – Le philosophe chez l’architecte – sous la direction de CHRIS Younès. 2006. CIRTA. communication publiée dans les Actes du premier colloque « Rencontres nationales des enseignants du patrimoine des écoles d’architecture »... (1990). HOSSEINPOOR. Edition Livre et Communication. ROSSI A. (1995). IAR. thèse en urbanisme. al.

ce qui donne lieu à un nouveau modèle hybride mitraditionnel et mi-moderne. Nos conclusions notent la remise en cause partielle du modèle traditionnel à travers l’introduction de nouveaux espaces et éléments architecturaux. Notre propos n’est pas de proposer des solutions. sa pérennisation. dépend pour 1 beaucoup de son intégration dans la société actuelle. mais la contrepartie a été difficilement endurée par le cadre bâti.vécu". sa transmission à des générations futures. Ce statut n’a pas permis de conserver l’héritage historique. identitaire. 1 MARIA GRAVIAC in " Habiter le patrimoine enjeux – approches . 11 . Notre étude porte sur la maison traditionnelle au niveau de la vallée du M'Zab. ALI KHODJA Maître-assistant au Département d'architecture. La situation actuelle vécue par la vallée du M’Zab relève du croisement de plusieurs problématiques au niveaux social. de portes. La survie du patrimoine. Notre objectif est d'arriver à cerner la problématique relative à l'adaptation des maisons traditionnelles au mode de vie moderne et essayer d'atteindre une stratégie de sauvegarde des villes anciennes. d'une part. INTRODUCTION Le débat tardif sur la préservation des médinas et des ksour en Algérie dénote du déphasage existant les politiques de "développement" et la conservation d’un patrimoine non pas fait de murs. Ceci est dû. mais d’un héritage culturel. urbain et enfin patrimonial. On s'intéresse à la configuration spatiale initiale de ces maisons et le mode de vie qui y correspondait. L'évolution dans le mode production. Laboratoire d'architecture méditerranéenne (LAM). le mode de vie ainsi que les besoins croissants des habitants des centres historiques. architectural. Sétif RESUME Les villes traditionnelles en Algérie qu'il soit médina ou ksour ont été conçues pour répondre à un contexte historique. de maisons ou de palais. à travers la sauvegarde et la réhabilitation des maisons qui constituent en fait leur cellule de base. université Ferhat Abbas. économique et culturel spécifique à une époque et une région données. à l'évolution des structures sociales et la recomposition de la famille avec le temps ce qui a entraîné des modifications dans les pratiques sociospatiales dans les maisons traditionnelles. La dynamique qu’a connue la région à partir des années soixante a certes permis l’amélioration des conditions de vie des habitants. La promotion et la restauration du patrimoine illustre le degré de évolution d’une société. ainsi qu'à l'évolution des pratiques des habitants et leurs conséquences sur le cadre bâti et la menace que cela représente sur un patrimoine classé par l'UNESCO. à l'insatisfaction de leurs besoins en matière d'espace habitable et l'inadéquation des espaces traditionnelles (surfaces et aménagement) avec le mobilier moderne. p. social et religieux en premier lieu. car cela serait prétentieux pour une situation extrêmement complexe et aux contours encore mal compris. Il suffit de noter l'aspiration des habitants de ces centres à habiter dans les quartiers nouveaux. D’autre part. culturel. ont pour conséquence la transformation de ce cadre bâti et les maisons traditionnelles en sont la première victime. Car le conflit tradition-modernité fut toujours posé et le cadre bâti avant le citoyen fut mis en cœur de cette opposition. social.Sauvegarde des tissus anciens à travers la réhabilitation des maisons traditionnelles cas de la vallée du M'Zab M. La vallée du M'Zab avec ses ksour et ses palmeraies fut classée comme patrimoine national en 1968 et comme patrimoine de l'humanité par l'UNESCO en 1982.

Ce site offrait des qualités défensives idéales du fait de l'existence d'une multitude de vastes collines dans un périmètre restreint. ou ensemble de familles élargies.A 9 OU P15 A ir e d e i A re Prie i ssa S id ED MELIKA C C S. La vallée du M'Zab est restée autonome durant des siècles jusqu'à son annexion par les forces coloniales françaises en 1882. Pour cela. des maisons en forme de cubes venaient s’étager. On y trouve cinq e ksour (villes fortifiées) dont le premier remonte au XI siècle. plusieurs quartiers se constituaient de la sorte. les maisons concilient les facteurs sociales et techniques.A 12 S3 P10 P9 C S. il est nécessaire de comprendre la logique qui a conduit à une telle organisation spatiale. plusieurs achira se mettaient à édifier un Ksar par la construction d’abord de la mosquée au sommet du mamelon rocheux. d'une altitude variable entre 300 et 800 mètre. La achira. Ghardaïa (1053). Elle s'étale sur une distance qui varie entre 25 à 30 km d'Est en Ouest et 2 km dans le sens Nord-Sud. C P3 P2 S1 C P1 S. possédait un cimetière et une superficie de terres à cultiver en dehors du Ksar (palmeraie). le facteur religieux était prépondérant dans la conception des espaces à différentes échelles (territoriale. la vallée du M'Zab avait intégré la république et est devenue commune en 1967. Chaque achira formait un quartier. urbaine et domestique). daïra en 1969 et enfin wilaya en 1985. La fondation des ksour au M'Zab était l'œuvre d'une communauté religieuse dirigée par des théologiens appelés Azzaba qui étaient organisés en un conseil appelé Halqa. il faut citer deux facteurs : 59 .A 4 EL ATTEUF BOUNOURA C S2 P6 P4 S. Melika (1124) et Beni Isguen (1347). Par conséquent. Bounoura (1046).A 5 C C C S. l'unité et l'égalité sociale s'exprime à travers le mode d'habiter.A 14 P11 P8 S.A 13 BENI-ISGUENE S. Ali Khodja PRESENTATION DU CAS D'ETUDE Notre étude porte sur la vallée du M'Zab qui se situe à 600 km au Sud d'Alger. Après l'indépendance de l'Algérie en 1962. La vallée est entourée de monticules qui constituent les points d'ancrage des ksour. Au fur et à mesure de la croissance.A 3 C S. Sous l’égide de la Halqa.A 8 S. ajouté à cela le passage d'un oued tout au long de la région.A 6 P5 P18 P17 P16 B ab E L- A rg ou b P19 P20 S6 S5 B S4 d é ce h la rc P Ma u M os qu ab B a Ab da ll a h P12 B ab A m id o ul ée P13 P14 C P7 C S. Avant de connaître les espaces et les éléments qui composent la maison traditionnelle au M'Zab.M. L'équilibre. Elle est comprise entre 32° et 33° 20' latitude Nord et 2° 30' longitude Est. au point culminant. Ainsi nous retrouvons dans l'ordre chronologique : El-Atteuf (1012).A M'Z A GHARDAIA B C LA VALLEE DU M' ZAB PLAN DE SITUATION Figure 1 : La vallée et les cinq ksour du M'Zab (Source OPVM Ghardaïa) La raison qui a poussé les Ibadites à s'installer dans cette vallée rocailleuse et aride est leur souci de préserver leur doctrine menacée après la chute de Tahert en l'an 909 et d'Isedraten en 1075.A 7 S. constituait l’unité sociale de base et se trouve à l’origine de toute formation de Ksar. Autre facteur déterminant dans la fondation des ksour est l'organisation sociale qui avait comme module la fraction ou achira. LA MAISON TRADITIONNELLE MOZABITE Dans les ksour du M'Zab.

L'autre espace non moins important est Tisefri ou salon pour femmes. parties hachurées). elle est toujours associé à Ouast eddar et s'y ouvre largement. Ce qui assure la liberté de mouvement des hommes et des femmes sans risque d'interférence. Il faut noter que trois concepts clés constituent l'outil pour la compréhension de l'organisation spatiale dans la maison mozabite: la centralité. La maison est marquée à sa porte par un espace en forme de chicane appelé Skifa. ou y sont accrochés. Facteur socioreligieux Les mozabites possèdent une identité dans leur architecture et l'espace domestique se soumet à un ordre socioreligieux qui dicte une conduite à tenir et des pratiques sociospatiales. Ce dernier comporte une ouverture au sol pour éclairer et aérer le rez-de-chaussée. La spécificité de la maison mozabite comme on l'a signalé plus haut réside dans la nette séparation des domaines masculins et féminins. Ces deux espaces sont disposés près de l'entrée ou possèdent une porte à partir de l'extérieur (qui donne sur Douira ou les escaliers qui montent vers Laali). les usagers se divisent en groupe de femmes. Ce trou est fermé par une grille métallique et couvert pendant les nuits froides et les journées chaudes d'été. Celle-ci est soumise à code rigoureux relatif aux préceptes islamiques. l'homme n'a le droit de voir qu'une femme avec laquelle il peut ne peut avoir un lien de mariage (mahram): mère. Ceci est perceptible surtout dans la relation spatiale entretenue entre le salon masculin (Douira et/ou Laali) et le reste de la maison. La rareté des matériaux. La maison mozabite est un volume irrégulier complètement aveugle sur ses faces latérales. 13 et 14 mai 2008 1. Ces deux espaces sont éloignés de Ouast eddar et du reste de la maison. On trouve un portique appelé Ikomar et une partie découverte appelée Tigharghart. Les éléments porteurs ne permettaient pas de franchir de grandes 2 portées d'où l'étroitesse dans la surface des pièces et des maisons (100m au plus). espace jour/espace nuit. la chaux et les éléments du palmier (tronc et branches). Les objets et ustensiles sont déposés dans des niches creusées dans les murs. etc. ces règles entraînent une division ou une territorialisation spatiale dans une famille élargie (le cas de la plupart des familles mozabites dans le passé). On assiste à un nomadisme intérieur des usagers tout au long de la journée et des saisons selon les conditions climatiques. ce qui permet une exploitation optimale de la surface habitable. La maison traditionnelle possède également une terrasse qui est accessible seulement aux femmes et dont les unes donnent vers les autres formant ainsi un réseau de communication parallèle à celui des rues extérieures. Ainsi. 2. On trouve également au rez-de-chaussée un espace écurie. un dépôt. sont utilisés pendant les journées d'hiver et les nuits d'été. etc. on utilisait la pierre. donnait lieu à une autarcie dans leur utilisation. des toilettes et un coin de cuisson. espace privé/espace intime. fille.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. elle s'ouvre sur sa face supérieure vers le ciel. C'est l'espace où se déroulent la plupart des activités domestiques féminines. en particulier le bois des arbres et des palmiers. Chaque catégorie implique des permissions et des interdits. tante. celle du M'Zab fait appel aux matériaux locaux. Cet espace polyvalent et aux limites imprécises est éclairé par une ouverture carrée au plafond. Facteur technique Comme toute architecture vernaculaire. on retrouve des espaces différents de ceux du niveau inférieur. Les hommes possèdent leur propre séjour appelé Douira lorsqu'il se trouve au RDC et Laali s'il se trouve à l'Etage. la maison traditionnelle se caractérise par ses espaces réduits en surface. Ce qu'il faut noter dans la maison traditionnelle est l'absence de mobilier. Au niveau surfacique. l'intimité et l'ordre spatio-temporel. l'étage et la terrasse. Ainsi. C'est une pièce omniprésente dans la maison traditionnelle. la brique crue. A l'étage. La projection de cet ordre social sur l'espace domestique donne lieu à des couples antagonistes : espace féminin/ espace masculin. 60 . le sable argileux. sœur. (Figures 2 et 3. L'élément générateur et ordonnateur des différents espaces est Ouast eddar qui représente le centre du rez-de-chaussée. L'aspect le plus visible dans ce schéma organisationnel est la relation entre les usagers masculins et féminins. d'hommes. Pour des raisons climatiques (climat saharien de la région). l'homme y est exclu. d'enfants et de visiteurs masculins et féminins.

CAUSES ET SIGNES La société mozabite avait pu conserver son idéal. du fait de son passage sous l'égide de l'Etat d'une façon spontanée. son mode de vie austère et ses pratiques ancestrales durant plus de neuf siècles. Elle jouait aussi le rôle de régulateur social et économique de façon à assurer à la société un équilibre qui se répercutait sur tous les aspects de la vie (social. Même son annexion à l'autorité française en 1882 n'a pu avoir d'influence sur son organisation sociale interne. Les véritables changements ont commencé après l'indépendance de l'Algérie en 1962. culturel. 61 . ils avaient pu garder leur autonomie et leur spécificité culturelle et sociale. Au niveau économique. de ces structures traditionnelles. la politique d'industrialisation menée par l'Etat algérien au milieu des années soixante. avaient entraînée un essor économique important dans la région nord-saharienne. ainsi que leur migration temporaire vers les villes du Nord. Ali Khodja N Chambre Tisefri Chambre Ikomar WC Toilette Chambre Douira Ikomar Entrée Chambre Vide sur RDC Chambre Chambre Cuisine 0 1 2 Ecurie WC Dépôt Cuisine Plan du RDC Chambre Tisefri Chambre Plan de l'Etage Coupe Maison1 à Ghardaïa Ikomar WC Vide sur RDC N Douira Dépôt Entrée Chambre 0 1 2 Plan du RDC Plan de l'étage Coupe Figure 2 : Maisons du Ksar de Ghardaïa (source OPVM) La surface du RDC de la maison en haut (figure 2) est de 35 m . par d'autres étatiques et centralisées n'était pas sans conséquences. Ainsi. économique et même architectural et urbain). daïra. wilaya et autres organismes – aux institutions traditionnelles (achira et halqa des azzaba). Le citoyen mozabite se sentait de plus en plus "libéré" des contraintes sociales imposées jusque-là. Ajouté à cela. 2 Celle d'en bas. Le remplacement. ajouté à cela l'apport et l'influence des autres cultures. possède une surface qui avoisine 80 m .  Une relative ostentation dans la vie publique. Ces structures séculaires étaient le garant de la pérennité de la doctrine ibadite qui prescrivait une austérité dans la vie et prohibait tout luxe et signes de richesse. alors qu'elle était jusque-là réservée aux hommes.M. l'essor qu'a connu la région du nord saharien à travers la découverte du pétrole à Hassi Messaoud (280 km au sud-est de la vallée du M'Zab) et Hassi R'mel (40 km au nord). la surface de l'étage est de 38 m . Les hauteurs sous-plafond comme on le constate dans les coupes sont de moins de 2 m. on a assisté à la substitution progressive des institutions étatiques – commune.  L'individualisme à travers l'apparition de la famille nucléaire à côté de la famille élargie. Les signes de l'évolution du mode de vie étaient perçus à travers :  L'émigration de la famille entière. 2 2 EVOLUTION SOCIALE. Bien que les mozabites fréquentaient des étrangers à la vallée par le biais des échanges commerciaux.

Transformations des maisons ksourienne A cause de l'évolution du mode de vie traditionnel vers le moderne. tables et chaises. Alors qu'elles ne possédaient dans le passé que de rares fentes nécessaires à l'aération. le climatiseur. Celui-ci est altéré à travers la multiplication des ouvertures au niveau des façades. ainsi que de nouvelles typologies d'habitat (particulier pavillonnaire) avaient créés une rupture avec le mode traditionnel d'habiter. etc. de l'industrie et des services. Au niveau architectural. Tisefri. les habitants percent la façade par des fenêtres qui donnent sur le salon ou les chambres. Ce qu'on note aujourd'hui dans les maisons ksourienne est la préservation des espaces structurants de la maison (Ouast eddar. Ceux-ci ont eu des effets sur l'aménagement spatial. mais la structure spatiale (surface et aménagement) des maisons ksourienne n'est pas en mesure de supporter une telle évolution dans les pratiques spatiales. Ce qui en résulte. Ikomar). Ce qui constitue une menace sur la structure et la configuration spatiale des maisons classées comme patrimoine mondiale. il s'ensuit une mutation dans les pratiques sociales et par conséquent un changement dans l'aménagement des espaces domestiques. Ceci a eu comme effet sur la maison ksourienne : la disparition des espaces réservés aux animaux (écuries). le lavabo dans la salle de bain. Désormais. du fait de leur inadéquation aux surfaces existantes. le téléviseur. 13 et 14 mai 2008 Ces deux facteurs avaient eu pour effet la migration d'une main d'œuvre vers la région et un retour des capitaux mozabites. Dans la société mozabite. Les maisons des ksour ont été également transformées au niveau des façades (figure 3 en haut). etc. On remarque aussi l'introduction du mobilier moderne et des appareils électroménagers. l'introduction des matériaux modernes tels que le béton. 2. on note le passage d'un mode de vie agraire basé sur l'agriculture et l'élevage à une vie où les ressources financières proviennent essentiellement du commerce. ont eu des répercussions sur l'espace domestique des maisons ksourienne et des maisons nouvellement construites. Pour le reste. des transformations dans les maisons traditionnelles et l'aspiration des mozabites à habiter les nouveaux quartiers où ils auront moins de contraintes à mener une vie qui répond à leurs besoins les plus élémentaires. Ce qui n'était pas sans conséquences sur les plans sociale et urbanistique. 1. des espaces de stockage des récoltes (dépôt) et leur transformation en chambres ou en cuisine ou autres. Tigharghart. on relève l'apparition de la salle de bain – bien que réduite dans sa surface – et de la cuisine comme espace défini alors qu'elle se présentait autrefois comme un coin de Ouast eddar. le verre. 62 . l'acier.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Ce qui constitue une violation des restrictions imposées à des constructions classées comme patrimoine mondiale et dont le cachet originel devraient être préservés ainsi que le paysage urbain des ksour. De nouveaux modes de vie avaient envahi la société ce qui avait créé des tensions entre différentes les communautés. le réfrigérateur et la cuisinière dans la cuisine. On ne peut blâmer les habitants d'avoir introduit ces nouveaux outils domestiques du fait de leur e indispensabilité au XXI siècle. c'est l'inconfort des habitants (à cause de l'exiguïté des maisons).Nouveaux besoins et nouveau mode d'habiter La mutation dans le mode de production et le mode de vie. ainsi que l'introduction des moyens moderne. Le flux de nouvelles populations et la fixation des nomades. étaient estimés à 45% de la population locale entre 1960 et 1965 (Benyoucef 1999). On trouve l'évier.

avaient produit des maisons aux formes géométriques régulières. A titre d'exemple. la vallée avait connu l'apparition d'un nouveau type de quartier (à l'image de Baba Saad et Mermed autour du Ksar de Ghardaïa) à caractère résidentielle et à l'habitat pavillonnaire. où des espaces et des éléments importés coexistent avec un héritage de neuf siècles. Ces nouveaux quartiers se sont implantés sur les poches vides autour des ksour ainsi que sur les terres palmeraies.Nouveaux quartiers et nouveau mode d'habiter Du fait de la croissance démographique. Les maisons dans les nouveaux quartiers représentent un vecteur socioculturel important. 63 . Les caractéristiques de cet habitat contraste avec ceux des ksour. la municipalité de Ghardaïa avait distribué des 2 lots de terrains en 1982 avec une surface de 200 m par parcelle. de leur mode de vie.M. On peut soulever à ce stade. Ali Khodja Dch Skiffa Ouest-eddar WC Toilette Chambre Chambre Chambre Ikomar Tigharghart Cuisine Salon Ikomar Chambre N 0 1 2 Plan du RDC N Cuisine Chambre Ouest-eddar Tisefri Chambre Plan de l'étage Façade Sud-Ouest Chambre Chambre Chambre Terrasse Ikomar Cave Ecurie Laali Tigharghart Ikomar Dch Terrasse Passage Couvert WC Skifa Plan Sous-Sol 0 1 2 Plan RDC Plan Etage Plan Terrasse Figure 3. Maison transformée en haut à Ghardaïa en bas à Beni Isguen source OPVM Dans le plan d'une maison transformée dans le Ksar de Ghardaïa (figure 3 en haut). L'absence de contraintes et la présence des nouvelles possibilités dans la construction (techniques et matériaux). de leurs besoins et de leur mode d'habiter. on retrouve un tissu urbain avec une occupation moyenne de la parcelle. ce qui a donné une nouvelle typologie au caractère péri-urbaine. Ce type d'habitat illustre aussi les différentes influences subies par une société au caractère toujours traditionnel. donnent aux habitants une plus grande liberté dans l'expression de leur culture. le conflit latent qui existe entre une réelle volonté de préserver un patrimoine séculaire de la part de ses habitants et une aspiration légitime à suivre le cours de la vie moderne. du retour des mozabites du Nord du pays et de la fixation des nomades autour des ksour. on note la transformation au RDC du Tisefri en cuisine et d'une chambre en salon. Cette double détermination entraîne une situation paradoxale dont l'expression la plus saisissante est l'architecture domestique dans les ksour. 3. (Benyoucef 1999) La régularité du tracé parcellaire et les nouvelles techniques de construction.

 Impulser les activités artisanales traditionnelles. un arrêté ministériel fut promulgué le 28 juin 1968 ouvrant une instance de classement de la vallée du M'Zab parmi les sites historiques. etc. le bureau. L'obstacle résidait à chaque fois dans le décalage entre les données de ces études et la réalité du terrain qui était toujours en avance. à l'image du plan Ravéreau (1962).Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. la buanderie. économiquement et culturellement et qu'elle ait subi des influences extérieures. ce dernier a renforcé la séparation entre les domaines masculins et féminins. Mais contrairement aux apparences et au contraste entre l'habitat traditionnel et nouveau.  La recherche et la valorisation du site archéologique. on note l'apparition de nouveaux espaces tels que le garage.  La constitution d’archives concernant le site. Le 17 novembre 1992. de démolition partielle tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des constructions existantes. plan SPEER (1973) et le PMU (plan de modernisation urbaine) en 1977. Plusieurs plans ont été établit avant et après la création de l'AERVM pour la protection des sites historique. une cour autour de la maison.   64 . Ces mutations ont touché plus le facteur technique que le facteur socioreligieux dans l'élaboration des espaces domestiques. Ces plans visaient à conserver le caractère traditionnel du site et les vues sur les ksour. Le 27 janvier 1970 fut ouvert l'atelier d'études et de restauration de la vallée du M'Zab (AERVM) sous la direction d'André Ravéreau. a donné lieu à une distinction spatiale plus élaborée entre les deux catégories d'usagers. 13 et 14 mai 2008 Chambre Bureau Chambre de Prière Rangement Dch Chambre Salon Chambre WC Terrasse Dch Buanderie WC Tamnait Vide sur terrasse Tamnait N Hall Placard Placard Hall Ouest-eddar Chambre Cuisine Chambre Terrasse Salon Chambre Tisefri Tamnait Placard Plan Sous-Sol 0 1 2 Garage Terrasse Terrasse Cour Vide sur RDC Vide sur Terrasse Vide sur RDC Plan du RDC Plan de l'Etage Plan de la Terrasse Façade Sud Coupe Figure 4. ETAT DU PATRIMOINE ET CONSTAT DES ORGANISMES INTERNATIONAUX A cause de l'urbanisation effrénée et sa menace sur le cachet architectural local. y compris les travaux en sous-œuvre. la salle de prière.  La valorisation du cachet architectural local pour les nouvelles constructions et lors des opérations de construction. tous travaux de remblement ou de déblaiement susceptibles d’apporter des modifications morphologiques au site. L'exploitation du sous-sol (réservé aux hommes).  Délivrer l’avis conforme pour toute nouvelle construction et opération d’aménagement. L’application de la réglementation en vigueur en matière de la préservation du patrimoine classé. tous travaux de restauration de ravalement de façade. Ses principales missions étaient : La préservation du patrimoine de la vallée du M'Zab. Maison dans un nouveau quartier d'El Atteuf source bureau d'études ACCA Dans les maisons contemporaines. Le même décret requis l’avis conforme de l’office de protection et de promotion de la vallée du M’Zab est requis notamment pour :     tous travaux d’aménagement et d’urbanisme à l’intérieur du périmètre classé de la vallée du M’Zab. Si la société mozabite a évolué socialement. un décret exécutif (n° 92-420) ordonne la transformation de l'AERVM en OPVM (office de la protection et de la promotion de la vallée du M'Zab). tous travaux de construction et de démolition quelqu’en soit la nature. L'arrêté ministériel du 26 juin 1971 établit la vallée du M'ZAb comme "patrimoine national". la multiplication des accès à partir de l'extérieur.  Jouer un rôle pédagogique d’information et de sensibilisation.

l’évolution de plus en plus accélérée dans les modes de vie et de construction. comme le défend Digne Bock (2004) « Il (patrimoine) correspond au tissu urbain dans son intégralité.UNESCO Trentième session Vilnius. outils juridiques et urbanistiques de préservation. Le cas des ksour du M’Zab est révélateur à travers l’évolution dans les techniques de construction et la constance du facteur socioreligieux. Notre propos n’est pas de muséifier le patrimoine. L'intérêt est donc de le préserver sans modifier les modes de vie traditionnels des populations et sans transformer les villes abritant certaines richesses architecturales en villes-musées.Une perte du système traditionnel de gestion et de distribution de l’eau. Le mérite revient à une population locale où malgré les avatars du modernisme demeure attaché à l'héritage ancestral qui fait sa spécificité.Une dégradation de l’environnement. 5. aux lieux de vie privés et publics qui font le quotidien des populations qui y vivent. en comparaison avec les Casbah d'Alger. on estime que le patrimoine architectural et urbain au M'Zab est parmi les mieux préservé en Algérie. 6. » 2 ِ Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel. de Constantine ou le ksar de Boussaâda ou autre. 2. L'effet du temps fait son effet sur les ksour du M'Zab. entraînant une importante pression urbaine. p. comme noté dans la convention concernant la 2 protection du patrimoine mondial. etc. impact visuel de nouvelles constructions sur les collines 3.19 65 . d'où le mode " hybride " d'habiter qu'on retrouve dans l’habitat ksourien et dans les nouveaux quartiers à la fois. on peut le traiter de divers angles : techniques de conservation du cadre bâti ancien. on devrait mettre l’accent sur le facteur social où le citoyen devrait se sentir concerné par la question du patrimoine. rendent l’attachement des nouvelles générations au patrimoine presque dérisoire. Les actions de l’OPVM bien que louables étaient ponctuelles. La lenteur de la prise en charge de ce patrimoine (de 1968 jusqu'à nos jours) et en l'absence du plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur (PPSMV) – qui est toujours au stade de l'étude – dénotent du statut et de l'état du patrimoine en Algérie et dans la région du M'Zab. En 2005. 4. culturel et naturel du comité du patrimoine mondial les Principales menaces identifiées dans les rapports précédents sont : 1. Malgré les mises en garde de l'UNESCO. CONCLUSION En évoquant le patrimoine architectural et urbain au M’Zab.Des risques d’inondations et de pollution de la nappe phréatique. ainsi que la mondialisation qui a tendance à être plus culturel qu’économique. au bâti et non bâti. Lituanie 8 – 16 juillet 2006. Or. c'est-à-dire. Toutes ces problématiques méritent attention de la part des organismes étatiques et des chercheurs universitaires.M. qui nonobstant des bonnes volontés. risquent de se dégrader avec le temps. à l’image de la réhabilitation des ouvrages défensives (remparts et tour de guet) de Beni Isguen et la restauration de la place du marché de Ghardaïa. Néanmoins. Ali Khodja  tous projets d’infrastructure ou programmes d’équipement. Comité du patrimoine mondial. manières de l’inscrire dans une stratégie de développement durable de la région. En contraste avec l’abondance des textes de la bonne volonté des responsables de l’OPVM. Ce patrimoine a été créé pour répondre à un contexte spécifique qui remonte à des siècles.Une absence d’un cadre juridique de protection et d’un plan de sauvegarde. La dimension sociale dans la préservation du patrimoine doit être mise en amont à travers la réhabilitation des structures traditionnelles en leur conférant un rôle plus influent. un nouveau décret exécutif (n° 05-209) est promulgué pour la création et la délimitation du secteur sauvegardé de la vallée du M’Zab.Une perte du savoir-faire et des matériaux traditionnels pour la réhabilitation de l’architecture vernaculaire. La question d’habiter le patrimoine est toujours d’actualité où la dialectique de la satisfaction des besoins des occupants et de la conservation du cachet originel demeure difficile à résoudre.Un développement lié aux changements socio-économiques et à la croissance démographique. les rapports de l’UNESCO demeuraient impitoyables. croissance urbaine incontrôlée dans les palmeraies et le lit de l’oued.

les maisons mozabites.) et DIDILLON H. Convention concernant la protection du patrimoine mondial culturel et naturel. Editions Parenthèses. ISBN 2-86364-120-4. 2004. Lituanie. problématique. (2005). Editions Pierre Mardaga Bruxelles. Editions Presses Universitaires de Rennes. Habiter le désert. 13 et 14 mai 2008 Faire figer le mode de vie des gens au nom de la préservation du patrimoine risque de produire des effets indésirables sur le patrimoine et ses habitants à la fois.. Rennes. BIBLIOGRAPHIE 1 2 3 4 5 6 ALI KHODJA M. La problématique de la satisfaction des besoins des habitants constituerait peut-être le prochain obstacle à franchir. EPAU. Espace architectural entre mutations et pratiques spatiales cas de la société mozabite. " L'atelier du désert ". Thèse de Doctorat d’Etat en urbanisme. (1999) L’approche de l’espace socio-urbain. RAVEREAU A. Organisation des nations unies pour l'éducation. tradition et modernité. BENYOUCEF B. ISBN 2-7535-0001-0. et P. DONNADIEU (C. ISBN 2-87009-086-2. 8..Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Comité du patrimoine mondial. trentième session Vilnius. " Habiter le patrimoine enjeux-approches-vécu ". mémoire de magistère en architecture. 66 . et J-M (1986). la science et la culture (UNESCO).16 juillet 2006. Alger. (2003). Même si on arrive à réhabiliter nos villes traditionnelles et à les conserver. université de Sétif.

1) LES CARACTÉRISTIQUES NATURELLES DU SITE : LE VIEUX ROCHER Le ravin de Constantine est le plus célèbre de toute l’Algérie. un passé historique et une identité spécifique. Géographe arabe. Nait Amar. la protection. atteint 644 mètres . l’une des plus fortes places du monde. Ce présent travail s’articule autour de trois principaux axes : 1. Constantine ou Cirta rayonne aussi bien sur sa wilaya que sur l’ensemble de l’Est algérien. N. . de temps mémorial. Le point le plus élevé de la surface du rocher. il assura. (est) d’un accès tellement difficile. qu’aucune forteresse ne saurait lui être comparée ». voyageur arabe. La période actuelle : une identité au bord des valeurs. L’imposante masse de calcaire qui porte la ville présente la forme d’un prisme à base trapézoïdale. par sa situation géographique privilégiée. Ce site exceptionnel qui fait de cette cité une véritable forteresse et selon El Idrissi. cité phénomène et extraordinaire gardée par le Rhumel. ce nid d’aigle. cette ville fantastique qui fut Constantine. Université de Constantine Ville millénaire. fleuve mythique qui enserre le rocher la supportant. L’histoire de la ville de Constantine et de son site 3. met en relief sa position inexpugnable en affirmant que Constantine « grande et ancienne ville. qui se trouve à la terminaison nord. Elle domine des plaines étendues et de vastes campagnes ensemencées de blé et d’orges. dont les artères coïncident sensiblement avec les quatre points cardinaux.Constantine. vers la terminaison sud à Sidi Rached. Le rocher de Constantine est formé d’un ensemble calcaire visible sur 300 mètres de hauteur. arrive à 534 mètres. Diabi Département d’Architecture et d’Urbanisme. Par son pittoresque et par son rôle dans la formation d’une cité et de son identité. Implantée sur un rocher escarpé qu’entoure OuedRhumel. Les caractéristiques naturelles du site : Le vieux Rocher 2. lorsque pour la première fois on se trouve en face de cette ville étrange. au Kef Chekara. le point le plus bas. Abou Obeid El Bekri. la morphologie du site a prédisposé la cité d’être à la fois une acropole et un carrefour incontournable dans les échanges commerciaux. à des historiens et autres poètes. un site antique. F. de respect et presque d’effroi. Ce site auquel elle doit son existence et sa renommée a été célèbre grâce à des voyageurs.a incité certains historiens à manifester leur stupéfaction en proclamant qu’il est difficile d’échapper à un sentiment mêlé d’étonnement.

7. Il fut le lieu des principaux assauts de la ville. elle assure la liaison entre l’ensemble des wilayates de l’Est et. Abîmé par l’usure du temps et par le manque d’entretien. Conçu par l'ingénieur Ferdinand Arnodin. Construit sous l’occupation romaine.70 mètres. Sa largeur est de 12 mètres. En conclusion. et domine le Rhumel d'une hauteur de 125 mètres. le plus souvent triomphante de ses agresseurs. toujours vaillamment défendue.Nait Amar La ville de Constantine. Ce sont les différentes successions de civilisations qui. Les différentes civilisations qui se sont succédé. Sa position sur les espaces de transition entre le Tell et les Hauts Plateaux et surtout la localisation au centre d’un réseau urbain dominé par les métropoles régionales qui s’affirment et par les autres centres dynamiques de la région renforcent Constantine dans son rôle principal de centre d’animation de l’Est algérien. est située sur une hauteur moyenne de 640m et au carrefour de deux grands axes :   Axe Est-Ouest au contact Tell-Hautes Plaines . Long de plus de deux kilomètres et demi et large d’un mètre et demi. Situé à mi-chemin du pont de Sidi Rached et de celui d'El Kantara cet ouvrage de 125m de long a été construit entre 1917 et 1925. 5. de tout temps. à l’heure actuelle. Pont du Diable : Construit par les Ottomans. le site de Constantine à connu différentes occupations. Majestueux et impressionnant il pourrait générer des recettes appréciables. de Skikda à Biskra. totalement impraticable. passant d'une rive à l'autre. ce pont. via un escalier. Sa situation a nécessité la construction de nombreux ponts par les différents occupants de la ville. de renaître de ses cendres pour revenir. Pont El Kantara : Le pont d'El Kantara fut la voie d'accès principale de Constantine. Pont Sidi Rached : Réalisé en pierres de taille. la capitale. Pont des Chutes : Construit en 1925 il permettait. il mesure 128 mètres de long. le chemin des touristes est. relie le littoral au sud (Sahara). chef lieu de la wilaya de même nom. Axe méridien qui. Sa restauration devrait permettre à ce joyau de la ville de Constantine. est l'oeuvre de l'ingénieur . est long de 447 mètres. et l'ascenseur de la Medersa. Le chemin des touristes : inauguré en 1895. relie le quartier de la gare au centre-ville. Il repose sur 27 arches dont 13 ont une ouverture de 8. la Cirta des Numides. de plein-pied. elle devait son salut à sa position sur le rocher et ses gorges exceptionnelles qui constituaient de véritables remparts naturels contre les envahisseurs. lui ont changé les caractéristiques architecturales et urbanistiques. Maintes fois assiégées. en trois courbes. le plus haut pont de pierres au monde. Ce qui lui a valu différentes appellations dont : « la ville des sept ponts » ou « la ville des ponts suspendus ». par la route nationale n°5 qui la traverse elle les relie à Alger. Pont Sidi M’cid : long de 164 mètres. 4. ce sentier est accroché aux parois du ravin. La passerelle Perrégaux aujourd'hui Mellah Slimane : ou pont de l'ascenseur. au sein des plus belles réalisations touristiques d'Algérie. Ce site pittoresque demande une somme de 6 milliards de dinars pour sa réhabilitation. Son aménagement permettait de suivre le fond des gorges du Rhumel sur toute leur longueur. Carrefour routier. les grands événements qui se sont produits à travers tous les siècles. ont eu le même témoin : Constantine. 6. ce pont de pierre a été plusieurs fois endommagé par les eaux du Rhumel et du Boumerzoug réunies. il se trouve à 175 mètres au dessus du torrent . restauré deux fois : sous l’occupation ottomane puis française. les ponts les plus importants sont : 1. large de 5. 2. et supporte une charge de 17 tonnes. 3.80 mètres.constructeur Frédéric REMES. lors de sa construction. Mais les différents occupants ont bien sûr réalisé des lieux de franchissements des gorges. 68 . d'accéder aux anciens moulins à blé et l’usine de pâtes alimentaires. une de 30 mètres et la plus large de 70 mètres franchit le Rhumel à 105 mètres de hauteur.Il était. et cela en raison de son caractère privilégié : un site défensif et unique qui encouragea les civilisations à s’y installer. De véritables œuvres d’art. inauguré le 19 avril 1912.

On observe au Sud de Constantine une forte concentration de dolmens (monuments mégalithiques composés d’une ou de plusieurs dalles horizontales reposant sur des blocs verticaux. En interrogeant son histoire. Numide : Kirtha.-C. à Djebel Ouahch. un millier d’années environ avant l’ère chrétienne.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. 13 et 14 mai 2008 2) L’HISTOIRE DE LA VILLE DE CONSTANTINE ET DE SON SITE . (fille de Mutto. Jusqu’à une époque plus récente. Cirta. est l’une des plus vieilles cités du monde.La période Punique. Cirta est la dénomination romaine du nom punique Kirtha qui signifie ville dans la langue des Carthaginois Au fil des ans. Qu’on en juge par ce qui suit. par la princesse tyrénéenne Didon ou Elissa. Constantine ou Cirta dont la date de sa fondation n’a pas été établie avec exactitude à ce jour. les Berbères s’organisèrent en tribus et en confédérations. D'abord nommée Sarim Batim par les Carthaginois. à la Grotte des Ours ont permis de découvrir des objets dont certains remontent aux périodes paléolithique et néolithique que seule la main de l’homme était en mesure de façonner : des galets taillés. numides et maures. sous le nom romain de Cirta. formant les parois d’une chambre funéraire). roi de Tyr). a. Les gravures et les peintures que l’on trouve à El Haria sont l’œuvre des néolithiques qui ont également marqué leur présence par la construction de grands ensembles dolméniques et des enceintes de pierres dites de Cromlechs (monuments mégalithiques formés d’un cercle de menhirs : monuments mégalithiques constitués d’un seul bloc de pierre vertical). Les fouilles effectuées dans les cavernes situées à Constantine et ses environs immédiats notamment au plateau du Mansourah. la prospérité de Carthage fondée vers 814-813 avant J. Ville de traditions ancestrales. Constantine La période historique de Constantine commence à proprement parler avec l’installation sur le littoral oriental algérien des comptoirs phéniciens. passé qui remonte aussi loin qu’il y a des hommes. depuis le IVe siècle avant J. à la Grotte du Mouflon. au lieu dit la Grotte des Ours. rendait nécessaire son expansion. Constantine est déjà connue sous l'antiquité. les Numides.. Chasseurs puis pasteurs et cultivateurs. L’agriculture fit son apparition à l’époque néolithique. des meules et des fragments de poterie. on s’aperçut qu’elle était déjà habitée dés l’époque préhistorique et que l’unité qu’elle constitua a des préfigurations dans le passé.-C. Mais leur établissement. Des échanges commerciaux s’établissent entre elle et la Numidie qui a pour capitale Cirta. ils apparaissaient aux environs immédiats de Constantine. 69 . son 2500e anniversaire ayant été commémoré le 6 juillet 1999. de la céramique. que les Grecs distinguaient sous les noms de libyques. devait se heurter à l’opposition des éléments autochtones.

1 Ayache A : L’histoire ancienne de l’Afrique du Nord. b. des conflits militaires s’ensuivirent.Nait Amar Cependant. Ses ateliers. Le pays était disputé entre la convoitise de deux grands rameaux : les Massyliens à l’Est. Mais bientôt. Peu de choses sont restées des édifices romains à Cirta. amphores. Chullu (Collo) et par la suite Cuicul (Djemila). La vieille archéologie de Constantine atteste cette activité : stèles puniques. Elle comptait 150 000 habitants 1. Mais deux ans plus tard. d’autres bouleversements allaient affecter la Numidie. Rusicade (Skikda). d’une église chrétienne et de deux temples païens. Cirta fut complètement détruite par l’empereur Maxence à la suite de la révolte dès 310 du vicaire d’Afrique. le portique de Gratien. Lors de la construction de la Casbah à l’époque ottomane des vestiges témoignent de la présence d’un capitole très luxueux. ne sont conservés que des monnaies.-C. il témoigne du savoir faire des artisans qui taillaient et agençaient parfaitement. La recrudescence des querelles religieuses chrétiennes (le christianisme fit son apparition au IIIe siècle de notre ère). les flottements du pouvoir devaient faciliter les révoltes locales et surtout favoriser en 455 l envahissement de la Numidie par les Vandales. seuls deux monuments ont pu résister aux aléas du temps : Le Medracen. D’autres monuments tels que le forum qui se trouvait à la place actuelle du palais du Bey. elle fit partie du diocèse de Numidie appartenant à la province de l’Afrique nouvelle. transformé. Alexandre. Dans son ouvrage intitulé “Constantine”. 70 . Après cette date. ses palais étaient renommés. Toutefois. ses entrepôts. en 297. la situation à l’intérieur de la Numidie était très confuse. dirigé par Massinissa dont le territoire couvrait la partie orientale ou l’Est algérien et les Massaessyliens à l’Ouest ayant pour guide Syfaxe. des tessons en poterie et des vases. le nouvel empereur de Rome qui lui donna son nom. dans lequel repose Massinissa est érigé sur une colline à l’Est d’El Khroub. Il dressait ses colonnes à plus de 20 mètres du sol. Rachid Bourouiba soutient que « sous Auguste et après que la Maurétanie eût été assignée à Juba II. Sous le règne de Massinissa. p34. mobiliers. L’Aguellid embellit sa capitale de monuments et fit construire un palais où il recevait des étrangers et des musiciens. le Mausolée de Soumaâ. Milev (Mila). à l’époque les pierres. En 311 de notre ère.L’occupation romaine : Après la mort de César en l’an 44 avant J.. par Maximilien Hercule en province sous le nom de Numidie cirtéénne ou Numidie civile. Cirta devint une colonie romaine et reçut le nom de Colonia Cirta Julia. l’on vit se sceller une alliance des deux peuples qui se solda par une reprise et un accroissement de l’activité commerciale. De toute la période postérieure à Massinissa. L’autre. elle fut reconstruite selon le modèle romain par Constantin. De toutes les réalisations concrétisées durant son règne. visible encore dans la plaine d’El Madher (Batna). tandis que le Sud de la province était considéré comme territoire militaire ». les temples de Julie et de Saturne et d’autres encore ont aussi totalement disparu. gigantesque dôme de 60mètres de diamètre et de 18mètres de hauteur. Cirta connut une civilisation brillante dont malheureusement les animateurs sont restés anonymes. Cerclé de colonnes et de chapiteaux de style dorique (architecture grecque). devant les visées impérialistes de Carthage de vouloir étendre sa domination à l’intérieur des terres. soit en l’an 313. Tout le territoire avoisinant la cité fut confié à l’administration de Cirta qui était également chef lieu des colonies cirtéennes : Cirta (Constantine).

les citernes placées. celles qui sont situées du côté de l’Orient et qui ont deux étages. Abou Abdallah. fondateur de la dynastie fatimide. l’eau qui est dans le fond du ravin a l’aspect d’une petite étoile. Selon El Idrissi. le souk Le centre est le noyau autour duquel gravite toute la médina.Constantine arabo-musulmane : La date exacte de la prise de Constantine par les armées arabes est méconnue et on ne sait trop ce que fut ou ce qu’est devenue Constantine durant les premiers mois de la conquête.Le pont d’Antonin ou pont d’El Kantara dont la partie inférieure demeure encore servait également d’aqueduc. c. qui commandait les troupes prit Mila en 902 qu’il reconquit. nombreux. des Vandales à Constantine sont des monnaies découvertes en 1949 à Hamma Bouziane. Construites en pierres de grande taille. tant le précipice est profond »3. Toutefois. Trois de ces arches. Sous les Zirides et les Hammadites. « ce pont est d’une structure remarquable. tandis que leur partie supérieure sert à la communication entre les deux rives. Ce fut Salah Bey qui rendit à Constantine son cachet de capitale et la dota de plusieurs édifices. donne accès à un pont antique qui servait aussi bien d’aqueduc que de viaduc. Constantine tomba à son tour et devint une merveille de l’empire de Obeid Allah dont la dynastie régna jusqu’à la fin du Xe siècle. sont bien fournis et son commerce est florissant et prospère. (Le principal événement qui a entraîné l'arabisation de Constantine est lié au destin des Fatimides). est représenté par la mosquée. En effet. au nombre de cinq.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. ainsi que nous venons de le dire. 1978 : Constantine. à l’époque. la ville était entourée au XIIe siècle d’une enceinte percée de deux portes dont l’une d’elles.Les arcades romaines. D’après El-Idrissi. Sur la partie supérieure de ces arcades se trouve une chambre qui est au niveau avec les deux bords du ravin et qui forme le passage par lequel on entre dans la ville. 2. la hauteur des arches atteignait 20m. Bourouiba R. restes d’un aqueduc qui alimentait en eau provenant de l’Oued Bou Merzoug. en 533 par le général byzantin Bélisaire. elle rentre dans l’histoire avec les Fatimides. qui n’est pas le centre de gravité. Quant aux autres elles sont 2 adossées contre la montagne » . Il se compose d’arches supérieures. 71 . localité située à 9km de Constantine. toujours cité par Bourouiba dans son ouvrage sur Constantine. la ville connut un regain d’activités comme l’affirment les écrits d’El-Bekri. celle de l’Est. fut entourée de remparts et de tours construits avec des matériaux empruntés aux monuments édifiés par les prédécesseurs romains. dès l’année 455. La ville a pris un autre cachet : le cachet de la ville arabo-musulmane. Ce noyau. Constantine fut choisie pour être la capitale du Beylik de l'Est. Pendant la période ottomane le centre de la médina avait une double fonctionnalité : religieuse et commerçante. D’après le plan de 1837 nous pouvons relever les principaux éléments de la ville : a) La centralité : la grande mosquée. comme c’est le cas du capitole à l’intérieur duquel fut construite une église. On peut dire que l’importance de Constantine a décliné sous l’occupation des Vandales et des Byzantins qui ont laissé peu de traces de leur passage. idem. qui nous renseigne sur la construction dans la partie inférieure du ravin où coule le Rhumel : « d’un pont de quatre arches. C’est donc sous leur domination que plusieurs monuments romains disparurent complètement. lequel soutient un second pont qui en supporte un troisième de trois arches. sous l’occupation byzantine. Ses bazars. 13 et 14 mai 2008 Les seuls vestiges visibles à l’heure actuelle représentent une infime partie du patrimoine architectural romain. p55. une seconde fois. Cette occupation par les Vandales qui préférèrent le littoral à l’intérieur du pays devait durer jusqu’à la reconquête de la cité et de la Numidie. Le souk était à proximité de la grande mosquée qui constituait avec elle un pôle essentiel à partir duquel s’organise le système urbain et la vie de la 2 3 Bourouiba R. Les seuls éléments qui peuvent témoigner du passage. sa hauteur au dessus du niveau des eaux est d’environ cent coudées. Vue de cette chambre. homme de confiance de Obeid Allah. sous le règne de Justinien. Les Ottomans s’établirent de 1522 à 1837. à Coudiat Aty. p46. Il faut mentionner : 1. sont destinées au passage des eaux. après avoir été battu. La ville. qui embrassent la largeur de la vallée. géographe arabe du XIIe siècle.

chargés d’alimenter les habitants en produits de première nécessité. La quatrième rue partait de Bab El Djabia. plus l’intimité de l’espace augmente et plus l’espace est caractérisé. Le quartier central était occupé par les commerçants. le quartier résidentiel reste le premier maillon dans lequel s’inscrivent les quatre unités composant cet espace. car en se déplaçant de la rue la plus large. Malgré son irrégularité et son dimensionnement. le quartier Souika. Loin du noyau commercial. Il est organisé par corporation. La troisième rue partait de Bab el Oued. Zelaika et Echott. se dédouble en deux tranches qui se rencontrent à Rahbet Essouf pour former ce qu’on appelait souk Etejar. est actuellement dans un état de dégradation très avancé.Nait Amar médina. 4) A part la troisième rue qui traverse le quartier commercial les autres traversent les quartiers résidentiels. sans passer par la zone commerçante. d) Les maisons traditionnelles : 72 . donc défini. Les paramètres d’identification des quartiers dépendaient de l’occupation sociale de chacun. d’autres marchés. se trouvent au cœur des cités résidentielles. se subdivisent en une vingtaine de sous quartiers puis en îlots et enfin en groupement sur impasse. Ces voies sont liées entre elles par des ruelles rayonnantes plus ou moins régulières. Bien que les limites soient mal définies pour la plupart des quartiers. Le mode de dimensionnement des voies renforce l’identification de l’espace. qui partent d’une rue principale vers une autre. Ce phénomène de rassemblement des commerces par corporation est apparu sous le règne du Bey Hossein Azrag Ainou. La deuxième rue partait d’El Moukef pour rejoindre Souk El Acer en descendant jusqu’à Bab el Kantara . c) Les quartiers résidentiels : A Constantine. Le seul quartier qui a échappé aux destructions coloniales. c’est la seule rue qui va de porte en porte. A partir de ce point de rencontre la rue se poursuit jusqu’à Bab El Kantara . allant vers Bab El Kantara. b) les voies de circulation : Le système de voies à cette époque était composé de quatre voies principales : 1) 2) 3) La première partait de Bab Djedid et conduit vers la casbah . partant de l’espace public : rue. passant par l’espace semi-public : ruelle pour arriver a l’espace privé : impasse. plus la largeur diminue. La majorité des ruelles se dérivent en passages inaboutissants appelés : impasses d’où se fait l’accès direct des maisons. le tracé des rues met en évidence une trame viaire établie selon un système graduel. les quartiers résidentiels au nombre de quatre. L’organisation des voies est faite de façon à permettre le déplacement d’une zone résidentielle à une autre. et spatialement par rue commerçante. en passant par Essouika.

en aucun cas. voire l’abandon total de notre héritage. seul endroit ou apparaissent des façades décorées. Elles sont couvertes de toitures inclinées en tuile rouge. à travers des moyens et subterfuges divers. L’une Européenne au dessus de la rue Ben M’hidi et l’autre traditionnelle au sud du Rocher. les règles juridiques édictées par l’ancien occupant et les mêmes orientations urbanistiques et architecturales contenues dans le plan de Constantine. le rang de celle-ci dans la société ne se trouve révélé . Après l’occupation française. A l’indépendance du pays. si l’on peut dire. de « désidentification ». les pouvoirs publics de l’époque reconduisirent dans la précipitation. le rocher a été divisé en deux parties. Cette politique eut pour conséquence le désintéressement. Ces procédés furent accentués par le plan de Constantine. aux façades simples de hauteur limitée protège la famille contre les discrétions visuelles et. Elle a subi. qui ont échappé aux modifications coloniales.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. certaines à deux versants et d’autres à un seul. La partie sud du rocher a conservé son cadre bâti et son système viaire hérité de l’époque ottomane. La maison : Dar. composé de constructions typiquement européennes dans la partie nord et nord/ouest. 13 et 14 mai 2008 La religion musulmane recommande la préservation de l’intimité familiale. sans résultat. initié le 3 octobre 1958 par De Gaulle qui introduisit un autre style architectural incompatible avec nos traditions. le jugement de valeur ne peut être assumé qu’à partir de l’intérieur. durant 130 ans les affres d’une occupation qui. Le cadre bâti de la partie nord a pris l’aspect hybride. 73 . de déculturation et de déstructuration. a entrepris. Les maisons sont peu ouvertes sur l’extérieur. Les résultats sont visibles aujourd’hui : médina mise en cause. amputée d’une grande partie de son corps. Cette partie était principalement occupée par les indigènes. les rues sont rectilignes. En effet. la loi du plus fort. L’Algérie a subi. l’occupant opéra d’importantes mutations dans la conception et la réalisation urbanistiques et architecturales et mit en cause notre paysage urbanistique en procédant à la démolition de pans entiers de notre patrimoine comme c’est le cas de la médina de Constantine qui fut prise en possession par la ville européenne. eut un impact négatif sur notre environnement et surtout sur notre identité qui fut complètement ignorée. Des percements furent effectués. Le découpage du rocher est régulier dans sa partie supérieure. caractérisée par un ou deux étages dont la disposition est semblable à celle du rez-de-chaussée. Même l’architecture et l’urbanisme n’ont pas échappé à ses desseins. entraîner la rupture avec notre passé et nos traditions. de nombreuses tentatives de dépersonnalisation. Le sens de leur inclinaison est orienté vers l’extérieur et parfois vers l’intérieur. de constructions mixtes dans la partie centrée entre la Casbah et la rue Didouche Mourad et enfin de constructions traditionnelles par la rue Didouche Mourad et la partie inférieure de la rue Ben M’Hidi. déstructurée est dans un état de délabrement très avancé. sans aucune étude et sans prévoir les conséquences désastreuses de leur décision. occupées uniquement par les français . destinées à l’hébergement des colons. Le choix de ce plan élaboré conformément à une vision qui renie les spécificités culturelles de notre pays ou. au style architectural importé. malgré elle et contre elle. La maison constantinoise est introvertie. les bâtis sont géométrisés. les terrains récupérés ayant servi d’assiette à la réalisation de constructions. 3) LA PÉRIODE ACTUELLE : UNE IDENTITÉ AU BORD DES VALEURS. cédant la place à une modernité importée malgré les discours mettant en exergue notre patrimoine et nos valeurs. les pièces se regroupent autour d’une cour : west edar.

un lieu où se concentrent des difficultés ou des problèmes multiples auxquels doivent faire face l’ensemble des occupants et des services spécialisés. la détérioration du vieux bâti et d’autres phénomènes sont à l’origine d’une crise aigue du logement et à travers elle une crise de la ville et de la société qui eut pour effet : 1. dans leur majorité. rongeant comme d’immenses verrues le paysage urbain ou le prolongeant en un désolant entassement de cubes. La prolifération de bidonvilles et des constructions illicites sur des terrains non aetificandi compensant ainsi le déficit accusé par la construction de logements. Toutes les réalisations ont conduit à l’éclatement de la ville et à l’apparition de cités anonymes disséminées ça et là sans aucune cohésion urbanistique ou sociale et sans aucune qualité architecturale. cité des 800 logements… ». est devenue. ce symbole vivant de la culture arabomusulmane.H. surdensifié. par le laxisme. je cite « les gros ensembles comme les constructions individuelles s’élèvent un peu partout. blessée par l’usure des siècles et l’arrogance des hommes. mémoire de tout un peuple. N’offrant plus aucune commodité. Les logements attribués dans ces grands ensembles conçus. réalisés et achevés parfois dans la précipitation ne sont pas attrayants. livré à lui-même sans aucune protection. L’absence de sensibilisation et le manque d’orientation de la société civile. Et (signe des temps ?) les ensembles d’habitations posés ça et là en toute hâte n’ont même pas eu le temps de se voir attribuer un nom qui les humanise. aggravant ainsi les fractures sociales.Nait Amar La référence à notre patrimoine aussi riche que varié aurait du nous amener non pas à calquer l’Occident ou autre mais à harmoniser modernité et tradition qui auraient permis d’enrichir notre culture et de sauvegarder notre identité. le laisser aller et le manque d’intérêt.N) et les habitations individuelles représentées par un style des années 50 ont complètement négligé la référence culturelle à laquelle est attaché notre pays. D’aucuns prétendent que d’âge très affirmé. les espaces spéciaux de l’appartement moderne apparaissent comme inadaptés à nos traditions et coutumes. mais ils préfèrent procéder à la démolition pour leur permettre d’accéder à un logement social dans les nouvelles cités. Souvent. La description de ces constructions faite par feu Tahar Djaout est très significative. la poussée démographique. Par ailleurs. occupée par une population très dense dont la plupart des individus sont d’origine rurale. Non seulement les occupants aux moyens dérisoires ne peuvent fournir aucun effort pour préserver ce patrimoine. Cette « désidentification » qui n’a pas eu d’effet sur notre personnalité s’explique par : Une gestion technocratique centralisée éloignée des réalités du terrain. cumulant les manifestations très avancées de la précarité. Nous assistons à l’émergence de véritables cités numériques : cité des 628 logements. Ce type d’habitat a défiguré l’environnement et provoqué une rupture avec le tissu traditionnel. selon une enquête menée en 2001 dans les grands ensembles de l’Est algérien par Rouag-Djenidi. l’exode rural. Les nouvelles constructions de grands ensembles (Z. les habitants. n’est plus en mesure d’être sauvegardé. En effet. Il s’agit en fait d’une production urbanistique pauvre et désolante exprimée par un modèle importé par les concepteurs. 2. si l’attrait pour le logement dans ces types d’habitation a été extrêmement fort et était considéré comme un signe de progrès urbain et social. la médina perd chaque jour qui passe des pans entiers de son corps. s’appropriant celui-ci selon un modèle conservateur et reproduisant les pratiques spatiales de l’habitat traditionnel. une seule démolition provoque l’ébranlement des murs des constructions mitoyennes et entraîne parfois dans son sillage leur écroulement. rarement agréables à l’œil.U. on s’est vite rendu compte qu’il n’offre pas un lieu adapté aux exigences des habitants. Une expertise effectuée en 2003 sur 1549 constructions a donné les résultats suivants : 74 . démunis de ressources. En effet. La médina de Constantine. perçue comme un espace difficile à gérer et incompatible avec les exigences de la modernité.

le patrimoine représente les valeurs. CONCLUSION Bien commun. dédaignant la culture et le style architectural qui leur sont étrangers. à la fois à des fins de contrôle de l’espace et aussi d’affirmer leur suprématie et procéder à la séparation des deux communautés qui n’avaient aucun lien entre elles : les autochtones confinés dans ce qui reste de la médina. les colons français. a mis sur les décombres de celui qui l’a précédé. et céder la place à des ménages issus des bidonvilles ou de la campagne. vétuste et dépassé en s’appuyant sur le fait que la médina cumule les manifestations du sous-développement avec ses problèmes de surpeuplement et d’inconfort. véritable muraille naturelle qui servit. Très limités dans leurs moyens matériels. sans résultat. mais une seule pièce. sans succès.60 8. modeste mais très important par l’héritage qu’il transmet et par la vie urbaine qu’il perpétue risque de disparaître et priver l’Algérie d’un pan entier de sa culture et de son histoire. les Arabes et les Ottomans s’approprièrent les restes des vestiges légués par les précédentes civilisations et l’adaptèrent progressivement aux spécificités de la cité arabo-musulmane. substituèrent des constructions neuves de type colonial occidental aux petites maisons autochtones et édifièrent à la périphérie de grands quartiers colossaux.40 16. ils prirent possession de la médina. non contents d’avoir cherché à effacer. L’histoire du patrimoine de l’Algérie en général et de Constantine en particulier est faite d’une série de successions et de ruptures correspondant aux diverses civilisations qui se sont succédées. de rempart de la cité. les colons de l’autre. instrument de références au travers duquel se reconnaît et s’identifie tout un peuple. donnant ainsi à la ville une double identité tout à fait opposée. Cependant. certains fort nombreux se contentèrent de prendre en location.00 100 Si aucune mesure n’est prise pour sa sauvegarde. Ce caractère hybride de la cité créé par la colonisation française avait pour objectif de déprécier le modèle traditionnel et de mettre en valeur sa culture qu’elle considérait supérieure et plus riche que celle des colonisés. Chaque occupant du Rocher de Constantine. Certains courants dévalorisèrent l’ancien qu’ils considéraient comme « vieux ». Ainsi ont agi les Romains qui.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. sans parvenir entièrement à leurs fins. ne reflétait aucune identité et n’avait aucune référence historique et ne reposait sur aucun système culturel. Contrairement aux Romains. durant des siècles. son propre système de développement totalement différent de celui qui l’a devancé. non pas toute la bâtisse. Cette vision qui a tant décrié ce symbole eut pour effet le départ progressif de beaucoup d’occupants pour prendre possession de logements dits modernes calqués sur le schéma occidental ne répondant point à notre mode de vie. d’un côté. toutes les traces des prédécesseurs mais ont entrepris. de dépersonnaliser les autochtones en les encourageant à se « romaniser » et à se convertir au Christianisme. Les spécificités géographiques certaines de Constantine. en quelques années seulement. firent subir à la médina une importante charge humaine qui finit par aggraver son degré de mutilation et par mettre son existence même en péril. tous les moyens pour effacer tout ce qui symbolise la culture locale. dérivé d’une tendance qui ignore l’appartenance à une société ou à un lieu précis. percèrent des axes. ce grand ensemble traditionnel. Les nouveaux arrivants dont le nombre dépasse de beaucoup celui des anciens habitants ayant déménagé. Le modèle mis en application en 1962. 13 et 14 mai 2008 ETAT DU BATI Bon Moyen Mauvais En ruine TOTAL NOMBRE DE CONSTRUCTIONS 356 812 257 124 1549 % 23 52. En effet. Ce jugement de dépréciation du patrimoine fit son chemin même après l’indépendance. déployèrent. les traditions auxquelles sont attachés les individus. ses accumulations urbanistiques et architecturales sont à la base de la situation complexe dont souffre le patrimoine confronté à la 75 . espace sensible.

« Cirta. (2005). (1999). le patrimoine ne concerne pas seulement les vieilles médinas. p. BENZEGOUTA M. citadelles des vestiges ». Il a commencé à s’imposer dans les débats et à s’incruster dans les esprits et les pratiques. Université de Poitiers. 355. (1986). BIBLIOGRAPHIE 1. Édition Média plus. COTE M. p. p. 254. p. PAGAND B. Pour conclure. le patrimoine devra faire l’objet d’une attention tout à fait particulière nécessitant la mise en place d’une stratégie efficace pour le préserver. DHINA A. « Paysage et Patrimoine ». Une des sources de l’identité des peuples. 4.188. 2. 6. Édition Média plus. (1996). (1988). en faire une culture.156. Cependant. Édition A. Il mérite d’être inclus dans les projets actuels et futurs afin qu’il puisse servir de ciment aux générations qui y trouveront leurs repères et découvriront leur véritable identité. « Constantine ». « Constantine. 76 . BOUROUIBA R. MERDACI A et all.W. « La médina de Constantine : de la cité traditionnelle au centre de l’agglomération contemporaine » thèse de Doctorat. Édition Ministère de la culture. p. 3. Édition ENAL. (1978)..de Massinissa à Ibn Badis trente siècles d’histoire » Tome 1.P. p. 5. « Cités musulmanes d’Orient et d’Occident ».142. Accueilli favorablement par la société civile il promet des changements concrets en redonnant au patrimoine culturel et naturel local une perception réelle de sa valeur. 319. Les générations actuelles affichent leur désintéressement du passé ou plus précisément du patrimoine aboutissant ainsi à la rupture avec les racines et les origines. le développement durable a ouvert la voie à une nouvelle compréhension de la réalité.Nait Amar difficulté d’harmoniser modernité et tradition concept généreux mais difficile et contradictoire.

dans la mesure où l‟architecture est non seulement une forme visuelle mais aussi habitée. Algérie INTRODUCTION Rarement manifeste dans les écrits et les travaux d‟architectes. Hall et Reed Hall. Université KHIDER Mohamed Biskra. comme besoins humains fondamentaux susceptibles de devenir des éléments conceptuels [Broadbent. Ces stimuli ont été définis. médina. Ce signal qui n‟a pas de signification en soi sauf s‟il est perceptible. Dans les vieilles cités.A. Ceci caractérise cette notion d‟une complexité incontournable. Ce n‟en est certes pas des tâches des plus aisées mais la volonté et l‟effort sont astreignants. investie. Il s‟agit ainsi d‟une situation qui peut réunir un environnement et la (ou les) personne qui s‟y trouve. sonore…). ces études ont montré l‟impact du contexte dans la caractérisation d‟une ambiance. individu aux traits propres dépendant aussi de son milieu culturel. objets colorés…etc. 1998 . les dimensions sensorielles demeurent pourtant singulières. .Les ambiances environnementales de la médina : Le patrimoine oublié A. par d‟autres chercheurs auparavant. en tant qu‟environnement physique extérieur engendrant des stimuli spécifiques ou bien par le biais de l‟usager. vraisemblablement évidents mais encore très peu parcourus. C. bruits. 1998]. 1990]. Penser à sauvegarder de tels lieux sans pour autant réfléchir à faire revaloir de tels caractères correspondrait à leurs préserver le corps et en compromettre l‟âme. il est porté une attention sur le comportement des usagersréceptifs du signal. Egalement. La notion d‟ambiance est celle qui lui s‟apparente le mieux de par son association à un cadre construit spécifié. l‟ouie. FARHI LACOMOFA (Laboratoire de Conception et de Modélisation des Formes et des Ambiances Urbaines et Architecturales). D‟autre part. Lassance. BELAKEHAL. d‟une part.R. 2004 . 1986]. un souci particulier est attribué à l‟espace architectural et qui est essentiellement dû au fait que c‟est l‟espace construit. ksar et autres. l‟ambiance dans un espace architectural n‟est pas singulière et se réfère à un seul genre de signaux mais elle est plutôt multiple (olfactive. une odeur. social et aussi climatique. qui y est l‟objet d‟étude. DE LA NOTION D’AMBIANCE : Le terme ambiance indique un milieu qui nous entoure. architectural ou urbain soit-il. Ils insistent. L‟adoption d‟une approche appropriée est fondamentale pour une telle action. Même si ces derniers sont parfois immatériels. De même. 1988 . Amphoux. vécue. lumineuse. les sens de l‟homme sont les premiers à les reconnaître. A. Relevant d‟aspects associés au cadre bâti et aux fonctions qu‟il enserre. 1998 . le vent et la pluie avec le rafraîchissement qu‟ils occasionnent et les odeurs qu‟ils dégagent ou transportent. Il en est de même avec ceux de l‟environnement physique artificiel tels que les sons. la dimension sensorielle des vieilles cités du monde arabo-musulman est presque omniprésente dans les œuvres littéraires et les récits de voyage. parfums. Ces derniers nous révèlent d‟autres aspects simultanément connus et nouveaux. sur les aspects sensoriels naissant d‟un certain stimulus physique considéré comme un signal (un bruit. Le contexte agit en tant qu‟environnement intérieur ayant des propriétés morphologiques et / ou spatiales précises. enfin un contexte dans lequel on se localise. la vue. fournissent des éléments de définition encore plus profonds sur cette notion [Amphoux et al. Département d‟Architecture. Elles mettent en exergue ce que l‟expérience ordinaire de tout simplement parcourir une ville peut dévoiler comme point focaux. Enfin.. qui nous environne. l‟odorat. une lumière…). Cet environnement peut être physique aussi bien que moral [Larousse. Les travaux sur les ambiances dans le domaine de la discipline architecturale. le goût et le toucher sont en contact perpétuel et variable avec des éléments de l‟environnement physique naturel de ces lieux en l‟occurrence. le soleil avec sa chaleur et sa lumière.

lumineux. en vue de satisfaire leurs besoins (réels et perçus). aéraulique…)  Usager (perception et comportement) CONTEXTE Climat. Néanmoins. de l‟ergonomie de l‟environnement qui s‟intéresse principalement aux caractéristiques humaines physiologiques [Parsons. où vivent les individus.A. activités ou usage…)  Environnement physique relatif au stimulus (thermique. société)  Espace architectural (conformation. Rosenman and Gero [1998. C‟est un environnement parfois localisé mais dont les caractéristiques spatiales ou morphologiques ne sont pas prises en compte et ne constituent pas un objectif en soi pour les études appartenant à ces disciplines.Belakehal Cette notion apporte certes des éléments nouveaux pour l‟étude des stimuli physiques au sein des espaces construits dont l‟exigence de la plurisensorialité. culture. LES AMBIANCES DANS LES MEDINAS : CE QU’EN DISENT LES TEXTES L‟examen. Société ENVIRONNEMENT PHYSIQUE Stimulus USAGER Perception. Dans l‟une ou l‟autre discipline. topographie…) et aux exigences de l‟environnement socioculturel. environnement physique et usager (Source : Belakehal. Il serait également possible 78 . créent des objets qui à leur tour constituent des environnements technico-physiques ou artificiels interagissant avec l‟environnement naturel et l‟environnement socioculturel de manière à ce que chaque environnement influence et est influencé par l‟autre environnement‟. 1997]. 2000] et de la psychologie de l‟environnement qui se base sur les aspects psychosociologiques de l‟individu [Fischer. sonore. l‟espace physique construit (environnement architectural ou urbain) est investi de manière très indirecte voire superficielle. L‟auteur du texte illustre bien le cas de cet usager en face d‟un environnement physique spécifié par un ou plusieurs stimuli. par exemple. Elle diffère sur ce point particulier. est un environnement artificiel (construit) qui répond pleinement aux conditions de l‟environnement naturel (climat. espace architectural. l‟espace architectural. Or. des ressources littéraires et historiques nous renseignent pleinement sur les ambiances jadis caractéristiques des espaces urbains des médinas ou autres vieilles cités dans le monde arabo-musulman. Activités Figure 1 : Le modèle conceptuel de l‟ambiance : Une interaction complexe d‟influences entre : contexte. Comportement ESPACE ARCHITECTURAL Conformation. il serait donc possible de définir l‟ambiance comme une interaction complexe d‟influences réciproques entre (Figure 1):  Contexte du lieu où se situe l‟espace architectural (climat. A ce titre.164] affirment que „les individus. c‟est la prise en compte de l‟espace architectural comme paramètre influent dans la caractérisation d‟une ambiance qui la distingue des autres approches se penchant sur le même problème. Ainsi. 2007). Culture. olfactif. sans qu‟il soit exhaustif. p.

l‟odeur des viandes chaudes se mêle à l‟arôme des fruits mûrs.36].Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. 13 et 14 mai 2008 que l‟auteur soit tout simplement rapporteur des conduites perceptives et comportementales des gens de son époque. aéraulique et olfactive „des faisceaux de ruelles et d‟impasses mêlées en un tricot inextricable. 1893. visuelle et sonore „on voit tout à coup. Dans ce qui suit. 1893. Figure 2 : Une vue révélant les ambiances d‟un quartier résidentiel du vieil Alger : visuelle par la clarté du blanc des constructions. p. olfactive et sonore „Des rôtisseries en plein vent occupent les angles. effroyable. p. p.. les imprécations qui s‟échangent en toutes les langues‟ [Baraudon. p. devant soi et dans toutes les directions. 79 .32]. s‟ouvrir des ruelles désertes. Incessant le va-et-vient de tout le peuple .37]. sont des rues commerçantes plus animées‟ [Baraudon. enfin. Ce qui importe le plus c‟est que. 1893. une autre lumineuse „partout les jeux de lumière les plus inattendus illuminent ce chaos. les ambiances de la médina seront identifiées.36]. dans ces textes.des bouquets de fleurs de poivrier dont l‟odeur âcre monte au cerveau comme un parfum capiteux‟ [Baraudon. qui revêt la maison de la base au sommet‟ [Baraudon. lumineuse par le jeux de clair-obscur et sonore par le silence occasionné par la faible présence de passants (Source : Anonyme. A Alger par exemple (Figure 2). sonore et lumineuse : „le quartier est paisible et les pas résonnent silencieux dans le mystère des porches ombreux‟ [Baraudon. 1893. et enfin olfactive „…vous vendent (les marchands) …. et à travers quelques fragments de textes issus d‟œuvres littéraires et d‟un récit de voyages. la vacarme que font les cris. un blanc de chaux éclatant.31].33]. une ambiance visuelle est distinctivement soulignée : „la couleur. qui s‟enfoncent avec lenteur à travers ces masses de blancheur étranges. également une ambiance sonore „A côté de ces rues tranquilles et silencieuses comme des allées de nécropole. p. Les textes de voyageurs indiquent que les ambiances sont tantôt distinguées tantôt mêlées les unes aux autres. claires ou obscures. avivés encore par des entourages d‟ombres‟ [Baraudon. p. aérées ou puantes‟ [Baraudon. Les ambiances du vieil Alger s‟entremêlent aussi tel que nous le montrent les récits . 1893. et quand on passe.33]. 1893. 1893. p. et semblent conduire vers le pays du mystère et de l‟éternel silence‟ [Baraudon. p. le rapport sensoriel de l‟homme aux stimuli caractérisant son environnement est explicitement repérable. catégorisées en définissant leurs composantes à savoir le stimulus en question et l‟espace architectural ou urbain en termes de conformation architecturale et d‟activité.30] mais aussi lumineuse. 1893. c‟est le blanc. sans date).

245] .20]. 1893.…. L‟Oriental aime les parfums…. cris de bêtes. On y marche sans bruit dans une ombre douce qui remonte le long des murs et va se perdre en vives et capricieuses déchirures dans les nappes de la lumière que le ciel verse à flots sur le faîte des maisons‟ [Rhoné cité par Depaule.Ses oreilles résonnaient des invites de marchands vantant leurs articles‟ [Cité par Depaule.30]. tintements de cuivre. 1985. 1893. tombe la lumière en une infinité de petites raies blanches.173]. p. 1986. jamais senti sur mon visage ce souffle puissant comme le vent du large.35]. 1985. aux carrefours. d‟un souk à l‟autre. longue et silencieuse. 1986. en de hautes coupoles de stuc. Les ambiances des vieilles villes sont reprises comme caractéristiques de lieux où se déroulent des scènes relevant de l‟identité même de ces cités.A.91]. Figure 3 : Anciennes vues de deux souks de Tunis (Source : Anonyme.il en inonde ses vêtements. le martèlement des coups fait un tintamarre effroyable‟ [Baraudon. notamment celles qui mènent aux souks des fabricants de nattes. silencieuse et si étroite…. Le journaliste et écrivain Amin Maalouf ne manque pas de décrire dans différents de ses ouvrages de pareilles ambiances dont les suivantes ne sont qu‟à titre illustratif : „Avant Fès. des forgerons et des marchands de bois de chauffage. Cela fait des traînées odorantes par les rues‟ [Baraudon. et aussi olfactive „De là. De la voûte faite de planches gondolées et disjointes. p. je n‟avais jamais mis les pieds dans une ville. visuelle „Devant cette gamme audacieuse de tous les tons connus. comme si. p. fasciné. p. qui prend naissance à l‟avenue BabDjedid. panaché de mille nuances. sans date) Il n‟en est pas autrement dans les cités orientales du monde arabo-musulman. Au coin des allées. jamais observé ce grouillement affairé des ruelles. p. bruyant et tout rempli d‟irradiations multiples. ébloui. p. p. p. éclairé de mille feux. je voguais à la dérive. crissements de paille. que de place en place les ors fauves ou les argents clairs piqueraient de reflets éclatants‟ [Baraudon. entendant comme dans un vacarme lointain les cris des vendeurs qui me sollicitaient‟ [Maalouf. le même chroniqueur fait part d‟autant d‟ambiances à Tunis (Figure 3). p.246]. agité de mille frissons. Les descriptions du Caire attestent l‟existence de telles diverses ambiances : „la ruelle que nous choisissons est déserte.245]. mais lourd de cris et d‟odeurs [Maalouf. également sonore „Au souk du cuivre. 1893. 1893. à moitié inconscient. l‟œil reste indécis. 1986. l‟avenue et les ruelles avoisinantes sont entièrement couvertes d‟un plafond de bois qui s‟élève. ainsi que des odeurs portées par le vent léger mais frais‟ [Maalouf. „De la fenêtre. il voyait les couleurs les plus diverses passer en un tourbillon fantastique. descend la rue des parfums. Lumières et sons de Damas sont aussi présents dans un écrit de Zakariya Tamer : „Alors qu‟il s‟éloigna rapidement de son quartier aux sombres venelles pour gagner les avenues…. en présence de cette débauche voluptueuse des teintes vives ou amorties.101]. sa barbe…. respirant le sofran et le fromage frit. du centre d‟un kaléidoscope.toujours on croit saisir au passage quelque bruit étouffé : rire moqueur…‟ [Rhoné cité par Depaule. p. d‟une rue à l‟autre. Tewfik el Hakim signale cette ambiance thermique régnant au Caire ancien „ Le soleil était déjà haut et la chaleur se faisait de plus en plus forte‟ [Cité par Depaule. p. se mêler et former un immense voile.242] ou encore „Pour abrite les passants du soleil et de la pluie.Belakehal Ceci n‟est pas spécifique à Alger. „J‟étais comme frappé d‟éblouissement. elles peuvent aussi simultanément sonore et lumineuse „Au bout de la rue des Etoffes. minces et ténues comme un fil d‟argent‟ [Baraudon. Elles sont également citées individuellement.. me parvenaient à nouveau des bruits palabres de vendeuses.245-246]. les Alépins devisent devant les nombreuses 80 . 1985. s‟ouvre le souk du même nom. dans le silence. ou encore Parfois.. entre ses boutiques minuscules pleines de senteurs délicieuses. 1985.

LES AMBIANCES DANS LES MEDINAS : UN ESSAI DE SYNTHESE Procédant aux recoupements entre les composantes du modèle de l‟ambiance (Figure 1) révélées par les textes précédemment présentés. 81 . 1998]. p.106]. Alors que la dernière est fortement associée à celle lumineuse. Ambiance Stimulus Couleur uniforme éclatante Visuelle Couleur vive. 1984]. 2007 .. il a été possible de dégager six catégories d‟ambiances présentes dans la médina: i) visuelle. et vi) olfactive (Tableau 1). v) sonore. proposent des repas à des prix modiques. Ces derniers font.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. A. L‟ambiance thermique relève de l‟exposition ou non au soleil et à sa chaleur.K. iii) aéraulique. Celle sonore contraste entre un état de silence presque absolu dans les quartiers résidentiels à celui de vacarme spécifique aux rues commerçantes. richement nuancée…) Lumière naturelle (Alternance du sombre au clair) Air. la couleur uniforme et éclatante est le principal stimulus dans les rues résidentielles tandis que celle vive et richement nuancée est celle qui cause le plus d‟attraction dans les espaces urbains destinés aux commerces. Pour le cas de l‟ambiance visuelle.A. Chacune des ces ambiances est suscitée à la base par un stimulus distinct. L‟examen des communications présentées dans les évènements scientifiques anciens ou récents montre que les ambiances ne sont pas citées en tant que telles [Dubai Municipality. Vent Conformation Espace urbain légèrement couvert Espace urbain amplement couvert Espace urbain Activité résidentielle commerciale Résidentielle et/ou commerciale Résidentielle et/ou commerciale Résidentielle et/ou commerciale Résidentielle commerciale Résidentielle commerciale Lumineuse Aéraulique Espace urbain Thermique Soleil (chaleur et fraîcheur) Silence (chuchotement…) Bruit (cris des vendeurs…) Parfums (d‟arbres) Parfums (épices. iv) thermique. ERA 706. des repas divers. le stimulus diffère selon qu‟on soit dans une quartier résidentiel où se propagent les odeurs de jasmin et autres arbres depuis l‟intérieur des maisons ou bien que l‟on traverse une des rues des souks où sont fortement ressenties les odeurs de produits de l‟homme tels que les essences de parfums. salsabils…). la dernière est très beaucoup plus influencée par les mouvements d‟air et l‟exposition aux vents frais.A. LE PATRIMOINE OUBLIE : La lecture des textes réglementaires algériens révèle la non prise en compte des aspects d‟ambiances [JORA n° 40. A.A. les encens ou les odeurs des épices. 2008) L’AMBIANCE.. état d‟absence dans les divers travaux de recherche d‟académiciens nationaux ou internationaux concernés par des tissus urbains comparables à ceux des médinas algériennes.K.A. ii) lumineuse. [Maalouf. L‟accent est mis plutôt sur les formes et parfois sur les activités du patrimoine d‟un point de vue historique. dans une persistante odeur d‟huile bouillante. généralement. de viande grillée et d‟épices. cuisson…) Espace urbain Espace urbain Espace urbain Espace urbain Espace urbain Sonore Olfactive Tableau 1 : Tableau synthétique des ambiances de la Médina en respect des composantes du modèle de l‟ambiance (Source : Belakehal et Farhi. Il est à noter que certains lieux de la médina sont caractérisés par leur humidité en raison de la présence de points d‟eaux aux formes diverses (fontaines. 1982 . 13 et 14 mai 2008 gargotes qui. Pour le cas de l‟ambiance olfactive. de gestion et /ou économique. Ce dernier peut varier pour le cas d‟une conformation à l‟autre de même qu‟en fonction de l‟activité prégnant dans l‟espace architectural.. 1983. 1986 .

complexes et diverses mutations. Les visions doivent être progressistes même si l‟on est en face des profondes.224]. comme elles peuvent porter sur les autres ambiances mais non sans altérations. A ce sujet. Plus important sera pour elle que ses urbanistes. les brises-soleil des façades. Les enseignements à tirer de ces cas particuliers dépassent bel et bien l‟ambiance visuelle acquise au moyen de la restauration des bâtisses et des espaces extérieurs. Ces projets ont englobé des opérations de conservation d‟anciennes bâtisses de même que l‟introduction de nouvelles constructions. En effet. Jacques Berque a dit „Cité du soleil. les cours intérieurs. entraîne souvent l‟inadéquation de certaines ambiances pour des lieux particuliers et une incohérence d‟ordre environnemental. Sans doute la Médina restera-t-elle.A. diverses opérations de sauvegarde ont été opérées et où l‟ambiance visuelle est celle qui a eu le plus de succès (Figure 6). Ces projets ont été primés dans le cadre du Prix de l‟Aga Khan pour l‟Architecture et sont : i) conservation de la vieille ville de Mostar. elle sera encore cité de l'ombre: une ombre que non seulement des places encloses dans les quartiers. DES AMBIANCES ‘PATRIMONIALES’ RETROUVEES Certains projets de sauvegarde de tissus urbains anciens. les maisons aux couleurs blanches et aux patios fleuris nouvellement construites dans le quartier Hafsia font re-générer ces ambiances. démontrent la faisabilité d‟une revalorisation et d‟une revivification des ambiances de la médina et particulièrement de ses espaces urbains [Serageldin. le bruit de l‟eau coulant de la fontaine d‟Abd al-Rahman Kathuda à Dirb Qirmiz de mais également les cris des vendeurs à Souk el-Hout au quartier de Hafsia à Tunis ne sont qu‟une modeste illustration d‟une re-création de l‟ambiance sonore „médinale‟ spécifique aux rues commerçantes. fidèle aux motifs esthétiques que commande sa forme de sensibilité. Une intervention affectant les activités. Egalement. peintres. Les exemples des Ksours du Sud de même que les travaux engagés dans la Casbah d‟Alger sont assez révélateurs à ce sujet. A Alger. à la fois. mais le lacis curviligne des voies secondaires. recréeront l'ombre et le clair-obscur par rapport aux zones ou régnera systématiquement le jour. D‟autre part. sculpteurs. sonore et olfactive. qu'autorise la technique actuelle. Le bruit intense se substitue au silence des rues résidentielles et défigure ainsi une des plus fortes caractéristiques immatérielles de la médina.K. 1985]. Des précautions sont donc à prendre et à associer à tout effort de sauvegarde consacré aux tissus urbains anciens qui demeure un acte de bravoure en soi. 1989 . d'autres aménagements encore. la partie sauvegardée de la partie basse de la Casbah. architectes.A. dont été réputé les anciens quartiers résidentiels. l‟ambiance visuelle connut une évolution en rajoutant à la blancheur des façades les couleurs de tableaux à caractère artistique révolutionnaire aux yeux des médinois. mais elle ne s'y bornera nullement. C‟est aussi le cas de l‟ambiance sonore. Dans les ksour. et depuis plus de vingt ans. par exemple. 1984. Il est souvent le cas de s‟apercevoir que l‟harmonie visuelle jadis caractéristique des quartiers résidentiels est remplacée par une ambiance visuelle différente où les couleurs vives des produits de commerce sont trop dominantes. et ce en dépit des nouvelles fonctions qui y ont été introduites. ii) restauration du quartier Dirb Qirmiz au Vieux Caire. visuelle. 82 . les habitants quittant ces lieux il serait des plus difficiles d‟y re-générer les autres.Belakehal Ceci n‟est pas sans lien avec les ambiances mais les solutions souvent recommandées se limitent à un seul cas des ambiances. p. iii) rénovation du quartier de Hafsia à Tunis. A.. en l‟occurrence celle visuelle. ornemanistes brouillent la diffusion académique des genres et imaginent des formes qui du volume au plan et des structures à l'enjolivure organisent une série de rappels se renvoyant les uns aux autres‟ [Berque. Les activités se trouvant initialement sur les sites ont été revalorisées parfois même développées. informe sur cette sonore silencieuse. A Assilah.A. les pierres dont été revêtues les façades et pavées les rues du Vieux Mostar offrent une ambiance sonore rythmée par le bruit des pas et une autre tactile grâce à la rugosité des surfaces de façade. engagés dans des pays proches de l‟Algérie. l‟ambiance visuelle est seule retrouvée. et iv) réhabilitation que la ville d‟Assilah. En Algérie.

Le Ksar de Moghol (Bechar). La notion d‟ambiance a été adoptée en vue d‟explorer ce qui fait l‟âme des médinas et des vieilles villes dans le monde arabo-musulman. en haut à gauche. 2008). A cet effet. Divers développements sont nécessaires et doivent être mis sur pied. 13 et 14 mai 2008 Figure 4 : Vues de tissus urbains anciens ayant subi des opérations de sauvegarde : Casbah d‟Alger. à droite (Source : Belakehal et Farhi. toute action sur ce genre de tissu urbain devra porter l‟attention nécessaire afin qu‟il n‟a y ait pas d‟altérations profondes et significatives sur le caractère ambiant des espaces de ces tissus. thermique. les activités de même que la caractérisation des environnements physiques (lumineux. une réglementation portant sur les conformations. 83 . Il s‟est avéré que les ambiances de la médina sont multiples et se manifestent distinctivement ou bien entremêlées selon la conformation et l‟activité. en bas à gauche et la Casbah de Ouargla. Celui-ci émerge du souci de revivifier l‟esprit de cet héritage et non seulement revaloriser ses formes construites. CONCLUSION Cette recherche apporte un nouveau regard sur la question du patrimoine urbain et/ou architectural et sa sauvegarde. A cet effet.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Les opérations de sauvegarde qui ont remis en exergue certaines des ambiances „médinales‟ ne constituent à présent qu‟un préambule à des actions menées sous l‟angle des ambiances.…) relevant des ambiances médinales est plus qu‟incontournable. sonore.

(2007). Paris.A.A. « A Travers le Mur ». « Léon l‟Africain ». Maalouf A. Librairie Larousse. (1998).A.A. et Gero J. A.A. 25-30/05/83. G.. Hall E. (1989). JORA (Journal Officiel de la république Algérienne) (1998). Proceedings of Seminar 8 in the series Architectural transformations in the Islamic world.K. Amphoux P. Thèse de Doctorat. Cas des milieux Arides à Climat Chaud et Sec ». Sindbad. « Ambiances Architecturales et ème Urbaines ». CCI. « Petit Larousse en Couleurs ». A. Rosenman M. Paris. (1985). (1985).K. (Les Cahiers de la Recherche Architecturale) (1998). I et Vol.J (1984). Ed.A. (sous la direction de) (1998). C. David Fulton Publishers Ltd. C. Yarmouth. (1983). Lassance G. Ed. In Intercultural Press Inc. Récits de Voyage et Etudes ». Architecture and Human Sciences”. C. Ed. « Psychologie de l‟Environnement Social ». Yemen. Depaule J. Baraudon F. et Reed Hall M. « L'Islam au Temps du Monde ». (2000). janvier. « Etude des Aspects Qualitatifs de l‟Eclairage Naturel dans les Espaces Architecturaux. ERA (1982). « Analyse du Rôle des Références dans la Conception : Eléments pour une Dynamique des Représentations du Projet d‟Ambiance Lumineuse en Architecture ».A. Vol. 31.A. Paris.A. Parsons K. Dunod. 11 -15/ 11/ 84. Plan Urbanisme. « La Notion d‟Ambiance.S Ed. Alger. Cantacuzino. 11-13/02/2007. 3 trimestre. “Al-Tajdid wal ta'sil fiimarat Al-mujtamat Al-Islamiya: Dirasa li tajribat Ja'izat AlAga Khan Lil'Imara (Innovation and authenticity in the architecture of Muslim societies: a study of the experience of the Aga Khan Award of Architecture)”. Ed. (1998). Broadbent G. 19. (1990). pp. (1986).A. « Journal n°40”. nd 84 . Maalouf A. Ed.. J. Tours. (1988). A. (1893). N° 42-43. Fascicule de recherche n° 1011.. Geneva. Paris. (1986). Poitiers. T. methods and models”. « Les Croisades Vues par les Arabes ».R. II. Sanaâ. Ed.161-186. Imprimerie Flon. “Proceedings of the 2 International Conference and Exhibition on st Architectural Conservation. A. pp.K. Lattès. “Design in Architecture. « Algérie et Tunisie. Université de Biskra. Construction. Applied Ergonomics. Thèse de Doctorat en Architecture. Fischer G-N.A. Belakehal A. Architecture in Continuity. Berque.B. « Environmental ergonomics: a review of principles. Institut de Géographie. Design Studies. “Purpose and function in design: from the soci-cultural to the techno-physical”. Larousse (1986). Paris. J'ai lu. S. Architecture.581-594.A. Cairo. Building in the Islamic World Today. Ed. Development and urban metamorphosis.K. (1984). Ed. Ed. Serageldin I.A. Proceedings of Seminar 9 in the series Architectural transformations in the islamic world.A.K.Belakehal BIBLIOGRAPHIE A. N° 2. Une Mutation de la Pensée Urbaine et de la Pratique Architecturale ». « Présent et Avenir des Médinas (de Marrakech à Alep) ». Case of Cairo. Opportunities and Challenges in the 21 Century ». Paris.K. April. Dubai. A. C. The expanding metropolis. (1997).A. “Understanding Cultural Differences”. Université de Nantes. Vol. Dubai Municipality (2007).

Le surpeuplement et la pauvreté des couches sociales qui y résident ont contribué à la dégradation de son cadre bâti et à la dévalorisation de son image sociale. démographique. En effet. Et ce. Notre travail s’inscrit dans une démarche de réflexion gravitant autour de la problématique de l’espace ancien. mais aussi en tant qu’obstacle à la modernisation de la ville. incohérentes et combien isolées. Un lieu de la mémoire urbaine. Ces mêmes opérations timides. Doctorante "Urbanisme et architecture" Institut d’Urbanisme de Grenoble.La médina de Annaba : pour quelle nouvelle stratégie d’intervention ? M. Etant donné la spécificité de cette entité urbaine. les processus engagés jusque-là n’ont pas permis d’appréhender la réalité du quartier sous tous ses aspects. esthétique…). La politique de sauvegarde à Annaba est presque inexistante. tissu diversifié et homogène). urbain). De même pour les acteurs. nous tenterons de comprendre les raisons de la situation critique dans laquelle se trouve les médinas algériennes afin de mieux approcher leurs devenirs. économique. dans l’optique d’une évolution de la ville algérienne de chercher dans ses tissus traditionnels les particularités et les spécificités les plus originales. tout en essayant de les adapter aux besoins nouveaux (confort. social. voire "bazardisés". à travers le cas de la médina de Annaba. et de savoir-faire architectural et urbanistique. et d’ailleurs anarchiques. Ce tissu historique témoigne de notre héritage urbain à travers le temps et se trouve comme les autres cités traditionnelles algériennes dans une situation critique . en dépit des atouts qu’il recèle dans sa forme et ses pratiques. des expériences sensibles et des usages et pratiques actuelles? Autant de questions sur lesquelles nous essayerons d’orienter la réflexion en abordant quelques aspects découlant de l’observation du terrain choisi. et ce. Ayant perdu sa vitalité économique. et soumis à des fonctions d’accueil et de logement d’une population majoritairement pauvre. exigence sociétale. se sont soldées par un résultat insatisfaisant sur la pérennité de ce tissu et n’ont fait qu’aggraver la situation. les plus efficients et les plus vivaces. ce tissu ancien est souvent exclus des circuits modernes. Ainsi. ce morceau de ville recouvre les caractéristiques d’un patrimoine architectural et urbain particulièrement riche (éléments architecturaux et architectoniques. d’héritage culturel. Les opérations de conservation entreprises jusque là restent superficielles. Les questions qui se posent. malgré les menaces et les risques de disparition certaine face aux facteurs de destruction qui agissent sur lui aujourd’hui : dysfonctionnement et déséquilibre (spatial. Dans sa nouvelle démarche de penser la ville à la recherche d’une solution au chaos qualitatif esthétique des villes contemporaines. qui sont généralement issus du secteur public. La définition des politiques patrimoniales demeure complexe et difficile et exige une étude plus approfondie pour apporter des changements positifs à ce tissu en particulier et à l’ensemble des médinas algériennes en général. elle est perçue par les hommes politiques de deux manières : comme lieu de richesse patrimoniale et historique à préserver. un art de bâtir Il apparaît nécessaire. se situent à trois niveaux complémentaires : Comment requalifier et redynamiser cette entité urbaine spécifique (ou singulière) ? Comment promouvoir une forme urbaine et architecturale évolutive tout en étant respectueuse de l’héritage patrimonial ? Comment peut-on introduire une architecture contemporaine qui s’insère dans le tissu traditionnel et qui tient compte à la fois des qualités et des spécificités de la médina. C. LA MEDINA DE ANNABA : ENTRE TRADITION ET MODERNITE La médina. économique. Sitte puise dans l’histoire afin de . KABOUCHE Architecte HMONP. Université Pierre Mendès France LA MEDINA DE ANNABA : "ENJEUX ET DIFFICULTES" La médina de Annaba est un espace marqué par l’histoire dans toutes ses dimensions. son évolution et durabilité.

Les axes Est-Ouest/Sud-Nord essentiellement. basé sur un réseau viaire de type organique. La vieille ville de Annaba : Entre modernisation et mutations urbaines forcées Après la prise de la ville par l’occupation française.M. dans le but de stopper son extension et de mieux la contrôler. La sinuosité et la courbure des parcours hiérarchisés de la médina sont désormais remplacées dans certaines zones par des lignes droites. Kabouche dévoiler les secrets et les principes de l’harmonie et de la beauté des villes anciennes. occupant respectivement les secteurs 1. ce qui lui donne un caractère défensif. la médina s’est imposée à la fois dans l’histoire et dans l’espace. le tissu a subit un remodelage. Néanmoins. on ne peut nier que certaines interventions se sont intégrées progressivement au visage et au fonctionnement de la ville jusqu’à ce que cette dernière en arrive parfois à former une nouvelle unité urbaine. repartis dans deux parties . se trouve marginalisée et complètement désarticulée de l’ensemble de la ville. autrefois centre de vie très important.  L’édification de grands équipements structurants qui ceinturent la ville. elle s’étend sur un terrain plat et embrasse à peu prés une surface de 1412 Km2 soit 0. De ce fait. Cette unité urbaine s’étend sur une superficie de 16 hectares. d’où partent six axes. Cependant. Annaba est située à 600 Km de la capitale Alger. certaines opérations urbaines seront effectuées à l’intérieur du périmètre de la ville traditionnelle à la recherche d’une meilleure adaptation aux nouvelles exigences des occupants. elle est soit évitée. Malgré tous ces changements. et abrite 12405 habitants en 2001. Ouverte sur le littoral méditerranéen sur 80 Km. De ce fait. bénéficie d’un seul accès. ne pouvant pas s’inscrire dans les préoccupations des nouveaux planificateurs. Son accessibilité se fait essentiellement par la partie basse. le passé est toujours présent pour nourrir les labeurs du futur. la médina continue à assurer son rôle de "centre de vie" jusqu’à ce qu’elle soit dédoublée par une nouvelle ville européenne (nouveau centre urbain).3.4 . matérialisé par un pont métallique Son cadre bâti historique est le résultat de la superposition de deux tissus. mais surtout pour procéder à un meilleur contrôle des lieux.2. soit soumise à des opérations inadéquates qui ne font que la dévaloriser et accélérer le processus de dégradation. cet espace s’est substitué sur l’ancien lieu de regroupement des autochtones. Malgré cela. en bordure de mer à l’Est du pays. la hiérarchisation du système viaire persiste au niveau du tissu urbain. les alignements et les élargissements des rues : ces interventions s’avèrent les plus destructrices. Une restructuration de l’espace. plus connu sous l’appellation commune de "place d'armes".  Les percées. Cette destruction s’est produite de façon progressive :  La création ou l’élargissement de la place d’armes : conçue normalement pour permettre le rassemblement de l’armée. Dès le départ. arabo-musulman et colonial. La partie haute.06% de la superficie du territoire national. Cette réflexion globale sur la ville donne à la démarche patrimoniale un caractère qui ne se limite pas à la préservation de la forme physique des quartiers anciens et qui travaille sur tous les paramètres (politique. Ce tissu présente une organisation spatiale spécifique. et lui confère une position de carrefour dans les échanges internationaux Le quartier de la vieille ville de Annaba. La vieille ville est implantée sur un glacis surplombant la mer. scindent ce cadre bâti en quatre zones distinctes. qui s’est soldée par la destruction d’une grande partie du bâti. L’appropriation des lieux par l’armée garantit le contrôle de la médina. elle profite d’une situation géostratégique qui lui offre la possibilité d’ouverture sur l’espace international. dans l’Ouest du golf Khelij El Morjaine.  L’édification de bâtiments publics occupant la plupart du temps des îlots entiers : c’est le cas de l’hôtel de ville. Haute et basse. Présentation générale et identification de l’aire d’étude Quatrième ville d’Algérie. ceci leur permet de perdurer et d’évoluer dans la structure urbaine où ils se trouvent. Considérée comme un vieux quartier ne répondant pas aux nouvelles normes urbaines de confort et de salubrité. économique et sociale) . Quel est donc l’impact de l’occupation française sur les noyaux historiques algériens et plus particulièrement celui de Annaba ? 86 . plus connu sous le nom du golf de Bône. La médina de Annaba avec ses cohérences et ses particularités. est situé en plein centre ville. Sa pente qui diminue progressivement vers l’ouest lui assure une ouverture vers la ville. Ce qui a engendré des transformations au niveau des façades et du système viaire.

équipement industriel. Actuellement. cette dernière fait apparaître un certain nombre d’éléments fonctionnels liés aux nouveaux modes de vie qui s’y développent. Ce qui fait sa force et lui permet de s’imposer en tant que tissu historique.…). soit par leur composition et leur emplacement. inefficaces et inadéquates dans la plupart des cas. Cette confrontation qui tend à freiner les fonctions traditionnelles devenues fragiles au fil du temps. 13 et 14 mai 2008 L’apport colonial : multipolarité et dualités spécifiques système de noyaux hétérogène : Une des caractéristiques communes plus au moins prononcées des médinas algériennes. Situation à laquelle il faut ajouter la ré-affectation inadéquate et incompatible avec le tissu des équipements (ateliers de mécanique. se manifeste essentiellement par des dualités à tous les niveaux (commerces. de contacts. Ce dernier nécessite plus que jamais une reconsidération et donc une requalification en se basant sur une bonne articulation entre la conservation de cet héritage et son développement. contours de masse. Cette situation n’est que la conséquence de politiques urbaines globales incohérentes. la médina de Annaba tend à devenir une composante marginale de l’ensemble urbain. système de production.  Un LES DIFFICULTES A L’HEURE ACTUELLE : La médina : une forme urbaine en déclin. est l’hétérogénéité des deux tissus (traditionnel et colonial). avec ses modes de rencontres. Les manifestations les plus importantes se déroulaient dans son cadre . la structure urbaine de la vieille ville de Annaba n’a pas vu beaucoup de changements au plan spatial (voirie. mais également un modèle urbain qui a fait ses preuves et un élément d’équilibre nécessaire dans l’évolution de la société. Ainsi.  Dualité fonctionnelle : La ville ancienne s’appuie sur un ensemble cohérent de fonctions urbaines traditionnelles qui servent de base à la vie économique et sociale du tissu. Cette composition de noyaux différents mais complémentaires (à certains niveaux) peut faire preuve d’une homogénéité extraordinaire. La vieille ville de Annaba en est un cas pertinent. Un fait qui ne fait qu’ajouter à leur originalité une particularité spécifique.…) au détriment des activités artisanales et des infrastructures touristiques et culturelles. les pratiques des usagers qui ne font qu’aggraver la situation des centres historiques (menacés de disparition). notamment la vieille ville de Annaba. ces noyaux peuvent se distinguer soit par la morphologie de leur tissu.  Dualité culturelle : Il est évident que les médinas constituaient la première référence des traditions culturelles et religieuses. Ajouter à cela. Malheureusement. un dysfonctionnement affecte l’ensemble du tissu. la ville moderne avec ses nouvelles formes urbaines souvent inspirées d’une civilisation extérieure ne présente aucune attache avec la civilisation arabo-musulmane dans sa cohérence et son unicité. d’activités diverses et les nouveaux intérêts culturels. ces entités urbaines sont perçues différemment par les urbanistes et les usagers qui pratiquent l’espace de la médina. Cette entité urbaine perd progressivement de son poids dans le système productif et économique global de la ville. D’autres facteurs sociaux 87 . Le manque d’hygiène. Elle témoigne de la situation critique que vit l’ensemble du patrimoine urbain algérien. Par rapport à ce creuset de la tradition. Par ailleurs. En effet. elle est devenue polycentrique. l’inadaptation aux exigences contemporaines et le vieillissement du cadre bâti rendent le tissu plus délicat et plus fragile. Les médinas représentent au sein des villes algériennes un patrimoine culturel et une référence identitaire et civilisationnelle. Elle est perçue comme :  Une cité dégradée et marginalisée : Dans un contexte urbain complexe. système d’échange. l’ancienne structure urbaine subsiste encore.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Son rôle devenu limité apparaît de moins en moins intégré à la vie urbaine. habitat. celle de la mixité et la complémentarité. Le déclin des vieilles villes algériennes est un phénomène généralisé.…). Ainsi ses propres structures fonctionnelles se trouvent affaiblies et ne participent plus réellement à la dynamique urbaine de la ville. Malgré toutes les transformations apportées à ce tissu urbain. Ces dualités évoquées ont contribués à ré-imager (tant bien que mal) ces mêmes tissus et à leur attribuer de nouvelles fonctions. le manque d’entretien et l’image affichée de la vieille ville). Ce qui fait passer les centres anciens au 2ème plan et les marginalisent d’avantage. L’apport de l’occupation française est particulièrement important sur les tissus historiques algériens notamment celui de Annaba. Amalgamés ou séparés. Ces mêmes fonctions s’adaptent difficilement aux nouvelles orientations de la société contemporaine. Certains équipements autrefois éléments structurants tels que les hammams et les hôtels ne sont plus fonctionnels (de part leur état vétuste. les activités artisanales et artistiques originales s’y perpétuent.

dans les tissus anciens où des opérations importantes et complexes sont envisagées. elle lui permet de perdurer. Souvent à la recherche d’un loyer modéré ou dans l’espoir d’avoir un logement social. Toutefois. Kabouche viennent s’ajouter . Cependant. à travers l’exemple étudié. cette minorité tend à quitter ses habitations lors des changements des générations. De même. il est nécessaire de rechercher une meilleure cohérence entre les logiques de patrimoine et de marché. ce qui a accentué la désarticulation et la désintégration.…  A moyen terme : Les opérations à moyen terme permettront au tissu historique d’avoir de nouvelles données qui serviront par la suite à une éventuelle évolution (dans un nouveau contexte urbain).M. La difficulté réside encore dans l’articulation entre conservation sans muséification et évolution sans oublier l’histoire. des séquences et continuités visuelles.  A long terme : Cette opération se limite à réfléchir sur le rôle de la vieille dans la ville de Annaba. Quelles sont les causes de cette situation critique ? LA MEDINA DE ANNABA : QUELLE PERSPECTIVE D’AVENIR La médina de Annaba n’est pas un espace ordinaire . Les opérations d’aménagement doivent être envisagées à long et moyen termes. Pour ce faire. Une situation qui place ce patrimoine dans un niveau d’intégration urbaine intermédiaire en voie de marginalisation.  L’encouragement des dispositifs partenariaux (public et / ou privé). Pour remédier à ces problèmes. entre échelles d’intervention différentes. il concentre des enjeux complexes voire contradictoires (entre intérêts publics et privés. L’évolution générale des mentalités. Ce nouveau rôle actif (qui doit être une donnée de base pour la sauvegarde) au sein de la structure de la ville peut se faire par l’implantation d’équipements importants dans la continuité de la fonction du centre ville.  La spécialisation de la médina (en matière de commerces et services). Elles se limiteront essentiellement à :  L’injection d’équipement de 1ére nécessité répondant aux normes d’une société contemporaine. De plus. il y a lieu de s’inscrire dans une démarche de projet. Cette redéfinition d’un nouveau pôle (une nouvelle centralité) participe au développement de l’ensemble de la ville. par des points de rappel. d’évoluer et de s’articuler à son environnement urbain. entre fonctions urbaines concurrentes……). Néanmoins. et les logiques sociales. ces couches généralement à faible revenu. Une forme d’appropriation de l’espace qui n’est pas sans conséquence pour le devenir de ce tissu.  Une cité de passage et de refuge : L’une des caractéristiques du noyau historique de Annaba est la sur-densification des lieux. envahissent l’espace traditionnel et le transforment selon leurs besoins.  La continuité des processus de décision et la bonne hiérarchisation des modes d’intervention sur ces quartiers de valeur architecturale et historique. les politiques d’intervention et de sauvegarde entreprises jusqu’à aujourd’hui n’ont pas permis d’appréhender la réalité du quartier ancien dans sa globalité. De ce fait. Son évolution. voire même des risques de dégradation et d’abandon. il faut signaler la présence de certaines familles bourgeoises encore attachées aux valeurs traditionnelles et patrimoniales. il est apparu clairement que l’intégration. Ceci permettra de recréer une dynamique urbaine intérieure. participent à la dévalorisation du rôle du noyau historique dans la ville. il nous semble nécessaire d’insérer la médina dans une approche globale d’aménagement de la ville de Annaba. parfois non contrôlée provoque des dérives immobilières. l’effritement des liens familiaux et l’atténuation du respect de certains habitants de la médina qui constitue le cadre privilégié et cohérent. la médina est désormais habitée par des couches défavorisées aux ressources très limitées. par la réorganisation de la circulation. se trouve bouleversée par ces changements sociétaux. foncières et sociales. Déroulement de l’action : Pour assurer un développement cohérent et harmonieux. l’analogie et le contraste sont des aspects importants et primordiaux pour une éventuelle intervention urbaine qui permet au tissu de perdurer et d’évoluer sans perdre ses qualités architecturales et urbaines.  La médina entre destruction socioculturelle et dévitalisation fonctionnelle : La structure sociale qui est à l’origine bien organisée et hiérarchisée. sa structure économique a subi des transformations dans ses fonctions originelles. caractérisée par :  L’établissement d’un bon diagnostic permettant une identification et une analyse des enjeux. 88 . La croissance démographique génère et généralise le processus de taudification.

l’évolution spatiale contrôlée rendra au vieux centre son unité urbanistique en reconstituant le tissu et les alignements des rues qui prolongeront une animation existante. parfumerie. les activités qui ne sont pas nécessaires (ni adéquat d’ailleurs à la fonction du tissu historique). Pour cela. Dans ces conditions. l’une des carences du centre historique est la contrainte du terrain. tissus. il est bon de maintenir le commerce de luxe spécialisé (alimentation traditionnelle. tailleur.  Les fonctions secondaires : La fonction résidentielle ainsi qu’une nouvelle fonction touristique seront considérées comme secondaires. la réorganisation de la circulation semble être indispensable.…). sans grand intérêt architectural. Le cadre bâti. Le réseau des voies est désorganisé .Conférence Internationale sur la Médina  Tlemcen. Son maintien suppose la restriction de la population et la considération de ses besoins en équipements (crèche. cela suppose que soit menée une politique d’intervention qui respecte cet objectif. Par ailleurs. commerces banaux. il doit être contrôlé ou réduit au maximum et les piétons seront favorisés. elle énumère seulement quelques branches d’activités qui rehaussent le prestige de la médina dans l’agglomération et la région. La première est indispensable pour l’animation de la médina après la disparition des usagers. confection. L’évolution spatiale doit se faire par la réaffectation de nouvelles fonctions aux bâti existants et / ou par l’urbanisation des terrains susceptibles de recevoir le développement futur du centre historique (immeubles vétustes. Ainsi. Ces fonctions qui restent l’apanage de la médina sont secondées par deux autres complémentaires : Culturelle et résidentielle. centre de santé. Ainsi.  L’évolution spatiale :Deux aspects susceptibles interviennent dans l’évolution du centre : Le caractère historique limite les diverses opérations et le manque de terrains et les barrières physiques limitent et bloquent l’évolution spatiale.  Limiter le trafic de transit. doivent être organisées puis développées. café.…). Les éléments de cette politique d’intervention semblent être : L’évolution spatiale . Ces fonctions de base. seront créées des zones réservées exclusivement aux piétons en modifiant le 89 .…). la trame viaire primitive ne convient pas à une circulation automobile de même que le système des rues coloniales n’est plus apte à recevoir une circulation trop dense. Dans notre cas. A l’intérieur de la médina. pâtisserie. La seconde s’avère importante pour l’attractivité d’une nouvelle population qui participera au développement du secteur et des mentalités. d’où un centre à restructurer sur lui-même. Les interventions : Si l’on veut maintenir des activités centrales et une population dans la médina. clés de l’animation de la médina.  Les fonctions principales : La force de la médina sera maintenue à travers le renforcement de ses fonctions : commerciale. son exagération peut faire tomber le tissu dans la muséification. Intervenir sur la médina de Annaba : Les fonctions de la médina : Parmi les fonctions recensées au niveau de la médina. ce qui signifie dévier les véhicules qui ne doivent pas obligatoirement emprunter des voies centrales de la médina. il faut reléguer dans les quartiers périphériques. 13 et 14 mai 2008 L’amélioration des conditions de vie des habitants qui y résident.  Limiter le trafic de desserte et l’interdire dans les ruelles impraticables aux voitures. ce problème se résout par des mesures de restriction de la circulation :  Contrôler la circulation par des bornes rétractables ou des badges d’accès.  La circulation : Un des problèmes majeurs de la médina est celui des communications. à savoir la fonction commerciale et la fonction cultuelle. lycée. surfaces non bâties et non affectées. L’accessibilité . il faut sélectionner les activités qui seront profitables à l’héritage et qui permettront à la médina de se développer. un artisanat régional (bijouterie. culturelle et cultuelles. Néanmoins. Ainsi. restaurant. … Mais une telle démarche ne peut se concevoir sans une étude approfondie sur la solidarité des établissements de la médina.…) et des services de qualité (hôtel. pouvant donner lieu à un secteur de rénovation. meubles). broderie. nous retenons principalement deux. De tous les services commerciaux recensés. telles que : le commerce de gros. Le trafic intense porte préjudice à la médina et contraste avec le cadre historique. Cette liste n’est pas exhaustive.

profil de rue. obligatoire de recourir au regroupement de plusieurs logements. grâce à la dynamique d’une civilisation urbaine très forte. L’enquête relève un fort pourcentage de logements de petite taille et inconfortables. donc à une restructuration de la maison. Donc. chambre au norme.M.  La rénovation (des maisons dont l’état technique ne nécessite pas une conservation). dans de telles circonstances. Ces superpositions dans le cadre urbain n’ont relativement pas provoqué de graves conflits tels qu’ils apparaissent aujourd’hui.  Admettre les véhicules de livraison à des heures réglementées. habitations : L’effort consenti dans ce domaine apporterait une meilleure qualité de vie aux habitants de la médina. dans ce cas. la médina a surtout besoin de solutions "d’améliorations progressives" des conditions de vie des habitants. A cet effet. Devenues très vulnérables pour résister aux poussées du modernisme. Il est. Kabouche revêtement de la chaussée et en adoptant un aménagement urbain approprié. les médinas algériennes (notamment la médina de Annaba) se sur-densifient et se marginalisent de plus en plus. Ces opérations touchent essentiellement les habitations étant donné que les besoins sont plus urgents dans ce domaine et que son amélioration constitue l’un de mes objectifs prioritaire. Mais. c’est-à-dire une démolition des logements vétustes et leur remplacement par des nouveaux. les villes ont traversé des périodes de fluctuation et de transformation qui ont laissé leurs empreintes parfois brutales.…).  Interdire à des catégories de véhicules (poids lourd. un grand nombre de logements ne disposent pas de la place nécessaire pour créer l’espace qui y fait défaut (SDB. tourné vers une modernisation.  Interdire le stationnement le long des trottoirs. …). Mais les rues piétonnes doivent laisser libre passage aux véhicules de secours. Il semble nécessaire d’avoir recours dans ce même périmètre à plusieurs modalités d’intervention. dans l’immédiat. Dans un contexte contemporain. Celle-ci ne doit pas remplir la fonction d’aires de stationnement qui lui portera atteinte. il faut aménager des parkings à la périphérie et en dehors de la médina. On peut alors adopter le principe d’une opération complexe qui réunit un éventail des diverses techniques de la sauvegarde. mais. Diverses mesures doivent être entreprises pour redonner au centre ville un fonctionnement harmonieux. Elle permet de comprendre les particularités structurelles et de déterminer les règles de la mise en valeur du cadre bâti. l’entrée au vieux centre. Ces deux dernières réponses tiendront compte du caractère des formes urbaines. il est important de les 90 . C’est pourquoi.  La deuxième consiste en une rénovation.  La reconstruction (des terrains libres). telles que :  La restauration (de quelques maisons et édifices rares). Cette opération ne se limite pas uniquement à une mise aux normes d’habitabilité. est d’une extrême importance. mais toujours adaptées plus au moins aux données constantes des conditions de la vie urbaine. l’usage des véhicules automobiles doit être adapté aux exigences du milieu.  Les EN GUISE DE CONCLUSION : De tout les temps. au détriment des commodités qu’il offre. maison.  La troisième consiste en une reconstruction des logements et des équipements sur les terrains libres. Plusieurs actions doivent être adaptées pour réaliser l’objectif retenu :  La première consiste en une réhabilitation des logements. Cette action ne désorganise pas la médina et préserve le parc ancien mais elle doit être accompagnée par d’autres possibilités qui seront envisagées sur les logements les plus vétustes. elles ne peuvent que tendre à disparaître pour laisser place aux modèles urbains de type occidental.  La réhabilitation (des maisons et des boutiques).  Le cadre bâti : Une analyse urbaine et architecturale détaillée de chaque îlot. ambulances et pompiers. Elles ont malgré tout survécu et elles sont arrivées jusqu’à nous.

ISBN 2-7068-1932-4. DEA "villes et sociétés". conserver une certaine cohérence de la médina. à travers la médina de Annaba. d’autre part pour le creuset de la civilisation urbaine qu’ils constituent. le sauvegarder et lui permettre d’évoluer. d’une manière souple et évolutive. peut apporter une contribution modeste au travail de réflexion sur la problématique de l’espace ancien. enfin pour leur apport au niveau du patrimoine. Cependant. OUZERDINE A. villes projetées.. (2003). PP301-317. rendre à la cité son rayonnement et sa force attractive au sein de l’ensemble urbain. modéliser ce système urbain. Cette composition évolutive proposée de la forme architecturale et urbaine. de la culture et du modèle urbain qu’ils représentent.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Projet n° 32-33. 13 et 14 mai 2008 sauvegarder d’une part pour le potentiel urbain que dégagent ces quartiers anciens. parfois trop mutilants et générateurs de désorganisation et de dysfonctionnement urbain. Villes maghrébines en fabrication ». Il nous semble possible de conserver l’héritage urbain tout en l’adaptant aux nouvelles exigences d’une société contemporaine. Quartiers anciens : approches nouvelles. doivent constituer un objectif primordial dans toute politique d’aménagement pour les villes algériennes possédant encore un centre historique significatif. de dégager une nouvelle stratégie d’intervention pour mieux approcher ce tissu urbain. (2006). BIBLIOGRAPHIE : 12BOUMAZA N et coll.. « Villes réelles. 3- 91 . Les aménagements de sauvegarde entrepris jusqu’à ce jour semblent avoir des conséquences fâcheuses sur la pérennité de ces cités traditionnelles . Maisonneuve & Larose. 1998. CENTRE D’INFORMATION. DE DOCUMENTATION ET D’EXPOSITION D’URBANISME E D’ARCHITECTURE DE LA VILLE DE PARIS. les nouveaux besoins urbains et sociaux. « Les politiques d’approche et d’intervention sur les centres historiques algériens ». Notre proposition tente. adapter.

le théâtre régional.. LA MISE EN TOURISME ET LA VALORISATION Le dictionnaire “Le petit Larousse illustré 2002” définit la valorisation telle “une action de donner une plus grande valeur à quelque chose”. la plus vaste. est le lieu administratif où se lit le prestige régional et départemental de la ville et où se trouvent le palais de justice. Cependant elle était dans le temps un lieu de convivialité où des familles venaient le soir se détendre en consommant et admirant le panorama offert à leurs yeux. au-delà de la vallée du Hamma et vers Sétif. d’ailleurs sujet à plusieurs investigations universitaires mais de l’aborder sous l’angle d’un patrimoine à valoriser. Les sites. ou mieux “une hausse de la valeur marchande d’un produit ou d’un service par une mesure légale ou une action volontaire” (sens économique). la grande poste. Bien que l’image patrimoniale occupe une place prépondérante dans le tourisme. des infrastructures sanitaires et d’autres. Si le rocher est renommé par les gorges du rhummel et la vieille ville. centre du centre urbain constantinois. la place de la Brèche est emblématique de part sa richesse historique et sa situation stratégique. les autorités locales se posent comme question : comment lui redonner son prestige d’antan ? Comment faire revenir familles et touristes ? Comment lui rendre sa fréquentation ? La revalorisation de ce secteur par un embellissement et un réaménagement va lui redonner son image de marque et sa notoriété. là même où l’espace de la Brèche allait se construire. 1. considéré comme un magnifique balcon ouvert sur le couchant.Constantine. Notre intervention n’est pas d’analyser cet espace. de couchers de soleil. le siège de la wilaya en vue. capitale régionale de l’est algérien possède ses potentiels touristiques. la banque extérieure. elle n’était qu’un lieu de passage. de la géographie et de l’aménagement du territoire. des cafés au coin de chaque rue. le boulevard de l’abîme et le pont sidi rached La Brèche. [1] Il existe différentes définitions du patrimoine. Nous retenons ici celle énoncée par J. des squares et à 100 m de part et d’autre. Les acteurs et collectivités territoriales doivent jouer un rôle considérable dans la gestion de cet actif immatériel qu’est l’image d’un pays. par les montagnes du Chettaba. le projet de la brèche ne semble pas arrêté et fixé par une image stable. l’hôtel de ville. En dépit d’un siècle et demi de structuration et de restructuration. d’où le regard pouvait embrasser une perspective qui n’était limitée vers Philippeville. tant le concept de patrimoine est large. Cependant. voire sa réputation en termes de sécurité. Cet espace. en raison de sa situation stratégique et historique. espace de suture : un choix entre le passé et le futur B.Réaménagement de la place la Brèche de Constantine: espace de centralité. aujourd’hui. la mise en tourisme et la patrimonialisation suscitent des interactions importantes. que par les monts lointains d’El Kantour. et de sa considération comme l’espace regroupant toutes les centralités. cette partie de l’esplanade. contrairement au schéma du projet colonial. Université Mentouri . fut rapidement désertée : formant un cul de sac. 2. à partir desquelles se développe la commercialisation d’une destination. le marché. tant naturels que bâtis. Il a à maintes reprises changées de forme. elle n’appartient à personne en particulier. le crédit foncier. depuis le 13 octobre 1837 où les militaires français franchirent les ouvrages de défense de la médina. Aujourd’hui délaissée. parce qu’il s’agit de réalités qui . nimbées au crépuscule du rayonnement. en plus d’être un carrefour de circulation et de rencontre est doté d’une vaste esplanade en contrebas du boulevard de l’Abîme. battue par les vents du nord et en été. ne peuvent devenir touristiques que s’ils sont d’abord mis en tourisme et valorisés. de qualité des services de l’accueil. espace d’articulation entre la vieille-ville et la ville coloniale du Koudiat . attache de la valeur. INTRODUCTION La ville de Constantine. aucune ombre sur la dalle de béton qui recouvrait le marché. La valorisation. ZEHIOUA HECHAM Département d’Architecture et d’Urbanisme Faculté des sciences de la terre.Gadrey : ”Le patrimoine d’une collectivité est un ensemble “d’objets et de produits” auxquels cette collectivité. mais profite aux habitants de la zone concernée et aux professionnels du tourisme et aux touristes.

Les 93 . tantôt de sa contamination patrimoniale. ne peuvent devenir touristiques que s’ils sont d’abord mis en tourisme et valorisés après. 3. par exemple une nation". économiques et sociaux. bâtis ou non bâtis. tant naturels que bâtis. valoriser). le redéploiement des réflexions sur la requalification et la revitalisation des espaces urbains. elle se déroule selon les étapes suivantes : contemplation. cet héritage peut être commun aux membres d’un groupe social. qui ont permis d'attribuer un certain nombre de valeurs (esthétiques. un ensemble urbain ou la ville entière) et du « comment conserver ? » (Restaurer. 3) la qualification historique du « lieu » et de l’ancrage de cette historicité dans la matérialité du lieu . locaux et internationaux. édictions de normes de sauvegarde. sacrés ou/et historiques) à des objets spécifiques. Car c'est cet ensemble de pratiques. naturels ou culturels.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen.  la compréhension des tribulations que connaît la notion du patrimoine et les avatars de son application au cours des phases successives de sa constitution en bien commun. A chacune de ces phases il faudra s’interroger sur les discours et les enjeux politiques et culturels. Cette genèse est précisément à construire dans la majorité des pays du Sud. création d'institutions spécifiques et définition d'outils opérationnels (secteurs sauvegardés. inventaire. Pourtant elles sont différentes et doivent être considérées séparément. Il est à souligner que les résultats dépendent beaucoup des points de vue des acteurs et des investisseurs. L'approche historique nous semble être une démarche préalable qui doit permettre :  La mise en évidence d'anciennes pratiques de sauvegarde antérieures à la démarche contemporaine de patrimonialisation qui se veut "scientifique" et "rationnelle". Par extension. classement. de ses ascendants et qu’il transmet à ses descendants. Sa genèse de l'antiquité jusqu'à nos jours est aujourd'hui assez bien connue. en dehors de celui de la valorisation. qui est celui de « mise en tourisme » [4]. périmètres de sauvegarde). le terme patrimoine désigne “les biens matériels qu’un individu tient. Au premier abord. appréciation. 2) la qualification morphologique du « tissu » urbain . créant un cadre historique de référence qui a orienté et légitimé par la suite le nouveau processus. et/ou entre son présent et ce qu’elle imagine de son avenir (témoignage projeté). aujourd’hui. des motivations tacites ou avouées. la notion du patrimoine est intrinsèquement liée au contexte socio-historique et politique où elle émerge et évolue.” [2] En général. ensuite bien menée par les différents acteurs. l’exploration des approches et les théories qui ont « fait du patrimoine » dans la ville fonde. au premier stade du développement du tourisme. Si l’intégration de la conservation et de la valorisation du patrimoine aux principales planifications et interventions d’urbanisme et d’aménagement du territoire fait aujourd’hui consensus. attribution de nouvelles valeurs. En amont de la caractérisation du patrimoine elle-même. en d’autres mots. on constate que ces rapports peuvent être le fait de : 1) la relation entre un « monument » et la « ville » qui l’environne . par héritage. Cette mise en valeur est un long processus et doit être à priori bien comprise. 13 et 14 mai 2008 témoignent de l’identité de cette collectivité en établissant un lien temporel entre le passé de cette collectivité et son présent (témoignage du passé). La mise en tourisme se fait au fur et à mesure et s’accentue par la mise en valeur des produits touristiques. [3] Il existe un autre concept. la connaissance des potentiels et des usages du patrimoine à l’égard de la requalification des espaces urbains commande. il semble que ces deux notions sont voisines et peuvent se confondre. la requalification des espaces urbains par le patrimoine procède tantôt de la patrimonialisation de la ville (comme un tout). Sur le plan théorique. En général. LE PROCESSUS DE PATRIMONIALISATION Le processus de patrimonialisation dans les pays du nord est le fruit du long cheminement parcouru par la notion du patrimoine. définition de critères de sélection. des sites et des monuments sont répertoriés par des services pour arriver à leur exploitation à des fins touristiques. une réflexion sur les rapports entre la notion « d’espace urbain » et celle de « patrimoine ». puis de sa valorisation ou de sa médiation. institutionnalisées ou non qui sous-tendent ce processus. Les sites. Le rôle du patrimoine dans la requalification des espaces urbains soulève ainsi les interrogations du « quoi conserver ? » (un morceau dans la ville. au tout premier plan. En tant que construit social.

A partir de la caserne. bute contre un promontoire nommé Coudiat Aty. C’est au niveau de cette dernière que sera ouverte une brèche que l’on peut situer au milieu de l’hôtel des postes. que l’histoire de sa construction est importante à connaître. puis après un décrochement vers la gauche. Puis.1.B. selon que l’on aborde le problème par le biais de l’objet patrimonial ou par le biais du rapport de la ville au passé. 4. Cette Brèche par où les troupes sont passées à travers le mur d’enceinte de la médina connut une histoire urbaine. la définition de son contenu. un isthme large de 150 mètres et long de 200 mètres. des cas variés de « mises en relation » de la ville et du passé par le biais de constructions patrimoniales et d’opérations de requalification diverses. en avant. Zehioua Hecham différentes acceptions attribuées. est protégée par un mur d’enceinte qui part de Bab El Djabia. ensuite. que ce soit dans l’intervention sur l’objet patrimonial lui-même (« conservation / restauration ») dans l’évaluation et la fabrication patrimoniale dans l’intervention en milieu urbain (« l’utilisation de l’histoire dans l’urbain »). les principes de la caractérisation et les exemples de la valorisation du patrimoine en milieu urbain (monuments ou ensembles). la muraille fait une avancée. se poursuit sur quelques mètres avant de se terminer dans l’angle de Bab El Oued. permettant l’éclaircissement des décisions prises pour que tel ou tel espace ait cet aspect là. changent au gré des idéologies Au départ de cette connaissance et de la compréhension des motifs de la patrimonialisation de l’espace urbain. ayant ainsi « saisi » la notion de patrimoine. Enfin. Plan d’ensemble de la médina (1837) 94 . Réaménager un espace historique revient à le considérer comme un patrimoine indispensable à sauvegarder. A l’extérieur des remparts. A l’origine Le passage du règne du Bey à celui de la colonisation française a bouleversé les structures ancestrales de la ville. ville forteresse. [5] Cela permettra d’explorer. on y présentera. on explorera les approches théoriques et les résultats de « l’historicité » de l’espace urbain ou du cadre bâti. on vise à discuter des modalités. HISTOIRE URBAINE DE LA BRECHE C’est parce que l’endroit forge l’image dans l’esprit des gens. d’abord. les critères de sélection des objets à sauvegarder et les moyens mis en œuvre. 4. des enjeux et des méthodes de la consécration et de l’utilisation du patrimoine dans le contexte élargi de l’aménagement urbain. Constantine. L’espace de la Brèche prend forme dans la « brèche » effectuée par les Français dans les remparts afin de conquérir la médina. En effet. À cette fin. On vise à cerner ce qu’est le « patrimoine urbain » et quels son les buts et les enjeux de sa consécration et de sa conservation. l’évolution du rapport entre la notion de « monument » et l’intervention urbanistique (« la ville comme monument »). de la partie très à pic du Rhummel et monte vers la caserne des janissaires qu’il longe. à valoriser et à transmettre aux générations futures.

L’histoire urbaine de la Brèche est intimement liée à celle du Rocher d’une part et d’autre part à celle du dérasement du Coudiat Aty. Cette tension est l’épaisseur où s’affirme l’espace de la Brèche en tant qu’espace urbain d’une forte centralité dans la ville. et de construire une cité moderne sur le plateau du Mansourah.3. gorges et pont d’El Kantara.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. une photographie montre qu’à cette époque. dont l’architecture est néo-mauresque. lorsque le théâtre fut terminé. Jusqu’en 1914. à l’exception de er 95 . représente l’entrée principale du Rocher. pendant que Giraud et Boulanger. 13 et 14 mai 2008 4. C’est dans ces deux directions qu’ils créèrent les faubourgs. Bab El Oued qui fut opté pour devenir l’articulation non seulement entre la médina et la ville française mais aussi pour porter la nouvelle centralité. A leur arrivée. C’est la porte devenue pôle de croissance dans l’urbanisation de Constantine. Elle doit l’essence de son existence à la permanence du fait urbain sur le Rocher. s’élançaient dans les rues de Constantine à la recherche du pittoresque. Bardo…). Cirta sur un rocher perchée L’histoire urbaine de l’espace de la Brèche est ainsi en grande partie celle d’un essai novateur sur une forme de centre-ville et des types bâtis sous l’occupation française. la place n’occupait qu’un espace restreint. C’est ainsi que l’espace de la Brèche devint pôle de croissance pour accueillir les éléments d’une nouvelle centralité. p : 285 [8] En arrière. Pendant la colonisation Photos 1.[7] En 1845. ainsi que les grands immeubles qui l’entourent. Mais c’est l’espace de la Brèche. « Le lendemain. on a beau lui imposer pour parrain Duc De Nemours. Toutes les rues adjacentes existaient. la Brèche avait bel aspect. Les Français ont détruit les remparts pour orienter le tracé de la ville coloniale à partir de ses ponts : Bab El Kantara et Bab El Oued. On expropriait pour construire le marché et les édifices importants. La Brèche ou place du 1 novembre et des martyrs. En 1883. : vieille ville. place Nemours et plus tard place de la révolution. moi je courrais. Si nous nous intéressons à cet espace c’est parce qu’il était la seule communication naturelle du Rocher avec ses alentours. la Brèche a subi plusieurs modifications. entre l’exception et la norme. sur l’ancienne brèche à la recherche de l’histoire ».2. sa seule liaison naturelle. « …même si son emploi quotidien allège la tragique affective de cette dénomination ». de bon matin. Aucun nom ne peut lui convenir parce qu’aucun nom mieux que celui-là n’est évocateur de son passé.2. les Européens ont trouvé deux voies pour sortir de la médina : l’isthme qui reliait la ville au Coudiat Aty et le pont d’El Kantara la reliant à El Mansourah. cet espace était bordé de maisons arabes entre lesquelles s’ouvrait une seule rue : la rue Caraman. elle restera dans la mémoire populaire la Brèche. D’ailleurs. Un témoignage d’Alexandre Dumas (père) venu admirer la « ville phénomène » accompagné de son fils et de deux peintres (Giraud et Boulanger) ne pouvait s’en lasser de scruter cette brèche si importante à ses yeux. Belle Vue. puis de leur retour progressif à des types plus courants. dont l’architecture est européenne. l’espace de la Brèche apparaît comme un lieu privilégié où l’histoire de l’organisation des tissus se fait de manière contradictoire. dans la distance entre des termes qui s’opposent ou dans la réduction progressive de leur écart. Placé entre la rupture et la soumission. il fut confirmé que le Coudiat Aty accueillerait la ville française [6] . Lors du voyage de l’empereur à Constantine. elle organise toutes les relations avec les autres parties (Coudiat Aty. Ce lieu n’aurait pas existé dans sa forme urbaine d’aujourd’hui si l’on avait pris la décision de conserver la ville « arabe ».

L’arrivée du train amène aux deux hôtels de Paris et d’Orient des omnibus chargés de voyageurs et de bagages . le calme se rétablit : c’est l’heure du repas des Arabes. A ce moment. le nouvel hôtel des postes et l’immeuble du Crédit Foncier édifiés à l’emplacement du marché à légumes. un monument dédié aux morts de la guerre fut inauguré. où s’étalent en abondance ce qu’à Paris on aurait appelé des primeurs. En 1914. vont se promener ou s’assoient dans le jardin public qui a reçu le nom trop moderne de Square. C’était une haute colonne de marbre surmontée d’un bronze représentant un coq triomphant. Les cafés. les kabyles reviennent des champs et s’asseyent par terre en cercle dans un endroit où ils trouvent de l’ombre pour faire la sieste. Le kiosque à musique de la place Valée fut transféré en 1915 au square de la république. au bas du boulevard Joly de Brésillon. un kiosque à musique était érigé sur la place Valée et en 1906. dans l’angle du nouveau jardin. l’hôtel de la poste y prit place. à sa place. fut démolie. un jardin fut aménagé autour de la statue d’une nymphe représentant « l’océan ». sorte de sac en paille tressée. Pour régulariser ce désordre.B. étaient inaugurés. Zehioua Hecham l’hôtel des Postes et du palais de justice. on venait faire « son tour de brèche ». des camions apportent des marchandises et des colis aux entrepôts. Les officiers redescendent du Mansourah . c’était l’affluence . on y construisait le local de l’université populaire. »[9] Photo 4 : place Nemours (Brèche) Au début du siècle. accompagnent des dames françaises qui vont chercher leurs provisions au marché de la brèche. mais le mouvement continue encore. tout mouvement a cessé : Arabes et Européens sont enfermés chez eux. les halles. Il fut terminé après l’armistice. Photo 5 : place de la Brèche avec le boulevard de l’abîme 96 . à une heure. De cinq heures à huit heures. En 1903. et ce n’est que lorsque le soleil baisse sur l’horizon que la vie reprend dans la ville. Vers 10 heures du matin. les promeneurs contribuaient déjà en 1880. les ailes ouvertes. La place était le rendez-vous quotidien des citadins. le magasin à orge fut démoli. Cette surélévation de la chaussée appelée « le fromage » fut appréciée des promeneurs qui pouvaient désormais aller et venir en toute sécurité et jouir du spectacle de la vie constantinoise. se faisant servir des verres d’absinthe et des enfants kabyles munis de couffins. à faire de ce quartier central un lieu agréable et animé que nous dépeint une visiteuse : « … les colons européens s’installent…devant les cafés. La circulation des voitures se faisait en tous sens à travers la place Nemours. la circulation des voitures. En 1908. La salle Laune fut détruite et remplacée par le nouveau palais de la justice dessiné par les architectes Dumoulin et Lachapelle. En 1922. la partie du mur d’enceinte qui subsistait depuis 1881 entre le square Valée et la place (emplacement de la poste) et en contrebas de laquelle se tenait le marché arabe. après avoir mangé un morceau de pain frotté d’oignon. Enfin. ceux qui n’ont rien à faire. un terre plein entouré d’une voie de circulation était aménagé en 1922. la salle Laune.

13 et 14 mai 2008 Plan de la Brèche 1900 En 1926. 1932 . Cependant. En 1950. l’université populaire fut construite derrière l’hôtel des postes. fut rapidement désertée : formant un cul de sac. elle n’était qu’un lieu de passage. Ses éléments structurants au niveau global. devant la banque d’Algérie. aucune n’ombre sur la dalle de béton qui recouvrait le marché. L’esplanade était toujours aussi peu appréciée . Le téléphone automatique commença à fonctionner en février 1935. C’est la terrasse à l’échelle urbaine de la ville. Camille El baz en parle avec nostalgie : 97 . la poste fut agrandie par la construction d’une importante annexe destinée à abriter le central téléphonique. les années 50 D’autres travaux ont étés réalisés. ex : Lamoricière. elle prit le nom de l’avenue Pierre Lagre pour s’appeler depuis l’indépendance : avenue Mostefa Benboulaid. Quand l’esplanade fut terminée. Vers l’hôtel des postes au contraire. battue par les vents du nord . Les travaux d’élargissement du boulevard Joly de Brésillon dans sa partie supérieure furent commencés en 1939. Les Constantinois la délaissèrent et regrettèrent l’ancienne place. Elle restera fixe jusqu’aux années 70. elle était abritée et le mouvement des piétons entre la rue Caraman et l’avenue Lamoricière était incessant. Ensuite. sont l’avenue des squares et les deux places : la place du premier novembre et la place des martyrs. était ouverte à la circulation dans les deux sens et rejoignait l’éventail des rues au nord de la place. Le marché est transféré sous l’esplanade. En 1950. après plus d’un siècle de transformation. L’image de la Brèche s’est incrustée dans le mental des habitants et des visiteurs. l’avenue Pierre Lagre. . Devant l’hôtel de ville. en été. à l’occasion des travaux de la grande esplanade de la Brèche. la banque d’Algérie sur le boulevard Joly de Brésillon fut terminée. l’avenue Lamoricière fut élargie de 12 à 18 m et bordée de paulownias.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. elle occupait tout le jardin situé en face du palais de justice et s’étendait jusqu’à la place Nemours. Un escalier montait vers le boulevard Joly de Brésillon. la plus vaste. la partie située sur la terre ferme était plantée d’arbres . La vaste esplanade est entourée de colonnes supportant des lampadaires. En 1933. elle connaissait une affluence de promeneurs attirés par la fraîcheur qui y régnait et par les nombreux marchands de glace installés à sa périphérie. prolongée sur 18mètres de largeur. Cet immeuble abrite également le conservatoire de musique. un pont fut construit au dessus de l’esplanade pour franchir la falaise. cette partie de l’esplanade. Photo 6 : place Lamoricière phot 7 : Lamoricière et squares. Toujours en 1933. mais les soirs d’été. l’espace de la Brèche avait pris son aspect que l’on croyait définitif. photo 8 : la Brèche.

pour gravir une fois de plus tes escaliers abrupts…pour traverser ta place centrale. à toutes sortes de manifestations populaires. elle dira tristement: "ici. était très fréquentée. Partout des kiosques à glace qui vous font signe… » p : 35 [12] Photo 9 : les souterrains Photo 10 : l’entrée de l’esplanade Photo 11 :la Brèche en hiver 98 . ira dans la rue.[11] 4.. les promeneurs se parlaient. qui n’était autre que cette fameuse brèche historique. agréable. Je vais prendre une glace…. et très vite les gens sortaient. [10] Appuyé par le témoignage de Benjamin Stora : « A l'approche de l'été. beaucoup plus tard dans l'exil .3. tout le monde connaissait tout le monde. et qui peut aussi lui conférer une valeur de repère symbolique pour toute l’agglomération.. Quelle cohue ! un monde fou qui ne tient pas en place…. par laquelle les troupes françaises te prirent d’assaut et que l’on colmata par la suite pour lui donner le jour.. C'était toujours la même déambulation. être à la Brèche. L’esplanade envahie par les usagers à la recherche d’une fraicheur et des consommations. Il a servi au cours des années.. pas de tête connue » . Pour les visiteurs.. Du point de vue de l’usager.au dessus du marché s’étendait la Grand-Place. avec ses parasols aux teintes éclatantes. privilégié de par la convergence des itinéraires empruntés par toutes les catégories d’usagers fut chaotique.. Un paséo très méditerranéen. Et quand ma mère. se saluaient. c’est s’imprégner de l’atmosphère de la ville des « sciences ». Tahar Ouettar en témoignait : « Voici la Brèche. une chaleur terrible s'abattait dans la journée. Avec l’avènement du progrès technique. ils flânaient du lycée d'Aumale vers la place de la brèche en empruntant la rue Caraman. Pour ne pas être matériellement visibles dans leur ensemble.. à un moment. la ville du « savoir ». cet espace a failli à son rôle. mais dès la tombée du jour. ses bancs multicolores et ses tables aux formes variées. le développement de l’automobile. venus goûter au plaisir de la ville. à son destin de place publique. d’autant plus fort que les dessertes sont nombreuses et variées. La circulation. Par petits groupes.B. spacieuse et aérée. l’espace de la Brèche est un lieu public par définition. il commençait à faire un peu frais.. la Brèche est restée telle quelle au départ des Français de la ville. Zehioua Hecham …Que donnerai-je pour circuler une fois de plus dans tes rues plus ou moins larges.Dans cette complicité à la fois communautaire et citadine. surtout pour les provinciaux. en étant libres de circuler dans tout le territoire algérien débarrassé de tout joug colonial. De l’indépendance à nos jours Depuis l’indépendance et jusqu’aux années 70. se regardaient. les transports en commun constituent un réseau qui assure à l’espace de la Brèche un pouvoir de centralité locale.

Conférence Internationale sur la Médina

Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

Plan de la brèche (les années 70) Afin de régler le conflit d’appropriation, deux souterrains ont étés réalisés pour les piétons afin de séparer les deux flux. Le premier souterrain, en 1977 au niveau de la place des martyrs, a été agrandi, er et le second a été ouvert au niveau de la place du 1 novembre en 1984. Cette réalisation a fait surgir plusieurs bouches équipements et quartiers. afin de permettre l’accès aux différentes voies,

Cette portion du parc public « square Panis » (côté ouest par rapport à l’avenue centrale) a permis la construction d’une station pour bus urbain (station Boumezou du centre ville desservant les différentes banlieues de la ville et actuellement fermée pour cause d’implantation d’hôtels urbains). D’un espace approprié par un édifice architecturé et ouvert au public (emplacement de l’ancien casino Numez détruit en 1976), il a été décapité de ses arbres, et son assiette fut aménagée en espace de regroupement matérialisé par des baraques faisant office de « café maure ». L’espace de la Brèche, espace public, sollicité comme lieu de visibilité, d’accessibilité et d’imagibilité, est aussi investi en tant que paysage urbain où l’activité architecturale privilégie l’esthétique visuelle. Sa compréhension, les perceptions que le citadin ou le visiteur a de la ville s’organisent à partir de sa propre perception en raison de la disposition centripète des banlieues, faubourgs, quartiers et villes satellites avoisinantes et de leurs réseaux de circulation.

4.4. La Brèche au futur : projets et changement d’image
Nous interrogeons l’identité d’une ville dans la mesure où elle forge l’image qu’elle renvoie à l’extérieur. Si l’image d’une ville reflète toujours un peu de son identité, elle ne se confond pas avec elle. De même, cette identité ne se confond pas avec telle ou telle composante mais se présente bien comme le produit et la combinaison d’une série d’éléments empruntés à son histoire et à son présent. Cette théorie est si vraie dans le cas constantinois. La fête ou manifestation est une des fonctions assurées par toute ville, elle est aussi un instrument qui donne du sens à un projet urbain. C’est devenu courant que l’organisation d’une fête dans une ville fait partie de sa personnalité, assumer la continuité et la fréquence de cette fête rentre dans la composition de son identité. Constantine a depuis plusieurs années assuré deux fêtes principales : celle de la distillation d’eau de rose et de fleurs d’oranger et du 16 Avril (journée de la science).

99

B. Zehioua Hecham

Photo 12 Commémoration de la journée de la science (16 avril 1994) La fête printanière de la distillation a toujours été présente à Constantine. Elle glorifie une tradition séculaire gardée jalousement par la ville. C’est toujours vers le 15 avril de chaque printemps que la ville s’embaume de ces fleurs. Les allées de la Brèche sont envahies par les distillateurs qui s’installent avec tous les appareils en place et l’opération se fait devant les yeux des spectateurs. L’organisation de cette fête culturelle et commerciale est un moyen pour affirmer l’existence de la Constantine détentrice de traditions, exalter son identité, valoriser son image à l’extérieur et se distinguer par rapport aux autres villes tout en étant propice aux rassemblements et à l’union. La Brèche a depuis l’indépendance été le lieu idéal où se déroulent ces manifestations. Pour la journée de la science, la Brèche, lieu de rassemblement reçoit les festivités relatives à cet effet et fait bouger l’image monolithique du cheikh Abdelhamid Benbadis. Voulant à tout prix lui rendre sa notoriété, les autorités locales font subir à l’espace de la Brèche des transformations. En effet, du côté du square Bennacer, la station finale (terminus) du tramway (sera ouverte en 2010) va prendre naissance pour articuler tout le circuit des transports. Du côté du square Panis, deux hôtels 3 étoiles sont en construction. Du côté de l’esplanade, des travaux de réfection et d’embellissement sont en plein essor.

Plan de la station du tramway

Photo 13 : les hôtels en construction et un bout de l’esplanade

100

Conférence Internationale sur la Médina

Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

Photo 14 : réfection de l’esplanade

Photo 15 : esplanade en pleins travaux

Photo 16 : l’esplanade comme toiture du marché

Photo 17 : l’image future de l’esplanade.

CONCLUSION
La difficulté du site du Rocher et l’étroitesse de la bande de terre qui le lie à ses environs, du côté sud, ont fait que les interventions au niveau de l’espace de la Brèche ont évolué par tâtonnement. La France a travaillé dans l’hésitation. Les assemblages par morceaux partiels étaient modifiés suivant les nouvelles règles ou contraintes qui surgissaient. Le résultat du montage a donné une dispersion de figures. Il n’y plus d’ensemble unitaire, matérialisé par un contour définitif et pensé par un schéma géométrique simple qui en régisse le rapport des éléments constitutifs comme à Alger ou Annaba. [13] Tous ces changements sont effectués sur un espace qui a de tout temps était en perpétuelle restructuration. Cette place, de part son histoire et sa position cumule l’identité de la ville et se définit comme un patrimoine à revaloriser à tout prix. Qu’en sera-t-il en réalité une fois la station du tramway terminée et l’esplanade embellie ? Arrivera-ton à fixer une fois pour toute l’image de la Brèche ? Où à l’instar de l’être humain, continuera-t-elle à subir des métamorphoses sans changer son essence ? Tout dépendra des décisions politiques et des acteurs de la ville. REFERENCES [1] Petit Larousse illustré 2002 [2] GADREY J. (2002), « Patrimoine et qualité de vie : éléments pour une approche socioéconomique », Toulouse, ERITH, [3] NAPOLI J. (2002), « Tourisme et valorisation du patrimoine », tourisme n°11, Patrimoine III, Toulouse, ERITH, p. 42. [4] BESSIERE J. (2000), « La construction sociale du patrimoine gastronomique : l’émergence de Terroirs de valorisation, ERITH, Toulouse, 2OOO [5] WEBER J., BAILLY D. (1993), « Prévoir c’est gouverner », Natures, Sciences, Sociétés, [6] MAGHNOUS Z. (2002), «la redéfinition des espace d’articulation dans les villes duales. Le cas de la Brèche à Constantine », mémoire de Magister. Université Mentouri, Constantine,

101

Z.cit « MEGHNOUS Z. Constantine. « Constantine ou le temps des pionniers ». Media-Plus. Sned. (mémoire de Magister) Photos et plans : site www. (2006). Zehioua Hecham [7] GUECHI F. [13] op. 1985 [10] C. (2003). Média-Plus. traduit de l’arabe par Marcel Bois. imprimerie Meyerbeer. Les témoignages et les romans ». (1970). cité antique et nouvelle ville ». EL BAZ (1971).fr 102 .B. [11] CÔTE M. [8] BENACHOUR Y. Nice. « Constantine : une ville en écritures –dans les récits de voyage.superforum. Constantine. [9] BIESSE EICHELBRENNER M. Constantine. 1971. «Sarah ou mœurs et coutumes juives de Constantine ». (2001). « Constantine une ville en héritage ». à compte d’auteur Paris. « Ezzilzel » (le séisme). « Constantine. [12] OUETTAR T. Alger. (1985). Université Mentouri. mounir.

d’impôts et de tourisme et autre. Sa valorisation est un enjeu largement exprimé. outil de développement territorial Melle Necissa Y. elle est donc source de valeurs artistiques. globales que locales. et par les nombreux colloques du conseil de l’Europe. on constate une prise de conscience par une minorité de la nécessité de protéger le patrimoine en danger. L’élargissement du concept de patrimoine à des éléments plus large a des conséquences sur sa gestion. Ceci nous amène à réfléchir à un débat actuel et d’avenir sur les orientations et les réponses aux questions suivantes :    Quelles sont les richesses que représente le patrimoine ? Comment intégrer la démarche de valorisation du patrimoine dans un projet de territoire ? Quels sont les enjeux de valorisation du patrimoine dans optique de développement ? Dans un premier temps. industriel. Dans les années 60. La deuxième décennie (les années 70) a été marquée par la prise en compte progressive du patrimoine comme fondement de la qualité du cadre de vie. représente une ressource bien identifiée dans les territoires. . constituent la synthèse des expériences et l’approfondissement des pratiques liées au patrimoine. et représente un véritable potentiel de développement. Les années 90 sont marquées par l’approche environnementale. ethnologique et de savoir faire. car c’est le moyen de satisfaire un certain nombre de besoins d’ordre esthétique. sont attendues des retombées économiques et sociales en termes d’emploi. historique et lié à la mémoire collective. c’est-à-dire une approche intégrée aux stratégies de développement. Des différentes interventions sur le patrimoine. celle-ci n’est plus comme avant une simple action de classification ou action ponctuelle de sauvegarde. Elle devient ainsi un objectif important de la société contemporaine. scientifique. ainsi que les ressources naturelles). Cette nouvelle approche passe principalement par la politique de l’aménagement du territoire dans ses diverses dimensions tant urbaines que rurales.INTRODUCTION : Le patrimoine.Alger 1 . vernaculaire. La lecture du concept du patrimoine nous a permis de schématiser quatre décennies. et l’élargissement de la notion du patrimoine vers le patrimoine commun. ces idées sont portées par les recommandations de l’UNESCO de 1962 et 1968. d’un patrimoine centré sur l’objet à un patrimoine mobilisé autour de projets. La production de telles valeurs implique des mouvements économiques très importants qu’on ne doit pas négliger. matérialisée par la convention de Grenade.Le patrimoine. elle est pensée dans une approche large et décloisonnée. esthétiques ou d’existence. notre recherche étudie le concept du patrimoine ainsi que son évolution et ceci à travers la lecture des différents textes et documents internationaux sur le patrimoine et les politiques de sa protection. ainsi que la charte de Venise qui définit la philosophie de la restauration. matérialisée par la charte Européenne du patrimoine architectural et par la déclaration d’Amsterdam. On peut dire qu’on est passé d’une pratique de conservation à une logique de gestion. On note le développement de la conservation intégrée. rural. et là on note principalement le développement de l’argument économique du patrimoine. Doctorante EPAU . durant lesquelles le concept de patrimoine a évolué. il s’agit plutôt d’une gestion dynamique et économique globale. Les années 80. artistique et même de loisirs. pris dans son sens le plus large c’est-à-dire une richesse matérielle et immatérielle (patrimoine monumental.

Y. nous étudions les cas étrangers ayant entrepris des démarches de valorisation du patrimoine dans une optique de développement territoriale. Les hauts plateaux (9% du territoire. massifs. etc. Etat de la flore : L’Algérie possède 5402 taxons végétaux avec une importance richesse floristique (0 . la surface boisée globale était de 397000 hectares. entre 1955 et 1997. la surface détruite est de 103000 hectares (soit 24000 ha/an). il s’agit de l’espace le plus favorisé par le climat. 104 . A travers le cas français.LE PATRIMOINE EN ALGERIE 2-1.2 millions d’hectares soit un taux de boisement de 11/° qui représente celui de l’Algérie du nord1. les ressources marines et les richesses de ses diverses plans et vallées côtières. L’inventaire représente l’élément fort de cette étape. son territoire se divise en trois ensembles très contrastés :    L’ensemble tellien du nord (4% du territoire.62). Necissa Dans un second temps de notre recherche. par la construction d’infrastructures. Le Sahara (87 % du territoire ensemble totalement aride ou hyper aride. ils occupent l’espace compris entre l’atlas tellien et l’atlas saharien. steppes. nous avons retenu les projets de pôles d’économie de patrimoine qui sont des projets de territoire utilisant le patrimoine comme levier de développement économique très important. nous retenons les principales étapes de cette démarche de valorisation:   la première étape est celle de la prise de conscience du caractère patrimonial.Etat du patrimoine en Algérie L’Algérie est l’un des plus grands pays du continent africain avec une superficie de 2381km2. notamment le contexte ou l’ensemble dans lesquels elles se trouvent  les étapes suivantes concernent la mise en œuvre de projets de développement liés au patrimoine et leur insertion dans un processus de développement et d’aménagement territorial.     Terres domaniales 3251791 ha Terres communales 275000 ha Terres privées 350000 ha Terres publiques (EAC-EAI) 100000 ha La destruction progressive des couverts forestiers est liée à des facteurs anthropiques et naturels. et le taux de déforestation est de 21/° en 42 ans. A travers les exemples étudiés. désert. en 1997. Les forêts productives ne couvrent aujourd’hui que 1249 000 hectares. La deuxième étape est celle du diagnostic et de l’évaluation qui conditionne le type d’usage et les potentialités de ce patrimoine Ce diagnostic permet de saisir les relations qui unissent les différentes composantes du patrimoine. 2-1-1. montagnes.58) proche de celle du bassin méditerranéen (0 .) est menacée par certaines pratiques agricoles. Etat du patrimoine naturel :  Patrimoine forestier Les forêts : les forêts et maquis couvrent en Algérie 3. de sa reconnaissance. cette diversité floristique répartie dans les différents écosystèmes (forêts. 2. mer. 540 espèces fourragères et 646 espèces médicinales qui composent la flore. zones sauvages. par l’urbanisation et par la déforestation.

  La steppe : Elle s’étend sur 20 millions d’hectares et la surface des parcours est évaluée à 15 millions d’hectares. de l’enseignement et de la recherche relatifs à la biodiversité. 920 000 ha de couverts forestiers ont été brulés dont 477629ha en dix ans (301 780 ha de forets 91566 ha de maquis et 82 746 ha de broussaille). Le manque de programme de sensibilisation et de participation à l’intention des différents partenaires des différents secteurs (gestionnaires. les actions forestières devraient être mieux intégrées dans une approche globale et intégrée de lutte contre la désertification avec une participation effective de population. Les facteurs contribuant à la déforestation sont les suivants :  Les incendies de 1985 à 1994. elles n’ont pas encore fait l’objet de plans de protection adéquat. 2-1-2. cependant ce patrimoine n’a pas fait l’objet d’une attention soutenue. forestiers et aménageurs). éleveurs. Les facteurs de dégradations de la faune et de la flore se résument comme suit :    L’absence d’une politique cohérente de protection et de suivi Le développement insuffisant des connaissances. aucune enquête ou analyse n’a eu pour objet de mesurer l’état de conservation du patrimoine archéologique et historique. un programme d’élargissement des aires protégées à d’autres zones est en cours. Etat du patrimoine culturel : Le patrimoine culturel acquiert une place de plus en plus importante dans toute politique de développement économique. sa dégradation est progressive L’assainissement rural : En matière d’assainissement rural. Les coupes de bois (les coupes illicites de bois de chauffage. 47 espèces de mammifères sur 107 inventoriés et protégées et 68 espèces d’oiseaux sur 336 sont protégées. pour les zones humides. 13 et 14 mai 2008 Etat de la faune : En termes de diversité faunistique. Les atteintes anthropiques sont de deux ordres : d’une part le développement urbain qui s’effectue au détriment du parc archéologique. de bois d’œuvre sont en augmentation. d’autre part les pillages de pierres de taille. A ce jour. soit l’équivalent de 30 000 ha/an. il s’est traduit par la réalisation de 435 bassins concernant 31 wilayas et 404 localités. agriculteurs. social et culturel. 105 .) les insuffisances institutionnelles et les réalisations des grands travaux ne sont pas prises en compte. Les atteintes naturelles et anthropiques entraînent la dégradation du patrimoine archéologique et historique.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. les opérations de consolidation ou de restauration des monuments historiques qui ont été entreprises l’ont été du fait de l’urgence de la situation ou en tenant compte de la fonction sociale ou de l’aspect prestigieux du monument. Problèmes de gestion et approche de développement : La gestion du patrimoine forestier rencontre des difficultés générées par l’absence d’une actualisation permanente des inventaires et d’un plan d’exploitation rationnelle des forets. Les actions entreprises consistent essentiellement en la création d’aires protégées conformément au décret 83-459 portant statut type de parcs nationaux. un important programme d’aménagement de bassins de décantation a été lancé en 1987 pour les petites et moyennes localités.

La protection du milieu naturel : Les instruments d’aménagement permettant d’intégrer les exigences de la protection des sites naturels se présentent comme suit : 2-1-2. 2-2. 106 . à la protection de la nature. relatif aux espèces animales non domestiques protégées détermine la lutte des espèces animales non domestiques ainsi protégées. des terres à vocation forestière et autres formations forestières ainsi que la conservation des sols et la lutte contre toute forme d’érosion. signé au Caire 1977 et officialisé par le décret n° 82-437 du 11-12-1992. le développement. . ils fixent les modalités et les conditions de capture de ces espèces animales à des fins de recherches scientifiques.son objectif est d’analyser les incidences de projets ou aménagement public ou privés qui peuvent modifier directement ou indirectement ou porter atteinte à l’agriculture.Les mesures de protection du patrimoine : 2-2-1. La convention relative aux zones humides. Necissa Pour le financement des opérations de restauration. Elle a pour objet la protection. adoptée à Paris en 1994.Le décret 87-44 du 10 janvier 1987 relatif à la prévention contre les incendies dans le domaine forestier. Dans tous les cas. notamment. ce sont : . à la conservation des sites et monuments. l’extension. la gestion et l’exploitation des forets. 2 -1-4. ratifiée par le décret présidentiel n°96-52 du 22 janvier 1996. d’importance internationale. à laquelle l’Algérie a adhéré par le décret n°82-439 du 11 décembre 1982. 2-1-3. L’étude d’impact : L étude d’impact faisant l’objet du décret 87-91 du 21 avril 1987 . des sites et monuments historiques ont toujours représenté un frein pour la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine jusqu’en 1990. La convention des nations unies sur la lutte contre la désertification dans les pays gravement touchés par la sécheresse.Y.Le décret n° 87-45 du 10 février 1987 portant organisation et coordination des actions en matière de lutte contre les incendies de forets dans le domaine forestier national. en particulier en Afrique. Protection des sites naturels et humains Dans le cadre de la protection des sites naturels et humains. l’Algérie doit tenir compte de ses engagements. La protection de la faune et de la flore : La loi n° 83-03 du 5 février 1983 a consacré son titre II à la protection de la faune et de la flore et aux réserves naturelles et parcs nationaux. D’autres textes sont venus après pour compléter cette loi.  La protection du domaine forestier : La protection des forets a fait l’objet de la loi n° 84-12 du 23 juin 1984 portant régime général des forets. cette activité n’a jamais été menée dans le cadre de plan de développement. relativement aux textes suivants:    Le protocole de coopération entre les pays d’Afrique du nord en matière de lutte contre la désertification. la dégradation du patrimoine archéologique et historique est le résultat de l’intervention de l’état qui n’a pas appliqué avec rigueur les textes et n’a pas engagé des ressources financières nécessaires à la préservation et à la restauration des sites et monuments. Ce décret a été suivi par d’autres décrets exécutifs n°95-321 et n°95-322 du 18 octobre 1995.  La réglementation de la chasse et l’organisation de réserves de la chasse : Le décret n° 83-509 du 20 août 1983.

des instruments de gestion du littoral sont proposés par la loi. Protection et valorisation des zones de montagne : Un projet de loi relatif à la protection et la valorisation des zones de montagne est en cours d’approbation. ces différentes prescriptions ont pour objectif de prendre en charge la fragilité et le caractère sensible de ces zones ainsi que leurs Potentialités et leurs atouts dans les plans d’aménagement. Pour plus de précision. notamment la chasse et la pèche. L’objectif de cet instrument est la mise en œuvre de la politique nationale de la protection et de la mise en valeur du littoral et de la zone côtière en particuliers. des sols. Dans les documents d’aménagement. Protection du littoral : La loi relative à la protection et à la valorisation du littoral [7] a établi des principes fondamentaux pour la protection et la valorisation du littoral. 2-1-4.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. les aires protégées comprennent :       Les réserves naturelles intégrales Les parcs nationaux Les monuments naturels Les aires de gestion des habitats ou des espèces Les paysages terrestres ou marins protégés Les aires protégées de ressources naturelles gérées Cette loi interdit toute action susceptible de nuire à la biodiversité et plus généralement. Dans les documents d’aménagement. les activités agricoles forestières et pastorales. dispose que les zones soumises à des régimes. de la faune et des écosystèmes ou de façon générale de l’environnement. Cette gestion est assurée par le commissariat national du littoral qui parmi ses missions. culturel et touristique doivent être considérée comme aire classée et frappée de servitudes. Pour cela. des instruments de gestion du littoral sont proposés par la loi. Pour cela. L’objectif de cet instrument est la mise en oeuvre de la politique nationale de la protection et de la 107 . La loi recommande aussi la nécessité d’instituer un plan d’aménagement côtier qui comporte toutes les dispositions de protection. veille à l’établissement d’un inventaire complet de toutes les zones côtières. Le projet de cette loi dans son article 9 stipule que les schémas régionaux d’aménagement du territoire font ressortir toutes les zones de montagnes dans le but d’orienter les actions de développement en fonction des spécificités des zones 2-1-5. de la flore . paysager. 13 et 14 mai 2008 Les réserves naturelles et les parcs nationaux : La loi 03-2003. Parmi ses principes : l’inscription des actions de développement et de protection du littoral dans une dimension nationale de développement du territoire et d’aménagement. industrielles minières. publicitaires et commerciales ainsi que l’exécution des travaux [5]. Cette protection s’inscrit dans le cadre de durable et définit des prescriptions d’aménagement du territoire des zones de montagne. tous les sites de la zone du littoral et présentant un caractère écologique. sont considérés comme aires protégées [5]. d’altérer le caractère de l’aire protégée. culturel et touristique doivent être considérée comme aire classée et frappée de servitudes. particuliers de protections des sites . tous les sites de la zone du littoral et présentant un caractère écologique. paysager. Parmi ses principes : l’inscription des actions de développement et de protection du littoral dans une dimension nationale de développement du territoire et d’aménagement.

1 2 Ibid. civil.Protection du patrimoine culturel : La loi 98-04 du 15 janvier 1998 relative à la protection du patrimoine culturel a pour objectif de définir le patrimoine culturel de la nation. op. biens culturels mobiliers. d'art décoratif. y compris les sous-sols y afférents et qui ont une valeur historique. architectural et artistique ou traditionnel de nature à en justifier la protection. y compris les réserves archéologiques et les parcs 4 culturels . présentent un intérêt historique. 2-2. sa sauvegarde et sa mise en valeur et de fixer les conditions de leur mise en oeuvre Elle définit aussi les différents biens culturels qui sont composés2 de :    biens culturels immobiliers. art17. de sculpture. la réhabilitation et la mise en valeur. la restauration. abris sous-roche. Sont concernés. religieuse.Y. 1 Les biens culturels immobiliers comprennent :  Les monuments historiques se définissent comme toute création architecturale isolée ou  groupée qui témoigne d'une civilisation donnée. de peinture. militaire. cit.  les sites archéologiques sont définis comme des espaces bâtis ou non bâtis qui n'ont pas de fonction active et qui témoignent des actions de l'homme ou des actions conjuguées de l'homme et de la nature.  Les ensembles urbains ou ruraux : ils concernent les secteurs sauvegardés tels que les casbahs. biens culturels immatériels.cit. les structures de l'époque préhistorique. agricole ou industriel. de calligraphie arabe. Loi 98-04. d'une évolution significative et d'un événement historique. des sites archéologiques. les édifices ou ensembles monumentaux à caractère religieux. les monuments commémoratifs. archéologique. Il s'agit notamment. les structures ou les éléments isolés ayant un rapport avec les grands événement de l'histoire 3 nationale . veille à l’établissement d’un inventaire complet de toutes les zones côtières. ethnologique ou anthropologique. art28. ksours. Necissa mise en valeur du littoral et de la zone côtière en particuliers . villages et agglomérations traditionnelles caractérisées par leurs prédominances de zones d’habitat. Cit. 108 . artistique. d’édicter les règles générales de sa protection. Cette gestion est assurée par le commissariat national du littoral qui parmi ses missions. peintures et gravures rupestres. médinas. scientifique. et qui par leur unité architecturale et esthétique. grottes. Art 3 3 Loi 98-04. op. op. monuments funéraires. La loi recommande aussi la nécessité d’instituer un plan d’aménagement côtier qui comporte toutes les dispositions de protection. notamment les oeuvres monumentales architecturales. 4 Loi 98-04. cimetières.

bijoux. Cit. . faits entièrement à la main sur tout support en toutes matières. . de l’art ou de la culture et appelant une préservation. la céramique. 13 et 14 mai 2008 La loi 98 a aussi défini les composantes des biens culturels mobiliers « Les biens culturels mobiliers comprennent notamment : . livres. la 7 restauration.cit. Article 50. le bois.le matériel anthropologique et ethnologique. * estampes originales. y compris les enregistrements de textes. en toutes matières. de l’archéologie. présentant un intérêt historique. . armes et restes funéraires.les éléments résultant du morcellement des sites historiques. l'histoire de l'évolution sociale. . * assemblages et montages artistiques originaux. Loi 98-04. Loi 98-04. etc. 6 7 109 . la réhabilitation et la mise en valeur » . . sceaux. Art 10. inscriptions. op cit.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. les photographies. artistique ou traditionnel de nature à en justifier la protection.les objets d'antiquité tels qu'outils. économique et politique.inscription sur l’inventaire supplémentaire : elle concerne les biens culturels immobiliers possédant un intérêt du point de vue de l’histoire.la création des « secteurs sauvegardés ». des sciences. ksours. monnaies. habits traditionnels. op. en toutes matières.les biens d'intérêt artistiques tels que : * peintures et dessins.les documents d'archives. documents ou publications d'intérêt spécial. les enregistrements sonores et les 5 documents lisibles par machine » . op. ou ruraux tels que casbahs. poteries.les biens culturels liés à la religion. les films cinématographiques. Art 41. productions de l'art statuaire et de la sculpture. de l’anthropologie.( 200m) . 5 6 Loi n° 98-04 . . et qui par leur homogénéité et leur unité architecturale.. de l’ethnographie. Les mesures de protection prévues par la loi 98-04 se résument aux actions suivantes : . .le classement : c’est une mesure de protection définitive. qui concerne les immeubles bâtis ou non bâtis situés dans une zone de protection. . les cartes et autre matériel cartographique. l'histoire des sciences et techniques. villages et agglomérations traditionnelles caractérisées par leur prédominance de zones d’habitats. architectural. Cette procédure de classement prévoie un champ de visibilité fixé au minimum de deux cents mètres. objets d'art appliqué dans des matières telles que le verre.le produit des explorations et des recherches archéologiques. terrestres et subaquatiques. affiches et photographies en tant que moyen de création originale. Cette mesure de protection concerne « les ensembles immobiliers urbains. médinas.. le métal.les objets d'intérêt numismatique (médailles et monnaies) ou philatélique.les manuscrits et incunables. .

Y. Necissa
Ces différents secteurs sont dotés d’un plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur tenant lieu de plan d’occupation des sols. Le Décret exécutif n° 03-324 du 5 octobre 2003 a établi les modalités d’établissement du plan permanent de sauvegarde et de mise en valeur des secteurs sauvegardés (PPSMVSS). Les différents plans de sauvegarde et de mise en valeur doivent dispositions du plan directeur d’aménagement et d’urbanisme. être établis en respectant les

Ces plans fixent les règles générales et les servitudes d’utilisation des sols ainsi que les conditions architecturales selon lesquelles est assurée la conservation des immeubles et du cadre urbain. Les PPSMVSS édictent les mesures particulières de protection notamment celles relatives aux biens culturels. 2-3- Le patrimoine dans la politique d’aménagement du territoire En Algérie, la politique d’aménagement est menée au moyen d’un ensemble de schémas et de plans d’aménagement situés à différents niveaux d’échelles. A travers ce tableau, on situe les principaux textes législatifs et les échelles correspondantes : 2-3-1-Le patrimoine dans la loi 87-03 La loi 87 -03 définit l’aménagement du territoire comme cadre de référence pour la conservation, la préservation et l’utilisation de l’espace et crée la jonction entre les activités des différents secteurs nationaux. Cette loi définit les grands axes de développement régional, et sectoriels d’aménagement du territoire ainsi que les instruments d’aménagement. Dans la section 1 relative aux axes de développement régional, la loi 87 met en oeuvre des actions de développement selon les différentes régions par la mise en valeur des ressources locales, la préservation du patrimoine naturel et historique et la prise en compte des caractéristiques et les potentialités physiques et économiques des régions. L’article 24 de la section 2, relative aux axes sectoriels de l’aménagement du territoire stipule que l’aménagement du territoire prend en compte la protection de l’environnement, la sauvegarde des sites naturels, la protection et la restauration des sites historiques ainsi que la promotion des sites touristiques et des loisirs. La loi 87-03 détermine des instruments d’aménagement du territoire à différents niveaux national et régional. Le SNAT «schéma national d’aménagement du territoire» fixe «les grands programmes et actions par séquence temporelles correspondant aux termes de la planification nationale» 8. Il doit coordonner les perspectives des divers secteurs et agents économiques, en raison notamment des arbitrages que nécessitent : «La hiérarchisation des priorités dans l’allocation des ressources rares et non renouvelables» 9 «La fixation des orientations de développement et d’aménagement au niveau régional

10».

Le SNAT donne les orientations fondamentales pour tous les autres schémas et plans. Parmi ses préoccupations, la protection écologique nationale, la protection du patrimoine culturel ainsi que la valorisation et l’exploitation rationnelle des ressources naturelles. Le deuxième instrument d’aménagement se situe à une échelle régionale, il s’agit des schémas régionaux qui sont mis en œuvre par le SNAT, ils permettent de développer pour leurs régions respectives les vocations spatiales principales en fonction des contraintes naturelles ainsi que l’élaboration d’action de rééquilibrage interrégional.
8 9

Loi 87-03, relative à l’aménagement du territoire, Art 34. Loi 87-03, op.cit, Art 30. 10 Loi 87-03, op.cit, Art 32.

110

Conférence Internationale sur la Médina

Tlemcen, 13 et 14 mai 2008

Dans sa section 3, la loi prévoie une étude d’impact d’aménagement du territoire qui évalue les incidences pouvant être engendrées dans l’organisation économique et urbaine ainsi que dans le mode d’occupation de l’espace concerné. Ces incidences peuvent porter atteinte à la protection de la nature et à la conservation des sites et monuments. Le contenu de cette étude est déterminé par le décret n° 87-91 du 21 avril 1987 qui stipule que l’étude d’impact englobe et intègre les éléments relatifs à la préservation , à la protection et à la valorisation des ressources humaines et naturelles. En résumé, nous pouvons énoncer que la loi 87-03 n’a pas pu constituer un élément de référence aux actions de développement économiques et social. Ses instruments n’ont pas connu le début de mise en oeuvre, car malgré leur achèvement, ils n’ont pas été approuvés. 2-3-2-Loi d’aménagement et de développement durable du territoire 2001-01 La révision de la loi 87 relatif à l’aménagement du territoire a été nécessaire pour rendre ses prescriptions et ses orientations plus conformes aux nouvelles exigences et c’est ainsi qu’en 2001, une nouvelle loi d’aménagement et de développement durable a été promulguée en instaurant la politique nationale d’aménagement et de développement harmonieux de l’ensemble du territoire selon les spécificités et les atouts de chaque espace régional. Parmi ses finalités11, la protection et la valorisation des espaces et des espaces écologiquement et économiquement sensibles ainsi que la protection, la mise en valeur et l’utilisation rationnelle des ressources patrimoniales, naturelles et culturelles et leur préservation pour les générations futures. La loi d’aménagement et de développement durable du territoire définit différents instruments d’aménagement et de développement durable du territoire :      Le schéma national d’aménagement du territoire. Les schémas directeurs d’aménagement. Les schémas régionaux d’aménagement du territoire. Les plans d’aménagement de wilaya. Les schémas directeurs d’aménagement d’aires métropolitaines.

A travers l’article 14, la loi intègre parmi les objectifs du SNAT, la valorisation et l’exploitation rationnelle des ressources naturelles, la restauration et la valorisation du patrimoine historique et culturel ainsi que la protection et le développement écologique national. Le schéma national (SNAT) prend en compte les caractéristiques et les particularités physiques et économiques des régions sud, prescrit pour les zones de montagnes le développement de l’agriculture, à la reforestation, à la protection de la diversité biologique, l’amélioration des réseaux de communication ainsi qu’à la protection, la sauvegarde et la valorisation des biens culturels, historiques et archéologiques12 . Les schémas directeurs sont des instruments privilégiés du développement harmonieux du territoire national et de ses régions, ils sont prévus par l’article 22 de la loi, parmi ces schémas, on note :  Le schéma directeur de développement agricole : il fixe les orientations permettant le développement durable de ces espaces en prenant en compte leurs fonctions économiques, environnementales et sociales, décrit les mesures pour assurer la préservation des ressources naturelles et de la diversité biologique, et détermine les réseaux écologiques ainsi que les continuités et les extensions des espaces protégés

11

Loi 2001-01, relative à l’aménagement et le développement durable du territoire, Article 4. Loi 2001-01, op.cit, Article 14.

12

111

Y. Necissa
 Le schéma directeur d’aménagement touristique : il prescrit les modalités de conservation, d’extension, de protection et d’utilisation des espaces agricoles, ruraux et pastoraux, il constitue le cadre privilégie du programme de développement du secteur agricole. Le schéma directeur des zones archéologiques et historiques : il définit les modalités de développement des activités et des infrastructures touristiques compte tenu des spécificités et 13 potentialités des régions ainsi que les besoins économiques et culturels .

Le schéma régional d’aménagement du territoire fixe les orientations fondamentales du développement durable des régions, il vise la préservation et la valorisation des patrimoines culturels, historique et archéologique pour la création d’activités touristiques. Un autre schéma est prévu par cette loi, c’est le schéma directeur d’aménagement de l’aire métropolitaine qui se fait conformément aux dispositions du schéma national et aux prescriptions du schéma régional d’aménagement du territoire concerné. Il établit des orientations générales de protection du patrimoine naturel, culturel, historique et 14 archéologique ainsi que la délimitation des zones agricoles, forestières, pastorales et steppique . A l’échelle de la wilaya, sont prévus des plans d’aménagement du territoire de la wilaya qui précisent les aires intercommunales d’aménagement et de développement ainsi que des seuils d’urbanisation des agglomérations urbaines et rurales. En résumé, La loi 2001-01 relative à l’aménagement et le développement durable du territoire ne présente pas de texte d’application qui précisent la relation entre les différents instruments et la manière d’intégrer le patrimoine dans la politique d’aménagement et de développement. Les actions de préservation du patrimoine ne sont pas déterminées d’aménagement de wilaya. au niveau du plan

3- LE PATRIMOINE DANS LES TEXTES D’AMENAGEMENT ET D’URBANISME : La loi 90-29 relative à l’aménagement et l’urbanisme a pour objet d’édicter les règles générales qui visent l’organisation de la production du sol urbanisable, la formation et la transformation du bâti dans le cadre d’une gestion économe des sols, assure l’équilibre entre les différentes fonctions ainsi que la 15 préservation des milieux naturels, des paysages, et du patrimoine culturel et historique . Cette loi se base sur le respect des principes et objectifs de la politique nationale d’aménagement du territoire. La loi 90-29
16

dans son chapitre III, section 1 met en place des instruments d’aménagement et
17

d’urbanisme et des plans d’occupation des sols , ces différents instruments fixent les orientations fondamentales d’aménagement des territoires intéressées et déterminent les prévisions et les règles d’urbanisme, ils définissent plus particulièrement les conditions permettant d’une part de rationaliser l’utilisation de l’espace , de préserver les activités agricoles, de protéger les périmètres sensibles , les sites, les paysages , d’autre part de prévoir les terrains réservés aux activités économiques et d’intérêt 18 général » . A travers l’article 12, la loi stipule que le plan directeur d’aménagement et d’urbanisme et le plan d’occupation des sols peuvent concerner une association de communes présentant une communauté d’intérêt économique et sociaux, ou pour l’occupation des sols une partie de commune. Cet article précise aussi que lorsque les territoires de communes relevant de wilayas différentes, les périmètres d’interventions du plan directeur du plan d’aménagement et d’urbanisme et du plan d’occupation du sol sont arrêtés conjointement par le ministre chargé de l’urbanisme et le ministre chargé des collectivités territoriales. Pour les territoires à caractère culturel et naturel, l’article 17 de la
13 14

Loi 2001-01, op.cit, Article 38. Loi 2001-01. Article 52 de la 15 er Loi 90-29 du 1 décembre 1990 relative à l’aménagement et l’urbanisme, Article 1. 16 Loi 90-29, op.cit. 17 Loi 90-29, op.cit, Article 10. 18 Loi 90-29, op.cit, Article 11.

112

culture. Périgueux. 1988. Ces mesures se sont généralement particularisées par leurs irrégularités et l’absence d’évaluation des résultats et des effets des actions réalisées. AUDRERIE (Dominique) « La notion et la protection du patrimoine ». Le patrimoine est peu considéré dans les différentes lois. Dans les terrains agricoles. BABELON (Jean-Pierre) et CHASTEL (André). et industriel soit introduite dés les premières phases du processus de décision en matière d’aménagement du territoire importante dans les stratégies de développement et d’aménagement des wilaya. 2002. 1997. 4. arrête des dispositions particulières applicables à ces zones. maritime. les droits à construire sont limités et doivent figurer dans les plans d’occupation du sol. La nécessité d’établir une démarche globale de gestion du patrimoine qui offre une prise de recul par rapport à la mise en œuvre de mesures ponctuelles. Article 46.) « Tourisme. ni suivi inter et intra sectoriel. Actes du colloque organisé en octobre 2002 à Périgueux. Paris. la loi stipule que l’extension de l’urbanisation doit préserver et mettre en valeur les sites et paysages caractéristiques du patrimoine national naturel. Revue de l’art. 19  Loi 90-29. 13 et 14 mai 2008 loi prévoie leur délimitation au niveau du plan d’aménagement sans les intégrer dans une politique d’aménagement global alors qu’ils doivent être considérés comme support d’activités économique très important. nous orientons des projets de valorisation de ce patrimoine. on peut même dire qu’il n’existe pas de paramètre d’évaluation et de délimitation au niveau des plans d’aménagement. En résumé. 3. Il est donc nécessaire de considérer la réflexion sur le devenir du patrimoine comme étape incontournable dans l’élaboration des projets d’aménagement et de développement. forestier. culturel et historique. Le patrimoine aujourd’hui. mais sans aucune coordination réelle ni planification.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. financiers et matériels. À cet effet certaines orientations doivent être suivies :  les prescriptions et les directives de protection et de mise en valeur du patrimoine doivent être institués pour gérer le patrimoine et imposés aux documents d’urbanisme et aux décisions d’aménagement c'est-à-dire que les documents d’urbanisme doivent contenir un volet spécial qui précise l’insertion des différents projets dans l’environnement. culturelles dans les différents instruments sectoriels en parallèle avec les données économiques elle permet aussi la jonction entre instrument d’aménagement du territoire et ceux de l’urbanisme).  La politique nationale du patrimoine culturel doit introduire la notion de la conservation intégrée afin que la gestion du patrimoine architectural. cette approche s’appuie sur la protection du patrimoine naturel et culturel dans une optique de développement. A travers l’article 45. la loi 90-29 dans son chapitre IV. les terrains à caractère naturel et culturel et pour les terres agricoles. AUDRERIE (Dominique) (dir. Pilote 24. BIBLIOGRAPHIE 1. se distinguent par la grande diversité des programmes sectoriels et l’importance des effets de mobilisation des moyens. 113 . On remarque aussi l’absence d’une politique d’aménagement du territoire car les différentes prescriptions ne peuvent être établies qu’à l’échelle de la wilaya (PAW) ou l’aire métropolitaine alors qu’elles n’ont pas actuellement une valeur réglementaire. Même les différentes mesures d’interventions prévues par la loi . Paris. « La notion de patrimoine ».cit. Pour le littoral. Par une approche tirée des résultats des premières parties. (cette démarche intègre les données sur les ressources naturelles. 2. op. BABEAU (André). patrimoine. PUF. Nathan. agricole. leurs délimitations et leur classement sont prévus conformément aux dispositions législatives qui leur sont 19 applicables .

Paris. de l’urbanisme et de l’architecture ». Des monuments historiques au patrimoine. Anthropos. Diff. BERCE (Françoise). Paris. Seuil. 5. Architecture et patrimoine : choix et chroniques du journal « Le Monde » (textes réunis et annotés par Dominique Hervier et Christiane Lorgues-Lapouge. The return of cultural treasures. histoire. 16. du XVIIIe siècle à nos jours. « Nouveaux usages de la campagne et patrimoine »Paris : mission du patrimoine ethnologique. Science et conscience du patrimoine. 1996. CHASTEL (André). Paris 1988. 1989. Grenoble. dans Patrimoine et société contemporaine. 9. Galilée. 1997. La Nation.). Actes des Colloques de la Direction du Patrimoine. Économie touristique et patrimoine culturel. 1980.Jacques Toubon. 17. 18. « Patrimoine et mémoire ». 21. Regards sur le patrimoine : art. 8. la demande et l’offre de monuments. Paris. UNESCO. 22. Paris. 1986. Cambridge. Presses Universitaires de Grenoble. 1985. Actes des Entretiens du Patrimoine. Ministère de la culture et de la francophonie.Y. 7. Paris. Mémoire de l’IEP. Octobre 1987. ou « Les égarements du cœur et de l’esprit ». Le patrimoine et la cité. NORA (Pierre). La politique du patrimoine. EBRARD (Guy). Le patrimoine : histoire. 14. 19. 1997. tome II.). 10. GREFFE (Xavier). Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. 2003. GREENFIELD (Jeanette). Ed. BAROU (Jacques).. n°49. 15.1816. BUTTIN (René). 2003. Cité des Sciences et de l’Industrie de Paris-La Villette. pp. Revue Administrative. 1997. Paris. Necissa 1980. patrimoines en question. 12. ODDOS (Jean-Paul) (dir. COLARDELLE (Michel) et MONFERRAND (Alain). A. 114 .) et POULOT (Dominique) (dir. Paris.405-450. Les lieux de mémoire. 1999. Grenoble. La valeur économique du patrimoine. L’allégorie du patrimoine. JEGOUZO (Yves). Fayard-Ed. 2000. 2nd ed. L’esprit des lieux. CHOAY (Françoise). Ministre de la culture et de la francophonie. « La protection du patrimoine culturel à travers les procédures de gestion des sols. Flammarion. CHASTEL (André). Paris. du Cercle de la librairie.5-32. 1995. Rapport présenté à M. La Documentation Française. Conseil National du Tourisme. Paris. La gestion du patrimoine culturel. Genèse de la notion de patrimoine culturel : 1750. 23.1998. du Sorbier : Éd. 20. Colin. 24.). Paris. Bibliothèque Illustrée des Histoires. Anthropos. 13. 1990. 1995. L’Harmattan. 1992. Éd. pratiques et perspectives.Languedoc. GREFFE (Xavier). technique. « La notion de patrimoine » in Pierre Nora (dir. 11. GUILLAUME (Marc). 1997.du patrimoine. GRANGE (Daniel J. Une politique pour le patrimoine culturel rural. HERITIER (Annie). NORA (Pierre) (dir. Éd. 1997. 6. 1994. DESMOULIN (Christine). 1994. CHIVA (Isaac). La sauvegarde d’un « patrimoine de l’humanité » : une politique culturelle hors du commun. Paris. Paris. Paris.). Cambridge university press. pp.

1986. Ed. les Belles lettres.). 29. 1998. 1998. Avignon.unesco. 26. Badia Fiesolana. Patrimoine et modernité. New York. De l’héritage monumental à l’entreprise de patrimoine. Université Aix Marseille 3. 1986. 36. ROULT (Huguette) et HUMBERT (Jean-Marcel) (dir. 31. Seuil. 1993. Paris. 115 . European University Institute. 27. 13 et 14 mai 2008 25. Actes Sud. Paris. Avignon. 28. 35. A la recherche de la mémoire. Paris. 2000. Paris. les pratiques. Conventions et recommandations de l’UNESCO relatives à la protection du patrimoine culturel. Mémoire. Paris. Ed. L’Harmattan. de l’ICOM. 2004. RMG Patrimoine. MSH. des Nations Unies. du Conseil de l’Europe. 1991. 1984. Paris. Hazan. Actes du deuxième colloque (Avignon. L’UNESCO et la sauvegarde du patrimoine culturel et naturel mondial.Saur. POULOT (Dominique). Les aventures extraordinaires des oeuvres d’art. K. le patrimoine culturel. Protection du patrimoine des populations autochtones. Ed. RECHT (Roland). POULOT (Dominique). Penser le patrimoine : mise en scène et mise en ordre de l’art. Actes des Entretiens du patrimoine. IEP. Conventions et législations sur le patrimoine Convention pour la protection du patrimoine mondial. RIEGL (Aloïs). du 13 au 15 novembre 1985) : La protection contre les déprédations et dégradations du fait de l’homme.org/fr/world_fr. Paris. (éd). La protection du patrimoine culturel : manuel des législations nationales. Rencontres internationales pour la protection du patrimoine culturel. Munich-Paris. 1987. Strasbourg.htm> (1972) BURNHAM (Bonnie). Le culte moderne. Ed. 32. 1983. 1999. Science et conscience du patrimoine. Maison des cultures du monde et Arles. POWELL (Nicholas). Paris. Le patrimoine culturel immatériel : les enjeux. Recueil de textes fondamentaux du Conseil de l’Europe dans le domaine du patrimoine culturel. Actes du premier colloque (Avignon. Rencontres internationales pour la protection du patrimoine culturel. Cahier n°16. 34. POSTEL (Thibault).G. 1974. Paris. culturel et naturel de l’Organisation des Nations Unies <http://whc. Actes du colloque organisé par la Fondation du Forum d’Assilah et la Maison des cultures du monde.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. de l’UNESCO. 1997. 33. RMG. Ed. SCHNAPP (Alain). 30. du 5 au 7 novembre 1986) : Les Risques naturels. Fayard. Son essence et sa genèse. 1992. les problématiques.

Hélas. le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument. stratégie. Car un ouvrage ne traverse le temps que si au-delà de sa fonction utile d’habitation. tout en laissant à chaque nation le soin d'en assurer l'application dans le cadre de sa propre culture et de ses traditions (charte Venise. sauvegarde. » (Raymond. l’observation à elle seule ne suffit pas pour expliquer les phénomènes de dégradations et les tentatives de restauration désastreuses.. de l’habitat.. . S.. Ces éléments sont autant des facteurs qui font de la sauvegarde du patrimoine historique un défi complexe. MEDARAG NAROU1. les oeuvres monumentales demeurent le témoignage vivant des traditions séculaires des peuples anciens. et le pillage des pièces archéologiques..La situation alarmante du patrimoine archéologique de Tébessa Entre marginalité et sauvegarde H. MONSOURI3 1 Maitre assistante. Université de Tébessa 2 Maître de conférences. INTRODUCTION Chargées d'un message spirituel du passé. leur dégradation. en 1832. Les villes algériennes historiques sont exposées à une forte pression liée aux besoins multiples découlant de la mobilité. Cependant. On note essentiellement L’insalubrité des sites historiques. une magie faite d’art et de technique a dépassé sa destination initiale. les partisans de l’architecture moderne et les défenseurs des monuments historiques. située à l’Est des hauts plateaux et au Nord est de la zone saharienne. C’est le cas emblématique de la région de Tébessa. conservation. 3Chargé de cours. La ville des cent temples ou Hecatompyle est connue par sa richesse en sites historiques.. 1964) APPROCHE METHODOLOGIQUE L’objectif de notre travail est de dévoiler l’état déplorable des vestiges antiques afin de tirer la sonnette d’alarme devant l’urgence de réanimer les prestigieux monuments historiques de la ville de Tébessa. C’est pourquoi nous avons fait recours aux entretiens auprès des autorités locales et à la documentation qui nous a été d’une aide précieuse. les pouvoirs publics. notamment la population. l'humanité se reconnaît solidairement responsable de leur sauvegarde. Mais quel regard portons-nous actuellement sur notre patrimoine qui a souvent subi autant des assauts des hommes que du temps ? Déjà. une tâche dont le succès nécessite la participation de tous les acteurs. A. l’observation définie « comme un regard porté sur la situation. de culte. FARHI2. Université de Biskra RÉSUMÉ Aujourd’hui. patrimoine archéologique. les mutilations sans nombre que. Dès lors la conservation et la restauration des monuments sont devenues essentielles et les principes qui doivent les présider sont dégagés en commun et formulés sur un plan international. ce patrimoine a souffert des atteintes du temps et des hommes. Les destructions des hommes sont plus violentes et plus complètes que celles des âges ». 1973) est l’outil essentiel de notre travail. de la société de services et d’autres évolutions. de l'économie. Pour ce faire. MOTS CLES marginalisation : ville historique. Victor Hugo s'insurge à propos de Notre Dame de Paris : « Il est difficile de ne pas s'indigner devant les dégradations. Cette situation problématique est le résultat d’une mauvaise stratégie de sauvegarde et de mise en valeur.. Vis-à-vis des générations futures. simultanément. Elle se doit de les leur transmettre dans toute la richesse de leur authenticité. de défense. culturels et religieux.

était une importante ville romaine. Cet édifice. 1912) Tébessa.). 1938 Photo n°03 : la porte de Caracalla coté Ouest en 1906. préfet de la 14è légion de Pannonie et originaire de Théveste. le site de Caracalla. Nous y trouvons les escargotières. les édifices romains et byzantins. 1912) Photo n° 01 : la muraille byzantine en 1909 Source : Castel. Source : MENIER. les grottes avec gravures rupestres. la basilique romaine. 1952 Ces remparts sont flanqués de quatorze tours carrées et s'ouvrent sur l'extérieur par quatre portes. L'une de ces quatre portes est un arc de triomphe (porte de Caracalla) datant de 214 après J. Il fut élevé en vertu d'une disposition testamentaire de Cornelius Egrilianus.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Les plus célèbres sont le temple de Minerve. les romains. les byzantins. Elle recèle d’importants monuments et vestiges romains s’étalant jusqu’à la civilisation musulmane. 13 et 14 mai 2008 LA VILLE DE TEBESSA : L’ANCRAGE D’UN PASSE GLORIEUX A cheval sur les hauts plateaux et l'atlas saharien. n° 01. à savoir. les berbères. qui servait à l'entrée Nord de la ville. les arabes et les français. 1938 117 . (Castel. 1952) La muraille dite de l fut construire au 6ème siècle par le général byzantin Solomon pour des nécessités sécuritaires et politiques (photo n°01 et fig. (Castel. l'antique Théveste. la région de Tébessa est riche en vestiges émouvants des civilisations qui se sont succédé dans ces contrées semi-arides. les mosquées et les bains turques ainsi que les stations préhistoriques de Hammamet et Bekkaria. n°01 : une carte militaire de l’enceinte byzantine en 1848. Photo n°02 : l’arc de triomphe coté Sud en 1906 Source : MENIER. en passant par les Byzantins et les Vandales. la muraille byzantine et le théâtre romain. 1912 Fig. Source : DE VILLE FOSSE.-C. est disposé en carré à la jonction de deux voies (photo n°02 et 03). (DE VILLE FOSSE. les tombeaux puniques.

1932 Photo n°06 : l’amphithéâtre romain en 1889 Source : CAGNAT. Non loin du marché central de la ville.Nonobstant ses valeurs socioéconomique et historique inestimables. consacré à une sainte locale. 1932). (1909) La ville de Tébessa s’est développée initialement à partir de ces établissements romains et byzantins à l’intérieur de l’enceinte byzantine à l’époque musulmane et française. 1909). n°02) (SOLTANI.). économique et urbain. catacombes et jardins (TRUILLOT. est l'un des plus grands d'Afrique (photo n°05. est entouré de chapelles. Nous y trouvons à l'intérieur divers outils préhistoriques (photo n°04). et datant de la fin du 4ème siècle. Il contient des allées. et en plus il est mutilé par des restaurations inadaptées. Les murs intérieurs de ce temple sont ornés de belles mosaïques. 118 . 1912 L'ensemble basilical situé à l'extérieur des enceintes de la vieille ville au Nord de l'arc de Caracalla. elle s’est étendue à l’extérieur de la muraille (Fig. se trouvent les ruines d'un amphithéâtre datant du 4ème siècle (photo n°06. Photo n°04 : Le temple de Minerve en 1909 Source : Castel. Cet édifice basilical. baptistères. Ensuite la ville après l’indépendance et avec l’ampleur des développements démographique. Medarag Narou Le temple dédié à Minerve datant du début du 3ème siècle. des chemins souterrains et beaucoup d'édifices romains.H. de gigantesques escaliers. 1994). Photo n°05 : la basilique romaine en 1928 Source : TRUILLOT. sainte Crispine.) (CAGNAT. des écuries. ce patrimoine matériel est victime de dégradation par les assauts du vieillissement et la pollution.

on a opté pour la dernière variante. réalisée par les architectes. 1. a conçu trois variantes de confection des colonnes ou trois prototypes : des colonnes en résine (mortier spécial. Plus tard. celle de préparation qui concerne la consolidation et l’échafaudage. pendent la colonisation française.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. La "bétonisation" de l'arc de Caracalla une restauration infidèle à l’architecture d’origine Classé patrimoine nationale le 19/10/1982. Il a subi des transformations lorsqu’il fut intégré à l’enceinte. C. devant la dégradation accélérée des trois colonnes. Car les byzantins avaient ses arcades latérales avec des pierres placées pêle-mêle sans ciment. Les travaux ont commencé le 18 décembre 2002 et devraient être achevés le 12 octobre 2005 (DLEP wilaya de Tébessa). Ainsi clos. soit en pierre taillée en plusieurs éléments. 1994 LE PATRIMOINE ARCHEOLOGIQUE DEPERIT Aujourd’hui voir Tébessa c’est découvrir l’autre dimension d’une ville qui se débat à l’intérieur d’un environnement hostile où le poids démographique a eu raison sur la ville qui suffoque. 1938) Conscient de son inestimable valeur et de l’importance de sa revalorisation. Hélas. n°02 : l’évolution de l’urbanisation de la ville de Tébessa depuis 1842. Le projet comprend aussi la restauration des autres colonnes existantes avec de la résine et certains matériaux spécifiques à la restauration.. comme ils avaient fermé l’arcade du fond ne laissant qu’une petite porte pour le passage des habitants. C’est un arc de triomphe romain intégré à la citadelle byzantine et sert de porte au coté du nord des remparts. L’étude. en honneur à cet empereur Caracalla. (MENIER. Source : SOLTANI. En plus. ciment plus sable. cette porte de Caracalla est un édifice grandiose. Les travaux se feront en deux phases. semble s’en préoccuper sérieusement d’où une enveloppe financière a été débloquée pour son entretien et sa rénovation en 2001. le ministère de la Culture. fils de Septime Sévère d’origine africaine. soit en béton armé. Les travaux de restauration concernent la restitution des trois colonnes et des chapiteaux.). un des rares exemples d’arcs à quatre faces semblables. ce monument est bien conservé. Deux illustrations parfaites de l’arc de triomphe et la muraille byzantine. Pour les pierres de la toiture qui menace de s’écrouler. 13 et 14 mai 2008 Fig. bâti entre 211 et 214 après J. etc. l’arc devenait une porte facile à protéger. Pour la restitution des parties disparues. le génie militaire dégagea les arcades latérale et celle du nord muré. depuis quelques années. cette ville est souffre d’un dépérissement de son patrimoine archéologique. car on a trouvé que c’est le seul matériau qui puisse répondre à la stabilité structurelle du monument. comme l’arc de JANUS à Rome. Il est. et une autre de la restauration proprement dite. Excepté l’absence de trois colonnes. 119 . une consolidation horizontale avec des tirants (poutres) en acier est nécessaire.

corniches corinthiennes. Cette porte est sous échafaudage depuis cinq années et les travaux sont à l’arrêt depuis 2003. jugeant la chose inesthétique et inappropriée. On parle de procédés rudimentaires. jusqu’à ce que les poteaux de fer devant être remplis en béton armé. deviennent visibles. on a utilisé un mélange de matériaux confectionné à cet effet pour faire une pierre artificielle ayant la même couleur que le tuf. … Aujourd’hui. il a fallu procéder au nettoyage de l’édifice et à la réfection des jointures. on utilise. L’association Minerve. pour la protection des ruines et la sauvegarde de l’environnement. selon ses propos. Medarag Narou moulures. la silicone (colle spéciale) pour reproduire les mêmes parties. Au préalable. 2008 120 . alerte les autorités par rapport interposé. crépissage sur un fond noble. chapiteaux. étrangers à la roche d’origine (mortier à base de ciment blanc teinté). Tout allait bien. et par endroits foncée. Sachant que la pierre existante étant en tuf. (Photos n° :07) Photos n°07 : La "bétonisation" de l'arc de Caracalla Source : Auteur.H. de matériaux non appropriés. Quant à la couleur de la résine utilisée entre les pierres de taille est claire par rapport à celle originale de l’ensemble de l’édifice. pour en faire des colonnes.

Les détritus sont régulièrement déposés et incinérés contre les remparts byzantins (photo n° 08). Source : SOLTANI. n° 03 : Les portes et les tours de la muraille byzantine. Ces données traduisent une sur densité incroyable au sein de la vieille ville. 13 et 14 mai 2008 2. 1994 Constituant actuellement la vieille ville de Tébessa. La restauration de la muraille byzantine Jusqu’à la colonisation française et depuis sa construction au VIe siècle. En effet la veille ville a enregistré en 2007. de 3. Cette couche inesthétique est source d’érosion et de dégradation accélérée des pierres de l’enceinte. n°03) Porte chela Mur byzantin Porte constantine Tours byzantines Porte Solomon Porte Caracalla Fig. Presque toute la façade intérieure de la muraille est recouverte d’une couche noire qui est le résultat des dépôts des substances polluantes. Solomon à l’Est et « Beb Chela » au Sud.60 m de hauteur. la muraille byzantine. quatrième porte. cette fameuse muraille byzantine est actuellement transformée en vespasiennes (photo n° 09) et en dépotoir sauvage.60 m de largeur et de 5. (Fig. comptait trois portes : Caracalla au Nord. La porte de Cirta ou Constantine cette porte. a été construite par le génie militaire à la fin de 1950 et détruite en 1957 par le colonel Guidon.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. 30 habitations par hectare et 90 habitants/ hec sur une superficie de 60Hectare. Elle est victime des attaques du vieillissement et des pollutions. Le résultat est une pollution atmosphérique suffocante et dépassant les taux acceptables. 121 . Les choses deviennent plus graves si on rajoute les flux importants et continus des hommes et des biens à l’intérieur de l’enceinte.

des technologies innovantes et fiables sont 122 . le respect du flux mécanique et piétonnier. 2008 L’APPROCHE SCIENTIFIQUE DE LA RETAURATION DES MONUMENTS PRESTIGIEUX Nous dénonçons les restaurations hasardeuses. 1 . trop longtemps synonyme de destruction du monument. les recommandations de la charte de Venise sont claires en matière de conservation et de restauration du patrimoine matériel. Il s’agit de la construction d’un passage de 8 m de largeur contigu à la porte de Cirta. Et elle a pour but de conserver et de révéler les valeurs esthétiques et historiques du monument et se fond sur le respect de la substance ancienne et des documents authentiques. le ministère de la culture a arrêté les travaux. 2008 Photo n°09 : La muraille byzantine transformée en vespasiennes. Dans le champ de la prévention. (Photo n° 10) Photo n° 10 : L’arrêt des travaux de restauration sur la porte de Cirta Source : Auteur. 2008 Dans le cadre du programme de protection et de sauvegarde du patrimoine archéologique de la ville de Tébessa. Tous les responsables du Patrimoine considèrent ces recherches comme une nécessité afin d’éviter la dérestauration. Source : Auteur. Source : Auteur. l'UNESCO soutient une approche scientifique et technologique portant sur quatre grands domaines. Depuis quelques années. des travaux de reconstruction de la muraille étaient prévus pour mars 2005. En effet.Les recherches sur les matériaux et techniques de restauration Nous sommes là au cœur de nos préoccupations. Au niveau de la préservation. il s'agit d'évaluer les dommages subis par les monuments. La restauration doit toujours être précédée et accompagnée d'une étude archéologique et historique du monument. voire franchement inopportunes de la porte de Caracalla. généralement suivie d'une nouvelle re-restauration. Medarag Narou Photo n°08 : Un dépotoir sauvage prés de la porte de Chela. Elles mettent l’accent sur le fait que la restauration des monuments historiques constitue une discipline qui fait appel à toutes les sciences et à toutes les techniques qui peuvent contribuer à l'étude et à la sauvegarde du patrimoine monumental. afin de prendre en charge le côté pratique de l’accès à la vieille ville de Tébessa.H. Vu l’état désastreux de la restauration de la porte de Caracalla.

Des technologies innovantes offrent aujourd'hui. Des études approfondies de conservation. 2. 1997) Pierres. tous ces matériaux qui concourent à la force et à la beauté de notre patrimoine doivent faire l'objet périodiquement d'entretien et de restauration. La sauvegarde de cet autre visage de l'environnement n'est pas seulement gage de qualité de vie. résistance aux conditions météorologiques.De la restauration à la conservation préventive Bien entendu. Cette « restauration préventive » consiste à des opérations simples que les restaurateurs désignent familièrement sous l'appellation de « bichonnage ».). il s'agit avant tout de comprendre les causes des dégâts. le nettoyage par faisceau laser pour enlever la couche noire sans attaquer la matière et enfin. et le vandalisme jusqu’aux restaurations entreprises sans respecter les recommandations de Venise et sans l'apport d'experts en la matière ou l'assistance technique d'une instance culturelle internationale comme l'UNESCO C'est à ce titre. Le patrimoine archéologique de la ville de Tébessa est en détresse. bétons. Une fois de plus. 13 et 14 mai 2008 développées pour assurer les nombreux aspects de leur protection (structure. notamment dans le domaine des techniques de conservation et de la planification. métaux. le type de nuisance. l'avantage ultime de cette conservation préventive est d'éviter le recours à des opérations de restauration lourdes. matériaux. une fois de plus. de présentation et de gestion du patrimoine archéologique. indispensable. la pierre angulaire de toute stratégie de préservation. Les sources de dégradations vont de l'impact des dégâts insidieux de la pollution. Les méthodes de restauration des monuments ont trop souvent causé plus de dommages que de bénéfices par manque d'options fondées sur les recherches scientifiques. Elle participe au dynamisme de la diversité culturelle Algérienne. puisqu'elle agit en amont du vieillissement de l'œuvre et non pas dans l'immédiat d'éventuelles dégradations. le matériau.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. de protection et de restauration. etc. Il faut également former des architectes spécialisés en architecture urbaine du patrimoine des monuments historiques. Il est nécessaire de favoriser les liens entre le monde de la restauration et celui de la recherche universitaire pour ne pas commettre l'irréparable. celles-ci doivent être cherchées au-delà des raisons les plus "évidentes. le lessivage par la brumisation qui également dissout le noir de la façade. Ces actions d’assainissement des monuments permettent de lutter contre leur dégradation par l’action nocive de la pollution. verres. La protection des témoignages culturels ne relève pas seulement du souci esthétique et historique. Le maintien du patrimoine sous-tend une importante activité de recherche scientifique qui requiert des savoir-faire extrêmement pointus. (DINKEL. Quels que soient l'environnement. 123 . analyses climatologiques des espaces intérieurs. aux responsables du patrimoine. Elle est. qu’il faut faire appel à plusieurs compétences pas exclusivement nationales. l’antique Theveste hiberne sous le poids d’un environnement incompatible quant à la revalorisation de cette culture universelle. ainsi qu'un moyen efficace de protéger l'intégrité des biens et de réduire au minimum la nécessité d'intervenir sur des objets individuels. aux fins de réparer les agressions des derniers travaux de la porte de caracalla. Par exemple le nettoyage de la pierre sur les monuments historiques pour lever les effets des pollutions atmosphériques se fait grâce à trois procédés : le gommage par sablage. CONCLUSION Au terme de ce travail. Souvent. Ces causes ont rarement une origine unique et l'approche interdisciplinaire et internationale s'avère. de nouvelles armes de prévention. par conséquent. La protection du patrimoine archéologique Algérien répond à une exigence sociétale majeure.

(1997) Encyclopédie du patrimoine: Monuments historiques. patrimoine bâti et naturel. 124 . (1952). Edition Braham. Medarag Narou BIBLIOGRAPHIE 123CAGNAT R. Timgad. pp. Venise. p. « Autour de la basilique de Tébessa ». Edition H. 6-9 p 192. Edition Hachette paris. IIe Congrès international des architectes et des techniciens des monuments historiques... 163 p CASTEL P. paris pp. « Tébessa et ses monuments. DE ROCH S. « Tébessa. tome II.(1973) « Les méthodes en sociologie».SOLTANI A. Paris.TRUILLOT A. (1952). (1909). 1964. réglementation : doctrines techniques pratiques.. (1938) « L'arc de triomphe de Caracalla à Tébessa». « la Conservation et la Restauration des Monuments et des Sites». antique Theveste ». Edition l’Imprimerie officielle.176 MENIER A.. .. Alger. (1832) « Guerre aux démolisseurs ». « Carthage. Edition Hachette paris. Edition Henri Paulin. (1994) « Tébessa». pp. protection. p1512. HUGO V.11-12 p 78 DINKEL R. Edition imprimerie officiel. Tébessa et les villes antiques de l'Afrique du nord ».. (1932). Charte Internationale.. restauration.p283 456- 789- 10. Laurens. Algérie». Tébessa p 264 11. Edition PUF. in la revue africaine n° 28 p 84 Raymond H. histoire et description d'un territoire algérien ».H..19-23 p32. DE VILLE FOSSE H. p 210. Edition Encyclop Patrimoine. (1912) « Tébessa..

j’ai voulu vous présenter. l’historique et l’attraction des touristes dans la ville et d’autre part. qui relie le pont EL KANTARA avec le pont SIDI M’SID (côté nord–est de la vieille ville de constantine). Constantine. . Université Mentouri. mon père et sa petite famille ont vécus à cet endroit majestueux en gardant toujours des bons souvenirs d’enfance. commence côté sud-ouest de la vieille ville prés du pont sidi rached. LE ROCHER) qui se trouve du côté de la rue thiers. et remonte jusqu'à l’ancienne bordure dite « le mur » (ex. La « SOUIKA ».Réhabilitation de la vieille ville de Constantine (Souika) W. comme objet d’étude. rené viviani). c’est que jadis. LA Souika. diminutif de souk (donc petit marché). l’artère ou la rue nationale de la vieille ville de constantine « LA SOUIKA » qui reflète d’une part. où se trouve l’avenue ZABAANE (ex. BOUGUERNE Faculté des sciences de la terre. ce quartier est inaccessible aux voitures et reste un lieu très vivant où l’on trouve de nombreux petits commerces. la chose qui a inspiré cette étude. Figure 2 : A l'exemple de la plus ancienne minoterie de la ville. département de la géographie et de l’aménagement du territoire. Figure1 : le commerce reste très présent dans la souika. INTRODUCTION : Beaucoup ont raconté constantine et beaucoup ont écrit sur son patrimoine bâti ayant marqué plus de 2500 ans de l’histoire de l’humanité. rue MELLAH SLIMANE (ex rue perrégaaux).

Bouguerne Figure 3 : L’intérieur des maisons de Souika I. la rue SIDI NEMDIL relie la PLACE BATHA. 1. 1. ZANKET AMAMRA. rue Dybouski) c’est un impasse qui aboutie a la rue Tanneur dite DAR-DBEGH. BAB-DJABIA et RAHBET. 6. SIDI BZAR (rue Ali Khoudja). ZANKET TA BALLA (ex rue Corneilles).Les quartiers de la vieille ville de Constantine (Souika) : Les quartiers de la vieille ville inférieure de l’ouest vers l’est. 7. Elle a coupé la vieille ville en deux parties. 2. car c’est la nouvelle bordure de la Souika après la construction de la nouvelle rue Ben Mhidi (ex. rue Kharouali (ex. 8. place SIDI ABDELMOUMEN (relie les quartiers). c’est pour cela que le quartier RABAINE CHERIF est devenu une deuxième artère pour les quartiers du côté de la vieille ville supérieure. BAB DJEBIA. 2. 6. KOUCHET ZIET (rue Benzagouta). rue Bakouche (ex. On termine avec le quartier CHATT. RUE de L’ECHELLE qui relie les deux quartiers (rue des frères Ahssane). Les quartiers côté bas (côté RHUMEL). ZELAIKA (ex. BEN MENAHEL (impasse MENAHEL). ZANKET EL MESKE. 5. 5. CHATT. Les quartiers côté haut (coté du centre ville de Constantine) 1. Rue de l’échelle : se sont des escaliers qui relient les quartiers BAB DJABIA et RAHBAT. rue Motylinski de Calasenti). rue nationale) dite TARIK DJADIDA. SIDI BOUANABA. 3. 3. RAHBAT’DJAMEL (rue des frères Bahama). 4. DAR DBEGH.DJAMEL à Souika et aussi la route qui mène au BARDO (en passant sous le pont de SIDI RACHED). 126 . 4. SABATT BOUCHIBI rentrée du quartier SIDI BZAR. 9. 7. 8. rue Bedeau). rue nationale). SAIDA.DJAMEL ont trois sorties : deux donnent sur le centre ville où se trouve le Théâtre de Constantine et la troisième donne sur la rue LARBI BEN MHIDI (ex.W.

9. 6. 3. Mais. SIDI DJELISS. 13 et 14 mai 2008 Les quartiers de la vieille ville supérieure 1. SOUK EL ASSER. CHERAA. rien ou presque n’est sorti « esquisses de projets ». 8. ZANKET MKAIS. DJEZARINE. 5. II – La vieille ville à la merci du temps : Beaucoup de choses ont été dite sur la vieille ville et des dizaines d’études ont été publiées sur la manière d’entreprendre sa réhabilitation. AR SIF. LA CASBAH. 7. 4.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. CHEVALLIER. 10. RAHBET ES –SOUF est un centre de la veille ville supérieure qui relie presque tous les quartiers. 2. 9. MAKAD EL HOUT. TABIA. de l’avis de nombreux observateurs avertis et parmi eux des responsables de la direction de la culture. Figure 4 : Une photo de cette partie de la Souika prise vers 1958-1960 127 .

entre autre. l’on continue sur des modèles qui ne paraissent réalisables que sur le papier. Figure 6 : la situation actuelle (mars 2005). Certains habitants se retrouvent sous des tentes de fortune Pendant que les quartiers entiers de Souika s’effondrent.W. des glissements de terrain. Bouguerne Figure 5 : Les mêmes lieux en 2003. bloc de maisons après l’autre et que les ruines s’amoncellent. 128 . Une partie des bâtiments a déjà disparu victime.

le phénomène des dominos joue à plein. Sous les premiers pavés arrachés est apparu un enchevêtrement de conduite d’eau et d’évacuation des eaux usées très vieilles et pour certaines toujours fonctionnelles. nous avons établis le rapport suivant : 1. De l’aveu même des proposés à cette opération (travailleurs et techniciens) « dès le premier coup de pioche l’on s’est trouvé face à des difficultés imprévisibles ». les fenêtres et les meubles datant de plusieurs siècles ont été saccagées. plus vétustes que celles détruites sont encore habitées.P. Après inspection des lieux. composée d’hommes.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. 129 .D. 13 et 14 mai 2008 Les tonnes de documents qui s’amoncellent depuis plus de vingt années n’ont pas permis d’avancer d’un pas sur la voie d’une réhabilitation qui continue de se chercher. recueil des témoignages et vérification des documents présentés par les habitants. Sidi Bouanaba. 4. conditionnant les attributions par l’adhésion à certaines organisations. le club de réflexion et d’initiative. Les bâtisses de la vieille ville présentent dans leur majorité des désordres signifiants de nature à entraîner leur écroulement à court terme. piliers et poutres). 8. Les citoyens n’hésitent pas à montrer du doigt certains responsables de comités de quartiers qui font du chantage aux futurs bénéficiaires de logements. En effet. la Medersa. que la rue principale. 7. Les habitants. Les ruines laissent quelque fois place soit à des îlots encore conservés soit à des espaces aménagés pour la circonstance en parking. Il ne reste pratiquement du quartier Souika. 10. ainsi que les personnes physiques ou morales. les ruelles de Souk el asser. Ce sera donc ce bureau d’étude en étroite relation avec le comité de sauvegarde qui se chargera de formuler des propositions quant aux modalités d’exécution du plan. de femmes et d’enfants. à la recherche d’objets anciens. Les rampes de balcons et d’escaliers. nous n’avons fait que constater l’état de dégradation très avancée des bâtisses. Il y a bien quelques esquisses de tenter dans une ou deux directions comme c’est le cas actuellement des travaux de Voies et Réseaux Divers (V.R. et les directions concernées.W. Rabaine Echerif. Les enfants sont traumatisés par les scènes qu’ils ont vécus : Ils racontent avec colère et avec haine ce qu’ils ont vu. 9. Des pillards. 11. après avoir traversé. ont fait leur apparition sur les lieux. a procédé à la visite des lieux et élaboré un rapport circonstancié à adresser aux autorités et à faire paraître dans la presse nationale. 3. Il existe donc bien un plan de sauvegarde de la vieille ville soutenu par un décret présidentiel 03/322 du 15 octobre 2003 qui offre le cadre officiel à ce plan qui compte deux volets.) lancés à hauteur de la Zaouia Tidjania (Souika) sous le contrôle d’une commission technique. puis Souika. Devant la situation qui prévaut au niveau de la vieille ville. pouvant participer à ce plan et un volet technique qui doit choisir par voie de concours un bureau d’étude agréé. et leurs maisons saccagées. Charaa. nous ont interpellés afin de nous indiquer le chemin que nous ne leur avons pas demandé au préalable. 5. Ici. Elles ont été rendues inhabitables. 6. les portes. Des citoyens en possession d’actes de propriété ont été expulsés manu militari. Sidi Djeliss. puisque dès qu’une maison s’effondre. c’est des dizaines d’autres bâtisses appuyées à la première qui sont ébranlées et ne tardent pas à menacer ruine. L’on s’est aperçu du même coup que les spécialistes « en agencement de pavés n’existent pas sur la place de constantine ni dans d’autres villes environnantes comme Mila et Skikda ». Nous avons compris que la foule. Un réglementaire impliquant l’A. Certaines maisons. Le site est devenu très dangereux pour les enfants. voulait à tout prix nous diriger vers l’endroit ou certaines habitations ont été détruites ces derniers jours. 2. qui continuent à jouer inconsciemment sur les ruines. Rahbat Essouf. Le climat au niveau des vieux quartiers est des plus explosifs. sans nous connaître. Des maisons ne présentent aucun risque imminent d’écroulement et qui demandaient à être renforcées ou restaurées ont subi des démolitions localisées des éléments essentiels à leur stabilité (murs porteurs.

Le gouvernement algérien n’avance aucune solution. en l’occurrence celui dénommé Kribéche. Les effets du temps sont dévastateurs et la main de l’homme est encore plus perfide. Lors de la réunion du 2 avril 2008. Entamé en janvier 2003. notamment pour la consolidation des bâtisses malgré que Souika soit reconnue patrimoine national. toutefois. il devait se dérouler sur trois phases à commencer par l’établissement d’un état des lieux avec actualisation des plans et des informations. la présentation ensuite d’une ébauche d’aménagement et enfin l’élaboration d’un règlement urbanistique général. suite a un récent avis d’appel d’offre. et l’installation de nouveaux équipements. d’élaborer un nouveau plan de sauvegarde de la médina prend la dimension d’un enterrement de première classe pour le fameux « Master Plan » destiné à la réhabilitation de la vieille ville. les études sont en cours. elle sera généralisée après l’approbation du plan permanent de sauvegarde et mise en valeur des secteurs sauvegardés. Le choix s’est porté sur la maison N12 pour laquelle il faudra achever les travaux entamés. La partie algérienne semble ignorer les raisons du retard accumulé par l’étude mais. un autre échantillon bénéficiera de l’enveloppe financière dégagée par la wilaya. les collectivités locales ont débloqué 65 millions de dinars au titre de la réhabilitation de la vieille ville de constantine. l’on sait que l’université chargée du projet a bénéficié d’une prolongation des délais. Cependant. Ce plan. faut-il rappeler. le destin d’une autre partie aussi importante. Des équipements capables de donner une nouvelle identité et partant une nouvelle vocation a la vieille ville pour lui permettre de recouvrer son cachet touristique et artisanal. Le Master Plan. chaque jour apporte son lot de menaces pour ses murs et la mémoire qu’ils renferment. qui vient d’être chargé officiellement par le maître de l’ouvrage (la direction de la culture). Concernant les habitations N12 et N19. un groupe de spécialistes.W. vient de franchir un nouveau pas.La restauration de la vielle ville de Constantine (Souika) : A l’évidence. Bouguerne III. à cet effet à constantine pour recueillir des données complémentaires sur les sites concernés. Les responsables chargés de la gestion à Constantine sont appelés à faire en sorte que tout les moyens soient employés pour sauver ce qui reste de cette vieille ville et agir dans la voie tracée par les hautes autorités du pays pour changer le visage de la ville du rocher. celle des maisons encore solides. L’opération a été scindée en trois tranches : La première tranche a ciblé la partie allant de Bab El Djabia à la rue Abdellah Bey. l’annonce de la sélection d’un bureau d’étude constantinois. Le Master plan est censé apporter des solutions pour l’aménagement des espaces. si l’opération est couronnée de succès pour cet essai. demeure incertain. délégué par l’université italienne Roma III a séjourné. En attendant. à travers l’essai tenté sur la maison N 12. sur l’habitation N19 de la placette de Bab El Djabia et sur 6 autres maisons dispersées à travers la rue Mellah Slimane. En tout état de cause. Après le constat de la nécessité d’une réhabilitation lourde. quant aux 6 maisons incorporées dans le programme d’essai. la deuxième tranche de la rue Abdellah Bey à Zeleika et enfin la troisième tranche de Zeleika à la rue Saïd Benchic 130 . dégagés suite à la démolition des maisons en ruine. le lancement des études est en cours. est un programme financé par le gouvernement italien et qui se greffe sur le grand projet de sauvegarde et de réhabilitation de Souika.

nous appelons tous nos élus ainsi que le gouvernement à travailler dans la concertation et la transparence. Alors. 13 et 14 mai 2008 Figure 7 : La photo montre les travaux qui ont commencé le 25 avril 2007 dans le quartier Souika Conclusion : Suite à cette modeste et globale étude sur la Souika. les membres de la commission doivent établir un rapport sur la situation de ce vieux quartier et choisir les méthodes propices et appropriées pour le cas de cette dernière. Figure 8 : Esquisse pour la restauration de Souika 131 . car nul n’a le droit de porter atteinte à un patrimoine historique et encore moins a une mémoire collective.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Il aurait fallu tout faire pour préserver ce site authentique et éviter de nouveaux traumatismes à notre population. sa science et son savoir. afin de mieux gérer cette cité tant convoitée et apprendre à recréer des liens sociaux basés sur le respect et surtout sur la bonne application des lois de la république. Nous appelons tous les citoyens à se mobiliser pour que Constantine retrouve son histoire.

: les massacres de la vieille ville de constantine. : la veille ville a la merci du temps « 2007 » 4.Allal D. : extrait de l’ouvrage « la présentation de la Souika » 2. 7. « 2005 » 3.Article extrait du journal El Watan du 23/février/2005.Article extrait du journal El Acil du 02 /avril / 2008. 132 . Bouguerne Bibliographie : 1.Said : la restauration de la vieille ville « comment sauver le patrimoine historique ».Benkertoussa A. 6.W.Benkadri H.

Ainsi. Il s’agit en fait d’une prolifération d’un modèle standard d’urbanisation inspiré de la ville occidentale qui a altéré l’originalité du paysage urbain et a accéléré par son attraction la dévalorisation et la décadence du patrimoine urbain et architectural authentique (Voir figure 1). On soulignera que ces derniers ont été provoqués par le processus accéléré d’urbanisation de la ville depuis l’engagement du 1er plan directeur d’urbanisme en 1975. CARACTERISTIQUES D'ORGANISATION ET D'AMENAGEMENT DE L'ESPACE Le K’sar de Boussaâda n’est pas l’œuvre d’un spécialiste en urbanisme. C’est vraie que « dès que l’espace n’est plus évocateur de souvenirs et de valeurs partagés qui ont conditionnés l’attachement au lieu. De ce qu’on vient de citer. Son organisation repose sur un secteur central destiné aux activités commerciales en étroit rapport en termes de situation et de formation avec les lieux de culte et en particulier la mosquée. Boussaâda connaît une urbanisation accélérée avec un style urbain et architectural en complète contradiction avec la ville traditionnelle posant ainsi de nombreux problèmes. culturel et urbanistique » [1]. Il est le produit d’une communauté pour son propre usage. Aujourd’hui. 1. dont les caractéristiques urbanistiques ont comme modèle de référence la ville islamique et les techniques architecturales locales.Réhabilitation des K’sour en Algérie Cas du Ksar de boussaada B. on présentera les contours d’une stratégie de réhabilitation qui puise sa force et sa légitimité dans nos valeurs socioculturelles tout en se basant sur les opportunités qui incitent les différents acteurs à ne plus marginaliser cette partie de la ville. C’est donc une œuvre collective guidée par des préoccupations d’intégration à l’environnement socioculturel et économique qui caractérisent la conception globale de l’organisation spatiale du tissu urbain. on peut dire que le K’sar est un espace de vie d’une société adapté harmonieusement à son milieu. La démarche consiste à identifier les éléments spécifiques de la composition de ces ensembles urbains puis de dresser un bilan sur les formes de dégradations physiques et de dévalorisation fonctionnelle du K’sar. 2. il en résulte une incompréhension entre les hommes et le lieu » [3]. un notable marabout planta des palmiers et édifia une mosquée dans l’endroit qu’on appelait avant sa venue le K’sar » [2]. Au 18eme siècle. le premier noyau « s’est enrichie sur les plans socioéconomique. Nous n’avons guère la prétention de régler par le présent travail tous les problèmes urbains posés. les différents enjeux de la réhabilitation et de la mise en valeur des tissus urbains traditionnels en Algérie. a donné naissance à un centre urbain connu sous le nom de K’sar qui signifie le fort. Université de M'sila boudjemaadz@yahoo. INTRODUCTION La ville de Boussaâda est l’une des prestigieuses villes présahariennes d’Algérie qui recouvre de potentialités patrimoniales d’importance nationale. les degrés croissants de privatisation à partir de la voie . la grande diversité et la qualité de l’aspect architectural local en sont les témoins.fr RESUME Cette recherche étudie à travers le cas du Ksar de Boussaâda. On mettra enfin l’accent sur la patrimonialisation de l’espace d’habitat. CUNEO [4] affirme que « cette organisation est une forme de recomposer le concept de la ville islamique ». Le plan général du K’sar est régulier avec la subdivision de l’aire urbaine en Harates (quartiers) distinctes et compactes desservies par un réseau de voies (Voir figure 1). Ces dernières expriment à travers une nomenclature différenciée. il semble que l’émergence de l’habitat traditionnel en béton de terre stabilisé à la paille. Avant cette date. « Sidi Thameur. KHALFALLAH Maitre de Conférences. Par contre.

Khalfallah primaire à usage public pour passer aux ruelles se terminant des fois en impasses. Entre les Harates. les constructions étaient traditionnellement repassées à la chaux au moins une fois chaque année. Il témoigne d’un savoir faire des populations locales en matière d’urbanisme et d’une parfaite organisation sociale de l’espace. 134 . il y a parfois des zones libres appelées Rahbates (placettes). tandis que les habitations sont à grande cour intérieure (photo 1). les surcharges des maisons et la mobilité résidentielle. Il est clair que ce tissu urbain comme l’ensemble des k’ours des villes algériennes présente les intérêts suivants :    C’est un patrimoine culturel d’une valeur scientifique inestimable C’est une partie importante du patrimoine urbanistique et architectural algérien. DEGRADATION DU K'SAR La dégradation du parc immobilier du K’sar semble être liée à une série de causes dont les plus importantes sont le manque d’entretien et transformations. 3.  3. des salles d’eau ou des cuisines sont improvisées dans des pièces sans évacuation comme l’indique le tableau ci-dessous dressé par le chercheur en 2007. PHOTO 1 : Cour intérieure d’une habitation. Dans le passé.1. Manque d’entretien et transformations La dégradation du tissu urbain des différentes Harates du K’sar de Boussaâda n’est pas liée à la question d’age des constructions mais au manque d’entretien et à leurs transformations. En effet. Il représente une preuve confirmée d’une adaptation ingénieuse au milieu physique et socioéconomique. A ce manque d’entretien s’ajoute la mauvaise utilisation des lieux.B. à cause du manque d’équipement.

33 24. Si on ne comptabilise pas les maisons en ruine.50 11. Dans ce sens.50 Tableau 1 : Transformations des constructions au k’sar Source. Il s’agit de concilier entre les besoins d’une population en croissance continue et son paysage culturel général. NECESSITE DE VALORISATION DU PATRIMOINE En dépit du consensus universel sur l’importance du patrimoine. Cette patrimonialisation de l’espace vise à préserver l’héritage urbanistique et architectural contre les effets de la modernisation hâtive qui pose de nombreux problèmes. trouve son explication dans l’importance de la taille moyenne des ménages et dans le nombre élevé de personne par pièce (Voir le tableau 2 ci-dessous dressé par le chercheur en 2007). Surcharge des maisons Le K’sar de Boussaâda avec sa population de 12 900 habitants en 2007 a une forte densité qui dépasse les 200 habitants par hectare. Ce tissu urbain qui était avant 1980. Mobilité résidentielle La fréquence de changement des occupants des maisons du K’sar est aussi l’une des causes de sa dégradation. qui témoigne d’une surcharge confirmée des maisons. L’incompatibilité entre les besoins de développement socio-économiques et le besoin de protéger le patrimoine du K‘sar. la densité avoisinera les 300 habitants par hectare. On tient à souligner que beaucoup de contraintes entravent cet objectif. nous nous privions ainsi d’une source inépuisable d’expériences et de connaissances accumulées depuis des millénaires ». Depuis cette date.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Nature de la transformation Changement de la façade Transformation d’une ou plusieurs pièces Division d’une grande chambre en deux Extension Autres Pourcentage 19. 3.    135 .2.00 16. ceci a pour conséquence l’accentuation de l’érosion des constructions. Il s’agit entre autres:  Des politiques officielles en matière d’urbanisme et d’aménagement qui ont un aspect linéaire incapable de prendre en charge les particularités. la ville de Boussaâda possède un patrimoine urbain et architectural très riche. L’occupation de l’espace par une population peu solvable.66 28. Nous avons pu constater que les travaux de transformation mal adaptés peuvent provoquer des dégâts ou entraîner carrément la ruine des constructions.80 Population 12900 Tableau 2 : Occupation des logements du K’sar. La forte densité de la cité. Nombre de Logements 1796 Logements occupés 1323 Logements abandonnés 473 Taux d’occupation des logements 08. A l’instar des villes présahariennes en Algérie. 3. cette notion s’est élargie pour englober toutes les dimensions spatiotemporelles et socioculturelles des agglomérations historiques.01 Taux d’occupation des pièces 03. n’est aujourd’hui qu’un lieu de transit vers cette intégration étant donné que ces habitants aspirent à un autre lieu de résidence qui incarne selon eux l’évolution et la modernité. 4. KRIER [5] affirme que « vouloir se libérer de l’héritage historique est une attitude absurde. La faiblesse de la société civile et des associations de sauvegarde et de mise en valeur du patrimoine dans la ville. un lieu d’intégration des populations rurales migrantes.3. ce dernier n’a pas fait l’objet d’une prise en charge particulière jusqu'à l’adoption de la convention du patrimoine mondial par l’UNESCO en 1972. Ce dernier s’est dégradé graduellement suite au développement urbain accéléré devant répondre aux exigences nouvelles posant ainsi la problématique particulière de la sauvegarde du patrimoine.

La situation du K’sar Le k’sar se situe en plein centre ville de boussaada au croisement des artères commerciales (Fig 02). cette action qualifie les procédures qui visent la restauration des immeubles s’accompagnant de modernisation » [7]. Dans cette optique.1.1. Khalfallah  La marginalisation des fonctions économiques du K’sar et l’inconscience à son égard par le pouvoir local. ce concept « désigne au sens figuré l’action de faire recouvrir de l’estime ou de la considération. le K’sar se trouve toujours marginalisé malgré son importance en tant que patrimoine et la dégradation avancée qu’il présente. Il s’agit : 5. Dans la révision du plan directeur d’aménagement et d’urbanisme (PDAU) de Boussaâda en 2006 [8]. Fig 02: K'sar ou patrimoine urbain et architectural authentique  Source: établit par le chercheur 136 . il est important de se baser sur l’article 19 de la loi d’orientation de la ville [9] pour engager une procédure de réhabilitation du K’sar comme secteur. En se référant au dictionnaire. une fois résolus toutes les anomalies constructives. 5. jusqu'à s’approcher des actuels niveaux d’exigences ».1. Par extension. a ne plus marginaliser ce tissu urbain traditionnel. et menant à bien une modernisation dont le but est de lui faire mieux remplir ses fonctions. REHABILITATION DU K'SAR.B. Cette situation peut présenter des opportunités de rayonnement à l’échelle de la ville toute entière. fonctionnelles. d’hygiène et de sécurité cumules tout au long des années. Les opportunités de la réhabilitation Les opportunités de la réhabilitation du K’sar de Boussaâda représentent les facteurs qui incitent les pouvoirs publics. 5. ENJEUX ET OPPORTUNITES La réhabilitation est un concept qui désigne selon la charte de Lisbonne [6] « des travaux dont la finalité est la récupération et la remise en état d’une construction.

Bibliographie 1. El Wakil (10) affirme que « si cette identité est appelée a sauver un art identifiable La stratégie consiste en l’élaboration d’un plan qui contient des orientations globales de mise en valeur qui resitue le K’sar dans sa réalité socio-économique. (1986).com/textelisbonne/urbal. DURHAM Great Britain.le phasage du projet . 6.762.. « The Arab house past and present ». ce qui présente un avantage pour la programmation d’une opération de réhabilitation en concertation avec les propriétaires. Dans ce sens il est impérativement demandé de répondre a certains question qui se rapportent à : . PUF Paris.2. « Révision du PDAU ». Des questions se posent autour de savoir comment assurer la participation des autres acteurs. CADAT antenne de M’sila. p. La nature juridique du foncier La nature juridique du foncier est moins compliquée par rapport a d’autres situation telle que l’habitat illicite.. In vie des villes. N°1. (87 %) des habitations ont un acte de propriété. (2006). et qui prévoit une mise a niveau pour retrouver son dynamisme en prenant en compte les préoccupations et les aspirations de la population concernée. a savoir les habitants. une cité en reste ».le montage financier CONCLUSION Le k’sar de Boussaâda témoigne d’un urbanisme et d’une architecture qui ont fait déjà leurs preuves. URBAS SETI. 10. (1987). (1975) . Publisud. EL WAKIL. Documents écrits. Dans notre cas et selon notre enquête personnelle. LESBET D.1. « L’espace de la ville ». et qui sont aujourd’hui patrimoine en proie voué à la disparition car ils sont devenu synonyme de pauvreté pour les populations qui y résident encore. un travail de sensibilisation des acteurs doit se faire pour qu’ils soient mobilises à participer massivement à mettre en marche le projet. p.175.40. Belgique. Editions EAM. Alger.146. « Introduction à l’urbanisme en pays de l’islam ». CHOAY F. 4. 8. (2005). « Cultures Oasiennes ». on va essayer de s’inscrire dans une optique de développement durable qui envisage l’amélioration du cadre de vie. (1975). Réhabiliter et mettre en valeur ce cadre bâti dégradé consiste à puiser dans nos valeurs socioculturelles et économiques afin de dégager des mécanismes opérationnels pour la pérennité de cette richesse urbaine et culturelle. p. 6. (1994). PROJET DE REHABILITATION Concevoir un projet urbain qui vise la réhabilitation du k’sar et revaloriser le patrimoine urbain dégradé constitue l’objectif majeur du présent travail.26. CUNEO P. p. Dans ce sens. « Dictionnaire de l’urbanisme et de l’aménagement ». NACIB Y. 5. et les instances financières. et à la concrétisation du maintien de cette tradition urbaine et architecturale d’une valeur inestimable. p. p. « PUD de la commune de Boussaâda ». MERLIN P. Loi N°06/06 du 20/02/2006 portant loi d’orientation de la ville.. les associations.htm-asso.. les responsables de la gestion urbaine et de la culture. 2.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 5. 137 . historique et culturelle.52. A priori. La réalisation de l’opération doit se faire en concertation avec tous les acteurs. « La casbah d’Alger.La création d’un comité de concertation ..htlm 7. www. CASP Rome. la sauvegarde de l’environnement. KRIER R. la régulation des seuils de densité. (2005). 3. et impulsion d’un dynamisme qui se répercute sur l’ensemble de la ville.la prise en charge des habitants de chaque secteur lors des travaux . 9.

D. PROBLEMATIQUE : Nous supposons que le redressement et l’aménagement des circuits touristiques dans la région de Ziban qui se fondent principalement sur la répartition des anciens noyaux traditionnels permettent la mise en place de nouvelles stratégies de sauvegarde du patrimoine culturel : architectural tel les Ksour et les Dachra ainsi que le patrimoine oasien : tel le paysage agricole. La procuration des moyens de développement durable appropriés aux noyaux traditionnels par la revalorisation du cadre bâti des ksour et des Dachra qui recevront une dynamique basée sur l’activité touristiques. Une analyse serra faite pour expliquer comment les circuits touristiques peuvent être un vecteur de développement durable de la région et un instrument d’aménagement et de sauvegarde du cadre bâti. Le Cas du Patrimoine Ksourien de La Micro Région des Ziban S. Cependant. des mouvements associatifs et des professionnels du tourisme. forestier et saharien. L’objectif de cette contribution est :  La recherche de la mise en place d’une approche de préservation du patrimoine à base d’un aménagement touristique adéquat aux potentialités de la micro région oasienne et particulièrement de ses Ksour et Dachra. Malgré son importance les outils d’aménagements et d’interventions urbaines PDAU et Pos sont souvent obsolètes. plusieurs Ksour et Dachra sont en déclin ou en voie de disparition. ALKAMA 2. . LALOUANI née BOUZAHER1. Département d’architecture. socioculturel. Et après une définition du contexte d’étude.  METHODOLOGIE : Après avoir fait une exploration du tourisme saharien ayant pour objectif la mise en place d’un tourisme spécifique à la région. économique et du cadre bâti. Le patrimoine culturel et urbain que peut créer la biodiversité est en détresse. de nombreux gouvernements ont décidé de le mettre en tourisme. tel l’écotourisme qui se réalise sous forme de tourisme de circuit et d’intégration des ksour. l’organisation mondiale du tourisme propose des programmes d’aménagement touristique dans le cadre du développement durable des écosystèmes oasiens pour la préservation du patrimoine. RESUME La biodiversité joue un rôle prépondérant dans le fonctionnement des réseaux oasiens à écosystèmes fragiles et ceux particulièrement sur le plan environnemental. Faculté des sciences et des sciences de l’ingénieur. Biskra.Les Circuits Touristiques Comme Instrument D’intégration et de Préservation du Patrimoine Bâti des Tissus Anciens. Pour que ce patrimoine oasien acquit un certain niveau de développement et intègre l’économie nationale du pays. Université Mohammed Khider. la région des Ziban afin de dégager tous les supports d’un programme d’action par les circuits touristiques que peuvent fournir les décors paysagés des Ksour de la région. De ce fait il est nécessaire de mettre en place un tourisme culturel fondé sur des projets épuisant du potentiel du contexte et tenant compte de la contribution des collectivités locales.

dans le domaine du tourisme. de préserver et de valoriser. (PNUE/PAM. Cependant la déclaration de Québec sur l’écotourisme (Canada. 2002 L’écotourisme: L’écotourisme représente une des formes de développement touristique. Site Wikipedia   Il est généralement organisé par de petites entreprises locales pour des groupes restreints généralement. 2003. de respecter les principes du développement durable. 6 L’écotourisme est donc une manière de faire du tourisme fondée sur le désir de découvrir la nature. BENYAHIA et Al. de respecter. aux organismes et aux administrations qui veillent à la préservation des zones naturelles .  OMT-PNUE. il ne s’agit pas de les découvrir et de comprendre leur fonctionnement . ce qui le rend très spécifique. ce type de tourisme présent très peu de retombé local. qui sous certaines conditions. de la biodiversité et de la diversité culturelle. les touristes ont peu de liens avec le patrimoine socioculturel . Les circuits proposés 139 .Le circuit touristique étant bien organisé. Les aspects de durabilité retenus pour le tourisme appartiennent au domaine environnemental. Les formes de tourisme qui correspondent bien et s’adaptent aux attentes des populations locales et à la fragilité de ces milieux sont les suivantes : l’écotourisme.     La mise en place d’un programme écotouristique : Les principaux produits commercialisés dans les déserts sont en grande partie basés sur l’observation des paysages et la découverte de sites historiques et culturels. 2005). ainsi que la justification de la conservation. le tourisme solidaire et équitable qui sont proches dans leur éthique mais se différencient par leurs offres.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 UN TOURISME SAHARIEN OU UN TOURISME DANS LE DESERT : La promotion du tourisme comme outil de durabilité : Le tourisme durable est la déclinaison. Certains contextes géographiques ont été favorables au développement d’un tourisme aux multiples enjeux dans les territoires oasiens. Il favorise la conservation. « officialisée » lors de la conférence de Rio en 1992. peut favoriser la protection des zones naturelles et culturelles grâces aux programmes de conservation qu’il suscite et qu’il peut financer. en obtenant leur accord et participation dans la gestion de l'activité. Il favorise la protection des zones naturelles : en procurant des avantages économiques aux communautés d'accueil. Les conditions d’accès ne sont pas toujours des plus aisées. gèrent ou commercialisent des circuits écotouristiques. C’est ce qui permet l’encouragement du développement durable. Ils s'appliquent à toute l'industrie touristique. On trouve aussi des opérateurs étrangers de dimensions variables qui organisent. à travers la protection des écosystèmes L'écotourisme s'accompagne de retombées négatives limitées sur l'environnement naturel et socioculturel. 2003  Les types de tourisme développés dans les déserts sont en cohérence avec des formes de tourisme qui s’adaptent aux problématiques de ces espaces. tels que : Les conditions climatiques y sont « rudes » (très chaud et/ou très froid) et la saisonnalité y est forte. les équilibres naturels et culturels des lieux et des populations où il s’exerce. Le partage des bénéfices socio-économiques avec les communautés locales. aussi pour de petits groupes. Deux types de tourisme s’intéressent aux oasis : le tourisme de circuit et le tourisme saharien « Le tourisme de circuit est caractérisé par un bref séjour des touristes dans les oasis qu’ils considèrent comme un décor . 2002) reconnaisse que l’écotourisme englobe les principes du tourisme durable en ce qui concerne les impacts de cette activité sur l’économie. Les caractéristiques de l’écotourisme L'écotourisme réunit toutes les formes de tourisme axées sur la nature et dans lesquelles la principale motivation du touriste est d'observer et d'apprécier la nature ainsi que les cultures traditionnelles qui règnent dans les zones naturelles. en faisant davantage prendre conscience aux habitants du pays comme aux touristes de la nécessité de préserver le capital naturel et culturel. de celle de développement durable. Il se doit. socioculturel et économique. en fournissant des emplois aux populations locales et autochtones. la société et l’environnement. en créant des emplois et des sources de revenus pour les populations locales.  DÉCLARATION DE QUÉBEC.

plus exactement au pied sud de la chaîne montagneuse de l’atlas saharien qui représente les monts des Aurès ainsi que la limite entre le nord et le sud algérien.1) 140 .] LA REGION DES ZIBAN QUELS POTENTIALITES TOURISTIQUES ? Définition du contexte d’étude « Biskra la micro région des Ziban »: Situation géographique Située au sud est de l’Algérie. les réseaux hydrauliques de la micro région des Ziban. les réseaux routiers.  Direction des forêts. I. 2006. La Région est traversée par oued "Jdaïa " qui constitue le collecteur général des eaux d l’atlas saharien. sur l’axe El-Loutaya et Doucen. et Sidi Khaled.5 °C. Direction des forêts. 1979. Le relief de la micro région des Ziban se divise en quatre grands ensembles. la micro région des Ziban reçoit une pluviométrie en moyenne entre 120 et 150 mm/an. Elle semble un véritable espace tampon entre le Nord et le Sud. plus précisément au nord du bas Sahara. sec et aride. 2006 Figure N°1 : carte exprimant la répartition du relief. ses vues panoramiques et sa simplicité. Mais. Direction du transport. elle reste l’un des espaces les plus attrayant et le plus fragiles dans le monde par sa structure paysagère. Cette situation lui a value la connotation de « porte du désert » et lui a permis de jouer à travers les différentes époques de son existence un rôle de lieu de rencontre et d’échanges entre le nord et le sud et l’est et l’ouest  Léon l’africain. Les plaines steppiques s’étendent à l’est. À l’exception des montagnes septentrionales. avec l'altitude de djebel Tekriout 1942 m. Cette implantation lui a confié un climat rigoureux. On trouve une chaîne montagneuse et les hauts plateaux au nord . la température moyenne annuelle est de 22. 1977 La micro région des Ziban semble constituer un véritable espace de transition entre un nord du pays bien équipé et un sud déshérité. (Réaliser à partir Health-Mapper ver 4. Les dépressions caractérisées par la présence de chotts Au sud-est. 2006 (voir carte) Les oueds sont répartis selon leurs sources. Oued El Arab et Oued El Guetan qui se croisent a Zribet el oued pour produire Oued Zriba. Des oueds qui ont pour source le cœur même des Aurès.4 °C en janvier et un maximum de 43. [Aboubacar. Oued El Hai et Oued Abdi qui produisent à leur rencontre oued Biskra.3 °C. dont des hivers froids et secs et des étés chauds et secs CÔTE M. Lalouani associent généralement la découverte de paysages naturels ayant un intérêt culturel à des rencontres avec les populations locales. Les grand plateaux se trouvent au sud ouest de la région notamment sur la région de Ouled Djellal . 2006 Données climatiques : Par sa situation elle constitue un carrefour important de lien entre les villes du nord particulièrement celles de l’est et celles du sud. avec un minimum de 11.S.

cette fois-ci en lien avec l’est et le Souf. LES ZIBAN : PAYS DES VIELLES OASIS : Les petits établissements humains formaient une partie du Bas Sahara. La région des Ziban est considérée comme une « station hydrominérale et climatique» grâce aux eaux sulfureuses et chaudes de la fontaine de Hammam. 2006] Le Zab Gharbi ou les oasis du plateau ouest des Ziban A l’Ouest. F. 1997 En plus de Hammam Salhine Biskra compte quatre autres stations d’hydrothérapies telles : Hammam ElBaraka à ElHadjeb. le décrit Ben Khaldoun dans la Mokadima. Le hammam. Ces symboles de l'Afrique du Nord. Hammam Sidi Elhadj à Loutaya. Alkama. pour créer enfin une variété des oasis. le Zab Gharbi constitue une entité considérablement peuplée. Nous citons à titre d’exemple : la petite bourgade Bouchegroune est fondée sur un site romain qui s’appelait Ghrada. 2006 Pendant le période coloniale les potentialités touristiques de la région des Ziban ont connu un grand épanouissement. Hammam Ain L’hammia. Les magnifiques hammams de Biskra font rêver avec leurs vastes salles carrelées et au décor somptueux relié au oasis. Lichana était aussi un camp militaire romain entouré par une enceinte en pierre. Naceur. Monographie de la Wilaya de Biskra. De la fin de l'automne jusqu’au début du printemps s’étendait la période touristique estivale. ces deux petits centres tirent leurs origines de l’époque romaine comme le précise Ben Khaldoun dans La Mokadima. Parallèlement. Ses villages oasis se greffent autour des deux petites capitales appelées : Tolga à l’est et Ouled Djelal à l’ouest. Bien entendu. tempérer. Touristiquement. La civilisation musulmane s’est installée dans la région à l’aube du 7ème siècle par le conquérant Okba Ibn Nâfaa à cette époque les Ziban avaient connu grande prospérité et a vu un développement des secteurs de la phoeniciculure. Hammam Echifa à Echegua. cité dans un manuscrit de Ben Haba en 1957 à Biskra [Dj. des vandales et des Byzantins. Zab Chergui et Zab El Gharbi. comme. Le territoire des oasis des Ziban a ainsi connu successivement l’occupation des Carthaginois. Ceux-ci correspondent globalement aux terres cultivables palmeraies de deglette nour l’une des meilleures dattes au monde. les Ziban s’organisent sous la forme de groupements villageois discontinus.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Les touristes étaient attirés par ce climat sec. Monographie de la Wilaya de Biskra. [Dj. Ainsi que plusieurs manières de s’adapter et de s’intégrer dans des sites naturels. 2006] Le Zab chergui A l’Est. Ces événements sont largement décrits par el Hadj el Ayiachi dans son livre de l’histoire des Ziban. on trouve des ruines romaines à la commune de Bordj Ben Azouz. le Zab chergui s’apparente avec des terres cultivables mais une accumulation du capital durablement liée au commerce transsaharien. des romains. L’agglomération de Tolga est construite sur les vestiges d’une cité romaine appelée au temps (Tolacca). cette aire de peuplement. Alkama. et doux de la région ainsi que par la luminosité de son ciel. Le commerce a toujours eu une place notable dans les oasis des Ziban. Actuellement. constituaient des atouts naturels propices à l’attraction touristique. Alkama. Ils étaient des villages berbères qui entretenaient des relations avec le royaume de Carthage. Les réseaux villageois des Ziban sont organisés en deux entités distinctes. est un bain de chaleur fortement humide. [Dj. Enfin. LA REGION DES ZIBAN A DEJA UN PASSE TOURISTIQUE: La lecture cartographique montre que malgré son caractère saharien c’est une micro région verte. à la différence du sauna. Hammam Salhine a procuré à la région une réputation qui s’est répandue durant la période coloniale même en Europe. L’ensemble des ces villages oasis sont fondés sur les vestiges de petits établissements humains romains. elle demeure l’une des zones les plus attrayantes grâce aux potentialités qu’elle recèle. dont la température idéale se situe entre 40° et 50° et dont l'hygrométrie est portée à saturation. 2006 Cependant ces caractéristiques climatiques et géographiques ont poussé l’homme des Ziban à produire une variété d’établissements humains. du commerce et l’enseignement. 2006] 141 . Le mot hammam est d'origine turque. moins habitée est traditionnellement articulée autour deux centres notables qui sont Sidi okba à l’Ouest et Khanguet sidi Nadji à l’Est lieu de la confrérie Rahmania connues comme des relais du chemin de pèlerinage. El Ghrous aussi vient de s’accoler à un centre qui existé de puis longtemps sous le nom El Amri. Ses terres gypseuses ont donné naissance à de grandes palmeraies qui s’étalent tout le long du pied des montagnes des Amours à l’ouest de la micro capitale des Ziban « Biskra ».

il s’agit de Béni Souik. Entre deux paysages. Guedila. Dans se prolongement se dresse M’chounech qui forme une baie naturelle. ouvrant la voie à l’échange. Figure N°3 : graphe exprimant les pourcentages forestier dans la micro région des Ziban. Il s’agit de : El Kantara. édité en 1897. une immense tâche verte de différents arbres. N°2). ils écoutèrent. 1977] Pas moins gracieuse ni moins belle qu’El Kantara. constituant un passage entre deux montagnes. El Kantara constitue un lien inaliénable et indéfectible entre le Nord et le Sud. Ces derniers complètent l‘importance du secteur primaire dans le cas de ces oasis. au brassage et à la différence. Djamoura. se font face. Elle offre la réplique du paysage d’El Kantara mais avec une organisation plus originale et une découverte non attendue. Ce lien est perceptible à vue d’œil à travers les gorges ciselées au milieu. l’hymne national. Elle est traversée par l’eau fluide de l’oued El. sur l’ensemble du territoire de la micro région des Ziban. tête nue. Figure N°2: Carte de situation du réseau des villages oasis des Ziban Source [Dj. muets d’admiration devant le panorama du désert. 2006] PATRIMOINE ET RESSOURCES : NATURELLES. l’auteur. A mi-chemin entre la chaîne enneigée des Aurès et les oasis généreuses du royaume des Ziban. pour la première fois.Abiod. deux formations géologiques que sont le Tell et le Sud. (Répartition par commune) Figure N°4 : graphe exprimant les pourcentages de la palmeraie dans la micro région des Ziban. culturelle et architecturale. Les gorges d’El Kantara sont au milieu de deux climats.S. Alkama. Béni Souik. les musiques jetaient à la plaine sans échos» [Léon l’africain. Lalouani Au pied des Aurès vers le sud : Au pied de la montagne du versant sud des Aurès se succède un ensemble d’oasis sans pareil. Ils ne font pas obstacle à l’importance des circuits touristiques que peuvent créer ces palmeraies conjuguaient aux sites de valeurs: Historique. (Fig. Biskra. (Répartition par 142 commune) . naturelle. Dans son ouvrage Au pays des Palmiers. ALIMENTAIRES DE CHAQUE GROUPEMENT : Chaque groupement humain vie de sa palmeraie principalement en plus d’autres espèces agricoles et forestières. Felix Hautfort rapporte ceci : «On conte que les conquérants (colonisateurs) s’arrêtèrent aux gorges d’El Kantara et que. Ain Zaâtout et M’chounech.

A. Dachra ou noyau tradition se sont toujours des leçons du génie humain pour la sauvegarde et la protection de l’environnement naturel.2006 Le cadre bâti du Zab chergui : Cette aire de peuplement.A.E. Ksar. Les oasis exposées englobent chacune un groupement d’habitation doté d’une architecture spécifique à la région. Elmanar Figure N°8 : Le Ksar de Khanguet Sidi Nadji Source : auteur 143 .Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Figure N°5 : carte exprimant la répartition de la palmeraie dans la micro région des Ziban ainsi que les routes qui les traversent.E. Elles représentent elles même les solutions habiles d’un développement durable.U. Elmanar Figure N°7 : différentes vues du ksar et de l’oasis qui l’entoure Source B. Khanguet sidi Nadji : Tissu colonial Tissu traditionnel Ksar Figure N°6: Carte montrant les types de tissus existants dans le ksar de khanguet sidi Nadji Source B. Patrimoine architectural Ksourien de la micro région des Ziban: Il ne peut pas y avoir une oasis sans une présence de l’homme afin que les services écologiques soient échangés et la structure d’un écosystème soit mise en place. moins habitée est traditionnellement articulée autour deux centres notables qui sont Khanguet sidi Nadji à l’Est lieu de la confrérie Rahmania et Sidi Okba à l’Ouest. (Répartition par établissement humain) L’aridité des montagnes et la fertilité des oasis s’y côtoient pour offrir et encadrer des écosystèmes oasiens sans pareil.T.U.  OMT .T.

Photo: auteur 144 .S. Lalouani Chetma Vue plane sur Sidi Figure N°9 : Les premiers noyaux de Chetma Elkoudia et El Dachra Source : Google Earth. Source: auteur Sidi Okba vers l’est du Zab : Figure N°12 : Le premier noyau inséré dans la palmeraie de Sidi okba Source : Google Earth. Photo : auteur Figure N°10 : Les sentiers dans la palmeraie de Chetma et les systèmes d’irrigation qui les accompagnent. Source: auteur Figure N°11 : Les rues et les passages couverts qui caractérisent la dachra de Chetma.

Photo : auteur Figure N°16 : Les rues et les entrées caractéristiques de l’architecture de la Dachra de Tolga Source : auteur 145 .Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Figure N°13 : Le premier noyau inséré dans la palmeraie de Sidi Okba Photo: auteur Figure N°14 : Les rues du premier groupement de Sidi Okba Photo: auteur Le cadre bâti du Zab Gharbi ou les oasis du plateau ouest des Ziban : Tolga à l’est Figure N°15 : Le premier noyau de Tolga. la Dachra de Farfar et les rues spécifiques de Tolga Source : Google Earth.

S. Source : Google Earth Figure N°17 : vue aérienne sur le cadre bâti d’Ouled Djellal et sa palmeraie. Source : Google Earth Le cadre bâti situé au pied des Aurès vers le sud : Guedila. Lalouani Ouled Djellal à l’ouest Figure N°16 : vue aérienne sur le noyau d’Ouled Djellal et sa palmeraie. Béni souik et El Kantara Figure N°18 vues sur les écosystèmes oasiens de Guedila et Béni Souik Source : Auteur Figure N°19 vues sur les écosystèmes oasiens d’El Kantara Source : Auteur 146 .

Les matériaux de constructions et les techniques d’irrigation sont aussi différents. agricoles. ils seront le support agricole et paysagé. sont complètement différents les institutions humaines côtoient la palmerais et s’étalent en horizontales. Le paysage de type agricole consiste dans les surfaces agricoles de la 147 . Les types des cadres bâtis et les paysages offerts : L’entrée par le nord de la région des Ziban offre un ensemble de gorges et de vues montagneuses. Les circuits des Zab seront les principaux ils auront une valeur historique comme nous l’avons abordés. superposé aux différentes routes et pistes. Tandis que la partie sud introduit le désert par des séquences paysagères ouvertes sur le ciel et la terre. Ils peuvent être sources d’études et d ‘inspiration aux architectes par exemple. ces données géographiques ont enfermé des groupements humains sans pareil. Ces zones se lieront entre elles et s’inter-sectionnent en des sous zones communes. DES CIRCUITS TOURISTIQUES DANS LA MICRO REGION DES ZIBAN : La carte suivante présente la répartition des différentes caractéristiques géographiques de la région des Ziban. Ce document permet une esquisse préliminaire d’un circuit touristique. Il offre aussi les différentes séquences paysagères de la région des Ziban. et surtout architecturales et urbaines. Ainsi que la typologie des architectures et des façades de chaque établissement. nous pourrons passer a l’analyse et à la recherche d’une manière adéquate pour les préservés et les protégés. il s’agit du paysage type agricole et du paysage de type urbain. Les types d’architectures et d’établissements. Il est important de signaler deux autres types de paysage. il sera possible de répartir la région en huit zones dont chaque zone aura ses propres caractéristiques géographiques.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Après avoir exposé tous les potentiels de la micro région des Ziban en matière des écosystèmes et des types de cadres bâtis qu’ils peuvent créer. (Réaliser à partir Health-Mapper) A compter la répartition en quatre Zab et l’intégration des routes nationales qui divisent a leur tour la région en quatre autres grands circuits. L’architecture de ces groupements humains se caractérise par son étalement en verticale incliné obéissant aux courbes de niveau des montagnes des Aurès. Les autres circuits seront des articulations et les liens. Figure N°20 : carte exprimant la répartition des circuits touristiques sur la micro région des Ziban. Après la lecture visuelle des différents Ksour. Dachra et tout autre type de groupement humain.

LE PAYSAGE POUR OUTIL D’AMENAGEMENT DES CIRCUITS ECOTOURISTIQUES POUR UNE REVALORISATION DU CADRE BATI : Le tourisme a proposé des parcours au cœur des sites historiques et anciens pour remonter dans le passé et des itinéraires de découverte du patrimoine architectural et des monuments mis en scène. dans ce cas nous parlons de tissu épars et de cadre bâti différent quand au paysage urbain cela implique les novelles extensions des noyaux traditionnels. les vues montagneuses représentent un type de séquence fermée par contre les séquences sahariennes qui donnent sur les dunes. harmonieux. des paysages. d’agriculture et insérer ce programme dans le cadre d’échange international entre université. Il est donc essentiel de mètre en place un programme de préservation du patrimoine à base d’un aménagement touristique adéquat aux potentialités de la micro région oasienne et particulièrement de ses Ksour et Dachra.S. social et culturel. Cette approche mettra en place des moyens de développement durable appropriés aux noyaux traditionnels par la revalorisation du cadre bâti des ksour et des Dachra qui recevront une dynamique basée sur l’activité touristiques scientifiques et intellectuelles. l’installation du concept architectural dar EDHIAF et pour quoi pas des extensions des écoles d’architecture. les ksour et enfin les sites naturels. Il serait donc important de parler de rapport tourisme paysage et cadre bâti. Cette dernière ce ferra par la restauration des ksour et des dachra. environnemental. le paysage sera toutes ses structures paysagères qui accompagnent les circuits touristiques proposés. économiques. La manière de le mettre en place sera seulement par l’exploitation des ressources paysagères : urbaine. la palmerais et le sable sont le type de séquence ouverte au ciel et sur la terre. Lalouani région. poétiques. soit en termes de devises. à travers des prospectus d’agences de voyage qui éveillent et justifient le désir d’évasion. Les séquences paysagères : les gorges. de valeur ajoutée ou d'emplois. Il serait donc opportun de réfléchir sur les types de touristes consommateurs de ces espaces ainsi que le cadre dans lequel nous devons les inscrire car le tourisme à une autre facette défavorable. Les définitions du paysage sont extrêmement nombreuses et le débat sur ce terme est loin d’être fini. accompagnent les routes et les pistes de la micro région des Ziban. social et économique et leur connaissance approfondie nous offres des outils pour réaliser des projets de paysages sensibles. au lieu de subir des aménagements et de découvrir tardivement le résultat d’un processus aléatoire susceptible de générer des images ébauchées et simplistes. Donc. ou carrément proposent des structures sécurisantes. architecturale et naturelle. Alors pour quels types de touristes et dans quel cadre il faut les inscrire ? CONCLUSION Le secteur touristique est un des piliers de l'économie nationale. L’écotourisme est un segment du tourisme. La mission du patrimoine ethnologique a conclu que le paysage est à la fois une construction culturelle et une production sociale. Donc. L’orientation vers une population estudiantine permet la protection des valeurs. et qu’au delà de la définition figée de la notion de paysage. sociale et culturelle car elle permet l’instruction de cette population dans le ses protection et préservation du patrimoine architectural. Il comprend les groupements d’habitations. Il implique nombreuses branches de l'activité économique et induit par son développement des changements culturels. ou suggèrent différents types de dépaysement. la structure de ce paysage naturel peut satisfaire deux types de touristes les allocentriques et les psychocentriques. Dont l’article exprime un potentiel touristique assez considérable et déjà existant. La corrélation cadre bâti et paysage : Pour ce faire il est important de définir la notion de paysage. politique et sociaux. L’aménagement des paysages a de multiples impacts: culturel. 148 . les chercheurs ont tenté d’éclaircir le rôle que celui-ci joue aujourd’hui dans une société s’intéressant beaucoup aux mécanismes de fonctionnement de cette notion qu’aux raisons qui le conduisent à tenir une place grandissante dans les rapports que nous entretenons avec notre espace. et affirme que les paysages font partie d’un patrimoine culturel que naturel. pratiqué par des personnes cherchant un contact proche avec les environnements architecturaux et naturels constituant des écosystèmes sans leurs porters atteints. Les réseaux d’eaux et les lacs saisonniers.

Suisse. In Contribution spéciale de Sustainable Business Associates (Suisse) à l’atelier « Pollution and Development issues in the Mediterranean Basin « du 28 janvier 2003 dans le cadre de la 2ème Conférence Internationale Swiss Environmental Solutions for Emerging Countries (SESEC II) du 28-29 janvier 2003 à Lausanne. 2006.hello. Ed. 2006. 2006. le cas des hautes plaines de l’Est. SNED. Année Internationale de l'Ecotourisme 2002 Site Internet: http://www. pour une approche ethnologique des paysages". 177. Avant propos de Claudie Voisenat et Patrice Notteghem: "Paysage pluriel. Madrid.world-tourism. (avril. Léon l’africain. Déclaration De Malaga Sur La Biodiversité Et Le Développement Durable En Méditerranée. CÔTE M. 2006. Direction du transport. du 18 au 22 novembre 1999 DÉCLARATION DE QUÉBEC. Alger. Direction des forêts. In Malaga (Espagne). collection "Ethnologie de la France". 1977. de la Maison des Sciences de l’homme.org 3- 45678910111213- 14- 1516- 149 . Direction de la Population et de l’Aménagement du Territoire.htm Site http://fr.186. Monographie de la Wilaya de Biskra. Document conceptuel. 1979.2006 ISBN-13 : 978-92-844-11924 OMT-PNUE. le Souf et le Oued Righ » thèse de doctorat soutenue à l’université Mohamed Kheider à Biskra. Développement durable du tourisme dans les déserts – Lignes directrices à l’intention des décideurs. 2003. le 1er novembre 2003. In Le tourisme saharien et la problématique de l’environnement In. 2006. Elche (Espagne) 153-156. Cahier n°: 09. Le vandalisme urbain et la population infantile et juvénile In actent du séminaire national en architecture. I. 2006) Pour Une Nouvelle Approche D’urbanisation Dans Les Zones Arides Cas Du Bas Sahara « Les Ziban. Biskra. Mutations rurales en Algérie. La cultura del oasis. Alger : OPU. Alkama Djamel. Nadia BENYAHIA. 1997. OMT. F. ouvrage collectif. Naceur. Site Internet : http://sba. Histoire des villes africaines.to Organisation mondiale du tourisme. Karim ZEIN.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Bibliographie 12Aboubacar.wikipedia. Colloque international oasis et tourisme durable..org/sustainable/fr/ecotourisme/doc-omt-pnue.

qui fait que les familles sont propriétaires usufruitières du bâti et non du sol. souvent. en général. tradition. Bien que. Bien que. à la disparition de pans entiers de la mémoire collective locale et nationale. peu à peu. par leur implantation sur les anciennes routes des caravanes. la remontée de la nappe phréatique. réappropriés ces ksour à l'abandon. Le statut du foncier est un autre obstacle à la rénovation. La rupture du système ksar . maille tout le Sahara. mais en péril. aussi. L'habitat ancien du Bas-Sahara présente des constructions introverties et irrégulières. avec une géométrie définie par la forme de la parcelle. cas du ksar de Ouargla M. depuis longtemps. et l'arrivée d'autres. qu’il s’agit. dressés sur des sols rocheux et terrains élevés pour l'autodéfense. Par la dégradation de ce patrimoine dont une partie tombe en ruines et son manque de durabilité. Mots clés: Espace oasien. La dégradation est. réserves et animaux. servant à bâtir ces établissements humains. Ils ont toujours fait partie d'un agro-système intégrant l'eau et la palmeraie [Bisson. globalement. Les ksour. Parfois. au mode de vie étranger au ksar (ni entretien. Ils ont toujours fait partie d'un agro-système intégrant la palmeraie. depuis longtemps. patrimoine. modernité. les terres cultivables et l'eau. Les populations pauvres ou les dernières vagues de sédentarisation des nomades se sont. Cette irrégularité formelle résulte de partages successifs des parcelles et de leurs modes d'occupations. unité sociale et économique. les empêche d'engager une réelle réhabilitation. maille tout le Sahara. constitue le talon d'Achille de ces groupements et participe. La surface varie selon les besoins de la famille. aient perdu leurs remparts. parfois. due à la forte densité du tissu qui oblige les habitants à surélever les maisons et à occuper les cours intérieures. préservation.fr Résumé Connu sous le nom de Ouardjelane (ibadite).Les ksour: témoin d'un art urbain saharien. les inondations successives. jusqu'à récemment. 2004]. contribué. ils deviennent de véritables îlots de pauvreté. aussi. domaniale. Le processus dégradant les ksour est lié à plusieurs facteurs: la fragilité des constructions. ils sont restés. beaucoup. Le matériau de terre. développement durable. en quête de conditions meilleures.palmeraie . abrite familles. . ni bonne gestion de l'eau). L'architecture ksourienne est un patrimoine riche dont une partie dépéri et tombe. des structures fonctionnelles assurant aux habitants une sécurité alimentaire et une cohésion sociale. sont une première série de causes. CHAOUCHE BENCHERIF Département d’Architecture et d’Urbanisme Université de Constantine – Algérie Tel mobile : 07 70 41 05 36 E mail : meriama60@yahoo. les ksour sont. et la maison. beaucoup. Ouargla présente une propriété. qui en est la base. par leur implantation sur les anciennes routes des caravanes. /ha en 2000. sans doute. fortement. La densité du ksar de Ouargla est passée de 270 en 1977 à 349 hab. par sa dégradation et son manque de durabilité. jusqu'à récemment. aient perdu leurs remparts. Dans le pays de Ouargla. c’est de la disparition de pans entiers de la mémoire collective locale et nationale. La nucléarisation familiale et les questions d'héritage amplifient le mouvement de désertion. des structures fonctionnelles assurant aux habitants une sécurité alimentaire et une cohésion sociale. le ksar de Ouargla est. y ont.mode de vie a induit des pratiques qui ont accéléré la dégradation. celui qui est le plus enraciné dans l’histoire du Sahara. pour la préservation des ressources hydriques et des sols fertiles. INTRODUCTION Les ksour. Le départ des autochtones. ksar. Cette confusion juridique. Relevant des territoires militaires. allant du rectangle au trapèze et à des formes composées. ils sont restés. en ruines. ou Ouarglène (berbère).

lieu de régénération de la société. Bab El Khoukha (Rabaa). Au niveau urbain. Ces ksour. Bab Ami. édifiés autour d'un espace de regroupement et d'échanges sur lequel donne la mosquée. Il se présente comme une entité circulaire compacte. Si l’œuvre coloniale sur le ksar fut positive au plan spatio-fonctionnel. 2004 Figure 1 : Alternance: claire/ obscure dans les ruelles La situation des ces noyaux dans les palmeraies forment un écosystème équilibré en conservant le même type de morphologie et obéit à la notion de groupe ou chaque fraction tribale s'organise autour de son ksar. conférant à l’ancien tissu. celui qui est le plus enraciné dans l’histoire du Sahara. Bab Azzi et Bab Errabia donnent accès au vieux ksar. On note. Les matériaux de construction utilisés sont le toub pour les murs et les troncs de palmiers pour les planchers intermédiaires et terrasses (Fig. que le mode organisationnel de ces tissus n'est pas l'expression du seul déterminisme climatique. pourtant.morphologique. L'ensemble des noyaux traditionnels est situé dans des palmeraies. un échec total. chaque ksar se définit par sa composition très complexe avec des rues et des ruelles étroites qui permettent de les ombrager au maximum et d’en faciliter la circulation de d'air. Les ksour sont. Toutefois. palmeraie.LES NOYAUX TRADITIONNELS: UNE DECADENCE INEVITABLE Les processus régissant l’ensemble sociétal actuel illustrent les aléas d’une longue histoire urbaine jalonnée d’ères de grandeur et de déclin. Chaouche Bencherif I. au mode d'exploitation agricole et à la sécurité défensive. Ainsi la notion de maison-rempart est régie par le principe de compacité urbaine et d'introversion spatiale de l'espace habité. Cette dernière est complétée par des remparts qui entourent les ksour. amorcent une phase de déclin dont le caractère est irréversible. aveugles sur l'extérieur marquent un savoir-faire local.M. se sont effondrés. la disgrâce du ksar aux sept portes Connu sous le nom de Ouardjelane (ibadite). presque. il fut. Ce mode d'organisation oasien qui s’adapte au contexte et au climat révèle un concept d'intégration du trinôme (ksar. ou Ouarglène (berbère). la trame et l'espace urbain y sont lisibles. de discontinuités et de ruptures. habités en partie. le ksar de Ouargla est. centralité et vitalité urbaine. I-1. sans doute. dont l'objectif est la protection contre les rigueurs du climat et de l’intimité. Bab Bouchak. les cités du Sud (ksour) s’exceptent en traversant les siècles avec une remarquable pérennité [Cote. La lecture de la composition architecturale des différents ksour fait ressortir que les façades. au plan socio. souvent."Ouarglène". comblé après une épidémie de paludisme en 1927. Sept portes séculaires: Bab Amor.1). même si les édifices. et la palmeraie qui représente l'espace économique. mais une façon de s'intégrer aux contextes liés à la structure socioéconomique. Il est parcouru par des rues étroites et sinueuses. densément peuplé. 2004]. de valeur architecturale. ceint par une muraille et un canal. La mise en rapport de ces tissus anciens avec la nouvelle logique urbaine s'est faite en leur défaveur. Bab El Boustène. ce qui met en évidence un caractère de coexistence entre l'habitat (ksar). Source : Auteur. aussi. eau). 151 . Durant ces temps agités.

tend à produire l'effet inverse. Comme tous les ksour. placette à humaine. des dégâts générés par les adductions en eau potable et par la surcharge des logements disponibles. ne laissant émerger au-dessus de ses terrasses que les minarets jumeaux des mosquées et les cimes de quelques palmiers jaillissant des cours. circulaires. 1973]. le paludisme infesta e l'oasis jusqu'au milieu du XX siècle. car elles attaquent le haut des murs et les terrasses qui ne sont peu protégées. une usure rapide des matériaux et des structures. Au dernier recensement (1998). d'entre elles. surtout. ni bonne gestion de l'eau). fortement. déclin aggravé par la vétusté de l'habitat. 1975].Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Des voies secondaires (ruelles et impasses) desservent les trois quartiers représentant les trois ethnies. I-2-Le ksar de Ouargla: un ksar vivant et très actif A son origine. Deux. Le boulevard qui l’entoure occupe le site des anciens fossés. qui entraîne. Le tissu est structuré autour des mosquées. par son urbanité (Fig. le ksar est une forteresse.3). Le départ des autochtones. y ont. L'eau provenant des fuites de réseaux d'eaux usées (s’ils existent) ou de distribution a des effets très néfastes sur les bases des murs. L'habitant du ksar "n'ayant pas de papiers" qui atteste Source : Auteur. lieux des rites dominants. 152 . Le ksar de Ouargla couvre 30 ha intra-muros [Rouvillois-Brigol. Le boulevard marque les limites du ksar dont les contours sont. en quête de conditions meilleures. vaguement. était le siège de prolifération des anophèles. toute action sur le bâti est jugée illicite. Ben Brahim et Beni Ouagguine. matérialisé par des bancs maçonnés (doukana). Il regroupe les trois quartiers de Beni Sissine. lors d’une touiza [Delheure.mode de vie a induit des pratiques qui ont accéléré la dégradation. contribué.palmeraie . et l'arrivée d'autres. Pillet 2003 Ouargla fait partie d'un ensemble complexe Figure 2 : Vue sur la place du Marché et Lalla intégrant les systèmes d’irrigation et la Azza ainsi que les Beni Sissine 1940 palmeraie. domaine des femmes jusqu'à midi (Dohr). la réponse de l'Etat consiste à reloger la surcharge Figure 3 : Ksar de Ouargla. Mais. La rupture du système ksar . L’ennemi du bâti traditionnel en briques de terre reste l'eau. La situation actuelle révèle un ksar en décadence. le sort du ksar semble meilleure que bien d’autres ksour ruraux. après les hommes en prennent possession. on le note sur nombre de ksour. Chacun d’eux possède deux portes et une place qui sert de lieu de réunion (djemaa). et la dynamique économique qui s'y développe. D'ailleurs. les logements sont occupés par plusieurs l’échelle humaine familles. perçue par les habitants et par les autorités locales comme une panacée pour maintenir le ksar en vie. celui de Source : D. non drainé et pestilentiel. l'adduction en eau potable. L’analyse des cartes et plans urbains montre la continuité de la trame bâtie vers la trame agraire.2). Ce fossé. donnent sur la place du marché: la mosquée Lalla melkia (malékite) et Lalla Azza (ibadite) (Fig. Cet espace est le foyer des activités économiques. 1996 son statut. évidemment. les dégâts que peuvent causer les eaux pluviales en averses. comblés en 1881. il était occupé par 8000 habitants. au mode de vie étranger au ksar (ni entretien. qu'elle ronge inexorablement.

à la fois. 2003 Figure 4 : le ksar de Ouargla : un plan original Beni Ouagguine est le seul à abriter de grands jardins. celle-ci n’a pas été bâtie autour d'elle. par sa position. abattus. peu à peu. abandon et destruction (Fig. Il est. ses rues se couvrent de pièces. Le ksar a changé depuis. des quartiers Beni Brahim et Beni Ouagguine. Ouargla n'est pas une cité circulaire radioconcentrique. Les remparts. les places sont rognées. il enregistre l'extension au-delà de la rocade. vers la ville nouvelle et la palmeraie. le sanctuaire culturel et spirituel par excellence. BAB AZZI W W BAB ELRABIA P P P BAB AMAR P P BAB RABAA W W W W W P P P P BAB EL-BOUSTANE W BAB BOUSHAK P PW BAB AHMID P W 0 15 30km Source : plan établi d’après le PDAU. la vigueur de certains tissus et la spécificité des réalités locales. 1995]. aux limites de saturation (335hab/ha). à priori. Ce tissu. il continue à assurer la fonction de centre urbain. Alors que Beni Sissine semble le moins bien structuré. 4). 153 . s'il se réalise. les résistances. Dans tous les quartiers. Eventré par la colonisation et par une percée récente. Il s'ordonne autour de deux grandes rues parallèles. au point de convergence des rues principales du ksar et de la palmeraie. d'autres édifices parasites altèrent sa bordure Sud et le projet d'une percée Est-Ouest finirait. au centre de la cité. car le gros des équipements se trouve sur son territoire: le Vieux Marché. Le quartier Beni Brahim est plus étendu et complexe. II. déchéance. et les jardins intérieurs construits pour gagner le plus d'espace possible. le ksar de Ouargla reste vivant et très actif.LES KSOUR: UNE DIMENSION SOCIETALE A VALORISER Globalement. dans la mémoire collective. Le plan du ksar est original. s’est encore densifié. Bien que la place du marché se situe au centre de la ville. La place du marché correspond. Chaouche Bencherif dont la trame foncière est prolongée par le parcellaire de palmeraie. Lorsque le ksar atteint sa capacité optimale. Sa construction semble postérieure à l'ensemble du réseau urbain. Il a été tronqué à l'Ouest par les destructions de 1872. Les processus de son déclin sont différenciés tant dans leur rythme que dans leur forme signalant. pour agrandir la place et assurer la liaison directe avec la Casbah.M. ainsi que la mosquée Abou Zakariya (1230). au début du XX siècle. l'habitat traditionnel représente une proportion de plus en plus marginale dans la ville saharienne où prédominent à la fois. notamment. même dans un piteux état dans certains secteurs. Ainsi le plan du ksar est-il commandé. les deux grandes mosquées. De plan carré.5 et 6). autant par sa structure sociale traditionnelle que par les étapes de sa croissance. sont remplacés par des constructions qui arrivent au ras du périphérique. sans apporter d'avantages à ses habitants [Pillet. les nouveaux quartiers apparaissant comme de grosses banlieues plus ou moins spécialisées. Lalla Malkiya (rite malékite) et Lalla Azza (rite ibadite). Plusieurs clans siègent dans la djemaa dont les membres représentent la djemaa de tribu. comme l'est la Casbah. maintien. entouré de maisons qui abritaient les boutiques du Souk. de défigurer la ville. construite e au début du XVIl siècle (Fig. les membres de chaque clan occupent un pâté de maisons desservi par des impasses où des rues le relient aux autres clans. ces artères furent e supprimées.

Le statut du foncier est un autre obstacle à la rénovation. voire la favoriser dans ces milieux hostiles. tendent à disparaître. entretenu (les portes ont été reconstruites). dès que les conditions le permettraient. les dernières vagues de sédentarisation des nomades se sont.Le ksar: patrimoine historique en danger L'état actuel des ksour dans cette région atteste du haut degré de leur dégradation. 7). le fondement conceptuel du ksar comme espace socioculturel. La nucléarisation familiale et les questions d'héritage amplifient le mouvement de désertion. Source: auteur 2005 Figure 7: Matériaux nouveaux et extraversion se généralise 154 . Les anciens noyaux offrent. d'accueillir une population nombreuse (8064 habitants) [ANAT. Le parpaing. les empêche d'engager une réelle réhabilitation. globalement. fait la fierté de certains ksour comme l'artisanat. Relevant des territoires militaires du temps de la colonisation. L'abandon est prononcé dans de nombreuses structures (Fig. due à la forte densité du tissu qui oblige les habitants à surélever les maisons et à occuper les cours intérieures. ils deviennent de véritables îlots de pauvreté. Si certaines abritent quelques habitants. la remontée de la nappe phréatique à El Oued. remplace la brique de terre. matériau responsable de bien des désagréments pour les populations autochtones. malgré sa dégradation. avec la disparition lente mais inévitable de la palmeraie. A Ouargla. rebâtissent en style traditionnel et recourt. ou leur ont donné une vocation. La densité du ksar de Ouargla est passée de 270 à 349 hab. à géographie et climat rudes. Parfois. l'image d'un dynamisme débridé. Survivre aux rigueurs du temps signifie une lutte constante pour se préserver des multiples agressions occasionnées par la bêtise humaine. La tendance est à la substitution des matériaux traditionnels par de nouveaux. cela témoigne plus de leur précarité que de leur volonté de partir pour une maison plus dure. domaniale. sont une première série de causes. 2004]. souvent. partiellement. pensé par nos aïeux pour sédentariser la population. Les populations pauvres. 2002]. /ha de 1977 à 2000 [ONS. souvent. car leur abandon est déjà partiel. comme le caractère religieux. Ouargla présente une propriété. Le ksar de Ouargla est. mais continue. aujourd'hui. les inondations successives qui ont causé de gros dégâts.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Source : auteur 2004 Figure 5 : Dégradation avancée des constructions dans le ksar de Ouargla La dégradation est. Le processus dégradant les ksour est lié à plusieurs facteurs: la fragilité des constructions qui requiert un entretien continu. les habitants qui rénovent. Même les activités qui ont. économique et facile à mettre en œuvre. En tout cas. plus résistants. qui fait que les familles sont propriétaires usufruitières du bâti et non du sol. en périphérie. aussi. est actuellement bien déprécié. réappropriés ces ksour à l'abandon. jadis. L'habitat longe les rues qui ont succédé aux seguias traditionnelles et se développe en horizontale et en hauteur. Source : auteur 2005 Figure 6 : Etat vétuste des ruelles II-1. ou celles qui ont présidé à leur destinée. Cette confusion juridique. aux matériaux modernes pour permettre aux ksour de mieux résister à l’usure du temps.

principale artère menant au vieux souk au cœur du ksar. dans le cadre du programme dit «d’embellissement de l’environnement». à l’occasion d’un mariage qui. toutefois. les étrangers apprécient mieux les lieux à leur juste valeur. les coutumes règnent et donnent des couleurs. En effet. aussi. des siècles durant. à la renonciation des siens. contrairement. à ceux du M’Zab (180 km de là). aujourd’hui. Aujourd’hui. comme site historique national. donc.. depuis longtemps. Durant une semaine. elle succombe. les handicaps de la ville du Sud (rude climat. aussi. la situation alarmante des ksour s’impose à l’œil et à l’esprit. pas à mobiliser la société civile contre l’invasion de la cité antique par le béton et à élaborer un programme de restauration. partout où notre regard observateur se porte. Chaouche Bencherif Ainsi. certains étant plus conservés que d’autres. heureusement. Désormais. Ainsi. On se retrouve. Cette thèse s’explique par le fait que Sedrata n’est. Le ksar retrouve. est livrée à la circulation automobile. en même temps que l’abandon progressif de l’agriculture. au centre de la dynamique commerciale des habitants. celles-ci ne sont que la façade qui n’empêche pas de grands bouleversements. le Bas-Sahara maîtrise peu son patrimoine architectural. méconnus pour la plupart par la population locale. attentif à ce qu’était cette capitale et ce qu’elle est devenue. resté. abandonnée par ses habitants au profit du nouveau village. l’ampleur des dégâts est visible à l’entrée principale du vieux ksar. n’en déplaise aux non séduits par la beauté rudimentaire de ces palais qui ont résisté. Comptant un grand nombre de ksour. Beni Ouagguine. école de jeunes filles des métiers de tissage. forcément. à ses éternelles rivales de Sedrata l’ibadite et N’goussa la sunnite. pourtant. bâti en béton et pollution). la palmeraie est bradée. les portes antiques. encouragés par une féroce volonté d’annihiler la notion de ksar. En vérité. dans les années 90. dès que l’on quitte les cités populeuses de la ville et les constructions intruses du décor saharien. Ces rituels reflètent les modes de vie sociale des Ouarglis où la vente se fait à la criée sur la place du marché. son éclat en août et en automne. De ce fait. Constituant la richesse architecturale de la contrée.M. comme tout ce qui vient du Sud. couronnant de longs efforts déployés par l’association créée pour sa sauvegarde. mais préfèrent ne pas s’immiscer dans le débat. témoignent d’un mode de construire et de vie sociale différents de ceux imposés par l’actuelle aliénation identitaire qui ne dit pas son nom. mais celle-ci n’arrive. En revanche. que la perversion a fait de l’aspect folklorique une dominante. quand les fruits. considèrent leur culture comme un folklore à ignorer. 155 . qui altère le cachet traditionnel. jadis. Il y a. l’oasis ancestrale créée. par où passe une double voie carrossable.) et du nord (surpeuplement. En effet. en plus des ksour de Touggourt et Témacine. patrimoine culturel d’Oued Righ. à la fois. En effet. à la rudesse du climat. célèbres vestiges d’une ère faste et prospère des florissants échanges commerciaux avec l’Afrique noire. le ksar ne fait plus partie de la vie sociale de Ouargla et ce. autorisée aux poids lourds et surplombée par une mini-cité. le ksar de Ouargla. Chott et Adjadja et les ksour ouverts de Rouissat. ceux qui n’apprécient pas. portent le même cachet architectural que celui qui caractérisait. toujours. Il est vrai. des usagers des deux mosquées de la ville. aujourd’hui. les ruelles étroites et les maisons à moitié effondrées. devant deux occurrences. initialement. En somme. odeurs et sons à cette fête. Force est de reconnaître. le béton s’est imposé dans les constructions modernes. Bien que Ouargla soit. n’est plus qu’un agglomérat ordinaire cumulant. comme havre de paix et dans le désert. le cachet ksourien s’est dissipé avec le temps. le ksar ne renoue avec ses traditions qu’en été. au grand dam des riverains. des 400 000 palmiers autour. aussi. parfois. peu à peu. les poids lourds livrent leurs marchandises quotidiennement sur la place du marché. Sidi Khouiled et El Bhour qui s’apparentent à ceux du Souf. que les sept portes séculaires restaurées récemment. les ksour de Ouargla forment deux catégories: les ksour-forteresses de Ouargla. que ruines exhumées en avril de chaque année où les Ibadites de la région y effectuent leur pèlerinage annuel. les accès de la Casbah. associée. bâtiments de 56 logements construits par l’OPGI. il est une évidence qu’on ne peut nier. la rue de Rivoli. A la place de l’ancien ouvroir des sœurs blanches. Souvent. dans le meilleur des cas. Quant à N’goussa. Proche de là. seuls les vieux remparts. de rites malékite et ibadite et des trois vieux quartiers résidentiels du ksar. comme des touristes à l’étranger. car celui-ci demande de gros moyens et une étude rigoureuse. N’goussa. c’est celle de la prédominance du ksar comme mode architectural et social. arrivent à maturité ou lors de cueillette des primeurs M’naguer et autres variétés de dattes.. ou feignent de découvrir cette richesse du patrimoine culturel national. le béton colonise les oasis autant pour la remontée des eaux. le ksar de Ouargla a profité d’une classification. reste le seul du trio à lutter contre l’oubli et l’extinction de la culture ksourienne. en 1996. éloignement. garde encore son cachet. près de Bab Bouchak. ils n’admettent pas cette folklorisation. voire assimilée. Beni Sissine et Beni Brahim. celle de l’indifférence des autochtones qui.

et ce qui nécessite la réalisation d’un ensemble d’actions complémentaires (Fig. mais l'usage des matériaux locaux comme le timchent (matériau de parement et de maçonnerie de remplissage) permet de sauvegarder une image proche du réel et d'initier des actes qui ont le mérite de contribuer à réduire les réticences à l’égard des matériaux locaux (Fig. enfin. sa requalification revêt un caractère prioritaire. même si elles ne touchent pas l'intérieur des habitations. Il s’agit d’actions préconisées par l’étude de réhabilitation du ksar [ANAT 2004] qui se résument en : 156 . le traitement des soubassements pour limiter les remontées capillaires. les habitudes d’antan. Plusieurs opérations. ne sont pas dénuées d'intérêt. Source : auteur 2005 Figure 9 : Bab Ahmid Source : Auteur. Pourtant. Ainsi. les proportions. un effort mérite d'être souligné. les générations passent. qu’il n’est pas aisé d’anéantir ce qui a été conçu pour durer. 2004 Figure 10 : Opération de restructuration du ksar de Ouargla II-2.9). il prouve.10). Le programme de réhabilitation comprend l'aménagement des placettes. la réfection des façades. sous équipée. il l’est beaucoup moins en réalité pour le ksourien qui l’habite. le renforcement structurel des espaces couverts en voûtains de plâtre et en solives métalliques. Pour pérenniser le ksar dans sa dimension historique. par sa pierre qui. ont contribué à redonner un certain éclat au ksar (Fig.8).Restaurer le ksar ou réconcilier la ville avec son passé D’après le constat qui confirme l’état de dégradation du ksar. l'injection de poteaux en béton armé pour renforcer la structure globale et. depuis des siècles. telle la restauration des équipements de culte: zaouïas et mosquées reconstruites en béton armé. les volumes et le respect des alignements et de la densité. les retrouvailles du soir avec les anciens se perdent. la couleur. Ces actions. même si son aspect général reste globalement attrayant pour le visiteur. aujourd’hui. C’est une structure vétuste. celui-ci se meurt. peu à peu.Conférence Internationale sur la Médina Par contre. la jeunesse montante aspirant à d’autres sources de connaissances. 11 et 12). D'autres actions ont été menées. social et culturelle. Tlemcen 13 et 14 mai 2008 Source: auteur 2005 Figure 8 : Bab Azzi Des habitations ont été réalisées pour restituer le caractère initial de l'espace urbain en jouant sur des paramètres dont l'échelle. résiste aux assauts du temps. le ksar de Ouargla se restaure (Fig. déjà réalisées. mais le ksar reste là.

Le problème est de savoir découvrir et apprécier ce patrimoine afin de le sauvegarder. assainissement) adaptés au tissu ksourien et aux problèmes de remontée des eaux en surface et à l’agressivité des sols. de le mettre en valeur et de l’intégrer harmonieusement au cadre de vie contemporain. entre des schémas d’aménagement préconstruit et une réalité sociale complexe. culturelles et historiques des maisons. CRS) est obligatoire en fondation. Comment favoriser l’action protectrice en l’absence de perspectives politiques favorables à la mise en œuvre de politiques adaptées d’aménagement ? Comment faire du débat théorique et des études un ressort pour l’action ? Il importe de retrouver les logiques d’articulation du moderne et du traditionnel. . La préservation des noyaux anciens en vue d’une nouvelle recomposition urbaine devrait susciter une mobilisation conjointe de l’Etat et de la société civile. Mais celle-ci ne présuppose-t-elle pas que le dialogue et la contestation ne soit pas toujours perçue comme une remise en cause radicale de pouvoirs qui se veulent légitimes. Les politiques de sauvegarde actuellement conduites en Algérie sont loin de leurs objectifs. héritage culturel que nous a transmis le passé. Certes. Généralement. CONCLUSION Le patrimoine architectural. Mais la rénovation brutale n’est pas pour autant toujours abandonnée. a une grande valeur spirituelle et transcrit de la manière la plus expressive l’histoire de la civilisation humaine. l’utilisation d’un ciment spécial (HTS. voire de dizaines de milliers d’habitants.Des actions liées à la réhabilitation des constructions à usage d’habitation en préservant toutes les valeurs architecturales. 157 . méconnue ou niée. Plus fondamentalement est posée la question des enjeux sociopolitiques du patrimoine et de la sortie des multiples cercles vicieux induits par ces enjeux. les discours se sont nuancés depuis l’époque. pas si lointaine.Les actions doivent être présentées sous forme de fiches techniques selon les échelles d’intervention. l’écart est considérable entre les discours et les pratiques.La mise en place des systèmes des réseaux (AEP.Vu la nature agressive des eaux. Le recensement méthodique des formes permet d’effectuer ensuite une analyse systématique avec phases de catégorisation et classification.Le découpage du tissu du ksar en secteur d’intervention tenant compte de l’intégration des éléments structurants et de l’état de vétusté du cadre bâti . du bâti ancien et des usages qui en sont faits. hors des centres historiques. Chaouche Bencherif Source : auteur 2005 Figure 11 : La place des martyrs source : auteur 2005 Figure 12 : Rénovation de la façade urbaine sur le boulevard . de la ville moderne et des centres anciens. . .La réalisation du cadre bâti se fera par des matériaux solides tels que la pierre la chaux et le ciment.Des activités liées à la restauration et à la mise en valeur des équipements traditionnels et historiques du ksar. Ce travail sera articulé autour de la typologie architecturale de maisons et le répertoire des éléments architectoniques ainsi que les principes d’organisation spatiale des maisons.M. . . . où les solutions préconisées passaient par de grandes percées éventrant des quartiers entiers et/ou par le transfert. de milliers.

Annuaire Statistique de la Wilaya de Ouargla. ROUVILLOIS-BRIGOL M. mais aussi une ressource sur le plan économique. Paris. Ed. COTE M. ANAT. Ed. il s’agit en fait de réfléchir à son intégration dans l’économie nationale et notamment dans le secteur touristique et celui de l’habitat. Publications de l'Université de Paris-Sorbonne. (1995): Repères pour l'histoire de Ouargla 1872-1992. vital à sa promotion et à sa sauvegarde. on peut les évaluer en terme de réappropriation d’une identité de plus en plus menacée . p. ANEP. doivent constituer non seulement l’élément équilibrant sur le plan identitaire et culturel. p. 6. 480 3. variations et organisation d'un espace rural en milieu désertique. au plan économique.389 158 . implique l’emploi de ressources considérables. (1973) : L'habitation à Ouargla. Karthala et IREMAM. les biens immobiliers et mobiliers. et par rapport à l’attrait touristique qui en naîtra. et alléger ainsi les charges de l’Etat pour son entretien . le Bas-Sahara algérien. qui est fonction de la consistance des biens mobiliers et immobiliers à préserver.. BISSON J. 78 5. Ouargla. La prise en charge du patrimoine bâti doit s’inscrire dans un cadre organisationnel adéquat à même de répondre aux exigences nationales en la matière .Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen 13 et 14 mai 2008 C’est d’une certaine manière la capacité des sociétés autochtones de faire de la question de la requalification des noyaux anciens une ressource dans la recherche d’une alternative libérée des modèles linéaires et protecteurs de domination qui est en question. 350 7.. p.. DELHEURE J. PILLET D. ainsi une restructuration du secteur du patrimoine culturel s’avère nécessaire. Mais les avantages qui en découlent sont incommensurablement supérieurs : au plan culturel. Sahara algérien.. Alger. BIBLIOGRAPHIE 1. Autrement dit. (2005) : (s/dir) La ville et le désert. 2. ils se mesurent par rapport au progrès de l’emploi en phase de réalisation et de gestion des interventions programmées. culturels et naturels. L’Harmattan. ONS. (2004) : Etude de réhabilitation du ksar de Ouargla. Agence Nationale de l’Aménagement du Territoire. Placer la protection et la mise en valeur des noyaux initiaux dans un contexte socio-économique dynamique lui permettant de s’auto entretenir.. p. p. 305 4. Tout engagement politique en faveur des noyaux anciens. (1975) : Le Pays de Ouargla. Ed. Alger. (2002). (2004): "Mythes et réalités d'un désert convoité: le Sahara". Sétif. le fichier périodique n°119.

Ouargla en tant que centre urbain et oasien en plein essor dans la partie orientale du Sahara. dans cette symbiose entre le ksar et la ville qu'il s'agira d'assurer et d'entretenir. socio-économique que celles qu'elle a connu jusque-là. vastes étendues désertiques. C’est un important centre urbain dans la région Sud du pays qui a connu de profondes mutations et qui abrite une population de plus de 151 985 Habitants. En plaçant l'intérêt de tous au dessus des profits conjoncturels. Face à cela. d'autres dynamiques. valoriser son image et patrimoine authentiques et son présent africain. constructive.. rareté de l'eau. sont vus comme les espaces les plus sensibles et fragiles où les contraintes au développement et à l'aménagement sont difficiles et objectives. L’agglomération de Ouargla est le chef lieu d’un territoire qui s’étend sur une superficie de 163. Sa production architecturale et urbaine se démarque par ses lignes préférées à travers la culture. Le ksar en tant que symbole et entité physique de l'organisation spatiale et sociale . de nouvelles formes diverses et complexes de réponses au déficit en logement se sont fait jour dans notre pays. urbaine. car inéluctables : rigueur du climat.M. M. est directement concernée par les mutations socio-économiques en cours. Ouargla est condamnée à inventer une formule pour se développer sans pour autant hypothéquer ses ressources. difficultés de déplacement. identitaire et économique.L. Ces villes ou quartiers récents si elles offrent une réponse conjoncturelle. En effet. Confronté à une croissance urbaine rapide traduite par des nouvelles formes de production des espaces.. n’en ouvrent pas moins un autre champ d’interrogation plus culturel. voire violente dans les espaces dits sensibles ou spécifiques. Ouargla allie les éléments d'une ville moderne.. majeure partie du territoire. affirmer sa particularité culturelle.foggara et du ksar qui est en disparition alarmante aujourd’hui. et des quartiers traditionnels en se caractérisant. elle doit passer à un autre rythme et doit expérimenter une autre dynamique économique basée sur la valorisation de ses propres ressources. en sachant préserver ses ressources. définit par une urbanisation non maîtrisée doublée d'inadaptation des modèles importés et imposés aux populations avec une nouvelle vision de l’espace urbain. Centre Universitaire Oum El Bouaghi 1 2 INTRODUCTION Le pays vit des mutations économiques et sociales profondes. L'aménagement intégré de ces deux entités fera-t-il naître une ville saharienne contemporaine? Le défi est bien là. Dans ces vastes territoires. Les territoires sahariens.Les tissus anciens : entre marginalité et durabilité Cas du ksar de Ouargla S. SERRADJ Université Constantine. elle peut aspirer à un avenir prometteur. L'espace oasien est constitué de la palmeraie . d’un mode de vie adapté en fait d’une haute complexité. multiplier et varier ses compétences. KADRI . Ouargla se prépare à repenser sa propulsion dans l'avenir où elle est appelée à tenir un autre rythme de développement. par la présence de deux composantes indissociables à savoir : l'espace oasien ancien d'une part. Ce type de tissu urbain est définit comme un code opératoire très élaboré et d’une très grande diversité de richesse : il s’agit d’une logique fonctionnelle. les traditions ou les rites.263km². Cela est d’autant plus grave lorsqu’il touche un espace aussi fragile que l’espace oasien. Elle se doit de profiter de cette ère nouvelle d'ouverture économique et culturelle pour passer le cap de l'assistanat et s'engager dans des initiatives maturées. et l'espace urbain récent d'autre part. Elle n'est autre qu’une projection de sa pensée et de son savoir faire face aux contraintes climatiques inhérentes au milieu saharien. elles concernent tout le territoire national et se manifestent de façon plus contrastée. Ils témoignent de la manière dont l’homme a transformé la nature brute pour la mettre au service de ses intérêts.

S. La beauté de Ouargla est plus secrète et demande qu’on s’y attarde un peu pour la goûter. d’un côté. OUARGLA. Il n’a certes pas l’originalité des villes du M’Zab dont le site étagé fait ressortir la pureté architecturale. axes hiérarchisés…). Aujourd’hui. I. 160 . climatiques . crée une rupture en installant. qui ont dicté l’organisation du tissu. Nous sommes non pas face à une anarchie indéchiffrable mais face à un territoire où se juxtaposent sans fusionner les manifestations construites de deux logiques territoriales : une structure ksourienne basée sur l’activité agricole et le négoce et une administration du territoire qui ne s’est pas encore affirmée en tant que structure et où prévaut le secteur tertiaire. aujourd'hui. et dont la valeur historique.M. des villes rouges comme In Salah. Tous ces éléments définissent une situation de dualité spatiale. UNE DUALITE ENTRE DEUX ESPACES: LE KSAR ET LA VILLE La façon d’occuper et de consommer l'espace trahit la nature de l'habitat et l'architecture d'une société donnée. le mode d’extension. au lieu de se faire en continuité. Ainsi. nous révèlent l’exceptionnelle combinaison de facteurs variables défensifs. Beni Abbés ou Timimoun. Le ksar d’Ouargla qui couvre actuellement 30Ha pour une population de 10 000 personnes environs constitue l’un des repères historiques de la ville de Ouargla. économiques. L'architecture est le reflet de l'évolution des civilisations et des cultures. Les ksour. Kadri de la ville saharienne demeure une richesse patrimoniale du Sud algérien. TISSU TRADITIONNEL 0 200m Source: Lawless et Baghli Figure 01 : Dédoublement du ksar par la ville moderne Ces entités urbaines d'une grande qualité architecturale et urbanistique. voie ferrée) existent. ce patrimoine d’une valeur architecturale et culturelle certaine a été délaissé. sur le rivage d'une croissance urbaine galopante. les populations locales de ce climat désertique ont appris à faire face à ces conditions et donc à construire en fonction du climat et non pas à rivaliser d’ardeur avec l’environnement. bien que les infrastructures (routes nationales. la logique de structuration du territoire qui régissait pendant des décennies ne dispose plus de toutes ses composantes et n’est pas d’usage. sans aptitude à la centralité et.1. qui apparaissent suivi de transformation dans la forme urbaine : de l’îlot à la rue… agencé au tissu ancien d’où une variété dans les types qui entraîne une discontinuité dans le développement de l’espace urbain et une absence de toute forme d’intégration spatiale ou d’une adaptation locale. des exigences sociales . artistique et culturelle est incontestée. Malheureusement. ne serait-ce qu’en prolongeant les éléments de structuration déjà existants (parcellaire. ou encore des villes à coupoles du Souf. de l’autre. « un noyau ancien » comme périphérie. des « zones nouvelles » sans ancrage. où les tissus anciens sont exposés à une dégradation permanente. Le ksar de Ouargla : un cadre de vie social exemplaire et une adaptation parfaite au climat Ouargla est un très beau ksar. ont traversé des siècles pour échouer. Ce qui en résulte est une image de ville qui se présente comme un ensemble de fragments de tissus urbains… (Dilatement). I. des Kasbah marocaines.

  Premier niveau : ksar avec sa structure et ses équipements d’excellence Deuxième niveau : Quartier . La présence de l’eau : Étant une ressource vitale.1.2. Le plateau est traversé par l’une des plus grandes canalisations souterraines distribuant l’eau de la fameuse Ain Sfa de Sedrata. fondé après la destruction de Sedrata et la fuite de ses habitants vers le plateau qui supporte le ksar actuel. Cette ressource rare dans un milieu aride est captée dans la nappe phréatique la plus proche à la surface du sol.Troisième niveau : Sous quartier (Djemaâ) 161 . le 13 et 14 mai 2008 I. mais surtout sacrée au Sahara. Pour s’installer de nouveau dans la zone. car celle-ci n’est qu’à 60cm de la surface du sol. à l’échelle de l’Afrique. Les bas fonds sont préserves pour les activités agricoles.1 Logique d’implantation : une situation au confluent des pistes transsahariennes En général les établissements humains des ksour sahariens se faisait soit par :    La sédentarisation des nomades et fondation de leurs propres villes (ksar). entouré de jardins de palmiers offrait une très bonne assise aux maisons. I.1. Position privilégiée du ksar : pôle d’échange commercial très ancien : Le ksar constituait le point névralgique où se convergeaient toutes les pistes des caravaniers les plus importantes pour relier plusieurs pôles. notamment sur les plans ethniques et religieux. les habitants de l’ancienne « ville » de Sedrata choisirent un plateau peu élevé par rapport à la cuvette de l’oued Mya. A cet effet on dénote trois niveaux de structuration du tissu urbaine : (Fig. Les échanges commerciaux se faisaient au niveau de cette ville qui servait aussi de lieu de repos et de passage des caravanes venant de Ghadames en allant vers Fès (Maroc) et de Tunis en allant vers Gao (Niger). Le transfert de population d’un ksar vers d’autres sites d’implantation quand les parcelles à construire sont épuisées. ou d’une façon indirecte par une galerie (canal de Sedrata) qui alimente les maisons qui possédaient leurs propres puits. Ce site. Les premiers habitants du ksar de Ouargla ont du choisir un plateau peu élevé dans les bas fonds de la vallée de l’oued Mya pour être proche des endroits ou l’eau est facile à extraire de la nappe phréatique en creusant des puits d’une certaine profondeur. un phénomène très connu dans la région. Pour le tissu du ksar cette logique d’implantation est dictée par des éléments physiques et sociales ci. la présence de l’eau dans le désert est le premier élément à prendre en considération pour toute implantation d’établissement humain. l’eau est distribuée ensuite à l’aide des galeries souterraines vers les différents jardins des palmeraies. Cette eau est utilisée par les habitants du ksar soit d’une façon directe en ramenant des puits. L’émigration de la population suite à des troubles entre tribus et groupes ethniques ou religieux. pour contrecarrer les invasions d’une part. les constructions ne formaient qu’un ensemble de hameaux éparpillés sur le plateau. n°02). se qui est le cas pour le ksar de Ouargla. Cette implantation se faisait tout en préservant le patrimoine agricole de la palmeraie. Identifications des composantes du ksar L’organisation sociale de la population du ksar a fortement conditionnée le processus de production de l’espace ksourien. repartis autour d’un site vierge lequel est devenu plus tard un point de rencontre « le vieux marché ») et ou se trouve la tombe de Si-Louargli et l’ancien point d’eau (carte d’évolution des remparts). et d’autre part pour se protéger de la remontée des eaux de la nappe phréatique. Les hameaux éparpillés qui constituaient les noyaux primitifs du ksar étaient composés de familles élargies différentes les unes par rapport aux autres. Au début.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen.après : Le site : Les premières constructions ont été implantées sur un plateau plus au moins élever. à l’abri des zones touchées par la remontée des eaux en surface.

la djamaa. disparition progressive des espaces libres. Même la palmeraie qui ne représentait plus un potentiel foncier convoité par l'urbanisation. accroissement des nombres de la famille et donc des besoins entraînent la restructuration de l’habitat. le souk et surtout les remparts percés de portes.U du groupement d'Ouargla+travail personnel. par contre celle de la ville perdait de son importance. De plus.S. Kadri On trouve les fractions suivantes: 1: TOURES OU THOUREST 2: L'MIZEB 3: KHIRBA 4: TIRIRA OU TIRIYA 5: AZZI 6: DADA MOUCA 7: LALLA TOUBA 8: HAHA 9: BASA OULHA 10: LALA MANCOURA 11: BAYIDIR ECOLE PALMERAIE PALMERAIE PALMERAIE PALMERAIE On trouve les fractions suivantes: 1: BAB ERBER OU ER-RIAH 2: BAADECH 3: DAQQUICH 4: BAYAD OU DJAMAA OUAGGUIN 5: BABER-R'ELEM P P P PALMERAIE BENI BRAHIM P Centre de formation Cette organisation urbaine reflète une organisation sociale bien hiérarchisée dont les grandes lignes se résument dans la figure suivante . le marabout (tombes des Wali). reconstruction des habitations sur une même parcelle. typologies architecturales privilégiant l’introversion de maison pour préserver l'intimité. et la cohérence première des entités urbaines avait tendance à se désagréger. paysage qui fait oublier dans lequel milieu naturel. multiplication des accolements et mitoyennetés.A. la réinterprétation ou la rupture au niveau du tracé et de l’architecture nous permettront de mettre en avant l’impact de cette dynamique urbaine sur les causes de dégradation du ksar et sa marginalisation au sein de la ville à qui il a donné naissance. la mosquée. Si l’homogénéité du tissu demeurait. la zaouïa. le tissu ksar connaît une dégradation très avancée due au délaissement. Ce phénomène a eu un impact direct sur la ville qui s'est développée très vite au détriment du ksar. 2005 FIG N°02:LE KSAR HIERARCHIE DES ELEMENTS MORPHOLOGIQUES DE COMMUNICATION SOCIALE Figure 02 : Le ksar. fondamentalement hostile et contraignant il a pu surgir. matériaux utilisés. le ksar a amélioré le confort thermique à travers. Chaque ruelle regroupe plusieurs clans de la Djemaâ et chaque clan est reparti en groupes de famille sur l’ensemble des impasses qui prennent issue de ces ruelles pour constituer le dernier maillon de cette structure urbaine à savoir la maison ksouriènne.M. où tout est création de l’homme. Outre les éléments qui le composent: la maison. Chaque groupe ethnique occupant un quartier qui est organisé en plusieurs fractions qui se composent de sous quartiers. P BENI OUAGGUIN Mosquée Marché P Mosquée P P P P Marché BENI SISSIN P P P P On trouve les fractions suivantes: 1: SEBROUCH OU 6: LALLA TISKIFIN MESS'AOUDA 2: AROUSA 7: SI BEL HAMOU 3: HOUHAF 8: ADDOUR OU 4: AKDI OU SIDI HADDOUR HAFIANE 9: EL MOHAG 5: BOUSHAK OU BOUSHAQ OU BOUHAFC P P 0 Limite des sous entités Placette Lieu de la djemaa Ruelles piétonnes 15 30km Source: P. Si ce processus de croissance est identifié. une première fois par le commerce caravanier et spécialement du troc de l’or et d’esclaves et une deuxième fois par l’essor contemporain du à l’activité pétrolière à partir de 1955. passages couverts des rues étroites pour la création d'ombre afin d’atténuer les effets de chaleur. L’oasis de Ouargla a été deux fois favorisé par l’histoire. L’identification de la permanence. voit son agriculture se marginaliser.Ouargla : une croissance spatiale démesurée et des mutations urbaines mal assumées Le paysage d’une oasis est un paysage entièrement artificiel. terrasses accessibles. formes urbaines. sont autant d’aspects de son adaptation aux contraintes climatiques. réduction conséquente de l’espace de jardins sont des faits évidents qui n’expliquent pas pourquoi seuls ces procédés ont été utilisés. entraînée par l'accélération démographique due à l’implantation industrielle et la promotion administrative.D. Ces lieux. 162 . La ville de Ouargla a subi une forte urbanisation. symbolisent sur la plan social la Djemaâ (la fraction). vers lesquels convergent toutes les ruelles des sous quartier. à une densification du tissu sur lui-même avec le cortège d’inconvénients que l’on sait : renchérissement des terrains et spéculation. sa main d'œuvre se perdre et ses infrastructures se détériorer malgré les quelques initiatives privées qui continuent à la maintenir en vie en l'absence d'aides publiques et d'encouragements. organisés autour des espaces structurants appelés lieu de Djemaâ. hiérarchie des éléments morphologique de communication sociale Aujourd’hui. I-2. mais la manière dont se sont formés les tissus que nous rencontrons aujourd’hui : reprise. nous n’en connaissons pas exactement les mécanismes.

Il conçut le projet d’une ville moderne sur l’ordre de ses supérieures à côtés du ksar. I. ils présentent un dynamisme étonnant. au cours de la quelle la ville s’est étendue au sud du ksar sur une superficie de 200ha. La troisième étape du processus d’urbanisation qu’a connu l’agglomération correspond à la période de l’indépendance au cours de laquelle l’agglomération a connu un développement rapide mais anarchique. Ouargla apparaît à l’heur actuelle comme oasis privilégiée des ressources ont été considérablement accrues par un nouveau courant commercial né de la proximité des exploitations pétrolières. plus qu’au développement et de l’exploitation des hydrocarbures ». période au cours de laquelle elle était le chef lieu de l’ex wilaya de l’oasis qui a bénéficié en 1966 d’un programme spécial dont une grande partie des investissements était destinée à la réalisation de programmes de logements et d’équipements dans l’agglomération de Ouargla. malgré l’apparence très désordonnée. Said Otba et Sidi Boughoufala au Sud. La deuxième phase du processus d’évolution de l’agglomération correspond à la période coloniale. Selon le cahier de l’aménagement du territoire. L’indice de croissance urbaine le plus élevé a été enregistré entre 1966/1977. La partie de la ville de Ouargla que l’on doit aux occupants français a été construite à partir de 1927 par le colonel Carbillet. La conquête française s’est faite par étape successive . « La transformation de Ouargla. L’agglomération de Ouargla a connu une croissance urbaine comprise entre 4.85% et 7. il introduit ainsi un nouveau mode de perception de l’espace qui était inconnu dans la région.88%. Il dessina largement les voies parallèles et perpendiculaires traçant ainsi un réseau en damier qu’il bordait de jardin.2. trottoirs et lampadaires. la découverte du pétrole a accéléré le phénomène de sédentarisation des nomades. Si Ouargla est aujourd’hui capitale incontestée du Sud. A la différence du ksar. La composition urbaine : une discontinuité d’entités Ouargla se caractérise par un tissu urbain étalé. elle comporte trois phases successives de 1883 à 1904 pendant cette période les interventions étaient essentiellement concentrées sur le noyau initial . l’élargissement du marché de travail et de nouveau rapport ville-compagne et espacesociété. c’est à la géopolitique qu’elle le doit. l’agglomération se caractérise par un tissu urbain hétérogène dont une grande partie est occupée par des quartiers vétustes et sous équipés : 163 . Sa réalisation obéit à des impératifs sécuritaires et abritait à l’époque une population de 1 000 personnes et 600 constructions dont le nombre a évolué progressivement. « La ville est à l’image de ceux qui la gèrent et de ceux qui l’on conçue » P. Après 1940 la ville continue à s’étendre autrefois simple marché local. La sédentarisation massive de la population et l’apport d’une population massive provenant des différentes wilayats du pays sont autant de facteurs explicatifs de l’évolution urbaine qu’a connue l’agglomération au lendemain de l’indépendance du pays. le 13 et 14 mai 2008 I-2-1. Le mirage du pétrole a marqué la ville par les premières mutations en matières de changement du mode de production.La croissance urbaine : une poussée rapide et différenciée La première phase de l’évolution du tissu urbain est liée à la création du ksar au Xéme siècle sur une superficie de 30ha. C’est la transposition d’un nouveau modèle urbain qui vient se greffer à l’enceinte du ksar dont les différences typologiques et morphologiques sont nettes.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. Ouargla prend rapidement son nouveau visage de chef lieu de wilaya avec boulevard à double voie. non structuré et monotone du point de vue architectural et urbanistique. la ville de Ouargla connaît une accélération du phénomène de sédentarisation des populations nomades. Mekhadma à l’Ouest. Claval. La présence massive de la végétation achève de donner à Ouargla la physionomie d’une ville du Nord avec une platitude parfaite.2. Durant la période 1956 à 1960. phénomène qui a donné naissance aux quatre quartiers dits « nomades » : Béni Thour à l’Est. Ouargla est devenue un grand centre urbain dont le niveau d’équipement est en déjà d’un chef lieu d’un territoire stratégique. Sa prospérité reste plus que jamais liée aux apports monétaires extérieurs et la volonté politique d’un gouvernement soucieux d’établir l’équilibre régional dans tout le pays. résulte de la volonté de la politique de l’Algérie indépendante qui tient à affirmer sa souveraineté face aux impérialismes voisins.

palais de justice. Ce site d’extension doit recevoir tous les programmes de développement. Rouissat. susciter la transformation du tissu urbain. moyen et long terme.. Il s’étale sur une superficie de 1020 hectares. il continu de représenter pour la population un sanctuaire culturel et cultuel par excellence.. pour les différentes échéances de la ville.. Sur la trame du centre ville sont venus s’articuler les autres axes et se greffer d’autres quartiers tels que : Mekhadma. 1997 FIG N°03: TYPOLOGIE DES QUARTIERS ET POLES D'ANIMATION COMMERCIAL Figure 03 : Typologie des quartiers et pôles d’animation commercial Bien que le ksar occupe un espace modeste par rapport à l’agglomération et connaît un état de vétusté préoccupant. mais cette solution peut être a double tranchant dans le sens ou elle peut renforcer et accentuer la rupture entre le tissu traditionnel et les pôles d’animation de la ville.U service d'Urbanisme. qui connaissent développement anarchique et d’énormes problèmes.Au Nord du centre se localise l’ancienne ville (ksar). Il s’agit généralement de lotissements de quelques villas ou petit immeuble de trois niveaux rarement quatre.M. Cette situation s’est traduite par le départ d’une partie de la population vers d’autres quartiers de la ville et que 48% des constructions ne sont pas habitées actuellement. Said Otba…. est permettre ainsi la sauvegarde du ksar classé patrimoine national.Un noyau central ou bien la ville coloniale constitue le centre ville qui abrite des équipements importants répartis le long des axes structurants ou sont implantés un habitat à fonction urbaine et de larges avenues plantées d’arbres. de formuler une structure permettant un développement harmonieux de la ville.M. ces trois formes urbaines se complètent par l’habitat collectif et les immeubles des équipements urbains d’une forme moderne.) Scolaires Sanitaires Commerciaux Zone industrielle Extension future de la zone industrielle HABITAT Individuel Collectif (plusieur niveau) Bâtiments militaires Hôtel de tourisme Palmeraie Cimetières Gharbouz Mekhadma Beni Thour Village socialiste Ben Abda Sidi Boughafala VERS ROUISSAT QUARTIERS Ksar (sédentaires. . Kadri .LE KSAR DE OUARGLA : ENTRE HARMONIE ET RUPTURE La nouvelle vocation de la ville de Ouargla durant la période coloniale et post coloniale comme un pôle administratif et militaire a eu des conséquences négatives sur la préservation du ksar. 164 . Elles se réalisent également sans souci de cohérence et d'organisation d'ensemble et surtout sans principes d'intégration au noyau urbain existant. forte densité Immigrants à l'hectar) originaires du Nord Quartier coloniale (militaire) Quartier administratif Nomade sédentarisés (faible (récent) zone industrielle densité à l'hectare) Nomades sédentarisés (se restructurant) ACTIVITES COMMERCIALES convergence des rues marchandes marché couvert marché en plein air (quotidien) souk du vendredi marché au bois (disparu) magasin d'état (grande surface) Flux de fréquentation préférentille Boutiques dispersées (commerce de quartier) B 0 500 1000m Source: P.  Les nouveaux tissus : après l’indépendance. Sokra.  L’un des problèmes principaux du développement futur sera de retrouver une unité à cette agrégation de tissus. II. Un pôle secondaire. VERS N'GOUSSA OUARGLA. il est à la limite de sa saturation caractérisé par un tissu dense et présente un état de dégradation incessante.S. Le ksar de Ouargla est le noyau urbain de la ville et l’un de ses principaux repères urbains mais qui connaît une dégradation avancée par manque d’entretien. Le site d’extension future est située à l’Ouest de la ville de Ouargla dans le plateau de Bamendil qui présente la plus grande partie des réseaux foncières prévues pour le développement de la ville à court. Bamendil. le triangle militaire occupe une superficie de 55héctares dans le centre ville et constitue une barrière urbanistique d’intégration et une contrainte physique à l’organisation et au fonctionnement de l’espace central. effacer les ruptures entre les quartiers indigènes et européens. EQUIPEMENTS ET HABITAT VERS TOUGGOURT VERS GHARDAÏA VERS ROUISSAT VERS N'GOUSSA ksar B EQUIPEMENTS Ifris El Gara Administratifs (wilaya. L’habitat collectif se disperse et ne forme qu’exceptionnellement un quartier.

D’autres opérations ponctuelles de transformation des maisons ont été réalisées de la part des habitants. . ce qui a contribué entre autre au changement de la typomorphologie du cadre bâti. et le clocher de l’église du ksar (1933) à la place du vieux marché . . .La construction de l’ouvroir des soeurs blanches (1923). avec la réalisation d’une percée sous l’ordre du général Lacroix.Période de la colonisation : une structure urbaine dédoublée L’intervention sur le cadre bâti durant cette période a commencé par des opérations de destruction à l’intérieur du tissu du ksar à savoir : CLOCHET . DISPENSAIRE MINARET NORD MINARET SUD PLACE DU MARCHE SOURCE MAHKHAMA PLACE FLATTERS POSTE DE POLICE GARE ROUTIERE 0 50 100 150m Source: OUARGLA CITE SAHARIENNE Des origines au début du XXe siècle. 1983 FIG N°04: LE KSAR DE OUARGLA 1960 Figure 04 : Le ksar de Ouargla 1960 II-1-2. Durant cette même période des opérations planifiées ont été réalisées à l’intérieur du tissu.La distribution de l’eau potable dans le ksar en 1951 .Période de l’indépendance : recomposition spatiale ou rupture sociale Durant cette période. le ksar de Ouargla a connu une forte densification (en terme de population et d’extensions par fois inadaptées) à l’intérieur de son tissu.La destruction totale des remparts en 1958 . 165 . délaissé et qui est déjà très affecté par le manque d’entretien. . II-2.La réalisation des équipements tels que la Mahkama et la clinique ophtalmologique. le 13 et 14 mai 2008 II-1. Cette surcharge a énormément contribué à l’accentuation de la dégradation du cadre bâti. . En outre. La rénovation (avec la destruction de l’église et de l’ouvroir) en réalisant une percée au Nord du tissu (projet CNERU 81.Causes et effets de dégradation Malgré son classement comme patrimoine national.La destruction en 1872 d’une partie du quartier des Beni Sissin (côté Est). .L’aménagement de la place du marché avec ses boutiques en 1895 . le ksar de Ouargla continue à être menacé.83) La réalisation d’un programme de logements et d’équipements à la périphérie du ksar au détriment de la palmeraie. Les opérations réalisées sont :     Le réaménagement de la place du marché et ses boutiques. Les causes de cet état de dégradation sont principalement dues :   A la surcharge démographique (en termes de densité) du ksar.Mutations et transformations du ksar II-1-1.Le fossé qui entourait le ksar a été comblé en 1881 . dénommée actuellement place des martyres . donnant naissance à la rue Rivoli. des permis de construire ont été délivrés durant les dernières années pour des particuliers afin de leur permettre d’auto-rénover (après démolition) leurs anciennes maisons. ses constructions subissent chaque jour des opérations de démolition et de rénovation. Aux différentes transformations qu’a subies le ksar durant son processus d’évolution.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen.

pluie.TO (Société d’études techniques d'Ouargla). dans la mesure ou les nouvelles implantations font rupture avec le cachet traditionnel de la typologie du cadre bâti.Hdjar.U. élaborée par le C.N.D) en Septembre 1976.  Projet d’aménagement de la zone Souk.U s’inspire beaucoup plus de l’idée d’affecter au ksar une image de marque au détriment du vécu de son espace socio-urbain avec toutefois la négation de toute l’histoire du ksar et des leçons d’architecture que l’on pouvait tirer de ce dernier.R. Les tentatives ponctuelles de réhabilitation et de restitution (les portes et quelques maisons) réalisées jusque là sont insuffisantes et risquent de compromettre le projet de réhabilitation du ksar en l’absence d’une étude globale de réhabilitation. Aux difficultés d’adaptation des réseaux.  L’étude de rénovation et restructuration du quartier du ksar. A l’introduction des nouveaux matériaux non compatibles (sur le plan physico-chimique) avec les matériaux traditionnellement utilisés.R.El . élaborée par l’institut national de la productivité et du développement industriel (I. La particularité du milieu physique du site n’a quant à elle pas été du tout abordée comme élément déterminant qui devait fonder les propositions. Kadri       A la qualité et à l’âge des matériaux utilisés combiné aux contraintes naturelles (vent. Au manque d’entretien régulier des constructions.E.E.  Cliché : auteur 2005 Photo 01 : Bab Azzi Actuellement le ksar est toujours habité (et à forte densité) mais ayant perdu les équipements les plus importants aux yeux de la population : l’école.S.U (Centre national d’études et de recherches en urbanisme) en Octobre 1981. La proposition du C.N.E.  La création d’un environnement de vie plus favorable en créant des espaces verts et en dégageant des voies plus larges pour relier le ksar avec le reste de la ville. réalisé par la S.N. qu’une partie de ce projet a été réalisé au niveau de l’emplacement du vieux marché en détruisant l’église et l’ouvroir des soeurs et pères blancs.M. élaborée par le C. le siège de l’autorité sont à l’extérieur du ksar. compte tenu de la spécificité et de la complexité du cadre bâti du ksar A l’inadaptation du cadre bâti aux mutations sociales (changement du mode de vie et des pratiques sociales) A ces causes ayant contribué à la dégradation physique du ksar d’autres interventions planifiées (avant le classement du ksar) ont quant à elles contribué à un début de disparition d’un savoir faire urbanistique et architectural. gel). Un aspect très important que nous devons prendre en considération dans toute proposition de réhabilitation.R.E. le dispensaire. notamment après l’indépendance. (La pérennité de l’habitat du ksar s’explique par la pauvreté de la population ou par le manque d’espace pour des constructions nouvelles à l’extérieur). On note toutefois.E. visait l’amélioration des conditions de vie des habitants en procédant par : La démolition des habitations à l’état de ruine et leur remplacement par des habitations plus spacieuses. A l’abondant des maisons par certaines populations à la recherche de conditions de vie meilleures.N. La possibilité de percer la muraille a permis aux maisons situées dans la bande périphérique de s’étendre extra-muros et surtout de disposer d’une porte d’entrée donnant directement à l’extérieur du 166 . L’étude de rénovation et de restructuration du quartier ksar de Ouargla. Les principales études réalisées pour le ksar sont :  L’étude de rénovation urbaine quartier du ksar d'Ouargla.P.

Ce phénomène s’est accompagné de l’abandon progressif de la partie centrale du groupement et de la sortie à l’extérieur du ksar des équipements collectifs. Dans cette perspective. l’observation du plan montre par contre. entraînée par l'accélération démographique due à l’implantation industrielle et la promotion administrative. le système ksar-palmeraie ne fonctionne plus de la même manière. Aujourd'hui. le 13 et 14 mai 2008 ksar. De ce fait. du point de vue morphologique. Places. a été doté d'un système de signes visuels qui ont fondé son identité particulière. elles. Les maisons nouvelles. peu de places publiques. tous ces espaces publics de transition entre la campagne environnante et l’habitation sont absents dans le nouveau schéma. Ce système est porteur de signification historique et sociale: des constructions denses. un certain nombre de permanences. Ouargla offre l’image d’une ville 167 . Les séparations intérieur/extérieur. c’est de la mixité urbaine qu’il s’agit. L’évolution culturelle en cours. rues. le stockage et la vente. La muraille prise en sandwich par les constructions disparaît à la vue et perd tout rôle fonctionnel au profit du noyau colonial et la nouvelle ville. Le développement de la ville doit s’inscrire dans une démarche architecturale qui tient compte de la spécificité de la zone et de sa richesse culturelle. hommes/bêtes. Le paysage urbain ksourien. la typologie qui définissent le domaine bâti : autant de caractéristiques qui situent les ksour parmi les noyaux anciens les plus intéressant à préserver. résidents/invités. il faut éviter de recouvrir systématiquement à une architecture planifiée qui se traduit par un style anonyme est standardisé qui évacue la richesse culturelle de la ville. couple/enfants adolescents pour la fonction sommeil… Cliché : auteur 2005 Photo 02 : Rénovation d’une partie de la façade urbaine donnant sur le boulevard continuent à organiser le plan et ont même trouvé une meilleure expression spatiale (les différences d’accès expriment mieux certaines séparations reconnues dans l’usage). qui. évoluent très lentement. ainsi les raisons qui ont poussé à la dégénérescence du ksar expliquent celles de la maison qui en faisait partie. sorties de l’enceinte qui leur imposait des lots étroits se sont étendues sur le sol. III-1. impasses. Celle-ci apparaissait comme un espace étroitement imbriqué dans la masse des autres habitations. Le ksar a été abandonné partiellement au profit de nouvelles extensions urbaines. la production. dont l’état de dégradation avancée nécessite des actions de requalification pour qu’il reste un point fort et un repère historique et culturel de la ville. III. La disparition du ksar s’accompagne. Un type de groupement à fonctionnement annulaire prend ainsi corps et se démarque du type originel par l’instauration de relations nouvelles entre les milieux intérieurs et extérieurs. une fois qu’il a été débarrassé de ses scories et mis sous forme d’organigramme.Requalification des noyaux anciens en vue d’un développement durable La complexité et l’articulation du tissu urbain du ksar. Le ksar d’Ouargla est une source d’inspiration pour cette agglomération urbaine.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. l’organisation de l’espace public et des espaces domestiques. la modification des comportements n’ont pas touché jusqu’à présent aux structures profondes de la personnalité. Ce phénomène a eu un impact direct sur la ville qui s'est développée très vite au détriment du ksar. rues étroites et tortueuses et spécialisées en fonction des activités artisanales ou commerciales dominantes où cohabitent l'habitat.Valoriser l'image du ksar: Quelles priorités pour faire revivre le ksar? La ville de Ouargla a subi une forte urbanisation. de façon indissociable de celle de la maison ksourienne. Dans ses aspects morphologiques généraux l’habitation a donc subi des transformations radicales.

les éléments historiques constituant la trame urbaine. sectorielles et ponctuelles suivant un ordre cohérent de priorité. Cette urbanisation a touché l'ensemble de la communauté ksourienne entraînant une destruction de son système social et économique dont le fonctionnement était lié étroitement au travail agricole nécessaire à sa survie. des économies d’ordre social et institutionnel sont conséquentes. ainsi à travers cette optique d’unité urbaine.  Opter avec la multifonctionnalité et rompre avec l’école du zoning. Assainissement : la réfection du réseau ancien et la mise en place d’un autre nouveau . l’objectif à poursuivre est alors plutôt celui d’un « recentrage ». exprime le « besoin » d’un « centre » pour ces activités « modernes ». La requalification du ksar est couronnée dans le discours global du développement de la ville par le maintien et le renforcement de l’intégration du ksar dans le système urbain.S. Restauration : des équipements socio-culturels et religieux . Habitat : amélioration de l’habitat dans le ksar à travers des opérations de rénovation sur les secteurs insalubres de certaines maisons . ceci non seulement pour ce qui est des monuments (qui sont à sauvegarder) mais surtout pour ce qui est des « systèmes » et des « réseaux » d’espaces dont le réutilisation peu stimuler des relations nouvelles entre le noyau historique et le reste de la ville. cela demande une reconnaissance de son potentiel et des ressources disponibles pour créer les conditions favorables au déploiement des activités ou à la création de nouvelles activités pour attirer sur le ksar les intérêts des investisseurs publics et privés afin d’entamer un processus de requalification le plus possible autocentré. il est évident qu’il y’a eu. Ces interventions s’accompagnent d’une refonctionnalisation des édifices publics ou privés en activité à vocation touristique et communautaire à caractère lucratif.M. pour le maintien de l’équilibre du ksar . 168 . irréalisable dans les conditions actuelles. La dégradation du cadre bâti entraîne en effet une dégradation ultérieure de l’habitat (morcellement. le valoriser par des utilisations compatibles et le rendre accessible. le ksar a gardé certaines spécificités qui tiennent à son histoire urbaine. La réhabilitation architecturale. l’image même de la ville. Cela veut dire d’abord « redécouvrir » le patrimoine historique. l’organisation de l’espace public et domestique. une sorte de « banalisation » du ksar. des activités artisanales spécialisées. Kadri éclatée avec un développement en forme d’éventail isolant le ksar enfermé sur le plateau. S’il s’agit de préserver les valeurs historiques autant que socio-économiques du ksar. est en train de devenir de plus en plus excentrique. au cours du processus d’urbanisation. tout de même. de l’environnement urbain. la requalification se traduit principalement par un ensemble d’actions. du fait même d’une expansion des zones urbanisées lourdement conditionnée par le site. Le problème qui est posé aujourd’hui est celui de sa « revalorisation » dans le contexte d’une ville qui est censée se donner de nouvelles fonctions tertiaires (chef lieu de wilaya) et qui. le souk qui demeure un marché important pour les produits agricoles. La question qui se pose est donc celle du rôle que cette partie de la ville peut avoir dans cette perspective de modernisation et réorganisation de la ville : il est évident qu’une marginalisation ultérieure entraînerait une dégradation accentuée de son tissu et son espace historique. Mais d’autre part. à travers tous les mécanismes aussi bien spontanés que concertés. Le rôle du pouvoir public. Et ceci dans un cadre bâti où sont préservés. Il garde donc un certain rôle « central » pour les secteur « traditionnels » de l’économie et de la société urbaine et surtout représente un ensemble de valeurs culturelles et symboliques partagées par la population de la ville entière. dans la palmeraie. ou la sauvegarde des valeurs architecturales ne saurait être concevable en dehors du contexte humain à long terme. La position du ksar par rapport au reste de la ville. Approche d’intervention :      Dédensification : une opération impérative urgente. tient essentiellement au déclanchement de ces mécanismes exemplaires et la mise en place des formules simples d’aide financière et technique. des fonctions culturelles et religieuses importantes pour l’ensemble de l’agglomération urbaine. encore que fort dégradés en certaines parties. surdensification). Il est évident qu’une sauvegarde passive ou purement « réglementaire » de ce patrimoine est insuffisante et peut être. Placé dans le contexte global du développement de la ville. La conception de la requalification dans ce cas repose sur une large et permanente contribution de l’ensemble de la population à tous les niveaux. du patrimoine monumental et artistique même.

Le développement durable est une dynamique d'action et continuellement renouvelée en vue d’un projet de long terme. Le ksar. Car il est le témoin et l'œuvre d'une civilisation. largement avantagés. Organiser la gestion du territoire : Intégration de l'espace ksourien à l'économie nationale III-2A travers l’analyse des évolutions morphologiques. donc. en tant que patrimoine. non pas passéiste mais moderniste. présentent aujourd’hui un caractère non structuré et une organisation inconsistante par manque d’une densification minima. un désir des populations ksouriennes de posséder les éléments de confort. en ruine. mais encore projetée en avant dans le futur. c'est avant tout sa conservation et sa sauvegarde. On tend aujourd'hui à développer dans le secteur de la construction le concept d'écoproduit. il prend en compte l'amélioration des conditions de vie des plus défavorisés. le développement durable concerne son intégration dans la dynamique de la ville et son adaptation au monde d'aujourd'hui tout en conservant ses traditions. s'agit-il d'action de restauration ou de rénovation. La durabilité du ksar. si rien ne se fait dans ce sens. c'est aussi le matériau de construction avec lequel on opère. le ksar est dénaturé. la construction en terre. au risque d'abandon des traditions constructives. de le moderniser pour la ré-utilisation. et à donner un sens nouveau au lieu (requalifier) sans négliger ce qu'il véhicule. dans le meilleur état possible. afin de se confondre et d’approcher l’architecture et de dépasser la construction. les citoyens interviennent. Aujourd'hui. à l’image des vieux centres sahariens. préserver ou développer ne devrait pas se poser. de part leur coût de revient qui est nettement inférieur. qui doit répondre aux besoins des populations ainsi. à la fois comme acteurs et sujets de l'action. Celui-ci s'identifie à un développement souciant de l'intégration des conditions de vie sociale. Dans une philosophie du développement durable. se diluant dans un ensemble urbain de plus grande échelle. Comment concilier d'un côté. L’option est dans l'urbanisme participatif et de concertation. 169 . Le ksar et la durabilité. sauvegarde du patrimoine oblige. Il faut plutôt préserver dans le respect des équilibres écologiques du milieu désertique et envisager le développement sans détruire l'écosystème car l'évolution des modes de vie a atteint un stade tel que le ksar traditionnel devient actuellement inadapté aux nécessités de la vie moderne. auxquels ils aspirent en ce XXIéme siècle. entraîner une responsabilité partagée avec la collectivité. le développement est avant tout économique et social. Il est la preuve d'une lutte continue de nos ancêtres contre le désert et ses conditions difficiles. et de l'autre côté le souci de la sauvegarde de ce tissu ancien. il est du devoir de tous de le transmettre aux générations futures. Il ressort qu'à travers une prise de conscience écologique. en général.Conférence Internationale sur la Médina  Tlemcen. Qu'en est-il de la durabilité des tissus anciens? Alors qu'il s'agit ici d'un ksar. climatique. En ce sens l'utilisation des matériaux locaux sont. A cet effet. ainsi que le savoir faire. une opposition apparente entre les formes urbaines traditionnelles et récentes a été relevée. les villes sahariennes. assainissement. le manque de moyens. En particulier. mais au contraire. l'intérêt est de plus en plus porté au développement local. Dans le ksar. Ainsi. réinventer le ksar ne peut se faire que dans une réflexion. Pour être durable. non seulement fonctionnelle. électricité et permettant des conditions de vie conformes aux aspirations de la population pour la maintenir sur place ou pour des services de tourisme ou autres. La récupération du ksar se fait en introduisant les commodités : alimentation en eau. le ksar et la durabilité concernent ses habitants. sans aucun doute. le dilemme. Car au delà des difficultés à maîtriser les aspects techniques. de cette manière on le pérennisera davantage. l'intervention durable sur un ksar viserait à prendre en charge son passé et faire appel à l'existant. Cette situation est d’autant plus gênante que le milieu naturel et les contraintes climatiques appellent une structure compacte. environnementale et surtout des potentialités et des contraintes du milieu désertique dont la fragilité est incontestable. une coordination devrait exister entre les opérateurs et les actions des ksouriens. Il ne nous est pas permis de perdre cet héritage ancestral qu'est le ksar. dont la vétusté est apparente et qui. le 13 et 14 mai 2008 La production d’une architecture locale de signification. Aussi. offre un confort thermique meilleur que la construction en béton. Il ne suffit pas seulement de préserver ses monuments historiques en vue d'en faire un musée pour la joie des touristes. Donc. tomberait.

Concilier les deux espaces oasien et urbain en initiant des projets soucieux d'articuler ces deux entités qui aujourd'hui fonctionnent de façon désolidarisée. du bâti ancien et des usages qui en sont faits. au contraire. L'aménagement de la ville ne doit pas être limité. luttant contre la poursuite de l'étalement urbain. Kadri Le ksar et la durabilité c’est aussi les activités existantes. Le recensement méthodique des 170 . mais intégré dans un cadre plus large. Exploiter les possibilités de densification du tissu existant avant d'opter pour l'extension en comblant les poches vides car la ville n’est pas extensible à l’infini. au seul périmètre urbain. Le problème est de savoir découvrir et apprécier ce patrimoine afin de le sauvegarder. Afin d'éviter les grandes disparités territoriales. qui intègrent les exigences de la vie moderne. s'avèrent une plaque tournante de cette activité avec les paysages désertiques dans le Sud algérien. et dans quelle mesure. Les ksour. de la ville moderne et des centres anciens. Plus fondamentalement est posée la question des enjeux sociopolitiques du patrimoine et de la sortie des multiples cercles vicieux induits par ces enjeux. de le mettre en valeur et de l’intégrer harmonieusement au cadre de vie contemporain. en fait sa palmeraie. a une grande valeur spirituelle et transcrit de la manière la plus expressive l’histoire de la civilisation humaine. dans ce domaine. Valoriser l'habitat ksourien en tant que projet urbain Concilier un désir des ksouriens d’accéder au confort moderne tout en sauvegardant le ksar par le mouvement associatif et la concertation au service de la démocratie locale. Défendre la mixité fonctionnelle et sociale qui permettra de réduire les besoins de déplacements et de lutter contre la ségrégation sociale. au détriment de la palmeraie. Généraliser l'emploi des matériaux locaux dans les opérations de préservation du ksar et leur intégration dans les nouveaux projets avec le principe d'amélioration par des matériaux plus performants.S. il faut chercher aussi celles qu’on pourrait introduire dans le ksar compte tenu des ressources disponibles et du développement en cours de la ville. en les intégrant harmonieusement au cadre de vie contemporain. celui d'un territoire homogène (solidarité territoriale et intercommunalité). La ville saharienne durable sera donc une ville compacte dense. pour qu’elles atteignent une structure solide. et qui permettent aux individus de s' y identifier. Reconquérir les espaces verts en s'appropriant la palmeraie en tant qu'espace de détente. la participation des citoyens et la société civile soient effectives et efficaces. Comment favoriser l’action protectrice en l’absence de perspectives politiques favorables à la mise en œuvre de politiques adaptées d’aménagement ? Comment faire du débat théorique et des études un ressort pour l’action ? Il importe de retrouver les logiques d’articulation du moderne et du traditionnel. celle qu’on doit aider.            CONCLUSION Le patrimoine architectural. c’est prendre en charge les autres éléments de son écosystème. héritage culturel que nous a transmis le passé. elle doit être capable de recycler ses tissus urbains.M. Mettre en place un système d'assainissement pour éviter les puits perdus en contact direct avec la nappe d'eau située à une très faible profondeur. Le ksar et la durabilité c'est aussi son histoire avec le tourisme. La préservation des noyaux anciens en vue d’une nouvelle recomposition urbaine devrait susciter une mobilisation conjointe de l’Etat et de la société civile. Les décisions à prendre dans cette perspective doivent s’inscrire dans les points suivants :  Revitaliser le ksar. on s'efforcera d'associer l'espace oasien à tout projet d’une ville saharienne nouvelle. se recomposer sur elle-même. il faut adopter une démarche où la concertation. Œuvrer à produire des formes d'habitat qui puisent leurs références dans les structures locales.

HABITAT. Phase 1. J. les biens immobiliers et mobiliers. Alger. vital à sa promotion et à sa sauvegarde. ETUDE DE MODERNISATION DE L’AGGLOMERATION DE OUARGLA. même si on peut essayer de donner aux citoyens une égalité de chances par des règlements dont les fondements seront à trouver dans les modes de vie. mais aussi une ressource sur le plan économique. projet de 80 logements ». à se donner les moyens financiers et techniques d’un urbanisme spécifique restituant à la vie communautaire toute sa vitalité et enfin. p. Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme. et alléger ainsi les charges de l’Etat pour son entretien. BERBAUGGER. à mobiliser l’épargne. (2003). 171 . Paris. (1989) : « Projet urbain cas d’étude : oasis de Ouargla ». à mettre en œuvre un aménagement du territoire favorisant la croissance d’un réseau de ville moyenne ayant toute la signification et l’intérêt des villes traditionnelles . systèmes et réseaux d’espaces. Y. l’utilisation des sites et monuments dans des perspectives de restructurations. Agence nationale d'aménagement du territoire. Université Biskra. Thèse de Magistère. la prise en compte des profils culturels deviennent alors les ressorts pour la mise en place des instruments qui ne sont pas uniquement urbanistiques mais également sociaux et culturels. A : « L’oasis et le pays de Ouargla ». (2007): « Les ksour face à la dynamique urbaine : cas du ksar de Ouargla». éviter les faiblesses administratives et le manque de coordination tout en recherchant l'assistance financière et technique. M. LETHIELLEUX. Placer la protection et la mise en valeur des noyaux initiaux dans un contexte socio-économique dynamique lui permettant de s’auto entretenir. Ed. Adapter la loi actuelle sur l'aménagement et l'urbanisme à la réalité saharienne et ksourienne. (1889) : « L’oasis de Ouargla ». requalification. (1983) : « Ouargla cité saharienne des origines au début du XXé siècle ». Mémoire de fin d’étude. Mémoire de fin d’étude. Ann. ETUDE DE REHABILITATION DU KSAR DE OUARGLA. BIBLIOGRAPHIE ALMAND. redéployer le mouvement associatif pour remédier à l'absence d'une société civile consciente tout en sensibilisant les sahariens au devenir de l'oasis et tout se qu'elle symbolise. (1887) : « Le Sahara de Ouargla ». (1978) : « Rénovation solaire dans le ksar de Ouargla. l’acceptation de la ville existante. KHELFAOUI. FONTANA. C’est d’une certaine manière la capacité des sociétés autochtones de faire de la question de la requalification des noyaux anciens une ressource dans la recherche d’une alternative libérée des modèles linéaires et protecteurs de domination qui est en question. Ed. Agence nationale d'aménagement du territoire. MESMOUS. S. culturels et naturels. Ed. le développement de l’espace oasien tout en respectant les objectifs de la durabilité. « recentrage » constituent les méthodes d’approche permettant à la ville un développement maîtrisé et surtout durable Autrement dit. 2. à inventer des manières de construire. 141-158. n°02. S’ils parviennent à inciter les groupes sociaux à s’organiser. un équilibre sera trouvé entre le renouvellement urbain. le développement urbain maîtrisé. BAJOLIE. Il appartient aux pays d’impulser une nouvelle dynamique fondée sur l’histoire et propre à relever le défi du présent. V. TRADITION ET MODERNITE. 3.Conférence Internationale sur la Médina Tlemcen. mais ils doivent être conscients que les marges de manœuvres et les limites d’intervention de l’urbanisme sont très réduites. ARCCO. Ecole polytechnique d’architecture et d’urbanisme. La découverte des monuments. (2003). le 13 et 14 mai 2008 formes permet d’effectuer par la suite une analyse systématique avec phases de catégorisation et classification. La légitimation de l’existant. KADRI. doivent constituer non seulement l’élément équilibrant sur le plan identitaire et culturel. H T M (1994): Revue d’architecture et d’urbanisme. telles sont les actions à entreprendre pour développer la ville saharienne durablement. à créer une architecture moderne dans le sens de leurs traditions (Japon des années 50). R. GEUTHNER. Géo 1900p. Ed BAUMES LES DAMES.

S. Paris. J. (1997) : « Histoire de Ouargla essai de chronologie ». D. Alger. PILLET. Alger. Alger. Ed. (2003) : « Une oasis saharienne à travers l’histoire OUARGLA 180 documents d’archives ». Revue AFRICAINE. Kadri PILLET. ANEP. D. Ed. 2éme édition. (1998) : « Repères pour l’histoire de Ouargla 1872-1993 ». Ed. 172 . PILLET. Editée par la société historique algérienne N° 316-317. M. Paris. D et TAWAF. (1975) : « le pays de Ouargla (Sahara algérien). ANEP. variation et organisation d’un espace rural en milieu désertique ». M. : « La sédentarisation des nomades autour de Ouargla 1956-1957 ». ROUVILLOIS-BRIGOL. ANEP. ROUVILLOIS-BRIGOL.M.

You're Reading a Free Preview

Télécharger
scribd
/*********** DO NOT ALTER ANYTHING BELOW THIS LINE ! ************/ var s_code=s.t();if(s_code)document.write(s_code)//-->